Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00034
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: September 3, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00034
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text



















Patrie et Libert


IRDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE-L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul 1Ann PARIS 3 Septembre 896 / N 33 e T" ce. f Pr.
PARIS 3Septembre 1896.33 Un sem.tre, i. i.. Il
ADRESSE TLGRAPHIQUE: -AA OG-A Un trimestre, id. i. ... 6 fr. 6.50
Tl. OlA L'TRANGER
..-o- P R.AIT TOUTS LES JEUDIS Une anne, payabled'avance.......... 25 fr.
Les manuscrits ne sont pas rendus R U N NUI]semReI. ...... o fr. 25


AVIS


La Rdaction prie ses collaborateurs si d-
vous de l'excuser si elle fait attendre l'insertion
de tous les textes qui lui parviennent.
L'abondance des matires l'oblige diffrer la
publication de nombreux articles qui, bien cer-


tainement, trouveront leur place dans un pro-
chain numro.
La Rdaction se voit galement dans la nces-
sit d'en ajourner quelques-uns des siens, qu'elle
se promettait de publier depuis longtemps.


*


h I- - II -.


LA TROCHA


DE MARIEL-MAJANA


SQL FOJ~ DE4


(1) JVM~iLJJuc2 .



12) ~3Vor&t&~a~b5q u~ 1UP(~
~i, suoO









~lanteOI1ngr 2..Cana.
(ii t

~mcedt (ft,
Block /Iuse,





ro~&do?~( CD(4


'r,


/CO


rpetnrz. (&a
.,5ou.j) o

fln>- ft,. t. if


ci. Lo (9)


Q. rdLta r~
3vaYh
o~I~4 (z)rue






s-~LYl;

-. ~ C-
)io,,Ini
















-"j (2~3)
~~Crr ~ c~LOkEKdn


VQ4 ,rd tilo5
(sj /~rLCO


/ (2/)
-M *4if CATR (BL


X.. Q E E El _ a 1 C .A. T I "V E
(i) Manigua (mot indigne): Terrains couverts de broussailles impntrables. (2) Collines boises. (3) Bois de palmiers et petite
manigua. (4) Usine de sucre. (5) Marcages. (6) Champs dcouverts. (7) Plaines. (8) Plantations de cannes brles. -
(9) Campement de troupes espagnoles.-(io) Block-houses ou petits forts en bois, distant chacun de 120 yards anglais ou 360 pieds, et runis
par des palissades et des fosss. (i i) Palissades et fosss. (12) Block-houses spars entire eux par une plus grande distance.- (13) Forts.
- (14) Hauteur de 200 700 pieds. (i5) Ville de Artemisa quarterr gnral des troupes espagnoles). (16) Ville de Guanajav. (17) Ville
de Mariel. (18) Village de Majana. (i9) Mangliers, arbres d'Amrique ressemblant des petits sales. (20) Baie de Mariel au nord
de l'ile. (21) Mer Caribe. (22) Chemin de fer allant La Havane. (a) Forts. (b) Block-houses. (c) Routes. (d) Enceinte forme
de pieux et de firs de fer. (e) Tranche. (f) Village. NOTA. Le gnral Quintin Bandera a pass la trocha le 18 aot, entire Majana
(n" 18) et le campement Neptuni (n" 9). Il imported de remarquer que, selon le correspondent du Times, la trocha, dans la parties sud, est
divise en trois lignes (dans notre carte nous n'avons indiqu que deux de ces lignes); d'o il rsulte que le gnral Bandera a travers avec
succs une triple barrire.


.i EXPEDITIONS A. CUliA
LA TROCHA FRANCHISE
REVOLUTION AUX PHILIPPINES

Un tlgramme official, reu de New-York par
notre respectable dlgu Paris, le D' Betancs,
nous apprend que l'expdition commande par le
ministry de la guerre, gnral Carlos Roloff, a d-
barqu heureusement Cuba.
Cette expedition, considre comme la plus im-
portante jusqu' ce jour, a apport, comme princi-
pal matriel de guerre, 4,000 fusils, I,5oo,ooo car-
touches de divers systmes, une grande quantit de
de machetes et un approvisionnement considerable
de mdicaments.
Aprs cette expedition, trois autres encore ont d-
barqu, l'une d'elles sous le commandement du
lieutenant Alvarez, sur le navire Hathaway; le lieu-
tenant est maintenant de retour Boston aprs avoir
laiss Cuba 5oo patriots parfaitement arms. Le
gnral Roloff se trouve Kev-West aussi, de retour
galement de son expedition.

Une autre dpche officielle du gnral Weyler et
d'autres informations confirment le passage de la
Trocha par les troupes que command le vaillant
gnral Quintin Bandera. Ce passage a eu lieu le
18 aot. Cette operation militaire vient tout just
dmontrer la ruine du plan de Weyler don't la Tro-

cha tait la base d'opration, et elle est d'autant plus
important que le gnral Bandera a travers les trois
barrires qu'on essayait de lui opposer.

Le Gouvernement espagnol, aprs d'incroyables
efforts pour cacher la vrit, se trouve contraint,
devant l'vidence, garder le silence. C'est chose
notoire qu'aux Philippines a clat une formidable
revolution sparatiste.
A Io kilomtres de Manille, dans le Novaliches,
3,ooo Philippinos ont attaqu les troupes espagnoles
qui ont eu plusieurs morts et blesss. Quelques villes
de la province de Cavite se sont aussi souleves, et
on value io,ooo ceux qui ont pris les armes contre
le gouvernement espagnol.
Des renforts seront envoys d'Espagne. La situa-
tion de la monarchie n'est-elle pas, de ce fait, une
situation critique l'vidence?
De notre ct, rpublicains de Cuba qui luttons
pour l'indpendance de notre patrie, nous sympa-
thisons de tout cour avec ces autres esclaves, nous
leur crions : Bon courage et
Vivent les Philippines Libres !

-------- **---------ii

DERNIERE HEURE

Notre Dlgation vient de recevoir le tlgramme
suivant:
Madrid, 2 Septembre.
Le bruit court, Madrid, que le gnral Maceo a
forc la Trocha. Le gouvernement a prohib la pu-
blication de cette nouvelle.


*






LA RPUBLIQUE CUBAINE


3 SEPTEMBRE 1896.


LES TROCHAS

De Mariel Majana

L'opinion du Times

'est avec -intention que La Repu-
S'blique Cubaine n'a pas voulu.
exposer dans ses colonnes les
opinions du correspondent du
Times relativement la trocha
Sde Mariel Majana, publies il y
Sa quelque temps dans le grave
I journal de la Cit. Il tait con-
venable de garder le silence, c'est--dire de ne pas
traduire ces opinions en langue castillane, -car
l'anglais est aussi connu des Espagnols que le persan
ou mme les caractres cuniformes. En Espagne,
tout ce qui n'est pas espagnol, et bon espagnol, est
dlit de lse-patrie. Santiago y cierra Espaha!
(Saint-Jacques et ferme l'Espagne!). Dans ce cri de
guerre, notre chre mtropole a expos son credo fu-
tur : s'entourer, comme les Chinois, d'une grande
muraille.
Mais aujourd'hui que les diverse expeditions at-
tendues dans la Grande Antille ont t dbarques,
notamment celle conduite il y a quelques jours par
le ministry de la guerre cubaine Carlos Roloff, au-
jourd'hui surtout que le courageux gnral de la
revolution Quintin Bandera vient de passer la tro-
cha de Mariel-Majana, il convient de faire connatre
les bvues militaires de la mtropole dans sa cam-
pagne actuelle. Il est dj trop tard pour y rem-
dier. La puissance de la revolution est telle qu'un
demi-million d'hommes bien arms et encore mieux
quips et l'Espagne est financirement incapable
de les trouver-ne russiraient pas en avoir raison.

Les rebelles en vue de la Trocha
Il est vident, crit le correspondent du Times,
que les officers espagnols Cuba n'apprcient pas
compltement la gravit de la situation prsente. J'ai
visit la ligne de la trocha ou tranches qui
Iraverse l'le depuis Mariel, sur la cte Nord, jusqu'
Majana, sur la cte Sud. J'ai eu de nombreuses et
tongues conversations avec divers officers sup-
rieurs relativement aux vnements presents. Au-
cun d'eux ne se rendait compete du PRJUDICE
CAUS AU PRESTIGE ESPAGNOL PAR
L'IMPUISSANCE DES AUTORITS A PRO-
TGER LA VIE ET LES PROPRITS:
EN VUE DES RETRANCHEMENTS ES-
PAGNOLS, L'UVRE DE DESTRUCTION
DES REBELLES CONTINUE SANS TRE
EMPCHE. La fume des champs de canne
sucre et des fabriques incendis se voit tous les
jours quelques lieues de La Havane. Lundi der-
nier, un group de i,5oo insurgs a dtruit com-
pltement Punta Brava, village de i,5oo habitants'
environ. Or, ce village se trouve moins de douze
miles (quatre lieues) de La Havane, et le fait indique
avec quelle impunit les rebelles manceuvrent dans
l'ile et quelle facility ils ont pour accomplir leur
uvre de destruction par le feu. Sur toute la ligne
du chemin de fer de l'Ouest, de la Havane jusqu'
Artemisa, les champs de canne sucre brls et les
difices en ruine se rencontrent chaque pas sur
une tendue de plus de quarante miles. Les signes
de devastation deviennent plus frquents measure
qu'on s'loigne des environs de La Havane. De tous
les points du pays part le mme cri de douleur pouss
par les malheureux sans foyer et ruins,

Trocha synonyme de faiblesse

QUE L'ESPAGNE AIT PERDU TOUT
CONTROL SUR LES DISTRICTS RU-
RAUX ET QU'ELLE SE MAINTIENNE SUR
LA DEFENSIVE, CELA NE SAURAIT
FAIRE DOUTE POUR TOUTE PERSONNEL
SANS IDES PRCONUES ET CELA EST
CLAIREMENT DMONTR par la dpense
norme faite pour la construction de la ligne de tra-
nches et de fortifications travers l'ile. Le but pour-
suivi, s'il faut en croire les renseignements officials,
est d'viter la concentration des forces de Maceo
avec celles de Maximo Gmez et autres chefs. LA
VERITABLE RAISON EST LA NCESSIT
OU L'ON SE TROUVE DE DFENDRE
LA PROVINCE DE LA HAVANE CONTRE
L'INVASION DE MACEO. Je n'ai pas le moins du
nonde l'intention de dnigrer les travaux accomplish
dans ces prparatifs de defense, muais LE FAIT DE
VOIR L'ESPAGNE OBLIGE DE SE D-
FENDRE PAR DE TELS MOYENS EST UN
SIGNE DE FAIBLESSE TROP MANIFESTE
pour qu'il soit possible de le passer sous silence.

Il ne s'agit pas d'envoyer des troupes

Il est inutile de fire retomnber la responsabilit de
la triste situation actuelle de Cuba sur ceux qui
avaient dans l'ile quelque autorit quand la Rvolu-
tion y clata pour la premiere fois. Les Espagnols
sont fortement ports insisted sur ce point. Or, il
n'est pas douteux que de nombreuses erreurs ont t
commises l'anne dernire dans la direction des af-
faires, et, par suite de ces erreurs, l'Espagne se trouve
dans la ncessit de fire face un problme beau-
coup plus srieux qu'il l'et t dans d'autres condi-
tions. IL N'EST DEJA PLUS SIMPLEMENT
QUESTION, A CETTE HEURE, D'ENVOYER


DANS L'ILE UN NOMBRE D'HOMMES iSU-
PERIEUR POUR LUTTER CONTRE L'ES
CUBAINS. (It is no longer a mere question of
sending ont larger number of troaps to fight against
the rebels). Ce qu'il faut surtout, c'est prendre des
measures (policy) susceptibles de conserver cette colo-
nie. la couronne d'Espagne avant que l'ile soit irr-
mdiablement ruine et que le Trsor se trouve
puis.

.Maurvaise foi espagnoale
,Duperie des rformes. Les Espagnols'ne
,ramisevitent pas
On nous a annonc de Madrid, par cble, que
des rformes devaient tre accordes aux Antilles ;
celles de Porto-Rico doivent tre ralises le i" juin
et celles relatives Cuba le r" juillet. Il est peut-tre
utile de publier de pareilles nouvelles en Espagne;
mais il est presque inutile de le faire La Havane.
PERSONNEL N'AJOUTE FOI A CES AFFIR-
MATIONS. Elles servent seulement A EXPOSER
LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL A DE
NOUVELLES ACCUSATIONS DE MAU-
VAISE FOI. Les rformes comme celles qu'il serait
ncessaire de faire pour amener la paix, ou pour
mieux dire, LES CONCESSIONS VOULUES
POUR PROVOQUER LA SOUMISSION DES
CUBAINS, sont d'un caractre si drastic (de si
urgente violence) qu'il est presque impossible
d'esprer qu'elles pourront tre ralises en fait
dans un avenir prochain. Rien pour les Espagnols
n'est plus blessant que de mentionner la nature de
ces rformes, si elles ,teadent tablir la complete
autonomie du gouvernement cubain. Or, nulle
autre concession ne produirait de rsultat (being of
no avail. Pour l'officier espagnol, une telle measure
ne signifie qu'une chose : C'est que l'Espagne a t
battuee et qu'elle doit accepter de s'humilier. En di-
verses occasions j'ai discut amicalement la question
avec LES ESPAGNOLS, MAIS CEUX-CI NE
RAISONNENT PAS. Ils en reviennent toujours
cette rponse usite (time worn answer) que les
Cubains ne sont pas aptes se gouverner, ou bien
que les rebelles n'accepteraient cette measure que
comme le premier pas fait dans la voie de l'indpen-
dance complete (i). En outre, les Espagnols esti-
ment que traiter avec les rebelles, dans les circons-
tances actuelles, c'est rabaisser la dignit national.
Je ne dis pas qu'il n'en soit pas ainsi, MAIS TOUT
SACRIFICE SERAIT BON QUI POURRAIT
AMENER LA PAIX.

Description de la Trocha
Muni d'une autorisation spciale du gnral Wey-
ler, j'ai visit et examin avec attention la ligne des
retranchements espagnols qui traverse l'ile de Mariel
Majana. La section sud s'tend depuis Artemisa,
le quarter gnral; elle est couple par les chemins
de fer de l'ouest avec La Havane, jusqu' Majana sur
la cte sud. Les defenses consistent en une ligne de
petits block-houses (fortins) cent vingt yards l'un
de l'autre, unis par des fosss et des tranches, pro-
tgs par devant par une ceinture de fils de fer avec
points mtalliques et en d'autres endroits par des
treillages. Les block-houses sont construits tantt
en pierre et en terre dans la parties extrieure de
l'difice, tantt en planches dures de deux pouces
d'paisseur. La parties postrieure de la ligne est d-
fendue par des enceintes en pierre et en terre. La
distance total d'Artemisa quarterr gnral) Ma-
jana est de quatre miles. Jusqu' la parties situe
plus aqi sud, qui se rapproche de la mer, la line de
tranches se divise en trois et se continue ainsi
comme une demi-lune; le but poursuivi a t d'vi-
ter une surprise quelconque (2).
La section central de la ligne s'tend d'Artemisa
Guanajay sur une distance de douze miles. Ici les
defenses consistent en tranches entoures de pierres,
rifle pist, et de fil de fer. Par intervalles se trouvent
des block-houses, canons et mitrailleuses, avec cam-
pement de renfort un mille ou mille et demi les
uns des autres. La parties postrieure de cette section
central est protge par des tranches de pierre, de
terre et de planches de palmier don'tt la duret est bien
connue). De Majana jusqu' Guanajay, le terrain est
plat et offre un large champ de tir. Dans les environs
de Majana, le terrain bas est marcageux. Il serait
impossible d'y passer pendant la saison des pluies.
La section Nord s'tend de Guanajay Mariel.
Elle est longuee dix miles et court travers un
terrain tourment et de nature telle que la construc-
tion d'une ligne de tranches ou de block-hIouses y
est impossible. Toutes les hauteurs dominantes ont
t fortifies et la route principal est occupe par
des piquets d'infanterie, tandis que des tranches et
des parapets ont t construits sur tous les points
du chemin o une attaque aurait pu tre possible.
A divers intervalles, on rencontre des stations de
renfort et de forts corps de troupe sont stationns
Guanajay et Mariel.
20,000 hommes de toutes armes garnissent cette
ligne de vingt-deux miles de longueur. Les travaux
ont t faits en grande parties par les soldats.

(1) LES CUBAINS N'ACCEPTERONT
JAMAIS D'AUTRE SOLUTION QUE LA
COMPLETE INDIPENDANCE DE CUBA
ET DE PORTO-RICO. N. de la R.
(2) Cela s'appelle non pas prudence, mais peur. -
N. de la R.


.Audace des rvolutionnaires
O'it.elersi e.pagnols servant de cibles
T Ncessit de rester dans l'ombre
S Un incident montre jusqu' quel point les in-
surgs s'approchent des lignes espagnoles. Une
nuit, j'ai rendu visite:' un chef Artemisa. JE LE
TROUVAI ASSIS DANS UNE OBSCURITYE
COMPLETEE.
Il :me dit lQQU :QUEiQUES1 MUITS AVAN`
IL TAIT ASSIS ET LISAIT QUAND 'WIE IS
IBALLES LUI PASSRENT 'PRS IDE LA
'TTE..Depuis lors, il avait jug prudent de ne pas
se transformer si ouvertement en cible pour les re-
belles ,et qu'il n'allumait les lampes que lorsque les
fentres taient bien closes et les espagnolettes assu-
jetties. Toutes les nuits, des coups de fusil sont tirs
sur quelques points de la ligne, et, il y'a quelques
jours seulement, on tira sur un chef de l'tat-major
pendant qu'il parcourait le chemin d'Artemisa Ma-
riel. La balle vint passer quelques pouces de la tte
de l'officier.
Stupidit militaire espagnole
Bvue.s ur "bvues
Sans plan de champagne
Les tires de ce paragraphe sont tirs, come on
le verra, des rflexions faites, dans les lignes que
nous allons traduire, par le correspondent du Tines.
Parmi l'lment dirigeant du Parti Rvolutionnaire
Cubain, tant au point de vue pratique qu'au point
de vue des principles de l'art militaire, on tait arri
depuis longtemps la mme conclusion ; de l, le
succs de la Rvolution. Il ne convenait pas la
cause de l'indpendance cubaine de divulguer avant
l'heure les bvues de l'ennemi. Aujourd'hui que LE
TRIOMPHE DE LA REVOLUTION EST IN-
DNIABLE, MME SI L'ESPAGNE EN-
TIRE SE JETAIT SUR CUBA, le moment est
venu de faire connatre les opinions des hommes
impartiaux, comme le correspondent du Tines et
comme les autres reprsentants de la press tran-
gre dans la Grande Antille, relativement l'ineptie
militaire des Espagnols.
L'crivain anglais dit : S'ASSEOIR ET AT-
TENDRE QUE L'ENNEMI VOUS ATTAQUE
QUAND ON EST NUMRIQUEMENT LE
PLUS FORT, QUAND ON EST UN CONTRE
CINQ, EST, INDUBITABLEMENT, DE LA
FAIBLESSE: ET PLUS QUE DE LA FAI-
BLESSE QUAND L'ENNEMI RAVAGE TOUT
LE PAYS ET QUE VOTRE INACTION
LAISSE LES RAVAGES SE PRODUIRE.
EMPLOYER TOUTES LES ENERGIES A
DES MEASURES PUREMENT DFENSIVES,
COMME LA TROCHA DE MARIEL A
MAJANA, alors que le pays est saccag, est pres-
que de la folie. Permettre que la destruction conti-
nue aprs que ces measures dfensives ont t com-
pltement organises et ne rien faire pour mettre
l'ennemi en droute MONTRE QU'ON EST IM-
PUISSANT A COMPRENDRE ET DOMINER
LA SITUATION. Il ne faut pas oublier que l'Es-
pagne a mis en champagne 175,600 hommes et qu'elle
possde des secours de toute nature, tandis que les
rvolutionnaires ne competent que 4o,ooo hommes
mal arms et plus mal approvisionns (i).
Il n'y a cet tat de choses qu'une seule explica-
tion. DEPUIS QUE LA REVOLUTION A
CLAT, ON A COMMIS BVUES SUR B-
VUES AU POINT DE VUE MILITAIRE, ET
CES. MMES' BVUES SE RPTENT EN
TOUTE OCCASION; IL N'EXISTE PAS PLUS
DE PLAN DE CHAMPAGNE AUJOURD'HUI
QU'IL N'EN EXISTAIT IL Y A UN AN. S'il en
existe un, on n'en voit pas trace dans les movements
de l'arme. ENCORE QUELQUES BVUES ET
LA SITUATION DE L'ESPAGNE A CUBA NE
SERA PLUS TENABLE (2).

40,00,0 homes oisifs
Les maladies dvastant les trocha
Maintenant que l'on connat les impressions du
correspondent du Times, il est intressant de faire
connaitre celles d'autres correspondents que des
journaux trangers ont envoys Cuba.
On lit dans le populaire World de New-York, le
29 mai :
Le point principal des operations militaires espa- .
gnoles est la trocha: ligne de petits forts protgs
par des tranches et entours de fils de fer, qui tra-
verse la province occidentale de Pinar del Rio et
(( QUI MAINTIENT DANS L'OISIVET
TRENTE OU QUARANTE MILLE HOMES,

(1) Ils comptaient seulement 7,000 hommes en
armes lors de la Rvolution de i868-78 et cette Rvo-
lution cota la vie 200,000 Espagnols, et l'Espagne,
avant constat son impuissance, fut oblige de tran-
siger avec les rvolutionnaires pour pouvoir terminer
la guerre. Combien lui cooterait la Rvolution ac-
tuelle, si d'aventure elle pouvait en avoir raison ? -
N. de la R.
(2) Blunder after blunder has been made from a
military point of view since this rebellion first broke
out. and these sanie blunders are being repeated to-
dav at ever turn. There is no more any plan of cam-
paign now than there was last year at least, if others
be one, no evidence of it is visible in themovemente
of the armv. A few more mistakes and spain's posi-
tion in Cuba wil be untenable.


SANS CESSE ASSAILLIS PAR UN ENNEMI
NOMADE ET EXPOSS AUX COUPS DE,
CET ENNEMI PLUS TERRIBLE, .LA FI-
VRE JAUNE.
S.. L'Espagne ne possde pas Cuba des forces
suffisantes pour.garder la trocha et en mme temps
pour rendre vains les efforts de l'arme rvolution-
naire.
LA MROCOA "S'E SERT ,EN APPA-
RENCE QU'A FAVORISER L'ENNEII, don't
.les bandes volantes en ,attaquent les dfenseurs
volont; 'ils :brlent et:saccagent tes proprits sous
les yeux.des Espagnls: et protgent le pays laiss
sans Ji.:ie p.'r la plus inutile des concentrations
de forces.

'Panique des Espagnols
m Pallida mors' equio pulsat.....
Mort de deux adjudants de camp
The Recorder de New York public, la date du
13 juillet, les lignes suivantes :
L'a panique l'emporte dans l'arme espagnole
par suite des terrible et plus grands ravages de la
fivre jaune en ces derniers jours.-On estime que,
sur cent cas, quarante ont un rsultat fatal.
L'pidmie est t.iLcmect trs grave hors de la
tranche. DAIS CERTAINN. CAS, DES COM-
PAGNIES ENTIERES ONT ET ATTA-
QUES. Le n:'ral Arols .et presque tous ses aides.
de camp sont malades.
Le gnral XXWe~ler .a ordonn l'tablissement de
nouveaux hpitaux le long de la trocha et il doit
demander de nouveaux mdecins en Espagne.
Le Dr. Muratta, mdecin militaire japonais, qui
est venu ici, dit qu'il ne voit pas comment il sera
possible d'viter une grande pidmie de cholra (?)
LA SITUATION DE L'ARME ESPAGNOLE
LE LONG DE LA TROCHA EST TERRI-
BLE. LES SOLDATS SONT MAL ALIMEN-
TS, VTUS DE.LOQUES (illfed et in rags) ET
FORCES DE BOIRE L'EAU DES MARAIS
DANS LESQUELS FLOTTENT DES CARCAS-.
SES OU DES RESTES D'ANIMAUX.
LES OFFICERS EN CHAMPAGNE, DEPUIS
LE CAPITAINE JUSQU'AU GNRAL,
ADRESSENT DES DEMANDS AFIN DE
RENTRER EN ESPAGNE ET LES SOLDATS
DSERTENT TOUS LES JOURS.
La revue nord amricaine Harper's Weckly dit i
PERSONNEL N'A CONFIANCE EN L'HABI--
LET MILITAIRE DU GNRAL WEYLER.
LA TROCHA EST PRESQUE COMPL-
TEMENT INUTILE et. les operations militaires
du gnral Weyler ont t stupides. Les Espagnols
sont en train de faire une guerre defensive et non
offensive. Ils occupent les villes et les ports; MAIS
LES RVOLUTIONNAIRES OCCUPENT LE
PAYS.
The Journal, de New York, crit :
Lorsque la trocha n'a aucun but que celui
d'exister, et que le chef espagnol se considre comme
satisfait parce qu'il garde ses retranchements; quand
les forces cubaines campent sur leurs positions
(range at will) chacune dans la parties de l'ile qui
lui est affecte, l'esprance d'un fait dcisif apparait
si lointaine que les puissances n'ont pas attend un
pareil rsultat pour agir.
Mais l'argument dcisif en ce qui touche l'inuti-
lit de la trocha, c'est M. Sylvester Scovel, corres-
pondant du World, qui l'a donn. Mr. Sylvester
Scovel a parcouru la trocha sans l'autorisation du'
gnral Weyler, depuis la province de La Havane
jusqu' celle de Pinar del Rio, la traversant son
gr malgr .les fortins et les retranchements espa-
gnols, afin d'avoir 'ne entrevue avec le gnral cu-
bain Antonio Maceo. Ce journalist crivait le mois
dernier :
Le gnral Weyler n'apprendra pas sans intrt
que l'intrpide correspondent du World, M. Sylves-
ter Scovel, a travers la fameuse (boasted) tranche
et se trouve avec les forces du gnral Maceo. Quand
Mr. Scovel enverra dsormais des nouvelles, elles
ne seront pas sujettes la censure espagnole et il ne
sera pas oblig de quitter l'ile.
Il n'y a pas longtemps qu'une personnel trs con-
nue'de la colonie franaise, Cuba don'tt le nom
est connu de La Rpublique Cubaine, qui croit
bon de ne pas le citer), adressait un journal du soir
de Paris les lines suivantes :
Depuis deux mois la Rvolution ne cesse de
gagn er rain. La saison des pluies a commenc
avec une violence extreme, et il y a actuellement
dans l'ile plus de QUINZE MILLE SOLDATS
MALADES.(La dernire correspondence du Tilnes,
que nous publierons dans notre prochain numro,
dit 40,000.) Presque tous les cas de fivre jaune, de
dyssenterie et de typhus SONT MORTELS: de
nombreux blesss meurent du ttanos. HIER, ON
A ENTERR DEUX AIDES DE CAMP DU
GNRAL AROLAS, chef de la fameuse tran-
che. Cette tranche, aujourd'hui sous l'eau, EST
UN FOYER D'INFECTION ET DE PALU-
DISME.
Encore plus de Trochas
Enttement espagnol
On dit de l'autre ct des Pyrnes: Quien hace
un cesto, hace ciento, si tiene mimbres y tiempo .
(Celui-l qui a fait un panier en fera cent s'il a paille






3 SEPTEMBRE 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


'et temps.) Pour l'objet don't il s'agit, on pourrait dire :
- s'il possde Weyler et temps. Tous.les pays du
monde ont commis plus ou moins d'erreurs, mais
ils n'ont pas oubli que sapientes est mutare consi-
.lium. La seule nation confirmant la rgle par
l'exception est l'Espagne. Orgueilleuse et pleine de
don quichotisme, elle ne revient jamais sur ses pas
-et prfre aller s'craser la tte contre une muraille
comee un blier.
Les Espagnols construisirent, pendant la dernire
guerre de 1868-78, une trocha, de Jcaro Moron,
laquelle fut franchise par les troupes cubaines, bien
,que mal organises, aussi souvent qu'elles en eurent
'envie. Arrive la Rvolution actuelle, et au lieu de
profiter de l'exprience, les Espagnols construisent
une nouvelle trocha, de Mariel Majana, don't
l'inutilit a t dmontre dans les lignes qu'on vient
de lire.
Mais la tranche, la rrocha, est un systme espa-
gnol, jusque par son nom, et il faut y persvrer
'quand mme. C'est pourquoi les savants ingnieurs
militaires espagnols ont l'intention de diviser l'ile de
Cuba en diverse sections, par onze tranches qui
seront, avec celle de Mariel Majana et de Juraco
Morn, les suivantes :
a" Une par San Cayetano, Vifiales, Pinar del Rio
aet la Coloma.
2' Une de La Havane Bataban.
3 Une de Matanzas la baie de la Broa, par
Union de Reyes.
4' Une de Crdenas la baie de Cochinos.
5 Une de Sagua Cienfuegos, par Santo Do-
mingo.
6" Une de Caibarin Tunas de Zaza, par Place-
tas et Sancti Spiritus.
7' Une de Nuevitas Santa Cruz, par Port-au-.
Prince.
8 Une de Zaza San Miguel del Baga.
9' Une de Gibara. Santiago de Cuba, par Hol-
guin.
La trocha dans le pass
Chefs cubains qui la traversrent
Pour dmontrer plus clairement, non plus par des
opinions, mais par des faits, l'inutilit des trocha,
nous allons dire d'aprs le rapport d'un officer
suprieur de l'arme espagnole, qui a opr long-
temps Cuba -combien de fois fut franchise la
trocha de Jcaro Mor6n pendant la Rvolution
de 1858 1878, et quels sont les chefs cubains qui
la franchirent, de faon la discrditer complte-
ment.
D'aprs le dit rapport, la trocha fut franchise
,dans la nuit du 19 au 20 avril 1874 par le chef
cubain FRANCISCO. JIMNEZ AVEC SEULE-
MENT 60 HOMMES, qui traversrent la ligne
PRESQUE A LA VUE D'UN POSTE DE VO-
LONTAIRES (I).
Le 19 juillet de la mme anne, toujours d'aprs le
mme rapport, la trocha fut traverse par FRAN-
CISCO CARRILLO, aujourd'hui gnral, AVEC
SEULEMENT 40 HOMMES, qui oprrent leur
jonction avec le chef rvolutionnaire dj cit.
Mais la traverse la plus important de la tro-
cha, cette poque, fut celle que ralisa le gnral
Mximo G6mez la tte de 8oo hommes, en jan-
vier 1875. Voici comment le rapport s'exprime sur
cette habile manoeuvre:
MXIMO GOMEZ, AVEC 800 HOMIMES,
ET S4NS TRE APERU (2), traversa, dans la
nuit du' 5, la ligne d'observation et parvint au fort
n" 5 de la ligne permanent, DANS LES ENVI-
RONS DUQUEL IL CONTINUE SA MARCH,
SANS PROUVER DE PERTES SRIEUSES.
Il alla prendre aussitt position deux lieues
l'ouest du Ciego et une lieue environ de Jicotea,
o il campa pendant prs de vingt-quatre heures.
,Ce movement provoqua le retour en Occident,
non seulement des bataillons qui avaient pass au
Centre, mais de cinq ou six autres qui se trouvaient
dans le Dpartement Oriental, SANS QUE L'AC-
TIVIT (3) DPLOYE EN CETTE CIR-
CONSTANCE pt remdier aux consequences mo-
rales et matrielles du, passage de la ligne de l'Ouest
par Maximo Gmez, don't L'AUDACIEUSE OP-
RATION fut aussitt aprs imite par les cabe-
cillas Sanguili, Roloph Suarez y Gonzalez; ceux-ci
oprant dans les environs de Ciego, ceux-l par la
parties nord, le pas restant libre pour toutes les
troupes qui voulaient bien traverser et retraverser
cette LIGNE MILITAIRE, DON'T LE BUT NE
FUT PAS ATTEINT ET QUI DEMEURE
SANS IMPORTANCE . Tout cela est crit par
un officer suprieur espagnol qui opra longtemps
Cuba.
Comme les Chinois
La panique des Espagnols Cuba resemble
celle qui s'empara des habitants du grand empire
Asiatique, lors de l'invasion de ceux que lesdits ha-
bitants appelaient les barbares. Cela est prouv, non-
seulement par les dclarations des membres de la
press trangre dans la Grande Antille, mais aussi

(1) Paroles textuelles du chef espagnol.- N. de
la R.
(2) Avec 800 hommes et sans tre aperu? Les
sentinelles espagnoles seraient-elles donc sourdes et
.aveugles ? N. de la R.
(3) ESPAGNOLE. N. de la R.


par les journaux dvous au rgime espagrrl. El
Comercio, organe essentiellement archi-espagnol,
demand au gnral Weyler qu'une fois les tran-
ches termines, La Havane soit entoure d'une
grande muraille. Comme celle de Chine? Tous les
principaux journaux New-Yorkais, mais. particuli-
rement Le Sun, commentent cette ide comm.e elle le
mrite.
La Rpublique Cubaine, quelque peu au cou-
rant de l'mancipation du Sud Amrique, flicite
El Comercio pour son id.e, laquelle sera, sans.
doute, accueillie avec enthousiasme parces lumires
du gnie espagnol qui pullulent de l'autre ct des
Pyrnes. Il imported, cependant, de ne pas oublier
que de mme que les troupes des patriots amricains
firent leur entre Lima t Valparaiso sans tirer
un coup de fusil, de mme celles que conduisent
l'invincible Mximo G6mez et l'intrpide Antonio
Maceo, front leur apparition dans les rues de La
Havane.
L'Espagne peut occuper ses derniers loisirs
Cuba par la construction d'nervantes et d'infec-
tieuses trochas, elle peut dpasser les atrocits
qui, dans les Pays-Bas, rendirent les tercios de
Flandres, clbres, quoiqu'il en cote la mtropole,
Ciuba lo front coinit (le Iauriors,
Sera un lpuupnl inipohndani ;
Uno eloile du ciel amilruiicain.
Ermiitailo.

------.^p.~ Bi--~------

SANS, COMMENTAIRE


M. G. Reparaz, un des rdacteurs du Heraldo de
Madrid, des plus au courant de la champagne de Cu-
ba, vient de publier, dans le numro du 26 aot de ce
journal, un article de fond que nous reproduisons
sans commentaire. A des aveux d'impuissance aussi
clatants il n'y a rien ajouter :
C'est impossible de se taire, dit-il, en voyant


l'ennemi prendre partout l'offensive, dans les entou-
rages de Bayamo, aux portes de la Havane, ct
de la Trochla et enfin Bahfa Honda, base de nos
operations dans la cte nord de Pinar del Rio. Les
rebelles ont eu ds le commencement une initiative
stratgique. Quand ils ont voulu attaquer, ils ont
attaqu; quand ils ont voulu combattre, ils ont com-
battu. Ils avaient tabli leurs dpts d'armes avant
mme que nous pensions la guerre, et en mme
temps ils prparaient des vivres et runissaient une
grande quantit de btail et de chevaux. Au fur et
measure que nous envoyions des troupes, ils enva-
hissaient les provinces occidentales, nous devanant
toujours, de sorte que nous tions obligs d'envoyer
les soldats nouvellement dbarqus dans de nou-
veaux territoires o ils ne servaient rien. Le prin-
temps dernier, lorsque toute l'le tait dj envahie,
ils simulrent une retraite vers las Villas, et nous les
poursuivimes follement en rpandantles troupes qui
venaient d'arriver depuis Pinar del Rio jusqu' la ri-
vire Hanabana. C'est alors qu'ils firent impunment
la second invasion vers l'Occident.
Avant que les 40,000 hommes de cette dernire
expedition arrivent Cuba,'nos ennemis auront fait
le ncessaire pour viter le mal que nous pourrons
leur produire. S'ils craignent que nous reconcen-
trions beaucoup de monde Vuelta Abajo, ils nous
attaqueront avec ardeur en Orient et las Vil-
las pour que nous soyons obligs d'y envoyer un
grand contingent de nouvelles troupes ; et alors ils
nous prsenteront ce dilemme : si nous y restons
nous ne pourrons pas chtier Maceo, et si nous
allons sa rencontre, nous serons exposs un
chec d'importance.
Pour faire face aux besoins les plus urgents de la
guerre telle qu'elle est, 40,000 hommes ne sont pas
suffisants, il en faut au moins roo,ooo.
Dans ce moment, l o les insurgs travaillent le
plus, c'est en Orient. Il sont en possession de toute
la chaine de montagne de la Sierra Maestra, et de
toutes les forts qui descendent jusqu'au chemin qui


conduit de Bayamo Ventas de Crdenas. Depuis le
commencement de la guerre, pas une seule de nos
colonnes n'a pntr dans ces endroits. C'est l o
habitent aujourd'hui tous les habitants de la plaine
qui est tout fait dserte; c'est l o ils ont runi
leur btail, o se trouvent leurs hpitaux, o ils
garden soigneusement leurs munitions et leurs m-
dicaments. Nos lignes avances de Gira et Buey-
cito ne servent qu' nous obliger d'y aller une fois
par semaine leur porter des provisions. Ces deux
villages sont brls, et les forts qui s'y trouvent ne
dfendent rien, ne protgent rien, pas un seul sol-
dat n'en est sorti pour aller trouver l'ennemi.
Bien que Rabi ne soit pas un homme d'un grand
talent militaire, il combine ses movements sa fa-
on. Il quite El Cacao, l'enfer, ou une autre cachette
dans la montagne, il attaque un convoi et prend
possession du btail et de ce qu'il a besoin. La nou-
velle arrive Bayamo avec retard, car nous avons
peu de confident et ce peu est mauvais; de plus, il
faut attendre un jour entier pour se mettre en mar-
che. Rabi, une fois son coup frapp, retourne sa
caehette, en laissant dans les lieux les mieux dfen-
dables' et les mieux couverts quatre-vingts ou cent
hommes qui engagent le combat avec nos troupes
afin de lui laisser le temps d'atteindre un lieu sr.
Les insurgs se retirent alors et nos soldats ren-
trent Bavamo. Peu de jours aprs nous recevons
en Espagne la nouvelle qu'un grand combat qui
dura six heures a eu lieu en Orient e- que les
pertes de l'ennemi ont t normes, tandis que les
ntres se sont rduites quatre blesss et un contu-
sionn, alors que les insurgs ont fui honteusement.
Le people croit une veritable bataille, dans laquelle
les sparatistes ont t dfaits, tandis qu'en ralit il
n'y a eu qu'une escarinouche entire une.avant-garde
et une arrire-garde. On attend alors les rsultats de
la victoire: on voit qu'ils n'arrivent pas; alors on
ne dit mot et on attend de nouveau.
Ce qui est arriv en Orient arrive au Camagfev et
las Villas. Il y a un an, le colonel Oliver (aujour-


d'hui gnral) se promenait de Remedios Seboru-
cal et de Seborucal Remedios, afin de poursuivre
les insurgs qui, journellement, attaquaient les
trains dans le dangereux passage de la Resbalosa
prs de Taguayabn. Fatigue des marches et des
contremarches, il finit par abandonner le camp aux
insurgs qui sont depuis ce moment maitres absolus
des communications entire Santa Clara et Reme-
dios.
Le colonel Segura pntra une fois dans la Sigua-
nea, autre refuge des insurgs; il fut oblig d'aban-
donner bientt cette contre qui est toujours reste
au pouvoir des rvolutionnaires.
Najasa, dans le Camagey, se trouve encore dans
un plus grand abandon. C'est l que Gmez avait
tabli son quarter gnral lors de la dernire guerre,
et il l'y a rtabli ensuite en pleine tranquillit. C'est
de l qu'il organisa ses troupes et prpara l'invasion
de l'occident. C'est l o il s'occupe aujourd'hui de
recruter tous les hommes valides de la contre, et
de les armer immdiatement pour aller la rencontre
des nouveaux renforts que nous envoyons. Comme
on le voit, les circonstances lui sont favorables, car
il se trouve sur les lieux de sa base d'oprations,
alors que la ntre est en Espagne d'o viennent nos
soldats, notre argent, nos armes et tout le ncessaire
pour faire la guerre; c'est pourquoi il ne serait pas
tonnant qu'il nous devance. Ce qui est arriv
ces jours-ci prouve d'ailleurs qu'il a commence
oprer.
Htons-nous donc de faire de mme, mais vite et
bien. Nous allons entrer dans une phase decisive de
la guerre, et si nous ne savons pas profiter des dures
leons de l'exprience, si nous continuous oprer
sans nergie, sans plan et sans connaissance de
l'ennemi, peut-tre ne restera-t-il plus le temps de
trouv.r un remde.



*


DECLARATIONS


D;ute correspondence de Saint-Sbastien, pu-
blie par le FrankAfurler Zeitung et reprodui-
sant un interview du gnral Ochando, nous ex-
trayons les passages suivants:
A ses amis intimes, le gnral disait qu'il avait
donn sa dmission parce qu'il a acquis la convic-
tion qu'une offensive de succs n'est pas possible
avec les. moyens disponibles Cuba.
Un fait triste est que l'arme n'est pas paye ponc-
tuellement; on pourrait peine le croire et pourtant
cela est ainsi. Depuis le mois d'avril, ni les volon-
taires, ni:les troupes rgulires n'ont touch un cen-
time de leur solde.
Une parties de la cavalerie est sans chevaux; sur
l'le mme, les chevaux deviennent de plus en plus
rares et, ncessairement, il faut les importer de
l'tranger, ce qui implique des dpenses et des diffi-
cults considrables. L'arme manque mme sou-
vent des btes de charge et de trait ncessaires.
J'aurais dsir que les renforts, partant mainte-
nant, eussent t transports plus tt. En tout cas,.
on peut s'attendre des vnements important ds -
leur arrive sur le champ de bataille. Je puis cepen-
dant exprimer l'opinion que les renforts envoys
sont absolument insuffisants. Plus tard, on devra
les faire suivre encore d'autres 40,000 et mme
60,ooo homes. II et t plus opportun de.risquer
tout d'un coup toutes les forces en argent et en
troupes.



L'AFFAIRE BTHARTE


Nouvel attentat un Franais
Nous.sommes en measure de donner les rensei-
gnements suivants sur le lche assassinate de
notre compatriote.
La victim un vieillard se nommait Ber-
nard Btharte.
Btharte reut quatre coups de fusil et on
l'acheva par une douzaine de coups de machete.
Le chef de la troupe espagnole qui a commis
l'assassinat est un certain colonel Arce.
Nous sommes surprise que des journaux qui
aiment et dfendent la France et qui ont la pr-
tention justifie d'tre bien informs, come
Le Temps, Le Figaro, Le Matin et L'Eclair,
n'aient encore reu aucune nouvelle sur ce rpu-
gnant vnement, qui constitute un outrage au
drapeau franais.

D'autre part, on lit dans le Courrier des
SEtats-Unis du 15 aot:
Nous recevons de M. F. D. Lain, de La Havane,
une lettre relative son fils, M. Honor Lain, don't
l'arrestation par les autorits espagnoles de Cuba a
donn lieu une double intervention, de la part des
reprsentants de la France et des Etats-Unis.
D'aprs ce que nous crit M. Lain pre, il est
inexact que M. Honor Lain ait t mis en libert
la demand des Etats-Unis, et il n'est pas vrai non
plus que son procs ait t renvoy devant les tri-
bunaux ordinaires; il est encore aujourd'hui sous
la jurisdiction militaire, en attendant son jugement.
Voil encore un attentat commis par les Espa-
gnols sur la personnel d'un de nos compatriotes,
Cuba.
Aprs ce que nous venons de dire de l'affaire
Btharte, y a-t-il lieu de nous tonner que cette
nouvelle qui intresse cependant les Franais
ne soit relate que par les journaux tran-
gers ?
M. le dput Rouanet, dans un article public
par La France et que nous avons reproduit dans
nos colonnes, avait donc raison de dire que la
Presse franaise est la merci d'agences puis-
samment constitutes qui ne publient ajoute-
rons-nous que ce qu'elles veulent bien pu-
blier.
Aprs le lche assassinate de M3. Btharte, aprs
l'incarcration arbitraire et brutale de M. La-
fert, c'est maintenant sur M. Lain que s'exerce
la rage des Espagnols! Nous sommes informs,
la dernire heure, qu'ils veulent infliger ce
Franais la peine de la rclusion perptuelle !

------- .-------

DU DAILY NEWS
Le chaos a Cuba


(Notes d'un voyageur anglais)
Je viens de faire une court visit Cuba, o per-
sonne ne peut sojourner en scurit, o il n'est en
ce moment ni tranquillit ni monotonie. Mais quel
changement avec la Cuba d'il y a un an, o nous
avions l'habitude de passer de si bons moments La
Havane, en effet, tait pour nous, aux Antilles, un
nouveau Paris : elle regorge aujourd'hui de rfugis
de la champagne, qui ont t obligs d'y venir par


Un tronon de la Trocha


r


-- i -p I -I I i- I i i i ~--I I I ~ I
--


--- ---- -~Li-- --~iii~s~--- ~---- ~ -i-_ L-i -=-i






LA RPUBLIQUE CUBAINE


3 SEPTEMBRE 1896


LES CHEFS ESPAGNOLS, LESQUELS PROFITENT DE CETTE
OCCASION POUR SACCAGER ET DTRUIRE (pillage and
destroy) LES PROPRITS AINSI ABANDONNES. Et si
l'on considre qu'on n'accorde aux propritaires que
douze heures, partir de l'ordre de dloger, il est
facile de comprendre l'impossibilit dans laquelle se
trouvent les propritaires de recueillir ce qui leur
appartient, tandis que tout le reste se change en
butin.
Chantages et vols de l'autorit
Misre et famine des troupes
Dsertions a l'ennemi
La guerre Cuba est devenue un moyen de faire
de l'argent (money-making transaction). TOUT
INDIVIDU REVTU DE QUELQUE AUTORIT
FAIT CHANTER (blackmails) OU DPOUILLE
OUVERTEMENT CEUX QUI, PAR LA FORCE
OU PAR LA CRAINTE, ONT RECOURSE A LUI.
La consequence de ces faits est un tat gnral de
faim et de misre, et cette situation n'est pas seule-
ment particulire aux paysans, elle est aussi celle de
l'arme. Les pauvres malheureux sont peine cou-
verts de tristes vtements de dungaree, en pieces et
lambeaux; ils portent de grands chapeaux de paille
et la plus grande parties des harnachements est dans
un tat pouvantable d'oxydation (rust) par suite de
l'exposition constant la pluie et aux intempries.
Il n'est pas extraordinaire, aprs cela, que ces pau-
vres individus se voient obligs, par la ncessit,
mendier. Vous ne le croirez pas, mais les choses en
sont ce point que, si vous aviez vu comme moi
l'exacte situation, vous ne series pas surprise d'ap-
prendre que, LORSQUE LES TROUPES VONT
AU FEU, UN GRAND NOMBRE DE SOLDATS
PASSENT DU COT DES CUBAINS.

Type antimilitaire des ofliciers
Campements ou ruines
Les troupes espagnoles forment en gnral un
beau group d'hommes, mais je ne puis en dire
autant des officers. Il en est beaucoup que je n'au-
rais jamais pris pour des militaires. J'ai eu une ex-
cellente occasion d'observer les troupes pendant mes
voyages en chemin de fer; toute la voie est, en effet,
fortifie pour empcher que les Cubains fassent sau-
ter les trains Quel shock pour un voyageur anglais
devoir chaque homme entrant dans le wagon, ou-
vrir son bowie-knife (couteau amricain) et dtacher
son revolver du ceinturon pour poser le tout ct
de lui sur la banquette, prt l'action ? Les troupes
sont en dtachements entire les stations o elles ont
form des barricades de boue et de pierres, pourvues
de crneaux au sommet. Toutes les stations de la
ligne sont fortifies par des barricades de rails et les
sales d'attente sont transformes en baraquements.
Les trains sont chaque instant arrts tout le long
du chemin, afin de distribuer des vivres aux troupes
et de recueillir les malades et les blesss. Je puis
vous assurer qu'un voyage dans ces conditions n'est
pas prcisment rapide; il tait, en revanche, fort
intressant et nouveau bien que, il faut le recon-
natre, trs triste cause des ruines et des ravages
qu'on voyait de toutes parts. Toutes les maisons,
tous les moulins sucre sont brls compltement,
et le terrain, qui tait si riche, rappelle une des
prairies de l'ouest. Dans les districts o des combats
ont t livrs, le terrain est couvert de squelettes
humans et de squelettes d'animaux.

Attaque Bataban
Imptuosit des forces cubaines
Quand nous arrivmes au vieux village de Bata-
ban6, je trouvai tout boulevers : les glises trans-
formes en tables et tout le village fortifi, comme
si ce soir-l mme on s'attendait une attaque des
insurgs. Et, en effet, vers une heure du matin, les
cubains arrivrent et les troupes ouvrirent le feu sur
eux, measure qu'ils avanaient. Mais cela paraissait
leur importer peu, car ILS VENAIENT AVEC
UNE GRANDE IMPTUOSIT, FRANCHISSANT
LES BARRICADES ET S'OUVRANT UN PASSAGE JUSQUE
DANS LA VILLE. Je ne puis vous dcrire la scne qui
se passa alors. L'obscurit.tait complete et il me
semblait que chaque homme tirait avec la plus
grande impartialit sur le voisin le plus rapproch,
sans crainte ni piti. Les mitrailleuses furent mises
rapidement en action, et leur feu continue jusqu'au
moment o les Cubains, ayant perdu beaucoup de
monde se retirrent. LE NOMBRE DE MORTS FUT A PEU
PRkS LE MME des deux cts (). Les Espagnols s'empa-
rrent de trois ngres, qui furent fusills le lendemain
matin : ils moururent avec un grand courage; l'un
d'eux, dcouvrant sa poitrine et montrant son ceur
du doigt s'cria : Tirez ici, chiens d'Espagnols!

La mortality dans l'armne
Energique resolution des Cubains
A Cienfuegos o je me rendis ensuite, je trouvai
les choses dans une situation deplorable. Les
mines aveugles et les habitants, trop pauvres pour
quitter le pays, mourant de faim, de la fivre jaune
et de la petite vrole. CES MALADIES CAUSENT
DE GRANDS RAVAGES DANS L'ARME. Les
soldats meurent par grosses. La voiture des morts
circle toute la nuit durant et, au son d'une cloche,
les cadavres sont charges dans le vhicule qui les

(1) Les rapports espagnols n'avouent jamais pareille
chose. -. de la R.


transport au cimetire. BEAUCOUP DE;CEUX
QUI MEURENT SONT DES JEUNES GENS NON
ACCLIMATS ET QUI SUCCOMBENT AUSSI-
TOT ARRIVS, VICTIMS DE LA CHALEUR
ET DES PIDMIES. D'aprs ce que j'en puis ju-
ger, il existe peu de chances pour que la guerre
prenne fin dans un avenir prochain. D'un ct, en
effet, l'Espagne continue dbarquer dans l'ile de
NOUVELLES TROUPES QUI Y TROUVERONT LA MORT D'UNE
FAON OU D'UNE AUTRE. De l'autre ct, les Cubains
PARAISSENT DCIDS A LUTTER JUSQU'A LA DERNIERE
EXTRMIT et, bien que les grandes villes de la cte
leur aient jusqu' present rsist, ils gagnent cepen-
dant du terrain tous les jours et, sans doute, la con-
naissance qu'ils ont du sort qui leur serait rserv
s'ils taient dfinitivement battus, les engage aller
jusqu'au bout. Il est certain que les impts et la ty-
rannie passs seraient de simples piqres de puce
ct de ce qu'ils pourraient attendre dans l'avenir,
au cas o ils seraient vaincus.
Le lazo transform en arme dle
guerre
Comme en toute I'indpendance aun-
ricaine.
Lesflibustiers du Texas sont de grands enfants
qui sont venus dans l'ile pour y passer un bon
moment et, si on les en croit, ils sont servis
souhait. Ils se battent comme des dmons et pous-
sent l'audace jusqu' enlever souvent les cavaliers
(espagnols) de leur monture l'aide du lao (i).
Cette faon de faire la guerre jette naturellement la
terreur dans le coeur des ennemis. Les rebelles cu-
bains se servent trs bien du machete (cutlass) quand
ils sont prs de l'ennemi.
Londres, 25 aot 1896.

-------------------

SUGGESTION ABRACADABRANTE

Sous ce titre : La dernire cartouche de l'Es-
pagne Cuba, un crivain, qui a pris le pseu-
donyme de El Amigo de la Paz, vient de pu-
blier un petit livre, proposant une solution
coup sr trange et imprvue de la question
cubaine.
Il ne s'agit rien moins que d'accorder 'File
son indpendanee... et de la lui reprendre tout
aussitt en investissant du gouvernement de l'ile
le marquis de Veraguas, descendant de Christophe
Colomb, en vertu d'une charte du 17 avril 1492,
confrant au grand navigateur et ses descen-
dents le titre de vice-roi.
L'auteur, homme cultiv et crivain agrable,
s'est donn beaucoup de mal pour dvelopper en
toute sincrit cette thse absurde.

--------.^ -------


DERNIRES NOUVELLES

La fivre jaune continue dcimer l'arme
espagnole.
La canonnire Reina Cristina et le trans-
port Triton, venant des ports de Pinar del Rio,
ont transport 253 maladies.
Chaque jour amne de nouveaux dcs. Les
rvolutionnaires de Baracoa, district oriental de
Cuba, camps sur la cte, prs de Maravi ont fait
feu sur la barque espagnole Aviles, qui fait le
cabotage. Le capitaine a t tu.
Des nouvelles de Sancti Spiritus annoncent
que Jos Gmez, neveu du gnral en chef, s'est
empar d'un important convoi espagnol.
Holguin est assig ,par Muiloz, comman-
dant les amazones d'Orient et autres forces.
Toutes les communications sont interrompues
avec cette ville.
Santa Cruz del Norte est retomb au pou-
voir des rvolutionnaires.
L'arrestation du major Roblejo, comman-
dant de volontaires, et celle du capitaine Raven-
tis, chef de la compagnie de pompiers en service
actif, a caus une profonde sensation La Ha-
vane. Ils sont accuss d'avoir prpar une rbel-
lion afin de pouveir livrer des postes important
aux rvolutionnaires au moment o ces derniers,
commands parGmez et Garcia, auraient attaqu
la ville. Les deux prisonniers passeront en con-
seil de guerre. Plusieurs volontaires et pompiers
ont dsert aprs l'arrestation de leur chefs.
Une Cubaine et deux petites filles, dges de
8 10 ans, ont t mises en prison, Puerto Prin-
cipe, sous l'accusation d'espionnage. On raconte
que la femme portait un revolver sous ses vte-
ments, et que les deux enfants transportaient des
lettres pour le gouvernement rvolutionnaire,
Cubitas, lorsqu'elles ont t arrtes par quelques

(1) Le l:a;o ainsi qui les bolerdoros figurireont sou-
vent dans l'histoire ie l'Indpendance des pays latino-
americains. Qu'on se souvienne des clbres llucieros
de Paez. V. dle la R.


soldats dans les faubourgs de Puerto Principe.
Elles seront juges par un conseil de guerre.
Plusieurs jeunes gens de Puerto Principe
ont t arrts au moment o ils sortaient'de la
ville pour aller rejoindre les Cubains. Ils ont t
jugs par un conseil de guerre. L'un d'eux, Al-
fredo Allana, sera pass par les armes ; un autre,
Augustin Torres, qui se dit citoyen amricain, a
t condamn it. 20 ans de travaux forcs; les
quatre autres ont t condamns des peines va-
riant de 2 4 ans de prison.
Le gnral Maximo G6mez a ordonn l'in-
cendie de toutes les fermes qui fabriquent du
sucre et qui ont des contracts passs avec le syn-
dicat sucrier, reprsent par M. Apezteguia, de
Cienfuegos.
Les directeurs des journaux de La Havane
ont t appels hier en presence du capitaine-
gnral Weyler qui les a invits de nouveau
s'abstenir de discuter la situation politique et mi-
litaire.
Manuel Ciceres, autonomiste trs connu
Nuevitas, o il habitat, s'est engag avec 50
jeunes gens de cette ville dans les rangs rvolu-
tionnaires.
Deux trains conduisant des troupes espa-
gnoles se sont rencontrs i Guanbana; il y a eu
22 blesss.
Un dcret du gnral Weyler porte sur l'in-
terdiction de la rcolte de la canne sucre et du
caf pour l'le de Cuba tout entire; 30 planta-
tions ont t nouvellement incendies.
Le gnral Weyler a dcrt le course forc
des billets de la Banque espagnole La Havane.
Malgr la surveillance rigoureuse exerce
la frontire par la gendarmerie espagnole, le
nombre des dserteurs espagnols qui ont russi
entrer en France est considerable.



LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Lanterne: Le moment approche videm-
ment o la question cubaine recevra la solution d-
finitive qu'il est facile de prvoir depuis longtemps.
La domination espagnole Cuba est pour ainsi
dire entre en agonie.
Les dclarations du gnral Ochando, ancien chef
d'tat-major du gnral Weyler, qui vient d'arriver
de Cuba, confirm toutes les hypotheses que l'on
pouvait dj former cet gard.
Pendant qu'elle s'efforce de retenir Cuba sous sa
domination, la dynastie bourbonnienne voit l'Es-
pagne lui chapper peu peu.
Tout ce qui se passe dans la pninsule indique
qu'une revolution est prochaine.
Le gouvernement auxabois recourt des measures
qui ne peuve-nt que prcipiter le movement. C'est
ainsi qu'il procde des arrestations en masse, et
qu'il dissout les comits populaires qui, placs ainsi
en cas de lgitime defense, ne vont plus hsiter
organiser la revolution.
C'est un dbcle pour le gouvernement monar-
chique espagnol, don't on peut dire maintenant que
les heures sont comptes.

L'Autorit : Les choses tant ce point, la r-
pression de l'insurrection- supposed qu'elle puisse
avoir lieu, c'est--dire en admettant l'hypothse la
plus favorable ne cotera-t-elle pas plus cher
l'Espagne que ne vaut p.ur elle Cuba?

La Nation : Comme on le voit, l'Espagne, loin
de voir sa situation s'amliorer, se trouve en pr-
sence d'une crise qui se complique de jour en jour.
Ajoutez cela les menes sparatistes des Philip-
pines et vous comprendrez que l'Espagne souffre
surtout de ses colonies et de ses dplorables procds
d'administration.

L'Avant-Garde Rpublicaine, Chaumont : La
situation en Espagne tend s'aggraver de jour en
jour. Le movement rpublicain se dessine nette-
ment; aux difficults intrieures se joignent l'action
des insurgs cubains et le movement sparatiste
aux Philippines.
La monarchie espagnole est, l'heure actuelle, en
pleine dbandade, et nous ne voyons gure com-
ment elle pourra chapper au dsastre final qui
l'attend bref dlai.

Journal de l'Aisne:- Aujourd'hui, parmi la jeu-
nesse-.iespagnole, le bel enthousiasme des premiers
jours est tomb.
Il a fait place un morne dsespoir, au refus de
servir et de partir, aux dsertions multiplies.
La revolution gronde au fond des curs.
L'Espagne monarchique est la veille d'expier, en
une seule fois, les fautes et les excs sculaires que
lui reproche l'histoire.


*


BIBLIOGRAPHIE

Mercure de France. Recueil mensuel de litt-
rature et d'art. Paris, rue de l'Echaud-Saint-Ger-
main. 1896.
La dernire Cartouche de l'Espagne Cuba.
Stnographie d'une conference donne Quito,
Rpublique de l'Equateur (Sud-Amrique), par
El Amigo de la Paz. Traduit de l'espagnol. -
Paris, Paul Dupont diteur. 1896.

Nota. Aux.auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.


PASSAGERS
De premiere classes sortis du Havre pour New-
Yorck sur le vapeur La Normandie, le 29 aot
1896:
M. William Addison, M1" Melinda Arrouot, M-o' Wil-
liam G. Alger, 31"' la comtesse de Bcearn, Ml"' Bannon,
M. Biron, Ml"e A. Brockley, M1. J. Brantley, M"e A.
Barnard, M1"l Barnard, M,"' George Brown, M. R. C.
Bumpus, M,' Barclow, M""' E. Bayonne, M. Batalla,
M1. Benoit Bas;een, ,M1' Bashen, M. O. Biardot, Ml"'
Binrdot, M. A. Biardot, M1. Edwin P. Baugh, M"aI Bak-
straoem et un bb, M. G. J. O'Brien, M. Barabatz,
31. Bertancini, M1,"" Chas Coudert, Ml"' Coudert, M. Cou-
dert fils, M"'" Caslisle, MI, G.. L. Cassard, M. le juge J.
S. Conner,, 1.. Grue, ML"1' K. Cree, Me A.
Carter, M. G. Cattelain. Mo" A. B. Coady. M.me Irene
Cote, ML"- M. Courtaud, M. l'abb de la Chapelle, M.
JlTon J. Contes, M['o Coates, M. Clabburn, Mr," vouve
Pierre Cormier, I"." Louis Coursier, M. Danenbam,
M"o Dunton, M. John Dudley, Ml' E. Dowling, MI. Ch.
Dennery, M. C(h. W. Dlungan, M. Emmanuel Dreyfus,
M. Louis 0. Donovan, M. Desmarest, M. Donaldson,
31. Douillet, M"' Davey, M. Espinosa, MI'o Espinosa.
M1" Eden, MI. Cornolo Escobar, ML' Amlia Escobar,
Ml" Regina Escobar, M1l1 Anita Escobar, M. I. G. Eddy,
Ml"' IFaivre, MI. Fizandi, M-'. K. A. Flemming. M. E.
J. Fiancia, M. Victor Gauthicr, M1'o F. Crant, Ml" Grant,
Ml" C. N. Gimmer, 1M"" N. Callaneaux, M. Ch. Graves,.
M1" Graves, II"' Ghia, Ml. Goldmann, M, Georges, Mt. le
D' M. K. Goldzmith, Mi"' Grtlh, M11" Gerth, M.-L. Grant,
M. Guiol, I Ge Gregor, M. Geo Giorgelta, Ml"' Hanley,
Ml"' IHough, MI. W. D. Henry, 1M'." Henry, M. F. D.
]l[nry, MI"" Henry, M. Th. Houng, M. G. B. tIalsted,
\1. G. Hermann, M. Yves Hellict, M. Albert Hug, M.
F.. T. utehins, M. C. C. IHeisen., Mi' J. Irwin, D' D.
lrwin, MI" Irwin, MI. L. A. Jacob, M. Johanneton,
MI"' Kilroy, M-"' Kilroy, M. Ch. Kircher, M. J. E. Kear-
ney, M""' Kearnev, Ml" Kussnor, Ml"- Kelly, M-"' Vil-
liam Laidlaw, iL1"n Laidlaw, M. Lucy, M.i" Lucy, M.
Arth. I. Little, M. Rob. L. Levere, M. A. Lopez,
M1"n Louise Leverenz, l3N1' Sarah Lindsay, M. Locatlcle,
Ml"' Suzanne Lauder, M'- C.B. Lockard, M.D. G. Mel-
lor, l"a Mlctor, M. Morton, M"' Maorton, M. D.
Macomber, Ml"" S. Marx, M-"" M. Malion, Mll' Maglonc,
a1'll Marliave, 31. Aim Minet, M'"' J. Mersele et un en-
'fant, M"" Catli. Marti, M. Enile Marcbi, M. Mahler,
31'- Mollov, D'. T. D. lMalan, M. T. Mamelsdorf, M"'" E.
Mamelsdorf, M. Alfred Nevou, M, Paras, 31. H. A. Pot-
ter, 31. J, 31. Pattison, M'" Pattison, M1. J. W. Peuquet,
M. S. W. Proberl, M. Perreleti, D' Piolps, M-"' Phelps,
1. H. Peaulejeunc, \I. F. T- W. Palmer, M1"' Palmer,
M". L. L. Rapp, M3. George A. Reisner, M3"' Reisner,
Rvroend Lunche, Rvrend R. F. Blum, Rvrend Gui-
h orl, Rvrend Besnard, Rvrend Tanquerey, Rvi-
Ayrinhac, Rvrend Janisson, Rvrend Saillat, M1"' Rei-
bold, M. Runkel, M."' Runkel, Ml=" L. Rabut et un en-
fant, M. lCh. F. Raddatz, M"" sRzopocka, Mlle E. Slana-
han, 3M1 M. Shanalan, M."" Schwal'acher et deux en-
fants, M,31 Sturzenegger et un bel, M. Somow, M1"'So-
mow, 31. Souder, M. Silva, 31" 'Silva, 31." Schesinger,
M'1 Schllesinger, M. Silberstein, M. Hermann Siegel,
M1"" Saladine, M, W"' D. Shlldon. MlI" Relig, 3M. Simon,
M. Sasco, M"" Sasco, M. G. E. Stone, M. F, W. Stan-
ley-, 31' Stanley et un enfant, Femme de chambre,.
M1"' A. Stphane, Sur -Marie de St-Maxime, S(eur
Marie de St-Jean, Soeur Marie Lucien, SSeur Marie
Lon, 3M"'Tartter, M1" Tomoney, M, Geo P. Thompson,
M3. Tynberg, M. C. Toussaint, M-"' M. Vay, M. Wil-
liams, M. P. Weeler. 31"' A. Wigot, M3"' Wendling,
31"" F. S. Wilson, 1' F. B. Witehead, M""' F. Young,
M31" Louice Young, Mlle Younger, M11" B. Younger,.
M l" Ida Zimmerli.et deux enfants.



TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains,
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais sont de 2, 5,10,
ledessin,repr- 25 centavos (le-
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vautOfr. 05de
pour tous les monnaie). Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer;.
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.





M"Garmaino Vaiir








20, Rue Saint-Vin.cent-de-Paul

PARIS

L'Adrministrateur-Gdrant : FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs