Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00029
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 30, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00029
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text























Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ire Anne PARIS i N Une anne, payable 'avance... 20 fri. r.
ADRESSE T3LGRAPHIgUE: |LC1D O Un trimestre, idt. id. ... 6 fr. 6.50
ADRESSA LT'TRANGER
Er OsE PAR.AI T TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance............. 25fr.
-- tUn semestre, id. id. ............. 13 fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMEIRO....... Ofr. 2


LA REVOLUTION CUBAINE

LES FLIBUSTIERS DE PARIS

Au moment mme o nous nous disposions
rpondre l'accs de colre d'enfants rageurs
des journaux de Madrid Heraldo, La Epoca, et
El Imparcial, nous recevons La Revue Diplo-
mnatique, qui porte l'article suivant de notre res-
pectable ami le Docteur Betancs, dlgu du
Gouvernement de la Rpublique Cubaine h Paris.
Par sa moderation et sa dignit, cet article
offre un contrast singulier avec la violence vrai-
ment grotesque des feuilles madrilnes.
Le Heraldo de Madrid du 20 juillet 1896 public
l'article suivant :
La Petite Rpublique .Franaise et L'Intransi-
geant de Paris continent leur champagne flibustire,
sous la haute direction du fameux docteur Betancs.
La politique du vieux portoricain tend aujourd'hui
dprcier les manifestations de mutuelle sympa-
thie qui se sont produites sur divers points en Es-
pagne et en France. Le mdecin Betancs se trouve
d'accord avec le gouvernement espagnol sur l'inop-
portunit d'une alliance franco-espagnole.
Le reprsentant Paris des insurgs cubains sup-
pose en outre que les manifestations du Ferrol, de
la Corogne, de Barcelone, d'Alicante, de Cadix, de
Valence, etc., n'onypour but que d'mettre un em-
prunt espagnol en France, et come peut-ere l'Es-
pagne se procurerait les moyens matriels de mettre
plus rapidement en droute les rebelles cubains, le
docteur Betancs met en jeu tous les lments don't
il dispose et don't disposent presque toujours les
aventuriers internationaux et il fait tout le mal pos-
sible au credit de nos finances, en lanant tous les
-vents de la publicit, toutes les calomnies capable
de contribuer de prs ou de loin nuire l'Es-
pagne.
Mais celui qui a la responsabilit de ces infamies
et de ces insanits, c'est le gouvernement de M. Ca-
novas del Castillo qui, fermant l'oreille aux plaintes
de la press et aux manifestations de l'opinion, n'a
pas demand depuis longtemps au gouvernemenrt
franais l'expulsion du Docteur Betancs.
Une simple reclamation au ministre des affaires
trangres suffirait pour que le reprsentant d'Es-
trada Palma Paris ft immdiatement conduit
la frontire. Le gouvernement franais a toujours
bien accueilli de semblables petitions diriges contre
Don Carlos et centre M. Ruiz Zorrilla. Il en ferait
autant aujourd'hui, si secouant l'apathie et la l-
thargie qui dtruisent les forces gouvernementales,
on montrait un peu de dignit et d'nergie.
Mais quoi bon et qui demander de l'nergie,
quand tout chez nous est vieux et caduc ?

Dans aucun des articles que public le Heraldo
de Madrid, il ne manque jamais un grain de folie.
Trois ou quatre jours avant d'avoir demand mon
expulsion de France pourquoi pas l'extradition ?
dans l'article Flibustiers de Paris auquel l'au-
teur aurait pu donner aussi bien pour titre Mou-
lins vent , le Heraldo disait que quand mme
.on tuerait Maceo et Calixto, Garcia.et Mximo Go-
mez, la Rvolution ne serait pas vaincue, et voici qu'il
s'abaisse jusqu'au rle de dnonciateur et croit sau-
ver la monarchie en me faisant sortir de Paris entire
deux gendarmes. Il aurait sans doute demand, s'il
avait os, qu'on me livrt au doux Weyler. Le vail-
lant gnral m'aurait appliqu le chtiment inflig
un des miens, le Dominicain Pedro Betancs, cou-
pable de s'tre soulev Santo-Domingo en i808,
avant Bolivar, contre la domination espagnole.
L'histoire rapporte qu'il fut fait prisonnier et cartel
entire quatre chevaux, tirant chacun de son ct,
Sque ses membres furent bouillis dans du goudron,
puis enferms dans des cages de fer barreaux qui
furent suspendues aux portes de la ville. Les Espa-
gnols, qui allaient porter la civilisation en Amrique
et qui continent y porter la variole, l'alcool, la
syphilis et le clricalisme et y pratiquer les fusil-
lades en masse et les tueries huis clos dans les
prisons, ne se vantent pas de ces faits; mais les
petits-fils des martyrs s'en souviennent et c'est de
l qu'est ne la revolution de l'Amrique indo-latine,
don't la guerre cubaine est la continuation et, nous
l'esprons bien, la terminaison.
Vrai S les journaux de Madrid ne doutent de rien.
Voyez avec quelle suffisance le Heraldo command
son chef M. Canovas de froncer le sourcil, pour
faire trembler Paris le ministre des affaires tran-
gres et tout le quai d'Orsav.
Il faut leur pardonner: ils voient partout des fli-
bustiers. Si dans quelque club de la pninsule on
comment les atrocits commises par Weyler, c'est


sous l'inspiration des flibustiers; si un citoyen cou-
rageux rclame quelque indulgence pour les prison-
niers cubains de Ceuta, c'est la faute aux flibustiers;
si les mres d'Aragon font une manifestation pour
qu'on n'envoie pas leurs enfants l'abattoir, c'est
qu'elles ont t suggestionnes (sic) par les flibus-
tiers, et si tout le monde en France est convaincu
que l'Espagne est ruine et que les manifestations
en faveur des Franais n'ont eu pour but que de
provoquer des sympathies suivies d'un emprunt
froce, c'est encore d la propaganda des flibustiers.
C'est surtout ce dernier point qui a soulev contre
moi les colres de El Imparcial, du Heraldo et
mme de La Epoca, de la vnrable Epoca, journal
de l'Eminent hoimme d'Etat ; mais, ma foi La
Epoca et son home sont c'est le Heraldo qui
parle Si.vieux et si caducs qu'on ne.doit plus
les traiter que comme des tres en lthargie, tandis
que le Heraldo, lui, est un grand hystrique.
Ah! lorsque l'Histoire inflexible aura juger,
d'une part, ceux qui sacrifient leur position, leur
fortune, leur vie, qui savent qu'ils vont mourir "et
qui marchent garment la mort en criant: Vive
Cuba Libre! et par ailleurs des gnraux qu'on.en-
voie combattre les Cubains ou des journalists qui
s'en vont gagnant leur vie, pour envoyer des corres-
pondances anti-cubaines, et qu'on saura que les
gnraux reviennent avec des nominations de sna-
teurs et les autres avec le titre de dputs soi-disant
cubains, l'Histoire saura signaler avec svrit de
quel ct ont t les flibustiers pour de vrai. Et nous,
nous acceptons, dis-je, ds aujourd'hui, le jugement
de l'Histoire.
Betancs.



ENCORE UN FRANAIS!

Nous lisons dans le Courrier des Etals-
Unis :
M. Lafert, un chimiste franais, a t arrt par
les autorits de Matanzas. Il est accus d'avoir
fourni des bombes de dynamite, ou tout au ipoins
les ingredients ncessaires leur fabrication, aux
bandes d'insurgs don't la spcialit est de faire sau-
ter les trains de chemins de fer. Lafert sera tra-
duit devant un conseil de guerre. Il nie les accu-
sations qui sont portes contre lui, mais onlui
Sa refus le droit de produire des tmoins et de
confier sa defense un avocat.
L'agent consulaire franais de Matanzas n'a
adress aux autorits aucune protestation et
n'a fait aucune dmarche en faveur de l'accus.
Comme nos lecteurs peuvent le constater, les
Espagnols continent exercer leurs odieuses
poursuites contre nos nationaux fran!ais.
Voil qui s'accorde bien avec les manifesta-
tions francophiles de nos voisins! En mime
temps que de la Pninsule ils acclament grand
fracas la France, pour placer chez elle leur fa-
meux emprunt, ils gorgent i Cuba un Franais,
M. l)uarte, et se disposent en fire autant
un autre Franais, M. Lafert !
Est-ce que les Espagnols pensent exterminer
les Franais rsidant Cuba de la mme faon
qu'ils ont extermin la race des Indiens Sibo-
neyes?
Nous sommes tonns que les journaux fran-
ais, remplis la plupart chaque jour des vic-
toires imaginaires des Espagnols, i'aient pas
donn le plus petit renseignement sur cette af-
faire qui, cependant, nous touche de bien prs.

-----*mm--

LE COLONEL FRANCISCO DE VEYGA
..---
Le Docteur Francisco de Veyga a quitt Paris la
semaine dernire pour aller se mettre aux ordres de
la Dlgation Cubaine New-York. Son nom, bien
connu dans la Rpublique Argentine, l'a t rcem-
ment en Europe dans le monde de la chirurgie. Le
gouvernement argentin, en effet, lui avait confi,
ainsi qu' un Argentin distingu, le docteur Alberto
Costa, l'tude des progrs les plus rcents que l'art
chirurgical puisse offrir sur les champs de bataille.
Le Docteur Vevga, qui le sort avait prodigu
tout ce qu'un sicle positif peut offrir un home,
sacrifice tout avec la foi d'un Crois compltement
fascin par la liberation d'une nouvelle Salem. Jeu-
nesse, bien-tre, situation social, foyer enchanteur,
tout ce qui, selon le vocabulaire moderne, constitute
la flicit terrestre, il abandonne tout pour suivre la
mme voice que son illustre aeul le gnral Arenales,
un des fondateurs de l'indpendance argentine. N
en Espagne, Arenales comprit la justice de la cause
amricaine. Il se donna elle corps et me, et c'est
l'esprit de la race qui pousse le petit-fils quitter la
place qu'il occupait parmi les professeurs de la Fa-
cult de mdecine de Buenos-Avres. son poste de
colonel de la sant militaire argentine, la mission
don't il avait t charge en Europe, les innombrables
relations que sa parent avec le Dr. Uriburu, prsi-
dent de la Rpublique Argentine, lui avait values
Buenos-Avres.
Au milieu de toutes les dlices que cette Capoue
pouvait lui offrir, il entendit le cri de Cuba souffrante
et se souvint que l-bas, dans les environs deLa Ha-
vane, il existe une ville tranquille et en apparence


paisible, l'archi-cubaine Guanabacoa, o il tait n
en 1866. Cubain de naissance et Argentin d'origine,
et par le milieu dans lequel il s'est dvelopp, son
concours la Rvolution pour l'indpendance de la
Grande Antille attnue aujourd'hui en parties l'oubli
dans lequel il avait tenu, sur les bords de la Plata,
ceux qui luttent en ce moment pour la lioert cu-
baine. O donc s'est rfugi, Buenos-Avres,
ton me de 181o? Ceux d'entre nous qui ont pu,
dans ton sein paternel et hospitalier, oublier les
amertumes de l'exil, qui ont appris aimer tes
gloires et clbrer ton progrs, ceux-l durent mau-
dire ce progrs mme quand ils virent son char
craser l'ardeur d'un de te, plus illustres hros, le
gnral Alvear. Ce bruit de chaines brises, par le-
quel les hommes de Mai annoncrent la naissance
d'une nation nouvelle et glorieuse, est le mme que
celui que font retentir dans l'air de la Grande An-
tille les plus hroques de tes frres amricains. Si le
Docteur Mariano Moreno ou quelque autre patrice
d la Convention de Tucumn dirigeait en ce mo-
ment les destines de la nation argentine, personnel
n'enlverait ce pays la gloire d'tre le premier
reconnaitre la justice et le droit des rvolutionnaires
cubains. La providence rserve-t-elle cet honneur
un autre people, galement amricain mais de race
et de coutumes essentiellement distinctes? Si l'me
de tous les Argentins, comme celle du reste de
l'Amrique Latine, est favorable Cuba Libre et ind-
pendante et il n'en saurait tre autrement moins
que les Argentins renient leur propre histoire -
pourquoi tant d'indiffrence quand se livrent les
dernires batailles de l'mancipation amricaine?
La Rpublique Argentine, en rendant Cuba le
Docteur Vevga, lui rend un de ses fils, modifi par
le milieu ambiant et la tradition. Il a pu se rendre
compete des nergies et des aptitudes qu'ont pour la
vie indpendante les peuples amricains; il a pu
connaitre compltement comment se ralisa la r-
demption des colonies espagnoles, depuis les rives
de la Plata jusqu'au haut Prou; il a assist, en
quality de chirurgien de l'arme, aux guerres civiles
qui ont si souvent arros de sang les immense


Pampas; il connat donc bien le champ de bataille,
car il a su observer, pendant son sjour en Europe,
les progrs les plus rcents, non seulement au point
de vue de la chirurgie militaire, mais en tout ce qui
concern l'art de la guerre.
Un group de Cubains et d'Amricains d'autres
rgions l'ont accompagn la gare Saint-Lazare.
Prs du Docteur Veyga, se tenait sa belle et jeune
femme, le sourire aux lvres, pour effacer sans
doute la douleur qui se peignait dans les yeux, rap-
pelant les hroques portehas de la revolution de
Mai et l'esprit qui anima toutes les femmes amri-
caines pendant la lutte pour l'mancipation du
Nouveau Monde. Et, prs des deux poux, in-
conscient du sacrifice paternel, dormait tranquille-
ment le premier n, le petit Hatuey, future conspira-
teur ou rebelle, les armes la main si la justice de
la cause cubaine ne devait pas forcment triompher
dans un bref dlai.
Le train transatlantique les emporte vers le bateau
qui les rapprochera de Cuba; et, dans le mme
train, pour le mme motif, parent un officer de la
marine franaise et d'autres jeunes Cubains, comme
partiront prochainement plusieurs de ceux qui se
trouvaient la gare pour saluer les voyageurs.
C'est le courant cubain qui, de tous les points du
globe, account l'appel de la Rvolution ; que de
sang gnreusement rpandu et quelle responsabilit
devant l'Hist.ire pour l'obstine mtropole Depuis
les Flandres jusqu' Cuba, son procd a t le
mme. La dernire occasion que l'humanit lui offre
de se montrer magnanime et gnreuse, elle la laisse
chapper. Elle prfre un nouvel Ayacucho. Elle
l'aura.
Erntitaio.,


*


1 NOUVEAU

DBARQUEMENT


A la nouvelle que nous avons donne dans
notre numro du 16 de ce mois, relativement au-
dbarquement d'une expedition dans la parties
occidentale de l'le, nous pouvons aujourd'hui
ajouter ces intressants dtails:
Cette expedition est la second qui a t d-
barque Cuba par le courageux patriote Joa-
quin Castillo Duany, sous-dlgu de notre gou-
vernement aux Etats-Unis.
Les expditionnaires taient au nombre de 64,
et le matriel de guerre se composait principale-
ment de:
350 rifles et fusils systmes Winchester, Mau-
ser et Remington;
400,000 cartouches pour ces divers systmes;
Machetes, machines lectriques, fils de fer,
connecteurs, appareils pour la fabrication des
cartouches, une respectable quantit de dyna-
mite, mdicaments, etc.
Voici la listed des expditionnaires:

Acosta, Aracelio; Acosta, Herminio; Adriano,
Arturo; Alvarez, Arturo ; Aranguren, Jos; Armas,
Antonio de; Arteaga, Manuel; Aizpurua, Oscar.
Blanco, Victor; Blanco, Alberto; Brito, Corrlio;
Buttari, Victor.
Cancio Bello, Emilio; Castellanos, Enrique;
Clark, Ismael; Clark, Juan; Corral. Carlos del;
Cowley, Juan (capitaine); Chenard Horacio.
Diaz, Octavio; Diaz de Villegas, Leopoldo; Diaz
de Villegas; Duarte, Manuel, Maria.
Estrada, Manuel; Estrada, Ricardo.
Febles, Jos; Fernndez, Domingo; Fernandez,
Manuel; Freire, Manuel.
Galn, Agustin; Gordon, Charles; Govantes,
Rufo; Govin, Charles; Gutirrer, Manuel L.
Herrera, Lino.
Lefebre, Julin ; Lpez, Jos (lieutenant de l'arme
espagnole).
Llerena, Agustin R.
Magrifin, Jos; Martinez, Lzaro; Martinez, Sera-
fin; Mndez, Amado; Mndez Nfez, Guillermo;
Menocal, Gustavo; Miguel, Daniel; Mijares, Ro-
dolfo ; Mora, Guillermo; Montero, Francisco; Mon-
teresi, Octavio; Mufioz, Jos.
N. N.
O'Farrill, Gabriel (pharmacien).
Pallars, Lorenzo; Pairol, Luis (pharmacien);
Pozo, Lorenzo.
Quesada, Ramn.
Reina, Flores (sergent); Rico, Benito; Rodriguez,
Pablo ; Ruiz, Athos.
Saln, Toms; Snchez, Antonio; Sedano, Fran-
cisco; Sirgado.
Vzquez, Froiln; Vegi y Lamar, Jorge (mdecin).
Nous adressons de tout coeur nos flicitations
au brave patriote Castillo Duany et tous ceux
qui ont eu une intervention quelconque dans ce
nouveau trio ni he des Cubains et dans ce nou-
vel chec des Espagnols.


*





LA RPUBLIQUE CUPLNE


30 JUILLET 1896.


AUX CAPITALISTS

FRANAIS


L'OPINION EN ESPAGN'E

Capitalistes franais, qui ne connaissez pa-s" l
langie espagnole, pour que vous puissiez vous
faire une ide exacte de l'opinion de la Pnin--
sn4% ausujefd'd:la guerre de Cuba, nous erayors-
devoir mette- sous vos yeux la traduction de:
qPetlPlius et ,ait do'rt ilb~1s desojournauia: de Mt~-
dr.id et de diverse provinces espagnoles. Lisez
attentivement ces lines, qui n'ont pas besoin-
de commentaire, et vous verrez dans quelle in-
croyable venture veut vous attirer le gouverne-
ment de M. de Cinovas :
. ............................... ...


La Vo Mlonlaviesa, Santander:
........... ...... ,.. ............. ....
Les journaux transforment les simples rencontres
en actions et celles-ci en batailles glorieuses. On
diminue le nombre de nos morts et on augment
ceux de l'ennemi; on exagre sa mauvaise situation,.
comme on exagre nos succs.
Il n'y a pas quinze jours, que l'on nous montrait
Maceo emprisonn, gard par les siens, dnirs la
crainte de le voir s'enfuir. On disait d'une ma'nira
gnrale que la division rgnait parmi les insurgs,.
que les ngres et les blancs s-e haissaient plus que
les pninsulaires ne hassent les sparatistes; que.
les divisions taient si profondes parmi les caS6ie-
cillas, que depuis Pordonnance du gnrar Weyler
accordant l'amnistie ceux qui se rendraient, les-
rebelles allaient abandonner leur camp.
La ralit est venue dtruire ces illusions ou plutt
ces stupides plaisanteries.
La press en croyant ainsi raviver l'ardeur du
patriotism ne fait qu'engendrer la mfiance. Aujour-
d'hui presque tout le monde considre comme faux
tout ce qui se dit au sujet de Cuba.
. . . . . .. . .. . . . . . . . . . ... .


El Fomento, Salamanca:
. ............... ..
Tous les jours amnent de nouveaux combats
plus ou moins important et, dans tous les com-
bats, l'ennemi laisse un monceau de cadavres. Cela
ne l'empche pas de renaitre de ses cendres, comme
le phnix. Tel qu'on croyait mort, le crne fendu,
le corps hach, menu et enterr, se retrouve un beau
matin bien vivant la tte d'une bande d'insurgs
toujours plus nombreuse ou dans les rangs de
troupes qui surgissent comme par enchantement.
r.;~............ ..... ........ ...........


La Region Cdntabra, Santander:

Voici le point sur lequel il imported de se former
une opinion:
La guerre devient-elle plus important grce
l'impritie de ceux qui la mnent?
.Weyler doit-il tre laiss la tte des troupes ?
Et enfin et surtout: Cette situation peut-elle con-
tinuer indfiniment ? L'ile de Cuba peut-elle tre le
puits Airon dans lequel s'engloutissent sans fin
la jeunesse et l'argent de l'Espagne?
La parole est au pays.
oo.......................... .-.............


El Porrenir. d'Algsiras:

La situation actuelle de notre pays est celle des
gens qui meurent d'anmie. Affaiblis l'extrme,
dpourvus d'argent le sang des peuples, -tout
effort, si mince qu'il soit, les fatigue.



Las Dominicales, Madrid:
.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
En voil assez. Trop d'Espagnols ont t tus
Cuba, cruellement sacrifis un rgime fatal et
corrompu.
. ....................... ...................
Ln autre peupla, avant d'envoyer Cuba un seul
soldat, s'empresserait de chtier ceux qui, par leur
politique corrompue et despotique, ont provoqu
cette pouvantable guerre.

Loin de s'amiliorer, la situation Cuba de-
vient plus mauvaise. Aprs la mort, voici pour
nous le dshonneur. Et au lieu de mettre fin
la guerre de Cuba, voici qu'une autre nous me-
nace, plus terrifiante encore.
Assez !
........ o ........ ......................
Mais il y a quelque chose encore de plus signifi-
catif. Les gnraux qui commandent Cuba sont
de notre avis. Ils disent qu'ils ne veulent pas rester
dans l'ile, qu'ils y seront malades, pour rentrer en
Espagne, et qu'ils ne demeurent leur poste que
parce que le Gouvernement les en supplies. Le lecteur
peut, aprs cela, juger de l'effet moral produit par
cette situation sur nos troupes de Cuba. Celui qui


souffrira tout, celui qui supporters les consquencep
de cet tat moral dsastreux, cr par un gouv'era-
ment impuissant et lche, c'est le malheureux salE -
qui ne peut pas demander de. permission pous ren
trer en Espagne et auquelil. ne reste qu'une res-
source: se rsigner mourir;
Aesezr! Asseze!'
. . . .. .. . . . . . . . . . . . .

1' iNueo Reg;imen; Madrid&:

Nous le disons depuis: plus d'un an. Ni la press,
ni les homes politiques ne font connaitre l'i vrit:
au pays sur ce qui se passe Cuba, et ils n'indiquent
pas d'avantage la vritable solution du problme.
. . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
Cnovas dit que la guerre de Cuba tait une
guerre pour l'indpendance, et les silvelistes et les
libraux s'indignrent. Ils veulent encore faire croire
aux gens que ceux qui luttent Cuba pour leur
libert, malgr les 15o,ooo hommes envoys l-bas
pour les combattre, ne sont que des bandits. Est-il
admissible que quelques 'chefs de bandes' puissent
lever et entretenir 50,ooo hommes et competent sur
l'appui de i'ile entire, ainsi qu'on le reconnait
ouvertement en Espagne? S'il en tait ainsi, on pour-
rait affirmer en toute logique que tous les Cubains
sont pour la devastation et le pillage. La vrit
est que les insurgs combattent pour leur in-
dpendance.
Ce qui nous manque ici, c'est le courage suffisant
pour proposer des solutions. Ce courage, les rpu-
blicains modrs eux-mmes ne l'ont pas. On qua-
lifie d'anti-patriotes tous ceux qui demandent la fin
de la guerre aujourd'hui plutt que de demain et
dans de meilleures conditions. S'il tait possible de
voir ce que ces patriots ont dans la cervelle com-
bien on en trouverait qui partagent notre manire
de voir.



El Corsario, La Corogne :
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Le gouvernement veut faire aux Compagnies de
Chemins de fer, sous prtexte de leur venir en aide,
un cadeau don't le chiffre n'est pas infrieur qua-
rante millions de pesetas. Et cela aprs leur avoir
dj accord une subvention de plus de sept cents
millions.

Et l'on veut que nous respections les decisions de
Chambres auxquelles on adresse tous les jours
des demands en autorisation de poursuites
centre certain de leurs membres... accuss de
vol! Et l'on veut que nous respections les d-
cisions d'un gouvernement du mme acabit que
les Chambres !
... ............................. ........... ..
Et ces mercantis sont ceax-l mmes qui applau-
dissent au nouvel elnvoi dW e'nt mille hommes
Cuba; ceux-l mmes qui veulent ensevelir
dans l'abme les malheureux que leur igno-
rance-seule oblige la lutte; ceux-l mmes qui
veulent laisser cent mille mres en deuil, le cour
bris et les larmes aux yeux; ceux-l mmes qui
croient qu'on n'a pas encore vers assez de sang in-
nocent.



Diario del Comercio, Barcelone :

Les nouvelles de Cuba sont d'sesprantes. Le
commneree est absolunent paralys et ruin ;, la
plaee'de la Ha1avane est, pour le traffic, un cimretire;
presque' routes les maisons de commerce sont en
faillite ou ont d suspendre leurs paiements; la
consommation a diminu dans des proportions ef-
frayantes, et le dfaut d'argent est tel qu'on perd
jusqu' la notion de la monnaie.
Dans les colonnes du Diario del Comercio, nous
emes le malheur de prophtiser ce qui devait arri-
ver. On nous traita de pessimistes et de poltrons. La
ralit est pourtant plus dsastreuse que
nous ne l'avions suppose.



El Ejrcilo Espaino, Madrid :

De jour en jour augment la listed dj longue de
nos faiblesses ou mieux des faiblesses du gouverne-
ment dans cette maudite question cubaine, qui me-
nace de nous coter tant de sang et jusqu' notre
dernier sou.



La Pa:, Madrid :

La guerre, la faim et la destruction continent
leurs progrs. L'envoi d'une some d'argent plus
considerable et d'un plus grand nombre d'hommes
s'accentue des deux parts; et si l'on en juge par ce
qui se passe, cela parait devoir se prolonger indfi-
niment.
Nos chefs et nos gnraux continent rentrer en
Espagne. Suarez Valds et le colonel Dominicis sont
en route; tous les navires transportent un grand
nombre de blesss, d'infirmes et de non-valeurs. Et
si la paix ne se fait pas, nous passerons, au dire des


:'gnrauxn pleins de prestige, quelques annes avec
' la.mokinanie de passer des revues toutes les se-
r. ~iitas'd'envoyer 400,000 soldats Cuba, o ils
mu&rront dans les batailles ou de la fivre ou de la
faim, etc., etc. Et pendant ce temps, nous. gmi-
rons, les families mourront en masse, les mres
pleureront sans consolations possibles.. Ce sera
partout la& dsolation la ruine et le deuil.



El Liberal,. Madrid :

Ceux qpi parent rencontrent en route ceux qui
reviennent, harrasss, invalides, anmiques ou bles-
ss grivement.
Chaque transatlantique qui revient trans-
porte des centaines de blesss, qu'on laisse
reposer dans les sanatoriums et qui, au bout
de quinze ou vingt jours, ne laissent d'eux ni
souvenir ni traces.

Mais il est impossible que les choses conti-
nuent ainsi. Il est impossible que nous nous r-
signions plus longtemps faire tant et tant de sacri-
fices sans avoir l'assurance qu'ils ne seront pas
vains. Il est impossible que nous supportions que
Maceo reoive des canons, des vivres,le la!dynamite
et des secours de toute nature.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
L'ile de Cuba est pour nous comme un navire qui
fait eau.



El Francoli, Tarragone :

Ah l'on n'a pas voulu, quand il en tait temps,
accorder l'autonomie aux insurgs! Aujourd'hui, il
est craindre que l'autonomie ne suffise plus
mettre fin la guerre. Les hsitations et l'imprvi-
sion du gouvernement sont impardonnables. Ds le
dbut, on pouvait voir que l'insurrection avait
beaucoup plus d'importance que celle de 1868.
On croyait qu'on pourrait en avoir raison par la seule
force des armes et l'on envoya l-bas corps d'arme
sur corps d'arme. Aujourd'hui, quoiqu'en dise Ca-
novas, la situation est plus menaante que ja-
mais.



La Coalicion, Badajoz,:
..... .. ............. *. .... ............
Cuba est perdue. Nos gouvernants le savent et
ils s'arrangent de faon nous faire perdre en
outre des milliers d'hommes.
Ce qui ne devait tre que quatre parties sans
importance est aujourd'hui des milliers et des
milliers d'hommes que ne suffit pas battre une
arme formidable comme celle que nous avons
l-bas.
Et on demand encore de nouveaux renforts : on
parle aujourd'hui de 20 bataillons; en septembre, ce
sera une autre expedition. Alors, affirme-t-on, il est
probable que la guerre pourra prendre fin.
Mettre fin la guerre !
Et dire que si nous avions accord temps
les liberts politiques et conomiques rcla-
mes par les Cubains, nous aurions fait l'co-
nomie de cette catastrophe!


ODIEUSE CALOMNIE


'Les Espagnols, qui avaient l'habitude de tuer Jos
Maceo, dit L'Intransigeant, presque aussi souvent
que son clbre frre Antonio, se montrent aujour-
d'hui si stupfaits de sa mort qu'ils affectent de
croire qu'elle n'a pu tre naturelle. Et, saisissant l'oc-
casion de calomnier l'ennemi qu'ils ne peuvent vain-
cre, ils rpandent le bruit que le frre du vainqueur
de Peralejo a t assassin par ordre de son compa-
triote le gnral Calixto Garcia.
C'est l une insulte aussi odieuse que lche
l'adresse du vieux patriote, qui, en 1874, aprs six
ans de combats hroques, sur le point de tomber
prisonnier aux mains des Espagnols, refusa de se
rendre et se tira la tte un coup de revolver qui,
par miracle, ne fit que le blesser.

~-------- a------

FUREURS DE VAINCU


Si Jos Maceo est mort, Antonio Maceo est bien
vivant et les Espagnols viennent, une fois de
plus, d'en faire la cruelle experience. Jamais r-
ponse du berger la bergre n'aura t plus ca-
tgorique que la terrible capilotade en laquelle
le Garibaldi cubain vient de mettre les troupes
du malheureux colonel Incln.
Depuis quelque temps, les victoires tlgra-
phiques de Weyler pleuvaient littralement : il
fallait prparer l'emprunt. A force de se multi-


plier sur le paper, les triomphes des Espagnols
avaient presque fini par branler l'incrdulit-
de quelques personnel. La nouvelle de la mort.
de Jos Maco donnait ces- canards une appa,-
rence de ralit6.
La replique aura: t rude et le rveil dur.
Tlro.is cents soldnts extermins, quatorze officiers-
tus, un colonel prisonnier, c'est l, un atout
que, moime- avec le secours de la Banque. I'Es-
pagne ne lIourrait supporter tn nombre indffini
d'e fois.
Aussi. lai fureur des vaincus ne connat-elle
plus de bornes-. Les arrestations& de suspects se
succdent sans interruption dans toute l'le. Ra-
mollot-Weyler se dit que l'arme rvolutionnaire
se recrutant dans la population civil, s'il incar-
cre celle-ci tout entire, les forces de Maceo et,
de GUmez finiront bien par diminuer, faute de
pouvoir combler les vides que la mort fait dans-
leurs rangs.
En fait de rformes, c'est donc surtout les pri-
sons que l'on rforme en les largissant, les pri-
sonniers, eux, n'tant jamais largis mais, au
contraire, voyantsans. cesse de noutVeaux incar-
crs venir les: rejoindre: La, population de La
Havane diminue, mais celle du fort Morro aug-
mente sensiblement: c'est une compensation.
Ceuta aussi, bien que situ en Afrique, compete
parmi ses htes des Antiliens,. qu'un gouverne--
ment a envoys' i ses frais, rien ne formant
l'esprit comme lesvoyages. Quant ceux qu'on
excute, comme l'ennui;naquit un jour de l'uni-
formit : on les garrotte ou on les fusille : ce.
dernier procd est certainement plus dispen-
dieux, mais il permec de tlgraphier Madri:l
de nouveaux bulletins de victoire dans ca
genre :
Aux environs du fort Morro, un dtache-
ment de douze soldats, commands par' le
brave sergent Tartempionas, a rencontr le
cabecilla Sienpremuerto avec une forte bande.
Nos troupes ont ouvert le feu bout portant,
et, au bout de quelques minutes, la partida
rebelle tout entire tait dtruite. Nous ne
comptons ni un mort ni un bless.

Quand on est, comme le gouvernement espa-
gnol, le champion de la civilisation contre la
barbarie, on aurait bien tort de se gner. La fin
justifie les moyens., a dclar au monde le sefor
Ignacio de Loyola. Exemple aussi glorieux i sui-
vre que celui de son compatriote et prdcesseur
Torquemada !
D'autre part, les journaux madrilnes font.
rage, et le Ileraldo, qui retarde videmment de
trois cents ans, en arrive rclamer l'expulsion:
du territoire franais de notre digne ami le doc-
teur Betancs.
Cet tat d'esprit, voisin d'un delirium pas,
mince du tout, prove videmment que notre
confrre s'imagine que l'Espagne tient toujours
garnison Paris, Sa MajestMarie-Christine tant.
devenue, par la grce de Dieu, reine de France
et de Navarre.
Les pauvres gens I Faut-il que Maceo les ait.
assez battus pour qu'ils aient perdu la tte ce
point!
Cosmno.
-- ._-- -



SUGGESTION

TINTAMARRESQUE


Nous lisons dans notre confrre Le Jour l'arti-
cle suivant, qui montre en quelques lines com-
bien est grotesque la colre de la press madri-
lne, qui ne peut pas dcidment digrer la dfaite
que Maceo vient d'administrer aux troupes espa-
gnoles, et qui commence trouver en France des
difficults srieuses pour son emprunt, malgr la
comdie de la Corogne, duFerrol et de Barcelone.

En attendant que les metteurs de l'emprunt espa-
gnol nous allgent de notre argent, indispensable
pour permettre aux chefs de colonnes, Cuba, de
ne pas se laisser craser par Maceo, certain jourr.aux
de tras los montes semblent s'imaginer que nous
vivons ici sous le gouvernement de la reine Marie-
Christine et de Monsieur Canovas del Castillo.
C'est ainsi que le Hera!do, de Madrid, affol par
la dfaite du colonel Incln, en arrive demander
que le docteur Betancs, qui reprsente Paris le
gouvernement provisoire de la Rpublique Cubaine,
soit expuls de France !
On croirait rver.
Le docteur Betancs est la fois un savant et un
lettr qui, habitant Paris depuis une vingtaine d'an-
nes, a donn notre pays des pieuves de dvoue-
ment qui lui ont valu la croix de la Lgion d'hon-
neur. Rest compltement en dehors de la lutte poli-
tique en ce qui concern la France, il a, dans le jour-


__ __ ~_
-C F? I


* ". c................... .. ; .. "...






1`0 iLL'ET 1896.


LA R'PUBLIQUE CUBAINE


nal la.Rpublique iubaine, public des tudes ex-
trmement remarquables et, avec preuves irrfuta-
bles, 'fait tougher du doigt le-gchis effroyable dan.s
lequel se trouvent les finances espagnoles.
. Cest absolument.son droit, et.le docteur Betancs,
la correction mme, s'tant toujours tenu dans une
attitude qui ne compromettait en rien la neutralit
lrari;ai;., on ne peut rellement rpondre que par
un formidable clat de rire la proposition saugre-
.nue du 'Heraldo., ,
Stop.

'Parlant sur le mme .sijet, -notre confrre de
L'lntransigeant s'exprime en ces terms :
La dernire victoire du patriote cubain Maceo a
produit Madrid un tel affolement que le Heraldo,
perdant toute measure et tout sens commun, en ar-
rive demander l'expulsion de Paris du docteur
.Betancs.
Bien que notre digne ami n'ait, depuis une ving-
taine d'annes qu'il habite Paris, donn la France
-que des preuves d'attachement, s'abstenant de
prendre -la moindre part nos questions de politique
intrieure, se -bornant, ce qui est absolument son
droit, s'occuper des intrts de son pays, la feuille
madrilne, aprs avoir pris parties La Petite Rpu-
blique et L'Intransigeant et invectiv le docteur
Betancs, conclut ainsi:
S Une simple reclamation au ministre des affai-
res trangres serait suffisante pour que le reprsen-
-tant d'Estrada Palma Paris ft immdiatement
conduit la frontire. A de semblables demands,
adresses contre don Carlos et Manuel Ruiz Zorilla,
le gouvernement franais a toujours accd, comme
il le ferait aujourd'hui si, secouant la lthargie et
l'apathie qui dtruisent les forces gouvernementales,
-on montrait un peu de dignity et d'nergie.
Ils vont bien, les journaux de nos allis ! En
attendant qu'on tche de soutirer la France son or
dans un emprunt la Robert-Macaire, on ose parler
de lui infliger une humiliation de plus, avec la
mme dsinvolture que si Marie-Christine apparte-
nait notre famille rgnante ..
Eh bien! mme sous Mline le bondieusard extra-
deur, il y a des ballons d'essai qui ne sont que gro-
tesques et, dans son intrt mme, nous engageons
charitablement notre confrre de tra los montes
*S'en tenir l.

~----------------

LA VRAIE SYMPATHIE

Aux journaux franais qui parent de la sym-
pathie existant entire la France et l'Espagne,
.nous recommandons 'la lecture de l'entrefilet
suivant, public le 12 juillet par La Epoca de
Madrid, journal de M. Cinovas del Castillo :
La Rpublique Franaise, organe de l'ultra-pro-
tectionniste Mline, fait preuve d'une grande igno-
:rance et d'une non moindre injustice quand elle
.critique ie project relatif l'impt sur la navigation.
Qu'auraient.dit les Franais si, lors de la guerre
-contre l'Allemagne, quelque pays s'tait avis de
critiquer les impts qu'ils tablissaient chez eux afin
de se procurer des ressourees?
Mais personnel moins que la France et M. Mline,


qui ont rendu si difficile l'exportation de nos vins,-
ne peut se plaindre du petit prejudice qu'il s'agit de
causer ici pour l'exportation en gnral.
On voit maintenant en quoi consistent les
sympathies que les Espagnols ressentent pour
les Franais. Tout pour eux est affaire d'argent.
Or, l'Espagne, qui n'a pas un sou, entire en fu-
reur l'ide qu'elle pourrait peut-tre se voir
oblige de renoncer l'impt sur la navigation.
Et encore laWmanifestation de cette fureur doit-
elle tre continue. L'Espagne, en effet, compete
sur la France pour trouver les resources don't
elle a le plus urgent besoin si elle veut continue
la guerre Cuba. C'est aux: conomes franais
que le gouvernement de la reine Christine compete
faire appel. Ce sont les pices d'or des renters
franais qu'il veut transformer en balles et en
poudre l'usage des insurgs cubains combat-
tant pour la libert et pour 'la Rpublique. La
press espagnole se trouve, par suite, dans
l'obligation de ne pas manifester trop vivement
les sympathies qu'elle professe l'gard de
la France. Elle met, par ordre, une sourdine
-ses critiques.
Mais la vrit est que le monde official ,espa-
gnol a la haine de la Rpublique franaise, et
que cette haine il ne manquerait pas de la tmoi-
gner ouvertement s'il, lui tait dmontr que les
bas de line des'capitalistes franais sont vides.

i------ .^s ~i-------

ACCORD PATRIOTIQUE

Nous recevons communication du document
suivant que nous sommes heureux de publier,
car il montre que la cause cubaine trouve chaque
jour plus d'appui, measure que la lumire se
fait sur les vnements, parmi les rpublicains
du monde entier:
CERCLE POPULAIRE Gnes, 14 Juillet 1896.
Giuseppe Mazzini
Rue Saint-Sbastien,,
GNES

Monsieur le Directeur du journal
La 'Rpublique Cubaine.
Paris.
Je me fais un plaisir de vous communiquer l'ordre
du jour suivant,vot par le Cercle Giuseppe Mazzini,
dans la soire du -o courant:
L'Assemble du Cercle Populaire Giuseppe Maz-
zini dcide d'envoyer de fraternels saluts aux insur-
gs de Candie et de Cuba, qui luttent pour la libert
contre les tyrannies les plus odieuses que connaisse -
l'histoire: le Turc et le Bourbon.
Faisant des vux pour le triomphe de votre
cause, qui est celle de la libert universelle, nous
vous saluons fraternellement.
Le Secrtaire, Pour le Prsident,
Eugenio Jmer. Federico Queirola.


*


PROTESTATION

D'UN ESPAGNOL


Quoique le socialist M. Ferrer ne soit pas au-
toris h parler au nom des Cubains, nous repro-
duisons sa protestation dans la manifestation
international en faveur de la .paix, Hyde-
Park, le 26.juillet,1896.

Au nom des insurgs cubains, filss de l'Espagne,
je viens protester ici contre la guerre de Cuba,
guerre qui n'a .pas t provoque parles Cubains,
mais par la tyrannie et l'exploitation des gouverne-
ments de la monarchie espagnole.
Nous, les rpublicains socialists espagnols, tant
convaincus que la guerre ne prendra fin qu'avec
la proclamation de la. Rpublique en Espagne,
nous nous engageons lutter de toutes nos forces
pour atteindre ce but.
De la mme manire que nos devanciers d'il y
a 75 ans, avec Riego leur tte, se sont refuss de
partir pour l'Amrique, don't le rsultat fut la fonda-
tion des Rpubliques Amricaines du Sud, nous
nous refuserons aujourd'hui au dpart des nouveaux
60,000 soldats que l'on veut envoyer dans quelques
jours l'ile de Cuba, .dfendre, non la libert, mais
les intrts des capitalistes espagnols. Nous t-
cherons mme que ces 6o0ooo fils du people, que
l'on sacrifierait encore la rapacit des exploiteurs,
se joignent nous pour faire triompher la libert,
qui ne pourra exister qu'avec la Rpublique social.
Ce sera seulement alors que la guerre prendra
fin, car, ayant vain'cu l'oppression par ce seul
fait, tous, Cubains et Espagnols, nous deviendrons
libres.
Vive la solidarity international ouvrire et de la
paix:l

------- -- .--------


'VICTOIRES DCISIVES

M. Cnovas a dclar maintes fois, chacun sait
a, qu'il appliquerait des rformes Cuba, c'est-
-dire qu'il ferait des concessions aux Cubains
(je vous dis que c'est un homme extraordinaire,
M. Canovas) ds qu'il les aurait vaincus; or,
comme M. Canovas vient d'annoncer qu'il allait
incessamment introduire des rformes radicales
dans la grande Antille, nous en avons dduit,
aprs un raisonnement don't nous sommes fiers,
- ah combien I -- que les Cubains sont dfini-
tivement battus.
Eh bienI ce n'est pas trop tt; cette rvolte
devenait fatigante h la longue, et nous allons
pouvoir parler d'autre chose. Toutefois j'ai tenu
i avoir quelques renseignements prcis.sur feue
la Revolution Cubaine, et je me suis instantan-
ment transport chez M. Cinovas, qui m'a dj
- mies lecteurs s'en souviennent peut-tre -
fait l'honneur de m'accorder une interview.
Franchement, j'avais des doutes sur la vra-
cit des dpches espagnoles et je me refusais


croire (bien tort, je le vois present) que les
soldats de Weyler remportent Cuba 365 vic-
toires par an, 366 les annes bissextiles. Je me
hte de le dclarer, M. Cnovas a dissip tous
mesdoutes ce sujet.
Excellence, lui dis-je, je viens vous appor-
ter mes....
Vos conomies, merci;- je vois que vous
tes Franais; a tombe bien,dans quelques jours
l'emprunt aura lieu.
Je demand pardon Votre Excellence,
fis-je timidement, mais je ne lui apportais...
,pear le moment... je ne lui apportais que mes
flicitations. Il parat que la noble Espagne a
fini par vaincre cette poigne de rebelles; vous
avez enfin remport une victoire decisive',;
Nous en remportons tous les jours, hs vie-
toires dcisives.
-- Depuis dix-huit mois ?
Depuis dix-huit.mois et vingt-deux jours.
Mes compliments, Excellence; mais, pour-
tant, j'avais entendu dire que Peraleje, Mal
Tiempo...
Des succs clatants !
Alors, pourquoi avez-vous rappel le. mar-
chal Campos?
Pour raisons de sant.; il dprissait l-bas,
il tait fatigu de vaincre.
Et Weyler marohe aussi bien :que lui?
Naturellement.
Vous tiez moins heureux dants hrdernire
guerre; Palo Seco, La Saira, Las Guzisimas,
vos soldats ont hroquement mordu la pous-
sire.
Hroquement et victorieusement, mon-
sieur.
Je le sais pair'bl'u bien, Exrellenc: ,na-i e.n
certaines circonstances, ils ont i suoeriib jus-
qu'au dernier, 'de sorteq... qu' its n'onit pu pr[lci ter
de 'leur victoire. .
a ne les a pas empch de \'iiirii?,. dit
avec chaleur M. CAnovas, et c'est ce ui fait la
supriorit de l'Espagnol sur tous les autres
hommes ; mme l'tat, de cadavre, il est tou-
jours vaii-queur.
J'en savais assez sur la victoire decisive des
Espagnols. Je pris donc respectueusement cong
de M. Cnovas, qui mie dit, aprs s'tre- vicro-
rieusement mouch: .-
Au revoir, cher Monsieur, vous savez que
j'aime beaucoup les Franais, et j'aurai bien du
plaisir vous recevoir; props, quand vous
-reviendrez, n'oubliez pas de m'app.rt. r...
De la bonne galette de France, pepaai-je
en moi-mmlle.
Oui, ExeBllence, vous pouvez comiptr lessus.

Sangredo."


i -


FEUILLETON


de La Rpublique Cubaine


BATAILLE DE NARANJO


Rcit imparfait d'un tmoin oculaire


(Suite et fin)

Plein d'un sang-froid extraordinaire, le gn-
ral fit turner son'profit tous les accidents. La
fume de l'incendie des pturages tait paisse
comme un nuage. Grce cet obstacle qui nous
cachait aux yeux de l'ennemi, le gnral fit pas-
ser une parties de ses forces sur notre arrire-
garde, afin qu'elle dfilt ensuite par le front,
la vue et la porte des Espagnols, come s'il
se ft agi de troupes fraiches venues notre
aide.
Il tait difficile de deviner les projects d'attaque
forms en ces moments critiques par l'ennemi;
mais ce qu'il y a de certain, c'est que cette ma-
noeuvre parut l'avoir fait renoncer toute entre-
prise sur notre centre. Mais il ne rest pas im-
mobile d'un autre ct. Il lana son infanterie
sur notre gauche, profitant d'une position strat-
gique avantageuse sur laquelle s'engagea une
lutte sanglante et acharne, aprs laquelle les
Espagnols furent repousss, non sans laisser en


notre pouvoir un officer et un cornette blesss.
Parmi les ntres, entire autres pertes, nous comp-
tions parmi les blesss le vaillant lieutenant-
colonel Flor Crombet.
Aprs un si rude combat, vint le calme. Il
tait deux heures de l'aprs-midi, et le gnral
G6mez se disposal prendre son repos. Il ne
donna pas l'ordre ses troupes d'en faire au-
.tant; celles-ci, en effet, avaient mang pendant
l'action, sans quitter leurs postes operation
pendant laquelle nos combatants firent preuve
d'une srnit et d'une confiance parfaites.
Le reste de la journe se passa en change de
coups de feu isols qui maintinrent l'ennemi
distance. La nuit vint ensuite. Un profound si-
lence et la plus complete obscurit rgnaient
dans le camp ennemi. On n'entendait, de temps
autre, que les plaintes involontaires des bles-
ss et le Qui vive des sentinelles. Dans notre
bivouac, montaient joyeuses et brillantes les
flames des feux allums par les ntres et qui
animaient les plaisanteries gnrales de nos sol-
dats, disposs s'adjuger la victoire le jour sui-
vant. Il leur important peu que leur nombre res-
treint ft oppos aux 3,000 hommes des trois
armes qui composaient le corps ennemi. Leur
foi tait trs grande, et la foi est insurmountable.
A sept heures et demie, les clairons et les trom-
pettes rptrent la sonnerie de la retraite et
huit heures celle du couvre-feu, qui vint nous
imposer le silence, lequel ne fut interrompu que
par le bruit que faisaient les chevaux en man-
geant.
Le gnral dormit peu; entour de ses offi-


ciers, il conversait avec eux d'une faon fort af-
fable et se montrait satisfait de la journe.
A attention et diane !
Une demi-heure aprs, Boute sell et che-
val. C'tait le 10 fvrier; le gnral jugeait
l'ennemi en mauvaise posture et pensait que sa
retraite tait probable. Que fire dans ce cas?
Donner l'attaque? Nos munitions se trouvaient
rduites deux ou trois cartouches par home
et il tait assez risqu de se lancer sur un ennemi
suprieur en nombre et en resources. Le gnral
se dcida donc inquiter l'arrire-garde espa-
gnole avec de l'infanterie sous les ordres du g-
nral Maceo, qu'accompagna volontairement,
avec son escorted monte, l'infatiguable San-
guily. L'ennemi se mit en retraite sous le feu de
nos tirailleurs, qui lui firent quelques morts,
don't les ntres ramassaient les gibernes afin
d'utiliser leurs cartouches... Pendant ce temps,
le gnral Gmez, avec deux cents cavaliers,
attaquait l'ennemi Mojacasabe, une lieue de
Naranjo. Il employa cette attaque plus de
deux heures, simulant une charge sur le centre
et faisant subir aux Espagnols des pertes consi-
drables. Mais une charge de cavalerie contre
les trois armes ne devait pas se prolonger et,
aprs plus d'une here d'une lutte acharne et
ingale, les ntres laissrent passer l'ennemi, qui
continue sa retraite. Ses morts et d'autres in-
dices des dommages subis signalrent ses traces
jusqu'au camp retranch de Jobado, o il laissa
ses blesss, se retirant ensuite Santa Clara
pour essayer de rparer la dfaite qu'il venait de
subir.


Nos troupes, Naranjo, restrent toujours en
camp ouvert; les ennemis, au contraire, avaient
toujours t protgs par les broussailles du
bord du ruisseau. Les mancuvres s'effecturent
avec une precision remarquable et le chef cubain
tira si bien parti des accidents et des incidents
de l'action, que l'ennemi en arriva valuer nos
forces 6,000 hommes, alors qu'elles attei-
gnaient peine le chiffre de 600.
Les Espagnols, d'aprs leurs rapports officials,
brlrent 400,000 cartouches et tirrent autant
de coups de canon qu'il en faut pour tenir cons-
tamment pendant la bataille, avec trois pieces
d'artillerie, un boulet en l'air.
Nos pertes furent infiniment regrettables : le
courageux porte-drapeau Martel, don't nous con-
serverons tous la mmoire avec admiration,
mourut l'ambulance, calculant pendant ses
derniers moments la possibility d'une victoire
avec 250 hommes d'infanterie de renfort. Le
commandant Ramon Martinez, victim de son
habituelle audace, mourut glorieusement.
Cette bataille qui, si l'arme cubaine avait eu
des munitions, aurait t pour les Espagnols une
droute complete, tandis qu'ils furent seulement
obligs de battre en retraite, ayant t repousss
de nos positions, cette bataille valut aux ntres
une puissante force morale qui aplanit le che-
min pour l'invasion de las Villas et fut dmon-
tre par d'autres faits postrieurs.


*





LA RPUBLIQUE CUBAINE


30 JUILLET 1896


LA JEUNESSE FRANAISE
POUR CUBA
C'est avec plaisir que nous publions la lettre
suivante qui vient de nous tre adresse, et qui
montre que la grande cause de l'indpendance
cubaine ne tardera pas devenir populaire par-
mi la jeunesse franaise.
Nous remercions les signataires de cette lettre
de leur manifestation aussi spontane que gn-
reuse.
24 juillet 1896.
Monsieur le Directeur de La Rpublique
Cubaine.
Je viens de recevoir votre dernier numro de La
Rpublique Cubaine.
Je vous remercie sincrement de l'apprciation par
trop flatteuse que vous avez bien voulu faire de ma
posie.
J'ai ceur de vous dire que nombreux sont les
Franais, nombreux sont les jeunes hommes qui
partagent avec vous l'amour du Progrs et de la
Libert.
Mon enthousiasme est celui de tous ceux qui por,
tent en eux le sentiment de l'indpendance et du res-
pect du droit des peuples.
C'est mus par cette pense que mes amis se joi-
gnent moi pour envoyer leurs souhaits et leur sa-
lut aux braves de Cuba, et pour vous exprimer leurs
plus vives sympathies.
Fait au Procope, le 24 juillet 1894.


Jean Svre. Goudot, tudiant en droit. Au-
chatraire, employ de commerce. Tychenne, Ar-
mand, artiste peintre. O. Ferrier, tudiant en
pharmacies. Ouchaire, artiste peintre. Goiuty,
employ de commerce. --Brimaud, professeur de
dessin. Bertrand, externe des hpitaux. Th.
Delpuet. H. Piquet, homme de lettres. Fran-
ois Calms, tudiant en pharmacie.- E. Lagaune,.
ngociant Mcon. Jacques Duclos, artiste pein-
tre. Zouligny, employ. A. Cadot, tudiant
en pharmacie.- Tho Beliefond, directeur du Pro-
cope. A. Mathieu. Aillard. E. Bteille, pu-
bliciste.
-------.*. -------
.A-^VIS

Nous prions nos abonns parties passer
l't en dehors de la Capitale, de bien vou-
loir nous transmettre leurs nouvelles
addresses, afin de leur faire l'envoi du jour-
nal sans autre augmentation que la va-
leur d'affranchissement.
----^^- Il Ci-----
LES PROCHAINES ELECTIONS

Le movement lectoral,dans tous les Etats de
l'Union nord-amricaine, va s'accentuant.
A l'heure qu'il est, on ne sait pas qui sera le


candidate des partisans de la frappe libre de l'ar-
gent, qui sont au nombre de plus de 600.
Celui qui a les plus grades chances de succs
jusqu' present est lier Blanc, du.Missouri, qui
est appuy rsolument par les dlgus de l'Il-
linois.
Les dfenseurs de l'or, qui sont environ trois
cents, n'ont pas dsign davantage leur candidate,
et, pour gagner du temps, ils voteront pour le
candidate Silverist , qui a moins de partisans.
La premiere runion des dlgus a djh eu
lieu au Colyse, dans les salons duquel peuvent
contenir 15,000 personnel.
Des informations reues jusqu' ce moment,
il rsulte que la Convention adoptera un pro-
gramme (platform) dans lequel sera combattue
la politique extrieure de M. Cleveland, et qui
rclamera la reconnaissance des insurgs Cu-
bains comme belligrants.
On connat dj le programme adopt par la
Convention dmocratique de Chicago.
Dans ce document, la Convention exprime la
sympathie du parti pour les Cubains et emploie
d'es phrases analogues celles du programme des
rpublicains.
En dernier lieu, une dpche de Chicago dit
que l'assemble plnire du parti dmocratique
a dsign comme president provisoire, par 556
voix contre 349, le snateur Daniel, partisan du
bimtallisme.


Nous donnons les renseignements qui prc--
dent pour bien montrer nos lecteurs qu'en
Amrique tous les parties, dmocratique comme
rpublicain, inscrivent indistinctement dans
leurs programmes la reconnaissance de la.
belligrance de Cuba.
Dans un prochain numro nous nous occupe-
rons de l'lection de M. Mac-Kinley.


TIMBRES-POSTE CUBAINS
Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains.
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais sont de 2, 5,10,
le dessin,repr- 25 centavos (le
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vaut0fr. 05de
pour tous les monnaie). Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.

L'Administrateur-Grant: FOURREAU.
TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126-


POUR


PARAITRE


PROCHAINEMENT


LA


t


LE CONFLICT HISPANO-AMERICAIN


M. MESTRE AMABILE,


Chevalier


de la


Lgion


d'Hlonneu r


i il iI hl a il e l [le I[l IafaIala[ A IIU IIIJfII i ii ieIlail IIIIIIilsilo I~I~Ilaa i i tfi e ll Ie i i I
ES.TX: 2 E'FLATCSilillllllll


IGNAcIO MiOR

Por Gonzalo de Quesada
S
Un tomo, de venta 50 cen-
tavos el ejemplar, en la Adminis-
tracin de Patria.

81, New St. New-York



Cubaala luria espoala

Se ha puesto A la venta, al precio de
25 cts. ejemplar, el folleto que contiene
el discurso del senior Manuel Sanguily,
pronunciado el 27 de Noviembre ltimo
en Chichering Hall, y que est reputado
como la mis fulgurante de sus oraciones
tribunicias.
Los pedidos pueden dirigirse a la admi-
nistraci6n de Pairia, 81, New St., New-
York.



JOs MARTI
Y LA

REVOLUCICN CUBANA

:'iscurso pronunciado por Manuel SAN-
G&lLY el 19 de Mayo de este afio, en la reunion
pblica para conmemorar el primer aniversario
de la muerte del clebre patriot cubano.
Se vende en la administracin de Patria, 81
New Stret, New York.


ENSAYOS POLITICOS

ARTICULOS Y DISCURSOS
POR

RAFAEL SERRA.

Un voldmen de ciento cincuenta piginas,
de venta en la Imprenta Amrica, 284;
Pearl St. a 25 cts. cada ejemplar.


COLLECTIONS


PATRIOTISM

POR

GONZALO de QUESADA



Un voldmen, de venta en la Adminis-
traci6n de Patria, 81, New. St. New-York,
4 50 centavos el ejemplar.


COMPLETES


DE


/ 'er ?, a


Nous avons l'honneur d'informer nos lecteurs que nous mettons
en vente la collection complete du journal LA RPUBLIQUE
CUBAINE, comprenant les deux trimestres chus, pour le prix net
de 16 francs. Les frais d'affranchissement restent notre charge.
Dans ce journal illustr, le seul organe Cubain en Europe, on
trouvera les renseignements les plus complete et les plus exacts
sur la guerre de Cuba.
Les personnel qui dsirent acheter cette collection, pourront
continue leur abonnement au journal, suivait le nouveau tarif
rduit partir du r Juillet 1896.

Toute demand de collection devra tre accompagne d'un
mandat-poste de 16 francs et adresse M. l'Administrateur-
Grant, 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, PARIS.


CUBA LIBRE
Organo de propaganda
y defense de la independencia de
Cuba en el Rio de la Plata

DIRECTOR:
RAMON VALDS GARCIA
Oficinas : 12, Mercedes
Se public los domingos en Montevideo




Hrnes Humilfde

BIORIIS POR DE IEOLUlONIIOS CUBNOS
POR


SERAFIN


SANCHEZ


Un volmen, de venta en la Adminis-
tracin de Patria, 81, New Street, New
York, 50 centavos el ejemplar.



PATRIA
ORGANO OFFICIAL
DE LA
)elegaeiii del Partilo Revoluionario Cialln
Periodico fundado por Jos MARTi
y dirigido por ENxIuLE Josa VAnoNA
SE PUBLIC LOS MIRCOLES Y LOS SABADOS
REDACCION Y ADMINISTRATION
81 NS W ST., NewZ -'Yorli7


oC-- r


I


_ ~ -------~~__ ~.,~,~e~s~n~--Y-o~b~--~~-~-- .~ .111~


r


e
r
---




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs