Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: May 7, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00016
Source Institution: University of Florida
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v


Patrie et Libert


PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
RDACTION & ADMINISTRATION X DPAE ABLE 'AFRANEE)
Sue Baudin IreAnne PARIS 7 Mai 1896 No 16 U e ...: ........................ 30r.
A0nReBPARIS -ai 1896' 16Un semestre................................ 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: : .I O C Un trimestre ..................... ........... 50
TGrAPIsE A L'ETRANGER
E., on. PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne ................................. 35fr.
ULn semestre ....................... ......... 50
Les iaflUscils ne sowi pas rendus UN NUMRO....... 0 fr. 50


AUX


CUBAINS


ET AUX PORTORICAINS


Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.

IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur lds champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues a Pia-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.

-------= ~ ~-.

VICTOIRE !


Jamais les gnraux espagnols n'ont t tant
battus que depuis qu'ils sont toujours victo-
rieux.
Depuis un mois, surtout, il y avait un redou-
blement de triomphes qui, tant donn la faon
toute spciale don't se rdigent les informations.
la Ilavane, amenait infailliblement se dire:
Ce pauvre Weyler, faut-il qu'il soit assez
battu et pas content nous ignorons le reste -
pour en arriver ainsi reporter ses dix-huit
victoires et demie l'heure !
On a eu enfin le secret de tant de bonheur: il
s'est chiffr par le dbarquement h Cuba de
Calixto Garcia, de Collazo et de Monzin, par la
destruction du bataillon Alphonse XIIt par la
victoire de GonzAlez Campana, de Maceo
3Majana et Mariel, et la prise d'Arroyo Blanco par
Miximo Gmez. Il est certain que le gnral
Weyler aurait eu mauvaise grce ne pas ju-
biler.
SSon plan, au dire des experts, est, d'ailleurs
d'une simplicity lumineuse. Il consiste: 1o A
.attirer Maceo dans la province de Pinar del Rio ;
2o l'en chasser; 3 hi l'y attire de nouveau;


hl1'


*


4o l'y entourer dans un cercle de fer et de
feu ; 5o lui ouvrir un passage: 6 etc....
Pendant que le de Molke espagnol jonglait
ainsi avec les difficults, prludant videmment
de longue main au couronnement de son plan:
attirer Maceo dans la Havane mnme en vacuant
devant lui la ville pour mieux l'accabler, les
Cubains donnaient la parole leur artillerie.
Aprs la guerre au canon, la guerre au cou-
teau , disait Palafox Saragosse. Les chefs de
'arme rvolutionnaire ont mis en pratique la
maxime absolument oppose : aprs les embus-
cades de partisans, aprs les engagements a.
coups de machete, les batailles ranges se mul-
tiplient et les mo-
losses d'acier l-
vent la voix. Les
canons h tir ra-
'pide sont au-
jourd'hui de la
parties.
Cette entre en
scne de l'artille-
rie cubaine mar-
que une nouvelle
phase de la lutte.
Jusqu' present,
les insurgs ont
trs sagement
fait de ne pas *'''
jouer aux soldats
rguliers, d'vi-
ter de s'user dans
les siges et se
laisser enfermer
dans les villes G Gnral Calixt
prises.
Maintenant, ils
pourront tenter
des operations assez dcisives pour prcipiter la
march des choses dans la grande dle: la grande
guerre va, sans doute, commencer.
Nul doute que leurs chefs militaires ne soient
homes la mener bien. Ils ont dj donn
Jovito, aPeralejo, Ramn de las Yagiias, a Can-
delaria et dans d'autres combats important, la
preuve qu'ils n'taient pas seuleriment des gn-
raux d'embuscade. L'outillage, et non les capa-
cits, leur faisait dfaut pour venir a bout, avec
leurs bandes enthousiastes et nombreuses, d4n
ennemi aguerri et muni de tout le matriel de la
guerre moderne. Aujourd'hui, ils commencent
possder, eux aussi, ce mme matriel, et nous
ne serions pas tonns que les canons tir ra-
pide de provenance amricaine fussent sensi-
blement suprieurs ceux, plus ou moins archa-
ques, des Espagnols.
Et measure que ces derniers les hommes,
non les canons se fatiguent, se dmoralisent,
les volontaires de l'arme libratrice s'organi-
sent, se fortifient: la confiance, parties d'un ct,
passe de l'autre. Quand on se bat dans un camp
pour de l'avancement et des decorations, dans
l'autre pour une ide quelle qu'elle soit, moins
d'une crasante disproportion de forces et on
n'en est plus l le rsultat final n'est pas dou-
teux.
Cosino.


GNRAL CALIXTO GARCIA INIGUEZ


Le gnral Calixto Garcia 1iniguez appartient
la race, presque teinte aujourd'hui, des hros.
11 serait difficile de trouver dans le monde entier
une existence aussi mouvemente et aussi roma-
nesque.
C'est un homme de haute taille, la carrure
forte, courageux, nergique, d'un caractre noble
et loyal. Il est trs redout des Espagnols pour
son intrpidit et ses talents stratgiques qu'ils
connaissent par experience. Trs instruit, parlant
plusieurs langues, fort au courant des travaux
militaires des na-
tions europen-
nes, il jouit, par-
mi les Cubains,
"' d'un grand pres-
tige.

Sque la Rvolu-
tion clata, il se
mit la tte d'un
escadron de vo-
lontaires (13 oc-
tobre) et com-
mena une bril-

dans laquelle il
obtint tous ses
grades pour faits
de' guerre. Il fut
nomm chef d'-
:. tat-major du g-
nral Gmez et
son second jus-
SGarcia Iniguez qu'en 1871 San-
tiago de Cuba, o
il reut le com-
mandement de la
division d'Holguin, et devint plus tard gnral en
chef du corps d'arme du dpartement oriental.
11 attaqua presque toutes les villes de ce dpar-
tement, mme Manzanillo, et, aprs une march
qui fut un chef-d'oeuvre de stratgie, Holguin, sa
ville natale. Jiguant, qui lui rsista, fut investie
Irois fois et tomba en son pouvoir. Il prit d'as-
saut Auras, las Bocas et d'autres villes impor-
tantes. Des nombreuses victoires qu'il remporta
sur les Espagnols, nous nerappellerons que quel-
ques-unes. A Baguano (IIolguin), il cerna et fit
prisonnire, en 1872, toute la colonne du com-
mand-nut Aguilar (1). Dans la mme contre, il
culbuta, Melones, le colonel Esponda, qui dut
faire des efforts surhumains pour sauver une
parties de ses troupes.
En 1873, dans la clbre bataille de Santa Ma-
ria, il crasa le colonel Gmez Dieguez, don't la
colonne de 700 hommes, aprs avoir eu 200 morts
et un grand nombre de blesss, fut cerne et faite
touted prisonnire. Le chef espagnol Dieguez
mourut de ses blessures. Le gnral Cilixto Gar-
cia, aussi magnanime dans la victoire que ter-
terrible dans le combat, mit en libert, sans con-
ditions, tous ses prisonniers et, parmi eux, le ca-
pitaine Rosales, auteur, plus tard, d'un livre in-
titul : Journal de ima capt\ivi/, et qui est au-
jourd'hui colonel Cuba.
Surpris son tour en 1874 San Antonio de
Bajo (Manzanillo), le gnral Garcia, ne voulant
pas tre fait prisonnier par les Espagnols, tenta

(1) Nous ferons remarquer que ians la guerre de dix'
ans come dans celle-ci, les chefs espagnols avaient
sous leur cominmandemieiit des forces trs suprieures a
cells qu'ils auraient di avoir d'aprs leurs grades.


de se suicide en se tirant un coup de pistolet
sous le mention. La balle sortit par le milieu du
front. II garde toujours ouverte la blessure,
comme on peut le voir dans le portrait que nous
publions.
Il fut conduit Manzanillo, et de l Santiago
de Cuba o il gurit.
Le gnral espagnol Marin obtint du gnral
Concha qu'on ne le fusillt pas, lui tenant compete
de sa gnreuse conduite Santa Maria; mais
le gnral cubain fut envoy en Espagne et en-
ferm dans les prisons de Santogne, de Madrid,
et de la citadelle de Pampelune jusqu'en 1878, o
la guerre se terminal par un pacte entire les deux
armes, pacte sign au Zanjn, don't une des
clauses stipulait la mise en libert de tous les
prisonniers.
Ds qu'il fut libre, le gnral Garcia partit
pour l'Amrique et, aprs avoir prpar le mou-
vement connu sous le nom de la petite gu;rre
(1879), dbarqua Cuba, dans un cannot, avec 19
hommes. Six mois aprs, il dut se rendre
condition de rester en liberty lui et ses hommes;
mais le chef espagnol qui ngocia cette capitula-
tion, le gnral Valera (l'assassin du Franais
M. Reygondaud), fut dsavou par son sup-
rieur, le gnral Blanco, et le gnral Garcia
resta prisonnier. Ce fut en vain qu'il rcla-
ma, au nom de la foi jure, au nom de la parole
d'honneur engage par un gnral espagnol, il
fut conduit de nouveau en Espagne et jet dans
un cachot du fort d'Alicante, d'o il ne sortit
que longtemps aprs la fin de la guerre.
Aussitt le movement actuel commenc, Ca-
lixto Garcia, appel par le Prsident du Gouver-
nement Provisoire et par le gnral en chef Mxi-
mo Gmez, partit de Paris pour New-York, et,
aprs d'importants travaux d'organisation, par-
venant tromper la vigilance des vaisseaux es-
pagnols et amricains, partait pour Cuba avec
60 patriots et une grande quantit d'armes
bord du IHaukins. Malheureusement, cette exp-
dition fit naufrage; cinq de nos compatriotes p-
rirent et la cargaison d'armes fut perdue com-
pltement.
Cet chec ne dcouragea pas le gnral Gar-
cia. Vingt jours aprs il tait prt repartir avec
le Bermuda qui, aprs avoir t deux reprises /
dtenu par les autorits amricaines, est parve-
nu dbarquer tout rcemment hi Cuba l'impor-
tante expedition don't nous avons entretenu nos
lecteurs.
L'arrive du gnral Calixto Garcia Iiiiguez va
donner aux forces cubaines un lan irresistible.
L'cho de ses exploits ne tardera pas arriver
jusqu' nous.

-------I*---------

PAS DE COMMENTAIRES


Veut-on savoir comment la press espagnole a
accueilli le ministre Mlinc ? Il suffit, pour cela,
de lire l'apprciation du lferaldo, de Madrid,
du 20 avril :
Un ministre prsid par le protectionniste
endurci M. Mline serait fatal aux relations com-
merciales entire l'Espagne et la France.
Notez que M. Mline, alors qu'il tait directeur
de La nl'publiique Fran ai.s', n'a cess de dd-
fendre la politique espagnole Cuba.
De pareilles aberrations se passent de com-
mentaires.


*


o





2 LA RIPUBLIQUE CUBAINE


COME ON CRIT L'HISTOIRE


Le 2 mai 1896, le journal The iJe:- York Hle-
rad, de Paris, publiait un tlgrarime o il an-
noptait :une vicleoi..ee 4.e 'M.i:. qui .avait .ltit
e ouver.de grades pertes aux Espgnols.
'Le 3, le jou.pal p'ubliait pne c~ginminicatimn
.e l'nmrau]d.ssad- espagnol. d4e Paris, le pi .,nt d.:-
.ectifier e de diir l qu' i .le 'i.rnmuei ltjt *trrooid,
*vu qu1 c'ai:'diiiti. insiLg,'- qui. avaient ,prouv
de grades pertes.

Le 4, le Heraldl public le tlgramme suivant :
New-York, 3 mai. Le steamer Bermuda
a fait, avec plein succs, un second dbarque-
ment de flibustiers (flibustiers, ici, veut dire pa-
triotes, homes de biei) Bahia Hond,a. Ils
taient 90 hommes et ils ont dbarqu mille fu-
sils et une bonne provision de munitions de
guerre.
Le correspondent la Havane du Herald
dit qu'une important bataille a eu lieu Pinar
del Rio, o le gnral Incln s'est empar d'un
fort lev par les rebelles. Les Espagnols ont
perdu 60 hommes et les rebelles 200 .

Plus bas, le lierald reproduit un tlgramme
de El lmparcial, de Madrid. Il y est dit que le
combat eut lieu Cacarajicara, que le gnral
Inchin attaqua les forces de Maceo; que leifort
occupant une lvation de 130-mtres; que les
troupes espagnoles ne pouvaient pas se dployer
sur des terrains boiss et scabreux; que l'artille-
rie joua des deux cts, 40.mtres de distance;
que les insurgs firent une defense dsespre,
aprs quoi la position (le fort) fut pris la bayon-
nette.
Cependant les Espagnols durent se retire, se
battant, pendant leur retraite, jusqu' Bahia
Honda, poursuivis par les insurgs qui les char-
geaient l'arnme blanche (au machete).
Rsultat : deux officers espagnols et quatorze
soldats morts, neuf officers et soixante et un sol-
dats blesss. Du ct des insurgs, 200 hommes
hours de combat l'attaque du fort, sans computer
ceux qui sont tombs pendant qu'ils poursui-
vaient l'ennemi,
On n'est pas plus courtois que le Ilerald en-
vers l'ambassade espagnole, tout en faisant com-
prendre la vrit ceux qui rflchissent. C'est
que le journal ne pouvait pas se ddire, toIt en
publiant le dmenti de l'ambassade, par cette
raison bien simple que pour faire la rectifica-
tion, l'ambassade n'avait pas eu le temps, du 2
au 3 mai, de tlgraphier Madrid et de faire
tlgraphier de Madrid la Havane, de la lia-
vane Bahia Honda par les tlgraphes briss,
puis de faire revenir la nouvelle d'Inclan Wey-
ler, de Weyler Cinovas et de Cinovas M. le
duc ambassadeur.

Voici d'ailleurs nos informations sur cette
grande victoire espagnole :
Maceo, averti de l'arrive du Bermuda Ba-
hi' a Huld i. attirait, pendant le dbarquement de
l'expdition, Inclin Cacarajicara, o il avait
fait construire un simulacre de fort qui devait
paratre dfendu par un corps de troupe don't la
retraite tait assure. Inclin a. mont par des d-
fils qu'on lui a laiss franchir; il est arriv au
fort don't il s'est empar facilement. La garnison
avait disparu. C'est alors que regardant vers les
hauteurs, iJ s'est trouv sous des feux croiss qui
partaient de tous points. Ses troupes taient dd-
cimes, ses officers tombaient tus ou blesss et
il a t oblig de battre en retraite. La poursuite
au machete a commenc et, lorsqu'Inclin est en-
tr Bahia Hlonda, le Bermuda avait dbarqu
tout son chargement, qui avait t transport en
lieu sr, et il tait dj en route pour New-York.
Mfiximo (imez avait raison : Nous avons un
grand advantage sur les Espagnols, disait-il un
jour. C'est la btise de leurs gnraux.




L'INGRATITUDE DES CUBAINS


Puisque le gouvernement et les journaux es-
pagnols ne cessent de s'indigner de l'ingratitude
des Cubains envers une mre-patrie si gnreuse,
niius gallons nlcitre suus les yeux de nos lecteurs
quelques competes arrirs pour qu'ils puissent
se fire une ide, si incompl'te que soit cette re-
lation, du prix que nous avons pay l'honneur
d'etre vols par la patrie de I)iego Corrientes et
de Jos Maria.
De la premiriie liste de ces competes, il rsulte


que, depuis 1827 jusqu'er
voy de Cuba enEspagne
En 1830............
1.w ........... .
4&850...........
n- 860F...........
P,:-'l ili lat lRvolution
'En 18F 8 ............
S-- 882........

C ui fit ln .......
C- qui fait un t,:t,al d*e


Mais, si l'on veut savoir ce que Cuba a donn
spcialement au Trsor de la Pninsule, nous di-
rons qu'il y a quelques annes, M. Perojo, direc-
teur du .V\l,.',, Muado de Madrid, a dclar dans
l'un de ses discours que cette some avait atteint
le chiffre de 137,000,000 de piastres. Devant la
logique des chiffres, il n'y a pas d'objection pos-
sible.
L'Espagne peut continuer trailer les Oubains
d'ingrats. Pour leur part, ils dmontrent actuel-
lement qu'ils ne veulent plus tre victims de la
rapacit insatiable de cette odieuse mar;tr,'.

------. ^^.------

LE DOCTEUR ALBERTO J. DIAZ


ous avons le plaisir de presenter aujourd'hui
nos lecteurs le portrait du Dr. J. Diaz.
Ce vnrable pasteur rsidait depuis de lon-
gues annes la Ia'vane. Il vient d'tre victim
.de l'intolrance du gnral Weyler, furieux de
savoir que le respectable vque protestant ne
cessait pas de pi' cler les doctrines vangliques
et de conseiller, comme des vertus chrtiennes,
la bienveillance et la gnrosit envers les enne-
mis.









7"-1 1


Avec sa brutalit ordinaire, le chef Espa-
gnol pensa d'abord se dfaire de ce prtre in-
commode en le condamnant h tre pass par les
armes. Aussi s'en empara-l-il et le fit-il enfermer
au chateau du Morro o se commettent, dans le
silence de la nuit, tant d'assassinats. Ileureuse-
ment pour le prlat, il avait'un protecteur, sous
les ordres duquel se courbe sans resistance le
gouvernement espagnol de la colonies et de la
mtropole. Ce protecteur, c'est M. Cleveland.
On sait que tout le clergy protestant des Etats-
;nis a t profondnicn t miu i la nouvelle de
'.emprisonnement du Docteur )iaz, trs ain et
hautement estim, non seulement parmi les
siens, miais aussi parmi les nombreux proslytes
qu'il a faits sa doctrine.
L'intolrance catholique avait fait au Dr. Diaz
une guerre sans merci, pendant ses longues-
annes de residence i la llavane, et n'avait ja-
mais eu envers lui qu'un regret, celui de ne pou-
voir plus lui appliquer les lois de la Sainte Inqui-
sition. Malgr les haines qu'il suscitait dans les
parties de l'intolrance religieuse et de toutes les
iniolrances, le Docteur continuait son teuvre et,
' force de persvrance, parvenait a faire cons-
truire un cimetire pour ses coreligionnaires
chasss du cimetire catholique, malgr les lois
de la nation et les conventions internationals.
Le cinielire construiit, le Dr. Diaz reconmmenra
la lutte ce.ntr'e le clerg catholique it, force de
ldimari'hes obstines, de sollicitations renouve-
lis jour par jour, et aussi force de sductions,
o il dpensait plus de six cent mille piastres
(trois iiillions de francs'). il parvenait obtenir
l'autorisation d'lever uti temple qui existed la
Havane.
Ces crimes siffisaieiit i excited les fureurs du
tyran Weyler. 11 s'est cru un moment certain de


i 186., il avait t en-
89.107.287 piastres.
6.120.934 -,
'9 60.5.877 -
(1074. 6i77 -
29).610.770 -
82.000.009 .
40.000.000, -
3:1..860.249 -
25.-959.73 4 -

328.339.537 -


.se Jl'.i ii, e-i d'un civilisateur importun et il
jlaen. I ordre de prison, qui est presque toujours
u re condemnationn mort, contre le Dr. Diaz et
centre son frre.
Le Dr. D)iaz, qui n'est pas seiilemelt un pas-
teur d'iiimes. matisqi.ine sa pro.i-'-in d.. mdecin;
noblemnent exerce, faisait chrir..des pauvies
gens, tait dj p'l.eur:par ses amis, avec son
fire, mplri'sonm .rlui. auss;i, lorsque l'o,rak'e
arriva de 1\ 'il-min de le relAclher. WeySler
s'est vu .froe d'obir, et le Dr. D.iaz se trouve"
.iiinirdJliu sain et satf aux 'etats-Unis.
L'accueil le plus sympathique lui est assure, dans
quelques mois, Cuba Libre.

--------, ----

INTRESSANTE INTERVIEW


L'emprunt cubain, covert cinq fois New-
York, me paraissait un fait d'une si haute impor-
tance, que je suis all chez M. le Dlgu de la
Revolution, i Paris, m'assurer de l'authenticit du
tlgranime.
Le voici, me dit .e D"' Btancs, ds que je
lui eus indiqu le but de ma visit.
Le docteur tait assis son bureau, devant une
grande bolte en carton oi il classait une consi-
drable quantity de lettres.
Vous le voyez, me dit-il en rappelant une
announce clbre, j'opre moi-mme.
N'avez-vous pas d'autres nouvelles?
Choisissez, rpondit-il. Vous voyez ce grand
nombre de lettres? Il n'y en a pas une laquelle
je n'aie rpondu; c'est mon systme. Elles m'ar-
rivent de partout. Lisez ceci, de Lige : On nous
attaque dans Lai Meuse (journal). Envoyer
L'E.rpress La Rpublique Cubaine; nous
avons besoin de nouvelles. On lui rpondra .
Une autre, d'Autriche. C'est celle du jeune offi-
cier Jantsha qui voulait partir pour Cuba, et il
est parti, avec ses papers en rgle : lieutenant
dans l'earme de S. M. Francois-Joseph. l'ne autre
vient d'Alger : J'ai connu beaucoup Jos Maceo
quand il s'est chapp d'Espagne. J'ai des com-
munications importantes vous fire. Dois-je
aller vous voir a Paris? ,. Celle-ci vient de 3la-
jorque; cette autre, confidentielle, de Mindanao:
celle-li, du Luxembourg : Je compete partir
po.ir la Rvolution cubaine; j'ai l'ambition de
mourir pour une noble cause . En voici une im-
portante': < Je suis lieutenant cle vaisseau, dcor
de la Lgion d'honneur; j'ai quatre mdailles
pour actions de guerre.-Me voulez-vous h Cuba'
IEt cette autre, de'Kabylie : Je veux brler nia
poudre centre les Espagnols. Me veux-tu prs de
toi? . (:e Kab.le suppose, sansdoute, qu' Paris,
les Cubains et les Espagnols font journellement
le coup de feu. Puis du Brsil : Je ne puis pas
aller me battre Cutba; mais j'ai une position
qui me permet de vous envoyer tous les mois ma
cotisation pour votre sainte cause . El je ne
parle pas des Dahomens, des Sngalais, des
Malgaches, des Tonkinois qui viennent tous les
jours ici ou L'Intransigeant, s'engager pour
la guerre cubaine. Ce sont tous de rudes soldats
franais qui ont servi dans ces pays. Nous nous
empressons de les dtromper en leur distant que
nous avons plus d'hommes qu'il n'en faut.
Mais je veux vous lire une de ces lettres qui,
au moment o l'Espagne vient proposer b Cuba
une autonomie menteuse comme les rformes
promises par le trait du Zanyon, en 1878, la
lin de la guerre de dix ans, done l'tat d'Aime
des Antilles smurs, Cuba et Porto Itico. Voyez la
signature tout d'abord; elle est fort suggestive :
P. lriiola. Je me figure, par l'criture, qu'elle
appartient une femme; mais nos femmes sen-
tent peut-tre plus que nous les maux et l'amour
de la patrie. Lisez :
Paris, 28 avril 1896.
Monsieur,
Je vous envoie cent francs pour la cause de la li-
bert de Cuba et de Porto-Rico. Je regrette que ce
soir une quantit si minime; mais peine m'envoie-
t-on de quoi vivre de notre pauvre Cuba. Je me r-
signe pourtant, et quand mime nous devrions souf-
frir des misres pendant des annes, tout est prf-
rable l'odieuse et stupid domination espagnole.
Je possde Cuba des proprits diverse; mais si,
par leur destruction absolue, nous parvenons nous
dlivrer de cette horde d'assassins don't les hauts
faits se rduisent tuer des vieillards, des enfants et
des femmes sans defense, je serai heureux de perdre
mes biens et de contribuer ainsi a sauver la vie de
tant d'infortuns.
Sign : P. Alri)tia.
Apris cette lecture d'une si grande signilica-
tion, j'ai pris cong du docteur en le flicitant de
i'effet que produisent le courage et l'abngation


7 MAI 1896.

de l'arine libratrice l'intrieur, et aussi les.
travaux des Dlgations cubaines a l'extrieur.
Evidemment, les actes d'abngation commencent
.i',,' s des traits de splendidce gnrosit.
Paul L)Di'rl.

-------. ----

OPINIONS IMPARTIALES


Le Vandalisme Cuba
Nous lisos dans le.Y Ne- Yowk Hlem/l de Paris,.
la datle-,'la 22 avril

Une .grande parties de la press amricaine, in--
fluence par les agents du gouvernement espagnol,
comment le systme de guerre .suivi par les pa-
triotes cubains et reprsente ces derniers au monde
comme des ennemis de la civilisation et de-la pros-
prit de leur pays. Je pense que j'intresserai les
lecteurs en leur disant ce que je sais par mon exp-
rience personnelle, car, tant la fois victim et t-
moin, je puis parler suivant la vrit.
11 y a quelques annes, je me rendis des Etats-
Unis une .proprit que possde ma famille dans
ce riche, mais malheureux pays (Cuba), et, pour
prciser, l'importamte plantation Santa Susana,
dans la province de Matanzas. Toutes mes sympa-
thies tant pour ce people qui lutte hroquement
pour sa liberty et l'tabilissement de leur Rpublique,
je rejoignis l'arme cubaine .au commencement de
janvier, faisant ce qu'en toute conscience je consid-
rais come mon devoir, mais ayec l'intention d'ob-
server et de faire observer ceux qui seraient sous,.
mes ordres les lois de la guerre adoptes par les na-
tions .civilises.
Peu de jours aprs que j'eus rejoint les forces cu-
baines, une colonne espagnole, commande par le
gnral Prato, arrival la plantation Santa Susana,
proprit de mon pre lequel est citoyen amri-
cain et pour se venger de ce que je m'tais iricor-
corpor aux patriotes,'ils brlrent et dtruisirent les
btiments de la plantation ettout ce qu'ils trouvrent
sur leur chemin. Cet acte de vandalism donne lieu
une triste comparison, si l'on considre la con-
duite du gnral cubain Mximo Gmez et des siens
lorsqu'ils occuprent les plantations Espaia ap-
partenant M. Romero Roblevo, ministry espagnol
et le pire ennemi des liberts cubaines. Dans la plan-
tation Portugalete, o Gmez a camp trois fois
et qui appartient M. Manuel Calvo,.chef du part
espagnol le plus retrograde; dans la plantation
San Antonio, au marquis de Dvalo, galement
ennemi des Cubains, le gnral exigea de ses hom-
mes le plus grand respect l'gard de la proprit
et des travailleurs. Voyez maintenant quels sont
ceux qui font la guerre d'une manire civilise et
quels sont ceux qui luttent en sauvagcs.
)'autre part, une lettre de La Havane, que nous
avons sou s les yux et qui est remplie des atro-
cits commises au nom de la gnreuse, loyal
et hroque Espagne, nous dit :
Maintenant, ces lches ont adopt un nouveau
systme aussi original qu'indigne, lequel consiste
placer auprs des malheureux qu'ils fusillent ou
tranglent des placards indiquant que le crime a t
commis par des forces cubaines.
Il faut convenir que ceux de nos compatriotes
qui proclament leurs sympathies pour l'Espagne
feraient bien de se renseigner un peu sur son,
compete.

--------s^- -------

L'ESPAGNE AU PILORI


Les instructions de Weyler a ses sous-ordres-
leur ordonnant de sauver les apparences, puis-
que le monde a les yeux sur eux, mais d'er)pd-
dier tous les campagnards , continent h tre'
fidlcment excutes par ces assassins indigne-.
(le porter un uniform, mais dignes en toitus
points de celui qui les command.
Dlans note dernire listed, le total des victims
se montait (voir notre dernier numro) a "27 ;
continuous cette triste numration:

Par le colonel 'ar:]ja :
7 Cubains ont t brils vifs dans un taillis de
la manigua.
A Jinatr del Rio :
I prisonnier fusill.
l'Par le g9eidral Lac/hambre, 1} San Luis (San-
tia/qo dle Cubu) :
I'o/s. pillag/es, viols, assassinats. Ce gnral
est rent'i Sanltiago de Cuba avec les bijoux,
v\ements, machine.- a coudre,; meublhes, et quan-
tit d'objets de toute nature qu'il fit ensuite ven-
dre publiquniient.
.I La farane :
Ici Weylcr opre lui-mme; aussi les choses se
passent-elles en ranil :





7 MAI 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


Fusillade, dans la forteresse de la Cabaia, de
25 prisonniers politiques.
Quelques prisonniers passant, attachs, devant
l'Htel d'Angleterre, sont maltraits et insults
par un group d'hroques Espagnols.
D'autres prisonniers, galement attachs, sont
blesss par un autre group de Cids, dans la
rue de Mercaderes.
-Par le gnral Arolas, Guamutas:
Dans laplantation Doloritas, M. Tirso del
Peso, 2 ngres sont assassins; ce sont les nom-
ins Pedro Crespo et Juan Bautista Cirdenas; le
premier massacre coups de machete aprs
avoir t tortur, le second coups de baon-
nette.
Dans la plantation Jesus-Maria, au marquis
de Montalvo, assassinate du ngre Anacleto Mon-
talvo, Ag de 50 ans et malade.
A Matanvas :
Au chateau San Severino, qui sert de prison,
les dtenus sont dcapits puis jets la mer
afin de rendre difficile leur reconnaissance lors-
.que les pcheurs trouvent leurs restes.
Par le gnral Melgui:o, Bainoa :
Assassinat de 6 personnel, savoir: Rita
Feririen Tellechea, Andrs Perozo (;g de 13 ans),
Eusebe Gonzales, Crecencio Nobre, sa femme et
Pedro Polvillur, g de 80 ans.
Par le mme, dans la fabrique Garrido :
Massacre de 18 habitants pacifiques.
Par le colonel Nario :
Dans la proprit San Martin, appartenant
M. Armand Darbes, CITOYEN FRANAIS, assassinate
de deux employs, l'un blanc, l'autre ngre,
pillage etinzendie de l'habitation.
Par le chef de guerrilla Telesforo Vi:caino.
Pan Duro:
Assassinat d'un jeune homme-de 18 ans, fils de
M. Juan Reyes.
Par le general Bernal, Alqui:ar:
Bombardement de l'habitation situe dans la
plantation de caf Estrella, proprit d'un ci-
toyen amricain, of il n'y avait que des femmes
et des enfants.
Par le gnral B,,."'/,.., 4 Guantlamo :
Destruction d'un hpital et des mdicaments,
emprisonnement de 25 iinirmires.
A San Antonio de los Banos :
Assassinat de 20 personnel pacifiques don't les
corps furent retrouvs dans les grottes.
Total......... 83 personnel assassines
Liste antrieure 227 -

Total gnral. 310 -
(A suivre).


CONSTITUTION
du Gouvernement Provisoire de la
Rpublique de Cuba


La Revolution pour l'indpendance et la cra-
tion d'une Rpublique dmocratique b Cuba, dans
sa nouvelle priode de guerre commence le 24-
fvrier 1895, dclare solennellement la spara-
tion de' Cuba de la monarchie Espagnole, et sa
constitution come Etat libre et indpendant,
avec un Gouvernement propre, par autorit su-
prme, avec le nom de Bpublica de Cuba, et
confirm son existence toutes les puissances,
et en son nom et par la procuration que lui ont
donne cet effet les Cubains en armes, dclarant
devant la patrie la puret de ses sentiments,
libres de violence, de prevention, et seulement
inspirs par l'ide d'interprter convenablement
les votes populaires pour l'institution du rgime
et du Gouvernement provisoire de Cuba en
Assemble Constituante ont, d'accord, devant
Cuba et le monde civilis, avec la foi de leur
honneur, engag l'accomplissement des articles
suivants de la Constitution :
ART. 1"'. Le Gouvernement supreme de la
Rpublique consistera en un Conseil de Gouver-
nement compos de : Un Prsident, un Vice-
Prsident et quatre Secrtaires d'Etat, pour l'ex-
pdition des affaires de la Guerre, de l'Intrieur,
des Affaires trangres et des Finances.
ART. 2. Chaque Secrtaire aura un Sous-
Secrtaire pour le supplier en cas d'empche-
ment.
ART. 3. Les attributions du Conseil de Gou-
vernement seront : 1o Promulguer toutes les dis-
positions relatives la vie civil et politique de
la Revolution ; 2o [mposer et recevoir les contri-


butions, contractor des emprunts publics ; met-
tre du papier-monnaie; rpartir les fonds re-
cueillis dans 'ile quelque titre que ce soit,
ainsi que ceux recueillis l'tranger; 3 Concder
des patentes de course, lever et quiper des trou-
pes, dclarer la conduite a suivre avec l'ennemi
et ratifier les traits ; 40 Donner l'autorisation,
quand il le jugera utile, de soumettre le Prsi-
dent et les autres.membres du Conseil au pou-
voir judiciaire; 50 Rsoudre toutes les difficul-
ts, sauf cellesdu resort du pouvoir judiciaire,
que tous les hommes de la Rvolution ont le
droit de lui prsenter; 60 Approuver la loi, les
r.'li].-iiis et ordonnances militaires que lui
proposera le gnral en chef de l'arme ; '7 Con-
frer les grades militaires des principaux chefs
de l'arme, aprs-rapport de leurs chefs Suprieurs
immdiats et du gnral en chef, et la nomina-
tion de ce dernier et du ieutenant-gneral qui doit
le remplacer en cas de vacance; 80 Ordonner
Flection de quatre reprsentants par chaque
corps d'arme, chaque fois que, conformment
la Constitution, la convocation de l'Assemble
sera ncessaire.
Anr. -4.- Le Conseil de Gouvernement inter-
viendra seulement dans la direction des opra-
tions militaires; quant son avis, il le jugera
absolument ncessaire la .ralisation d'autres
vues politiques.
AuT. 3. Les actes du Conseil de Gouverne-
ment ne seront valables que si les deux tiers au
moins de ses membres ont pris part aux dlibh
rations et s'ils ont t vots la majority des
membres presents.
AnT. 6. La charge de Conseiller est incom-
patible avec les autres charges de la Rpublique
et ne peut tre occupe que par un citoyen g
d'au moins 21 ans.
ART. 7. Le Pouvoir excutif sera exerc par
le President ou, son dfaut, par le Vice-Prsi-
dent.
ART. 8. Les actes du Conseil de Gouverne-
ment seront sanctionns et promulgus par le
President, qui prendra les measures ncessaires
pour qu'ils reoivent leur application dans un
dlai qui ne pourra excder 10 jours.
ART. 9'. Le Prsident peut signer des trai-
ts, avec la ratification du Conseil de Gouverne-
ment.
ART. 10. Le Prsident recevra les Ambassa-
deurs et distribuera les ordres- tous les fonc-
tionnaires.
ART. 11. Le trait de paix avec FEspagne,
qui doit avoir prcisment pour base 'indpen-
dance absolue de l'le de Cuba, devra tre ratifi
par le Conseil de Gouvernement et l'Assemble
des Reprsentants, convoque expressment ii
cet effet.
ART. 12. Le Vice-Prsident supplera le Pr-
sident.
AnT. 13. Dans le cas o les functions de
President et de Vice-Prsident cesseraient d'tre
exerces par suite de dmission, de destitution,
de mort, ou pour toute autre raison, l'Assemble
des Reprsentants se runira pour procder ;
1'lection de nouveaux titulaires. Les Secrtaires
les plus gs seront charges de l'initrim d(e ces
functions.
Ain'. 14. Les Secrtaires prendront partaux
dlibrations et aux votes de tous les dcrets di;
quelque nature qu'ils soient..
ART. 15. Les Secrtaires auront dans leurs
attributions la charge de proposer les titulaires
des divers bureau.
ART. 16. Les Sous-Secrtaires suppleront
les Secrtaires d'Etat et aurunt. coinie eux, le
droit de prendre part aux dlib. 'rations et aux
votes.
Ari. 17. Toutes les forces n;mes de la R-
publique et la direction des opi'raiions de la
guerre, seront sous les ord'rcs directs (lu gnral
en chef, qui aura a ses ordres et pour le rempla-
cer, le cas chant, le lieutenant-gnral.
Airr 18. Tous les Cubains sont obligs de
servir la R'voluti.o'n de leur personne et de leurs
biens, selon leurs aptitudles et leurs resources.
ArT. 1'9. .- Les fonctionnaires de n'inijiur'te
quell ordre ssepr'terout un appui mutual pour
l'accomiplissement des resolutions priss par le
Conseil de ( ouvernement.
AnT. 20. Les proprits appartenant aux
trangers seront soumises u.n iimpit en faveur
de la Rvolution, tant que leurs gouvernements
respectifs n'auront pas reconnu la Ielligrance
de Cuba.
ART. 21. Toules les dettes et obligations
contractes au course de la guerre actuelle jusqu'
ce que cette Constitution ai t t promulgue, par"
les chefs de l'arme au service dc la Rvolution,
scront reconnues.
AnT. 2. Le Conseil de Gouvernementpourra


destituer ceux de ses membres qui l'auront m-
rit. Cette measure devra tre vote par les deux
tiers des Conseilers, et il devra en rendre compete
la plus prochaine runion de l'Assemble.
ART. 23. Le Pouvoir judiciaire procdera
avec une entire indpendance sur tous les autres
points; son organisation et sa rglementation
seront la charge du Conseil du Gouvernemient.
ART. 24. Cette Constitution sera applicable
Cuba pendant deux ans, partir de sa promul-
gation, si la guerre de l'Indpendance n'est pas
termine avant. Pass cette date, l'Assemble
des Reprsentants sera convoque de nouveau,
pourra modifier cette Constitution et procdera
l'lection d'un nouveau Conseil de Gouvernement
et au jugement du prcdent.
Ainsi l'a sign"et, au nom de la Rpublique,
l'a ordonn, l'Assemble Constituante, en Jima-
guayu, le 17 septembre 1895, et, ep li-i.-_ng.i. ,
l'ont sign les Reprsentants dlgus par le
peuple.Cubain en armes :
Salvador Cisneros y B., president. Itafael
Maululey, vice-prsident. Inailmundo S4n-
rhe_. Fermin nValds Doimingue' Pedro
PiTid de Ville/las. .1. D. Castillo. Ma-
riano S4nche:r Vaillant. Pedro .A uilera.
En'rique (';s'pedes. Lope Becio L. -
Fra.ncis.'o Diaz Silr'eiira. BRafael M. Por-
ltuondo. Dr. Santli(ao Garcia Ganiar'es.
Enrique Lo/nar del Caslillo. Serrro
Pina. Rfiael PIre:': Morales. .l1arnos Pa-
dilla. ,. L4pe: Leivu, secrtaire. Jos
Clemente Virani'o, secrtaire. Orencio Ao-
darse, secrtaire.

.-----.-p ec----


Hrones Ciibaines


La guerre de Cuba nous a faith connatre, jus-
qu' present, des hommes et des femmes h-
roques, dvous la cause de l'indpendance
de leur pays, lesquels ont le droit d'occuper des
pages brillantes dans l'histoire de l'humanit.
Chaque jour, cependant, nous apprenons le
nom d'une nouvelle hrone qui ne demand
autre chose que se rendre utile son pays, dans
une nouvelle forme, et imitant les lgendes des
Grecs et de Spartacus.
Lesjournaux de New-York, arrives dernire-
ment, parent de deux (le ces admirables pa-
triotes qui, aprs avoir servis la cause de Cuba
aux. Etats-Unis, s'apprtent a partir pour les
champs de bataille, aider et a soigner leurs
frres come gardes-mialades.
La premiere, 3Mademoiselle ,aura Alberta,


est une actrice a.mini.ainie pice palriotique a rendue entirement fanatique
del'indpendance (e l'lle.
Elle vient de comirneicer'a se miettre au cou-
rant des devoirs des gardes-malades en cam-
pagne pour rejoindre la section de La Croix
Rouge qui, sous les auspices et la direction du
docteur Enrique Agraumonte, doit partir, dans
quelques jours, pour Cuba Libre.
La second, Mademoiselle Belen Montes, est


une des p!us belles lill lde Pu eto Pr'rinripe, .ap-
partenant a une de;s ppru ri "rs lfamilles d pays,.
don't deux frres figurcut, depuis le c-omiincei-


cement de la champagne, a l'tat-major du Pr-
- sident de la Rpublique Cubaine, M. Salvador
Cisnero Betancourt.
A cause de ses ides rvolutionnaires, elle
quitta son mari, un officer espagnol, et reprit
son nom de demoiselle, ce qui lui valut d'tre en
voye l'le de Pinos comme prisonnire de
guerre, seule vengeance qu'a cru devoir prendre
le mari recalcitrant.
Belen Montes trouva cependant le moyen de
s'chapper de sa prison, et, accompagne d'une
sour et d'un frre, arrival New-York, il y
a quelques mois, o elle se lia d'une grande
amiti avec Laura Alberta, qui la mit au courant
de ses projects et l'engagea h la suivre .dans sa
sublime mission de La Croix Rouge.
Nous sommes persuads que l'exemple donn
par ces deux hrones sera sans doute suivi par
plusieurs membres de la Socit de Las hijas de
Marti qui, avec tant de courage et d'abngation,
se sont charges de trouver des secours pour les
blesss cubains en champagne.




AVIS


La )lgation de la Rpublique de Cuba
New-York, est transfre de 66 Broadway,
56 NEW STREET, 20 tage.

---------* --------

UNE REPONSE, S. V. P.


Quelques journaux de Paris, et non des mqin-
dres, continent manifester leur hostility aux
Cubains.
11 serait bon de s'entendre une fois pou?
toutes.
Nos confrres pourraient-ils nous dire com-
ment doit s'y prendre un people qui veut con-
qurir sa libert?
Que des journaux comme Le Soleil, L'A utorit,
Le Figaro, Le Gaulois, etc...,soutiennent la poli-
tique du gouvernement espagnol actuel, rien de
plus natural. Mais nous ne nous expliquons pas
que Le Temps, le Journal des Dbats, La Li-
bert, L'Eclair, Le Matin, Le Journal, etc.,
pour ne parler que des plus important, se
fassent les champions d'une monarchie quel-
conque, et encore moins de la monarchie espa-
gnole, qui a toujours t la ngation de toute
justice, de toute libert et de tout progrs.
Ces mmes journaux, qui s'attendrissent tant
quand miss Maud Gone vient leur center les mi-
sres sans nombre de ses frres d'Irlande, ne
trouvent pas une parole de justice pour les
Cubains, qui ont autant de droit, sinon plus, pour
nous autres Franais surtout, la compassion.'
Bien plus, ils n'ont pas de paroles assez hai-
neuses, assez mprisantes pour blamer leur
manque de soumission h l'Espagne.
Mais, s'il est vrai que les Cubains, n'ayant
rien pu obtenir de la mre-patrie, en dpit des
promesses solennelles faites maintes reprises,
s'en rapportent aujourd'hui au sort des armes
pour s'affranchir, quels moyens ont donc em-
ploy les Etats-Unis (le l'Amrique du Ndr d et
toutes les .iplulilpliIsI de l'Amrique C. ni ,.- et
de l'Amrique du Sud, sans parler de nous autres
Franais, pour conqurir la liibert?...
Poser la question, c'est la rsoudre. Toutes
les Rpubliques existent actuellement sont sor-
ties de la violence et de la guerre. Et alors, pour-
quoi traiter aujourd'hui de bandits, de pillars,
d'assassins, des homes avec quis remain (aprs
leur reconnaissance officielle), vous traiterez
d'gal gal, et pour les actes desquels vous ma-
nifesterez autant d'admiration que vous prou-
vez dte mpris maintenant?
J'imagine que le roi (le Prusse et l'empereur
d'Autriche, sans computer les princes migrs,
d.evaient, eux aussi., nagure, . la veille de Val-
iny et de Jemmapes, avoir de nous autres, Fran-
!;ais, une pitre opinion, et ne nous mnageaient
p;as les pithtes mirprisantes. El cependant!...
Mais i quoi bon les lemons de l'histoire. Le b.iil-
letini financier n'est-il pas li pour en tenir lieu ?
A dlfaut d'esprit de justice, la peur du ridicule
devrait empcher ces journaux de reproduire
toutes les absurdes et mensongi;res dpches que
le gouvernement espagnol les carU/e de publier
quotidiennenient. Se croient-ils donc en Espagne,
pour oser reproduire avec une pareille impu-
dence, ou une aussi complete absence de sens
common, les I 1'.:'- ., i ,m,.' nous annonalant cha-
que mois la irmont de Giimez ou de Macco, et quo-
tidiennement la dfaite des Cubains? :
Mais, jetez donc une fois seulement les ye.ux


- -
. 11





LA REPUBLIQUE CUBAINE


7 MAI 1896


sur uFe carte'te Cuba, et peut-tre comprendrez-
'vous enfin'que l'on abuse de votre bonne foi, et
qu'en conbitiuant agir ainsi, vous vous faites
'es complices d'une mauvaise action, don't les
consquences ne manqueront pas d'tre terrible
pour-l'pargne franaise.
De'toutes faons, le dilemme se pose: Ignorance
des faits, complaisance que le rpublicanisme
de ces journaux rprouve, ou complicit.
A eux de choisir; mais qu'ils rflchissent
'l'effroyable responsabilit qu'ils assument.

-------*----------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Liberty :
................... ........ ..... ******..........
Des dpches de Madrid annoncent que le gou-
vernement a pris la resolution de mettre en pratique
Cuba et Puerto-Rico les rformes qui, votes
sous le dernier ministre Sagasta, n'ont cependant
pas empch l'insurrection d'clater. Du rest, ces
amliorations, qui placeraient 'ile sous un rgime
provincial et communal pareil celui qui est adopt
dans la pninsule, ne peuvent tre que thoriques
dans l'tat de guerre. Il est difficile d'innover ttile-
ment dans un pays o les ruines fument et o le
sang coule encore. Il rsulte, en effet, du rapport en-
voy par le consul d'Angleterre la Havane, que la
rcolte du tabac est perdue et que celle du sucre
sera peine de 200,000 tonnes au lieu de 8oo,ooo.
Les renseignements espagnols accusent une produc-
tion, constate fin janvier, de 79,o00 tonnes au lieu
de 44o,ooo en 1895, et l'exportation au I" mars n'at-
,teignait que 26,000 tonnes au lieu de 276,000 en
i895. Dans de pareilles conditions, c'est au plus
press qu'il faut pourvoir. Aussi, les lections gn-
rales qui viennent d'avoir lieu Cuba, et qui n'avaient
gure leur raison d'tre, ont mcontent tout le
monde. Il est question de les annuler.

La Patrie :

Le gnral Weyler, gouverneur gnral de Cuba,
a perdu la belle assurance qui a signal ses dbuts
dans l'le. On se souvient que, lorsque le gnral
vint remplacer la Havane le marchal. Martinez
Campos, il dclarait avoir la certitude de terminer la
champagne en quelques semaines.
Or, voici que le gnral Weyler lui-mme vient de
dclarer qu'il lui faut deux annes pour terminer la
guerre Cuba; quant aux sommes ncessaires, il
n'en parle point, sans doute pour ne pas effaroucher
les contribuables espagnols; mais on peut computer
que la some sera rondelette, si on en juge par ce
qui est dj dpens.
Le gnral Weyler estime d'autre part que le vote
relatif -la belligrance, mis par les Chambres am-
ricaines, a contribu augmenter le nombre des in-
surgs.
...... ... ... .... ..... ......... ...
Quoi qu'il en soit, la situation de Cuba est fort


grave : le chef insurg MBximo Gmez continue son
movement en avant; aux dernires nouvelles, i ne
se trouvait plus qu' quelques lieues de l'a ville
de Santa Clara. L'incendie des villages et la ruine
des plantations continent, l'obstination hautaine des
Espagnols aura transform en dsert la perle des
Antilles avant que le dlai de deux ans que s'est of-
fert le gnral Weyler soit arrive expiration.


Le Rveil du Nord, Lille
................ :.... ...........................
En presence de l'attitude des Etats-Unis et des
victoires multiples des- insurgs, le gouvernement
espagnol, auquel les promesses content peu, fait
mine de vouloir accorder Cuba des rformes et
une sorte de dcentralisation, emphatiquement bap-
tise autonomie locale .
........ ......... .... ...... ....o ........ ......... .
Quant aux insurgs, ils continueront leur lutte en
faveur de l'indpendance pure et simple.
............ .............. ............ ........


Le Petit Colon, Alger :

La sourde fermentation qui travaille les masses
populaires espagnoles menace d'aboutir une ex-
plosion don't le ministre lui-mme ne serait peut-
tre pas le seul souffrir.
On sait, d'allcurs, que la stratgie la duc d'Albe,
adopte par le gnral WVeyler, n'a obtenu encore au-
cun success, que les insurgs n'ont pas perdu un
seul pouce de terrain et que la pression de l'opinion
publique des Etats-Unis s'accentue de plus en plus
dans le sens des aspirations sparatistes cubaines.
Pour conjurer les dangers de cette situation,
M. Canovas tente, aujourd'hui, une entreprise d-
sespre. Reniant la politique qu'il a suivie jusqu'
ce jour, il announce la concession de rformes la
Grande Antille.
... . ... ..... .............................
Ces rformes sont peu importantes; d'ailleurs, il
est douteux que les Cubains s'en contentent.


***** *********** **** ** **


L'ONCLE SAM: Vous perdez votre cigare, seinor.

(The Wlorld.)


AVIS

On trouve La Rpublique ( ubaine,
Paris, dans les kiosques suivants :
"lihneiderr. i l'ianiile ldu faubourg Montmartre ct (li
boulevard.
Kisq i. uc l, ';ti 'te l.le passage Joulfroy.
:, : l'aingil e d la rue Le Pllelier el du
Iboulevard,
: '2 on t':fac le t ,e Riche.
S 18, :1 a le du ulevarld e, de la rite du
l aleli r.
l :i. e f' It U ,;: d lt Pai.'c.
2;, U L a 1*it >,.hl ; ,'I, i l lrl.
Sa I;i, [il.
S 12, en f'iic les iiagasins du Old Engrland.
1i(, cn face le (it)zd (:anl'.
. 1, place (le la Madeleine, Station des Om-
ib il)tis Ptsssq-Bo r,rse.
,, 5, l'aingle du boulevard et (le la rite des
Capucines.
ci face l'Oly'mpi.
25, en face lo Crcdit Loii iiais.
en face la Gait e Stint-Lau;re courtr des
lines de banlieue).
S 7, en face le C'a/ (alrdiinwal.
, 41, en face le Bec Auer, entire les rues Riche-
lieu et Vivienne.
2 21i, it l'encoignure de la place de l'Opra et du
boulevard des Capucinies.
1 lVi, rute IRoale, encio ler restaurant ilruie.
140,. avenue (les Champs-Elyses, centre la rutf-
de Chiaillot t l'aveinuede l'Almna.
l'il. avenue des Chai(ps-Elyses, en face de la
riue dit Bel-espiro.
(ie face les M'ltagails dul Pr'intemtps.
prs la sLalion de la Muelle--Taitbout, bou-
levard I-Haussianiiii et rue Taitllout.
place lde 1] Bourse, vis- i-vis lce ltreau de
pole.
'auluboirg Poissonnirei, ('oiseci'ratoire.
place du Palais-Royal, antle de la rue de
Ri-,oli. en face ileb'ureau des ominnibus.
it l'encoignure de la rue tfaulourg Sain t-Ionor.
]>lace Saint-Augustin, arrt des tramways
Mluelle-Taibout.
S 215', aventie Wlagranit cL rute T'ruon.
S plate de l'Etcile eI avenue Mac-M3ahon.
22, fi l'anglie de la riie it c Ieldlr et dlu boule-
vard, eni face la mchine l'eYst.
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