Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 10, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00035
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PAIS DEPART.
20,1uSaint-iont-de-aul.IreUne anne, payable d'avance... 20 fr. 22 r.
20, Rue Saint-incent-de-Paul re Anne PARIS io Septembre 1896 No 34 .is:::"e, i< .
.Un semestre, id. id. ... Il fr. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: IePTlAX OG8A Uni trimestre, id. id. 6 fr. 6.50
..--A L'TRANGER
ToEL -o r PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ............. 25 fr.
Un semestre, id. id. ............ 13 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUiMERO....... O fr. 25


LA HAUTE, BANQUE ORDONNE


En vrit, M. Canovas n'avait pas besoin de l'in-
surrection des Philippines pour tre singulirement
embarrass. Par contre, jamais moment ne fut
mieux choisi pour le mettre en pril. Si les spara-
tistes sont aussi tenaces que les Cubains, il y aura
de belles heures d'angoisse pour la monarchie espa-
gnole.
SLa'rpression sera nergique, dit M. Canovas. Et
c'est tout, Mme, la veille du fameux emprunt, il
ne peut rien promettre au del. Sa fureur doit tre
grande.
Tout allait si bien, en dffet! La champagne de
mensonges mene par certain quotidiens franais
tait des plus heureuses; il y avait abondance, de
victoires triomphales; des gnraux, retour de Cu ba,
dclaraient que l'insurrection tait sur le point
d'tre rprime, et tous, trs modestes, regagnaient.
en hte l'Ibrie pour laisser aux nouveaux venus
l'honneur de la dernire victoire, quand, brusque-
ment, une autre et terrifiante nouvelle frappait de
stupeur la cour de Madrid.
SLes Philippines se rvoltent !
Et les nouvelles devinrent subitement graves:
Ce n'est plus seulement un complot qui s'est
produit aux Philippines contre l'Espagne, c'est une
vritable insurrection, pendant de celle de Cuba.
M. Cnovas' voulut bien alors reconnaitre que,
depuis la guerre de l'indpendance, l'Espagne n'avait
jamais t en plus mauvaise position.
Mais les rodomontades de M. le Premier Ministre
sont obstines. L'Espagne, dit-il, montrera sa ferme-
t devant toute espce d'attaque.
Oui, des mots, des harangues, des proclamations,
voil le plus clair, de la vitalit de l'lbrie. Quant
la bataille, Weyler, abandonn par tous ses gn-
raux Cuba, ne la provoque plus.
- Ce vaillant soldat a dsormais peur des blessures.
11 a pris got au ju inoffensif des petits drapeaux
que l'on pique sur une carte pour marquer les posi-
tions conquises ou conqurir. Il est peut-tre,
aprs tout, le grand stratge qui ne se compromet
pas dans une guerre de guerrillas. A cet -homme-
Titan il faut des Austerlitz. Sa joie, son gnie,
ce sont' les compliques strategies des grandes ba-
tailles. Empereur de la guerre, il n'est pas le soldat
de l'embuscade. 24,000 dollars, promet ce hros,
quiconque l'aidera capture un vapeur de flibus-
tiers.
Belle vaillance castillane, et singulire dmence !
Ainsi il avoue, ce gnral Boum, qu'il ne peut
empcher les Cubains de s'approvisionner, malgr
ses avisos et ses bateaux de brocante ; il est atterr
quand il apprend un nouveau success des insurgs;
et c'esi cependant ce capitaine-gnral qui demeure
le gnralissime des Espagnols Cuba.
Pour la russite de l'emprunt, ordonne la Haute-
Banque cosmopolite.


L'heuie approche, en effet, o l'on va tenter de
consommer cette supreme violence: l'crasement
d'un people par l'argent. Il me faut un milliard, va
clamant partout M. Canoyas. Un milliard pour
-touffer la Libert. La Marianne est chrement tari-
fe, bien qu'il y ait le meurtre au bout. Allons, qui
veut subvenir aux premiers frais du garrot ?
En attendant, bons orphons de France, conti-
nuez, comme vous le faites, aller cueillir des lau-
riers en Ibrie. Aussi bien, restez, si vous le pouvez,
l-bas; personne'ne vous regrettera, vous et vos
bannires de ferblanterie. Innocents mlomanes,
tachez donc, au surplus, de dcider les toreros fa-
meux ne plus songer aux ganladerias de Veragua,
Ibarra et autres lieux, et expdiez-les par le plus
rapide bateau vers les taureaux cubains.
Ce sera oeuvre pie.

Saint-Hamans.

--------** -------

AUTORITE ESPAGNOLE


Crument, afin qu'on ne puisse, par des inter-
pritations, torturer le sens de mes paroles, je
dclare que je suis partisan resolu, parce qu'
mon avis ainsi l'exige la justice, de prpa-


une citation. Ce procd vaut d'tre signal,
d'autant plus que fort nombreux sont les jour-
naux de Paris et des dpartements qui nous
prennent, sans faire mention de notre feuille,
des fragments d'articles, des nouvelles qu'ils pu-
blient sous forme de tlgrammes et jusqu' des
biographies destines a renseigner leurs lecteurs.
Ceci dit, tout ce qui a t public d'aprs nous,
par La France Militaire, relativement au g-
nral Jos Macco, peut tre considr par notre
confrre comme e'rite' historique. Nous y pour-
rions mme ajouter si c'tait ncessaire.
Mais combien il est regrettable qu'un journal
comme celui don't nous avons le-plaisir de nous
occuper imite les journaux espagnols, lorsqu'ils
traitent de prtendus ministres et de pr-
tendus gnraux nos hommes publics et nos
chefs militaires, notre ministry de la guerre, le
gnral Roloff et le mayor Grover Flint. Le gou-
vernement de la Rpublique de Cuba a l'autorit
suffisante pour confrer des grades. Le suffrage
du people cubain, lequel exerce dans Cuba Libre
ces mmes droits (le l'homme proclams par la
grande Rvolution Francaise, a lu un,gouver-
nenlent provisoire qui suffit pour nommer des
chefs militaires, sans qu'il ait se soumettre au
contrle de Cinovas del Castillo, ou celui du
ministry de la guerre espagnol.


AGITATION CARLISTE

MOVEMENT A PORTO-RICO

Nous avons annonc, dans notre numro de la
semaine dernire, le dbarquement de trois ex-
pditions en plus de celle qui fut sous le com-
mandement du gnral Carlos Roloff, ministry de
la guerre. Nous pouvons dire que ce dbarque-
ment s'est accompli sans incident et sur divers
points de la cte cubaine, dans les derniers jours
du mois dernier. Une des expeditions tait com-
mande par M. Rafael Cabrera, vtran de la
dernire guerre, patriote, rsolu et trs influent
dans le dpartement de Las Villas.
La parties important du matriel de guerre
transport par ces expeditions consiste en :
3 canons,
1.000 livres de dynamite,
1.600 machetes,
4.000 fusils,
S1.900.000 cartouches,
Sans'compter les: remdes, les uniformes, des
chapeaux, des chaussures,- des montures, des
appareils pour la fabrication des cartouches et
des explosifs, etc.
Disons enfin que ces expeditions ont t, com-
bines avec autant d'audace que d'habilet. En
effet, ni les homes ni les navires qui les ont
transports Cuba n'ont viol les lois de la neu-
tralit rappeles rcemment dans une proclama-
tion du Prsident des Etats-Unis, bien que les
navires soient parties des ctes, anglaises de la
Jamaque et de celles de Bahamas.
La Rpublique Cubaine s'associe au re-
merciement sincere et mrit que tous nos com-
patriotes adressent tous les Cubains qui ont
contribu au succs de ce dbarquement.


Les snateurs et dputs carlistes, en manire
de protestation, se sont retirs des deux Chambres.
Cette attitude n'a pas t sans produire une im-
pression considerable dans les provinces de Gui-
puz'oa, Alava et Biscaye, bien connues pour leurs
sympathies carlistes et toutes disposes se
lancer dans une revolution sur un signe du pr-
tendant Don Carlos. Le snateur Olozbal' a
quitt l'Espagne pour se rendre auprs de don
Carlosiet le consulter. On redouble de vigilance
a la frontire, parce que le government a la
certitude qu'il entire, pour l'instant, une grande
quantit d'armes et de munitions destines aux
carlistes.

On sait, par dpche reue Madrid, qu'un
important movement sparatiste se prpare
Porto-Rico. Le gouverneur de la colonie, gnral
larin, a demand d'ur'gence des renforts A Wey-
ler. Mais en presence d'un refus, bas sur ce que
le gnral Weyler n'avait mme pas assez de
forces pour maintenir i Cuba la suprmatie espa-
gnole, le gnral Marin a d s'adresser au mi-
nistre de la guerre de la mtropole.


*


rerle plus tt possible, et pour le mieux, l'man-
cipation de toutes nos colonies.Je considre
comme injuste et ignominieux, comme atten-
tatoire au droit et la dignity humaine, de
maintenir sous le joug ces pays que nous appe-
lons tort provinces, afin que les reprsen-
tants de l'Espagne les exploitent et que se
crent et se conservent ces normes fortunes,
funestes et horribles, arroses de sang human.
Nicolas Salmer6n.
Diario de las Sesiones, 14 octobre 1872.



A LA FRANCE MILITAIRE


Bien que La Franjce Militaire n'admette pas
que les Cubains obtiennent la libert pour la-
quelle ils luttent, nous sommes reconnaissants
ce distingue confrre de ce qu'il cite, ainsi que.
le veulent les convenances du journalism, La
Rpublique Cubaine chaque fois qu'il em-
prunte notre journal soit une information, soit


Nous avons la conviction que le moment n'est
pas loign oi notre confrre militaire sera sur-
pris de s'tre si bien tromp en puisant ses in-
formations dans les journaux espagnols, en te
qui concern la question cubaine.

-------.^.i e------

LAS VUELTAS


ATTAQUE D'UN FORT ESPAGNOL

Notre gravure reprsente l'un des combats les
plus sanglants de la guerre actuelle: les Cubains,
attaquant un fort espagnol, ont russi fire ca-
pituler la garnison.
Las Vueltas est dans la province de Santa-
Clara, c'est-4-dire une de las Villas. Population:
16,000 habitants, et grande importance au
point de vue agricole et sucrier.

.


Las Vueltas. Attaque d'un fort espagnol.






LA RPUBLIQUE CUfAINE


10 SEPTEMBRE 1L96.


POUR CUBA LIBRE


Rponse au journal ( Le M ftin
Noi4isons dans La Peiife Rpublique: ...
Nous recevons/la leftre suivaite, que nous-in-
so ia.s hvec platiir, touj,-ours asireux de t Fioi-
gner notice sympathies aux Cubains, qui lutteit
kh've trtit. de Vriillance pour la c.-rs.e il,- la liberty :
.. dh, M ieur le Rdacteur hn hef,
'- Conftis iatd', I i'd,'iF dhfiIanie t la ,-ghnrr.Sit.'e
votre journal, je viens, Cubain proscrit, vous. de-
mander l'hospitalit de vos zcoloines pour rme fper-
mettre de dfendre a patrie pauvre patrie aban-
donne de tous, et lchement insulte l'heure mme
'o elle mieurt pour 'la'libert.
Dans son numro du 23 aot, Le Matin publiait
en premiere place ungrand article favorable aux Cu-
'bains. Sous forme d'interview Un Cubain don't
Son ne citait pas le nom, cet article reproduisait une
parties d'une brochure rcemment dite par moi.
C'est dire que, pendant uhe colonne et demie, Le
aK'atin se montrait sympathique la cause de la
malheureuse Cuba.
Or, dans son numro du 3 septembre courant, le
mme journal publiaitun interview de certain fdhc-
tionnaire qui insult'it de la faon la pl-us grossiere,
la plus'ign:,minteuse, -ds soldats qui se b ittent-au
loin, -sitis aUtre espoir que d'arracher leur p'ay la
tyrannie'du gouvernemenit espagnol.
S'il est impossible ' M\im,: G6imez et Mac. t:de
venir demander des competes .'insulteur anornme.
celti-ci-tapprendra que, pour les gens de coe`ir, lSao-
lidiit n'est pas-un vain mot.
Je me substitue dohc ' mes compatriotes ibasse-
met Injuriis 'au moment ou ils lutterit en dsesp.-
rs sur les champs de bataille de Cuba.
Je passe sur les allegations fantaisistes dictes par
une ignorance crasse ou plutt par une'mauvaise!foi
insigne. Ainsi, le mystrieux fonctionnaire inter-
view affirme qu'il n'y a pas de pays plus libre qqe
Cba, don't les habitants ne sont mme pas astreints
au service iTiniiiire .
C'est bien simple : le gouvernement a toujours re-
dout de confier des armes des hommes qu'il con-
sidrait comme de misrables esclaves, don't il se sa-
vait hai, qu'il connaissait capable de tous les h-
rosmes pour la libert.
Cuba est si bien libre sous la domination espa-
gnole que, depuis i851, l'ile est en continuelle r-
volte; que cinq grandes insurrections .y ont clat,
que la mtropole est oblige d'y .envoyer 260,000
hommes de troupe!
Est-ce qu'un people heureux et libre lutterait avec
une pareille persvrance, avec une aussi insurmon-
table nergie?
L'interview du Matin ajoute que le movement
prcdent ne fut autre chose que la leve en masse
des fils papas incapables d'assurer leur exis-
tence par un travail:rgulier, tandis que dans l'insur-
rection actuelle, les jeunes gens riches se tiennent
l'cart.
Affirmations aussi fausses l'une que l'autre: aujour-
-d'hui Cuba tout entire estdebout. Riches et pauvres,
citadins et'paysans, unis pour la conqute de l'ind-
pendance, combattent cte cte et murent-ensem-
ble plutt que de vivre en-servitude!
Mais jfarrive l'odieuse accusation porte avec.'le
plus rvoltant cynisme contre les deux gnraux de
larme cubaine : Maceo et Mximo Gomez.
En un mot,-ces deux vaillants capitaines n'auraient
entrepris la:guerre sacre que pour donner-une va-
leur aux titres amricains qu'ils auraient en poche.
Ecoutons la rponse du plus loyal adversairedes
Cubains, du marchal Martinez Campos: il a-pro-
clam'son estime pour les deux chefs, il a publique-
ment avou qu'ils ne voulurent jamais toucher d'ar-
gent, qu'ils sont rests fiers et purs dans leur pau-
vret.
Ecoutons la rponse de Maceo. lui-mme : Dans
une de ses dernires lettres un journal amricain,
El Porvenir, il dclarait qu'il n'admettait pas plus
la protection de l'Amrique que celle de l'Espagne,
qu'il ne voulait devoir l'indpendance de sa patrie
qu'au sabre et l'pe, sachant trop ce qu'il en cote
d'tre le dbiteur d'un gouvernement puissant.
'Leur affaire, c'est l'indpendance absolue! af-
firme l'anonyme fonctionnaire... Cela l'tonne donc,
cet homme, qu'un people veuille sa libert?... Qu'on
jette un-regard sur l'histoire du monde : quelle na-
tion n'a souhait l'indpendance? Quel people,
moins d'tre tomb au dernier degr de l'avilisse-
ment, n'a combattu les armes la main pour con- -
qurir le plus prcieux des biens : le droit de re.spi-
rer librement, sans se courber devant aucun des-
pote?...
Ainsi donc, bout d'arguments, le fonctionnaire
interview par Le Matin reproche Maximo Gmez
et Maceo de vouloir l'Indpendance!... Il est donc
bien habitu la servilit? Il ne voit donc pas qu'il
pense et parle comme un esclave? S'il en est ainsi,
qu'il ne s'tonne donc pas, ce singulier fonctionnaire,
de trouver sur son chemin un homme libre qui lui
dise en face :
Vous qui vous cachez sous l'anonymat pour
plier l'chine et ramasser les quelques pesetas qu'a
d vous jeter l'ambassade d'Espagne; vous qui faites


mtier de calomniateur l'abri du masque; vousqi.i '
insultez de loin, ccmme les chiens aboient; .:us qu '
bavez votre fiel sur des soldats qui meurent danris les
plis du drapeau, de la libert,i'Vous tes un f bhe'!"
Et je sig'te : .
V'. Mfit're Ami'ibile.
'.,---

IPOGRAMME DE MAAC-KINIEY'V


eyf-N ley, e lF'h 'iiKdat h la Ittsfl'Wce
,:es !thf-:Ulrm par l''~nbml,-.. ,'l. .Ti"- i parti
r elbir'il, et'i"te;' "aire connafte 'bn Iiffr-
gramme, s'est exprim au sujet de Cuba de la
manire suivante:
Depuis que les Etats-Unis ont conquis dfinitive-
-ment-leur indpendance, j'ai toujours suivi avec,
sympathie les efforts raliss par les autres peuples
pour-s'manciper de la domination europenne. 'Jai
observe avec un cdnstnt'et profound intrt la lutte
hroque des patriots cubains contre la cruaut et
l'oppression, et toutes mes esprances tend'nt les
voir triompher dans leur vaillante lutte pour la li-
bert.
.Le.:gouvernemetit espagnol ayant perdu toute auto-
r'l Cuba, et ne pouvant plus protger efficacment
lavie'et les proprits des citoyens airicains qui
habitent l'ile, ni remplir les engagements des traits,
.je crois que le gouvernement -des Ftats-Unis doit
activement employer son influence au rtablissement
de, la.paix, en obtenant l'indpendance de l'ile.




LETTRE
Aux 'Portoricains


Les gouvernements tien-
nent ledr pouvoir du consen-
tementdes gouverns et quand
ils ne garantissent pas au ci-
toyen le droit inalinable la
vie, la libert et- la pros-
prit, le people peut et doit
les'modifier ou ls changer ,.
New-York, 23 juillet i'896.
Habitants de Porto-Rico,
Absent depuis plusieurs annes de ce cher pays o
je suis -n, je suis toujours, avec intrt filial et im-
patience, les faits qui peuvent influer sur sa prosp-
rit ou ses malheurs dans la triste situation o le
*place sa dpendance de l'Espagne, malheureux reste,
eh Amrique, d'une colonisation funeste.
Habitu aux li'bres institutions de la Grande Rpu-
blique des Etats-Unis o le citoyen est tout'et peut
tout par son intervention la chose publique, par la
discussion et le vote de ses impts, par son ing-
rence en tout ce qui a trait l'intrt de la cominurtie,
je ne conois pas que si prs des ctes nord4-ttri-
cains, l'a nation d'Europe la plus arrire conserve
's ptratiques de g'duvirnement du Moyen Age et la
ngai~tion 'absolue'des droits de l'homme.
'Je:sonhgeavec'amertume que Cuba l'ile scur si
ht1r.tque -s'est volte'trois foisd'ans les ,dernires
"tinhes de 'ce .silde :ctirtre les dprdations de cet
'absrtde ;sySti'e,.et .que' tandis qu'elle sacrifice la vie
prcieuse de plusieur, 'milliers de ses enifaits et ses
iinn.:mtbratles richesses Industriellcs dans une guierre
desespIr~:.pour son manipation, Porti-Ri~co qul a
supporti -t sti~ip6'tte I~a Tihme oppression 'et peut-
trte U-e' oppressioh plus'grande, serve' fescabau et
d'cu au tyran et d'argument concluatit ' son igno-
mniiieuse tutelle.
En ce moment mme les journau'xde la 'Pninsule
et de New-York commentehntet reproduisent, avec
des phrases louangeuses, les parol'ss par lesquelles
le ministry des colonies termine le project de-budgt
de Porto-Rico pour 1896-97.'Par des chiffres fabii-
qus datis les bureaux mmes du 'gouvernement, ex-
traits 'de statistiques que personnel ne connait et
qu'aucun colon de Porto-Rico n'a'tablis niivrifis,
oi proclame la face du monde un tat de prosp-
rit fabuleux et on se venge d'accusations prtendues
injustes en affirmant que l'Espagne administre bien
-et prend soin de la prosprit de ses colonies.
Rien de plus extraordinaire que ce project de bud-
get don't le ministry espagnol tire des deductions si
optimistes. Rien de plus loquent aussi pour justifier
une.solenelle et nergique protestation du people de
Porto-Rico contre la maudite et sordide avarice de
la Mtropole.
Toute la prosprit de Porto-Rico, tous les bn-
fices de sa richesse ne servent qu' l'enchaner da-
vantage. Mais elles ne sont en aucune manire em-
ployes augmenter son progrs et son bien-tre, et
la prsenter au monde civilis et aux peuples libres
comme un pays modle au point de vue du bonheur.
La demonstration de ce que j'avance est aise :
Le Gouvernement espagnol fixe les dpenses de
Porto-Rico 4,374,773 piastres 67, et value les re-
cettes 4,710,000 piastres, soit un excdant de
335,227 piastres.
11 affirmed -que le budget de 1893 94 s'est sold
par un excdant de 265,952 piastres; celui de 1894
95 par un excdant de 551,290 piastres, et celui de
1895 96 par un excdant de 933,665 piastres, soit
un excdant total de 1,750,909 piastres.
Le rsultat du recouvrement des impts parait en-
core plus favorable, Le ministry l'value, en effet,


pour ,1895-96, 5,085,000 piastres, alors que les re-
cetwe se chiffrent seulement par 3,767,000 piastres.
.'Le Gouvernement espagnol, qui s'efforce aujour-
d'hui .j.e dmontrer par l'exemple de Portc-Rico
combien peu de raisons a Cuba de se r: .:,lter':t c:.m-
bien les autres peuples hispano-amricains ont eu
tort de s"inan'cper,;'le gouvernem'ent espagnol hle-.
vrait cdmplter ce sduisaft tableau de criirfe-.
d'ressipar lui seul, en fnontrant quedesi nomrbreuses
Irecettes ont.bnfici au:p'ays qui les a f-urri;.- pr
l'tabilrs ememi de sr',. ic.- d'utiliti gnirale.
*Mais c'st:l, 'prcieC hnt, ce qui :a.inqu..' hs la
pelr.1iLur, ir'enieu'Li. il'ea bueu btidratie eptg'hdole.
Voici, par example, comment se rpartissent les re-
'i':tts 'en uh an 1894-95 tablies 3,947,875
,piastres et obtenues en imposant tout ce qui est
imposable dans un pays exploit et don't on en-
trave le plus possible les exportations et les impor-
tations trangres:
*DPENSES
Obligations gnrales qui comprennent les d-
penses du Ministre des Colonies, de la Junta sup-
rieure de la Dette, de l'Archive des Indes, du Muse
et de la Bibliothque des Colonies, de la Cour des
Comptes du royaume, de la Salle des Colonies,
classes passives, dette, enfin les frais de bureau d'un
nombreux personnel tabli Madrid et hon Porto-
Rico, et destins payer des pninsulaires et 'des
employs, mais non tre. utiles la colonie qui
paie.............. .. ........... 735.928 p. 80
Grdce et Justice, c'est--dire paie-
nent des appointemnts des em-
ploys des tribunaux, du clerg et
du personnel des prisons, sont
nomms Madrid et issues de la p-
ninsule.......................... 378.740 p. 50
Guerre!!! Chapitre qui comprend
les grands moluments de la Capi-
tainerie gnrale, le fastueux tat-
major et l'Administration militaire,
l'arme de la pninsule, ses soldats
et son entretien,, les pensions, les
croix et tout le reste du rgime mi-
litaire et du pied de guerre maintenu
l'tat permanent dans la petite
Antille et qui lui est absolument
inutile ............. ..... ....... .066.595 p. 50
Finances: c'est--dire les appoin-
tements du nombreux personnel
adiinistratif nomm dans la pnin-
sule, l'exclusion absolue des fils
-du pays, loyers des bureaux....... 272.214 p. 02
Marine : appointments du per-
sonnel et barques du service de sur-
veillance des ctes................ 719.315p. 26
Intrieur : appointments des
employs du Gouvernement gn-
ral civil, bureau, garde civil et
corps de police.................. 719.315 p. 26
Toites 'es sommes, comme on le voit, servent
l'entretien de l'avalanche d'employs pninsulaires
qui vivent aux frais de la malheureuse colonie t de
-la marine et du personnel htilita e de police main-
teriu dahs un pays en pleine paix et don't la p'rosp-
rit est bien connue.'De ces faciles recettes il'ne.regte
qu'un maigre-excd'ait de 65o,602op. 64'et"cest l ce
-que le 7patetnel.Gouvettneinerit 'espagnol consa-
cre au pr.ogrs de l',le florissante pour les services de
l'instruction 'pblique, '-des travaux :publics, -des
'routes, polir'l s utibvritions aux chnins de fer, 'aux
-na\ ires, pour les phares, les constructih's, les mines,
lacolobniation 'et -l'agriculture, incluis comme tou-
jours, les appbiintmierits d'un -nombreux personnel.
Surl'a totalit des recttes ien un 'an, 3.2.-7,'r55
piaslre. s:-rint polr "liEspagte, son arme, ses classes
passivess et ses etmFnpl:'s;:pour 'Porto-Rico, il ne
reste qut'une faible paft de 650,620 piastres, puisque
le enFphIJ"s .'absdibrnt presque tout -et qu'ils snt
tous pinisulaires.
Le tableau ainsi presenit, avec les vives couleurs
de ses tristes ralits, il n'est plus possible de parler
de pays florissant et bien administr, mais de colonie
exploite et appauvrie.
Le Ministre des Colonies parlant des excdants
en trois ans, qu'il porte 1,750,909 piastres, come
preuve vidente de 'la bont de'i'administration es-
pagnole et de la bonne situation d'une colonies 'sur
laquelle ne psepas le ttriste heritage des guerresci-
viles , peint en noir les traits les plus accerintus du
'tableau, et grce eux, fort heureusement, ses propres
affirmations se trouvent dmenties.
Voici comment le Goutvernement espagnol, dans
le project de budget pour 1896-97, propose d'employer


ces excdants :
Pour le matriel d'artillerie ........piast.
Pour le matriel des ingnieurs......
Pour l'armement Mauser et les muni-
tions........ ...............
Pour l'acquisition d'un croiseur, type
Destrover ....................
Pour la subvention de'chemins de fer
voie troite qui facilitent les op-
rations m ilitaires ................
Pour la rparation des glises rurales.


353.88 i
349.300

152.740

500oo.o00


250.000
30.000


Total.. ..... piast. 1.635.921
Que veut-on de plus pour se taire une ide exact
de la perverse administration espagnole et pour
comprendre la triste et dgrade situation des habi-
tants de Porto-Rico!


La prosprit du pays et ses excdants ne servent
qu' augmenter les forces et les resources militaires
par lesquelles on le domine, on l'exploite, ori le
tient esclav e! '
L'il : compete environ un million d'habitants et-elle
ne possdeni une Universit ni des'.Ecoles o'ses
enfants puissent s'instruirent et se former dahs le
champ de la science...,On n'y trouve ni 'mus'es, ni
'bibliothques, ni coles pr,-iesisonrnc is, hi hospices,.
"rien que d'es forts en ruine et des soldlats.
Le-gouverne'fent espagnol,' en apparence si satis-
Sfait.-e l:a fidlit de sa -colonie "t't:e sdn.:s'tat floris-
's'ht, nel4i :rend pas -en bnfices 'et en 'services pu-
blics ce qu'fl'i lui donne. Il se:.borne ' augmenterr
les -i :iyen' d repression et:'de'surveillance et for--
ger an ii t irriupri,:.n ses chanes!
Le'pet'ple de Porto-Rico doit lever cette heure
sa vigoureuse protestation contre de semblables me-
naces. II doit dire bienhha'ut que ce que,-le ministry
des colonies, au nom du -gotuveitnement espagnol,
vient d'affirmer devant la Chambre des dputs de
son pays, 'eh citant les chiffres de son project de bud-
get, loin de dmontrer que l'Espagne administre:
bien et que Porto-Rico progress, prove au con-
traire que la 'gestion espagnole 'tend seulement '
l'exploitatioh la1 plus absolue par le moyen de la
force.
L'Espagne opprime t.-P-.:rt:.-Ric: e Se soumet.
D'ici o m-r':int p-:rtc :tes-covictins et mes sen-
timents, conda tin' b i'.:,-iracismi,..t o je me suis.
fait une patrie dfihdhn'tre 'ii vicitime, ni tmoin, ni
complice du sieme tyrannmque t-qi dessche les.
sources de vitalit demnhn cher:pays natal, je tourne
chaque instant;'tns 'rcg-ards :t mhes penses vers
vous, mes compatriotes, :filbs :r'al'heureux de Borin-
quen, impatient de voir la terre de mon berceau
.dans une.situation meilleure.
Et maintenant que les autorits et les feuilles es-
pagnoles, avec d'hypocrites encouriagments, dher-
chent Porto-Rico la justification de leur cause, en
comparant la Petite. Antille, comme pays heureux et
fidle, avec 'Cuba,-t en signalant t'ette- -d'ethire
comme un example d'ingratitude, -Un sentimrent.na-
turel de patriotique indignation :me pousse vous
supplier de vous opposer nergiquement aux yeux
du monde ce mensonge official, qui fait des habi-
tants de Porto-Rico les tmoins de la bobit ,du'tyfan
et qui rpand en mme tem'ps 'sur eu.\ l':'ppre.i.:'n
etl'opprobe.
D -J.-J. Henna.
.--.----.*^ 1 ..


REMERCIEMENTS


Nous remercions notre confrre de La Patrie-
d'avoir'reproduit, de La Rpublique'Cubaine.
deux gravures ainsi qu:un extrait de notre article
sur la rocha, traduildu Times eit au -meni, pour
notre journal de renseignements 'historiques et
techniques.
Nous regrettons seulement que La Patrie ait
oubli de dire que ces documents sont :tirs de-.
La Rpublique Cubaine.




CANOVAS INQUIET


Interrog par des journalistes,-questionn par un
snateur, Canovas a d confessor que la situation de
l'Espagne tait plus grave qui'lle ne I'aait jamais
t depuis la guerre de 'Indpendance. Et il'fauut
bien reconnaitre qu'en -prsence des faits -et malgr
son habitude d'altrer la vrit, ledit Caino,'as, ne
.pouvait gure se montrer optimiste. On n'aurait.pas
manqu de lui rire au nez s'il s'tait avis de ri-
pondre que la guerre cubaine et 'la'formnidable in-
-surrection qui 'vient dacl'ter au'x Philippines *n'a-
valent rien d'inquitant pour la monarchique Es-
pagne.
Mais, a ajout CGnovas, le patriotism viendra
bout de toutes les difficults.
Les snateurs du jeune Alphonse Ont t obligs
de se contenter de cette esprance. A 'la rflexion,
cependant, ils ne. manqueront pas de se dire que,
pour tre efficace, le patriotism a: besoin de s'ap-
puyer sur quelque chose de plus solide. On a beau
tre patriote, si l'on ne possde plus un sou pour
payer les frais de la guerre, faire voyager des soldats,
les entretenir de longs mois durant,'leur fournir des
armes et des munitions, on ne russit qu' se faire
battre honteusement, se faire infliger de ces d-
faites que Matamoros qualifiait d'pouvantables.
Or, c'est prcisment par le manque de resources
que prira, dans un avenir trs prochain, la monar-
chie espagnole. Ses caisses sont vides et tous les
emprunts du monde ne russiront plus les emplir.
Ce ne sera pas dans tous les cas l'argent des Roths-
child qui fera ce miracle. Les Rothschild ont con-
senti l'Espagne un prt de io3 millions, aux con-
ditions suivantes, dit le journal de Canovas, La
Epoca :
/5 o/o, sans commission de banque et de caisse,
avec amortissement en trente-quatre ans.
L'officieuse Epoca trouve cela parfait. C'est son
affaire. Nous lui demanderons seulement combien
de temps dureront les 1oo millions en question,


mchi-. i





v. '. *' ..


10. SPT PMEBR 1'896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


lesquels se rduiront- quatre-vingts ou mme
moins avant de sortir des daisse3 des Rothschild.
L'Espagne dpense en ce moment Cuba un mil-
.lion et demi par jour. Demain, grce aux nouveaux
renforts expdis dans la Grande Antille, elle dpen-
:sera deux millions,. et. l est mme probable que ce
chiffre devra tre 'dpass largement si l'on veut es-
sayer d'avoir raison des o.ooo insurgs, qui viennent
de pousser comme des champignons aux Philip-
pines.et don't le. nombre parait devoir augmenter
tous les jours. Dans ces conditions, l'argent fourni
par les Bothichiid sera, englouti avant un mois. IIse
.serareavol. n fume, ce pauvre argent que les capi-
listes franais avaient mis si longtemps amasser et
que l'Espagne va brler en trois semaines. Il n'en
restera plus trace nul'te' part; Que fera alors M. Ca-
novas ? A quel expdient indit aura-t-il recourse ?
O trouivera-t-il la baguette magique capable de faire
sortir du sol les nouvelles resources ncessaires
pour continue la guerre? Il est probable que cet-
extraordinaire gouvernant doit, l'heure actuelle, se
poser ces questions avec une certain inquitude.
'Ceux qui prtent de l'argent l'Espagne front bien
-de se les poser aussi.
Qu'ils retiepnent, en attendant, les paroles du pre-
mier ministry d'Alphonse :
Depuis la guerre de l'indpendance, l'Espagne
ne, s'tait jamais trouve dans une situation plus
grave.
G. G.



EUR pPATRIE


Si, par une tude approfondie et reflchie str
les hommes et les choses, restent nombreux ceux
qui renient le coin de terre oi ils sont ns, en
revanche, il y en a un trs grand nombre chez
qui l'habitude d'appeler leur patrie le pays o
ils ont vu le jour, ferait croire qu'il leur appar-
tient er qu'ils peuvent en dispo:ser leur gr.
Or, rien n'est plus faux que l'inconsciente pr-
tention de poss4der nime dans le domaine de
l'iusio e- ce qui, en ralit, appartient aux
rois, en vertu de la force et au mpris de tout
droit: car, de mme que vous affirmez avoir une
patrie, vous souciez-vous de savoir si vous y jouez
le rle lche de l'esclave ou celui de l'homme fier
et libre?
Les Italiens, qu'on a envoys en Afrique et qui
y ont trouv la.miort, quelle.pitrie sont-ils alls
dfendre?
N'est-ce pas pour le roi et au profit de ceux
qui, rellement, possdent tout ou parties de la
patrie, qu'ils sont alls au massacre?
Le soldat espagnol n'est-il pas l'instrument
don't se sert la monarchie-pour dfendre dses-
prment ses intrts, son ambition, au dtri-
ment des intrts du people, qui souffre de la
tyrannie nionarchique et clricale, et de la mi-
sre ?
Tant que le peupla espagnol n'aura pas change
le voleur et le cur en waF veritable et honnte ci-
toyen, et. qu'il ne sera pas dbarrass pour tou-
jours du Roi, la patrie ne 'lui appartiendra pas.
Voici, d'ailleurs, l'appel qui est adress aux
soldats espagnols par ceux qui rclament la pa-
trie au nom de la Rpublique.
Je le traduis du vaillant journal rpublicain de
XMiian ; L'Itala del Popolo :

Aux Fl lin Peluple
La monarchie vous envoie combattre dans un
pays qu'elle exploit et provoque,
Si vous y allez,vous y trouverez la mort et l'igno-
miniecar l'histoire impartiale donnera en son temps
son verdict svre.'
Victims du despotisme bourbonnien, les insurgs
cubains ne dposeront les armes que le jour o la
Rpublique Ibrique les dclarera libres et auto-
nomes.
Vous pouvez hter la paix en inaugurant l're de
la libert et du droit.
L'arme que la monarchie vous confie pour se d-
fendre, dirigez-la contre elle et contre ses protec-
teurs, contre l'aristocratie, contre le clerg.
Ne partez pas! La dsertion est un droit; la rbel-
lion, ui devoir !
Ne partez pas et insurgez-vou's au cri de: Vive la
Rpublique!
Nous serons avec vous !
Les fils de riches, rappelez-vous-le bien, restent
chezz eux riboter et se rire de la patrie espagnole et
de son intgrit.
Avec l'or qu'ils vous volrent, avec la complicit
de la monarchie, ils se- sont soustraits aux. fatigues
du champ de bataille.

Ne partez pas et que vos mres suivent le noble
example des viriles mres italiennes, s'opposant au
dpart des fils, destins un massacre certain, par
la volont et le caprice d'une monarchie.
Fils du people L'heure est arrive Insurgez-
vous!
Sauvez-vous et sauvez-nous au cri rpt


de: Vive la Rpublique espagnole avec Cuba libre
et autonome.
Nous avons insr cette proclamation seul
titre de document et pour fire voir combien
grandit l'agitation rpublicaine en Espagne;
mai,s moi personnellement, je. ferai remarqu'er
que le but poursuivi par.les Cubains, c'est la R-
publique indpendante, suivant la Constitution
proclame par l'Assemble constituante en Jima-
guay le 17 septembre 1895.
Crotti A'ugusto.



WEYLER ET LE CALIF


Le tlgraphe a rendu aux Cubains, ces jours der-
niers, un signal service. Il a dmontr au monde, de
la manire la plus admirable, qu'il n'existe aucune
difference entire les Espagnols et les mtis arabes du
nord de l'Afrique.
Le tlgraphe nous a annonc d'abord, de Phila-
delphie, que le consul espagnol Congosto avait'crit
une lettre Bryam pour lui offrir dix mille pesos (i)
s'il livrait une expedition cubaine. Il nous a fait sa-
voir ensuite, du Caire, que dans le camp du kosheh,
on s'est empar d'un espion. porteur d'une lettre du
Calife dans laquelle ce dernier invitait le bey Slatin
conduire l'arme gyptienne dans une embuscade.
Il est vrai de dire que le calife a un pouvoir pis-
tolaire plus grand que celui du consul, puisqu'il
n'offre pas de payer la trahison. Mais le fait ne
permet personnel de douter qu'un candillo espagnol
et un chef derviche pensent et agissent de la mme
faon, les mmes circonstances tant donnes. On
sait que la conduite de Congosto tait en conformit
avec un dcret du gnr-l Weyler.
Et ce n'est pas un Cubain malintentionn qui a
peint ces deux portraits de Weyler et du Calife, for-
mant un si bon pendant. C'est, par hasard, l'lectri-
cit courant sur les fils tlgraphiques de l'orient et
de l'occident. G. Z.

~-~-P------ ,-------

FRANAIS, GARE A VOS POCHES!


Tandis que la press amricaine et la press an-
glaise qui ont des correspondents Cuba conti-
nuent reprsenter la cause de l'Espagne come
absolument perdue, tandis que la press espa-
gnole elle-mme se montre tout entire pessimiste
au supreme degr, une partiede la press franaise
s'obstine h rpter journellement que tout est
pour le mieux dans la plus heureuse des colonies
et que la situation de l'Espagrne i Cuba est excel-
lente.
Nous ne pouvons nous empcher de revenir
encore sur ce sujet, car il s'agit des iptrits ft'an-
'ais, Si l'attitude des journaux atxquels nous
faisons allusion n'tait qu'inexplicable, si leurs
apprciations n'taient que fantaisistes et leurs
pronostics que ridicules, nous nous contenterions
de rpondre par un haussement d'paules ou par
un clat de rire, au cas o nous daignerions r-
pondre quelque chose. Mais il s'agit de l'argent
franais et il est de notre devoir d'avertir les
nafs capitalistes, dj tant prouvs par d'inou-
bliables et rcentes catastrophes.
Nous gallons donc mettre sous les yeux de nos
lecteurs quelques lines extraites du moins lii-
bustier des journaux, l'Heraldo, de iMadrid :
Il est impossible que nous nous taisions en voyant
partout l'ennemi prendre l'offensive : dans les envi-
rons de Bayamo, aux portes de La Havane, sur la
Trocha, et enfin Bahia Honda, base d nos opra-
tions sur la cte Septentrionale de Pinar del Rio.
Les rebelles ont, depuis le commencement de la
compagne, l'iitiative stratgique. Quand il leur a
plu d'attaquer, ils ont attaqu; quand il leur a plu
de combattre, ils ont combattu. Ils avaient fait leurs
dpts d'armes avant que nous n'eussions song que
la guerre allait clater, de vivres (btail et zones de
culture) en mme temps. Au printemps dernier, lors-
que 'ile entire se trouvait dj envahie, ils simul-
rent cette fameuse retraite vers Las Villas (i), la-
quelle nous rpondimes en les poursuivant tourdi-
ment, en dissminant les troupes. Lorsqu'ils virent
ces dernires bien dissmines, les insurgs dfirent
impunment leur second invasion.
Avant que les 40,000 homes qui sont en train
de s'embarquer ne soient arrivs Cuba, nos enne-
mis auront fait ce qu'ils peuvent juger ncessaire
pour empcher le mal qu'ils en pou'raient recevoir.
S'ils craignent que nous ne concentrions beaucoup
de monde dans le Vuelta Abajo, ils s'efforceront de
nous serrer de prs en Orient et dans Las Villas afin
que nous envoyions une bonne parties de nos troupes
dans ces provinces, et alors, ils nous poseront ce ter-
rible dilemne: si nous faisons come ils dsirent,
on ne ppourra pas chtier (!) Maceo; si nous ngli-
geons l'Orient et le Centre pour nous occuper de

(1) Le peso quivautt cinq firainns. N. rlde la R,'
(1) Nons enteudons encore Wevyler chanter victoire, et
se vanter d'avoir niettoyd les provinces orcidultales.


l'Occident, nous pourrons prouver des revers im-
portants de ce ct.
............................... ...*..........
Maintenant Mcximo Gome; est en train d'orga-
niser et d'quiper tous les homes valides; il a dj
recrut tous ceux qui peuvent prendre les armes.
Ces prparatifs militaires et d'autres encore sont sa
rponse l'envoi des renforts, et, comme il est trs
favoris par cette circonstance qu'il se trouve sur sa
base mme d'oprations, tandis que nous avons la
ntre dans le Pninsule, d'o viennent: soldats, ar-
gent, armes et tout' le tcessaire, il ne faudra pas
nous tonner s'il prend de l'avance sur nous. Nous
allons entrer dans la phase decisive 'de la "guerre, et
'si nous n'avons pas profit des cruelles leons de
l'exprience, si nous continuous oprer sans ner-
gie, sans plan et sans connaissance de l'ennemi,
peut-tre n'y aura-t-il plus de place pour le remde.
Tous les journaux espagnols parent sur le mr-
me ton, quand ils ne se montrent pas encore
plus dccourags; plusieurs mme ont dj pro-
test contre le ridicule des infii:'m it:in: optimis-
tes fournies A la press des autres pays par les.
ambassades.
Aprs cela, les incorrigibles gogos sont libres
d'agir come ils voudront; mais s'ils ajoutent
plus de foi aux boniments des Tartarins du bou-
levard de Courcelles qu'aux avertissments dsin-
tresss des journaux qui ont des correspondents
a Cuba, et s'ils percent leur argent, ils n'auront
pas le droit de se plaindre.
Egmonl..

------ -*3 )( Ii-------

OPINION DU GNRAL GOMEZ


Le gnral en chefde 'arme cubaine, Mhximo
G60nez, dans une lettre publie par le If~ewald,
de New-York, et adresse M. Estrada Palma,
notre respectable dlgu New-York, s'exprime
ainsi :
Mon opinion est que le gouvernement espagnol a
fait relativement trs peu pendant la champagne
d't, et je pense qu'il fera bien peu pendant la
champagne d'hiver, mme si 1oo,ooo hommes de ren-
fort sont envoys de la pninsule. La plus grande
parties d'e ces renforts couvrira peine les pertes
qu'ils ont dj subies et celles qu'ils auront sup-
porter.
J'avais dcid de n. point prendre des measures
extremes 'contre les troupes espagnoles, mais elles
commettent de telles atrocits par example dans
les environs de Guantnamo, elles, ont massacre
tous les malades, les blesss et mme les femmes
dans un de nos hpitaux qu'il pourrait se fire,
si les choses ne changept pas, que je sois oblig de
prendre, malgr ma rpugnance, des measures de re-
prsailles contre de telles horreurs.



DRAPEAU PRIS A LENNEMI


Le drapeau espagnol que nous reproduisons
ci-dessous constitua un lgitime trophe de
guerre conquis par l'arme libratrice cubaine.


Le 6 juin, dans les chnairps situs entire les
villages de Iloyo Colorado, Banes et Punta
Brava, les forces cubaines, conduites par le
commandant Baldomero Acosta, mirent ond-
route une colonne espagnole trs suprieure en
nombre. Les Espagnols laissrent sur le champ
.de bataille onze morts, trois blesss, trois pri-
sonniers, vingt-deux chevaux, un drapeau, des
armes et des munitions.
Dans une lettre publie par notre confrre
El Porcenir, de New-York, le commandant
Acosta fait de cette rencontre le rcit suivant :
Je me trouvais, ce matin-l, avec une force com-
pose de cent cavaliers, quand j vis venir une petite
troupe forme de deux companies de San Quintin,


cinquante cavaliers de Borb6n et cinquante cava-
liers de la guerrilla de Punta Brava.
Je commandai le feu et, aussitt, je simulai la
fuite jusqu' cet endroit. La cavalerie ennemie, en-
thousiasme par la facile victoire qu'elle croyait
avoir remporte, laissa en arrire l'infanterie et nous
poursuivit une assez longue distance. Quand je la
vis assez loigne de son infanterie, j'ordonnai un
rapide movement de retour et vingt des ntres
chargent furieusement les escadrons ennemis, les-
quels, surprise par cette attaque inattendue, se
jettent les uns sur les autres, en poussant des cris
terrible, et s'enfuient de faon honteuse.

Le drapeau enlev 'aux Espagnols, dans ce
combat, fut envoy New-York par le com-
mandant Acosta, qui en fait cadeau au colonel
Federico Prez Carbh. Tout le monde peut le voir
dans cette ville.

~--------^ ------


LA DEBACLE


En Espagne, Cuba, aux Philippines, partout, la
monarchie al.phonsiste se dcolle : hourrahl
Weyler, le buveur de sang, parle bien. encore,
pour la forme, de balayer l'ile d'un bout l'autre
quand il aura reu des renforts, mais on se,t que
cette bravade sonne' faux. En mme temps, il inter-
dit les .travaux.de culture, tou.t en avouant qu'il
ignore sous quelle formie appliquer cette measure. II,
faut en finir, nonne-t-il. yoil six mois qu'il.rpte
la mme chose : par malheur pour lui,, c'est qu'il
n'en finit pas du tout.
Manifestations insurrectionnelles Valence, Bur-
gos, Saragosse, Logrofo; conspirations Manille;
dfaite sur dfaite 'Cuba, la situation est plus que
dsespre pour le gouvernement du jeune veloce-
man Alphonse XIII : elle est irrvocablement perdue.
Hommes d'Etat et gnraux apparaissent frapps
de vertige et diaillent qui mieux mieux. Nos
gnraux quittent l'ile, dclare Ramollot-Azcirra-
ga, parce qu'ils sont gs et que lorsqu'on est g
on a moins de forces que si l'on tait jeune . -
Je prends des measures, announce pompeusminent
Gaga-Weyler, mais j'ignore comment les faire exu-
ter I. Il ne sait faire excuter que les prisonniers
sans defense! La situation' s'est serisiblement
amliore depuis l'arrive du gnralissime actuel,
dclare le stratge-voyageur Ochando, mais les ies-
sources militaires et financires manquent absolu-
ment. A part cette misre, tout est pour le mieux .
Voil ce que disent les militaires. Les politicians
tiennent un language absolument analogue. L'Es-
pagne est isole, gmit le vieux pleureur librtre
Sagasta. A son tour, Canovas, qui passait cependant
pour un peu moins bte que les autres, dclare que
quinze cents millions lui seraient ncessaires, mais
qu'il n'ose en mendier plus de six cents, aumne
rellement si modest qu'il aurait pu, sans exagra-
tion, la majorer de cinquante centimes.
Le gouvernement espagnol est en plein dsarroi.
Cuba d'un ct, la pninsule de l'autre, se soulvent
contre lui.
Aux Corts, libraux et carlistes font de l'obstruc-
tion, menacent de 'renverser le cabinet Canovas
conmme un frle chateau de'cartes.
Dans le pays, les rpublicains rvolutionnaires,
ceux qui ont compris l'inanit des moyens purement
parlementaires, si cheers l'opportuniste Castelar,
s'agitent, ne se contentant pas d'attendre l'heure d-
cisive, mais'cherchant la prcipiter. Derrire eux,
houle toute la mass du proltariat espagnol pressure
d'or et de sang par ses maitres et travaill par les
ides nouvelles de transformation, non plus simple-
ment politique, mais aussi conomique et social.
Bref, toute la pninsule est en mal de revolution,
d'une revolution qui ne durera pas seulement quel-
ques. heures ou quelques jours, qui ne s'arrtera' pas'
la surface, mais qui remuera de. fond en comble
toute la vieille socit espagnole.
Trop de causes de mcontentement et de rvolte
existent dans ce pays exploit par une fodalit poli-
tico-financire sans scrupules, dans ce pays don't on
enlve, depuis dix-huit mois, tous les fils qu'on en-
voie mourir de la fivre jaune et des balls Cuba,
pour ne pas .voir l'clair prcurseur de la tempte.
Elle soufflera bientt, et dru, cette tempte, e ce
ne sont pas les jrmiades d'un Castelar qu les finas-r
series d'un Sagasta qui pourr.ont l'arrter. Les.chauf-
foures de Valence, de Saragosse et de Gretiade en
sont un sr garant.
Et c'est le moment que des boursicotiers imbciles
choisiraient pour aller remettre leurs fonds entire les
mains d'hommes destins tre emports come
ftus dans la tourmente.
Argent et bon sens ne vont pas ensemble; mais,
c'est gal, pour se laisser faire, en de telles condi-
tions, le coup du porte-monn'ie, il faudrait vrita-
blement reculer les bornes de la btise.

Cosmo.


*


~ ~_ r I_
_II____~~ __ Li I _ ~ I ~ ~




V1 .. <'-' "


LA. RPUBLIQUE CUTJANE


10 SEPTEMBRE 1896


LETTRE DE CUBA


Monsieur le Directeur de La Rpublique Cu-
baine.
Paris.
La Havane, 28 juillet.
On n'a pas, en Europe, une ide de la situation
Cuba. L'insurrection, qu'on voulait considrer, il n'y
a pas longtemps, comme une rvolte sans impor-
Stance, domine toute la champagne, et l'arme cubaine,
.-,qu'on disait n'tre qu'un ramassis de, ngres et, de
bandits, tient constamment en chec une arme de
i3o,ooo. homes et force l'Espagne faire de's sacri-
fices normes qui, pour peu que cela continue, l'en-
traineront la ruine.
Dans le dpartement oriental les gnraux cubains
Mximo Gmez et Calixto Garcia font une champagne
d'une activity prodigieuse et leurs troupes se trouvent
partout. Les garnisons sont ravitailles avec de
grandes difficults et chaque convoi marque son
passage par une trane de cadavres. Maceo est le
maitre inconstest de la province de Pinar del Rio,
cette Vuelta Abajo qui vous envoie des dlicieux ci-
gares. Quoi qu'on ait dit, il n'a t bless qu'une
seule fois, lgrement, dans cette guerre, et on dit
qu'il a t trs satisfait de cet accident qui lui a pro-
cur sa 24' blessure et l'avantage d'en avoir plus que
personnel . Vous comprenez qu'avec des gens qui
raisonneht de la sorte, il. n'y a pas moyen de s'en-
'tendre.
Dans les dpartements du centre, on se bat chaque
jour, et les troupes du gouvernement sont presque
toujours surprises. Pour avoir une ide de ce qu'on
appelle ici une surprise, il suffit de rappeler le cas
du commandant Njera Nestares qui, tant sorti la
tte de 5o hommes de la guerrilla espagnole de Gu-
mutas,. rentra avec trois hommes .seulement ,
bless lui-mme, la jambe, d'un coup demachete.
La stratgie du gnral Weyler se borne faire des
trochas ou lignes de defense retranches qui tra-
versent l'ile du nord au Sud et don't le premier in-
convnient est d'immobiliser un grand nombre de
soldats, laissant les insurgs libres de se fortifier, de
s'organiser, de lever les impts et d'tre en contact
direct avec les populations des villages qui les ac-
cueillent avec empressement.
Aussitt la Trocha de Mariel Majana finie, on a
commenc celle de Jcaro Morn, et on parle dj
d'une autre dans la Vuelta Abajo. Ces travaux, qui
cotent fort cher et ne produisent aucun rsultat,
ont mcontent l'lment espagnol de la capital (ce-
lui qui fit embarquer le marchal Martinez Campos)
et on ne parle de rien moins que de faire une mani-
festation pour indiquer au gnral Weyler qu'on voit
avec surprise qu'il ne soit pas sorti une seule fois de
la capital depuis son arrive et qu'il se borne diri-
gerde son palais, les operations sans y prendre part,
lui-mme. On fait, ce propos, des comparisons
avec le marchal Campos qui, au moins, courait le
sort de ses soldats et essuya plusieurs fois, quoique
sans succs, le feu des insurgs.
La saison des pluies est venue just temps pour
porter son comble le dsarroi dans l'arme. Les
maladies font des ravages dans les rangs, surtout le
vdmito : en deux jours, le 25 et le 26, vingt-quatre
soldats sont morts de cette maladie, rien qu' l'hpi-
tal militaire de cette ville. Ajoutez cela que l'on
doit aux troupes la solde de quatre ou cinq mois et
vous comprendrez que ls renforts que l'Espagne
compete envoyer sous peu ne ferdnt rien de dcisif,
et, au contraire, augmenteront les embarras finan-
ciers de la mtropole.
Chaque mois dbarquent deux ou trois expeditions
de Cubains qu'on appelle, on ne sait trop pourquoi,
des flibustiers . Jusqu' ce jour, les bateaux de
guerre espagnols n'ont captur qu'une petite barque
avec quatre ou cinq homes qui venaient de debar-
quer une certain quantit de matriel de guerre.
Pour parer cette impritie de la marine de guerre,
le gnral Weyler n'a trouv rien de mieux que de


publier un dcret offrant 120,ooo00 fr. aux capitaines
des vapeurs flibustiers qui se laisseront prendre
par les vaisseaux espagnols.
Dans cet incroyable document, on fixe le prix d'une
surprise de bateau voiles et mme de celle des
embarcations de moins de 2o5 tonnes. Le 2' paragra-
phe du dcret dit qu'on n'exigera pas de responsa-
bilit aux capitaines des vaisseaux pris.
Le plus curieux de ce tarif des trahisons, publi-
quement affich, c'est qu'on declare que cette measure
a t autorise par le gouvernement de Madrid. Du
reste.cela n'est pas pour surprendre ceux qui con-
naissent le manque de scrupules qui caractrise l'ad-
ministration du gnral Weyler. Tout le monde sait,
et il est,facile d'avoir des preuves, que ses troupes
se livrent dans les campagnes tous., les excs, et
tuent, un peu droite et gauche, les paysans
qu'elles trouvent sur leur chemin. Ces tueries ont
pour objet de faire passer les cadavres des travailleurs
inoffensifs pour des insurgs morts en combattant
et d'obtenir ainsi des avancements, des croix, et des
pensions. Le 29 avtil, un dtachement aux ordres
des lieutenants Najera et Fernndez se prsentait
dans la proprit San Jos, Guanbana (Matanzas)
en demandant au grant, Jos Btancourt, un tau-
reau et 40 poules don't on avait besoin. Comme il
allguait ne pouvoir les livrer sans ordre du propri-
taire, il fut insult et on prit tout ce qu'on voulut.
Le pauvre homme demand un reu ou document
quelconque pour dgager sa responsabilit et fut in-
vit se rendre au fort le plus proche, ce qu'il fit,
accompagn de son ami Frdric Montes de Oca. L,
ils furent tus tous les deux coups de machete.
L'autorit militaire eut connaissance de ce fait, et le
chtiment des coupables se borna une translation
dans un autre dpartement.'
Le 7 courant, quelques claireurs cubains atta-
qurent la colonne du commandant Cirujeda, prs
de la plantation Encarnacin de M. Julio Hidalgo,
27 kilbmtres de de La Havane. Quand les soldats
arrivrent la fabrique, ils turent le grant, nomm
Michel, et huit travailleurs, et saccagrent la maison.
Quelques jours avant, la mme colonne, qui a son
centre d'opration Punta Brava, mit mortquatre
paysans pacifiques don't l'un, Julin Barreto, fut
arrach du champ qu'il labourait et reut deux coups
de fusil.
Et ce ne sont pas malheureusement des faits isols.
et exceptionnels: c'est toujours et partout la mme
chose. On dirait que la mort est le mot d'ordre,
comme au temps du gnral Valmaseda dontWeyler
tait, du reste, aide de camp pendant la guerre de
dix ans. Parfois, la cruaut revt des caractres de
frocit inoue. Il n'y a pas longtemps, le gnral
Molina marchait avec sa colonne quand il vint
passer prs d'une hutte dans laquelle se trouvait un
Spauvre multre. Le gnral lui demand s'il avaitvu
des insurgs'et il rpondit que non. La colonne
continue sa march et quelque temps aprs elle se
heurta des forces cubaines. Le.gnral Molina dut
rebrousser chemin, et, en passant de retour devant
la cabane du multre, il le fit empoigner et on lui
creva les yeux avec une baonnette, afin qu'il n'et
plus dire, qu'avec raison, qu'il n'a pas vu des in-
surgs>!
Dans certaines villes o l'on se contentait jusqu'ici
de fusiller les prisonniers, on commence faire des
arrestations en masse. Ici mme, la capital, on
vient d'arrter plusieurs personnel trs connues
dans la haute socit, parmi lesquelles M. Viondi,
un des membres les plus distingus du barreau; le
D' Casuso, un des premiers chirurgiens de l'le; le
SD' Alacn, professeur de l'Universit, etc. L'avocat
Viondi tait en disgrace depuis qu'il accept de plai-
der pour Sanguily (un des chefs cubains de la der-
nire guerre). On intentait un procs celui-ci comme
suspect d'avoir contribu au soulvement actuel.
Alors, M. Viondi fut spar de la commission de la
Dputation provincial, et aujourd'hui il est all re-
joindre son client dans les cachots de la forteresse
de Cabafia.
Le D' Casuso a t mis en prison pour avoir soi-


gn, dans un des faubourgs de la ville, un insurg
qui avait reu une blessure. Cela a fait une trs f-
cheuse impression, surtout parmi les trangers, car
on savait dj que plusieurs mdecins appartenant
aux Chevaliers Hospitaliers (sorte de Croix Rouge),
avaient prsent leurs dmissions parce que les chefs
de colonnes les forcrent indiquer les endroits o
ils avaient soign des Cubains blesss, et ceux-ci
furent massacrs. Tout le monde sait aussi que c'est
galement pour avoir assist des insurgs blesss que
M"' J.-A. Pina, a t enferme dans la prison des
prostitutes et son mari emprisonn la Cabana..
On ne s'tonnera pas, aprs cela, que l'arme in-
surge augmente chaque jour et qu'elle compete dj,
d'aprs les informations qui nous viennent de la
champagne, 80,000 homme dans ses rangs.
Cela nous amne faire la rflexion suivante:
Si lors de la guerre dernire, les insurgs .n'ayant
jamais eu plus de 7,000 hommes, la guerre dura dix
annes et ne se terminal que par un pacte, qu'est-ce
que l'on doit attendre maintenant qu'ils sont 80,000ooo
et qu'ils occupent toute l'ile ?
S. R.




REVOLUTION CUBAINE

Le correspondent du Times Cuba tlgraphie
ce journal que les maladies, et principalement la
fivre jaune, ont augment sensiblement depuis
peu. Dans l'hpital militaire de La Havane, on
compete 2,500 malades, non compris les convales-
cents. Les nouvelles qui parviennent de tous les
points de l'ile sur la situation sanitaire sont gale-
ment dcourageantes. ,
.- Le frre du gnral Abumada, qui tait en
mme temps son aide de camp, vient de mourir La
Havane des suites de la fivre jaune, et l'on an-
nonce de diffrents autres endroits la mort de plu-
sieurs officers cause par la mme maladie. Le
pis est que la mauvaise saison va durer deux mois
encore.
Les officers et les troupes de l'arme d'occupa-
tion, Cuba, manifestent de vifs sentiments de m-
contentement par suite de,l'irrgularit qui prside
au pavement de leur solde. Il y a aujourd'hui quatre
mois et demi d'arrirs, la dernire quinzaine de
mars n'ayant pas t paye. Dans beaucoup de
districts de l'ile, les rations sont distributes non
seulementde la faon laplus irrgulire, mais avec une
parcimonie telle qu'il devient impossible au soldat
de les complter en achetant un supplement de vivres
au moyen de ses resources personnelles.
Mximo Gmez continue renforcer son
arme et se prpare envahir le centre de l'ile. Onu
croit que 3,ooo 5,ooo hommes se joindront lui.
Il augmentera sa cavalerie de 500oo 600 hommes.
Le capitaine gnral Weyler a t oblig d'aban-
donner tout l'ouest de l'ile, et a retir les gnraux
qui y faisaient la champagne, cause de l'insuffisance
des troupes disponibles.
L'Acadmie des Beaux-Arts, l'Ecole industrielle
et les Instituts de Santa Clara et de Matanzas ont t
ferms, ainsi que l'Ecole normal et toutes les coles
primaires, par ordre du capitaine gnral Weyler,
qui va disposer des fonds consacrs ces tablisse-
ments d'ducation.
479 families ont quitt La Havane la semaine
dernire.
Le vapeur Three-Friends a quitt Jacksonville,
malgr les ordres formels des autorits douanires:
on pense qu'il se rend Cuba.
Les dsertions de jeunes conscrits augrientent
dans des proportions normes en Espagne. Par la
seule commune franaise d'Ossja, il est rentr cent
deux dserteurs espagnols en quatre jours ; il en est
entr en aussi grand nombre par chacune des com-
munes de la Cerdagne franaise qui bornent la
frontire. Sur les routes, on ne rencontre que des
groups de dserteurs espagnols, leur paquet de
hardes sur le dos, s'acheminant vers l'intrieur de la


France, o ils demandent tre embauchs n'im--
porte quel prix.
Une dpche de La Havane dit que les rvolu-
tionnaires ont dtruit, l'aide de dynamite, un pont.
du chemin de fer de l'ouest sur la rivire Bayate.



A NOS LECTEURS

Nous rappelons nos amis qu'ils peuvent se pro-
curer chez M' Lelong, kiosque io, boulevard des
Capucines, en face le Grand Caf, la carte de l'ile de
Cuba, zde notre distingu confrre Mestre Amibile.
On pourra aussi trouver ce kiosque son recent
volume intitul : La Question Cubaine et le Conflit
Hispano-Am ericain.
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RtVOL U TION PHILIPPINE

Une centaine d'arrestations ont t opres .
Manille.
A la suite d'une sentence du conseil de guerre,
quatre prisonniers ont t fusills Manille, et deux
cents rebelles dports.
Suivant une dpche de Hong-Kong, la canon-
nire anglaise Redpole a reu l'ordre de se rendre
Manille par ordre du consul anglais de cette ville.
Le tlgramme official reu de Manille, porte
que les insurgs de la province de Cavite continent
de causer de grands dgts dans les villes, princi-
palement Yums et Novelata. Les positions des.
insurgs tant trs fortes, il faudra, pour ls atta-
quer, des forces considrables. On a dcouvert
Cavite un complot tendant livrer la place pendant
une des sorties de la garnison contre les rebelles.
Une dpche officielle de Manille announce que
les chefs de l'insurrection sont en grande parties
des personnel notables et des membres des muni-
cipalits.
Les journaux de Madrid considrent comme
prsentant une relle gravit la dernire dpche du
gouverneur des Philippines. El Impartial dit que
les nouvelles qu'elle content dmontrent que l'in-
surrection se propage, car il y a quatre ou cinq mille
insurgs dans la province de Manille, deux .'mille
dans celle de Cavate, et quelques bands dans la
province de Nueva-Ecija. Il ajoute que la. dpche
du gouverneur gnral est d'autant plus alarmante
qu'elle signal des symptmes d'insurrection dans
les provinces de Budacan, Pampanga et Batanga.
D'aprs les dpches de Madrid, le marchal
Blanco annoncerait 8,ooo o,ooo rebelles, oprant
par groups sur diverse parties de l'archipel. A ces
forces, on ne peut opposer que 3,ooo soldats euro-
pens, avec r1,ooo i'idignes commands par des
officers espagnols.
Il parait, d'aprs les dernires nouvelles, que,
la situation' aux Philippines est plus alarmante
qu'on ne croit et qu'on sera peut-tre oblig d'en-
voyer dix mille hommes ' Manille.
Les sparatistes paraissent abondamment pour-
vus d'armes et de munitions.
Les insurgs ont attaqu Nueva-Ecija, etaprs
un combat acharn ontrussi s'emparer de cette
ville.
D'autre part, les troupes espagnoles qui occu-
paient Cavite ont fait une sortie pour observer la si-
tuation des grosses, masses de rebelles ; mais devant
la supriorit de l'ennemi, elles ont d se replier.
Parmi les personnel fusilles Manille se
trouve M. Rojas, un des plus riches banquiers des
Philippines. On ignore les noms des trois autres.
personnel qui ont t fusilles ; mais on assure que
ce serait des notabilits de la ville.
Les insurgs de Cavite continent se d-
fendre; les canonnires ne peuvent, cause de leur
tirant d'eau, s'approcher suffisamment pour les bom-
barder.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.

TROYEs. Imprimerie G. ARBOUIIN, rue Thiers, 126-


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LE CONFLICT HISPANO-AMRICAIN



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