Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 16, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00027
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
A-Urie anne, payable d'avaice... 20 fr. 22 Ir.
PARI SH 1estre, til. id. ... il 'r.. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: e n~LADA.S6JOle9O Un trimestre, id. id. ... 6 fr. .O50
T"E-.iPEO sbE A L'TRANGER
SPARAIT TOUS LES JEUTDIS rne annie, payabl>le 'avance...........25.. r.
Les mauscrits ne sont pas rendus n sem tre, d O.....O ...... 3
Les manzuscrits nze sonzt pas rendus =uN Nu'Iio...... 0 fT. 2"5


AUX


PORTEURS


DE L'EXTRIEURE

Pourquoi l'Espagne ne peut se rsoudre
se dessaisir de Cuba

Du journal L'Economiste, de Londres,
du 20 juin 1896:
Ce serait une grande erreur de croire que les
Espagnols obissent une simple question de
sentiment, en affirmant qu'ils ne peuvent pas se
rsoudre perdre les derniers restes de leur
Empire colonial dans le Nouveau-Monde. Leurs
statistiques officielles dmontrent les raisons pour
lesquelles l'Agriculture, l'Industrie et le Com-
merce maritime d'Espagne sont si intresss
conserver un march sur lequel ils jouissent de
privileges dus la difference des tarifs de doua-
nes qui psent si lourdement Cuba et Porto-
Rico sur leurs concurrents trangers. En 1894,
l'anne qui prcde la revolution actuelle, l'Es-
pagne export Cuba 4,682,475, ou, en comp-
tes ronds, 117,061,875 fr. de marchandises.
L'anne prcdente, le chiffre de ses exportations
avait atteint 5,116,968 (127,924,200 francs).
Les marchandises exportes Puerto-Rico s'le-
vaient, en 1893, 964,357 (24,108,925 fr.) et,
en 1894, 1,347,356 (33,633,900 fr.),
On peut aisment se faire une ide de l'im-
portance des marchs de Cuba et de Puerto-Rico
pour l'industrie espagnoleen consultant le Livre
Bleu d'Espagne pour l'anne.1894. Par example,
elle envoie Cuba :
172,781 (4,319;525 fr.) de savon ordinaire;
112,225 (2,805,625 fr.) de bougies;
230,342 (5,758,550 fr.) de tissus divers;
92,000 (2,300,000 fr.) de lainages;
28,891 (722,275 fr.) de soieries ;
190,223 (4,755,575 fr.) de paper ;
124,000 (3,100,000 fr.) de bois et tonnellerie ;
827,762 (15,694,050 fr.) de chaussures;.
38,000 (950,000 fr.) de cuirs et bourrellerie;
1,232 seulement (30,800 fr.) de machines.
Les manufactures espagnoles envoient Puerto-
Rico en 1894 :
41,482-(1,037,050 fr.) de savon ;
42,127 (1,053,175 fr.) de bougies;
369,237 (9,230,925 fr.) de cotonnades;
25,000 (625,000 fr,) de autres tissus;
16,450 (461,250 fr.) de-lainages ;
14,317 (307,925 fr.) de soieries;
36,500 (912,500 fr.) de paper;
.16,765 (419,125 fr.) de bois, barriques, bou-
chons;
137,324 (3,428,100 fr.) de chaussures;
12,800 (320,000 fr.) de cuirs, bourrellerie, etc.
L'industrie espagnole, en dehors des colonies
espagnoles, n'envoie nulle autre part rien qui
puisse se compare ce qu'elle export Cuba,
Puerto-Rico, et aux les Philippines. En ralit,
les products manufactures, exports par l'Espa-
gne aux places commercials autres que ses colo-
nies, ne s'lvent pas, en tout, plus de 25 mil-
lions de francs par anne.
Dans les categories de marchandises exportes
aux colonies, l'Agriculture demieure assez cin
arrire de l'Industrie; nanmoins elle a encore
une certain importance. En effet, dans les
annes mmes o la rcolte est insullisante
fournir les farines ncessaires sa propre con-
sommation, l'Espagne trouve le moyen d'envoyer
Cuba et Puerto-Rico, du bl, de la farine, idu
mas, du riz, des haricots et d'autres crales ;
cela, grce aux taxes normes don't elle frappe
les mmes products, qui pourraient tre facile-
ment introduits par le continent amricain. Les
Cubains ont souvent protests contre ces droits
levs sur les marines ; car ils ne recoivent les


crales amricaines, russes et orientales,
qu'aprs avoir t pralablement importes en
Espagne, d'o cette dernire, aprs les avoir en
quelque sort nationalises, les export dans ses
colonies, non sans laisser une large marge aux
bnfices qu'elle ralise sur les marchs de Cuba
et de Puerto-Rico. L'Espagne envoie encore ses
colonies une quantit considerable de ses vins
et, en 1894, elie export Cuba pour 5,882,775
francs d'huiles d'olive, et Puerto-Rico pour
1,197,175 fr. La plupart de ces exportations de
la pninsule pour Cuba et Puerto-Rico se font
par des vapeurs et des voiliers espagnols, qui
font rgulirement leur service et parent a des
dates fixes des diffrents ports de l'Espagne pour
se rendre dans ces deux les. Ce commerce a
grandement contribu au dveloppement des
intrts nationaux de l1. marine marchande,
Barcelone, Santander, Cadix, a MSlaga, a la
Corogne et dans d'autres ports don't la prosprit
avait beaucoup dclin au commencement du
sicle, aprs la perte par l'Espagne de ses colo-
nies amricaines, l'exception des deux les des
Indes occidentales.
A la suite des intrts industries et manufac-
turiers, et de ceux de la marine marchande, se
placent les rapports commerciaux et financiers
de la mre-patrie avec les colonies et les posses-
seurs espagnols de titres, qui ont, sur une si large
chelle, plac (surtout dans ces dernires annes)
leurs ,p:irg:es ou leurs fortunes dans toutes
sortes d'entreprises cubaines o ils croyaient
trouver la plus grande scurit. Ce n'est pas seu-
lement le commerce d'exportation qui peut don-
ner une ide complete des changes qui se font
entrel'Espagne, Cuba et Puerto-Rico. L'Espagne
a import de Cuba, en 4894, pour 38,643,100 fr.
de products coloniaux, et de Puerto-Rico pour
21,630,125 fr. des mmes products; elle n'a im-
port des les Philippines que pour 17,994,825 fr.
de marchandises. Cuba seule, a envoy l'Espa-
gne pour 12,142,975 fr. de sucres, 3,000,000 de fr.
de cocos, prs de 12,000,000 de francs de tabacs.
P.uerto-Rico a envoy pour 6,550,000 fr. de su-
cres, 12,775,150 fr. de cafs, et 1,037,500 fr. de ta-
bacs.
On ne peut donner de chiffres a pproximatifs
des profits que les classes commercials et finan-
cires tirent de leurs rapports coloniaux, mais il
est supposed qu'ils ont t trs considrables.
Ce n'est d'ailleurs un secret pour personnel que
les milliers d'Espagnols qui parent pour les deux
les, soit come officers coloniaux, soit pour
faire fortune dans les affaires, ont tous pour
objectif d'amasser le produit de leur sjour, plus
ou moins long, dans les Indes occidentales, afin
de retourner dans leurs foyers pour y vivre,
sous le nom d' Indianos , du fruit de ce qu'ils
ont gagn, ou bien encore, comme membres de
la nombreuse classes des pensionns vie du
Trsor colonial, avec reversion des pensions aux
veuves et aux orphelins, pensions pour lesquelles
les contribuables croles sont si lourdement im-
poss.
Le ngoce de l'Espagne avec Cuba et Puerto-
Rico, et l'accroissement des relations qui existent
entire le Trsor Royal et le Trsor Cubain, ont
amen la creation d'un grand nombre de ban-
ques et d'tablissements financiers qui ont aid
le gouvernement placer les emprunts Cubains,
les titres de la Banque cubaine, les obligations
et les actions des Chemins de fer cubains, et ont
aid la scurit des autres intrts, don't la
solvabilit et l'existence mme dependent, pour
ainsi dire, de la conservation des liens qui unis-
sent l'Espagne ses colonies des Indes Occiden-
tales. C'est ainsi que l'Espagne a pu consolider
la dette de Cuba aprs les dix annes de guerre,
de 1868 1879, et la convertir, en 1886, en une
mission d'obligations 6 0/0 de 375,000,000 de
francs, obligations rachetables, garanties par un
droit sur les revenues de la douane cubaine, ou,
a son dfaut, sur tous les revenues de la colonie,
avec la garantie subsidiaire du Trsor Iloyal.
La plus grande parties de ces obligations (i 0 0
est possde par des Espagnols. Plus tard, en
1890-91, le gouvernement espagnol cra pour
875,000,000 de francs de titres cubains, 5 0'0
galement, destins tre garantis par les pro-
duits de la douane cubaine, les revenues de toute
l'le, et par le Trsor Royal, avec le project de
convertir le reste des obligations de 6 0/0 de
18S. et la dette flottante du Trsor Cubain, et


fournir des fonds pour d'autres entreprises. En
fait, 175,000,000 de francs seulement, sur les
875,000,000 de francs de titres cubains, 5 0/0,
furent couls en 1891 pour convertir la dette
flottante du Trsor Cubain et les billets mis par
la Banque seulement.
Le reste demeura entire les mains du ministre
des Colonies, et ne fut jamais employ h la con-
version des obligations de 6 0/0 de 188(i, de
sorte qu'il arriva que les cabinets de Sagasta,
en 1894 et 1895, et de Canovas en 1896, trouv-
rent le moyen de se procurer l'argent nces-
saire couvrir les premires dpenses de la
guerre actuelle de Cuba. Ils.furent implement
autoriss, par le gouvernement espagnol, se ser-
vir des obligations de 5 0/0 de 1890, non pour
convertir les anciennes missions, mais pour
subvenir aux frais d'armement.
Comme chacun le sait, en Espagne, la cons-
quence du vote des Corts fut qu'environ
25,000,000 de francs de ces fonds passrent dans
les mains d'acheteurs particuliers, 63,000,000
dans les Banques de Paris et des Pays-Bas, pour
garantir 50,000,000 de francs d'avances faites
dans l'automne et dans l'hiver de 1895, garantis
en plus par le Trsor Espagnol; 125,000,000 de
francs furent utiliss garantir les avances de
la Banque d'Espagne, sans aucune garantie
subsidiaire du Trsor Royal, et 150,000,000 de
francs garantir d'autres avances plus rcentes
faites par la mme Banque d'Espagne.
Le reste des 875,000,000 de francs, des titres
cubains 5 0/0, a t employ obtenir d'autres
avances des banquiers trangers et nationaux
pour arriver a soutenir la guerre de Cuba ; enfin,
l'ensemble de ces avances sera employ en sep-
tembre, quand la plus grande parties de cette
mission aura pass virtuellement entire les
mains des porteurs de bons et des banquiers
espagnols.
Pour le present, on peut donc affirmer que les
Espagnols, y compris la Banque d'Espagne,
celle de Barpelonne, la banque Hispano-Colo-
niale, la grande Compagnie des Vapeurs transa-
tlan tiques, postaux et autres, la Banque Hypoth-
caire, les agents Madrid des Rothschild de Pa-
ris, et ceux des maisons de. moindre impor-
tances et les capitalistes nationaux possdent un
capital nominal de 1,250,000,000 de francs d'o-
bligations cubaines 5 et 6 0/0, sans computer les
actions et les titres d'une quantit d'affaires es-
espagnoles et cubaines, don't la sauvegarde d-
pend de l'issue de l'insurrection.
Les journaux espagnols et les conomistes ont
constat qu'au bas mot, plusieurs centaines de
millions de livres sterling (1) du capital Espagnol
et de l'pargne sont engags dans les emprunts
cubains, dans leurs travaux publics, leur com-
merce et mme leurs plantations. En outre, le
sort de la rente monopolise des fermiers des
tabacs espagnols dpend en grande parties du r-
sultat de l'insurrection.
Les financiers et les politicians espagnols, d'a-
prs cela sont, dans une certain measure, justi-
fis dans ce dbat, quand ils soutiennent que
c'est une erreur de croire, comme il arrive en Eu-
rope et en Amrique, que l'Espagne dpense inu-
tilement son nergie et ses resources, en s'effor-
ant de conserve sa domination sur une colo-
nie qui lui cote, aujourd'hui, plus qu'elle ne lui
rapport.
Le Gouvernement et le people Espagnol ne d-
ploient autant de determination, dans leur
lutte avec les sparatistes et dans leur resistance
acharne contre l'intervention ou la mediation
des Etats-Unis, que parce qu'ils sont convaincus
que, s'ils parviennent vaincre une fois de plus
les Cubains, ils rpareront, en trs peu d'annes,
les durs sacrifices qu'ils s'imposent pour arriver
dompter l'insurrection, lors mme que le poids
de ces sacrifices devrait tre, pour quelque temps,
support par le Trsor et par les contribuables
espagnols (2).

(1) 100.000,000 (cent millions) de lives sterling font
2,500,000,000 (deux millards et demi) de francs. On peut
peut juger ldu capital employ, s'il y a plusieurs cen-
taines &e millions de livres sterling. N. de la R.
(2) C'est justement cette obsession des hommes d'Etat
de l'Espagne qui les fait entrainer leur pays vers la ban-
queroute et la ruin' de la population pninsulaire.
- de la R.

*


A PINAR DEL RIO


Nous avons le plaisir d'annoncer nos lec-
teurs qu'une nouvelle expdition, sous les ordres
des patriots Julian Sarraga, avocat, et Francis-
co Leyte Vidal, lieutenant-colonel de la dernire
guerre, vient de dbarquer Pinar del Rio,
Le chargement de cette expedition qui est
dj entirement entire les mains du gnral An-
tonio Maceo consiste en 600 rifles Winchester
et fusils Mausser.
480,000 cartouches des deux systmes.
Une grande quantit de matires explosives,
d'uniformes et de mdicaments.
Le corps expditionnaire se compose de qua-
rante et un patriots, savoir:
Abreu, Ignacio; Acosta, Jos Dolores; AgUiero,
Agustin; Arango y Sola, Flix; Azcui, A.
Cabrera, Crecencio; Cspedes, Oscar Correa
y Gil, Gabriel; Cruz, Mariano.
Danquillecourt, Chas. L. Simon; Doughty,
IIoward (lieutenant).
Fano, Victor.
Gonzilcz, Andrs de la T.; Gonzalez Claudio.
Ilebra, Jos.
Lasaga, Antonio; Ledo Padrn, Francisco;
Lima, Rafael M.
Medina, Abelardo; Montes, Pedro.
Ochoa, Antonio.
Prez, Abelardo ; Ponce, Antonio; Poutun,
Amelio; Prieto, Rodolfo.
Rios, Jos Antonio; Rodriguez Acosta, An-
drs; Rubio, Algandro (pharmacien).
Salazar, Jorge; Santo Juan (pilote); Sardi-
fio, Pablo; Serret, Luis; Sternberg, Isidro; Silva,
Carlos; Sosa, Jos.
Trarley, Ira C. (lieutenant); Thomas, G. (m-
dico).
Valds, Modesto ; Vazquez, Antonio; Viel,
Amado; Villalta, Rogelio.
Ds qu'elle fut terre, et au pouvoir des trou-
pes cubaines, qui taient venues la protger,
cette expedition reut son glorieux baptme de
sang, battant la colonne espagnole du colonel
Ochoa.

-------. ------

CARTES DE CUBA

Nous avons le plaisir d'informer nos amis
qu'ils trouveront, chez Mioe Lelong (kiosque 10,
boulevard des Capucines, en face le Grand Caf),
des cartes de l'le de Cuba, notamment celle
dressc par l'Etat-Major Espagnol.


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LA REPUBLIQUE CUBAINE


16 JUILLET 1896.


LA MORT DE JOS MACEO


Les journaux franais portant la, date du 10
courant, se faisant l'cho d'un renseignement
envoy Madrid par le gnral Weyler, ont
annonc que Jos Maceo tait mort dans un co-m-
byt avec les colonnes, espagnoles du gnral
Atlbet et du colonel Vara de Rey (Le Temps).
Le jour suivant, l'Agence Ilavas adresse la
pi'esse une seule lignel confirmant la mort de
Maceo (Journal' des Dbats), en mme temps
qu'on faisait avoir par ,d'au,ti s voices, aux m-
mes journaux, que le Maceo qui avait t tu
n'tait pas le clbre chef du Dpartement
Oriental, mais son frre qui commandait daas
l'Est. (Le Niord.)
Depuis lors, aucun renseignement nouveau
n'est venu confirmer ou dmentir la nouvelle de
faon certain. Dans ces conditions, suivant notre
habitude de ne jamais rien publier qui ne nous
ait t pralablement prouv, nous nous abste-
nons de nous prononcer dans un sens ou dans
un autre. Nous. ne sommes pas suffisamment
difis.
Mais il nous parat opportun de prsenter'ici
quelques considerations que le cas nous suggre.
Elles mritent d'tre tenues en compete chaque
fois qu'on lit une nouvelle du genre de celle
qui nQus occupe.
Il serait parfaitement ridicule de ne pas recon-
natre que si, comme tous ses semblables, Jos
Maceo est destin mourir un jour ou l'autre, en
homme de guerre et en descendant d'une fa-
mille de hros et de patriots, sa mort pour-
rait tre tenue comme plus sre et violent que
celle qu'il aurait reue dans la paix et le repos.
L'immortalit qu'il a conquise comme son frre,
depuis notre dernire guerre, est plus, beaucoup
plus imprissable que celle que pourrait lui
souhaiter l'admiration et l'amour de ses compa-
triotes.
Mais il n'est pas moins opportun de faire ob-
server que le mensonge occupe une place trs
important dans la tactique espagnole. Il s'tale
a satit dans les livres et les journaux, et le g-
nral Martinez Campos l'a reconnu lui-mme par
son ordonnance dans laquelle il interdisait aux
chefs espagnols... de mentir en rendant compete
de leurs operations. Ce'mensonge, lev par les
Espagnols la hauteur d'une institution offi-
cielle, est employ tout propos; mais on en
fait surtout un norme abus quand il s'agit d'an-
noncer la mort de nos chefs les plus connus.
En 1868 et 1869, dans la Gazette de La Ha-
vane, on annona au public, trois reprises dif-
frentes, que Carlos Manuel de Cspedes avait t
tu. Or, le grand patriote de Yara est mort en
1874.
Maximo G6mez a t tu parles Espagnols une
fois par mois, et, s'ils ne le tuent plus, c'est parce
que, la dernire fois, en fvrier, ils en ar-
rivrent jusqu' indiquer l'endroit de la juridic-
tion de Matanzas o avait t enterr le hros de
Palo Seco. Il a t, aprs cela, assez difficile aux
Espagnols de le ressusciter pour pouvoir le tuer
une fois de plus.
Le gnral Jos Antonio Maceo a t tu
chaque fois que ce lion des forts orientales
leur a inflig une droute comme celle de Caca-
raj icara.
En ce qui concern Jos Maceo, il suffit de con-
sulter les journaux pour constater que, dans la
guerre actuelle seulement, il a t tu trois fois
- la prsente inclusivement.
De plus, il est facile de se convaincre que ces
morts officielles de nos grands militaires con-
cident toujours avec quelqu'un des vnements
suivants : dfaite inflige aux Espagnols; dbar-
quement d'expditions cubaines; prparatifs en
vue de faire monter les valeurs espagnoles la
Bourse de Paris et pour lancer un emprunt en
France. La mort actuelle de Jos Maceo coincide
avec tout cela la fois : dfaites rptes, dbar-
quements frquents, hausse de valeurs et em-
prunt ncessaire. Comment, dans ces conditions,
s'empcher de tuer un chef cubain, surtout Jos
Maceo, qu'on avait laiss vivre depuis quelque
temps dj et don't le nom peut laisser une con-
fusion s'tablir avec celui de son frre JosA nto-
nio. Cette nouvelle ne doit-elle pas produire l'im-
pression la plus-profonde et la plus favorable
l'Espagne dans les cercles financiers de Paris?

En some, il n'est pas impossible que le cou-
rageux Maceo soit mort; mais personnel ne doit
le croire tant que le gouvernement espagnol est
le seul l'affirmer.
---------s) ,----


CONFIRMATION

Un tlgramme de New-Yorkl reu la semaine
dernire par notre ami le Dr Betances, confirm
que trois expeditions ont dbarqu rcemment
Cuba, ainsi que nous l'annoncions dans notre
dernier numro.
Une de ces expeditions, celle qui tait envoye


au gnral Antonio Maceo et que commanidait
M. Castillo, a dbarqu si commodment que
M. Castillo a pu aller terre, s'entreteiir et
djeuner avec le gnral, lui remettre tout le
chargement, prendre toute la correspondence
officielle et publique, et enfin se rembarquer et
arriver New-York pour y rendre compete de sa
mission.
Il est absolument dmontr, par ce simple fait,
que ce ne sont pas les croiseurs espagnols qui
peaveitt elmpcher qtue l'arme libra trice reoive
les seconds dot elle a besoin pour assurer Fin-
dpendance de Cuba.

------*------

CONTRE ALLIANCE

FRANCO-ESPAGNOLE


J'espre que les rcentes mi-carmes de la
Corogne et autres lieux ne furent que des bor-
des de matelots hilares, inde fraternels . Je
sais bien que dj quelques suspects et bas es-
prits vont partout et ailleurs, messagers de la
bonne nouvelle , clamant dans de vieilles trom-
pes l'union des races latines. Mais, ce premier
numro ray du programme financier don't M. de
Rothschild prpare la queue, il me platt de croire
que la bonne affaire pleinement dcide, plus
excellemment mijote, ne se fera point tout de
go, sans quelques inquitudes d'Ame.
Beau profit, vraiment, ce serait, cette alliance,
pour tant de honte Des toreros, des Oteros,
musiques de castagnettes et tambourins, que
voil une ide heureuse !
Mais, me dit-on, il ne s'agit que d'argent Par-
bleu, la chose est certain Et cet argent, le
ntre ce sera pour combattre l'hrosme, pour
tcher de remettre sous le joug des hommes
qui eurent l'audace de se rebeller. Libert
tant l'idal, mon Dieu, quel honneur on nous
octroie, quelle just opinion l'on a de nous!
Et, savez-vous, c'est exact : ici, des gens se sont
trouvs qui ont dclar cela fort beau et trs
digne.
Au reste, pour eux, des Espagnols la chose
est retenir ont eu de la pudeur. En l'Assem-
ble sigeante des Corts, des dputs ont belle-
ment dclar que l'Espagne devait trouver en
elle seule assez de virilit et d'argent pour rpri-
mer l'insurrection cubaine. Mais le sort rserv
cette importune remarque faut-il le dcla-
rer? n'a pas t digne d'envie . Il clata
clameur et violence.
Ces sages, pourtant, taientles unique annon-
ciateurs de la fortune suivre dsormais. Si sur
l'Espagne pse le faix de sa colonie, qu'elle le
jette bas Elle se ruine et s'abtit rclamer les
geles d'un people qui a d'autres chiens em-
prisonner. Elle a prouv pleinement sa mdio-
crit, la tnacit de ses concussions, dvoil l'ab-
solue misre de son people, la fin de sa grandeur
de nagure. Qu'elle se rsigne donc rapatrier
ses soldats et ses fonctionnaires avec un bon vent
en poupe. Elle dtient tant d'autres gloires pour
l'us de sa fiert classique : j'en appelle vous,
illustrissimes I.fllodi fleurs de plaisirs en Cas-
tille et Sville! gloires non pareilles !
Quant nous, Franais de France (ceci est
une chanson), soyons roides. N'acceptons des
Espagnols que leurs Oteros et .leurs toreros,
puisqu'aussi bien le Midi, le bouillant Midi, ne
peut se passer de ces derniers. Faisons avec eux
des suicides et des ftes de bienfaisance o
l'on donne aux pauvres cinq mille francs sir
CINQUANTE mille (Sverine, Le Journal du
11 juillet dernier),- il faut bien justifier la mise
en cause des malingreux, n'est-il pas vrai? -
et, contre les Krpps, contre la puissance mili-
taire formidablement organise de l'Allemagne,
s'il nous faut absolument un troisime alli -
ce prtexte sera formul trouvons, ailleurs
qu'en Espagne, en retour de belles et bonnes
pieces sonnantes et trbuchantes, une moins in-
digente quincaillerie d'armes et de munitions;
des bataillons et des escadrons mieux disciplines,
avec de moins loquaces et moins rbarbatifs
capitans.
C'est la grce que je nous souhaite !
Saint-IHamans.


*


CALIXTO GARCIA

EN ORIENT

Des lettres, reues par nous, annoncent que
l'arrive de 'illustre gnral Calixto Garcia
luiignez, dans la region orientale de l'le deCuba,
y a provoqu un enthousiasme extraordinaire.
Certains villages, dit une de ces lettres, tels que
Holguin, Jiguani et autres sont rests uniquement
peupls par Les femmes. Tous les hommes sont
alls grossir les rangs du vaillant gnral, et bien
rare. est le jour o des soldats de l'arme espagnole
ne viennent se mettre sous ses ordres. Le 18 juin on
nous announce qu'une guerrilla espagnole, de 200
hommes parfaitement arms, est passe dans les
rangs du gnral cubain.
.Ces agrables nouvelles sont confirmes par
celles que nous avons publies dans notre num-
ro prcdent. Nous. avons annonc, en effet, que
le gnral Garcia avait envahi la jurisdiction de
Holguin et l'avait parcourue dans toutes les di-
rections sans rencontrer un ennemi.

--------**- -------

L'ESPAGNE

SANS ARGENT


On lit dans El Correo Militar, de Madrid:
Ce matin, la premiere heure, un group nom-
breux de femmes du people stationnait devant la
porte de l'difice dans lequel est situe l'inspection
de la Caisse des Colonies.
C'taient les families des engags volontaires pour
Cuba qui allaient rclamer le paiement dessommes
que ceux-ci leur avaient laisses pour subvenir
leurs besoins.
Or, ces sommes, aussi bien que celles laisses par
les gnraux, les chefs et les officers non seulement
de l'arme de Cuba, mais aussi de celles de Porto-
Rico et des Philippines, ne sont pas encore prtes
tre payes, bien que nous soyons au 6 juillet, parce
que le ministry des Colonies, malgr les appeals pres-
sants qui lui ont t adresss, n'a pas envoy les
fonds ncessaires.
Il est,impossible de montrer plus clairement
qu'il n'y a plus, dj, dans les caisses du gouver-
nement espagnol, ce dernier peso qu'il announce
tre prt sacrifier pour conserver 'ile de Cuba
sous son odieuse domination,
Faut-il encore plus de discrdit et de banque-
route ?

-----** ----

LA RPUBLIQUE IDALE


Quelques-uns de ces profonds hommes d.'Etat
qui, entire le pousse-caf et une parties de domi-
nos, laborent des plans de champagne et rema-
nient la carte du monde, ont accouch d'un plan
funambulesque. Cuba se soulevant de toutes ses
forces contre la domination de sa mtropole, et
l'Espagne s'accrochant non moins dsespr-
ment la colonie d'o elle tire toutes ses ri-
chesses, il s'agirait tout simplement, pour mettre
fin au sanglant conflict, de donner la Perle des
Antilles au Mexique. Celui-ci, son tour, s'ar-
rangerait pour indemniser le gouvernement du
jeune Alphonse XIII.
Un intermde comique, au milieu des trag-
dies par trop longues, a son mrite. On ne peut
donc qu'accueillir par un clat de rire la propo-
sition de ce cadeau qui ressemblerait singulire-
ment celui que Gnes fit autrefois de la Corse
au roi Louis XV. L'aristocratique Rpublique
avait donn ce qui ne lui appartenait pas, et la
France fut oblige d'envoyer le comte de Vaux,
avec une cinquantaine de bataillons, prendre
possession de l'le rcalcitrante.
Il en serait de mme Cuba, avec toutefois
cette difference notable que les braves qui ont
tenu tte toutes les forces de l'Espagne n'au-
raient aucune peine jeter la mer, du premier
coup, celles du Mexique. Comment se peut-il,
nous ont demand quelques personnel, que des
Mexicains, qui ont jadis lutt pour leur indpen-
dance, aient pu couter un pareil project, que les
lRpubliques de l'Amrique Latine ne se soient
pas dj dclares en faveur de la jeune Rpu-
blique Cubaine ?
Comment? Ah! c'est que note sicle est pro-
fondment pntr d'gosme. Chacun pour soi,
est devenu la maxime la mode; Ote-toi de l
que je m'y mette! est le cri gnral, et dj
l'opprim de la veille s'est transform en oppres-
seur.


Rpublique! un mot qui excita les enthou-
siasmes, fit battre les curs, enfivra les esprits.
La Rpublique, pour les lites qui la procla-
mrent, pour les masses qui la cimentrent de
leur sang, puis de leurs votes, c'tait l'idal de la.
justice, du dveloppement intellectual, du bien-
tre, de la libert, de la solidarity humane.
Combien nous sommes loin de cet idal et que
nafs apparaissent ceux qui y croient encore!' Com-
ment, sauf de gnreuses minorits, pourraient-
elles pouser la cause de Cuba Libre, ces Rpu-
bliques amricaines qui ont en si grande parties
conserve l'esprit (le leur ancienne mtropole,
l'esprit de la monarchie, se bornant a changer
quelques appellations et se dbattant ternelle-
ment entire les ambitions du lgiste et celles du
gnral, entire l'arbitraire et les pronuncia-
mientos?
La banque gouverne ces Rpubliques, o ne-
rgnent certainement ni la libert d'Athnes, ni
l'galit de Sparte, ni la fraternity de Thbes. Or,
la banque est pour 'Espagne, et les petits-fils de
Hidalgo, de Morelos, ceux aussi de Bolivar le li-
brateur, se tournert de prfrence vers les com-
patriotes du massacreur Weyler, avec lesquels
ils esprent, pouvoir faire.des affaires. Et les
mmes qui trouvent l'indpendance et la Rpu-
blique choses admirables a Mexico, les dclarent:
abominables ou intempestives h la Havane.
Tout ne doit-il pas tre subordonn l'ide de
gagner quelques millions ? Le gouvernement es-
pagnol, come un fils de famille qui a trop noc,
demand de l'argent cor et cris, dans n'im-
porte quelles conditions, et fait toutes les pro-
messes.
Donc, bas Gmez et vive Rothschild!
Voil l'tat d'me de certain rpublicains de
l'Amrique Latine. Etat d'ame idiot, du reste, car
l'Espagne, obre, ruine, pousse vers la hi-
deuse banqueroute , est hors d'tat de fire
face ses engagements.; condamne, sous peine
de mort, transformer compltement sa vie
dans une crise politique et social, la vieille Es-
pagne s'teint. Cuba, au contraire, tout empour-
pr encore du rougeoiement des incendies, est un
astre qui se lve.
L'une appartient dj au pass, l'autre '
l'avenir.
Avec son sol merveilleux, ses products natu-
rels : cacao, caf, tabac, canne sucre, Cuba,
qui a pu satisfaire aux exigences insatiables de
sa mtropole, possde la vraie richesse. C'est
avec elle qu'il va falloir computer au point de vue
conomique, industrial et commercial.
En dpit du peu de sympathies des financiers
cosmopolites, la Rpublique Cubaine peut, d'ores
et dj, tre considre comme fonde. Son ind-
pendance est aux trois quarts tablie parles vic-
toires de Gmez et de Maceo, et, de plus, elle
possde les sources d'incalculables richesses.
Que sera son dveloppement ultrieur? Ceci
est le secret de l'avenir il est prsumable, tou-
tefois, que les vaillants qui l'auront fonde sau-
ront la fconder dans la priode de paix et d'in-
dpendance.
En tous cas, Cuba, dernire ne des Rpu-
blques, a le devoir historique et on peut croire
qu'elle n'y faillira pas de se montrer la plus
just et la meilleure. Puisse-t-elle, au bout d'une
court volution, devenir, aux yeux de tous ceux
qui l'auront suivie dans les phases troubles de
sa naissance, la Rpublique idale
Cosmo.



ADMINISTRATION
ESPAGNOLE

El Imparcial de Madrid, raconte que le va-
peur Buenos-Ayres, arriv de La Havane la
Corogne, n'avait pas apport moins de
1,840,000 LETTRES.
Ce journal ajoute :
Pour expdier tout cet immense paquet, le per-
sonnel des posters actuellement la Corogne est
just de sept employs.
Voil ce qui se passe dans un port espagnol
de l'importance de celui de la Corogne. Qu'on se
figure ce qui doit se passer pour les autres, et
surtout pour les villes de l'intrieur, et on pourra
se faire une ide de l'Administration espagnole,
en Es-1.1rne mme. Naturellement, les choses
vont encore plus mal dans les colonies espa-
gnoles : Cuba, Porto-Rico et les Philippines.


*


__






16i JUILLET 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


DE L'AUTRE COT

DES PYRNES


A une certain press europenne qui se dis-
pose, 'favoriser un emprunt espagnol en Franc*,
-soit parce qu'elle ignore la vrit, soit parce
-qu'elle est intresse dans les affairs de Bourse,
.soit enfin parce que cela lui plait, nous recom-
mandons les dclarations suivantes faites au S-
nat par le gnral Martinez Campos :
Depuis l'anne 1878, au lieu de nous
rapprocher de nos possessions des An-
tilles, nous nous en sommes spars par
l'augmentation des impts et autres char-
ges, y compris les droits de douane qui
psent sur ce pays.
Les Cubains ne voient aucun bnfice.
Ils savent seulement que la Mtropole
est la cause de tout et que d'elle vient le
mal.
Cela dit, en ce qui concern les motifs qui
poussent les Cubains faire la guerre l'Es-
pagne.
Voici maintenant la parties de la declaration
relative aux pratiques observes par les Cubains
-en temps de guerre.
....... les insurgs rendaient les pri-
sonniers et soignaient nos blesss.
On n'a pas oubli qu'il y a quelques semaines,
le gnral Weyler dclara officiellement que
les Cubains avaient renvoy au fort Melones les
prisonniers et les blesss faits pendant la capture
du vapeur Blico.
Aprs cela, qu'on veuille bien nous dire, sans
parti pris :
1t Si, avec les motifs indiqus par le gnral
Martinez Campos et mme s'ils n'en pouvaient
allguer beaucoup d'autres les Cubains n'ont
pas eu raison de se lancer dans la lutte qu'ils
ont entreprise afin de se rendre libres.
20 Si l'on est en droit de traiter d'arme
de bandits et d'assassins, celle qui soigne les
blesss de l'ennemi et qui renvoie en mme
temps ses prisonniers.
30 S'il existe en Europe une arme quelconque
'qui ait observ, avec plus de fidlit que l'ar-
me- cubaine, ce procd humanitaire usit par
toutes les nations civilises.
40 Si, aprs les dclarations qu'on vient de
lire des gnraux Martinez Campos et Weyler, on
peut considrer comme civilis le gouvernement
espagnol qui, reprsent par ces deux militaires,
a fait fusiller et fusille tous les jours des
prisonniers Cubains, les blesss inclus.
Qu'ils rpondent, maintenant, les journaux
qui se laissent informer par les calomnies et les
mensonges officials fabriqus Madrid ou dans


sa succursale, La Havane Et, l'avenir, lors-
qu'ils voudront s'occuper de la question cubaine,
avant de nous traiter de bandits et d'assassins,
qu'ils regardent de l'autre ct des Pyrnes.

--------.^.P -----,


SYMPATHIE INTRESSE

II parait que le gouvernement espagnol s'est mu
des manifestations de sympathie prodigues ncs
marines par les habitants de la Corogne et du Ferrol.
Il lui a paru que le movement populaire qui se
dessine de l'autre ct des Pyrnes en faveur de la
France tait provoqu surtout par le dsir de re-
chercher l'amiti d'un people qui a su se dbarrasser
de la monarchie et vivre en Rpublique. Cela a
suffi pour inspire aux ministres de la reine Chris-
tine et du petit roi Alphonse une mfiance, d'ailleurs
assez lgitime. Bien que notre Rpublique opportu-
niste n'ait, en effet, rien de bien merveilleux, elle
Support, toutefois, trs aisment la comparison
avec lesgouvernements monarchiques. On comprend
donc que ceux-ci tiennent mdiocrement ce que
leurs peuples aient le moins souvent possible
l'occasion de compare leur situation la ntre.
Les ministres espagnols vont donc serrer le frein
et faire, s'il en est temps encore, machine en ar-
rire.
Ils n'ignorent pas que le cri de : Vive la France!
serait bientt remplac dans toute la Pninsule par
celui de: Vive la Rpublique et ils ont les
meilleures raisons du monde pour envisager sans, le
moindre enthousiasme cette ventualit.
Nous songerons d'autant moins les en blmer
que l'amiti de la monarchique et trs catholique
Espagne nous coterait probablement assez cher.
Il ne faut pas se le dissimuler, en effet: ce n'est pas
pour nos beaux yeux qu'on nous aime. Le mouve-
ment populaire que les ministres dela reineChristine
essaient aujourd'hui d'enrayer, parce qu'il pourrait
avoir des consequences aussi imprvues que f-
cheuses a t provoqu par le gouvernement espa-
gnol lui-mme. Il's'agissait tout simplement, au
dbut, de nous faire quelques avances, d'tre aima-
bles avec nous, afin de pouvoir nous dire au bcn
moment, d'un air dgag:
Pardon, n'auriez-vous pas, par hasard, quelqu( s
millions nous prter? Nous sommes un peu gns,
et vous obligeriez des amis sincres.
Telle tait, telle est encore, d'ailleurs, l'intention
du gouvernement de Madrid. Il nous connait. Il
sait que nous sommes incapables de refuser notre
argent quand on nous le demand d'une certain
faon, et que le meilleur moyen d'obtenir de nous
ce qu'on dsire est de nous prendre par les senli-
ments. Seulement le people espagnol a quelque peu
dpass la measure, au gr de ses gouvernants. On
voulait bien lui faire acclamer la France, mais on
ne s'attendait pas ce que les acclamations de-
vinssent un beau jour sincres.
Voil l'exacte vrit. Elle clate aujourd'hui de fa-
on indniable, puisqu'on voit le cabinet de Madrid
faire les plus grands efforts pour empcher les Espa-
nols de manifester plus longtemps en notre faveur.
Personne n'ignore, d'autre part, que l'Espagne est
en ce moment dans une situation on ne peut plus


prcaire, et qu'elle ne compete que sur l'argent de la
France pour continue la guerre cubaine. Les cen-
taines de millions dpenss par le gouvernement
espagnol en cette guerre interminable ont creus,
.dans le Trsor dc nos voisins, un trou d'une pro-
fondeur inoue. Et ce n'est pas fini. Tous les jours
de nouvelles dpenses deviennent ncessaires. Il faut
entretenir les cent soixante-quinze mille soldats ac-
tuellement aux Antilles, envoyer l-bas cent mille
hommes de plus, fabriquer des canons, des fusils,
des munitions. Tout cela ne se fait pas en jouant
de la guitar et des castagnettes, et les caisses espa-
gnoles ne sont pas inpuisables, quoiqu'en puisse
dire le ministry des finances de la reine Christine
qui se flattait, il y a deux mois, dans un article qu'il
faisait envoyer un journal de Paris, d'avoir dcou-
vert la pierre philosophale et quilibr son budget
avec les rochers des sierras.
C'tait donc sur la France que le gouvernement
espagnol avait compt pour se tirer d'embarras, cette
bonne France, toujours prte venir en aide aux
voisins, surtout quand ils sont aimables avec elle.
Le malheur est que, cette fois, nous n'avons pas
l'air d'tre trop disposs nous laisser faire. Le gou-
vernement espagnol a de la mfiance, nous en avons
aussi, et peut-tre avec plus de raison. Avant de
donner notre argent, nous demanderons savoir
quel emploi on en fera et, peut-tre, quand nous se-
ront fixs sur ce point, hsiterons-nous mettre la
main la poche. On ne saurait, en effet, rien imagi-
ner, de moins propre encourager notre bone v
lont que ce qui se passe actuellement Cuba. Di-
sons d'abord que, malgr les innombrables dpches
fabriques Madrid et annonant tous les matins
de nouvelles victoires remportes par les troupes du
gnral Weyler sur les insurgs, la situation des
Espagnols dans la grande Antille est peu prs
dsespre.
Les Espagnols, disait le Times, en mai dernier,
ont perdu touted autorit sur les districts ruraux et il
ne leur est plus possible de faire rentrer les impts
et respecter les lois, en dehors des limits des villes
o ils tiennent garnison .
D'autre part, quatre-vingt-quinze fois sur cent,
quand les Espagnols prtendent avoir t victorieux,
on peut tenir pour assur que les Cubains les ont
outrageusement battus.
......................... .................
Il est vrai que le gnral Weyler se venge de son
impuissance maitriser l'insurrection, en ordonnant
ses soldats les plus grandes cruauts. Il faut lire
les journaux anglais et nord-amricains qui ont l-
bas des correspondents pour savoir jusqu' quel de-
gr le gnral espagnol et ses soldats poussent la
barbarie. Certains faits sont vraiment coeurants, et
nous sommes certain que la parties saine de la po-
pulation espagnole est la premiere les rprouver.
Peut-tre pensera-t-on, aprs cela, que l'argent de
la France serait assez expos si on l'avanait un
gouvernement embarqu dans une pareille aven-
ture. Et peut-tre nous dirons-nous aussi qu'il serait
peu digne de notre pays de faire les frais d'une cam-
pagne ayant pour but l'oppression d'un people qui
combat pour sa libert et pour proclamer la Rpu-
blique comme le fait en ce moment ie people cu-
bain.
Nous devons donc nous fliciter de voir le cabinet


de Madrid faire les plus grands efforts pour emp-
cher les sujets du jeune Alphonse de nous tmoi-
gner trop de sympathie. Les acclamations espagnoles
nous coteraient dcidment trop cher.
Cela ne veut pas dire que nous rendions le people
espagnol responsible des actes de son gouverne-
ment; mais comme, aprs toutt, c'est la reine et
non lui que nous prterions nos capitaux, per-
sonne ne trouvera mauvais que nous songions les
garder jusqu'au jour o la Rpublique espagnole aura
fait la paix avec la Rpublique Cubaine.
Louis Casabona.

------- ^ ^------

UNE AUTORIT

Les peuples maltraits commencent par se
plaindre; ils rclament ensuite, et, finalement,
ils ont recourse la guerre.
Edouard Laboulaye.



OPINIONS IMPARTIALES


La situation Cuba (')
(L slie's Weekly Illustraded, de New-York)
(Suite).
L'Espagne soutient qu'il n'y a pas d'tat de
guerre Cuba, quoique toutes les villes soient
en tat de sige. Cent quarante mille soldats de
troupes rgulires et trente mille volontaires,
Espagnols de naissance, ont combattu pendant
plus d'une anne contre quarante mille Cubains
qui ont fait plus que de se maintenir'; personnel
ne peut sortir d'une ville, voyager dans l'int-
rieur, entrer dans l'ile ou en sortir sans un pas-
seport special ; il ne s'est pas pass un seul jour
sans qu'il y et de bataille, o, entire paren-
thses, neuf fois sur dix les Espagnols ont t
battus. Eh bien! si ce n'est pas l la guerre,
.qu'appellera-t-on de ce nom? Et s'il n'y a pas de
guerre Cuba, pourquoi les journaux officials
de La Havane publient-ils journellement des ar-
ticles intituls : Tlegrammes de la guerre ou
Chroniques de la guerre? Pourquoi autorise-
t-on les commerants annoncer et vendre des
Cartes de la guerre, et pourquoi le parti rfor-
miste (espagnol) refusa-t-il de prendre part aux
dernires lections en dclarant, pour expliquer
ce refus, que l'on ne pouvait faire d'lections
lgales dans un pays en tat de guerre ? Tout
cela prouve que l'tat de guerre existed, et c'est
une grande sottise de la part des autorits espa-
gnoles que de nier des faits aussi vidents.
Il y a quelques mois, le gnral Weyler dclara
officiellement que, pour le 15 mars, les provinces
de La Havane et Pinar del Rio seraient net-
toyes d'insurgs et que la rcolte du sucre
pourrait avoir lieu. Nous sommes en juillet et

(') Voir les numros des 11 et 18 juin.


FEUILLETON 2
de La Rpublique Cubaine


TEL BOIS


TEL CLAT



PHOTOGRAPHIC DE LA REVOLUTION



Suite et fin)

Pour achever cette esquisse, nous allons ra-
conter une des si nombreuses prouesses de Justo
Pratas.
Au printemps de 1873, si nos souvenirs sont
exacts, le gnral Calixto Garcia liFiguez, ac-
compagnant le Prsident Cspedes, faisait une
incursion dans le district de Manzanillo, la tte
de forces de tous les districts de son commande-
ment.
L'ennemi se trouvait alors entire Bayamo et
Cauto, d'o il dtacha dans la province de Saba-
na Grande une guerrilla qui, sous le commande-
ment du capitaine Bonet, parcourait le pays.
Le gnral tant camp avec ses forces et le
gouvernement autour de Zarzal (Manzanillo), le
colonel espagnol Sostrada vint offrir la ba-
taille.....
A peine -le soleil s'tait-il montr l'Orient,


que dj le gnral Garcia qui, depuis la nuit,
avait combin son plan d'attaque, ouvrit le feu
sur l'ennemi, qui, s'attendant tre attaqu, oc-
cupait des positions avantageuses.
Ce jour-l, le feu de la fusillade ou le bruit de
l'artillerie ne cessrent de rsonner un seul ins-
tant dans la montagne.
Le feu fut ouvert au lever du soleil par le
colonel Nogueras, auprs de Bayamo; il ne
cessa que le soir au coucher du soleil. Les der-
niers coups de fusils furent tirs par les hommes
du lieutenant-colonel Mariano Dominguez, au-
prs de Luz de Yara. Successivement s'taient
prsents dans la bataille, durant le jour, le
chef commandant Jiguani, Paquito Borrero
qui marchait la tte de Cuba, le vieux Pra-
do, qui commandait Guantdnamo. L, chaque
corps s'efforait de dpasser en prouesses celui
qui l'avait prcd.
Paquito Borrero tait arriv sur le champ de
bataille vers une heure de l'aprs midi. Justo
Pratas tait avec lui. Lorsque, avant d'ouvrir
le feu, Paquito examinait le camp et prenait ses
dispositions pour l'attaque, Justo disparut; spar
du corps auquel il appartenait, il grimpa sur l'ar-
bre le plus lev des environs et, avec sa vue
d'aigle, il vit parfaitement la position de l'en-
nemi.
Quelque pense sinistre l'gard des Espa-
pagnols passa dans son cerveau. Les paraboles
dcrites dans l'air par les bombes vomies par le
canon se confondaient avec les branches cou-
pes par les balles et volant en l'air.
Subtil comme l'cureuil, agile comme un petit
cerf, l'enfant descend de l'arbre et accourt
prendre part au combat qui commenait tre


acharn ; au moment o nos soldats, se glissant,
envelopps par la fume de la fusillade, taillent
en pices, coup de sabre, une parties de l'avant-
garde ennemie, Justo se glisse et s'ouvre un
passage travers les rangs espagnols.
Sostrada, entour de son tat-major et pro-
tg par les carrs de son infanterie et par les
mules de son convoi, matriellement bloqu par
les blesss et les cadavres, debout, avec ce cou-
rage qui lui valait tant de renomme dans l'ar-
me Espagnole et avec le sang-froid qui le carac-
trisait, commandait tous les movement au
moyen du clairon qui se tenait sa droite.
Justo, avec une ruse et un courage incompa-
rables, s'avance travers les uniforms enne-
mis, vitant de nombreux cueils, tantt faisant
usage de son machete, tantt trompant la vigi-
lance, mais calme et rsolu, arrive sur le lieu
mme oi le colonel Sostrada, debout, command
un nouveau movement.
Par le flanc droit , dit-il... et les mofs
restent touffs dans sa gorge! Il tombe comme
foudroy Un terrible coup de machele lui a par-
tag le crne, et son cadavre ensanglant roule
et se confond avec ceux des soldats qui, un ins-
tant auparavant, gisaient ses pieds.
Entre temps, Justo arrache d'un coup de tran-
chant le bout de la manche du colonel, saute le
monceau de cadavres qui se trouvait devant lui,
s'ouvre coups de macete un passage dans les
rangs ennemis, et se sauve de cette situation dif-
ficile en poussant son cri de guerre habituel:
Justo Pratas est ici
Peu aprs, saluant gracieusement le gnral
Garcia Ifiguez, et lui montrant l'insigne arra-
che au colonel, il s'crie: Mon gnral, j'ai tu


avec mon machete le chef de la colonne ennemie,
en voil la preuve.
La nouvelle se rpandait aussitt dans notre
camp que le distingu colonel Sostrada, au mi-
lieu de son camp et protg par sa forte colonne,
avait t tu d'un coup de machete par Justo
Pratas.
Il n'est pas ncessaire d'ajouter que cet infant
hroque fut l'objet de l'admiration de tops ses
vaillants compagnons d'armes,


Lorsque le correspondent du New York Hdrald,
M. James J. O'Kelly, se rendit Cuba pour y
tudier la Rvolution, il se mit en relations avec
divers chefs et notamment avec le colonel Sos-
trada. Parlant de lui dans son oeuvre, La Te'rre
du iMambi, il disait: C'est un homme ner-
gique, intelligent, cultiv et trs ambitieui de
gloire.
Il est extraordinaire, ajoutait-il, qu'tant si
instruit, il nourrisse un aussi grand mpris
l'gard de ses ennemis, tel point qu'il les con-
sidre comme indignes d'tre mis en presence de
ses propres soldats... Et plus tard, lorsqu'il
apprit la mort de Sostrada, il s'cria : Qui au-
rait pu dire qu'il succomberait sous le coup de
machele d'un ennemi aussi mprisable.
Y O'Kelly ignorait que Sostrada tait mort de
la main d'un enfant de onze ans!.....


Key West.


F. F.


*





~ LC I -Li ~ -- = -ii I iII -L- --- II --C _11i1i ~ ~- L~ I i s





LA RPUBLIQUE CJUBAINE:


16 JUILLET 1896


Maceo est toujours Pinar del Rio; Aguirre, La-
cret et Zayas sont dans-la province de La Ha-
vane et on n'a fait de sucre nulle part. Il est vrai
qu'il y a quelque temps Maceo avait abandonn
la province de Pinar del Rio avec ses cinq mille
hommes et travers les provinces de La IIavane
et de Matanzas pour se joindre Gomez. Il
n'avait nullement t forc de faire ce mouve-
ment, mais il l'avait, au contraire, excut de
son plein gr, parce qu'il devait avoir une entre-
vue avec Gmez. A peine Maceo tait-il arrived
Matanzas que le gnral Weyler lana une pro-
clamation dclarant que, conformment aux
promesses qu'il avait faites, les provinces de La
Havane et de Pinar del Rio taient "dbarrasses
des insurge. Le gnral Weyler esprait ainsi
produire impression sur le gouvernement des
Etats-Unis. Maceo, instruit de ce qui se passait,
et pour dmentir catgoriquement les succs
don't se vantait Weyler dans sa proclamation, se
spara immdiatement de Gomez, traverse de
nouveau avec son arme la province de La Ha-
vane et rentra dans celle de Pinar del Rio, o il
est encore actuellement.
La nuit qui prcda mon depart de La Iavane,
une des plus importantes maisons de tabacs, re-
ut des lettres de Pinar del Rio, annonant que la
population tout entire s'tait souleve contre
l'Espagne, et que villes, villages, hameaux et
plantations de sucre taient en feu. La province,
disait une des lettres, est une mer de flames.
Voil comment Pinar del Rio avait t nettoy
d'insurgs!
Et la province de La Havane? Les rebelles y
sont de tous les cts! J'avais fait le project d'aller
un matin visiter la plantation Toledo, situe
une demi-heure des portes de La Iavane. La
veille du jour o je devais partir, je me trouvais
8 heures du soir au caf de l'htel en compa-
gnie d'un grand nombre de personnel minentes
de La Havane, lorsque nous entendimes distinc-
tement quelques dtonations, je dois mme
dire de nombreuses dtonations.- Tout le monde
dans la capital prit l'alarme, car il tait vident
que l'on se battait tout prs de la ville. Le lende-
main, six heures du matin, j'appris que l'on me
refusait l'autorisation d'aller la plantation To-
ledo, parce que les insurgs, sous le commande-
ment d'Aguirre, avaient pass par l durant la
nuit, avaient attaqu un fort espagnol, tu un
certain nombre de gardens, brl quelques mai-
sons, puis avaient disparu. Tout cela s'tait pas-
s, sachez-le bien, sous les murs mmes de la ca-
pitale, la citadelle de l'Espagne. Et il en est ainsi
dans tout le pays.
J'ai dj dpeint l'tat du pays dans les envi-
rons de la plantation Mercedes, prs de Colon, et
j'ai montr avec quelle brutalit les soldats espa-
gnols traitent les habitants pacifiques qu'ils fu-
sillent gnralement sans le moindre scrupule.
Mes affaires la plantation ilMercdes, une fois
termines, je la quittai pour la station dj men-
tionne o j'esprais prendre un train pour Ma-
tanzas,
A. B. de Guerville.
(A suivre.)


*


A-T"IS

Nous prions nos abonns parties passer
l'Et en dehors de la Capitale, de bien vou-
loir nous transmettre leurs nouvelles
addresses, afin de leur fair l'envoi du jour-
nal sans autre augmentation que la va-
leur d'affranchissement.

,-------^ ~-------

DERNIRES NOUVELLES

Suivant une dpche de Cuba, plusieurs
engagements peu important ont eu lieu.
La Chambre espagnole a repouss l'amen-
dement des carlistes la rponse au discours du
trne, disant que l'Espagne doit adhrer l'al-
liance franco-russe, conformment aux exigences
des intrts espagnols dans les colonies et dans
la Mditerrane. M. Canovas dit que le caractre
de la champagne de Cuba est l'indpendance.
M. CAnovas fera parattre samedi un memo-
randum sur les ngociations changes entire le
cabinet de Madrid et ls grandes puissances tou-
chant l'insurrection de Cuba.
Hier, a la Chambre espagnole, M. Silvela,
chef des conservateurs dissidents, a fait la criti-
que de la politique gnrale du gouvernement,
notamment au sujet de la question de Cuba. M.
de Leon y Castillo, liberal, fait le procs du gou-
vernement conservateur et termine en dclarant
que l'appui moral d'alliances est indispensable.
Le prisonnier de guerre Joaquin Perdijn
vient d'tre fusill au chateau de la Cabafia, La
Havane.
Le chef cubain Zayas a pass Quivican
avec ses forces qui competent environ 2,000
hommes.-
D'aprs des renseignements, douze expdi-
tions de Cubains ont dbarqu Ciaba depuis
quinze mois. Dans l'insurrection antrieure, les
Cubains n'ont russi organiser que quatorze
expeditions en dix ans.
M. Lee, consul amricain La Havane, a
rclam au gnral Weyler, en vue d'amliorer
la situation des sujets des Etats-Unis qui ont t
faits prisonniers.
Des avis de La Havane annoncent que les
troupes espagnoles sont prises de panique la
suite du dveloppement alarmant de la fivre
jaune. La mortality serait de soixante pour cent.

--------*A -------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Gironde, Bordeaux:
......... .... . ,. o,* -.. ........* ..
Les nouvellistes racontentque les manifestations.
francophiles et surtout la part qu'y ont prise les au-
torits, ont donn de l'ombrage l'Allemagne, qui
aurait adress quelques observations M. Canovas.
Le gouvernement de la reine-rgente, en provoquant
ce vote des Corts, a voulu montrer l'Allemagne
qu'il n'tait pour rien dans ces demonstrations et lui


donner ainsi un tmoignage de ses bonnes disposi-
tions. Pour tre complete, nous ne pouvons cepen-
Sdant-nous empcher de faire remarquer qu'il y a
:.quinze ours, la mme Epoca, aujourd'hui si rser-
ve et mme si pointue l'gard de la question d'al-
liance, publiait un article dans lequel elle l'envisa-
geait avec d.s vux tout diffrents. Est-ce qu'on ne
s. souviendrait plus, Madrid, de l'incident desCa-
rolines ?


AVERTISSEMENT

Dans l'intrt de la cause que nous dfen-
dons et afin d'en augmenter la propaganda
dans la measure de tous nos efforts, nous
avons dcid d'abaisser come suit le prix
du journal, partir du fer juillet 1896 :
Prix des abonnements :
UN AN SIX MOIS TROIS MOIS
Paris........ 20 Il
)partements. 22 i1 50 6 50
Etranger..... 25 13
PRIX DU NUMRO : 25 Cines
En raison du sacrifice que nous nous im-
posons, nous prions instamment tous nos
lecteurs de vouloir bien seconder nos ef-
forts par leur propaganda personnelle en
faveur du journal.

Nous prions ceux de nos. abonns don't
l'abonnement choit fin juin, de vouloir
bien nous fire parvenir le montant de leur
novel abonnement.

A partir du 1er juin, tout ce qui concern
l'Administration de La Rpublique u-
baine, ainsi que les mandats-poste et de-
mandes d'abonnements doivent tre adres-
ss : 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris,
M. Fourreau, Administrateur-.Grant.
Paris, le l juillet 1896.

---------*-r --------

AU PUBLIC

On trouve La Rpublique Cubaine en
vente; Paris, dans les kiosques suivants :
M"' Schneider, 50, l'angle du faubourg Montmartre et
du boulevard.'
Kiosque 4/i, en face le passage Jouffroy.
41, en face la Compagnie du Bec Auer, bou-
levard Montmartre.
S 37, on face le Caf Cardinal, angle de la rue
de Richelieu.
35, on face M'"" Scoot, tailleur, b. dos Italiens.
82, .- le Cafr Riche, boul. des Italiens.
25., le Crdit Lyonnais, b. dos Italiens.
22, la machine crire Yost, anglo
de la rue du Helder.
i" 18, l'angle du restaurant Paillard, angle
de la Clhausse-d'Antin.
17, en face le caf nipolitain, boulevard des
Capucines, 1.
131, '1i" Michel, en face le Caf de la Paix,
boulevard des Capucines. f
246, en face Tabacs d'Orient, et Grand Htel.
213, Id.


12, les magasins du Old England.
S 10, le Grand Caf, angle rue Scribe.
S 292. Goupil, dit'iiu, b. dos Capucines.
8, l'Olymnpia, lioul. des Capucines.
S 5, M"' Krijger, 1). de la Madeleine.
S 1,. du bureau Omlib)us Ternes, Pailn-
thon, Passy.
134, rue Royale, on face le cafl Larue.
, 13i, rue Royale, angle tdu faubourg St-IIonor..
1 '- Joly, 20. lrue du Bae.
plaice lu Palis-Rny;al, angle de la rue de-
hivoli.
S 51, boulevardd PoissioniiOr, angle de la rue
Montnartr1e.
S faubourg Poissonnire, Conservatoire.
S en face la Gare dl, Nord, angle du bou-
levard Denain.
S place do l'Etoile, en face de l'avenue Mac- -
Mahon.
avenue Klber, 15.
141, avcnuedes Champs-Elyses, face au no 152.
rue de la Botie, face au n 72.
place Saint-Augustin, angle du boulevard
Iiaussmann.
S rue Saint-Lazare, en facel'HItel Terminus.
boulevard IHaussmann, en face les Maga-
sins du Printemps.
boulevard Haussmann, station dos Tram-
ways Taithout-La Muolte.
M"' Duhault. boulevard Saint-Michel, 22.
Solignac, angle de la rue Maubeuge et fau-
bourg 3Montmartre.
n 108, Villier, boulevard Sbastopol, en face le
square Saint-Jacques.
11 boulevard Mlalesherbes, en face du n 1.


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TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains.
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-.
frentes :'mais sontde2, 5,10,
le dessin,repr- 25 centavos (le
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vaut fr. 05Ode
pour tous les monnaie). Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
contre remboursement.


VIENT DE PARAITRE


CUBA CONTRE ESPAGNE
PAR

ENRIQUE JOS VARONA
Ex-DPUT AUX CORTS

L'Admrinistrateu-Grant : FOURREAU.

TROYES. Imprimeric G. ARBOUIN, rue Thiers, 120.


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traci6n 'le Patria, 81, New Street, New
York, 50 centavos el ejemplar.




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redo, Gonzalo de Quesada, etc.
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tavos el ejmplar, en la Adminis-
traci6n de Patria.

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la bandera cubana.
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mayor, desde una docena en adelante,
pueden dirigirse A su inico fabricante,
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De venta en la Administracin de
Patria. DIRECc(:ON : David Fuld, 204,
Duval Street, Key West, Florida.


LA VOZ DE CAIN

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Rafael Montoro
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Se vende 25 centavos el ejemplar, en la Ad-
ministraci6n de Palria, 81, New Street, Nueva
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