Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00005
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 20, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00005
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text





















Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
0, Rue Baudin A O PAYABLE D'AVANCE:
0, ue Baudn Ire Anne PARIS 20 F vrier 1896 N 5 ue anne........................................ r.
Un fenhestre ............................ 15 j.
ADRESSE TLGRAPHIQUE: RALAX'3~ U3 Ui trimest.re ................ ........... 7 50
TEL"-P E-OIwE A L'TRANGER
PAR.AIT TOUS LES JEUDIS Une anne .................................. 35fr.
Les manuscripts ne sont pas rendus jn semestre................................ 1 50
Les mnuscrts nesont as reditsUN NUMInd ....... 0 fr. 50


LA TERREUR A CUBA

Le New-York Herald a reu de Santiago de
-Cuba la dpche suivante :
Le gnral Pando est arriv dans cette ville hier,
venant de Gibara et de Baracoa.
Plusieurs circulaires manuscrites ont t distri-
-bues par la ville, lesquelles dnoncent au gnral
Pando un grand nombre de personnel importantes
de la ville come enemies du gouveqnement espa-'
gnol.
Dans ces lettres, on demandait au gnral d'em-
ployer des moyens expditifs contre les personnel
dnonces et d'extermniner tous les Cubains.
Par suite de ces dnohciations, quelques-unes des
personnel vises furent arrtes; d'autres, qui au-
raient appris que leurs noms figuraient sur la liste,
se sont jointes aux insurgs.

Dcidment, Weyler, Pando et tutti quanti
sont des prcieux auxiliaires pour G(emez et
Maceo; on ne saurait mieux servir la cause cu-
haine.



LA SITUATION
(OPINIONS IMPARTIALES)

A Cuba, la situation de l'Espagne est
toute extrmit. L'insurrection actuelle com-
mena en fvrier 1895, et, pendant douze
mois, l'Espagne a fait tous ses efforts pour en
venir bout : elle a dpens dix millions de
lives sterling et a mis 150,000 homes en
champagne sous les ordres du plus capable de
-ses gnraux, le marchal Martinez Cam-
pos. Pendant ces dix mois, les nouvelles,
qui sont toutes de source espagnole, ont
toujours racont la mme histoire : le suc-
cs des armes espagnoles et la prochaine
soumission de 'ile. Maintenant, pour la
premiere fois, l'Espagne a reconnu sa d-
faite en rappelant Martinez Campos, et le
gnral lui-mme en convient. Je ne nie-
rai pas, a-t-il dit en quittant Cuba, que j'ai
peu russi dans ma champagne, considrant
que lorsque je dbarquai la Havane l'in-
surrection tait limite une parties du d-
partement oriental, et que, maintenant, elle
s'tend sur l'le entire. Martinez Campos
fut envoy Cuba, au dbut de l'insurrec-
tion, come Gouverneur Gnral de lile et
commandant en chef des forces espagnoles;
il tait la fois home politique et soldat,
,t il a chou d'une faon come del'autre.
Tout d'abord, la seule chance de l'Es-
pagne tait de frapper vigoureusement et
utilement les rebelles, au moyen de quelque
plan d'oprations dfini et nergique, avant
que l'insurrection n'et gagn du terrain.
Martinez Campos n'a pas vu qu'il n'avait
devant lui d'autre alternative que l'indpen-
dance de l'le ou le succs complete des
armes espagnoles sur les champs de ba-
taille.


Toute l'histoire de la domination espa-
gnole Cuba est celle d'un despotisme ef-
frn, et il est dmontr que toutes les pro-
messes de rformes qu'elle a pu faire n'ont
aucune valeur. Cuba tait autrefois la plus
fidle des colonies espagnoles; mais elle a
t tellement pousse bout que tout Ciu-
bain, riche ou pauvre, est de fait ou de
ceur ennemi de l'Espagne. Martinez Cam-
pos tait dsireux de gagner sa cause les
Cubains les plus modrs au moyen de
promesses de rformes, mais la seule pro-
position qui aurait pu servir utilement ses
projects et t la promesse d'une autonomie
franche et entire, promesse qui aurait d
tre ralise dans les premiers mois de la
guerre; mais il n'a pu ou voulu aller jusque
l, et la rapide propagation de l'insurrec-
tion fit chouer sa politique de temporisa-
tion.
Comme gnral, Martinez Campos ne s'est
pas montr la hauteur de Maximo G6-
mez, le gnralissime des insurgs. Son
but, en pregnant le commandement, tait de
confiner le soulvement dans l'extrmit
orientale de l'ile; mais ses lines furent
enfonces et traverses en divers points, et
l'insurrection, ds lors, put s'tendre verss
l'ouest aussi rapidement que l'approvision-
nement en armes et l'organisation des forces
le permirent. Ainsi, la face d'une arme
rgulire plus de quatre fois suprieure en
nombre, les insurgs ont russi arrter
dans l'ile le travail industrial qui, au point
de vue financier, tait pour l'Espagne de la
plus haute importance, et arriver dans le
voisinage de la capital, quelques lieues
de la Havane.
Le nombre de ces homes qui ont t
capable de manoeuvrer ainsi et de tenir la
champagne contre l'arme espagnole, atteint
seulement l'heure actuelle 35,000 homes
arms du long coutelas du pays et d'un fu-
sil, ils n'ont ni artillerie, ni arsenaux, ni
administration militaire, et avec des muni-
tions insuffisantes qu'ils ne peuvent renou-
veler que grce, au dbarquement des ex-
pditions qui ont russi tromper la sur-
veillance des vaisseaux espagnols.
Il y a des Cubains de toutes les classes,
et des homes riches et distingus com-
battent cte cte avec leurs anciens es-
claves, tous anims d'un commun ressenti-
ment contre l'Espagne.
C'est contre ces hommes que luttent les
forces rgulires espagnoles, bien discipli-
nes, et armes du fusil rptition. Les
Espagnols ont de l'artillerie, ils commu-
niquent librement avec le reste du monde,
don't ils peuvent tirer des munitions et des
renforts suivant leur bon plaisir; et cepen-
dant ils n'ont pu porter le moindre coup
l'insurrection victorieuse; leurs operations
ont dmontr une inactivit mortelle et
l'absence de tout plan combin : leur succs,
dans ces conditions, a t impossible.
Pendant l'anne entire, les forces espa-
gnoles sont restes parpilles le long de la
cte et dans les villes, oprant au hasard,
sans but, et contre un ennemi instruit de
tous leurs movements et libre de com-


battre ou non suivant sa convenance.
D'ailleurs, les Espagnols ont subi une
guerre d'observation, le climate et la fivre
jaune ont tu leurs soldats en plus grand
nombre que n'auraient pu le faire les in-
surgs en bataille. Ces derniers se sont bat-
tus souvent et, frquemment, avec succs;
mais leur tactique est d'harceler constam-
ment l'ennemi et d'viter la perte des
hommes et des munitions dans des engage-
ments inutiles pour eux. L'arme rvolu-
tionnaire se maintient en champagne sans
rien coter et peut continue ainsi encore
trs longtemps, tandis que l'Espagne d-
pense, pour son arme, un million de livres
sterling par mois et, de jour en jour, elle
est moins capable de supporter pareil far-
deaU.
C'est dans le but d'puiser les ressour-
ces de l'Espagne que les insurgs ont emp-
ch la rcolte du sucre et brl les planta-
tions. Le dernier effort de Martinez Campos
fut sa tentative d'empcher l'invasion des
provinces occidentales de Cuba, et, cepen-
dant, malgr des escarmouches constantes
o les Espagnols sont demeurs gnrale-
ment matres du champ de bataille, les in-
surgs n'ont cess d'avancer et finalement
menacent la capital.
En envoyant le gnral Weyler pour rem-
placer Martinez Campos, l'Espagne joue sa
dernire carte. Le nom de ce gnral est
suffisamment connu par les atrocits qu'il
commit dans la dernire guerre de 1868-
1878. Pendant la lutte actuelle, Martinez
Campos, malgr une vive opposition, a d-
clar avec insistence que les Espagnols
doivent fire la guerre comme une nation
civilise. Je vous pre'viens, tlgraphiait-
il quelques jours avant son rappel, que je
ne changerai pas de politique ; je fusille les
chefs pris en armes, et j'envoie aux fers
les autres prisonniers : les insurls me
rendent mes prisonniers et soignent mes
blesss. J'ai donn l'ordre de fusiller sur-
le-champ tous les brigands et les incen-
diaires. Je ne puis ni ne veux aller plus
loin. Aux yeux de l'Espagne, cette politi-
que qui consiste, en some, fusiller tous
les prisonniers, a t critique et juge trop
indulgente; on a mme vu en elle la cause
de l'insuccs de la champagne.
C''"I pourquoi, une fois de plus, le r-
gime de la Terreur va tre inaugur par le
gnral Weyler. Le rsultat probable des
excs espagnols sera que les insurgs use-
ront de reprsailles et que les Etats-Unis
vont se hter de reconnaltre aux Cubains
les droits de belligrants.
Ifuberl Iocu'atrd.
(Tie Satnurday Reeietr,)
--MI 7* ---

LA PICE COMMENCE

Weyler tient ce qu'il promettait. Dj, sa pro-
clamation an nonant le regime de la Terreur,
son dcret enjoignant aux habitants des cam-
pagnes de se rendre dans les villes et dans les
villages sous peine d'tre traits comme rebelles,
prouvent qu'on pouvait se lier h sa parole.
Les journaux de la Pninsule, qui reprochaient
au marchal Campos d'avoir saici u, plolitique
en opposition (icc /. les .s'entiimeints espagnols',


doivent tre satisfaits, et, avec eux, tous les v-
ritables Espagnols. Oui, certes, le nouveau gou-
verneur gnral de Cuba est un Espagnol pur
sang : froce comme les flibustiers qui firent la
conqute du Nouveau Monde, lche comme le duc
d'Albe, cruel comme Boves, cynique comme
Palmaceda. Rjouissez-vous, volontaires de la
Havane, ignobles assassins en uniform, rjouis-
sez-vous, car le sang coulera. La fte commence,
et la prima spada est digne de vous.
A voir l'indiffrence avec laquelle on a ac-
cueilli chez nous le dcret inqualifiable de Wey-
ler, public sans commentaires, come une chose
toute naturelle, par nos journaux, on se demand
si les Cubains sont hors de l'humanit. Justice,
civilisation, solidarity humaine, ne sont donc
que des mots! L'histoire n'enregistre rien de pa-
reil : tout home trouv dans la champagne,
aprs le dlai fix, sera fusill; car, on ne peut
s'y tromper, trait en rebelle signifie (surtout
en espagnol) pass par les armes. Dans les plus
mauvais jours de 93, en 1871, jamais rien ne
s'tait vu de semblable cet arrt de mort pro-
nonc contre toute une population.
Weyler n'admet pas de neutres; tous les
paysans qui ne se seront pas conforms au d-
cret seront fusills; quant ceux qui, s'y con-
formant, auront quitt leurs foyers et leurs tra-
vaux, comment et de quoi vivront-ils ? Weyler
ne s'en soucie nullement.
Oui, les Cubains doivent tre moins que des
hommes. Et pourtant ceux d'entre nous (ils sont
malheureusement bien rares) qui savent quel est
le rgime politique et conomique en rigueur
Cuba, pourront tmoigner qu'on ne peut repro-
cher ce malheureux people qu'une seule chose,
c'est d'avoir attend trop longtemps avant de se
rvolter ; ceux-l qui suivent les pripties de la
lutte, en faisant des voeux pour le triomphe du
droit et de la justice, savent si les Cubains sont
moins que des homes, car ils connaissent leur
nombre, leurs resources, et le nombre et les res-
sources de leurs adversaires.
Laissons donc Weyler traiter comme des chiens
ces tres qui, dcidment, ne sont pas faits de la
mme toffe que nous.....
Ileureusement les Cubains se suffisent, et Wey-
ler qui, pour tre un assassin, n'est pas de taille
a les dompter, Weyler recourt au systme grhce
auquel les Espagnols ont perdu toutes leurs co-
lonies; il n'emploiera que la force, car il se d-
fend de vouloir fire de lu politique.
Or la force est impuissante vaincre l'insur-
rection; les Espagnols le savent si bien, qu'ils
n'avaient choisi Martinez Campos que parce que
celui-ci tait un g'nral diplonmae, et parce
qu'ils espraient qu'il terminerait cette guerre
par la politique et l'intrigue come il terminal
celle de dix ans. Si nous avons perdu dfiniti-
vement l'amour de ce people, disait M. Castelar
en 1873, nous ne pourrons pas le reconqurir
par la force . Pour vaincre les Cubains, s'ils
continent recev oir des arnres et des unli-
tions, disait, il y a quelque temps, le gnral
Salcedo, touted s les armies d'Europe ne suffi-
raient pas. Invoquez le climate, la tactique des
insurgs, les sympathies des populations, invo-
quez toutes les causes que vous voudrez, vous
reconnaissez vous-mmes, Espagnols, que vous
ne pouvez pas vaincre l'insurrection, et n'aurions-'
nous pas vos aveux, les faits sont l.
Mais les leons ne profitent pas l'Espagne, le
temperament et les instincts de la race l'empor-
tent surt ce que pourrait conseiller l'exprience
dfaut de la raison; le systmrie que va employer
\Veyler ne lui a jamais russi. mais elle est in-
capable de renoncer sa frocit lgendaire et de
rsister i ses instincts, mme lorsqu'il y va de
son intrt. La premiere consequence du dcret
va tre de grossir les rangs des insurgs; les ha-
bitants des campagnes, qui sont tous sympa-
thiiques aux rvolutionnaires, se trouvent places
dans cette alternative : ou aller mourir de failrl
dans les villes, ou se joindre aux forces de l'ar-
me cubaine, car ils ne resteront pas chez eux h
attendre le peloton d'ex(cution.
.insi donl' les campagnes abandonnes, toutes
les terres incultes, les villes encombres de pau-
vres gens sans travail, la desolation, la faim par
tout le pays, et quelques milliers d'insurgs de
plus, voil ce que va rapporter le lcretd Wcey-
ler. Singulire fac!:n de pacifier, mais faon ibi,,n
espagnole! Ah! ils ne le renieront pas, celui-l :
il est cynique, lche, sanguinaire; mais il n'in-
rait pas t un Espagnol complct, s'il n'avait it
stupid; car ces gens-la, tvoyez--vous, a boiL tdu
sang..., mais a mange dlu foin.
EglYnont.






LA RPUBLIQUE CUBAINE


20 FvRIER 1896.


CUBA CONTRE ESPAGNE


La guerre est une triste ncessit.
Mais quand un people, ayant puis tous les
moyens lgaux de persuasion, afin d'obtenir, d'un
eppresseur un remde ses maux, en appelle;en
dernier lieu la force, pour repousser l'agression
permanent de la tyrannie, ce people se trouve en
taitde lgitime defense; il est justifi par-devant sa
conscience et le tribunal des nations.
Telest le cas de Cuba, dans ses guerres contre
lEspagne,
Aucune mtropole n'a t plus dure, plus tenace-
ment vexatoire et cupide, et pas une colonie n'a
donn, d'autre part, plus d'exemples de patience,
de souffrance continue et de persvrance dans la
revendication de ses droits, par tous les moyens pa-
cifiques, que pouvaient procurer l'exprience et les
enseignements de la politique.
Le dsespoir seul a arm Cuba, et ses enfants, se
lanant au combat, ont dploy autant d'hrosme,
au moment du danger, que de quality de jugement
l'heure des dlibrations!
-S'il est vrai que, pendant ce sicle, l'histoire de la
grande le n'est qu'une longue srie de rvoltes, il
convient d'ajouter qu'une priode de lutte patient,
aux voies lgales, les a toujours prcdes, efforts
rendus malheureusement striles par l'aveuglement
obstin de l'Espagne. Ds le commencement du
sicle, il y eut Cuba des patriots, comme le prtre
Caballero et Don Francisco Arango, qui exposrent
au Gouvernement de la Pninsule les maux de la
colonie et lui'en indiqurent le remde, plaidant
surtout pour les franchises commercials ncessaires
S son organisation conomique et l'intervention des
natifs de l'ile dans la direction des affaires du pays.
Cette dernire cause, just s'il en ft, tait non -
seulement fonde sur le droit, mais encore sur des
raisons de convenance politique, tant donnes la
distance norme laquelle se trouvait le pouvoir
central et la crise grave qu'il traversait ce mom ent.
Les besoins de la guerre avec les colonies du con-
tinent amricain, lasses de subir la tyrannie espa-
gnole, obligrent le Gouvernement de la Mtropole
accorder Cuba un commencement de libert
commercial, essai passage, qui rpandit la prosp-
rit dans l'ile, mais ne fut pas suffisant pour ouvrir
les yeux aux hommes d'Etat de l'Espagne.
Par contre, la mfiance que les Amricains avaient
veille dans leur cour, les poussrent diminuer,
d'abord, et supprimer ensuite les lgres facults
d'administration inhrentes certaines corporations
locales de Cuba, telles que la Junte de Fomento.
Ne trouvant pas encore ces modifications suffi-
santes, on arracha aux Cubains l'ombre d'influence
qu'ils possdaient encore dans les affaires gnrales
de la politique.
En 1837, les reprsentants de Cuba aux Corts
espagnoles, dj peu nombreux, furent brusque-
ment supprims par un simple dcret, et tous les
pouvoirs restrent aux mains du Capitaine Gnral.
Cela signifiait clairement que le Capitaine Gnral
rsidant la Havane tait le matre de la vie et de
la proprit de tous les habitants de l'ile.
L'Espagne engendrait ainsi un tat permanent
d'hostilit chez un people paisible et inoffensif.
Cuba vit errer travers le continent amricain,
dj indpendant, ses plus illustres enfants, comme
Hrdia et Saco, victims de la proscription.
Cuba vit mourir sur l'chafaud tous ceux qui,
parmi les Cubains, osaient aimer la libert et le d-
clarer par des crits ou par la parole. Joachim de
Agiero et Placido taient de ce nombre.
Cuba vit le produit de son travail confisqu par
d'iniques lois fiscales, que ses matres lui imposaient
de loin. Cuba vit la justice, qu'administraient des
magistrats trangers, soumise sa volont ou au
caprice de ses gouvernants. On infligea Cuba
toutes les vexations capable d'humilier un people
conquis, au nom et sous l'inspiration d'un gouver-
nement qui, par sarcasme, s'intitulait paternel. -
Rien d'tonnant ce qu'ait commenc alors l're
non interrompue des conspirations et des soulve-
ments.
Cuba fit appel aux armes en 185o, i85r, conspira
en I855, revint au combat en 1868, 1879, i885, et a
de nouveau entam la lutte depuis le 24 fvrier 1895.
Mais, en mme temps, jamais Cuba n'a cess
d'exiger justice et rparation. Avant de brandir le
rifle, elle a lev la reclamation de ses droits.
Le soulvement d'Agfero et les invasions ou
incursions de Lopez n'avaient pas encore eu lieu,
que Saco, de la terre d'exil, signalait dj, aux
hommes d'Etat espagnols, les dangers de Cuba et
leur en indiquait le remde.
Dans la colonie mme, les hommes les plus pr-
voyants le secondaient et dnonaient le cancer de
l'esclavage, les horreurs de la traite, la corruption des
employs, les abus du gouvernement, le. mconten-
tement du pays condamn une perptuelle infrio-
rit en matire politique.
On ne les couta pas et les premiers conflicts arms
commencrent.
Avant la formidable insurrection de 858, qui
dura 1o ans, le parti rformiste, qui comptait dans
ses rangs les cubains les plus clairs, les plus riches
et les plus influents s'effora de faire comprendre
l'Espagne qu'un changement de politique s'impo-


sait. Il cra des journaux Madrid et dans l'ile,
adressa des petitions au Gouvernement, entretint
dans le pays une grande agitation et, ayant russi
faire ouvrir Madrid une enqute sur l'tat cono-
mique, politique et social de Cuba, prsenter un
,-- T .-' ^ ..--Ky -~~~;..^ Y
plan complete de rgime, qui donnait satisfaction
aux aspirations et aux besoins publics.
Le Gouvernement espagnol jeta au panier avec
mpris ces-inutiles paperasses, surchargea-les con-
tributions et procda leur perception de la faon la
plus rigoureuse.
La terrible guerre de dix ans commena alors. -
Cuba, presque un pygmeauprs de l'Espagne, lutta
comme un titan.
Le sang coula flots et la fortune publique
s'abma dans un gouffre sans fond. L'Espagne
perdit .2oo,ooo hommes. Dans l'ile, l'lment
masculin- disparut presque entirement dans cer-
taines provinces. 3 milliards 5oo millions de
francs furent engloutis pour entretenir cet ardent
foyer o se trempa l'hrosme cubain, mais qui ne
parvint pas rchauffer le cour endurci de l'Es-
pagne.
Celle-ci ne put vaincre la colonie qui, puise, ne
pouvait plus, de son ct, prolonger longuement la
lutte avec chances de succs.
L'Espagne proposal un pacte qui n'tait qu'un
leurre. Elle accordait Cuba les liberts de Porto-
Rico, qui n'en possdait aucune.
Sur cette base mensongre s'leva la situation
nouvelle, faite toute entire de fausset et d'hypo-
crisie.
L'Espagne, don't les desseins restaient les mmes,
s'empressa nanmoins de donner aux choses un
autre nom..
Le capitaine gnral devint le gouverneur gnral.
Les ordres royaux s'intitulrent autorisations .
Le monopole mercantile de l'Espagne prit le
nom de cabotage . Le droit de deportation se
transform en loi de vagabondage.
On donna le nom d' arrangements , aux provo-
cations et dnis de justice commis envers d'inoffen-
sifs citoyens. La loi d'ordre public remplaa
l'abolition des lois constitutionnelles.
Le tribute prlev de force sur le people cubain, se
change en budget, vot par les dputs de l'Es-
pagne, de l'Espagne d'Europe, bien entendu. La
douloureuse leon d'une guerre de dix ans avait t
compltement perdue pour la mtropole.
Au lieu de prendre elle-mme l'initiative d'une
politique rparatrice qui aurait cicatris les blessures
rcentes, calm l'anxit publique et satisfait la soif
de justice du people dsireux de profiter de ses
droits naturels, l'Espagne, tout en prodiguant des
promesses de rformes, continue mettre en prati-
que son ancien et rus systme, don't les bases
taient et continent tre : l'exclusion du Cuba in
de tout poste lui donnant le droit d'intervenir,
d'une faon efficace, dans les affaires publiques;-
l'exploitation du. travail des colons au profit du
commerce et de la bureaucratic militaire et civil
de la Pninsule.
Pour mettre execution cette second clause, il
tait videmment ncessaire de maintenir tout prix
la premiere.
Enrique Jose Varona,
Ex-dput aux Corts.
New-York, le 23 octobre 1895.
(A suirre.)

--------*I~I-------


LES DCRETS DE WEYLER


Voici, d'aprs le Ileraldo, les dispositions
principles continues dans les trois dcrets du
gnral Weyler :
En vertu du premier, les prisonniers de guerre
seront soumis un jugement trs sommaire
(sumarisimo), vitant toutes les formalits de
caractre dilatoire qui ne seraient pas indispen-
sables aux fins de la;justice.
Les arrts de mort qui pourront rsulter de
ces procs ne seront excuts qu'aprs ratifica-
tion du gnral en chef, except toutefois dans
les cas d'insulte la force arme et de sdi-
tion (!)
Le deuxime dcret dispose que tous ceux qui
inventeront et propageront, soit directement,
soit indirectement, des nouvelles et des bruits
favorables la rebellion, seront considrs
comme coupables du dlit de lse-patrie et sou-
mis aux Conseils de guerre.
En outre, tous ceux qui interrompront les
communications, incendieront des habitations
ou des difices et des champs de canne sucre,
vendront ou procureront des armes et munitions,
les tlgraphistes qui rvleront ou divulgue-
ront le secret des operations militaires ou des
actes du gouvernement; ceux qui, au moyen de
la press, abaissent l'Esp:gne ou l'arme, ou
qui, par les mnimes moyens et procds, essaie-
ront d'exalter l'ennemi; ceux qui lui procure-
ront des chevaux, des resources, s'offriront
comme guides, espions; ceux qui frelateront les


vivres, emploieront des explosifs, donneront des
nouvelles au moyen de pigeons-voyageurs ou de
ptards et autres signaux, se rendant ainsi cou-
pables de dlits entranant la peine de mort ou
celle des fers perptuit, seront soumis des
jugements trs sommaires (sumarisimos).
Le troisime dcret donne aux habitants des
campagnes un dlai de huit jours pour se con-
centrer, sans retard ni pretexte.
Pour aller la champagne, il sera indispen-
sable d'obtenir pralablement une autorisation
consigne dans un document official manant de
l'autorit comptente. Toutes les autorisations
accordes jusqu' ce jour, par n'importe quell
autorit suprieure ou subalterne, pour la libre
circulation travers les campagnes, sont dfini-
tivement annules ds la promulgation du pr-
sent dcret.

Le Temps public la dpche suivante:

Madrid, 18 fvrier, 9 h. I5
Le gnral Weyler limited la concentration des
gens de la champagne dans les lignes espagnoles aux
provinces de Santiago, Puerto-Principe et Sancti-
Spiritus, parce que le trsor cubain aura naturelle-
ment fournir le logement et les vivres aux in-
terns.
Les autorits font arrter dans les villes beau-
coup de personnel souponnes d'tre en relation
avec les insurgs. Cinquante-trois dtenus la Ha-
vane ont t dports dans l'ile de Pinos par ordre
du gnral Weyler.
L'extension de la jurisdiction militaire aux nom-
breux cas prvus par les rcents dcrets du gou-
verneur gnral est applicable dans toute la co-
lonie.

--------- -----


UN AN APRS !


Le 24 fvrier, c'est--dire dans 4 jours, il y
aura just un an qu'a clat l'insurrection
Cuba.
Un de nos amis a eu l'ide de rcapituler,
d'aprs les DPCHES OFFICIELLES DE
MADRID, les rencontres entire les sparatistes
et l'arme espagnole, les rsultats de ces ren-
contres et le nombre des tus, blesss et pri-
sonniers.
Nous avons cart avec intention les dp-
ches d'origine amricaine, comme tant taxes
gnralement de trop de complaisance pour
les Cubains.
Tous nos documents sont tirs du Petit Pari-
sien, et le titre seul de ce journal nous dis-
pense d'insister sur la valeur que l'on doit y
attacher.
Les dates sont celles du journal, afin de faci-
liter le contrle des faits que nous signalons
et l'origine des dpches.

Mars 1895
7. Le chef insurg Yaguey se soumet et met fin
ainsi l'insurrection de Matanzas. Le gnral
Lachambre met en droute 4 bandes mal armes.
8. A Cienfuegos le gnral Luque bat les insurgs;
les Espagnols ont 4 blesss. D'autres bandes
sont disperses Cabre et Lengo.
9. La ville de Baire est prise par le gnral Gar-
rich. Les insurgs s'enfuient en dsordre devant
les troupes espagnoles qui leur font 43 prison-
niers. La bande de Cienfuegos et deux autres
bandes sont disperses Santiago de Cuba.
o1. Au combat de Los Negros, les insurgs sont
battus, ont 5 hommes blesss et abandonnent leurs
armes. Les Espagnols, de leur ct, ont un
homme bless.
12. Plusieurs bandes, don't celle de Rabi Gora,
sont battues et disperses. La tranquillit rgne
dans 7 provinces.
13. La plupart des bandes sont de nouveau dis-
perses, et on announce que presque toutes vont
faire leur soumission. La situation, d'ailleurs, s'est
sensiblement amliore.
i5. Dans un combat, Guyambo, les insurgs
ont 5o hommes tus ou blesss, et les Espa-
gnols 6.
i7. A Serrame-el-Cobre, les chefs Guayra et Va-
zela sont compltement battus et subissent de
grosses pertes. Les Espagnols ont I tu et 2
blesss.
27. L'insurrection est localise Santiago. Les
insurgs manquent d'armes et de munitions.
29. A Campechuela, on announce que les Espa-
gnols auraient t battus. Les dtails manquent.
Maceo se serait embarqu Costa Rica avec des
flibustiers destination de Cuba.
Avril
4. Maceo n'ayant pu s'emparer d'un paquebot
espagnol dans le port de Bluefields, s'embarque
pour la Jamaique sur un paquebot de la Compa-
gnie Atlas.
10. Les gnraux Lachambre et Salcedo battent
des bandes insurges et leur infligent des pertes
srieuses; les Espagnols ont 2 tus et quelques
blesss.


Ir. Le marquis de Santa Lucia est arrt. Ma--
ceo est battu Monteverde, on lui tue pas mal de
partisans et on lui fait des prisonniers. Le colo-
nel Serrano bat la bande commande par le chef
insurg Varona et le tue.
I6.-- A Palmarito, Maceo est battu et le chef de
bande Crombet est tu. Le chef Estrada fait sa
soumission.
19. Le gnral Echevarria bat Mir6 et sa bande,
lui tue un homme et quelques blesss.
2o. A Guantnamo, les insurgs sont batiLu. et
ont 14:tus. La bande commande par Perez
est battue.
22. Le .colonel Santocildes bat les insurgs
Manzanillo, lui tue Ir hommes et fait quelques.
prisonniers. Les Espagnols n'ont que 3 hommes.
blesss.
24. Maceo s'est suicide la suite de l'insuccs de
son expedition.
25. Le gnral Bosch bat les insurgs Guayabat
et leur tue 1o hommes.
27. Dans un combat les insurgs ont 12 tus et
40 blesss; les Espagnols 7 morts.
Mai
4. Le colonel Sandoval bat les insurgs Santa-
Clara et leur tue 6 hommes sans en perdre un
seul. Une autre bande, surprisepar les Espagnols,
est mise en droute et laisse 3 des siens sur le
terrain.
7. A Chapala les insurgs sont battums, ont 1o tus.
et 3o blesss, et les Espagnols 5 blesS; .
ii. La bande commande par Matags est battue
Colon. Castillo et. sa bande, Camagey,
s'enfuient la premiere dcharge des troupes du
colonel Salamanca. Les insurgs sont ainsi re-
pousss Baracoa.
15. On announce que la champagne sera beaucoup
moins pnible qu'on ne le croyait et que l'ile sera
pacifie avant le mois de fvrier prochain. D'ail-
leurs, le marchal Martinei Campos a nettement
dclar qu'il ne quitterait l'le qu'aprs sa pacifi-
cation complete.
18. Une sanglante bataille est livre aux environs
de Guantnamo. Les deux frres Maceo sont bat-
tus. Ils laissent sur le terrain 47 morts et de nom-
breux blesss. Les Espagnols n'ont perdu que 16
hommes tus et 31 blesss. En outre, les chefs in-
surgs: Tudela, Maceo, Periquito, Perez et Carta-
gena sont blesss.
22. Le gnral Bazin bat les rebelles Rio Seco
et leur tue et blesse 5 hommes. A Guadelupe,.
un bataillon disperse 200 rebelles et lui inflige des.
pertes srieuses.
24. Les chefs Marti, Gmez, Mass6 et Borrero.
sont battus et disperss par le colonel Sandoval
qui leur tue 14 hommes et leur fait de nombreux
blesss, alors que, de son ct, il a 5 hommes tus.
et 7 blesss.
25. Le chef Marti est tu, ainsi que G6mez.
29. Dans diffrents combats, les insuigs ont 14
tus et plusieurs blesss, et les Espagnols 3 tus
et 5 blesss.
Juin
9. Les troupes espagnoles battent les insurgs
Tranquilidad en perdant 4 hommes et 5 blesss,
et tuant 4 insurgs et leur en blessant un grand
nombre.
13. A Sabana, Guanabacoa et Jateros, les Espa-
gnols ont 2 hommes tus et infligent des pertes.
sensibles l'ennemi.
14, Les insurgs sont repousss de Morn et
Puerto-Principe, et les Espagnols ont i homme
tu et 2 blesss.
17. Le chef Maceo est battu, il perd beaucoup de
monde.
20. Gmez ressuscit, et plusieurs bandes in-
surges sont battus dans les rgions de Remedios,.
Aguadilla et Santa-Clara. A Puerto Principe les
insurgs sont battus, et laissent 7 morts sur le
champ de bataille.
21. Aprs une lutte trs chaude, le chef Garzn
est battu, les troupes espagnoles lui infligent des
pertes srieuses, dtruisent son camp et s'empa-
rent des chevaux et des munitions, tout en n'ayant
que 3 hommes blesss. A Banes, combat incer-
tain. A Mayotte, o les Espagnols ont i tu et
i bless, le chef Rabi est battu, on lui fait 14 pri-
sonniers et on s'empare d'une grande quantit
d'armes et de munitions.
23. Le gnral Navarro bat plusieurs bandes d'in-
surgs.
26. Le chef insurg Cavalla est tu Placetas, on
leur tue en outre 2 hommes et ils ont in blesss.
A Puerto Bayamo et Montejo, les insurgs.
ont 3 tus et 5 des leurs sont fait prisonniers.
29. Le gnral Navarro bat les insurgs, leur tue
12 hommes et leur fait de nombreux blesss. Les
Espagnols n'ont que 7 blesss. A Jarusa, les in-
surgs sont encore battus ainsi qu' Hierneimo, o
les Espagnols ont 14 tus et 8 blesss, tuent 19
hommes aux insurgs et leur font de nombreux
blesss.
30. Maceo serait prisonnier?
Juillet
i". A Guantnamo, les insurgs sont battus et
ont 3 hommes tus. De nouveau les insur-
gs Castillo, Zayas et Cagnairan sont battus, et
prouvent de grandes pertes. Sur la cte Ma-






20 FV.I:ER 1896.


LA RPUBLIQUE CUBAINE


rabi, la canonnire Magallanes fait un giand
nombre de blesss aux troupes insurges.
7. A Salunasaltas, o le chef Guerra est tu, les
insurgs sont en pleine droute. Ils ont perdu 63
hommes, et ont eu une grande quantit de blesss.
Les Espagnols, de leur ct, ont eu 17 tus et 19
blesss.
9. Les gnraux Salcedo, Bazn et Navarro battent
plusieurs bandes insurges, leur infligent des
pertes srieuses ettuent le chefAramburo. Ils ont,
de leur ct, quelques tus et blesss.
o1. Le chef Rabi, qui a retrouv des armes et des
munitions, bat les Espagnols, leur tue ou blessed
plusieurs hommes, mais de son ct a d subir
de nombreuses pertes. Aprs un combat
acharn, le major Aznar bat le chef Rabi, lui tue
i8o hommes, sans computer les blesss, et perd
lui-mme i5o hommes, tant tus que blesss.
.17. A Sanctis-Spiritus, les chefs Toledo et Zayas
sont battus; percent 60 hommes, don't 40 bles-
ss. Les Espagnols, eux, n'ont que 4 morts et
9 blesss. 40 insurgs sont encore mis hors de
Sc6mbat Santa-Clara.
19. Aprs une action trs chaude, sur la route de
Santiago Bayamo, les insurgs battent en retraite
aprs avoir subi des pertes considrables. Leur
chef Maceo a t tu.
21. Dans les provinces de Santa-Clara et Las Vil-
las, les insurgs sont battus toutes les rencon-
tres, subissent de grosses pertes, et leur chef Ber-
mudez est tu.
22. Le Marchal Martinez Campos, Valenzuela,
bat plates coutures les insurgs, qui percent 50oo
hommes, parmi lesquels : les chefs Rabi, Goulet,
Moncada, Machado et plusieurs autres. Les Espa-
gnols ont perdu 70 hommes seulement.
23. -Prs de Bayamo, aprs un combat acharn
qui dure 8 heures, les insurgs se retirent la
nuit, abandonnant 5oo des leurs sur le champ de
bataille. (Deux dpches, du 26 et 30, ont trait
ce mme combat que nous venons de rsumer.)
:7. Le chef Bandera est battu Santa-Brbara;
il perd 44 hommes, don't 14 tus.
3I. Dans le district de Baracoa, les Espagnols
tuent 16 hommes aux insurgs, leur font un
nombre considerable de blesss et ont eux-mmes
31 blesss.
Aot
2. Dans plusieurs rencontres, les insurgs sont
battus.
6. A Matanzas, ils sont de nouveau mis en d-
route et leur chef Maceo, ressuscit, prouve des
pertes sensibles.
22. Le colonel Oliver bat les insurgs et leur in-
flige, lui aussi, des pertes sensibles.
25. Maceo est encore battu la Sucrerie de
la Union. Dans une autre rencontre, les insurgs
sont encore dfaits et ont 7 hommes tus. Les
Espagnols ont i tu et 3 blesss.
29. A Bonito, nouvelle dfaite des insurgs, qui
laissent 2 morts sur le champ de bataille et de
nombreux blesss. Les troupes espagnoles n'ont
eu que 2 blesss.
3i. Sans perdre un seul homme, les Espagnols
battent encore les insurgs Remedios, leur tuent
quelques hommes et en mettent un grand nombre
hors de combat.
Septembre
. A Mordazo, les insurgs sont repousss dans
leur attaque. Ils ont d perdre pas mal de monde.
Quant aux Espagnols, ils ont eu 3 morts.
4. Maceo est de nouveau battu il l'est tou-
jours. On lui tue 39 hommes, on lui en blesse un
nombre considerable et les Espagnols ont 59 hom-
mes hors de combat, don't 12 tus.
6. A Potrero-Guyano, les insurgs sont battus,
percent 9 hommes et les Espagnols, 4.
14. Nouvelle dfaite des insurgs Raselles.
26. Le gnral Luque, ne perdant qu'un homme
tu et 3 blesss, met en pleipe droute les insur-
gs, leur prend 4 campements, 21 ambulances de
campagnes, etc., etc., leur tue plus de ioo hom-
mes et leur en blesse un grand nombre.
27. A El Corojal, les insurgs, commands par
Suarez, sont battus ; et, sans perdre un seul
home, les Espagnols tuent ou blessent une
vingtaine d'hommes.
29. A Guanche, aprs avoir subi de nombreuses
pertes, les insurgs sont repousss.

Octobre
4. Le chef Guerra est battu Puerto-Padre; les
Espagnols ont eu I tu et i bless; les pertes de
l'ennemi ont d tre importantes.
7. Maceo, toujours battu, est enfin retu. Son ad-
versaire, le gnral Echagte, aprs un combat
acharn, qui a dur 7 heures, n'a eu qu'un home
tu et 4 blesss.
12. Le colonel. Souza bat les insurgs, leur tue
7 hommes, leur fait plusieurs blesss et a lui-
mme I tu et 2 blesss.
14. Poursuivant leur route glorieuse, les Espa-
gnols dfont encore les insurgs commands par
Socorro, Crimea, et lui font 7 prisonniers ; puis
Guyabales.
15. Nouveaux lauriers pour les troupes espa-
gnoles la Sierra-Colorada.
18.- A Paso-Noble, le colonel Zamora gagne en-
core une nouvelle bataille: ne perd que 2 hommes,


don't i tu; en tue 3 aux insurgs et leur en
blesse 20.
18. Le chef insurg Gil est battu, laisse 24 hom-
mes sur le champ de bataille, a un nombre consi-
drable de blesss, tandis que les Espagnols n'ont
qu'un tu et 12 blesss.
20. Nouvelle dfaite des insurgs, qui ont 5 tus
et i5 blesss au combat de Cardoueras, alors que
les Espagnols n'ont prouv aucune perte.

Novembre
4. Dans la province de Matanzas, de nombreux re-
belles font leur soumission.
i A Cabanos, les insurgs subissent des pertes
considrables.
21. Gmez est battu Buenavista.
22. Maceo, qui n'tait pas mort, est oblig de
s'enfuir devant les troupes espagnoles sur la route
de Jcaro.- A Carn et Las Claras, nouveaux
checs des insurgs.
24. -Le colonel Hernndez tue 12 hommes aux in-
surgs, leur en blesse I5, et s'en tire avec seule-
ment i tu et 4 blesss.
29. Dans plusieurs rencontres d'importance se-
condaire, les insurgs ont toujours d s'enfuir de-
vant les troupes espagnoles lances leur pour-
suite.
Dcembre
3. Aprs une lutte acharne, les Espagnols, tou-
jours favoriss par les armes, tuent 80 hommes
aux insurgs, leur en blessent ioo, et, de leur ct,
ne percent que 26 hommes don't 18 blesss.
7. Nouvelles dfaites des insurgs qui sont battus
par les gnraux Suarez Valds et Navarro.
12. A Rodrigo, les insurgs sont encore battus.
14. A Manacas, id.
16. 4 insurgs de Pinar del Rio font leur soumis-
sion.
18. Les Espagnols, Maltiempo, ont 32 tus et
44 blesss, mais infligent par contre des pertes sen-
sibles l'ennemi.
29. Acebo est fait prisonnier Cienfuegos, et fu-
sill.
30. Toujours poursuivis par les troupes espagnoles
les insurgs sont obligs de se rfugier sous les
murs de la Havane.

Janvier 1896
i". Plusieurs combats sont livrs entire les troupes
du gouvernement et les rebelles. Des deux cts,
les pertes sont importantes, et il est impossible de
se prononcer.
2. Gomez et Maceo la vue seule des gnraux
Valdes et Navarro, s'enfuient prcipitamment. -
A Calimete, 3oo insurgs sont tus. Les Espagnols
n'ont eu que 9 morts et 57 blesss.
3. Toujours malheureux, Maceo et Gmez sont
encore battus, percent beaucoup de monde, et
les troupes du marchal Campos, toujours privi-
lgies, n'prouvent que des pertes insignifiantes:
4 tus et 19 blesss.
4. Gmez et Maceo, battant toujours en retraite,
ont fait de nouveau leur apparition dans la pro-
vince de la Havane, mais, sans plus de succs que
par le pass, se font battre plates coutures par le
gnral Gabbs qui n'a que 2 tus et 4 blesss.
5. En presence des dfaites rptes de Maceo et
de G6mez, le marchal Campos croit prudent de
mettre la province de la Havane en tat de sige.
6. Les Espagnols auraient t battus Colon, et
les insurgs leur auraient pris leur artillerie. (La
nouvelle mrite confirmation).
8. La ville de Guara se rend aux insurgs qui se
sont empars de la cit du Morro, prs de la Ha-
vane. (Cette nouvelle galement mrite confirma-
tion).
9. Srie de succs pour les troupes espagnoles :
Maceo est bless encore une fois Tonina. A Te-
nay les insurgs sont battus et ont 54 homes mis
hors de combat. Rabi, toujours malheureux, est
encore mis en droute par le gnral Arderius qui
lui tue 14 homes, sans computer les blesss, alors
que lui-mme n'a qu.e 6 morts et 27 blesss. Le
marchal Campos qui avait exprs une ruse de
guerre laiss les troupes de Maceo et de Gmez
s'approcher de la Havane, les rencontre et leur
inflige des pertes srieuses. Dans leur fuite prci-
pite, les insurgs, en passant, attaquent le village
l-loyo-Colorado, 3 lieues de la Havane, et s'en
emparent.
11. --A Roque, les insurgs sont encore et toujours
battus et subissent des pertes normes.
12. Nouvelles victoires des troupes espagnoles :
Les chefs Maceo et Mira sont mis en droute par
le colonel Molina, qui tue une quinzaine d'insur-
gs, leur prend leurs armes, leurs munitions, leur
hpital, etc... Sur la ligne de Navajas, deux autres
rencontres sont galement favorables aux troupes
du marchal Campos.
13. G6mez est battu par les gnraux Aldecoa et
Galvs qui lui infligent des pertes srieuses.
14. Mme succs des deux mmes gnraux sur
les deux mmes chefs insurgs.
15.- Dans la province de Puerto-Principe, les
troupes espagnoles tuent 12 homes aux insurgs
et leur en blessent 60.
16. Maceo et Gmez font de nouveau leur appa-
rition aux ports de la Havane; mais le 17, ce der-
nier est oblig de s'enfuir aprs avoir subi des


pertes srieuses, tandis que d'autres bandes sont
repousses de Managua et que le chef Cepero est
fait prisonnier.
18. Le gnral Luque inflige encore un chec
aux bandes de plus en plus nombreuses, parat-il,
Angostera, leur tue 7 homes et fait 7 prison-
niers. Les Espagnols n'ont eu que 7 blesss et 2
contusionns ? De mme Santa Maria (i morts)
et Vinales, d'o Maceo est repouss.
22. Toujours victorieuses, les troupes du mar-
chal Campos battent encore Maceo et Gmez, don't
la retraite prend les proportions d'une droute.
23. Le colonel Molina gagne une bataille sur les
insurgs Galen, leur tue 1o hommes et fait quel-
ques prisonniers, tandis que ses troupes n'ont que
6 tus et 3 blesss. Dans la mme journe Maceo,
qui ne sait plus quel saint se vouer pour conjurer
le sort, est encore taill en pices Tirado, perd
27 homes, et apprend qu'un de ses lieutenants a
galement t battu Guaco-Mayo, par le gnral
Hernandez.
24. A Pedroso, le colonel Vicufia tue 12 hommes
et en met un grand nombre hors de combat; lui-
mme n'a que 2 blesss.
25. Gmez, qui ne se fatigue pas d'tre constam-
ment battu et qui, en s'enfuyant, avait t oblig
de s'avancer jusqu' z5 kilomtres de la Havane,
est mis en fuite par le gnral Marin. Le mme
jour, Cienfuegos, le chef Castillo est complte-
ment battu et tu.
26. Gmez, que l'on suppose malade, s'enfuit pr-
cipitamment devant les colonnes Galvez, Aldecoa
et Linares. Le chef Alonso est tu dans un combat
prs de Cienfuegos, qui a cot aux insurgs 12
tus et 21 blesss. A Sabaiilla, 17 hommes sont
encore tus : les Espagnols n'ont que 5 blesss. A
Cangrejos, le chef Miranda trouve la mort.
29. Le camp command par le chef Bienvenido
est pris par le colonel Molina, qui tue un grand
nombre de rebelles.
30. Naufrage du Hawkins qui portait des insurgs
et des armes Cuba.

Fvrier
I". Dans plusieurs rencontres avec les insurgs,
les Espagnols ont partout t victorieux. Dans la
direction de Seiba, un vif engagement a eu lieu
entire le gnral Suarez Valds et les insurgs. Le
chef Hato Berguiri est battu par le colonel Vicufia
qui lui tue 3 hommes et en blesse i Seul, un
commandant espagnol a t bless.
3. Prs de Caonao, les insurgs sont battus et
percent 40 homes, don't le chef Rojas. Ils sont
repousss galement de Seborucal, aprs avoir
prouv des pertes considrables.
6. A Crdenas, un dtachement espagnol est sur-
pris par les insurgs et, aprs avoir rsist hro-
quement, toujours ont battu en retraite,
perdant 16 hommes. A Consolacion, une ren-
contre a eu lieu entire les Espagnols et Maceo, qui
a perdu 60 hommes et a eu 3oo blesss. Le g-
nral Luque a t bless, mais la dpche ne dit
pas s'il y a eu des soldats espagnols tus, blesss
ou contusionns.
7. A Majuari, le colonel Vicufia bat les bandes de
Roque, Alvarez et Anievra, les met en complete
droute et leur tue 32 homes. De mme Car-
men, o un escadron espagnol bat les chefs Cr-
denas, Carrillo et Torres. Dans ce dernier engage-
ment, les pertes ont t de 20 morts, sans comp-
ter les blesss.
9. Le gnral Canella bat les bandes de Maceo,
Nufiez, Delgado et Sotomayor, prs de Cande-
laria. Les insurgs ont 26 morts, de nombreux
blesss et 17 prisonniers. Les Espagnols: 5 tus et
48 blesss.
io. Le colonel Segura, attaqu par Maceo, n'a pu
qu'opposer une brillante rsistance- hum! -
Il est vrai que la colonne Ruiz, venant son se-
cours, a, comme toujours, compltement battu
les insurgs qui ont eu 88 morts, tandis que les
Espagnols ne perdaient que 7 hommes. On parle
aussi d'un combat Candelaria, o les insurgs
ont perdu plus de 200 hommes.
ii. Le maire de Managua et plusieurs habitants
passent aux insurgs.
14. Les insurgs, battus prs de Remedios, su-
bissent des pertes considrables. Les Espagnols
ont 5o blesss. Dans diffrentes rencontres, les
Espagnols infligent des pertes srieuses aux insur-
gs et les battent. Dans une autre rencontre,
les rebelles ont eu i5 tus et 6 prisonniers. -
Maceo est poursuivi par le gnral Arolas.
15. Des volontaires de la garnison de *Managua
ont dsert; mais la garnison de cette ville, quoi-
qu'infrieure en nombre, repousse les insurgs.
Malheureusement, G6mez est toujours prs de la
Havane.
18. Le gros des insurgs se trouve dans la pro-
vince de la Havane. L'arme espagnole est con-
centre principalement entire la Havane et Bata-
bano. On signal quelques engagements sans im-
portance.
Etc., etc. Nous en passons, et des meilleures.
Soit au total, d'aprs les DEPCHES OFFI-
CIELLES DE MADRID :
tus............ 2.492
INSURGES blesss ou pri- 3.368
sonniers..... 876


tus............
ESPAGNOLS blesss ou con-
tusionns....


331
S1.028
697)


Dans ce chiffre, ne sont pas compris les :
PERTES SENSIBLES, PERTES SRIEUSES,
PERTES IMPORTANTES, PERTES CONSI-
DRABLES, NOMBREUX TUS ET BLES-
SS, GRANDE QUANTITY DE TUS ET
BLESSS, NOMBRE CONSIDERABLE DE
TUS ET BLESSS, etc., qui, toutes, ont trait
aux Cubains, les pertes des Espagnols ayant
toujours t connues et annonces.
On peut valuer que les pertes des Cubains
signales sous ces diverse rubriques, sont
le quintuple de celles que nous avons dj
publies plus haut, tout en restant encore bien
au-dessous de la vrit; et voici alors les chif-
fres fantastiques auxquels on arrive :

INSURGS hors de combat, 25.26-4
ESPAGNOLS id. 1.028
Malgr la flagrante imbcilit de ces docu-
ments OFFICIELS, qui pourraient se passer
de commentaires, plusieurs questions se
posent.
Comment se fait-il que, tuant et blessant
autant de monde aux troupes cubaines, les
battant chaque rencontre, on ait cru utile
d'envoyer d'Espagne des renforts qui s'lvent
aujourd'hui plus de 180.000 homes?
Comment se fait-il que les Cubains, tou-
jours battus et disperss, et parties de Santiago
de Cuba, c'est--dire la pointe Est de l'le, se
trouvent aujourd'hui aux portes de la Havane?
Pourquoi, dans toutes les rencontres, les
Cubains qui, en croire LES DPCHES
ESPAGNOLES, n'ont jamais t qu'une poi-
gne d'hommes, sont-ils toujours en plus
grand nombre que les troupes de la mtro-
pole ?
Pourquoi aussi les Cubains, qui, toujours
d'aprs les renseignements officials, se tien-
nent constamment cachs, guettant les co-
lonnes, et ne tirant qu' coup sr, tuent-ils
aussi peu de monde aux Espagnols qui, pres-
que toujours, sont obligs de marcher d-
couvert ?
Et comment comprendre que, d'aprs l'in-
terview prise au gnral Weyler, et que l'on
verra plus loin, l'arme espagnole, toujours
victorieuse, soit TELLEMENT DISLOQUE,
LA CAVALERIE COMPLTEMENT DIS-
SOUTE; que la situation soit juge par ce
gnral TRS CRITIQUE, et que les rebelles
aient remport de FACILES VICTOIRES ?...
Quelles victoires ?... Ils ont toujours t bat-
tus, d'aprs les dpches du gouvernement
espagnol...
On nous objectera que cette interview est
fantaisiste.
Le marchal Campos, lui aussi, interview
son arrive en Espagne, a dmenti son inter-
view.
On se souvient encore quel nergique d-
menti lui infligea l'interviewer, un ancient offi-
cier de l'arme espagnole.
Nous n'insisterons pas sur la gigantesque
bouffonnerie qui s'attache aux chefs Maceo et
Gmez, tus, retus, blesss maintes fois, gu-
rissant miraculeusement, et ressuscitant tou-
jours propose pour recevoir une nouvelle
pile.
Mais on peut se demander lequel est le plus
coupable, d'une grande nation qui support
que l'on se moque d'elle avec un pareil cy-
nisme, ou de l'homme ou des hommes qui la
trompent et l'abusent avec un tel mpris de sa
dignit.
Quelle nation, autre que l'Espagne, accepte-
rait de pareilles impudences de la part de ceux
qui sont appels la gouverner?...
Au sicle dernier, il y avait, de ce ct-ci
des Pyrnes, un COMIT DE SALUT PU-
BLIC qui se chargeait de donner de sembla-
bles forfaits la seule sanction qu'ils com-
portent.
Le moment est peut-tre venu o les Espa-
gnols pourraient s'inspirer de l'exemple que
leur a donn, cette poque, un grand people
qui voulait s'affranchir, et se rappeler comment
il savait se dbarrasser de ceux qui le trom-
paient ou l'opprimaient.



On lit dans Le Petit Temps du 13 fvrier :
Dans une interview, le gnral Weyler a dclar
que la situation est mauvaise.
J'ai tout trouv, dit le gnral, dans un complete tat
de dsorganisation. A mon arrive, les rebelles taient
quinze kilomtres de la capital et l'esprit public
tait abautu.
Le gnral a ajout :
Si la guerre durait longtemps, ca serait la ruine
du pa's; c'est pourquoi il faut agir nergiqucment
et rapidement. J'ai trouv l'arme tellement disl;-
quce que les !racltions des mimes corps se trouvaient
dans des provinces diiifrentes.
11 va de petits dtachements qui sont comman-
des par des jihes qu'unr pourrait placer la teie de


____
I






4 LA RPUBLIQUE CUBAINE
,I i il JH


20 FVRIER 1896.


fortes colonnes.. La cavalerie, si utile dans cette
gierre, est compltement dissoute. Je la concentre-
rai et je suis certain que, runie en grande masse,
elle donnera d'excellents rsultats.
Je ne peux pas agir aussi rapidement que je le
voudrais. Il faut combiner les movements de toute
l'arme afin d'oprer selon mes plans.
J'espre sauver la situation, bien qu'elle soit trs
critique.
J'attends d'Espagne des renforts afin d'organiser
une arme qui supprimera les'petits dtachements
qui offrent aux rebelles de faciles victoires.
J'ai retir aux correspondents de journaux l'auto-
risation de suivre les colonnes, non pour que la
press ne soit pas informe de la vrit, mais en rai-
son de l'abus qu'on a fait de cette autorisation vis--
vis des correspondents de certain journaux tran-
gers, car les marches des colonnes prtent des
apprciations nuisibles au secret de l'action mi-
litaire.

---------**c---~----

D'APRS NATURE


Ce qu'on va lire se passait Valence (Espagne)
le 13 fvrier 1896 :
Ce matin a eu lieu l'excution, par la garrotte, de
Jos Roig, condamn par la cour d'assises de Va-
lence pour crime d'assassinat sur la personnel de l'un
de ses enfants.
Roig a pass toute la journe de la veille et la
nuit dans la chapelle.
...................................... ..
..... ....................... ..... .. ..... ......
Jos Roig a donn des conseils son fils, et l'a
exhort se bien conduire-dans la vie.
En sortant de la chapelle, l'enfant a eu une vio-
lente cruise nerveuse.
Pendant ce temps, l'chafaud tait dress sur la
place des excutions. Une foule immense l'entourait.
A huit heures du matin, le cortge se mettait en
march. Le patient tait assis dans un chariot tendu
de noir. Deux prtres l'assistaient. L'un d'eux portait
de temps en temps ses lvres un petit crucifix que
Roig embrassait dvotement. Des pnitents en ca-
goule suivaient, un cierge allum au poing. Des sol-
dats fermaient la march.
Les cloches des glises de la ville sonnaient le
glas funbre.
Jos Roig est mont avec courage sur l'chafaud;
mais une fois assis sur le banc fatal, il s'est trouv
que le tourniquet n'a pu jouer; la pice matresse
ne pouvait entrer dans l'crou : il a fallu la raboter.
L'opration a dur vingt-trois minutes. Vous avez
bien lu: vingt-trois minutes, pendant lesquelles le
malheureux tait l, assistant aux lents apprts de
sa'mort, recevant sur le nez les copeaux qui se dta-
chaient en frisons de la pice de bois, entendant les
propos goguenards des valets du bourreau et les
rflexions froces ou douloureuses de la foule qui
montaient distinctement jusqu' lui. Une fois, deux
fois; trois fois, le bourreau avait essay d'ajuster
l'instrument. Mais l'crou avait rsist et il avait
fallu raboter encore.
Roig a souffert mille morts. Un instant, l'un des
prtres qui le soutenaient de leurs exhortations lui
avait rabattu le capuchon de la hopa sur les yeux
pour l'empcher de voir, mais Roig avait protest.
Des cris de : Grct s'levaient de la foule, que
la police avait peine contenir. Un grand nombre
de femmes ont eu des syncopes.
Enfin, le tourniquet fonctionne souhait, Roig
embrasse une dernire fois son confesseur. On lui
passe la cravate fatale. Le bourreau appuie sur le
tourniquet. La face du condamn se congestionne,
devient pourpre, violette, noire. Sa tte tombe en
avant, sur la poitrine. Cette fois, tout est fini.
Imaginez quelque chose de plus monstrueux !
Quel que soit le crime du condamn, un pareil
supplice dshonore une nation.
Comme on comprend, en lisant de pareilles
monstruosits, qui rappellent les horreurs des
cirques remains, que l'Espagne ait t la terre


de prdilection de Torquemada et de l'Inquisition.
a, un people civilis?... Allons donc! Vos
murs, Messieurs les Espagnols, rappellent sin-
gulirement celles des sauvages des les de
l'Ocan Pacifique; et quoique vous fassiez, vous
n'arriverez plus mouvoir l'opinion en racon-
tant les prtendus forfaits des sparatistes cu-
bains, de la gnrosit et de l'humanit desquels
vous devriez bien vous inspire.
Dgot et piti, voil les deux seuls sentiments
que vous puissiez dsormais inspire.

S-------^ -----------

LA PRESS FRANAISE
Et la guerre de Cuba

Le Liberal, Cambrai :
Le people espagnol, dj fatigu par les lourds
impts accumuls sur ses faibles paules, accabl
par la tyrannie toujours croissante des ultra-roya-
listes et des clricaux, a perdu patience le jour o la
honte des dfaites de Cuba est venue se joindre la
honte des scandals et des concussions de l'intrieur.

Le Grand Journal :
Les nouvelles de Cuba ont leurs repercussions sur
les marchs europens. La rcolte de la canne
sucre se trouvant gravement compromise dans l'le
insurge, le course des sucres est en hausse partout,
en France, en Angleterre et en Allemagne.
La situation faite nos ngociants, par la trop
grande circonspection des consuls franais l'tran-
ger, est plus que jamais l'ordre du jour. Il serait
grandement temps d'y remdier.

L'Intransigeant :
Maceo est dcidment un homme bien extraordi-
naire : les tlgrammes officials annoncent tous les
jours qu'il est battu dans la province de Pinar del
Rio et, plus il y est battu, plus il s'y maintient.
En presence de cette tnacit inexplicable chez un
homme aussi souvent mis en droute, le gouverne-
ment espagnol a ordonn l'envoi d'un nouveau ren-
fort de'20,ooo soldats.

Malgr lesderniers combats favorables aux Es-
pagnols, dit un tlgramme man de source, sinon
officielle, du moins officieuse, l'insurrection a pris
un dveloppement considerable dans la province de
Pinar del Rio : les dpches signalent que les in-
surgs semblent disposer de beaucoup de muni-
tions.
Etrange, en vrit!

Le Liberal de l'A isne, Vervins :

Pendant ce temps, les soldats espagnols conti-
nuent mourir comme des mouches Cuba, et la
revolution suit son course.
Voil une le qui aura cot cher ses conqu-
rants, en supposant toutefois qu'ils puissent arriver
la garder.

Journal de la Dordogne, Prigueux :
Cuba, la perle des Antilles, est la veille d'chap-
per la domination espagnole. Le marchal Cam-
pos, battu par les rebelles, retourne en Espagne, et
il est prvoir que son successeur ne sera gure plus
heureux pour vaincre l'insurrection.
C'est en vain que la mtropole envoie chaque jour
de nouvelles troupes, c'est en vain que les soldats
espagnols se comportent avec vaillance dans toutes
les rencontres, rien, jusqu' ce jour, n'a pu briser
l'ncrgie don't sont anims les rebelles.
Dj les provinces de la Havane sont envahies par
les insurgs, et on peut prvoir l'poque o ils en-
treront dans la capital.
La perte de Cuba sera, pour l'Espagne, consid-
rable. On peut mme dire que ce sera sa ruine. Et
bientt, de son immense empire colonial, qui com-
prenait jadis presque toute l'Amrique, il ne restera
plus l'Espagne que deux petites miles d'une impor-
tance tout fait secondaire. Il est vrai d'ajouter que


c'est uniquement par sa faute qu'elle perd ainsi,
l'une aprs l'autre, toutes ses colonies.
Les Espagaols ont employ, l'gard de Cuba,
le systme d'exploitation outrance qui leur a fait
perdre successivement toutes leurs autres posses-
sions. Des impts excessifs destins payer les
dettes de la mtropole, des vexations commercials
de tous genres, ont suscit la rvolte des croles.


Cette le, en effect, est d'une fertilit exception-
nelle. Partout s'tendent d'admirables champs de
canne sucre, d'une reputation universelle. Les
plantations de tabac occupent une parties de l'ile, et
tout le monde sait que parmi les meilleurs clgares,
le cigare Havane est peut-tre le meilleur. Il faut
citer encore d'incomparables vergers, des palmiers,
des bananiers, des bois d'orangers et de citron-
niers.
La vgtation y est puissante et varie et le sol
d'une fcondit exubrante.
On comprend alors, sans peine, les bnfices con-
sidrables que l'Espagne retirait d'une aussi riche

colonie et ses efforts dsesprs pour la rduire de
nouveau sa domination.
Pauvre Espagne Combien elle est dchue de son
ancienne splendeur! Il est pass le temps o l'hte
de l'Escurial pouvait dire, avec orgueil, que le soleil
ne se couchait pas sur l'tendue de ses Etats.
Le tribunal de l'Inquisition et les luttes intestines
qui en rsultrent, les ples successeurs de Charles-
Quint et de Philippe II, impuissants tenir le sceptre
de ces grands empereurs, la dcouverte du Nouveau-
Monde qui porta au commerce espagnol un coup
fatal, tout cela a contribu la dcadence profonde
dans laquelle est tomb le people espagnol. Et, de
nos jours, cette puissance, qui avai; jadis fait trem-
bler le monde, semble offrir le lugubre spectacle d'un
moribond qui agonise.
La perte de Cuba lui portera le dernier coup.

Le Temps :
La rentre du marchal Campos n'a point t
triomphale. Le people de Madrid, jadis si empress
faire des ovations ce favori de la fortune, s'est
montr, cette fois, svre, peut-tre injuste. On en
veut au marchal de n'avoir pas cras l'insurrec-
tion cubaine. Cela n'tait gure en son pouvoir.
Il a peut-tre commis des fautes militaires:
cette distance, l'apprciation d'un plan de champagne
nous chappe fatalement. En tout cas, il ne semble
pas que sa politique, marque au coin de la gnro-
sit et peut-tre de la prudence, mrite la condamna-
tion sans appel qu'a cru devoir prononcer son suc-
cesseur Cuba, le gnral Weyler, et que l'opinion a
ratifie prmaturment.
Il reste voir si la mthode rigoureuse, la ma-
nire forte que va inaugurer le nouveau comman-
dant en chef russira mieux, non seulement contre
les insurgs qui ne sont qu'une parties des difficults
du problme, mais encore auprs des colons eux-
mmes, don't on ne peut faire totalement abstraction.
A en juger par l'article que public, dans laSatur-
day' Review d'hier, M.Winston Churchill, le fils ain
de feu lord Randolph Churchill, de retour de son
aventureuse expedition Cuba, et qui constitute un
remarquable dbut pour un jeune homme moins ac-
coutum manier la plume que l'pe, un mlange
de douceur, de libralisme, voire de magnanimit
avec la fermet et l'nergie, serait plus que' jamais
ncessaire pour prserver l'Espagne la possession
de la perle des Antilles. Il ne faut pas oublier qu'en
dehors des populations croles, en dehors mme de
l'opinion espagnole qui a ses pudeurs et ses exigen-
ces, comme le prouve la rcente declaration du parti
rpublicain fdraliste, il y a lieu de tenir compete
des sympathies amricaines, que l'on ne saurait
sans inconvnient exalter au profit de l'insurrection.
On comprend fort bien que l'honneur castillan
puisse exiger une victoire qui lui donne satisfaction
et qui restaure le prestige des armes espagnoles;
mais la question ne sera pas rsolue par un succs,
quelque grand qu'il puisse tre. Le mot fameux de
John Bright mot qu'il avait appliqu en premiere
ligne au cas de l'Irlande : La force n'est pas un re-
mde, est tout aussi vrai pour Cuba.


A supposed que le gnral Weyler ne rencontre
pas toutes les difficults devant lesquelles le dcou-
ragement et la lassitude ont fini par se glisser dans
l'me pourtant vaillante de son prdcesseur, il
n'aura accompli que la moiti de sa tche le jour o
il aura expuls de l'le le dernier chef de bande.
Ce moment est d'ailleurs encore fort loign, et
pour l'instant le cabinet de Madrid subit le contre-
coup de l'chec de sa politique aux Antilles et du
rappel du marchal Campos.

La Tribune, Laon :
Un people tyrannis au del de ce qu'on peut
dire, que le marchal Martinez Campos refuse de con-
sidrer comme de la chair canon et qui est livr
un gnral rput pour sa barbarie.
Ce people cubain lutte pour son indpendance,
pour sa libert, pour sa propre vie, et l'Espagne se
refuse toute concession, voulant craser par la
force l'le vassale qui se dbat hroquement, en d-
sespre.
De quel ct peuvent aller les voeux des patriots
et des honntes gens, en dpit de toutes les affinits
de race et de toutes les sympathies ?
La rponse s'induit d'elle-mme.
Cuba a pour elle le droit, elle a pour elle la jus-
tice, il ne lui manque que la victoire.

La Fraternity :
..... Mais nous demandons tout simplement qu'elle
(Cuba) soit libre et indpendante.

Le Rveil du Nord, Lille :
A quelques rares exceptions, les journaux conti-
nuent nous donner sur Cuba les fantaisistes ren-
seignements que contrle le gouvernement es-
pagnol. Voil un an bientt que tout un people
lutte avec un hrosme et une vaillance admirables
pour conqurir sa libert. Quelles puissantes raisons
font former ici les portes ceux qui veulent protes-
ter, au nom du droit, contre la domination dteste
de la chrtienne Espagne ? Quelles sont les caisses
qui s'ouvrent pour la press ? Quel syndicate de fi-
nanciers dirige l'opinion des hommes d'affaires
patrons tout puissants des grands quotidiens ? Nous
pourrons sans doute le dire bientt. Aujourd'hui
c'est de Cuba que nous voulons parler.
Malgr les rodomontades espagnoles, la situation
est brillante pour les insurgs, et il et mieux valu
pour l'Espagne subir une bonne dfaite que les d-
plorables victoires qu'elle s'attribue journellement.
Les troupes de Maxime Gmez ont triomph du
vieux Campos pas assez froce aux yeux de ses
maitres, et elles triompheront du massacreur que
vient de leur envoyer celle qui prtend au titre de
mre patrie. L'arrive du gnral en chef Weyler
n'aura sans doute qu'un rsultat : jeter dans l'insur-
rection ceux qui hsitaient encore et que le nom
abhorr de ce guerrier incendiaire, dtrousseur, vio-
leur de femmes fera sortir de leur indifference.

Dans quelques mois nous saluerons la Rpublique
Cubaine et l'branlement de la monarchie espa-
gnole, jour heureux pour nos amis d'Espagne
comme pour les rvolts d'au del des mers.


ADMINISTRATION

Nous prions ceux de nos lecteurs,
auxquels nous avons fait jusqu' ce
jour le service (lu journal, et qui n'au-
raient pas encore acquitt le montant
de leur souscription, de le fire sans
retard, afin d'viter toute interruption
dans le service.

Nous prions ceux de nos abonns qui
ne recevraient pas leur journal rgu-
lirement de vouloir bien nous aviser
de tout manquement au service.

On demande de bons courtiers de
publicity.

L'administrateur-gr'rant : G. ETARD.

'T1oVS. Imprimeriu U. AIBOUIN, rue Thiers, 12(;.


Avis aux Mres de Famille
FAR N E est lemeileur alimentpourlesenfantsen bas-ge.
S i 1 est l'aliment le plus complete n'exigeant que de
LACTE l'eau pour sa preparation.
est l'aliment le plus sr pour faciliter le sevrage.
ST L est le seul aliment recommand par tous les
SEST E mdecins.
EBiger le nom NESTL utr toutes les boiles. GRos, A. CHBISTEN, 16, Rue Pare-Royal, PARIS
SE TROUVE DANS TOUTES LES PHARMACIES ET GRANDES MAISONS D'EPICERIE


Inoffensif, d'une puret ab-
solue, gurit en 48 HEURES
les coulements qui exigeaient
autrefois des semaines de trai-
tement par le copahu, le cubbe,
les opiats et les injections.
Dpt dans toutes les Pharmacies.


LA PATE PILATOIRE DUSSER


dtruit les Poils Follets disgracieux sur le visage des dames, sans aucun inconvnient pour
la peau, mme la plus delicate. 50 ANS DE SUCCES, de hautes Rcompenses aux Expositions et des
milliers d'attestations garantissent l'efficacit de ce produit. (20 fr. pour le mention et les joues:
1,'2 bote, spciale pour la moustache, 10 fr. f- m"'. Pour les bras, employer le PILIVORE.
(F" m" 20 fr. 85). DUSSER, rue J.-J.-Rousseau, n" 1, Paris.


SIROP DE RAIFORT IOD
de GRIlVAULT & C'
DEPUIS T'RiENTE ANNES. CE MDICAMENT DONE
LES RESULTATS LES PLUS REMARQUABLES DANS LES
MALADIES DIE ENFANTS, POUR REMPLACER
L',UILE DE FOIE DE MORE et le SIROP ANTISCORBUTIQUE
Il est souverain contre l'engorgement et
l'inflammation des glandes du'cou, les gour-
nies. crotes de lait et les diverse ruptions
S de la peau. de la tte et du visage. Il excite
l'apptit, tonifie les tissus, combat la pleur
et la mollesse des chairs; c'est un excellent
depuratif', mieux tolr que l'iodure de
potassium.
Le Sirop de Raifort Iod exigeant des mois
de preparation et des soins spciaux, se
dfier des nmlanges de sirop antiscorbutique
et de tein!ure d'iode proposes sa 'lace.
,: DEPOT DANS TOUTES LES PHARMACIES.
ne6SB~- aqpB ~II


LI-irii~i C ~---ip ~II~L~--- ..- -- - ~Brii---isiC- -~---I ----- I-~- --




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs