Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 23, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00028
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Full Text






















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vinceat-de-Paul Ire Anne PARIS 23 Juillet I896 No Une anie, ayale avanc... 20 'i
2r Un semestre, bIed 'v. i.c. ..I fi'-. 21.5 Un trimestre, id. i .. il fr. 6.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: Ea LAD OU trimester, iL'.TRA
A L'ETRANGER
TEL 2IPHONT PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne, payable d'avance ............. f r.
Un semiestre, id.. id. ............ 3 r.
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMEtRO ....... O fr. 2


L'INFORMATION

EXTRIEURE


Nous sommes heureux de reproduire l'article
suivant public, le 20 juillet dernier, dans le jour-
nal La France et sign Gustave Rouanet, le sym-
pathique dput de la Seine et homme politique
bien connu.
Nous prouvons une vive satisfaction d'avoir
provoqu cet opportun et gnreux article, car
il dmontre que la propaganda que nous faisons
pour la justice de notre cause commence trou-
ver un cho dans l'opinion vraiment indpen-
dante et rpublicaine en France.

Aprs la badauderie et l'engouement, qui sont en
quelque sorte inhrents notre temperament natio-
nal, une des causes d'erreur les plus frquentes et
qui exposa l'opinion prendre souvent le change,
rside dans la faon dplorable don't notre press est
renseigne, en matire de politique international.
On compete les journalists franais vraiment au
courant des questions extrieures! Et encore, parmi
les plus rputs, combien ne sont que les traducteurs
des journaux trangers, o la politique gnrale de
l'Europe tient une place honore, au moins aussi
important que la politique intrieure! Ajoutez ce-
la que la press franaise est la merci d'un syndi-
cat d'agences puissamment constitutes, sur lesquelles
les gouvernements de chaque nation exercent un
contrle svre except en France, toutefois, o
les informations ne sont soumises aucune indica-
tion ni aucun examen.
On devine facilement ce qui rsulte d'une telle
pratique: les agencies extrieures peuvent, au moyen
de leurs correspondents franais les agencies pari-
siennes ne sont gure que leurs correspondents, en
effet; l se rduit leur rle trs modest inonder
les journaux de notre pays de nouvelles tendancieuses
dictes par un intrt politique ou financier absolu-
ment tranger l'intrt de la France proprement
dit. C'est ainsi que se crent les lgendes, que se
fausse l'opinion et qu'une nation comme la ntre
est joue peu de frais, grce un systme d'infor-
mations peu coteux, mais qui rapporte gros, ce-
pendant, ceux qui l'exploitent.
Veut-on un example de la faon don't nous som-
mes renseigns sur les points de politique intrieure
les plus palpitants? Je le prendrai dans le compte-
rendu qu'ont public les journauxd'une manifestation
faite Paris mme en faveur de Cuba, par un haut
fonctionnaire diplomatique des Etats-Unis.
S'il est une question d'actualit, certes, c'est bien
celle-l. Qu'on soit sympathique ou hostile aux Cu-
bains et je ne comprends pas comment un jour-
naliste rpublicain pourrait tre antipathique l'im-
mense effort rvolutionnaire de Cuba combattant
pour son affranchissement l'attitude des repr-
sentants officials de l'Union amricaine offre un
grand intrt, car une complication peut sortir de la


n\n-:i B~bd'd~


tension des rapports entire l'Espagne et les Etats-
Unis.
Eh bien I ces jours derniers, la colonie amricaine
de Paris a clbr le 120' anniversaire de l'indpen-
dance des treize Etats, dans un banquet, auquel assis-
taient, avec les reprsentants officials de Washington,
presents Paris, MM. Boucher et Lebon, ministres
du Commerce et des colonies. Le clou du banquet
fut le discours prononc par M. Mac Veagh, ambas-
sadeur des Etats-Unis Rome.
Pas un journal, ni l'agence Havas, ni l'agence na-
tionale, aucune feuille d'information n'a mentionn
le passage capital de ce discours, ayant trait l'atti-
tude du gouvernement de Washington vis--vis la
Revolution Cubaine. C'est par hasard, en parcourant
le journal La Rpublique Cubaine, organe des
patriots cubains, rfugis Paris, que nous avons
eu connaissance des dcla-
rations trs importantes de
M. Mac Veagh.


M. Mac Veagh dit en
terminant, et ses paroles
furent couvertes de trois
salves d'applaudissements
enthousiastes : Un peu-
ple libre doit sympathiser
ncessairement avec un
people qui combat pour
sa libert.
Je le rpte, ce discours
n'a t reproduit, par ex-
traits ou analyse, dans au-
cun journal franais; au-
cune agence franaise
- n'a fait allusion au pas-
sage que nous venons de
rsumer d'aprs le journal
des rfugis cubains.
II offre cependant un
intrt de premier ordre,
l'heure o on parle cou-
ramrment d'une mediation
possible de la France en
faveur de l'Espagne dans
la question de Cuba. L'opi-
nion franaise a besoin
d'tre aussi fixe sur ce
qu'on dit et ce qu'on pense
Washington de la guerre
de Cuba. Comment pour-
rions-nous tre au courant
de la politique des Etat-
Unis vis--vis de l'Espa-
gne, si un discours come L'pe du
celui-l, prononc Paris,
dans une runion la-
quelle assistaient deux membres de notre gouverne-
ment, a pu passer inaperu ou tre touff par le
silence des agencies.
Et voil comment nous sommes informs en ma-
tire de politique international!
Gustave Rouanet.



LA QUESTION CUBAINE
ET LE CONFLICT HISPANO-AMERICAIN

Tel est le titre d'une brochure de plus de cent
pages in-8O qui doit paraitre Paris, le -1er aot
prochain, et dans laquelle l'auteur, notre trs dis-
tingu compatriote et ami, M. V. Mestre Amabile,


tudie, avec la competence qu'on lui connait, ces
deux questions sous les diffrents points de vue
politique, conomique, diplomatique et militaire.
Ce livre est la reproduction amplifie de l'int-
ressante conference faite par lui, le 5juin dernier,
dans la salle des Socits savantes: il est prcd
d'un prologue de M. le snateur Isaac.
Nous sommes heureux de presenter ds au-
jourd'hui, nos lecteurs, l'avant-propos de cet
ouvrage et l'appel que l'auteur adresse la
France, aux snateurs, aux dputs, la Presse
et aux femmes de France, au dvouement des-
quelles il rend un just et touchant homage.

-------.*. -------

L'PE DU GNRAL GOMEZ

Bien que nous nous soyons dj occups du
prcieux hommage fait l'illustre gnral de
l'arme cubaine par la grande feuille amricaine,
The Journal, nous donnons aujourd'hui cette
gravure, afin que nos
lecteurs en aient con-
naissance. Nous y ajou-
tons ces lines, par les-
quelles le journal am-
ricain fait foi de ce
,cadeau, en mme temps
S que nous reproduisons
les inscriptions de la
lame.
En reconnaissance de
ses services dans la lutte
pour Cuba Libre, et com-
me un tribute d'estime
l'homme et la cause
qu'il reprsente, The Jour-
nal offrit Mximo G6-
i mez, gnral en chef de
l'arme de la Rpublique
des Cubains, une fine pe
.? d'honneur, dcore son
intention et avec des ins-
criptions.
s Cette exquisement belle
S-arme est digne du hros.
Elle a la forme de l'pe
d'un officer de cavalerie,
troite et droite, faite tou-
tefois, non pour servir aux
jours de combat, mais aux
jours de fte, quand la
bonne guerre sera termi-
ne par la victoire.
Surune des faces de la
lame on lit l'inscription
suivante.:
Au gnral Mxi-
mo G6mez, Comman-
dant en chef de l'ar-
me de la Rpubli-
que Cubaine. The
Journal , N. Y. -
Mai 1896.
Sur l'autre face on lit:
-
Avec ses flicita-
nral G6niez tions et ses meilleurs
souhaits pour Cuba
Libre. Mai 1896.
Cette pe est une arme magnifique. Elle sort
de la fameuse maison de New-York, Tiffany
et Cie.
La gaine est en acier grav. Elle est orne
luxueusement avec monture d'or. La poigne est
galement en or. Elle porte d'un ct le mono-
gramme: M. G. mont sur brillants, et sur
l'autre est incrust un drapeau d'argent de la
nouvelle Rpublique. Le sommet de la poigne
est en nacre trs pure et or ; il se termine par un
diamant.
Nous ajouterons que cette prcieuse arme n'a
pas cot au journal moins de 5,000 francs.


*


'I VICTOIRE DE MACEO

Droute des Espagnols. Le gnral
espagnol Surez Incln prisonnier

D'aprs un premier tlgramme retu New-
York le 19 juillet dernier, et confirm par un se-
cond tlgramme envoy de Key-West au jour-
nal ANewi-York Herald, nous sommes informs
que le 15juillet, prs de Pinar del Rio, la co-
lonne espagnole du gnral Surez Inclin, forte
de 2,003 hommes, est tombe dans une embus-
cade qui avait t habilement prpare par le
gnral Maceo.
Cette colonne fut presque entirement anan-
tie : en outre des blesss, les pertes des Espa-
gnols ne s'lvent pas moins de 300 soldats,
don't 14 officers.
En attendant de nouvelles informations qui
nous permettront de donner des dtails nos
lecteurs, nous nous'bornerons ajouter que, par
un autre tlgramme reu postrieurement, on
sait que ce dsastre a produit une profonde
motion Cuba, dans les milieux espagnols et en
Espagne.

-------**~-------


AUX CUBAINS

ET AUX PORTORICAINS

Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont.obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.

Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
AnT. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.

IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rtpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement i l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue a
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes a leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles impotent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btanccs,
6 bis, rue de Chateaudun.


*


g





LA RPUBLIQUE CUBAINE


23 JUILLET 1896.


AUX BOURGEOIS


Les princes des affaires qui soutiennent l'alliance
franco-espagnole pour l'emprunt de l'agonisante
Ibrie organisent en ce moment d'impuissantes
battues. Le crtin le plus malade qui soit ne croit
plus la rgularit des succs castillans que, dans
leur nausabonde impudence, des journaux fran-
ais certifient. Car, en vrit, c'est puril et niais de
crier toujours au triomphe, quand il appert si mani-
festement que l'Espagne est ruine et qu'elle ne peut
aider Weyler vaincre, malgr ses sempiternels con-
vois de troupes.
Il faut dcidment trouver autre chose. Il y a bien
les bordes de matelots franais.dans les ports de
l'Ibrie, pour aguicher l'enthousiasme, mais c'est
insuffisant. Quiconque a bien bu et bien aim doit
louer dignement son hte; c'est l la reconnaissance
du venture et du bas venture, et il est just qu'elle
s'affirme. Mais le prudent bourgeois, le monumen-
tal Homais ne doit pas se laisser engluer par ces fa-
cties : et s'il vidait ses bas de laine, adieu les pa-
niers, vendanges seraient faites.!
Au fond, ceci serait mieux : pourquoi ne dcide-
rait-on pas le'roitelet d'Espagne venir rcolter
moissons de bravos et de fleurs avant les cus ?
La chose est aise, et je ne crains pas que l'on
m'accuse d'encourager la prostitution, car vraisem-
blablement ce roi, trop jeune et pas encore imitateur
de l'Autre, ne rclamerait pas pour sa royale per-
sonne les soins diligemment rotiques de quelque
Clo de Mrode. Donc, si l'emprunt ne colle pas,
il faudra, Messieurs les coulissiers, songer cette
ultime resource.
Certes, vous avez dj men bien d'autres
affaires, selon tous vos vux. Vous avez dj plus
d'une fois domestiqu, avili ce pays, lass les rpu-
blicains de cette Rpublique, corrompu bien des
ministres et des Chambres successives ; vous avez
ruin sans vergogne tant d'individus que, ma foi, je
vous invite rcidiver, puisque les geles ne se fer-
ment pas sur vous. Belles canailles, vous devez tre
satisfaites, tout de mme ? Quelle Thbade et quel
pays de Cocagne! Est-il quelque part un similaire
Eldorado, avec ouvriers et bourgeois plus lches,
avec aussi criminals mandataires ?
Bourgeois de ce pays, qui chrissez l'argent, vous
avez toujours vos oreilles et vos yeux grands ou-
verts ; vous tes cupides au premier chef, gostes,
donc mprisables ; mais, cette fois, aurez-vous le
courage de refuser votre argent qui combat contre
la Libert?
Rflchissez. On vous a montr le ct financier
de l'affaire : l'Espagne aux abois, les mensonges et
les fraudes, des impudentes rclames et des lourdes
promesses. Et il ne s'agit ici que de votre bourse ;
car, en vrit, il serait dment celui qui vous deman-
derait de muer vos rondes personnel en Lafayettes
du comptoir ou de l'officine.
Aussi bien, ceux qui se battent l-bas ne comp-
tent que sur eux-mmes, et ils n'attendent pas de
France ou d'ailleurs les enrlements lgendaires de
nagure. Ces ides-l ont fait leur temps. Ils ne de-
mandent mme pas, n'ayant pas le loisir d'crire,
qu'on leur vienne en aide. C'est notre devoir nous
de le faire pour eux. Bien que yous n'ayez plus
que les satisfactions du venture, vous, les bourgeois,
restez indiffrents aux appeals de l'agio; ayez, une
fois, le courage de ne pas chercher faire une
bonne affaire et, pour le surplus, ne criez pas :
Vive Cuba Libre Ce serait au-dessus de vos
forces, et la reaction pourrait tre grave.
Ce pays, la France, autrefois fut en revolution.
Et cette revolution, elle fut faite votre profit, uni-
quement. Toutes vos charges, vos sincures, vos
fainantises, vous les avez conquises, grce elle,
et par les autres, les malingreux qui se battaient.
Vous l'eussiez jug mal venu alors, celui qui aurait
mis obstacle cette bienheureuse transformation
des choses. Certes, vous l'eussiez plus mal reu
qu'un chien dans votre jeu de quilles, Votre belle
frocit native, cette active lchet qui se satisfait
quand vous tes la foule acharne aprs un seul
individu, aurait consciencieusement fait belle et
bonne cuvre. Vous n'auriez pas eu assez de cris et
d'insultes pour justifier votre basse et nausabonde
personnalit, et votre victim aurait perdu tt l'en-
vie et le moyen de recommencer son ouvre mal-
sante.
Eh bien en retour, ne soyez ni pour ni contre
les Cubains! Laissez les combatants aux prises,
avec leurs seules resources; et il n'est pas douteux,
malgr l'infriorit numrique de l'un des adver-
saires, que la victoire restera celui qui combat
pour la Libert et la Lumire ; cela tant la raison
definitive des hoses.
Saint-IHamans.



AUTORIT ESPAGNOLE


Il existe de srieuses raisons pour soutenir le
systme de l'autonomie comme celui de l'assimi-
lation: mais aucun de ces deux systmes n'em-
pche les colonies auxquelles ils s'appliquent
d'arriver former des nations.
Chez les peuples, come chez les individus,


arrive le moment oi ils dsirent secouer leur
tutelle et se diriger par eux-mmes.
Heureuses les mtropoles qui savent aller au-
devant de ces dsirs en adhrant h de gnreuses
transactions!
Manuel Becerra,
Ancien Ministre des Colonies de l'Espagne.
(Diario de las Sesiones del Congreso)




INTERVIEW

DU DOCTEUR BETANCES


Nous lisons dans La Petite Rpublique Fran-
aise, cette intressante interview :
Manifestation intresse. Le reprsentant
de la Rvolution Cubaine. La brochure
d'Enrique Jos Varona. Les victoires et
la clmence des insurgs. Vive Cuba
Libre!
Aprs la manifestation franco-espagnole de la Co-
rogne et la course a muerte donne par les tore-
ros d'outre-Pvrnes en l'honneur des marines de
notre nation, une pense devait tout naturellement
nous venir en l'esprit :
Est-ce que les gouvernants espagnols ne cher-
cheraient pas nous chauffer dans le but de con-
tracter un emprunt chez nous?
Il pouvait sembler intressant d'lucider cette
question. Et ce, d'autant plus que depuis quelque
temps les journaux officieux ne tarissent pas de rC-
cits enthousiastes sur les victoires remportes Cu-
ba par les gnraux de la Pninsule ibrique.
Nous nous sommes rendu, en consequence, au-
prs du docteur Betances, -reprsentant official Paris
de la Rpublique Cubaine.

Le docteur Betances
Le docteur Betances est une des plus intressantes
figures de l'insurrection actuelle. Grand, fort, l'oeil
vif sous d'pais sourcils, des traits nergiques enca-
drs par une longue barbe argente et des cheveux
blancs et friss, il incarne bien l'activit hroque
des rpublicains des Antilles.
Il nous reoit trs aimablement et, l'expos de
l'objet de notre visit, nous tend une brochure qu'il
vient de traduire et d'diter.

Une brochure
Une prface signe de lui content ce court pas-
sage :
L'Europe s'est rige en juge, et, sauf de rares
exceptions, la press franaise qui, jadis, poussait
les peuples contre le sanglant tendard de la tyran-
nie , brle aujourd'hui l'opprim et encense le ty-
ran.
Nous jetons htivement un regard sur la plaquette.
Elle comporte un plaidoyer just et vrai du Cubain
Enrique Jos Varona, ex-dput aux Corts, en fa-
veur de l'ile qui lutte pour reconqurir sa libert, et
un historique trs complete de l'histoire de l'insurrec-
tion. Nous y reviendrons ultrieurement.
Nouvelles de l'le
Avez-vous reu rcemment des nouvelles de
l'ile ?... demandons-nous notre hte.
J'en reois tous les jours. Mais voici justement
des dpches qui vous difieront ce sujet et d-
mentiront les racontars d'une press alimente uni-
quement, au point de vue de l'information, par les
nouvelles officieuses que transmet la chancellerie
espagnole.
Celle-ci me vient de Calixto Garcia, un des
principaux chefs de la Rvolution. Il me dit que,
dbarquant Cuba, la tte d'une troupe de parti-
sans, il a travers toute la province orientale sans
tirer un coup de fusil.
La lutte n'est donc pas aussi vive que le pr-
tendent la plupart des journaux ?
Dans le cas particulier de Calixto Garcia, il a,
me dit-il, sa recherche deux colonnes espagnoles.
Mais celles-ci ont reu pour mission de ne pas le
rencontrer.
Comment expliquer cette singulire faon de
guerroyer ?
Le gouvernement espagnol ne veut pas courier
de nouvelles dfaites.
Voici une dpche qui me vient de New-York :

Clmence rvolutionnaire
Au combat de la plantation de Najaza, nous
avons fait aux Espagnols I5O morts et 36 blesss.
Nous avons eu, nous, 60o morts et beaucoup de
blesss. Mais nous avons oblig les troupes enne-
mies se rfugier Puerto-Principe et nous les
avons poursuivies jusque-l.
Le combat de Sibanic a t trs chaud. Nous
avons pris un fort l'ennemi et fait un massacre
pouvantable. Tout le village, qui tait un poste
espagnol, a t rduit en cendres.
Mximo Gmez se promne sur les ruines, ra-
massant les blesss espagnols qu'il m'a ordonn de
panser et de mettre ensuite en libert absolute.
Dans la position stratgique que nous occu-
pions, il tait impossible qu'on nous fit des blesss;
par contre, Fennemi, rang sur un champ ouvert,
tait cribl de balles.
Il s'est rfugi dans l'glise, qu'il a prise la


baonnette, et d'o il nous tirait de nombreux coups
de canon.
Nous occupions le bois.
On nous a ordonn d'attaquer l'glise au ma-
chete. Nous en avons dlog les Espagnols et avons
dispers ensuite leur cavalerie. La bataille s'est des-
sine en notre faveur.
L'ennemi se retirait en ordre; mais la mort
d'un chef a sem la panique et tous ont fui honteu-
sement.
Aprs trois jours de lutte, Sibanic n'tait plus
qu'un monceau de dcombres. On a fait l'appel, et
nous avons eu le bonheur d'entendre tous nos ca-
marades rpondre par le mot present .
Aprs quoi nous nous sommes mis en march
aux cris de : Vive notre gnral! Vive Cuba Libre!
Voici, en effet, qui ne concorde gure avec les
dclarations officieuses.
Ecoutez encore la lecture de cette dpche:
Le gnral Carrillo a attaqu la colonne espa-
gnole du gnral Oliver, Placetas (district de Reme-
dios). Cette colonne a t compltement anantie.

Les nouvelles offfeieuses
Que voulez-vous rpondre cette information
donne par Le Temps? demandons-nous, en termi-
nant, au docteur Betances. Et nous lui mettons sous
les yeux le dernier numro de notre confrre du soir,
qui content ces lignes :
La Chambre a adopt les budgets de la prsi-
dence du conseil et du ministre des affaires tran-
gres.
Dans le courant de la mme sance, un dput
a interrog le gouvernement au sujet des affaires de
Cuba. Voici les points sur lesquels il a demand des
renseignements ou exprim des opinions.
Depuis trois mois, quelques gnraux ne peroi-
vent pas leur solde.
Le comit flibustier de New-York reoit des ren-
seignements du comit prsid Paris par M. Be-
tances, lequel est en communication avec les co-
mits flibustiers secrets de Madrid. Il faut que le
gouvernement espagnol prennent des measures
contre les menes des ennemis de l'Espagne.
Je ne puis, nous rpond le Cubain, qu'oppo-
ser ceci un dmenti absolu. Je n'ai pas de com-
munication avec les prtendus comits secrets de
Madrid.
Nous prenons cong, sur ces mots, du reprsen-
tant de Cuba Libre, en le remerciant de son obli-
geance.
Voil donc qui est dmontr. L'Espagne n'a plus
d'argent pour payer ses gnraux et ses soldats: elle
mdite un emprunt et s'adressera probablement
nous pour le couvrir.
Tel est le secret des manifestations de la Corogne.
Gardez-vous donc de tout naf emballement, fils
de la Rvolution de 1792, et laissez les finances es-
pagnoles s'puiser dans la lutte folle entreprise par
une monarchie pourrie et autoritaire contre un
people qui proclame son droit l'existence et la
libert.
Louis Marie.


AVANT-PROPOS


Les peuples maltraits conmmncent
part se plaindre; ils rclament ensuile et
finalement ils ont recours il la guerre.
Edouard Laboulaye.
L'histoire est inexorable. Co qui no
peut tre rsolu par la discussion doit tL
ou tard l'tre par les arms.
Cdnovas del Castillo,
President du Conseil dos Minis-
tres espagnol.
Si nous no voulons pas ruiner l'Es-
pigne, il faut que nous entrions franche-
mient dans lo eorrain des liberts, car si
je crois quo Cuba est Irop petite pour
tre indpendante, elle est plus que sulli-
saute pour tre une province espagnole;
qu'on ne lui envoie plus cette srie do
mauvais employs, tous de la Pninsule;
qu'on donne accs aux tils du pays, et que
les emplois soient stables.
Lettre de Martine Campos
M. Cdnovas del Castillo,
du 9g mai 1878.

La situation des Cubains, crass par le fonction-
naire espagnol, traits en parias par d'arrogants et
rapaces envahisseurs, tait devenue intolrable. Ils
ont voulu secouer ce joug.
La Revolution est ne de ce rveil de la dignit et
du patriotisme. Jamais cause ne fut plus lgitime.
C'est ce que j'ai entrepris de dmontrer dans ces
pages, reproduction amplifie et complte par des
documents prcis de la conference donne par moi,
le 5 Juin, devant une foule de notabilits parisiennes
et trangres, l'Htel des Socits savantes.
Les paroles de vrit, de conciliation et d'huma-
nit que j'ai fait entendre cette reunion, devaient
revtir une forme definitive; c'est donc pour largir
l'cho de ma voix, pour en rpandre les ondes sc-
nores au sein des populations latines gares par
une press partial ou complice, que j'ai crit cette
brochure, o l'on ne devra pas chercher la forme
chtie d'un pamphlet littraire, mais simplement


les vcux d'un patriote, pour la prosprit et la li--
bert du pays qui l'a enfant.
Tout command la sympathie en faveur des rvo-
lutionnaires Cubains ; et cependant l'Ambassade
espagnole, par les notes ou les dpches qu'elle fait
insrer chaque jour dans les journaux parisiens et
provinciaux, a russi fausser l'opinion, que dis-je,
exciter les passions contre les hros qui, sans ar-
mes, sans organisation,-sans argent, rsistent depuis
de longs mois toutes les armes de 'r'Espagne.
C'est pour clamer haut la vrit ,que j'ai donn
la conference du 5 Juin; c'est pour rnp.:,ndr.. au
dsir que m'ont exprim d'minents auditeurs, que
j'ai repris mon travail d'improvisation, que j'ai mis
de la mthode dans mon plaidoyer, que j'ai appuy
de documents et de pices officielles nos justes
revendications, qu'enfin je l'ai complt par une
srie de portraits, par un rsum historique et go-
graphique 'et par une carte gnrale de Cuba, dresse
par moi au course de diverse expeditions dans la
grande ile Antilienne.
En publiant cette brochure, je crois remplir un
devoir de reconnaissance vis--vis du public pari-
sien qui m'a si flatteusement accueilli ; j'ai surtout
la conviction de faire mon devoir de patriote, et je
remercie Monsieur le Snateur Isaac d'avoir bien
voulu le reconnatre dans ces lines qu'il a publies
et que je suis fier de placer, sous forme de prolo-
gue, en tte de mon modest travail.


Arpel
La solution que e propose: Rconciliation dans-
la libert commune, est la seule 'digne, la seule
avantageuse, la seule honorable pour l'Espagne.
Si, malgr mes efforts, mes prires, mes appeals
vhments l'humanit, la justice, ma voix ne
trouve pas d'cho dans l'oreille et le cour des gou-
vernants espagnols, si la guerre fratricide, barbare et
ruineuse continue, je fais appel la gnreuse et
loyale France rpublicaine pour qu'elle fasse au
moins ce que la France monarchique fit en faveur
de Washington et du people amricain.
Je demand aux Snateurs et aux Dputs que,
sans compromettre les relations de la France avec
les autres pays, ils placent, l'occasion, un mot de
sympathie en faveur de mes compatriotes etfassen
reconnatre leur quality de belligrants.
Je demand la press franaise, surtout la
press rpublicaine, qui fait inconsciemment le jeu
d'un gouvernement gallophobe, qu'elle s'inspire du
vritable sentiment de fire indpendance auquel
obissent les rvolutionnaires cubains, qu'elle ne les
traite plus de forbans, d'aventuriers, et qu'elle
reconnaisse la justice de notre cause.
Aux femmes de France, enfin, ces admirable et
vigilantes femmes de la Croix-Rouge qui, sans
souci de la politique et de ses haines, prodiguent
leurs gnrosits tous les blesss, quelle que soit
la couleur du drapeau sous lequel ils ont combattu,
je demand une plus quitable rpartition de leurs
offrandes : qu'elles sachent que les ambulances.
espagnoles ne donnent leurs soins qu'aux blesss
espagnols et passent ct des blesss cubains sans
leur tendre un verre d'eau !
V. Mestre Amdbile.
Paris, I5 Juillet 1896.

----------*~ C-------


UNE LETTRE DU &IERAL CALIXTO GARCIA


Th/e World, de New-York, public l'intres-
sante lettre suivante du gnral cubain Calixto
Garcia, son pouse, qui rside New-York :

.iguani, Cuba, 28 mai 1896.
Dans ma lettre d'hier, je te disais que j'allais
oprer contre Jiguani dans le but d'enlever aux
Espagnols tout le btail qu'ils avaient dans les
faubourgs de la ville. Quelques instants aprs,
je parties; je m'arrtai Canadn o un grand
nombre de vieux amis vinrent me voir.
De trs bonne heure, ce martin, j'tais devant
Jiguani. J'envoyai le commandant Diegner avec
ses guerrillas pour fair sortir le btail des fau-
bourgs, ce qu'il fit sous une grle de balles ve-
nant des dix-huit tourelles qui entourent la ville.
Nous nous sommes empars de tout le btail,
mme de celui qu'ils avaient h l'abattoir, 41,00
animaux superbes, et, come j'avais avec moi
500 homes dsarms, je les chargeai de veiller
sur le butin ; l'heure qu'il est, six heures de
l'aprs-midi le btail est sur la route des dis-
tricts d'llolguin et de Santiago pour tre dis-
tribu parmi les forces cubaines et les families
qui hablitent les champs.
Je suis camp sur l'emplacement o s'levait
la tannerie Rabosa. L'ennemi est compltement
intimid ; pour rien au monde il ne sort des
forts : toute la journe il a tir sur nous, mais il
n'a russi qu' nous lesser un cheval. Nous
n'avons personnel en face de nous.
La concentration de notre second corps d'arme,
command par le gnral lRabi et qui comprend


2 .


_ _I
_






23 JoUi-LLT 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


les forces de Las Tunas, Ilolguin, Bayamo et
Jiguani a eu lieu ce. matin, elle a dur trois
heures. Toutes ces forces, s'levant 4,000
homes, s'taient places sur deux lignes paral-
lles sur une surface de 500 mtres ; l'tat-major
l'extrmit de Fune des lines. J'ai pass la
-evue de ces troupes, en compagnie des membres
du Gouvernement. A droite, taient les forces
-des gnraux Feria, Santana et Capote; a gauche,
celle des gnraux Rios, Salcedo, Lora et Rabi.
Toutes taient bien armes, bien quipes et
remplies d'enthousiasme. Le spectacle tait ma-
gnifique, imposant et mouvant.
Le gnral Salcedo nous prsenta un sergent
espagnol et 24 guerrilleros, qui taient arrivs
la veille de Bayamo, et s'taient joints nous,
bien arms, bien quips avec 200 cartouches
chacun.' Ceci arrive frquemment, car presque
tous les jours, beaucoup de soldats espagnols
passent dans nos rangs. Le sergent nous a dit
-qu'il y avait une grande panique parmi lesEspa-
gnols des villes, particulirement Bayamo, et
-qu'ils n'osent pas combattre.
Dans' ces derniers jours, nous avons remport
une srie de victoires, nous avons battus les
Espagnols partout o nous les avons rencontrs,
leur causant des pertes srieuses.
L'enthousiasme pour notre cause est tel que
de nombreux Espagnols nous aident, en cachette,
autant que nos compatriotes.
Je ne t'en cris pas plus long parce que je suis
trs press. J'attends une bataille d'un moment'
l'autre, car j'ai envoy deux guerrillas, l'une
contre Jiguani et l'autre centre Santa Rita.
Calixto Garcia.

------*i--i-----

D'ACTUALIT


Le marchal Martinez Campos, venant de pren-
dre part.. la discussion de la question de Cuba.
au Snat espagnol, il est tout fait d'actualit de
publier la lettre suivante, crite par le gnral
MAximo G6mez au dit marchal, au moment o
clbres qui ont tant augment la reputation de
l'illustre gnral en chef de l'arme cubaine.
Cette lettre rvle en mme temps toute la
la noblesse, toute la gnrosit qui ont toujours
fait le fond du systme de guerre des Cubains, si
different de celui qu'appliquent le boucher Wey-
ler et ses soldats.
Voici ce document:
Plantation Pulido, 16 janvier 1896.
Province de La Havane.
Gnral. Je me permets de vous adresser ces li-
gnes, pour vous poser une question avec tout le res-
pect et la consideration qui vous sont ds.
Pourquoi cette-grande et nouvelle guerre Cuba ?
- Il n'en faut chercher la cause que dans une vieille
et douloureuse ingratitude et dans une injustice ma-
feste.


Ce fait indiscutable et historique est cause qu'au-
jourd'hui une grande foule d'hommes et d'intrts
se trouvent en conflict.
D'un c6, Cuba, avec tout son droit, ses justes
griefs et ses douleurs : de l'autre, l'Espagne, avec
ses iniquits, ses usurpations et ses cruauts.
L'ile de Cuba est dj perdue pour l'Espagne.
C'est un nouveau pays, mt jusqu'ici, qui se relve
pour se constituer en nationalit.
Cuba peut et veut s'riger en Nation indpen-
dante, comme toutes celles de l'Amrique, et je crois
qu'elle est, en tout tat de cause, perdue pour l'Es-
pagne, laquelle devrait enfin tre assez gnreuse
pour cder, et conqurir; par cet acte de vritable
justice, le droit une noble et ternelle gratitude de
la part des Cubains.
Je vous conjure de faire que l'Espagne ne per-
mette pas que, Cuba doive des trangers l'appui
qu'il lui faut pour conqurir sa libert, ce bien su-
prme; je vous conjure, gnral, de faire qu'elle le
doive sa mre; plus de sang, plus de feu !
L'Espagne, hlas est et sera toujours seule res-
ponsable de toutes les ruines et de tous les dsastres
qui s'accumulent en ce moment.
Vous pouviez faire, mon sens, normment de
bien aux deux peuples, car vous tes le, seul, que je
sache, qui comprenne l'insoutenable situation qui
est faite ici aux Espagnols, et mme vous, qui tes
cependant aussi honnte home que bon patriote,
vous tes le seul qui sentez l'inutilit des sacrifices
que vous faites pour combattre des cohortes libra-
trices, disposes ne cder en rien jusqu' ce
qu'elles aient accompli leurs desseins de libert.
C'est assez de haine, gnral, assez de vengeances,
assez de sang.
Vous avez entire les mains une prcieuse occasion
de sauver le prestige, le bon renom et l'autorit de
l'Espagne en Amrique; qu'elle rflchisse et veuille
faire des concessions, elle sauvera ainsi son honneur
en s'assurant d'immenses trsors de gratitude, d'o
elle retirera d'normes avantages, tant pour le pr-
sent que pour l'avenir, dans ses relations avec les
nations du monde.
Si elle ne se rsout pas ce parti, A sang et
feu , voil ce que command notre dignit et notre
honneur, et voil quel sera notre mot d'ordre, un
mot d'ordre auquel nous saurons nous conformer.
Le style dans lequel je vous cris, qui a toute la
rudesse du soldat, mais qui en a aussi la sincrit,
ne pourra qu'tre agrable au soldat, au gnral du-
quel j'ai l'honneur d'tre, etc., etc.
MJLximno GOne:.

=------*~- i------




Nous prions nos abonns parties passer
l't en dehors de la Capitale, de bien vou-
loir nous transmettre leurs nouvelles
addresses, afin de leur fair l'envoi du jour-
nal sans autre augmentation que la va-
leur d'affranchissement.


*r


SALUT AUX BRAVES! (1)

A Maceo,
A Mdximo G6mee;,
Dfenseurs de Cuba.
Non tu ne vaincras point ces hros, vieille Espagne!
Ce petit people est grand, digne d'un sort meilleur;
En vain, tu veux rgner sur lui par la terreur :
Un vent de libert souffle sur la champagne
Qui fera reculer Weyler le massacreur !
Assez de sang vers, d'attentats et de crimes !
Assez de pleurs amers, de sanglots touffants
Cuba veut tre libre I... Honneur ses enfants !
Honneur ces gants, ces lutteurs sublime
Que nous verrons bientt libres et triomphants !
Arrire l'esclavage et toutes ses tortures,
Et la nuit et l'erreur, et l'Inquisition !
Guerre tous ces tyrans, noble nation !
Guerre aux vieux prjugs, aux lches impostures,
Guerre tout le pass-ptri d'abjection !
Et place la lumire, au Droit, l'esprance,
A l'amour du Progrs et de la Vrit !
Place tout ce qui fait l'honneur et la fiert,
Place au travail aim d'o sort la dlivrance;
Place au respect human, place la libert !
Puisses-tu vivre enfin, jeune Rpublique,
Puisses-tu refouler le flot envahisseur !
T'arrachant jamais ce joug oppresseur,
Puisses-tu t'inspirer de la noble Amrique,
La prendre pour modle et devenir sa sour! -
- Non tu ne vaincras point ces croyants, vieille
[Espagne!
En vain, tu lanceras contre eux tes bataillons;
Tu ne dompteras pas ces soldats en haillons,
Ces braves, qu'en ce jour, votre espoir accompagne,
Ces aptres forgeurs de rvolutions !
Salut aux rvolts, aux martyrs, nos frres !
Salut aux convaincus que nul revers n'abat!
Salut ces vaillants toujours prts au combat
Contre leurs conqurants, leurs bourreaux sculaires !
Salut vous Salut aux hros de Cuba!
Jean Svre.
8 Mars 189G.



TOUT VIENT A POINT.....


A propose d'un article du Ileraldo de Madrid,
o l'auteur, M. Reparaz, racontait comment les
Espagnols avaient t non battus, mais anantis
dans plusieurs clbres combats de la dernire
guerre Palo Seco, la Sacra, las Guasimas, etc.,
nous disions nagure (2)

(i) Bien que le caractre politique de notre journal
et l'abondance du texte d'actualit que nous avons
toujours ne nous permettent pas de publier de
posies, nous faisons nanmoins, avec plaisir, excep-
tion cette rgle, en raison de l'enthousiasme que
rvle le jeune auteur de la posie ci-dessus, don't
l'insertion nous est demande au nom d'un group
d'tudiants du Quartier-Latin.
Nous remercions M. Jean Svre de cette posie
que lui a inspire la cause de la libert et de la jus-
tice que nous dfendons. N. de la R.
(2) Voir La Rpublique Cubaine du 2 avril.


Nous voyons les Espagnols avouer maintenant
(mieux vaut tard que jamais), que leurs soi-disant
victoires de la guerre de dix ans ont t, en ralit,
de grand, dsastres.
Attendons! ils seront forcs d'avouer un jour que
les batailles, les vrais batailles de la guerre actuelle :
Jovito, Peralejo, Sao del Indio, Cayo Espino, Ta-
guasco, Mal Tiempo, Calimete, Coliseo, sans comp-
ter les dernires, dans le dpartement occidental,
ont t de sanglantes dfaites pour les troupes espa-
gnoles.
Ce jour est arriv, les Espagnols avouent tous
les checs qu'ils ont subis, au dbut de la guerre
actuelle, sous le marchal Martinez Campos. Et
nous trouvons ces aveux dans le mme Heraldo
de Madrid :
Le marchal Campos avait promise de pacifier
Cuba pour le printemps dernier, et en janvier il quit-
tait le commandement, laissant l'ile entire envahie,
et sans juger ncessaire d'expliquer, puisqu'il avait
l'occasion de le fire, comment l'ennemi le dlogea
de Las Villas, le chassa de Matan\as, le cerna dans
la Havane et le prcda dans Pinar del Rio.
Et pourtant, sous le commandement de Cam-
pos, comme sous celui de Weyler, le gouverne-
ment espagnol n'a communique aux journaqx
que des rcits de victoires.
On ne connat lavrit, c'est--dire les reverse
chaque commandant espagnol, que lorsqu'il 'a
cd la place un autre; attendons, par cons-
quent, que Weyler soit rappel, et nous saurons
ce qu'ont t les combats de Candelaria, Najaza,
Pinar del Rio, etc. Oui, attendons, et vous verrez
que nous ne perdrons rien cela. Pour le mo-
ment, il nous suffit de constater que l'insurrec-
tion n'a pas perdu un pouce de terrain, et que
Weyler demand des renforts.
Egmont.
--------*t -------

BONNE INFORMATION

Le gnral Lee, consul des Etats-Unis La
IIavane, vient d'crire un de ses parents une
lettre que public The Post, de New-York. Nonus
en extrayons le passage suivant, qui iontiire, ,un-
fois de plus, ce qu'a de savage la gurr'eqie les
Espagnols font Cuba :
Ils n'observent ni les lois de la guerre moderne, ni
les usages reus- par les nations civilises; D par-
tout vient l'cho des atrocits commises par les sol-
dats espagnols, et la barbarie ne constitute pas la
br);oure. Certaines choses qui m'ont t contes
seraient incroyables, si je ne les tenais d'une source
absolument sre. Femmes violes, habitats inof-
fensifs dpouills, assassinate, vol sous toutes ses
formes, telles sont les nouvelles que rapportent in-
variablement les prisonniers. Tous les Cubains sont
suspects, et il en faut peu pour devenir suspect ici.
Tout cela n'est n some que la rptition de l'his-
toire de l'Espagne.
De son c6t, le TWorld, galement de New-
York, vient corroborer l'opinion du consul am-
ricain, par le rcit suivant:
La golette amricaine trois m,s, Mliable Hoo-


. FEUILLETON


de La Rpublique Cubaine


BATAILLE DE NARANJO




Rcit imparfait d'un tmoin oculaire






Le silence de la matine du 9 fvrier 1874 fut
trouble par la joyeuse diane de cavalerie, par la-
quelle le clairon du quarter gnral mit en mou-
vement les forces cubaines campes a Naranjo.
Quelques minutes aprs, les vtrans, rveills
d'un sommeil calme et profound, rallumaient les
feux en attendant de prendre les armes de la
Rpublique qu'ils allaient bientt mesurer avec
celles des troupes espagnoles.
On savait que l'ennemi bivouaquait dans le
polrero de San Jos, trois miles de distance,
observ de prs par une section d'claireurs, sous
le commandant de l'alfrez porte-drapeau, Car-
los Martel.
Aux premires lueurs de cette matine mmo-
rable, Martel ouvrit le feu sur les avant-postes et
les tentes des Espagnols. Ces derniers ne tarde-


rent pas se mettre en march dans la direction
de notre campement.
Ils marchaient dans un sentier d'un mtre de
larger, bord de broussailles et de bosquets de
distance en distance. Devant l'ennemi venaient
Martel et ses claireurs, dchargeant chaque
instant leurs fusils et envoyant notre gnral
des renseignements prcis sur les mouvements
des Espagnols, qui avanaient prudemment et
avec lenteur.
Entre temps, le gnral Mximo G6mez occu-
pait, avec trois cents chevaux du Camagifey, le
front de la position ennemie. Ses forces for-
maient un arc l'extrmit gauche duquel finis-
sait par un angle, une line de 350 hommes d'in-
fanterie orientale, a la tte de laquelle se trou-
vait, avec son tat-major, le gnral Maceo. Le
gnral Sanguily, avec son escorted et celle du
gnral en chef, format la reserve, situe sur le
sommet de l'angle. On avait dtach le capitaine
Correa, av.c un group d'infanterie, quelque
distance sur le flanc gauche, en provision d'une
attaque de guerrillas enemies, attaque rendue
facile par les fourrs qui se trouvaient en cet en-
droit.
Un peu plus loin, un officer, avec un peloton
de cavalerie, couvrait notre flanc droit.
Le sentier prenait fin sur les bords d'un ruis-
seau fangeux qui sparait notre position de celle
des Espagnols.
Le gnral G6mez, avec son tat-major, par-
courait la line, tandis que ses aides-de-camp,
tantt partaient en toute hte dans diverse di-


reactions pour communiquer les ordres, tantt
rentraient dans les rangs aprs les formalits
d'usage, qui indiquaient que leur mission tait
remplie.
Il tait 7 heures du matin. Nos claireurs ap-
prochaient sous une pluie de plomb qui ne suf-
fisait pas i faire cesser les vivats des ntres, ni
leurs coups de feu. Lorsqu'il vit les Espagnols
descendre la barranque du ruisseau, le gnral;
suivi de son tat-major, s'avana leur rencontre,
aprs avoir ordonn au clairon de donner le si-
gnal du silence. Commandement sonore qui,
prcdant un silence profound, devait rendre plus
imposant le bruit des armes qui allait bientt
trouble les forts voisines.
L'ennemi essaya de forcer notre droite. Il fut
repouss par la guerrilla de cavalerie et le fut
galement gauche, presque en mme temps,
par le capitaine Correa, au moment o ses pais
escadrons s'avanaient sur nous, en ordre par-
fait, semblables, avec leurs uniforms bleus et
leurs large chapeaux de jipijapa, des vagues
prtes submerger notre campement, si aucune
digue puissante ne leur avait t oppose.
L'artillerie ennemie, pendant ce temps, ne res-
tait pas inactive, Elle canonnait toute notre li-
gne, et spcialement l'tat-major, si bien que le
cheval fougueux, mont par le gnral Gmez,
reut une grenade dans le poitrail.
Aprs avoir effectu toutes les manceuvres qui
lui paraissaient ncessaires, l'ennemi commena
marcher sur nous d'un air martial et rsolu,
sous le feu nourri de quelques-uns de nos esca-


drons... La distance se resserra, notre clairon
donna le signal de la charge, et un flot de cava-
liers, ceux de la reserve inclus, se lana rapide-
ment sur la cavalerie ennemie qui se replia aus-
sitt derrire un carr d'infanterie, formidable
par le nombre et la discipline. C'est sur un des
cts de ce carr, don't le front tait balay par
les balles, que les ntres vinrent se heurter,
avec de grandes pertes des deux cts. Besogne
sanglante interrompue par l'ordre de se replier,
donn par nos clairons, et par celui de gauche
et allaque des trompettes du gnral Maceo qui,
suivi des irrsistibles fantassins orientaux,
avana rsolument sur le carr, tuant et blessant
tous ceux qui, quelques minutes plus tard, recu-
laient de l'autre ct de l'arroyo pour y chercher
une position meilleure, l'abri des broussailles
et des bruyres.
Le premier acte de cette sanglante reprsenta-
tion tait termin. Nos forces taient revenues
leurs positions primitives. Il est inutile de dire
qu e le amp resta comme un champ de bataille.
Le soleil rpandait ses rayons sur quelques, ca-
davres; la terre tait rouge de sang vers le ciel
montaient les colonnes de fume formes par la
poudre et par les herbes que les dcharges d'ar-
tillerie avaient incendies.

*


(A suivre.)


*


LO___I_


.s I Ii. -~----ii~-~i- ai-ls -I iidC --Li Llp- I------ --~P---L


r ~~' *.'*'; .* '






LA RPUBLIQUE CUBAINE


23 JUILLET 1896


per, de Rockiand, maitre, vient d'arriver New-
York. Elle apporte la nouvelle de rcentes atrocits
commises par les troupes espagnoles Cuba. La
Hooper a quitt Sagua il y a huit jours et, pendant
qu'elle tait dans ce port, le consul amricain lui fit
part du fait suivant : Le commandant espagnol du
port reut de La Havane l'ordre de veiller ce qu'on
transportt en ville tout le tabac cultiv dans son
district. A environ trois miles de l, M. Gonzalez,
citoyen amricain, possde une grande exploitation
de tabac. Le chef espagnol le fit appeler dans son
bureau pour lui demander pourquoi il dsobissait
l'ordonnance du capitaine-gnral, Gonzalez lui
rpondit que les troupes espagnoles lui ayant pris
tous ses chevaux et tous ses boeufs, il lui tait im-
possible de transporter son tabac.
Je suis satisfait de votre explication, lui rpondit
le chef espagnol, vous pouvez vous retierr dans
votre exploitation.
Aprs quoi le commandant fit appeler un jeune
lieutenant et lui ordonna d'escorter Gonzalez jus-
qu' sa plantation. La femme et les jeunes enfants
de ce dernier sortirent pour le recevoir.
Vous pouvez entrer chez vous, lui dit le lieute-
nant, mais vous y resterez jusqu' ce que je vous
fasse appeler.
Quelques moments aprs, les soldats entourrent
la mason d'herbe sche et de boue, auxquelles ils
mirent le feu. La fume obligea bientt la famille
sortir par le derrire de l'habitation; le devant, en
effet, brlait dj. L, on les tua tous. Le comman-
dant envoya un rapport dans lequel il disait que le
lieutenant avait fait mettre mort Gonzalez et sa fa-
mille parce qu'ils avaient essay de prendre la fuite
et de dsobir ainsi ses ordres.
Quelques jours aprs, le gnral cubain Gmez
arriva dans la jurisdiction de Sagua, la tte de ses
troupes. 11 entra dans une grande fureur quand on
lui annona que les Espagnols avaient tu Gonzalez
et sa famille.


Parlant du marchal Martinez Campos, l'He-
raldo de Madrid s'crie :
...l'ennemi le dlogea de Las Villas, le chassa de
Matanzas, l'enferma dans La Havane et le prcda
dans Pinar del Rio.
Ce qui n'empche qu' chacun de ces revers,
l'lHraldo chantait victoire come tous les autres
journaux espagnols; cette poque, voici com-
ment il rendait compete des operations.., malheu-
reuses du grand marchal :
Le marchal Campos a russi attirer l'ennemi
dans Las Villas, puis dans Matanzas; il est retourn
La Havane pout diriger de l la champagne, et il a
repouss les rebelles dans Pinar del Rio,

Hieureusement qu'a ce moment-l nous savions
dj lire les dpches espagnoles.


En veine de franchise, l'Ieraldo dit un peu
plus loin :
Le gnral Martinez Campos a chou avec clat
(!) comme gouverneur-gnral de Cuba, et comme
chef de cette arme...
Conservez bien cette phrase, cher confrre, elle
vous servira bientt; vous n'aurez qu' rempla-
cer le nom de Martine: Campos par celui de
- WlVeyler...


Un qui est amusant, c'est le gnral Pando qui
a dbit srieusement, au Snat espagnol, des
bourdes dans le genre de celles-ci :
Si les Etats-Unis peuvent nous nuire comme un,
nous pouvons leur nuire comme trente...
L'algbre doit tre pour quelque chose dans ce
calcul.
il nous serait trs facile de nous emparer des villes
du littoral amricain.
Voyez-vous Pando conqurant de nouveau
l'Amrique?
Cet... Espagnol-l doit tre charge d'amuser
ses collgues du Snat; gageons qu'entre deux
discours, il fait la roue et le grand cart.
tS
Et dire que la press espagnole parole d'une
alliance franco-russo-rococo-espagnole pour lut-
ter contre les Cubains, tandis que Pando, lui
tout seul, pourrait... Dcidment ils ne sont gure
pratiques, nos voisins..


Au grand bahissement de Martinez Campos,
Pando a dclar Cidesquement que rien n'est
plus facile que de mettre fin a l'insurrection ..:
Pourtant Pandore, c'est-h-dire Pando, vient
d'arriver de 'ile o il commandait les operations
dans toute une province et oit il n'a pas t moins
battu que les autres gnraux espagnols.
9497
Ah! nous y sommes : ce que Pando veut, c'est
qu'on l'envoie i Cuba come general en chef et
gouverneur-geriinrl.
Ma foi, il pourrait bien avoir raison; il est pro-
bable que sous son commandement la guerre
finirait plus vite... et l'argent aussi.


Nous lisons dans un journal de Madrid ce titre:
Arrestation de quarante bouchers . On devine
avec quel intrt nous avons lu l'entrefilet.
Hlas! C'est en Espagne que le fait a eu lieu :
l'heure de la justice n'a pas encore sonn pour
Weyler.


Une dpche, en date du 19 juillet, adresse au
New-Yor/, Jlerald, nous informed que Maceo
vient d'administrer encore une rtcle au gnral
Suirez Incliin.
Quel veinard! H1 n'y en a que pour lui! Suivant
l'habitude espagnole, chaque pile il reoit un
galon; l'heure qu'il est, il doit tre au moins
m a rch a liss ime.

-------I -*a i-------


DERNIRES NOUVELLES


La Chambre, en Espagne, pursuit ses d-
bats sur la rponse au discours du trne. M. Ro-
mero dfend le trait de Zanjn et dit que la po-
litique de M. Calleja a contribu au sparatisme.
Il ajoute que, tant que la guerre subsistera, des
rformes non seulement politiques, mais cono-
miques, ne doivent-pas tre faites Cuba. M. Cai-
novas dfend la solution propose par le parti
conservateur de Cuba. Il termine en disant que
la gloire du trait de Zanj6n appartient au mar-
chal Campos et que la responsabilit seule in-
combe au gouvernement.
Maximo G6mez ne suit pas la route de
Santa-Clara ; on sait officiellement qu'il se dirige
rapidement vers l'ouest avec Calixto Garcia et
douze mille hommes.
Par suite du nombre restreint de soldats
dans les dpartements de l'Ouest, les autorits
de Santiago se montrent alarmes. On ne peut
dtacher des troupes de la garnison, leurs effec-
tifs disponibles tant rduits par les maladies;
l'envoi de bataillons de volontaires, organiiss
dans la pninsule, est considr comme urgent.
La situation s'aggrave, car les soldats et les vo-
lontaires n'ont pas touch de solde depuis le mois
de mars; les achats de vivres se font difficile-
ment; on ne fait plus de credit; la misre qui
rgne dans l'ile oblige le gouvernement nour-
rir de nombreuses families don't les proprits
ont t brles par les rebelles.
Sur le chemin de fer de Matanzas, les re-
belles ont fait sauter, au moyen de la dynamite,
un train de voyageurs. Un gendarme a t tu et
cinq autres blesss, et on compete, en outre, dix-
huit voyageurs plus ou moins atteints par l'ex-
plosion.
A Guanabacoa, on a dcouvert et saisi un
dpt clandestine de 7,000 cartouches.
La Gazette de La Havane public un dcret
annonant qu'h partir du 15 aot prochain, tous
les trangers qui ne se seront pas fait inscrire ne
pourront pas allguer leur quality d'trangers,
s'ils sont arrts pour dlit de rebellion.
Suivant les dpches de Cuba, le bateau
Anionio-Lope: a captur une barque et a fait
prisonnier l'quipage.
Une dpche de La IIavane announce que le
lieutenant-colonel espagnol Gil est mort du vo-
mito-ngro.
Un nouveau draillement a eu lieu prs de
Sagua. Le mcanicien a t tu et deux chauf-
feurs ont t blesss.
A Saragosse, les mres des soldats dsigns
pour aller Cuba ont prsent au prfet une p-
tition contre cet envoi.
Une dpche de La Havane announce que le
docteur Casuso a t arrt ainsi que l'avocat
Viondi, qui est accuse de fournir de l'argent et
des armes aux rebelles.
Des dbats des Corts, il rsulte que nom-
bre de gnraux espagnols, Cuba, n'ont pas
peru leur solde depuis trois mois.
Le gouvernement espagnol continue pr-
parer activement le coup de l'emprunt. Les ftes
de la Corogne et du Ferrol ont t le premier acte


de cette farce qui, si elle russissait, serait la
fois coteuse et dshonorante pour les contri-
buables franais.
La situation militaire et financire de l'Es-
pagne, loin (le s'amliorer, continue donc ,
empire tous les jours.

--------.^.~------

LA PRESS BELGE
Et la Guerre de Cuba

L'Infor'nmatio.n, Bruxelles :
.. ... .. .. .. ...... ... .. .. .. ... .. .. .....
L'Espagne ne s'en inquite gure. Sa colonie n'a
jamais t pour elle qu'une vache lait. Tandis que
Cuba ne vend l'Espagne que pour 3o millions,
l'Espagne, protge par le tarif douanier, y export
pour 13o millions. Elle export aussi et surtout des
fonctionnaires. 11 y a Cuba une administration
presque aussi complique que pour l'Espagne e:n-
tire. Ces employs, indiffrents au pays o ils se
trouvent, n'ont d'autre souci que de s'enrichir. Ils
ne restent d'ailleurs pas longtemps en place. A cha-
que changement de ministre se croisent deux na-
vires. don't l'un apporte les nouveaux fonctionnaires,
et l'autreemmne les anciens. Aussi voit-on quelque-
fois dans les airs deux nuages noirs allant en sens
contraire et galement funestes. Ce qui vexe particu-
lirement les Cubains, c'est que ce regime, qu'on
pourrait justement qualifier de gouvernement d'ex-
ploitation, ne leur reserve aucune des places don't il
dispose. Tout ce corps ne se recrute qu'en Espagne.


Le Patriote Illustre', Bruxelles :

Depuis longtemps, un fait singulier a d frapper
l'imagination de ceux de nos lecteurs qui s'occupent
de politique: C'est le nombre incalculable de victoires
remportes par les troupes espagnoles sur les insur-
gs de Cuba. Il ne se passe pas un jour sans que le
tlgraphe ne nous announce un succs clatant rem-
port par le gnral Weyler ou par un de'ses lieute-
nants. Comment peut-il encore subsister un seul
combattant mal intentionn envers l'Espagne dans
l'ile de Cuba? Certes, si l'on pouvait faire le compete
de tous les rebelles tombs sous les balles espagnoles
(d'aprs les informations tlgraphiques bien en-
tendu) on arriverait, sans aucun doute, un chiffre
fabuleux, tellement fabuleux que lon douterait
bon droit de l'existence de tant de Cubains, mme en
remontant la dcouverte de Christophe Colomb.
Sans nier le courage des Espagnols, il est permits
de croire ici beaucoup d'exagration. Il est fort
tonnant, dans tous les cas, que tant d'exploits, se
succdant avec une rapidit aussi foudroyante,
n'aient pas amen un retirement favorable dans la
situation de cette colonie, la perle des Antilles.


AVERTISSEMENT


Dans l'intrt de la cause que nous dfen-
dons et afin d'en augmenter la propaganda
dans la measure de tous nos efforts, nous
avons dcid d'abaisser come suit le prix
du journal, partir du le' juillet 1896 :
Prix des abonnements :
UN AN SIX MOIS TROIS MOIS
Paris........ 20 11 6
I)partements. 22 11 50 6 50
Etranger..... 25 13
PRIX DU NUMRO : 25 C"mes
En raison du sacrifice que nous nous im-
posons, nous prions instamment tous nos
lecteurs de vouloir bien seconder nos ef-
forts par leur propaganda personnelle en
faveur du journal.

Nous prions ceux de nos abonns don't
l'abonnement choit fin juin, de vouloir
bien nous fire parvenir le montant de leur
nouvel abonnement.

A partir du 1er juin, tout ce qui concern
l'Administration de La Rpublique Cu-
baine, ainsi que les mandats-poste et de-
mandes d'abonnements doivent tre adres-
ss: 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris,
M. Fourreau, Administrateur-Grant.
Paris, le 1-" juillet 189l6.

--------II---------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Rerue Bleue :

Aussi bien, le gouvernement actuel de l'Espagne
ne parait pas, malgr la trs cordiale reception qui
vient d'tre faite nos marines par les autorits aussi
bien que par la population, tre convaincu de la n-
cessit immediate de donner une forme diplomatique
ce rapprochement, et M. Canovas del Castillo, qui
garde peut-tre encore au fond du cour une lgre
prfrence pour le germanisme qui a valu jadis


Alphonse XII son schapska de colonel de uhlans, ne'
pense pas que le moment soit encore venu de modi-
fier la politique extrieure de l'Espagne.


L'E'aliti', Tourcoing:

Le gouvernement espagnol continue prparer
activement le coup de l'emprunt.
Les ftes de la Corogne et du Ferrol ont t le pre-
mier act_ de cette farce qui. si elle russissait, serait
la fois coteuss et dshonorante pour les contri-
buables franais.
S . . . . ............ .. .......... .... .......
On voit que le besoin de faire appel aux fonds
franais est de plus en plus pressant, il faut dorer la
pilule et embellir la situation, si sombre pour la mo-
narchie alphonsiste.

La Vrit, La Guadeloupe :

Aux plus mauvais jours de notre existence colo-
niale, nous n'avons point connu de Valmaseda,
comme nos malheureux frres deCuba. Aujourd'hui
que nous sommes fondus dans la grande famille
franaise, nous ou les gnrations qui suivront et
qui s'y attacheront de plus en plus, nous pourrions
avoir quelques vellits de nous en dtacher! Cela
n'est pas dans l'ordre des choses possibles.
Maintenant que nous avons rfut cette hypothse
tout fait espagnole, proclamons hautement toute
notre sympathie fraternelle pour les si intressants
Cubains dans la lutte homrique qu'ils soutiennent
pour la grande et sublime cause de l'Humanit et de
la Libert.

Aussi, nous autres, fils et petit-fils d'esclaves, qui
souffrons encore socialement des tristes effects de
l'oppression et des prjugs qui ont pes sur nos
pres, la faveur des rgimes monarchiques, nous
faisons des voeux d'autant plus sincres pour le
triomphe de la cause de l'Indpendance cubaine, que
nous nous offrons nos confrres de La Fraternit
et de La Rpublique Cubaine pour recueillir, au-
prs de nos amis de la race mancipe par la Rvo-
lution franaise et la Rpublique, l'obole destine
soulager les souffrances des hros etdes families des
victims de la Libert cubaine.


Le Rrei!, Stif:

Les insurgs de Cuba'deviennent de plus en plus
audacieux (style official) et de plus en plus victo-
rieux (style vrai). On va envoyer cent mille hommes,
des cinquantaines de steamers, des milliers de ca-
nons, des millions de balles. Trs beau, cet emballe-
ment patriotique qui, en some, fait le plus grand
honneur ce people latin. Mais o prendre l'argent?
Voil la question.


-------* o------

BIBLIOGRAPHIE

Posies Humaines de Jean Svre. Nous
avons reu les fascicules de cette collection de
posies qui se publient et se vendent sparment.
Jusqu' ce jour sont parues les suivantes : ri Rveil.
2 L'Echafaud. 3" Pour les Petits Oiseaux. 4" La
Volupt. 5' Au clair de lune. 6" Irlande. 7" Jehanne
la Sainte. 8" L'Illusion.
On trouvera ces posies, Paris, chez M. Brasseur,
galerie de l'Odon. Au Procope, i3, rue de l'An-
cienne-Comdie. Barbr, dit., 12, boulevard St-
Martin. Ehrhardt, 78, rue Rochechouart. Gou-
lin, 39,, faubourg du Temple. Garnier, 47, rue du
Chteau-d'Eau. Vauselade, 26, rue Fontaine. -
Guittet, 66, rue Claude-Bernard.

Nouvelle Revue Internationale. Nous avons
reu le numro du i5 juilletde cette publication, qui
se trouve chez Dentu, diteur, 3, place de Valois (Pa-
lais-Royal).

Nota. Aux auteurs et diteurs nous donnerons,
sous notre titre Bibliographie, l'analyse de tous les
ouvrages don't on nous aura adress, franco de port,
deux exemplaires.



TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-


sent ci-contre, centavos qui-
estle mrime vaut 0fr. 05 de
pour tous les monnaie). Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.

L'Administrateur-Grant : FOURREAU.

TrOYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126'




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