Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 30, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00015
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION. PRIX DE LABONNEMENT (EN FRANCE)
PAYABLE. D'AVANCE*
20, Rue Baudin I re Anne PARIS 30 Avril 806 NO I5 Une an.ne ......................... ... .. 3or.
______ Un semestre.......................... 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: 3 .A.i.T' GrAO Un trimestre................................... 50
TELP3-EcNS' A L'TRANGER
t.es snae PAIR.AIT TOUS LES JEUDIS Uneanne............... .............. 35 fr.
SUn semestre .............................. ..... s
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUIMERO....... o fr. 50


AUX CUBAINS
ET AUX PORTORICAINS

Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
,propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.

.IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
'Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
'pour envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, .sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.



LA PAIX A CUBA

outes les Bourses de l'Europe, et principal.
ment celle de Paris, ont fait dborder leur
joie ces jours dernierS, au grand tonne-
ment des plus fiers limiers. L'Extrieure espa-
gnole, en hausse, a eu des sauts prilleux pour les
imbciles qui se laissent exploiter, et dsopilants
pour les grands criminals, les banquiers-agio-
teurs capable d'trangler leur mre et de saigner
blanc tout un people pour entasser des millions
sur leurs milliards. Il a suffi pour cela de faire
glisser sotto voce, des bouches aux oreilles, la
rumeur de la paix i Cuba. On s'est montr
d'abord indcis; mais on a continue piano, pia-
no en faire circuler le bruit; on a suggestionn
son public; puis, dans un habile crescendo, on a
fait jouer les tlphones par Canovas et mis en
branle les tlgraphes; on a prpar Moret et
d'autres pour aller dbattre les conditions de la
paix avec Gmez et Maceo l'intrieur et avec
les dlgus de la Rvolution au dehors; on a in-
.terwiev Sagasta qui mprise Weyler; on a fait
rentrer en scne Martinez Campos et, rinfor-
zando, on a fait clater la nouvelle :
Les insurgs demandent la paix!
En ces temps d'apparitions et de predictions,
Basile s'est montr au parquet, transfigur en
agent de change.
Et la Constitution du Gouvernement provi-
soire de la Rpublique Cubaine, solennellement
proclame Jimaguayti le 16 septembre 1895 ,
dit l'article XI :
Le traits de paix avec l'Espagne, qui
DOIT AVOIR NCESSAIREMENT
POUR BASE L'INDPENDANCE AB-
SOLUE DE L'ILE DE CUBA, devra
tre ratifi par le Conseil du Gouverne-


ment (le Prsident et le Ministre) et
l'Assemble des reprsentants convoque
expressment dans ce but.
D'ailleurs, mme sans la Constitution, il n'y a
pas un patriot cubain qui, de la pointe de Maisi
au cap San Antonio, ne s'crie :
L'indpendance ou la mort!
Certes, la fiert castillane (?) s'accommoderait
volontiers de la solution dsire; mais si l'Ext-
rieure monte, elle a bien baiss, cette fiert, entire
les mains de M. Chaovas. C'est bien lui qui disait
de nous avec ddain :
Quelques ngres et quelques bandits!
C'est lui qui nous lanait avec tout l'orgueil du
vainqueur, avant la lutte, cette menace :
Ni indpendance, ni autonomie!
Lui qui proclamait, la face de la nation, qu'a-


vant de consentir une ingrence trangre, l'Es-
pagne sacrifierait son dernier homme et son der-
nier maravdi; lui qui jurait de n'accorder des
rformes qu'aprs la vitoire et quand bon lui
semblerait, et aujourd'hui...
C'est encore vous, M. Canovas, grand vantard
de la Vandalousie, qui, aprs la pulvrisation
de l'arme espagnole (sic) c'est el Heraldo de
Madrid qui l'avoue, sous la menace, dit
El Liberal, de l'anne de la faim pour l'Es-
pagne, et voyant revenir de Cuba les transatlan-
tiques encombrs de militaires malades et de
citoyens obligs de changer de misre pour une
autre misre, sans trouver dans la mtropole ce
qu'ils ne trouvaient plus dans l'le, n'en accusez
pas encore votre aveugle obstination et votre tenace
imprvoyance, et qui, en vous rendant compete,
aprs un an et demi de lutte, qu'il n'y a pas
en Espagne uneseule famille qui ne pleure un
mort, une seule qui ne se dsole en pensant
un cher bless ou qui ne voie, la mort dans
l'me, le bras robuste sur lequel elle s'appuyait
mutil present et invalide, c'est vous, dis-je,
qui vous prparez a rappeler Weyler parce qu'il
fusille trop, et parce que ses gnraux Mufioz,
Oliver, Pando, Inclin, Arolas, se font battre
Manzanillo par Rabi, h Campana par Gonzilez,
Arroyo Blanco et Santa Clara par Gomez,
Candelaria par Bandera, et l'inexpugnable
trocha par Maceo. Et vous faites rentrer au con-
seil des ministres MartinezCampos pour le con-
sulter; vous frappez en vain aux portes de fer
des banques trangres et nationals; vous vous


soumettez amicalement aux ordres des Amri-
cains du Nord pregnant en main les affaires int-
rieures d'Espagne; vous n'en avez pas assez de
cette intrusion amicale, et vous invitez les am-
bassadeurs de France et d'Angleterre vous
donner des conseils, et vous vous mettez pro-
mettre aux Cubains des rformes contre les-
quelles votre indignation a tonn toute la vie,
moins peut-tre lorsque, d'accord avec le gnral
Prim, vous acceptiez une indemnit pour l'ind-
pendance. On se demand involontairement si le
cerveau de l'homme qui fait courir ces bruits de
paix, en les attribuant ses ennemis, a con-
serv, depuis son heureux marriage, toute sa
solidit d'antan.
En change de ces rformes nous aurions...
quoi? Une dette de quatre milliards de francs
que les gouvernements de la Mtropole con-


servateurs et libraux ont faite. Or, si le bud-
get de Cuba, au temps de la prospril espa-
gnole, tait de cent trente millions avec un dfi-
cit de trente millions par an, les cent millions
restants paieraient peine l'intrt des quatre
milliards de MM. Canovas, Sagasta, Martinez
Campos et Weyler. Que nous resterait-il ? Peut-
tre quelques bananes grignoter. Au temps de
la conqute, on jetait ainsi aux Indiens, sous la
table, des os ronger.
Eh bien! aujourd'hui que le pays est ruin
par des incendiaires sublimes comme les Numan-
tins ou les Moscovites les pays pauvres, s'ils
sont petits, ont toujours plus de chance d'tre
libres que les riches peut-il accepter de pa-
reilles transactions? Jamais! A qui donc la dette
des quatre milliards? A celle qui en a profit, h
l'Espagne.
Oui, mangeons des bananes, mes frres, mais
soyons libres et, s'il nous prend envie d'tre
riches, nous nous souviendrons que les pays
produisent, non en raison de leur fertilit, mais
en raison de leur libert. Aujourd'hui comme
hier, il n'y a qu'une transaction possible : in-
dpendance absolue de Cuba et de Porto-Rico,
avec indemnit paye par les deux les pour
faire cesser cette guerre que Weyler mne inu-
tilement sans piti et sans misricorde, la
hl'q te de la civilisation espagnole.
E. A.
rt


TIMBRES-POSTE

Nous reproduisons le passage suivant tir d'une
lettre de notre confrre Palria, de New-York :
Ce serait une belle preuve de pa-
triotisme si tous les 'Cubains mi-
grs ou exils mettaient sur les en-
veloppes de leurs lettres les timbres
de la Rpublique la gauche, o
d'habitude se met le timbre du gou-
vernement.
Aucun gouvernement ne peut soulever d'objec-
.tion, puisque prsentement ces timbres n'ont de
valeur que pour Cuba.
L'ide nous a paru si opportune que, non-sep-
lement nous l'approuvons, mais que nous con-
seillons chaleureusement nos compatriotes de
la mettre en pratique constant.
Les timbres cubains sont un revenue direct
pour le Trsor Cubain, et le devoir de tous les
patriots est de s'en servir de faon contribuer,
en augmentant les resources de la Rpublique,
la propaganda extrieure. L'tranger verrait
ainsi combien est srieux et important le mouve-
ment irresistible qui nous fait vouloir Cuba libre
et indpendante.
Les timbres sont de 2, 5, 10 et 25 centavos
(le centavos quivant 0fr. 05 de monnaie) et tous
sont semblables, quant au dessin, au fac-si-
mile que nous donnons plus haut. Ces tim-
bres sont en vente Paris, et nous sommes
en measure d'affirmer, preuves en mains, qu'ils
circulent librement en France.



AVIS

La Dlgation de la Rpublique de Cuba h
New-York, est transfre de 66 Broadway,
56 NEW STREET, 2- tage.

------^. o------

L'EMPRUNT CUBAIN


Le reprsentant, Paris, du'Gouvernemert
.Cubain, le Docteur Betances, nous communique
un tlgramme de la Junte de New-York. lequel,
aprs nous avoir annonc la victoire de Reme-
dios, don't nous parlons plus haut, ajoutait :
L'mission des Bons Cubains a t cou-
verte cinq fois 62 pour cent.
Ce grand succs ne nous tonne pas, car nous
savions h quoi nous en tenir. De nombreuses
personnel dsirant placer des fonds sur nos va-
leurs nous avaient consults ce sujet, et nous
avons toujours rpondu qu'il nous semblait diffi-
cile de placer, des. Bons en Europe, car nous
'tions certain que ce placement serait fait trs
facilement en Amrique et dans des conditions
exceptionnelles.
En tous cas, l'opration ralise aux Etats-Unis
parole loquemment : en effect, le type de l'mis-
sion qui est, chacun le sait, toujours infrieur
h celui de la cotisation a t de (i2 pour cent,
c'est--dire gal celui de l'Extrieure Espagnole
la Bourse de Paris.
Ce rsultat, fcheux pour l'Espagne, dmontre
que notre credit est aujourd'hui gal au sien, et
met en evidence la confiance des capitalists
amricains et cubains dans le triomphe de note
cause.


i*


'N


LE CAPITOL DE WASHINGTON


wri Ii -i ii


_ i -- --- I i I __






LA REPUBLIQUE Ce'RflATNE


30 AVRIL 1896..


VICTOIRES ESPAGNOLES


El imparcial de Madrid vient d., publier une
interview du gnral Aldecoa, tburi. de Cuba.
Les ,clarations de ce vaillant guerrier,,Baritent
dn,,:' p i nl I ,as1' ie'i 1i'r . ..
.L'ennWtmi, a-til dcir, mhque ..ab.:.iumrrer, de
colui-ae. d'haeilet et, en unI mot d: toute quality
.. n-i iit are... .Nnmoirs, la giierre.:@ituielle se p.rbln-
.gra penatrist h.nglem rp. .
il: iin ieo'inmeiHiant tienl langag., , p. u
prs analogue:
SMes affaires sont trs prospres, mes concurrents
ne peuvent rivaliser avec moi; tous leurs clients les
abandonnent pour venir se fournir chez moi: aussi
vais-je: mettre la clef sur ma porte et abandonner
Smon tablissement avec la caisse.et tout ce qu'il con-
tient.
On administrerait t ce m:illiiereiiu une srie
de douches:
En Espagne, quand le gouvernement ren-
1contre des individus de ce calibre, il en fait des
gnraux.
Poursuivons:
Les ,rebelles, continue le gnral Aldecao, com-
mettent des atrocits pouvantables :la province de
Pinar del Rio, en particulier, est livre toutes les
.horreurs de l'incendie et de la desTruc.iri,. .Les
hommes de Mximo Gmez et de .ilaeo.fie sont
pas des soldats, ce sont des br;. is'q'i i piieri. et
assassinent; toutefois, nous ne pon i'ons'e irr
bout, car tout le pays-est avec eux.: .. ..
De ces explications, il rsulteri8t q'te les :ha'i-
tanits de Cuba ont. la faiblesse invtre d'aimer
k se laisser voler et massacrer. Tous les .gots
sont dans la.nature, et nos principles de libert
nous empchent d'y trouver redire; mais alors,
puisque les Cubains aiment tant les bourreaux,
comment n'arrivent-ils pas s'accommoder de
Weyler?
Le gnral Aldecoa ajoute bonnment ce rcit,
qui ne donnera pas grande opinion de ses talents
militaires :
L bas, on est oblig de manceuvrer au hasard,
l'aveugle: on cherche l'ennemi et on ne le trouve
pas (en revanche, on le trouve quand on ne le cher-
che pas). Ainsi tenez, par example, moi, je com-
mandais une colonne avec laquelle je m'efforais
d'atteindre Mximo Gmez. Celui-ci tait camp
'un ail'le et demi de distance; eh 'bien, je ne m'en
suis aperu qu'au ,bout de ,deux jours.
Voil qui donne 'une fire ide de la faon don't
est accompli le service des reconnaissances dans
l'arme du jeune roi Alphonse XIII.
Comme complement ces dclarations, il n'est
pas sans intrt de reproduire le compete rendu
par les gnraux espagnols des rcentes dfaites
qu'ils viennent de subir danis la province de
Pinar del Rio:
'L'avant-garde d'Antonio Maceo et de Quintin
Bandera, surprise le 14 avril, a t disperse et pour-
suivie jusqu' Guasima. Le 15,'Maceo fut dlog des
collins boises o il s'tait rfugi et fut bientt
entour dans un vrita'ble cercle de fer etrde feu. Il
y eut alors une fuite folle de l'ennemi qui, complte-
ment dmoralis, abandonna tout morts, blesss,
armes et munitions s'parpillant dans toutes les
directions. Les operations contre les rebelles con-
tinuent.
L'informateur official n'oublie d'ajouter qu'une
chose, c'esfqu' la suite de ces ...victoires, le
gnral Escaveria a t suspend de son com-
mandement.
Cosmo.
P. S. A la suite de nouvelles victoires, le
gouvernement de Madrid vient de dcider (les
processes cottent si peu) d'appliquer dans l'le,
avec des rformes, l'autonomie locale, measure
d'ailleurs illusoire, trs diffrente de l'indpen-
dance, et.dont les insurgs ne se contentent pas
le moins du monde.

-------. -------- ,

ASSASSINS !

os lecteurs se souviennent peut-tre du
manifest du gnral Gimez que nous
avons public dans nolre numro du 30
janvier, manifeste dans lequel le gnral en chef
des Cubains dnonait au monde civilis la con-
duite des soldats espagnols qui, s'tant prsents
son camp come volontaires, profitrent de la
premiere occasion pour assassiner, dans une re-
connaissance, les Cubains : le capitaine Agra-
monte, le lieutenant Rodriguez, le caporal Va-
Ilejuo.
Ce n'est pas lb un fait isol mais une res-
source de guerre cmploye de tous temps par les
Espagnols el qui leur a russi parfois, comme


dans le cas de Guillaume d'Orange, assassirie tSr
le duc d'Albe.
Tout rcemment encore, le i'eu~'i, iiit-colonel
cubain Francisco Zaniorci ''traduit en conseil de
guerte't fait fusillerain Espagnol nomm Mo-
Saeno, fils d'un pharmacien de Madrid, qui :s'tait
pri'- ut' dans les rangs des Cubains ayvc le si-
nistre project d'assassiner le gnral i'.lirni:i
':Gmez. Ce nisrable s'tait engag commettre
ce crime miio\,.iiiiant 0,0l0 francs offerts- -r le
gnral Mella, d'accord avec une pIihs:m.al e per-
rSnWfit.
Voil les exploits de cette arme d'assassins.
Toujours les mmes !

-~ *

ANGUILLE SOUS ROCHE


El Heraldo de Madrid a cru devoir reproduire
un article public par M. Jules Roche dans La
Petite Gironde en l'honneur de l'Espagne .
M1. Jules Roche, honmme politique disti&gue,
comme dit le journal espagnol avec raison, a
trouv du plaisir a choisir parmi les belles pages
de l'histoire de l'Espagne. C'est l un plaisir
permis et la porte de tout le monde, car,
toute vieille nation possde de belles pages dans
son histoire, -et la tche de notre compatriole
est de celles qui ne demandent que de la pa-
tience et du bon got.
M. Jules Roche, qui est, en effet, parmi nos
homes politiques, un de ceux qui ont le plus
fait parler d'eux, aurait pu entretenir ses lec-
teurs de la conqiute du Nouveau-Monde, de
Guatimozin et d'Hatuey, des.Pays-Bas et du duc
d'Albe, de Cuba et de Valmaseda, du Virginius
et de Weyler; mais il a prfr,,pour le moment,
ne s'occuper que de Pelayo, de la bataille de
Munda (45 avant Jsus-Christ) et citer Polybe,
Csar, Plutarque.
Il n'y a aucun mal tout cela ; M. Jules Roche
qui, maintes reprises, a brl ce qu'il avait
ador, et vice versd, nous a dmontr, par ses
nombreuses... volutions, combien est vrai ce
dire du pote: '
L'homme absurde est celui qui ne change jamais.
M. Jules Roche, qui est tout le contraire de
l'homme absurde, a change trs souvent et
chaque fois avec d'excellentes raisons.
C'est pourquoi nous ne dsesprons pas de le
voir un jour crire, dans une autre Gironde, un
article en l'honneur de Cuba . Ce jour-l,
M. Jules Roche nous parlera des brigands qui
accompagnaient Cortez et Pizarro, du duc d'Albe,
de Boves; il citera Michelet, l'vque Las Cases,
-Quintana; il nous montrera que si l'Espagne a,
dans son histoire, de belles pages crites avec
son sang , .elle en a aussi de... laides crites
avec le sang des autres.
Ce jour-l, la tche de M. Jtles"Roche sera
certainement moins difficile, mais son enthou-
siasme ne sera pas moins sincere.


--------*----------

PREUVE IRRCUSABLE

(Suile)
Nous continuous la liste que nous publions en
rponse aux calomnies espagnoles, pour prouver
que l'lment intellectual, et respectable du pays
est avec la Rvolution.
Dans les numros prcdents, nous avons
donn les noms de nos amis mdecins, avocats,
crivains, journalists, chimistes, ingnieurs, etc.
Voici d'autres noms:
PIIOFESSEillS
Aristides Agiiero (de l'Universit de la la-
vane), E. Aymerich, Antonio Bravo y Correoso
(Directeur de l'Institut de Santiago de Cuba),
Francisco Carvajal, N. Castillo, Arturo Cunill,
Manuel Dieguez, Mercedes Garcia. Villar (dpor-
te de l'le), Blas L6pez Prez, Fi'del Mir, Jos
Nufiez Morales.
ARTISTES
J. Barroso, Juana Borrero, Franciscb Ca-
mell6n, Agustln Entenza, Amado Mendez, Ar-
mando Menocal (auteur du tableau Colon, ex-
pos Chicago), Jos Roque.
CHIrnURGIENS DENTISTS
M. Alberich, Jos D. Amieva, M. Ansley, Eli-
gio Brunet, Carlos Dod, N. Duque Estrada,
Carlos Duval, Carlos Garcia Velez, Victor Ma-
nuel Garcia, F. GuitarJ, Alelardo Jimnez,
Pedro Pifiitn, Estefan Sauvanell, N. Silva.
(A suivre.)


*r


.,A. BATAILLE
DE MALTIEMPO

ilCi(cT )D'CN COMBiTiANT
Une dcharge et au marichl' Tel flt le
laconique ordre du jour.' Nous tions le 15 de-
cembre et ,avions ] ,.l ;h:'dans la juriir ction'ide
Cienfuegos.
SDes ch imps, de cannes, vert', itiesr7nes, s'-
tendaient::de tous .'Lt:- comnim'--e n oi'oe 'um e-
raude. Les fabriques des plariati'OirTs ressern-
hla]'ient des lots de marbre avec des minarets
-4tdes oblisques.
La colonne des envahisseurs se mit en march
six heures 'du matin, le gnral Maceo et son
tat-major allant l'avant-garde, car il savait
que le combat tait inevitable.
Pendant la march, le gnral de brigade Mirt
lisait haute voix le message de M. Cleveland,
president des Etats-Unis, et quelques nouvelles
de la guerre publies dans les journa-ux. :espa-
gnols, nouveIles don't les esxig:,.it i:n ,et les
inexactitudes provoqurent l'hilaritt dans les
rangs.
Quand .nous fmes prs de Maltiempo, Gmez
et Maceo s'avancrent un peu sur les flancs,
pour mieux observer le movement des clai-
reurs. La colonne avanait trs lentement, atten-
dant les ordres.
Un des aides-de-camp de Maceo dit.une plai-
santerie qui nous fit tous rire. Le gnral, igno-
rant la cause de notre hilarit, se fAcha.
Faites attention, dit-il, ce.qui se passe.
En ce .moment, une dtonation se fit entendre,
puis une autre, puis une autre: l'avant-garde
ennemie ripostait au feu de nos claireurs ; nous
avanmes tous, le combat' tait engag.
Il fut on ne peut plus acharn.
Les troupes espagnoles taient embusques
dans une nanigua; elles se composaient du re-
giment d'infanterie Canarios et de celui de cava-
lerie Trevifio, sous les ordres du colonel Molina.
La cavalerie ennemie mit pied terre et se plaa
galement en embuscade. Leurs positions taient
excellentes, protgs qu'ils taient par la mani-
gua et par une haie de fils de fer au nombre
de- six. Entre la haie et le terrain occup
par-les Cubains, il y avait encore une longue
excavation pratique pour les fourgons du gnie.
Tous. ces obstacles furent franchise par la bra-
voure et l'lan de nos soldats. Aprs une demi-
heure de combat, rrous avions dj pass la haie.
Alors commena la d'bdcle.
La cavalerie cubaine rompil les ans,aprs les
autres les carrs, ennemis et se livra ;auicaarnage;
vertige de sang qui dura in quart d'heure. Les
Espagnols, pris de terreur, fuyaient la dban-
dade sans se rendre compete qu'en tournant les
talons, ils prcipitaient leur perte. Peut-tre en
formant des groups, en resistant dsespr-
ment, quelques-uns eussent pu se sauver. Ceux
qui ne furent pas assez agiles pour gagner les
champs de cannes, mordirent tous la poussire,
Nous comptmes deux cent dix cadavres! La
plupart, des jeunes garons, bien btis, rcem-
ment arrivs de la Pninsule, arrachs leurs
mres ou leurs pouses, enleve au travail qui
honore et ennoblit pour tre sacrifis en dfen-
dant la tyrannie! Qu'il est triste de mourir pour
une cause injuste !
Ils perdirent tout: bagages, dr..ip'.: mx,.docu-
ments, mdicaments, cent dix fusils Mauser,
trente .Remington et dix mille cartouches.
Tandis que nous donnions des soins nos.
blesss et la spulture . nos morts, don't le total
tait de vingt-sept, une autre colo.nne espagnole,
commande par le colonel Arizn, apparut sur
notre front; elle fut lttaque par l'escorte du
gnral Maceo. Avec les fusils pris dans le pre-
mier combat, on arma rapidement une' force
d'infanterie don't les dcharges, bien diriges,
firent rouler l'ennemi que nous chargemes en-
suite au machete par les flancs, lui faisant trente
morts et quarante-cinq blesss.
SLe gnral Gmez, de son ct, mettait en d-
route une autre colonne avec son escorted et la
petite force de Zayas qui venait de se joindre
lui, lui causant soixante morts et quarante bles-
ss; en.mme temps, 'le colonel Pedro Diaz, avec
un escadron, repoussait une guerrilla qui avait
tent, l'arrire-garde, d'attaquer notre train
d'quipages.
*Telle fut la journe de Maltiempo. Lorsque
nous campmes neuf heures du soir, il y avait
dix-sept heures que nous tions cheval.
Si les cavaliers mritent des louanges pour
leur bravoure et leur lan, il serait injuste de


contester au cheval, puissant auxiliaire de la
Revolution, le droit qu'il a figure dans le bla--
son de la lpublique Cubaine.
S'ederico l'res,
(EI I ,''I, j,. de New-York.)
,, ,--,. iif ,,-,-


LA DOCTRINE DE MONROE


Sous ce ti'tre, M. Clusret :a pubh -dans La
Patrie vn article -dont n reos rep1rsuisons les
fragioe~it' suivants:
La~.itirine de Monro est de nouveau mise sur
le aIsis, 'c;i de la diplomatic par l'intervention des
Etats-Unis dans les affaires de Cuba.
Que d'erreurs cette question n'a-t-elle pas .fait d-
biter ? J'en sais, pour ma part, qui ont t jusqu'
admettre la capitulation du Yankee devant l'Hi-
dalgo.

Cette doctrine prit comme une traine de poudre..
Tous ces perscuts, ces proscrits de l'ancien
monde, de sujets taillables, et corvables devenus
citoyens de.lagrande *Kepubt-iqu... unis la fois.par
le sentiment'.&e lia racnaiissaincel et par celui de la
crainte duaintouri:au passs, -se. grouprent, se ser-
rrent, .'-.1iidrtserui i eurs, s ss-e .et leurs efforts, et
la doctrine it(e f!tl'ni a.e "i la irairi.: charte am-
ricaine.
SQu'on ne:", ,irimpe.pis : destune foi, une reli-
gion. Il ne fauti .ps crinondEt l1 Jd.:'trnc de Monro
avec un Code, une Coni'tturtion quelconque. C'est
tout autre chose et beaucoup plus. C'est l'expression
vitale de tout un people.
Et quel people?
Ces cinquante-deux -millions, qui demain seront
cent, ne sont pas le produit d'une -race puise.
C'est une selection des lments les.plus nergiques-
de toutes les races. C'est bien un monde nouveau,
destin absorber l'ancien.
S . * *. . * * * . . * * . . . * . * -
Mfiez-vous du caractre yankee. J'ai eu tout le
temps de l'.tudier pendant les quatre annes qu'a
dur la guerre de la Scession. Au milieu .de .ces
deux millions d'hommes volontairement .concentrs
autour du drapeau national, dans les circonstances
les plus varies, le plus souvent sous l'empire de la
dfaite, j'ai t amen constater cette nergie sur-
humaine, ce sang-froid inbranlable, cette confiance
absolue dans le succs bass uniquement sur le
caractre indomptable du Yankee. Jamais une heure
d'affaissement, aprs les deux dsastres -de Bull-Run.
et c'taient des dsastres; pas l'ombre df'une
motion. A recommencer. Et l'on recommenait
jusqu' ce que le succs bas sur l'anantissement
complete de l'ennemi vint mettre. dans la bouche
de brother Jonathan, le All right final.

Le Yankee n'est pas, comme l'Europen, asservi
par des sicles de centralisation et de compression,
incapable d'initiative individuelle. En Amrique,
l'individu, qui chez nous n'est rien, est tout.
Le civis americanus, qui a remplac le civis ro-
manus, jamais n'aura cette conception toute latine:
se retourner blant vers son gouvernement. Lui, et
c'est assez.
Le gouvernement n'est l que pour protger, en-
courager l'initiative individuelle et faire, par la doc-
trine de Monro, respecter l'ensemble, la patrie.
Je voudrais bien qu'il y et une doctrine de Mon-
ro en France et des gens capable de l'appliquer.
G. Cluseret.



L'ESPAGNE AU PILORI


Notre dernire liste (voir notre numro du 2
Avril) des personnel assassines Cuba, par
ordre du gnral Weyler, comprenait 191 vic-
times. Nous gallons la continue pour prouver,.
u,ne fois de plus, l'exactitude de tout ce que.l'on
dit dans le monde entier-(moins quelques con-
frres parisiens) sur la cruaut de ce cynique
soudard.
A la Catalina:
Pedro Rubio, un enfant qu'il avait dans les
bras, et sa fille ge de i6 ans.
Par le gnral Lachambre entire Songo et
Ramon de las Yaguas:
INCENDIE D'UN HPITAL (!) de Cubains.
Par le g1nral .-lg,:'-:,. dans la plantation
Morales , situe entire Casiguas et Jaruo o:
Jos Grgorio Delgado, Ag de 80 ans; un fils
mdecin : 2 frres Pino; 2 frres Guerra; un
nomm Bozilio, et un fils g de '10 ans de M.
Delgado.
A la Havane:
Le 2(i mars, fusillade des prisonniers Jos
Aguit et Ju'in Prez Dresde; le 30, fusillade du
prisonnier Enrique .Alemin ; le 31, execution
par le garrote cil de 5 prisonniers.


_ I ;;




, ' '


30 AVRIL 1896.


LA REPUBLIQUE CUBAINE


Au chateau de Morro (La Havane):
Jos Azcuy, et 127 prisonniers ont t enfouis
dans une fosse du dit fort, on leur a retir leurs
lits, leurs chaises, et on les laisse presque mourir
dle faim.
110 individus sont encore entrs comme sus-
.pects..
A Guanutas, par ordre du gndral,Arolas,:
Dans la plantation San Jos, appartenant aux
hritiers de Hernandez, vers midi, Jos Rosario
Hernandez, g de 27 ans, fut attach code
contre coude, et martyris ; on l'attacha la
queue d'un cheval, et finalement laiss sur le sol.
Prs de la mme plantation. Patricio Rodri-
guez, g-de 24 ans, subit le mme supplice.
A Marianao:
Assassinat, dans la nuit du 9 avril, de 2 jeunes
gens qui allaient sans armes et auxquels on ne
cria mme pas qui vive?
A Artemisa :
Violation de femmes et de jeunes filles, et bol
de tous les objets de valeurs.
A Remedios:
SUn jeune homme de 18 ans, nature des Cana-
ries, fuyait devant des claireurs espagnols; il se
rfugia dans un.champ de cannes auquel les
Espagnols mirent le feu. L'innocent mourut car-
bonis.
Par 1e colonel Marin, Sancti-Spiritus:
Pascual Gil, Espagnol, licenci de l'arme,
assassin .lchemen't par derrire,
A el Seborucal :
Dans la proprit Cristiha, appartenant au
vice-prsident de la Dputation Provinciale de
La Iavane, Carlos Saladrigas, la femme de l'ad-
ministrateur fut attache et maltraite; un en-
fant la mamelle fut frapp d'un coup de bayon-
nette un oeil, et un autre enfant de quatre ans
fut galement bless.
M. Saladrigas s'tant plaint auprs de Weyler,
celui-ci rpondit textuellement : Si les soldats
ont fait cela, c'est qu'ils avaient des raisons.
A Santiago de Cuba:
Le ngre Emilio Planch, assassin par une
guerrilla espagnole. Sophie Cabaud, sa femme,
et 3 autres ngresses massacres par la mme
troupe qui, avant de se retire, 'incendie la mai-
s 1on..
Par le commandant Anino dans la plantation
Olayita :
Le 29 fvrier, assassinate de cinq innocents;
PART EUX L'ADMINISTRATEUI, M. BERNARD DUARTE,
DE NATIONALITY FRANAISE, FRA.PP AU MOMENT OU IL
ARBORAIT, EN SIGNE DE NEUTRALITY, LE DRAPEAU DE SA
NATION.
Par le colonel Moncada, la Siguanea.
Destruction de 100 maisons et de plusieurs
hdupitaux cubains.
A .uietln.' ? u t :
Quelques pcheurs, en retirant .leurs filets, y


trouvrent 3 cadavres sur lesquels, l'examen,
on constata les blessures rsultant d'armes feu,
et qui avaient des cordes autour du cou. Leur
identity reconnue, on vit qu'on avait affaire
des prisonniers politiques de cette ville.
Total......... 36 personnel assassines
Liste antrieure 191 .- -

Total gnral. 2_7 -
(A- suicre).

--------. I-------

OPINIONS IMPARTIALES

Nous reproduisons in e'xi'n.so un article sur la
question de Cuba public, le 16 avril, par The
Daily .1-'.',' .**,r' (ancien Gal.ignani's Jresseln-
ger),.organe de la colonie anglaise 'Paris, et
l'un des journaux anglais les.plus important et
les mieux accrdits.
The Daily Jlessenger, don't la sage modra-
tion et. l'exactitude des in-formations sont trs
connues, ne peut 'tre souponn de partialit
pour les Cubains, et sa manifestation est d'au-
tant plus significative qu'elle dmontre que
l'opinion anglaise ne voit nullement dansrl'atti-
tude des Etats-l i is.vis--v.is de Cuba une appli-
cation exagre de l'a doctrine de Ml.iiin'.-, mais
une intervention justifie, par l'vidence du bon
droit des Cubains et par les criminals excs des
Espagnols.
Toute personnel sage regrette qu'il y ait eu tant de
retard et de tergiversations, de la part des Etats-Unis,
pour dfinir leur action au sujet de Cuba. La volont
du people amricain siest depuis longtemps claire-
ment manifeste sur cette question; toute la masse
intelligence du pays's'est prononce en faveur de la
malheureuse Cuba. La. Presse des Etats-Unis, l'ex-
ception de quelques journaux qui, force d'tre
cosmopolites, sont rarement amricains, a t una-
nime demander une action favorable et amicale
envers sa voisine, l'le ensanglante. L'appel fait aux
Etats-Unis par l'lite des patriots cubains:a t. en-
tendu. Voici cet appel : Cuba recourt aux libres et
glorieux Etats-Unis. Elle vous demanded d'lever la
voix en sa faveur; diit vous dmnande de faire con-
naitre au monde qu'elle est de force lutter contre
son tyran. Au nom de Dieu, de la'justice, de la civi-
lisation, de la libert, de l'Amrique, Cuba ensan-
glante en appelle.aux Etats-Unis Claire et cla-
tante a retenti la rponse gnreuse du people am-
ricain. Tout le monde sait'combien .il est facile de
faire de l'obstruction, et le fait 'qu'un petit nombre
seulement de snateurs ait russi pendant quelque
temps retarder les resolutions cubaines, ne change
en rien les sentiments de cordialit du pays entier
pour Cuba. A la vrit, l'unanimit presque absolue
avec laquelle la Chambre des reprsentants et le S-
nat se sont.montrs favorables l'intervention, de-
puis le commencement mme, est singulirement
frappante. Et cependant, si nergiques qu'aient t
les mem'bres du Congrs, ils ont peine exprim-les
sentiments de la nation. Il'tait grandement temps
pour les Etats-Unis d'en arriver ce qui aurait d
tre une solution officielle en cette affaire. Sans


doute les resolutions ne forcent pas la main au pr-
sident Cleveland, mais l'on ne peut croire qu'un
homme qui professe le respect de la voix pour ainsi
dire unanime du people, puisse maintenant refuser
d'obir sa volont telle qu'elle vient de se manifes-
ter par les rcentes isolutions du Congrs. Le people
a parl par la voix de la press, du haut de la chair,
par la bouche des homes publics, des citoyens
minents, des homes politiques les plus clairs ;
il a parl la Chambre des reprsentants, au Snat,
il a parl chaque fois, qu'il en a eu l'occasion, et
toujours rsolument en faveur des hroques pa-
triotes de Cuba. Et pourquoi non ? Tout homme et
toute consideration humane proclament que .le
people amricain a raison de demander l'interven-
tion. Que les intresss disent ce qu'ils voudront;
il n'en est pas moins certain, l'heure qu'il est, que
Weyler fait une guerre aussi cruelle qu'il le peut.
Son principle qu'on doit traiter les Cubains come
des bandits est une faon d'ordonner qu'ils soient
pendus ou fusills, sitt pris.
Il est beaucoup plus human d'intervenir effective-
ment que de permettre que ces massacres inous
durent indfinimelnt. L'on ne peut, non plus, bl-
mer les Cubains de ne pas avoir confiance dans les
processes de l'Espagne. Les Cubains consentirent
terminerla guerre en 1878 avec l'ide que leur people
recevrait le droit de voter et aurait une reprsenta-
tion raisonnable aux Corts espagnoles. Par suite
d'une injustice outrangeante et d la taxe norme,
le trois pour cent seulement de la population. peut
voter, et, de ce trois pour cent, le plus grand
nombre sont des marchands espagnols et leurs em-
ploys.
En thorie, l'Espagne concede Cuba une repr-
sentation de quarante-six dputs aux Corts, mais
elle a accompagn cette concession de tant de super-
cheries que, dduction faite des Espagnols, Cuba a
rarement plus de quatre reprsentants. Une tell
conduite est plus que la violation de l'esprit des con-
cessions.
Le gnral Weyler a fort bien jou quelques-unes
de ses cartes; 11 voit des. homes d'Etat de premier
ordre dans les snateurs Hoare et Hab, parce qu'ils
se sont opposes aux resolutions favorables l'inter-
vention et les ont retardes. Mais il a t pris en fla-
grant dlit de cruaut, et Maximo Gmez, le gnral
en chef de l'arme des patriots, n'est pas de ceux
avec qui il peut s'amuser.,
Si le president Cleveland ne voyait pas quel che-
min il doit prendre pour renforcer les resolutions, le
people amricain trouvera des.moyens de raliser ses
gnreux dsirs l'gard de ses:patients voisins, les
Cubains.

---------.^,-------

LES FINANCES ESPAGNOLES

Le Moniteur Eeonomique et Financier :
Nous avons.dj appel diverse reprises l'atten-
tion de nos lecteurs sur la situation financire de
ile de Cuba, o l'arme espagnole lutte si pnible-
ment. contre les insurgs auxquels les Etats-Unis
viennent de reconnatre, par un vote du Congrs, la.
quality de belligrants. Nous avons, notamment,
dans notre numro du 13 octobre 1895, fait le calcul
des resources financires de l'ile et des charges


'FEUILLETON
Sde La Rpublique Cubaine


LA IORTDE CESPEDES

{Traduit spcialement pour La Rpublique Cubaine)

(Suite et fin)





Pendant tout cela, que se passait-il au pied du
'Turquin, site o Cspedes, vingt-cinq ans aupara-
vant, avait pour ainsi dire donn rendez-vous 'la'
mort ? Au bruit des premires detonations, il com-
prend le danger de la situation et, par consquent,
le peu de chance de salut qu'il avait.
Abandonnant l'habitation, il commence la retraite,
dcrivant une ligne courbe vers le nord-ouest et
Soujours poursuivi'par l'ennemi. Surmontant toutes
sortes d'obstacles avec une agilit et une nergie
surprenantes son ge, il russit se maintenir
distance. Une balle lui fracture une jambe, mais il
se relve aussitt, et blesse le sergent qui, plus au-
dacieux que les autres, le suivait de trs prs. Une
autre des balles de son revolver va s'enfoncer dans
un palmier, gauche de la ligne du combat. Bless
de nouveau, presque dj pris, il russit escalader
une palissade et s'lance dans un foss plac en
face, foss qui avait environ quatre mtres de pro-
fondeur, et qui tait couvert de troncs, de branches
et de bois sec. Deux fois bless, dans l'impossibilit


absolue de se dfendre ou de fuir, le lion tombe
pour ne plus se;relever. Sans doute, en ce moment,
pour viter les suprmes outrages et ne liver que
son cadavre aux Espagnols, il appliqua contre sa
poitrine l'arme qu'il portait et, de sa dernire balle,
se traversa de part en part.

Seul, celui .qui est vil, cellmi
La miort d'un ennemi valuuroux.

Se souvenant de ces vers d'un de leurs plus
grands, et certainement du plus noble de leurs
potes, les Espagnols voulurent les confirmer une
fois de plus par un nouveau tmoignage de la m-od-
ration de leur race et de leurs habitudes humani-
taires, vertus don't se souviennent encore les Pays-
Bas et toute l'Amrique latine, lorsqu'ils voquent
les noms du duc d'Albe, de Boves et d'Antofanzas,
de Zuazola et Morillo, de Cerveris et Morales, et de
tant de capitaines fameux don't les fastes de la
nationespagnoleclbrent avec orgueil les prouesses.
Ivres de sang, dans la joie d'un triomphe sans p-
ril et partant sans honneur et sans gloire, avec la
froce jouissance de la haine satisfaite, ils entou-
rrent la dpouille encore palpitante du hros
tomb : alors ils lui dfoncrent le crne coups de
crosse, ils lui arrachrent ses vtements sans oublier,
dans leur patriotique exaltation, de fouiller soi-
gneusement les poches ; puis, attach une corde,
ils le montrent du ravin et le trainrent dans la
plaine.
En presence de tels faits, si nous parcourons
les pages de l'histoire militaire de l'Espagne, non pas
des temps loigns, mais de notre sicle mme,.
celles de la guerre d'Indpendance d'Amrique,
celles de l'invasion -franaise, celles des luttes civiles
et cells de la dernire guerre de Cuba, nous
sommes tents de douter de la sincrit du mme


illustre pote, lorsque, faisant allusion aux horreurs
sans gales de la conqute, il dit, dans ce vers im-
mortel :

(C l'u'ren les erinies Idu temIps el. non iui l'Espagne.

N'aurait-il pas t plus conform la vrit de
dire le contraire ?
L'Espagnol, mconnu des autres et de lui-mme,
se transform par ia guerre ; celle-ci veille la fureur
homicide qui, dans les circonstances normales de la
vie, sommeille en lui. Sous l'empire de cette passion
qui n'exclut pas d'autres qualits et vertus, il .ne
croit qu'en l'utilit et l'efi :acit de la mort (i); c'est
pourquoi il la prodigue sans pii ni discernement
et avec l'inexorable conviction que c'est un systme
ncessaire.
Leons des temps, discourse et raisonnements ?
Peine perdue; lutte 'impossible contre le fatalisme
ethnologique rsultant'.du temperament, des habi-
tudes guerrires, de l'av2en'ureux et ambitieux esprit
de conqute, de l'intolrance et du fanatisme reli-
gieux et politique, du degr de culture morale de la
masse de la nation; en un mot, de tous les ffacteurs
qui dterminent le caractre d'une race et le fixent
par hrdit ;.c'est l le caractre funeste que les 'Es-
pagnols ont transmis toute leur descendance, et
qui, bien qu'attnu par l'influence .du temps, du
climate, d'institutions plus libres, et par I.e voisinage
d'une civilisation plus puissante et plus humani-
taire, se manifeste dans l'histoire des luttes don't les
rpubliques sud-amricaines sont le thtre.
Et telle est la fureur que produit en eux l'opini-
tret de la resistance qu'ils se privent de l'honneur
et de l'orgueil qu'ils devraient prouver du fait d'avoir
engendr des fils indomptables come eux, et,


(1) Voyez \Veyler ('-. ,.(l7'.)


come eux, vaillants, capable de les combattre et
de les vaincre en de .mmorables batailles.
Croiyant, par le moyen de la destruction, arrter
la march des ides, ils s'imaginent fire .la paix l
o ils font un dsert, et tablir l'ordre l o ils sup-
priment le libre jeu des activits en possession de
leurs droits lgitimes. C'est ainsi qu'ilsont perdu un
monde, et c'est ainsi qu'ils perdront le peu qui leur
reste de leur ancienne splendeur. Ils ne conoivent
pas qu'il y ait des tombes vivantes et des morts qui
parent avec la force de l'exemple aux gnrations
qui suivent.
Puisse cette observation psychologique expliquer,
imieux que la pense :du pote abus, l'invincible
obstination de la politique de iE.. pan,., t .attnuer
la terrible responsabilit des horieurs qui, (toujours,
ont accompagn la march sanglante de ses'impla-
cables lgions.
Il faut remarquer la srie.de concidences fatales
qui prcdrent la mort de Cspedes, concidences
que les. mes crdules ou faibles pourraient inter-
prter comme des arrts de la Providence. Cspedes
restait San Loren;o malgr les conseils de la plus
lmentaire prvoyance; retard du passport, espoir
d'entrevue avec les gnraux 'Cal-var et .Perez, et ar-
rive de la correspondence qui lui fait refuser l'invi-
tation de Milln. La fortune, cette prostitute qui,
suivant l'expression vigoureuse et crue de Shakes-
peare, n'ouvre la porte qu'aux puissants, la fortune
servit avec prodigalit le tyrant et fut complice du
crime. Quand donc les Espagnols eurent-ils une oc-
casion meilleure et plus propice d'entonner le Te
Deumi obligatoire, et d'insulter ainsi le dieu des op-
prims dans le temple consacr au culte de la justice
divine ?

C. M. de Cespedes y Que..;da.


inscrites i son budget. D'aprs les chiffres du budget
de i .-.,4-..,, avons-nous dit, les rccetttcs s'lvent,
en temps normal, iii ,53,,ooo et le service de la
dette ncessite.chaque anne 120 millions, v com-
pris le change, pour les coupons payables .'tran-
ger.
II y a donc l un deficit permanent que le gouver-
nement espagnol, garant des bons hypothcaires de
Cuba, est contraint de combler. Pendant combien.
de temps p -.u .i-.-;i : .iu p.'.ri i la fois et cette dette
permanent, et les dpenses militaires causes par
l'insurrection? *
Cette question est d'autant plus urgent que la
Chambre syndicate des agents de change de Paris
yint d'admettre la cote, depuis le i" avril cou-
.rant, 5oo,ooo nouveaux billets hypothcaires de Cuba
5 o'o, ce qui porte 1,125,000 le nombre de ceux,
qui sont cots Paris. Or, nous voyons dj figure
sur la cote 1,240,ooo bons de Cuba 6 o/o, soit en
tout 2,365,ooo titres cubains. Aux course actuels,
cela reprsente, en chiffres ronds, i milliard 200 mil-
lions. Si encore il nous tait permis de supposed
que cette inscription la cote ne rpond pas des
.transactions srieuses de la part des capitalistes fran-
ais et qu'elle a t obtenue uniquement en vue de
faciliter les operations du Trsor espagnol!
Malheureusement, c'est le contraire qui est vrai.
L'on nous avait parl, diverse reprises, d'avances
consenties l'Espagne par des maisons de banquet
franaises. Ce sont videmment ces maisons qui,
pour se couvrir de leurs avances, ont demand et
obtenu l'inscription la cote des bons de Cuba.
...:....................................
Nous ne saurions trop insisted, dans de telles cir-
constances, sur le danger que prsenterait pour nos
lecteurs l'achat de ces bons de Cuba, si peu garantis.
Non seulement, comme nous venons de le dire, les
recettes de I'ile sont insuffisantes pour en payer les
coupons, mais l'Espagne elle-mme, qui les a garan-
tis, se trouve dans une situation financire qui frise
la banqueroute. Les emprunts qu'elle a contracts
Paris ne lui ont pas suffi, puisqu'elle vient encore
d'emprunter 140 millions la Banque d'F:pa.nre.
Et, d'autre part, le gnral Weyler n'est pas plus
heureux, jusqu'ici, que le marchal Martinez Cam-
pos. Il ne parvient pas anantir les forces insur-
ges.

Le Monde Economique :
La faillite de l'Espagne, don't on parole si souvent
cause des mauvaises finances et de la mauvaise
politique conomique de ce pays, n'est certainiement
pas une question du moment. On peut dire que
cette faillite a dj eu lieu dans une trs mauvaise
forme ds que l'on a autoris l'agio sur l'or et la d-
prciation de la monnaie national. C'est un moyen
de se soustraire ses obligations et de priver d'une
parties de leur fortune, non seulement ceux qui pos-
sdent de la monnaie, mais aussi ceux qui ont des
revenues fixes.
............... ... ,.................... .
mais mme les forces financires de la mtropole
seront insuffisantes pour le paiement des intrts et
pour le remboursement, si la guerre dure encore
plusieurs annes.






LA RPUBLIQUE CUBAINE


30 AVRIL 1896


Parlant du Bermuda, l'Heraldo dit:
Sa vitesse est moyenne, de -sorte qu'il aurait pu'
facilement tomber au pouvoir de nos croiseurs et de
aos cannonires.
Facilement?... On ne saurait plus navement
avouer sa nullit.


La Ilustracidn Espanola dit que le people
amricain
gorgea les Chinois de Californie, puis les expulsa
sans scrupule.
En effect, c'est trop de cruaut. Exiler les mal-
heureux cadavres et les exposer au mal de mer I


De l'impayable (et pourtant pay) correspon-
dant du fIeraldo.:
Le choc fut si rude et les combatants en arri-
vrent se rapprocher tellement, que notre chef
command plusieurs charges la baonnette....
Comment! les Cubains se laissent approcher ?
Je croyais qu'ils se sauvent ds qu'ils vous sen-
tent venir.
Le bataillon excuta I'ordre si brillamment, que
l'ennemi....
Ah! nous-y voil.
S'enfuit, laissant sur le terrain 86 morts.
Des vtres sans doute.


L'Espagne est sec. Les.rcoltes sont perdues ;
dans quelques villages o l'eau potable manque,
les habitants accourent l'arrive des trains et
demandent l'eau de la machine.
Pauvres diables Il y a pourtant quelqu'un, en
Espagne, qui souffre plus que vous de la s-
cheresse: Le Trsor.


Pendant ce temps, Cuba, la saison des pluies
a commence. Que d'eau! que d'eau I Le gnral
Lachambre trouve a absolument idiot et pense
que
Le moindre gin cocktail ferait mieux son affaire.


Au dbut, les seize millions de hros qui cons-
tituent la population de l'Espagne s'criaient,
comme un seul Cid: Jamais nous ne tolrerons
que les Etats-Unis interviennent dans nos
affaires; notre honneur, notre histoire, etc... )
Et, en effet, ils n'ont cess de protester centre
cette intervention en faisant... des excuses au
gouvernement de Washington.
Maintenant, obissant la pression du dit
gouvernement, ils parent d'accorder des r-
, formes Cuba.


Le Cid n'est plus en scne, il
la coulisse.
Ce n'est plus un hros, mais
dmaquill et miserable.
Pauvre gueux !


est rentr dans

un cabotin mal


Aussi, comprenons-nous maintenant pourquoi
l'Heraldo publiait, il y a quelques jours, un
article sous ce titre: Des fusils, non des r-
formes! Mais, l'imprimerie, on avait sans
doute mal plac la virgule; le vrai titre aurait
du tre : Des fusils non, des rformes!


Le mme Ileraldo r,. .ilf une lettre de son cor-
respondant de La Havane (dput de Cuba s'il
vous plat!) don't quelques aveux sont re-
tenir :
La fantaisie se charge de supplier au manque de
nouvelles positives.
Chacun s'en donne sa guise.
Nous le savions dj, mais nous sommes tout
de mme heureux de vous l'entendre dire, mon-
sieur le dput.


Qui diable disait que les Espagnols n'ont ja-
mais rien invent? Sous le titre: Une invention
catalane, nous lisons :
Le candidate conservateur pour Cervera (Lrida)
s'est prsent avec i5oo voix de la localit de Ru-
binat Condal... qui n'existe pas !


Il faut avouer que, sur ce terain-l, on ne peut
lutter avec eux; mais ne soyons pas jaloux:
chaque race a ses qualits.
_k
M. Jules Roche, ayant voulu dire du bien des
Espagnols, s'est vu oblig de remonter dans
leur histoirejusqu' la bataille de Munda, l'an 45
avant Jsus-Christ t
Et encore, cette bataille fut une formidable
:'rcle pour les mercenaires espagnols.
Faute de grives.....


D'une dpche officielle:


Le 23, le colonel Villa battit la
Diaz dans la rivire San Miguel.
mort et un bless...


bande de Pedro
Nous emes un


Ce dernier sans doute mordu par une cre-
visse.


Du 24.
Des rencontres ont eu lieu Amaro, San Mi-
guel, Managua, Aguacate, Alquizar, et dans les
plantations Carmen et .Julia.
Des forces cubaines, sous les ordres du g-
nral Rabi, ont attaqu et pris Zanja, sur la
limited des provinces de Santiago de Cuba, et
Puerto-Principe. Les Espagnols s'enfermrent
dans le fort, oi ils furent attaqus par notre
artillerie.
Leur situation tait dsespre : beaucoup
avaient pri ; les survivants taient tous blesss,
lorsqu'une colonne espagnole arriva par mer,
transporte par quatre canonnires et deux petits
vapeurs. Les quais avaient t incendis, de
sorte qu'en dbarquant, ces troupes prouvrent
des pertes importantes rsultant du feu de nos
soldats. Aprs un combat acharn, les Espagnols
durent s'embarquer de nouveau, laissant le ter-
rain couvert de cadavres.


y


REGARDEZ PLUS PRS !
(Du ,Judfe, de New-York.)


**********************************tk~ t ~~ittB~itr


En Espagne, on continue se dsoler. La pluie
s'obstine ne pas tomber; toutes les rcoltes
sont perdues.
Mais aux grands maux les grands remdes :
Les prires la Vierge du Tabernacle et au Christ
des Angoisses ont commenc.
Prenez vos parapluies!


J'ai un ami que j'aime beaucoup; voici son pa-
Sngyrique... suivant la mthode de M. Jules
Roche : Quand mon ami tait tout, tout petit,
il ne mordait pas sa nourrice, et quand, par ha-
sard, il recevait une fesse, il la supportait avec
un hrosme, un stocisme vraiment admirables.
Avez-vous jamais imagine rien de plus beau,
de plus grand, etc.?

-------. ,------

LA CHAMPAGNE A CUBA

Dernires operations
Dut 22.
Il y a eu, ces jours-ci, des petites rencontres a
Sacramento, Vigia, Mangas, G(iines, San Ra-
m6n, Morillo, Montes de Santa Maria; sur la ligne
du Mariel et aux environs de La Havane.
Notre cavalerie a attaqu Giira une co-
lonne espagnole qui se retira aprs avoir sup-
port plusieurs charges, lesquelles lui causrent
des pertes sensibles.
Du 23.
Ont t mis en libert : le pasteur protestant
Alberto J. Diaz et son frre, citoyens amricains,
qui avaient t emprisonns par les Espagnols
comme suspects.
Une rencontre a eu lieu prs de Jaruco.
Les pertes ont t insignifiantes de part et
d'autre; parmi celles des Espagnols, on compete
ina officer.


Du 25.
Un combat a eu lieu entre des Iroupes espa-
gnoles. Les volontaires de Bolondrin ont atta-
qu, par erreur, une colonne espagnole.
La lutte dura quelque temps parmi les bles-
ss, un commandant.
Du 26.
Grande victoire des Cubains. Des forces
Cubaines, sous les ordres du colonel Gonzalez,
ont attaqu, i Campana (llemedios), une impor-
tante colonne espagnole commande par le gen-
ral Oliver. Celle-ci, surprise par les dcharges de
notre artillerie tir rapide, eut une grande quan-
tit de morts et de blesss. Ds les pt:emiers ins-
tants, les Espagnols, pris de terreur, s'enfuirent
la dbandade, abandonnant des armes, une
grande quantit de munitions, des chevaux, des
effects, etc.
Comme consequence de ce combat, le gn-
ral MAximo Gdmez s'est empar d'Arroyo Blanco,
situ sur la limited des provinces de Puerto-Prin-
cipe et las Villas.
Le gnral Maceo a enfonc les lines espa-
gnoles, leur infligeant une sanglante dfaite.
)'aprs une dpche adresse au eir'- York fie-
rald, les Espagnols ont eu 500 hommes hors (le
combat.
--------. ^.-------

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Le Voltaire :

C'est ainsi que Maceo et Gmez ontt blesss ou
tus au moins une fois par semaine, depuis qu'ils
ont recrut leurs partisans et qu'ils mnent une
admirable champagne pour l'indpendance de leur
pays. Malgr ses checs, dj aussi nombreux que
les jours couls depuis l'explosion de la rvolte,
l'insurrection n'a pas perdu un pouce de terrain; au


contraire, elle en a tellement gagn qu'elle occupe
presque toute l'ile. Le vrai, c'est que, connaissant
admirablement la region, ayant pour eux la compli-
cit vidente de la population, les patriots cubains
se garden bien de risquer des batailles ranges,
paraissent, disparaissent, reparaissent lquand et o
ils le jugent utile, djouant d'abord la diplomatic
peut-tre un peu trop suptile du marchal Martinez
Campos, frappant ensuite d'impuissance l'action
militaire du gnral Weyler. Ceci peut durer long-
temps, des annes,' et n'aura d'autres rsultats que
de ruiner l'Espagne, d'aggraver le conflict pendant
avec les Etats-Unis.


L'A utorit :
. . . . . . . . . .. ... . . .. . .
Quel.qu'ait t le. dnouement, cette adventure
donne la measure de l'audace de l'insurrection. Avec
beaucoup d'autresfaits, elle prouve qu'aucun rsul-
tat dcisif 'n'a pu tie obtenu encore par- le gnral.
Weyler, malgr toute son nergie. Toutes les opra-
tions militaires qu'il a diriges n'ont pas russi ex--
pulser la rvolte d'une seule des six provinces. Et
la saison des pluies, qui rend pendant six mois im-
possible toute expedition militaire, va commencer en
mai.


Le Pelit Moniteur Universel:

II (Weyler) ne prit la direction d'aucune colonne,
mais se content de mettre la tte des troupes des
officers gnaux qu'il avait amens d'Espagne et
qu'il connaissait depuis longtemps.
Les corps commands par eux devaient pour-
suivre les insurgs jusque dans leurs retranche..
ments.
Malheureusement Maceo et Maximo G6mez ren-
trrent dans la province de la Havane par l'Ouest,
du ct de Pinar 'del Rio, et pntrrent de l dans
la province de Matanzas, l'Est, aprs trois semai-
nes d'escarmouches. Puis ils revinrent Pinar del
Rio, et, malgr le gnral Weyler, les hostilits ont
eu pour rsultat de nuire aux plantations au point
que Cuba ne produira cette anne que i5o,ooo tonnes
de sucre contre une moyenne de 800,000 tonnes. Le
tabac de Pinar del Rio a t encore moins respect
que le sucre par Maceo.

Pour rpondre d'avance au reproche dj fait au
marchal Campos de n'avoir pas su prvoir les
obstacles qu'il aurait surmonter, le gnral Weyler
a dclar publiquement, la Havane, que ses op--
rations militaires avaient t jusqu' un certain point
paralyses par le dsir du gouvernement de Madrid
d'viter des difficults avec les Etats-Unis.

L'abstention des rformistes et des autonomistes
a mcontent le gnral Weyler, qui n'ignore pas,
en outre, que le mois de mai va amener la saison
des pluies, qui sera plus funeste que les insurgs
l'arme rgulire.


------^ ..~-------


DERNIERE HEURE


EXPLOSION A LA HAVANE
D'aprs un tlgramme de New-York du 38'
avril, une dpche de la flavane announce qu'une
explosion s'est produite dans le palais du gou-
verneur gnral.
Une parties de la toiture s'est effondre. Pres-
que toutes les croises ont t brises. Des pl-
tras se sont dtachs des murs et des plafonds.
De gros moellons sont tombs de la faade.
Un typographe attach au bureau du gnral
Weyler a t bless. Si le monument avait t
moins solide, le nombre des morts aurait sans-
doute t considerable.
L'endroit oit l'explosion s'est produite est un
petit rduit du sous-sol de la salle de l'Htel de
ville qui fait parties du palais et don't les caves
servent surtout a entreposer des decombres.
Cette explosion est attribue la dynamite.



Pour paratre prochainement




FCUA CTONTRE ESPAGIE
PAR

ENRIQUE JOS VARONA

EX-DPUT AUX CORTS




Dentiste Amnricain

OPERATIONS GARANTIES
23, Avenue de lag.rain

L'administrateur-grant : G. ETARD.

TROTEs. Imprimerie G. ARBOUIN, rue- Thiers, 126.


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