Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: June 18, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00023
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert

RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
20, Rue Saint-Vincent-de-Paul Ire Anne PARIS 8 Juin 1896 N 22 PAYA LE D'AVANCE fr.
U eUn ne estre............ .. ............ 15 r.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: PLRAITrSOGAm D SUni triestre .... 50

Pour- lesT AnnoncesOetSclamesUne mentr ............. 1
Les a usrits ne sont as e ne... .. .................... .... 2 f
Les manuscripts ne sont pas rendus Pour les Annonces et dclames, s'adresser M L. ui. uiLiNo, :9, re de ''Cltrres.l .iVeuil-/s'r-S ei,i'ne. U sen.'tre .................................
<'V I'. I ME

LES DEPCHES ESPAGNOLES


On lit dans L'Eclair (journal absolument in-
dpendant) du mercredi 17 juin :
L'Insurrection Cubaine
(PAR DEPCHE)
Madrid, 15 juin. Il est d'autant plus faux que
Mlximo Gmez soit aux portes de La Havane que,
le o1 de ce mois, il a livr combat au Camagey,
c'est--dire plus de 400 kilomtres de la capital,
contre le gnral Castellanos, qui l'a compltement
battu, lui tuant ou blessant plusieurs centaines
d'hommes. L'arrive opportune du gnral Godov a
accentu la dfaite des insurgs.
Nous pourrions dire :
Il est d'autant plus faux que M;iximo Gomez
ait livr combat au Camagiiey et qu'il ait t
compltement battu que, dans les premiersjours
de juin, il se trouvait quinze miles de La HIa-
vane, h plus de quatre cents kilomtres du Cama-
giiey.
La communication, parties de Cuba vers la fin
du mois de mai, est arrive h Paris le 14 juin.
Pendant ce temps, Miximo GCmez, laissant une
parties de ses troupes dans la province de La lia-
vane, a eu le temps de revenir, pour affaires du
service, au Camagiiey, et de battre nous rec-
tifions la dpche de L'Eclair rescue de l'Ambas-
sade espagnole les deux gnraux Castellanos
et Godoy, qui, d'aprs la dpche espagnole, se
sont battus pendant 48 heures, ont subi plusieurs
attaques au machete et n'ont eu que quatre
blesss.
Ce que nous pouvons affirmer, c'est que MAxinmo
(Gmez n'a t ni compltement ni partiellement
battu, et ce sont ses troupes laisses dans la pro-
vince de La Havane qui viennent de s'emparer de
Bataban.
Son retour si rapide ait Camagficy prouve une
fois de plus la facility avec laquelle les rvolu-
tionnaires, matres de la champagne, voyagent
dans l'intrieur de 'ile. D'ailleurs, le gouverneur
Weyler et son tat-major viennent de dclarer
qu'il leur convient de rester sur la defensive pen-
dant la saison des pluies, attend qu'k Cuba, il
ne pleut que pour les Espagnols.

--------- -------


LE LIEUTENINT-COLONEL PONRTUODO TO IA10YO


Le lieutenant-colonel Rafael Portuondo Ta-
mayo est le commandant en chef de l'expdition
don't nous parlons plus loin.
N Santiago de Cuba en 1867, il fit ses pre-
mires tudes a la lHavane et, plus tard, ses
tudes de droit h Barcelone, o il fut re.u avocat
en 1889. lRevenu dans sa patrie, il no tarda pas
a occuper l'une des premires places dans le bar-
reau de Cuba.
En 1893, il alla i New-York, of, aprs s'tre
concert et mis d'accord avec Marti', il revint


Santiago de Cuba comme agent du Parti lvolu-
Stionnaire Cubain.
Aux cts du vaillant vtran de la dernire
guerre, Guillermnin, il prit part au soulvement
du 24 fvrier l1895, et, quand son chef fut tu, il
se [mit soirs les ordres de Garzin. 11 assist aux
combats de Ramn de las Yaguas, Cristo, Jobito,
Aguas Claras, etc.
Plus tard, il fut nomm dput de Santiago de
Cuba l'Assemble Constituante et appel la
prsidence de la commission de l'Etat d'Orient.
Nomm secrtaire des affaires traingres, il
fut, au bout de peu de temps, charge d'une mis-


sion importance prs de notre Dlgu Plnipo-
tentiaire l'tranger, M. Estrada Palma, et, sa
mission accomplice, il retourna occuper son poste
dans le gouvernement de la Rpublique.
M. Portuondo appartient a l'une des premieres
families de Santiago de Cuba et est parent de
M. Bernardo Portuondo, ancien chef de l'arme
espagnole et ancien dput autonomiste aux
Corts de Madrid.

--------^. ~-------

NOUVELLE INFAMIE


Aprs les balles explosibles, voici maintenant
les attentats anarchistes d- IBarcelone, don't le
gouvernement espagnol accuse les Cubains.
C'est une nouvelle infamie de plus ajouter
la liste dj trop longue de celles qu'a inventes
le gouvernement de la pninsule qui, ne pouvant
rduire les Cubains par les armes, cherche par
les pires moyens les discrditer auprs des
autres nations.
Les Cubains (est-il besoin de le rpter encore?)
n'ont comme unique preoccupation et come
unique moyen pour s'affranchir que la lutte sur
les champs de bataille.
Le gouvernement espagnol, qui, aprs seize
mois de guerre, se voit oblig d'avoir encore
recours (le nouveaux et immense sacrifices
pour maintenir dans l'ile une domination ago-
nisante, le sait aussi bien que nous. Mais tous les
moyens lui sont bons, si tristes et si mprisables
qu'ils soient.
Il est du devoir de La Rpublique Cubaine
de dnoncer au monde ce nouveau forfait, cette
nouvelle infamie.


*


LE CAPITAINE ALBERT COUSPEIRE


Le capitaine Albert Couspeire est le comman-
dant en second de l'expdition si heureusement
dbarque ces jours derniers.
M. Albert Couspeire est n de pre fran:ais et
de mre cubaine, Sagua-la-Grande (le de
Cuba), en 186(i.
Son pre tait ingnieur Sagua, ou il fut
appel diriger d'importants travaux publics.
Il est le cousin du gnral Zayas, qui s'est dis-
tingu ?i maintes reprises dans les engagements
auxquels prit part l'arme cubaifie.
De trs bonne heure, ses parents l'envoyrent
a Bordeaux, o, aprs avoir fait ses premires
tudes, il entra a l'Ecole Suprieure de Commerce
et d'Industrie, d'o il sortit en 1884 pour venir
s'tablir Paris. Mais la carrire des armes ne
tarda pas l'attirer, et il s'engagea dans l'un
des rgiments de notre arme d'Afrique, avec
lequel, pendant deux ans, il eut l'occasion d'as-
sister plusieurs combats. Il y conquit ses grades
de brigadier et de marchal des logis, et fut en-
suite envoy au 15a chasseurs cheval Fontai-
nebleau, o il eut l'occasion de commander le
poste du Palais pendant les villgiatures du
regrett Prsident Carnot.
Aprs un assez long sjour au (i corps, la
frontire allemande, il quitta l'arme pour orga-
niser, sous les ordres du cardinal Lavigerie,
l'expdition antiesclavagiste dans l'Afrique cen-
trale.
Au mois d'aot de l'anne dernire, il arrivait
New-York. 11 tait alors capitaine au 74 rgi-
ment de hussards franais.


(d


M. Couspeire est un officer d'une haute va-
leur, d'une education parfaite et ayant une
grande experience pratique de la guerre d'Afri-
que, si semblable i celle de Cuba.
Pour toutes ces raisons, nous ne croyons pas
tre trop optimists, en affirmant qu'avant peu
de temps notre jeune et brilliant compatriot
aura trouv l'occasion de se signaler une fois dle
plus.


*


DEBARQUEMENT

DU THREE FRIENDS "


Nous avons encore une bonne nouvelle b ap-
prendre nos compatriotes.
Dans les derniers jours du mois dernier, il a
dbarqu Cuba une nouvelle et important
expedition, sous les ordres du lieutenant-colonel
et secrtaire des affaires trangres, Rafael Por-
tuondo Tamayo, et du capitaine de l'arme fran-
aise Albert Couspeire, don't nous donnons les
portraits et quelques notes biographique dans
ce numro.
L'expdition se composait de 6S expdition-
naires, parmi lesquels beaucoup appartenaient
aux principles families de Cuba et possdaient
l'exprience de la guerre.
Nous profitons de cette nouvelle preuve de
dvouement pour envoyer nos remerciements
nos amis, de New-York et d'ailleurs, qui ont con-
tribu d'une manire si efficace augmenter le
contingent de notre vaillante arme qui lutte
pour l'indpendance de la Patrie.
Liste du matriel de guerre dbarqul par le
Three Friends :
800 fusils Remington, calibre 43.
125 carabines Lee ( rptition), calibre 43.
75 carabines Remington, calibre 43.
50 fusils Mauser 7 m/'m.
24 revolvers Colt, calibre 44.
7 revolvers Smith et Wesson, calibre 44.
3i courroies de revolver.
125 id. de carabines Lee.
75 id. de carabines Remington.
5o id. de carabines Mauser.
i canon Hotchkiss.
240 charges de balls pour canon id.
240 id. explosibles pour canon id.
4co.ooo cartouches, calibre 43 espagnol.
100o.ooo id. calibre 44.
25.oco id. Mauscr 7 m,'m.
2.000 livres dynamite.
3.ooo pieds de mches pour explosifs.
i.ooo capsules fulminantes pour explosifs.
2 machines lectriques pour explosifs.
i.ooo pieds de fils de fer pour jointures.
8.ooo id. de fils de fer pour fermetures.
5o0 id. rubans isolants.
8oo.ooo fulminants, calibre 43.
200.000 id. calibre 44.
4 jeux de rechargeurs. calibre 43.
4 id. calibre 43 (autre systme).
4 jeux de rechargeurs, calibre 44.
6oo fulminants pour lectricit 4'.
200 id. peur lectricit 6'.
200 id. pour lec.ricit 8'.
I tlphone de voyage.
Instruments de chirurgie, de mdecine et pour
hpitaux.
Uniforms, chaussures et chapeaux, matriel d'im-
primerie, et harnachement pour la cavalerie.



*l


1I~





LA RIPUBLIQUE CUIAINE


18 JUIN 1S96.


L'EAU ET LE FEU


Lorsque, s'inspirant des procds, un peu vifs
peut-tre, mais, coup sr efficaces, qui firent la
victoire de la Rvolution franaise, les Cubains,
rsolus a faire de leur le un monceau de cendres
plutt que de la ,oir retomber sous le joug espa-
gnol, commencrent promener la flamme sur
les plantations, un cri s'leva du ct ennemi :
Incendiaires! Bandits
Vainement faisait-on remarquer aux Espagnols,
qui ne fusillaient gure plus d'une dizaine d'hom-
mes par jour et ne mettaient le feu, eux, aux ha-
bitations qu'aprs les avoir consciencieusement
vides de leur contenu, que l'incendie n'est pas,
tout prendre, une armed plus froce que la pou-
dre ou la dynamite don't on charge les obus. Vai-
nement leur criait-on que l'incendie de Moscou,
ordonn par le gouverneur Rostopchine, n'avait
pas dshonor les patriots russes luttant centre
Napolon Icr, pas plus qu'autrefois le feu grgeois
de Callinique n'avait fait clouer au pilori les d-
fenseurs de Byzance. Les gnraux et soldats du
magnanime Weyler persistaient ne rien en-
tendre.
Les Rvolutionnaires ne faisaient que pour-
suivre l'excution d'un plan absolument logique.
Dtruire les rcoltes de tabac et de cannes su-
cre, c'tait frapper de mori'le commerce de l'le,
don't le government espagnol tire tous ses b-
nfices, toutes ses resources. C'tait, par cons-
quent, atteindre l'ennemi son endroit le plus
vuinrable : la bourse.
Lorsque les planteurs taient des amis du gou-
vernement espagnol, des hommes assistant d'eux-
mmes les troupes monarchiques, mettant leurs
tablissements la disposition des colonnes es-
pagnoles, la destruction, au lieu de se limiter
aux rcoltes, englobait les habitations. Exemple
rigoureux, don't pourront gmir les ccurs sen-
sibles, mais il en a t ainsi dans toutes les
guerres.
Ne glorific-t-on pas aujourd'hui, en France,
dans la littrature populaire, le coq rou ge, l'in-
cendie qui, aux jours des rvoltes paysannes,
battait des ailes au-dessus des donjons des tyrans
fodaux?
)'ailleurs, si les Espagnols ont une telle hor-
reur du feu, voici qu'entre en scne un autre l-
ment, l'antidote de celui-l : l'eau.
La pluie commence tomber : elle dgouline
dru mime, et... elle dmolit la fameuse trocha,
le foss qui devait enfermer Maceo entire la mer
et une lign e dbaonnettes.
C'est la saison des pluies qui commence : le
ciel ouvre ses cataracts, l'averse se prcipite,
irresistible, et les retranchements s'ehoulent, les
tranches se comblent, les insurgs se prominent
comme dans la rue sur les ruines informes de ces
travaux qui avaient cot tant d'efforts et d'ar-
gent.
Dj les opiations sont virtuellement inter-
rompues, du moins du ct des Espagnols, qui en
sont rduits la defense jusqu'en septembre,
faute de numraire, de matriel et d'hommes.
Quant aux Cubains, ils prennent l'offensive sur
tous les points et poussent jusque devant La Ha-
vane, qu'ils encercleront bientt.
Comment ne triompheraient-ils pas? Ils ont
pour allis jusqu'aux lments : le feu et l'eau.
Cosso.


CUBA CONTRE ESPAGNE


Le Comit Rvolutionnaire Cubain de Paris
vient de publier une intressante brochure : Cu-
ba contre Espagne. Tous ceux qui s'intressent
aux vnements qui se droulent actuellement I
Cuba, savent la profonde sensation qu'a produite
l'Fuvre de l'illustre philosophy et crivain En-
rique Jos Varona dans les centres olliciels d'Es-
pagne. L'oeuvre de M. Varona est le rcit le plus
Itunineux, le plus vridique et le plus impartial
qui ait t public sur la situation de l'le pendant
la prsente revolution et sur les causes qui ont
amen la protestation arme des Cubains.
Afin que tout le monde puisse se rendre un
compete exact de tous ces faits, le Comit a fait
une dition qu'il se propose de distribuer gratui-
tement sans aucune distinction.
'fous nos abonns qui dsireront recevoir cGiba
centre Espagne n'ont qu'" nous dresser une de-
man ie en y joignant, pour l'affranchissement,
un timbre de cinq centimes.


*


NOS LOIS

Comme nous l'avons promise, nous commenons
aujourd'hui publier les lois organiques de la
Rpublique Cubaine, telles, qu'elles ont paru
dans la brochure imprime et qui nous a t
adresse directement par le Gouvernement de
Cuba Libre.
Nous faisons cette publication avec l'intention
de faire connaitre aux trangers notre organiisa-
tion civil et militaire.
C'est, notre avis, le meilleur moyen de mettre
sous les yeux des puissances trangres la mau-
vaise foi du gouvernement espagnol, qui rpte
chaque jour que nous ne possdons aucune orga-
nisation gouvernementale pour diriger tout un
people qui lutte pour son indpendance.
Nous avons dj public, ici, les articles de la
Constitution du Gouvernement Provisoire de la
Rpublique.

---------^. -------

TIMBRES-POSTE CUBAINS

Nous avons l'avantage d'annoncer nos lec-
teurs que la vente des timbres-poste cubains
continue.
La collection se compose de quatre couleurs
diffrentes: mais le dessin, reprsent ci-des-
sous, est 1' mime pour tous les timbres.
Les timbres tous les patrio-
cubains son t tes est de s'en
un revenue di- servir dce faon
rect pour le i contribiuer,
TrIsor cubain, en atugmentant
et le devoir de les resources
de la IRpublique, la propaganda extrieure.
L'tranger verrait ainsi combien est srieux et
important le movement irrsistiblle qui nous
fait vouloir Cuba libre et indpendante.
Les timbres sont de 2, 5, 10, 25 centavos (le
centavo quivaut 0 fr. 05 de monnaie). Nous
sommes en measure d'alfirmer, preuves en mains,
qu'ils circulent librement en France. Ces tim-
bres sont i la disposition de toutes les personnel
qui en front la demand contre remboursement.

-----" i -----

L'ESPAGNE
SANS SOLDATS

La situation de l'Espagne ne saurait ltre plus
dsastreuse. Aprs tant de bruil, elle en est dj
ne plus. pouvoir envoyer de soldats pour rem-
placer les morts de son arme de Cuba. Parmii
les Espagnols, en effet, les uns migrent, d'autres
dsertent, car les Espagnols se demandent srieu-
sement s'il n'est pas triste d'aller i l'abattoir
dans l'unique but de maintenir Cuba dans l'escla-
vage au profit des gouvernants qui l'exploitent.
La press dce la Pninsule ne se cache plus
pour exprimer cette opinion en toute indpen-
dance. Nous avons sous les yeux des journaux
de diffrentes nuances politiques.- Ce qui prove
mieux que tous les faits qu'ils rapportent et ex-
priment la terrible ralit en presence de laquelle
l'Espagne se trouve :
Voici ce que dit El D)ilurio de Barcelone :
A cette heure, c'est galement dans la province
d'Almeria que les horreurs de la famine commencent
se manifester. Les ouvriers de Roquetas, de Felix
et de Dalia ont d migrer en Algrie pour ne pas
mourir de misre. Mais et cela montre combien
peu ces gens-l sont patriots au lieu de partir
pour Cuba o les appellent les exhortations de ceux
qui sont charges de former des bataillons de volon-
taires, et qui comptaient sans doute sur la misre et
sur la faim pour mener bien leur entreprise, les
Almriens prfrent abandonner la patrie qui les fait
mourir de faim, pour aller se faire naturaliser dans
les colonies de la Rpublique voisine.
Et, cependant, cela n'enseigne rien ceux qui
montrent l'Espagne enthousiaste pour la continuation
sans fin d'une guerre qui est un vritable suicide !
Les Espagnols sans travail renient la patrie. Vous
le voyez, embaucheurs!
Ils ne vont plus Cuba que par force. La faim
rinme ne les met pas sur ce chemin.
I)e son cit, l Melrranlil f(alenciano, montre
au people l'avenir qui l'attend :
Nous savons maintenant que les cent soixante-
cinq mille homes que nous avons Cuba ne sont
qu'une entre de jeu. Nous avons assez de forces
pour la defensive, pas assez pour l'offensive. Le
people doit donc se prparer de nouveaux et plus
graves sacrifices. Il doit envoyer Cuba, l'automne
prochain, cent mille hommes de plus. Le gouverne-
ment s'tait tromp une fois de plus dans ses calculus


et nous devons, nous autres Espagnols, supporter
les consequences de cette nouvelle erreur qui n'est
qu'une des mille commises dans la champagne de
Cuba. Prparons donc nos enfants, ou notre argent
si nous en avons, afin de faire de nouvelles offrandes
sur l'autel de la patrie.
Et ce n'est pas tout. Le Boltlin (/icial de Bar-
celone, portant la date du i4 mai, public une
note relative aux rservistes qui ne se sont pas
prsents pour s'incorporer dans les rangs. Ils
sont au nombre de 581. Par ordre royal il est en-
joint de les rechercher et de les mettre en tat
d'arrestation.
Il est trs probable que, parmi ces :81 dser-
teurs, beaucoup auront lu le passage suivant
d'un article du iNoiiciero inirersal, relatif
une lettre crite par un soldat de l'arme de Cu-
ba :
Dans cette lettre sont relates les nombreuses p-
nalits imposes au soldat espagnol qui en arrive
passer deux jours sans pain et qui ne reoit en
change qu'une ration de biscuit absolument imman-
geable.
Peut-tre auront-ils lu aussi cet autre passage.
d'une autre Icleire d'un soldat de Cuba que public
El Acrrianlil I'alenciano dj cit :

Tu ne saurais imaginer chose plus triste que ce
dpt de soldats impropres au service don't je te
parole et o abondent des jeunes gens boiteux et
manchots, aveugles, phtisiques, extnus par la.
fivre.... presque nus, sales, amaigris, portant la
barbe longue et des chevelures impossible, man-
quant de tout, car ils ne reoivent pas leur solde, et
le peu qu'ils touchent compete est diminu par le
change et. autres gabelles. Il v a, en effet, des gens
qui exploitent le malheur du soldat et la dplorable
situation que traverse notre pays.
C'est bien. Devant cette perspective, devant la
certitude d'tre victim du machele. de la fivre
jaune et de la gabelle si bien comprise autant
par les payeurs que par les cantiniers, et
aussi en presence de la quasi certitude de revenir
en Espagne avec un liras de moins et de mendier
dans les rues, comment peut-on tre surprise que
l'Espagnol dserte son drapeau et abandonne sa
patrie pour se rfugier mime en Afrique'?
Aprs cela. comment l'Espagne fera-t-elle pour
envoyer iC Cuba la nouvelle arme annonce?
Sans argent, sans soldats, quelle resource lui
restera, sinon abandonner l'ile?
Qu'elle s'y dcide doncaujourd'hui, puisqu'aussi
bien elle devra s'y rsoudre demain.

--------.^ ------

L'EXCOMMUNICATION


Nous avons dit, dans notre dernier numro, que
le nouveau consul des Etats-l'nis La Havane ne
tarderait pas a tre considr comme un nouveau
fliumstlier. Les pratiques du gouvernement espa-
gnol nous autorisaient parler ainsi, et La Li-
berl du 14 courant nous fait voir que nous
avions raison :
Le nouveau consul amricain La Havane coim-
mence inspire de la mfiance, car il montre trop
d'intrt pour les insurgs prisonniers. En outre, il
a:cepte de diner chez des personnel peu attaches
l'Espagne.
On craint que le nouveau consul, loin d'amliorer
la situation, ne l'aggrave.
Voici donc le nouveau consul amricain excom-
muni par le gouvernenement espagnol, et il est
probable que cette nouvelle ne sera que le point
de dpart de nouvelles complications et de nou-
veaux conflicts.
M. Lee ne sera pas plus heureux que ne l'a t
M. Williams. Le temps se chargers de nous don-
ner raison.
---__ ---M-----


LOIS
DE LA

RPUBLIQUE DE CUBA

Recrutement militaire
Art. 1I. Seront recruts tous les clibataires
de seize ans cinquante-cinq ans.
Art. 2. Dans le cas oit le nombre total des
homes comprise dans l'article antrieur ne se-
rait pas suffisant, le recrutement portrait sur
les hommes maris, en commenant par les plus
jeunes et ceux qui sont le moins charges de fa-
mille, jusqu' ce que le nombre d'hommes nces-
saries sous les drapeaux soit complete.
Art. 3- Seront exernps du recrutement tous
ceux qui, pour des raisons physiques ou des
maladies reconnues par des mdecins, doivent


tre impropres au service ; les ouvriers travail-
lant dans les ateliers de la Rpublique, lesquels
doivent tre prfrs-dans leur emploi, et ceux
qui, pour des raisons de famille ou autres va-
lables. seront considrs comme devant tre lgi-
timement exempts par le Prsident, le gnral
en chef ou le chef du dpartement.
Art. 4. Dans l'arme, il ne doit y avoir, que
vingt-cinq homes sans armes pour chaque cent.
homes arms, pour les services auxiliaires, les
ambulances, etc.
Art. 5. Les autres qui seraient bons pour le
service, formeront les reserves de l'arme. Ils se-
ront occups, en attendant d'ctre appels sous
les drapeaux, aux travaux des champs ou tout
autre travail indiqu par les autorits civiles et
militaires ; car, il ne doit y avoir dans la R-
publique aucun homme non employ.

Corps de reserves expditionnaires
Art. 1. La reserve expditionnaire se for-
mera le tous les homes dsarms qui se trou-
veraient en Orient et Camagiiey, suivant l'ordre
tabli pour le recrutement.
Art. 2. Elle se composer de cent cinquante
hommes dans chaque lieutenance de gouverne-
ment qui formeront le noyau de trois companies
de cinquante homes chacune. Leurs capitaines,
officers, sergents et caporaux seront nomms
conformment l'organisation militaire.
Art. 3. Tant qu'ils ne seront pas appels au
service actif, ils seront employs, soit aux fra-
vaux agricoles, soit dans les ateliers, soit enfin
o on les appellera. Ils seront toujours placs
sous les ordres de leurs officers et autres chefs.
Art. 4. Un chef de ces forces sera nomm,
et, ds qu'elles seront mobilises, le chef se met-
tra la tte de celles des deux Etats et ira l'Oc-
cident, afin de fire parties de l'arme d'invasion.
29 octobre 1895.

Decision du 4 Dcembre
Designer, pour oprer le recrutement, une
commission compose du Prfet, du Lieutenant-
Gouvierneur of il en existera, et d'un officer, au-
tant que possible un chef dsign par le gnral
des forces oprant dans le district.

Notes pour l'organisation de l'arme,
le recrutement et les reserves
Les forces actives se composeront des clefs et
des officers et d'autant d'hommes qu'il y aura
d'armes. De plus, pour chaque cent hommes
arms, on permettra, dans chaque corps, vingt-
cinq homes dsarms ou un nombre propor-
tionnel. Ils prendront les armes qui demeureront
inoccupes, serviront d'assistants aux chefs et aux
officers, seront assimils i la compagnie et em-
ploys dans le corps des ambulances.
De ces forces se former l'arme de la Rpu-
blique, conformment i la loi militaire.
L'arme doit se former avec le moins de dom-
mages et de prjudices possible. Aussi devra-t-on
choisir les homes ayant le moins d'obligations
et le plus d'aptitudes pour se rendre utiles sous
les drapeaux, sans en prendre toutefois un
nombre infrieur au ncessaire, afin qu'il n'y ait
pas d'armes sans emploi et que sur cent hommes
arms, il y en ait vingt-cinq sans armes, ainsi
que cela a t dit et conformment au recrute-
ment. Le reste sera destin aux emplois civils,
aux travaux agricoles et autres affectations esti-
mes ncessaires pour le service de l'arme.
Ds que l'arme sera constitute et que le recru-
tement ncessaire aura t fait, on recrutera un
nombre d'hommes suffisant pour former le corps
de reserve conformment aux rgles suivantes:
Les reserves seront formes des hommes cli-
bataires et maris qui existeront suivant le rgle-
ment de recrutement. Chaque licutenance dg
gouvernement donnera cent cinquante hommes
pour former la reserve du district qui se divi-
seront en trois companies de cinquante hommes
chacune. Les officers, chefs, sergents et capo-
raux seront nomms conformment l'organi-
sation militaire. En attendant d'tre appels au
service actif, ils seront employs soit aux tra-
vaux agricoles, soit dans les ateliers, soit enfin
o on les aplpellera. Ils seront toujours placs
sous les ordres de leurs officers et autres chefs.
Dans chaque prefecture, se runiront: les pre-
miers dimanches de chaque mois, les hommes
formant l'arme de reserve. On leur donnera
lecture des ordonnances militaires et des dispo-
sitions qui auraient t adoptes; on les instruira'
dans le maniement des armes et ils front l'exer-
cice sous les ordres de leurs officers et autres
clhefs.
Dans chaque Etat, un chef des forces de l'Etat
sera nomm;, et quand ces forces seront mobili-
se's, il en sera nomm un autre qui se mettra


_~
~ _ _I






18 JUIN 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


la tte ds troupes de l'orient et de Camagiiey,
pour se transporter o il y aura lieu.
Chaque fois qu'un vide, par suite de dcs ou
pour toute autre cause, se produira dans l'ar-
me, il sera combl par un des homes dsar-
ms; ce dernier sera remplac par un home de
la reserve correspondante, et ce dernier enfin par
un homme recrut dans la Prfecture.
Les chefs et les officers de reserve, ainsi que
les sous-officiers, seront choisis dans l'excdent
du corps d'arme respectif de chaque Etat, de
faon que dans chaque Prfecture il y ait un
officer, jusqu'au grade de capitaine, qui inter-
vienne dans le recrutement et soit le chef du
group de reserve de la dite Prfecture.
Dans chaque lieutenance de Gouvernement, il
y aura un chef de toute la dite reserve. Il devra
avoir le grade de commandant ou de lieutenant-
colonel, et, dans chaque Etat, le chef de la dite
reserve sera un lieutenant-colonel ou un colonel.
En cas de mobilisation de toutes les reserves,
il sera procd un nouveau recrutement. Une
nouvelle reserve sera forme dans le mme ordre
que l'antrieure, et ainsi successivement, de fa-
on ce que jamais le nombre voulu de reserve,
dans chaque'prfecture, ne vienne i manquer.

Organisation'militaire approuve dans la
stance du 27 Janvier 1896
Art. eer. Sont obligs d'entrer dans l'ar-
me, non seulement les citoyens ayant des apti-
tudes pour le service militaire, mais aussi ceux
qui peuvent y rendre des services d'une autre
nature.
Art. 2. es fonctionnaires charges du re-
crutement Ifformeront, pour y procder, i
la loi du recc tement militaire dicte le 29
octobre derniedL
Art. 3. S' venait exister quelque motif
d'exemption ncm compris parmi ceux prvus
par la dite loi, leonscil de Gouvernement de-
meure autoris,our exempted du service l'homme
qui pourra invoquer ce motif. L'exemption de
service pourra tre galement accorde a ceux
qui apparti.ennent aujourd'hui l'arme lorsque,
pour des raisons valables, ils demanderont leur
exemption momentane ou definitive, selon les
circonstances.
Art. 4. L'arme comprendra les armes et
:les corps suivants : Infanterie, cavalerie, tat-
imajor gnral et service de sant. L'arme de
l'artillerie et les corps d'tat-major, d'inspection,
d'ingnieurs, d'administration et de police seront
organiss aussitt que le Conseil de Gouverne-
ment le dcidera.
Art. 5. Elle se divisera en : Corps d'arme,
Divisions, Brigades, Rgiments, Bataillons et
,Compagnies ou Escadrons.
Art. 6. L'Etat-major gnral sera compos
-des majors gnraux, des gnraux de division
et des brigadiers de l'arme.
Art. 7. L'infanterie s'organisera par batail-


lons de six companies chacun, don't le corps
d'officiers suprieurs sera ainsi compos : un
lieutenant-colonel premier chef, deux comman-
dants, parmi lesquels un sera chef en second, un
capitaine, un lieutenant-adjudant et un lieute-
nant-porte-drapeau. Une compagnie se compo-
sera d'un capitaine, d'un lieutenant, de deux
sous-lieutenants, d'un sergent en premier, de
trois sergents en second, de huit caporaux, d'un
cornette et de quarante-huit soldats. Chaque
compagnie se divisera en deux sections et chaque
section en deux escuadros .
Art. 8. La cavalerie sera organise par es-
cadrons. I;n escadron comprendra: un commnan-
dant, un capitaine, un lieutenant, deux adju-
dants, un sergent en premier, trois sergents en
second, huit caporaux, ldeux clairons et soixante-
seize soldats. Elle comprendra, en outre, un ma-
rchal-ferrant et un matre seller. Chaque esca-
dron se divisera en deux sections et chaque sec-
tion en deux pelotons. Quatre escadrons forme-
ront un rgiment don't le corps d'officiers sup-
rieurs comprendra : un colonel chef en premier,
un lieutenant-colonel, les quatre comiiandants
d'escadron, un lieutenant-adjudant et un 1 alfe-
rez porte-tendard.
Art. 9. Deux bataillons constitueront un r-
giment qui sera command par un colonel. Deux
ou plusieurs rgiments d'infanterie et de cava-
lerie formeront une brigade; deux brigades au
moins une division, et plusieurs divisions un
corps d'arme.
Art. 12. Les grades, dans 'arine cubaine.
sont les suivants : major gnral, gnral de di-
vision, brigadier, colonel, lieutenant-roloniel,
commandant, capitaine, lieutenant, sous-lieute-
nant, sergent et caporal. Le Prsident de la lR-
publique est gnralissime de toutes les forces
militaires et il pourra, lorsqu'il y aura lieu, se
placer la tte de l'arme, aprs avoir obtenu, a
cet e!let, le consentement du Conseil de Gouver-
nement.
Art. 11. Le gnral en chef confrera les
grades depuis le sous-lieutenant jusqu'au colonel
inclusivement. La nomination des colonels et au-
del appartiendra au Conseil de Gouvernement.
Dans les deux cas, la proposition des chefs de
corps sera indispensable pour les premiers, et la
proposition du gnral en chef pour les seconds.
Mais on devra confronter les rapports des dites
'autorits militaires avec la feuille (le services (de
l'intress ou autres documents justificatifs.
Art. 12. Le Prsiden-t de la Rpublique ex-
pdiera les brevets aux chefs et aux officers. Ils
porteront galement la signature du secrtaire
de la guerre, et seront enregistrs et scells par
la chancellerie et annots par lasecrdtaireri cl es
finances.
Art. 13. Les nominations de sergents et de
caporaux seront faites par le chef de bataillon
sur la proposition des capitaines de companies
et par le chef du regiment sur la proposition des


commandants d'escadrons. Elles seront soumises,
par la voie hirarchique, au chef de corps res-
pectif pour leur approbation. Ils dlivreront les
diplmes.
Art. I1. Les chefs de corps de l'arnie de-
vront envoyer trimestriellement la secrtairerie
de la Guerre, un rapport dtaill (les sorties, des
vides et des promotions advenus dans leurs corps
respectifs. Ces rapports seront ensuite passes
la secrtairerie des Finances pour y (tre annots.
Art. 1;. Le militaire qui aura quitt le ser-
vice sans avoir obtenu l'exemption ncessaire ou
une permission en bonne et due forme, n'aura
droit ni sa solde ni aucune espce dle consi-
dration.
Art. 16. Le iGnral en chef nommera les
chefs et les officers de l'arme, sur la proposition
des Chefs de corps respectifs. Quand ce docu-
ment manquera, un rapport. de ces mmes chefs
sera suffisant pour la nomination des chefs et des
officers des companies, des bataillons et des r-
giments, h la condition que lesdites nominations
seront faites par des gnraix dle brigade et alu-
dessus. Ces grades pourront tre confrs par le
Conseil de (ouvernement quand il le jugera n-
cessaire.
Art. 17. Le Conseil de Gouvernement mot-
tra .t la disposition du G6ndral en chef, les chefs
et offiicers sans eml)loi, afin que leurs services
soient utiliss en tant que les i;cessit(s de la
guerre l'exigero'nt.
Art. l S. Le Gnral en :chef aura sous son
commiiandement direct toute la force arme de la
Rpublique. Il aura aussi la direction des opra-
tions de guerre, avec, sous ses ordres, come
second dans le commandment, un lieutenant-
genral qui se substituera h lui en cas le vacance.
Art. 1!. Le Gnral en chef proposera au
Conseil du Gouvernement les rformes de la pr-
sente loi qui lui paraitront opportunes quand les
circonstances l'exigeront.
Art. 20. 11 tiendra la secrtairerie de la
Guerre au courant de ses plans et de ses opra-
tions militaires, des ncessits de l'aime et des
moyens d'y parer, des operations et des aptitudes
de l'ennemi et de tout ce qui se produirait de
digne d'tre not dans la sphre de son comman-
dement et (le son observation.
Art. 21. Le territoire de la Rpublique se
divise en deux Dpartements militaires qui sont:
l'Orient et l'Occident; la line de demarcation
sera cell connue sous le nom de Trocha military
le .Jiicaro a Moron . Chacune d'elles serasous le
conmmnindement d'un Majore gnral.
Art. 22. Chaque dpartement -e subdivise
en corps d'arme qui auront i leur tete un 3a-
jor gnral, lequel agira conformment ;ux ins-
tructions qu'il recevra dit Chef du Dpartement
et celui-ci, (le son c:te, du Gnral en chef.
Art. 23. Les chefs de dpartements et de
corps d'arme pourront suspendre les chefs et
officers des forces places sous leur commande-


ment. Ils en rendront compete, par la voie qui
convient, au Gnral en chef, afin que ce dernier
prenne la decision qui lui paraitra opportune et
rende compete de cette decision la secrtairerie
de la Guerre.
Art. 2t. Les Chefs de corps d'arme sont
les inspecteurs directs les forces places sous
leur commnandement et, en consequence, ils veil-
leront l'instruction et a la discipline des dites
forces.
Art. 25i. Le Gnral en chef pourra avoir
dix officers d'ordonnance; les M3.., --.i gnraux,
huit; les Gnraux de division, quatre; les Bri-
gadiiers, trois, et les Colonels, deux, ia la condi-
tion bien entendue que ces chefs seront pourvus
d'un commandment.
Art. 26. -- L'officier d'ordonnance de plus
haut grade pour le Major gnral, le Gnral de
division ou le Brigadier, devra tre un colonel, et
pour le colonel, un commandant.
Art. 27. Les chefs pourront choisir leurs
officers d'ordonnance.
Ait. 28. Le Gnral en chrf pourra avoir
une escorted composc de dcinquante homes; le
Chef de Dpartement de quairante; le Clie de
corps de trente; le Chef de division (le vingt, et
le Chef de brigade de quinze: tous axec leurs
officers, sots-officiers et caporaux respectifs.
Art. 29. Chaque regiment d'infanterie aura
un corps d'avant-garde mont et compos de
vingt-cinq cinquante home, avec leurs offi-
ciers, sous-officiers et caporaux.
Art. 30. Le corps de sant sera rgi par la
loi qui l'organise.
Art. 31. Le Conseil de Gouvernement peut
suspendre et dposer librement tous le employs
comprise dans la prsente loi. Il pourvoira leur
replacement dans la forme prescrite par les
lois. Si la rvocation tait provoque p:i 'un dlit,
les coupables seront soumis aux tribunaux de
justice.
---------^.-----

L'ESPAGNE AU PILORI

Les troupes espagnoles continent se cou-
vrir non de lauriers, mais de boue et de sang.
Voici leurs derniers exploits, don't a oubli de
nous parler cette press qui, s'inspirant plus de
Turcaret que d'Armand Carrel , a dj produit
Portalis, etc., etc. :
A Sanlta (lara
Une colonne espagnole s'est empare d'un ci-
toyen amricain nomm Narciso Li'pez et l'a fu-
sill, le laissant sans spulture. Cet innocent
avait commis le crime (le porter le mme nom
que l'illustre gnral mort sur le i,,ir,,;io, en
1851, par ordre du gnral espagnol Concha.
Al Sanio Domingo, par la guerrilla
rommnindne par Lazo :
Assassinat de 18 habitants pacifiques.
A Matanzas, par le colonel Olivera :
Fusillade d'une femme et de son jeune enfant.
Le nouveau consul des Etats-Unis, le gnral


FEUILLETON 2

de La Rpublique Cubaine







LES ESPAGNOLS A CUBA





(Du correspondent du Journal, dle New-York)






(Saite,


Quelques instants aprs le lever du jour, le
lendemain de mon arrive, les prisonniers furent
rassembls; on devait se mettre en march. Ils
taient gards par deux companies sous les
ordres du major Condines. Une demi-heure aprs
leur dpart, je pris par an dtour et arrival, quel-
ques miles plus loin, rejoindre la route qu'ils
avaient prise; au bout de deux heures de march,
j'entendis tout coup sur ma droite le cri:
- Halte !
Aprs avoir mis pied terre et attach mon
cheval un cocotier, je me dirigeai vers un
champ de cannes sucre derrire lequel la co-
lonne s'tait arrte et me glissai i travers les
tiges sans tre aperu; de ma cachette je pus
voir les prisonniers. Il semblait que la surveil-


lance don't ils taient l'objet s'tait reliiche, car
quelques-uns d'entre eux, au nombre d'une dou-
zaine environ, avaient russi s'engager dans un
bosquet de pins.
Cependant la negligence des gardens n'tait
que simule; en effect, dix minutes aprs, j'enten-
dis des dtonations et des gmissements, suivis
d'clats de rire immondes; puis je vis une ving-
taine de soldats revenir faisant les grimaces. La
colonne se remit en march et je pntrai, mon
tour, dans le bosquet ; li, je vis combien taient
fonds mes soupons sur la flonie des Espagnols;
les malheureux prisonniers gisaient sur le sol,
massacrs de sang-froid par les sollats de Marti-
nez Campos. J'en reconnus une dizaine pour des
officers de l'arme des patriots, car je les aviis
vus se battre vaillamment dans les sanglants
combats de Las Auras et Los Ilollos. C'est ainsi
que l'Espagne diminue l'encombrement de ses
prisons qui regorgent de patriots.
Je continuai ma route vers l'intrieur de la
province de Las Villas et je trouvai, chemin fai-
sant, bien d'autres preuves des frequents assas-
sinats des prisonniers cubains par les troupes
espagnoles. Des rcits, trop rvoltants pour tre
publis, me furent faits par les paysans que je
rencontrai et qui, cachs dans les bois ou dans
les champs de cannes sucre, avaient assist,
tremblants, ces boucheries. Toujours, les Es-
pagnols massacraient de sang-froid, de propos
dlibr, sans mme recourir au prtexte que les
prisonniers avaient tent de fuir.
Dans un petit village appel Iamonita, je vis
une compagnie de soldats espagnols dvaliserles
quatre boutiques qu'il y avait: ce qu'ils ne pou-
vaient emporter ils le jetaient au milieu de la


route, ne rpondant que par des clats de rire
aux prires des malheureux propritaires.
A quelques mtres de ces boutiques, se trou-
vait l'habitation de la famille Quiniones; le pre
et les fils sont dans les rangs des insurgs ; la
plus ;ge des filles, I)onatila, don't le mari est,
lui aussi, un soldat de l'indpendance, se te'nait
sur le seuil de la maison, portant dans ses bras
son dernier infant. Un soldat espagnol s'a-
vana vers elle lui disant: Qu'est-ce que vous
avez l dans vos bras ? c'est encore un petit
rebelle! et d'un coup de bayonnette il jeta au
milieu de la route l'enfant, don't la cervelle re-
jaillit sur le mur ; puis revenant i la mre terri-
fie, il la transperia, la clouant littralement a
la porte de la maison. Un officer tmoin de ce
double meurtre se mit rire: je fus oblig de
rester sur mon cheval, dans l'impossibilit de
faire le moindre movement pour sauver ces
infortuns, sans user mme manifester l'horreur
que m'inspirait une tell sauvagerie; un mot, et
j'tais tu come les autres.
J'arrivai ensuite Matanzas ; j'y restai deux
jours n'entendant parler qcue de massacres par
des voyageurs qui arrivaient de Nucvitas et
d'llolguin. Les prisons taient replies de Cu-
bains, et il n'tait question que d'gorgements
nocturnes, (le disparitions mystrieuses; mais en
public, dans les rues de la ville, aucune scne
sanglante. Les femmes des classes suprieures
n'taient pas inquities, mais cells tdes classes
moyenne et infrieure, surtout celles don't on
savait les parents oi les proches dans les rangs
des patriots, celles-l taient publiquement in-
sultes en plein jour.
A tout prix, il fallait fire de la place d:tns les


prisons qui ne pouvaient contenir les suspects;
Puerto-Principe. fonctionnait la dernire inven-
tion des' Espagnols, le Sorteo de m uerie, c'est--
dire la loterie de la mort. Sur l'ordre du com-
mandant de la garrison, on forait les prison-
niers a tirer au sort pour savoir lesquels devaient
tre fusills afin de fire de la place aux nou-
veaux arrivants: il devait y avoir une victim
par dix prisonniers. J'.\ vu vingt-trois dle ces
malheureux qu'on avait ainsi fusillis aux portes
de la ville sous u-n manguier.
De ces vingt-trois martyrs, le plus g n'avait
pas quarante ans et le plus jeune en avait dix-
sept; j'en connaissais quelques-uns, mais je ne
pus aplprendre les noms des autres, car les sol-
dats ne leur avaient pas permis de communiquer
avec i ii que ce fi't dle la foule qui avait escort
le lugubre corlge jusqu'au lieu de l'excution.
Tous avaient eu les yeux bands, les mains atta-
ches derrire le dos, et avaient t fusills
genoux et par derrire ; suivant la loi espagnole
chacun avait reu quatre balles. Pour prolonger
leur agonie, on les excuta un par un.
Rempli d'horreur, je quittai ces lieux, rsolu a
continue mon voyage: je parties donc par le
train jusqu' Auras, puis poursuivis mon che-
min h cheval, dans la direction de Ilolguin, sur
la premiere bonne route que j'aie rencontre dans
ce malheureux pays.



(A suivre.)


*


_~


~cL"1IBliiisaisi~Gwi~Pl~anac~F~Rl~f~assw n~P~-------------~---~u~,~~ -- ------------------- ---- ---.riraa~----~iriI~iniswsnaa~Psrs~ar ~






LA RPUBLIQUE CURAINE


18 JUIN 1896


Lec, a rclam, les victims tant citoyens am-
ricains.
A Sagua :
Dans la plantation Olallita, un chef le colonne
a fait fusiller deux jeunes filles qui rsistaient
sa bestiale passion.
Par le colonel Alarlin :
Le prisonnier Herrera (pris sans armes et ma-
lade) assassin, aprs avoir t soufflet lche-
ment par ce Ramollot en tat d'ivresse.
A (cabe:as :
Trente individus blancs et de couleur, que l'on
conduisait a Matanzas, assassins en chemin.
Ont t incendies par les Espagnols:
Toutes les chaumires du hameau Rodrigo;
La petite localit Amaro.
Les habitations de vingt-cinq families Mal-
paez.
Total......... 54 personnel ASSASSINIES
Liste antrieure 503 -
Total gnral. 557 -
(A suicre).

-------I~-* -------

OPINIONS IMPARTIALES

La situation Cuba
(Leslie's Wleekly Illustraded, de New-York)
I.
i Suite)
Le dcret que le gnral Weyler publia son
arrive dfend de passer les lignes espagnoles
sous pine d'tre arrt, si l'infraction a lieu le
jour, ou fusill immdiatement si elle a lieu la
nuit. On n'a pas accord un seul sauf-conduit aux
correspondents de journaux, et tout le monde doit
se rappeler de quelle terrible faon fut trait, dans
la citadelle du Morro, le correspondent du Jour-
nal, de New-York, qui s'tait aventur prs des
lines espagnoles. Ceci expliquera, tout d'abord,
que toutes les nouvelles envoyes a la press de
NewYork sont fournies par le gouverneur-gn-
ral ou ses bureaux, ou ne sont que des rensei-
gnements donns par les naturels du pays qui
viennent de l'intrieur.
Peu de temps aprs mon arrive La lavane,
le gnral Weyler, don't je parlerai plus loin, ume
donna un permits, m'autorisant a passer les li-
gnes espagnoles, afin de me rendre la planta-
tion Mercedes. de Carrillo, situe prs de Coln.
J'eus beaucoup de peine trouver un guide qui
voult m'accompagner; les Espagnols refu-
saient tous, dans la crainte d'(tre pris et pendus
par les Cubains, et ces derniers se trouvaient
presque dans l'impossibilit de sortir de la ville
sans risquer d'tre fusills parles Espagnols. Fi-
nalement, un Cubain, M. Garcia, qui a habit
New-York pendant quelques annes, consentit
( prendre sa vie entire ses mains , comme il le
dit lui-mime, et accept de m'accompagner.
Nous quitttmes La Havane six heures du ma-
tin, nous dirigeant vers Matanzas o nous de-
vions changer de train. La station tait garde
par de nombreuses troupes; le train se compo-
sait d'une locomotive, de deux wagons blinds et
remplis de soldats, d'une voiture de troisime
classes, une de second et une de premiere. En
outre, une autre machine allait deu4 cents
yards en avant pour explorer la voie. A notre
grande surprise, le train ne fut pas attaqu, et
nous arrivmes Matanzas sans trop de diflicul-
ts, mais avec plusieurs heures de retard, ayant
d nous arriter en route diverse reprises,
pour des raisons que j'ignore. Sur toute la line,
les stations ont t incendies jusqu'aux fonda-
tions; de mme les champs de cannes sucre
aussi loin que la vue pouvait atteindre-; une
grande quantit de plantations taient abandon-
nes et silencieuses, et l'on voyait constamment
sur la route les roues de fer des centaines de wa-
gons dtruits par les insurgs. Et tout cela dans
la province de La Havane, o l'Espagne semblait
la plus forte !
A Matanzas, le jour suivant, j'appris qu'il n'y
avait pas de train pour Colon, parce que les
insurgs avaient paru en groups respectable
de tous cts. Les employs du chemin de fer
me dirent que si le gouvernement laissait aller
des trains de voyageurs seulement, les insurgs
ne les attaqueraient pas; mais le gouvernement
voulant que les trains fussent protgs par des
wagons blinds remplis de soldats, les insurgs ne
les laissaient pas passer, ce qui faisait que pres-
que tous les trains taient attaqus.
Je dcidai de quitter Matanzas et do traverse,
si possible, les lines espagnoles, pour visiter
les fameuses grottes de Bellamiare, qui s'tendent
sur une distance de plusieurs miles sous la mer,
et don't on n'a pas encore trouv l'extrmit,
tel point que certain croient qu'elles continent
a travers l'Atlantique. L'entre de ces clbres
grottes se trouvent trois miles de Matanzas et


a un mille et demi de la ligne des forts espagnols
qui entourent la ville. i, nous ftmes arrtis
par les sentinelles, et, malgr mon sauf-conduit,
j'eus quelques difficults i passer..le passai, tou-
tefois; dans les grottes, le propritaire me dit
que des handes, variant de 25i 300 insurgs, ve-
naient toutes les nuits s'abriter dans son dlii 'v'.
Comment m'criai-je, ici, un mille des forts
espagnols? Et les Espagnols ne viennent jamais
combattre les Cubains? ) Jamais.
Il n'y a pas longtemps, 500 Espagnols sortirent
de Matanzas pour oprer une reconnaissance;
quatre milles plus loin, ils apprirent que des for-
ces cubaines n'taient pas loignes; les officers
se consultrent et les Espagnols rentrrent dans
Matanzas, diviss en deux colonnes de 250
hommes. Durant la nuit que je passai dans cette
ville, 1,000 hommes en sortirent: sur une hau-
teur, prs des portes de la cit, ils furent atta-
qus par les insurgs et perdirent beaucoup
d'hommes; bien entendu, cet vnement ne figu-
ra jamais dans les informations oficielles. Le
lendemain matin, je parties pour Colin par un
train semblable celui que j'avais pris La IHla-
vane. Sept fois nous fmes arrts; enfin nous
arrivmes une localit entoure de forts et
occupepar 1,200 Espagnols; on nous dit que
nous ne pouvions aller plus loin, parce que les
insurgs avaient dtruit un pont situ un quart
de mille. Qu'en pensez-vous? quatre cents
mtres seulement des 1,200 soldats! En fin de
compete, le pont fut rpar et, aprs quelques
coups de feu, nous arrivmes la plantation
Mercedes, but de mon voyage.
GCmez y avait camp trois jours auparavant
avec 1,000 hommes A son arrive, les soldats
qui occupaient les forts qu'ils s'taient construits
dans la plantation avaient disparu; mais ils
taient revenue s dleu.r jours aprs le deparlt le
G(omez, en qute du chef Cubain et faisant feu
sur tous ceux qu'ils rencontraient.
A. B. dle (luerrille.
(A suivre.)


1 \


L'on a beaucoup parl, ces derniers jours, de
la dmission de Weyler.
Nous ne comprenons pas la navet de ceux
qui croient un seul instant le general aux: mains
rouges capable d'abandonner une place o il se
trouve si bien.
Pensez donc: beaux appointments, vols et
chantages avec l'impunit, ou plutt la rcom-
pense assure et surtout : sang discretion !


A propos de cette dmission, le bruit a couru,
et nous l'enregistrons sous les plus expresses r-
serves, que le gouvernement espagnol faisait,
auprs du gouvernement fran!ais, des dmar-
ches pour obtenir la mise en liberty d'Aubert,
l'assassin de Delaheff.
Aubert qui, par ses antcdents, se trouve de
droit naturalis espagnol, partirait comme gou-
verneur gnral de Cuba.


Protestant contre l'intervention des Etats-Unis
dans les affaires de Cuba, I'Jmparclal disait
dernirement : Il est impossible que l'Espagne
perde son honneur dans cette affaire.
Nous sommes d'accord, cher confrre, c'est
absolument impossible.


Les vques espagnols sont en train de s'amu-
ser organiser des bataillons.
C'est trs bien, a! Mais, chers vques, n'allez
pas oublier la bndiction des poignards :
Pour cette cause sain-ainte...


En revanche, le gnral Lachambre, de retour
en Espagne, veut absolument ce qu'on assure
- dire la messe...
... Le petit coup de vin blanc pendant I'El-
ratlion !


Toujours la tte de la civilisation, l'Espagne.
Nous lisons dans l'leraldo, de Madrid :
Pour la premiere fois, on va appliquer les rayons


Roentgen la chirurgie, en temps de guerre. L'ar-
me anglo-gyptienne sera pourvue...
'iens, il ne s'agit pas de l'arme espagnole 1
Tant pis, nous avons ga//e.


La dynamite Barcelone! Et depuis quelques
jours pas de nouvelles de Cuba! Le gouverne-
ment espagnol veut dtourner l'attention publi-
que de la Grande Antille; une bombe en Espa-
gne, c'est qu'il doit y avoir du petardl Cuba.


Les gnraux Campos et Borrero ont failli se
battre en duel; l'inverse des carabiniers
d'Offenbach, les gendarmes espagnols sont arri-
vs trop tt. On ne sait pas encore lequel des
deux adversaires les avait prvenus.

--------*.~------


DERNIRES NOUVELLES

-- Une dpche de la Ilavane announce que les
dillirults financires sont trs grandes. On doit
trois mois de solde aux militaires. MIximo (iG-
mez se trouve dans la parties central de 'ile.
U'ne mine prpare par les insurgs a saut.
Iluit soldats espagnols ont t blesss.
Le bruit au sujet de ngociations de paix a
Cuba est considr come sans fondement. Les
Cubains, en effet, refusent toute espce de con-
cession et veulent seulement leur indpendance.
Le gouvernement espagnol est dcid a de-
mander aux Cortes le vote de nouveaux crdits,
afin de continue la champagne. Aprs la saison
des pluies, 45,000 homes seraient dirigs sur
Cuba.
M. Mac-Kinley, le candidate a la prsidence
de la Rpublique qui a incontestablement le plus
de chances, vient de se prononcer nettement en
faveur de l'indpendance de Cuba. Du reste, il
avait dj manifest ses sympathies dans son'
programme. D'aprs un tlgramme, la nomina-
tion de M. Mac-Kinley come candidate du parti
rpublicain dans la Convention national de ce
parti, qui s'ouvrira mardi, est assure, a moins
d'vnements imprvus, avec une majority d'une
centaine de voix (sur un peu plus de 900 dl-
gus).
lUne dpche announce que le consul des
Etats-Unis la hlavane a visit dans la prison lde
la Cabana les prisonniers du Competitor.
)'ap's des nouvelles des Etats-Unis, il pa-
rait que les expeditions de Cubains se font au-
jourd'hui avec toute, rgularit. Les navires
Bermnuda. Laur'ada, Tliree-Frienls et Kale-
Spencr, don't on a beaucoup parl, et d'autres
b time ts de m oindre importance son t employs
d'une manire normal au traffic des armes, des
munitions, etc.
On se proccupe beaucoup, Madrid, de
l'lection prochaine du president des Etats-Unis.
On prtend que la nomination de M. Mac-Kinley
serait considre, par 1 iL-p inii, comme portant
un coup dangereux aux rapports des deux pays,
en raison des sympathies que l'on prte M. Mac-
Kinley pour les Cubains.
-- La march offensive de G('mez vers l'ouest
ne rencontre aurun obstacle. Les Cubains se sont
montrs a vingt-cinq kilomtres de la Havane.
Le gouvernement espagnol a dcid de re-
prendre, au mois de septembre, les envois
d'hommes et de matriel. Pour le moment, Wey-
ler et ses gnraux sont rduits a l'inaction.
De l'aveu d'une brochure officielle que le
ministre de la guerre d'Espagne vient de faire
publier et qui, par consquent, attnue norm-
ment les choses, 40 gnraux, 562 officers sup-
rieurs, 4,760 officers subalternes, 3,395 sous-of-
ficiers et 112,i(i0 caporaux et soldats auraient
t, en treize mois, envoys i Cuba. Ces chiffres,
si considrables soient-ils, sont fort au-dessous
de la vrit. En ralit, le gouvernement espa-
gnol n'a pas eu moins de 150,000 hommes de
troupes rgulires, en chiffres ronds, et de
60,000 volontaires levs dans 'ile, pour lutter
centre la revolution. Et cela avec le succs nga-
tif que I'on connat. De cette arme de 210,000
hommes, prs de la moiti a da fondu.
Un tlgramme de Kingston (lamaque)
rapporte que le vapeur des Cubains, Laurada,
est sorti du port, encadr par unecanonnire es-
pagnole d'un ct et une canonnire anglaise de
l'autre. Le Laurada avait l'intention de rester
jusqu'h la nuit dans la zone anglaise, trois
miles du rivage, puis de s'chapper la faveur
des tnbres. Le capitaine anglais avait dclar
h son collgue espagnol que, s'il faisait feu sur le
navire surveill, aussi longtemps que celui-ci se
trouverait dans la zone protectrice, il serait obli-
g de rpondre a coups lde canon.
Les operations militaires dans la province
de Pinar dtel Rio sont paralyses par suite des
pluies, et les communications sont trs difficiles.
Le nombre des malades augment.
Le nouveau consul amricain la Havane
commence inspire de la mliance, car il mon-
tre trop d'intirt pour les insurgs prisonniers.
Une grande panique s'est produite la lia-
vane, i la suite de l'explosion d'une bombe de
dynamite, sous le pont Cristine. prs du chemin
tde fer de l'Ouest. Le pont a subi quelques dom-
mages, mais il n'y a eu aucune victim. Un
moment aprs, une second bombe a clat la


gare de Concha, sur la ligne de Mariano. Sur la
promenade Charles III, quelques difices ont t
endommags ; il n'y a eu aucune victim.
Le gnral W'eyler a runi hier un conseil
de guerre qui, se ralliant h l'avis du gnral Lo-
sada, a dcid que, pendant la saison des pluies,
les operations seraient purement dfensives.
On announce que le vapeur Bermuda, don't
le commandant a t arrt pour violation de la
loi tle neutrality, serait parti pour Cuba, sous la
direction d'un pilote, avec environ cent flibuF-
bustiers et beaucoup de munitions de guerre. Il
emporte environ 350 kilos de dynamite.
Les deux expeditions, Laurada, sous le
gnral Fernindez Buz, et Three Friends, sous
Portuondo et Couspeire (celle-ci, la plus impor-
tante qui jusqu'ici soit parties des Etats-Unis),
ont dbarqu Cuba sans obstacle, au complete.
Enrique Collazo a franchi la Irocha de Ma-
riel et a effectu sa jonction avec Maceo.
Miximo Gmez est arriv aux portes de la
Havane.
La fivre jaune et la variole noire dciment
l'arme espagnole. Les pluies dfoncentla Irorh/a.
Las Cubains ont fait sauter la dynamite
un train de Matanzas.
On craint une grve parmi les ouvriers des
fabriques de tabacs.
Les Cubains ont pntr dans Bataban et
ont brl plusieurs maisons.
Le gouvernement espagnol, dsireux d'em-
pcher toute rencontre entire le mal"chal Campos
et le gnral Borrero, a dcid de confier un
commandment actif au marchal. Celui-ci a d-
clar qu'il acceptera seulement le commande-
ment d'une division de l'arme de Cuba.

------* -------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cul

Le Jour : ,

Presque tous les journaux conserteurs (de l'Es-
pagne) apprcient le duel Camp Borrero comme
un symptme de dsagrgation s ale et une preuve
que l'arme espagnole est toujours anime de son
vieil esprit d'indiscipline.
Quant aux nouvelles de Cuba, elles sont de moins
en moins favorables et les inquitudes ne font qu'aug-
menter. L'avenir apparat bien sombre.


La Ripublique Franaise :

Ajoutons que la prochaine election prsidentielle
demeure, en ce qui concern Cuba, le point le plus'
inquitant pour les Espagnols, car le grand favori,
M. Mac-Kinlev, ne leur est rien moins que favorable
et passe pour acquis aux partisans de l'indpendance
cubaine.


Le Monde :

L'Espagne sera toujours pour nous un pays sur-
prises.
Imaginez deux gnraux franais qui s'enverraient
un cartel, l'un disant l'autre : J'ai deux pistolets
don't nous pourrions nous servir dans la forme que
dcideront nos tmoins. J'espre bien fire ce que
n'ont pu les balles prussiennes Gravelotte et
Champigny. >>
Au lieu de balles prussiennes, mettez les balles
des insurgs cubains; au lieu de Gravelotte et de
Chamnpigny, Peralejo et Coliseo, vous avez les ter-
mes textuels de la lettre du gnral Borrero.

Mais il v avait une leon donner au militarisme
politician dans le pays des pronunciamenlos. Ce
n'est pas quand cent vingt mille homes sont sur
le champ de bataille, que les gnraux doivent se
dispute des siges de dputs.


Le Petit Provenal, Marseille :

L'Espagne se dbat, en ce moment, financire-
ment, politiquement et surtout colonialement dans
les affres de l'agonie.

Bien curieuse et bien amre est la statistique des
pertes subies par l'Espagne, sans interruption, sans
ralentissement, sans relvement passage, depuis le
temps o le soleil ne se couchait pas sur son Em-
pire.


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