Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 9, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00026
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ie Anne PARIS Juillet 896 N 25 Un..eanne, payable d-.vai.i...f. 22T .
SUn sentiiieNret idi. id. 11 fr'. 11.50
ADRESSE TLGRAPHIQUE: n.AX. CAXOTUn trimestre, 1I.. idl. 6 fi. 6.50
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T L O Une anne, payable advance e ............. 25 fi.
Les manuscrits ne son pas rends P>our les Annonces et RIlclames, s'adresser M. L. GUA O, 39, rue de Charres,. Neuilly-sur-Seie. u" s tr i. ii ............... : f.
Les manuscripts ue sont pas redut UN N".HERO.......O fr. 25


AUX


CUBAINS


ET AUX PORTORICAINS

Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant'leurs aptitudes.

Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
SART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.
... ............. ............... ... ...... ......
IV. De runir desfonds.d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
mnent de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue i
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
G bis, rue de Chteaudun.




L'ANNIVERSAIRE
LDE L'INDPENDANCE AMERICAINE A PARIS

Un souvenir pour Cuba
La colonie amricaine de Paris a clbr samedi
Sdernier, le 4 Juillet, l'anniversaire de son indpen-
dance, par un grand banquet donn dans la galerie
.des Champs-Elyses. C'est la Chambre de Commerce
Amricaine qui avait pris, pour la deuxime fois,
l'initiative de la runion.
Le Docteur Tyng, president de la Chambre de
Commerce, prsidait, et plus de cinq cents invits
avaient rpondu son appel. On comptait y trouver
M. Mline, president du Conseil, et M. Hanotaux,
ministry des Affaires trangres; mais ces deux
Messieurs se sont fait excuser la dernire heure,
sans doute cause des questions politiques qui se
dbattent en ce moment propos de la doctrine
Monro, etc.
Nous avons vu cependant, la droite de M. Tyng,
M. Boucher,'ministre .du Commerce, et sa gauche,
M. Lebon, ministry des Colonies. Avaient pris
place, en outre, la table d'honneur, MM. Vignau,
charge d'affaires de l'Ambassade d'Amrique en
l'absence de M. Eustis, ambassadeur; Wavne M:c
Vea'gh, ambassadeur des Etats-Unis Rome; Picard,
commissaire gnral de l'Exposition Universelle de
i9oo; Lourdelet, reprsentant de la Chambre de
Commerce de Paris, etc., etc.-
L'imnmens'e hall tait dcor de faisceaux de dra-
peaux tricolores, amricains et. franais, et de mas-
sifs de plants vertes. D.e grands cussons portaient
l'aigle symbolique des litais-Linis-et sa belle devise
d'union: Pluribus unum. En face de la table d'hon-


neur, dresse sur une estrade, avait t place une
peinture reprsentant Washington prtant serment.
Sur les tables mergeaient, de massifs de fruits et
de touffes de fleurs, une profusion de petits drapeaux
des deux pays.
Beaucoup de convives, d'ailleurs, et surtout des
dames, taient venus portant un petit drapeau amn-
ricain la boutonnire, au corsage ou dans les che-
veux.
La musique de la Garde Rpublicaine a excut
pendant le diner, par intervalles, plusieurs de ses
plus beaux morceaux.
Aprs le caf et les liqueurs, les discourse ont com-
menc. M. Tyng a port le premier toast au Prsi-
dent des Etats-Unis, et l'hymne national Amricain,
The star spangled bauner, a t chant ensuite par
M"" Marie Barna et cout debout par l'auditoire,
qui l'a accueilli par des movements d'enthousiasme
et par de longs applaudissements.
M. Tyng a port le second toast au Prsident de
la Rpublique Franaise.. Ce toast a t suivi de la
Marseillaise, qui a provoqu les mmes manifesta-
tions que l'hymne amricain; on l'a longuement
applaudi, acclam et biss aux cris de: Vive la
France
M. Boucher, ministry du Commerce, a rpondu
ce toast en faisant des vux pour la rciprocit du
commerce entire les deux Rpubliques, et en expri-
mant les regrets de M. Mline, president du Conseil,
et de M. Hanotaux, de ne pas avoir pu se rendre au


banquet, cause des obligations de leur charge. Il
finit par porter un toast aux dames amricaines et
franaises.
M. Lebon, ministry des Colonies, prononce, aprs,
quelques paroles pleines d'humeur, mais sans au-
cune importance politique. 11 a bu la sant de
M. Eustis, l'ambassadeur absent, et l'alliance
franco-amricaine.
Vers minuit, on a donn la parole M. Mac
Veagh, ambassadeur des Etats-Unis Rome, qui
tait charge de dfendre la politique du Gouverne-
ment amricain.
On voyait bien que le public attendait avec une
vive impatience le discours de cet loquent homme
d'Etai amricain, don't la reputation est la plus
grande dans sa patrie..
Jusqu' ce moment, nous n'avions entendu que
des discours pleins de formules connues d'avance
et qui ne rpondaient rien; mais, une fois que
l'ancien snateur de Pensylvanie a commenc par-
ler, on a vu qu'il tenait s'occuper d'une faon
claire et nette de la politique des Etats-Unis pen-
dant cette dernire anne. Interrompu chaque
instant par les plus enthousiastes applaudissements,
il a flicit la colonie amricaine pour la gracieuse
habitude de se runir tous les ans le jour de l'anni-
versaire de leur indpendance; il a rendu ensu;te un
grand tribut la France si gnreuse et si hospita-
lire ds les- premiers.'jours de l'indpendance des
13 calories jusqu'aujouri.'hui.


Je ne tiens pas, dit l'orateur, parler de notre
merveilleux dveloppement matriel; mais, sans
doute, je tiens faire remarquer que nous avons
prouv que nous tions capable et dignes d'tre
libres et de nous gouverner par nous-mmes; par
consquent, nous recommandons aux autres peu-
ples de se gouverner aussi par eux-mmes.
Pendant l'anne dernire, j'ai trouv parmi les
Amricains rsidant en Europe une certain crainte,
comme s'il devait arriver quelque malheur cause
de notre politique extrieure ; vous voyez trs bien,
mes chers compatriots, que rien n'est arriv, et je
vous prie d'avoir plus de confiance dans notre pays
et dans nos homes. Aussi, voyez donc, quand le
conflict anglo-vnzuelien clata, on croyait que la
guerre tait inevitable et que la fin du monde tait
arrive. Il n'y a pas eu de guerre et les deux nations
sont dans les meillcurs terms.
A ct de nous, presque formant parties de notre
territoire, se trouve une colonie don't les habitants
combattent pour, leur indpendance; nous, Amri-
cains, nous sympathisons avec ces patriots qui
combattent pour les mmes principles que nous
combattions il y a aujourd'hui 120 ans, et nous fai-
sons les vux les plus sincres pour'qu'ils attei-
gnent leur but. Nous garderons, la Mtropole qui la
domine encore, tous les gards et toutes les consi-
drations d'une nation amie, mais nous ne permet-
trons pas qu' nos yeux, et contre toutes les lois


humanitaires, l'on comme.te des actes contraires
la civilisation et au progrs.
Cette question a aussi obscurci un peu l'air, ici
en Europe, mais c'est sans doute parce qu'on ne s'y
rend pas compete qu'un people libre, ncessaire-
ment, doit sympathiser avec tout people qui combat
pour la libert.
Ces paroles furent interrompues par trois salves
d'applaudissements, les plus spontanes et les plus
enthousiastes.
L'orateur terminal son discours en faisant la dcla-
ration suivante : II faut conserver intact notre
credit national, et nous ne le pourrons faire que
grce l'talon d'or; il faut que nous suivions
l'exemple de la France.
M. Picard, commissaire gnral de l'Exposition de
1900, boit la prochaine participation des Etats-
Unis aux ftes de 19oo, et la reunion prend fin par un
discours de M. MIorss, consul gnral des Etats-Unis
Paris, qui clbre les dates du 4 et du 14 juillet.
C'est trs remarquable de voir le silence gard par
la press franaise propos de l'allusion faite sur
Cuba par l'honorable ambassadeur des Etats-Unis
Rome, et plus surprenant encore le compete rendu de
cette fte de l'dition de. Paris du New-York Hrald,
don't un de ses rdacteurs a envoy l.e texte New-
York sans en dire un mot dans son numro de di-
n-anche, ici, Paris.


j';'.


VICTOIRES


Tandis que l'Espagne recherche vainement un
appui dans une alliance absurde, les Cubains
cointinuent avec plus de fermet et de constance
quejamais affranchir leur patrie, s'inspirant,
pour y parvenir, des plus durs sacrifices.
Dernirement, une nouvelle expedition, sous le
commandement de M. Ricardo Trujillo, a dbar-
que. Parmi le matriel de guerre qu'elle. empor-
tait, se trouvaient 403 fusils Mauser, 385,000
cartouches, de grandes quantits d'explosifs, des
products pharmaceutiques, des instruments de
chirurgie et de mdecine, des uniforms et vte-
ments de toutes sorts, des revolvers, des ma-
chetes, du matriel d'artillerie, de tlgraphie
de champagne; etc., etc.
Dix-huit jeunes gens enthousiastes et rsolus
letter pour la libert de la patrie, don't les
noms suivent, en faisaient parties:
Adot, Jos:V.. Cspedes, Oscar; .Corvis6n,
Segundo; Cabada, Dr. Emilio; Cabrera, Crescen-
cio. Echarte, Camilo. Iernindez, Casiano;
Fernindez, Antonio.. Iertnndez, Lorenzo;
Ilernandez, Federico. -- lzquierdo, Martin. -
Lesca, Paulino. -. Mayol, Antonio; Medina, Abe-
lardo; Muecke, Carlos. Podrdtn, Francisco L.;.
Prez Arocho. Trujillo, Pablo.
Cet heureux vnement nous donne, une fois
de plus, l'occasion de fliciter ceux de nos com-
patriotes qui ont pris part, h quelque titre que ce
soit, l'organisation et au succs de cette nou-
velle expedition.


Postrieurement, la Dlgalion de notre gou-
vernement Paris a reu le tlgramme suivant,
que nous a communique notre respectable ami,
le docteur Btancs :
Trois nouvelles expeditions viennent de d-
barquer Cuba. L'une d'elles, adresse au n-
ral Maceo ;i la Vuelta Abajo, a t dbarque au
complete et lui a apport( de grades provisions
d'armes et de munitions.
Le gnral cubain Calixto Garcia a envahi
la province d'llolguin et la parcourt librement
en tous sens.

~------ ------




Nous prions nos abonns parties passer
l'Et en dehors de la Capitale, de bien vou-
loir nous transmettre leurs nouvelles
adresss, afin de leur faire l'envoi du jour-
nal sans autre augmentation que la va-
leur d'affranchissement.


:j


Fac-sixiiile d'une envelope


nk;h, ~1'






LA REPUBLIQUE CUBAINE


9 JUILLET 1896.


CUBA CENTRE ESPAGNE
Par Enrique Jos VARON&A.


Ce livre n'est pas une hist tixerarrange. en
drat , ni un appel la vilieoe:; iet il se'trouve
qie le. simple expos dt martyrolo.ge cubain,
constitue le drame le plu.s utih eralique et le plus
divers-qui soit.
C'est qu'il s'agit vraimren't de la vie mnmi-le du
peoplee culbain; et, aprs les 'extraordinaires
preuves de vitality qu'il nouisa donnes, on com-
prend qu'il ne veuille pas disparatre du thtre
du monde.
Menace de mort, Cuba, ds le dbut du sicle,
nous dit M. Varona, dresse en ,effet contre l'op-
presseur la vaillance et la foi du. prtre Caballero
et de Don Francise Arango. iOn intervient si effi-
cacement alors, et on leur prte si louable assis-
tance dans la suite, que le Gouvernement de la
Mtropole est oblig'd'accorder Cuba un com-
mencment de libert commercial qui est la joie
et la prosprit de l'le..
Mais l'Espagne 'regrette bientt cette sage d-
termination; et, en 1837, elle dcrte un tat de
guerre durable en supprimant, tout d'un coup,
les dputs de Cula auxs Corts espagnoles.
Et alors,, la comdie 'douloureuse prend la
scne. L'Espagne coaplique son incurie de repr-
sailles folles. Ce nest plus .qu'une honteuse du-
perie, l'exploitation sans borne d'une mtropole
aux abois, les Cubains loigns des charges pu-
bliques; sacrifis et garwotts ceux qui rcla-
maient haute voix la libert, .comme Placido et
Joaquin de Agfero.
Et la Pninsule va suffire, dsormais, cette
grandeur: l'autocratie de 'l;oppression.
Pourtant Cuba ne dsespre pas, et, avant de
faire un nouvel essai de son hrolsme, elle tente
de donner par des crits, par la parole, une ide
plus entire de sa servitude. Alors -l'Espagne ju-
geant que sa colonie, laisse iepemdant sans ins-
truction et sans organisation de travail, pense
trop, la courbe plus bas vers la terre, sous le
faix de contributions perues avec rigueur jusque
dans les provinces les plus puises de l'le.
Passionnment, clatrent des reprsailles en
retour. Quelles furent plus justifies qiue.celles-
l? La: defense des insurgs fut longue; leur.cou-
rage et leur tnacit admirables. La guerre dura
10 ans, et la Mtropole, contrainte de proposer
un pacte, en fut pour toujours mutile.
Le sang coula flots et la fortune publique
s'abma dans un gouffre' sans fond, dit M. Varo-
na.- L'Espagne perdit 200,000 hommes. -
Dans l'le, l'lment masculin disparut presque
entirement dans certaines provinces. 3 milliards
500 millions de francs furent engloutis pour en-
tretenir cet ardent foyer o se trempa l'hrolsme
'cubain, mais qui ne parvint pas rchauffer le
doeur endurci de l'Espagne.
Pour faire suite, je prie qu'on lise comment le
'Gouvernement ibrique s'y prit pour ne rien
-.changer au mode d'administration qui servait de
Ssi mauvaise faon sa fortune.
SIl y a l une argumentation serre des faits.
Des statistiques vivantes, pour ainsi dire, r-
vlent tout le parti que l'on peut tirer du suffrage
lectoral, les fraudes et les mensonges, ces
: bienfaits de l'ordre que l'Espagne empruntait aux
-mations seurs.
Il y a des rapprochements de chiffres qui sont
comiquement terrible, quelque chose de Goya
transpos dans l'ordre social. C'est l'crasement
o ulu, dcid de la colonie; et si elle rclame le-
droit la vie et l'aisance, place d'abord et
ensuite aux Espagnols d'Espagne.
Ces derniers, en effet, et eux seulement, cons-
tituent les fonctionnaires reprsentatifs chan-
cres des budgets en tous pays. On reserve
aux Cubains paternelle sollicitude I les pe-
santes besognes et les bas appointments. Et l'or-
gueil castillan est fort aise, car il y a des gou--
verneurs de gouverneurs, de ridicules castes de
!magistirats, des procureurs et des archevques,
des directeurs par centaines et des contrleurs
par milliers. L'le est consciencieusement vide,
pressure. Les concussionnaires auraient fini
par ronger tout le territoire si la guerre ne s'tait
pas offerte aux Cubains comme resource dfen-
sive.
Il faut ici fliciter hautement M. Varona d'avoir
'crit ce plaidoyer en faveur de Cuba. C'est un
accablaut. rquisitoire : logique et vrit. Car les
hiffresisont ipartout exacts, implacables de par
leur valeur numrique, et ils contiennent tout le
drame. Aucune anecdote, aucune bistoire conte
avec toutes les apparences du vrai; rien que
- l'imagination de la raison. Lisez les pages sui-
. vantes : L'Expos du iZget, la Dette accrue avec


les dsastres successifs; en vrit, il est impossi-
ble de mieux prsenter etplus d.:uliourusemennt
- l'histoire maudite de ce pays.
M. le Dr. Btancs, qui a crit la prface de
Guba:.onlre Espagne, regretted, avec dignit,
l'attitude hostile de l'Europe et particulirement
de:la France. Ml'n Dieu qu'il ne nous accuse pas
trop: c'est si loin de nous, ces choses! IIrosme,
Slibert, ce sont des mots oublis, dsormais cata-
logus archologiquement dans un Littr; et
l'on 'ne s'arrte plus lire leur signification.
Aciefti, vendu! Le scandale du jour : la
croupe de Mlle de Mrode ou l'arrestation, oh !
combien tardive, d'Aron I Un peu de poli-
tique, et pas militant, surtout! -Celasuffit lar-
gement nos enthousiasmes. Les marquis de
Mors sont bien rares, savez-vous! Et puis,
monsieur .-Btancs, beaucoup d'entre nous
croient encore que les Cubains sont des sau-
vages avec d'ondoyantes plumes sur le chef.
C'est pour ceux-l..que je termine ce rapide
et si incomplete nonc d'un livre justicier,
par cette page dernire, hautainement belle,
et d'une criture don't le caractre chappera
la plupart des requins du journalism
(selon le mot du trs apre et trs loquent Laurent
Tailhade) :
Nous n'avons ni compt le nombre de nos enne-
mis, ni mesur leurs forces. Nous avons compt les
outrages qu'on nous infligea et pes la masse d'in-
justices qui nous crase, et nous avons lev nos
curs la hauteur de nos lgitimes revendications !
Devant nous, quelques pas, sont peut-tre la ruine
et la mort. Qu'importe! Nous remplissons
notre devoir. Si le monde nous tourne le dos, tant
pis pour tous Une nouvelle iniquit aura t
consomme et le principle de la solidarity humaine
aura subi un nouvel chec. La quantity de bien
existant dans le monde et ncessaire pour que son
atmosphere morale soit pure et saine, cette quantit
aura t amoindrie.
Cuba est un people qui, libre et indpendant, de-
viendra un facteur de prosprit et de progrs.
Il n'est actuellement qu'un facteur de ruined et de
dsordre La faute en est exclusivement l'Es-
pagne.
Cuba n'attaque.pas, elle se dfend I Que l'Am-
rique, qu le monde voientde quel ct sont la rai-
son et le droit.
Saint-Hamans.


CONTRAST


Nos, lecteurs savent que le gnral Weyler a
public une ordonnance par laquelle il interdit
toute distribution de vivres aux families des Cu-
bains qui se trouvent dans le camp rvolution-
naire. Il a galement ordonn que lesdites fa-
milles devaient aller rejoindre ceux des leurs qui
luttent pour la Rvolution.
Nous ne relverons pas ce qu'il y a d'infme
dans ces measures. Il est trop vident qu'elles ne
tendent krien moins qu' condamner des milliers
d'enfants et de femmes h mourir de faim dans les
forts ou tre assassins sur les routes par les
troupes espagnoles. Il nous suffira de montrer de
quelle faon noble et humanitaire le gnral en
chef de l'arme cubaine a su rpondre l'ignoble
ordonnance de Weyler :

Quarter gnral de l'arme libratrice
Sancti Spiritus, 7 avril 1896.

CIRCULAIRE
En vertu de l'inhumaine et cruelle obligation dans
laquelle l'ennemi a plac les families cubaines de
vivre part, je dcrte ce qui suit :
Art. i". On n'empchera pas les families de
s'installer et de rsider o il leur conviendra.
Art. 2. Il sera accord le secours et la protec-
tion voulus aux families cubaines ou trangres qui
se trouvent dans l'ile de Cuba.
Art. 3. Elle peuvent s'occuper de tous leurs
intrts et il leur est seulement interdit de faire le
commerce des articles prohibs par la circulaire du
io juillet.

Les chefs et les officers de l'arme libratrice ainsi
que les autorits civiles sont charges de l'excution
des prsentes.
Le Gnral en chef,
M. G6nmei.

Je vous communique la circulaire qui prcde, re-
ue aujourd'hui dans mon quarter gnral, afin
qu'elle soit immdiatement excute.
P. et L. Quarter Gnral de Saltadero, 8 avril 1896.
Le Major Gnral, chef du 4' corps,
Serafin Snche.

;~~ ~ -


SLa lillwriiilln reconnue par l'Espag!ne


Les lgislateurs amricains n'ont nullement
besoin lid s'.!. h.iiil'.: r la cervelle pour trouver des
raisons susceptible de reconnaitre aux Cubains
la quality de belligrants. Ces raisons abondent,
cela est certain, mais aucune ne vaut la confes-
sion d'une des parties intresses. Or, ce sont les
autorits espagnoles, Cuba, qui ont reconnu,
elles-mmes, l'existence d'un gouvernement Cu-
bain indpendant, en consentant l'affranchis-
sement d'une lettre avec un des timbres-poste
mis par le gouvernement provisoire de notre
Rpublique, fait que nous avons signal dans
notre numro du 28 mai, dans la lettre de notre
correspondent de New-York, Hudson.
Nous publions aujourd'hui le fac-simile de
l'enveloppe de la lettre que l'administration des
postes de La Iavane a enregistre en autorisant
en mme temps sa mise en circulation. Ce fac
simile a t reproduit par un journal nord-am-
ricain sans que le gouvernement espagnol se soit
risqu h nier I'authenticit de la nouvelle.-
The Jouri'al, ,de New-York, dit ce propos :

Le premier timbre-poste de la Rpublique Cubaine
qui ait pass par l'Administration des postes de
New-York, se trouvait sur une envelope l'adresse
de M. Emilio del Castillo. La lettre (c'est--dire
l'enveloppe) porte l'estampille du bureau de postes
de La Havane, et cette estampille a t enregistre
dans ladite ville. Que la lettre n'ait pas t remar-
que par les autorits espagnoles, cela parait trange,
car le timbre ne resemble en rien ceux employs
par le gouvernement espagnol Cuba.

Puisque les Espagnols ont reconnu l'existence
et les droits de l'Administration des postes
cubaines, laquelle entrera en temps voulu dans la
Convention postal, ils ne sauraient hsiter plus
longtemps reconnatre la nation cubaine
d'autres droits et son indpendance. Le premier
pas est fait et il a t sanctionn sous le procon-
sulat du remarquable Weyler. Si c'est pour cela
qu'on l'a envoy Cuba, on peut en envoyer un
autre, mme, s'il s'agissait d'un fameux saut en
arrire de certain ministry espagnol.
Afin qu'on ne puisse douter que l'Administra-
tion des postes espagnoles a estampill des lettres
affranchies avec des timbres-poste du gouverne-
ment cubain, nous pouvons affirmer encore que
M. Nestor Ponce de Lon, conserve, New-
York, une envelope qui lui a t envoye de
La Havane pendant la dernire guerre, avec un
timbre cubain enregistr par le bureau de poste
de cette ville.

-------.*.~ ~------

LA CONVENTION DE SAINT LOUIS

POUR CUBA LIBRE

Il est intressant, pour tous ceux qui souhai-
tent le triomphe de Cuba, de lire le passage sui-
vant du manifeste du grand parti rpublicain
des Etats-Unis :
bs le jour o le people des Etats-Unis a conquis
son indpendance, il a suivi avec sympathie les
luttes des autres peuples amricains en vue de se
soustraire au joug des Europens. Nous surveil-
lons avec un intrt de plus en plus profound la cam-
pagne hroique des patriots Cubains contre la
cruaut et l'oppression, et nos souhaits les plus vifs
sont pour le triomphe complete de leur lutte rsolue
pour la libert. Le gouvernnment espagnol, par la
perte de toute autorit sur Cuba et son impuissance
protger les proprits et la vie des citoyens Am-
ricains rsidant dans l'ile, et observer les traits,.
autorise affirmer que le gouvernement des Etats-
Unis devrait, d'une faon effective, user de son in-
fluence et employer ses bons offices pour rtablir
la paix et "donner l'indpendance l'le de
Cuba.
La parties du manifeste qu'on vient de lire a
t accueillie avec le plus grand enthousiasme
par l'innombrable assemble prsente Saint-
- Louis, bien que les dernires phrases aient pu
tre a peine entendues. On assurait, avant cette
runion, que dans la plat-forn du parti rpu-
blicain il tait question d'intervention ar'ne,
alors qu'il ne s'agit en ralit que d'influence et
de bons offices.
On voit, aprs cela, combien, dans la ques-
tion cubaine, l'opinion amricaine s'est pronon-
ce pour l'intervention arme.
Il imported de noter que le parti rpublicain,
auxEtats-Unis, est prcisment le group politique
qui forme, dans les autres pays, l'lment con-
servateur. Lorsque les dlgus de ce part la
Convention de Saint-Louis n'ont pas hsit em-
ployer de pareilles expressions relativement la
question cubaine, le sentiment de la Grande R-


publique, propos de la lutte que Cuba soutient
actuellement, ne saurait tre douteux. Le Pouvoir
Excutif aux Etats-Unis ne pourra s'opposer plus
ou moins longtemps la volont du people; i
sera, en fin de compete, oblig de cder.
Ce n'est pas dans la Grande Rpublique Am-
ricaine que les Canovas prosprent et imposent
leur omnipotente volont, faussant ainsi le r-
gime parlementaire, et se faisant accorder des
crdits illimits pour envoyer l'abattoir cubain
*des centaines de mille hommes, don't le seul d-
lit consiste tre d'ineptes jeunes gens, fils de
malheureux laboureurs de la non moins malheu-
reuse Esp:igij-e. Mais la Loi de Canovas est
teinie du sang deson troupeau , et le people
Espagnol.prouve qu'il a le gouvernement qu'il
mrite. Il fait mentir le dicton : A force de
frapper le beuf le plus paisible, on le rend sau-
vage.
Ermitaiio.

------* ----

LES FRANAIS EN ESPAGNE

Il y a quelq'ues jours, les juges de Barcelone
ont acquitt un honorable Franais, M. Gele-Ber-
tal, qui, au bout de vingt-cinq ans de sjour dans
la vieille capital catalane, s'tait trouv, sa
grande stupfaction, incrimin de flibusterie.
Ce coupable sans le savoir avait, il est vrai,
cr une feuille quotidienne d'informations pour
la press et s'imaginant, avec une navet ridi-
cule, que le premier mrite des renseignements
devait tre leur exactitude, il s'tait abstenu d'an-
noncer tous les huit jours la mort de Maceo. Pis
encore, il avait exprim, en passant, des doutes
sur la victoire des Espagnols Peralejo, victoire
si complete, comme on le sait, que Martinez Cam-
pos dut changer son nom en celui de Dcampos.
Pour ces faits graves, M. Gele-Bertal fut un
beau jour arrt et proprement fourr dans un
in pace. Pendant ce-temps, le consul de France
s'amusait attraper des mouches, occupation
hautement intellectuelle et en honneur dans tou-
tes les grandes administrations de l'Etat.
Lorsque le prisonnier eut t compltement
ruin, insult, calomni venin que veux-tu, que
L'Echo Franais, feuille bien pensante, l'eut
trait de flibustier, de franc-maon, de juif et
d'anarchiste, les Salomon barcelonais lui ou-
vrirent les portes du cachot o il moisissait de-
puis seulement une centaine de jours sans qu'une
seule fois on et song l'interroger. Toutefois,
on l'avertit gracieusement qu'il demeurait la
disposition de la justice (?) et que les magistrats
de Barcelone prononceraient en dernier lieu sur
son sort.
C'est fait maintenant : le tribunal espagnol
vient de reconnatre que jamais M. Gele-Bertal
n'avait song mettre execution de noirs des-
seins contre la monarchie alphonsiste. C'est par
simple erreur qu'on l'a embastill pendant trois
mois et demi, rduisant sa famille la dtresse.
Il y a eu maldonne, tout simplement, chose re-
grettable, certes, mais qui n'est pas h compare
au dsagrment survenu au grant de plantation
Duarte un Franais galement massacre
Cuba. Or, Duarte a eu le bon got de n pas r-
clamer, son compatriote Gele-Bertal serait donc
bien mal venu de le faire.
C'est pourtant de cette faon tragico-tintamar-
resque que sont traits- les Franais, mme neu-
tres, au pays du Cid Campeador!
Fter les marines franais h la Corogne est bel
et bien. Rothschild, qui couve un emprunt, et le
gouvernement de M. Canovas, qui va bientt se
trouver rduit porter au Mont-de-Pit la glo-
rieuse pe le glorieux surin, voulons-nous
dire du gnral Weyler, font bien les choses.
Cependant, mieux vaudrait, peut-tre encore, ne
pas fusiller ou incarcrer tort et travers les


des politesses intresses.
Cosnio.
--------^.~t~i-------

AVERTISSEMENT

Dans l'intrt de la cause que nous dcfen-
dons et afin d'en augmenter la propaganda
.dans la measure de tous nos efforts, nous
avons dcid d'abaisser come suit. le prix
du journal, partir du 'r juillet 1896 :


SPrix des abonnements:
UN .A six MOIS
Paris........ 20 t
)partements. 22 11 50
Etranger..... 25 13
PRIX DU NUMRO : 25 C"me


TROIS MOIS
6
6 50


-' 5 ..


_ 1


s


1






9 JUILLET 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


En raison du sacrifice que nous nous im-
posons, nous prions instamment tous nos
lecteurs de vouloir bien seconder nos ef-
forts par leur propaganda personnelle en
faveur du journal.

Nous prions ceux de nos abonns don't
l'abonnement choit fin juin, de vouloir
bien nous faire.parvenir le montant de leur
nouvel abonnement.

A partir du ler juin, tout ce qui concern
l'Administration de La Rpublique Cu-
baine, ainsi que les mandats-poste et de-
.mandes d'abonnements doivent tre adres-
ss: 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris,
M. Fourreau, Administrateur-Grant.
Paris, le 1" juillet 1896.

----------.^- C-------

JOUONS DES CASTAGNETTES!

Vive l'alliance franco-espagnole! . ont cri
les fils de Don Quichotte sur le passage de nos
marines. Ces diables-l sont dcidment impaya-
bles; manquant de prestige, d'influence, d'ar-
gent et surtout de pudeur, ils se sont dits que
nous pourrions leur donner un peu de tout cela ;
la rigueur, mme, ils renonceraient nous de-
mander du prestige, de l'influence et de la pu-
deur, choses sans lesquelles ils vivent fort bien
depuis longtemps; mais l'argent, ah I a, ils y
tiennent absolument, c'est l ce qu'ils veulent.
Eh! mon Dieu! qui n'en veut pas? En tous
cas, une alliance est un contract par lequel deux
nations s'engagent se soutenir rciproque-
ment, moyennant des avantages ou des conces-
sions quelconques; or, si nous voyons trs
clairement ce qu'une alliance franco-espagnole
rapporterait l'Espagne, nous ne souponnons
mme pas quel genre de profit pourrait en tirer
la-France. Mais, on ne fait pas tant de raisonne-
ments de l'autre ct des Pyrnes; on s'est dit
simplement : Nous avons besoin d'argent, les
Franais en ont, ils le risquent facilement et
frquemment dans de mauvaises affaires, eh
bien, vive l'alliance franco-espagnole! et puis-
que les Franais sont dj allis aux Russes,
vive l'alliance franco-russo-espagnole!
Alliance franco-russo-espagnole? Et tout cela
pour lutter centre les Cubains! 0 fiert castil-
lane I
Mais, nous connaissonsles Espagnols; si grande
que soit la some qu'ils ont l'intention de venir
nous demander un de ces quatre matins, ils
croient de bonne foi y avoir droit; oui, ils l'ont
assez gagne en criant : Vive la France! Et
n'allez pas leur dire que leurs cris ne valent peut-
tre pas le milliard don't ils ont tant besoin, car ils
se fcheraient, et c'est d'un air vex qu' ils rpon-


FEUILLETON
de La Rpublique Cubaine


TEL BOIS

TEL CLAT


PHOTOGRAPHIC DE LA REVOLUTION


A M~xiimo G6mez

11 est lgitime que le Cubain, l'imagination
ardente, s'extasie et porte aux nues les vne-
ments glorieux de notre incomparable pope.
Il est natural qu'il mette de l'empressement
tudier les faits les plus saillants et les hommes
les plus minents de son pays et qu'il accord
des lounges nos hros et un souvenir recon-
naissant la mmoire de nos glorieux martyrs.
Tantt par la tradition, tantt par les rcits
qui, fort heureusement, ont pu tre sauvs de la
tempte qui bouleversa toute la socit cubaine,
tantt enfin par les renseignements historiques
qui sont rests jusqu' notre poque, nous con-
naissons les faits lgendaires des Cspedes et des
Aguilera, des Agramonte et des Mximo G6mez,
des Morales et des Lorda, qui figurrent au pre-
mier rang dans notre lutte sans examples. En-
trains notre tour par l'ouragan rvolution-
naire, nous avons eu la fortune de rester parmi
les survivants. Il nous appartient de nous efforcer
de faire connatre nos concitoyens les humbles
hros, ceux d'en bas, qui ont, malgr leur situa-
tion infime, arrach la lounge leurs compa-
gnons, et que l'ingratitude envelope dj dans
le manteau de l'oubli.


draient : Mais vous ne comptez pas la corrida
qui vient d'avoir lieu Nmes; Lagartijo et La-
gartijillo ont t tuer des taureaux chez vous
Alors nous serons forcs de nous incliner, car,
en effet, on ne saurait payer trop cher le dpla-
cement de ces augustes personnel que les Espa-
gnols placent au-dessus mme des rois. Et, puis-
que nous nous sommes allis aux Russes qui
nous avaient envoy leurs marines et leurs grands-
ducs, nous ne pourrons refuser aux Espagnols
qui nous ont envoy leurs toradors. Pensez donc!
Lagartijo!
D'ailleurs, l'alliance franco-espagnole serait
pour nous une affaire tellement mauvaise tous
les points de vue, qu'il y a bien des chances pour
que nous la fassions.
Mais dans ce cas, c'est en Espagne qu'il y au-
rait des mcontents, quand ce ne serait que la
reine-rgente, parent de l'Empereur d'Autriche,
et le jeune roi Alphonse, treizime du nom, que
cette alliance empcherait d'endosser l'uniforme
de uhlan que lui a lgu son pre.


----------.^.--------

LA GNROSIT CUBAINE


Tmoignage d'un prisonnier espagnol

Le correspondent du World, de New-York, qui
se trouve avec l'arme de Maceo dans la province
de Pinar del Rio, a adress son journal un do-
cument des plus intressants; c'est la dclara-
tion d'un Espagnol qui avait t fait prisonnier
dans un combat; nous la reproduisons textuelle-
ment :

Je dclare, sous la foi du serment, que je suis
soldat du bataillon de San Quintin, du 7e Rgi-
ment Piinsulaire. Hier, je dus remplacer un
soldat de cavalerie qui se trouvait malade et je
fus fait prisonnier par les Cubains, commands
par le cabecilla Baldomero Acosta; cinq de mes
compagnons avaient t tus dans une charge au
nachele et, parmi eux, le lieutenant de guerril-
las Juan Primo. Je dclare, sous la foi du ser-
ment, que j'ai t mis en libert, que j'ai t trs
bien trait sous tous les rapports; que mon com-
pagnon, MarianolGmez yMesto, avait t grive-
ment bless et que les rebelles envoyrent cher-
cher, El Caimito, un mdecin des Chevaliers
Hospitaliers pour le soigner. Je dclare que je
fais le present crit de plein gr, et le remets au
correspondent pour tmoigner que j'ai t trs
bien trait. J'ai t caporal d'artillerie pendant
quatre ans et, dans la prsente guerre, je ne suis
parti en operations que cette fois-ci, tant rest
en garnison El Cano. Je sais que notre colonne
(espagnole) a fait plusieurs victims sur son che-
min, et qu'hier elle a tu deux habitants paci-
fiques et en a emmen dix-huit autres. Nos offi-


Martin Pratas tait un homme de couleur,
honorable, tout entier son devoir et laborieux.
Ces trois qualits le firent distinguer par son
matre, et respecter par ses malheureux compa-
gnons de l'usine dans laquelle il tait occup en
qu lit de contre-matre.
Quand la Rvolution balaya toutes les impure-
ts de la Terre Orientale, quand, d'un seul coup,
elle abolit l'esclavage, Martin Pratas, de chef de
group dans son usine, passa capitaine d'une
compagnie dans le campement. Personne ne fut
plus respectueux, personnel ne fut plus respect
que le capitaine Pratas. Ses hommes, choisis par
lui, taient des soldats modles, jeunes, agiles et
courageux, et bien au-dessus de tous ceux de
leur race. Le capitaine Pratas acquit la rputa-
tion d'un stratgiste et d'un organisateur ds
son incorporation dans l'arme rvolutionnaire:
il tait n chef. Il avait le-don du commandement
et savait se faire respecter.
Son got africain s'adapta parfaitement aux
couleurs brillantes et varies de notre drapeau
et de nos insignes ; sur son vtement blanc, irr-
prochablement propre, il portrait avec orgueil
ses insignes de capitaine. Son chapeau tait orn
profusion de rubans qui pendaient par derrire
et flottaient l'air. Les cocardes, de couleurs
vives, qui pendaient de son machete et de son
revolver lui valurent le surnom de Ca(pilaine
des ranges (Capildn de los fleros), par lequel
il tait connu dans toute la contre.
Il avait, attachs sa personnel, deux objets
qui lui taient galement chers, et sans lesquels
le capitaine et t comme Samson aprs qu'il
eut les cheveux coups.
L'un tait un gros tromblon en entonnoir, la
bouche largie, qui participait aux honneurs du
canon, et auquel servaient d'afft les bras ro-
bustes et la poitrine d'acier du C(ipitin de los
lecos.


ciers nous disent que les rebelles tuent les. pni-
sonniers, mais c'est faux.
Pedreo G. A lvare. ,,.
Voil comment agissent ceux que le gouver-
nement espagnol appelle des sauvages, des in-
cendiaires, des vandales. etc. Et ce mme gou-
vernement est reprsent Cuba par l'assassin
WVeyler Rendons justice ce dernier., il le re-
prsente bien.

-------*~~ -------


DERNIRES NOUVELLES


Le gnral Weyler a interdit l'exportation
des bananes par Jibara et Nuevitas, afin d'viter
que les navires procurent des resources aux re-
belles et leur apportent (les nouvelles.
Les chefs cubains Zayas et Lacret ont pn-
tr dans la province de La Ilavane.
Quant aux victoires dcisives de Pinar del
Rio, un des journalists amricains qui viennent
d'tre expulss de Cuba a dclar, un de ses
confrres de New-York, que les troupes espa-
gnoles ont essay cinq reprises diffrentes de
s'emparer des positions de Macco, et que les pr-
tendues victoires espagnoles ne seraient que de
simples attaques sur des fermes sans impor-
tance. Selon ce journalist, les Cubains auraient
encore des vivres et des munitions pour un an,
Une dpch de New-York informed que les
expditionnaires pris bord des vapeurs Three
Friends et City of Key iVest, h destination de
Cuba, ont t relchs faute de preuves suffi-
santes.
Au Snat espagnol, le marchal Campos
dfend ses actes comme gnral en chef de l'ar-
me de Cuba. Il dit qu'il devait s'occuper unique-
ment de la guerre et non de savoir si les rfor-
mes pouvaient ou non tre appliques, ce qui
relve uniquement de la responsabilit du gou-
vernement.
On signal de La Havane (source espagnole)
un combat de cinq heures qui aurait eu lieu a
Zapata Majagua (Matanzas), entire les insurgs,
commands par les chefs Lacret, Sanguilly, etc.,
et un dtachement de 620 soldats, conduits par
le colonel Drualla.
Le Times croit savoir que les dernires
nouvelles de Madrid ont caus une trs mauvaise
impression a La Havane : on y est mcontent
des lourdes taxes additionnelles imposes au
budget cubain.
Au Snat espagnol, le gnral Calleja, an-
cien gouverneur de Cuba, a dfendu sa gestion
pendant laquelle, dit-il, j'ai fait tout mon possi-
ble pour viter la guerre. Le ministry de la
guerre a dclar que le gouvernement avait t
trs satisfait de la conduite du gnral Calleja.


L'autre tait son fils Juste, enfant de huit ans,
qu'il arracha l'esclavage et qui, depuis son
jeune Ige, ne se sparait pas de lui: le petit
Justo faisait parties intgrante de Martin. Ils dor-
maient, mangeaient et marchaient ensemble, et
ensemble aussi, ils se plaaient l'avant-gard'
pour le combat.
Un jour, au milieu de l'ardeur de la bataille,
le petit Justo se permit de tirer le canon de son
pre, et le coup le fit tomber assis. Il fallout cher-
cher ce jeune brave un petit mousquet, et,
dfaut, on le pourvut d'une petite carabine, que
le ngrillon maniait avec la mme facility que
les autres enfants de son Age leurs jouets.


Lorsque, dans le combat le plus chaud, la ftu-
me de la poudre enveloppait la scne d'une
faon sinistre, lorsque les combatants, dans
l'obscurit de la bataille, se devinaient plutt
qu'ils ne se voyaient, le Capildbn (le los flecos,
pour encourager son arme, lanait son cri de
guerre, et, au-dessus des dtonations de la fusil-
lade et du bruit du canon, on entendait ce cri
rsonner dans tous les dtours de la montagne:
Ici se trouve Martin Pratas Supposez un tor-
rent qui se prcipite dans l'abme; pensez au
vent de la montagne qui coupe et balaie tout ce
qu'il rencontre, et vous comprendrez l'effet de
cette voix dc tonnerre qui couvrait celle du ca-
non, et plus encore, lorsque, tel un cho sympa-
thique, on entendait la voix argentine de son
fils qui, comme un signal convenu, s'criait :
( Et ici est le petit Justo . L'effet tait lectri-
sant pour notre arme, terrifiant pour l'ennemi.
Dans ces moments, Martin, qui avait charge
sun mousquet jusqu' la gueule, venait (le le d-
charger sur l'ennemi.
Pour cela, il se posait si-le talon droit, et,
come sur un pivot, il faisait turner son corps


Le gnral Pando a fait un tableau de la situa-
tion Cuba avant la rebellion. Il a justifi sa
conduit et blm le gouvernement de l'avoir
rappel. Il a rappel qu'on lui avait offer 10,000
hommes a Pinar del Rio. 11 a lu ensuite quelques
documents peu favorable au gouvernement et
qui ont produit une certain motion.
Les dbats de l'adresse, qui viennent
d'avoir lieu au Snat dmontrent que le gouver-
nement persiste ajourner l'excution des rfor-
mes h Cuba jusqu' la fin de l'insurrection, tan-
dis que le marchal Campos et le gnral Calleja
sont d'avis que l'action militaire tranera en lon-
gueur et sera coteuse si-elle n'est pas seconde
par l'action politique.
Le Snat a continue hier la discussion des
affaires de Cuba. Le gnral Pando regr-ette
d'tre oblig de reconnatre que- l'insurrection a
fait des progrs depuis que le gnral Weyler est
arriv dans l'le. Le gnral Calleja a rpondu
aux accusations diriges contre son administra-
tion Cuba. Il a rappel les measures prises par
lui pour empcher l'insurrectiop de s'tendre.
Le gnral a ajout que c'est par le moyen d'une
action la fois politique et militaire qu'on par-
viendra mettre fin la guerre.
Le rapport de la commission, rdig par
M. Romero Robledo, affirme galement la nces-
sit d'ajourner les rformes pour vaincre d'abord
la rebellion et condamne la politique conciliante
du marchal Campos.
Une-dpche de La Iavane announce qu'
Bacacoa a eu lieu une rencontre.
Le vapeur Three Frlends est pass prs
Key-West neuf heures du matin, poursuivi
dix miles de distance par le navire de guerre
*Alfonso XII. Les deux btiments, lancs toute
vapeur, se sont rapprochs de la zone de trois
milles des eaux amricaines. Des tmoins dcla-
rent que le navire de guerre espagnol aurait tir
sur le Three Friends, et le bruit court que le
croiseur amricain Maine et d'aulres cutters
amricains se prparent intercepter le passage
aux deux navires dans les eaux amricaines.
-.Les dernires nouvelles de Key-West
annoncent que l'Alfonso XII, se trouvant dis-
tanc par le Three Friends, qu'il poursuivait,
abandonna la poursuite et fut bientt hors de
vue. On ignore encore si le Three Friends a t
atteint: ..

..I -------.^----

DLGATION


La )lgation de la Rpublique de Cuba
New-York, est transfre de 66 Broadway;

--
56 NEW :S'TREET, 2 -tage.





de gauche droite,' irWvi> i cercle, auquelf
servaieiiit .1. r.yui'li airiin it balles qu'il en
partait I iii.'i iiu ltj,.l ,i nt produire leiir
effet meurtri'efr danrs I re. figure par
l'ennemi; sOi.cri d guerre accompagnait toup
jours le biruit de son canon .. .
Djhi, en 1811, le petit Juslo tait connu dans
toute la region ..'i-l r il"ee. Son-eourage incom-pa-
rable, so:n t. iiLi-fii;J .i.- les moments supr-
mes du 1 i,,-er. -~nii ..l ,ilit,:- et sa modestie an-
glique lui avaient attir le bon vouloii de tous
ceux qui l'approchaient. Il n'y avait pas un
combat auquel le petit Justo ne prit part.
Dans tort l'Orient, on' rtait de bouche en
bouche les prouesses de ce guerrier en miniature;
son nom se conforqgdit d,'n.e manire fantastique
avec les rcitfs qae rapportait et commentait
avec exagration, l'imagination orientale de no-
tre people.
Mais la vrit est que cet enfant, aux qualits
extraordinaire, tait: toujours le premier dans
le danger, et l, o plus d'un homme se dmora-
lisait et tournait le dos l'ennemi, Justo se main-
tenait hroquement armed de sa grande force de
volont. Personnel dans le-combat ne le distana;
et Macco le lion des forts de l'Orient rp-
tait souvent que, dans tod.s les moments diffi-
ciles, il dsirait rencontrer a ses cots des braves
de la taille de Justo Piratas.
Justo arrival jusqu'au grade de sorgen t en pre-
mier. Son lge ne permit pas qu'il fit fait offi-
cier; mais lui, qui, pace qu'il tait un enfanl,
ne pouvait sortir des rangs, tait rcompens
par l'amiti de tous ceux qui le coniinissaienii, et
par l'approbation et l'estime de tous ceux qui
l'entouraient.


Key -West.

(A Suivrie).


F". F:
.


: ,


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r 1118*11 ~i~Li~i~9~iaiiPP~~ IIii- --- ~iiiiir.~Li-pii.i Ii d IB --i ICL~--~iII I I ~A





LA 1RIp1PUUL1QLI4J C11('Un.,\V


9 JUILLET 1896


LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Le Jour :
..... .. . . .. .. .. .. .. .. ...... .. ... .. .
Ls ftes donnes en l'honneur de l'escadre fran-
aise par la population et les autorits de la Galice
ont renpli les colonnes des .journaux. Cependant,
ce serait une erreur de croire que le contre-coup s'en
soit'bien fait sentir Madrid. Il yva indniablement
u i courant de franche sytnpathie entire les dmocra-
ties franaise et espagnole. De plus, on est toujours
flatt et reconnaissant de-se voir dresser des poli-,
tesses e l'Espagne est peuFt-'tre, en tant que nation,;"
celle de ses voisines avec laquelle la France, l'heure
actuelle, fraterniserait le plus volontiers. Mais, ici, le -
calcul de M. Cnovas, ainsi que du syndicate de fi-
nanciers et de journalists qui mijotent un emprunt
espagnol, apparait d'une faon rellement trop visible
pour qu'on ne crie pas casse-cou.
Le ministry de feu Alphonse XII ne s'est jamais
fait connatre comme un 'francophile bien'fervent.
-Entendre ses agents parler d'une alliance avec la
France, just au moment o la domination espa-.
gnole agonise Cuba, c'est bien suspect. Car les af-
faires du gouvernement ne se rtablissent pas l-bas,
bien s'en faut: tandis que le chef Rodriguez s'empa-
rait de Bataban, Mximo G6mez, prs de Puerto-
Principe, et Maceo, dans la province de Pinar dl
Rio, opt chacun'remport une victoire pour'n'n pas
perdre I habitude.
. .. .... :.. . -.. ... ... ..... ... .. ... . .. ... . .

GaZetle Europlenne :

Le gnral Weyler vient d'adresser une longue
lettre au ministry de la guerre dans laquelle il rend
compete des operations et exprime la ncessit qu'il
y a d'envoyer des renforts Cuba avant le '" oc-
tobre.
Or, de nouveaux renforts ;exigent de nouvelles'et
considrables dpenses.
C'est pr; centaines de :millions que se eh'iffrint les
sacrifices : . :
Le marcbal Martinez Campos estime: qu'il faudra '
encore trois. ans. pour 'rduire les insurgs .par la

S. ......... .... .. ........ ........
Cent mille hommes et trois ans d'efforts! Ge serait..
de la folie- la folie du massacre,


Le Midi Republicain, Toulouse :
Anda salero!... Alta, olle!... Otro toro !... Voil
les exclamations qui retentissent, en ce moment,
dans toute Ila pninsule espagnole, pour fter les
marines de l'escadre-franaise' '
L'enthousiasme au del des Pyrnes est arriv,
parat-il, au paroxysme du dbordement patriotique.
On salue nos matelots comme des sauveurs et les
discours coimipltent l'effusion des accolades.

L'histoire en main, il est ais de voir que l'Espa-
gne, come l'Italie, a toujours essay de se sous-
traire la fraternelle influence que pouvait exercer.
le voisinage de la France. La communaut d'ori-
gine, -la similitude du language, la sauvegarde de
l'avenir, auraient d depuis longtemps tablir, au
Midi de l'Europe, la fdration des races latines
mancipes.
. ...... ... .......... .... ..... ... .... ... .........
Au lieu de cette union naturelle, l'Espagne nous
a tourn le dos quand on prparait le recent d-
membrement de la France et nos voisins d'Italie
nous montrent encore quel degr d'abjection en-
traine l'ingratitude.
Ces rflexions nous sont suggres par ce fait par-
ticulier que l'Espagne rclame notre alliance
l'heure prcise o son arme est dcime par les
insurgs cubains et quand l'escadre amricaine est
parties dans la direction du golfe de Mexique...
Quels seraient donc les avantages que la France
retirerait d'une entente avec l'Espagne et quelles
conditions serait souscrit le trait ?

La haine commune de l'Allemand pouvait seule
servir de prtexte aux ngociations et d'excuse au
parachvement de l'entreprise. Mais en Espagne,
aller baiser la main de la Reine, encore rouge du
sang des Cubains rvolts pour conqurir leur ind-
pendance, cela dpasserait vritablement les bornes
de facties permises.
Si l'Espagne, mre pour la liberty, proclame enfin
la dchance de la monarchie, nous lui tendrons
galement les bras. Ensemble nous pourrons for-
mer la puissante fdration de la Rpublique du
Midi.
Jusqu' Cette auiroe espre par les aptres de la;~
dmiocratie-' niverselle, la France se contenrtera.'
d'avir pactis avec: Saint-Ptersbourg et nous au--
roris:le bon esprit de laisser les Espagnols coinpen-
ser la perte prochaine de Cuba par la dansante .on-
solation de leurs castagnettes.

Journal de tontdidier : .
.... ...... .. ...... .... .. ........... i. ..
Depuis prs'de quinze jours ce n'est dans tout:a-


pninsule, aussi bien l'ouest, dans les ports de
l'Atlantique come La Corogne et le Ferrol, o l'es-
cadre franaise est acclame...................

Evidemment toutes ces manifestations doivent
flatter notre amour-propre, mais au fond cet enthou-
siasme, qui me semble quelque peu de command,
est-il bien sincre?
.. .... ...... .. ... ... ............ ........

L Echo d'Oran :
. . . . .. .. .. . .. . . . . . ... . .... .
C'est ainsi, qu' la dernire reunion dil'aropage
gouvernemental, a t dcid l'achat de deux cuiras-
ss Gnes.
A vrai dire, on ne sait pas encore avec quoi on les
arnera, mais enfin ils seront l, sous la main, et
M. Canovas trouvera certinement bien le moven de,
-les lancer sans hlice et sans machine.


AVIS

On trouve La Rpublique Cubaine, h
Paris, dans les kiosques suivants :
M". Slineider, l'angle du faubourg Moiitinartre et dii
boloevard.
Kiosque /i, on faice le passage Jontffroy.
85, l'angle do la rue Le P"llelier et du
boulevard,
32, on face le ('afP Richie.
18, f l'angle du i boulevard e lde la rue du
HIoldor.
31, ci face le Caf de la Pai.c.
24(, 'o face. ]o Gr-and IHtel.
213, Id.
S 12, en fiice les magasins du OJi Endgland.
10, on face le Grand .Caf.
S 1, place de la Mtadoleine, Station des Om-
niibus Passy-Boarse.
S 5, l'angle du boulevard et de la rue clos
Capucines.
8, cin face l'Olympia, .
' '".. 25, on faco le Crdit Lyonnanis. .
: en face la Gare Saint-La;are (cour des.
S' lines de bilnnlicue).
7, en face le C'if (Crdinal.
41, o t face le Bec Auer, entire les rui 'Rielid-
;:' lieu et Viviennte.
';. 'TO, l 'encoignure do la place de. l'Opra .et idu
b ouleyard des Capucines.
1 -,:-'i, rue Royale, n face le roslautrait LAirle.
14 . f. avenue des Chliaips-Elvysis, entree la rua
.: de Chaillot ot l'avonuc do elAlAma.


S 141, avenue ldes i ii:i,, .. l ',:1.-, en face de la
irue dut Bel-Respiro.
on face les MIagat.ins d(t Printemp.tl.
. pris la sttlion de la M elte-Taitboutb>a-
lovard Haussmann ei t rue Tailbout;
S plarc de la Bourse, vis-a-vis le bureau de
pl stl -
faulh!iur Poissonnijire, Conse'reotoire. .'
S place iu Palais-laoyal, anglo de la rue IdoI
.1-ivoli, ci face leliiiiri des omnibus. ''
i 'Iencoignarii-de la rite de la Botic et du
['.tilour' Sainl-ir [onor'.
place Sainti-Augiistin, arri dles tramwavs
l: .uLete-TlaihoT)t; -
215, vtciie Wagram et rie I i'. .'
-., place de l'Et.ile et avenue Mac-Mahon.
2"2,`;'l'angile de la rue du Tolder et du boule-
Svard, en face la machine ost.
17, boulevard des Capucines, en face le caf4
SNapolitain.



-A L l 3E3 L. Rr .TTS :Z
Dentiste Amricain
OPERATIONS GARANTIES
23, Avenue de ~~~ agra


SLe Jour public

LES VENTURES:

DE MA VIE
PAR

HENRI ROCHEFORT


VIENT DE PARAITRE



CUBA INTRIE ESPAGNE
PAR

ENRIQUE JOS VARONA
EX-DEPUT AUX CORTS

SL'A4 hnoiistiatenr-Gdran't 'FOURREAU.

TROYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126.


PROPAGANDA


CUBANA


TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que l vent des limbres-poste cubains
continue. ' .
La collection se compose dequatre couleursdif-
frentes :mais sont.de2, 5,10,
le dessin, repr- ..B 25 centavos (le
sent ci-contre, centavos qu-
est le mime vautOfr. OS d
pour tous les | monnaie). Nous
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,
preuves en mains, qu'ils circulent librement en
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand
*contre remboursement.



PATRIOTISMO

. .. ., :'..:P R .. : . ... ::.

GONZALO de QUESADA



Un vohlmen, de venta, en la Adminis-
tracia de Patria, 81, Nw. St. New-York,
50 centavos el ejemplar. .


SIMBOLOS CUBANS ':


Boto ns, alfileres, da medal es,
gemelos, etc, ct ; .
Todo con los simbolos de Cuba. :
La. bandera nacionai ; 'ela 'esu:e ao
de armas,.fedhas, .'i;;r rtaIles .cS?
las de PATRrAx:(Io de: octubre -1868)
yla de LIBERTAD (24 de febrero'i89y5
Acaban de ponefse en venta por
if. Rigoberto Ramiriz, 200 East 27 St.
'Ct v. New-York.


LA VOZ DE CAIN


CARTAS ABIERTAS


Rafael Montoro
POR
EDUARDO YERO

Se vende a 25 centavos el ejemplar, en la Ad-
ministracin de Patria, 81, New Street, Nueva
York.




H16roes Humildes

BOIOMRFIAS DE RIOLIO IOR FlBANOS



SERAFIN SANCHEZ

Un volimen, de venta en la Adminis-
tracin de Patrid, a8, New Street, New
York, 50 centavos el ejemplar.
.. .. '.: : -iE Y : "


HATUEY


Poema nramatfic
POR
F A. C, -.,$ LL N.


Se vende en la Imppenta Amrica, 284,
Pearl St., New-Ypg', a 50 centavos el
ejemplar.


LOS POETAS DE LA GUERRA



Hermnoso vo'Vlinen de 150 piginas, de
poesias escritas en la Revolucin, con. un
prlogo por Jos Marti y notas, biogrfi-.
cas por Serafin Sanchez, Fernando Figue-.
redo, 'Gonzalo de Quesada, etc.
Se vende en la Administracin de Pa-
tria, 81, New St., New-York, 50 cts. el
ejemplar.






Por Gonzalo de Quesada


Un tomo, de venta 50 cen-
tavos el ;ejemplar, en la Adminis-
traci6n: de Patria.

8,:I..New St. New-York

ENSAYOS POLITICSS 1




ARTICLGLOS Y DISCURSOS
"' : '* 'I : :" ':".: .. .... :' .. .. ; :'.

RAFAE L S E R".A


Un volinien de cient,-cinrunta paginas,
de venta en la Imprenta ,Amrica 284,'
Pearl St. A 25 cts. cada ejemplar.


LA DIVISA CUBANA

E eolo : I1 ots

Esta DIVISA la:constituye un precioso
botn para colocar :en el ojal de la solapa
de la levita, y el cual tiene los colors de
la bandera cubana.
Los que desen haeir 'compras al por
mayor, deside una docena en' adelante,
pueden dirigirse a su nico fabricante,
que hace grandes rebajas.
De venta en la Administraci6n de
Patria. DIREC(:I6N: David Fuld, 204,
Duval Street, lKy. West, Florida.



CUBA CONTRA ESPANA



Por Enrique Jos Varona

EX-DIPUTADO:. A CdRTES

Un. folleto, de venta en la, Admi-
nistracin, de Patria....
8 : Nevw St. Ne\w-York



LA RO LUIO OGOUBANA


La Raza de Color

S,.(APUNTES Y .DATOS),

;UN CUBANO SIN ODIOS

Folleto de, 24 pgs. Se yende en la
Administraini de la Patria, 81, New St.,
New-York, ' 20 cts. ejempair.


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