Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 16, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00013
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
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Full Text
k I.


Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
0, Rue Baudin re Anne PARIS 63 PAYABLE D'AVANCE:
20, Rue Baudin reP- Uneanne ......... 30 fr.
Un semestre ..... ......................... 15 fr.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: I. AL.O Un trimestre............................ 50
.TEL:EPTolt -A L'TRANGER
_ PARAIT TOUS LES JEUDIS Une anne...............................5. 5fr.
L s n e t Un semestre.......................... 1 50
Les manuscrits ne sont pas rendus UN NUMRO....... O fr. 50


AUX CUBAINS
ET AUX PORTORICAINS


-Constitution de la Rpublique de Cuba
ART. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir la Rvolution de leur personnel ou de leurs
'biens, suivant leurs aptitudes.
Bases du Parti Rvolutionnaire Cubain
ART. 8. Le Parti Rvolutionnaire Cubain se
!;propose rsolument :
I. D'unir, dans un effort commun et persv-
rant, l'action de tous les Cubains rsidant
l'tranger.
............... ............... ... .............. -
IV. De runir des fonds d'action pour la rali-
-sation de son programme et d'employer constam-
ment de grandes resources pour la guerre.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
-Cubaine New-York rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
*qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Ces articles .imposent aux Portoricains les
mmes devoirs qu'aux Cubains.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chteaudun.

--------*- Li-----


Cuba et les Rpublicains Espagnols


Les rpublicains espagnols, l'poque o ne
florissait pas encore parmi eux l'opportunisme
la Castelar, n faisaient pas difficult de recon-
natre que les Cubains avaient mille raisons pour
une de s'insurger.
SDepuis, ils continent bien, l'exception du
rengat ci-dessus nomm, dclarer, lorsqu'on
les press de questions, que les insulaires sbnt
exploits, pressures, et billonns de la belle
faon, que magistrats, vques, bureaucrats et
capitaines plus ou moins gnraux, sont autant
de sangsues attaches leurs flancs. Les Cu-
bains, affirment-ils, ont un droit incontestable
leur autonomie, ils supportent actuellement un
fardeau que tout people trouverait insupporta-
ble. S'ils sont blmables en quoi que ce soit,
c'est d'avoir tolr cet tat de choses avec une
patience par trop grande.
Nanmoins, ajoutent-ils, pour peu qu'au
lieu de parler d'homme homme ils s'expriment
devant un certain nombre d'auditeurs, vous
comprenez que l'honneur national est trop
engag pour nous permettre actuellement de
faire droit a leurs revendications, si justes


soient-elles. Quand nous aurons cras l'insur-
rection et rtabli compltement notre autorit
dans toutes les parties de l'le, alors nous ferons
bien d'accorder celle-ci son Hoimerule..
Ce language, qui est celui de la plupart des r-
publicains espagnols, bat comme insensisme
tout ce qui se dbite Charenton et aux Corts.
Dclarer qu'il est aussi quitable que ncessaire
d'octroyer aux Cubains une certain dose de
libert, mais ajourner ce don gnreux au jour
o tous auront t extermins et, par cons-
quent, hors d'tat d'en profiter, rappelle beau-
coup la fois M. Gagne et, nous regrettons de le
dire, Ignace de Loyola.
Il fut une poque o, en Espagne comme ail-
leurs, moins griss par l'appt du pouvoir,
moins enfoncs dans les intrigues politicardes,
les champions de l'ide rpublicaines se sou-
ciaient davantage de mettre leurs actes en con-
formit avec leurs principles.
Trs heureusement, derrire ces hommes qui
ont pu tre autrefois dmocrates sincres mais
qui, fatigus par des.luttes le plus souvent st-
riles, n'ont plus la force de proclamer tout haut,
devant la masse abuse par une fausse concep-
tion du patriotism, ce que tout bas ils pensent,
sont d'autres militants, inconnus aujourd'hui,
mais que, demain, les vnements mettront en
lumire. Ceux-l, don't toutes les ardeurs sont
encore vierges, ne se gnent pas pour proclamer
ce qui leur apparat just.
Au thtre de Novedades (Barcelone), au course
de la representation d'une pice: Famille et Pa-
trie, don't l'action se droule Cuba, ont clat,
nourris, les cris de : i Vive Cuba Libre I Vive Ma-
ceo Quelle plus belle, quelle plus catgorique
rplique peut-il y avoir l'adresse de ceux qui
prconisent l'esclavage, la ruine et l'crasement
d'un people hroque, au nom de la grandeur
espagnole?
M. Emilio Castelar peut dvider ses priodes
effet pour prouver que Weyler mrite le prix
Montyon, les leaders officials du rpublicanisme
peuvent rechercher des moyens termss' il y a
encore dans la vieille pninsule -ibrique des
homes qui ont au coeur le sentiment de la jus-
tice. Le nombre des flibustiers, nous crit-on
de Barcelone, est dj lgion ici, et il s'accroit
tous les jours. Avec ces flibustiers, nous esp-
rons bien qu'il faudra computer.
Cosmo.



L'CHAFAUD

Les Espagnols ne contentent plus d'assassiner
les prisonniers Cubains. De mme que dans la
guerre de dix ans, ils ont choisi parmi les ins-
truments de mort le vil garrote, pour ajouter
l'ignominie au crime, en donnant en spectacle
aux volontaires en tat d'ivresse le supplice des
patriots.
Mais ils se trompent s'ils croient, par ce
moyen, rendre honteuse la mort de nos frres.
L'chafaud ne sera jamais infamant pour les
Cubains, l'chafaud sur lequel morurent Nar-
ciso Lpez, les Agiiero, Ayestarin, Goicourfa et
tant de martyrs.
Il faut que les Espagnols inventent une autre
machine (ils n'ont jamais invent que des instru-
ments de torture ou de mort), pour le jour o ils
se dcideraient excuter leurs gnraux assas-


sins et leurs ministres voleurs; le garrot, purifi
par le sang de nos hros, est pour nous un sym-
bole de gloire, comme la croix, qui fut un sym-
bole de honte, est devenue pour les chrtiens un
objet d'adoration.

-------* rLI--------

LES ELECTIONS A CUBA

Comment les Cubains sont reprsents
Nous lisons dans El Liberal de Madrid, du
5 avril :
Notre collgue El Nacional a publi.hier un long
article sur les candidatures de Cuba et Porto-Rico,
qui a t le principal sujet des conversations la
salle des Confrences.
Les derniers paragraphes du dit article, les seuls
qui intressent El Liberal, sont ainsi conus :
Si toutes ces provisions se confirment, notre
collgue le Heraldo aura clbrer la victoire lec-
torale de sept candidates de la maison.
De tels succs, jamais dpasss ni mme atteints
par des entits analogues, parent haut en faveur de
l'influence social d'une entreprise de journal, sur-
tout dans notre pays, o, ct de journaux ind-
pendants comme El Imparcial, qui obtient souvent
la victoire de deux dputs et d'un snateur, comme
La Correspondancia, qui assure la victoire de trois
ou quatre dputs, et comme El Liberal qui, par-
fois, n'obtient qu'une place, figurent des journaux
de parti qui ont des traditions, comme La Epoca,
qui aspire au succs de quatre candidates et peut-tre
n'arrive qu' celui de trois.
Nous supposons que ce que El Nacional a voulu
dire par rapport nous, c'est qu'il croit trs pro-
bable que El Liberal n'obtienne pas maintenant la
place de dput qu'il a due, en d'autres circons-
tances, au vote des libraux des Antilles,
Que pensez-vous de ce pays o les journaux
ont des dputs et, sans la moindre pudeur,
font, devant le public, leur honteux marchan-
dage lectoral.
Ce qui met le comble ce scandal, c'est que
parmi les dputs cubains (?) qui seront lus
dans quelques jours figurent deux correspon-
dants de journaux de Madrid, MM. Gasset et
Gallego, qui sont alls a Cuba pour suivre les
operations comme reporters.
Et il se trouve encore des Espagnols qui ont le
cynisme de dire que Cuba est reprsente aux
Corts espagnoles !
Il y a encore quelque chose de plus rvoltant:
dans la liste des candidates du parti rtrograde,
qui triomphera aux lections puisque les autres
parties se sont tous refuss prendre part la
lutte, on trouve galement six des officers su-
prieurs qui sont alls Cuba pouu combattre.
Ce sont les gnraux Pando, Polavieja, Suarez
Valds et Ochando; les colonels Suarez Inclin et
Sanchez Mira.
Que dirions-nous si, l'Algrie s'tant souleve,
les gnraux que nous aurions envoys pour
combattre la rvolte nous revenaient sans que la
guerre ft finie comme dputs algriens ?
Ainsi, ces hommes, qui sont alls l-bas soi-
disant pour dfendre l'intgrit de leur patrie,
n'ont song, en ralit, qu' leurs propres af-
faires et se ruer sur le gteau comme (les
affams.
RUY-BLAS, surr'enant.( (Acte III.)
Bon apptit! messieurs! Journalists intgres !
Gn'raix t vertueux voil votre facon
De servir, serviteurs qui pillez la mason!
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre o l'Espague agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intrts
Que d'emplir votre poche et vous enfuir aprs !
Soyez fltris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !


*


PREUVE IRRCUSABLE


Certains journaux espagnols persistent dans
leur champagne de calomnies, et affirment, entire
autres inepties, que les classes dirigeantes et in-
tellectuelles ne sont pas reprsentes dans les
rangs des insurgs.
Nous pourrions nous contenter de rpondre en
reproduisant l'opinion de M. Cinovas del Castillo,
qui avoue que toute la masse du parti autono-
miste est actuellement sous les ordres des gn-
raux Grmer et Maceo; la declaration du gnral
Canella : tout le pays, sauf les pninsulaires et
l'ele'ment official, est avec les insurgs; celles
du gnral Arolas et de tant d'autres personnali-
ts espagnoles.
Nous prfrons, pour toute rponse, fournir la
preuve la plus irrcusable : une. liste de mde-
cins, avocats, crivains, journalists, profes-
seurs, artistes, ingnieurs, etc., etc., qui sou-
tiennent la cause de l'indpendance.
Cette liste, bien entendu, ne peut donner
qu'une faible ide de la ralit, car, dans l'im-
possibilit de connatre tous ceux qui font parties
de l'arme cubaine, nous ne pouvons citer que
les amis don't nous nous souvenons. Il faut aussi
tenir compete de ceux qui, tout en aidant la Rvo-
tion de leur concours et de leur argent, ne peuvent
tre nomms, car les uns se trouvent dans les
villes occupes par les Espagnols et ils seraient
sur-le-champ fusills, et les autres y ont leurs
biens qui seraient confisqus immdiatement.
MDECINS
Docteurs : Augusto Aguilera, N. Alberdi, Ma-
nuel Alfonso, L. Alvarez Cerice, J. R. Armona,
Mximo Arias, Felipe Ards, Juan Antigas, E. C. Be-
tances, Pedro Betancourt, Julian Betancourt, F.
A. Campuzano, N. Castellanos, Joaquin Castillo,
N. Castillo, A. Clark, Agustin Cruz GonzAlez,
Francisco Dominguez Roldn, Pedro Echevarria,
Antonio Espern, N. Ferrer, HipOlito Galano,
Santiago Garcia Cafizares, N. Gispert, Modesto
G6mez Rubio, Juan Guiteras, Eusebio Hernandez,
C. Inchaustegui, Federico Latorre, Adolfo Le-
cuona, N. Lpez, Domingo Lpez, N. L6res, Mar-
tin-Marrero, N. Mascar6, F. Mendoza, Raimundo
Menocal, Eugenio Moliner, N. Montero, M. Mo-
reno, Ram6n Negra, Jos M. Nfiez, Jun R.
O'Farrill, Eligio Palma, Oscar Primelles, N. Pur-
curul, E, Borrero Echeverria, Leopoldo Rico, N.
Robaina, Joaquin Caneda y Junco, E. Rodriguez
Bass6, Joaquin Ros, Antonio Rubio, Eugenio Sn-
chez Agramonte, Faustino Sirvent, Carlos Soler,
M. Trias, Ciro Troncoso, N. Valds Anciano, Fer-
min Valds Dominguez, J. Vega Lamar, Felipe
Vernes, Jun Bruno Zayas, etc., etc.
AvocATs
Carlos M. Aguirre, Joaquin Alsina, Gerardo
Armas, Alfredo Betancourt, Antonio Bravo, Jos
Antonio Caiffas, S. Cancio Bello, F. Chenard,
Edgar Diaz Pujol, Eduardo Diaz Pujol, Benjamin
Espinosa, Jos Fernindez Rondn, Francisco Fer-
nandez Rondn, Francisco Freuse Mercad, Ri-
cardo Garcia Otero, Lorenzo Guerra, Aurelio He-
via, Nestor Lastres, Jos Marti, Domingo Prez
Capote, '"am6n Prez Trujillo, Severo Pina y
Marin, N. Plasencia, Rafael Portuondo y Tamayo,
N. Portuando, Lorenzo G. del Portillo, Gonzalo de
Quesada, Antonio Reguera y Acea, Carlos de la
Revilla, Pedro Rodriguez Mena, Horacio Rubens,
Eduardo Tamayo, Pompeyo Viada, N. Villalta,
Julin Zarraga, etc., etc.
(A suivre).





.i






LA RPUBLIQUE CUBAiNE


16 AVRIL .1896.


CUBA CONTRE ESPAGNE

(Suite et fin)
Iv
En change de tout ce qu'elle ne nousflonne pas,
on dit jqeIl'Espagner't-noltis.a.iacco.:rd 'd'-s lbert..
Ceitest tduit au n~iins able.
Siierhi s insaiMtes ddrhs la (Snstiultifon d:ispa-
raissent das la pratique.
Ja.presse, partemple. a toujours_ te igoareuse-
mnt.poursui.vJe.
-*Ri~vie'ur, jiournaistmes come MM. Ceepedalt
Lopez Brifias ont t. expulss de l'ile sans aitre
forme de procs.
En novembre ;891,t-M. 'Manuel ',Baltnaedafdiat
soumis la jurisdiction militaire pour avoir public
dansJe ,Criterfo aopula-r,de; Remedios, un a..rticle
faisant allusion l'excution-des -tudiants en'mde-
cine.
Les journaux ontpu discuter thoriqucn'ent, mais
lorsqu'ils ont voulu.dnoncer'ds abus o citer des
noms, ils -ont senti se poser sur eux la lourdetmain
des dominateurs..
:e' !4is,.an'ciennement -El Triirit;i. s'est vu,.in-
tenter plus d'un procs pour avoir signal; avec mo-
dration, certaines infractions en nommmatti:'les. per-
sonnes. En 1889, il fut poursuivi correctionnelle-
ment pour avoir dit que le fils du president de l'au-
dience de la Havane .templissait une' fonction qui
lui tait cependant interdite.par la loi.
-On dit quenous jou'issons de la libert de ru-
nion..i'Chaquet fi- qu'aprs a oir.prvenu l ts-a;to-
torits les habitants s'assemblent, il leur esti adjoint
un- fonctionnaire qui:.peut quand :bon .ivi senmble
suspiendpre la. sance.
O: n ,:a .inteudit a.,u -. ecle'.des Travailluirs, de
doainer .une, runion,,isusle fallacieuxprete~te,que
la salle o elle.dvait avoir lieumanqu3it de so.lditi .
L'anne dernire, les membres -du . Cercle des
Propri;taires convoqurent tous leurs collgues
de l'ile, en vue de rechercher un remde, la situa-
tion critique: des affaires 'de l'Association., Le Gou-
vernement trouva le moyen d'empcher la, iunion.
L',chec 'de la grande' jiunte projete galement:,par
le gnifieatif; il prsenta sous,.son, rritat-l j,:ur le r-
gime politique ,adapt ,par l'Espagrne. Cette corpo-
ration sollicita le concqurs ;de la S'cictl Econo-
mique. et.de la Junte Gnrale!de Commerce
pour:se runir en upe assemble plnire .qui ferait
connatre au gouvernement de la Mtr9pole les
craintes,que la situation prcaire des transactions et
de l'industrie :inspirait au pays.
Les: travaux prparatoires taient dj trs avancs,
lorsqu'un ami 'du gouvernement, Monsieur -Rodri-
guez 'Conca, fit savoir que le 'Gouverneur gnral
voyait. avec dplaisir et prohibit la clbration ide
la. grande Junte. -'Le Cercle-prit peur..et 'le:projet
avorta. Onvoitdonc que les habitants :de Cuba ne
peuvent.se, runir,,que quand le,,gouvernement juge
convenable d'y consentir;
Le people cubain a protest sans relche contre ce
rgime potitique, qui unit la fraude le mpris le
plusabsolu du droit 'Il serait trop long d'numrer
les rclamations qu'il a adresses .la Pninsule, les
protestations qu'ont fait entendre..ses reprsentants,
les, commissions qui ontfranchi L'Ocan ,pour -es-
sayer defaire comprendre aux exploiters de. Cuba
les .funestes consequences qu'allait .amener leur
ob. t;i itin:,ri -
Tout a t en vain.
L'exaspration du pays tait telle qu'en 1892,
la Junte central du parti autonomiste fit paratre
un manifeste o il prvoyait que le .moment tait
proche o le people cubain allait adopter'des r-
solutions suprmes, don't la responsabilit retom-
berait sur ceux qui, assurs de l'impunit, remplis
d'arrogance et d'orgueil, ddaignent la. plus t-.
mentaire prudence et lvent la force brutal la
hauteur d'un culte.
L'Espagne-ne prta gure l'oreille ce manifeste,
qui. laissait cependant entrevoirles lueurs sinistres de
la guerre; mais la scission violent du parti espa-
gnol lui-mme ayant failli se produire, le gouverne-
ment crut lemmoment arriv d'essayer d'une nouvelle
farce et de faire croire au monde qu'il se dcidait
rformer le systme administratif de Cuba.
Le plan du ministry Maura vit alors le jour,
modifi avant son apparition par M. Abarzuza.
Ce project, don't les Espagnols ont voulu se servir
pour battre monnaie et taxer la Rvolution d'impa-
tiente et d'anarchique, a laiss intact le regime poli-
tique de Cuba. Il n'apporte aucune modification la
loi lectorale. Il ne diminue pas le pouvoir de la
buraucratie, tout en augmentant celui du Gouver-
neur gnral. Il laisse peser :les mmes charges
sur le contribuable cubain et ne lui donne aucun
droit d'intervention "'dans l'laboration de son
budget.
Il se limited transformer le Conseil d'Administra-
tion, nomm tout Antier par .le gouvernement, qui
existe actuellement dans l'ile, en corporation par-
tiellement ligible.
La moiti de ses membres sera nomme par le gou-
vernement et l'autre moiti par les lecteurs censi-
taires.
Le Gouverneur gnral possde le droit absolu de
yto sur ses rsolutions;et peut, lorsqu'il le juge
convenable, suspendre les membres lus.


Ce Conseil labore un budget en quelque soR e
provincial, comprenant les chapitres de F.'men t.: qui
figurent actuellement dans celui de l'Etat.
Celui-ci se reserve tout ,de~.-este. Le Conseilpeut
disposer de 2.-75 o/o des reiynus d l'ile.
L'Etatcontinue employer le 87 o/o pour ses
,pr.opres'dpeases de Alafaon qu'on sait. Le budget
Sgnral continue :'s'tablir en Espagne. La,ques-
tionides tarifs y est toujours tudie. La dette, le
mitSiarisme, et la..bureautatie.continuent de'.,:rer
'Gtba. -iLe;.GCbain coritinr:ue ,a-::n'tre qUtiuae:.caste
tirannise 1
SLe-pouvoir absollu reste eniri les mainslfdru gou-
vernement central et de ses dlgus dans l'ile; les
residents garden leur influence antrieure et mal-
faisante.
Tel est le self government que l'Espagne a pro-
'fnis't Cubs et-qb'elle a'bruvammneni announce l'o-
pinion comme un grand changement politique dans
soh, systfnercolonial !!! -. (Elui des ,Bahamas ou,
des'iles Turques lui est certaineine nt.en tous-points
suprieur.
Ilfaudrait que le Cubairrmanq',tunon pas seulement
du sentiment de la dignit, mais encore de l'instinct
de conservation, :'pour accepter, sans rvolte ce r-
gime, au. i humiliant que destructeur.
VAucun, people, .,aucune .dcomrnunau humane,
ayant-le souti de: sornhon'n aur:et,.aspiraht .une on-
dition:imelletsure",-he-s'aurait:.tolrer -les injures,-etles
injustices don't on abreuve Cuba,aasnsse(;d6gnader
honteusement-et se condamner l'anantissement
dfinitif.
L'Espagne refuse aux Cubains tout pouvoir.effec-
til',dns sr, propre pays..
L'Espagne condamne le' Cubain l'infriorit po-
litiqueavr.:ia4terare u.qi e. yitonaltre.
L'Espagne .accapare le produit du travail des
Cubains, ne leur donnant en change ni instruc-
tion, ni scurit, ni prosprit.
L'Espagne. s'est m-nitre absolument-inripable'de
gouveiner et d'administrer Cuba.
SLEspagne exploite Cuba et la-coriduit la faillite.
Maintenir par la force ce monstrueux rgimegou-
vernemental,- qai ruine un ,pays -riche 'de sa nature
et dgrad'e une population, vigoureuse, intelligente et
Sremplie de'nioble'saspirations; voil ce-que l'Espagne
appelle dleridre son"-honneuret conserver avec pies-.
tige sa function social de civilisatrice en Amrique.
- Dsesprs, mais isans colbre, les Cubains ont
fait appel la force pour ditendr; leurs droitss et
faire triompher -un principle ternel et glorieux sans
lequel les socits, en apparence les plus robustes,
sont menaces dans leurs 'foidements : le principle
de.la justice !
Le 'droit d'opprimer n'existe pas. L'Espagne nous
opprime.
En nous soulevant centre l'oppression, nous d-
fendons le droit.
Nous servons ainsi la cause 'de l'humanit, tout
en servant la ntre.
Nous n'avons ni compt le nombre de nos -enne-
mis, ni mesur leursiforces.
.Nous aavons compt les outrages qu'on nous in-
ligea e pes la masse d'injustices-qui nous crase,
puis nous avons lev nos cours la :hauteur de
noslgitimes revendications !
,Deyant nous, . .quelques pas, sQnt .peut-tre
la ruine et.la mort. Qu'importe! Nous.rem-
plissons notre devoir.
Si le monde nous tourne le dos, tant pis pour
tous! Une nouvelle infamie se sera consomme
et le principle de la solidarity humaine aura subi un
nou'vel chec.
La quantit de -bien existant dans le monde
et ncessaire pour que.son atmosphere morale soit
pure et saine, cette quantit aura t amoindrie. -
Cuba est un people qui, libre- et iridpendint. de-
viendra:un facteur de prosprit,et dejprogrs.
Il n'est actuellement qu'un agent de,ruine et de
dsordre! La faute en est exclusivemept l'Es-
pagne.
Cuba n'attaque pas, elle se dfend Que l'Am-
rique, que l'Univers entier nous contemplent et
voient de quel ct sont la raison et le droit.
Eitrique Jos Varona,
Ex-dput aux'Corts.
New-York, le 23 octobre 1895.

------~i I-C------

CHIFFRES AMUSANTS

-L'instiucetion en ]Espagne
Nous lisons dans le New-York Herald de
Paris, la date du -10 avril, une information de
son correspondentt Madrid, M. George R. Mi-
ner, don't voici un fragment :
D'aprs le recensement de i885, il y avait alors en
Espagne, sur 16,000,000 d'habitants, deux millions
sachant crire leur nom. De ce nombre, un million
pouvaient lire et signer leur nom, et 5oo,ooo seule-
ment pouvaient lire et crire couramment.
Depuis lors, les progrs de l'instruction ont t
tels, qu'il y a aujourd'hui en Espagne deux millions
de personnel sachant lire et crire.
M. George R. Miner est un pince-sans-rire.
Son information est un vrai modle d'ironie
yankee.


,


TEMPS" VARIABLE

S Temps ne manque jamais une occasion d'af-
firmer ses sympathies pour .l'Espagne, que iaes
crimes rendent indigne du nom de-.ination civilise.
Le Temps ne peut cependant ignorer qu' Cuba les
soldats de Weytler..:-gogent les Franais aussi bien!
que les Cubains.v'Mais il faut :croire que:,le sort de
nos compatriotes ne l'intresse que mdiocrement.
D'ailleurs, Le Temps a-ti41 seuleraent une opi- i
aion ?Ses contradictions aursujet delaid decision des
c:Eh'a'bres amricaines recorinaissantida bellcriric'.-:
iades..Cubainsppermet'tent .d'en douter.' ugez-en:


.'.Le Tempc s du 17 .f- .Le'eTemCpsdi 8 avril :
vrier:
,La 'seule publication du Depuis quelque temps le
diere'iendu par le gn- Congrs des Etats-Unis est
iil \\. I.r ds son arri- en proie I une sort ver la HIavane, apparom- station sans but, on plutt
.'ment en guise de don de qui change sans cesse de
joyeux avnement, et don't but. On pourrait compare
'les douze articles se ter- les coryphes 'du jin-
minent par ce refrain si- goisme, tantt brandissant
nistre: la pine de mort, a la doctrine do Monroe, re-
suffi pour fire plus en un vue, corrige et soigneuse-
jour que n'avaient fait de ment augmente la face
longs mois de guerre ci- du lion britannique, tan-
vile. Si la foice est le re- tt pousant bruyamment
nmdencessaire.contreune la cause des insurgs'cu-
insurrection, sil'on ne peut .bains et les dotant bn-
blmor le gnral Weyler volement des organs d'un
de tendre, tous les resorts .r'.,r,,:lr normal et
de son autorit pour d- ''- t...'ui- I.. conditions
fendre. une.eause qu'il doit indispensable d'un ,belli-
croire sacre et don't 'le grant igulier.
.' 1 .1.. l i, iil ...... ....... .....
,,l .,, i,.,i tr, l.. fallu
ouailier qu' 'notre .poque
l'huianil, la :philanthro-
pie internation'ale- voire la
sensibility sont dos fac-
Ltenrs.'importa ls' ,mme ien
politique et dans les rela-
tions de people a'poeuple.
mTotit cet ensemble doc
motifs avait depuis long-
temps poeuss corlains
membres du i '..,
saisir le Siiial c i i :i 11
bre des: reprsentants. de
i'rojets de rsolutions re-
latives ai :la :gulerre. civilc
cubaine. Il a fall l'im-
pression produite par l'ar-
rive du gnral Weylcr
et l'inauguration de sa .o-
litique nouvelle pour don-
ner ces vellits indivi-
duelles la consistance et
la porte d'une,manifesta-
tion gnrale.
Le Temps approuve-t-il ou n'approuve-t-il pas
.l'attitude des Etats-Unis ? Bien malin qui pourrait le
dire.
Voyons maintenant ce qu'il ,pense .de M. Cleve-
land :
Que fera le president Une chose est certain:
Cloveland ? Il ne peut n- c'est.que le president C(le-
gliger entirement de tenir velarid n'aura garde de
compete do l'opinionqui se rendre -quelque vitalnit ou
pronounce avec ardeur pour plutt de confrer quelque
1er Cubains. importance cette mani-
festation mort-ne.
On pourrait craindre
qu'il ne se laisst aller,
conltre ses propres ils-
Stinets, 'flatter les pas-
sions chauvines.
Contre .ses propres instincts ? Alors pourquoi di-
siez-vous auparavant :
11 a proav dans l'af-
faire du \Vcuenuela tout
coe tuv'il y af de palriolisme
amricain, voire de seini-
chauvinisme, dans cette
raison si camem, :dansi cet
esprit si modr.
a c'est pour la chvre, voyons pour le chou:
Ce chef d'Etat n'aimn;'
pas les procds du jin-
goisme ; son temperament
leur est radicalement hos-
tile.
Bref, suivant vous, que fera-t-il ?
Aprs le message du Le president Cleveland
1; '..'.*...,.i. .i n'a pas:le tiaiterala resolution con-
d,.... iii,,,,,,,,. prior current du Snat et de
l'hypothbse d'une action la Chala]bre come elle
nergique du lirsident. le mrite : il l'ignorera.
Avec votre systme, cher confrre, il n'est pas
difficile de prdire l'avenir.


Et puis, il ne faut pas
oublier qte nous soimmes
dans nic anne .d'lection
prsidentielle.
.............. :..... ...o...


Ou si M. Cleveland tait
plus candidate qu'ili ne
semble devoir l'tre i un
troisime Icrme prsiden-
tiel.


Les raisons pour lesquelles vous dites blanc sont
aussi bonnes que celles pour lesquelles vous dites
noir.
On ne signalerait pas
beaucoup de resolutions
parlementaird's don't le
texte fiit gros d'autant le
casus belli et don't les h-
rsies internationals fus-
sent aussi navement la-
les.
C'est entendu, comme vous dites plus haut: le
President traitera la resolution concurrent du S-
nat et de la Chambre comme elle le mrite.
Vous l'affirmez, mais vous n'en tes pas bien
sr, car :
Quand c'est M. -Sher-
man, c'est--dire un des
leaders riublicains. un
home dIEtal du preniier
rang, un ancient ministry
des finances, un ex-candi-
dat la candidature pr-
sidentielle, qui parle -
quand c'est le comit des
affairs trangres du S-
nat qui agit quand c'est
ce grand corps, associ de
par la Constution i la
direction des relations ex-
trieures, qui vote, il n'est
plus temps de se rfugier
derrire un sourire scep-
tique.
Nous ne pouvons discuter avec Le Temps, il au-
rait toujours le dernier mot, et puis... nous sommes
peut-tre d'accord..., au moins un jour sur deux.


*


L
~


:i':: ; \1


RPONSE

Sous le titre: Les Insurgeds de Suba, 3M.
Edotard Conte publie,' dans Le Vol&dire, un ar-
iJticle qui, tout en n'tant pas hostile aux Cubains,.
contientt beaucoup iJ'orreu-r.' Celles-ci provien-
nen.t, comme.i'toujours lorsque nous nousoecu-
pans ded pliiiqu.: .'lr tringre, du manque absolu
d,' r,. ii,Sig neriints
t'Cepi-niiant. ,au sujeeti,-deti;a question cubain-.
S:n;ritb~ouvet:faciement, i'atissoitet .ed les'ifitforma-
tions que 'l'on';pourrait d'sirerp?t nousiserions
trs heut-eux.i;d'en offrir h.:;iM'"Conte;ciinsi qu'ih
tous rnos.confr4 res qui s'intressent la lutte des
Cubaia&nspour leur indpendance.
oici quelques.unes,des erreurs:

S La prcdente insurrection, dit M. Conte,
allume en 1865, ne fut teinte que sept ans
aprs. )y
Or, la prcdente insurrection ne commena
pas en 4865, mais en 1868, et elle ne dura pas
sept ans, mais dix.

Tout i': ion1'. s dispui, l. tout lemonde se
chamaille p.lar i ies.'tlesJia;d insourrre:t':ii '
Si M. Cont: maiitslu une .irceate lettre de
Maceo, il iiicai tirvi.que eette.'i-a ff.iiion. pour le
moins exag'e 'an :ce ,qui concerme la prc-
dente i i-i.i rtet-ion. e it absolin metit i.:iiin r.ii
la vrit en :ee'.uicam~eerneliBa;asrrection ac-
tuelle.

Ds qu'une band 'ecormpTeridd un miller
d'hommes, celui qui la mne prend le titre de
gnral, ordonne de marcher sa.guise.
Tous les grades sont concds 'l'tranger par
la Dlgation de New-Yotkk'etd Cuba mme par
le Gouvernement Rvolutionnaire.

... Et pas moen 'de le subord6rier.- '-ne
attaque ld'ensemble.
Voyez l'invasion des provinces occidentales en
janvier et fvrier, et lamniervelUeuse nih'e-de
Gmez,' refoulant devant lui-150,000 Espagnols
d'une extrmit l'autre de l'le.

Le Maceo de qui les dpches 'noes .entre-
tiennent formellement ce n'est,pas Jos-Maceo
(tout aussi brave,pourtant que son frre), mais
Antonio Maceo, qui est le bras comme Gmez est
la tte de la Rvolution.
Quant au portrait que public notre confrre
de Salvator Cisneros Betancourt (et non Belen-
court), comme extrait du livre de Cspedes ,
nous serious bien heureux si M. Conte avait
l'obligeance de nous dire quelle page ou, tout
au moins, dans quelle parties du livre nous pour-
rions trouver le dit portrait. Si notre honorable
confrre ne peut.nous renseigner cet gard,
peut-tre pourrions-nous, en revanche, lui dire-
de qui est ce.portrait, qui n'est nullement d
une plume cubaine.
M. Edouard Conte dsirerait des lettres crites.
de l-bas par un observateur de sang-froid, qui
nous donneraient un tableau anim de cette in--
terminable guerre . Mais, mon Dieu tous les
journaux amricains ont des correspondents
Cuba, et si ceux-ci n'offrent pas M. Conte des-
garanties suffisantes d'impartialit, la Contem-
porary Review, de Londres, sous la signature de
M. Howard, Le Temps au mois de janvier, et Le
Soir il y a quelques jours, ont public des lettres
fort intressantes de 'leurs correspondents de la
Iavane. M. Conte doit savoir que ni Le Temps
ni Le Soir ne sont des journaux .flibustiers,
quoique la lecture des deux lettres en question
pourrait le faire supposed.
Notre confrre regrette de n'avoir pu se pro-
curer le volume de M. O'Kelly, dput la
Chambre des ,Communes,.qui, pendant la der-
nire insurrection, parvint dbarquer Cuba'
et y vcut de la vie des insurgs . Nous ne le
regrettons pas moins, certain qu'aprs cette lec-
ture, M. Conte rendrait pleinement justice anx
Cubains. Le livre de Cspedes content, pages
242-249, un fragment de l'oeuvre de M. O'Kelly,
intitul The manbi land, fragment qui se ter-
mine par les lignes suivantes:
Durant quelques semaines, je voyageai avec
Cspedes travers les dcors les plus tranges et
les plus sauvages qu'il m'ait t donn de con-
templer; les sacrifices et le dvouement du Pr-
sident et du group d'hommes qui l'entourait me
causrent une telle impression, que si j'avais t
hostile la cause de Cuba, la patience avec la-
quelle ils endurent les souffrances et mme la
ptrivation de tout m'aurait convert et fait de moi
leur ami.
Puisque nous parlons de M. O'Kelly, nous nous
permettrons de rappeler a notre confrre une






16 Av-IL 18996.


LA RPPUBLIQUE CUBAINE


anecdote raconte par, Cspedes- dans la lettre
qulil adressait son pouse, le 30 mars 1871 :
S ... Nous dei.endhiies les montagnes, ayant
souffiir assez cause dis pluies continuelles
qui, cependant, fournirent O'Kelly l'occa-
sion de voir notre manire d'organiser rapide-
nint'uu campement... Le 14, nous arrivmnes
El Corgo; cette nuit, un soldat cubain fit mourir
de rire O'Kelly en lui reprsentant des scnes
grotesques. O'Kelly voulut lui fire cadeau d'un
doublon (un louis), mais le.soldat ne consentit k
Force d'insistance, auatre chose' q u, ceci:
O'1telly donnerait. en. sont nom- cet argent'
quelqule,:Cubaitnie pauvre; .nigre- iNew-York,
Nous: regrettons sin-crement qu'e AM Conte
n'ai i' Pa.euVl' ui'casion :le se renseigner, autant
q't'il le dsirait, sur-la situationactuelle d l'ar-
me cubaine, car nous sommes persuads que
les sympathies qu'il sembl avoir pour les
Cubains seraient renforces par le spectacle de
leur courage et de leur force.
Egnont.




OPINIONS IMPARTIALES

(Lettei c mn ,Fran s;s de-: la' HIvanae).-


Nous lisons dans Le Soir du 9 avril :
Nous avons eu maintes occasions de donner notre
opinion sur les affaires de- Cubha et' nos' sympathies
relles.,pour l'Espagne ressortent clairement de tout
ce' q'ue rtous-arvons crit :ce'sujet. Nous: ne 'croyons
pas,;-cepeindant, devoir: supporter! la lettre suivante
que rious adresse, de Cuba, un d nos correspon-
dants i
La Havane, 16-marsi 1896:
Dans'-rtia drnire lettre, je vous disais que Maceo
avait'russi :culbuter touts les, colonnes qui, en
fbtrmie"d 'liguie brise, s'opposaient sa sortie de
Pltnr'del Rio, le'fameux cul-d-sacd'o il ne devait
.a-'ol'mnert pas chapper. Aprs'l premier moment
d stitpeir, le- gouverrieur's'est vite remis-; il a pu-
bli une-proclamation o il tmoignait sa satisfac-
tiorid'aoit etifint; M. Gnmez et Maceo runis- sous
.sa maitrdns l province' d l Havane; une srie
-de movements don't il se rservait d'ailleurs le se-
-c-ref-devaient enfermer les deux gnraux insurgs
Sdanis un cercle dBfer d'o ils ne pourraiefit sortir et
.qui, se resserrant peu petl, arriveraient les. cra-
.ser. Il, faut croire que ce cercle de fer avait quelque
paille : huit jours aprs, Gmez et' Maceo se trou-
-vaient dans la province de Matanzas.
Nouvelle proclamation :
Grce aux efforts Hroques de nos troupes, les
-bandits, iiicendiaires, etc., ont t chasss de la pro-
vitice de-la H-avane'! Nous comptons sous peu ba-..
layer compltement la province de, Matanzas, et la
dbarrasser de ces hordes sauvages; en consequence,
:nous mandons et ordonnons que tous les planteurs
se prpaient rouler les cannes qui n'ont pas t
brles; ce n'est pas une raison -parce que quelques
,champs de cannes ont t incendis, pour ngliger
la rcolte, etc., etc. >


Comme vous pensez bien, il, s'agissait de prouver
que les hordes sauvages taient impuissantes em-
pcher la roulaison, que les impts pouvaientse per-
cevoir et que les lections pour les Corts pouvaient
avoir lieu en avril.

Triste sort-des planteurs
Les malheureux planteurs, sans le sou, sans cr-
dit, demandrent au government de l'argent pour
payer leurs ouvriers:et'des troupes pour protgerles
travaux; naturellement, ils ne purent obtenir ni
l'un ni. l'autre, et en. mme temps ils reurent de
M. Gmez le:conseil amical de rester tranquilles et
de ne rien rouler du.tout,.s'ils ne voulaient pas avoir
quelque, dsagrment. Presque tous se. le tinrent
pour dit; quelques-uns,_ plus.braves, commencrent
coup.er les-cannes et ,prparer leurs. machines.
Cependant, les: vnements. paraissaient donner
raison . Weyler; Maceo.e.t :M. G6mez; continuaient
leu march. vers: l'orient;, aussi,, le, gouiverneur,
triomphant, publia-t-il une troisime proclamation
ritrant l'ordre de rouler, et dclarant les provinces
de Pinar del Rio et de la;Havane compltem.ent net-
toyes d'insurgs : les quelques bandes qui par-
couraient encore les campagnes taient, disait-il,
composes. de bvigands et de bandits; par cons-
quent il lverait sous'peu l'tat de sige de ces pro-
vinces.
Pendant ce temps, M. Ginez et Maceo attei-
gnaient la Cienaga (immense desert formo, de lagu-.
nes de sables mouva.nts d bois et-detcollines- situ
entire les provinces., de_ Mtanzas'. la; H-v.avaneiet las
Villas), y opraien't.leurjonctioni: avec les chefs in-
surgs de l'orien't,. Raii, JosB Maceo, Mayia Rodri-
guez, etc;.., qui leur ametraient des troupes fraches;
les malades,:les blesses et!ls fatigus repartaient .
leur tour pourrl"'orient '! ra'.crs les planes, libres .
de las Villas ; toutes, lest troupes espagnoles libres
se trouvan.t a, l'occident,,aux. trousses- de Maximo.
G6mez et Maceo,. sans pouvoir les atteindre d'il-
leurs, enmpcli-s- qu'elles en taienr-par des colonnes
d'insurgs dpohli-s cetiefft.et:commandes par.
Lacret, Nufcz, Sanchez .et....
Deux jours: aprs la: proclamation.de Weyler, les.
incendies- ds',chiampsde., cannes- ont recommenc;
On crit, de la. Villas que la' rcolte est faite; or,
il ne reste.pas une canned; les' planteurs qui avaient.
commenc rouler ont;vu leurs fabriques sauter et,
brler; les points, les fortins, les gares, tout saute.
de nouveau; le chemin de fer est coup.

Succs de-Mximo G6mez et de Maceo
MIximo Gmez et Maceo.-recommencent l'invasion
de janvier; toutes les colonnes' espagndles qui ten-
tent de s'opposer leur.marche: sont crases; la
bataille de Palo-Rieto, cell: de Palos, celle de Ma-
mey, celle de Olayita sontt autant de dfaites; enfin,
avant-hier,.les deux, chefs, insurgs se sparent de
nouveau; Mximo G6mez rest'e dans la province de
Matanzas, et Maceo, avec7,ooo hommes, culbute
deux colonnes espagnoles,.passe la ligne de la Ha-
vane Bataban, brle compltement cette dernire
ville, arrive come un ouragan la limited de la pro-
vince de la Havane, pntre dans celle de Pinar del
Rio et brle la ville de Cand'elaria.
Voil o nous en sommes; comme vous voyez,
la situation ne peut pas tre plus terrible; on affirme


que Mxim'o G6mez se dirige vers la Havane avec
20o000 hommes et qu'il aurait dit : Cette guerre
aura trois priodes : I' l'invasion ; 2' l'occupation;
3" l'expulsion (des.Espagnols bien entendt).
L'invasion a eu lieu en janvier et fvrier (1895) 'et
n'a pu tre plus complete ; nous sommes en pleine
occupation; l'expulsion viendia bientt.

Caractre sanguinaire de lel~guerre,
En mme temps, la guerre a pris un caractre
sanguinaire qu'elle n'avait pas au temps dMartinez
Campos; les prisons regorgent de suspects ; les va-
peurs, parent bonds de. dports: don't. les juge-
ments de condemnation n'ont aucune.publicit; s'il
est vrai que Weyler n'a encore.fait fusiller personnel
dans les villes, les troupes sont autorises tout .au.
moins tacitement .gorger et fusiller les malheu-
reux paysans -souponns d'accointance avec les in-
surgs;: ils, apparaissent ensuite, comme -ayant t
tus sur.le champ!dae bataille, danseles rangs des re-
belles; aussi la panique. est-elle effroyable; beau-
coup de Cubains s'en, vont la manigua avec les
insurgs par peur et par dsesppir; dans la dernire
semaine, quarante-deux jeunes gens de bonne fa-
mille de la Havane se sont incorpors Maceo.
Il y a quinze jours,, le- gouverneur-reoit l'avis que
les insurgs se trouvaient dans le village de Guatao,
I5 kilomtres de la Havane; il envoie immdiate-
ment une colonne de volontaires pour les dgager;
elle: arrivedeux, heures aprs leur dpart, et, dans
leur fureur d'tre venus pour rien, les soldats espa-
gnols tombent sur les malheureux habitants du vil-
lage et en tuent vingt-trois, don't un vieillard de
soixante-dix ans, un enfant de quinze ans et trois
malades atteint de dyssenterie, comme prtendus
complices des rebelles.

Massacre de six9;Amri:ains
Il y a quelques jours, Casiguas, six lieues
d'ici; une troupe de -volontaires,.furieux des rsolu-
tions adoptes par le. Congrs Amricain en faveur
de -la belligrancer pour les: Gubains,. se rendent
une proprit appartenant ' uAn-Am'riain, et, sous
ses, yeux, fusillent et machetent ses! six fils don't
l'an, g'de- dix-neuf! ans,,est, le seuli qui ait sur-
vcu.,, ses blessures: bieneniendu, le consul am-
ricain a prsrnit une. reclamation.

Assassiat: d'un Franais,, M.. BJtharte
Aprs la bataille de Olayita,.les Espagnols, en en-
trant dans urreplantation, ont fusill bout portant
l'administrateur, un: Franais, M. Btharte (i), qui
se prsenta, eux envelopp du. drapeau franais;
ils prtendirent qu'il avait, donn Phospitalit aux
insurgs.

Bravoure: des soldats espagnols
Ne croyez pas que je veuille,,enr vous racontant
tout cela,, vous, peindre le soldati espagnol comme
un monstre; loin de l, je crois qu'ili est difficile de
trouver plus d'abngation et de bravoure, plus de
resistance.
Si -vous les. voyiez nu-pieds,, hves, en. lambeaux,


(1) Comme nous l'avons dit dans un numro prc-
dent, ce n'est' pas: M. Blharte propritaire de la plan-
tation, mais M. Duarle, l'administrateur, galement
Franais, qui a t assassin par les Espagnols.


noircis par le soleil, comme nous les voyons
chaque instant revenir de la champagne aprs avoir
endur la faim, la soif, le soleil de Cuba, les- mous-
tiques,, l'humidit des nuits, sans se plaindre, prts
repartir, vous ne: pourriez. vous,-empcher de les
admirer et de-compendrendreque ette-race ait pu avoir
un:'si glprieuxapass.
lMais l. haine est aui-,urd'bul si F:'iie entire les E-
pagnols et l:sCubairisjiet,!la--rpptation, de. cruaut
d Weyler si:bien tablite,.qiue le souvenir des infa-
m-ies par. lui ; comn.rises., dans,,la. dernire guerre
semble autoriser ces actes de vandalism : les
femmes des campagnes fuient pouvantes devant
les troupes espagnoles, come devant une bande de
loups, et je crois qu'ellesont raison.

Fausset des nouvelles. officielles:
Les journaux ne- dissent, que, des mensonges: le 9
mars, il y a eu une rencontre.ayec Maximo, Gmez;
et les journaux, en rendant compete de. l'action,, don-
naient comme chiffres officials les. suivants: -.73
morts insurgs et. plus de ioo blesss ; nos troupes
n'ont eu que 5 morts, 12 blesss et quelques che-
vaux tus.
Or, le lendemain; nous recevions une. lettre d'un
officer espagnol nous racontant l'affaire, et nous
disant: les rebelles ont eu 26 morts qu'ils ont pu
emporter au travers de leurs chevaux ; qdant
nous, nous avons eu 2 officers et 20 soldats tus,
17 officers et 18 soldats blesss .

L'migration conti'~4 .
La vie est devenue vraiment intolerable, la misie
est gnrale, l'migration continue: pour> New-York,
Tampa, la- Jamaique, Porto-Rico, Mexico., etc.
Si I'.:,n rapproche cette lettre' de- celle que Le
Temps recevait nagure de- son correspondent
de la Havane, on se convaincra de cette vrit
que toutes les informations sur la guerre de
Cuba, du moment qu'ilese n'4manent pas: du
gouver nement espagnol, sontufianimes. , tablir
les trois points suivants:
10 Les Esp.ignols ne diseni pas un mot de
vrai ;
20 Toutes les rencontres sont favorable aux
Cubains;
30 L'Espagne fait une guerre savage.
Seuls, certain journaux qu'un i/l f~pril rat-
tache au boulevard, de Courcelies continent, k,
montrer la situation sous un jour favorable
l'E-paie, au risqne, de. lancer lEpar;gne fran-
aise dans une nouvelle catastrophe, au cas- at
notre voisine solliciterait nos capitaux.
Ces journaux, qui ont des raisons connues de
nous pour se faire I'cho de la. cloche que fait
sonner le gouvernement espagnol,, ces jpur.naux
devraient mditer un peu sur les terrible cons-
quences que pourrait avoir leur..... complai-
sance.


*r


FEUILLEI'ON
de La Rpublique Cubaine 4


CINQ SEMAINES
PARMI LES INSURGES CUBAINS

(De la Contemporary Review, de Londres.)

SUITE ET FIN
Partout, une strict discipline tait observe;
les postes gards avec rgularit et les ordres
taient transmis au pied de la lettre. A l'instruc-
tion, les insurgs offraient un spectacle rjouis-
sant, car ils faisaient l'exercice deux fois par
jour; souvent, comme c'tait le cas d'ans le cam-
pement de Jos Maceo, les instructeurs taient
des sergents espagnols, lesquels, comme tant
d'autres, venaient des rangs espagnols. La cava-
lerie tait bien suprieure l'infanterie, et celle
que j'ai vue manuvrait avec une aisance re-
marquable. Les hommes taient trs bien mon-
ts et, en rase champagne, dans l'ouest, ils sont
habitus charger l'infanterie espagnole forme
en carrs, et le font souvent avec succs. Dans la
champagne accidente de la province de Santiago,
la cavalerie est d'une m'diocre utility; la ma-
nire de combattre consiste plutt dans le sys-
tme des guerrillas, expliqu par les officers
et excut par les hommes come units.
Dans le dpartement oriental, il y a beaucoup
de ngres dans les rangs des insurgs: mais dans
les autres parties de 'ile, presque tous les com-
battants appartiennent la race blanche, le
ngre est l'exception. Quoiqu'il en soit, celui-ci
se bat admirablement et est dou d'une grande
endurance. Il march trente ou quarante miles
par jour, sans grande fatigue; il est capable de
rester trs longtemps sans manger et il parait
mme qu'il vaut encore plus lorsqu'il est jeun,
car on dit qu'Antonio Maceo prfre que ses
hommes soient dans cet tat depuis deux jours,
-lorsqu'il a une bataille livrer. Trs peu d'offi-
ciers sont noirs, mais tous sont Cubains. L'tat-


major du gnral Jos Maceo. tait en grande
parties compos de fils de riches propritaires
cubains, docteurs et hommes de professions di-
verses, don't un grand nombre levs en Am-
rique et parlant fort bien le franais ou l'an-
glais.
Le gnral Jos Maceo campait sur le haut de
la route, environ quinze miles d'une division
espagnole; il n'avait avec lui que 400 ou 500
hommres et, dans cette circdnstance, les insurgs
ne tiraient aucun advantage de leur position ; ce-
pendant les Espagnols n'avaient fait aucun mou-
vement contre eux et restaient ici come ail-
leurs, inactifs-et inutiles.
Plus l'ouest, dans une large prairie trs ou-
verte, le gnral Antonio Maceo russissait dis-
traire le Gotvernement Rvolutionnaire en pas-
sant une revire de 5,000 hommes, tandis qu'
vingt milles'a 1a ronde, au nord et'au sud, les
Espagnols avaient des forces suprieures, et, sa-
chant fort bien: tout ce qui se passait, nfe ju-
geaient pas propose de faire le moindre effort.
Le gnral Antonio Maceo est.la force motrice
de toute la Rvolution. C'est un mtis de haute
taille, aux paules large, jouissant d'une rpu-
tation de bravoure toute preuve et ayant ac-
quis dans la dernire insurrection une grande
connaissance de la guerre de Cuba. Il est le hros
des Cubains et la terreur des soldats espagnols;
c'est un volcan d'nergie, ses manires sont s-
duisantes, son visage exprime la bont et ses
yeux sourient constamment sous une paire de
lunettes .d'or.
- La premiere fois que je rencontrai Maceo, ce
fut dans une circonstance important et solen-
nelle. Cuba venait d'lire un Gouvernement pro-
visoire, charge de veiller sur les intrts du pays
jusqu' la fin de la guerre. Le gnral mobilisait
ses troupes du dpartement oriental afin de rece-
voir le president et les ministres de la Rpu-
blique Cubaine, qui taient venus de loin au-de-
vant de lui.
Le president de la Rpublique, le marquis de
Santa Lucia, est un vieillard distingu, affable et


si slide, qu'il tait arriv au lieu du rendez-
vous plusieurs jours l'avance. Le reste du Gou-
vernement est presque entirement compos
d'hommes jeunes au-dessous de quarante ans;
ils paraissent intelligent et agrables, pleins de
zle et d'espoir dans- l'avenir; -ils ne songent
nullement arriver au. succs par des moyens
sanguinaires. J'appris d'eux qu'on avait le pro-
jet d'empcher absolument la rcoltade la canne
sucre et de mettre ainsi' 1 Ep.igin: dans P'im-
possibilit de tirer aucune resource financire
de l'le.
Les forces insurges se maintenaient en cam-
pagne sans rien coter et pouvaient continue
ainsi, tandis que l'arme espagnole tait un far-
deau toujours croissant que, chaque jour, l'Es-
pagne tait moins capable et moins dsireuse de
porter. La politique cubaine tait d'puiser finan-
cirement l'Espagne.
Durant les trois premiers mois de la lutte, las
insurgs auraient volontiers trait avec l'Es-
pagne et auraient accept une franche et pleine
autonomie; mais present, l'tablissement d'une
rpublique- .cubaine ne peu.t tre empch que
par la victoire des Espagnols et l'anantissement
des Cubains.
C'tait pour moi une vie agrable que de tra-
verser Cuba, allant d'un campement un autre.
J'avais une escorted avec un ofI'cier et des sol-
dats et, toute la journe, nous allions eheval
sur les- collins, travers les fors- et toujours
par des chemins presque impraticables, Par-
fois, notre route nous faisait passer prs des
lignes espagnoles et, dans ce cas, nous vitions
tout simplement les embuscades; parfois encore,
nous marchions presque toute la journe sans
aucuneespce de nourriture, sous un soleil br-
lant, tel point qu'on ne sentait plus la selle et
que la tte nous tournait. Quand nos chevaux
taient fatigus, nous les changions pour de
plus frais-avec les habitants.
Chaque fois que nous' avions la chance de
nous trouver la tombe de la nuit, nous sus-
pendions nos hamacs et nous nous endormions,


tantt sous un hangar, tantt en plein air:; il ar-
rivait mme de temps autre que ce ft dans le
voisinage dsagrable de l'ennemi. Nous pas-
smes une nuit dans le hangar o se trouvait la
press d'imprimerie de l Rpublique Cubaine
et, tout autour de nous, taient tendues les
preuves diu numro de luxe de Cuba Libre, or-
gane.de l'insurrection, lequel numro tait tout
entier imprim en caractres bleus et rouges
pour commmorer l'lection du Gouvernement.
Le matin, nous tions levs et en selle avant le
lever du soleil et faisions la seule toilette qui
ft possible et qui consistait nous secouer de
notre mieux.
Partout les Cubains me parurent le people le
plus courtois et le plus hospitalier qu'on puisse
imaginer, quelle que ft. l'heure du jour ou de la
nuit; tout ce que le Cubain possdait et tout
ce qu'il pouvait faire taient au service de
l'tranger. Au milieu de la nuit on nous servait
du caf et tout ce qu'on, avait la bonne fortune
de. trouver, et si pauvre que ft l'hte,-jamais il
ne songea recevoir de l'argent. Du -jour o je
m'tais joint aux insurgs au jour o j.e retour-
nai Santiago, je ne dpensai jamais un cen-
time.
Comment je retournai Santiago, je ne puis
encore le comprendre. Deux fois il me fallut
passer travers les troupes espagnoles don't le&
officers, comme je l'entendis plus tard, avaient
exprim le dsir de mettre la main sur l'Anglais
qui s'tait joint aux insurgs. J'avais revtu le
costume d'un planteur ce qui tait ncessaire,
car depuis trois semaines je ne m'tais pas dsha-
bill et je m'tais ras. Mais pour le reste,
j'eus une chance extraordinaire.
Je n'ai pass que cinq semaines Cuba, mais
j'ai vu et entendu assez de choses sur ce qui se
passe, pour souhaiter un plein succs la cause
de l'insurrection et pour esprer que les Etats-
Unis ne tarderont pas reconnatre aux insur-
gs cubains les droits de belligrants.

Hubert Howard.


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L --~8-i~ais --L- --- iiiLi- iL i i i ~Li I I~ I i L iI --- c`-L






LA RPUBLIQUE CUBAINE


16 AVRIL 1896


N'en dplaise L'Eclair, le Bermuda a par-
faitement dbarqu Cuba sa cargaison d'armes.
Le Bermuda a quitt les Etats-Unis avec
dles armes, tant absolument en rgle : le Ber-
muda est entr dans un port d? Honduras avec
des armes, tant encore absolument en rgle.
Ce qui n'empche pas que les armes que le
Bermuda a dbarques Cuba front bientt
Sparler d'elles.
Aprs tout, L'Eclair sait peut-tre tout cela
aussi bien que nous.


La Justicia, de Madrid (qui n'est pas un or-
gane sparatiste, comme son titre pourrait le
faire supposed), commentant un article o notre
collaborateur Cosmo appelait les Franais d'au-
jourd'hui petits-fils des rvolutionnaires de 92 ,
dit:
Ce doit tre un errata.
Nous supposons qu'on a voulu dire de 93.
Non, cher confrre, ce n st pas un erratuim,
on a voulu dire 92, anne de la proclamation de
la Rpublique Franaise.


D'une dpche officielle
Le colonel Martin, en six jours a battu six fois
l'ennemi.
Brave colonel Tartarin... pardon Martin. J'ai
pourtant connu un Turc qui tait aussi fort; seu-
lement, lui, c'tait sa femme qu'il battait tous les
jours. A cela prs...


Nous lisons dans La Justicia:
Le lieutenant-colonel d'invalides(!) D. Luis de
Figuerola Ferreti s'est offert pour Cuba comme vo-
lontaire.
Ah! mon Dieu; nous sommes en pleine cane-
bire.


Mais l'Espagne est riche en phnomnes de
cette nature: elle a dja Cuba l'alcoolique..., je
veux dire l'hroque gnral Lachambre, sur-
nomm l'invalide la gueule de bois.



Journe glorieuse pour l'arme espagnole 1
Dpche officielle de Weyler, du 31 mars:
.'La premiere division de Santiago de Cuba, en re-
-connaissance sur la cte de Guantanamo, causa
l'ennemi six morts, quatre blesss; prisonnire la
famille du gnral insurg Prez et 20 femmes et
enfants.
Enfonc, Le Cid !


Les lections espagnoles se rduisaient ceci :
les conseillers municipaux de Madrid, accuss
comme prvaricateurs, voulaient tre nomms
dputs pour se retrancher derrire l'immunit
parlementaire.
Le marquis de Cabriiiana, leur accusateur,
tait port candidate par'toute la press, l'aristo-
cratie et le people de Madrid'.
Vous devinez le rsultat... le marquis de Ca-
briliana a ehou.


Naturellement tous les voleurs sont nomms,
et le plus drle c'est que le marquis, qui a t
poursuivi pour diffamation, a de grandes chances
de devenir l'hte du Mazas de Madrid.
Quelle ide, aussi, que de vouloir faire de
l'honntet en Espagne!...




SLA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba
; .' *----
Le Jour :

Le nouveau vote de la Chambre amricaine recon-
naissant, par 244 voix contre 27, aux insurgs cu-
bains les droits de belligrants, va sans doute prci-
piter les vnements dans l'ile antilienne.

Si, mal arms, difficilement approvisionns de ma-
triel; avant affaire des forces quadruples et trs


braves, les insurgs cubains ont, depuis un an, pu
non seulement se maintenir mais communiquer l'im-
pulsion rvolutionnaire toutes les provinces de
i'le, depuis Santiago de Cuba, l'extrmit est, jus-
qu' Pinar del Rio, l'extrmit ouest, il est vident
que, dsormais, pouvant librement recruter du
monde, s'approvisionner et contractor des emprunts
aux Etats-Unis, ils vont prendre sur leurs adversaires
une supriorit decisive.

Le (iand Journal :
,. . . .. . . .. . . . .. . . . . . . ..
Il serait puril de contester, quelle que soit, du
reste, la suite donne ce vote par le gouvernement
de Washington, qu'il aura pour l'insurrection cu-
baine une grande porte morale. De toute les ven-
tualits facheuses qui pourraient menacer les Espa-
gnols dans la lutte acharne qu'ils soutiennent pour
conserve leur magnifique colonie des Antilles, celle-
ci tait certainement la plus grave.


La Renre Diplomatique :


L'insurrection avait commence par la demand
de diverse rformes don't la ncessit s'imposait.
Leur principal grief tait que la mre-patrie traitait
Cuba sans autre preoccupation que d'en tirer profit
pour l'Espagne exclusivement.
En effet, aucun home n dans l'ile, qu'il soit de
race blanche ou de sang ml, n'a la moindre chance
d'obtenir le plus petit emploi official. Tous les posters
sont rservs aux immigrs d'Espagne; et le seul
but de ceux-ci a toujours t de tirer le meilleur pro-
fit possible de leurs positions officielles, en vue de
retourner en Espagne fortune faite.
Une administration base sur des principles aussi
pourris doit ncessairement tre corrompue, et si la
moiti seulemeit de ce qu'on raconte de la mthode
gouvernementale espagnole Cuba est vrai, l'admi-
nistration turque en Asie-Mineure ne serait pas elle-
mme empreinte de plus de vnalit et d'injustices.
..* .. .. . . .*".


PROCDES CIVILISATEURS DE L'ESPAGNE














( Tel _Ne WHO PtralsE



__ ___'-"a sn aALL REPORTS OF
--A^BAR OUS AND
VIUNEC ESSARY CRULLT
THEn M NER OF,















(TheNework Journal)
-TRADUCTION DU PLACARD


















The New York Journal).de Cuba sont absolument fausses. D de


La Pairie :


La situation devient gave pour l'Espagne; la d-
cision du Parlement amricain reconnaissant aux
insurgs cubains la quality de belligrants va.sans
doute faire entrer le conflict dans une phase nou-
velle.


L'Autorit :


De tristes informations nous arrivent, par les
voies anglaises, de la situation actuelle de l'le.
Non seulement la .rcolte de tabac est compro-
mise, mais l'industrie sucrire est aussi la veille de
sa ruine.
Les planteurs avaient commenc, cette anne, la
fabrication du sucre : ils ont t obligs de l'aban-
donner.
.Par suite, les travailleurs se trouvent dans la plus
grande misre et rejoignent les insurgs par cen-
taines, n'ayant rien manger et avant peu d'espoir
d'en trouver en restant tranquilles.
Dans maintes contres, les bands rebelles ont
emport tout ce qu'il y avait de vivres, ne laissant
aux habitants d'autre resource pour subsister que
de prendre les- armes contre le gouvernement.


L'Estafette :


Le gnral Weyler avait promise de purger com-
pltement, avant la fin du mois de mars, les pro-
vinces occidentales des bandes d'insurgs qui d-
vastent les rcoltes des planteurs rests fidles la
cause espagnole. Or, non seulement il n'a pas rem-
pli sa promesse, mais les insurgs parcourent plus
librement que jamais ces provinces, et les nombreux
combats qui se livrent autour de la Havane dmon-
trent que le prsomptueux commandant espagnol
n'a mme pas russi rtablir la scurit dans les
environs immdiats de la capital. Le systme de la
repression outrance est aussi impuissant que le
systme des demi-mnagements de Martinez Campos
arrter le dveloppement continue de la rvolu-
tion.

L'Echo de Paris:


L'Espagne aurait pu obtenir la paix par de sages
rformes faites temps; mais il y a la gloriole des
armes et la chevalerie qui ne s'accommodent point de
ces arrangements pratiques autant que raisonnables.
La chevalerie aujourd'hui? cet anachronisme et cet
atavisme! Un peu d'quit et de libert ferait bien
mieux l'affaire du monde et de l'Espagne.


Revue du Monde Catholique:

Or, le gnral Weyler ne parat gure plus heu-
reux; les insurgs tiennent les trois quarts de l'ile,

faisant ainsi un talage audacieux de leurs forces
toujours croissants et de leurs resources en quel-
que sorte inpuisables.


Le Petil Parisi'n :

Le gnral Weyler n'essaie mme que trs molle-
ment de dissimuler les difficults de la repression.
Tantt il announce sa dmission pour une date rap-
proche; tantt il demand deux ans pour mener
bonne fin l'ceuvre qu'on lui a confie. Jamais, lors
de la dernire guerre, les Espagnols n'avaient affich
un tel dcouragement.


Le Moustique:

Dans une interview, le gnral Weyler a dclar
qu'il comptait terminer compltement la repression
de l'insurrection cubaine en deux annes.
On sait que cet excellent gnral est en train d'es-
sayer, par ses froides atrocits, de terroriser Cuba et
de faire oublier les horribles cruauts nagure com-
mises dans les Flandres par le duc d'Albe.
Pauvre Cuba, s'il lui faut subir deux ans de ce.
rgime barbare !

Le Petit Republicain, Nmes :

Juste au mme moment, la Chambre des repr-
sentants des Etats-Unis votait une norme majo-
jorit la resolution, adopte dj par le Snat, con-
cernant la reconnaissance comme belligrants des
insurgs cubains.
Pauvre Espagne, cela va mal pour elle! Aprs
avoir perdu successivement ses superbes colonies.
d'Amrique, o d'ailleurs elle avait install un pou-
vantable rgime de fer, de sang, de feu et de goupil-
lon mls, c'est--dire le Mexique, le Prou, Guate-
mala, Saint-Domingue, le Paraguay, I'Uruguay, etc.,
etc., et maintenant qu'il ne lui reste plus que Cuba
et Porto-Rico, voici qu'elle est trs probablement
la veille de perdre Cuba, en attendant Porto-Rico.

Il faut bien dire que l'Espagne n'avait rien fait
pour se faire aimer Cuba. Son autorit y tait dure,
tracassire, souvent impitoyable et cruelle. C'est.
l'inquisition farouche qui avait pass la mer. Les
liberts politiques y taient nu)les, et cette autre
fille ane de l'Eglise continuait y faire rgner
l'esclavage. Il ne fut supprim qu'en 1878, la fin
de la rvolte des dix ans, et encore l'y est-il bien !
... ............... ... .. ..............,. .... .



AVIS

On trouve La Rpublique nubaine,
Paris, dans les kiosques suivants :
M"o Shneider, l'angle du faubourg Montmartre et du
boulevard.
Kiosque 46, en face le passage Jouffroy.
35, l'angle de la rue Le Pelletier et du
boulevard,
32, en face le Caf Riche.
18, l'angle du boulevard et de la rue du
Helder.
31, en face le Caf de la Paix.
S 246, en face le Grand Htel.
S 213, Id.
12, en face les magasins du Old England.
10, en face le Grand Caf.
1, place de la Madeleine, Station des Om-
nibus Passy-IB-ourse.
S 5, l'angle du boulevard et de la rue des
Capucines.
S 8, en face l'Olympia.
25, on face le Crdit Lyonnais.
en face la Gare Saint-Lazare (cour des
lines de banlieue).
37, en facele Caf Cardinal.
41, en face le Bec Auer, entire les rues Riche-
lieu et Vivienne.
290, l'encoignure de la place de l'Opra et du
boulevard des Capucines.
134, rue Royale, en face le restaurant Larue.
S 140, avenue des Champs-Elyses, entire la rue
de Chaillot et l'avenue de l'Alma.
S 141, avenue des Champs-Elyses, en face de la
rue du Bel-Respiro.
en face les Magasins du Printemps.
prs'la station de la Muetlte-Taithout, bou'-
levard Haussmann et rue Taitbout.
place de la Bourse, vis--vis le bureau de
post.
-- faubourg Poissonnire, Conservatoire.
place du Palais-Royal, angle de la rue de
Rivoli, en face loebureau des omnibus.
l'encoignure de la rue de la Botie et du
faubourg Saint-Honor.
place Saint-Augustin, arrt des tramways
Muette-Taibout.
215, avenue Wagram et rue Troyon.
place de l'Etoile et avenue Mac-Mahon.
22, l'angle de la rue du Helder et du boule-
vard, en face la machine Yost.
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