Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: July 2, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00025
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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C


Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint--Vincent-de-Paul Ire Anne PARIS 2 Juillet 1896 No 24 Un. annie, p,,avae 'avance... "t f. '2 Ir.
EM2Uii s. ime slre,' ici. id .. Il t'. 11.540
U ln lsie'ietre, id. id ... 6 fr. I ..50
ADRESSE TLEGRAPHIQUE: ZA..AB.A A PARAIT TOU TS LES JEU TDIS nA L'ETR NGER
TELEg OIrEl Ine ainnle, i>payable d'avanc L uPiour les I nnonces et n;clamnes' k'adresse'r M3. L. GUAGLINO, 39, rite de tItarlres, Ieuise-sutrr-SCeie. 'in mes(re, ii. ii. .............. I: 1 r.
Les manuscrits ne sont pas rendus I ,I' ,eIERi ....... O fr. s
UNN'-ER....O(.2


AUX


CUBAINS


ET AUX PORTORICAINS

Constitution d la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
AnT. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
1. D'unir, dans un effort-commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.

IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
ration de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue a
aider rgulirement de leur argent la I)lgation,
pour l'envoi des armes et des. munitions desti-
nes h leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont revues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le D' R.-E. Blances,
6 bi., rue de Ch\teaudun.

--------.^-------


POUR CUBA


11 faut dcidment que l'Espagne se rsigne
perdre Cuba, comme ell a perdu successive-
ment ses autres colonies. Cela est ainsi, qu'y
faire? L'insurrection cubaine est si formidable
tette-fois, ses succs se suivent avec une telle
obstination, qu'on doit les considrer come les
messagess d'un dfinitif et prochain triomphe.
En effet, un conseil des ministres bern et sans
gnie, des paniques de Bourse et de ngoces, un
people endormi par ses exigeantes pratiques du
culte et la tauromachie, voil ce que l'agonisante
Espagne oppose l'enthousiasme et au cri de li-
i)ert des insulaires.
Un esprit lgrement pris de gravity verra
nettement que la lutte ne peut, ds lors, avoir
grande dure. L'Espagne porte le faixde sa faute:
la grande ile se venge d'avoir t ranonne,
pille, mutile, d'avoir vu les fils de son sol
lemeurer les esclaves de l'administration madri-
lne. L'minent penseur Enrique-Jos Varona,
ex-dput aux Corts, a expos dans un livre :
Cuba contre Espagne, ce long martyrologe du
people cubain. Les iniquits sont nombreuses;
A'implacables statistiques rvlent l'entire cu-
pidit des concussionnaires ibriens. Contre un
tel rquisitoire, les archevques sonneront en
vain le tocsin dans les villes de la Castille et de


l'Aragn. Le dnouement, pour terrible qu'il soit.
sera bientit aux portes de Madrid. D)jh les cou-
lissiers de l'agio ont pris leurs measures, leurs
prvoyantes measures. Le people, lui, restera
frapp de stupidity la court et le clerg en gar-
deront longtemps la; sombre pouvante. Weyler,
la hyne d'Espagne, cela ne suffisait donc pas -
se diront-ils pour la marClie triomphale a
travers Cuba, pour la pacification , pour la
resistance h l'meute ? Car c'est ainsi qu'on ap-
pelait au dbut l'irrsistible rvolte des Cubains
opprims. Apis mille insuccs, aprs le retour
de Marlinez Campos, hu si bien i la mode
castillane! Weyler tait parti come le hros
lu; et des gens regardrenl, jusqu' ne plus le


mage ici h la vaillance du people cubain, pour
qui les successives insurrections ont 1 -- cela
est maintenant pleinement rvl les tapes
glorieuses de son dlinitif essor vers la lumire.
Saint-Ilamans.

------^ -~-------


M. DE CARDENAS

ous avons le plaisir d'annoncer l'arrive a
Paris de notre estimable et tries distingu
ami, M. Nicohls de Cairdenas y Chappotin,
qui vient remplir ici une important mission
spciale diplomatique, qui lui a t confie par


ia-'AL . .':


M. Nicols de C&rdeias


ENVOY EN MISSION DIPLOMATIQUE SPECIAL


voir, le vaisseau qui emportait la gloire de l'Es-
pagne.
La vrit fut alors enchaine au fond de son
puits. 11 ne pouvait plus y avoir de mauvaises
nouvelles ; elles furent toutes bonnes. Les choses
les plus inexplicables,'la longueur de la pacifi-
cation, les dlais du triomphe, cela fut mis sur le
compete du climate; et, quant a la valeur defensive
des insurgs, vraiment valaient-ils la peine qu'il
en fit question ?
Mais tout lasse, tout passe, tout casse. Tandis
qu'en France, n'ayant plus nul got pour les
ventures hroques, nous assistions sans dire
mot a cette lutte d'un people que l'on cherche
& bmillonner. voili que nous devons croire
maintenant malgr les efforts dsesprs de
l'Espagne une volont mancipatrice plus
forte que tout, h une destine des peuples qui
les conduit vers la libert, veris.Il'afTranchis-
seinent, et c'est pourquoi nous rendons hom-


M. Estrada Palma, ministry plnipotentiaire de
la Rpublique de Cuba l'tranger.
Membre d'une famille cubaine rpute pour sa
situation social, son lvation d'esprit, son pa-
triotisme et les services signals qu'elle a rendus
au progrs gnral (le Cuba, M. de Ca rdenas est
n La lavane. 11 y fut lev avec tout le soin,
avec tous les advantages que permettaient la
fortune de ses parents.
Ds sa sortie de l'cole, il ne tarda pas figu-
rer dans les principaux cercles de la capital de
Cuba. Son caractre attrayant et affable, sa phy-
sionomie sympathique, sa distinction et, enfin,
l'intrt rsolu qu'il prenait tout ce qui consti-
tuait un progrs moral ou materiel, cela suffit
le placer parmi les jeunes gens de plus grande
initiative et de plus d'influence dans la ralisa-
tion d'un grand nombre d'entreprises d'une uti-
lit reconnue, parmi lesquelles nous rappelle-
rons la foundation de nos meilleurs gymnases, de


sales d'armes, d'hippodromes et de rlubs de di-
verses sortes. Il mena galement k bien des
affaires purement commercials et de grande
importance.
Quand fut pouss le cri d'indpenda'nce, le 21
fvrier 1893, M. de Cardenas quitta La lavane et
alla se mettre, sans conditions, aux ordres de
notre dlgation "New-York. Un homme qui
avait, come lui, contribu toujours et de faon
remarquable conqurir pour sa terre natale la
plus grande some de bonheur, ne pouvait que
s'empresser de la servir dans la conqute du
premier et du plus prcieux des biens : l'Ind-
pendance.
La dlgation, en sa sagesse et sa perspicacit,
ne tarda pas reconnatre les mrites de M. de
Cairdenas, ainsi que ceux d'un autre Cubain dis-
tingu, M. Aristide Agiiero. Elle leur confia une
mission trs delicate et important : celle de vi-
siter, pour plusieurs raisons, les rpubliques de
l'Amrique Centrale et de l'Amrique du Sud.
M. de C:irdenas eut ainsi l'occasion de montrer
sa valeur, que beaucoup ignoraient encore. Entre
autres qualits don't il sut fire preuve, son irr-
prochable courtoisie, son tact, sa finesse, sa dis-
crtion, sa connaissance approfondie de l'affaire
qui l'amenait dans ces divers pays lui valurent
d'tre reconnu par tous come un veritable di-
plomate. Ce n'est pas seulement notre gouverne-
ment qui en tmoigne, c'est aussi la press de
ces nations amricaines.
Dans la haute socit parisienne, M.' de Catrdc-
nas est aussi connu qu'apprci depuis de nom-
bretises annes. Un de ses fils est n Paris.
C'est aujourd'hui un grand jeune home. 11 a
d'l brqu Cuba avec le gnral Calixto Garcia,
et c'est aux cts de ce chef qu'il combat aujour-
d'hui pour la libert de cette mme patrie que
son pre sert avec tant d'intelligenc, d'utilit et
de distinction a l'tranger.
La Rpublique Cubaine souhaite la plus
cordial bienvenue au distingu compatriot et
ami qui done tant d'esprances la cause de
nos liberts.

--------** -------


CUBA


M. Isiac, snateur de la Guadeloupe, le d-
fenseur aim des Arabes et des populations n-
gres martyrises, vient de publier dans Le Petit
louennais, sous ce titre: Cuba, un plaidoyer
loquent et mu en faveur des patriots qui, lh-
bas, luttent pour l'indpendance de leur lc.
En voici la conclusion:
Quant nous, spectateurs, mais non spectateurs
indiffrents de la grande bataille qui se livre derrire
l'Atlantique, nous n'avons aucune raison de prendre
parti pour une nation don't le dernier roi fut colonel
de uhlans et don't les soldats, s'il faut en croire de
rcentes nouvelles, fusillent Cuba des Franais non
combatants. Nous pouvons, sans craindre de nous
nuire nous-mmes, montrer nos prfrences pour
ceux qui revendiquent les droits de la patrie; tous
les Franais qui ont conserve le culte de la libert
peuvent former des voeux pour l'indpendance de
Cuba.
La Rpublique Cubaine remercie ien sin-
crement M. Isaac (le ses nobles efforts en faveur
de notre just cause.


*





LA REPUBLIQUE CUBAINE


2 JUILLET 196.


ATTENTION!


Les ftes de la Corogne mritent tile fne point
passer inaperues.
Aprs:s'tre combattue avec acharnement au
commencement de ce sicle, la'France et l'EslIa-
gne n'ont aucune raison personnelle de se har
on tantque peuples. A note philosophique po-
Sque on tend, d'ailleurs, fire la distinction entire
.cux qui., .gauvernant, endossent toute responsa-
-' bit social et-cetuxaqii, gou.verns,:n peuvent
logiquement tre incrimins pour des actes coin-
mis en dehors d'eux, souvent malgr eux.
Donc, France et Espagne ne se dtestent point:
au contraire, un courant de sympathie a tou-
jours prapproch -les lments dmocratiques de
ces deux pays latins.
Mais, attention !
Parce que deux personnel changent des poli-
tesses, s'ensuit-il qu'elles doivent aveuglment
se solidariser dans leurs actes, surtout .l..rilq ii
les politesses de l'une peuvent avoir un mobile
tout autre que dsintress.
Les habitants de la Corogne reoivent fort
bien, parait-il, les marines franais. Cela montre
peut-tre un aimable esprit d'hospitalit ou
l'amour des spectacles i grands dcors. Mais
l'attitude, aussi courtoise, videmment beaucoup
plus calcule, des autorits, est pour inspire des
rflexions.
Pourquoi francophobe jadis et notamment
sous le rgne de son feu matre, le roi-uhlan,
M. Cnovas del Castillo est-il, tout au moins la
'surface, devenu francophile?
Pourquoi les serviteurs d'une des monarchies
les plus rtrogrades et les plus clricales en-
voient-ils de si amoureux baisers la Rpublique
franaise ?
Pourquoi ce changement de front, ces galan-
teries et ces ftes, concidant d'une faon singu-
lire avec la ruine progressive de la domination
espagnole Ciba?
Le premier ministry espagnol escompterait-il
rellement une alliance franco-espagnole don't il
n'est question que depuis les dfaites multiplies
de Weyler et de ses lieutenants?
Ce serait rellement dpasser les bornes de la
navet permise que de se prter pareille com-
binaison.
Certes, ce ne sont pas les ides large et les
fiers principles qui touffent nos financiers et tos
politicians. La Rpublique, que leur ont con-
quise des lutteurs, est pour eux une tiquette -
rien de plus derrire laquelle ils abritent...
soyons polis... les plus discutables operations.
Mais enfin, dfaut d'idal rpublicain autre
que le fameux : Ote-toi de l que je m'y
mette , le bon sens pratique suffit pour se d-
,lourner d'un casse-cou.
Voici comment un journalist, cependant trs
ami de l'Espagne, M. Edouard Blois,-apprcie la
situation :
La guerre cubaine est un gouffre o choient sol-
dats et impedimenta sans espoir de les jamais re-
trouver.
Ceux qui luttent l-bas pour la libert ne capitu-
leront pas. Ils ont au ceur la foi et plus matrielle-
ment l'alliance subsidiaire des Etats-Unis.
Polr nos voisins, pas de victoires sans lendemain;
Sle tlgraphe nous apporte chaque jour la nouvelle
des pouvantables reprsailles des insurgs dynami-
tant les trains, coulant bas des vapeurs marchands
tels que le Blico. Le gnral Wevler comment, lui
aussi, des atrocits mme envers de paisibles Fran-
ais.
Et voil qu'on nous parle d'une alliance franco-
russo-espagnole. Est-elle ncessaire ? Pour l'Espa-
gne, oui; mais pour notre nation ? Par le fait de cet
accord avec la Pninsule, ne nous alinerions-nous
pas sans profit aucun les pratiques citoyens de la
libre Amrique ?
Les deux peuples latins vont I'un vers.l'autre,
mus par une relle sympathie. Les lves-officiers
de l'Iphignie ne se rappelleront pas sans motion
les fraternelles manifestations qui les accueillirent en
port espagnol. Qui n'en a lu les compete rendus sans
attendrissement.
L'amour nous pousse vers les Pninsulaires, l'in-
trt suprieur du pays maitrise nos lans.
C'est pourquoi il convient de ne pas ajouter
crance l'closion prochaine d'une nouvelle Triple-
Alliance.
Notre confrre a mille fois raison : en aidant
le gouvernement espagnol remettre sous le joug
un people qui lutte courageusement pour sa
liberty, la Franc' tommettrait a la fois un crime
et une fau'te.
Elle ne les commettra pas, car tout ce qui a ici
aut coear le sentiment de la justice se lverait
pour protester.


SQuant aux calculateurs simplement pratiques,
ils estimeront sans doute que, si belles que syient
les ftes de la Corogne, il serait par trop stup:ide
d'en solder la note.
:Cosmio.



-CONFESSION OFFICIELLE


Dans le rapport official par lequel .il rend
compete de la .perte du 'vapeur B par les forces cubaines dans le rio Cauto, le g-
nral Weyler dit:
L'ennemi a pendu le pilote, les autres
ont t remis au fort Mellones.
Nos lecteurs voient que ce n'est pas seulement
le gnral Martinez Campos qui s'esty vu oblig
de confesser que les Cubains mettent les prison-
niers en libert. Aujourd'hui, c'est Weylcr .lui-
mme. No:1 qu'il s'agisse pour lui de rendre
homage h la vrit, mais p.arce qu'il y est forc
par l'activit et l'indpendance des correspon-
dants (les journaux amricains a Cuba, et par la
vigueur avec laquelle le nouveau consul des
Etats-Unis remplit ses functions.
Aprs avoir fait observer nos lecteurs que
ledit pilote a t pendu conformment la loi dc
la Rpublique, qui condamne mort tout Cu-
bain tratre la patrie, nous pouvons de-
mander au froce gouverneur de Cuba :
Gnral Weyler, l'ennemi qui, suivant votre
propre declaration, met en libert les -prison-
niers de l:arme don't vous tes le gnral en
chef,mnrite-t-il ld'tre dclar bandit, comime
vous le prtendez, et d'tre fusill .chaque fois
qu'il est fait prisonnier, ft-il grivement
bless?
Ne devriez-vous pas trehonteux, vous, gn-.
ral, et le gouvernement qui vous a envoy
Cuba, et l'Espagne qui support vos assassinate
et l'indignit de ce gouvernement corrompu ?

--------*<= ~-------

UNE ERREUR


Dans la biographies d'lHenri Roehefort publie
Sedans notre numro du 25 juin, s'est glisse une
erreur d'impression. Au lieu de Sans liqxcuete
de Se.ce linee .47), lisez Sans tiquette de
Secte.

---------*-------

LE MESSAGE

DE LA RGENTE


Nous lisons dans la Press de New-York:
L'allgation de la reine rgente d'aprs laquelle
Cuba ne pourrait prosprer avec l'indpendance et
que si la Rvolution triomphait l'ile ferait un pas en
arrire dans la voie de la civilisation, des intrts, de
l'industrie et du commerce , est une preuve ton-
nante de l'arrogance et de la varit espagnoles.
C'est comme si le.sultan dclarait que les vritables
intrts et le vritable salute l'Armnie consistent
demeurer sous la.domination de la Turquie.
La vrit est qu'on trouverait difficilement, dans-
le monde, un pa)s aussi d"u par la nature.qui ait
.t avec autant de -ipersistance et d'infamie livr
l'anarchie gouveircin.en tl... pill- troimp, dpuio ll...
comme Cuba l'a t par l'Espagne. Ce que devien-
dra l'ile de Cuba si elle russit conqurir son
indpendance est, certes, matire conjectures, mais
ce qu'elle'a t sous la domination espagnole appar-
tient l'histoire et ne saurait tre pire.
La reine dit: L'Espagne ne peut abandonner la
mission civilisatrice qui lui est impose par son his-
toire et par son honneur. -
Aprs plus de trois cents ans employs ciriliser
Cuba, il rsulte que cette ilc est la colonies la plus
mal gouverne de la terre. Les amis de la liberty et
de la civilisation seraient heureux de pouvoir fire
la comparison ave: un ou deux sizles d'indpen-
dance Cuba.

-------. -r .-------

L'PE DU GNRAL GOMEZ

Ainsi que nous l'avons annonc dans notre
dition espagnole, un des plus important jour-
naux de New-York, Thi Journal, a fait cadeau
l'illustre gnral en chef de l'armie de Cuba,
Miximo C6:ncz, d'une magnifique (pc d'hon-
neur.
Sur une des faces de lalame on lit l'inscription
suivant :
AU OGNitAL MX~Ixmo G6iMEZ, CL. MANDANT EN CHIEF
DE L'ARME D: LXA IRPUBLI LE CUBAINE. THE
JoURNAL , N. Y. MAl 1 9t6.


Sur l'autre face o:1 lit:
is Av-s:E s .S:S LIC:.ATIONS ET S:tS M ILLEm'S SOLu 1ITS
e'1n Cn:B.\ MnuI. -- MA31I l89i.
Cette pe est une arme magnique. Elle sort
de la fameuse masonn de New-York, Tiffany
et Ce'.
La gained est en .acier grav. Elle est ornie
luxeusement avec maonture d'or. La poigne est
galenient en or. 'Elle porte d'un ct le mono-
gra;mme: M.'G. mont sur brillants, et surl'autire
est incrust iun drapeau d' ir-ent de. la nouvelle
'Rpublique. Le sommet de la poigne est en na-
cre1trs pure et or; il se termine par un diamant.
Le Comit de la fte Cubaine-Amricaine a
expos publiquenent cette manifestation des
sympathies et de l'admiration qu'a su conqurir
aux Etats-Unis le vaillant gnral fiximo (Gimez.


AVIS


La Dlgation de la Rpublique de Cuba
New-York, est transfre de 66 Broadway,
56 NEW STREET, 28 lage.


ENTENTE CORDIAL


[
. . . . .. . . . . .
Avant l'insurrection cubaine, don't le succs
ne fait plus doute, ceux de nos vaisseaux qui je-
taient l'ancre dans un port de la pninsule
taient l'objet des saluts rglementaires. Aujour-
d'hui, nos marines n'approchent plus une cte
espagnole sans y tre accueillis pa' des acclama-
tions d'un enthousiasme qui semble calqu sur
celui des Russes l'entre le notre flotte dans la
rade de Croustadt.
L'heure me parait venue d'clairer le public
sur ces explosions de tendresse : nous l'avertis-
sons donc qu'il s'agit pour nos financiers de gou-
vergement et notre gouvernement de financiers
d'amener les Franais h placer leurs conomies
dans un emprunt que l'Espagne, ruine par la
guerre, rve cle c ontracterave. -notre concourse et
sous notre protection.
Nombre de hauts banquiers, comptant sur la
hausse des fonds espagnols, en avaient achel
par paquets. Or, la repression du movement
cubain que le ministre Canovas a si peu r-
prim cote depuis dix-huit mois h l'Espagne
un million par jour et menace d'en coter bien
davantage, puisqu'il est question, pour le mois
d'octobre, d'un envoi de cent nouveaux mille
homes.
Un bon dcmi-milliard vers pa' ces pauvres
gogos de Franais permettrait donc : d'abord, a
beaucoup de boursiers d'viter l'exculion qui
les menace ;
En. second lieu, de remettre 4i flot le trsor ib-
rique, qui menace de couler pic;
Enfin, d'avoir raison de cette mchante Rpu-
bhlique cubaine, qui se croit sire de son triomphe
dfinitif au point d'avoir dj nomm son Prsi-
dent.
Nous iinesaurions done trop nergiquemien t en-
gager nos cormpatrioltes h ie donner h. aucun
prix dans ce traquenard : leur argent, qu'ils pla-
ceraient ainsi fonds entirement perdus, ne
devant servir qui' l'crasement d'un des plus
admirable movements d'indpendance qui
aient faith la gloire d'un people.


H'ri BRochef'orl.

II
Dans le numro du Ier juillet de La Petite Rd-
publiqiue, M. Gustave Rouanet, dput de la
Seine, s'exprimait dans le mme sens. Il constate
la faon don't les Franais sont traits A Cuba par
le gouvernement espagnol ; il regrette que ce
soit aux Amricains, et non leurs propres con-
suls. qu'il leur faille avoir recours:
Les conseils de guerre auxquels le froce
Weyler dicte des sentences atroces a condamn
mort un Francais, en mme temps que deux
Amricains avec lesquels il se trouvait sur le
coutre captur par les au'orits espagnoles. Le
gouvernement des Etats-Unis a fait son devoir
en defendant la vie de ses nationaux et en mena-
ant de venger leur assassinate si le gouverne-
ment de Madrid laissait excuter le jugement
iniqu?.


Si cette here le citoyen franais fait


prisonnier par les Espagnols espre d.ns I:
revision du procs qui se pursuit a Madr'id,
s'il n'a pas l fusill hic et nunc par les.
soldats qui sment le meurtre et la devastation a
Cuba, c'est au gouvernement amricain .qu'il
doi.tson sursis. C'est aux Yankees qu'il devr a l:
vie, carlEspagne n'osera pas contirmer '.ordre-
brutal donn par W.yl'r ih ses juges:militaires.



Depuis, la l.'v.,iiiio, de Cuba menaaniit dl
s'terniser, les patriots ciubains donnant loui
les jours-les preuves manifestes del. lriir indomp-
table resolution, en mime temps qu'apparat
l'impossbilit pour l'Espagne de continue i
faire peser sur la grande ile la tyrannie crasante-
contre laquelle celle-ci s'est rvolte, on a.parl
de dmarches faites par le gouvernement espa-
gnol auprs des puissances europennes et du
concourse adimical'quc la France pourrait, en l'oc-
currence, prter sa voisine.
SOn a invoqu, cette occasion, les liens de
consaguinit latine, et l'amiral de Plrmiesnil,
dans sa lettrd de remerciements la municipa-
lit du Ferrol, parle (le frres d'origine .
Tout cela n'est pas trs clair.
Ccrtes, nul plus que nous n'est attach a l'ide
fconde d'une all.iicn.:' latine. .'Mis dans l'espce
l'intrt des. aii.r.ns laii,,,- n'.a rien voir. Cuba
aussi est latine. Elle veut ctre libre, et la reven-
dication de son autonomie est sacre.
Au surplus, c'est moins l'Espagne que quelques..
families d'aristocrates espagnols qui exploitent
Cuba et la pressurent tel point que, dans l'es-
pace d'un demi-sicle, plus de dix insurrections
ont t provoques par la rigueur intolrable du
joug qui pse sur elle.
La Franceva-t-elle se fire la complice de ces-
trafiquants et leur pr6ter son aide pour river les-
fers d'un people qui veut sa liberty et qui s'en
montre digne par sa constance et son hArosme-
indomptable?

--------* -------

AVERTISSEMENT


Dans l'intrt de la cause que nous dfen-
dons et afin d'en augmenter lapropagande
dans la mesure de tous nos efforts, nous
avons dcid d'abaisser come suit le prix
dut journal, partir du tl"juillet 1890

Prix des abonnements :


Paris........
I)partements.
Etranger.....


UN AN
20 >

22 1>
2-5


SIX Mn is
11
11 50
1n


TRTIIMOIS.u
6
65 50


PRIX DU NUMRO : 25 Cmes


En raison du sacrifice que nous nous im-
posons, nous prions instamment tous nos
lecteurs de vouloir bien seconder nos ef-
forts par leur propaganda personnelle on
faveur du journal.

Nous prions ceux de nos abonns don't
l'ab3nnement choit fin juin, (le vouloir
bien nous fire parvenir avant cette 0d te le
montant de leur noiuvel abonnement.


A partir du l"rjuin, tout co (ui concern
l'Administration de La Rpublique Cu-
baine, ainsi que.les mandats-poste et de-
mandes d'abonnements doivent tre adres-
ss: 20, rue Saint-Vincent-de-Paul, Paris,
M. Fourreau, Administrateur-Grant.
Paris, ;l 1, juillel 18!i.

---------.^--------

COMMENT LESPAGNE COLONISE


Afin que nos lecteurs soient renseigns sur la
faon don't l'Espagne colonise, nous croyons d-
voir traduire les ligues suivantes publies dans
un journal /Irs espagnol, le lIeraldo de Madrid :
Des nouvelles que nous recevons de Las Palmas,
et que nous savons dignes de credit, nous obligent
appeler l'atention du Gouvernement sur la colonies
de Fernando Po, laquelle, ce qu'il parait, est com-
pltement oublie et abandonne par les ministries de
la Marine et des Colonies.
Une communication de ce dernier ministre, pu-
blie rcemment dans la Ga.ette, offrant des avan-


_~ ~~






- 2. JUILLET 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


tages.aux families dsireuses de se transporter dans
Sladite colonies, est une rclame inconsidre et abso-
lument trompeuse. On sait, en effet, au ministre
des Colonies, que dix malheureuses families, attires
par une announce analogue, publie il y a quelque
temps, attendent depuis plusieurs mois de pouvoir
s'embarquer, car il n'y a encore, Fernando Po,
aucun logement prpar pour les recevoir, et on
pourrait ajouter qu'il n'y a pas davantage d'argent
aun budget. Ajoutons cela que.nos communications
officielles avec la colonie se rduisent un seul
courier par- trimestre qui met vingt jours pour
fair le.voyage depuis. la Pninsule, tandis que les
Port-ugais envoient deux vapeurs mensuels leur
colonize de Santo Tom, situe galement dans le
golfe de Guine, et ont,. en outre, un cble.qui les
relie directement leur colonie.
Qu'on nous dise maintenant si, avec une pa-
reille administration, il est possible qu'une colo-
nie dsire rester sous la domination de l'Espagne,
Qn'on compare cette incurie avec les systmes de
colonisation de la France, de l'Angleterre et de la
Hollande, et, en presence de l'norme difference
qui existe entire eux et le systme espagnol, on
comprendra une fois de plus pourquoi les Cu-
bains veulen.t secouer le joug de l'Espagne.

-------.^ -.-;----

OPINIONS IMPARTIALES

Nous lisons dans La Ru, de Marseille:
.. ... .. .. ..... ... .. .. .. .. ... . ... . ...
L'Espagne, qui pendant plusieurs sicles avait fait
:flottr son drapeau sur toutes les mers, a vu,.une
une, disparaitre ses belles colonies; il lui restait
,encore sa couronne un fleuron, une perle, celle
-des Antilles: Cuba !
Et Cuba, lasse d'tre exploite, pressure, de
nourrir des gitanos espagnols, s'est souleve une
nouvelle fois, persuade que les peuples n'ont que
les liberts qu'ils prennent. Depuis plus de dix ans,
les Cubains, le machete la main, disputent leur
pays aux soudards espagnols et chaque jour con-
,quirent du terrain.
Les agencies officieuses espagnoles nous commu-
:niquent frquemment des dpches annonant que
Maceo a t tu et enterr, que les Cubains ont t
battus. Mais nouveau phnix, Maceo renait de ses
cendres et flanque de formidable piles ceux don't
ai veut secouer l'opression.
Ah je sais bien, si notre regard n'tait pas hy-
noptis vers l'est; si nous n'tions pas avachis par
l'alliance franco-russe; si nous n'avions pas cess
.d'tre les champions de la libert universelle; si la
press franaise faisait uvre d'apostolat libertaire,
comme jadis, fe sais bien qu'on et accord, en
.France, ces braves Cubains qui, pareils aux hros
de la grande Rvolution, luttent sans vivres et sans
:souliers pour la libert, encouragements matriels
et moraux.
Malheureusement il n'en est rien; trs peu de jour-
naux osent protester en leur faveur. On a peur de
,compromettre notre diplomatic. C'est triste, bien
triste, c'est mme lche.
O sont les hros d'antan qui manciprent l'Am-
rique, ceux qui se battirent pour la libert-de.la
Grce, ceux qui sous les chemises rouges des Mille
se firent -charper sans profit personnel, n'ayant
qu'un but: le triomphe de la libert, du Progrs ?

Nous n'avons pas une larme laisser tomber au
'rcit des atrocits de l'hispano-allemand Weyler,
nous sommes atteints de la maladie de notre fin de
sicle, le jemenfoutisme.
A peine si, dans la presse franaise, quelques fai-
bles voix s'lvent en faveur de ceux qui font le
sacrifice de leurs vies leur indpendance.
Nous voulons tre parmi celles-l, car peu nous
.chault les hypocrisies diplomatiques; nous savons
bien que nous n'avons rien attendre des. rois:
mais seulement des peuples appels sous peu se
*confondre dans une vritable fraternity.
A l'heure qu'il 'est, o Victor Hugo est de mode,
je puis dire
Car l'Espagno se meurt, car l'Espagne s'teint.
L'Espagne monarchiste s'entend, car vaincue
Cuba, elle prendra la Monarchie en horreur, aprs
la dfaite, come nous l'avons fait en 1890, et l'on
pourra dire encore :
A quelque chose malheur est bon.
C'est cause de cela que tous les voeux des rpu-
blicains doivent aller vers les Cubains pour leur
triomphe final.
La Rpublique Cubaine, c'est toujours autant de
pris sur l'ennemi, sur l'esprit monarchiste.
Marius Dobenax.
------ ^. ---------

LES FINANCES ESPAGNOLES
ET LA GUERRE DE CUBA

Journal des Chambres de Commerce :
La situation actuelle Cuba. Diminu-
tion de la production du sucre et du tabac.
La condition conomique du pays, nous crit
un d-e nos; abonns, s'est rapidement empire de-


puis le commencement de l'anne. Le sucre est'
le principal article d'exportation, et il y a certai-
nement 60 0/0 de la population qui tirent leurs
moyens d'existence de ce produit. En 189-4,
li production atteignait encore 1,050,000 tons,
landis que depuis le commencement de la saison
ju qu'au 30 avril de cette anne, il n'a t pro-
duit que 110,000 tons, la rcolte total est es-
time h moins de 200,000 tons, h condition
que la canne sucre en terre ne soit pas dtruite
et que la saison des pluies n'arrive pas avant,
juin, deux ventualits trs peu probables.
Ce deficit dans la rcolte sucrire a appauvri
des milliers (le gens. Ceux qui ont" de l'argent
pour payer leur voyage ont migr, d'autres,
moins fortunes, ont t obligs de rester et de ine-
ner une existence prcaire au jour le jour. Cha-
que steamer emporte,. de cette malheureuse le,.
quelques centainesde femmes et d'enfants, dontles
pres, maris et frres, ont embrass la cause de
la Revolution. A Li avane, chaque branch de
commerce souffre terriblement, et plusieurs
grandes firms commercials ont prfr liquider
que de faire face l'invitable ruine. Dans cette
ville, pas moins de 5,000 locataires ont renonc
leur bail depuis le l1i' janvier.
Le tabac, autre article de trs grande impor-
tancd dans le commerce cubain, se trouve dans
une situation plus prcaire que le sucre. D'une
production normal estime i'450,000 balles on
ne verra au march-que 50;000 balls. Pendant
les trois derniers mois, prs de 2,000 families
ont quitt la province de Vuelta Ahajo pour l'Es-
pagne. Les fabriques de cigares, la tHavane,
n'ont plus de travail que pour quelques semaines,
et leur fermeture aura pour consequence de jeter
sur le pav 50;000 homes et femmes, sans
moyen d'existence pour eux et leur famille.
L'exportation total de tous les products de
Cuba est estime, par des autorits comptentes,
une valeur de 75 millions de francs pour l'an-
ne courante, contre 300 millions en 1895.
L'opinion gnrale est que Cuba a reu son coup
de mort; cependant, cela parait exagr, avec la
restauration de la paix, la Perle des Antilles re-
verrait sa prosprit de jadis. Mais une autre an-
ne de la condition actuelle des affairs cause-
rait la ruine irrmdiable de l'le, 'et engloutirait
la fortune de tous ceux qui sont intresss dans
les entreprises commercials de ce pays.




LOIS
DE LI

RPUBLIQUE DE CUBA

Ordonnances militaires
Art. l''. Le plus tt possible, aprs l'incor-
poration dans l'arme de la Rpublique, il sera
donn lecture chaque soldat, par son officer,
des prsentes ordonnances et on le conduira de-
vant le colonel de son corps, ou, son dfaut,
devant le chef ayant, aprs le colonel, le grade
le plus lev. En sa presence, le soldat fera la
promesse suivante : Moi, X.,., je promets so-
lei'nellement d'tre fidle a la Rpublique de
Cuba et de la servir honorablement et fidle-
ment contre tous ses ennemis et ses oppresseurs
quels qu'ils soient, ainsi que d'observer la Cons-
titution et d'obir aux Lois, aux ordres du Prsi-
dent de la Rpublique et des officers suprieurs,
conformment aux rgles tablies dans l'armie
de la Rpublique. Il sera pris note de ce ser-
Sment sur le registre.
Art. 2. Aprs l'incorporation et le serpent,
aucun soldat, caporal ou sous-officier ne pourra
tre renvoy dans ses foyers, si ce n'est 'par
ordre du Pouvoir Excutif, ou avec l'autorisation
ou l'approbation de ce dernier, par le gnral en
chef ou, leur dfaut, par les chefs d'Etat. Le -
renvoi devra notifi par crit sous la signature
du chef de corps.
Art. 3. Aucun officer ne pourra tre ren-
voy du service qu' la suite d'une sentence du
Tribunal Militaire.
Art. 4. L'officier ou le soldat qui, par pa-
roles ou voies de fait, manquerait a son chef se-
rait puni, suivant la nature de sa faute, par le
Tribunal militaire.
Art. 5. Tout officer ou soldat qui initierait,
provoquerait quelque movement ou sdition
dans un corps quelconque ou une compagnie de
l'arme de la Rpublique, ou dans quelque dta-
chement de garde, ou qui y prendrait part, sera
puni de mort ou de touted autre peine qui lui
sera inflige par le Tribunal Militaire.
Art. 6. Tout officer ou soldat qui lverait
la.main. sur son suprieur, jetterait ou lverait
sur lui une arme quelconque, sous quelque pr-


textl que ce fit, ou qui dsobirait a un ordre
lg:'i, sera condamn mort ou au chtiment
qui, suivant la nature de sa faute, lui sera inflig
par le Tribunal Militaire.
Art. 7. Tout officer ou soldat qui lverait la
main sur son suprieur, jetterait ou lverait une
arme quelconque centre lui sous quelque pr-
texte que ce soit, ou dsobirait un (le ses or-
dres donns lgalement sera puni de mort ou cde
touted autre peine qui, suivant la nature de sa
faute, lui sera inflige par le Tribunal militaire.
Art. 8. Aucun officer ou soldat n'usera,
avec un autre, de la menace ou de la provoca-
tion, ou ne se servira de paroles reprhensibles,
sous peine des arrts, s'il est officer, et de la
prison, s'il est soldat. Dans tous les cas, satis-
faction devra tre donne l'offens, en presence
de son chef.
Art. 9. Tout officer est autoris viter et
i mettre fin h toute querelle ou dsordre, mme
si ceux qui s'y livreraient appartenaient
d'autres corps que lesin. Il pourra les mettre aux
arrts en attendant que leurs chefs soient au
courant du fait. Ceux, quels qu'ils soient, qui,
dans ce cas, se refuseraient a olbir.i un sup-
rieur otu un Prebo.sf, oui n'accepteraient pas la
mediation pacifique d'un infrieur, ou feraient
usage de leurs armes centre eux, seraient punis
conformment h la decision du Tribunal Mili-
taire.
Art; 10. Tous les officers qui commande-
raient des casernes, des garnisons ou des troupes
en march, conserveront l'ordre le plus complete
et auront grand soin de rprimer tous abus ou
dsordre qui seraient commis par les hommes
places sous leur commandemenit. Celui qui, en
presence d'une plainte centre un de ses subor-
donns ayant maltrait en fait ou en paroles
quelque citoyen, provoqu un tumulte ou donn
lieu a des dsordres au prejudice de la tranquil-
lit de la Rpublique, se refuserait fire imm-
diatement justice en punissant lui-mme ou en
renvoyant les coupables devant le Tribunal Mili-
taire, et en faisant accorder la rparation due '
ceux qui auraient t insults ou qui auraient
souffert un prejudice, sera destitu de son emploi
ou puni du toute autre peine, conformment la
decision du Tribunal Militaire.
Art. 11. Tous les officers ou soldats doivent
observer l'ordre le plus complete aussi bien dans
les casernes qu'en march. Ceux, quels qu'ils
soient, qui commettraient des dprdations ou
des dgts dans les rues ornes d'arbres, les jar-
dins, les terres ensemences, les maisons, etc.,
etc., ou qui attaqueraient, sans ordre d'un chef
d'opration, une proprit quelconque, sera
puni (sans prejudice des peines qu'il aurait m-
rites d'aprs les lois gnrales de la Rpubli-
que) de la peine que lui infligera, suivant la na-
ture et l'importance de sa faute, le Tribunal
Militaire.
Art. 12. Aucun officer ou soldat ne com-
mettra des actes de violence contre les personnel
charges de transporter des provisions ou autres
objets au campement, la garnison ou la ca-
serne sous peine d'tre puni par le Tribunal Mi-
litaire.
Art. 13. Tout militaire qui serait trouv
ivre en garde, ronde, formation ou quelque autre
acte de service, sera puni par le Tribunal Mili-
taire. Jl supporters, en outre, la responsabilit
de toute faute qu'il pourrait commettre.
Art. 14. Tout officer convaincu devant le
Tribunal Militaire d'avoir eu une conduite peu
Sdigne de sa classes et d'une personnel de bonne
education et de bonne morality sera dgrad.
Art.. 15. L'officier ou le soldat qui se' con-
duirait devant l'ennemi, pregnant la fuite ou
abandonnant honteusement un poste avanc,
une fortification on une position quelconque
qu'il aurait reu l'ordre de dfendre; qui aurait
prononc des paroles susceptibles de pousser
autrui accomplir l'un de ces actes; qui aurait
jet ses armes, quitt son poste ou les rangs
pour piller et mettre sac, sera puni de mort ou
de tout autre chtiment dict par une sentence
du Tribunal Militaire.
Art. 16. L'officier qui serait convaincu
devant le Tribunal Militaire d'avoir sign en
connaissance de cause un certificate, une liste de
revue, un tat de forces, de chevaux, d'armes,
ou tout autre faux document relatif au service
sera priv de son emploi.
Art. 17. L'inspecteur ou un officer quel-
conque qui. serait convaincu d'avoir reu de l'ar-
gent ou tout autre objet come gratification ou
rcompense dans l'exercice de son inspection,
sera destitu.
Art. 18. Tout officer ou charge de quelque
service administratif qui serait convaincu, par le


Tribunal Militaire d'avoir vendu sans ordre ou
autorisation suprieurs, malvers ou t cause
volontairement ou par negligence de la perte ou
vtements, munitions oi autres effects militaires,
appartenant h la Rpubllique, rpondra a scs
frais de (la perte subie et sera priv de son em-
ploi.
Art. 19. Tout-sergent, caporal ou soldat
convaincu d'avoir vendu ou perdu, rendu im-
propre ou inutilis volontairement ou par ngli-
gence les munitions qui lui seraient premises
pour le service, sera chdti conformment la
decision, du Tribunal Militaire.
Art. 20. Tout home convaincu d'avoir
perdu, vendu ou mis en mauvais tat son cheval,
ses armes, ses vtements, courroies, etc., sera
priv de la parties de sa solde estime ncessair,
par le Tribunal Militaire, pour conupenser la
perte et condamn la prison pour le temps que
son d'lit comportera.
Art. 21. Tout officer convaincu' devant le
Tribunal Militaire d'avoir fait usage a son profit
de l'argent qui lui serait confi pour le paiement
de la troupe on pour tout autre objet relatif au
service, sera puni de la perte de son emploi et
oblig a rembourser l'argent par lui dtourn,;
s'il s'agit d'un sergent ou d'un caporal, il sera
dgrad et sa solde lui sera revenue jusqu' com-
plet paiement de la some dtourne ; le tout
sans prejudice de la pine qui lui sera inflige
par le Tribunal Militaire.
Art. 22. Tout capitaine ou chef de com-
pagnie a sa charge les armes, l'quipement, le
parc et autres dpendances des forces places'
sous son commandment, sous la responsabilit
du colonel en cas de pertes ou d'avaries non
provoques par un accident, inevitable.
Art. 23. La sentinella qui serait trouve en-
dormie son poste ou qui l'aurait abandonn'
avant d'tre releve formellement sera punie de
mort ou de tout autre chtiment qui lui serait
impose par le Tribunal Militaire.
Art. 24. Aucun soldat -ne pourra en cm-
ployer un autre sa place dans le service, si ce
nest dans le cas de maladie ou d'absence auto-
rise. Le soldat coupable d'en occuper un autre-
sa place, ainsi que celui qui l'aurait remplac
sans autorisation, seront punis par decision du
Tribunal Militaire.
Art. 25. Le sergent ou le caporal convaincu
d'tre de connivence avec les coupables de la
faute mentionne dans l'article prcdent, et
l'officier qui aurait permis sciemment de telles
fautes dans le service, seront punis par sentence
du Tribunal Militaire.;
Art. 26. L'officier ou le soldat qui, sans n-
cessit urgente ou sans la permission de son su-
pr'ieur, aurait abandonn son corps de garden, son
peloton ou sa division, sera puni, suivant la na-
ture de sa faute, par decision du Tribunal Mili-
taire.
Art. 27. Tout sergent, caporal ou soldat qui,
sans autorisation de son chef, s'absenterait de
son corps, de sa compagnie ou de son dtache-
ment, sera puni, suivant la nature de sa faute,
par decision du Tribunal Militaire.
Art. 28. Tout homme qui serait rencontr
un mille de son campement, sans autorisation
crite de son. chef, sera puni par sentence du Tri-
bunal Militaire.
Art. 29. Aucun officer ou soldat ne sortira
la nuit.de sa caserne ou de son campement, sans
,une permission crite de son chef, sous peine
d'tre puni, suivant la gravit de sa faute, par
sentence du Tribunal Militaire.
Art. 30-- Au moment oi la retraite sonnera, les
sergents, caporaux et soldats se retireront dans
leurs logements. Celui qui ne le ferait pas serait
puni suivant l'importance de sa faute.
Art. 31. Aucun officer, sergent, caporal ou
soldat ne manquera de se prsenter l'heure
fixe et au lieu dsign pour les exercices, pa-
rades oi autres objets dtermins par les chefs, a
moins qu'il en soit empch par la maladie ou
pour toute autre raison just. De mme il ne quit-
tera pas le lieu de runion sans autorisation de
son chef sous peine d'tre puni, suivant la na-
ture de sa faute, par le Tribunal Militaire.
Art. 32. Aucun soldat, caporal ou sons-of-
ficier n'ira s'incorporer dans un autre rgiment,
bataillon ou compagnie, sans avoir t formelle-
ment libr dans le rgiment, le bataillon ou la
compagqie dans lesquels il sert et cela sous les
peines dictes par le Tribunal Militaire.
Art. 33. L'officier qui, volontairement, re-
cevr'ait ou conserverait dans la troupe place
sous son commandement un soldat ou un grad
qui-y serait venu sans avoir t' libr dans le
corps auquel il appartenait, et qui ne le ferait


_ I ~






LA REPUBLIQUE CUBAINE


2 JUILLET 1896


pas arrter au moment o il apprendrait qu'il
vient d'an .autre corps, et n'en donnerait pas
avis, sera priv de son emploi par le Tribunal
Militaire.
Art. 3 .-Tout officer ou soldat au service de la
Rpublique qui serait convaincu de dsertion, sera
puni de mort ou de la peine qui lui sera inflige
par le Tribunal Militaire.
Art. 35. L'officier ou le soldat convaincu
d'avoir conseill ou provoqu un autre officer ou
soldat H dserter, sera puni de mort ou de toute
autre peine inflige par le Tribunal Militaire.
Art. 36. Tout home qui, appartenant h
l'arme, rvlerait le mot de passe ou la consigne
qui lui.auraient t confis une personnel non
autorise pour les connatre, conformment aux
rgles de la discipline militaire, sera puni de
mort ou de toute autre peine inflige par le Tri-
bunal Militaire.
Art. 37. L'officier, ou soldat qui, en dchar-
geant des armes feu ou par quelque autre
moyen provoquerait, intentionnellement, une
fausse alerte dans le campement, la garnison ou
la caserne, serait puni de mort ou de toute autre
peine prononce par le Tribunal militaire.
Art. 38. Tout homme qui, sans autorisation
des autorits comptentes, serait convaincu d'en-
tretenirune correspondence ou d'tre en intelli-
gence avec l'ennemi, directement ou indirecte-
ment, sera puni de mort o de toute autre peine
prononce par le Tribunal Militaire.-
Art. 39. Tout home qui aiderait l'ennemi,
soit par de l'argent, soit par des vivres, ou qui,
sciemment, cacherait un ennemi, serait puni de
mort par le Tribunal Militaire.
Art. 40. Toutes les proprits occupes par
l'Etat ennemi dans ses difices publics, et, en
gnral, les armes, mdicaments, trousse de
chirurgie et objets de bureau qui lui seraient
pris, seront mis au service de la Rpublique
par le chef competent qui sera responsible de
leur conservation.
Art. 41. Si un commandant en chef de gar-
nison, forteresse ou poste, tait oblig, par les
officers et les soldats placs sous son commande-
ment, cder l'ennemi ou abandonner ses
positions, les officers et soldats qui seraient con-
vaincus de cette faute seraient punis de mort ou
de tout autre chtiment qui leur serait inflig
par le Tribunal militaire.
Art. 42. Si un officer se considre come
injustement trait par le colonel ou le comman-
dant de son corps et que, sur la demand de son
subordonn, celui-ci refuse de rparer l'injus-
tice, l'officier pourra en appeler devant le gn-
ral en chef de l'Etat ou du District, qui devra
examiner le cas et prendre les measures nces-
saires pour rparer l'injustice en en donnant
avis au gnral en chef.
Art. 43. Si un officer subalterne ou un sol-
dat se considrait victim d'une injustice de la
part de son capitaine ou d'un autre officer, il se
plaindra au chef de son rgiment ou de son ba-
taillon, lequel devra nommer un tribunal com-
pos de trois officers pour examiner le cas. Les
parties intresses pourront appeler de la sen-
tence devant un tribunal militair qui dcidera
en dernier resort.
Art. 44. Dans tous les autres cas de plaintes,
on observer les prescriptions de la loi sur l'or-
ganisation administrative.
Art. 45. Quand un.officier sera accus d'un
dlit militaire, il sera mis aux arrts dans son
domicile et dpouill de ses armes par son chef
respectif. Tout officer qui quitterait le lieu de
ses arrts avant d'tre mis en libert par son
chef ou.par un officer suprieur serait priv
de son emploi.
Art. 46. Les sergents, caporaux et soldats
accuss de quelque dlit, seront emprisonns
jusqu'h ce que le Tribunal militaire les ait
acquitts ou absous.
Art. 47. Aucun militaire accus d'avoir
commis un dlit ne pourra tre maintenu aux
arrts ou en prison pendant plus de huit jours
sans avoir t envoy devant un conseil de
guerre, moins que la runion du tribunal dans
le dit dlai soit impossible.
Art. 48. Aucun commandant de garde ne
pourra se refuser recevoir un prisonnier qui
lui sera remis par un officerr de l'arme, la
condition qu'il lui remette en mme temps un
crit dans lequel, sous sa signature, il mention-
nera le dlit don't il accuse le prisonnier.
Art. 49. Tout officer qui sera remis un
prisonnier devrait, dans les vingt-quatre heures
de la reception, faire connatre par crit son
chef le nom de l'officier qui aurait procd
l'arrestation, sous peine d'tre puni pour dso-
bissance ou negligence par le Tribunal militaire.


Art. 50. Si un chef ou un officer suprieur
apprenait qu'un autre officer ou un soldat a
commis un crime, une offense ou un dlit quel-
conque contre un soldat plac sous son comman-
dement ou qu'il a, de part pris, nglig de tra-
duire en justice le dit oflicier ou soldat, il sera
puni par le Tribunal militaire.
Art. 51 Lorsqu'un sergent, un caporal ou
un soldat viendra a mourir au service de la R-
publique, le chef en second du bataillon ou l'of-
ficier qui le remiplacerait, ou le second chef s'il
s'agit d'un post de garnison, mettra immdia-
tement en lieu sr ses effects et son quipage. Il
fera un inventaire du tou t ele transmettra la
secrtairerie de la Guerre, afin que les excuteurs
testamentaires du dfunt ou les administrateurs
reoivent les dits effects conformment linven-
taire.
Art. 52. Quand un sergent, un 'caporal ou
un soldat viendra h mourir au service de la R-
publique, le chef de la compagnie ou de la sec-
tion auxquels il appartiendra, fera l'inventaire
des effects que possdait re dfunt, except ses
armes et son quipement, et il en sera respon-
sable jusqu' ce qu'ils aient t remis aux hri-
tiers naturels du dfunt, ou que le quarter
gnral en ait dispos.
Art. 53. Lorsqu'il s'agira de fautes ou de
ngligences commises au prejudice du bon ordre
et de la discipline militaire,, les chefs du campe-
ment et de la colonne auront la facult d'appli-
quer discrtionnairement les peines correction-
nelles suivantes: au soldat, les travaux forcs de
huit jours soixante, et la prison d'un jour
trente; aux grads et aux officers, augmenta-
tion du service de garde, revenues depuis un
peso jusqu' cinquante, et blme.
Art. 54. Tout officer, soldat ou' individu
employ au service militaire de la Rpublique
durant la guerre actuelle contre l'Espagne,.qui
serait accus de quelque dlit de droit commun,
serait jug et puni par un Tribunal militaire qui
lui appliquerait les lois gnrales de la Rpu-
blique.
Art. 55. Les peines que peuvent imposer
lUs tribunaux militaires sont les suivantes:
mort, dgradation, perte d'emploi, travaux for-
cs de. deux mois dix ans, suspension, prison,
arrts, amende. La peine de mort ne pourra tre
applique que dans les cas dtermins par les
prsentes ordonnances.
Art. 56. Les tribunaux prendront en consi-
dration les circonstances attnuantes ou aggra-
vantes qui pourraient se prsenter dans les af-
faires qui leur seront soumises.
Art. 57. C'est au Prsident de la Rpubli-
que qu'il appartient de fixer l'uniforme de
l'arme.
Art. 58. S'il arrivait qu'en march, dans
les garnisons ou dans les casernes, des officers
de mme grade se runissent pour servir ensem-
ble, l'officier le plus ancien exercera le comman-
dement en chef et prendra les dispositions n-
cessaires pour le service, sous les ordres spciaux
du gnral en chef ou de ses dlgus.
Art. 59. Les prsentes ordonnances devront
tre publies et lues pendant les six premiers
mois de leur sanction, deux fois par mois au
moins, dans chaque compagnie ou dtachement,
et une fois par mois, l'avenir. Elles seront
obies et observes par tous les officers et sol-
dats qui se trouvent ou se trouv'eraient plus tard
au service de la Rpublique, y compris les em-
ploys touchant d'une faon quelconque au corps
des Ingnieurs d'Etat-Major, l'Inspection, au
Service de Sant et l'Administration militaire.
Article additionnel. Tous les individus qui
servent d'espions dans les fortifications, les
camps, les dtachements, les ports ou les avant-
gardes de l'arme de la Rpublique, ou dans
leurs environs, seront condamns h mort, con-
formment aux lois et coutumes de toutes les
nations, et aprs sentence pralable.

-------*-IrL------


DERNIERES NOUVELLES

On dit que le president Cleveland est trs
impressionn par le rapport de M. Lee, qui fut
spcialement envoy Cuba afin de donner son
avis sur la question.
De Kingston (Jamaque), on announce qu'un
navire de guerre espagnol ayant envoy dans
l'avant-port plusieurs hommes d'quipage arms
,pour s'emparer d'un chef cubain, la police bri-
tannique s'y est oppose.
Les minorits librale, carliste et rpubli-
caine de la Chambre espagnole se sont pronon-
ces contre le project du gouvernement, qui con-


siste b se procurer des resources pour la pacifi-
cation de Cuba grce h la garantie de la Pnin-
sule.; M. Canovas a dclar que cette garantie
portrait seulement sur les douanes. Leprsidcnt
declare qu'il est prt fire une transaction sur
les questions de forme, mais qu'il est rsolu h
poser la question de confiance sur le fond mme
du project. Ou bien, a-t-il njout, nous ferons
un emprunt pour la guerre et la conservation de
Cuba, ou bien l'vacuation deviencdra une nces-
sit. La Chambre choisira. Quant h moi, je me
tirerai un coup de revolver avant de consentir i'
l'vacuation. Le ministry de la guerre nie qu'il
ait l'intention d'appeler sous les drapeaux la
second reserve.
On announce de Key-West qu'une golette
vient de partir avec armes dans le but probable,
une fois hors de la zone douanire, de transIor-
ter ses armes et ses passagers sur le vapeur
Three Friends, destination de Cuba.
Le vapeur Commodore, arrive h Jackson-
ville, a dclar avoir jet sa cargaison h la mer.
On croit qu'en ralit il l'a dbarque Cuba.
Sur les observations du ministry des affai-
res trangres, le Snat espagnol, dans sa sance
d'hier, a rejet la proposition de M. Comas, qui
demandait la dnonciation du protocole de 1877,
conclu par le gouvernement espagnol avec les
Etats-Unis.
Les Cubains mettent h profit la faiblesse des
Espagnols pour s'organiser de plus en plus soli-
dement.. Leur situation semble maintenant assez
bonne pour rendre inutiles les prochains envois
de renforts Weyler, mme si, par miracle, le
gouvernement russit rassembler les cent mille
hommess don't il est question dans les journaux
officieux.
-.Des dpches de La Havane annoncent
l'expulsion d'un autre correspondent amricain.
A la fin du mois d'aot partiront pour
Cuba sur 20 steamers 35,190 hommes d'infante-
rie, 467 de cavalerie, 4,282 d'artillerie, 1,619 du
gnie et plusieurs bataillons de volontaires, au
Uttal plus de 40,000 hommes. En dcembre, un
nouvel envoi de 20,000 bommes sera dirig sur
Cuba.
De Key-West on made que les Cubains
trouvs i bord du (ity-of-Richmond, qui conte-
nait 407 caisses d'armes et de munitions, ont t
mis en libert sous caution jusqu' mercredi. Les
armateurs ont adress une protestation aux au-
torits de Washington.
Le correspondent du World et M. Dawerly
se sont embarqus La IIavane. Le premier r-
clame une indemnit de 25,000 pesetas, le second
une indemnit de 100,000.
Pour le marchal Campos, il sera impossi-
ble de terminer la guerre avant 1899, et encore
si on envoie Cuba au moins cent mille hommes.%




LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre' de Cuba


Le Monde Economique :
. . . . . . . . . . ... . . . .
L'Exploitation de Cuba par la mtropole est bien
le fond de la crise actuelle. C'est pourquoi l'insur-
rection a la sympathie des Cubains; c'est mme la
cause pour laquelle l'Espagne peut difficilement en
finir en bien ou en mal. Commerants, financiers,
fonctionnaires et pensionnaires innombrables ont
vcu aux dpens de l'ile si riche. Comme example
caractristique, rappelons qu'on a pu obliger les ex-
portateurs du.bl d'Amrique l'envoyer d'abord en
Espagne pourqu'il ft ensuite rexport Cuba. Ce
sont l les consquences du nfaste systme colo-
nial qui exploit les colonies au profit de la m-
tropole.



La RBpublique Franaise :

On voit donc que l'Espagne ne tient pas garder
Cuba par un vain esprit de gloriole; elle lutte pour
des intrts de premier ordre et l'on en comprendra
mieux eneore l'importance si l'on sait que les ex-
portations de products fabriqus espagnols, en lais-
sant de ct les colonies (Antilles et Philippines), ne
s'lvent pas 25 millions de francs par an.


Le National:


L'Espagne tient obstinment, patriotiquement,
la conservation de Cuba qui, sans contest, est un
superbe joyau, dbris d'un vaste empire colonial,
et l'ile, admirable par sa richesse et sa position


gographique, est devenue une source de ruine
d'anxit.
Le gouvernement, suffisamment clair par les
cruelles et onreuses experiences d'un pass non en-
core trop loign, n'a pas eu la prvoyance de faire
la part du feu, oubliant qu' trop comprimer on
prpare de farouches et dangereuses explosions.

Les Cubains demandaient la libert, il tait saga
de leuren accorder une large part, l'insurrection ct
t prvenue. L'insurrection clate, il tait plus
avantageux de ngocier que de combattre fond.


La Politique Coloniale :


La mauvaise saison a reparu Cuba sans que le
gnral Weyler soit venu bout de l'insurrection, et
il faut de nouveau remettre l'automne les opra-
tions dcisives.
L'Espagne fait preuve, dans cette cruelle preuve,
de la plus noble nergie, mais il n'est pas permis de
s- dissimuler les dangers de sa situation.

Il est un autre danger qui menace l'Espagne : la
prolongation de la lutte lui impose, chaque jour, ,'cs
sacrifices considrables; on peut se demander corr-
ment elle les a supports jusqu'ici. Et, pour les con-
tinuer, elle va tre force de recourir des opra-
tions qui pseront lourdement sur son credit. Les
insurgs le savent, et ils competent non pas la vain-
cre, mais l'puiser. L'Espagne paie chrement les
fautes commises Cuba.


Le Phare de la Loire, Nantes :
. . .... ... ... ..... .. .. ..... . . .. . . .
Les choses vont mal pour l'Espagne. L'insurrec-
tion de Cuba n'est pas plus efficacement rprime
par le gnral Weyler que par le marchal Martinez
Campos.
. ... .. .. .. ... ... .. .. .... ... ...... .. ..
Comment tout cela finira-t-il ? Etcette lutte diffi-
cile contre les Cubains va-t-elle se doubler, brve
chance, d'une guerre, plus redoutable encore,
contre les Etats-Unis ? Il n'est pas besoin d'tre grand
clerc pour prdire, si pareil vnement se produi-
sait, l'issue definitive d'un combat aussi ingal. Si
l'Espagne n'est dj pas plus forte qu'il ne faut pour
rduire un adversaire plutt faible, qu'adviendra-t-
il le jour o il lui faudra tenir tte cet adversaire
double d'un alli d'une incomparable p.uissance?




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Dentiste Ainricain
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TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains
continue.
La collection se compose de quatre couleurs dif-
frentes : mais sont de 2, 5, 10,
le dessin, repr- 125 centavos (le
sent ci-contre, centavos qui-
est le mme vaut Ofr. 05 de
pour tous les monnaie). Nous,
timbres. sommes en me-
Les timbres sure d'affirmer,.
preuves en mains, qu'ils circulent librement enr
France. Ces timbres sont la disposition de
toutes les personnel qui en front la demand.
centre remboursement.


Le Jour public


LES VENTURES

DE MA VIE
PAR

HENRI ROCHEFORT



CUBA CONTRE ESPAGNE



PAR

ENRIQUE JOS VARONA

EX-DEPUTE AUX CORTS


L'Add;niiist'ateur-Gerant : FOURREAU.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126.




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