Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 23, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00014
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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v


Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
PAYABLE D'AVANCE:
20, Rue Baudin Ire Anne PARIS 23 Avril 1896 N 14 ................................... sfr.
Un semestre................................. 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: RA.T.A&IOCr-A. Un trimestre........................... 50
TELE TO'E -O. A L'ITRANGER
T o P.A.AIT TOUS LES JEUDIS Uneanne................................ 35fr.
L aP R A TUn semestre................................. 11 50
Les manuscripts ne sont pas rendus UN NUMRO....... O fr. 50


AUX CUBAINS
ET AUX PORTORICAINS


Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. "- Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
propose rsolument:
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.
......................... .......... ...........
IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
,dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles imposent aux Portoricains les
mmes devoirs tu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.

__------ ^. O------


1A CROIX ROUGE A CUBA


En dpit de tout ce que nous avons public sur
les attentats et les crimes commis Cuba par le
boucher Weyler et ses sous-ordres, la plupart des
journaux continent faire la sourde oreille et
mme approuver la conduite de cet ignoble
assassin, qui rendrait jaloux le duc d'Albe et
Jacques de Torquemada. Beaucoup de journaux
amricains ont, comme nous, relat ces faits,
.donnant des preuves l'appui.
Pour fire cesser pareille injustice, nous sou-
mettons nos grands confrres de la press
franaise et trangre une ide qui, par son
.quit et son impartialit, nous parait devoir
tre unanimement approuve par eux.
Nous demandons qu'il soit nomm une com-
mission de La Croix-Rouge, pour aller Cuba
se rendre compete de visu du bien fond de nos
protestations.
Qu'elle s'y livre un enqute srieuse et
approfondie; qu'elle dise ensuite impartialement
ce qu'elle y a appris et vu; de quel ct est l'i-
gnominie et la cruaut, et lequel des deux par-
tis en presence est vraiment digne de sympathie
par sa conduite humaine et loyale.
lt est vraiment monstrueux de voir que les
,crimes, les assassinats commis quotidiennement
par ce bo'urreau qui a nom Weyler, ne parvien-
Snent mme-pas mouvoir un peu l'opinion pu-


blique. Il n'est pas de cruauts dans les repr-
sailles que ne commettent les troupes espagnoles.
Quand, par hasard, un insurg est fait prisonnier,
il est sans jugement pass par les armes, non
sans avoir subi, pralablement, des supplices
auprs desquels la crapaudine et les silos ne
sont que jeux d'enfants. Les insurgs, eux, se
contentent de dsarmer les prisonniers espa-
gnols de les renvoyer leurs corps; s'ils trouvent
des blesss, ils les recueillentet les soignent; les
morts, ils les ensevelissent (Circulaie: du ma'r-
chal Campos).
La France, dans toute cette affaire, a t au-
dessous de sa tche de nation civilisatrice. Elle
ne. doit pas plus longtemps tolrer de pareils
attentats, qui
rappellent les
pires jours de
l'inquisition et
de la conqute
des Flandres,
sans protester.
Nous sommes
srs qu'on ne
fera pas en vain
appel au coura-
ge, l'abnga-
tion de La
Croix Rouge.
Le devoir est l,
elle ne peut s'y
drober sans
faillir sa t-
che. Et, dequel-
que ct que se
trouvent la
cruaut et le
mensonge,
qu'elle le dise
sans dfaillan-
ce; nous atten-
dons donc son
verdict avec Matilde Agrai
confiance, ton-
ns que l'Espa-
gne n'ait pas, la premiere, provoqu une pareille
enqute.
L'Espagne I... mais elle est capable, au mpris
de toutes les conventions, de fusiller et d'assassi-
ner les membres de La Croix Rouge qui setrou-
veront parmi les insurgs. Ceux-l seuls de cette
association qui seraient de son ct feraient une
bonne enqute.
Elle n'en estplus, hlas! computer ses forfaits
et ses attentats.
-------* ------

T"RS-.OP TA.:ID !

D)ans la parties espagnole de notre nuiro du
2 avril, nous avons reproduit un article de: El
Liberal de Madrid (21 mars), dans lequel le
journal espagnol protestait contre le dcret
(ordre royal) d'aprs lequel : LES CUBAINS ET Pon-
TORICAINS NE PEUVENT OCCUPER, DANS L'ADMINISTRA-
TION DES DOUANES DE LEUR PAYS, DE PLACES SUPE-
RIEURES A CELLE DE COMMIS AUX CRITURES.':
Le journal espagnol qualifiait (ci dcret d'in-
concevable, d'absurde et d'arbitraire, eLy voyait
une norme injustice et un vritable outrage .
Le fait tait exact, et nous lisons, aujourd'hui,
dans El Imparcial deMadrid (19 avril), que le
ministry des colonies a annul les dispositions
sur l'incompatibilit des Cubains et Portoricains
pour servir dans l'Administration des douanes
avec un emploi suprieur celui de cinquime
officer (dernier de l'chelle administrative).
SCe Yfest dQcq qu'en 1896 que l'Espagne recon-
nait lesaptitudes des Cubains, de ce people don't
on a piaplprcter la culture h l'tranger et prin-
cipalement, cher nous.


Ilm


Si les Cubains n'taient pas dcids secouer le
joag espagnol, ils demanderaient peut-tre que
les mots fussent.suivis de faits positifs; mais,
dans les circonstances actuelles, maintenant
qu'ils sont en train de se rendre matres chez
eux, ils n'ont qu'une voix pour vous rpondre:
Trop lard!
-------^----------

MATILDE AGRAMONTE Y VARONA
Morte au Champ d'honneur (i)

Nous publions aujourd'hui, le portrait de l'h-
rone cubaine Mathilde Agramonte y Varonas
morte sur le champ de bataille o elle dfendait,
les armes la main, l'indpendance de sa patrie.
Appartenant
deux glorieu-
ses families de
l'aristocratie
cubaine, dans
lesquelles le
courage et le
patriotism
sont une tradi-
tion, Mile Agra-
monte, don't le
pre et le frre
ainavaient t
tus pendant la
s p lutte de dix
ans, vit partir
rcemment
pour la guerre
tous ses pro-
ches.
SSes frres et
ses oncles s'-
taient enr1ls
dans l'arme du
Le gnral Anto-
nio Maceo; elle
tait reste seu-
onte y Varoria le dans sa plan-
tation, Puer-
to-Principe. Un
jour, qu'elle tait 'alle dans'une locality voi-
sine pour voir une famille amie, elle troiva h
son retour sa proprit incendie, ses serviteurs
assassins. Un dtachement de la noble Espagne
tait pass par l1 ...
Indigne, elle pria la premiere troupe cubaine
qui passa de la conduire au camp du gnral
Maceo,, a qui elle demand de l'admettre come
volontaire dans ses rangs. Le gnral cubain re-
fusa d'abord; mais, sur les instances des frres
d.e eMathilde, il finit par l'accepter.
Le gnral Maceo, avec une faible escorted,
s'tait loign de ses forces et conduisait un
certain nombre de patriots dsarms un
point de la cte oi une expedition devait arriver
avec des armes et des munitions. Tout coup,
prs de Quemados de Gilines, les explorateurs
signalent une colonne espagnole; accepted le
combat, c'tait non seulement sacrifier beaucoup
d'hommes sans defense, mais encore compro-
mettre le succs de l'importante expedition. Il
fallait tout prix que les patriots arrivassent
la cte.
Maceo demand une poigne de braves dci-
ds a arrter les.Espagnols; Mathilde s'avance la
premiere, suivie de ses frres et de ses oncles;
tous savaient qu'ils allaient la mort et Ilaccep-

(1) Toute la press amricaine et nos confrbres : L'In-
transigeant, Le Rappel, Le XI.X Sicle, La Petite
Rpublique Fran'aise, Le Rveil du VNord, Le Petit
Troyen, etc., ont rendu homage i la mmoire (lde cette
hdroque jeune fille cubaine.


talent. La jeune fille combattit bravement cte
cte avec ces hros jusqu' ce qu'elle tombt
blesse parmi les morts ; les Espagnols, qui
taient trs rapprochs, se rendirent compete qu'ils
avaient affaire une femme et, comme elle lut-
tait encore, ils la sommrent de se rendre.
Plutt la mort rpondit-elle. IVive Cuba
Libre 1 Et elle tomba morte, frappe de douze
balles.
Depuis lors, dans l'arme cubaine, on n'ap-
pelle cette hrone que L'Ange de la Guerr.



LA PREUVE DU CRIME

On avait assez de preuves, trop mme, des
crimes pouvantables commis par le bourreau
Weyler. Les fusillades en masse des suspects, les
lches gorgements des campagnards innocents,
avaient dj t dcrits par de nombreux t-
moins, parfois mme par des victims miracu-
leusement chappes au carnage (1). .
On a mieux maintenant: l'aveu du crime sign
par le criminal lui-mme.
Les troupes cubaines ont fait prisonnier un
courier espagnol qui portait, entire autres docu-
ments, des instructions.du gnral Weyler padres.
ses un chef de colonne, lui reicommaindanl,
puisque le monde avait les yeux sur eux, d'ob.
serrer les former, mais d'expdier q/icinquii,
serait pris dans les campagnes, particulire-
ment les personnel de couleur .
Nos chefs ont envoy ce prcieux document
qui de droit, l'tranger, et nous sommes per-
suads qu'on en fera bon usage.

-------- *<-------

CLAIRCISSEMENT

On lit dans La Patrie:
Une souscription
De notre correspondent de Rome:
A l'occasion de l'anniversaire de l'insurrection
cubaine, un comit de rpublicains italiens s'est
form !Rome, et. adresse un appel en faveur des
insurgs cubains qui luttent pour leur indpen-
dance contre une oppression sculaire .
Les souscriptions ainsi recueillies seront centra-
lises, Paris, par le journal La Rpublique Cu-
baine.
Le comit accepte le don de mdicaments.
Cette souscription, don't l'initiative appartient
probablement notre ami Amilcare Cipriani, a
t propose Rome aux rpublicains que nous
remercions de leurs sympathies; mais La Pa-
trie se trompe en disant que les fonds recueillis
seront centraliss Paris par le journal La R-
publique Cubaine.
La seule personnel autorise recevoir des
souscriptions en Europe, aujourd'hui, c'est M. le
Dr R. E. Betancs, nomm si non reconnu Repr-
sentant Diplomatique auprs du gouvernement
franais. Cette nomination, qui est un acte de
courtoisie de la Rpublique Cubaine, est aussi une
preuve de ses sympathies pour la Grande Rpu-
blique europenne.
On sait, en effect, l amour inaltrable de notre
reprsentant, exil depuis vingl-neuf ans,
pour celle qu'il a appele la grande exile de
la Lorraine et de l'Alsace .

(1) Voyez dans ce miiiP ,Ime.iiuniro, sous la rulhriqu
L'E.-page au" Pilori, Iks d.:la'rations du docteur Dul-
gado.






LA RPUBLIQUE CUBAINE


23 AVRIL 1896.


RETOUR DE CUBA


Voici que les journaux espagnols agnoncent
des gnraux retour de Cuba >, accm mpagns
de lei 's euliils, de leigu s li;.uti n nlts :-t d.e.leirs
solda des andes . Sont-ils devenus meilleurs, comme
le vin, pendant la traverse ? Je ne sais, mais ils
iriv..ntl ces \airnlueuri jaunis, diuinmatisants,
:'op's par .le lmail ete chain w;a,~etietal'.,.
di gn't les ,11, ,,,;'. C.-usx qui Ct 'haiipie t
fivre june en conservent encore les marques.
Leur soif de l'or, dit de ses compagnons pen-
dant la. conqute leur historien Oviedo, tait
tellement violent qu'ils en tombaient malades
et, en mourant, prenaient la couleur jaune du
mtal. Cette soif les tient encore, et c'est pour
ce motif, nullement par fiert espagnole, par
orgueil castillan, par patriotism ou par vail-
lance qu'ils ne veulent pas lcher Cuba et Porto-
1Rico.
Nous avons dj vu arriver sans computer le
marichal Martinez Campos les gnraux
Mella, Navarro, Sancloval, Salcedo, Canella,
Galbis, Suarez Valds. Santocilds est tomb .
Peralejo; Luque s'est retir blessed de Pinar del
Rio et il boi,te encore. Aujourd'hui, ce sont les
gnraux Aldecoa et Madan qui dbarquent
Cadix avec268 autres'passagers, don't deux lieu-
tenants-colonels, MM. Francs. et Perez Royo; tun
colonel d'tat-major, M. Constanza; le coui!ii.t--
da,t Perez Rioyo, frre du lieutenant-colonel, A 18
soldats et WO mari4ns. Tous se retirent du i:h uii p
de bataille en vrais hros. Quant Maximo Ge -
mez et Maceo, its.,iennent toujours la campa-
gne, ces lches, se battant tous les 'jours depuis
quatorze mois, en fuyant, bien entendu, mais
avanant sans cesse.
Parri. les,passagep s e.trouvaient aussi 1.9 fli-
bustiers 1'l'~' liou.-,. dit El Libral de Ma-
drid, hommes d'iiislruici':ii. Ils pprtent beaucq9op
d'argent , qu'on nelaissera pas longtemps dans
leurs mains.
Chaque hros porte-son trophe. Le lieutenant-
colonel Francs, fortement machtado, mon-
tre une selle avec les initiales d'Antonio Maceo et
un perroquet, sans initiales. Il ne dit pas s'il
connat cette ruse familire au chef cubain, qui
consiste lancer vers 'ennemi.un cheval harna-
ch, dpnt la sell est marque de ses initiates et
mipe tache de Sag-.. de poulet. L'officier espa-
gnol qui se rend matre.de l'aninral prove que
dans l'action Maceo a t tu, et il obtient un
'grade suprieur avec une croix pensionne. Pen-
dant ce temps, Maceo file.tranquillement.
Le perroquet, trs bavard, appartenait une
amazone de l'tat-major de Maceo. Il insulte les
Espagnols, les appelle voleurs et assassins, et
crie ensuite : iVive Cuba Libre IIl assistant aux
combats sans tre effray par les coups de fusils,
sans peur et sans reproche.
C'est bien extraordinaire qu'on ne l'ait pas
condamn aux travaux forcs, avec chane aux
pattes, comme susf4:ct, peine inflige, pour ce
crime, aux passagers fliiustiers que l'on dirige
sur Ceuta.
Le gnral Aldecoa retourne en Espagne, non
seulement parce qu'il est mnalade, mais encore
cause de ses dissentiments avec le gnral en
chef. La discipline de l'arme espagnole a cela
'de bqln que, si le chef ne veut pas obir son
-subordonn, celui-ci lche tout, moins sa sold,
jet rentre chez lui, la conscience nette. C'est ainsi
que le gnral Pando a t, lui aussi, sur le point
.de quitter la place; mais Weyler a fini par le
convaincre qu'ils taient parfaitement d'accord,
cux deux et tous les autres, pour ,donner le gar-
.ot' des Cubains choisis par demi-douzaine ; en
les ameqant tous en file devant l'chafaud et en
les faisant assisted l'tranglement de leurs
compagnons; pour fusiller dans les prisons un
grand nombre de suspects et jeter les cadavres
la mer; pour mettre a mort les pchleurs qui en
ramneraient un seul au rivage dans leurs filets;
pour prendre dans les campagnes les gens inef-
fensifs, les chasser coups dc fusil et les faire
passer pour des insurgs tus en combattant. Le
gnral Aldecoa trouvait ce plan de champagne
excellent; mais il croit, malgr la frocit de
l'hroque brute Weyler, que la guerre durera
dles annes !
On announce aussi le retour de l'hroque gn-
ral Lachambre, qui s'est vant d'avoir surprise
un campement la Siguana, de l'avoir dtruit,
d'avoir ras les champs cultivs par les insur-
gs, lui qui trouve mauvais que les insurgs
brilent les cannes des Espagnols et de ceux qui
lis soutiennent, et d'avoir mis le feu aux h6pi-
taux o les malades ont pri dans l'incendie. La
fcte s'est termine, parait-il, par la fusillade des


infirmires qui soignaient leus parents. Maces,
Pinar del Ilio, pli it une garden. l I 'ilal'
espagnol et faisait distribuer des piastres aux
malades. Lc.hambre sera reu avec enthou-
siasme d4ns les salons de-- Mdril; Maceo est uio
sax age incendiaire.
E. A.
--------'.-------,

OPINIONS IMPARTIALES

M-a'JJ osiaon .tel V iie, qui a t lkglfi,-,i.,
maire de Jovellanos (province de Matanzas,) et
qui, en sa quality d'Espagnol, ne peut tre soup-
onn de sympathiser avec la Rvolution Cu-
haine, vient de donner sa dmission et de.I'ex-
pliquer par des raisons qui sont une nouvelle
preuve de la conduite criminelle des soldats es-
pagnols Cuba.
M. del Vaile, se rendant au Mexique, a t in-
terview en Florida et a dclar qu'ilquitte -file
parce qu'il ne peut supporter plus longtemps le
spectacle d4es atrocitsque commettent journelle-
ment les soldats.d'e Weyler. ,Les tiroupes espa-
gnoles :a ajout textueliement M. del Valle -
,gorgeqnt hildeoite et gauche des innocents. Les
habitants n'ont mimp pas une. ide des horreurs
don't l.' le entire est [lethtre.
Les Espagnols eux-mmes avouent ces crimes
odieux, ilAchement perp. ''ir ,parL ces assassins
qui prtendent combattre pour l'honneur de leur
patiie, et: pour la civilization,
Pour p- qeL il'. :E .Ep.L-..c des aveux, il ne restera -bientt pour dfendre
I"EI,.. u.- que quelques- as.s ,de nos, coipa-
,triotes.
------. ^. ,-------

L'ESPAGNE AU PILORI

Tmoignage d'une victim de Weyler
Coa6pe pileuve du crime commis par les trou-
p,,- i:spi. n'iikL.s dlanjs la plantation Morales, entire
Casigua et.Japuco, nous reproduisons, d'aprs:le
NVew-Yor. ll,' hI/i (22 mars), la d:.'.:1 i .ilitpn fanit
devant le consul des Etats-Unis par le citoyen
atiricain, ,le docteur Jos Manuel Delgajo, qui
ieoncorde exrt~IunenI. avec celle de son pre .qui
a t publie dans le mme j.ur.il. la date diu
t15.qrars:
Lorsque nous arrivames en presence du gnral
de brigade espagnol Melguizo' je lui prsentai mon
passport amrjcain et une lettre du consul des
Etats-Unis concernant nos chevaux. Je lui dis aussi
que mon pre et .noi nous tions des personnel
neutres et pacifiques. A peine avais-je dit ces mots
qu'il devint furieux, et, tout en restant cheval, iJ
me frappa trois fois la tte et au visage avec ses
mains disant : De la mme manire que j,vais
vous fusiller, je fusillerais le consul.amricain. Je
n'ai rien faire de ces papers . Il dit tout cela avec
le plus grand ddain, et, appelant le capitaine Au-
gusto Villanueva de I'escadron de Jaruco, lui or-
donna de mener en arrire les prisonniers avec douze
hommes. Le.capitaine nous fit reculer de 50 mtres,
pendant que la colonne espagnole se rendait Bai-
noa; il nous fit attacher tous avec une corde et pla-
cer contre un petit mur de pierres devant lequel il y
avait quelques arbustes, puis il dit ses hommes de
nous tuer coups de machete.
Dans la lutte, la corde se rompit. Alors il donna
ses hommes l'ordre de tirer sur nous. A la pre-
mire dcharge, je me laissai tomber en avant, si-
mulant la mort; la second, je reus une balle dans
le ct droit (la balle fut trouve dans mon vtement
intrieur lorsqu'on me coupa mes effects Ensuite ils
me blessrent d'un coup de rnachete au ct droit
de la figure, mais le coup fut amorti parce que l'arme
porta auparavant sur le mur en pierres et sur quel-
ques branches. Une balle des dcharges suivantes
effleura ma tte. J'tais par terre rigide et immobile
pour paraitre mort. Alors ils me retournrent sur le
dos, fouillrent mes .poches en qute d'argent; un
des volontaires s'aperut, aux movements de ma
poitrine, que j'tais vivant, et je l'entendis dire : Il
a des couleurs au visage, il est vivant; donnons-lui
encore un coup de mahete. Je reus un coup ter-
rible.et alors je perdis connaissance.
Lorsque je revins moi, je me retrouvai dans
ma chambre, chez nous. On me dit que j'tais, avec
Venancio Pefia, {e seul qui avait survcu. Les autres
six avaient t cribls de balles et hachs coups de
machete.
La declaration mdicale fut faite en dtail,
ainsi qu'un cerlificat sur le caractre des bles-
sures par le docteur Daniel M. burgess, inspec-
teur de la salubrit des Etats-Unis La llavane,
et attach officiellement au consulate.
Assassinat de la famille Rubio
D. Pedro Hlubio, propritaire de la plantation
El Galo, prs de la Catalina, province de La Ha-
vane, personnel trs respecte dans les environs,
vivait dans sa proprit avec une fille de 16 ans,
un fils de 2 ans et cinq domestiques en plus des


travailleurs de ila plantation. Aprs la dernire
escarntmoclie qui eut lieu prs de la Catalina entire
les E.p.agn. I. et les forces de Maceo, celui-ci camp
dans la proprit de M. Rubio, puis contitnwasa
m;;rche. Plus tard arriva le colonel espagnolller-
nindez, don't l'ava.rdt- c'de dhangea quelques
coups de feu avec 'arrire-garde cubaine et perdit
quelques homes. Les troupes espagnoles se divi-
srent en pelotons et commencrent a explorer
le terrain; une parties .se dirigea vers la mais~oi
de lRubuii en faisant feu. Les halles traverserent
les portes, les mars et les, fentres.; 'RIbio,.
croyant que sa mason tait attaque parce qu'on
1-It aupi'- li occupe par les Cubains, prit son
j.eune enfant entire ses bras et se plaa brave-
ment sur le devant de sa porte en criant : ( Ne
tire: pas, nous sommes des habitants pacifi-
ques: ne tire: pas.
Il avait peine achev qu'une dcharge vint
fapper les murs, et lorsque la fume eut disparu,
on vit Rubio etendu mort et, ct de lui, l'en-
fant bless la jambe.
La jeune fille, ce spectacle, s'lana, dses-
pre, sur le premier soldat qui se entra dans la
maison, en criart : -- Assassins, vous avez tu
mon pre! Le soldat croisa la baonnette, bless
la jeune fille au bras et, lchant la dtent, lui
traverse le cour d'une balle. Les travailleurs de
la plantation prirent aussi victims des soldats
espagnols.
--------.fk-= -----

PREUVE IRRECUSABLE

(Suite)
Dans notre numro prcdent, nous avons
commenoi la publication d'une liste:deipersonnes
appautenant aux classes intellectuelles qui d-
fendent la cause de l'indpendance.cubaine.
Nous rpterons nos lecteurs que, dans-l'im-
possibilit,de connaitre tous ceux qui soutidans
nus rangs, nous ne pouvons que citer au courant
de la pliium- les noms de nos amis. Il est certain
,te, nialt.ig nuti'. bonne volont, nous, ommet-
trosii eIn.uire d-. nuiiibi,-i-' omissions.
Pl1NMAIS ET JOUVSNALISTES
Juln Bautisla Alemain, Jos de Armas y Cs-
lpdei. Jl-. de.Armas.y Cirdenas, Alfredo Betan-
i:ourt, F'Itmcisco.Capin.''. Luis Carb, Alvaro Cati,
Fi'.mns:itso Clitii',n yCaldern, Enrique Collazo,
Miitel dr l ;( Cru, Toms s rEstrada Palma, Victor
Fano, Desiderip Fajardo y Ortiz, Sotero Figue-
roa, Juin .ualbernto (Gimez, Benjamin J. Guer-
ra, Eiiu..ioi .liorta, Enrique Loynaz, Francisco
L6pez Leiv;a, Joa Marti, Rafael M. Merchin,
Vicente Mestre Amnibile, Jos Mir y Argenter,
J. D.. Poyo, Jos Prado, Gonzalo de Quesada, Au-
relio Ramos, Alfredo Rego, Ram6n Rivero, Ju-
lio Rosas, Jorge Salazar, Manuel Sanguily, Diego
V. Tejera, Enrique Trujillo, Rafael Usatorres,
Ernesto Usatorres, Enrique Jos Varona, Jos
Clemente Viva-nco,,Eduardo Yero, etc.
CHIMISTES ET PHARMACIES
N. Ansley, Porfirio Carcass, Antonio del
Cristo, N. Cuervo, Ricardo Gras, Jos Jordn
Badosa, Jos Monteagudo, Gabriel O'Farrill, N,
Otazo, Luis Pairol, Indalecio Salas, Mliguel A.
Torrens, eti:.
INGiNTEURS
Pedro Aguilera, Eugenio Aguilera, Mario Gar-
cia Menocal, N. Santa.Cruz, etc.
(A suire)..

i-------- rt.-$ WpW-T-T-T-W

FAON D'CRIRE L'HISTOIRE

Un tlgramme, official naturellement, adress
de la Havane h Madrid, announce que dix soldats
espagnols ont t a.ssassine's par les insurgs
cubains.
Cette faon d'annoncer une dfaite ne manque
pas de pittoresque, et il est vraiment regrettable
que le fameux pre Lornquet, cet historian Fi-
magination si fconde, ait nglig de s'en servir
lorsqu'il crivit la vie du marquis Napolon Bo-
naparte, lieutenant-gnral des armes de sa ma-
jest Louis XVlII.
Quelles jolies choses n'efit-il pu servir h
ses lecteurs, par example, en racontant ainsi la
conqute de l'Espagne par les armes fianaises
et, plus tard, leur retraite :
Un chef de brigands, du nom de Ferdinand, s'tait
tabli avec Sa bande de l'autre ct des montagnes
pyrnennes. Grce l'audace froce de ses homes,
il tyrannisait tellement la contre que les habitats,
qui n'osaient seulement souffler mot en sa presence,
l'avaient surnomm el rey absuluto.
Trs heureusement pour les pauvres gens d'Outre-
Pvrnes, sa Majest Louis XVIII,qui tait la justice
meme, apprit les mfaits du mcrant et s'en indi-


gna. Ne pouvant l'aller trouver lui-mme pour cause
.I, .i-.,. '...,i,, elle lui fit signifier par son favori, Il
marquis Napolon Bonaparte, d'avoir compar-itre
avec toute sa famille et son lieutenant Gcdo devant
le tribunal de Bayonne, la grande ville la plus rap-
proche de la cavern, o le bandit Ferdinand avait
tabli son quartier-gnral.
Le bandit Ferdinand, frapp d'une salutaire .ter-
reur, obit, car il entrevoyait. dj les gendarmes, lui
ime,ttan.t la main au collet, malgrc les ,escopetztes de
ses, hoommes..Les plus grands crimineiirs. ont de ces
moments de dfaillance., II vint, avec to ute sa famille
et s.on lieutenant Godeo, se jeter aux genoux du
marquis Bonaparte qui, dans sa.lbont dame, leur
laissa la vie et se content de kes fair enfermer dans
une prisolti s comfortable, o on leur servait tous
les jours d8es pigments crus et de l'olla podrida.
Ayant ainsi rgl la situation du rey absoliilo, le
marquis Bonaparte envoya son invincible frre Jo-
seph, suivi de son secrtaire, son cuisinier et cent
cinquante gendarmes, intimer la bande, dsormais.
prive de son chef, l'ordre 'de se rendre discretion.
Le plus grand nombre de ces malandrins obirent et
les populations, longtemps, opprimes, purent ainsi
jouir d'une heureuse paix.
Cependant. Les brigands ne s'taient pas tous sou-
mis : l'un d'eux, appel Palafox, pntra un jour
subrepticement dans une auberge appele Saragosse.
et, au moyen d'une ;pince d'arsenic jete dans un
broc de vin, il empoisonna trente-cinq.gendarmes.
'Un autre brigand, nomm Mi.na,-en -fit autant, .
cela prs qu'il avait .remplac, l'arsenic par de la.
poudre de perlinpinpin.
Enfin, un jour que le. brave brigadier Dupont. se
promenait dans une .harmante localit nomme.
Baylen, il reut soudainement du brigand Romana:
un formidable coup de pied dans Fe derrire, qui;
l'tendit raide mort.
Quand ils virent que soixante,et onzegendarmes
avaient ainsi mordu la poussire, les restes de la
bande Ferdinand se runirent et, au milieu de la
nuit, assassinrent tous les gendarmes qui avaient.
survcu.
Ce que voyant,.Joseph. Bonaparte prit le.parti de:
retourner dans son pays.
Cette manire de raconter la gut ii dEsp,iage
ne serait pas, coup sr, plus fantaisiste et plus
dloyale que tous'les racontars lucubrs par les
fidles serviteurs d'Alphonse XIII sur la rvolu-
tion cubaine.
Entendre les sous-ordres du.carnassier Weyler-
crier l'assassinat, il y a l vraiment de quoi
faire hennir les chevaux de bois.
Si,on considre, la,guere riau .point de vue phi-
lo-oplhiiii. il est viden:t qu'elle est l'atrocit
inme, et ceux qui, aujourd'hui, sans tre ns.de-
l'autre ct de l'Ocan, battent des mains aux
.efforts des Cubains pour conqurir leur indpen-
dance, aspirent au li'npsioii cesseront les gor-
gements; humains.
Mais, en attendant, en pregnant les choses-
commie les ont fait natre lesciecon;stances et en
donnant aux wois elur signficeaion ucaurante, il
faut. bien reconotire que s'il s'aeeomplit .Cuba'
non-seujlmeat desi.faits de gueriaie, msais assi de
vritables aspasjinats,, ils sont exclusiviemient .
la charge du parti de V'ordre.
Cosmo.
-;-.----in^ .-------

UNE JOURNE DE WEYLER

Aprs avoir dormi du sommeil du Juste, Wey-
ler ouvre les yeux: il se set. fraise et dispos, car
il a eu des "rves paisibles et innocents: il se
voyait errant dlicieusement dans les paysages.
enchants du paradise, en compagnie de Torque-
mada et du duc d'Albe; oh! le doux entre-
tien! -il entend encore la musique de leurs voix.
Aussi Weyler se laisse-t-il lercer pendant quel-
ques minutes par sa rverie...
Mlais il est temps de se mettre au travail;
W7eyler, suivant la coutume espagnole, se dbar-
bouille trs sommairement comee dissent ses
dcrets) et passe najestueusement les Espa-
gnols. font /out majestueusement son panta-
lon, puis il revet a la hte son uniform. De
suite, il se sept l'me d'un hros (mettez un
uniform espagnol et vous aurez Ia mnme sen-
sation) et en bones dispositions pour tra-
vailler.
Vite u l'ouvrage il commence par tuer le ver
- vieille habitude de soldat, la fameuse goutte
vourant voluptueusement, dans une coupe de
cristal, un certain petit vin verraeil rubis li-
quide, un vrai nectar: on dirait du sang d'un
certain petit vin, dis-je, que lui a recomiandi
son collgue; le gnral Lachanmbre, un fin con-
naisseur.
Puis, se sentant tout a fait bien, Weyler s'as-
sied solennellement (les Espagnols n'ont que
cette faon de s'asseoir) devant sou bureau.
le sa main, de cette belle main dont on a tant


C




-A:r:


parl au Snat de Washington, Weyler agite une
adorable petite sonnette d'or, souvenir des Phi-
lippines oh! c'est un cadeau, n'allez pas
croire... autre chose.
A peine Weyler a-t-il sonn, qu'entre un hros
(tous les Espagnols, etc.) qui remplit les fonc-
tions plutt modestes de domestique, mais qui
les remplit avec la mme fiert' castillane qu'il
remplirait celles d'empereur.
Excellence, voici le courier, dit l'empe-
reur (nous voulons dire le domestique) en dpo-
sant devant Weyler un plateau d'argent charge
de papers.
Bon... Quelles nouvelles? Que dit-on, ce
matin, en ville?
On est plus tranquille, Excellence ; les ha-
bitants ont pu mieux dormir cette nuit. Votre
Excellence a eu une.heureuse ide de remplacer
les fusillades par les noyades.
Mon prdcesseur tait un imbcile; on
peut fire sans bruit son' devoir d'Espagnol...
Combien "d'excutions ?
Dix,-comme toutes les nuits.
C'est bien, laisse-moi.
Weyler, rest seul, commence dcacheter,
les unes aprs les autres, les enveloppes qu'il a
devant lui; de temps en temps, il interrompt sa
lecture et murmure entire ses dents: Maceo
advance encore vers Pinar-del-Rio !... Je dirai que
nos colon'nes 'ont attir... Cet imbcile de colo-
nel Starez Inclan s'est encore liiss attraper, et
j'ai demandde l'avancement pour lui !... Calixto
Garcia a dbarqu... Celui-l, aprs Collazo...
Enfin voyons..... que dit Pando?... Comment!
il m'envoie encore des prisonniers! que veut-il
que j'en fasse? Il ne peut donc faire son ouvrage
lui-mme?... O vais-je les mettre? Le Morro, La
Cabafia sont pleins, bien qu'on y fasse de la
placee toute'lesl'nuits... '11 va falloir 'qae 'aug-
mente la ration; et les Etats-Unis... de quoi se
mlent-ils, ceux-l ?
Weyler continue travailler consciencieuse-
ment; les mauvaises nouvelles ne le dcouragent
pas, et ds qu'une difficult surgit, il est prompt
trouver le remde. Il travaille encore que
l'heure du djeuner est arrive..
Le gnral, qui est .doue de toutes les vertus
militaires, est fort sobre ;: voici son menu fait
par lui-mme :
. -Eufs. au Pavilloi .d'Espagne.(SLois brouills hlasanue
tomato).
Pieds l'EI-i,. ,-i... (saupoudrs de fromage).
Rognons a La Guatiibozin (grills).
Salade de grosses lgunmes.
Raisins. de Malaga, Musct.
Fruits du pays, etc.
Le tout peine arros (le gnral boit fort
peu) de quelques bouteilles de Xrs, d'Ali-
cante, etc.
Puis, pour terminer, une tasse de caf sons
sure (que voulez-vous, il-n'y en a pas) et quel-
ques petits verres, oh tout petits verres de
Whiskey... de Gibraltar.


Le'gtiral allume un excellent cigare et, pour
luer le temps, il -fait la sieste. (Tous les Espa-
gnols, etc.)
Cette sieste dure jusque vers six heures du
soir, here laquelle le.gnral, bien repos, se
remet courageusement au travail. Ce travail con-
siste principalement dans la rdaction de la d-
pche qu'il doit envoyer tous les jours au gou-
vernement espagnol. La plupart du temps, Wey-
ler ne sait trop que dire ce brave gouverne-
ment, parfois mme il recourt la collaboration
de son fidle domestique (que nous avons dj
eu 'honneur de prsenter nos lecteurs), mais.
enfin il finit toujours par s'en tirer peu prs.
Je ne dirai pas qu'il ne fait jamais de gaffe,
mais qui n'en fait pas? L'essentiel est qu'il en-
voie rgulirement sa dpche et, come il sait
que l'Espagne dpense un million par jour pour
cette petite f.,iilt.i i., il s'efforce, autant que pos-
sible, de dire des choses agrables; c'est bien le
moins que l gouvernement en ait pour son
argent.
Le soir est arriv, Weyier dine fort simple-
ment; ses mets de. prdilection pour ce repas
sont :
Pot age purwe financi'ro
Maquereau l'Alpihoiise'
Tournedos la Castelar
Bombe la a.laceo
Desserts: Petits-fou.rs i\ la Cai'elaria. Flrlits., etc.
Le.soir, le gnral ne boit que du vin rouge et
ne prend pas -de caf, de crainte de ne pas
dormir.
Aprs une journe consacre toute entire au
service de sa patrie, le gnral peut, sans scru-
pule, songer se divertir un brin ;c'est si bon
aprs le travails 1t puis les distractions du gn-
ral sont tellement innocentes! Toutefois, mrme
en s'amusant, Weyler: trouve moyen de servir
son pays. Voici comment le digne homme passe
ses soires. .
Ddaignant tous les honneurs et toutes les
prrogatives auxquelles il a droit, sans qui-
page, sans escorted, sans vouloir .jeter de la
poudre aux yeux (ce n'est pas l qu'il aime la
jeter), le reprsentant de toutes les Espagnes
quite son palais, va par les rues comme le pre-
mier bourgeois venu,, monte dans un cannot et se
fait conduire incognito au chateau du Morro.
Pas d'Lopl.'t, (j u de baL, pas de, omdie, Weyier
a des gots lui et ie.s'intresse pas ces spec-
tacles mondainsque le.vulgaire prise si fort.
Le gnral Weyler est reu au chateau du
Morro avec tous les honneurs qui lui soMt d's ;
il traverse les course de la sinistre forteresse, o
les troupes.lui prsentent les armes, et se dirige
'd'n' pas b assur, en honminmfe amilia)ris avec les
lieux, vers l'appartement du commandant du
chateau.
Je ne suis pas en retard, n'est-ce pas? dit
Weyler en entrant.
Non, Excellence; mais tout est prt et nous
_pouvons commencer.


Allons, alors, et ne perdons pas de temps,
car cet animal de Pando m'a annonc pour de-
main matin l'arrive de n;6mbreux prisonniers et
il faut leur faire de la place. a march toujours
bien ?
Oui, Excellence, et san.s le moindre bruit;
ces misrables flibustiers meurent bravement,
sans mme pousser un cri.
Prenez garde, .rii.ri.nnt.l, dit Weyler en
plaisantant, vous tes possible de la peine 'de
mort: Quiconque exalte les mrites des enn'e-
mis de l'Espagne, par la parole, par la pen-
se....
Je me suis faith lire les dcrets de Votre Ex-,
cellence, mais ils ne peuvent -'au:p1liq,,'lr aux d-
fenseurs de la bonne cause.
S- Aucun prisonnier n'a fait Jdi dinoni..ilai:n?
Impossible d'en obtenir..
Quelles,.analiles !


Dans la court de la forteresse, obscurit pro-
pice. Une porte s'ouvre avec iun griaceinent si-
nistre; vingt prison:niers traversent la court entire
deux ranges de -sl.dai ; ils ii.ri'hent difficile-
ment, car ils ont les bra-s et les jambes attachs.
Ces fantmes passent en silence deviant Weyler,
se dirigeant vers la porte de.sortie.;
Weyler observe attentivement, puis il s'ap-.
pr.. lih de l'offclier qui march la t-ite du cor-
tge et lui dit:
Avant de les jeter h la mer, tu mettrais
chacun un boulet aux pieds; les requins ne
doivent plus avoir faim et ces rebelles-l se-
raient capable, de revenir sur le rivage pour me
faire avoir des dsagrments.



Weyler est de retour au palais lu gouverneur
gnral. Il est enchant de sa soire et constate
sa supriorit sur les gens qui, pour se divertir
le soir, vont au th~itre ou au cerele.
Il se dshabille et se couche, la conscience en
paix, avec la satisfaction du devoir accompli...
Le sommeil le gagne progressivement et, me-
sure que ses ides deviennent plus confuses, sa
voix,qui va i',liiilis.irit murmure : Notre
Pre, qui. tes aux :ieux,,,. pardonnez-nous nos
offenses come nous pardonnons,., et ne nous
laissez pas succomber...
Sangredo.


LES FINANCES ESPAGNOLES


El Liberal de Madrid, 19 Avril:
A measure que la Banque d'Espagne augmente
timidement les chiffres de l'or et de l'argent, elle
force la circulation fiduciaire en la portant des
limits dangereuses et nuisibles aux intrts cono-
miques du pays.


Dans le bilan antrieur, la circulation fiduciaire
figurait avec le chiffre i.o30,o46,5o00 pesetas.; dans
celui d'hier, ce chiffre s'lve 1.032,780,1,25.
Une augmentation si extraordinaire, si malheureuse
produit d'normes prjudices et rend difficile l'm-
lioration de notre situation conomique. *
La Banque fait un usage immodr de son privi-
lge d'mission et cela ne peut nous conduire qu'
un tat de chose trks grave.


Le M3onde Economiqiue :
La Banque d'Espagne a continue fournir les
fonds ncessaires la guerre de Cuba pendant l'an-
ne 1895. Contre des bons du Trsor, la Banque a
fourni ,o millions de pesetas 4 i/2 et 4 o/o. Au
mois de dcembre dernier, la Banque a encore
fourni, 5o millions de pesetas contre des bons du
Trsor cubain;' elle a encore fourni d'autres sommes
contre diffrentes garanties, et l'on se souvient qu'elle
dtient aussi410 millions de rentes intrieures.
Si l'on fait le dtail du total de 620 millions de
pesetas employs pour la guerre de Cuba, on trouve:
i5o millions avancs par la Banque d'Espagne;
50 millions par la Banque de Paris et des Pays-Bis;
ioo millions par des emprunts sur titres cubairis;
145 millions par la vente de tires semblables; 75
millions pris sur les fonds de reserve et 10o rpiil!.'rn
recevoir d'un emprunt ngoci sur des tires
cubains' chez des banquiers espnri..L,. avec l'assis-
tance des Rothschild. Il rest encore probablemaent
3o. millions d,-p...nibls ; mais, en revanche, la
guerre cote 450 millions par an. Une des resources
que l'on semble vouloir employer est le deI:Cpp-
ment de la circulation de la'mon'naie fiduciaire'
Cuba.

.I',,n,., i, Financier 'F'raneis:
Voici de nouveaux' faits qui viennent acrroborer
ce que les journaux ont dit au sujet des pertes.inceal-
culables que l'insurreetion causait a l'l' de 1uij'a.
Suivant une dpche de la Havane, la r..C.-i.: ,u
sucre pendant la champagne' actuelle n'auragn t,
jusqu'au' r" avril, que de-77.238 t rnis, a.i i,'u de
489aQoo tonnes pendant la. priode *,rrt ip.pridahnir
de. 895.

Le Grand Journl : .
Les dernires dpches de Cuba anhnonient quie la
rcolte sucrire atteindra peine le cinquime:de
celle des annes prcdentes. Les tabacs, dans la
province de Pinar-del-Rio, sont encoremoins pro-
ductifs. Les campagnes tant entirement oc-upes
par des bandes insurges et beaucoup de plairtiailt.,r
ayant, t dtraites;l'fientre- des imp6ts est' degdiue
presque impossible.

L'A utorit :
Tout est donc encore faire; l'E:iF.ane- aura
reprendre sa tche pied d'uvre, r~c.'nm.r:ni r
ses sacrifices en argent et en hommes, come si elle
n'en avait pas dj prodigu d'normes.
La situation gnrale de l'ile n'est. pas nimois
triste.

- ". . .. ,,!


FEUILLETON
'".'"'. de LUt 1J'pu'lique Cubaine 1"






LA MORT DE CESPEDES

(Traduit spcialement pour L'; Rpublique Cubaine)





Pour des raisons faciles comprendre et qu'il est,
pour cela mme, inutile d'numrer, il est presque
toujours difficile et impossible de trouver'absolument
d'accord les documents et les tmoins au sujet des
dtails qui ont accompagn les faits historiques.
'Aprs un consciencieux examen, nous offrirons au
lecteur la mission qui nous semble la plus conforme
la vrit, version base sur des pieces que, pour
plus ample information, on trouvera la suite de ce
rcit. En ralit, le dsaccord n'existe qu'au sujet de
certains points qui sont, sans doute, intressants
mais non indispensables pour reconstruire les faits
principaux et la scne finale, c'est--dire le drame
qui intresse la postrit.
Dans une lettre du 28 dcembre 1873, Cspedes
manifeste l'intention de rester Cambute, ce qu'il
fait effectivement. Les operations de l'ennemi, les
conseils du brigadier Prez et du lieutenant-colonel
Medina Prudentes, l'avantage de se trouver plus
prs de Santiago de Cuba d'o il recevait presque
-toute la correspondence, l'espoir de pouvoir s'em-
barquer de l -facilement ds qu'il aurait eu reu le
- passport qu'il attendait, le dcident plus tard fixer
sa residence San Lorenzo.


San Lorenzo, dit Cspedes lui-mire, tait une
proprit situe dams la .Sierra Maestra; elle tait
fonde depuis un an ,et n'tait pas trs loigne de
El Ranchito, localit qu'il dcrii aussi.
Il y arriva le 23 janvier 1874, et s'installa avec son
fils an dans une petite maison de guano entoure
de six chaumires habites.
Ce morceau de terre solitaire et triste, sans impor-
tance jusqu'alors et comme perdu dans la vaste ex-
tension de la patrie, fut l'endroit imarqu dans l'es-
pace pour l'accomplissement du sacrifice supreme;
.il devait .tre a.cti~ga.p'age .,a.ngd.e la victim et im-
mortalis jamais par la gloire du hros.
Suivant les declarations des citoyens Enrique Tru-
jillo, Lonidas Raquai et autres, l'on dit que vers la
fin de janvier 1874, un ngre nomm Robert fut pris
dans un bateau par les forces espagnoles; ce ngre,
ancient esclave,-fut- conduit-et condamn mort
Santiago de Cuba. A la veille d'tre pass par les
armes, le miserable offrit, moyennant la commuta-.
tonr 'de "sa p-ine, -de *rvler l'asile 'o se 'cachait
alors, de la frocit espagnole, le chef de la Rvolu-
tion.
Le pacte infme conclu entire le traitre et le tyran,
un navire de guerre quitta Santiago de Cuba dans la
nuit du 26 fvrier, transportant une colonne de mille
horme'set se dirigeant vers l'Aserradero.
Le tratre qui conduisait les hordes espagnoles
avait une connaissance parfaite du terrain, des habi-
tants, des forces qui protgeaient cette zone, comme
le dmontre ce fait qu'une colonne entire ait pu
marcher par le chemin de l'Or, esquiver la surveil-
lance des cordons militaires, et s'embusquer tout
prs de San Lorenzo sans veiller l'alarme dans
Sle lieu mme qui devait tre le thtre de la catas-
trophe.
Dix-sept jours auparavant, le colonel Benjamin


Ramirez dmontra Cspedes l'avantage qu'il avait
se retire de.San Lorenzo ?et lui offrit une escorted
pour le fire. Le conseil,, malheureusement, ne fut
pas cout, pour les raisons dj exposes concer-
nant la correspondence qt le passport.
.Comme on le verra par les documents don't nous
avons parl, le prfet, Jos Lacret Morlot, reut une
communication de Ramirez, qui le prvenait de la
ncessit de redouble la surveillance qui devait pro-
tger la vie de i'ex-pnsident et celle .de tous ses
voisins.,
Son fils aussi, le colonel Cspedes y Cspedes, lui
recommandait, avec une insistence pressante, de
quitter cette localit o il sjournait depuis long-
temps, localit dpourvue d'une defense suffisante
et mme d'escorte; il lui montrait qu'il tait prudent,
pour viter une surprise, de chercher un nouveau
refuge.
Cspedes pensait de mme, mais come il atten-
dait l'arrive au Lajial des.gnraux Calvar et Prez,
avec lesquels il tait impatient de s'occuper d'af-
'faires graves, il dcida de retarder son dpart.
Pendant ce temps, le gouvernement rsolvait n-
gativement la question du passport.
Le 26 fvrier, Cspedes reoit une invitation d-
jeuner que lui adressait Evaristo Milln, qui habitat
une lieue de San Lorenzo. Le mme jour, dans la
Smme aprs-midi, il reut la correspondence et, dans
celle-ci, quelques lettres de la famille qui le rem-
plirent de tristesse pour avoir voqu dans sa m-
moire le souvenir de ses fils.
Le lendemain matin, onze heures, c'tait un
vendredi le prfet Lacret l'avertit qu'on avait dj
choisi ceux qui devaient l'accompagner, que son
cheval, Tlmaque tait tout sell et qu'il fallait se
mettre en route de suite pour arriver temps. Cs-
pedes le pria d'envoyer dire Milln qu'il ne lui tait


pas possible d'avoir le plaisir d'aller. ,s'asseoir sa
table.
Lacrett de -retour'r dB' sa : commission, ils djeu-
nrent, ensemble et se sparrent 4sur-le-champ;
Cspedes se uirigea tout seul vers la demeure de
deux vie'i l-e femme app:Ies Beaser u al .i a.ai
coutume4e. prendr'e du cafe et d'appr',lr. a l irc .
quelques enfants qui "' runi "saiient
Peu de temps apris la s:,rrie de Caspgifds; sin rils
se rendit une des habitauLn i'ns voisinc : tuni heur>
s'tait coule et, lorsqu'il so:,ngea a. rit...urnr chri.
lui, il enteridit plusieurs cojups de leu ; alors il
'lrnice- vers la colline sur laquelle irc irud' a dj
le President. En le voyant, les oldaIs qui cou-
ronnent la hauteur le reoivent avec des cris et des
dcharges successive. Il tait trop tard Les Espa-
gnols interposent, entire le pre et le fils, une ligne
de feu et une muraille de baonnettes. Un pas de
plus, il tait pris. Il tourne la face et se joint au pr-
fet Lacret et au lieutenant Leoncio Landeau, qui se
battent un instant dans la plaine de San Lorenzo. 11
entend clairement et distirctement des dtonations,
qu'il reconnat pour celles du revolver de Cspedes:
il le dit ses compagnons; mais ceux-ci, croyant
une erreur et se rendant compte-qu'il tait inutile et
tmraire de rester l, l'emmenrent vers la rivire,
au bord de laquelle ils espraient trouver l'ex-prsi-
dent. En ce moment arrive, faisant des bonds d-
sordonns, le cheval Tlmaque qui, mortellement
bless,tombe auprs d'eux. Ils passent la rivire et
s'internent dans la montagne, entendant toujours
les dcharges et les vocifrations infernales de cette
bande de loups carnassiers .

C. M. de Cspedes y Quesada.

(A. suicre.).


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S.. .,.-


CUBA, PAR UN FRANAIS


D'une lettre envoye L'Express de Lyon :
........ .............. .. ........
Quant la question de la guerre, je vous dirai
que malgr les 200,000 hommes que le gouver-
nement tient aujourd'hui sous les armes ici, v-
trans et volontaires, et malgr les continuelles
.victoires que, selon les journaux locaux, rem-
portent les dites troupes chaque jour, la Rvo-
lution a pris des proportions colossales et a
envahi l'le depuis le cap Saint-Antoine jusqu'
la'pointe de Maisi, sans que les colonnes espa-
gnoles lui opposent une autre resistance que 'de
petites escarmouches sans importance aucune,
et sans que la marine national ait pu saisir
mme aucune des nombreuses expditions ar-
mes qui viennent des Etats-Unis.
Dans la guerre passe, les rebelles ne comp-
taient que sur des'parties relativement faibles ;
mais dans celle-ci, Gmez,, Maceo et beaucoup
d'autres chefs se prominent d'une extrmit
l'autre de l'le chaque fois qu'il leur convient,
avec des colonnes de 3, 5 et 10,000 hommes plus
ou moins bien arms et plus ou moins: bien dis-
Sciplins, mais suffisamment pour se moquer de
l'ennemi dmoralis auquel ils ont affaire.
Le soldat espagnol est endurant et vaillant
mais manque compltement de chefs, et il ad-
vient qu'il se fatigue et s'extnue en marches et
contremarches compltement inutiles. Pour les
chefs, cette guerre est une affaire, en ce sens
qu'ils ont y gagner des grades, des honneurs.
et de l'argent, et ce qu'ils veulent, avec un vri-
table manque de patriotism, c'est la faire durer
longtemps en exposant le moins possible leur
peau.
fMlgr cela les insurgs ne pensent pas vaincre
par les armes, et, pour arriver au but qu'ils se
proposent, de.chasser le gouvernement espagnol,
ils emploient le moyen terrible de la destruction.
Quand le pays aura t ras compltement,
disent-ils, le gouvernement devra l'abandonner,
et alors, avec un meilleur gouvernement, nous
tiendrons le pays, et pour toujours.
L'antipathie qu'inspire ici le gouvernement
espagnol est telle, que tout le pays cubain sym-
pathise avec l Rvolution.
........ ...............................
Malgr cette attitude de la population indigne,
le gouvernement et le parti pninsulaire d'ici, en
majority, s'obstinent dnouer la ,question par
les armes, sans comprendre que tous les efforts
les plus louables qu'ils ont faits dans ce but de-
puis trois mois ont t compltement striles, et
que, pendant ce temps-l, plus ils usent de la
terreur et de la cruaut comme systme, plus
puissante devient la Rvolution.


Je cherche avoir un sentiment impartial pour
juger ces choses et je vous assure que tout ce
que je vous ai dit n'estque l'amre vrit.


On a pu lire plus haut que le gouvernement
vient de se dcider (a t dur) permettre tho-
riquement aux Cubains dle pouvoir... aspirer
des places suprieures celle d'expditionnaire.
C'est--dire qu'il y a seulement quatre ou cinq
jours, M. J.-M. de Hrdia, l'acadmicien, son
homonyme l'ex-ministre, le docteur Albarrn,
professor la Facult de Mdecine de Paris, etc.,
etc., n'auraient pu prtendre, s'ils taient rests
Cubains, qu' tre de respectable commis aux
critures.
Dcidment, ils ont bien fait de filer.


Plusieurs gnraux espagnols viennent d'arri-
ver dans leur pays, retour de Cuba.
Ils en remportent tous quelque chose... sans
computer leur veste.
Aldecoa une impression pessimiste . Un
autre, une cte casse.
Echagiie, une peur bleue. de se presenter


PROCDS; POUR DTRUIRE LA TYRANNIE MONARCHIQUE

(The Evening World.)


Madrid (pour un galon gagn dans une surprise
contre... le Gouvernement).


Celui qui rapporte le trophe le plus prcieux,
c'est le lieutenant-colonel Francs (le mme qui
cda gracieusement ses canons Maceo, la ba-
taille de Cayajabos).
Il a dbarqu avec un mriiiisral'coup de sabre
la jambe et un perroquet qu'il dit avoir appar,
tenu 'une amie intime (fil le cancanir!) du c-:
lbre chef cubain.
Cet intressant animal, nous voulons par-
ler du perroquet ne cesse de dire aux Espa-
gnol des choses dsagrables oh1,la brave'
bte! et de crier ; Vive Cuba Libre!
Frans. assure que sa conqute assistait aux
batailles sans tre, le moins du monde, effraye
par la fusillade.
C'est toujours une supriorit qu'elle a sur son
nouveau propritaire.


Quoi qu'il en soit, 'Coco a eu une fire
chance de ne pas tomber entire les mains de Wey-
ler qui l'aurait certainement fait fusiller, ou du
gnral Lachambre qui, ayant toujours soif,
n'aurait pas miqu unie si bonne occasion d'-
trangler un perroquet ,


Rien d'amusant comme les dpches espa-
gnoles.
En voici une que je reproduis presque textuel-
lement :
Le colonel Ramolloz (s'embtant au quarter)
sort en champagne et rentre djeuner aprs avoir
battu diverse bandes le gnral Crapulos s'est
pay aussi la fantaisie de battre... tout ce qu'il
lui a plu.
Battre par-ci, battre par l..., tas de farceurs!
vous ne battez que la breloque et la dche.



LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

La Petite Rpublique Franaise :

Le vaillant gnral Weyler et les vaillants soldats
de la monarchie espagnole poursuivent Cuba leur
euvre civilisatrice.
Voil maintenant qu'ils fusillent les femmes:
M"' Agramonte y Varona; surprise par un dtache-
ment, a t excute sommairement.
C'est ainsi que les descendants du Cid comprennent
le droit des gens.


...;. .... ...............................
'LE''nemn/t :


Jainais l'Espagne, de mmoire d'Estadista, ne
s'est J rouve dans une situation plus embarrassante,
plus complique et plus grave qu'aujourd'hui, aprs
l'adoption a la Chambre des dputs de Washington
des conclusion de la commission interparlementaire
qui approve les resolutions du Snat au sujet de
la reconnaissance des insurgs cubains comme bel-
ligrants.' On ne saurait se le dissimuler,, le Parle-
ment yankee a clairement et nettement exprim, par
ses votes, sa ferme volont de voir s'tablir, d'une
faon'dfiritive, la Rpublique de Cuba.


C'est prcismen i'le caractre emport et violent
des Espagnols qui rend la situation delicate l'ex-
trme, alors que dj l'admirable mais prjudiciable
inflexibilit du gouvernement de M. Canovas, avec
sa devise : Prissent les colonies plutt qu'un prin-
cipe , l'a rendue insoutenable.
. .. ... .. .. ..... ....... ............. ....... ...
La tactique suivie a t prcisment celle qui, mo-
ralement ou matriellement, devait coaliser toutes
les forces vives des Antilles contre la Pninsule. De
l, les difficults insurmontables rencontres par
Martinez Campos et son. successeur le gnral Wey-
ler. De l, encore, intervention des Etats-Unis et le
terrible conflict qui vient de se produire entire eux et
l'Espagne, conflict qui, pour beaucoup, semble de-
voir tre la chute, non seulement du gouvernement
conservateur, mais encore de la monarchie.
................................................,

L'Autorit :

Il semble, par consquent, qte le dmenti donn
aux nouvelles signalant l'intervention des Etats-
Unis portait sur une simple question de forme.
Le fond tait vrai; et, quelque forme qu'il affected,
l'vnement est des plus graves pour l'Espagne.


Revue Librale Internationale:

Si l'Espagne tait battue Cuba: brouille avec
l'Amrique, diminution de son commerce, situation
financire archi-prcaire, ruine de son prestige.
Au reste, l'Espagne doit comprendre que, tt ou
tard, Cuba se rendra libre.


La Revue Diplomatique :

Lorsque le gnral Weyler fait massacrer des
Cubains, seraient-ce des femmes ou des enfants, cela
est qualifi de glorieux faits de guerre.
Lorsque les Cubains, dans un combat contre les
Espagnols, leur tuent dix soldats, c'est un assas-
sinat.


Le Signal:

Si M. Canovas hsitait, c'tait plutt cause de la
situation de Cuba. Il esprait arriver devant les lec-
teurs avec un succs dcisif. C'est pourquoi il a
rappel, il y a trois mois, le marchal Martinez
Campos. Il se promettait beaucoup de l'envoi la
I-lavane d'un soudard dtermin, le gnral Weyler.
Mais la lutte a continue dans les mmes conditions
qu'auparavant, les insurgs tiennent toujours la
champagne, la rcolte sucrire qui se fait en ce mo-
ment est lamentablement compromise, et la mau-
vaise saison va recommencer.
.....................................
Un autre point noir, c'est Cuba. Comment a-t-on
vot dans cette malheureuse le, o toute vie pu-
blique est interrompue. Personne n'en sait rien. Le
seul fait certain, c'est qu'elle a envoy Madrid
42 dputs du parti ractionnaire espagnol. Or, c'est
l'injustice mme et la violent oppression de ce
parti qui ont dchan l'insurrection. S'il est seul
reprsent Madrid, les autonomistes cubains seront
irrmdiablement rejets du ct de la rvolte, et la
perte de Cuba apparaitra comme d'autant plus pro-
bable que la prochaine electionn prsidentielle aux.
Etats-Unis amnera certainement la Maison-
Blanche un partisan plus ot moins dcid de l'inter-
vention.

Le Petit Trayen, Troyes
On tlgraphie de Washington:
On dit, dans les sphres bien informes, que le
dpartement d'Etat a appris:.de Madrid que l'Es-
pagne allait appliquer Cuba, dans une large me-
sure, l'autonomie locale dans le dlai d'un mois.
La, reine-rgente a sign, le r5 mars, une loi cet
effet.,
Peut-tre sera-t-il trop tard.

Le Rveil du Nord, Lille
............o1 ...o..........
Quoi qu'il retourne, cependant, on peut dire que
l'Espagne se trouve, en ce moment, en trs delicate
posture, et la Rvolution Cubaine est loin d'tre
vaincue,
Ayons-nous besoin d'ajouter que nos sympathies
vont aux rvolutionnaires, contre qui combat en ce
moment, pour le compete de l'Espagne, le plus farou--
che des gnraux.
....................e.....................

L'Eclaireur, Nice:

L'Espagne qui, pour conserver la perle des An-
tilles, dernier dbris de sa puissance colonial d'au-
trefois, fait preuve en ce moment d'un esprit de
sacrifice et d'une fermet admirable, expie aujour-
d'hui la faute qu'elle a commise en persistent, mal-
gr ses dures experiences, dans cette erreur du pro-
tectionnisme, qui consiste regarder les popula-
tions des colonies comme tant taillables et corva-
bles merci dans l'intrt de la mre-patrie.
Le plus clair rsultat de cette doctrine, c'est qu'
la premiere occasion favorable, les colonies se spa-
rent avec empressement de cette mre-patrie, qui
n'a t pour elles qu'une martre. Il est probable
que cette faute cotera la perte de Cuba l'Es-
pagne.
i. ,.. ..... .o ....o........... ...........

La Vrit, Guadeloupe:

Malgr toute l'insistance et toute la patience qu'ils
ont mises solliciter les rformes desquelles ils at--
tendaient une amlioration au sort que leur faisaient-
leurs mattres de la pninsule ibrique, jamais aucune
satisfaction ne leur a t accorde.





Pour paratre prochainement




CUBA CONTRE ESPAGNE

PAR

ENRIQUE JOS VARONA

EX-DPUT AUX CORTS



_ S =1. mI : i. "T
Dentiste Amricain

OPERATIONS GARANTIES
23, Avenue de Wvagram


L'administrateur-grant : G. ETARD.

Tao YE. Imprimerie G.. ARBOUIN, rue Thiers, 12"6


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LA RPUBLIQUE CUBAINE


23 AVRIL 1896




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