Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 17, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00036
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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^ji


Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20,DueASCint-VinAent-dR-PaulT PARIS D PART.
20, Rue Saint-Tincent-de-Pau I e PARIS 7 Septembre 896 NUnsemestre, id. id.... fr. '11.50
Un trimestre, id. id. ... 6 fr. 6.50
ADRESSE TLIGRAPHIOUE: 3 .E.BA O A L'ETRANGER
TLPI-ONKE PARAIT TOUS LES JEJUDIS Une anne, payable d'avance............. 25fr.
S- Un semestre, id. id. ............ 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMERO....... o fr. 25


UNE ALLIANCE,


S, V,


P,.


Faute de grives, on mange des merles, dit le
proverbe. N'esprant' plus entraner la Rpublique
Franaise, si peu rpublicaine soit-elle, dans une
.alliance, les hommes -d'Eta-t espagnols.-se tournent
vers la monaichie italienne et lui' font risette.
Il est douteux que .le roi Humbert, qui a sur les
bras pas mal de difficults, ayant, lui aussi, trouv
son Cuba en Erythre, envoie ses bersagliers au se-
cours des chasseurs de Victoria malmens par les
Cubains. Il est plus douteux encore que le paper
italien se transform en or pour emplir les coffres
vides du gouvernement espagnol.
Les journalists espagnols venus Gns, pour
assister au lancement du Christophe-Colomb, ont
t, parait-il, fort bien reus dans la ville des doges.
Parbleu on est fort courtois en Italie politesse
n'engage rien et surtout on brle de faire argent
en vendant aux hidalgos sans marine des bateaux
qui vont sur l'eau.
Entre les deux monarchies latines, c'est la plus
roue, celle qui entortillera l'autre. L'Espagnole
cherche-un prteur prteur d'hommes autant que
d'argent l'Italienne cherche un client..
Mais, en dehors de ces simagres officielles, l'al-
liance n'existe pas. A Gnes, mme,:des manifesta-
tions isoles, qui n'en sont que. plus courageuses,
ont eu lieu ds le premier jour, en faveur des oppri-
ms en rvolte, et un meeting populaire vient d'ac-
clamer Cuba Libre.
Dans toutes les autres villes, l'Italie vraiment d-
mocratique est de cur avec ceux qui luttent pour
conqurir l'indpendance.
L'Espagne est isole, gmissait nagure Sagasta:
la France se. bornera exprimer des sympathies
platoniques il et pu dire orphoniques la
Russie ne voudra pas se brouiller pour nous avec
les Etats-Unis; l'Allemagne demeure plus que r-
serve, par rapport la question commercial.
Il est vraisemblable que l'alliance italo-espagnole,
laquelle rvent dj quelques optimistes pninsu-
laires, n'a pas des bases beaucoup plus solides.
Certes, elle pourra s'effectuer ui jour, l'union des
peuples latins, cette union que des hommes de ceur
et de clairvoyance ont appele de tous leurs veux ;
mais ce sera quand les institutions monarchiques
et oligarchiques qui, actuellement, entravent le
libre dveloppement de ces peuples, auront dis-
paru.
En attendant, voici M. Canovas del Castillo en
qute d'une alliance, et rduit la solliciter du Mo-
nomotapa ou de la principaut de Monaco.
Pour remettre sous le joug des hommes come
ceux qui ont combattu et vaincu La Galleta, Pera-
lejo, Ramn de las Yaguas, Cacarajicara, ce n'est
peut-tre pas suffisant.
11 est vrai que le gouvernement espagnol est au
mieux avec le pape, qui envoie sa bndiction aux
soldats partant se faire rosser par Maceo. Qu'il prie
Lon XIII de lui prter les fameux canons de
l'Eglise: cela lui assurera peut-tre la victoire don't
il a tant besoin et qu'il n'a, -jusqu' ce jour, jamais
rencontre.
Cosmo.


*^


AUTORITE ESPAGNOLE

En toute course de taureaux, il y a trois btes
froces:
Le taureau, le torero et le public.
Le degr de sauvagerie de chacune de ces brutes
peut tre calcul par les constatations suivantes :
Le taureau est contraint et forc.-
Le torero est pay.
Le public va la corrida par un acte spontan de
sa volont souveraine. Par-dessus le march, il paie.
D'autre part, que l'on observe bien cette autre
gradation:
Le taureau, provoqu, se dfend.
Le torero, engag, combat.
Le public se divertit.
Dans le taureau, il y a force et instinct.
Dans le torero, courage et habilet.
Dans le public, il n'y a que bestialit froce.
Il n'existe pas dans la nature de monstre semblable
celui qui se forme sur les gradins d'une plaa de
taureau.
Jos Selgas.


Lon Parsons, de La Presse;
Argence, du Monde Nouveau;
Alcide Terrac, de La Fraternit;
Achille Steens, du Paris, secrtaire du Comit;
Comme l'a dit notre confrre L'Intransigeant en
annonant cette bonne nouvelle :
Malgr de puissants intrts financiers contraires et le
silence de la plus grande parties de la press qui parait
en tre la consequence, l'heure est venue d'clairer l'opi-
nion publique on France sur la lgitimit de la cause
cubaine.
Il tait impossible que les petit-fils de ceux qui ont
fait la grande Rvolution de 17'89 contre tous les tyrans,
.-fussent les derniers se joindre la poigne de hros
qui luttent en silence sur la terre cubaine contre la for-
midable exploitation de l'Espagne, et il est du devoir des
homes don't la plume a, malgr tout, conserve une in-
dpendance trop rare aujourd'hui, de mettre en garden le
public franais contre le nouveau Panama que lui pr-
pare la haute banquet cosmopolite avec le prochain em-
prunt o l'argent des rpublicains franais servirait
la monarchique Espagne pour touffer la jeune rpu-
blique cubaine.
Pour tout ce qui le concern, crire au secrtaire,
M. Achille Steens, 1o, rue Lcluse, Paris, qui re-
oit les jeudis et samedis, le matin.


NOUVELLE EXPEDITION

CHOSES DE PORTO-RICO

PROGRS DU GN~RAL BANDERA

Grce des. informations que nous envoie
notre actif corespondant de Cayo Hueso, nous
pouvons complter les details publis dans notre
numro prcdent sur les trois expeditions qui
ont dbarqu Cuba a la fin du mois d'aot.
Ces trois expeditions ont t commandes par
le colonel Emilio Nufiez, vtran de la guerre de
dix ans. Dans la liste des expditionnaires, nous
relevons les noms suivants:
1Premire expedition :-Andreu, Jos C.; Amo-
res, Jos; Arenas, Adolfo; Acosta, Ram6n; Abreu,
Alberto; Cabrera, Rafael (coronel); Cabrera, Pe-
dro; Cabrera, Alfonso: Carbonell, Juin; Clark,
Jos (doctor); Chauvin, Angel; Delgado, Jos de
la C.; Diaz Pedroso, Antonio; Estvez, Pablo;
Funston, Frederick; lGastn, Rogelio (practi-
cante); Garnis, Severo; Gonzalez Marin, Fran-
cisco; Grau, Leandro; Hintington, Chas; Infante,
Francisco; Jan, Constantino; Lombard, Orfilio;
Menndez, Gregorio (Licenciado); Nodarse, Jos;
Niiez, Abelardo; Potters A.: B. Quintan, Joa-
quin; Salinas, Miguel; Welsford, W. R.; )Wilins-
gi, lorace.
)Deuxidme expedition: Echevarria, Alfredo;
Ferrer, Agustin; Gonzilez, Fernando M.; Ln,
Modesto; Portuondo, Manuel.
Troisime expedition : Cat y Rodriguez,
Vicente; Corts, Vicente; Fundecheh, Miguel;
Hernindez, Ricardo; Menndez, Gregorio (Licen-
ciado); Nieto, Julio; PonjuAn, Jaime; Rodriguez,
Alejandro; Santa Cruz, Manuel; Valds, Jos Ma-
nuel.

Nous savons, par tlgramme de New-York,
qu'une important expedition a dbarqu sur
les ctes de Pinar del Rio, le 20 du mois der-
nier, sous le commandement du patriote porto-
ricain, le gnral Rius Rivera. Nous supposons
que c'est l'expdition don't nous parlait notre cor-
respondant de Key-West dans les lettres ici
mme publies. Nous esprons avoir, pour la se-
maine prochaine, des informations plus d-
tailles.

D'aprs les nouvelles officielles arrives en
Espagne, on aurait dcouvert Porto-Iico une
conspiration sparatiste.
Treize individus ont t arrts, considrs
come principaux chefs. Le gouvernement espa-
gnol fait d'ailleurs tout le possible pour dissi-
muler l'importance de cet vnement.

Le gnral Quintin Bandera, dans sa march
vers lOrient, est arriv las Villas aprs avoir
mis en fuite toutes les colonnes espagnoles qui
ont essay de lui barrer la route depuis sa tra-
verse de la Trocha. Le gnral Bandera est
la tte de forces importantes et bien pourvues (le
munitions.

*


COMITE FRANAIS DE- CUBA LIBRE

Dans notre numro du i3 aot dernier, nous
avions annonc la formation projete d'un comit
franais-cubain d'hommes politiques et d'hommes
de lettres pour la defense de la cause des rvolu-
tionnaires des Antilles espagnoles. C'est chose faite
aujourd'hui. Ds ce jour, sans mentionner encore
les adhsions qui doivent lui parvenir ultrieuie-
ment, voici la liste de ceux qui ont accept :
: MM.
Henri Rochefort, rdacteur en chef de L'Intransi-
geant, president;
Alexandre Isaac, snateur de la Guadeloupe;
Lopold Lacour, du Figaro;
Charles Malato, de L'Intransigeant;
Louis Casabona, directeur de La Correspondance
Dmocratique;
Ernest Roche, dput de Paris;
Amilcare Cipriani, de La Petite Rpublique;
Bernard Lazare, de L'Echo de Paris;
D'Anglemont, directeur du Monde Nouveau;
Mestre Amibile, fondateur de la Ligue Franco-Amri-
caine de l'Enseignement et chevalier de la Lgion
d'honneur;


L'ESCORTE DU GNRAL GOMEZ

La gravure publie dans cette page ne repr-
sente que la tte de l'escorte du gnral MAxi-
mo G6mez, gnral en chef de l'Arme Cubaine,
dans la march triomphale que cet admirable
soldat accomplit avec le gnral Antonio Maceo,
lors de l'invasion de l'Occident.
Drapeau dploy, aux accords de l'hymne d'in-
vasion, le gnral Gmez entreprit sa march le
29 novembre. Le 3 dcembre il battait les Espa-
gnols Iguar, le 9 Casa de Teja (Trinidad);
le 11 et le 13 eurent lieu les combats de Ma-
nacal et la Siguanea; le 14, la sanglante ba-
taille de Mal Tiempo dans laquelle les Espa-
gnols furent encore une fois battus. A la suite
des charges au machete commandes par les
gnraux Gmez et Maceo en personnel, ils eu-
rent 210 morts. Le 20, un engagement eut lieu
La Colmena. Nouvelle droute pour les troupes
espagnoles. Aprs la prise du village del.Roque
Spar le gnral Gmez, cette march fut signale
par d'autres victoires que nous renonons citer
car ce serait faire l'histoire de l'invasion et nous
la rservons pour plus tard.

-/


L'escorte du gnral G6inez.


~CC


t -;






LA REPUBLIQUE CUAI!NE


17 SEPTEMBRE 1T96.


ESPAGNE CONTRE CUBA

Un grand journal du matin a public, il y a
quelque temps, une conversation ,|tmn de ses
rdacteurs avait eue avec M. Alexandre Isaac.
Le siatew de la Iaakaipe avuit dcar,~ia
teris tr# mesu d'ailleurs, qu'il .tait fav -
ra 'at Pilause 4es Cubains.
e journal ea ~question n'a pas v sa qu.e cette
Q isth rest4t isi:,le, *t.-poe a fair ae d'imnpar-
titie, ditil, y a coasiistki .fanss-in aide lF&Sf
Spagie. Cet ami derEspagne, il juge convenmibte
de taire son nom, craignant sans doute de le d-
signer aux vengeances des rvolutioptiffl,
mais il fait savoir au public, qui pourrait s'y
mprendre, que c'est un ancien fonctionnaire
franais, qui a longtemps habit Cuba, et qui,
par consquent, connatt les affaires de ce pays.
Toujours est-il que dans cette contre-en-
qute, les chooses sont prsentes sous un jour
tout fait inattendu. On y voit, par example,
que l'insurrection n'est nullement justifie, atten-
du que Cuba est le pays le plus libre du monde.
A quoi il faut ajouter que les originaires de l
grande Antille ont accs toutes les carriret
Ils fournissent, affeme te diplomat anouyt.,
des magisr-4S, t des plus bhaut.,des prof~s-
seurs de l'Universit de la Havane, des ff'i
ciers, des marines, des dputs, des ministries,
des diplornale, ides fonctionnaires de tut
ordre, voire des agents de police.
Des agents de police est charmant, et
dono bien 'a meorewde la touchante coanance
de l' pag .... .
Bac, ls Cubains sont des ingrats; et les exuen-
tions sommaires, sur.lesquelles le silence n'a pas
pu se faire compltement, les proscriptions, les
prvarications attestes par les gnraux espar
gnols eux-mmes, tout cela n'est que mensonge!-
La representation de Cuba aux Corts espagnoles
a t loyale et suffisante; le corps lectoral n'a
pas t constitu de manire donner toujours .
la majority aux Espagnols d'Europe, mme dans
les conseils locaux; et M. Enrique Jos Varona,
qui connait peut-tre aussi bien Cuba que le
personnage ami de l'Espagne, a spcul sur de
fausses lgendes. quand il a crit que les Corts
de Madrid ne contenaient, il y a quelque temps,
que trois dputs originaires de l'le, qu'il ne se
trouvait pas un seul Cubain au conseil municipal
de La Havane. M. Mestre Amtibile a mcham-
ment ealomni la mtropole, lui qui a t officer
de marine, et qui ne l'a pas dissimul; il a ou-
bli de dire qu'il y avait des Cubains agents de
police.
Encore une fois, l'Espagne a t la plus douce
des mres-patries. Elle n'a pas pressure sa colo-
nie; elle n'a pas surtax les products de l'le
pour protger sa production europenne. Par
consquent, les Cubains n'ont aucun sujet d'tre
mcontents. Aussi les rvolts d'aujourd'hui,
s'il faut en croire l'ancien fonctionnaire, ne sont-
ils pas des Cubains. Tous, ces combatants don't
les noms seront inscrits au livre d'or de l'ind-
pendance, toutes ces victims tombes sous les
balles espagnoles, ce ne sont pas des Cubains;
ceux qui tiennent tte aux troupes du gnral
Weyler, et qui continueront leur tenir tte,
malgr les renforts parties des ports de la pnin-
sule, ce sont des flibustiers cosmopolites et
des ngres. Mhximo Gomez est un aventurier
dominicain , Antonio Maceo, un multre
e tout fait illettr , un barbare affam de
massacres. Celui qui faisait soigner les blesss
espagnols, et qui les remettait l'arme exp-
ditionnaire, est un tigre.
A qui fera-t-on accepter de pareilles histoires?
leureusement, le fonctionnaire si bien rensei-
gn prend soin de le dmentir lui-mme, et de
montrer le bout de l'oreille... du mulet de Cas-
tille. Les Cubains n'ont aucune raison de n'tre
pas contents, dit-il. Cependant, il avoue que
YEspagne doit amliorer le rgime de l'le.
Donac, ce iginim est mauvais, ce qui n'est pas,
j iAagin., un sujet de contentement.
Il reeonnat que la prcdente insurrection,
qui a dur dix ans, a t la leve en masse
de tous les croles cubains, qu'il appelle la jeu-
nesse dorde de Lallavane ; mais il se hate
d'ajouter que ces fils de fatnlluii se tiennnt
complement atl'~aart de l'iriurrectiun actuelle,
ce qui paratra ai mioi ms invraisemblable, atten- .
du que les vi;eu& ressentiment ne, s'iteiiient
pas ainsi. .. .
I'tjlciie's, ces fl14 de faiaille, :exquis; :cai~ -
ns , mais dgnrs, lui paraissent tout
fait impropres fire face. aux ncessits du
a present. Ce-, t des hommes pour lesquels
il n'y a pas place dans leur pays. Comme tra-
vailleurs, comme commerants, ils sont crass


par les Espagnols, les bodgueros, venus sao.-
souliers ; et cela est bon et lgitime. 4~s
veulent obtenir leur part dans la cure bureas .
cratique , ils sont ilifr1ei. l encore, aux
limieg priinsulaires, mieux entrans la vo-
< raciW p profiSsionaell, plus rapprochs des
drribute~rs de bons morceaux
Altrs que reste-il Cuba et aux Cubains?
L'a~ii de fEspagne le .dit luwime. Cuba doit
tre Colol:'e pour l'~flg ~.Ps ,par des Eipianoil
voraeefls; eer-ci es born gnorceau.B i. reste
aux GCahain la. reseOaPQ de se joindr-amx cor,
pagnons de Maceo et de Gmez. Et voil. pour-
quoi ils sont contents, et pourquoi, il n'y a dans
les troupes de l'insurrection on l'affirme avec
une certain audace que des cosmopolites et
des ngres.
La vrit est que ces cosmopolites reprsentent
tout ce qui a souffert de la domination espagnole,
et qui veut, enfin, acqurir la libert, quel qu'en
soit le prix. La vrit est que tous les lments
de la population cubaine, se sentant, cette fois,
setidaire, s'uni-ssent dans un common effort
pour l'affranchissement de leur pays, qu'ils d-
jouent ainsi les calculs gostes de la politique
espagnole, fonde, depuis des sicles, sur des
antagonismes de races, et.que l'Espagne ne s'en
console pas.
L'opinion publique, en France, est trop clair-
voyante pour se laisser garerpar les confidences
intresses des -admirateurs du gnral Weyler.
Si elle veut tre compltement claire, c'est
d'autres sources qu'elle devra se renseigner.
Qu'elle se souvienne de ces protestations d'u
people cubain, qui retentissept travers l'Atlan-
tique depuis tant d'annes, de ces rvoltes
touffes dans le sang, mais toujours renais-
santes, et qu'elle se demand si un regime tant
soit peu supportable aurait provoqu de pareils
soulvements. Qu'elle se report 'cette sance
du Snat des Etats-Unisdu 10. mTrs 1896, o le
snateur Iale, pourtant hostile aux insurgs, ne
pouvait s'empcher de dclarer que Cuba avait
t mal gouverne. Qu'on se rappelle encore l'in-
tervention du Prsident des Etats-Unis en faveur
de Cuba, au-cours de la prcdente insurrection,
et la promesse que fit alors le gnral Prim de
soumettre la question de separation au referen-
dumn des Cubains. Qu'on relise avec attention
une rcente correspondence du journal le Temps,
o il est dit en propres terms que la domination
espagnole ne peu plus se maintenir Cuba, et
que l'Espagne ferait sagement,- contrairement,
d'ailleurs, au vu des Cubains, de ngocier la
cession de l'le aux Etas-Unis. Qu'on consulate,
enfin, les journaux espagnols eux-mmes; on y
trouvera, au milieu de violentes accusations
contre ceux qui Jemandent l'Espagne de nou-
veaux sacrifices pour continue la guerre, des
phrases comme celles-ci: Ce sont,les Cubains
qui ont raison.
Ces tmoignages, et tant d'autres qu'il serait
trop long de reproduire ici, ne valent-ils pas
celui du diplomat inconnu? Je souponne ce di-
plomate, qui a longtemps habit Cuba, d'avoir
conserv des relations par tropintimes avec l'am-
bassade d'Espagne.
Jacques Lenoir.

t. ..... .-- ..--:---. s .

RPONSE OPPORTUNE

Paris, le i5 septembre.
Mon cher Confrre,
Voulez-vous donner l'hospitalit devotrejoqurpl
la rponse suivante que je dois, en toute bonne
foi, faire cette note qui me vise et qui a paru
dans Le Figaro de ce matin :
Nous avons reu un mot de M. Lopold Lacour
nous disant, comme nous en tions bien srs, qu'il
n'avait fait suivre son nom d'aucune mention en
donnant son appui au Comit pour Cuba libre .
Et c'est probablementla personnel qui a rdig cette
liste pour la press qui a ajout la mention contre
laquelle sous avions protest, le Figaro ne voulant
se laisser engager, mme indirectement, dans au-
cune espce de Ligue ou Comit pour ou contre
Cuba.
Pour rien au monde nous n'avions besoin du
nom du Figaro pour accrditer le Comit Franais
de Cuba Libre, qui s'organise actuellement;
nous l'aurions recherch plutt s'il s'tait agi
d'un comit en faveur de l'Espagne et, par con-
squent, agrable l'ambassade. Nous connais-
sons fort bien la porte o il faut frapper pour
tre entendu de Celui qui pse Paris tes cons-
ciences des gens de lettres .et des hommes poli-
tiques franais, don't la plume est accessible aux
offres du plus fort ench.isseur.
Nous avons'indiqu MIofsieui Lopold Lacour,
'5;


ci' cnne i,/I/,ii,'iro dr dal Figaro, ce qui est la
drti c~-i:lu': n ii .:t crivain, ni ce journal nie
peie iiouis iihn n tir. J'ai encore present la
mmoire le brilliant article que mon *'-imfi,it a
consacr, il n'y a pas bien longteaps, l soire
qui eut lieu ohe Al. Fuabre, comaoiissaire gnral
du Canada en France, l'occasion l. la ftle pa-
tronale de ce pays, article qui part dans Le
Figaro.
Les aiprlditiaons ui i teminent la note ei-des.
sus ne sont poeit pomr nous tonuer : ily avait
l pour Le .'ignr'Jo te oceasioa trop rare de ti-
mpign e l'Espagne une sympathie don't nous
n'ignrrons pas l'origine.
Quanl t la dpche d'un certain Bonafoux du
Heraldo de Madrid qui, lui aussi, s'inspirant
du Figaro, a pris le Pire pour un homme, nous
lui donnons, par la mme lettre, le mme d-
menti, et nous comptons sur sa bonne foi pour
qu'il continue renseigner l le raldo de Ma-
drid sur tous les dtails de cet incident.
Achillc Steens,
Secrtaire du Comit Franais
de Cuba Libre.

-------.^ J ~------

COMPARONS

Nous lisons dans El Imparcial, de Madrid', du
13 courant:
Dans les environs de Remedios, les re-
belles ont surprise 10 soldats et dix guer-
rilleros.
Ces derniers sont rests avec les in-
surgs.
Les soldats ont t dsarms et remis en
libert.
Nous lisons d'autre part, dans tous les jour-
naux franais portant la date du 14:
Des dpches prives de La Havane
disent que, dans cinquante-et-un jours, le
gnral Weyler a fusill cinquante-et-un
insurgs.
Nous nous adressons tous les homes
d'honntet et de bonne foi:
De quel ct se trouvent la civilisation et l'hu-
manit? De quel ct la sauvagerie et le brigan-
dage?

---------





Nos lecteurs trouveront ci-dessous la lettre
adresse par M. le Dr. Eusebio IIernindez, sous-
secrtaire des Affaires Etrangres du gouverne-
ment de la Rpublique Cubaine, M. Grover
Flint, le vaillant reporter du Journal, de New-
York. Cet intressant document, qui content
plusieurs dclarations de grande importance,
montre de quelles ides leves s'inspire notre
gouvernement.
Quarter gnral de l'arme et residence du Gou-
vernement San Andrs (Caniagiiey), le 29
Juin 1896.
Mr. Grover Flint.
Cher Monsieur,
Vous avez eu l'amabilit de me demander de
vous rpter sous ma signature ce que, diffrentes
reprises, j'ai eu l'honneur de vous dire dans nos
conversations du campement. Je m'empresse de r-
pondre votre dsir. Il est clair que nous parlions
de la guerre et de notre succs lequel constitute,
pour nous Cubains et pour des hommes comme
vous, ns dans un pays libre, l'objectif principal du
moment.
Avec la fin de la champagne d'hiver, notre Rvolu-
tion entire, mon avis, dans sa second et plus im-
portante phase : celle de l'organisation politique et
morale. Au dbut, nos chefs avaient peine le temps
ncessaire pour recevoir les nombreuses masses de
citoyens qui venaient leur demander un fusil et une
place dans les rangs de l'Arme Libratrice, et pour
les organiser rapidement devant un ennemi sup-
rieur en nombre et en resources. Euvre d'autant
plus difficile que plus grande tait pour nous la n-
cessit de gagner du temps dans l'envahissement du
reste de l'ile, ce qui nous mettait dans la ncessit
de prendre l'offensive.
Comment cette oeuvre a-t-elle t ralise? Le
monde le sait. C'est d'abord grce au concours de
la press de votre grand pays; concours don't nous
la remercions. On a qualifi d'admirable l'invasion
toujours victorieuse de Gmez et de Maceo. Je la
qualifierais de merveilleuse si je n'tais pas Cubain.
Ce qu'il y a de certain, c'est que notre drapeau flotte
triomphant du cap de Maisi celui de San Antonio.
Et de ce fait, je le rpte, a pris fin la premiere p-
riode de notre lutte. Actuellement, vous l'avez vu,
la priode d'organisation politique a commence.


Les rvolutions reoivent en leur sein des hommes
de toutes classes, mais la condition que les mau-
vais s'amendent, les bons tant obligs de multiplier
leurs efforts pour arriver ltre niill:k.ir. S'il t'en
tait- pas ainsi, cas derniers devraient supprimer ceux
,qui s'abritent sous leur drapeau pour continue plus
commodment ou avec moins de danger leur exis-
tence dsordonne et criminelle. S'il n'en .t&at pas
aini, une revolution mme libratrice, ne justifie-
rait pas le sacrifice de leur vie et de leurs biens fait
par ceux qui vivent dans le milieu ot elle se dve-
loppe.
Pour cette raison, les hommes quiddiiigent le mou-
vement ont begoin de possder de grandes qualits
.ri.: il.;tuelles er morales. En ce qui me concern,
j'ai la few~-aesprance que nos grands chefs mili-
taires et le Gouvernement don't j'ai l'honneur de
faire parties, -feront en sorte de s'inspirer des prin-
cipes qui gouvernent la civilisation moderne, sans
craindre, toutefo;s, de mettre en pratique les proc-
ds les plus durs et en mme temps les plus dou-
loureux pour l'homme de culture suprieure et de
bont, comme moyens imposs par les ncessits de
la guerre : 11 faut tre trs droit; mais il imported
surtout d'tre just dans les priodes rvolution-
naires, par cela mme que les rvolutions signifient
le sacrifice de la vie d'une gnration et de ses
grands intrts matriels,. pour le salute des intrts
et de la vie des gnrations, futures..
Vous avez vu avec quelle rsolution'nous avons
commenc poursuivre et chAier le dsordre, de
quelque nature qu'i" aitt,, paticul;irement celui
provoqu par let malteu.reux qui prtendent rali-
ser des profits personnetes rcn~re de notre cause.
Et au milieu des d.i-ficuts avec lesquelles il faut
lutter en temps de revolution pour rprimer ces d-
sordres sans attnuations, vous avez vu sortir libres
et sans teaches de nos Conseils de guerre, des inno-
cents qui avaient paru coupables et conduits sur le
lieu du supplice des criminels.qui, premiere vue,
semblaient tre innocents.
Pendant les seize mois couls depuis le 24 fvrier
i895 jusqu' ce jour laps de temps qui comprend
la premiere tape de la tutte une certain confu-
sion a forcment rgn dans notre arme improvise,
ainsi que je l'ai dit en commenant, et, cependant,
toutes les measures que :nous avons prises ont t
prcdes d'une circulaire du Gnral en chef ou
d'un dcret du Gouvernement, afin de donner la
parties neutre de notre population et particulirement
aux grands propritaires le temps de mditer sur c
qui convenait le plus leurs intrts sans qu'ils
puissent croire avoir t surprise. Dix annes de
guerre (de t868 38) nous avaient appris que l'Es-
pagne avait tir de notre propre sol les resources
avec lesquelles elle nous combattait : ces grande
fabriques de sucre et ces grandes planes de la
Vuelta Abajo, qui ont fait en tout temps la rputa-
tion de notre le, s'opposeraient la march triom-
phale de notre drapeau. Il tait indispensable d'em-
pcher l'Espagne de nous combattre avec nos pro-
pres lments.
Nous devions, de plus, montrer au monde que
notre pouvoir tait suprieur celui de l'Espagne,
du moins sur ce point. Et comme le monde ne con-
nait Cuba que par son sucre et son tabac, le raison-
nement des nations civilises lesquelles ne se
proccupent pas, parait-il, de la justice de notre
cause devait tre le suivant: Cuba produit du
sucre et du tabac ? Dans ces conditions, la Rvolu-
tion Cubaine ne peut rien contre le pouvoir de l'Es-
pagne. Dans le cas contraire, la Rvolution peut
vaincre, car elle est forte. Cette conclusion affected
le credit de l'Espagne et le ntre, qui sont en raison
inverse.
Mais comment cette measure fut-elle accomplice?
Tout d'abord, on fit savoir aux propritaires que
s'ils fabriquaient du sucre leurs plantations seraient
dtruites. Un grand nombre d'entre eux eurent con-
fiance en la protection de Martinez Campos et leurs
champs de canne sucre furent rduits en cendres.
Plus tard, la fabrication du sucre ayant cess, la
destruction des plantations fut interdite. Mais Wey-
ler vint, qui obligea les propritaires utiliser la
canne sucre que la Rvolution n'avait pas dtruite.
Notre Gnral en chef dcrta alors la destruction
complete de ces proprits. Grce cette folie de
Weyler, un grand nombre d'tablissements que
nous avions essay de sauver ont t dtruits.
Aujourd'hui, I'ile est occupe par nos troupes,
nous sommes dj l'entre de l't, saison pendant
laquelle les Espagnols oprent avec difficult; notre
Gnral en chef est reparti pour le Camagiey et
l'Orient afin de complter l'organisation de l'arme,
preparer la champagne et, d'accord avec le gouverne-
ment, rparer les fautes, les erreurs ou les omissions
qui, dans la precipitation du premier moment, au-
raient pu tre commises au point de vue civil ou mi--
litaire; et de faon ce que la plus grande indpen--
dance existant entire les pouvoirs, ils unissent leurs.
efforts dans l'intrt de la champagne don't le
triomphe est aujourd'hui notre principal et plus im--
portant souci.
Nous voulons que le rsultat de cette rorganisa-
tion soit le relvement au plus haut degr possible
de la morality dans le sein de la Rvolution. Noas-
voulons la discipline sans l'arbitraire; -la rectitude.
sans l'injustice, l'nergie dans les procds de la.
guerre sans l'inhumanit. Co _uent obtient-on cela?


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Isrc~S,-~-" -:**:-~'






17 SEPTEMBRE 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


En suivant la route choisie aujourd'hui par tous les
puples civiliss qui aspirent tre libres par l'ac-
complissement de la loi. Bonne ou mauvaise, c'est
elle qui sauve les socits modernes lorsqu'elles
savent la respecter come la-respecte votre noble
nation qui est, mon sens, la seule nation libre des
deux mondes pour avoir lev la hauteur d'une
vertu la pratique de la libert, grce l'habitude
acquise de respecter la loi. Il faut, et c'est ainsi que
nous l'entendons, que le Gnral en chef soit invest
de toutes les facults de la guerre. Sa sagesse, la di-
rection de la champagne qu'il vient de terminer, ses
indiscutables triomphes sont, pour le people Cu-
bain, de suffisantes garanties pour qu'il ait con-
fiance, aussi bien en son habilet militaire qu'en son
amour de la libert. Nous ne pouvons oublier que
nous sommes en guerre, que nous devons faire l'in-
dpendance absolue de Cuba, crer la nation cu-
baine. Cela, pour nous, prime tout le reste. Mais,
pehdant la guerre, la'ncessit dicte la loi, toujours
dans la limited des principles d'humanit qui servent
de base la Constitution. C'est pour cela que nous
voulons laisser au Gnral en chef l'initiative dans
toutes les questions ayant trait la guerre, pour le
plus grand bien de la prochaine champagne. Le gou-
vernement a la ferme volont d'tre son auxiliaire
le plus utile, parce qu'il estime qu'en agissant ainsi,
il fait son devoir et en mme temps ceuvre pratique.
La ralisation de nos desseins exige du tact, de la
rflexion et de l'exprience; mais le patriotism qui
nous guide et je le crois bien inspir et le pro-
fond respect de nos lois, bonnes ou mauvaises
l'heure actuelle, nous placeront dans les conditions
voulues pour tre indpendants.
En ce qui concern l'annexion aux Etats-Unis, je
vous rpte ce que je vous ai toujours dit: Trs peu
nombreux sont les Cubains qui la dsirent. Je n'ai
pas trouv un seul annexionniste parmi les rvolu-
tionnaires. Ceux qui existent ne sont pas avec eux.
En ce qui me concern, j'admire les Etats-Unis, ses
institutions politiques et administrative me parais-
sent les-meilleures du monde, et je tiens le people
nord-amricain pour le seul vritablement libre. J'ai
de l'amour pour lui, mais l'ide de l'annexion me
parat inspire par la faiblesse et la dmence. Cuba
est riche, elle est suffisamment civilise elle l'est
au moins autant-que les colonies nord-amricaines
au moment de leur indpendance elle possde
enfin bien d'autres conditions pour constituer une
nation libre, matresse de ses destines. Je ne suis
pas pouss, en parlant ainsi, par le respect de nos
traditions qui sont funestes, pas plus que par un
attachment aveugle nos coutumes que je voudrais
changer, si c'tait possible, pas plus, enfin, que par
l'amour'de notre langue. Je dirai mieux: la question
de race ne me proccupe pas. Pour le gouvernement
des peuples et le bonheur, je tiens la race latine
pour infrieure la race saxonne. Je dteste l'an-
nexion parce que j'estime que nous avons une des-
tine propre accomplir, et que cette destine est
distinct de cell des Etats-Unis. D'autre part,
Cuba, l'immense majority ne veut pas de l'annexion
et le people amricain n'y a pas jamais song. Il
peut y avoir, peut-tre, aux Etats-Unis et Cuba,
des gens qui rvent l'annexion, mais les peuples des
deux pays, plus pris de la libert et de l'indpen-
dance, prfrent tre amis intimes.
Sur la question .de l'autonomie, je n'ai qu'une d-
claration faire: Nous n'admettons avec l'Espagne
d'autre solution que l'indpendance. Si nous.en
jugeons parles faits, il n'y avait gure Cuba, en
fait d'autonomistes que les dirigeants, et non tous,
car de notre ct se trouvent, les armes la main,
non seulement la majority des soldats, mais aussi
plusieurs chefs. L'autonomie fut, pour la plupart,
une resource aprs la paix. C'tait l'unique parti
cubain existant dans les limited de la lgalit colo-
niale et, grce lui seulement, on trouvait le moyen
de lutter contre l'ennemi de nos liberts et de nos
biens. Nous vivons une poque de ralits, et celle-
ci nous enseigne que les autonomistes versent au-
jourd'hui leur sang gnreux pour lever triomphant
le drapeau de Yara. Voil -le fait; tout le reste n'est
que paroles.
Cette lettre est dj longue. Je la termine non sans
applaudir au courage et l'impartialit avec lesquels
vous accomplissez la mission que vous a confie le
.Journal. Il m'est agrable de dclarer que je vous ai
-vu, ct du gnral en chef, ct de moi, aux
endroits les plus prilleux, pregnant tranquillement
vos notes sous une pluie de balles, parcourant en-
suite le camp ennemi, comme cela se produisit Sa-
ratoga aprs la droute des Espagnols, et o
j'eus l'occasion de vous accompagner pour computer
le nombre de spultures creuses par l'ennemi et
apprcier ainsi ses pertes, 'pour reconnatre ses re-
tranchements, computer les chevaux laisss sur le
champ de bataille, etc., etc.
Si tous les correspondents agissaient comme vous,
le monde saurait plus facilement ce qui se passe ici.
Trs reconnaissait de votre bonne amiti, j'ai le
plaisir de vous renouveler l'expression de ma consi-
dration.
.E. .Herninde, -
Sous-secrtaire des affaires trangres.

'


DECLARATION CATGORIQUE


Pour rpondre un entrefilet, que nous nous
abstiendrons de commenter, de El Imparcial de
Madrid, relativement l'interview de M. Isaac,
public dans Le Matin, le respectable snateur
de la Guadeloupe nous fait l'honneur de nous
adresser une lettre que nous sommes heureux de
placer sous les yeux de nos lecteurs :
Il est d'abord manifeste que Ei Inmparcial fait
fausse route, quand 'il cherche tirer argument,
contre ceux qu'il appelle lesflibustiers, de ce que je
ne soulve pas immdiatement, devant le Snat, un
dbat sur-la question cubaine. Je suis juge de
l'opportunit de mes actes; et si le rdacteur espa-
gnol avait bien lu le compete rendu de ma conversa-
tion avec le journalist du Matin, il aurait vu que
je n'ai nullement pris l'engagement de ne pas ouvrir
ce dbat; l'interviev du Matin laisse entendre au
contraire qu'il s'ouvrirait, pour peu qu'on continut
assassiner ou seulement malmener des Franais.
Il s'ouvrira peut-tre mme sans cela.
Le journal de Madrid abuse encore visiblement de
l'induction, quand il infre de ma rponse au Matin
qu'aucun mtis franais n'est dispos venir effec-
tivement en aide aux Cubains. Je n'ai exprim que
mon sentiment personnel; mais si l'on veut admettre
que tous les mtis franais pensent comme moi, je
ne vois pas comment la cause cubaine pourrait en
tre diminue.; il faudrait, en effet, conclure de mes
paroles que les mtis franais donnent cette cause
ce qu'ils peuvent donner, leurs profondes sympa-
thies, et qu'ils honorent en Mximo Gmez, Maceo
et leurs compagnons, tous flibustiers , d'admi-
rables patriots, de glorieux soldats.
Puisque El Imparcial me faisait l'honneur de citer
mon opinion, il aurait d se borner dire simple-
ment que je suis de ceux qui font des veux pour la
cessation de la guerre et la proclamation de l'ind-
pendance de Cuba.
Alexandre Isaac.
Snateur de la Guadelope..
Si les catgoriques declarations de Monsieur
le snateur .Isaac constituent son vrai pro-
gramme sur la question cubaine, elles prouvent
aussi trs clairement combien est mal ren-
seign le trop spirituel journal madrilne.



A LA LIBERTY


Dans son numro du 1i septembre dernier,
nous relevons ,l'.affirmnation sqiyaipte de notre
confrre:. '
La France, quel que soit son gouvernement, n'a
aucun droit d'intervenir dans la'rvolte des Cubains
ni dans les affaires intrieures de l'Espagne.
Nous demanderons notre confrre si ce n'est
pas intervenir dans les affairs intrieures de
l'Espagne que de favoriser son emprunt, et si ce
n'est pas intervenir dans la rvolte des Cubains
que de souscrire cet emprunt, destio les
combattrWe
En bonne logique, 6 Liberte, si peu libre,
quest donc alle faire la France en Amrique,
en Grce et en Italie, quel qu'ait t alors son
gouvernement?
Nous apprendrons par vous, cher confrre,
que La Fayette et Rochambeau furent de fameux
flibustiers

i--------*-------

L'INSURRECTION CUBAINE
ET SES TIMBRES-POSTE


Tel est le titre d'un article public dans L'Echo
de la Timbrologie d'Amiens, du 31 aolt dernier.
Nous sommes heureux de constater que le si-
gnataire de cet article, M. Mna, peut tre compt
au nombre des rares crivains en Europe bien
renseigns sur la question cubaine.
Voici la conclusion de cet article:
Le gouvernement-espagnol a du reste toujours eu
comme systme de catcher ou de nier ce qui se passe
Cuba: persuader tous les peuples que les Cubains
sont des' bandits et des incendiaires, tel est son seul
but. En ralit, les flibustiers ', comme on ap-
pelle les Cubains Madrid, ne fusillent jamais leurs
prisonniers; ils enterrent les morts et soignent les
blesss espagnols. L'Espagne, au 'contraire, ne fait
pas quarter ses ennemis : on pourrait citer des
centaines de malheureux, inoffensifs la plupart du
temps, qui, sur un simple soupon de favoriser les
rebelles, ont t impitoyablement fusills. C'est l ce
que l'Espagne appelle civiliser Cuba. Mais la v-
rit finit toujours par triompher: Chaque pan qui
s'croule monte de plus en plus clairement de quel
c6t sont le droit, la justice et l'humanit,
Aujourd'hui, les Espagnols n'occupent plus en
ralit Cuba que les vIlles importantes, et l'Es-
pagne, pouvante, implore auprs des gouverne-


ments de l'Europe, un appui que ceux-ci ne se' sou-
cient gure de lui donner.
L'auteur donne ensuite sur les timbres-poste
cubains les intressants renseignements sui-
vants :
Le premier timbre-poste mis par les insurgs
cubains parut pendant la Rvolution prcdente, en
1873, New-York. Il avait t grav par l'Amricain
Bank-Note, mais il est douteux qu'il ait rellement
eu un usage postal.
Ce timbre, de couleur verte et de la valeur de 10
centavos, reprsente l'cusson de la Rpublique Cu-
baine. En haut, sur une banderolle, l'inscription
Correos ; au centre: Rp. de Cuba ; en bas,
la valeur.: o1 centavos to .
Les timbres actuels, mis rgulirement par dcret
du Gouvernement provisoire cubain de New-York,
sont au type 1873, trs lgrement modifi (l'ins-
cription Correos est en lettres un peu plus
gran des.
Ils ont galement t gravs parl'Amricain Bank-
Note: c'est dire qu'ils sonttrs jolis. La srie est
compose de quatre valeurs: 2 centavos (brun), 5 c.
bleuu), o1 c. (rouge) et 25 c. (vert).
Plusieurs de c"s timbres sont arrives New-York,
affranchissant des lettres originaires de Cuba et por-
tant le timbre d'oblitration en usage dans l'ile.
Mna.

--i-----.il I,-- ' ilI--'-I

LES NOUVELLES SYMPATHIES

Les Cubains, qui mnent de tous leurs efforts
le rude et bon combat pour la Libert, s'ils
avaient le temps et le souci de lire ce qui se pu-
blie sur leur compete, pourraient tre joyeux des
sympathies que chaque jour leur apporte.
Alors que tant et tant de feuilles franaises
continent impassiblement mentir ou alignent
en de niaises phrases l'expression de leur colre,
paye par l'Espagnol, voici pour notre joie
n ; -- , o , ,
la reproduire ici-- la fin d'u.iilticle, que l atiti-
tude des Cubains inspire un mature du journa-
lisme contemporain :


J'avoue trs franchement que, sur la ques-
tion de Cuba, je ne partage pas du tout la ma-
nire de voir d'une grande parties de la press
- franaise, et notamment:de la press conserva-
trice.
C'est--dire que je ne dissimule pas l'intrt,
presque la sympathie, que m'inspirent les in-
surgs cubains.
Les traiter de flibustiers est bien vite fait.
De mme nous traitons, nous autres, de pirates
les Annamites qui dfendent leur pays, et de faha-
valos les Malgaches qui ne veulent pas de-l'tranger.
De mme galement, les Anglais fusillent comme
rebelles les malheureux Matabls qu'ils ont asser-
vis.
Et Berlin, on juge comme des traitres les Alsa-
ciens-Lorrains qui se souviennent de la mre-patrie.
Il faut donc faire attention de ne pas abuser des
mots et des pithtes, si l'on veut demeurer dans la
saine appreciation des choses.
Car, inutile de se le dissimuler, un pays a toujours
le droit de se sparer d'un autre pays.
Et, ici-bas, il n'y a pas de liens indissolubles,
quand ils ne proviennent que de la conqute hu-
maine.
Or, ce serait de la purilit que de soutenir plus
longtemps, comme on le fait dans la press, tous
les jours, que les insurgs cubains ne sont qu'une
poigne de ngres: et de flibustiers amricains.
Ce n'est pas vrai.'
L'Espagne ne verrait pas tous ses efforts annuls,
ne serait pas rduite de si gigantesques sacrifices,
si l'lment national n'tait pas rellement contre
elle Cuba, comme il fut centre -elle au 'Prou et
au Mexique,'comme il fut cortre nous Saint-Do-
mingue. .
Et il ne faut pas confondre les insurrections
,partielles, limites, queo la imtropole a le de-
voir de rprimer, avec ces soulvements pres-


que universels d'une population qui rclame
son autonomie et la scelle de son sang.
On ne peut plus, notre poque, sans veiller des
protestations et des indignation, obliger un people
vivre avec un autre people.
Le sparatisme est un droit qui s'impose mo-
ralement, quand il n'est pas la chimre d'une
minority turbulente et factieuse.
Aussi, d'aprs tout ce que je vois, et depuis
dix-huit mois terrible que dure l'insurrection
cubaine, je crains fort que l'opinion Spara-
tiste des insurgs ne soit l'expression des ides
de la majority.
Dans ces conditions, tout en reconnaissant que
l'Espagne ne peut gure agir autrement qu'elle
n'agit, on peut se permettre tout de mme uni
peu de piti pour ces croles cubains qui, some
toute, combattent hro:quement et meurent
pour l'indpendance de leur pays.
Ce language de M. Paul de Cassagnac n'est pas
fait pour nous tonner. Nous disons .mme que
nous attendions cet article, come nous en
attendons d'autres similaires de la minority pen-
sante de ce pays.
M. Paul de Cassaguac, avant son chec, tait,
avec quelques autres, de la toute petite fraction
intellectuelle de l'Assemble legislative. Aprs la
srie admirable d'articles: que l'on sait, crits et
publis quotidiennement dans L'Autorit, il
tait donc lgitime d'attendre sans s'abuser
- quelques lignes, un jour, en faveur de la
liberty de la grande ile anlilienne.
Jean Guilon.



OPINION IMPARTIAL


Nous sommes heureux d'enregistrer le Cor-
riere cel Ticino parmi les journaux qui se d-
vouent et clairent les lecteurs de leurs connais-
sances sur la vraie cause des dissentiments poli-
tic-oeiaux jqui sont en jeu entire la monarchie
espagnole et les rpiiblicains cubains.' '
Nous reproduisons cette parties d'un article fort
judicieux de notre confrre le Corriere del Ti-
cino, de Lugano:
Si nous devons, dit le Corriere, admirer le courage
et la fermet avec. laquelle les Espagnols affrontent
la lutte contre l'orage terrible qui s'est dchain dans
leurs colonies, on ne saurait nanmoins ne p a rj.:.ri-
natre que cette lutte, c'est eux-mmes qui l'ont
voulue par une mauvaise et malhonnte administra-
tion.
Les Croles des Antilles, come les Malais et les
Mtis des Philippines, sont las d'tre exploits par.
les grands d'Espagne envoys pour gouverner, et qui
au contraire ne pensent qu' les 'exploiter indigne-
ment pour pouvoir ensuite retourner en Espagne
mener la vie ,grandes guides.
Les Cubains voient la Jamaique florissante bien
gouverne, la Martinique et la Guadeloupe en voie
de rels progrs; les Mtis des Philippines peuvent
se donner cette sage administration avec laquelle la
petite Hollande a su rendre florissant l'immense em-
pire de Java et de Sumatra.

-------*-r ------

UNE LANTERN ?

Dans Le Monde Financier nous trouvons
cette perle:
Officers et soldatsespagnols se plaignent de l'in-
suffisance du service medical, de la mauvaise qua-
lit des vivres et des marches forces inutiles entre-
prises dans un pays marcageux et malsain contre
un ennemi qui parait et disparait come bon lu-i
semble.
Des dtachements de troupes, oublis dans les
montagnes, n'ont reu ni vivres, ni solde depuis
quatre mois et demi. Ils en sont rduits ranonnei
le habitants. :
Oublis !!! Une lanterne, S. V. P. pour ce nou-
veau Soubise qui a gar son arme?
Une bonne rcompense qui la lui rapportera.


D'une dpche olficie!le d Weleir :
Dans la province de Pinar del Rio,' les guerrilleros
d'Artemisa ont battu l'ennemi qui tait tonb subi-
tement sur note colonne, chargeant au machete...
Tiens! les insurgs chargent au machete. Le


_ ~ i







LA RPUBLIQUE CUBAINE


17 SEPTEMBRE 1896


fait est retenir, puisque, suivant vous, ils ont
l'habitude de fuir... Fuira bien qui fuira le der-
nier, n'est-ce pas, Weyler?
N
De la mme dpche :
Nous leur prmes trois morts...
Mes compliments! Voil ce qui peut s'appeler
une grrrande victoire.


Toujotirs du. mme tonneau (0 Lachambre !),:
Le gnral Suarez Incln a explore la Sierra Re-
compensa (naturellemeqt!), Orozco, San Gabriel et
a dtruit tin grand nombr-d'habitations.
Ne croyez pas pourtant, lecteur, que ce des-
tructeur d'habitations soit un chef insurg; c'est
un hroque et irrprochable Espagnol, l'illustre
vaincu de Candelaria.


Weyler qui, nagure, avait promise au Gouver-
nement espagnol de nettoyer les provinces occi-
dentales, promet maintenant de balayer' 'Ile
tout entire ds que viendra l'hiver.
A d'autres, Valrien; nous savons bien que tu
es un grand homme; mais pour ce qui est de ba-
layer et de nettoyer, tu en es absolument incapa-
ble; je m'en rapporte tous ceux qui connaissent
l'Espagne et les Espagnols.


Le Martin a raison; dcidment; l'Espagne
rend ses colonies trs heureuses. Une nouvelle
preuve en est l'insurrection des Philippines; que
voulez-vous? on--se lasse de tout; mme -d'une
mtropole dsintresse et d'une administration
modle.
En tous cas, le trne vermoulu des Bourbons
fait entendre des craquements sinistres :
Petit Alphonse deviendra grand
Pourvui que Dieu lui prte.,.
En attendant, Rothschild lui prte d.e'argent...
vingt pour cent, il est vrai; et avec quelles ga-
ranties!


Mais nous n'en voulons nullement Rothschild,
car tout en faisant son bdit goumerce, il rend
un fier service la cause cubaine; en effet, il
prte l'Espagne une some insuffisante pour
les besoins de celle-ci, et il met la main sur tout
ce que cette soi-disant (titulada) puissance peut
donner comme garantie.
Par consquent, la prochaine fois que l'Espagne
cherchera'a emprunter, c'est--dire dans quelques
mois, elle ne pourra offrir aux capitalists d'autre
garantie que... l'honneur .castillan.
Il est vident que c'est peu.


Peut-tre viens-je de faire une dcouverte :
Rothschild serait-il flibustier?
Dans ce cas, nous ne le voyons pas blanc,
d'abord parce que tous les flibustiers sont forc-
ment noirs et ensuite parce que les Espagnols
sont gens le supprimer... une fois qu'ils auront
touff'dson argent.

-------* -------

LES FINANCES ESPAGNOLES

Correspondence Bleue:
La loi dite de secours aux Compagnies des che-
mins de fer espagnols, vote par les Corts, quelque
peu embrouille, a t faite d'aprs le modle-type
des juristes espagnols. C'est un modle fort peu re-
commandable, mais don't ils sont trs fiers.


Mais, quoi qu'on puisse penser du mrite de la
rdaction de cet article, aussi confus qu'il est vide,
le fait incontestable, c'est que [l',ctr.,i de la proroga-.,
tion ainsi que' l.s a'.anutge juridiqei pour les"
Compagnie continues dans les autres articles de la
.:* se troL'.e li en termes-.':prs la ralisation de
l'emprunt.
Ces terms sont tejs qu'on pourrait croire, s'il
s'da;ssai de tout autre pays, que l'emprunt don't il
;est fait mention ne-peut tre contract que sur:
prise total ferme.
Noui ri'en croyons rien,. p.:ur plusieurs raisons
majeures". A ne consulter que' le texte de la loi, 'fis'
la lettre, la prise total ferme, soit par les ban-
:.quiers des Compagnies ou par les tablissements de
crdit avec lesquels elles sont en rapports suivis -
prise faite avec l'intervention des Compagnies -
semble tre l condition sine qud non laquelle de-
meure subordonn l'octroi des avantages et des nou-
veaux droits qui leur sont accords par la loi.
Mais il y a, dans le premier article de cette loi,
une phrase don't l'insertion ne peut tre attribue
une negligence. L'emprunt,_y est-il dit, devra com-
prendre tout au moins une some minima de 200
millions de pesetas or. On a probablement voulu
dire que le ferme pris devrait au miinimum s'lever
la some de deux cents millions de francs.
S'il en tait autrement, les Corts espagnoles par-
leraient un.langage financier incorrect, incompr-
hensibl, et mme en contradiction avec le lan-
gage lgal de l'Etat espagnol. Car de deux
choses l'une: ou il s'agit de Dette extrieure ou de
Dette intrieure. Dans le premier cas, il ne peut
s'agir que d'un emprunt libell en or. D'aprs les
lois espagnoles, la Dette extrieure reprsente des
Rentes payables en francs ou en livres sterling
un change qui a t fix par les lois et dcrets de
1882. Dire qu'il y aura verser un mininmun de 200
millions en or, c'est absurde; c'est la totality qui
sera verser en or si l'emprunt est mis en Dette
extrieure. Et s'il s'agit d'intrieure, il est vident
qu'on ne peut demander qu'il soit vers des pesetas
en ofr.
Au cours.,duParis, il n'y a pas de contractant
qui ne ft.oblig de faire, payer quarante millions de,
pesetas pour perte de change come equivalent
d'une some de deux cents millions de :pesetas,
verss en or.
Veut-oif dire que, sur le milliard, il devra 'y avoir
deux cents millions provenir d'une mission de
Dette extrieure en quantit suffisante produire
cette some? Mais alors on suppose qu'il peut exis-
ter des banquiers qui s'engagent mettre Paris
une quantity d'Intrieure qui puisse produire un
effectif de hut cents million, de pesetas. S'il n est
ainsi, quels sont les banquiers parisiens ou les re-
prsentants des Compagnies qui ont caus avec le
gouvernement espagnol ? E\idemment, ces bienheu-
reux ministres qui."sigent Madrid ou qui se pro-
mnent sous les frais ombrages du chteau de La
Granja n'ont vu aucun banquier parisien. Il n'y en
a pas un seul qui leur bt laiss ignore l'impossibi-
lit absolue de: placer Paris des titres d'Intrieure
espagnole. O trouver quelqu'un qui consentirait
se soumettre aux ventualits menaantes des chan-
ges sur Madrid et qui voudrait commencer par
perdre le 20 o/o de-son revenue ? Cette ide d'mettre
de l'Intrieure Paris et d'en faire une condition du
concours accorder aux Compagnies de chemins de
fer, c'est de la douce mais de la pure folie.
Cette loi, de quelque ct qu'on la veuille envisa-
ger, ne dit rien qui vaille ; elle est parfaitement in-
comprhensible. Nous dirons mme qu'il lui manque
le caractre essential qu'on doit exiger de toute loi:
la clart, l'esprit, le trait auguste et srieux.
Le texte en est nigmatique. Il est fort craindre
qu'il n'en reste qu'un seul et unique rsultat: un
cercle vicieux.
En rduisant les terms de cette malheureuse loi
leur plus simple'expression, qu'en reste-t-il ? Un
emprunt subordonn un concours clair et net
accorder aux Compagnies de chemins de fer par


Il'Etat espagnol, et puis un concours accord aux
tCompagnies mais subordonn un emprunt d'mis-
sion impossible don't le succs invraisemblable frise-
rait le miracle. On est en plein dans-le cercl. le plus
vicieux qu'il soit possible d'imaginer.
Ce n'est pas aujourd'hui, c'est lorsque M. Cano-
vas prit le pouvoir qu'il et fallu s'occuper:d'une'
srie d'emprunts. A ce moment, c'tait f.i le,'c'tait
faisable. L'Extrieure, aux mains d'une. spculai
tion hardie, nergique,. bien que des plus folles;
'avait atteint le.cours de 80, et le change.tait tomb
12. L'emprunt espagnol, vigoureusement lanc,
.nergiquement men, auraiteu beaucoup dechances.
C'est ce moment, lorsque la Bourse de Paris avait
t hypnotise par de hardis spculateurs, qu'on au-
rait pu saisir au vol le moment psychologique. Mais
aujourd'hui, c'est trop tard. Et, aprs la loi qui
vient d'tre vote, le gouvernement espagnol a peut-..
tre brl ses vaisseaux. L'emprunt, s'il est mis
(nous en doutons fort), ne pourra tre qu'un gros
fiasco.
On aura beau promettre des garanties doues de
toutes les scurits imaginables et des perceptions
les plus directed, le public fera la sourde oreille. Il
n'y croira pas; il se dira que, dans les circonstances
exceptionnelles que traverse l'Espagne, on ne sait'
pas ce qui peut arriver et que le cas de force majeure
est toujours prvoir de certaines heures. On ne
doutera certes pas de la bonne foi, des intentions
honntes de M. Canovas. Mais l'argent est mfiant
de sa nature et il mettra en doute la solvabilit ou
le bon vouloir des successeurs ventuels de ce gou-
vernement-ci ou de tel autre qui serait pris en de-
hors des conservateurs et des libraux. Qui peut
dire, dans les circonstances actuelles, quel est le
successeur que le hasard des vnements reserve
M. Canovas ?
Cet emprunt nous laisse fort incrdule.
Puis, est-ce bien par la force des armes que l'on
pacific les colonies ? L'histoire nous apprend qu'on
est bien prs de les perdre quand on croit les tenir,
par l'emploi exclusif des.moyens coercitifs.

Pour s'emparer de l'ile de'Cuba, pour la possder
Set la tenir, ce n'est rien que d'employer le fer et le
feu. Ce n'est pas d'un territoire ruin, brl et sac-
cag, qu'il convient.de s'emparer; A supposed mme
le triomphe des armes, il y aurait surtout gagner
les curs. Voil la vraie.conqute. La belle affaire
que de verser du sang torrents pour ne se pouvoir
parer aprs la victoire que du manteau dguenill de
Don Csar de Bazan! '

La Patrie : Le mode d'mission et les condi-
tions le l'emprunt espagnol d'un milliard, don't nqus
avons parl prcdemment, ne sont pas encore
fixes. I serait lanc, dit-on, sous la forme d'une
mission don't moiti intrieure et moiti extrieure.
Nous croyons plutt que la totalit de l'emprunt
sera rserve l'extrieur, car il s'agit de se procurer
des remises et de l'or pour Cuba et les Philippines.
Dans tous les cas, la majeure parties de cet emprunt
sera place l'tranger; il estupeu probable, en effet,
que l'Espagne puisse en couvrir plus d'un quart.

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RVOLUTION CUBAINE

La fivre jaune dcime toujours activement
l'arme espagnole et il est craindre que les troupes
qui vont arriver ne soient atteintes par la contagion,
car la mauvaise saison bat son plein.
Weyler a refus d'autoriser l'envoi de 800o balles
de tabac en feuilles, 'achetes Remedios par une
maison amricaine. Le Consul Gnral des Etats-
Unis a protest.
Une lettre de.Santiago de Cuba donne des d-
tails sur la destruction de ce district, des proprits
appartenant des trangers. Dans la grande zone o
se trouvent les plantations de caf, plus de 30 fermes,
y compris La Aurora, Doloritas et Hampati, ont
t dtruites. Leurs propritaires se sont rfugis
Santiago.
On announce de Bahia Honda (Pinar del Rio)


que le garde-cte qui a captur le Competitor a fait
feu, il y a deux jours,.sur une barque suspect prs
des rcifs de los Colorados. Une des bombers est
t.:nb~c sur une canonnire espagnole qui itait.ari-
,:cre de l'autre .ct des rcifs et a bless le comman-
dant Breton et trois marines. En outre, le projectile a
compftement dtruit la machine. Pendant cet'emps
la barque suspect continuait, sa route et ne tard: j
pas disparatre du ct du Gap San Antonio:.
En dpit de l'activit dploye par les navires
de guerre qui surveillent les ctes de l'ile, le dbar-,
.quement d'expditions continue toujours.. Depuis
quelques moisles' insurgs.ont reu de cette manirei,
un appui ...nsid.;raible venant de pays tranger..
Une dJipche de Tampa announce que Roloff et
les autres c ii.s insurgs prparent une nouvelle ex-
pdition qui partira de Fernandina. Le ministry des
Etats-Unis. Madrid a dclar que son gouverne-
ment tait trs favorable .l'Espagne, mais quiet
l'tendue des ctes empchait la surveillance et l'in-
terdiction du depart des expeditions.
On made de New-York qu'un petit croiseur
est construit, en secret, dans un des chantiers de
Brooklyn et est destin aux Cubains. Quand le bti-
ment sera termin, il sera d'une puissance remar-
quable eu gard ses dimensions. Il mesurera ioo
pieds de long et 'n pieds de large avec un tirant
d'eau de 4 pieds. Ses machines dvelopperont une
vitesse-de 25 noeuds.
Le capitaine du Laurada, don't on a annonc
l'arrestation, est inculp d'avoir organism, le 5 aot,
une expedition militaire contre l'Espagne. Il a t
remis en libert contre une caution de mille dollars.
Valence. Une trentaine d'hommes arms de
fusils Remington se sont runis mercredi dans la
champagne, aux environs de Pedralva, et sont entrs
dans cette localit; mais, poursuivis par la gendar-
merie, ils ont pris une direction inconnue. On croit
qu'il s'agit d'un coup de main tent'par un group
rpublicain.
Divers rpublicains, parmi lesquels MM. Valles
et Ribot, qui avaient t arrts, viennent d'tre mis
en libert; mais M. Estevanes, ancien ministry de la
Rpublique; M. Lostan, et dix-sept autres sont: en-
core dtenus.
Une conference a eu lieu entire M. Canovas,
Reverter, ministry des finances, et Bauer, reprsen-
.tant de la maison Rothschild, afin d sondei les dis-
positions des marches trangers en vue d'un pro-
chain emprunt. M. Bauer a fait comprendre qu'il
.est difficile de se prononcer quand, les plus grands
banquiers de Paris sont absents. L'emprunt d'un
Smilliard sera mis parties l'tranger contre sous-
cription en or et parties sur le march intrieur.
Les dpchs de Gnes disent qu'au moment
Sdu dbarquement des journalists espagnols, venus
pour le lancement du Christophe-Colomb, des d-
monstrations enthousiastes se sont produites. Un
individu qui a cri : vive Cuba rpublicaine! a
t arrt.



TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais sont de 2, 5, 10,
le dessin, repr- 25 centavos (le
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vaut.0fr. 05 de
pour tous les monnaie). Nous-
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de:
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-


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LE CONFLICT HISPANO-AMERICAIN



IL MESTRE. AMBILE,. Chevalier de la Lgion d'Honneur, ancien officer de marine et fondateur de la Ligue Franco-Amricaine
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Last updated October 10, 2010 - - mvs