Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00032
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: August 20, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00032
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text























Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul

ADRESSE fTLtGRAPHIQUE: 3E=L r O A.


Ls Manuscrits ne sont pas rendus


ri


Ire Anne


PARIS


- 2o Aot 1896


N 3i


PAR.A.IT TOUS LES JEUDIS


PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PArIS D PRT.
Une anne, payable d'avance... 20 fr. 22 fr.
Un semestre, id. ... 11 fr. 11.50
Un trinestre, id. id ... 6 fr. 6.50
A L'TRANGER
Une anne, payable d'avance.. ,........2. 25 fr.
Un semestre, icd.. id. ....... 13 fr.
UN NUIMElRO....... 0 ff. 25


LE MAJOR GNRAL JOS MACEO


ous avons dit, dans notre numro du 16 juillet,
qu'il n'y avait rien d'impossible ce que-le
major gnralJos Maceo fIt mort; mais nous
ajoutions, qu'en attendant la communication officielle
de son dcs.par le gouvernement de la Rpublique
Cubaine, nous nous abstiendrions de nous pronon-
cer. Un long mois s'est coul et nous sommes au-
jourd'hui en measure d'annoncer nos lecteurs que
la perte du 'courageux chef cubain est malheureu-
sement certain.
Jos Maceo y Grajales, frre du hros que le
monde admire aujourd'hui comme seigneur et
matre de la Vuelta Abajo, naquit Santiago de
de Cuba, en 1846. Avec son pre et ses frres, il se
lana dans la Rvolution de Yara. Ds le dbut, il
donna la preuve de son courage, et les batailles sont
nombreuses dans lesquelles ses prouesses l'ont plac
au rang des personnages lgendaires. Il faut citer
particulirement le moyen incroyable qu'il employ,
en 1877, avec six homes seulement, pour sauver
son frre, le gnral Antonio Maceo, qui allait tre
fait prisonnier. Celui-ci se trouvaitdans sa couchette,
en un tat trs grave : il 'avait eu les poumons tra-
verss par un balle de Remington et tait bless la'
main et l'avan.-bras droit. L'endroit o il se ca-
chait fut dndnc, et le gnral Martin'ez Campos en-
voya plusieurs colonnes avec mission de s'emparer
de sapersonne, L'assaut fut donn, et les quelques
Cubains qui se trouvaient avec Antonio Maceo
durent passer trois jours sans manger ni dormir,
battant en retraite, mais se defendant toujours, mal-
gr les difficults que leur crait le transport du bless.
Jos Maceo tait arm d'un Winchester. Chaque foi
qu'il tirait, non-seulement il abattait son home,
mais encore il arrtait les colonnes dans leur march.
Celles-ci, en effet, ne pouvaient comprendre que
sept homes, battant en retraite, taient capable de
leur faire subir de si grandes pertes.
Ce n'est pas dans ces lignes rapides, c'est quand
on crira la biographie de cet intrpide Cubain,
qu'on pourra apprcier cet incroyable fait d'armes.
Lors de la Convention de Zanjn, Jos Macyo tait
colonel. Comme il avait pris part au movement de
1879, -il fut arrt et dport en Espagne par le g-
nral Polavieja, alors gouverneur de Santiago de
Cuba.
Emprisonn dans le fort de Ceuta, il russit s'-
vader et se rendit Gibraltar, o la police espagnole
qai le poursuivait le reprit. Ici se place un pisode
fo:t intressant de la vie du gnral Maceo et de
l'histoire de notre guerre de l'Indpendance, pisode
que la grande majority de nos compatriots ignore
encore.
Ds que le chef cubain fut fait prisonnier par l'au-
torit espagnole sur le territoire anglais, et enferm
dans la forteresse du Mola de Mahon, le gnral Ca-
lixto Garcia, qui tait Madrid, fit part de cet v-
nement au D' Betances, Paris, et celui-ci, consid-
rant que ses dmarches devaient tre aussi rapides
qu'efficaces, partit pour Londres, alla la Chambre,
eut une entrevue avec le dput M. J. J.
O'Kelly, correspondent du Herald Cuba, en 1873,
et auteur de La Tierra del Manibi. M. O'Kel y vit
M. Gladstone, alors ch(f du cabinet anglais, et quel-
ques jours aprs, le gouvernement espagnol accep-
tait la transa;t,on. suivante : Maceo se jetterait par
une des fc nitres de la prison et tomberait dans une


barque qui l'attendrait et le transporterait eh Alg-
rie avec toute la consideration due une personnel
don't la liberty a t'rclame par la voie diploma-
tique. C'est ce qui fut fait.
Maceo alla s'installer dans la rpublique de Costa-
Rica avec les membres de sa famille qui avaient sur-
vcu la guerre, et quelques Cubains. Il' se consacra
l'agriculture et attendit le 24 fvrier 1895, comme
le vtran attend la sonnerie du clairon l'appelant
son poste de combat.
Avec ving'-deux compagnons, parmi lesquels son
frre, Flor Crombet, Corona, Cebreco, Maceo partit
de Puerto Limn (Costa-Rica) le 25 mars, bord du
vapeur Adirondack. En pleine mer il passa sur une
golette qui le dbarqua, le 3o, sur la cte de Bara-
coa. Le lendemain, dix heures du matin, non
encore remis des fatigues du voyage, les expdi-
tionnaires eurent une rencontre avec les Espagnols
qui durent leur cder le pas aprs avoir eu neuf
blesss.et un mort, ainsi qu'ils l'ont confess eux
mmes en annonant qu'ils avaient battu en retraite.
Quelques jours aprs, Maceo et ses compagnons
s'taient unis aux quatre-vingt-quatre patriots Cu-
bains de la ville et de la champagne de Baracoa. Re-
tranch sur les hauteurs de Guntanamo, ce group
de vaillants et de rsolus fut organis et forma le
noyau des forces orientales.
Depuis ce moment recommencrent les glorieux
faits d'armes de Jos Maceo. Connaissant comme
personnel toute cette parties de l'ile; les engagements
de Jobito, du Sao del Indio, et d'autres non moins
dsastreux pour les Espagnols, vinrent augmenter la


gloire de l'hroqre Cubain. Il tait major gnral
quand il prit par intrim le commandement mili-
taire en Orient, son' frre partant pour aller envahir
l'Occident de l'ile. C'est ce titre, dans une rude
attaque la tte de ses troupes, qu'il a eu la gloire
de succomber, le 6 juillet.
'On trouvera sur sa mort, dans un autre parties du
journal, d'intressants dtails fournis par le major
Grover Flint, correspondent du Journal de New-
York, qui a assist la bataille.
Ls Rpublique Cubaine s'associe la profonde
douleur de ses compatriotes, pour la perte du
vaillant mort, comme meurent tous les chefs Cu-
bains, la tte de ses soldats, face l'ennemi et
combattant pour l'indpendance de la Patrie.


LES FRANAIS A CUBA


Voici de quelle manire les Espagnols respec-
tent la personnel et la proprit de nos compa-
toiotes Cuba.
Plantations brles par les Espagnols :


_I
__


La Rosita, Mme veuve Sabourin; La Emilia,
Mme veuve Morel, de Bordeaux; L'Harmonie, M.
Guillaume Caron; dtruites par la colonne du gn-
ral Lachambre. La Concepcidn, Mlle Altagros,
d'Angers; Sainte-Hlne, la succession Marc Do-
minique; dtruites par la colonne du colonel Segu .
ra. La Henriette, M. Jean Buron, des Basses-
Pyrnes; Sainte-Claire, Mlle Adlade Dandi-
node; Sainte-Thrse, M. Gueralt.
Il y a au moins quatre-vingts plantations cubaines
dtruites dans un rayon de 5o kilomtres autour de
Santiago de Cuba.
A l'heure actuelle, il y a en prison, dans cette
ville, plusieurs Franais. Parmi eux, je pourrai Vous
citer MM. Lanusse et Charles Ducoureaux, qui y
sont depuis plus de cinq six mois.
Et maintenant, Franais, prparez-vous sous-
crire pour le fameux emprunt, l'Espagne le m-
rite bien'.

------* IirL--.---

A LA LIBERTY


Comit Franais-Cubain

A propos d l'avis donn par La Rpublique
Cubaine, sur la formation d'un Comit Franais-
Cubain, compos d'hommes politiques et d'hommes
de lettres, pour la defense de la cause des rvolu-
tionnaires des Antilles espagnoles, La Libert (16
aot) nous avertit charitablement que la France est
en paix avec l'Espagne et qu' il v a dans le Code
pnal certain articles, 84 et 85, qui punissent du
bannissement les agissements de cette nature.
Nous remercions notre bon confrre de son aver-
tissement, et la police le remerciera aussi sans doute
de son rappel de la loi ; mais nous pouvons le rassu-
rer..Nous connaissons parfaitement les articles du
Code qu'il cite, ct qui, dit-il, ont t dterrs il y
a quelques annes par les radicaux, sous le consu-
lat de M. Goblet. Qu'il dome en paix. Aucun
Cubain ne devait fire parties de ce Comit ; il ne
sera form que par des Franais de ceur, indigns
des horreurs commises Cuba par le gnral Weyler,
qui forme ses troupes la manire des Turcs de
Crte et aussi des peuples qui sacrifient tout
l'amour de la libert. Nous ne pensions pas que La
L;bert'veuille se montrer aussi froce que le
Heraldo de Madrid demandant l'expulsion, non
seulement des Cubains habitant la France, mais en-
c)re des Franais qui leur offrent gnreusement
leurs journaux pour faire connaitre la vrit de ce
qui se passe aux Antilles. Il tait bien permis au
beraldo, demi-barbare, d'avouer qu'il serait capa-
ble de demander l'expulsion de Rochefort ; mais La
Libert, journal civilis, n'ira sans doute pas jus-
qu' exiger le bannissement de M. Goblet qui,
co nme-M. Rochefort, est Franais et bien Franais.
SIl ne sera vraiment pas de trop, ce Comit, s'il
parvient avertir ses compatriotes du casse-cou que
quelques banquiers courtages usuriers leur pr-
parent, en leur faisant jeter leurs conomies dans le
gouffre aux cinq cents millions de M. Canovas del
Castillo. Il ne sera pas de trop s'il rveille la prvi-
sion du Gouvernement Franais et lui fait voir
l'importance qu'aurait pour le commerce de la R-
publique, dans l'avenir, Cuba et Porto-Rico indpen-
dantes. La France ne se laissera pas prendre, si elle
est avertie temps, aux declarations ampoules des
minents honinmes d'Etat espagnols sollicitant l'al-
liance, non pas de la Rpublique Franaise, come
a dit M. Moret, mais de toute l'Europe et mme des
Etats-Unis; car l'Espagnol accepterait volontiers
l'intervention amricaine, si elle devait aider cra-
ser les Cubains et si elle avait pour but de bloquer
l'le hroque. M. Moret aurait voulu enrouler le
drapeau toil pour serrer le cou Cuba, comme on
a prtendu, en Europe, faire une corde des dra-
peaux des rois et des empereurs pour trangler la
Crte et son people, just le contraire, aprs plus
de cent ans, de ce que voulait Diderot.
La formation-du Comit Franais-Cubain ou,
pour mieux dire, du Comit Franais ami de Cuba,
les sympathies qu'on envoie de Paris aux Crtois,
aujourd'hui come dans l'antiquit de vaillants
guerriers, les dparts pour Cuba qui seraient
chaque jour plus nombreux, si les Cubains eux-
mmes ne s'y opposaient de soldats ayant servi
aux colonies, de sous-officiers et d'anciens officers
franais, tout ce movement prouve que le vritable
esprit franais se rveille, l'esprit du people qui nous
a fait connaitre les droits de l'homme et qui a pro-
clam contre les gouvernements despotiques l'insur-
retion come le plus sacr des devoirs.
E. .1.


*


AGITATION EN ESPAGNE

NOUVELLES EXPEDITIONS


L'agitation et les protestations contre lenvoi
de nouveaux renforts Cuba continent en Es-
pagne. A Alicante, une manifestation organise
par plusieurs femmes du people fut difficilement
rprime; elles essayrent de parcourir les rues
en criant: Tous k la guerre ou plus ,de
guerre A Barcelone, Valence et Saragosse,
l'agitation va en croissant chaque jour davan-
tage. Plusieurs arrestations ont t faites entire
les rpublicains prominents.


L'activit des Cubains aux Etats-Unis continue
avec plus d'enthousiasme chaque jour.
On announce le dpart d'une expedition sur le
bateau Commodore. Une parties de cette exp-
dition comprenait 90 caisses de fusils et 20
caisses de munitions.
Le bateau Dauntless est galement parti avec'
une expedition compose principalement de 100
expditionnaires, 500 fusils, 2 canons Gatling,
2 canons I-ochtkiss, et un million de cartouches.
De nouvelles expeditions se prparent active-
ment.

------~---------Umm


AU MONDE CIVILISE


Bien que nous soyons accoutums la lchet
et la barbarie des Espagnols, nous lisons cepen-
dant, avec horreur et dgoit, dans L'Erho. du
iMexique du 28 juillet dernier,-journal pourtant
dvou l'Espagne et hostile la Rvolution
Cubaine, l'atrocit suivante :
On confirm la nouvelle que les troupes espagnoles
ont surprise un hpital d'insurgs Monte del Oro.
Tous les malades ont t tus 'coups de sabre et
de baonnette par les soldats espagnols commands
par le capitaine Rovalo. (?)
Nous dnonons cette infamie au inonde civi-
lis et nous posons cette question: Y a-t-il, par-
mi les nations civilises ou autres, un seul peu-
ple qui, mme aux jours les plus sombres de son
histoire, ait commis une si atroce lchet?
Maintenant que vous connaissez l'abjection de
nos ennemis vous comprendrez, peuples de l'Eu-
rope, que la gnreuse Amrique notre voi-,
sine --ne peut rester la spectatrice indiffrente
de pareilles infitmies.
L'Echo du AIe.cique ajoute, bien inutilement
d'ailleurs, aprs l'acte de barbarie qui prcde :
Les Espagnols ont attaqu une bande de paysans
cubains qui allaient se rfugier au village prochain.
Les soldats ont fait feu sur les paysans et en ont tu
deux.


*






LA RPUBLIQUE CU'AINE


20 AOUT 1996.


LA QUESTION CUBAINE
ET LE

CONFLICT HISPANO-AMERIC M
PAR
:" MESTR AMABILE-


M. V. Mestre Ambile, chevalier, de la Lgion
d'thonncur, ancient jticier de marine, et .:.rrdameur
de la Ligue Franco-Amricaine de l'Enseigiement,.
Mieot de publier, enyune brochure fort, coniplte -
puisqu'elle est accompagne de diffrents portraits,
d'un rsum historique et gographique de Cuba et
d'une carte indiquant la march de l'arme rvoiu-'
tionnaire la conference faite par lui l'Htel des
Socits.Savantes, le 5 jin 1896.
Alors qu'il y a tantet tant de brochures vines, de
pamphlets sans ton esprit, Courier, et de niaises
phrasologies au point que les. boutiques .des li-
braires craquent et pl:.ient s'us les feuillets relis, il
tait ncessaire quie cette conference ft publie, car
elle apporte une abondance de faits vraiment mer-
veilleux. Gomme liminaire .cette tude si lumineu-
sement documente, M. le snateur Alexandre Isaac
a crit des pages que devraient bien mditer les r-
dacteurs des quotidiens franais, encore sous le ser-
vage de l'Argent et de l'Esprit monarchique. Ce prolo,
gue, au seuil -de' l'expos du martyrologe de la
grande ile antilienne, est un superbe tmoignage
d'honntet et de grandeur rpublicaines. M. Isaac
pour notre joie .l'admirer a pris fermement
la responsabilit de cet acte que vont railler les
snobs etles Mandrins de la Politique. Mais de cela
Sne lui viendra nul souci. Vraiment, au. fait, ce- sont
toujours petites railleries.
La brochure de M. Mestre Ambile est le digne
corollaire du livre : Cuba contre Espagne, de M.
Varona, que j'ai eu l'heur de lire et de prsenter
en ce journal. La brochure est divise en chapitres
fort nettement spats, come il convient une
conference. Les portraits sont ceux des hros cu-
bains, hommes d'Etat et gnraux. La carte de
Cuba, ncessaire pour suivre la march de l'arme
rvolutionnaire, est indite, puisqu'elle a t dresse
par M. Mestre Amibile lui-mme au course de di-
verses expeditions dans la grande le antilienne.
Voil donc bien des raisons suffisantes pour justifier
ces lignes de l'auteur:

En publiant cette brochure, je crois remplir
un devoir de reconnaissance vis--vis du public
parisien qui m'a flatteusement accueilli ; j'ai
surtout la conviction de faire mon devoir de
patriote, et je remercie M. le Snateur Isaac d'a-
voir bien voulu le reconnattre dans ces lines
qu'il a publies, et que je suis fier de placer sous
forme de prologue en tte de mon modest
travail.

On comprendra que je ne puisse donner un en-
semble dtaill de l'oeuvre de M. Mestre. Aussi bien,
les pages de cette brochure sont trop substantielles
pour qu'il me sdit possible de citer autre chose que
les ttes de chapitres; et, encore moins, je ne pour-
rais citer les chiffres des exactes statistiques qui sont
les plus formelles rvlations des concussions de
l'Ibrie.
Aprs l'examen rtrospectif des insurrections cu-
baines qui dvoilent l'entire'duperie de l'Espagne,
M. Mestre nous dit comment fut organise l'insur-
rection de 1895; et ses premieres pages sont offertes
la gloire du chef supreme des patriots, Jos
Marti, mort, perc de trois balles, dans l'action de
Dos,Rios.
Ecole de l'hrosme Cette mort redoubla l'en-
thousiasme'des Cubains; ils s'acharnrent aprs la
victoire qu'ils ne devaient plus lcher tant su-
perbe joie! Et, sans plus attendre, Mximo Gmez,
l'Annibal cubain, prluda ses triomphes, pendant
qu'Antonio Maceo dbarquait Duaba mle
hroque que la Gloire, cette vierge, attirait.
Cependant le nouveau gouvernement de la Rpu-
blique se constituait. Qu'on le sache bien, il n'y eut
dsordre ni incurie. Etranges respects, en vrit,
des principles rpublicains et bien dsuets.
Puis, c'est le rappel du marchal Martinez Cam-
pos, du soldat qui ne voulut pas augmenter sa po-
pularit par le massacre des enfants et des femmes.
La hyne alors fut mande ; le chef torero, la prima
espada quittant le toril, le gnral Weyler tait
l'homme pour cette besogne de sang et de boue.

L'annone de son arrive veilla aux Etats-
Unis un sentiment d'horreur, et la press et l'o-
pinion publique ne purent pas contenir un cri
d'indignation,

crit M. Ambile. Tant mieux, ajouterai-je, car
ainsi fut vote presque unanimement la reconnais-
sance du droit de belligrants aux insurgs cubains.
On sait comment le gnral maudit a ralis ses
promesses aux correspondents des journaux, alors
qu'il s'embarquait Cadix, en si belle posture de
victorieux. Aprs avoir mconnu toute l'oeuvre du
marchal, l'homme devint faussaire, dnatura les
dpches, boucla Ia vrit au fond du puits le plus
cach de La Havane; et, devenu insane, il gagne
maintenant d'illusoires batailles en piquant des
petits drapeaux de paper sur la carte de Cuba.


SArriv l'historique de la corruption administra
tive, M. Mestre hsite parler.

Ce que j'ai vous dire. ce sujet est 1,ll'?menn
scain.. iliux et gi.iv", que j'ai peur d'itre accus
d'exagration, ..


afl rmne-t-l. ,
Reserve d'hommie probe, et qu.'il faut admirer!
Mais! certes, ce ne sera pas nous qui accuserons
l'auteur d'exagration. -Notre doux pays est, bien
habitu lui asssi touchante rivalit -aux con-'
cussion et aux dilapidations des deniers publics.
C'est chose courante, pohcive.'Il est mme difficile'
maintenant d'tonner en volant. Aussi, avons-nous'
lu,-sans sourciller, les pages sur la corruption des
fonctionnaires en Espagne. M. Mestre a expos trs
brillamment la situation financire, l'histoire des
dettes et des budgets; et il a cont, enfin, comment
il s'est trouv, dans ce pays, des Jaurs et des Mille-
rand pour protester contre les escrocs de haute
marque qui oprent dans les banques et aux Parle-.
ments,. ces asiles dsormais peu srs en tous
lieux.
Ces pages, il faut le.s lire tout entires; les mdi-
ter, et complter ainsi le rcit forcment restreint,
quoique trs touffu, de chiffres et de faits, de M.
Mestre. Il y a des choses vraiment singulires; une
exploitation de la situation conomique Cuba, qui
est une pesante bouffonnerie. Si l'Espagne tient tant
Cuba, c'est qu'elle vit de l'ile antilienne, unique-
ment. Cela, par le livre de M. Ambile, serait plei-
nement prouv, si, depuis longtemps, cela n'tait
pas connu.
Dans les pages qui suivent, M. Ambile fait l'his-
torique de la champagne; des pages plus dtailles
aprs les notes du commencement de la brochure.
Et alors, nous assistons ici des prouesses singu-
lirement hroques; nous entendons des histoires
vritablement extraordinaires.

Quand on crira l'histoire de la champagne de
Cuba, surtout celle des premiers jours, dit M.
Mestre, il faudra reconnatre que les patriots
ont jou le rle des. Titans, luttant contre une
nation qui a pu mobiliser en peu de jours plus
de 50,000 homes, et en six mois 123,000, la
tte desquels se trouvait le premier marchal de
la monarchie espagnole, le vainqueur de pres-
que toutes les dernires guerres civiles de la M-
tropole et de ses colonies, don't l'toile est venue
s'clipser cette fois malgr ses efforts inous.

Et les noms de batailles se suivent: Los Negros,
Ramn de las Yaguas, El Guandbano, Jarahueca,
o le gnral Maceo battit le gnral Salcedo, et
Campechuela, et Yutrguanas, et Peralejo, o la
lutte fut terrible, de sombre pouvante et d'opini-
tret invincible de part et d'autre, o le gnral espa-
gnol Santoscilds fut impassiblement brave, et
Maceo irrsistiblement enlac la Vierge des ba-
tailles.
Effrayante mle qui dura onze heures le mar-
chal Martinez Campos mitpied terre et se battit
ct de ses soldats. L'Espagne agonisante se reprit
alors la vie et elle regard en face l'avalanche de
l'ennemi. Le sang rouge coula abondamment dans
ce terrible corps corps, dans ces treintes o les
mains taient des tenailles brandissant des armes,
massues. Il y eut un moment de noire pouvante,
o le marchal se vit cern de tous cts. Cette
mle allait finir en droute. Le marchal clama un
ordre, et la voix tait si formidable qu'on l'entendit
par-dessus le tumult de la bataille, les cris et les
rles. Quel tait cet avis supreme? Le marchal le
rpta par trois fois, tellement on ne voulait pas d-
lier les treintes et les sanglantes embrassades de la
guerre. Puis, du ct des Ibriens, tous firent, de
mme quand on vit des chevaux et des mulets tom-
ber gorgs, pour, de leurs cadavres, faire une ligne
de retranchement. Et la nuit venue facilitait cette
tche. L'pouvante, avec le crpuscule, s'en allait;
il se fit, soudain, come un grand apaisement, et,
profitant des tnbres, laissant les munitions, les
blesss et les morts, un mulet avec de l'argent -
cette drision! le marchal, conduit par un
guide, s'en fut dans la ville de Bayamo.
M. Mestre explique ensuite pourquoi et comment
le marchal accept de se dmettre et de s'embar-
quer pour l'Espagne. Puis il conte la champagne de
gnral Weyler, qui demeure continuellement enfer-
m dans son palais avec le gnral Ochando, son
chef d'tat-major; et il termine ce chapitre en don-
nant un tat approximatif des forces combattantes,
d'aprs M. Soldevilla, dput aux Corts. On lit
qu'il y a 256.295 soldats espagnols contre 6o.ooo
insurgs cubains. La force numrique des deux
adversaires n'est pas, comme on le voit, tout fait la
mme!


Quant au conflict hispano-amricain, M. Mestre
tablit fort clairement les menaces ridicules de
l'Espagne et les droits indniables des Amricains.
L'Espagne se plaint de beaucoup de choses :
I' L'Espagne se plaint que le people des Etats-
Unis sympathise avec les rebelles cubains.
2" L'Espagne trouve blmable que le gouverne-
ment fdral permette aux patriots cubains d'ache-
ter des armes et des munitions ouvertement aux
Etats-Unis.


-~~~ r ~


AVEUX SIGNIFICATIFS


Interview par un rdacteur de l'Agence MJen-
,cheta, le gnral .zc'.irraSa, ministry de la
guerre dans le cabinet que prside si brillamment
M. Canovas di Castillo, a fait des dclarations
qui mriteit d'tre commentes.
Il et, sans doute, t excessif de demander
cet Espagnol, gnral et ministry, une impartia-
lit absolue. Du moins, pour quiconque sait lire
entire les lignes, il est vident que M. Azcrraga
ne se montre nullement l'aise.
Parlant des fameuses trochas, il dit :

Ce systme de defense est trs utiJe, surtoutquand
on dispose de deux forces pour oprer avec cells
qui surveillent la ligne. Mais on n.e peut pas affirmer
-cependant que. cette ligne soit absolument infran-
chissable.
Traduction exact: La trocha ne sert absolument
rien .

Et, comme s'il voulait en donner la dmonstra-
tion, l'intelligent gnral raconte a son interlo-
cuteur comment, pendant la dernire guerre,
Miximo GUmez franchit la trocha Jicaro, Mo-
r6n, quelques mitres d'une forteresse. Il en
infre que Maceo pourrait bien n'tre pas arrt
par celle de Mariel-Majana.
C'est assez vraisemblable !
Aprs avoir, ds le dbut, constat que la sai-
son actuelle est trs dfavorable aux troupes es-
pagnoles (on s'en doutait bien un peu), le mi-
nistre de la guerre dclare:

Le gouvernement ne cache pas que le retour de
Cuba des officers gnraux influe vivement sur l'opi-
nion publique, mais il ne peut rien faire pour viter
ce retour.

Il est, en effet, absolument impossible d'emp-
cher de filer un homme qui en a assez de se bat-
tre, ou plutt d'tre toujours battu!

Il faut tenir compete, pursuit l'interview, que les
gnraux sont des hommes dj gs et, par cons-
quent, ne pouvant pas supporter les fatigues de la
guerre comme les jeunes gens.
Ramollot a raison : on est assez gnralement
moins fort soixante ans qu'vingt et soixante-
dix qu' soixante.
Et il numre les stratges mis hors de combat


i 3; L'E~p'agne protest contre les Etats-Unis parce
.'qi.M4i.'; ihnettent la sortie de ces armes pour les
' c^tgSaines.
4" L'Espagne considre come une insulte , la
nation que les deux Chambres am,icaines aient,
pre4 ~Uc "l'ia.i dain-itdes voix, reconnu leseCubains..
commr belligrants
Et', etc. Il.v aencore bien-d'autres griefs.
M. Mestre rpond sais difficult chacun de ces
paragraphes; et, il ni` plat de l'avouer, tout la'
confusionn de l'6Irie. Quant la guerre, entire les
Etats-Unis el. l'Espagne, il la croit impossible; et
c'est l'avis de tous. La Mtropole a- simplement
quelques colres apaiser; et le plus grand bien
qu'on puisse lui souhaiter, c'est de voir enfin clair
dans cette grave venture et de renoncer vouloir
pacifier Cuba par une suite de massacres et de vio-
lentes reprsailles.
C'est peu prs ce que lui souhaite M. Mestre
lui-mme, quand il.demande la signature d'un trait
dans lequel l'Espagne reconnatrait l'indpendance
de Cuba, en change d'avantages commerciaux et
d'indemnits pour toutes les proprits nationals
qu'elle possde dans 'ile.
La brochure se termine enfin par un appel fort
digne de M. Amibile aux lus de la France rpubli-
caine. Et, ici parvenu, je joins mes voux ceux de
cet homme trs distingu et trs brave, pour que sa
prire soit entendue, et qu'elle determine de nou-
velles et justicires protestations contre les agisse-
ments de la Haute Banque cosmoipolite, cette puis-
sance souveraine des Etats, malgr toutes rvo-
lutions.
Saint-Hamans.

.--i-------* --------

AUTORITE ESPAGNOLE


Le jour o Cuba sera vritablement paralyse
au point de vue conomique, non seulement le
resort qui nous pousse dans la voie du progrs
matriel sera bris, mais encore la soupape de
sret de notre mcanisme politique sera ferme.
Avec la diminution de la richesse commune et
avec l'oisivet qui en dcoule, et avec le mcon-
tentement que l'oisivet et les esprances trom-
pes engendrent toujours, les doctrines conser-
vatrices recevront ici le coup de la mort.
Dionisio Alcald Galiano. -Cuba en 1858.


2


par l'reintement : Mella mort (il le restera sans
doute longtemps); Bargs ne valant gure mieux;
Lachambre, Gonzalez, Mufio., Garcia Navarrro,
C(u, ie- et tutti quanti, fortemient clops. Quant.
au gnral Ochando, il a l'air de. ne pas trop, s--
Svoir p irquloi il revient.
Voilii, dbarrasses de toutes les fioritures des-
tines i fire prendre le change, a quoi se r-
sument les declarations du ministry esp-i-nul. Et
ces declarations veulent tre rassurantes! Que
serait-ce si elles taient pessimistes?
Le gnral Azczrraga, parlant de l'envoi des
fameux renforts 40,000 homes .prochaine-
ment et 30,000 en novembre dit qu'il faut.
fire ua'.prme effort et sauver, cote que-
cote, l'honneur national et garantir l'intgrit
du territoire .
Ce n'est pas tout a fait le language d'un homme
qui a fait un pacte avec la victoire.
O le brave gnral devient tant soit peu gro-
tesque, par example, c'est quand, parlant des.
movements rvolutionnaires qui viennent de se-
produire en Espagne mme, il affirme avec une
belle assurance :

Il y a quelquetemps que le gouvernement connais-
sait le plan des flibustiers; d'accord avec les lments
inquiets et dsquilibrs de la pninsule.

Si le gouvernement connaissait ce prtendu
plan, il faut qu'il ait t bien bte pour n'en avoir
pas su empicher l'excution.
Dcidment, a se dcolle, Madrid, et CAno-
vas qui, comme ses gnraux Cuba, voudrait.
bien s'en aller, aura beau passer la main un
autre, ce n'est pas cela qui sauvera la situation.
Cosmo.



OPINION IMPARTIAL


Un des principaux habitants de New-York est d-
retour de l'le de Cuba o il eut l'occasion d'tre en
relations avec les Cubains. Il a dclar qu'il n'y
avait pas douter du succs final de ces derniers,
qui sont matres de tout le pays, part les grandes
villes o les Espagnols maintiennent de fortes gar-
nisons.
Les Cubains a-t-il ajout ont des vivres en
abondance et des renforts leur arrivent chaque
instant.
S'ils avaient en plus grande abondance des muni-
tions de guerre, je crois qu'ils n'hsiteraient pas A
attaquer les Espagnols dans les villes qu'ils occu-
pent et les repousseraient jusqu' La Havane.
Le gouvernement local espagnol commence
comprendre qu'il a commis une grave erreur en or-
donnant aux paysans de se retire dans les villes
occupes par les Espagnols. Dans quelques jours,
ces derniers n'auront plus de provisions.
Il a termin en dclarant que la grande majority
de la population de l'intrieur de l'le est en faveur
de la Rvolution et l'aide efficacement.

---------**(--------

DIPLOMATIE ESPAGNOLE


Bien que nous nous soyons occup dans un
autre numro des faits qui font l'objet de l'ar-
ticle qu'on va lire, nous croyons bon de repro-
duire le dit article que nous trouvons dans un
journal espagnol.
Nous lisons la nouvelle suivante :
On affirme que M. Congosto, consul d'Espagne
Philadelphie, a crit au capitaine du vapeur Lau-
rada, pour lui offrir dix mille pesos, s'il russissait
faciliter la prise, dans les eaux espagnoles, d'un ba-
teau conduisant quelque expedition d'hommes et de
munitions Cuba. Le capitaine a remis au directeur
du Contentieux de la Compagnie maritime Hase et
C cette lettre qu'il a considre comme une tenta-
tive de corruption. L'avocat qualifia d'infme le pro-
cd de M. Congosto, et offrit de rdiger une protes-
tation. Le secrtaire d'Etat, M. Olney, a dclar que
ledit consul avait crit une lettre analogue au capi-
taine Riley, qui est en relation avec les sparatistes
cubains.
Quel corps diplomatique!
Il est digne de Tyrconel !
Ce M. Angosto ou Congosto ignore-t-il donc qu'on
n'crit pas de pareilles choses et qu'on se content de
les dire?
Le premier laboureur venu lui donnerait des le-
ons sur ce point.
Encore, si M. Congosto se ridiculisait seul, nous
n'y trouverions rien redire.
Comme on le voit, les Espagnols, o que ce soit
qu'ils se trouvent, s'imaginent tre en Espagne
ou dans les malheureuses colonies espagnoles.
Partant de ce principle, ils n'hsitent pas pro-
voquer en pays trangers des actes odieux, tels
que la corruption et la trahison,si usits en tout'
temps dans le systme administratif espagnol.


:;- r .- , : ::: :; ~ si:
r
i--






'20 AOUT. 1896.


LA RliPUBLIQUE CUBAINE


11 suffit de se reporter l'histoire de Cuba pour
trouver de nombreuses preuves de notre asser-
tion.
La conspiration dite de Los Soles de Bolivar
fut dnonce par l'affranchi Jutn-Augustin Fe-
rreti, qu'on rcompensa par des titres et des
honneurs.
Facciolo, typographe La Vos del Pueblo,
fut dnonc par quelqu'un qui reut galement
honneurs et places.
Jos Antonio Castafieda, dnona l'immortel
Narciso Lpez et, en 1872, nous rencontrmes,
la Bibliothque de la Socit Economique de La
Havane, le fils de ce trattre qui faisait des re-
cherches dans la Gazette, afin d'y retrouver l'acte
par lequel le gouvernement espagnol concdait
son pre des terrains et autre chose pour
prix de sa dnonciation.
L'illustre avocat Domingo Guiralt et d'autres
Cubains, furent dnoncs par un certain Gonza-
lez que l'Espagne ne manqua pas de fcom-
penser.
Carlos Manuel de-Cspedes, Aguilera, Manuel
Quesada, Ignacio Agramonte, furent poursuivis
par des dlateurs et des assassins qui, fort heu-
reusement, ne russirent pas gagner la rcom-
pense promise.
Notre inspir Marti fut dnonc par un certain
Chacn, pouss la dnonciation par le chef
espagnol Jimnez deSandoval, qui le menaait
de mort.
Mais quoi bon multiplier les citations et fa-
tiguer le lecteur? Il suffit de savoir que le tarif
espagnol est aussi antique que fixe : On paie le
dnonciateur avec de l'argent, des decorations,
des titres des honneurs, des places, des menaces,
le fouet, le bagne- et le supplice.,Devant une si
grande splendeur, il est bien difficile que le got
le plus exigent ne puisse pas tre satisfait.
Maintenant qu'on connat, les habitudes espa-
gnoles on ne sera pas surprise que le miserable
bandit qui gouverne l'le de Cuba ait os propo-
ser aux Amricains la vente des expeditions. Et
on ne s'tonnera pas davantage que son second
de. Philadeiphie, dsireux de ne pas tre moins
Quichote que son chef hirarchique, ait pens que
l'Union Nord-Amricaine tait quelque chose
comme Pravia ou Gijon, et qu'il avait dans ces
conditions la possibility, sans mme en rfrer
Canovas ou Dupuy de Lme, d'crire des ca-
pitaines amricains, pour leur offrir de l'argent
et l'impunit en change de la dlation et de la
trahison, c'est--dire de ce qu'il y a de plus vil,
de plus infame et de plus rpugnant.
Laissons de ct la piteuse situation dans la-
quelle ce consul s'est mis. Son acte pouvait coiter
l'Espagne la forte somee, et lui, diplomat
sans peur, un sjour en prison. Contentons-
nous de faire ressortir le singulier prestige que
de pareils faits donnent la diplomatic espa-
gnole.
Que doit dire de cette attitude chevale-
resque le cprps diplomatique tranger? L'ap-
prouve-t-il? Impossible. Le simple dcorum
et le prestige doivent interdire de pareilles
pratiques toute personnel ou toute co-
lectivit qui se respect.
En ce qui concern la diplomatic espagnole,
elle est ainsi peinte par elle-mdme. Le fait que
nous avons signal la place devant le Code pnal
de tous les peuples, celui du people espagnol in-
clusivement. Il est vrai que le gouvernement de
ce pays viole le Code avec une rare frquence,
au lieu de le respecter comme il le devrait.
Bacuranao.

-------* t(i--------

INFORMATIONS SUR CUBA


Nous recevons de France et de plusieurs pays
'd'Europe de nombreuses lettres dans lesquelles on
nous demand des renseignements de toute nature
sur la Question Cubaine.
Dans l'impossibilit o nous nous trouvons de
rpondre sparment chacune de ces demands,
nous avons rsolu d'ouvrir dans notre journal une
section sous ce titre: Informations sur Cuba, dans
laquelle nous rpondrons aux questions qui nous
seront poses.
Nous allons commencer cette section ds aujour-
d'hui.
M. Achille Steens, Paris. Le livre du docteur
Valds Dominguez, El 27 de Noviembre de 1871
traite de la fusillade, La Havane, de huit tudiants
de mdecine par les volontaires espagnols.' L'auteur
constata en 1887, sur la declaration mme des Es-
pagnols,' que ces jeunes gens taient compltement
innocents.
Joaquin de Agero fut fusill Puerto Principe
le 12 aot i852, avec ses compatriotes Arteaga, Be-
navides et. Zayas, pour avoir foment une conspira-


tion qui avait avort; cette conspiration avait pour
but l'indpendance de Cuba.
Placido, le clbre pote, n'est pas n Matan-
zas, mais La Havane. Il fut condamn mort par
un tribunal militaire et fusill Matanzas au mois
de juin 1844. Il tait innocent, car on reconnut par
la suite que la conspiration don't on l'accusait d'tre
l'instigateur n'avait jamais exist.
Le grand pote, que le monde admirera tou-
jours sous le nom de Jos'Maria Heredia, avait t
exil en novembre 1823 par le gnral Vives. On
l'avait accus d'tre ml la conspiration de Los
Soles de Bolivar. Jamais il n'a reni d'tre un bon
Cubain; au contraire, il a toujours considr comme
un trs grand honneur, en mme.jemps que comme
son devoir, de mettre son talent potique au service
de la cause de l'indpendance cubaine.
L'illustre historien Jos Antonio Saco, alors
qu'il prsidait un examen en 1834, fut interrompu
par'un ordre du gnral Tacou, le forant quitter
l'ile immdiatement.
MI. Louis Vincent, Bordeaux. La population
de l'ile, selon la dernire statistique, s'lve plus
de 1,8oo,ooo mes.

,-- ------- ** ---- -----


VOYAGE A, CUBA LIBRE
du Major Grover Flint

Grover Flint, le correspondent du Journal de
New-York, arriv rcemment Nassau dans une
baleinire, avec la dlgation envoye par le chef de
l'arme cubaine la dlgation du Parti Rvolution-
naire Cubain New-York, tait dans la Grande An-
tille depuis environ cinq mois.
Il en a pass trois au milieu des forces cubaines,
dans la parties orientale de l'ile, est arriv jusqu' la
capital de Cuba Libre et a interview le Prsident
de. la Rpublique. Entre temps, il a assist de
nombreuses batailles et escarmouches et a envoy
son'journal des rcits et des dessins des assassinats
qui ont dshonor l'arme espagnole dans cette
parties de l'ile.
Grover Flint est, sans aucun doute, un des repor-
ters les plus audacieux parmi ceux qui ont risqu
leur vie afin de faire connaitre la vrit sur la Rvo-
lution Cubaine, et il est le seul d'entre eux qui ait


russi arriver jusqu' la residence du gouverne-
ment de la Rpublique. MA.ximo Gmez lui-mme
l'a nomm major dans l'arme cubaine.
Quand Grover Flint partit pour Cuba, le gouver-
nement espagnol essayait, par tous les moyens pos-
sibles, d'isoler du reste du monde les Cubains en
armes. Presque tous les correspondents tran-
gers ont t arrts et expulss de La Ha-
vane (1).
Flint essaya d'abord de pntrer dans l'ile, Cayo
Hueso, la suite d'une expedition; mais il se lassa
d'attendre et, courageusement, il dbarqua La Ha-
vane. Il se fit passer pour chimiste (ou maestro de
auicar, matre de sucre) ou quelque chose d'appro-
chant, et, grce ce subterfuge, il russit se mo-
quer de la police secrte et arriver jusqu' Ma-
tanzas.
Ce fut de cette ville qu'il parvint s'unir aux
forces cubaines, mais non sans s'tre grandement
expos et sans avqir attend. Vingt fois il devint
suspect et fut sur le point d'tre pris ; mais enfin il
russit atteindre un petit campement dans les col-
lines de Sabanilla, o une douzaine de Cubains
avaient t placs en surveillance et aussi pour
transmettre les dpches du gros de l'arme cubaine.
On le conduisit de l dans un des hpitaux cubains
o il demeura, gardant le camp ou secourant les
blesss. Peu de temps aprs, il entra dans un dta-
chement sous les ordres du gnral cubain Lacret.

(1) L'Espagne pourrait-elle donner la raison do cette
measure? 11 s'agissait sans doute de laisser ignorer au
monde les vols et les assassinats des..troupes espa-
gnoles. de cla R. : '


Celui-ci devina le courage du jeune nord-amricain,
qui avait servi la frontire sud des Etats-Unis, et le
nomma major, sauf approbation du gnral en chef.
'Le poste qu'on lui confiait dans l'arme cubaine
tait, pour Flint, d'une grande valeur. A chaque
instant, en effet, il lui tait possible de prendre une
escorted et de circuler dans l'ile, d'une extrmit
l'autre, s'il le jugeait convenable.
Flint traversa l'ile deux fois avec le gnral La-
cret, et quand ce dernier entra dans l'tat-major du
gnral en chef, Flirit se trouvait encore avec lui. Il
fut donc auprs de Mximo Gmez dans toutes les
batailles livres ces temps derniers.
Deux fois on l'a tenu pour mort. La premieree
fois, quand on trouva bless, aprs une escarmouche
prs de la Trocha, un nord-amricain inconnu, qui
fut achev coups de machete par un soldat
espagnol.
Pendant deux mois, on n'eut aucune nouvelle de
Flint, bien que The Journal se soit efforc par tous
les moyens de se mettre en communication avec lui.
Il tait, cependant, on.ne peut mieux. Mais les Espa-
gnols avaient eu connaissance de la voie qu'il em-
ployait pour fire tenir ses correspondances son
journal et les avaient interceptes.
Le 27 juillet, il crivait de Nassau au Journal les
lignes suivantes :
Le colonel Enrique Cspedes (neveu de Carlos
Manuel de Cespedes et du Vice-Prsident de la R-
publique Cubaine, M. Bartolom Maso) le capitaine
Mario Carrillo filss d'Isaac Carrillo, de New-York)
Eduardo Laborde, frre du capitaine Laborde, pri-
sonnier dans'le Competitor, et notre correspondent,
nous sommes arrives ici ce matin, dans une balei-
nire de vingt-sept pieds de long. Notre voyage de-
puis les ctes de Cuba a dur trois jours et la jour-
ne sous le soleil embras fut une de nos plus
grandes souffrances. Nous avons quitt les environs
de Nuevitas le 24, aprs avoir pris cong quelques
jours auparavant du gnral en chef Mximo G-
mez. Nous apportons d'importantes dpches pour
la Dlgation de New-York, mais leur nature m'em-
pche de les faire connatre en ce moment.
II tait ncessaire que ces dpches fussent re-
mises le plus tt possible. Nous ne nous risqumes
pas les transporter par La Havane en attendant un
grand navire qui, aprs avoir conduit une expdi-
tion, nous aurait pris au retour. C'tait la chose trop
peu sre et qui aurait pu occasionner de trop grands
retards.
Nous avions des pilots connaissant la mer des
Antilles come un policeman les rues de Broad-
way, et nous ne doutions pas de pouvoir arriver
Nassau si nous russissions forcer le blocus des
navires espagnols. .
La baleinire fut cache dans une anse jusqu'au
moment o les vigies -que nous avions places sur
les hauteurs voisines nous annoncrent par signe
que nulle voile ne se montrait en mer. Pour plus de
precautions, nous attendimes la nuit.
Enfin nous partimes et, en ramant et l'aide
d'une voile improvise, nous fimes du chemin. Nous
tions mal approvisionns et, avant d'arriver Nas-
sau, notre eau potable, expose au soleil pendant
trois jours, tait peine buvable. Nous tions accou-
tums de pareilles fatigues.
Le dernier engagement auquel j'ai assist Cuba
a t celui de Loma del Gato, dans lequel fut tu le
major gnral Jos Maceo.
L'vnement se produisit au plus fort de la
bataille. L'infanterie espagnole faisait un feu terrible
sur les lignes cubaines, et il tait ncessaire de la d-
loger de ses positions. La cavalerie cubaine se forma
pour charger au machete. Le gnral Maceo n'tait
pas homme permettre un subordonn de diriger
un movement aussi risqu. Il court la tte de
la colonne et lana le cri puissant:
Al machete Al machete!
S < Il agitait son arme quand il fut atteint. Il tomba
avec quatre balles dans le corps. Mais, se relevant
aussitt, le sang s'chappant abondamment de ses
blessures, il cria de nouveau:
Al machete! Al machete!.
Ses hommes chargrent alors sans lui et sa mort
fut venge souvent avant que les lignes espagnoles
aient t rompues. Elles se dbandrent enfin. Rien
n'tait capable de rsister la charge de cette cava-
lerie, enflamme de colre par la mort de son chef.
(The Journal.)

LI-------"- --- '-'


LA MORT DE JOS MACEO


Combattant la tte d.e ses compagnons
d'armes, Jos Maceo a t frapp par la balle
d'un Mauser.
N'ayant pu tuer encore pour de bon l'autre
Maceo, le terrible 'Antonio, les Espagnols ont
bruyamment triomph de la mort de son frre.
Certes, elle est douloureusement ressentie par
tous les Cubains et les amis de l'indpendance
cubaine, la disparition tragique du brave gn-
ral insurg qui a donn tant de mal ses
ennemis dans la parties oriental de l'Fle.' Son
rle,-pour avoir t moina clatant que celui de
son frre, aura t encore trs considerable.


_ L <


< <


Mais le risque 1l plus ordinaire encouru, par
quiconque fait la guerre, est celui d'tre tu. G-
nraux come soldats sont mortels, surtout
dans l'arme rvolutionnaire o les chefs sont
tenus de donner l'exemple leurs jeunes
troupes. Jos Maceo, tu l'ennemi comme le
fut Marti, ne sera malheureusement pas le der-
nier des fils de Cuba sacrifi l'indpendance
national. Antonio Maceo, tu tarit de fois dans
les dpches, peut l'tre quelque jour pour de
bon; Calixto Garcia, M'ximo Gmez peuvent
tout aussi bien succomber.
Maiis la cause cubaine ne succomberait pas
avec eux.
Lorsqu'un movement dtermin parades lois
historiques et sociales est bien lanc, lorsqu'il a
mis en movement tine collectivit nombreuse,
s'tendant sur'toute sa surface, pntrant jusque
dans ses profondeurs, ce n'est pas la mort d'un
seul home qu'i empche l'invitable de s'ac-
complir.
Il est des homes singulirement utiles,
certes. Tout fait indispensables? ceci est autre
chose.
, L'amour de l'indpendance -la haine de l'op-
pression. espagnole sont bien trop vivaces au
ceur des Cubains pour que la mort d'un de
leurs hros populaires suscite en eux autre chose
que le dsii ardent de le avenger.
SSi Ids chefs de l'arme libratrice, qui ont
chapp au plomb des batailles, ne sont pas dj
tombs l'un aprs l'autre sous les coups d'assas-
sins, ce n'est point, il faut lui rendre cette jus-
tice, la faute du magnanime Weyler. Une sur-
veillance infatigable a. seule permits de djouer
.ls projects de meurtre des braci . la solde du
gnralissime espagnol.
Fabricius avertissait son adversaire Pyrrhus
des trattrises du mdecin qui offrait, moyennant
rcompensehonnte, d'eripoisonnerleroi d'Epire.
Weyler, qui n'a rien de Fabricius, ni de remain,
a eu recours toutes les embiches pour envoyer
dans l'autre monde les ennemis qu'il ne pouvait
vaincre dans celui-ci.
Bien du sang cubain a dj coul, beaucoup
encore coulera avant que la cause libratrice ait
dfinitivement triomph. N'importe! elle sera f-
conde, cette rose rouge.
Quant Jos Maceo, mort pour l'indpendance,
comme presque tous ceux de sa famille, il n'est
pas a plaindre. Tomber en pleine virilit, aut
grand soleil, la face tourne vers l'ennemi en
combattant pour un idal noble et altier, il ne
peut 6ti de plus belle fin pour un brave.
Si la-vieille Gaule dmocratique n'a pas perdu
tout esprit chevaleresque, la mort de Jos Maceo
y produira plus d'impression que les ftes de la
Corogne.
C-




LES FINANCES ESPAGNOLES
Et la Guerre de Cuba


La Correspondence Bleue :
L'Extrieure oscille sur un space trs restreint
entire 63 3,/4 et 64 1/16 avec trs peu d'affaires. La
situation de Cuba est, bien entendu,. toujours la
mme. Ce n'est pas, au mois d'aot qu'elle peut tre
modifie. Avant la fin du mois d'octobre, il n'y a
pas attendre que l'on puisse.reprendre Cuba des
operations militaires srieuses. Il arrive mme sou-
vent que la saison des pluies se prolonge jusqu'au
mois de novembre, comme l'anne dernire, par.
example. Mais cette apne les pluies ont commenc
plus tt que d'habitude; on en signalait dans les
premiers jours d'avril de' trs abondantes. Il se pour-
rait aussi qu'elles prissent fin vers les derniers jours
de septembre.
A rflchir trs impartialement sur tout. ce qui se
passe, les course actuels de l'Extrieure nous sem-
blent merveilleux. Sans les prouesses de ces orgueil-
leux toqus, et sans les consequences qui en dri-
vrent en liquidation d'octobre pour certain tablis-
sements de credit, le 4 o/o extrieur espagnol serait
bien loin du course de 64.
Mais ce cours-l pourra-t-il tre maintenii lorsque
les affairs auront repris? Evidemment, les tablis-
sements de credit y ont un intrt de tout premier
ordre, et cet intrt ne fera qu'augmenter au fur et
mesur que l'anne va progresser. Mais la
Bourse, vouloir nest pas toujours pouvoir.
Depuis environ deux mois, le terrain perdu
Paris par le gouvernement espagnol est norme.
M. Reverter, par son malencontreux prambule et
son malheureux budget, M. Canovas par sa politi-
que profondment errone, l'opposition par sa con-
duite don't l'attitude prte fort la critique, ont
alin l'Espagne de grades, de sincres, et de
trs chaudes sympathies. D'autant plus que dans
les rflexions qu'inspirent la politique de M. Cano-
vas, le volapok de M. Revrter' et l'obstruction du






LA RPUBLIQUE 'CURAINE


20 AOUT 1896


parti fusionniste, il s'tablit forcment une game
rpulsive qui va de la piti jusqu' la stupfaction.
Qui ne prend en piti un pays o gouvernement et
opposition -ne semblent domins par aucune ide
pratique? Y a-t-il quelque chose de plus douloureux
que de voir, aux moments les plus difficiles, quand
il s'agit des questions les plus vitales les plus
urgentes les dbats parlementaires se perdre tou-
jours dans les sables de l'obstruction ?'
De toutes les questions soumises aux dbats des
Coirts,il' n'y en a pas de plus important que celle
qui .traluit-par une nrvation de contract les rapports
de l'Etat avec les Compagnies de chemins de fer.
Dans les discussions du Snat (le dbat sur les
conventions nouvelles avec les Compagnies n'a pas
encore t ouvert la Chambre des Dputs), on ne
sait.vraiment ce don't on doit le plus s'tonner, ou
des arguments purils de l'opposition ou de la d-
fense lgre, maladroite et peu srieuse des orateurs
officials.
Remarquez que, dans le systme du gouverne-
ment, la solution des difficults avec lesquelles les
Companies sont in lutte est la correlation de l'em-
prunt. Cette solution est, en plus, une question
d'ordre public. Le credit de l'Etat.y est en outre fort
intress; il est en jeu, mme en cartant tout ce
qui a trait l'emprunt qu'exige la guerre de Cuba.
Puis, pour dfendre les Compagnies, il .est- un ter-
rain lgal tout trouv et. sur lequel les gouverne-
ments sont sur un boulevard inexpugnable: les rap-
ports de. dbiteur crancier. Quand.on a de si
beaux atouts dans son jeu, pas nest besoin de plai-
der les circonstances attnuantes.
De toutes les questions conomiques, il n'en existed
'pas de plus facile lucider devant une assemble
dlibrante que celle qui a'trait la protection que
l'Etat doit accorder aux Compagnies'ds chemiiins
de fer. On ne peut rien leur refuser puisqu'on leur
doit larichiesse entire du pays. La richesse des na.-
tions modernes ne se compose aux trois quarts que
de l'conomie des transports.
Aux attaques injustes et passionnes, les orateurs
de M. Canovas n'ont rpondu que par des lieux
communs. Dbats purils.
Jusque-l, la piti. Voici maintenant la stup-
faction.
On n'a pas oubli que les Compagnies des che-
mins de fer demandent que les concessions leur
soient proroges pour une priode de huit ans. Les
concessions ont t accordes pour 99 ans. En
moyenne, il reste, s'il nous souvient bien, un laps
de temps courir qui va jusqu' 80 ans. Pour les
huit annes de prorogation, on a calcul que les
recettes des rseaux actuels pourraient produire la
some de i,5oo millions qui, rduits leur valeur
actuelle, reprsentent aujourd'hui 14 millions envi-
ron.
Eh bien, l'opposition propose de mettre fin
Obstruction si les Compagnies s'engagent prter
l'Espagne i,5oo millions or, don't l'amortissement
s'oprerait dans les huit annes de la prorogation et
don't les intrts seraient payables en argent.
On demand donc de rembourser 14 millions
.pour i,5oo millions et d'en payer l'intrt avec une
monnaie qui, pour le moment, est en perte variant
de 33 50 o/o.
De telles propositions ne sont-elles pas stup-
fiantes ?...
La politique de M. Canovas Cuba est une grosse
erreur. Elle n'a-pour elle que l'apparence du patrio-
tisme. Mais,. au fond, le vrai. patriotism ne peut
consister se lancer dans l'inconnu tnbreux d'une
lutte sans issue qui puise l'Espagne en pure perte
et la condamne des hcatombes annuelles de
40,ooo00hommes. Le vrai patriotism command im-
prieusement de transiger et de mettre fin la
guerre.
Le rtablissement de la paix.serait possible et mme
tout ce qu'il y a de plus facile si l'on voulait s'en
occuper srieusement.
Nous nous sommes mme laiss dire qu'il n'a
tenu qu'au gouvernement "espagnol que la paix ne
ft trs honorablement rtablie dans les premiers
jours du mois d'avril dernier.
D'ailleurs, la guerre ne peut tre longtemps pro-
longe sans que tous les organismes de l'Etat espa-
gnol en reoivent un contre-coup mortel.


La politique de la guerre est pure chimre. Pour
guerroyer outrance, il faut beaucoup d'argent et,
beaucoup de credit. L'Espagne ne possde ni l'un.'.;
ni l'autre. On peut mme-dire qu'elle a moins de
credit qu'elle n'a d'argent, puisque, pourle moindre
emprunt, elle serait oblige de fournir un gage.
La guerre exige l'improvisation d'un Etat militaire
et maritime, uvre au-dessus des forces de l'Espa-
gne et que la question en litige ne justifie vraiment
pas, lorsque, par des concessions,. il est facile d'en
trouver la solution immediate.
La paix peut tre obtenue par des transactions,
tandis qu'il n'y a pas de mode possible de transiger
pour obtenir les six cents millions annuels que de-
manderait la guerre de Cuba pendant un laps de
temps qu'on ne saurait limiter. Pourrait-on obtenir
cette some mme pour un an ? C'est fort douteux.
Sur la question financire, laquelle M. Canovas
n'a jamais du reste attach beaucoup' d'importance,
on semble se faire Madrid beaucoup d'illusions. I!
est vrai que si l'on prend la lettre les affirmations
de M. Reverter, on ne peut raisonnablement aboutir
qu' des rv-s couleur de rose. Mais ces rves,
comme M. le ministry des finances a eu soin d'en
faire la declaration du haut de la tribune, ont t
imagins l'intention des pays trangers. Il en est
de mme de l'historique des finances espagnoles
don't M. Reverter a fait prcder l'expos des motifs
du budget. On sait que, pour cette histoire fantai-
siste, le ministry des finances a pris example du bon
Pre Loriquet.
Mais il n'en est pas moins vrai que l'on aura beau-
coup de peine contractor un emprunt tant soit
peu srieux, mme supposed que les nouvelles
conventions soient approuves par les Corts et que
l'on se soit mis d'accord sur le choix du gage et les
rgles qui en doivent rgir l'amodiation. Puis il s'a-
gira aprs de se mettre d'accord' sur le course d'-
mission. Le gouvernement espagnol ne peut ignorer
que le 4'o/o extrieur constitute un fonds gag et
fort bien gag mme par l'impt direct jusqu'
due concurrence. L'emprunt qu'on announce sera-t-il
aussi bien gag ?
On sait avec quel entrain on souscrit Paris au-
jourd'hui les emprunts trangers. Le gouvernement
espagnol a sans doute appris avec quel enthousiasme
on a souscrit le dernier emprunt russe mis par
MM. de Rothschild frres.
On ne sait pas au just qui revient le record de
cette belle souscription. Pour ne pas se tromper, il
est permis de croire que MM. de Rothschild, s'ils
ont pris ferme, auront dO souscrire tout au moins
une fois.
Que fera le gouvernement espagnol si son em-
prunt, comme celui du gouvernement russe, est
souscrit vingt-cinq fois? Avec quoi alors fera-t-il la
guerre? Il n'est gure probable qu'on lui prenne
beaucoup de ferme. En some, quand il.s'agit de
l'Espagne, on lui vend les guichets de certain ta-
blissements plutt qu'on ne lui prte pour de vrai.
Est-ce bien la peine, pour si peu, de remuer ciel et
terre, mettre sur le tapis un si mauvais moment
la question des chemins de ferret consentir des
hypothques dshonorantes tout comme les gouver-
nements quatoriaux. Si M. Thiers tait de ce
monde, il ne manquerait pas de dire que M. Cno-
vas comme il le dit un jour de Gambetta est
un fou furieux.
Et n'aurait-il pas, cette fois, quelque semblant de
raison ?

,------** j ~i---------*


DERNIRES NOUVELLES


Une dpche du consul gnral des Etats-
Unis La Havane, reue Washington, dit qu'il
est exact que le capitaine gnral Weyler ait
prorog de 30 jours le dcret clturant plusieurs,
ports l'ouest de l'ile. Les Amricains qui font
le commerce des fruits sont gravement atteints
par cette measure. Ce dcret ne peut tre abrog
que par le gouvernement de Madrid; aussi, le
consul recommande-t-il M. Olney de fire le
ncessaire pour qu'on accord au moins un cer-


tain tempsldtermin aux commerants avant la
frmenLure des ports.
i- Des nouvelles de Cienfuegos annoncent
que le commandant Gmez Marassi- de'la ca-
nonnire Vifia. est mort de la fivre jaune. Les
ravages products par cette maladie dans l'arme
espagnole sont effroyables.
-L L Lucha continue ses attaques contre le
ministry d'Espagne Washington, M. Dupuy de
Lime et dclare que cette lgation cote l'Es-
pagne 830,100 mensuels, soit 2,200,000 francs
par an. Les services que.rend le ministry actuel
ne sont pas en proportion avec cette some fan-
tastique.
La police de La Havane a opr une perqui-
sition dans une mason qu'occupait M. Armando
Rivas et plusieurs autres Cubains souponns.
Outre Rivas, six multres, deux femmes et cinq
domestiques ont t arrts. Un professeur qui
habitat dans la mme maison a t galement
mis en arrestation sous l'accusation de recel de
contrebande de guerre.
M. Miguel Viondi, autonomiste prominent
et dput provincial, membre distingu du bar-
reau de La Havane,,a t mis en prison. Il a t
le dfenseur du gnral cubain Jules Sanguilly.
Le D)I Gabriel Casuso a t galement arrt.
Malgr les nombreuses protestations ,du
consul gnral des Etats-Unis, les prisonniers du
(Competilor continent tre enferms dans les
immondes cachots du fort de la Cabafia. Un ruis-
seau ftide traverse leur cachot, la condition de
ces prisonniers est atroce. Le gnral Weyler a
refuse au consul Lee la permission de visiter le
fort pour vrifier l'tat des prisonniers.
On announce que Periquito Perez concentre
ses forces prs de Guntanamo.
D'aprs une dpche de La Havane Ma-
drid, on croit imminent l'attaque de la Trocha
de Mariel par les Cubains.
Le gnral Weyler a interdit, sauf trois fois
par mois, la circulation des trains entire La Ha-
vane et Matanzas. Ce fait indique clairement que
la Revolution est matresse de l'lle entire, Ma-
tanzas n'tant situe qu' 3 heures de chemin de
fer de La Havane.
Le gnral Weyler a refus de ratifier la
nomination des consuls amricains de Sagua et de
Cardenas. M. Olney, sous-secrtaire d'Etat aux
affairs trangres des Etats-Unis, aurait fait ces
nominations, bien que connaissant cette situa-
.tion. Cet incident, de nature raviver la que-
relle t l'tat latent, entire l'Espagne et les Etats-
Unis, est trs comment Madrid.
M. Sagasta, chef du parti liberal, craint.
comme M. Ctinova, un conflict avec les Etats-
Unis si, avant peu, les Cubains ne subissent pas
un grand chec. Le chef du parti liberal ne croit
pas qu'une alliance avec la France soit favorable
en temps de guerre, parce que la France est inti-
mement lie la Russie et que la. Russie est trs
amie des Etats-Unis. Il ne croit pas davantage
une alliance avec l'Angleterre. Quant la triple
alliance, M. Sagasta estime que l'Allemagne ne
peut manquer d'tre irrite de la guerre sourde
que nous faisons a son trait commercial avec
nous. Il croit que l'emprunt projet de 500 mil-
lions est insuffisant, en mme temps qu'il doute
que le pays puisse fournir une some plus con-
sidrable.
A Washington, la demand d'indemnit
formule par l'Espagne contre les Etats-Unis,
est considre come un pas fait vers une dcla-
ration de guerre, surtout si l'Espagne insisted sur
sa reclamation et si le Congrs refuse ensuite
de consentir au paiement d'une indemnit.
.- A Madrid, dans les cercles politiques, on
s'accorde reconnatre qu'il ne faut qu'une tin-
celle pour que la guerre, entire les Etats-Unis et
l'Espagne, clate. Tout le monde, en Espagne,
est d'avis que, si la guerre Cuba n'est pas ter.
mine l'poque o le nouveau president des
Etats-Unis prendra le pouvoir, il n'est pas dou-
teux qu'un grave conflict ne surgisse alors entire
les deux nations.


On crit de Tarascon-sur-Arige La D-
p'rhe de Toulouse : Au train de sept heures
du soir, M..,Bonnecarraire, commissaire special,
aiiiterrog cinq dserteurs espagnols rentrs die-;;
puis quel(ues heures en France. Ces individus.
ont dclar,que, pour ne 'passfaire la champagne
de Cuba, ils prfemaient s'expatrier. Ils 'ont an-,
nonc des dsertions nombreuses qui ne manique.
ront pas de se produire,'car il paratt que la r-
serve elle-mme serait convoque Sous les'
armes.
Le gnral Calixto Garcia, vient d'accuser
reception la Dlgation Cubaine d New-York
d'un nouvel envoi de 75,000 fusils.
A La Havane, le gouverneur a fait arrter
des Cubains avec leurs femmes, sous. l'accusa-
tion de complots; les prvenus vont tre traduits
en cour martial.
La femme du docteur Trujillo a t arrte
pour crime de sympathie pour les Cubains; elle
a t incarcre dans la prison de Las Recojidas.
Le chef espagnol Castroverde a avou qu'il lui
faudrait au' moins 90,000 hommes de renforts
pour avoir raison, dans, son district seulement,
de l'insurrection cubaine.
L'avocat Juan Miguel Ferrer a t arrt au
moment de prerdre place bord du bateau
ascottle, en partance pour les Etats-Unis.


TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains
continue.
La collection se compose de quatre- couleurs dif-
frentes-i, mais. sntde2 0,:
le dessin repre- 25 cnlaoi s (l,
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vaut0fr. 05de
pour tous les monnaie).Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de.;
toutes les personnel qui en front la demande'.
contre remboursement.


gg-~-- -

~i- L$VB


Spcialit de Caleons


et de


Gilets de Flanelle

LINGERIE POUR DAMES


51, Riie du Cliiteai-l'Eauii
PA RIS




1 M BOUCHE

Phoi l lp ltpllps oP ton< Qpiires


RPARATION ET REMISE A NEUF
DE
PENTELLES D'ART ANCIENNES


LEONS DE DENTELLES AU FUSEAU
ET POINT A L'AIGUILLE

20, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris


L'Administrateur-Garant: FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers. 126-


-TI IlZTT


PZA. iE AI TZ RJE I


LA


l Ik- r


i e-


Iy~ib


'l!-~"q-~
- i-Ni. ~ fi


I -
"'i ~" -u-


ET


LE CONFLICT HISPANO-AMERICAIN
P.A.EER
M. MESTRE AMABILE, Chevalier de la Lgion d'Honneur, ancien officer de marine et fondateur de la Ligue Franco-Amricaine
iF0IIlal a lll IIIIIIIIIIllIII IIAIlSlllllIlISII IIIIllll IIII IIIIISIIIlSIlIl l il Il Il I Il

:PIJx: 2 'F~iRSNCS



. i


I i i I ~-C--s ri i-- -- - -- ,


-i ~iIi-i:




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs