Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: April 2, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00011
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
'r & PARIS-rA-in l 86PAYABLE D'AVANCE:
O2, Rue Baudin 1re Anne PARIS 2 Avril 1896 [ No I Une anne .. ........................ .fr.
: IUn semestre............................. 15 r.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: Er..~A.TaEOCL. Un trimestre ........................... 50a
TELPIroIsrE A L'TRANGER
t nsR.tAarenuPIT TOUTS LES JEUDT IS Une anne...................................... 3 fi.
Le n cr e o t a r s .Un semestre ....................................... 50
Les nmanuscrits ne so) pas rendus 'UN NUMRO ....... 0 fr. 50


CUBAINS


"Constitution de la Rpublique de Cuba
Anrr. 19. Tous les Cubains sont obligs de
servir'la Rvolution de leur personnel ou de leurs
biens, suivant leurs aptitudes.

Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York, rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tranger,
qu'ils doivent tous, absolument tous, continue
aider rgulirement de leur argent la Dlgation,
pour l'envoi des armes et des munitions desti-
nes leurs frres, qui luttent et qui versent leur
sang pour la patrie sur les champs de bataille.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chateaudun.

---------A -8--------

HROS ET BANDITS

Les bandits, c'est nous. Weyler l'a dit dans ses
dcrets sanguinaires qui peuvent se rsumer en
*deux articles :
Art. ler. Tous les bandits seront fusills.
Art..2. Tous les Cubains sont des bandits.
Extermination! C'est le mot d'ordre, et les offi-
-ciers l'excutent ponctuellement :
C'est horrible, dit une lettre de la Iavane,
que les assassinate de Guatao, Punta Brava, Ja-
ruco, Casiguas, etc. Enfants, femmes, vieil-
lards, tous. y passaient. Personne n'chappait
a ce troupeau de hynes espagnoles affames de
sang.
( Ils ont bien su fuir.pourtant, ces hros, devant
les machtros d'Aguirr fondant sur eux dans
les planes dela plantation Morals, o le colonel
'ejerizo laissa,115 soldats et 8 officers tus tous
i l'arme blanche et portant, pour la plupart, des
blessures honteuses au dos, entire les paules.
L'action dura trois heures et lorsque les fugitifs
.arrivrent aux environs de Banoa, ils assassi-
nrent un vieillard, Carlos Valds, et une jeune
multresse qui allaitait son enfant.
Ah! il fautvoir les Cubains se battre l'arme
blanche! Lorsqu'aprs la premiere dcharge l'on
crie : iAu machete! ce ne sont pas seulement les
soldats, presque tous des enfants, qui plissent
-et tremblent; les officers eux-memes, en voyant
ces solides cavaliers se ruer sur eux, dans une
course effrne, comme des escadrons de cen-
taures, percent le sang-froid et fuient la dban-
dade. Ils vont rassasier plus loin leur fureur sur
-de malheureux campagnards inoffensifs.
Et les hros, c'est eux.
Le gnral G6mez prpare pour la champagne
-d't de justes reprsailles. La revolution en est
arrive un point tel qu'il n, restera pas un seul
Cubain et la-race s'teindra, ou bien l'Espagne
sortira pour jamais de notre fle. Sur les ruines


de tant de plantations s'dlvera ensuite la Rpu-
blique triomphante.
Votre cousin X... a t fusill hier au Morro
avec cinq autres. Ces excutions se font silen-
cieusement dans la cour du chateau. Il est d-
fendu d'en parler dans les journaux, et si ta fa-
mille d'un de ces malheureux le pleure, la police
aux aguets pntre dans les maisons, menace,
insulte et accable les parents des grossirets les
plus obscnes.
Et les bandits, c'est nous.

Ce que chantent les journalists espagnols
comme de grande victoires, c'est l'incendie des
campements et des hpitaux avec les maladies,
forfait recent don't on fait honneur au gnral
Lachambre; la destruction d'un village entier
par le canon, due au contre-amiral Navarro; la
ruine de 300 plantations de patates, de 2 grandes
cafires, de 200 maisons, de 300 chaumires,
sans computer les chevaux tus et 2,000 ttes de
btail vol, le tout attribu au colonel Segura
sous les ordres du gnral Pando. Il faut dire
que cette nouvelle mrite confirmation et qu'elle
semble donne comme contre-poids au dbar-
quement de Enrique Collazo, de Calixto Garcia
et de cinq autres expeditions bien approvi-
sionnes.
Il est certain que ces hros qui se disent civi-
liss, pendant que les rpublicains leur renvoient
les prisonniers et soignent leurs blesss, brlent
dans leurs hamacs les insurgs malades et se
permettent toutes sortes d'horreurs sous le com-
mandement de cette espce de Quasimodo en
costume de gnral prussien Weyler.
Et c'est.nous, les bandits.
E.A.

--------i3.r-------

ENCORE UN FRANAIS TU
par les Espagnols

Le 29 fvrier dernier, un combat eut lieu entire
les troupes espagnoles, sous les ordres du com-
mandant Afiino, et des forces cubaines comman-
des par le gnral de brigade Bandera dans la
plantation Olayita appartenant un Franais,
M. Bertharte. Les troupes espagnoles furent un
moment cernes, prouvant de grades pertes
la suite des terrible charges de la cavalerie cu-
baine, et ne durent leur salut qu' l'arrive
d'importants renforts.
Furieux de cet chec, les Espagnols se veng-
rent, suivant leur coutume, en assassinant plu-
sieurs habitants pacifiques parmi lesquels plu-
sieurs travailleurs et l'administrateur de la plan-
tation, notre compatriote Mi. Bernard Duarle.
Quelques journaux espagnols essayent de
faire croire que ce Franais fut tue par hasard ;
mais il ne peut y avoir de doute cet gard, car
notre malheureux compatriote fut frapp au mo-
ment o il hissait le pavilion franais come
signe de neutralit.
Il y a plus encore, l'offense notre nation a
t plus grave car, un officer espagnol arracha
le drapeau et l'emporta Santo-Domingo.
Si nos compatriotes et notre gouvernement
veulent contrler l'exactitude de ces faits, la
chose est facile; mme Paris: il suflit de lire
les dtails publis par le journal espagnol, La
Discusidn de la Havane, la date du 6 mars
1896.
Ddi aux Franais qui ont des sympathies
pour la patrie de Weyler.


*t:


COMMENT SE BATTENTLES CUBAINS

(Aveux d'un Espagnol)


Les personnel peu instruites au, sujet de Cuba
et de ses nombreuses rvoltes centre la tyrannie
espagnole, ajoutent foi toutes les calomnies
qui circulent sur les patriots cubains. Une de ces
calomnies consiste dire que les Cubains vitent
toute rencontre, se contentant d'incendier et de
piller, et prennent la fuite ds lai premiere appa-
rition des troupes rgulires. C'est ainsi que tout
rcemment Le Figaro a accueilli' et public cette
assertion d'un publiciste espagnol, M. Valera:
que .tout l'hrosme des Caubains consiste
incendier et piller.
Nous ne daignerons pas entrer en polmique
avec un homme ayant d'aussi dplorables ant-
cdents que M. Valera, ni insisted sur le ridicule
d'une affirmation tendant faire passer pour des
lches ceux qui, manquant de tout, se battent
parce qu'ils le veulent bien, et pour des hros
ceux qui, avec toutes les resources d'une arme.
rgulire, se battent parce qu'ils y sont forcs.
Dans un article du Heraldo, don't le titre:
Le Mauser et le machete , en dit assez long-
sur le courage des Cubains, M. Reparaz, un des:
publicistes espagnols les plus comptents en ma-
tire militaire, raconte certain pisodes de lai
dernire insurrection, pisodes qui sont de l'his-
toire:
La charge que support notreinfanterie aux portes
.de Baire, dit M. Reparaz, lui inspira quelque terreur
parce qu'il y eut des blessures, de vingt cenitimtres
de long, et certain fusils coups d'un seul coup de
machete. De nouvelles ventures du- machete, beau-
coup plus heureuses encore, confirmrent et aug-
mentrent ce sentiment. Le 7 mai 1873, les rebelles
passrent au machete la colonne du colonel Abril,
qui succomba avec presque tous les siens au Cocal
del Olimpo; le 26 septembre, ils anantirent si bien
celle du .lieutenant-colonel Diguez, que cinq
hommes peine survcurent sur les 400 qui la com-
posaient; le 2 dcembre, les insurgs passrent au
machete la colonne du lieutenant-colonel Vilchez,
qui laissa sur le, terrain 507 morts, y corrpris les
chefs, ne laissant saufs qu'environ 60 hommes avec
M. Martitegui, qui restrent pourtant au pouvoir de
l'ennemi.
M. Reparaz explique ces victoires de l'arme
blanche sur l'arme feu, par ce fait que : l'en-
nemi avait ses troupes trs aguerries, presque
nues et mdiocrement armes, mais qui combat-
taient depuis plusieurs annes et taient trs ha-
bilues h vivre dans les bois. Que pensez-vous
de ces lches qui, presque nuts et mndiocrement
arms, anantissent des colonnes entires dans
des luttes corps-h-corps?
Les cavaliers cubains, continue M. Reparaz, taient
cavaliers ds l'enfance, et l'on peut presque dire
qu'ils vivaient cheval, tandis que le cavalier espa-
gnol, ds qu'il perd les triers, perd la tte.
Poursuivant le rcit des dsastres prouvs
par les Espagnols pendant l'insurrection de 1868-
1878, dsastres qui, cette poque, furent, sui-
vant une ternelle et immuable habitude, annon-
cs comme des victoires. M. Reparaz arrive
l'action de Palo Seco (Puerto-Principe) :
Les forces vaincues comprenaient le bataillon de
Balmaseda, qui comptait un peu plus de 400
hommes, et i5o guerrilleros. Ceux-ci marchaient
devant le bataillon, deux par deux, on allait par un
sentier de montagne. A l'avant-garde apparut un
group de 40 50 cavahers sur lesquels les guerril-
leros firent feu jusqu' ce que, les voyant'fuir, ils
les chargrent discretion. L'infanterie s'engagea
derrire eux au pas gymnastique, pour ne pas rester
trop en arrire et pour donner son appui la cava-


lerie au cas o elle en aurait eu besoin ou pour re-
cevoir elle-mme le sien. Ils arrivrent ainsi un
terrain dcouvert oto-le.gros de la cavalerie ennemie
embusque peu de distance charge notre avant-
garde disperse, la.refoulant reculons jusqu' notre
infanterie qui, trs fatigue par sa course, arrivait en
Sdsordre. Il n'y eut pas de combat; les gterrilleros,
jen. se mlant aux fantassins, achevrent de les d-
ranger, et l'ennemi, jouant du machete tout son
aise, dtruisit presque toute la colonne.
Le combat de La Sacra est dcrit comme une
rptition de celui de Palo Seco :
En un instant, les Espagnols perdirent cent
hommes; Potrero Naranjo, trois cents; Las
Gusimas, Mximo Gomez, n'prouvant que des
pertes insignifiantes, tua, aux Espagnols, .plus de
six cents hommes.
Mais, aprs chacun de ces dsastres, le gou-
v ernement espagnol chanta victoire; il y eut de-
l'avancement et des decorations pour les survi-
vants, des banquets La Havane, des Te Deum!"
Ainsi nous expliquons-nous ce qui se passe.
actuellement. Ds le commencement.dela guerre,.
le gouvernement Espagnol et les journaux sa
solde, en Espagne et l'tranger, nous ont mon-
t la scie de la victoire quotidienne. Les insurgsr
vont de l'extrmit orientale l'extrmit occi-
dentale de l'ile, rencontrant plusieurs fois les
Espagnols qui tentent de leur barrer le passage !
A chaque rencontre, ceux-ci se disent vainqueurs,
mais les insurgs passent quand mme. Aprs
Peralejo, que l'on donne come la plus belle
victoire de Martinez Campos, il y eut des ban,
quets, des distributions de croix et de l'avance-
ment. Mais les insurgs avancent toujours; se-
cond choc Mal Tiempo, second distribution
de rcompenses qui n'empche pas que les insur-
gs s'approchent de plus en plus de la capital.
Se faisant battre encore' h Coliseo d'une si, pi-
teuse faon qu ,Martinez Campos s'enfuit prci-
pitamment la hIavane, don't il organise la d-
fense. Puis, pour rcompenser plus complte-
ment cette srie de victoires, l'Espagne envoie 4
son grand marchal... sa destitution!
Telle est l'incommensurable, vanit des Espa-
gnols qu'ils en sont arrivs mentir incinsciem-
ment, par habitude et contre toute vraisem-
blance. Le plus souvent battus comee le prouve
leur vidente dcadence), ils se proclament tou-
jours vainqueurs. Ils savaient fort bien qu'ils
avaient t battus Peralejo, Mal Tiempo,
Coliseo, mais ils n'avaient pas cru. que ces d-
faites auraient eu des consequences aussi terri-
bles, et, lorsqu'ils virent G6mez et Maceo aux
portes de la Havane, leurs journatrx, les mnmes
qui avaient chant les louanges d'u marchal,
publirent les lettres re!ues .d'offeiers oprant
Cuba, o l'on disait textuellement : Le combat
de Mal Tiempo a ete un desastre pire que celui
de PeralIjo.
Nous voyons les Espagnols avouer maintenant
(mieux vaut tard que jamais) que leurs soi-disant
victoires de la guerre de dix ans ont t, en ra-
lit, de grands dsastres.
Attendons! Il seront forcs d'avouer un jour
que les batailles, les vraies batailles de la guerre
actuelle: Jorito. Perakejo. Sao del Indio, Cayo
Espino, Tagujasco, MAil Tiempo, Calimete, Co-
lisco, sans computer les dernires, dans le dpar-
tement occidental, ont td de sanglantes dfaites
pour les troupes espagnoles.
Mais, cette fois, leurs aveux tarderont moins,
car ils se verront bientt dans la ncessit d'ex-
pliquer l'abandon de lile de Cuba.
Effgmnot.


*


AUX






LA REPUBLIQUE CUI,NE


2 AVRIL 1896.


,CUBA CONTRE ESPAGNE

(Suite)
III t
Le gnraI Leyde, qui la scurit h 'plui- com-
:plte a, t.. i -ar anrtii; p4ar.e clieFtf psanii- mnmar -
.dant lisubi sil-oi. rlidaaL. Mlar;. Un mnis,
,ipr_ c:.._ i .C-.. L -\.4 ,n di p';.:age Nipe. I luit rn'.it.e
d rner par l ',],iri .rilld n]i, d. 1 ,c.an:r,rn ere a .i' i.
-.-J yte Vidal, ;an'.r mnirinct. s e rendit au nda.ir,
iima. il n'en rey.nt pasi. -- Les, trois n'iatcl,. qui,
l'aiiconimpa.iiicn diags le canp.tse Iicreni sur lui et,
-aprs l'avoir trangl, lancrent son cadavre la
mer. Le gnral espagnol Polavieja fut l'inspirateur
de ce lche attentat.
Francisco Leyde Vidal, cousin d'Arcadio, chappa
miraculeusement une mort semblable.
Les. fins mystrieuses, d'anciens insurgs, ont t
frquentes dans 'ile .
C'est la suite.d'un. fait. de cette nature:qu'clata
le soulvement des Tunas.de Bayamo en 1879.
Si la scurit individuelle des Cubains, pendantla
dernire priode soi-disant.brillante, a continue
dpendre dindividus- trangers au pays par leur
naissance et par leurs ides, croit-on par hasard que
notre honneur. et notre fortune se soient trouvs
mieux garantis? Notre administration judiciaire
est-elle seulement tolrable ?- la simple ide d'un
litige pouvantetout Cubain honnte. Personne ne
croit la probit et l'impartialit des juges.
Malgr les terms thoriques et formels de la
Constitution, la dtention preventive indfinie est
d'un usage constant. Les resources et les finas-
series de la procedure permettent aux magistrats de
rduire ou d'amplifier, une affaire, suivant leur bon
plaisir.
Ils savent bien qu'en gardant de bons rapports
avec le gouvernement, leur responsabilit se trouve
entirement couvert. Ils se considrent d'ail-
leurs comme des instruments politiques et ne s'en
cachent pas.
Les presidents et les procureurs d'audience reoi-
vent le mot- d'ordre la capitainerie gnrale.
A deux reprises diffrentes, les gouverneurs de
SCuba ont viol la Constitution, en instituant pour la
press un tribunal d'exception.
Il arriva parfois qu'un juge intgre et impartial se
vit. charge d'une affaire o les intrts de personna-
litsinfluentes. vinrent .se trouver en.jeu. Le juge
intgre fut immdiatement remplac par un juge
particulirement conciliant.
Dans un pays o -l'on gaspille l'argent sans comp-
ter, pour entretenir la bureaucratic civil et militaire,
le budget de l'administration de justice, n'atteint pas
2.500.000 fr. Par contre, la vente du paper cons-
titue l'Etat une rente de 3.750.000 fr. Doit-on,
aprs cela, trouver tonnant que les rformes inten-
tes (tablissements d'audiences criminelles, institu-
tion de juges d'instruction,'et du jugement oral et
public), n'aient contribu amliorer en rien l'ad-
ministration judiciaire ?
On a impos, un personnel dj peu rtribu,
une surcharge 'de travail titre gratuit. Le gou-
vernement, si large lorsqu'il s'agit de dpenses, re-
garde un centime lorsqu'il s'agit d'une cause in-
tressante et utile.
Sans aucun pouvoir politique, exploit par le fisc
et les lacunes de son systme judiciaire, le Cubain
vit-il au moins dans un pays prospre au point de
vue matriel? Pas un homme ayant tudi les, rap-
'ports qui existent entire l'organisation fiscal d'une
nation et son rgime conomique, pourra supposed
un instant que Cuba, crase par des budgets insen-
ss et une dette norme, soit un pays riche.
Aux temps les plus prospres, la rente de l'ile n'a
jamais excd 400.000 fr. Le's charges' provin-
ciales, municipals et cells de l'Etat, en absorbaient
le 40 o/o et souvent beaucoup plus.
Ce chiffre en dit assez, par lui-mme et tout com-
mentaire serait superflu.
Contentons-nous de jeter un coup d'oeil sur l'tat
de l'agriculture, de l'industrie et de la proprit cu-
baines, au commencement de cette anne.
Malgr les prodiges raliss par l'initiative prive
pour dvelopper la culture de la canne sucre et
lever l'industrie sucrire au niveau qu'elle a atteint,
colons et cultivateurs se trouvaient la veille de la
ruine.
Le produit de la vente de leur rcolte n'aurait pas
suffi la rfection de leur tablissement et de leur
matriel.
II n'y avait dans l'ile aucune Socit de Crdit
agricole. Le propritaire tait forc de -recourir
aux usuriers et payait, pour le capital qu'il emprun-
tait, un intrt de 18 et 20 o/o.
On trouvait la Havane, il n'y a pas longtemps,
la Banque d'Espagne, la Banque du Commerce, le
Comptoir Industriel, les banques de Saint-Joseph,
de l'Alliance, des Assurances Maritimes et une
-Caisse d'pargne.
Enrique Jose' Varona,
Ex-dput aux Corts.
New-York, le 23 octobre 1895.
(A suivre.)


Nous.avons le grand regret d'annoncer la mort
de Monsieur Eiiu;?n,- .'ii ..iii,,. Et.ird-Cost, d-
cd lic.yen. 'le 29 mars. "
.L E:.ird-CIt,t1t;tI ii 1'- p.re de ngtre cher col-
Iab. i'al ur, adnlir i r i, t ri -grani.de La R u-
bliqUe Cubaine, M Georges Efard.
i Nqus en oyon'll'expressio la plus irniLr':- de
Snos -iil ,i'ints d. condl~ cii'l.ni la famille, de
r'lutiti re ii ;. .1 '


.------ro-i -------

LES DERNIRES EXPEDITIONS


Lqs Cubains viennent d'e reevoir d'irpportants
renforts en armes et en munitions. Outre les
expeditions des gnrapx Collazo et Calixto
Garcia, trois autres de moindre importance ont
russi dbarquer sur.les ctes.de Cuba.
Les: deux premires comptaient. beaucoup
; d'officiers distingus, et plus de 200 jeunes gens,
,appartenant aux principles families de la Ha-
vane.
Pour donner une ide de l'importance de ces
renforts, il suffit de dire que celle du gnral
Garcia, elle seule, portait, outre les canons,
1.200 fusils, 750.000 cartouches, machetes, revol-
vers, dynamite, mdicaments, vtements et
chaussures.
Legnral Enrique Collazo opre, dj avec
succs dansla province de Pinar del Rio.

'*-------- -*- ---------


LIESPAGNE LIBRE PAR CUBA


Si ceux qui croient fr'rnii:eMii.'nt que la Rvolu-
tion franaise n'a t que l'immense pousse, vers
un avenir de libert etide progrs.indfini, non
l'enlisement dans. des formes fixes et inflexibles,
qui croient, en un mot, aux volutions sans cesse
plus belles et. plus. hautes.de l'espce humaine,
se sentent vibrer d'enthousiasme au spectacle
pique de Cuba debutt jetaiA .son, cri de dfi et
de victoire la vieille monairchie espagnole, ce
n'est, certes pas par amour pour les gorge-
ments. S'ils protestent contre l'indiffrence, pis
que cela, la. complicit, avec laquelle certain r-
pu"blicains franais, arrivs et par cela mme,
hlas I conservateurs, assistant aux fusillades
ordonnes par lea Weyler, ce n'est point non
plus par haine de la nation espagnole et joie de
voir se sparer d'elle un people issu en grande
parties de la vieille race latine.
C'est parce qu'ils croient qu'il n'y a rien de
suprieur la libert et qu'il n'appartient per-
sonne, individu ou collectivit, de courber sous
son joug des tres conscients de leur droit l'in-
dpendance.
Bien plus, ils estiment, descendant des hau-
teurs de la philosophie pure sur le terrain des
ralisations pratiques, que si l'indpendance de
Cuba doit tre un bienfait pour cette le, actuel-
lement enserre dans mille liens, elle. ne sera pas
moins profitable l'Espagne mme.
Actuellement, quest la grande le antilienne?
une ferme exploite, et exploite outrance, par
une minority trs avide, mais minority en some.
Favoris de cour, capitaines-gnraux, fonction-
naires militaires et civils, plus une poigne
d'agioteurs et quelques grands industries cata-
lans sont les sangsues qui vivent sur Cub ; le
people espagnol lui-mme n'est pas invit la
cure : tout au plus, lui demande-t-on la vie de
ses fils pour maintenir l'ordre l-bas et lui fait-on
payer sous forme d'impts supplmentaires, des-
tins couvrir (?) les frais de la guerre, l'quiva-
lent de ce que les parasites soutirent aux mal-
heureux Cubains.
Ils sont pratiques, les amis de Romero Robledo:
ils font payer Cuba pour l'Espagne et k 'Es-
pagne pour Cuba !
On comprend que les administrateurs et sp-
culateurs de la rptropole aient intrt entre-
tenir cet tat de choses; ils trouvent plus com-
mode d'exploiter l-bas que de consacrer leurs
efforts la mise en valeur des richesses natu-
relles ou latentes que possde l'Espagne mme.
Mais que le people de la pninsule s'acharne la
conservation d'un pays qui ne lui cote que de
l'or et du sang, c'est ce qui n'a aucune logique.
L'histoire a ses lois fatales : un jour ou l'autre,
soit dans quelques mois, soit dans quelques an-
nes, Cuba sera libre.
Eh bien I nous pouvons, sans prtendre jouer


.;au prophte, entrevoir ce qui se passera alors en
E'pI rie.
'nl i les hautes sphres, consternation, rcri-
minations et dsordre complete.
Dans la masse impulsive, exaltation du, 1enti-
ment patriotique, etl Je l'orgueil national, irrita-.
tion profonde .aoir. Ilamonarchie, qui,:ayantiles
bnfices du pouvoir, en a aussi les respoqsabi-
lits.
Parmi les iii.lsl _li.l et commerants, de la.
Catalogne, .i. tui lleri.nt 'n possession du monq-
pole de l'importation Cuba, dsarroiet fail-
lites.
D .plus, agitation'des parties politiques d'oppo-
sitio, sans cesse aux aguets.
Si, avec tous ces facteurs combines, la monar-
chie alphonsiste ne croule pas, c'est dsesp-
rer de tout.
L'tablissement d,Ia Rpublique Cuba aura
donc.pour consequence immediate le rtablisse-
ment de la Rpublique en Espagne. Mais ce n'est
pas tout: le movement, par suite des secousses
conomiques qui le dtermineront ou l'accompa-
gneront, aura une allure telle, qu'une sipi,ple
substitution du personnel au pouvoir, sans tou-
cher aux institutions et sans raliser des trans-
formations sociales vraiment. effective, serait
impossible.
Cuba libre fera crouler, la monarchie en Es-
pagne, et ce n'est pas Emilio. Castelar qui en
prendra la succession.
Cosnmo.

-------, ^l---~--

CUBA AUX CUBAINS


Voici l'entrefilet que, sous ce titre, public no-
'tre confrre Le Midi Rpublicain, de Toulouse,
Bn pregnant la defense des Cubains contre les
attaques parues dans L'Impartial, de la mme
ville, dans un article qui n'est qu'un tissue d'in-
exactitudes, rvlant l'ignorance la plus com-
plte des affaires de Cuba, du pays, des moeurs,
des causes de la guerre et de son tat actuel.

La rvolte des Cubains rclamant leur indpen-
dance a fourni notre confrre toulousain, L'Im-
partial du Midi, l'occasion de nous montrer une
fois encore que l'esprit de bon aloi permet de soute-
nir les plus tranges paradoxes.
Dans un article fort document, Jean de Numidie
protest contre l'insurrection et manifeste ses plus
vives sympathies pour l'Espagne don't il souhaite le
final succs.
Si l'Espagne catholique et monarchique s'tait un
peu dbarbouille de ses vieilles traditions de l'In-
quisition, son rle de protectrice.des Cubains pour-
rait tre examin de plus prs par la Rpublique
Franaise; mais quand le sabre papalin continue
d'tre l'unique agent de civilisation des colonies
espagnoles, on ne peut qu'applaudir a movement
d'un people qui veut devenir le maitre de ses des-
tines.
Malgr tout le sel de l'article de L'Impartial du
AMidi, le cri des puissances mancipes d'Europe et
d'Amrique sera toujours le mme: Cuba aux Cu-
bains et vive la Libert !
G. Ducliamp.

-------A ~~ da-;-----

SIMPLE RAPPROCHEMENT

La Patrie du 26 mars dernier publiait l'ar-
ticle suivant :
La Rpublique au Canada
...................... ............... ..........
Le gouvernement du Canada ne reprsente ni les
droits ni les intrts du people canadien. Il est la
proie d'une oligarchie avide o des politicians beso-
gneux et corrompus donnent la main aux spcula-
teurs, aux usuriers d'Angleterre.
L'impt nous crase et nous dvore. Le travail de
nos bras, la vaillance de nos efforts, l'nergie de nos
mes ne servent qu' alimenter la rapacit de ces
vautours.
Chaque anne, le Canada paye l'Angleterre un
tribute de trente millions de dollars. Tel est l'intrt
de l'usure prlev sur les gains, sur les salaires, sur
les resources du people!
C'est la honte et c'est l'esclavage. Nous ne som-
mes pas les matres de nos destines. On nous ex-
ploite, on nous opprime.
Le Parlement d'Ottawa, les assembles provin-
ciales don't nous dsignons les. membres par voie
d'lections, n'ont que des pouvoirs drisoires. La
Constitution qui a consacr notre vasselage subor-
donne nos volonts, soumet nos resolutions aux
decisions des Chambres anglaises.
L'Angleterre s'est ainsi rserv la facult exploi-
tante d'empcher les amliorations, les progrs, les
rformes qui sont ncessaires .aux dveloppements
de notre dmocratie.
Bien plus! On s'apprtepar une violation des
pactes diplomatiques, nous attirer dans une pr-


tendue Fdration impriale qui fera pesersur
nous de plus lourdes chaines.
Car l'une des premires obligations de ce contract'
lonin sera de nous entraner i la.p.:.I.qufir,.dtfenrii\ !
et.--.eliei de la Grande-Bretagr.,L.
'C'est par la Rpublique fi.:c.. ..i.-'iip r.ilqi.].i e'
"fraternelle que le Canaqa deviend-ra une' fatior. ii '.
reuse et libre.
Nous appelons nous *..:- u .. ci....,.-, t..us ccu'
qgi n'ont pas de ceurs d'esclaves. En 'alfrirnc-i;-
sant d, joug d'une oligarchie; c.rr:.mpu., n ,-.r.:-
rpnt le gouvernement du.Canada par le lanada lui-
mme, dutpeuple par le people, de.la :iti- p-r la
patrie. -
Cet aipll;~i-, parat-il, n'est pas un.' menace
vaine. .,i j ne pouvo.ns que faire ides oeux
pour ~Ig,rRnssite du project des patlrioles cana-
diens. Les descendants de Montcalm et de Jean
Cartier auront nos sympathies chaque fois qu'ils
tenteront de secouer le joug infme de l'kagle-
terre et de refaire du Canada le pays indpen-
dant et libre qu'il et toujours d rester.
Le sympathique rdacteur en chef de La Pa-
trie pourrait-il nous dire pourquoi ce qui, selon
lui, est bon et lgal.quand il s'agit du Canada et
de l'Angleterre, devient-il mal et illegal quand
c'est Cuba et l'Espagne qui sont en jeu?
Nous dira-t-il aussi pourguoi,: lu q i s'est fait
le redresseur dc tuus 1,; lIorls. l'aip fr.' la jus-
tice, du droit, delIi liul el ti de l'lubti rii,. a-t-
il, tout rcemrMs nJ encore, comme.~ppine cam-
.pagne pour que laFrance et -.:.r,.-:Fp.L,. vien-
nent en aide iIi -,''uernemen espaggnl.
Nous ne ri ipll-Ir.:i i li. qe ppurE.n,moire les
publications de al.,rJiranmne.et les articles ten-
dancieux reproduits .par ce, jiuniiiul, at la plupart
des journaux parisiens. Mais, ce parti pris, cette
partialit, deviennent plus graves quand il s'agit
d'un journal comme celui qui nous occupy et
d'un homme comme son rdacteur en chef, en-
nemi dclar de tous les abus de pouvoir, poli-
tiques, financiers et autres, et d'un patriotism'e
intransigeant.
En agissant ainsi, M. Millevoye se ment,. lui
mme et son pass.
Si les Canadiens ont des raisons de se plaindre
de l'Angleterre, les Cubains, il. nous semble, ont
des motifs autrement srieux, autrement graves,
pour chercher secouer le joug de l'Espagne.
Ceci, Millevoye le sait come nous, et c'est ce
qui fait que son honorabilit et son dsint-
ressement ne pouvant tre mis en doute nous
ne pouvons arriver comprendre pourquoi il a
ainsi embot le pas auxjournaux don't nous par-
lons plus haut.
Le patriole Millevoye a-t-il donc oubli qu'a-
prs 1870, l'Espagne, pas plus qu'une autre na-
tion ne nous a tendu la main, qu'elle ne s'est
adresse nous que quand elle a eu besoin de
notre or, que le pre du roi actuel nous infligea,
son retour de Strasbourg, o il venait d'tre
nomm colonel de uhlans, un soufflet que le
temps n'a pas effac. Oublie-t-il aussi que c'est
avec notre or que l'Espagne, ne jugeant pas nos
Lebel suffisants, paie ses Maiser l'Allemagne.
Si l'Espagne ne peut se tirer d'affaire toute
seule, il nous semble qu'elle a une allie toute
indique : l'Allemagne, d'o elle tire ses armes
et ses munitions.
Pourquoi ne fait-elle pas appel sa gnro-
sit ... C'est que peut-tre les banquiers de Ber-
lin, de llambourg et de Francfort ne s'en sou-
cient gure, sachant ce que vaut la signature du
gouvernement espagnol. Et c'est un home
comme Millevoye, qui, aprs l'effroyable catas-
tropihe de Panama, vient engager l'pargne fran-
aise se prcipiter tte baisse au-devant d'un
nouveau krack don't les consequences seront bien
autrement dsastreuses..
Millevoye n'y a pas song, nous en sommes
sr, et, il nous suffira de lui signaler le fait pour
lui ouvrir les yeux sur le rle dangereux qu'on
se plat B lui fire jouer.

----------=--*

SUBTILITE


On .lit dans Le Tem ps du 2-1 mars dernier, aux
informations financires :
On nous tlgraphie de Madrid :
Un communique official announce que le ministre
des colonies a russi placer 5o,ooo billets hypoth-
caires de Cuba 1890, qui produiront environ 18 mil-
lions de picettes en quatre versements, en avril,
mai, juin, etc...
Comment trouvez-vous ce a russi?
Le srieux de toutes les informations de notre
grand confrre nous empche, de penser que
l'auteur de cet article a voulu dire quelque chose
de plus que ce qu'il a dit.,
Quand, le Gouvernement. espagnol.parle des
insurgs cubains, il dit: MIaceo et G6mez (deux


_ i
;i" .. .:






2 AvAIL 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


flibustiers, et le mot est.bon retenir) ont russi
franchir nos lines, ou h s'emparer de tel ou
tel village, c'est donc un acte de flibusterie, une
surprise, une chose que le droit des gens con-
damne, n'eSt-ce pas? A moins que le correspon-
dant financier du Temps n'ait voulu dire que, vu
'tat actuel des finances espagnoles, le ministry
des colonies n'ait accompli 'un rel tour de force
en russissant placer ces 50,000 billets hypo-
thcaires.
Quoi qu'il en soit, c'est une nouvelle escroquerie
digne de n'importe quel cambrioleur qui russit,
lui aussi, la faveur de la nuit ou d'autres cir-
constances, crocheter les coffre-forts.

--------^,------

L'ESPAGNE AU PILORI

Pour donner une ide des horreurs que com-
mettent actuellement Cuba Weyler et ses sous-
ordres, nous publions le rapport (approximatif
-seulement) des assssinats commis dernirement.
L'on verra si les nations civilises n'ont pas le
droit d'intervenir au nom. des plus lmentaires
principles d'humanit.
A El Guatao : ,.
Francisco. Sosa, Asturien, commerant mari;
Pascal Chavez, de Gutao, laboureur, mari et pre
. _de 4 enfants; Pedro Ajnador, laboureur, mari et
pre de 4 enfants; Jos Rodriguez, laboureur, ma-
ri; Francisco Hernandez, laboureur, mari, 5 en-
'*fants; Antonio Gonzales, des Canaries;'Pablo Polo,
Africain, laboureur; Florencio Quijano, de Guatao;
Arcadio Castillo, de Punta Brava, laboureur, 2 en-
fants; Juan Reyes, des Canaries, conducteur d'une
voiture de lait; Enrique Fernandez, de PuntaBrava;
Asuncidn Ortega, de El Caimito. Plusieurs de ces
victims avaient reu jusqu' des coups de machete,
aprs avoir t fusilles.
Assassinats commis par le 'ineral Prats,
Guamacaro :
Francisco Santana, g de 70 ans, connu sous le
surnom de te Saint, cause de sa vie exemplaire;
Manuel Diaz; Francisco Diaz; Jos de la Paz; un
noir inconnu; le mtis Germino Linares; Jos
Nieve.
Par le menme, El Aguacate :
20 Cubains.
Par ordre.de l'alcade corregidor, El Re-
'reo : ,
L'enfant Francisco Ballesteros, g de i3 ans.
Par le gnral Suare: Valdes, San Cris-
tobal:
16 Cubains.
Par le gnral Cornell et le colonel JIolin-a,
Jaruco :
87 Cubains, parmi les'quels des vieillards, des en-
fants et des femmes.
Par le lieutenant de la Garde civile Pla y
Flaquer, Bainoa :
Le ngre Carlos Valds et 3 autres Cubains.
Par les colonels Galbis et Aldecoa, Quivi-
can :
Jos Rodriguez et Jos Capote, trouvs attachs


coude coude; 2 Galiciens, dt Antonio Gonzales, de
70 ans.
Par le colonel Aldeco'a, Sa anilla :
6 Cubains.
Par le gne'ral Garcia Navarro et le colonel
.'"'- 'c Calimee :'
Alfred Hernandez, citoyen amricain; le pharma-
cien et 13 autres Cubains. -
TOTAL : 191 PERSONNEL .ASSASSINES.

Nous lisons dans L'Intransigeant :
Le gnral d'abattoir Weyler continue le course de
ses glorieux exploits.
A Guatao, nous-crit-on, d'pouvantables atrocits
ont t commises par fes troupes du gouvernemerit.
Les femmes qui s:jtaient genoux, suppliant les
soldats d'pargner leurs maris, pacifiques campa-
gnards, taient -assbommes coups de crosse; les
hommes, cachs s'dios les lits, taient fusills, les
malades achevs sur- leur couche, puis les cadavres
entasss, arross deptrole et brls.
Une autre lettre, qui nous parvient de la Havane,
donne ces dtails incroyables et qui ne sont malheu-
reusement que trop vrais :
On ne s'expliquait pas comment on pouvait
faire entrer la Cabaia tant de prisonniers (des
suspects expdis soit de las Villas par Pando, soit
de Matanzas et de -Pinar del Rio). Un pcheur a
donn le mot de l'nigme.
Dans la nuit, on. trangle les prisonniers, puis on
jette les cadavres dans des canots qui les portent
loin du rivage et ils sont jets la mer.
Ces tragiques .disparitions s'accomplissent plus
silencieusement que les fusillades. On'a,. cependant,
fini par en avoir connaissance Washington, o le
Snat vient de fltrir avec vhmence les, atrocits
commises par Weyler et ses sous-ordres.
Cette conduite de Weyler, ou plutt de l'Espa-
gne (car Weyler n'est que le docile instrument
de la politique espagnole), cette coniduite, disons-
nous, explique cette dpche que nous lisons
dans le Nei- York Ii rald :
Un propritaire amricain nous informed, de Santa-
Clara, que la censure de la press n'a t suspendue
qu'en parole. Les dpches amricaines sont portes
du bureau de tlgraphe au palais, o elles sont rdi-
ges avant d'tre envoyes.'Les correspondents ne
peuvent mme savoir quelles sont les mutilations
infliges leurs dpches.
Voil pourquoi Weyler a: le cynisme de dire
qu'il n'a fusill personne.depuis son arrive
Cuba. Voil pourquoi aussi, nous continuous
recevoir des rcits de victoires espagnoles.
C'est gal, quels gnraux quels soldats !
quelle nation Il nous tarde de voir enfin Cuba
chapper ces misrables.



GUERRILLAS

D'aprs le New-York Iferald, M. Ca.novas d-
ment l'information d'aprs laquelle le Gouverne-
ment serait mcontent de la tactique employee
par le gnral Weyler et songerait le rappeler.
Dj! C'est come a que les choses ont com-


menc pour Martinez Campos, car, en Espagne.
les dmentis sont le commencement de la vrit..


Certain obscur plumitif d'Outre-Pyrnes, au.
sujet de l'incident du drapeau cubain au Petit
Parisien, dit que le public s'cria, en parlant dui
group espagnol : Voil la, note vraie!
Cela prouve, illustre plumitif, que le public
parisien connat les instincts de votre people.
S'approprier brutalement le bien d'autrui, c'est,
en effet, pour des Espagnols,.la note vraie.


Dj un de vos confrres avait qualifi lem.me
vol 'actle patriotique...
Dcidment, nous ne dirons jamais de vous.
autant de mal que vous en dites vous-mmes.


Un article de El Pais, de'Madrid, m'a procur
quelques joyeux moments. Oyez plutt :
Nous avons tout perdu : influence en Europe,
possessions, prestige, richesses....
Vous oubliez une chose, sans-doute parce qu'il
y a trs, trs longtemps : la pudeur.


Notre gouvernement, continue Don Quichotte-
Jrmie, n'a pas encore reu la moindre satisfac-
tion....
C'est vrai; mais, en revanche, il en a donn.


Maintenant nous allons recevoir le INRI solennel
pos sur le front de l'Espagne.
Et, sur le ct oppose au front, Jsus-Weyler?


On n'ous traited dj (!) come un pays mineur
qui a besoin de tutelle...
Ou, plutt, come un pays gteux et dcrpit.


Nous ne sommes rien, nous n'avons rien.....
Voil, au moins, de la franchise....
..... et nous ne voulons presque rien.....
On vous donnera tout de mme quelque chose..


L'article (finis corona opuis se termine par....
le mot de Cambronne.
En Espagne, tout finit dans.... cela.


Puis l'auteur ajoute, pour les lecteurs qui ne
comprendraient pas le franais :
L'Espagne meurt, mais ne se rend pas.
Tant mieux, on sera plus tranquille aprs.


El Imparcial :
Les families de Batabano. fidles l'Espagne,.erai-
gnant une nouvelle attaque des insurgs, se sont
rfugies dans des canots qui seraient dfendus par
une canonnire.


C'est la premiere fois- qu'une bataille fait aug-
menter la population !,,.', 'te.


Du Herald:
On a dnonc Grenade un facteur qui exigeait
cinquante ic.rni;.: de toutes les personnel qui rece-
vaient des lettres d Cuba.
Ce facteur est dou d'aptitudes extraordinaire
pour entrer dans l'administration espagnole; le
gouvernement ne peut. manquer de l'envoyer
Cuba.

i------)-*<-----
OPINIONS IMPARTIALES

.. -: New-York, 12 mars 1896.
Ioonsieur ,' lI.iri,-i:r de La Rpublique
Cubaine.
Paris.
'Monsieur,
J'ai l'honneur de demander l'hospitalit de
vos colon'nes pour protester centre l'ignorance
don't font preuve quelques journaux de Paris sur
la questionn Cubaine; ils feraient bien d'avoir,
coinmie les journaux d'ici ont en France, des cor-
respondants en Amrique, le public franais y
g giierait.
'J'affirme qu'il est trs fcheux de voir la press
fi'in'aise toujours si mal renseigne sur la poli-
tique trangre de ce ct de l'Atlantique; de l
'cs Vreuses spculations et emprunts don't le pu-
blic franais est la victim, Panama, Emprunts
Espagnols, etc.
L't' dernier je fus.en France pour affaires, et
quel: ne fuit pas mon tonnement de voir les jour-
naux de 'l-bas ne donner comme nouvelles de
l'insurrection de Cuba que des clichs de Madrid,
Sde quatre, lignes, annonant invariablement vic-
toires espagnoles, cer qui n'empchait pas l'Es-
pagne d'envoyer renforts sur renforts, et d'une
arme de 50,000 hommes en former une aujour-
d'hui de 125,000 et, en dpitde cette force, avoir
les troupes cubaines autour de la Havane, ren-
dant toutes communications trs difficiles et
coupant presque les vivres. la capital, malgr
le gnie militaire du gnral allemand WVeyler.
Les journaux franais n'ont pas l'air de savoir
que Cuba a les mmes raisons de rvolte centre
l'Espagne que les Etats-Unis avaient, le sicle
dernier, contre l'Angleterre. En aidant Cuba, ce
pays ne fait qu'imiter ce que la France a fait du
temps de Lafayette; c'est une guerre d'un pays
riche oppress par une monarchie catholique et.
bigotte, et c'est insens de voir des journaux, r-
publicains franais, dans leur ignorance, soute--
tenir cette dernire.
Il y a une anne que cette guerre dure, le S-
nat et le Congrs amricains ont fait preuve-
d'une patience toute anglo-saxonne, en dpit de,
l'opinion publique pour laquelle une monarchic
est toujours odieuse. Depuis un an les Etats-
Unis dpensent des sommes normes pour main-
tenir la neutralit prescrite par les lois interna-


FEUILLETON
de La BRepublique Cubaine 2




CINQ SEMAINES

PARMI LES INSURGES CUBAINS


(De la Contemporarg Review.)


(Suile)

Tout ce que l'on dit sur la march victorieuse
des Espagnols est faux et ne mrite aucune con-
fiance. 11 est vrai qu'actuellement l'Espagne fait
tout ce qu'elle peut; elle achte des navires pour
bloquer les ctes, et, cependant, des armes etdes
munitions sont continuellement dbarques sans
qu'elle ait saisi aucun flibustier ; des troupes ar-
rivent d'Espagne, mais la situation ne change en
rien. 'A la fin d'octobre, les Espagnols taient
partout sur la defensive ; ils tenaient les villes,
quelques positions sur la cte, et les chemins de
fer qui, gnralement, pntrent peu dans l'int-
rieur de l'ile: le reste du pays est < Cuba Libre
et se trouve entire les mains des insurgs. Les
F-.'l.,il s'aventurent l'intrieur rarement,
jamais avec une force infrieure 2.000 ou 3.000
hommes; et, dans ce cas, la dsorganisation de
leur service de renseignements et l'hostilit du
pays sont tels qu'il leur est impossible de tenir
la champagne au del de quelques jours.
Presque tous les Cubains ont des sympathies
pour l'insurrection ; rien n'est plus contraire la
vrit'que de croire que ceux-l seuls favorisent
la revolution qui n'ont rien perdre. Riche ou
pauvre, ignorant ou instruit, tout infant n


Cuba, mme de parents espagnols, est ennemi de
l'Espagne.
De mme, le plus grand nombre de colons.
Amricains et Anglais, propritaires de planta-
tions, exploiteurs des mines, sont les amis des
insurgs et leur veulent du bien.
Les Espagnols le savent. Dans la valle de
Santiago, tout le monde est suspect, et il y a
partout des espions; pour un Amricain, un mot
imprudent, c'est le bannissement ; pour un Cu-
bain, la transportation; les nouvelles du martin
consistent dans les arrestations opres pendant
la nuit, et chaque navire quittant Cuba emporte
une foule de suspects avertis par quelques amis.
Je me souviens d'un jour o je causais avec le
fils d'un Espagnol fort riche : il ne tarissait pas
sur la grandeur de l'Espagne et la justice de sa
cause; tout coup, il est interrompu par la nou-
velle qu'un navire espagnol, avec tout son qui-
dage, venait d'tre coup par une bombe lance
par les insurgs. Le jeune homme, oubliant qu'il
parlait un tranger et surtout ce qu'il venait de
dire, se battit les flanes et manifest la plus
grande joie, indiscretion qu'il regretta immdia-
tement aprs.
Une autre fois, je suivais mon chemin par la
champagne lorsque je rencontrai un Amricain.
Les officers l'appelaient en de des lignes espa-
gnoles, qui nous entouraient'de toutes parts. Il
parla avec vhmence contre les insurgs, et
nous dplormes ensemble leurs procds, louant
la toute puissante Espagne. Ce ne fut que plus
tard que je dcouvris que, de prs et de loin,
dans Cuba libre, cet home tait tenu en trs
haute estime par les insurgs, qui il rendait
des services de toute nature.
Le 20 septembre, je dbarquai Santiago, base
des operations espagnoles dans l'extrmit orien-
tale de l'le. J'tais venu par mer de New-York,
avec l'intention de rejoindre d'une manire ou


d'une autre les forces insurges; quoique je
n'eusse pas la moindre ide de ce que je, devais
fire pour traverser les lignes espagnoles, ni de
l'endroit o je pourrais rencontrer les rebelles.
D)e--New-York j'apportais uie lettre pour un
Cubain sparatiste qui habitat Santiago, lequel
devait me fournir les moyens de m''chapper.
Cette pice tait le talisman auquel je me fiais,
cl, avec les plus grades precautions, je le portai
i board, et, en passant ~I la douane, te dissimulai
soigneusement dans ma botle. 3Mais, hlas! l'ami
qui elle tait adresse et qui m'tait si nces-
saire, cet ami avait eu le sort des autres sus-
pects : il avait t arret la nuit prcdente et
se trouvait en ce moment prisonnier sur un na-
vire qui tait sur le point de partir pour Ceuta,
le pnitencier espagnol en Afrique.
Santiago est l'ancienne capital de Cuba. La
ville est situe sur une pente, i la tte d'un ma-
gnifique port enclos entire des terres, et, tout au-,
tour, en amphithltre, se dessinent les mon-
tagnes et les forts, sjour charmant, mais fu-
neste aux soldats espagnols.
La fivre jaune svit partout, mais elle est
particulirement mortelle parmi les troupes es-
pagnoles. Combien succombent! On ne le sait
jamais, car les morts sont emports et enterrs
la nuit et, l'hpital, l'on fait une brche au'
mur qui spare du cimetire, afin que, tdu de-
hors, les soldats ne puissent voir les processions
nocturnes.
Les soldats espagnols se pavanent par les
rues dans leurs uniforms malpropres de toile
blanche, ..i'..- de leurs grands chapeaux de:
paille; ils sont ples et amaigris, car les mal-
heureux sont mal nourris et endurent toutes
sortes de privations; 'la plupart sont des garons
n'ayant pas vingt ans, non habitus au climate
et incapables de lutter contre lui.
Pendant plus d'une semaine, je restai San-


tiago, essayant d'arrter un plan pour traverser
les lignes et, chaque jour, measure que
j'chouais dans mes projects, les chances de suc-
cs me paraissaient de plus en plus petites. Le
prtexte le plus facile aurait t celui de visiter
l'une des plantations situes dans les environs,
au del des lignes; d'ailleurs, en dbarquant,
j'avais manifest un grand intrt pou la' canne
sucre, et je sollicitai du gouverneur un sauf-
conduit.
Ds le dbut, je devins suspect; toutes les
facilits me furent impitoyableinent refuses.
Plus je restais et plus on me souponnait; j'tais
suivi par une ombre qui surveillait ce que je fai-
sais et qui je parlais. Un Cubain fut averti par
un de ses amis qu'il ferait bien de ne pas se
montrer avec moi, et ceux qui auraient pu m'ai-
der commencrent me battre froid.
Partout, on ne causait que de la Rvolution.
D'heure en heure, des rumeurs circulaient et
grandissaient ; c'tait une histoire' incessant
d'escarmouches et de combats sanglants; toutes
les conjectures taient mises en avant, mais on
ne savait rien de certain, et il tait impossible
de savoir oi se trouvaient les forces insurges et
comment je pourrais me joindre elles.
Je n'avais devant moi que quelques semaines,
et mon temps se passait sans que je fisse rien;
chacun avait un plan pour s'arranger et, au
dernier moment, le trouvait impossible. L'esprit
de la ville, le mot qui tait dans la bouche do
tous tait: Demain ; aujourd'hui, on s'ten-
dait paresseusement dans une vrandah, fumant
de nombreux cigares, sachant que l'on n'avait
rien fait et que demain ce serait probablement la
miime chose.


(A suivre.)


Hubert Howard.


--* *mm


______~__~_ll___t~_~_sl__________~______


i~a~ieaaaRse~slF~mara~aam~iroasi___






LA REPUBLIQUE CUBAINE


2 AVRIL 1896


tionales, en faisant la police de quelques cen-
taines de lieues de ses ctes, depuis le Canada
jusqu'au Mexique. Trois expeditions de flibus-
tiers ont t arrtes, une il y a quelques
jours : le steamer Bermuda fut saisi par les auto-
rits, sous ,es rayons de.la statue de la'.Libert
(amnr' derision), avc 4 20Cubains, 10.000 fu -
sils et 4.500i) ,00 cartouches, dynamite, tc. Le
snateur-Frye a traduit l'opinion: gnrale en di-
sari, la semaine-dernire, en p.ldin Snat : Les
El. -is ns 'sfit fatigue's de' faire ;la .police en"
,faveur.de l'Etat le plus despotique et arrir,
et d'aider une vieille Monarchie use contre
une Rpublique naissante.
Il y a aussi une raison, et c'est'la principale,-
qui force les Etats-Unis prendre ces decisions
contre l'Espagne en faveur de Cuba. Les capi-
taux qui dveloppent Cuba sont en plus grande
parties amricains; pour chaque dollar engag
par ls Espagnols Cuba, il'y en a dix venant
des Etats-Unis. Les mines, chemins de fer, plan-
tations de cannes, sont en parties dans des mains
d'Amricains. La guerre.a ruin ces entreprises,
de grosses sommes, se chiffrant par millions de
francs,avances sur des rcoltes decannes,ont t
perdues; voil trois rcoltes perdues et tout le
sucre fait Cuba vient New-York. Pour un
dollar que l'Espagne envoie Cuba pour ses pro-
duits) les Etats-Unis en envoient cent. De plus,
l'Espagne taxe Cuba deux fois plus qu'elle ne
tax la pninsule; l'gard de Cuba, son rle le
plus important est celui de sangsue.
L'intrt de ce pays contre l'Espagne, en faveur
de l'indpendance de Cuba, est donc direct et par-
faitement justifi. Si des gens mal informs ont
prt l'Espagne pour touffer la Rpublique
de Cuba, c'est dommage pour eux, mais c'est le
risque que tout capitaliste court en plaant son
argent.
Ce que.l'Espagne a de mieux 'a faire c'est d'ac-
cepter la proposition faite par le Gouvernement
cubain . Washington, savoir : une indemnit de
500,,00,000 de francs (cinq cent millions) pour
la vente de Cuba aux Cubains, garantis par les
Etat-Unis. Si l'Espagne refuse/aids parce pays,
les Cubains front des Espagnols ce que Washing-
ton a fait des Anglais, et elle perdra Cuba sans
toucher un sou et avec quelques millions de
moins dans-son trsor d'argent emprunt. Voil
la situation telle qu'elle est.
Il y a bien aussi une_ autre question envisa-
ger, mais je n'en parle que parce qu'elle a t sou-
leve au Snat, je ne sais ce qu'il y a de vrai. Il
paratrait que le parti rpublicain, en Espagne,
ne verrait pas l'abandon de Cuba sans susciter
une-rvolution et que le Gouvernement espagnol
veut, imitant Napolon III en 1870, divertir l'op-
position et plutt perdre Cuba en combattant les
Etats-Unis qu'en combattant Cuba seule, ce qui
durerait un peu plus longtemps et ruinerait l'Es-
pagne un peu plus. Mais ces affaires d'Espagne
ne.sont pas de ma connaissance.
En rsum, je ne vois rien pour la press fran-
aise prendre ombrage dans cette dispute; si
c'est pour dfendre les intrts des capitalistes,
possesseurs de fonds espagnols, ils s'y prennent
bien mal en jetant de l'huile sur le feu.
Quant au commerce franais, il ne peut que
gagner a ce que Cuba devienne libre; il y aura
alors beauooup d'argent gagner, car c'est un
pays de resources immense, et ce que l'Espagne
perdra, d'autres le gagneront.
A. G. L.
Reprsentant de commerce franais New-York.

--------- **~: L---------

LA CHAMPAGNE A CUBA

Dernires operations
Du 24.
Deux colonnes espagnoles, commandes
l'une par le gnral Godoy et l'autre par le co-
lonel Halguin, ont eu une rencontre 15 kilo-
mtres de Santa Clara, en plein jour, se pregnant
rciproquement pour des forces cubaines. Le
combat dura trs longtemps, le rsultat fut le
suivant: morts, le lieutenant-colonel Navas, le
colonel Fuenmayor et 26 soldats; blesss, 5 offi-
ciers et 96 soldats don't 8 mortellement.
Cette erreur, la troisiine du mme genre com-
mise par les Espagnols, a caus une profonde
impression La Havane. .
Plusieurs colonnes cubaines de las Villas et
Matanzas ont pntr dans la province de La
Havane pour renforcer celles qui y oprent.
Une colonne de l'Arme Libratrice a atta-
qu la ville de Santa Clara sans russir s'en
emparer.
Des' forces cubaines ont attaqu Campo
Florido et ont pris San Antonio de las Vegas.
Il y a eu des rencontres San-Felipe, Qui-
vicin, la Cienaga et BacififP rao.


Le gnral espagnol Bernal a incendi plif-
sieurs maisons la Cinaga.
Du 25,
Un dtachement cubain est entr dans 'le'
village de Santa Ana et: est arriy aux grottes de
Bellamor, aux environs de la ville de Matanzas.
-- M. I}apelge,-correspondant du Mail et E.'-
press, a. t expuls de l'le et doit s'embarquer
remainn pour les Etats-Unis.
' Enfin est arriv la'Havane le train de
blesss espagnols qui ta:it'arrt, la voie tant.
ocupe mtilitairement: par, les forces trpubli-
caines -. .
Les deux prisonniers, Jos, Aguita' et Juan
Perez Dresde, sont entrs en chapelle (1) pour
tre fusills demain.
Du 26.
Ont t fusills par les Espagnols les pri-
sonniers de guerre Aguita et Perez.
Il y a eu des rencontres a Giiira, Matanzas
(aux portes de la ville); Siguanea, Mercedes
(Villas); Majaguabo et Baracoa (Cuba), et dans
les plantations Cantairia et San-Joaquin (Ma-
tanzas).
Ont t pris d'assaut par les Cubains : La
Catalina, Hoyo Colorado et le village de Jaiinani-
tas, petite plage ct de Marianao, tout prs de
la capital.
Une expedition cubaine a dbarque avec
armes et munitions dans le port de la Mulata
(cte N. de Pinar del Rio).
Des dpches espagnoles, h la date du 25,
confirment que la fivrejaune a fait 12 victims a
bord du vaisseaude guerre Conde de Venadito.
(Nous avions annonc cette nouvelle la late
du 11.)
Du 27.
Des combats ont eu lieu aux environs des
villes La Havane et Matanzas, et dans les pro-
prits Encrucijada et'Paz (Colon); ainsi que
dans l province de: Pinar dl Rio.
'- Chaque jbur'arrivnt la Havarn'eun grand'
nombre de prisonniers ligotts. Rien' qu'aujottr-
d'hui 78 sont arrivst amens: de las Villas, et
qui.seront jugs trs. sommairement. Ils: seront
certainement fusills. Ces malheureux, qu'on
voudrait fair passer pour des prisonniers de
guerre,sont en ralit d'inoffensifs paysans.
Du 28.
-Le lieutenant-colonel espagnol Amay,, le
commandant.Sanjurjo et le capitaine Villamando
sont morts a Las Villas... .
Les forces rpublicaines ont attaqu la gar-
nison espagnole de la plantation Pirol (Pinar
del Rio).
Des rencontres ont eu lieu Savana et Li-
monrir, ainsi qi' Punta' Brava et 'Sn Miguel del
Padrn, prs de laIlavane.
--GRANDE VICTOIRE DES TROUPES CUBAINES. Les
forces du gnral Maceo ont attaqu hier et pris
d'assaut la ville de PtNAR DEL Rio, capital de la
province de ce nom, et la plus importance le la i
partiese occidentale de l'le. Les Cubains, grce
leurs canons H1tchkiss et Gatling, et ceux
qu'ils pnt pris aux Espagnols, se sont galement
empars de la citadelle (2).
Les Espagnols, s'attendant cette attaque,
avaient concentr 7 colonnes (plus de 8,000
hommes) proximity de la ville.
Le gnral Pando doit s'embarquer aprs
demain pour l'Espagne.

,,-----..*.--------~11

LA PRESS FRANAISE
Et la Guerre de Cuba

Le Jour :
.. -............ .. . ". . ,. . ". . . .
Presque routes les autres Rpubliques de l'Am-
rique latine se montrent favorables la cause spa-
ratiste, et au Venezuela, o sont tablis de nombreux
Cubains, quelques-uns trs influents par leur situa-
tion de fortune, les marques de sympathie ont pris
un caractre effectif. Dj mme, une proposition
reconnaissant aux.insurgs la quality de belligrants
a t dpose, Caracas, sur le bureau de la Cham-
bre; mais l'impression dominant est qu'il convient,
avant de se prononcer, de voir ce que front les
Etats-Unis et de tenir une conduite analogue.
Malgr ses tlgrammes victorieux et son impla-
cable svrit, le gnral YVe~ 1er ie'peut, pas plus
que son prdcesseur Martinez Campos, touffer la
revolution qui, depuis treize mois dj, dispute

(1) Les Espagnols ont l'habituile do mettre les condami-
daimns i mort dans une chapelle tendue de noir, dans
laquelle on ilvc un petit autel. C(es condamns, soit
pour' dlits politiques soit pour dilits d d sont forcs, pendant toute une journc. d'entendre des
messes funbres et les exhortations acharnes de prtres
obstines i leur fire gagner le cirl..- N. dre la R.
('2) La ville le Pina rdel Rio a t fonde en 1l71. Sa po-
pulation est de 1,"0(1 hlabitanits. Elle se trouve place sur
une lvation, au sud de la Sierra de lus Organos. Sa dis-
tance de Santiago de tnCuba est lde 1.800 kilom.: de Puerlo-
Principe : '35 kiloimitres : de Sanla eClara : 53;5 kilom,:
de lMalanizas : 284 kilohimtres: de la Havane : 180 kilom..
et2 kil. du port de la Coloma. d'oi s'exporte son tabac
si renoimm. --V. de la R.


'l'arme espagnole la perle des Antilles . En ra-
lit, les'r-oupes de G6mez et de Maceo battent l'ile
peu' prs librement, paraissant, disparaissant pour
revenir et trompant toutes les poursuites.

Aussi la fin de la domination 'espagnole Cuba
apparait-elle tous prochaine.
_: ' ,
L'Epoque: .
. . . . ..- I . . ... . . . ... . . . . .
On ne parle tous les jours que des petites rencon-,
trs sans importance ;-mais la vrit est, malgr les
dpches officielles, .que l'nne'mi s'e promne o il
veut, on ne sait jamais o il se trouve, et que per-
sonne ne croit un mot de ce que disent les jour-
naux; on n'a plus de confiance dans Weyler et on
prvoit des rsultats dsastreux.
Les companies de chemins de fer sont toutes
ruines. Argtlelles, le banquier, a t oblig d'avan-
cer la Compagnie des chemins de fer runis i mil-
lion 25o,ooo francs pour payer ses frais, celle de
Jucaro, la Banque espagnole a prt une pareille
some ; mais, si a continue, on ne pourra rien fire
de plus.
Naturellement, les actions de toutes ces Compa-
gnies sont presque toutes tombes et les prix presque
nominaux.
Le tableau suivant vous renseignera sur la baisse
de ces actions pendant l'anne dernire:
Valeur Valeur
Companies i"janvier 95 actuelle
Fusion ......... 490' '18o
Jcaro........... 55o 295
Sagua ........... 53o 190
Caibarin......... 490 285
Cienfiegos,....... 400 ii5
et ainsi sur toutes les autres.

Le Grand Journal:
*' "............ '....'. '. ''. .... ........ ....
A Cuba, les soldats espagnols persistent s'entre-
tuer, ce qui simplifie beaucoup la besogne des in-
surgs. Curieuse faon de comprendre la guerre
civil! Les Cubains rvolts, s'ils ne mettent pas
rapidement bas les armes, vont se trouver devoir des
milliards, car la planche aux assignats fonctionne'
Madrid avec une rapidit vertigineuse. Chaque fois
qu'on a besoin d'argent, on fabriqtie des obligations
cubaines.
D'ici la liquidation, sans doute, la Chambre
aura rsolu la. question, de .l'impt sur le revenue, et
nous assisterons des motivements quelconques de
haut ou de bas. S'il ne se produit rien de nouveau,
on devrait bien former la Bourse pendant le mois
d'avril, car le march devient d'une monotonie d-
sesprante.

Le Progres de la Meuse, Verdun:
...:...................... .............
Les proclamations sanguinaires du gnral Weyler
n'ont pas eu plus de succs que les tentatives de
conciliations prconises par le marchal Campos.
La guerre en est toujours au mme poirt; au lieu
de reculer, les chefs cubains s sont rapprochs de
la Havane, et, grce -un systme d'attaques impr-
vues et de reculades opportunes, il ne semble pas
qu'ils soient prts rendre les armes.
Leurs succs ne sont pas pour dplaire aux Fran-
ais. Les Etats-Unis sont de leur ct plutt disposs
les soutenir qu' les laisser craser. Cette rencontre
de deux grands Etats dmocratiques dans une gale
sympathie pour les insurgs de Cuba n'a rien d'a-
normal et rpond la logique des choses.
Comme les Etats-Unis, la Fiance souhaite vive-
ment le triomphe des insurgs; toute autre attitude
serait non seulement blmable, mais aussi quelque
peu illogique; il serait trange que la RcPubique des
Etats-Unis refust son concours,,au moins' moral,
des hommes combattant enface d'elle pour la mme
cause que ses grands gnraux ont service; d'autre
part, la France, terre .du droit et de la libert, ne
saurait sans honte appeler le succs de l'Espagne.
Un people qui combat pour son indpendance, et
qui dfend sa libert contre un autre people enva-
hisseur, est toujours digne de sympathie. C'est ce
titre que l'ile de Cuba nous intresse. La libert, que
nous proclamons chose sacre sur le sol europen,
ne perd rien de ce caractre pour tre transporte
sur un autre sol que celui de la vieille Europe; elle '
est Cuba une aspiration aussi noble et 'aussi lgi-
time qu'en France, et les insurgs de ce pays ont
pour eux la justice.

Or, ls Espagnols n'ont trtou\ leur arme dans
les affaires cubaines d'autre motif que celui de d-
fendre leurs intrts; les Cubains ont trouv un
motif de resistance qui vaut mieux que toutes les
raisons des Espagnols; ils demandent l'Espagne
de quel droit elle leur fait payer .de lords impts, et
ils lui disent que si leur ile produit des cannes
sucre, ils n'ont pas besoin des Espagnols pour les
vendre pas plus qu'ils n'ont eu besoin d'eux pour
les planter. Il est permis de trouver que les Cubains
n'ont rien dit jusque l que de trs sens. Et quand,
pour rsister l'Espagne, qui veut leur imposer la
thorie du plus fort, ils prennent les armes, dtrui-
sent les plantations, brlent les villages ou sur-
prennent les garnisons, les Cubains mritent, non-


seulement la sympathie des peuples civiliss, mais
leur piti et leur admiration, parce que, s'ils dfen-
dent leurs intrts, ils dfendent aussi et surtout la
cause universelle de la Libert. Le Snat des Etats-
Unis leur a reconnu le titre de belligrants; il n'y a
pas de dshonneur l'approuver et il faut souhaiter
avec lui que: les efforts gnreux des Cubains abou-
tissent une indpendance qu'ils auront chrement
paye.
Car l'indpendance qu'ils rclament, ils y ont
droit un double titre. Ils la mritent, par la lgi-
timit de toute aspiration libertaire pour les.peuples,
et par l'hroque tnacit don't ils ont fait -preuve.


Le Courier, Bone:

Et toute fatale conclusion pour le royaume d'Es-
pagne ne saurait tonner personnel. Les insurgs ne
manquent pas de sympathies parmi les rpublicains
si agits, si nombreux, toujours prts un coup de
main, de la mtropole; et la rpublique Cuba
pourrait bien provoquer la rpublique Madrid.


------- ^.s-------

LA PRESS ETRANGRE
Et la Guerre de Cuba..

La Semaine Littraire, Suisse:

Certes, on comprend que les Espagnols tiennent
garder cette terre que Velasquez leur conquit au
commencement du xvi' sicle. Plus que ses beauts
naturelles, ils apprcient les revenues d' Cuba, ses plan-
tations de cannes sucre, son tabac sans rival, ses
cafiers, ses forts o abondent les essences pr-
cieuses. Le trsor 'royal savait jadis en faire jaillir
pour lui des Pactole. Les capitaines-gnraux, gou-
verneurs et administrateurs de tous ordres n'ont pas
perdu l'art d'y remplir leurs nobles poches. Qu'un
grand d'Espagne ait dissip son patrimoine, vite on
le pourvoit d'un emploi aux Antilles. En peu de
temps, il a redor, son blason dpoli.: Depuis trois
sicles, le procd est infaillible, et maintenant que
la monarchie se donne des apparences constitution-
nelles et oscille entire deux parties suivant les caprices
du souverain; il y a deux clientles au moins, l'une
conservatrice et l'autre librale, qui attendent le lait
bni de cette intarissable nourrice.
.... .1. .................. . ..............
En reprenant les dpches du gouvernement. espa-
gnol, je constate en effet que le chef cubain Maximo
G6mez a t tu trois fois et Maceo tous les huit
jours. Ces details invraisemblables me mettent en
dfiance pour les autres renseignements lancs en
Europe par les mmes tlgraphieurs officieux.
.. ... ., . . . .. ... . .. ... ..... .. ... ... ..
De la situation militaire nous ne savons donc rien,
si ce n'est que les insurgs, confins d'abord dans
l'extrmit ouest de l'ile, guerroyent maintenant
jusque dans-la province de Pinar del Rio, son ex-
trmit est. Cela ne cadre gure avec les prtendus
succs des troupes royals. Le tlgraphe avait, pen-
dant quelques semaines, adopt une formule ex-
quise : Les ennemis, disait-il, se sont enfuis a tra-
vers' nos lignes. A force de s'enfuir travers les
lignes espagnoles, les Cubains taient arrivs aux
portes de la Havane.
Nous savons galement que la .Rpublique Cu-
baine s'est donn un gouvernement prsid par Sal-
vador Cisneros, marquis de Santa-Lucia, qui est as-
sist d'un conseil des ministres complete. Nous sa-
vons que toutes les classes sociales sont reprsentes
parmi les sparatistes. On trouve dans leurs rangs
Enrique-J. Varona, philosophy connu dans toute
l'Amrique latine, le critique Manuel Sanguily,
F. Chacn, hritier du comte de Bayona et de Cal-
dron, des professeurs d'Universit, des propritaires,
des commerants, des avocats, des renters, des inz-
dustriels. Plusieurs des chefs sont ns en Espagne.
Quelques-uns.sont des Amricains et des trangers.
L'un qui parat avoir t rellement tu, car il l'a t
une seule fois, Marti, tait un Bernois du Seeland.
D'autres, enfin, comme le fameux Maceo, sont des
ngres. Mais il est faux que le movement soit une
guerre de race. Noirs, blancs et mtis cubains sont
d'accord pour excrer le joug espagnol.



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Notre premier numro n'ayant paru
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L'administrateur-grant : G. ETARD.

TROYES. Imprimerie G. ARBOUIN, rue Thiers, 126.


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