Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: May 14, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00017
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
Rue Baudin PARIS i Y6 ABLE D'AANCE
0, Rue BaudAnne PARIS 14 Mai 1896 N 7 Uneanne ................................ f.
Un semestre ................ ................... 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: EAL-ALTOG-. Un trimestre ............................. 50
,T"LEPro]-a A L'TRANGER
__ PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne................ ............. 35
Les manuscris ne sot pas rendus Un semestre ............................... l 50
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMERO....... O fr. 50


.AUX CUBAINS
ET AUX PORTORICAINS

Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort common et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
F'tranger.

IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
1dant ou se trouvant accidentellement i l'trange'r,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue a
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.

--------*-----~----

1VI A.1"N I S- T-'-E
DU
PARTI RVOLUTIONNAIRE C:UBAIN

L'insistance avec laquelle parent, depuis
,quelque temps, les journaux amricains au sujet
des rformes introduire dans l'administration
a Cuba par le gouvernement espagnol, m'oblige
4 demander ces mmes journaux qu'ils veuil-
lent bien accorder la publicity de leurs co-
lonnes aux observations suivantes que je fais au
nom de mon Gouvernement, de l'arme libra-
trice et du parti rvolutionnaire cubain.
Cette question de rforme n'est pas le sujet qui
concerne ceux qui ont tabli Cuba un gouver-
nement indpendant et sont rsolus au sacrifice
d arriver secouer le joug espagnol. Que les Es-
pagnols rsidant dans l'ile, combls par le gou-
vernement espagnol de toutes sortes de privileges
et de monopoles, qu'une poigne de Cubains sans
coeur et que quelques trangers, n'ayant d'autre
ambition que leurs intrts, souhaitent de voirt
Cuba continue subir la domination espagnole,
rien de mieux; mais, quant nous, ceux qui se
battent sous le drapeau de l'Etoile solitaire, ceux
qui ont constitu la Rpublique de Cuba, et qui
faisons parties d'un people libre ayant son propre
gouvernement et ses propres lois, notre rsolu-
tion est irrvocable : nous n'entrerons en aucun
pourparler avec l'Espagne qui n'aurait pas pour
bas l'indpendance absolue de Cuba. Si l'Es-
pagne a le pouvoir ncessaire pour nous exter-
miner, qu'elle le fasse et convertisse 'ile en un
vaste cimetire; sinon qu'elle se dcide prendre
l'unique measure possible pour terminer la guerre


i l-ce ilm


et viter la ruine total de toutes les proprits;
qu'elle reconnaisse sans perdre de temps notre
indpendance, parce qu'elle doit savoir, sans
quivoque, que, tabt qu'il restera un Cubain
digne de ce nom et il y en a plusieurs mil-
liers il n'y aura pas de paix possible Cuba,
ni esprance de repos, mme dans le cas presque
impossible o l'insurrection actuelle serait
vaincue.
Les grandes causes finissent toujours par
triompher, et la ntre ne peut tre ni plus
grande ni plus just. Nous avons, nous autres
Cubains, plus de raisons pour secouer le joug
espagnol que n'en avaient les trois colonies qui
se soulevrent en 1775 contre le Gouvernement
anglais. Ces colonies possdaient les droits im-
prescriptibles de l'homme : la libert de cons-
cience, de pense, de runion, de locomotion;
elles lisaient 'librement leurs autorits locales,
faisaient leurs propres lois et jouissaient relle-
ment d'un gouvernement propre. Ils n'avaient
pas un capitaine-gnral ayant le pouvoir arbi-
traire d'emprisonner des citoyens pacifiques, de
les bannir sans raison, de les fairejuger par une
cour martial, de les envoyer dans les bagnes
d'Afrique ou h l'chafaud, suivant sa volont.
Elles n'avaient pas entretenir en tous temps
une arme permanent d'occupation'et une par-
tie de la flotte national, ni non plus payer un
essaim d'employs affams, envoys chaque an-
ne de la mtropole comme des oiseaux de pioie
la colonie. On ne leur imposa jamais un tariff
stupidement protectionniste qui les obligeait,
comme nous, acheter la mtropole les arti-
cles de premiere ncessit qu'ils auraient pu se
procurer moiti prix dans un pays voisin. On
ne les obligea pas non plus subir un budget de
26 30 millions de piastres par an, labor sans
leur consentement et presque exclusivement des-
tin payer l'arme et la flotte d'occupation, les
milliers d'employs europens et tout l'intrt
d'une grande parties de la dette national, ne
prlevant rien de cet norme budget pour l'du-
cation publique et consacrant seulement 700,000
piastres aux travaux publics, don't la moiti
tait dtourne par les hauts employs de l'ile
- tous Espagnols leur profit.
Alors, si jamais on n'a mis en doute le droit
des'trois colonies anglaises d'Amrique de se
soulever quand la Grande-Bretagne voulut, sans
leur consentement, imposer le th et le paper
timbr, qui pourra douter de la justice et de la
ncessit force dans laquelle se voient obligs
les Cubains de combattre de nouveau pour s'af-
franchir jamais de la tyrannie espagnole et de-
venir, dans leur belle fle, une nation indpen-
da'nte. Je suis certain -- a quelques exceptions
prs qu'il n'y a pas un seul citoyen amricain,
quelque classes qu'il appartienne, qui soit ca-
pable d'appuyer aucun project pour que la lutte
actuelle prenne fin, si ce project n'avait pour
base absolue l'indpendance. Nous avons, nous
autres Cubains, lanc le gant. Nous.sommes con-
vaincus que nous pouvons nous gouverner nous-
mmes; nous savons fort bien, par l'exprience,
que, comme people, nous sommes trs suprieurs
aux Espagnols, que nous ne pouvons attendre
aucune amlioration de leur part; bien au con-
traire, plus nous serons sous leur domination
et pire sera notre condition, parce que nous
n'avons rien apprendre d'eux au point de vue
politique, si ce ne sont les mauvais examples de
corruption tous les degrs de l'administration
publique, de la bureaucratic leve la hauteur
d'une institution publique, qui tue les nergies
individuelles, et initiative pour l'assurance de
vivre de la spoliation des deniers publics:
Eu gard aux ides modernes et aux aspira-


tions dmocratiques, nous sommes beaucoup
plus avancs que les Espagnols et, sur ce point,
come en tant d'autres, nous n'avons rien de
commun avec eux. Nous sommes Amricains,
respirant l'air pur des institutions libres et con-
templant avec envie le gouvernement du people
par le people et pour le people. Nous sommes en
aussi bonnes conditions pour nous gouverner
nous-mmes, sans crainte de perturbation, d-
sordre ou guerre civil, come l'taient, quand
elles se sont affranchies de l'Angleterre, les trois
colonies amricaines, et en bien meilleure situa-
tion que les colonies de ce continent quand elles
ont secou le joug de l'Espagne. L'esclavage a
cess en Cuba avec son cortge d'injustices et de
cruauts. L'homme blanc et de couleur y vivent
en parfaite harmonie sans proccupations offen-
sives et sans ressentiments entire eux. Chacun,
de son ct, lutte pour obtenir sa libert poli-
tique. Les homes de couleur, Cuba, sont trs
suprieurs ceux des Etats-Unis : ils sont labo-
rieux, intelligent et amoureux de l'tude. Pen-
dant les quinze dernires annes, ils ont acquis
un degr de culture intellectuelle qui tonne.
D'un autre ct, les milliers de blancs, avec les
facilits que leur procuraient leurs resources
financires, ont complt leur education dans les
pays strangers, notamment aux Etats-Unis, o
ils se sont habitus aux pratiques rpublicaines
et a l'exercice de leurs droits d'hommes libres,
se prparant ainsi et prparant leurs fils l'exer-
cice de ces mmes droits sur leur terre natale,
affranchie de la domination espagnole. Entr'au-
tres preuves que l'on peut donner de ila capacity
du Cubain blanc et de couleur pour se gouver-
ner, on peut voir la solide organisation du parti
rvolutionnaire. Plus de vingt mille Cubains, r-
partis dans les diffrentes nations amricaines et
organisms en clubs, qui obissent tous un fonc-
tionnaire suprieur nomm par eux, chaque an-
ne, en font parties. Cette organisation a cinq ans
d'existence, pendant lesquels chaque membre a
accompli fidlement les devoirs qui lui incom-
baient, a observ et prt serment d'obissance
au Dlgu lu. Parmi les membres des clubs, il
y a plusieurs Espagnols qui jouissent des mmes
droits que les Cubains et vivent avec eux en
complete harmonie. Ce fait, et les nombreux Es-
pagnols qui font parties de notre arme, sont une
demonstration loquente que notre Rvolution
n'est pas le rsultat d'une haine personnelle,
mais bien un movement simplement inspire par
l'amour natural de la libert et des institutions
qui en dcoulent. La guerre qui se fait Cuba a
pour but de se dbarrasser de la domination es-
pagnole et d'tablir une rpublique indpendante
qui protgerait galement les Espagnols qui
voudraient continue habiter Cuba, et les
Cubains, comme membres d'une mme commu-
naut et citoyens de la mme nation. Ceci est
notre programme, et nous l'avons toujours ac-
compli. Le jour du triomphe, nos lvres n'auront
de reproche pour personnel, et nos bras seront
ouverts tous, Cubains et Espagnols, quelles
qu'aient t leurs opinions et leur attitude pen-
dant la guerre. Mais tout le monde sait qu'entre
la Revolution actuelle et le Gouvernement espa-
gnol, il n'y a aucun arrangement possible qui
n'ait pour base la reconnaissance de l'indpen-
dance de Cuba. Il est inutile de parler de rfor-
mes et mime de la plus large autonomie, c'est se
faire des illusions et perdre un temps que l'on
doit mettre profit pour viter la ruine et la d-
solation de l'ile. La Rvolution est puissante, in-
carne dans le people cubain, et il n'y a ni pou-
voir espagnol, ni pouvoir human qui puisse
l'arrter dans son course. La guerre, depuis que
le gnral Weyler a reu le commandement de


l'arme, a revtu un caractre de fer. Ses troupes
fusillent et tuent les blesss et les malades, as-
sassinent les gens sans defense et ineendient les
habitations. Les troupes cubaines, de leur ct,
dtruisent, comme measure de guerre, les fabri-
ques et les moulins sucre, et sont dcides ne
laisser pierre sur pierre au course de la champagne.
Qu'ils mditent, ceux qui peuvent amener la fin
de la guerre bref dlai, et qu'ils pensent que
l'arbre de la libert est arros du sang de milliers
de Cubains et surtout de celui de Jos Marti,
aptre et martyr de la. Revolution actuelle;
qu'ils pensent que devant l'image vnre de ce
nouveau rdempteur, il n'y a pas un seul Cubain
capable de reculer devant l'oeuvre de l'manfi-
pation, et qui ne rougisse l'ide seule de replier
l'enseigne sacre dploye le 26 fvrier par le
Matre tant aim. Le temps est venu o le people
cubain va pouvoir raliser sa just aspiration de
pi'endre part au concert des autres peuples ind-
pendants: et ce n'est pas sa faute si, pour accom-
plir son noble project, il convertit en montagnes
de cendres tout ce qui existe sur la terre de
Cuba.
Tomns Estrada Palma.

--------**---------

BATTUS ET CONTENTS

(Suite)
Suite mais pas fin, bien que celle-ci approche.
Toutes les personnel qui crivent de Cuba, qu'elles
soient cubaines, espagnoles, amricaines, fran-
aises ou de n'importe quelle nationalit, ne ces-
sent de rpter : Les Espagnols ne disent pas
un mot de vrai au sujet de la guerre actuelle.
C'est ainsi que les patriots cubains n'ont cess
de fuir... travers les lignes espagnoles suivant
leur convenance et leur bon plaisir. Mais si habi-
tus que nous soyons aux cocasseries des corres-
pondants vaudevillistes des journaux de Madrid,
nous ne pouvons rsister au dsir de reproduire,
textuellement, cette dpche que public El Ie-
raldo (4 mai) de son correspondent de La Ila-
vane. Cette dpche est un vritable chef-d'euvre;
savourez-moi a
La Havane, 3 mai.
Les journaux d'aujourd'hui commentent en ter-
mes flatteurs la valeureuse conduite de la colonne
Incln, faisant ressortir l'exceptionnelle importance
de la droute d Macco. On attend l'arrive de quel-
ques blesss, auxquels on fera un accueil enthou-
siaste.
Aprs le combat. Inclan eut de nouwelles ren-
contres avec l'enn em i q ui fut repoussavec des pertes
importantes.
On envoie des i'enforts Incln, et on lui com-
munique ainsi qu' d'autres chefs de colonnes des
ordres pour une nouvelle operation combine, la-
quelle contribueront probablement des forces d'Aro-
las.
Ainsi, c'est entendu, Maceo a t battu, suivant
une mauvaise habitude don't il ne peut plus se
dfaire, mais c'esl vous qui abondonnez le ter-
rain; tandis qu'il fuit toute vitesse... vos
trousses, puisqu'a/n'?s I( combtl vous avez en-
core le repousser.
Il est vident, en effect, que votre Inclan a t
victorieux, et la preuve c"est.. qu'on lui encoie
des r'enf'orts.
Tout cela sans parler de vos blesss auxquels
on fera un accueil enthousiaste.
C'est gal, ou le correspondent en question est
de bonne foi et, dans ce cas, il peut revendiquer
le record du crtinisme, ou il est de mauvaise fui,
et alors...
Egmont.

*






LA RPUBLIQUE CILNINE


14 MAI 1896.


LETTRES DE LA HAVANE '


M. le Directeur de La Rpubliqueeubaine:
La Havane, le 5 aIf1896.
Cheb~i"ii : La Rdv,,tMi.:m.a i del~B al. t dains ctL-
le e 24 ivrier ce l'.rantid d.-rcire est arrived .
aci irr pltus de fltce q,' persdnne nJ lraat pu le
penser.- -
4Limiiit.'dan.s le-, p ,:en;ier- ijour- tla .pr.v; nce de'
SatiragfJ de aba eflle s'e:L -endiue, peu de t'.nrps
Fiprs, au:, ri-riries de Pt~ti... P icipe ~tide as
'Vlfra, et,-tffertirrm'nt, i 'cli ; de'rl Harri,. et ife
Pinardel Rio.
C'est vraiment rnerveilleux te voir IL dci.loppe-
ment obtenu par le movement rvolutionnair; au
fur et measure que le government Espagnol,
force de sacrifices..,et d':fi'foi ..i.nu.Li;.-a -ensoy ici
l'arme la plus considerablee. qu:e. :jamais pouvoir
europen ait envoye en Amrique, tes risurgs ont
augment leur nombre l'infini.
'Le tableau suivant pett donner vos lecteurs,une
ide de l'accroissement des forces d'es deux parties
ci:,imtbatt.int, dans la dernire anne, c'est--dire .du
mois de mars 1895.au mme mois de 96.
ARMEE

Mois Annes Espagnole Cubaine

Mars 1895........t.. 5i.ooo 1d.500
Avril ........,..... 35.0.oo 3.8oo
Septembrre . ........... 76.000 0 000ooo
Novembre ............ 80.000 ooo 3o.ooo
Janvier 1896............ o.ooo 50o.ooo
Mars ........... I35.ooo 6o.ooo
Il faut ajouter au chiffre de l'arme rgulire espa-
gnole, 75,000 volontaires et guerrillas mobiliss.qui
forment les garnisons dans les villes et dans les
campagnes.
Examinant ces chiffres, on voit qu'en un an l'ar-
me espagnole a augment neuf fois son effectif pri-
'mitif; mais ce qu'il y a encore de plus surprenant,
c'est que les Cubains, sans lments, sans protection
presque d'aucun genre et luttant contre un ennemi
si puissant et contre toute sorte d'obstacles, aient
pu donner au monde entier l'clatant spectacle d'une
arme devenue quarante fois plus nombreuse que
celle forme il y a un an par les patriots dvous
qui proclamaient l'indpendance sous l'inspiration
de l'inoubliable martyr Jos Marti.
Il faut connaitre la topographie de 'ile de Cuba
pour pouvoir se rendre compete de ce qu'ont fait jus-
qu'aprsent les patriots et apprcier l'importance de
l'invasion des provinces d'occident. Les Espagnols
tchrent d'empcher l'entre de Gmez, gnral en
chef de l'arme cubaine, Puerto Principe, et ils n'y
russirent pas; plus tard, ils se proposrent d'arr-
ter le movement en avant de cette mme arme,
unie .celle de Maceo, son lieutenant-gnral, et,
malgr tous leurs cordons militaires .et to.utes les
lignes de defense, du nord au sud de l'le, Gmez
envahit toute la province de la Havane et Maceo
avana jusqu' l'extrmit occidentale de la province
de Pinar del Rio. C'est--dire que les Cubains domi-
nent dans la champagne d'une extrmit l'autre de
l'ile, laissant seulement aux Espagnols l'enceinte
des villes. Ils vont et viennent avec une facility pro-
digieuse et ils se battent quand ils veulent. Leur
plan est de prolonger la lutte pour affaiblir le gou-
vernement espagnol, qui.est oblig d'envoyer tous les
jours des renforts sans faire un, seul pas.en avant.
Le gnral \Veyler n'a fait ni ne fera rien de coim-
parable ce que fit le marchal Campos. Il est la
tte d'une arme de 21o,ooo hommes laquelle il
ne manque rien, car Canovas del Castillo et son
ministry de la guerre, le gnral Azcarraga, ne lui
iefusent rien. Malgr cela, il ne peut triompher de
60o,ooo homes mal arms, qui manquent de tout
et qui viennent le provoquer jusque dans les fau-
bourgs de la capital, o il s'est enferm sans sortir
mme de son palais, tchant, dit-il, de trouver un
moyen de rsoudre le problme d'une faon favo-
rable, sans comprendre que l'indpendance de Cuba
n'est qu'une question de temps. En voici la preuve:
Les insurgs ne livrent bataille l'arme espa-
gnole que quand les circonstances leurs sont abso-
lument favorables et ils vitent toute rencontre
quand ils ne sont pas srs du triomphe ; donc, ils
sont capable de prolonger la guerre tant qu'ils vou-
dront t, par consquent, d'arracher l'ile la domi-
nation espagnole. Les gens de la champagne ignorent
toujours o se trouvent les insurgs, et ceux-ci con-
naissent par eux tous les movements de l'arme
royale. Dans l'arme espagnole existe une profonde
dmoralisation, et la plupart des chefs sont intresss
ce que la guerre se prolonge pour obtenir des
grades et acqurir des fortunes, et c'est un fait connu
aujourd'hui de tout le monde que si trois ou quatre
gnraux et colonels ont eu de l'avancement, cela
est dtu principalement la rclame qui leur a et
faite per les correspondents en champagne du IHe-
riildo, El Imparcial et d'autres journaux de Madrid
qui. chaque jour, dans leurs tlgrammes. nous
cjmmuniquent les actes d'hro'isne de leurs pro-
tgs.

il) C(otl letire de notre icnir~ispon lani, arrive avec
jiteltutes jours de rel;ird, n'a rien perdu de son intrt.
SV. de lu I.


De l le mcontentement des soldats, et Ac.
classes, victims de leurs efforts et de leurs soujmiir-
ces qui ont caus, jusqu'aujourd'hui, la rnitt -&e
plus de 30,ooo Fperionr ls. Bs, computer les'cS ,,"
qui, dseptibes. ,nt pas ri i l'finemi avec armes
tl b.i .4-t. .
S''~, t'fn.iur..; di..lt au'.. p:' tei. la Havaae 't'
SG.,,z n'a Pjinis' e.i. pendant de mois, soni.cam-
penaent plu; de2o kilomtres,..d8 notre Mille. qui
nr,.vr,.;.l e matt dii l'ai. .ji l.a-iande et des lgu-
~ls, ci;.. etc.; qu- -qu and ,des in u.ur e le !per-
rirmeteHi.'. : '
S l:e itaux .que : a i'iaJk ~s fuient toujauisa ,et que
cent Espagnols suffisent battre I,ooo et 2,000 insur-
gs; le sens common prouve le sens contraire. Sans
lutter, sans vaincre, sans rompre les lignes espa-
gnoles, les insurgs n'auraient jamais pu mener
leurs. coJlones j.usq.u' L'occident de, Ft'le; il n'y a.
que les Espagnols vivant dans une atmosphere
d'illusions qui puissent dire le contraire.
,Quand les chefs de la IRvolution annoncrent
qu'ils allaient portend la guerre dans tout le pays, les
Espagnols sourirent aeec ddain. Plus tard, quand
ils pntrrent dans Las Villas, ils dirent qu'ils
f. uyaient paursuiuiis activement par l'arme roya-
liste.gui.avait intrt ,les amener'sur .un.territoire
plat.pour les forcer butter et.ensuite.Les dtruire.
Gmez entra dans la province de la Havane,.s'y
rendit.maitre de toute la champagne, et Maceo resta
Pinar del Rio, o il remua jusqu' la dernire
pierre, et alors le gouvernement espagnol proclama
qu'on mettrait entire les deux une line de 25,ooo
honmine et qu'on battrait les deuxt chefs sparment
pour empcher leur jonction. Maceo, Sans s'occuper
de cette menace,prend possession.de presque toutes
les villes de la province de Pinar del Rio, donne des
bals dans diverse mairies, organise'les -populations
militairemenL.et y tablit des autorits,civiles; et,
une fois maitre des armes et des munitions qui s'y
trouvaient, il retourne la province de la Havane
la tte de ses orientaux et de plus de mo,ooo hommes
qui se joignirent lui aprs ses victoires. Devant ce
rsultat, le nouveau gouverneur gnral, M. Weyler,
qui avait promise de balayer les deux provinces occi-
dentales, ne- trouva autre chose dire que ceci :
J'ai facility la contremarche des rebelles vers
l'orient, parce que je me propose de raliser la r-
colt en -occident, certain que je suis d'touffer
l'insurrection une fois ramen.e en orient.
Triste et malheureuse declaration, car une fois
Maceo et G6mez dbarrasss des blesss, la Sigua-
nea, ils sont retourns leurs anciennes positions,
en occident,, o ils ont entrepris une nouvelle cam-
pagne, plus active que la prcdente, disposs agir
selon le systme de guerre que le gnral VWevler
adoptera.
Voyons les rsultats :
La seule announce que ce gnral allait commencer
la guerre mort. a fait que les homes capable de
prendre un fusil et qui taient rests indcis, sont
alls rejoindre les colonnes rebelles, et les femmes,
les enfants et-les vieillards sont parties en exil, pour

ne pas courier le 'Iqi,.i. d'irr': la proie d'un gnral
q.ui, pendant la guerre de 1868, laissa une lgende
de cruaut,.qu'aucun Cubain i! .i :.u-.i...
Deux measures -.rin;p. t furent prises par ce g-
nral son arrive Cuba, avec lesquelles il croyait
finir la Rvolution: monter l'infanterie et concentrer
les habitants de la champagne dans les villes. La pre-
mire a donn des rsultats dsastreux; chaque
rencontre, tous ces cavaliers improviss ont vid les
arons sitt que leurs chevaux ont entendu les pre-
miers coups de fusil. La concentration des paysans
dans les villes a amen la concentration de la misre,
et ces pauvres malheureux, qui vivaient, avant, du
travail de la terre, se trainent aujourd'hui dans les
rues, demandant l'aumne, presque mourants de
faim et couchant sur les bancs des places publiques
ou la porte des maisons.
La reconnaissance de la belligrance des Cubains,
par le Congrs ainricain, a produit une excitation
extraordinaire dans la population espagnole de l'ile,
qui croit absolument pouvoir conqurir les Etats-
Unis par la force des armes. Voici comment ils s'ex-
priment dans les cafs et dans leurs centies de ru-
nion : L'arme de Cuba servira envahir la Flo-
ride, traverser tous les Etats du Sud et prendre
\ashington. D'un autre ct, l'escadre espagnole
bombardera les ports de New-York, Boston, Phila-
delphie et dtruira tous les navires de l'escadre am-
ricaine. Aprs cette incursion, l'Espagne exigera des
Etats-Unis une indemnit suffisante pour .payer les
dpenses de la champagne de Cuba, la champagne
amricaine et le montant de sa dette exterieure, de
faon pouvoir rgnrer la Nation espagnole.
Pauvres gens l c'est croire qu'ils vivent encore
dans les temps de l'illustre hidalgo de la Manche,
et qu'ils sont capable d'entreprendre une venture
semblable avec la mme ardeur que le bon Don
Quichotte attaqua les moulins vent.
La ralit des faits, cependant, semble commencer
leur faire ouvrir les veux. Un de leurs journaux
vient de publier dernirement une statistique de ce
que cote la guerre Cuba. en dehors de la perlt
d'hommes et de l'entretien dc l'arme.
Voici l'article : Ce que cote la guerre:
Quoique cette vrit soit trop amre, nous ne
devons pas la cacher.
Dans la premiere anne de guerre, ce malheureux


pays a,.erdu le capital que nous gallons dtailler;
Alli~n.!. endu que nos calculs sont bass sur les
Si~i les plus approchants de la ralit et sans
I:'qiil puisse y avoir une, difference de plus de oo/o.
Frais de guerre ..................i,. oo.ooo6oo:- fr.
Perte de la rcolte de sucre....... 25o.aeo.ooo
40,000 chevtax yvIsl t disparus.. 3.000oo...- .'
5o0ooo ttes de 'tail tues ........ ..50oo.0 o
Villages dtruits...... ............. 5.ooo.ooo
Dommages faits aux chainss de
fer ............ .........'.. 5.oo;ae:oo">
Prjudices causes aux villes mises
,sac................... o. .. .o.oe 00ooo '
Trava.x agricoles non' raliss.... 25.ooo.ooo
Pertes td capitaux raliss........ 50.000 ooo

Total........... 670.500.000 fr.
Six cent soixante-dix millions cinq cent
mille francs perdus en un an, dit le journal. Pour
les regagner, il faut au moins cinq ans de travail
assidu, sans cornpter plus de 9o,ooo,ooo de francs
d'intrts de notre dette.
La saison des pluies va commencer, et il faut cal-
culer qu'une pareille some doit disparaitre cette
anne si les Etats-Unis ne se dcident pas mettre
fin cette guerre de destruction.
Je te laisse penser l'avenir qui attend les pau-
vres malheureux qui, comme moi, ne peuvent pas
quitter cette le.
Pepillo.


EXTRAIT
D'une autre lettre adresse de la Havane -3. 1)....
15 avril r89 '

Je rends grce au ciel de vous savoir tous en bonne
sant; nous aussi, nous allons assez bien physique-
ment; mais, le moral! mes enfants! quelle nergie
il nous faut pour nous maintenir peu prs calmes !
La situation est tous les jours plus grave; les insur-
gs sont maitres de l'lle; il ne reste aux Espagnols
que les villes importantes.
Maceo est install comme chez lui dans la pro-
vince de Pinar del Rio, et il est en train de l'orga-
niser, dit-il.
Il nomme les prfets, les ma'.-es, etc... Samedi
dernier, trois corps de troupes espagnoles ont t
l'attaquer dans son camp retranch, et le compte-
rendu official dit que nos troupes ont effectu une
glorieuse retraite gloriosa retirada) traduction:
n0us avons t battus plates coutures.
Mlximo Gmez a pass sous le nez du gnral
Pando et est all en orient, se runir Calixto
Garcia, qui a amen Cuba une formidable exp-
dition, 8 canons, 1,700 riffles, 700,000 cartouches,
dynamite, mdicaments.
Les points, les trains, les fabriques de sucre, con-
tinuent sauter et la rcolte est dfinitivement
perdue.
L'anne dernire, cette poque, on avait fabriqu
600,000 tonnes mtriques de sucre; aujourd'hui, on
en a fait 70,000, et c'est fini.
L'ile de Cuba avait fourni l'anne passe plus d'tun
million de tonnes, vous voyez la difference.
Tout a t dtruit, le tabac aussi. Enfin, l'le est
ruine; vous ne pouvez vous fair une ide de la
missive; la viande commence se fair rare, et est
trs chre naturellement; nous autres, nous n'en
mangeons qu'une fois par jour.
Quant sortir d'ici, cela est peu prs impos-
sible; on ne trouve mme plus vendre ses meu-
bles; tous les jours,.quelques magasins et boutiques
se ferment.
Notre unique espoir est que les Etats-Unis con-
tinuent ce qu'ils ont si'bien commenc: leur inter-
vention nous sauverait certainement; mais il a
craindre que le quichottisme des Espagnols ne
veuille pas baisser pavilion devant une nation tran-
gre et que la guerre s'en suive.
Je vous quite : j'ai l'esprit triste...

A. Rinex.:.

-------^ ~8------

AVIS


La D)lgation de la Rpublique de Cuba i
N\eS-Yourk. est transfere de I66 Broadwas, i
56 NEW STREET, 2' lage.




CUR TL 1 PIlS ED I II IV1


Pourquoi nous battons des mains aux ii.' ii.
hroques des Cubains puur s'affranchir, nous
qui, dans la vieille Europe oligarchique et indus-
trialisce jusqu'aux moilles, prconisons la nl-
cessiti dt'une refonte sociale' l'ourquoi nous
prenons parti pour une tle e qui 'esi. pint notre
lieu dcli nissauce contre n1in point un people,
mais un government stranger i :
C'est bien simple.
]Dans nos ides personnelles sur l'Ivolution du
pouvoir et du capital, nous pouvons aller' plus
ou moins loin. Ayant franchi des phases de d-


velopement politique, conomique et moral, par
lesquelles Cuba n'est point encore passe, nous
sommes amens rechercher .-s .:,ltliuii ,ai-
plicables notre milieu, .~jlos I.:- .ins.'i ra
'h" i'd'esprit et qui pourraient -r i3tlinmiient sh,-
quer-.militealieies:d:'iet, chez un prpI'l- LuiIF'I: 1
billonn et .tenu en lulell.'. ''eim'., I'ep.. . d,-
la 'lv1-lution fran:aise,. ontest deveoFi m:irin,
enthousiaste, plus raisonneur.
Nou s ri n ,alii..ii- pF1s moirs en Ua ievaoliiio:ni
.:U baine un movement .su peRbem~et :iimocra-
tifi.- d'ans 'lequel ii'sioni rint, d'_F\ :rit. ik mort:
blancs, ,riS, noirs, (il,;diJ,' i.i ipagr na.. sa-
vants, FettWks et travailleins, le premier pas fait
sur li Troiife interminable, mais toujours large,
de la'libert et du progrs social.
Pour nous, qui croyons que ce progrs social,
l'universalisation du bien-tre et de'la vieiritl-
lectuelle, doivent se fair, non-seulement sans
restreindre, mais encore en accroissant les'liber-
ts, nous voyons, dans l'effort supreme fait par
Cuba pour conqurir son, indpendance, la ges-
lion'personnelle de ses affaires,.non l'effet .dune
haine de race troite et aveugle, mais une ten-.
dance nettement progressiste.
Dans la rvolte, non de quelques ambitieux,
mais de tout,'uti 'pepl'e travailleui contre l'op-
pression bureatmratique et militaire, nous admi-
rons le noble effortide !'esprit moderne cher-
chant se .1pouilk-ir il'unei dvorante tunique de
Nessus. La suprmatie du sabre, le rgne de
Bridoison seront bientt, nous l'esprons, des
hideurs du pass.
\on, ce n'est point sous l'excitante griserie de
la poudre, enfivrs par l'odeur et la vue du
sang, que les Cubains se ruent au combat, tuent
ou meurent. Ils ne sont point des barbares : leur
idal est plus noble que celui du militaire pro-
fessionnel fascin par la conqute d'un galon. Ce
qu'ils veulent conqurir, eux, c'est la libert,
c'est le droit de cultiver sur leur sol le produit
qu'il leur plat, de ne point payer pour l'entre-
tien de routed qui n'existent pas, de n'avoir plus
nourrir une lgioin de parasites dvorants, de
juges trangers au pays qui vendent leurs sen-
tences, de scribes ignares de tout et inutiles
lorsqu'ils ne sont pa's dangereux, d'vques-sa-
trapes qui promettent le bonheur ternel en
change de la soumission au roi d'Espagne et ne
connaissent qu'une religion, celle de l'or. Ils
veulent avoir moins de princes de l'Eglise, moins
de capitaines-gnraux, moins de fonctionnaires
et plus d'coles, plus de routes, plus de libert.
C'est inronteslablement un progrs : l'avenir
fera le reste.
Et c'est pour cela. que nous croyons que la
Rpublique opportuniste ne reprsente pas le
dernier mot du progrs; nous envoyons, aux
homes de cmur qui, l-bas, luttent centre le
joug sculaire, la plus vive expression de notre
solidarity international.
Cosmo.

--------^ s 1i-------

APPEL AUX ITALIENS


Nous publions avrec plaisir et avec reconnais-
sance la circulaire suivante, mise par le Comit
lpublicain de Rome:

Pour la Rvolution Cubaine

AuX 'ITALIENS
In an s'est accompli depuis le 24 fvrier,
qu'une poigne de braves s'est lance une lutte
gigantesque, hroque, centre la tyrannie. Quel-
ques milliers d'hommes, mal arms, mal vtus,
iiml nourris, cerns de tous cts, par terre et
par mer, seuls, sans qu'aucun people leur portt
le moindre scours, barrent 1e chemini I 13:,()000
soldats jets sur eux par une soi-disant mre-
patrie qui n'a jiimais (t qu'une cruelle et f'roce
maritre inimarig na.
Cuba. la perle des Antilles, a toujours t pour
la monarchies espagnole un grenier, une banquet,
une mine inpuisable de richesses, onf elle a en-
voy ses favors a(lams s'engraisser et remplir
leur bour.,e. ('tatit une troupe de vrais dvasta-
leiir'.
El un million et demi de Cubains devaient
courber la tte, soui'rir plongs dans la stagna-
tion de la misre, produire des trsors pour les
parasites, enrichir une bande de destructeurs., de
voleurs, qui, apres avoir vcu tid la sueur des
opprims, s'en retournaient en Espagne mener
ine vie splendid et dissiper dans le vice les ri-
chesses qui ne leur coutaient rien.
Mais la balance a trbuch, et les braves Cu-
bains, las d''tre la merci de ces loups affams,
se sont rvolts et, forts de leur droit et de la
justice de leur cause, sans demander de secours






14, MAI 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


personnel, se fiant seulement leur nergie et
leur courage, combattent, comme jamais people
n'a combattu, pour leur liberty et pour l lpu-
blique.
Et il y a plus d'un an qu'ils opposent aux ty-
rans la plus tenace resistance.
L'Italie qui, au milieu de ses plus diverse
aventutes politiques, n'a jamais dmenti ses tra-
ditions chevaleresques et a donn des combat-
tants la cause de lalibert de tous les peuples,
ne peut pas rester indiffrente h ce spectacle.
Mais, aujourd'hui, plus que jamais, s'impose
aux hommes libres le grand devoir de la frater-
nit humaine, le devoir de prendre part la
lutte contre l'oppression, partout et en quelque
temps o elle s'exerce au dtriment de nos sem-
blables, le devoir de prter notre aide aux braves
qui, mprisant la supriorit du nombre chez
l'aveugle force arme de la reaction, lui oppo-
sent les saints nergies de la foi dans le triom-
phe du droit.
Nous appelons remplir ce grand devoir so-
cial tous ceux'qui ont le sentiment de la solida-
rit humaine et qui peuvent, dans la measure de
leurs forces, envoyer un secours.
Toute offre argent, imdicament, objets de
pansement pour les blesss, sera accepte.
On rendra compete des offres faites ou ralises
dans La Rpublique Cubaine, qui se public
tous les jeudis Paris, rue Baudin, 20, en espa-
gnol et en franais.
Rome, 5 avril 1896.
Le Comit :
F. Albani, publiciste; A. Fratti, avocat;
Docteur F. Falco; Colonel F. Gattor-
no; E. Nissolino, conseiller commu-
nal de Roine; Docteur F. Toloniei: -
F. Zuccari, avocat.

Envoyer les donations (en Italie) au Docteur
Federico Falco, Pharmacie Avogadri, Via Pales-
tro, Roma.

--------.^Bb- i-----

L'ESPAGNE & LES TATS-UNIS


Le gnral Weyler n'est pas moins froce, ne
pouvant, d'ailleurs, l'tre davantage; mais il est
plus crh'e. Potrvu qu'il fusille, il ne s'inquite
-en quoi que ce soit de la nationalit de ses fu-
sills. Au risque de se mettre les Etats-Unis sur
les bras, le voil qui, aprs avoir fait condamner
. mort trois Amricains months sur le vaisseau
le. Competitor, destin Cuba,- exige, sous peine
-de dmission de sa part, qu'ils soient passs par
les armes sans dlai ni merci.
Cest pour.l'Espagne la guerre immediate avec
.la, Rpublique amricaine, qui du reste s'y at-
.tend et arme en consequence; mais Weyler n'en-
tre pas dans ces considerations. Il a compt sur
.ces trois nouveaux cadavres pour complter sa
collection, et il n'admet point qu'on lui en fasse
,tort. C'est come si on lui retirait le pain de la
bouche.
Peut-tre le \Veyler, plus adroit qu'on ne sup-
pose, cherche-t-il implement ce prtexte pour
.abandonner un commandementdans lequel il n'a
pas plus brill que son prdcesseur, Martiicz
,Campos. Depuis qu'il fait tuer impitoyablement
tous les Cubains qui lui tombent sous la main,
les Espagnols ne s'en portent pas mieux, et ses
*cruauts n'ont servi qu' indigner un peu plus
contre l'Espagne les citoyens amricains.
Ses menaces de tout mettre feu et sang ont
ht la reconnaissance des insurgs come bel-'
ligrants par le Parlement de l'Union, et le'mas-
sacre des prisonniers capturs sur le Comnpetitor
serait incontestablement suivi bref dlai de la
liberation total de Cuba.
Un rfugi cubain ne me cachait pas, au mo-
ment du replacement de Marti'nez Campos par
Weyler, la joie qu'il prouvait de ce changement
,de politique.
Ce Weyler, me dit-il, commettra tant d'hor-
reurs qu'avant un mois il aura runi contre lui
l'ancien et le nouveau mondes.
Les vnements justifient (le plus en plus ce
pronostic, mais ils placent la malheureuse Es-
'pagne dans cette intolrable alternative : ou le
retour de Weyler, ce qui serait l'ahandon de la
lutte devant l'insur'rection triomphante; ou la
guerre avec les Etats-Unis, si l'on donne satisfac-
tion la soif de sang qui parait possder le fu-
silleur.
Quelle que soit la resolution qu'elle se dcide
prendre, il ne peut en rsulter pour elle que la
perte de la grande le. Et rien n'est pnible comme
de se voir forc de lcher une proie la conser-


ovation de laquelle on a dj sacrifi plus de qua-
rante mille hommes, morts de fivi ou'de coups
de feu, et dpens environ cinq cents millions;
d'autant que Cuba libre n'e rendra l'ancienne
mre-patrie, qui l'a ainsi traite en martre, ni
ses soldats ni son argent.
Si un homme d'Etat espagnol proposait, cette
.heure, aux Corts d'accorder enfin aux Cubains
la libert et l'autonomie qu'ils rclament, on ne.
manquerait pas de l'accuser de haute trahison.
Celui-l serait pourtant le plus raisonnable, at-
tendu que si la dernire insurrection. cubaine a
dur dix ans, celle-ci promet de ne jamais'firiir.,
Or si, commence depuis un an au plus, elle
cote dj aux rpresseurs qui l'ont si peu
rprime quarante mille soldats et, un demi-
milliard, on devine quel chiffre, avant quelques
annes d'ici, aura mont l'addition en hommes
et en pesetas.
La champagne cubaine n'est donc..plus qu'une
question d'amour-propre pour la Pninsule. Eh
bien son amour-propre mme n'a rien k y ga-
gner, puisque les Etats-Unis sont en train de lui
imposer leur volont dans l'affaire du Competi-
tor. 11 me semble qu' tous les points de vue,
mieux vaudrait cent fois fair contre fortune bon
coSur et cesser d'imiter, ces joueurs dveinards
mais obstins qui finissent par tout perdre, dans
l'espoir irralisable de rattraper ce qu'ils ont d-
j perdu.
Henri Ilocheforl.

.--- ----, ----

OPINIONS IMPARTIALES

.. . . ... ... .. .. .... ... .. .. ... ... .. .. .
Voil dj quatorze mois que les Cubains,
donnant au monde l'exemple de la plus virile
constance dans l'hrosme, luttent dsespr-
ment pour conqurir leur indpendance. Avec
une tnacit admirable, ils rsistent aux assaults
furieux de leurs farouches oppresseurs ; et leurs
succs grandissants, mal dguiss par la perp-
tuelle menterie des dpches officielles, que l'Es-
pagne rpand partout en Europe, justifient l'es-
poir supreme que garden dans le triomphe de-
cette just cause tous ceux qui ont le culte de la
libert.
Vainement les troupes espagnoles front des
prodigies de valeur; vainement leurs chefs,
inconscients de lahideur de leur rle, se montre-
ront impitoyables pour ceux qu'ils appellent des
rebelles et fusilleront des femmes et des en-
fants : la terre de Cuba les dvorera.
Allons, enfants (le la Patrie,
Le jour de gloire est arrive t
a cri Maximo G6mez.
Frres, il 'ail vaincre ou mlouir! i
claironne stoquement Maceo. Et tous, compre-
nant que le moment est dcisif, affrontent en
chantant la mitraille espagnole.
Depuis quelques jours, la Rvolution est en-
tre dans une phase nouvelle. Les Cubains poss-
dent maintenant des pices d.e canon : d'ici peu,
G6mez et Maceo iront frapper aux portes de la
Ilavane : ils ont dsormais des clefs d'acier aux-
quelles les portes des villes ne rIsistent pas long-
temps !
Et l'Europe, attentive, regarded tranquillement
se drouler les pripties de ce grand drame co-
.lonial : un people, class parmi les nations civi-
lisatrices , puisant ce qui lui rest d'hommes
et d'argent pour maintenir sa tyrannie moyen-
nageuse sur un autre people qui aime mieux
mourir que de vivre asservi.


Seuls, lesEtats-Unis ont lev la voix en fa-
veur de ces martyrs de la liberty.
. ....................
Rien ne prvaudra centre l'arrt du Destin. Et
nous rptons, avec Victor Ilugo :
Un people ne possde pa;is plus un autre
people qu'un homme ne possde un autre
homme
Ce n'est point par le canon qu'on scelle les
alliances durables. Les rpressions sanglantes
sont des horreurs inutiles, lorsque la haine des
colonies s'est lentement stratifie sur les iniquits
de la mtropole.
Peuple de Cuba, ayez confiance Bientt vous
pourrez fouler en maitre ce sol arros de vos
sueurs, fcond par votre sang, et o votre h-
rosme a plant l'arbre indestructible de la Li-
bert !
Benito Sylihain.


*


L'ESPAGNE AU PILORI

Continuons la triste numration des crimes
commis par l'Eapagne ppur conserver son rle
civilisateur en Amrique et dfendre son hon-
neur.
Par le coonel: Viuna, enlre- avajos et Corral
Ftl.,,i :
Assassinat de i;2 p.:er:onno-. pacifiques don't les
cadavres, rests sans spulture, furent la proie
des oiseaux. -
Par le lieutena:l .C'mpillo, Corralillo:
Assassinat de 6 blancs : Pedro Ortiz, Augustin
Pefialver, Ramn Alvarez, Angel Mantilla (g
de.60 ans); de. 2- multres : Ma'ximo Cabrera et
Barnab Ramos; d 4.ngres: Daniel Cuesta, En-
rique Cuesta, .Pedro ruz et Pedro Mayombe
'(, .g'd. i:,. i ei ..
En ,:,.ur :',uine fiiiinie d] couleur et 6 individus
don'tt on ignore les noms.
A Ilo/o Colorado:
SLes troupes espagnoles massacrent 4 femmes
et 2 enfants.
Par le inle'ral .';'fil:i:,, 4 Campo Florido :
Le miierii.T i r l ,l.. 9 prs.ones pa.cifiqp p.S, ap-
partenant . la race blanche, furnt emprison-
nes, ce sont: Jsus Ochoa, nmachiniste; Manuel
Martinez; Domingo Lujones; Margarito Zara; un
nomm Carlos, natural de Mni,.-vide et ancien,
matre d'cole; Camille et Jos Cejos; Joachim
Medina et Ramon Castellapos,
Le vendredi, c'est--dire deux jours aprs, ils
furent attaches les uns aux autres par le cou et
tus coups de fusil et de machete.
Dans la dpche officielle espagnole, ces vic-
times figurent comme pertes des Cubains sur le
champ de bataille.
Emprisonnes commie suspects, Coln,:.
Florentino Gonzales et Catatino iernandez
Gonzales.
Id. 4 Remedios:
Joachim B. Jimnez, lieutenant de volontaires,
et Jos Maurice Torres.
Id. 4) Las Miiw.s :
2 individus don't on ignore les noms.
Id. 4 ,,'i, n Clara:
Evaristo Lpez Castellanos, Jos del Sol Rodri-
guez, Victor Prez Gonzalez, Manuel Arbolay,
Felipe Naranjo Jinmnez,,Jun Ferni.nd.ez Ruiz,
Rufino Marell, Ledos, Jos Caharroca, Autouio
Berrengper, Miguel Gutirrez, Leopold Bamos,
Pi Valds, Jos de Jsus Monteagudo y Mora,
Luis Oropesa, onnseiller municipal, Yargs, ar-
murier, Ju'in Machido, et Calichs pre et fils.
Id. <' Caibaridn :
I.n fils et un neveu de Manuel Molina.
Id. Santiago de Cuba :
Cinq individus.
Id. & lalanzas :
Cipriano Jovellar. Jos Diaz, Felicien Cabrera,
Pedro BIalaros, Salustiano lIerriindez, Martial
Arriela, Felipe Soler, Esteban Peiialver, Jos Pina
y Brito.
/d. Laguna iran.de:
Ramon Ojito.
/d. t 20 individus.
Id. ( LuL Esper'nza
Francisco Inoeente Valds, Fernando Tirado,
Modesto Gonzilez, Manuel' Linares, et le ngre
Federico Azcuy Pino.
Total ......... 7( personnel ASASSSINzES
-Liste antrieure. 310 -

Total gnral. 38( -

(A suinn').


. I -.


Le discourse du Trne, prononc l'ouverture
des Corts espagnoles, est aussi fort que le trne
lui-mme. Nous y lisons :
L'insurrection serait dj termine, si les insurgs
ne recevaient pas des secours frquents et impor-
tants de l'tranger.
Naturellement, si, pour lutter contre votre


arme royale, contre vos canons et vos fusils
.r'*llitifin, les Cubains n'avaient' que des man-
ches blai, il est probable que leurs succs se-
raient moins dclatants.


Mais, vous-mmes, ne recevez-vous pas vos
armes del'tranger? Nous, au moins, nouis payons
de notre argent les: armes que nous envoyons
aux patriots; tandis que vous, vous en .tes r-
duits demander l'tranger mme de quoi les
payer.


Don Quichotte devient pratique; autrefois, il
marchait bravement au combat, mmine croyant
avoir affaire des gants; aujourd'hui, il se
plaint amrement que son ennemi ait le mau-
vais got de ne pas tre compltement dsarm.


Dans une dpche officielle du 8, Weyler, par-
la'nt dw gnral' cubain G6mez, l'appelle Maxime
tout court.
Nous savions, que Valrien tait en trs-bong
terms avec notre gnral en chef, mais nous.
ne pensions' pas qu'il en tait dj 'l 'appeler
par son petit nom.
Altons, Valridn, mon vieux, pas tant de
familiarity; tes racles qu'il t'administre net t'au-
torisent pas le tutoyer.


La stratgie espagnole se borne tablii des
trochas (lignes fortifies), et attendre patient
ment que les Cubains viennent les attaquer:
Weyler n'a qu'un dsir, c'est d'ordblim (de la
Havane) la construction de ces obstacls. .*;
C'est--dire que l'Espagne a plac tbute s'a
confiance dans un gnral de barrire.'::3 :
:;. ..i' .' :, ..

.I ror ,;lha .i e cub,-,he : .. ... ... ..
Nous entrerons dans la barrire, '' .
Les Espagnols n'y seront plus.
On ne.verra que leurs derrires...:.,.
La suite est tout indique. '


A propose, CastelaT, le ,bil,,int'i,/i', s'est
plaint de ce que les snateurs amricains ont
compar l'Espagne la Turquie..
Il considre cela comme une insulte.
L'esthte espagnol a raison: c'est une insulte...
la Turquie.

-------*--------- *


DERNIERES NOUVELLES

Les Espagnols avaient saisi, dans les eaux
cubaines, un navire, le Comp'elhtor, au moment
oi il dbarquait de la contrebande de guerre
pour les insurgs. Traduits en conseil de guerre,
les homes de l'quipage ont t e. ndamiis
mort. De la reclamation du consul des Etats-Unis
la Il :ii.-i, intervention du gouvernement am-
ricain, refus du gouvernement espagnol de df-
rer ses representations, et conflict.
M. Olney, secrtaire d'Etat, ap.r.
avoir confr avec le president Cleve-
land, a~ tlgraphi, sous forme d'ulti-
matun au gouvernemient de Madrid
que les Etats-Unis s'opposaient lex-
cution des Aimricains.
Sur les cinq prisonhiers condamns mort
par le conseil de guerre de la Iavane, deux sont
Cubains et trois sont Amricains. Un de ecs der-
niers est.un Anglais naturalis.
Le gouvernement de la Floride a ordonn
au 5o bataillon de se tenir prt une action im-
mdiate, par suite d'instructions rescues de Was-
hington au sujet de la question du Compelilor.
-.Le gouvernement .--li,- '.l1 demand au
gnral Weyler les pieces du procs,de la goailette
capture Compctilor, afin de. s.ouetitre le juge-
ment la revision du conseil suprieur le la
guerre.
11 se confirmed que le gnral Weylcr a d-
clar que, si la sentence du conseil de guerre
n'tait pas excute, il donnerait sa dmission de
gouverneur gnral de Cuba. Les gnraux
Ochando et Ahumada, qui ont des commande-
ments important a Cuba, auraient galement
exprim leur intention de dmissionner.
Le consul amricain de la Hlavane, inter-
vicvw, a donn son avis sous une forme des
plus catgoriques.
Les cercles politiques se montrent trs
anims.





LA RPUBLIQUE CUBAINE


14 MAI 1896


On comment surtout les dpches des
journaux qui donnent des dtails sur l'expdi-
tion cubaine parties de la Floride, malgr les
rclamations du consul d'Espagne.
Maximo Gmez, la tte de nombreuses
forces, s'avance vers la province de Matanzas.
La condemnation des prisonniers amri-
cains du Competitor, par le conseil de guerre de
la Havane, produit, aussi bien aux Etats-Unis
qu'en Espagne, une sensation norme. M. 01-
ney, secrtaire d'Etat, aprs avoir confr avec
M. Cleveland, a fait mander M. Dupuy-de-
Ime, ministry d'Espagne, auquel il a dclar
, ue M. Cleveland considrait la question de Cuba
comme entre dans une phase aigu et a insist
pour que les prisonniers ne soient pas excuts
sur le jugement du tribunal militaire. M. Dupuy-
de-Lme s'est efforc de justifier l'acte du g-
nral Weyler en invoquant le droit des gens.
M. Olney a de nouveau insist avec nergie,
en insistant sur ce point que la sentence de
mort prononce tait une violation des traits de
1795 et de 1877 existants entire l'Espagne et les
Etats-Unis. M. Dupuy-de-Lme promit enfin de
tlgraphier Madrid ce sujet. M. Cleve-
land a fait envoyer M. Taylor, ministry
des Etats-Unis Madrid, et M. Williams,
oonsul gnral la Havane, des dpches dcla-
rant que, si les condamns sont excuts sans
avoir t jugs civilement, il regardera cet acte
come peu amical.
Le nouveau consul gnral Lee a reu l'ordre
le rejoindre son poste la Havane immdiate-
Mt ent.
Le Worlddit que, suivant l'avis de M. Olney,
les condamns sont coupables simplement d'a-
voir fait entrer des objets en contrebande, dlit
q4ii ne peut tre puni que de l'amende ou tout
kiU plus de la prison.
Le Liberal raconte que le vapeur Bermuda
appartenant au comit des insurgs cubains, a
embarqu en Floride 10,000 fusils, 6 canons, 3
mitrailleuses, de nombreuses munitions et 300
hommes doit la majority sont des artilleurs des
milices amricaines. Malgr les protestations du
consul d'Espagne Jacksonville, le Bermuda est
parti sans.que la police amricaine s'y oppost.
Suivant une dpche du gnral Weyler, cette
expedition aurait dbarqu Puerto Mulato, dans
la province de Pinar del Rio.
Pour le Daily Neu's, le gouvernement espa-
gnol est plac entire deux feux. Si M. Canovas
sacrificee le gnral Weyler, il est probable qu'il
se sacrifice lui-mme..Le Daily Chronicle estime
qu'une rupture entire les Etats-Unis et l'Espagne
serait l'indpendance assure pour Cuba. Il dit
aussi que la runion dans la baie de New-York
d'une ds plus formidable escadres- qu'on ait
jamais vues est la preuve que les Etats-Unis
ne veulent pas cder.
--Le gouvernement a non seulement tl-
graphi au gnral Weyler dc suspendre l'ex-
cution des flibustiers,'mais lui a encore ordonn
d'envoyer Madrid le dossier de l'affaire qui sera
soumis au conseil suprieur de guerre et de ma-
rine, pour casser l'arrt et annuler la procdure
mme comme constituent une infraction aux
traits de 1795 et 1877 entire l'Espagne et les
Etats-Unis. L'affaire sera dans quelques mois
soumise aux tribunaux ordinaires don't les Etats-
Unis promettent de respecter la decision.


WEYLER : O donc est Maximo Gomez ?
(Don Quijote, Madrid.)

*********************************


LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba


La Petite Republique Franaise :
................... .... ........ . ........ .. .. .
Les proccupations politiques de ces jours der-
niers, les vnements multiples don't notre prc-
dent ministre a t le prtexte, les lections muni-
cipales, enfin, ont fait oublier, peu prs complte-
ment, le petit pays qui accomplit par-del les mers
sa Revolution social.
Aussi bien la press bourgeoise a organis, sem-
ble-t-il, autour de l'pope cubaine, la conspiration
du silence.
N'tait le dnuement des finances espagnoles, on
pourrait croire que la chancellerie du roi moutard
s'est change en officine fonds secrets.
Il est vrai que l'attitude de certain de nos con-
frres s'explique assez par ce fait qu' Cuba, la par-
tie se joue non entire autochtones et conquistadores,
mais encore et surtout entire opprims et oppres-
seurs.
................ .......... ....... .......... ...
Un people don't les filles combattent et meurent
avec l'nergie dploye par Matilde Agramonte; un
people exaspr par la frocit inoue de ses oppres-
seurs aux abois, moralement et financirement, doit
fatalement, un jour ou l'autre, atteindre au but qu'il
pursuit.


La Justice :


Actuellement, les insurgs paraissent les matres
de toute la parties orientale de l'le, bien que des
garnisons espagnoles en occupent encore les villes
principles. Les combats les plus frquents se livrent
dans les provinces de Matanzas, de la Havane et de
Pinar del Rio. Maceo, l'un des principaux chefs
cubains, guerroie dans cette dernire province. Les
journaux espagnols nous disent que le plan du g-
nral Weyler est de l'y confiner, de couper ses com-
munications avec l'est de l'ile et de l'craser ainsi
isolment. Il dploie dans la repression une rigueur
impitoyable et s'est dcid ne plus tenter de prot-
ger partout les planteurs, mais concentrer ses for-
ces en deux ou trois points bien choisis, de manire
frapper des coups dcisifs. 11 demand dix-huit
mois ou deux ans pour pacifier l'ile. Rien n'indique


cependant que, depuis son arrive, la situation des
Espagnols se soit amliore sensiblement.


lRevue Politique et Parlementaire :


En ce qui concern Cuba, le dveloppement de
l'insurrection centre l'autorit espagnole a t suivi
par les Etats-Unis avec un grand intrt et non sans
un fort courant de sympathie en faveur des insur-
gs. Les jingoes ont soigneusement entretenu cette
sympathie; mais, dans les milieux o l'on raisonne,
tout en doutant fortement de la capacity de l'Espa-
gne pour diriger les destines de cette grande le.


La Nation :

Les progrs de l'insurrection cubaine, que le gn-
(al Weyler, ce terrible rpresseur, ne se croit plus
capable de rprimer avant deux ans, pourraient bien
avoir une prompted rpercussion espagnole, les Phi-
lippines.
L, come Cuba, l'agitation sparatiste fait des
progrs marqus, et si la mtropole est aussi intran-
sigeante au sujet de l'autonomie des les de l'Ex-
trme-Orient qu'elle l'est pour les Antilles, l'heure
n'est peut-tre pas loigne o les aspirations des
populations de ces Archipels se manifesteront leur
tour, non par des rclamations pacifiques, mais par
des revendications main arme.


Journal des Dbats :

Les pauvres Espagnols jouent de malheur. Ils
n'avaient pas assez de l'insurrection cubaine, qui
leur impose d'normes efforts en hommes et en ar-
gent. Voici que ce pays est encore frapp d'une s-
cheresse qui compromet les rcoltes. Sauf dans les
provinces du Nord, o il a plu ces derniers jours,
tout le reste de l'Espagne est brl; l'eau manque
pour les irrigations dans les rgions mditerra-
nennes, o l'on fait la culture des fruits et des l-
gumes; en Andalousie et en Estramadure, le btail
est tomb rien, faute de fourrages pour le nour-
rir; dans les Castilles, la pousse du bl est jaunie
sur la terre dessche et le Guadarrama, qui, cette
poque, devrait tre encore couvert de neige, est dj
dgag comme au mois d'aot.


Il y a plus de soixante-dix jours qu'il n'est pas
tomb une goutte d'eau Madrid.

Depuis le commencement de l'insurrection cu-
baine, des froissements nombreux, moins graves, il
est vrai, que le dernier incident, se sont products
entire l'Espagne et les Etats-Unis. Toujours ils se
sont rsolus pacifiquement. Cette fois encore, sans
doute, un arrangement amiable interviendra. Mais
il ne faudrait pas. cependant, que de tels incidents
se renouvelassent souvent. A la longue, ils ren-
draient difficile le maintien de la paix entire l'Espa-
gne et les Etats-Unis.


Le Soleil:


Maceo, que l'on reprsentait un moment come
presque cern, est parvenu se dgager et parat
avoir repris la libert de ses movements.
D'un autre ct, une explosion survenue la Ha-
vane, dans le palais mme du gouverneur, et qui
parat avoir produit d'assez grands dgts, tend
montrer que les insurgs ont des intelligence jusque
parmi leurs adversaires. C'est toujours un indice
que la conspiration gagne du terrain.


Le Monde :


Le gnral Weyler, interview par le correspon--
dant du Herald, a fait la declaration suivante:
Il faudra deux ans pour terminer la guerre
Cuba. Le vote relatif la belligrance, mis par la
Chambre amricaine,, a contribu augmenter le
nombre des insurgs. Il n'est pas possible jusqu'
l'hiver prochain d'obtenir de rsultats dcisifs. Il
faut ajourner les rformes politiques Cuba, jus-
qu' ce que l'insurrection ait t dfaite. La situation
financire Cuba est trs grave.


Lv' MJJessin, Metz :


Faut-il pas que nous soyons arrivs une poque
de dmoralisation gnrale pour qu'un pareil forfait
puisse se commettre, sans que l'Europe entire pro-
teste? Cette fusillade en masse des prisonniers de
guerre est un crime don't l'Espagne ne sera pas assez
chtie par sa ruine definitive.





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