Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: June 4, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00020
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
RPRDA CTIO NSJi96 PAYABLE D'AVANCE:
20, Rue Baudin "Ire nne P- 4 Une anne ..................................... 3 f.
SO,.ue a Baudin .reAnne PARIS 4 Juin 1896 | N o 20 S ss'y^ "'"'^NC.:. 3.;r
Un semnestre....... ................... 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE : 3E.:.:l X' )O C -., Un trimestre.... ................... 50
ATELLOAP UA L'TRANGER
PARIAIT TOUS LES JEUDIS Une anne............ .................35fr
Les manuscripts ne sont pas rendus Un N NUIMRO ....... f, 50 o


BALLES EXPLOSIBIE3 UES CUBAINS

Calomnie ou ignorance
La press de Paris a dmenti catgoriquement,
et avec raison, l'accusation lance par les jour-
naux espagnols contre les Cubains qui se servent,


ont-ils dit, de balles explosibles. Je
pas discuter si des corps d'ar-
me, en dtruisant les cultures
prparees par l'ennemi, en at-
taquant les hpitaux (dpches
officielles espagnoles), en mas-
sacrant les blesss, les mde-
cins et les infirmires, en met-
tant le feu leurs asiles sa-
crs, en fusillant les prison-
niers et mme les gens inoffen-
sifs trouvs sur leur passage,
ne se trouvent pas hors la loi,
et s'ils ont le droit d'exiger, de
la part de leurs ennemis, l'ob-
servation des lois de la guerre
imposes aux peuples civiliss
par le Congrs de Saint-Pters-
bourg (1868), o, d'ailleurs, ni
les Amricains du Nord ni les
Cubains n'ont assist. Il me suf-
fit de prouver que les chirur-
giens espagnols qui ont fait
cette declaration ne l'ont faite
que par ordre suprieur ou par
ignorance.
On sait que les Espagnols
accusent constamment les Cu-
bains de lchet, et il leur arri-
ve souvent de dclarer que l'en-
nemi vient les braver jusqu'
cinq mtres des carrs qu'il
essaie de rompre. Dans tous
les cas, les combats ont tou-
jours lieu Cuba de trs
courts distances et les Cubains
sont arms des fusils Mausser
enlevs aux Espagnols, et de
Winchester. Or, si les chirur-
giens espagnols, de bonne foi,
avaient connu leur mtier, ils
se seraient dit que toutes les
balles modernes cylindro-coni-
ques produisent, de petites distance
explosifs.
En 1871, Franais et Prussiens
mutuellement d'employer des balls
L'examen des projectiles, qui n'a p
Cuba, prouva que l'accusation n'a
fondement. Tous les Traits de C
guerre, aprs les experiences faites
en Allemagne, en Italie, etc., attribu
jectiles cylindro-coniques anims d
vitesse et traversant des tissus humi
explosifs. Le fait est constant, et
Nimier, Chauvel, Delorme (1) divi
jectoire mortelle en trois zones, don
seule est appele omne explosive
explosifs. Isaaco (2) est d'accord av


ne m'arrte


gues ; Von Cotter et Schjerning, dans leur rap-
port prsent Rome sur le nouveau fusil alle-
mand (Congrs de 1893), parent dans le mme
sens, et appuient leurs conclusions sur leurs pro-
pres observations et sur des experiences cadav-
riques (1). En Belgique, en Roumanie, au Chili,
dans la Rpublique Argentine, de nombreux tra-
vaux, don't quelques-uns illustrs, prouvent les
effects explosibles des balles modernes. En Espa-
gne, don't le fusil Mausser de 7 i n, de 3,000"'de
porte et d'une vitesse initial pour la balle de
600"' par second, on se sert de l'arme, mais on
ignore ses effects. Le fusil suisse a une ball in-
oompltement recouverte la pointe par la
cuirasse, ce qui la fait exploser, et on a dj fait
la proposition de la considrer comme balle ex-
plosible. Le rapport de Delorme, sur les blesss


LA QUESTION CUBAINE

Demain, vendredi, 8 heures et demie
du soir, M. Mestre Am;ibile, chevalier de
la Lgion d'honneur,> ancient officer de
marine, fondateur de la Ligue Franco-Ami-
ricaine de l'enseignement, donnera une
conference publique sur:

La Question Cubaine

1)ans l'avis qu'il nous envoie, M. Mestre
dit qu'il parlera de la question cubaine sous
les diffrents points de vue politique, diplo-
matique, conomique et militaire, et qu'il
tudiera les consequences internationales
du conflict hispano-amricain.


dent l'ennen
dcharge ses
chete charge
machete la
tant tous les
i. traverser l(
II est cert
pennes et ai
cavalerie bril
connaitre l'h
que la cavale
par aucune c
ter mme les
Quant au
bien que n'in
feu de l'artill
terrific, et si
dans sa fuite
Les charge


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,.I- -



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...\,-




IAL MACET E
Se










I



















i AL MACHETES .


:es, des effects

s'accusrent
explosibles.
pas t fait
vait pas de
,hirurgie de
en France,
ent aux pro-
'une grande
des les effects
les auteurs
sent la tra-
t la premiere
ou dl'e/'ets
'ec ses coll-


de Fourmies, prsent l'Acadmie de Mdecine,
attribue au fusil Lebel une zone explosive de 50
mtres seulement. C'est la moins inhumane des
balles. Cette zone s'tend, avec les autres fusils,
jusqu' 100 mtres. Une second rone de grande
perforation arrive jusqu'h 800 mtres, et la
troisime -onel de blessures irrgulires graves
atteint 2,000 nmtres. Au del, on peut tablir
une quatrime rone de blessures confuses.
On voit, d'aprs cela, que les Cubains se bat-
tent dans la zone explosible. La calomnie par
ordre suprieur ou la suprieure ignorance des
chirurgiens espagnols saute aux yeux.
E. A.

(i) Archives de Mdecine minlitaire, n" 6, 189)4.


*


La conference aura lieu l'Htel des So-
cits Savantes, 28, rue Serpente.
Cette conference offre le plus grand int-
rt pour les personnel qui s'intressent
aux choses d'outre-mer et notamment aux
vnements de Cuba.

------*--------

iAL MACHETE!

Aux armes! C'est ainsi que peut se traduire
dans note langue le cri de guerre des patriots
cubains, et, cependant, ce cri de Au.r arms
ne dit pas tout ce que veut dire i Al machete !
C'est l'ordre d'attaquer l'arme blanche, mais
qui est different de i la bionnette qui est le
cri des Espagnols.
En rgle gnrale, les troupes cubaines atten-


jourd'hui lie
de la Sacra,
gnols, et la p
pass l'his
Sanguily/, c
grandissime
en droute i
sonnier le g
Nous n'av
chete les pi
rieure.
Au cours
contre de qlu,
core dcid
Tahiuasco,
etc.. etc.... e
l'histoire I


ni, embusqus ou non; l'infanterie
armes et ensuite, au cri de jAl mn-
;e l'ennemi. La cavalerie se lance, le
main, come une trombe, culbu-
Sobstacles, dtermine a mourir ou
es rangs ennemis.
ain que l'histoire des armes curo-
mricaines est pleine de charges de
lantes; mais, quand on pourra enfin
istoire des guerres de Cuba, on verra
eric cubaine n'a jamais t dpasse
:avalerie europenne, sans en excep-
incomparables escadrons de Murat.
soldat espagnol il support, aussi
nporte quel autre, la fusillade et le
erie, mais le cri de jAl machele le
es chefs sont impuissants l'arrter

s clbres excutes par la cavalerie
cubaine sont trop nombreuses
pour que nous puissions les
mentionner toutes. Nous nous
contenterons d'en rappeler
quelques-unes :
En 1870, dans la proprit
Atollaosa, situe dans la juri-
diction de Sancti-Spiritus, les
troupes cubaines, commandes
par le colonel Jos Payn, mi-
rent en droute complete la
moiti du bataillon de Tarra-
gona qui perdit 50 homes.
Mentionnons aussi celle de
Las Gua;sinas, commande par
le gnral Gmez, et o se dis-
tingua, d'une manire cla-
tante, Ilenry M. Reeve, alors
brigadier (El Inglesilo).
En 1872 (29 juin), la charge
de Baguanos, dirige par le
gnral Manuel de Jesus Cal-
var, et acheve brillamment
par le gnral Antonio Maceo.
En 1873 (7 mai), celle de l'O-
limpo o furent tus le lieute-
nant-colonel espagnol Abril et
presque tous ses soldats; puis
celle de Santa-Mari a-126 sep-
tembre de la mne anne),
commande par le gnral Ca-
lixto Garcia, qui anantitlaco-
lonne commande par le lieu-
tenant-colonel espagnol G(mez
)iguez, qui y trouva la mort,
et o fut fait prisonnier tout
ce qui restait d'officiers et de
soldats. La fameuse charge de
Palo-Seco (2 dcembre), o le
lieutenant-colonel Vilches et
507 officers et soldats furent
tus, sans computer 80 prison-
niers qui furent remis en liber-
t, et parmi lesquels se trou-
vait M. Vicente Martitegui, au-
utenant-gnral. Puis encore celle
qui cota 100 homes aux Espa-
lus clbre de toutes peut-tre, qui a
toire sous le nom de El resale de
i la cavalerie organise par le
gnral Ignacio Agramonte mit
une colonne espagnole, faisant pri-
nral Julio Sanguily.
ons parl que des charges au ma-
us importantes de la guerre antd-

le la guerre actuelle, chaque ren-
elque importance, le machete a en-
du combat : l'eralejo, Maltiempo,
Colisco, Candelaria, Cacarajicara,
t a ajout autant de pages glorieuses
l la c.ivalerie cubaine.


*


(i) Trait de Chirurgie de guerre, T. I". Page 450.
(2) Mlanuale di Cirurgia di guerra. Page 240.






LA RIPUBLIQUE CUIBAJNI,


4 JUIN 1896.


LE FER ET L'OR


La mitraille de \Weyler n'ayant pas russi i
dompter les Cubains, le gouvernement espagnol
veut fire donner celle de Itothschild : l'or est le
nerf de la guerre, chacun sait a.
M. Cinovas del Castillo a beau tre madr,
connaltre fond les roueries de la politique, il
n'en est pas moins accul la plus inextricable
.dcs situations. Soutenir avec des finances ruines
une guerre qui se prolonge, en s'aggravant de
plus en plus, depuis quinize mois, et qui cote un
million par jour, n'est pas oeuvre facile.
Aussi le chef effectif du gouvernement espa-
gnol laisse-t-il maintenant percer le bout de
l'oreille. Aprs avoir multipli les demonstrations
francophi:es ce qui a d fire grimacer forte-
mient l'ombre du roi-uhlani on en arrive pro-
noncer le mot emprunt.
C'est toujours le ime procd, le mme pige.
Faire solder, par l'avance d'un ou plusieurs
milliard, les dploiements de drapeaux tricolores
et les refrains de la JIarseillaise, excute h Ma-
drid et Barcelone pendant qu'on lapidait les
consulats amricains, c'est rellement trop cher.
Il est vident qu'un pouvoir aux abois, plus
surcharg dedettes que de scrupules, prouvera
toujours l'invincible tentation de s'approprier de
l'argent par n'importe quel moyen.
La monarchie espagnole, croulant dj sous le
poids de ses anciennes dettes, se trouvera hours
d'tat de payer les nouvettes; M. Canovas le sait
mieux que personnel, mais p3u lui imported : la
fournaise cubaine fait fondre les piastres come
de la chandelle. De l'argent! encore de l'argent!
toujours de l'argent! et, quand il n'y en aura
plus, la culbute dans le gouffre de la banque-
route!
Dans de pareilles conditions, il faudrait que les
Frainais, auxquels on s'adressera gnreusement
en les invitant dlier les cordons de leur bourse,
fussent archifous pour se laisser faire. S'ils prou-
vaient l'irrsistible besoin de se dbarrasser sans
retour de leurs conomies, ils pourraient tout
aussi bien les jeter dans la rue o, du moins, elles
seraient ramasses par des malheureux.
A l'ambassade espagnole et dans une certain
press, qui procde beaucoup plus de Turcaret et
lobert Macaire que d'Armand Carrel, on brasse
fort l'emprunt qu'on va servir tout chaud au pu-
blic un de ces matins. Les journaux d'affaires,
qui sont alternativement pour l'Espagne lorsque
ses reprsentants sont en fonds, et pour Cuba
lorsqu'on oublie de les payer, ont dj promise
leur aide loyale et dsintresse aux metteurs
d'emprunt.
Comme ils se vendraient argent comiptant a
Victor ou Philippe, ils se livrent, colonies ou-
vertes, aux politicians et aux spculateurs de
Madrid. En 1849, la Rpublique franaise, sous la
prsidence de Louis Bonaparte, a bien gorg la
Rpublique romaine pourquoi notre Rpublique,
au service de la ploutocratie, ne rditerait-elle
pas le mme crime?
Les bons aptres oublient que, depuis un demi-
sicle, l'esprit public a march. Non, Cuba ne
.mra remis sous le joug ni avec le fer espagnol
ni avec l'or fran:ais.
Coslno.



TOUCHANT ENCOURAGEMENT


Nous recevons les lines suivantes, signes
d'une lectrice du journal La Rpublique Cu-
baine. Nous nous faisons un plaisir de l'insrer,
car elle montre que la cause cubaine ne tarderait
pas h devenir populaire en France, si la press
parlait de Cuba avec la justice et l'indpendancee
qu'une telle cause coumporte.
A nos Amis de Cuba
Salut, hroiques phalanges qui portez si haut et si
fier le drapeau de l'indpendance !
Non, vous ne succomberez pas, nobles Cubains,
dans cette lutte qui vous faith et si grands et si forts !
Elle sonnera pour vous. l'heure de la dlivrance:
nos vux l'appellent; nos dsirs la devancent, et
nous l'entrevovons dj dans un avenir prochain.
Ce que Dieu dit la mer, en maintenant les
flots : Tu n'iras pas plus loin! ce ne sont pas
quelques ministries qui pourraient le dire un people
come vous pris de justice et de libert.
Courage donc, frres et amis de (Cuba! Ici, nous
vous aimons et nous avons foi en votre succs.
Qu'il se lve donc bientt le jour of. mlant ses
trois couleurs aux vs;res, la Rpublique Franaise
comptera une scur ce plus.
.- Vallenet.


*r


VRITS AMRES


D'un spiritual article de N. Estevanez, ancient
ministry de la guerre de la Ipublique espagnole,
public dans un journal de Madrid, nous extrayons
ce qui suit:
Nous ne devons pas nous tonner qu'aux Etats-
Unis et dans n'importe quel pays, en nous observant
de loin, on nous tienne pour des sauvages. Si les sau-
vages de l'intrieur de l'Afrique se prosternent devant
un oignon, de nous on sait que des vierges incon-
nues nous apparaissent dans la rue de Berengena, et
que les personnel les plus claires se prominent par
les rues de Madrid derrire un squelette, non en t-
moignage de vnration envers un honmme just,
mais pour qu'il pleuve. 11 faut nous dtromper: de
loin on nous confond avec les Matabeles et les Cafres.
L'Espagne, qui avait tant progress depuis la chute
de la maison d'Autriche, a recul jusqu'au XVII' si-
cle. Ce recul, en vingt ans, a t gal au progrs de
deux sicles. Nous sommes en plein rgne de Char-
les II, avec des prires pour qu'il pleuve, avec des
bataillons organisms par des vques, avec des scapu-
laires pour battle Maceo. Notre arme expdition-
naire emporte la funeste bndiction du Nonce alin
qu'il lui arrive .e qui est arriv toutes les armes
qui ont combattu avec la bndiction pontificale: les
carlistes de.i833, les armes de Maximilien et les
zouaves pontificaux. La bndiction du Nonce n'a
gure endommag les tmuupes de Maceo et n'a pas mis
les ntres l'abri des ravages du vin ilo.


Quel joli livre pourrait crire Paul Bourget!
Outre-Monls ferait. on ne peut pas mieux, pen-
dant i Outre-mer.


AVIS


La Dlgation de la Rpublique. de Cuba
New-York, est transfre de 66 Broadway,
56 NEW STREET, 2o tage.

------.-^.^ ------

L'UNION LATINE


On lit dans L'Epoque de Paris:
Le Comit de l'Union Latine a offert le 26 ma;,
au Grand Htel, un banquet M. Annibale-Fa'-
cao, avocat et ancient dput la Constituante
brsilienne, sous la prsidence de M. de Herdia,
ancient ministry.
Parmi les nombreux convives, citons:
LMM. S. de Heredia, le marquis de Castrone,
D. Ribeiro, ancient ministry du commerce au Brsil,
le baron de Santa-Anna-Nry, le consul du. Brsil
Paris, M. J.-B. Leoni, le gouverneur J. Chess, En-
rique, Ad. Peghoux, conseiller honoraire la Cour
des Comptes, A. Wagner, le financier bien connu,
le baron Gombaud, G. Gallenkamp, administrateur-
dlgu de la Compagnie de traction lectrique, le
vicomte Rodrigues d'Olliveira, Aguiar-Carr, Du-
casble, Latif, Loper, 'I ,i-, i. Picard, Raqueni,
Rosy, Sculfort, Dinucci, Sella, Lisboa, Gradvohl,
Drevfus, Xavier Carvalho, le docteur Antonelli,
Mooney, de l'Agence Reuter, Beau, de l'Agence
1-lavas, et de nombreuses notabilits de la colonies
sud-amricaine.
M. Raqueni, secrtaire de l'Union Latine, s'est
fait l'interprte des excuses des absents et, donn
lecture du tlgramme suivant que lui avait adress
le trs sympathique docteur Betancs.
26 mai 1896.
Cher Monsieur Raqueni,
Pour motif de sant, j'ai le regret de ne pouvoir
assister au banquet de l'Union Latine. J'aurais voulu
saluer, au milieu de nos amis, M. Anibal Falcao,
reprsentant d'un pavs qui a dj donn des preuves
de sympathie aux patriots qui se battent Cuba
pour la liberty et pour l'indpendance, et je me plais
rendre homage la Rpublique Brsilienne des-
tine faire de si grades choses.
Cordialement,
Belances.

Ce tlgramme a t accueilli par de longs et una-
nimes applaudissements.
Nous sommes heureux de constater que des
demonstrations de sympathie pour la cause cu-
baine commencent se manifester h Plaris de
tous cts;

--~------. ^------

LA VOIX DE LA -RAISON

Dans un article intitul La Cueslidn de Cuba,
public par El Nuero BRe'inmi, dle Madrid, l'il-
lustre statisticien D. Francisco l'i y Margall,
dit
Pace que nous avions conseill nagure cu'on re-
cinr-aisse l'autor.omie l'ile de Cuba come le seu'


moyen de la sauver et pour viterd'autres perles d'or
et de sang, on nous traita de mauvais patriots; et,
aujourd'hui, on redoute, mnme en lui accordant
l'autonomie, de ne pouvoir la maintenir sous l'auto-
torit de la mtropole. Si cette fraceur ne manque
pas de fondement, nous conseillods maintenant de
suivre l'exemple de l'Angleterre, et, directement, sans
la mediation d'aucune autre puissance, d- traiter
avec les Cubains sur la base de l'indpendance. A
maintes reprises, Ies Cubains se sont montrs dispo-
ss traiter avec nous sur ces bases, sauvant l'hon-
neur et le credit de la nation et les intrts des Es-
pagnols tablis dans l'ile. Nous pourrions mme
nous assurer, par cette entente, des advantages com-
nierciaux et obtenir des garanties pour l'accomplis-
sement de ce qui serait stipul.
La perte de Cuba ne nous causerait pas alors les
immIenses prejudices que nous ont causs les autres
colonies C'Amrique : prjudices qui, depuis plus
d'un demi-sicle, ne sont pas encore rpars.

-------~ ^--------



DE CUBA LIBRE


Nous avons re!;u du thtre i e la gu ;rre, en
plus d'une lettre, les publications suivantes

Cons i!tlion, Lois e! de la I pbliqi.ue d,' Cuiba, brochure de 73
pages.
El official le l'Etat oriental, dirig par Mlariano
Corona 'errer.
La In depeldenlri, i.ii ii il des rdvolution-
naires cubains, diriMg par Jos Guiinot.
Le manque de place nous emp;che, dans ce
numro, d'analyser ces publications, et notam-
ment celle qui concern les Lois et Ordonnances,
et de presenter nos lecteurs les deux journaux
qui, dans les provinces orientales seulement, se
publient, sans computer ceux de Camagncy-et (le
las Villas; mais nous donnons le plus formel d-
menli h la calomnie espagnole qui affirmed que
nous n'avons pas de gouvernement rgulire-
ment organis et conform aux lois les plus mo-
dernes.

------TT ------

LA FROCIT ESPAGNOLE


La frocit des Espagnols h la guerre prsente
certaines particularits qui, parce qu'elles sont
horribles, ne doivent pas n6anmoins tre igno-
res du monde civilis.
L'une de ces particularits est de couper les
oreilles aux prisonniers. Pendant les rvolutions
antrieures de Cuba, le chef espagnol Tizin les
mettait sur sa table, et la guerrilla que comman-
dait alors Weyler se distinguait tout particuli-
rement dans ce genre d'exploits.
Pendant la guerre de Melilla, le capitaine es-
pagnol Ariza coupait les oreilles aux Maures pri-
sonniers, et le gnral Martinez Campos dut fair
fusiller un soldat pour fair un example etmettre
un term i ces cruauts.
Mais il parait que le chtiment n'a pas t effi-
cace, puisque, pendant la guerre actuelle de Cuba,
il se comment les nimes horreurs, come on peut
le voir par ce qui suit :

Le capitaine Alba avait, pour le seconder dans le
commandment de la guerrilla de la Cruces, le lieu-
tenant C.ndido Mestre, Espagnol barbare et sangui-
naire, qui se complaisait montrer, dans les villages
o il passait, les oreilles des genss inoffcnsifs qu'il
avait assassins.
Parmi les victims, il se trouva un neveu de la
femme du gnral espagnol SuLrez Valds, qui lut
tu et torture par Meslre. Le capitaine Alba, ayant
eu connaissance de ce crime, fit fusiller Alestre,
dans les poches duquel on trouva, come trophes
de ses processes, plusieurs oreilles de ngres et de
blancs qu'il se complaisait tremper dans son verre
'de genivre ou d'eau-de-vie chaque fois qu'il buvait,
les suant ensuite.

Il est certain que janiiis les journaux espa-
gnols ne parleront de ceci, et ce n'est pas au-
prs d'eux que la press frantaise peut se ren-
seigner.
Qu'elle fasse donc ce qu'a fait la press des
Etats-Lnis, qlui connat tir'p bien le gouverone-
m',t espagnol ;our se laisser tromper par lui.
Qu'elle aille h Cuba, qu'elle demand dles rensei-
gnements d'un bout a l'autre de l'ile, et elle verra
que les banditset les assassins sont les Espagnols
et non les Cubains.



*


SUPPLEMENT


Avec le present nuriiiin o, nois donnons a nos
'Ibo'innis uin suppi"iii ilm t contenanit iun rapporl
tirs important sur la situation actuelle de l'il
de Cuba : la Constitution du gonverinement pro-
visoire lde l Rpublique.
Cette reproduction nous a t demanded par
plusieurs groups et comits politiques de Frain-
ce, qui ldsirent fire connaitre h leurs socic-
taiies l'organisalion de la llpublique Cubaine.
:ce supplement renfermce galeient des arlicl s
compldtant le texte de ce rapprit.

--------.^ -------

CE QU'A PERDU L'ESPAGNE


Alin que nos lecteurs puissent se rendre
con opt" du credit que mritent les protections
espagnoles quand l'une de leurs colonies se met
en d'evoir de secouer le joug de leur domination,
nous donnons plus las la liste chronologique de
tout ce qu'a perdu l'Espagnii depuis le temps (si
loign!...) oit le soleil ne se couchait pas sur
son empire:
En 1565, l'Espagne a perdu Malte.
620o, la Basse Navarre et le Barn.
1626, 'ile Barbade.
i635, la Martinique.
1640, le Portugal et les possessions europennes,
qui en dependent.
1648, les Pays-Bas,
t65o, la Nouvelle Grenade.
1655, la Jamaique.
1685, la Guadeloupe.
1697, la moiti'de-Saint-Domingue.
1700, les miles Lucaves.
1704, Gibraltar.
1713, la Sardaigne, les duchs de Parme, de
Plaisance, de Luca, de Modane, et les autres
pays du nord de l'talie.
1721, l'autre moiti de l'le de Saint-Domingue.
1749, la Dominique.
1759, Naples et la Sicile.
1790, Oran.
1791, Mazalquivir.
1797, la Trinit.
-- 18oo, la Louisiane.
1820, les Florides et les Rpubliques nord-
amricaines.
1885, la meilleure des iles Carolines.
Et l'Espagne se voit condamne b perdre le
peu qui lui reste de l'ile de Cuba,o flotte encore
timidement son drapeau, et ensuite l'ile de Porto-
Ilico et enfin les Philippines.

------^.c ~-------

LETTRE DE NEW-YORK(')


New-York, le 15 mai 1896.
Monsieur le Directeur de La Rpublique
Cubaine.
Bien grand est I'intrt que l'on prend ici la
guerre de Cuba. Ce people noble et gnreux d-
montre chaque jour, et de toutes les faons, ses
sympathies pour les patriots qui combattent Cuba
pour la sainte cause de l'indpendance.
Les derniers vnements prouvent l'vidence ce
que je viens de dire: Ds que la Dlgation cubaine
eut annonc l'mission de 2,000,000 de dollars en
bons de Cuba, elle reut des propositions pour
9,223,000, 62 i 2 pour cent.
Les propositions furent reues sous plis cachets,
et venaient de toutes les classes sociales et de tous
les Etats de la Grande Rpublique; il v avait des
souscriptions depuis 5o dollars jusqu' 300,00o dol-
lars. L'n grand nombre souscrivaient pour de fortes
quantits au pair.
L'attitude de M. Cleveland continue tre un
mystre pour tout le monde; il en est qui assurent
qu'en temps opportun et peu loign, le Prsident
publiera un message reconnaissant la belligrance
des Cubains. C'est trs possible, parce que la ques-
tion cubaine jouera un grand rle aux prochain'es
elections. M. Mac-Kinlev est le candidate la Pr-
sidence qui semble avoir le plus de chances, M. Mac-
Kinley place en tte de son programme Cuba
libre . Nous verrons si M. Cleveland reconnait la
belligrance, quand cela ne serait que pour ne pas
se laisser enlever cette gloire.
L'opinion publique arrival ici un tel degr d'exal-
tation, lorsqu'on connut la sentence de mort pro-
nonce contre les prisonniers du Compelitor, que,
sans la lachet du gouvernement espagnol qui r-
seive sa valeur et son hroisme pour assassiner
Cuba des pa sans sans defense, la guerre ert t
inevitable entire la patrie de Washington et cell de
Lagartijo.
Le Aewiv-York Herald veut bien que l'on enlve
les colonies aux Espagnols, mais non qu'on les aide
(les colonies) obtenir leur indpendance, c'est

tI Pul'blide ,n espagnol dans no[re iiilllro prduilent.


___~ 1
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4 JUIN '1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


pourquoi il n'est pas partisan de la .belligrance.
Heureusement, le New-York Herald est seul de son
.avis dans la press de ce grand pays. Les Amricains
savent parfaitement que la solution la plus avanta-
geuse pour eux, comme pour les Cubains, c'est l'in-
dpendance de l'ile.
J'ai eu le plaisir de voir, la rdaction du Journal,
la magnifique pe d'honneur que cette sympathique
feuille offre au gnral Maximo G6mez. C'est une
Seuvre d'art finie, excute dans les ateliers de l'or-
fvre Tiffany, l'un des plus renomms du monde.
Sur la poigne, admirablement ;ouvrage, l'on voit
les armes de la Rpublique de Cuba ; la parties su-
prieure est enchass un magnifique solitaire. Sur
un ct de la garde est un drapeau cubain en
mail, et sur l'autre ct les initiales G. M. en bril-
Jants. Cette pe est value plus de 5,0oo francs.
Aujourd'hui mme, sont arrivs New-York, sur
le vapeur Seguranw.a, les reporters du Journal et du
World qui ont t expulss de La Havane par l'as-
sassin Weyler. Ils ont t acclams par la foule.
Plusieurs passagers racontaient en terms indigns
les atrocits que commettent journellement les
troupes espagnoles. Le correspondent mme du
Herald, qui s'tait signal par sa partialit cDntre
nous, dclara que les nations civilises devraient
mettre'un term tant d'infamies.
Un respectable monsieur de La Havane, qui tait
venu sur le mme steamer, nous a dit que dans la
-capitale on s'attendait de grands vnements.
Puisse-t-il en tre ainsi !
Recevez, Monsieur le Directeur, etc., etc.
Hudson.



L'ESPAGNE AU PILORI

Continuons dcrire les crimes de l'Espagne.
Nul' doute que Le Temps, L'Eclair et autres
journaux rpublicains (?) ou indpendants (!!)
ne voient des pages glorieuses dans ces pages
de honte.
A El Roque :
Assassinat de Fernand Aguiar, arrach son
foyer pour tre massacre.
A Bainoa, par le commandant Sotomayor :
Assassinat d'un ngre.
A Corral Falso, par l'alcade corregidor
Rodriguez de Rivera :
Accompagn de ses sbires Marcos Diaz, San-
tiago Sosa et Francisco Hermano, ce digne fonc-
-tionnaire s'empara violemment, dans leurs do-
miciles, pendant la nuit, des habitants Lon
Bravo, Agustin Alonso, Celestino de Armas, un
ngre de 70 ans, et un autre nomm Catin, et
les gorgea impitoyablement. Les cinq cadavres
furent jets dans les champs de canne de la
plantation Sanla Filomena, a M. Leandro
Soler.
A Corral Falso, par le colonel Ricardo
Vicuna :
Assassinat du pacifique campagnard Jos Ro-


que, qui s'lait refus h rvler la retraite d'un
insurg bless.
A La Havane:
Fusillade d'un prisonnier de guerre.
A .Jaruro, par le d;'ne'ral lMelguio :
Dans la proprit de Rafal FernAndez de Cas-
Iro, assassinate de 13 personnel pacifiques, don't
un enfant de 12 ans.
A Las Cruces :
Fusillade du chef cubain Mamerto Romero,
pris, quelques jours auparavant, grivement
bless.

Ont t INCENDIES PAR LES ESPA-
GNOLS les proprits suivantes :
La Guabina, M. Trincheria.
Laberinto, M. Serafin Mederos.
Total......... 23 personnel Ass.\AssN.Es
Liste antrieure i27 -

Total gnral. 450 -
(A suivre).




DERNIRES NOUVELLES


-On attend tous les jours, a New-York, l'ar-
rive du steamer Laurada, qui doit embarquer
une expedition de Cubains destination de
Cuba. Le'Laurada compete chapper la dci-
sion prise contre le Horsa en embarquant spa-
rment les hommes et les armes.

Nous sommes informs de bonne source que
le dtachement espagnol attir dans une embus-
cade de Lagunillas a t entirement extermin.

La situation des Espagnols empire tous les
jours.

On announce que Weyler a, de nouveau,
offert sa dmission. Le gouvernement insisted
pour le faire revenir sur cette decision, que mo-
tive l'impuissance absolue de rprimer la Rvo-
lution. Weyler serait remplac par le gnral
Polavieja, qui, videmment, ne pourra davan-
tage sauver une situation perdue.

Des expeditions parent constamment des
Etats-Unis a destination de Cuba. L'une des der-
nires tait commande par M. Albert Cous-
peire, ex-officier de cavalerie dans l'arme fran-
aise.

-Le Bermuda, aprs avoir, dans un dernier
voyage, d(blarqu a Cuba une vingtaine de vo-
lontaires, a d reprendre la mer avec soixahte-
dix autres et la plus grande parties de son mate-
riel, des croiseurs espagnols ayant t signals.
Outre ce navire et le Three Friends, le steamer
Laurada doit prochainement amener aux rvo-
lutionnaires de nouveaux renforts.


Tous les efforts tents contre Macco pour
l'envelopper on le dloger de ses positions ont
t infructueux; le gnral Valls vient de se
trouver aux prises, prs de Consolacion, avec de
nombreuses forces cubaines qu'il n'a pu en-
tamer.
On affirme de source autorise que le gou-
vernement est dcid i faire en septembre un
effort dsespr.

Un gn.ral, rcemment arriv en Espagne,
a dclar qu'il faudrait 100.000 hommes de plus
pour dompter l'insurrection.

Le gnral Weyler insisted pour donner sa
dmission de gouverneur gnral de Cuba. Le
gnial Primo Rivera lui succderait.

Les bruits continent circuler sur la d-
mission du gnral Weyler. Ce n'est qu'une
question de temps, malgr les dmentis officials,
car, si le gnral Weyler n'a pas gain de cause
dans l'al'aire du Competilor et de la prohibition
des tabacs, il reviendra avec la plupart de ses
lieutenants. Son successeur probable serait le
marchal Primo de Rivera, qui serait dispos h
se plier aux considrations internationals qui
font incliner le gouvernement espagnol une
politique colonial plus modre que celle du
gnral Weyler, et moins eonciliante que celle du
marchal Campos.

Le part cubain Washington continue
ses efforts en vue de faire adopter la resolution
Morgan concernant la reconnaissance des insur-
gs come belligrants.
-.Le Sun de New-York dclare que le
consul gnral Lee devrait tre envoy Cuba,
bord d'un vaisseau de guerre qui demeure-
rait dans les eaux cubaines pour protger les
intrts amricains.

El Tiempo de Madrid insisted sur la vra-
cit de la nouvelle au sujet de la dmission du
gnral Weyler. Le journal dit que le 12 mai le
gnral a donn sa dmission la suite de la
solution de l'affaire du Compelilor et aussi
pour d'autres raisons.

Les Cubains ont plac une bombe de dyna-
mite sur la ligne du chemin de fer de Sabanilla.
La locomotive et des wagons ont t dtruits.

Les insurgs ont attaqu les villages de
Pu'erta de la lirar, de Jamaca et Santiago de
las Vegas, vingt kilomtres de la IIavane.

Macco se trouve ILomas avec 3,000 hom-
n es.
Les crues des rivires commencent para-
lyser les operations.

A l'occasion du Decoration day, anniver-
saire des soldats tus dans la dernire guerre, il
y a eu, samedi, New-York, une grande revue
de dix miles vtrans, soldats de troupes rgu-


lires et de la garden national, mairins et et:-
diants qui ont dfil devant le gouverneur 'lor-
ton et l'amiral Bunce. Six cents volontaires tor-
mant un regiment irlandais, non port sur les
contrles, qui avaient voulu prendre part au d-
fil, en ont t exclus et ont dfil a part devant
leurs compatriots et amis; mais il n'en a pas
t de mme d'une petite companies portant
l'uniforme des Cubains et le drapeau de la Rpu-
blique Cubaine, qui a t bruyamment acclame
sur tousle parcours. Le ministre d'Espagne a
Washington a rclam centre l'exhibition du
drapeau cubain dans une fte officielle.- )'aprs
le correspondent du Times h New-York, le gou-
vernement fdral rpondait i cette reclamation
qu'il n'a aucun contrle sur les affaires des
Etats particuliers et de leurs milices et qu'il ne
pouvait tre tenu come responsible de cette
espce de reconnaissance du cdrapeau cubain par
les autorits de l'Etat de New-York.



LA BONNE FOI DE L'ESP\-- NE
LA 1)ONNE FiOI DRE L,'RSPAiiNR


*La caricature que nous reproduisons est tire
de El otilciero Universal de Barcelone, journal
trs espagnol et trs gouvernemental.
Cette caricature reprsente l'oncle Sam s'eti-
vrant avec la b,'!!,/i'/,,. i, prs d'une barrire
qui reprsente les re/ormecs. Derriere une autre
barrire se trouvent Canovas del Castillo et Sa-
gasta, qui disent:
S'il tombe, nous sommes sauvs.
Et s'il ne tombe pas, nous sommes perdus.
Et c'est toujours la mme comdie quand il
s'agit de la bonne foi de l'Espagne.
Pour viter que les Etats-Unis reconnaissent la
belligrance aux Cubains, on leur promet que l'on
accordera des rformes 'ile de Cuba ; mais,


FEUILLETON
de La Rpublique Cubaine


LE BANDIT


LOLO BENITEZ




Chaque jour les Espagnols calomnient les Cu-
bains en les traitant de bandits et d'assassins.
Ceci est d'autant plus infmes de leur part, que
la nation qui eut dans son arme unLolo Benitez
n'a aucun droit de traiter de bandits et d'assas-
sins les patriots qui -luttent pour leur indpen-
dance, qui soignent les blesss ennemis et qui
mettent en libert les prisonniers.
Pour que les lecteurs de La Rpublique
Cubaine puissent voir jusqu'o peut aller
l'infamie du gouvernement espagnol, nous allons
leur faire voir ce qu'tait Lolo Benitez, d'aprs
les documents historiques que nous avons pu nous
procurer Cuba et en Espagne.
Jos Dolores Benitez, connu sous le nom de
Lolo Benitez, est n Guisa(Cuba). Quand clata
la guerre de 1868, il tait porteur d'eau Bayamo
(ville de la parties orientale de l'ile de Cuba), et,
aprs avoir combattu dans les rangs cubains avec
le grade de sergent, il pass aux Espagnols, et
alors commena l'histoire de ses horribles crimes.
Nous allons en relater quelques-uns.


Une nuit, quelques femmes et quelques gar-
ons furent faits prisonniers par ce chef espa-
gnol.
A l'un des garons, Lolo Benitez demand :
Etes-vous mambi (1) ou Espagnol?
Miambi, rpondit-il.
Benitez tira son revolver et lui dit: Souffle
dans ce sifflet.
Le garon obit et au mme moment tomba
foudroy.
En voil un de moins, dit tranquillement
l'assassin.
Jeunes filles violes, femmes enceintes aux-
quelles il faisait ouvrir le venture avec un couteau
ou coups de machete, enfants fouls aux pieds
des chevaux ou assomms, vieillards fusills ou
morts de faim et de soif, prisonniers auxquels on
coupait chaque jour quelque parties du corps, ou
auxquels on ouvrait les artres et les veines,
villages saccags et incendis, etc., etc...
Et tout ceci connu et tolr, pour ne pas dire
encourage par les gnraux espagnols qui gou-
vernrent l'le jusqu'en 1878, poque laquelle
fut signe la Convention de Zanjn. Le gnral
Martinez Campos, ayant eu connaissance de ses
forfaits, le lit traduire en justice. Il fut condamn
la prison perptuelle et enferm Ceuta jus-
qu'en 1895. LE GOUVERNEMENT .ESPAGNOL LUL OUVRIT
ALORS LES PORTES DE SA PRISON ET L'ENVOYA A CUBA
AVEC LE GRADE DE LIEUTENANT-COLONEL.....
C'est aprs avoir appris ce forfait inou


(t) Mamnbi, nom donn aux soldats cubains par
les Espagnols. N. de la R.


que le gnral Enrique Collazo, dans un moment
de just indignation, crivit les lignes suivantes:
Il parait incroyable qu'un home honorable,
qu'un militaire si dlicat sur le point d'honneur,
come l'est le gnral Martinez Campos, oblige
des officers de l'arme espagnole servir sous
les ordres d'un pareil bandit.
Qu'il recrute une parties de ses troupes parmi
les prisonniers, c'est dj un outrage; mais il
n'y a pas d'exemple que les officers d'une arme
rgulire qui a pour devise l'honneur, aient ja-
mais regu d'ordres d'un pareil criminal.
S .De prisonnier lev au grade de colonel!...
Aux officers espagnols seuls, une pareille injure
tait rserve par le gouvernement. Les femmes
violes, les femmes enceintes auxquelles on a
ouvert le venture, les enfants assomms centre les
arbres sortiraient de leurs spultures si c'tait
possible pour designer le nouveau colonel!
Nous envoyons.au gnral Martinez Campos,
nos compliments de condolance pour son hono-
rable mort. Les forfaits de Lolo Benitez se trou-
vent enfin vengs.
L'Espagne est toujours la mime
On voit le contrast. Le mme gnral qui
l'avait dfr aux tribunaux, l'accepte dans son
arme; aucun chef, notre connaissance, n'a
protest !... Il est vrai que le premier qui ei'it d
le fire, le gnral Martinez Campos, s'tait
abstenu.
Le bandit continue, comme par le pass,
voler et assassiner en toute libert, jusqu'au
24 fvrier, o il trouva la mort immrite sur le
champ de bataille.


Nous allons raconter brivement e combat:
Le gnral. espagnol Gonzlez Mufioz, la tte
d'une colonne compose d'infanterie, de cava-
leri'e et d'artillerie, tait sorti de Manrzanillo pour
attaquer les forces cubajnes la Herradura. Le
chef des guerrillas qui formaient l'avant-garde
espagnole tait le bandit, assassin, voleur et....
lieutenanl-colonel Lolo Benitez.
Les Cubains effecturent une fausse retraite
jusqu'au point nomm La Sal, o, aprs s'tre
fortifis, ils attendirent l'ennemi.
Ce dernier .se lana l'attaque, mais fut
promptement envelopp par les forces cubaines
,et oblig d'essuyer un feu des plus meurtriers
sans pouvoir avancer. Le combat dura trois
heures, aprs lesquelles les Espagnols durent
battre en retraite, laissant de nombreux morts et
blesss sur le champ de bataille. Parmi les morts
se trouvait Lolo Benitez.
Cependant, aprs trois heures d'un combat
auquel prirent part les trois armes, \Weyler tl-
graphiait au gouvernement de Madrid qu'il n'a-
vait qu'un seul mort!..
Et ce mort, ajoutait Weyler, malheureuse-
ment , c'est Lolo Benitez.
Cette condolance tait on ne peut mieux pla-
ce dans la bouche du gnral-boucler : (IU
bandit qui pleure la morl d'un autre!

G. lelnald.


~=--=--~----~====-____~--~-~-_---------- ~


T- ----- ---s~ I"~"-s~srirak-ar~aa--~as~ai~ilF~----~a __






LA REPUBLIQUE CUnRANE


4 JUIN 1896


co'mme le fait voir la caricature, ce n'est que
pour tromper, une fois de plus, les Cubains,
comme l'a toujours fait l'Espagne.
Seulement cette fois, les Etats-Unis n'y prtent
aucune attention, et les Cubains ne veulent rien
accepter, sinon l'indpendance ou la mort.

-------I -------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Journal Financier Franais :
.. ... ... .. .. ... .. ... .. . ... . .. ....
Nous avons dj dit que le gouvernement amri-
cain avait protest contre le dcret du gnral Wey-
ler prohibant l'exportation des tabacs de qualits
suprieures. Ses rclamations taient bases sur ce
fait que la measure prise par le gouverneur de Cuba,
causerait un grave prejudice aux sujets amricains
qui avaient fait des avances d'argent considrables
aux producteurs cubains sur la rcolte actuelle.
Il parait que le gouvernment espagnol a accueilli
favorablement ces rclamations.
On announce d'autre part que le gnral Weyler a
d distraire des provinces de la Havane et de Pinar
del Rio six colonnes pour essayer d'arrter l'in-
vasion du gros des insurgs qui s'avancent par le
nord,, le centre et le sud dans la province de Ma-
tanzas.
Ce fait est l'objet de nombreux commentaires,
parce qu'il semble.indiquer que les insurgs ne sont
pas aussi dcourags et impuissants que les d-
pches officielles avaient pu le faire croire.


La Revue Diplomatique:


Des lettres de New-York, reues Paris jeudi
28 mai, annoncent l'arrive Cuba Libre de di-
verses expeditions, entire autres celle du Laurada,
commande par le gnral Ruz et celle 'plus impor-
tante que command un officer franais, ancien
soldat d'Afrique, le colonel Couspeire. Avec lui, a
dbarqu le ministry cubain des affaires trangres,
le patriote Rafael Portuondo.
Couspeire n'est pas le seul Franais qui figure
dans la Rvolution. Sans computer les Cubains de la
colonie de Guantnamo, presque tous fils de Fran-"
ais, des officers et des sous-officiers d'Afrique et
des bataillons alpins, retirs du service, prennent


chaque jour le chemin de New-York, avec destina-
tion Cuba Libre, partant leurs frais, malgr les
observations et les efforts du Comit Cubain qui
voudrait les retenir.
Le vieil lan gaulois semble se rveiller en faveur
d'une noble cause. Nous pourrions citer des noms
qui, sans doute, seront bientt connus en France.
Une autre lettre, venant des Champs-de-Cuba-
Libre , announce que les forces insurges sont cam-
pes sur les grands chemins et vont fourrager aux
alentours de Santiago de Cuba.
On envoie, en mme temps, quelques exemplaires
du journal imprim dans la manigua, El Cubano
Libre, o nous voyons que Cspedes a organis
une Socit le Club Crombet (Crombet, tait
fils de Franais) qui a pour but de donner aux sol-
dats l'instruction la plus complete possible.
En rsum, la Rvolution s'organise pour le
mieux au dehors et dans l'intrieur de Cuba, tandis
qu'en Espagne, les journaux se lamentent sur la si-
tuation faite au pays par le gouvernement.


La Patrie:


Le conflict survenu entire l'Espagne et les Etats-
Unis, aprs le vote des Chambres de ce dernier pays
qui reconnat aux'insurgs cubains le droit de belli-
grance, est entr, sans qu'il y paraisse, dans une
nouvelle phase aigu, qui plonge le people espagnol
dans une mortelle anxit:


Le Monde :


Il se confirm en effet que le gouvernement espa-
gnol a jug bon, il y a quelques semaines, de faire
connaitre toutes les puissances europennes, par
une note-circulaire, la situation actuelle de Cuba,
les moyens employs par les rebelles pour entrete-
nir un tat 'de guerre dans la colonie, et enfin les
avanrtag de toutes sortes qui leur viennent des
Amricains.


L'Indpendant Rmois, Reims :


On sait que l'insurrection cubaine a pris des pro-
portions normes et que, comme la prcdente r-
volte de 1868, elle menace de durer pendant des
annes.
Cette Rvolution ne fut d'abord pas prise au s-


rieux. Etouffe ds le dbut par une action ner-
gique et apaise par l'octroi aux Cubains des r-
formes qu'ils rclament just titre et qu'on sera
forc de leur concder finalement, elle n'aurait pas
pris un dveloppement trs grand et n'aurait pas
revtu un caractre national et sparatiste.
Les Espagnols nous ont longtemps cl la vrit :
leurs bulletins de victoire sont encore aussi nom-
breux que leurs escarmouches et l'on s'tonne assu-
rment qu'aprs tant de rcits chauvins ils aient
encore un ennemi aux Antilles.


AVIS

On trouve La Rpublique Cubaine,
Paris, dans les kiosques suivants :
Mi," Shneider, l'angle du faubourg Montmartre et du
boulevard.
Kiosque 46, en face le passage Joull'roy.
35, l'angle de la rue Le Pelletier et du
boulevard,
. 32, en face Je Caf Riche.
S 18, l'angle du boulevard et de la rue du
IHelder.
31, en face le Caf de la Paix.
246, en face le Grand Htel.
213, Id.
12, en face les magasins du Old England.
10. on face le Grand Caf.
1, place de la Madeleine, Station des Om-
Sibus Passy-Bourse.
S 5, l'angle du boulevard et de la rue des
Capucines.
S 8 nc face 1'Olympia.
25, en face le Crdit Lyonnais.
en face la Gare Saint-Lazare (cour des
lignes de banlieue).
37, en face le Caf Cardinal.
41, en face le Bec Auer, entire les rues Riche-
lieu et Vivienne.
S 290, l'encoignure de la place de l'Opra et du
boulevard des Capucines.
134, rue Royale, on face le restaurant Larue.
140, avenue des Champs-Elyses, entire la rue
de Chaillot et l'avenue de l'Alma.
141, avenue des Champs-Elyses, en face de la
rue du Bel-Rospiro.
en face.les Magasins du Printemps.
prs la station de la Muette-Taitbout, bou-
levard Haussmann et rue Tailbout.
place de la Bourse, vis--vis le bureau de
post.
faubourg Poissonnire, Conservatoire.


S place ldu Paliiis-Royal, angle do la rue do
Siivoli, on face lobureau des omnibus.
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f ,.,i ., t, -i l,......1 .
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luetteo-Tailout.
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