Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: May 28, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00019
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Full Text






















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PAYABLE D'AVANCE:
20, Rue Baudin re Anne PARIS 28 Mai 1896 N 19 := .................. ........3r.
AMUn semestre ................................... 15 fr.
ADRESSE TLEGRAPHIQUE: h .AL-T MaOiyA. Un trimestre.............................. .. 50
TEEI)T- OINl A L'TRANGER
PAR IL AIT TOUS LES JEUDIS Une anne .............. ....................... 35 fr.
Les manuscrits ne son pas rendus estre ........e..................... l 50
Les ~nzanzlscs n sont paendus [IN NUIIERO....... O fr. 50


Ji


AUX


CUBAINS '


ET AUX PORTORICAINS

Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort common et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant a
l'tranger.

IV. De runir des fonds-d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
.ment de grades resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaihe New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
m4mes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.



BONIMENTS ESPAGNOLS

On n'en finirait jamais si l'on voulait dmon-
trer le vide de certain mots chers aux Espa-
gnols, car ces gens-l prtendent avoir toutes les
vertus, toutes les gloires, tous les hrosmes,bien
que leurs crimes, leur dcadence et leur plati-
tude soient notoires.
Voyons d'abord leur courage don't leurs jour-
-naux nous rebattent les oreilles. Dans le discours
du trne, Christine de Halesbourg, reine d'Es-
pagne, dclarait dernirement que l'insurrec-
tion cubaine aurait dj t vaincue si les insur-
gs ne recevaient pas d'armes de l'tranger.
Ainsi, ce n'est pas assez d'avoir dans la grande
Ile 175,000 hommes de troupes rgulires et
60,000 volontaires, ce n'est pas assez d'avoir un
armement perfectionn, une escadre formidable
(c'est eux-mimes qui le disent), les ports, les
chemins de fer, les places fortes, le tlgraphe !
Pour que ces 235,000 Espagnols, pourvus de toutes
les resources ncessaires, puissent vaincre les
Cubains au nombre d'environ 60,000, il faut en-
core que ceux-ci soient sans armes !
Merci, Majest, d'avoir ainsi avou A la face du
monde l'impuissance de l'Espagne, et montr du
mme coup ce que sont, en ralit, son courage
et sa fiert.
Ah oui, parlons-en, de sa fiert lgendaire!...
A-t-elle assez braill, au dbut du conflict avec les
Etats-Unis, qu'elle se lverait tout entire comme
un seul Cid contre les Yankees! Or, elle a fait
excuses sur excuses, pay indemnits sur indem-


nits, elle a tolr l'intervention du president
Cleveland, elle a ajourn l'affaire du Competitor;
dans toutes les circonstances, elle a dit que c'est
elle qui avait raison, et dans toutes les circons-
tances, c'est elle qui a cd.
Quant au patriotism des Espagnols, grand
mot qu'ils ont cru capable d'effrayer les Etats-
Unis et de supplier au manque de resources
plus matrielles, ils nous montrent actuellement
ce qu'en vaut l'aune. Aprs le vote de la belli-
grance par les chambres amricaines, ils prten-
daient que toute la nation espagnole, du petit au
grand, offrirait patriotiquement son concours
dsintress pour lutter contre l'oncle Sain, et
maintenant... maintenant (ab uno disc oness:
La compagnie Translatantique percevra 00o,ooo
francs par mois pour chaque navire fourni, soit
1,200,000 francs par an.


i



piastres antrieurement exige, on aurait peru
271,332 piastres, c'est--dire 39,000 piastres annuel-
lement, ou 3,250 par mois qui ont t pargns la
population de cette ville.
On peut ainsi se rendre compete de la fureur
que provoque cette libralit dans le clerg es-
pagnol de Cuba, si directement atteint la
bourse.

-------**t L-------

LE DRAPEAU CUBAIN

Notre glorieux drapeau a t mal dcrit dans
plusieurs journaux franais et trangers; ceci ne
nous tonne pas, car il est facile de le confondre
avec plusieurs autres, surtout avec celui de Puer-
to Rico Libre.


~k::. B


La valeur approximative de chacun des btiments,
engags, ou sur le point de l'tre, tant de 4 millions
de francs, il s'ensuit que l'Etat paiera un intrt de
30 pour cent sur la valeur du capital, sans computer
les frais de personnel, combustible, entretien, etc.
Voil ce que nous lisons dans leurs journaux.
De telle faon que tous les Espagnols sont prets
servir leur patrie... condition que a leur
rapporte un intrt usuraire. Il est donc facile
de se rendre compete de ce que sont leurs vertus
tant chantes, fiert, courage;,'patriotismc : des
mots, des mots, des mots.
Mais l'Espagne elle-mme, est-elle quelque
chose de plus qu'une expression gographique?:'
Oui, peut-tre un souvenir, ou plutt un ana-
chronisme.


LAR EUVEl



LA PREUVE


Afin que l'on puisse voir quels rels motifs a
obi l'autorit espagnole pour expulser de la
Havane M. le Docteur Alberto J. Diaz. nous re-
produisons ce qu'a dit El Pais, organe official
des autonomistes, dans son numro du 24 f-
vrier 1895, jour si glorieux pour les vrais cu-
bains:
Le cimetire bautiste de cette ville a t fond par
le D' A. J. Diaz. Au mois d'avril 1887, il acheta un
terrain, et en 1890 il l'agrandit d'un quart, o le
D' Diaz, dans ces 8 annes, jusqu'au 3o dcembre
1894, donna la spulture 15,074 personnel pour
lesquelles, si l'on avait acquitt la some de 18


Afin d'viter de nouvelles erreurs, nous allons
donner nos lecteurs quelques dtails sur sa des-
cription et son histoire.
Les couleurs sont les mmes du drapeau fran-
ais, de celle des Etats-Unis, de Chili, Libria,
etc., disposes de la faon suivante. Tout le long
du rectangle, trois bandes bleues et deux blanches
qui, partant de la marge extrieure, viennent
rejoindre le triangle rouge qui se trouve la
marge intrieure, au centre duquel est place
une toile blanche cinq points.
Cette toile reprsente allgoriquement la s-
paration de la mtropole, c'est--dire l'indpen-
dance de l'ile; les trois angles ou points du
triangle reprsentent la Libert dans toutes les
manifestations de la vie des citoyens; Eiyalile de
toutes les classes sociales devant la loi, et Fra'_
ternit avec toutes les nations. Enfin, les trois
bandes bleues reprsentent la Science, la Vertl,
et la Beaut, et les deux blanches, la Justice et
la Puret.
C'est ce mme drapeau qu'arbora en 1851 le
gnral rvolutionnaire Narciso Lopez et, plus
tard, au Camagficy, les patriots Agiiero, Artea-
ga, Zayas et Benavides, et Trinidad. Amenteros.
Le drapeau que l'inoubliable Carlos Manuel de
Cerpedes dploya Yara le 10 octobre 18(i8,
quand il proclama de nouveau l'indpendance de
Cuba, avait les mmnes couleurs, seulement dis-
poses d'une facon diffrente. Sous ce drapeau,
il gagna les premires batailles, le faisant flotter
sur les mu:s de la ville de Bayamo sitt qu'elle
se rendit aux patriots, le 21 octobre 1868.
Le 10 avril de l'anne suivante, eut lieu,


Le Drapeau Cubain


.~s


Guaimaro, la runion de la Constituante qui vota
la premiere Constitution cubaine, dans laquelle
un de ses articles prvenait qu'il serait adopt,
l'avenir, l'ancien drapeau de Lopez et d'Agero.
Quand il fut dcid d'armer le premier cor-
saire cubain, Cuba (l'ancien vapeur de la marine
amricaine Ilomret), le Gouvernement cubain d-
cida que les dimensions du pavilion qu'il devait
porter seraient les suivantes :
Longueur 2m 34
Largeur 1 m 35
Largeur des bandes 0m 30
Hauteur du triangle 011 75
Le vnrable ministry plnipotentiaire de la R-
pnblique Cubaine l'tranger, dans un loquent
discours prononc, le 10 octobre 1893, New-
York, dcrivait ainsi la signification morale de
notre drapeau :
Notre drapeau n'est pas un simple signe, le signe
de nos futures aspirations ; c'est la representation
officieuse d'un fait publiquement et formellement
reconnu par plusieurs nations amricaines qui nous
a donn le caractre d'un people indpendant.
Aux Etats-Unis, o existent les vrais principles
rpublicains, le drapeau cubain est port triom-
phalement par les rues et flotte sur les difices
publics, tantt isol, tantt entrelac avec celui
de la Grande Rpublique. En '1877, pendant que
le corps de celui qui avait t vice-prsident
de la Rpublique Cubaine, Francisco Vicente
Aguilera, tait expos l'IItel-de-Ville, le dra-
peau de l'Etoile Solitaire tait hiss'en berne sur
le monument.

-------- .------

LES TLGRAMMES DE CUBA

Dans son numro du 16, El Imparcial, de
Madrid, publiait, a l'occasion de la dmission des
gnraux Weyler, Ochando et Ahumada, la d-
pche suivante, que nous reproduisons afin que
l'on puisse se rendre compete quelle censure
rigoureuse sont soumis tous les tlgrammes de
Cuba:
Confirmation complete. De la Havane. -
(Par le cble). Tlgramme de notre cor-
respondant.
La Havane, 15 mai.
(Reu le 16, minuit 15.)
Les articles que publient aujourd'hui les journaux
de la Havane me font voir l'effet qu'a produit sur
cette ville mon tlgramme du I3, qui rsumait les
impressions dominantes ici, et je m'aperois que ma
dpche a t modifie.
Je soutiens ce que j'ai dit dans ma dpche et
confirm intgralement son contenu.
Pour justifier que ce que je disais est rigoureuse-
ment exact, il suffit de se rappeler qu'aucun tl-
gramme ne circle ici sans un( autorisation timbre
et signe de la capitainerie gnrale.
Toutes ces formalits sont rigoureusement exi-
ges.
Domingo Blanco.

Aprs cette declaration, nos lecteurs pourront
apprcier, et avec eux toute la press trangre
et tous ceux qui ont le moindre sens commun, le
credit que mritent les tlgrammes des journaux
espagnols, et apprcier aussi combien nous
avons toujours eu raison de les mettre en garde
centre la mauvaise foi du gouvernement espa-
gnol et de ses fonctionnaires.
Il nous parait inutile de chercher dmontrer
davantage les moyens employs par l'Espagne
pour tromper l'opinion publique au sujet de la
guerre de Cuba.


*


i!.


1






LA REPUBLIQUE CGUAINE


28 MAI 1896.


LES FRANAIS A CUBA


Interview de M. le dput Bazille pour
La RBputbiqueGcubaine.

3Nous avons tenu voir nous-mme
M.'Bazille, dhnet les journaux ont annonc
une interpellation :au sujet ces affairess Ide
Cutba.
Le dput dePoitioes est ,un home d'une
quarantine d'annes qui s'est fait la
Chambre une spcialit des questions mili-
taires; il est membre de la Commission de
l'Arme et de la Commission du Budget.
Il est de ceux qui, lorsqu'ils prennent la
parole, sont couts la Chambre, parce
que l'on sait l'avance qu'il ne soutient une
thse que s'il est fortement document.
Ds les premiers mots que nous chan-
geons avec M. Bazille, nous constatons bien
vite qu'il connait admirablement la situa-
tion actuelle Cuba.

Je ne veux pas, nous dit-il, discuter la ques-
,tion politique et examiner s'il ya, oui ou non, lieu
de reconnatre les Cubains comme belligrants.
Je me placerai, si j'interpelle, uniquement au
point de vue franais et je dmontrerai sans
peine que l'Espagne a toujours donn satisfac-
tion aux rclamations des Etats-Unis pendant
qu'elle bernait, au contraire, d'une faon conti-
nue nos cqmpatriotes.
Les Franais ont t, en 1875, comme aujour-
d'hui, absolument maltraits par les Espagnols,
et jamais l'Espagne n'a consent ,leur payer la
moindre indemnit.
Le dcret du gnral Weyler forant les colons
franais abandonner leurs habitations, que
les troupes espagnoles se sont empresses de
piller , est un acte vritablement extraordi-
naire.
J'ai dans mon dossier une srie de faits que je
ne veux pas, quant present, livrer la publi-
cit, qui me serviront difier la Chambre
sur la faon don't on pratique le respect des
Franais Cuba.
Cette facon de fair la guerre est tout fait
trange, et si je considre qu'il ne m'appartient
pas, moi Franais, de juger les procds
qu'emploie l'Espagne l'gard des Cubains, j'ai
au contraire le droit et le devoir de faire con-
natre ceux qu'elle emploie l'gard des sujets
d'une nation amie comme la France.
Je souhaite d'ailleurs trs vivement que M. le
ministry des Affaires trangres, qui j'ai crit,
ait russi faire rendre justice nos compa-
triotes et m'vite de parler de ces choses la tri-
bune.
Mais, s'il en tait autrement, je n'hsiterais
pas un seul instant exposer cette question
d'une faon complete.

Comme on le voit, M. Bazille a l'intention
de rester sur le terrain des intrts fran-
ais; mais s'il prend la parole, la cause des
Cubains ne peut qu'y gagner.
D'une part, en effet, il constatera les atro-
cits commises par les Espagnols Cuba, et,
dans la bouche d'un homme politique pon-
dr comme lui, ces aprciations auront la
plus haute importance.
D'autre part, il n'est pas impossible que
d'autres dputs franais, M. Ernest Roche,
par example, ne traitent la question au
point de vue politique, en demandant la re-
connaissance de nos compatriots comme
belligrants.

--------*------

L'ESPAGNE AU PILORI


Notre dernire liste des victims des escarpes
en uniform espagnol se montait au chiffre de
406, et non 410 come nous a fait dire une
erreur typographique.
Nous devons encore aujourd'hui ajouter vingt
et un nouveaux assassinats.

Par le'chtef de colonne Benilo Trujillo, dans
la plantation Algorta , jurisdiction de
Guana iaUcabos.
Assassinat du blanc Luciano Martinez, (qui
laisse une femme et cinq enfants) et du mtis


Louis Du Quesne, qui allaient paisibles, et sans
armes, par un chemin vicinal. Les cadavres, ex-
poss El Recreo, par ordre du maire Salvador
Benaset, furent piqus coupde bayonnette, et
servircnt l'amusement des immondes volontai-
:res espagnols.
Sur la route de El Recreo, massacre du mtis
Ricardo Marquetti.

:Par le commandant Canosa, Songo:
Assault d'une maison et assassinate de 6 per-
sonnes : la ngresse iUrbaria Fernindez, ses trois
enfants, gs de seize, neuf et huit ans, un autre
enfant de huit mois; une seur de la dj nom-
me Fernindez, qui tait sur le point d'accou-
cher, eut le venture ouvert coups de machete.

Par le colonel Tejeda, Santiago de Cuba :
Assassinat, dans un bois de palmiers, du mar-
chand ambulant Galindo, et d'un inconnu don't
on trouva le cadavre auprs de celui du mar-
chand.
Dans la plantation Union, assassinate d'un
jeune homme appel Fermin, unique soutien
d'une vieille.mre infirme.
A San Louis, assassinate du mtis Adriano
Vaillant, propritaire.
Dans la villa El Salado, assassinate de Anto-
nio Cordoba et d'un .autre; tous deux furent
jets dans les flames d'une maison incen-
die par les soldats espagnols.
Assassinat du jeune Sollozo, de La Havane,
qui avait t surprise bless et sans defense dans
une chaumire.
A Caney del Sitio, assassinate de 3 femmes
et de 2 jeunes filles.


Total.........


24 personnel ASSASSINES


Liste antrieure 406

Total gnral. 427


(A suivre).


INCENDIAIRES

Les incendiaires, ce sont les Espagnols; leurs
gnraux accusent les patriots cubains de tous
les crimes pouvantables qu'ils commettent eux-
mmes : ils assassinent et placent auprs de
leurs victims des placards attribuant le crime
aux troupes cubaines: ils incendient et ils ont le
cynisme de vouloir fire croire au monde que ce
sont toujours les Cubains qui le font.
Il y a pourtant une grande difference entire les
procds des uns et des autres; les Cubains d-
truisent dans un but stratgique ou politique,
sans choisir leurs victims et sans obir de
vils sentiments de vengeance. La preuve, c'est
qu'ils n'ont pas incendi les plantations de leurs
pires ennemis, le ministry ractionnaire espa-
gnol, Romero Robledo, et le ngrier, l'exploiteur
Manuel Calvo.
Les Espagnols, par contre, incendient les plan-
tations des Cubains qui ont des parents dans
l'arme patriote, .comme ils viennentde le faire
en. livrant aux flames, non les champs de
canne, mais les fabriques de la plantation Dos
Iermanas, Manguito (Matanzas), parce
que le propritaire, M. Flix Sardifia, a
deux beaux-frres dans nos rangs, et la
plantation Laberinto, Guareiras (Matanzas),
de M. Serafin Mederos, don't le fils s'est
enrl dans l'arme libratrice.
Si ces preuves ne suffisaient pas, nous en avons
d'autres irrfutables, matrielles.
D'une lettre que nous avons sous les yeux,
adresse de Remedios (Cuba), par un soldat
espagnol sa mre, nous extrayons le passage
suivant :

Le travail ne me tue pas. Toutes les maisons
que nous trouvons sur notre chemin, NOUS
LES INCENDIONS. Toutes les poules que nous
voyons, nous les prenons. Le dimanche de Pques,
nous sommes tombs dans une embuscade o nous
avons perdu quatre soldats et un lieutenant, et
avons eu vingt-quatre blesss. Nous tions dans
l'impossibilit de causer des pertes l'ennemi; ce
furent des Pques bien tristes . . . .
C'est l l'arme rgulire d'une nation qui se
prtend civilise et qui cherche dshonorer aux
yeux du monde les patriots cubains don't le
marchal Martinez Campos a officiellement re-
connu la noble et gnreuse conduite.
Quoi qu'en dise l'hypocrite Espagne, les assas-
sins, les bandits, les incendiaires, Cuba, ce sont
les soldats qu'elle y envoie.


*


LE :COMMENCEMENT DE LA FIN

On se rappelle la veste remporte par Weyler
propos des condamns du Competitor. Le
Gouvernement espagnol, plac entire un casus
belli et un dsaveu, n'hsita pas dsavouer
l'illustre gouverneur de la Iavane pour sortir de
la grave situation o l'avait plac l'imbcilit
de ce dernier.
A cette premiere veste s'en ajoute une aiutre
plus rcente et qui a trait aux measures :prdhibi-
tives prises par ce mme illustre homme de
.guerre, au sujet de l'exportation des tabacs de
Cuba. Cette measure vient, elle aussi, d'tre rap-
porte par le gouvernement espagnol; et une
dpche du 21, de la Havane, nous apprend que
de nouveau Weyler vient d'offrir sa dmission.
Nous ne savons pas, ou plutt nous savons trop
bien au prix de quelles louches compromissions
cet ignoble assassin acceptera de rester son
poste; mais ce que nous savons srement, c'est
qu'il y restera. Tel le pou qui s'attache a sa gale,
Weyler s'attache son traitement.
De pareils tiraillements sont les prcurseurs
de la dbcle finale et doivent donner singu-
lirement rflchir aux amis les plus fervents
et les plus optimistes du Gouvernement espa-
gnol.
Pour nous, nous nous contenterons de dire
qu'un officer gnral qui accepted de pareils ds-
aveux, qui reoit de pareils soufflets, tombe au
rle de valet, et que le Gouvernement qui les
inflige est un gouvernement de poltrons, ayant
une singulire comprehension de la dignit.
Nous l'avons toujours dit et nous le rptons:
Weyler ne peut finir que dans un vomissement,
car ce serait faire trop d'honneur cette brute
object que de lui souhaiter de mourir en soldat,
ce don't d'ailleurs il est parfaitement incapable.



OPINIONS IMPARTIALES

La vrit sur la guerre de Cuba
La situation des Espagnols Cuba semble de-
venir chaque jour plus difficile; aussi com-
mencent-ils perdre tout espoir de russir.
Commence en janvier 1895, dans la parties
orientale de l'le, l'insurrection s'tend aujour-
d'hui partout.
Les insurgs, que les Espagnols s'taient plu
dans le dbut ne considrer que comme des
bandits sans discipline, forment aujourd'hui une
arme de 40,000 hommes, bien organise, armc
de fusils a rptition et remarquablement com-
mande.
Calixto Garcia l'est, Miximo Gmez au
centre, et Maceo l'ouest, tiennent en chec les
Espagnols, ne livrant bataille que quand a leur
plat, harcelant les colonnes en march, et an-
miant cette arme de 200,000 hommes, amene
Cuba au prix de tant de sacrifices.
Les 47 gnraux espagnols qui dirigent Cuba
les troupes de la pninsule semblent effrays de
l'audace des chefs cubains.
Au point de vue stratgique, la march auda-
cieuse de Gmez et Maceo de l'est l'ouest de
l'le restera un modle du genre.
Suivant un crivain militaire amricain, elle
peut tre compare au Raid de Shermann, dans
la Caroline du nord, pendant la guerre de Sces-
sion.
Les victoires des Cubains Parlejo, o le
brave gnral Santocildes se fit tuer pour sauver
le marchal Campos; celles de Mal Tiempo et
du Coliseo prouvent la supriorit de la tactique
cubaine.
La dernire operation du gnral Weyler, qui,
selon lui, devait amener la reddition de Maceo et
son arme, a t compltement manque.
Celui-ci, bien que pris entire les colonnes des
gnraux Bernal et Inclan et la Troc/a, ligne
fortifie qui traverse toute l'le dans sa lar-
geur, s'est fort brillamment tir d'affaire, et le
combat qui a eu lieu a Cacarajicara n'a t
en ralit qu'un grave chec pour les troupes
royales.

La fameuse ligne militaire du gnral Weyler
ne sert qu' le rendre ridicule. Maceo ne s'en
occupe mme pas et se content de la faire tra-
verser de temps en temps par des dtache-
ments.
S'il ne l'attaque pas lui-mme, c'est qu'il pr-
fre rester dans la province de Pinar-del-Rio, du
ct des Etats-Unis, d'o il reoit de grandes
quantit d'armes, munitions, vivres, etc.
Il se maintient facilement dans les montagnes
de Cuzco, don't il a fait fortifier les passages im-


portants pour tre l'abri d'une surprise, et y
attend avec patience que la saison des pluies
force les Espagnols quitter la parties basse de la
province.
Il y a lein de ces dtails exacts aux dpches
officielles espagnoles!
La vrit c'est que la situation est des plus
compromises pour l'Espagne, et que l'insurrec-
'tion cubaine n'aura probablement pas besoin de
l'appui effectif des Etats-Unis, pour triompher
des troupes royals, compltement -puises et
dlvimes par le feu et la maladie.
Harold.

Nous lisons dans The Times, de Londres, cet
article que nous regrettons de n'avoir pu repro-
duire in extenso et qui a produit une impression
profonde en Angleterre et en Espagne, car The
Tines est un des journaux les plus accrdits du
monde entier.
Les feuilles espagnoles elles-mmes reconnais-
sent la valeur et l'autorit des informations du
Times, qu'elles n'ont cess de porter aux nues
tant qu'il a proclam ses sympathies pour l'Es-
pagne; mais aujourd'hui, come il leur dplat
d'entendre dire la vrit, elles prtendent que le
journal anglais est mal renseign et qu'il ca-
lomnie l'Espagne.
En tous cas, nous recommandons la lecture des
informations qui suivent aux capitalistes fran-
ais qui pourraient tre tents de se laisser
prendre dans un Emprunt espagnol.
Bien triste est le spectacle d'une ile excessivement
favorise au point de vue du sol et du climate, ca-
pable de contenir avantageusement une population
dix fois suprieure celle qu'elle a aujourd'hui, et
s'abimant dans une ruine morale et matrielle
presqu'irrmdiable.
La population de Cuba, autant qu'elle peut tre
value en l'absence de statistiques compltes et
dignes de foi, se monte environ 1,750,000 habi-
tants, don't 5oo,ooo ngres ou multres. Les treize
villes les plus importantes competent en tout680,ooo
habitants, d'o il s'ensuit que la population des
campagnes est excessivement disperse. Ces villes
tant occupes par les troupes espagnoles, il rsulte
que la rvolte est soutenue par environ I million
d'habitants rpandus sur un territoire de 80.ooo
miles carrs.
On attribue aux insurgs 40,000 combatants, bien
approvisionns et bien arms. L'arme espagnole
Cuba compete r35.ooo hommes de troupes rgulires
et environ 40,000 volontaires qui devr.ient valoir
come hommes les insurgs. Par consquent, l'Es-
pagne a 175,ooo homes sous les armes, c'est--dire
qu'il v a un soldat espagnol pour dix habitants, y
compris les femmes et les enfants.
Cependant, malgr cette supriorit apparent,
L'ESPAGNE EST ABSOLUMENT INCAPABLE DE TENIR TTE
AUX INSURGS, et incontestablement elle perd du
terrain, quoi qu'en disent les rapports optimistes et
superficiels fournis pour la consommation du people
espagnol.
On demand tout bas des renforts encore, 20,ooo
hommes; un Conseil de cabinet, tenu Madrid le
jour de l'Ascencion, est suppos, malgr les dmentis
officials, ne s'tre occup que de ces affaires.
Notre correspondent nous dit que l'Espagne est
purement sur la defensive, et qu'elle a perdu enti-
rement son contrle sur toutes choses, sauf sur les
points occups par ses soldats. Sa grande arme est
dissmine en garnisons par tout le pays. Au del
de la porte de ses fusils, la loi de l'Espagne, l'au-
torit de l'Espagne sont nulles.
On attendait de grands rsultats de l'nergie du
gnral Weyler; mais, si ce n'est d'avoir plac un
cordon de troupes en travers de l'ile, une distance
de 22 miles de la capital, dans le but de confiner
l'un des chefs rebelles dans la province de Pinar del
Rio et dans l'espoir que ce chef (Maceo) y manquera
de subsistances, il semble n'tre pas plus capable
que son prdcesseur d'entreprendre des operations
actives et combines pour reconqurir lile.
Ce cordon, que l'on croit invincible, est sur le
point d'tre attaqu par les rebelles par les deux
cts la fois, et s'il ne russit pas, comme le font
prvoir les dernires dpches, isoler l'un de l'autre
les deux chefs cubains, il faudra renoncer toute
prtention de lutter contre les rebelles.
. o.o... .. ... .. .. ... ..... .. ...........

La saison d'hiver, pendant laquelle les excrables
routes de Cuba sont peu prs praticables, tait
l'poque favorable pour tenter un effort qui et pu
soustraire une parties de l'ile au pouvoir des insurgs.
Cette occasion a t perdue, et lorsque les pluies
commenceront (elles ont commenc), le gnral
Weyler trouvera toutes les difficults considrable-
ment augmentes.

A dfaut de tout effort srieux et heureux de chas-
ser les insurgs tout au moins des regions les .plus
riches, il n'est que trop vident que le mal deviendra
irrmdiable.

*


C I_






28 MAI 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


WEYLER SOUFFLETE


Nos lecteurs savent dj qu'un des trucs em-
ploys par les Espagnols consiste, lorsque res-
suscitent les chefs cubains qu'ils ont tu par d-
pche, dire que lesdits chefs sont diviss par
-des rivalits ou des rancunes personnelles.
Cela n'empche que, jusqu' present, nous
,p'avons eu enregistrer d'autres querelles que
celles du gnral Campos avec les gnraux
Salcedo, Lachambre, etc., de Weyler avec Cam-
pos, de Pando avec Weyler, etc., etc.
Mais ce n'taient l que bouderies de soudards
o l'on n'est pas arriv se crper le panache.
Aujourd'hui, scrongnognieu, nous avons quel-
que chose de srieux i on s'a cogn.
Voici une dpche de la Havane que public
notre confrre The Journal, de New-York (10
mai) :

Lorsque le capitaine-gnral Weyler retournera en
Espagne, il devra se rencontrer avec le gnral
Bernal sur le champ d'honneur.
Mercredi dernier, dans l'aprs-midi, Bernal infli-
gea au gnral Weyler la plus humiliante insulte
que l'on puisse faire un officer espagnol. Avec la
main il appliqua Weyler un soufflet sur le visage,
il l'appela menteur et poltron et l'accusa d'tre un
traitre envers l'Espagne.
Ceci s'est pass dans la chambre du capitaine-
gnral, en presence de deux officers de son tat-
major.
Weyler avait envoy Bernal l'ordre de se rendre
immdiatement la Havane; celui-ci, devinant ce
qu'on prparait contre lui, se prsenta au palais en
tenue de civil. Il fut reu avec toutes les marques de la
courtoisie par Weyler et deux officers. Sur la prire
de Weyler, ces deux officers se retirrent dans un
coin de la pice o devait avoir lieu l'explication.
Weyler demand Bernal pourquoi il se prsen-
tait devant son suprieur en tenue de civil. Bernal
rpondit: Je m'attends n'avoir plus besoin de mon
uniform dans, quelques minutes, et j'ai voulu
m'pargner le dsagrment de changer de tenue plus
tard.
Alors Weyler pria Bernal de donner sa version
sur l'chec de Cacarijacara; on ne sait ce que dit
Bernal ce sujet; mais ce que l'on sait, c'est qu'au
bout de quelques minutes, ce dernier se leva de sa
chaise disant: J'entends alors que je dois retour-
ner en Espagne et ne suis plus sous vos ordres.
Wevler, se levant aussi, rpondit: C'est mon
ordre.
Bernal s'avana d'un pas et, les bras croiss, re-
gardant Weyler entire les yeux : Je dois vous dire
que d'aprs votre faon de conduire les operations,
vous vous tes montr comme un traitre. Si Cuba
est perdu pour l'Espagne, ce sera de votre faute, que
cB soit par ignorance ou dessein. Permettez-moi
aussi de vous dire mon opinion personnelle sur vous:
vous tes un menteur et un lche.
Weyler, ple de rage, leva la main, mais Bernal,
d'un mouvemett plus rapide, lui appliqua sur la


joue gauche un soufflet retentissant, tandis que les
deux officers accouraient pour s'interposer.
Et les journaux espagnols continueront affir-
mer que ce sont les chefs Cubains qui sont en
msintelligence !

-------* ~-----

AVIS

La Dlgation de la Rpublique de Cuba
New-York, est transfre de 66 Broadway,
56 NEW STREET, 2e tage.

-------* r L--------

LA PRESS SRIEUSE (?)

Certain de nos principaux journaux parisiens
continent manifester, en mme temps que
leurs sympathies inbranlables pour l'Espagne,
l'ignorance la plus complete au sujet de tout ce
qui concern Cuba.
L'autre jour La Patrie prenait, non le Pire,
mais un bateau pour des hommes; plus rcem-
ment, Le Temps, L'clair et d'autres journaux
srieux sont alls plus loin.
Voici une dpche qu'ils nous donnent comme
officielle :
Une dpche officielle de la Havane announce que
plusieurs rencontres ont eu lieu Villas, dans la
province de Santiago,
Las Villas sont une province; Santiago en est
une autre; elles sont spares l'une de l'autre
par une troisime province (Puerto-Principe), qui
est l'une des plus tendue de l'ile.
entire les colonnes espagnoles des gnraux Molina,
Saboya et Sotomayor
. Saboya, qui veut dire Savoie, est le nom d'un
rgiment.
et les bandes insurges conduites par Manicaragua
et Antonio Bafios.
Mais, grands Dieux Manicaragua est un vil-
lage, et San Antonio de los Bafios (Saint-An-:
toine-des-Bains) est, comme son nom l'indique,
une station balnaire.
Enfonc, Shakespeare! Il ne nous avait mon-
tr qu'une fort qui march; vous, vous nous
faites voir des villages chef de colonne.
Les rebelles ont eu 32 morts.
Parmi lesquels, sans do ute, le village et l'ta-
blissement de bains.
Qu'aurait-on dit, en France, si, au course de la
champagne de Madagascar les principaux jour-
naux avaient public une dpche officielle ainsi
conue :
Plusieurs rencontres ont eu lieu entire les bandes
des chefs malgaches Tananarive et Tamatave et les
gnraux franais Contrxville et La Bourboule.
Les Malgaches ont eu 32 morts, parmi lesquels
le chef Tamatave. De notre ct, le commandant
Saint-Galmier a eu une bouteille tue sous lui.


*


L'OPINION EN BELGIQUE


La press belge commence s'occuper des
affaires de Cuba et se montre en gnral favorable
aux Cubains. Nous avons diverse reprises
reproduit.des extraits don't nos lecteurs se sou-
viennent peut-tre. Voici aujourd'hui des frag-
ments de La /i'o/rme, de Bruxelles, qui con-
sacre la premiere page de son numro du 23 mai
a Cuba Libre .
Pour complter c(et hommage rendut la cause
de notre libert, La Rforme public les armes et
le drapeau de Cuba, ainsi que les portraits de plu-
sieurs de nos compatriotes les plus minents.

Ah 1 qu'ils taient donc grands et beaux, nos
vieux pres de 183o, qui nous semblent si prudhom-
mesquement ridicules Ils savaient s'enthousiasmer,
au moins, et ce n'est pas avec notre indifference et
notre scepticisme de dgnrs qu'ils auraient vu se
drouler des tragdies piques comme celle qui se
joue en ce moment Cuba et laquelle nous assis-
tons de loin, sans intrt.
Souvenez-vous des strophes de Hugo la gloire
des Palikares et de l'hrosme de lord Byron, et du
joyeux dpart de tant de jeunes hros I1
Et maintenant des frres de race latine com-
battent l-bas pour la plus sainte des causes, et nous
voyons avec indifference les calomnies que presque
toute la press dverse sur eux; nous ne pensions
pas mme une second la possibility de les se-
courir.
Nos politicians regardent avec srnit ces Cubains
qui luttent pour se conqurir une patrie. Et y a-t-il
mme, dans n'importe quel pays europen, un seul
dput dmocrate qui ait jamais song dire une
parole de sympathie aux rvolts cubains, qui ait
song proposer qu'on leur reconnaisse enfin la
quality de belligrants !
Nos pauvres cervelles dcadentes se nourrissent de
mots vides et creux, et les tragdies de la vie ne par-
viennent plus nous enthousiasmer.
C'est triste, c'est triste !
Vraiment, le Cubain n'avait pas tort I
Jamais revolution ne fut plus lgitime ni plus
just. Les causes qui provoqurent en i83o notre
bel accs d'antiorangisme paraissent insignifiantes
et mesquines auprs de celles qui ont dchain la
guerre Cuba.
Pendant plus d'un sicle, malgr quelques accs
de colre, les Cubains ont fait preuve d'une patience
et d'une longaminit absolument inoues, et ce n'est
que le dsespoir qui put finalement les pousser la
lutte prsente, acharne et sans merci.

S-------. *.-------

MARIAGE


Madame veuve Carlos Manuel de Cspedes
nous announce le marriage de sa fille, Mlle Gloria
de Cspedes, avec M. Carlos Abn6n de Lima.


Nous envoyons aux, jeunes poux toutes nos
flicitations et tous nos veux, et Madame veuve
Carlos Manuel de Cspedes l'expression de notre.
gratitude pour sa gracieuse attention.

M-----n--


DERNIRES NOUVELLES,


D'aprs une dpche de la Havane, trois
cents Cubains ont attaqu le village de Cascajal.
Les Espagnols auraient eu vingt morts.
Maceo et Gmez oprent leur concentration
pour attaquer la ligne de defense de Marill et
Artemisa.
On made de la Havane au Times, que les
Cubains, sous les ordres de Maximo G6mez, con-
centrent de grandes forces Santa Clara, avec
l'intention d'envahir la province de Matanzas et
celle de la Havane.
La press des Etats-Unis est monte un
diapason trs violent contre l'Espagne et surtout
contre Weyler, qui aurait commis de coupables
cruauts.
Le gouvernement amricain fait des repr-
sentations contre le dcret de Weyler prohibant
les exportations de tabac en feuilles; cette me-
sure prive beaucoup de fabriques des Etats-Unis
de la matire premiere indispensable.
Les Cubains ont attaqu Jaruco; ils
ont incendi trente maisons de la plage de Sala-
do. Les pertes des Espagnols sont de dix-sept
hommes. Ils ont en outre perdu deux embarca-,
tions charges de munitions.
Le gnral Bernal a pris le commandement
des colonnes espagnoles, qui taient commandes
par le gnral Vicufia, mort des suites de la
fivre jaune.
Le gnral Portuondo, un des chefs cu-
bains, a quitt le port de New-York, bord du
vapeur Three Friends, avec 35 Cubains, 2,000
cartouches, 500 fusils et une demi-tonne de
dynamite.
Une dpche de laHavane announce qu'une
avant-garde, sous le commandement de Mximo
Gmez, a russi franchir la rivire de Han-
bana. Les Cubains continent leur movement
vers l'ouest o ils se proposeraient d'oprer leur
junction avec les forces de Maceo.
Le gouvernement de Washington menace-
rait l'Espagne de reprsailles, la suite de la
measure prise par le gnral Weyler interdisant
l'exportation du tabac brut de la Havane.
Les pices du procs des prisonniers du
Competidor arriveront Madrid par le prochain
courier de Cuba. Elles seront soumises d'ur-
gence au conseil suprieur de la guerre et de la,
marine, qui sera libre de rformer la sentence
du conseil de guerre de la Havane, ou de la cas-


FEUILLETON
de La Rpublique Cubaine


LE VIRGINIUS "




Le Virginius tait l'un des navires de la Junte.
Entirement en fer, ce vapeur roues, de quatre
cents tonneaux, fut construit en Angleterre pour les
confdrs, pendant la guerre de Scession. Pris par
les fdraux, il fut vendu aux enchres lorsque l'U-
nion tait pacifie, et achet secrtement par les
mandataires de la Rvolution Cubaine, toute rcente
alors. Il reprit, ds lors, son ancienne et aventureuse
destine, et fit plusieurs voyages heureux sous le
commandement du capitaine Fry. N la Loui-
siane, dou d'un caractre nergique et rsolu, ce-
lui-ci s'tait fait une reputation par son adresse et
.avait acquis toute la sympathie des Cubanos, don't
il servait la cause avec dvouement. Vers le com-
mencement d'octobre 1873, le Virginius, parti de
New-York, s'arrtait Kingston, port de la Ja-
maque, pour complter son chargement d'armes,
de munitions, d'approvisionnements de divers
genres, destination de Cuba. L'quipage se com-
posait de ces matelots accoutums aux ventures, et
qui risquent tout pour de l'argent. Le convoi de-
vait tre escort de cent soixante hommes environ,
commands par des chefs qui avaient dj combattu
avec clat pour l'insurrection : Bernab Varona, Je-
ss del Sol et l'Amricain O'Rvan. La cargaison et
l'quipage complts, le Virginius reprit la mer, et
le capitaine Fry ne se doutait gure qu' Cuba l'on
connaissait dj son entreprise hardie.
En effet, le consul espagnol Kingston, instruit
de l'affaire, en informa aussitt, par dpche tl-
graphique, le gouverneur de Santiago, le gnral
Burriel, qui, sans hsiter, envoya la canonnire le
Tornado la recherche de l'audacieux steamer. Ce
dernier fut aperu vingt miles environ de la ville.


Se voyant reconnu, n'tant pas-arm pour soutenir
le combat, le capitaine Fry crut prudent de cher-
cher le salut dans la fuite, cause de la responsabi-
lit qui lui incombait. Il fit mettre toutes voiles de-
hors et augmenter la vapeur. Malheureusement, la
coque du Virginzus, qui tenait la mer depuis long-
temps, se trouvait en fort mauvais tat, et sa march,
si rapide autrefois, tait fort alourdie. Le Tornado
gagnait visiblement sur lui. Alors commena une
lutte de vitesse, lutte ardente, acharne, pleine de
rage du ct du poursuivant, et de dsespoir de ce-
lui du poursuivi.
Pourtant, on tait dans une mer neutre, le Virgi-
nius voyageait sous le pavilion amricain; ainsi, le
capitaine Fry avait la lgalit pour lui; mais, con-
naissant les Espagnols, il craignait fort qu'ils ne
la respectassent point, et il voulait leur chapper
tout "prix.
Il fit jeter les armes la mer; cette measure avait
pour double but d'allger le navire et de se dbar-
rasser d'objets compromettants; en outre, les caisses
qui les contenaient servirent alimenter le feu des
fourneaux; pour comble de malheur, le mcanicien
venait d'annoncer qu'on manquait de carbon.
Aprs les caisses, ont fut oblig d'employer au
mme usage les boiseries du steamer, puis les barils
de lard et de jambons. Mais, malgr tous ces efforts
dsesprs, le Tornado se rapprochait toujours.
Alors, Varona mit l'avis qu'on devait plutt faire
sauter le Virginius que de se rendre. Le capitaine
Fry lui fit remarquer que, comme ses papers taient
parfaitement en rgle et que le but official du voyage
tait Santo-Domingo, les Espagnols n'oseraient pro-
bablement rien contre eux. Aprs ce raisonnement,
il se rendit sans resistance aucune. On se trouvait
alors tout prs du port de Kingston, o l'on et t
sauv, mais qu'on n'avaitpu atteindre. Le vainqueur
entra triomphalement dans la baie de Santiago de
Cuba, trainant sa capture aprs lui. Cet vnement
causa dans la ville une motion considerable. Si
les Espagnols s'en rjouissaient, les Cubanos en
taient dsols.
Une cour martial s'tablit immdiatement bord
du Tornado ; tous les hommes de l'quipage et tous
les passagers furent jugs et condamns comme
pirates, except pourtant cinq ou six qui igno-
raient le but de l'expdition et qui eurent leur liber-
t. Le gnral Burriel, pouss par les volontaires


- qui avaient une sibelle occasion de satisfaire leur
haine fit commencer les excutions avant mme
la fin du procs, sans se demander s'il avait le
droit pour lui, sans bien s'expliquer la gravit de ce
qu'il faisait. Soixante et un prisonniers parmi
lesquels se trouvaient des Anglais, des Amricains,
le malheureux capitaine et des jeunes gens de seize
ans furent fusills impitoyablement; ils l'eussent
t tous, sans l'entre fort opportune, dans le port
de Cuba, de navires de guerre amricains et anglais.
Cette apparition inattendue calma soudain l'effer-
vescence des terrible volontaires et de l'imprudent
gnral Burriel.
Ds la premiere nouvelle de cette grave affaire,
M. Castelar, comprenant les funestes consequences
qu'elle pouvait avoir pour son pays, s'tait ht
d'envoyer l'ordre la Havane, par dpche tlgra-
phique, de suspendre toute execution; mais juste-
ment alors, par un hasard surprenant, les fils du
tlgraphe, entire la capital de l'ile et Santiago, se
trouvaient rompus et, de cette faon, le gnral Bu-
rriel avait pleine libert d'agir selon son inspiration
et... les exigences des volontaires.
Tous les prisonniers fusills moururent brave-
ment; les Cubains rendirent le dernier soupir en
criant : Vive Cuba Libre! Parmi ces derniers,
Varona prouva une fois de plus son hrosme. Des
officers espagnols qui, avant t ses prisonniers, lui
devaient la vie, s'intressaient son sort et vou-
laient s'acquitter envers lui en le faisant mettre en
libert; mais ils. se heurtaient contre la cruaut des
inflexibles volontaires. Enfin, aprs beaucoup d'ins-
tances, ils obtinrent l'autorisation de lui promettre
la vie s'il consentait passer dans le parti espagnol.
Quand l'un d'eux lui fit connaitre cette condition
qu'on mettait sa grace, il rpondit :
Je vous remercie de l'intrt que vous me t-
moignez; mais remarquez que vous me tenez en
bien petite estime, puisque vous me croyez capable
d'une lche dfection ; ma vie n'est rien : mon pays
et mon honneur sont tout. Jamais je n'entacherai
l'un ni ne trahirai l'autre. Si vous m'accordez la
libert, je vous en serai reconnaissant, mais... im-
ndiatement je retournerai aux miens et me ferai
tuer pour la defense d'une cause laquelle j'ai jur
fidlit.
Cette digne et fire rponse imposa l'admiration
celui qui la reut et il ne put s'empcher de la di-


vulguer. Jeune encore, fort riche, intelligent, ins-
truit, dou d'une noble et belle figure, Varona sem-
blait appel un brilliant avenir; il a sacrifi tous
les plaisirs de ce monde son vaillant amour pour
l'indpendance de son pays.
Dans la matine du 5 novembre, il fut conduit
l'endroit de l'excution avec O'Ryan, Jests del Sol,
et Pedro Cspedes, le frre du president.
Les quatre condamns taient entours d'une forte
escorted de soldats espagnols. Varona et O'Ryan mar-
chaient au milieu, calmes et cte cte. Ils furent
poursuivis durant le trajet par les injures et les voci-
frations des implacables volontaires.
Au moment de l'excution, on fora Pedro Cs-
pedes et Jesus del Sol s'agenouiller, et c'est dans
cette position qu'on les fusilla par derrire. Puis les
soldats arms ordonnent Varona et O'Ryan de
venir s'agenouiller la mme place; ceux-ci refusent
obstinment. Alors ils sont saisis, renverss par
terre et, quoi qu'ils aient les mains et les bras lis,
ils parviennent rsister, se reliever, et c'est debout
qu'ils reoivent la mort, en braves.
O'Ryan respirant encore, un officer espagnol s'en
approche et lui plonge son pe dans le coeur. La
vue du sang met ces vautours en apptit, car ils se
prcipitent sur ces cadavres encore chauds, don't ils
tranchent les ttes.
Ensuite, ils placrent ces ttes sanglantes au bout
de quatre piques et les promenrent triomphalement,
comme de sinistres trophes, par les rues de San-
tiago de Cuba.
Le massacre fut ft par des bals, des banquets,
des srnades, des rjouissances de diverse sortes.
Mais, la nouvelle de ces atrocits, l'Amrique
s'mut vivement. Aux Etats-l'nis, on n'entendait de
touts parts que de grades clameurs d'indigna-
tion; il y eut des meetings partout pour traiter du
grave venement. On y parlait dj dc s'emparer de
l'ile de Cuba. Le president Grant demand au cabi-
net de Madrid des rparations immdiates, consis-
tant dans la restitution du Virgini us, un salut au
pavilion amricain, la mise en libert des prison-
niers survivants, une indemnit aux families des fu-
sills et le dsavc\ u des tonctionnaires qui avaient
pris part cette affaire.

IHi])polle PIion.
(L'Ile de Cuba.)


C
1


i -ills i I I ---- iLi iii ~L '-sii I ii II L1 Ii I L~ILiiii~ I~--~






LA RPUBLIQUE CUBAINE


28 MAI 1896


ser et de renvoyer l'affaire devant une juridic-
tion militaire ordinaire. C'est, du reste, devant
un tribunal de ce genre que, sur la requte des
consuls amricain et allemand, deux des prison-
niers, non compris dans la premiere affaire,
vont comparatre.
Les Cubains ont fait drailler un train au
moyen de la dynamite.
La nouvelle que le gouvernement espagnol
aurait adress une circulaire aux puissances
europennes au sujet de l'immixion des Etats-
Unis Cuba est confirme ; mais le ministry des
affaires trangres garden le secret le plus absolu
au sujet des terms de la circulaire.
Le Snat amricain vient d'adopter les r-
solutions conjointes de M. Morgan, reconnais-
sant aux Cubains la quality de belligrants.
Comme la Chambre des dputs adoptera d'em-
ble, elle aussi, cette proposition, le president
Cleveland, malgr ses allures dictatoriales, va
tre oblig de s'incliner, moins de prfrer
entrer en conflict avec les reprsentants de la na-
tion.
On announce qu'une nouvelle expedition de
rvolutionnaires vient de partir pour Cuba,
,bord du vapeur Three Friends.
De la Havane, on announce que le gnral
Maximo Gmez continue sa march en avant.
Son avant-garde est arrive prs de Coln.
Quinze cents insurgs ont surprise un dta-
chement espagnol Lagunillas, lui tuant un offi-
cier, un sergent et plusieurs soldats. On ignore
le sort du reste du dtachement.
L'avant-garde de la colonne commande
par le gnral Maximo Gmez continue son mou-
vement dans la direction de la Havane. Suivant
les dernires nouvelles, cette avant-garde se
trouvait Bolondrn.
Un tlgramme announce que les forces cu-
baines s'avancent de l'ouest au secours de Ma-
ceo. Du reste, la vracit de la dernire nou-
velle seule resort de ce tlgramme, car il
ajoute que six trains important des troupes
espagnoles sont parties dans la direction d'Unin-
Reyes, afin de barrer le passage l'arme rvo-
lutionnaire.
A la Salud, les Cubains ont dtruit la ligne
ferre.
Un tlgramme de Madrid annonait
que Weyler avait d distraire des provinces de
la Havane et de Pinar del Rio six colonnes pour,
essayer d'arrter l'invasion du gros des Cubains
commands par le gnral Maximo Gmez, qui
s'avancent en quatre colonnes par le nord, le
centre et le sud dans la province de Matanzas.
Maceo continue occuper la province de
Pinar del Rio, la plus occidentale de l'le.
Le gnral Weyler est si vivement mu de
l'annulation partielle de ses ordres, interdisant
l'exportation du tabac de Cuba, qu'il menace de
nouveau de donner sa dmission.
Ce gnral a fait prparer le project de bud-
get de Cuba pour l'exercice 1896-1897. On y re-
marque que ls dpenses, y compris les frais de
guerre, dpasseront 450 millions de pesetas, et
que les recettes seront seulement de 150 mil-
lions, en supposant mme que la rforme des
tarifs et des nouveaux impts sur les octrois, les
tabacs et l'levage du btail donnent les rsultats
esprs. Le dficit devra tre covert par une
operation de credit avec garantie du Trsor es-
pagnol.

---~-- -* -----


LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba


L'intransigeant :

Les rares amis du gouvernement espagnol aux
aux Etats-Unis ont combattu la proposition de re-
connatre la quality de belligrants aux Cubains,
sous prtexte que ceux-ci ne possdaient pas un
pouce de terre fixe dans l'ile. Les details suivants
nous montreront ce qu'il faut penser de cette asser-
tion.
Carlos Manuel de Cspedes, fils du grand rvolu-
tionnaire der iSG, a t nomm gouverneur civil de
la province oriental. 11 adresse en cette quality des
circulaires aux maires des petites villes de l'intrieur,
en leur enjoignant d'informer leurs administrs
qu'ili doivent envoyer leurs enfants aux coles que
l'on taiblit dans les villages, et que les Espagnols
prtendus cisilisateurs n'ont pas cres en
quatre siclec, de domination,
11 donne, en outre, des instructions sur kes cul-
tures actuellement possibles et tudie dj le trac


des routes carrossables qui seront ouvertes travers
toute la province ds que l'indpendance sera dfi-
nitivement conquise.
Ainsi, au sicle dernier, les rvolutionnaires dela
Convention, tout en repoussant l'assaut des monar,
chies europennes coalises, jetaient les bases des
institutions destines clairer les esprits de la nou-
velle gnration.


La Justice:
...... ....... .......................... .........
On ne connait gure l'arme rvolutionnaire qui
lutte en ce moment, Cuba, pour l'indpendance de
la patrie, que par les correspondances officieuses de
Madrid. Bandes de ngres, troupes d'assassins et
de bandits : tels sont les noms par lesquels les com-
muniqus officials des ambassades et lgations espa-
gnoles dsignent les combatants cubains. Il est bon
de faire une bonne fois justice de ces calomnies.
... ........................... ... .. ...... ....

L'A utorit :
.. ... ,.. .......... ..... .........
Ces dernires nouvelles soulignent,' de la faon la
plus triste, la gravit pour l'Espagne de la situation
et son horreur pour la population cubaine.
Au bout de quinze mois de combats incessants,
d'efforts normes, malgr plus de ,oo,ooo soldats
envoys, la mtropole est rduite la defensive.
Tout ce qu'elle peut faire, c'est de dispute le ter-
rain, de barrer sur certain points la route aux in-
surgs. Et souvent elle choue dans cette tche
modest.


La Potle :

Les dernires correspondances qui nous sont par-
venues de la Havane nous obligent reconnatre
que la situation de l'Espagne dans sa colonie des
Antilles est trs menace.
............ ..... ........ ... ............
L'insurrection qui a clat au mois de fvrier de
l'anne dernire, est la plus puissante que l'Espagne
ait eue rprimer.' Aujourd'hui qu'elle a sous les
armes, pour combattre les rebelles, i35,oo0 hommes
de troupes rgulires et 40,000 volontaires cubains,
soit un effectif total de 175,000 soldats pour lutter
contre 40,000 insurgs, avec une telle arme, il sem-
blerait que le gnral Weyler pt arriver aisment
se rendre matre de File; il n'en est malheureuse-
ment rien. Toutes ses troupes sont concentres
dans les grandes villes, et les colonnes volantes qui
ont des engagements avec les insurgs sont obliges
de venir se mettre l'abri et se ravitailler aprs leur
avoir inflig des pertes srieuses.

L'Espagne se trouve actuellement dans l'impossi-
bilit de sauvegarder les proprits; tous les biens,
toute la fortune des habitants sont la merci des
insurgs, et, de plus, elle va avoir contre elle la sai-
son des pluies, avec son cortge de fivres et de ma-
ladies endmiques. Ses troupes sont condamnes
l'inactivit pendant une dure de six mois pendant
lesquels les rebelles pourront rparer leurs pertes et
recevoir de nouveaux renforts en hommes et en mu-
nitions.


.......... ........ ........ ..... ..... ...- .
L'Univers :

Le nombre des homes envoys cette poque
n'est pas encore fix, mais on parle de la ncessit
de faire un grand effort et d'envoyer cinquante
soixante mille hommes, puisque l'insurrection a ga-
gn toutes les provinces de l'ile.


LA PRESS TRANGRE
Et la Guerre de Cuba


La RBforme, Bruxelles :

Le premier acte du marchal Campos, en dbar-
quant dans l'ile, fut d'ouvrir toute les prisons, d'en-
d'enrler et d'organiser les criminals et les assassins
qu'elles contenaient pour les lancer aux trousses des
Cubains.
Le marchal forma aussi cette froce arme qu'on
appelle les volontaires de la Havane : toute la plbe
de la grande ville, les ngres esclaves d'hier et qui
ne doivent la libert qu'aux insurrections passes,
tout un ramassis de gens sans aveu fut fascin par
l'appt d'une solde gnreuse- solde que l'Espagne
n'est plus depuis longtemps en tat de payer, ce qui
la force de permettre tous les crimes et tous les
pillages pour retenir ses beaux volontaires.
Cette arme des volontaires de la Havane, ils
sont 6,000ooo est une honte pour une nation ci-
vilise.
............ .... ....... . ...... ....... . .....
Au commencement de 1895, les anciens chefs
des guerres prcdentes, G6mez, Maceo, Roloff et
d'autres, s'embarqurent avec des armes et quelques
troupes pour organiser la revolution. Jos Marti avait
tout prpar; la grande loquence et la haute intel-


ligence de cet homme extraordinaire enthousias-
maient les patriots qui le suppliaient de rester
New-York, pour de l diriger le movement sans ex-
poser une vie prcieuse.
Je rougirais de moi-mme si je restais l'tran-
ger quand mes frres de Cuba versent leur sang
pour la cause que j'ai prche, dclara Marti; et
le i avril i893, avec G6me.' et quatre autres, il d-
dbarqua Baracoa. dans la province de Santiago
de Cuba; le mme jour, I marchal Campos d-
barquait la Havane.
G6imcz et Marti lancrent une proclamation ap-
pelant les Cubains la guerre pour la libert, NON
PAS EN HAINE DES FRRES ESPAGNOLS,
mais uniquement pour se dlivrer d'un gouverne-
ment odieux.
A New-York, Enrique Jos Varona avait pris la
direction de Patria, tandis que Quesada, secrtaire
du Comit cubain l'tranger, travaillait organiser
des expeditions continuelles, des secours en armes
et en munitions.
Marti devait tre une des premires victims de la
guerre. Surpris avec 200 hommes Dos Rios par
toute une arme espagnole, il tomba perc de deux
balles.
Ce douloureux vnement ne fit que redoubler le
courage des Cubains, et bientt commena la mar-
che en avant de victoire en victoire du gnral stra-
tge Miximo Gmez et de son audacieux lieute-
nant Antonio Maceo. Ces deux homes surent
vaincre toutes les difficults, organiser et aguerrir
toute une arme.
S. ..... ... . ..... ...... .... .... ..... .. .. ... ..
De partout, les volontaires accoururent; on avait
plus d'hommes que de fusils. Macco, pendant toute
la priode d'organisation, tint l'ennemi en chec et
permit ainsi Gmez d'organiser son arme. Celle-
ci se composa d'abord de paysans et de planteurs
cubains, exasprs de s'extnuer depuis de longues
annes pour voir leurs riches rcoltes dvores par
la rapacit espagnole; de nombreuses expeditions
de Cubains 'rfugis aux Etats-Unis, tous bien ar-
ms, vinrent constamment augmenter l'arme.
Toutes les dfaites des Espagnols mettaient de
nouvelles armes dans les mains des rvolutionnai-
res. Ceux-ci se contentent de dsarmer leurs prison-
niers et de leur donner ensuite la libert: ils n'en
veulent pas des homes, mais un gouverne-
ment. A cette gnrosit, les Espanols rpondent
en fusillant tous les Cubains qui tombent entire
leurs mains.
Mais beaucoup de soldats espagnols, qui ne font
pas la guerre pour leur plaisir, ont prfr combat-
tre dans les rangs des insurgs plutt que de retour-
ner sous les bannires royales: jusqu'ici, il y en a
environ 1i.oo0, dserteurs ou prisonniers, ayant
prfr se joindre l'arme de la libert. Et ce fut l
un considerable renfort pour les Cubains : 1o,ooo
soldats aguerris e arms d'excellents fusils.
L'arme rvolutionnaire compete plus de 70,000
homes. Parmi ceux-ci, plus de 40,000 ont d'excel-
lents fusils. Les autres, en attendant de nouveaux
envois ou de nouvelles conqutes de Remington et
de Mauser, se servent de leur terrible machete. Le
machete est une sorte de long couteau-poignard qui
ne quite jamais le Cubain et qu'il manie avec une
dextrit et une vigueur incroyables pour se frayer
un chemin travers les lines et les forts vierges.
C'est aussi une arme redoutable. Et lorsque, au cri
de: Al machete! un batailloh cubain se prcipite
sur les lignes espagnoles, le choc est terrible, irr-
sistible.



L'E/oilc Socialiste, Bruxelles:
Depuis douze longs mois, le monde assisted im-
passible l'gorgement d'un vaillant petit people
combattant, avec le courage le plus opinitre, dans
une lutte ingale et froce, pour la plus just et la
plus sainte des causes : la Libert !
Des deux cts, l'acharnement est le mme : les
Espagnols s'enttent, prfrant se ruiner en homes
et en argent, plutt que d'accorder l'indpendance
une colonies qui leur a caus cependant dj bien
des tracas.
Les Cubains, d'autre part, malgr plusieurs tenta-
tives antrieures qui les ont dcims et puiss mais
non dcourags, ont recommenc la lutte avec une
nouvelle nergie.
Semblable un vieux satyre qui, entire ses griffes
et ses ongles crochus, retient une jeune vierge que
ses sniles et immondes treintes salissent et
puisent, le people espagnol, dcrpit et ruin par
une monarchie chancelante et par une bande de
politicians rapaces, fait un supreme effort pour
garder sa proie.
Pour rduire les rebelles, l'Espagne est oblige de
mobiliser la plus grande parties de ses contingents,
de les transporter, au prix d'une longue et coteuse
traverse, jusqu'aux Antilles. Ayant dj, aupara-
vant, ses resources taries et ses coffre-forts vides,
il faut nanmoins encore prodiguer follement cet or
qui lui serait si utile et qui n'est amass qu'en pres-
surant un people rduit la misre.

Et si nos voix ne sont pas coutes, les moyens
pratiques surgiront bien aprs. Que sou par sou,
pice par pice, des monceaux d'or, recueillis pour
les hros des Antilles, prouvent qu'en ce sicle, si la


puissance du veau d'or consacre encore souvent
l'injustice et cause bien des ruines, elle peut aussi,
suscite par la Sainte Piti et jointe la Solidarit
Humaine, se laver de ses tares ettaler sans honte
son fauve clat au soleil de la Justice!
Et les gouvernements et l'Autorit?
Que peuvent-ils si nos protestations sont puis-
santes et unanimes; si dans tous tes journaux, dans
tous les forums et les assembles publiques reten-
tissent des paroles indignes ?
Pourra-t-on billonner la voix de cent peuples
qui camera, imprieuse et mue, par-del les mers,
par-dessus les hmisphres, aux valeureux et infor-
tuns Cubains: Courage et Espoir ?

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AVIS


On trouve La Rpublique Cubaine.
Paris, dans les kiosques suivants :
M"- Shneider, ii l'angle du faubourg Montiartre et du
boulevard.
Kiosque Mi' en facc lo passage .Joull'roy.
3i, ii l'angle de la riie Le Pelletier et du
boulevard,
32, oin ,.fac e 'fp Rif ipe.
18, i l'angle dut boulevard el de la rue di
Iloiler.
31, en facelele C(f'p dei 1, Paix.
S 24(;, en fac Ie le Gr(u I(tel.
21;:, Id.
12, en face les magasins du Old Eniqland.
10, en faie le Grad Cltf.
S 1, place de la Madeleine, St',tion fles Om-
niibus Pnssii-Boii'rse.
5i, i l'iangi du boulevard et de la rue des
(inatp cines.
en face lOlJympifa.
25. Cen faeo le Cr(dit Lyonnais.
nc face la Gare Sainit-Liaza're (cour des
lines de banlieue).
37, en facele CafJ C(ardinal.
41, en face le Bec Auer, entire les rues Riche-
lieu et Vivienne.
200, i l'encoignure do la pluco de l'Opra et du
boulevard dos Capucines.
134, rue Royale, en face le restaurant Lamie.
140, avenue des Champs-Elyses, entire la rue
de Chaillot et l'avenue de l'Alma.
4l'il, avenue dles Champs-Elyses, en face de la
rue dui Bel-espiro.
en face les MiIr sinis dit Prinitemps.
lirs la stalion dol la Mluelte-Taithoutt, ]>ou-
levard 1lauissmann aet rue Tailbout.
S place de la Bourse, vis-a-vis le buireau de
liosle.
l'auboiimrg Poissonnir'e, ('onser'vtoire.
plinc' du Palais-Royal, angle de la rue de
iRivoli, ca face lebl'eau des onmibus.
fi l'eonoigniuri de la rite u o la Boitie et du
fauilourg Saint-ii-linoir.
pine Saint-AKugustin, arrit des tramways
31ue tte-Taibout.
215, avenue Wagram et rue Troyon.
Y place de l'Etoile et avenue Mac-Mahon.
22, f l'angle de la rue (lu Helder et du boule,
vard, en face la machine Yost.
17, boulevard des Capucines, en face le caf
"npolitain.





Pour paratre prochainement




CUBA CONTRE ESPAGNE

PAR


ENRIQUE JOSE VARONA

EX-DPUT AUX CORTS



Le Jour public



LES VENTURES


DE MA VIE


PAR


HENRI ROCHEFORT




Dentiste Amricain

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23, Avenue

L'administrateur-gerant : G. ETARD.

TROYEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126.


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