Title: Republique cubaine
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Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: February 6, 1896
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Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00003
Source Institution: University of Florida
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Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
OR Baudin re Anne PARIS 6 Fvrier 1896 No 3 Une Ye B D E .0
ADRESSE TLGRAPHIQUE_: .LTT.n trinestre..................... .......... .:
U trim estre..., .......................... 50
Z, Z O-T-9: CDA L'TRANGER
PAR.AIT TOJS LES JEUDIS Uneanne.............ETRANGER ..........35.
Les manuscripts ne sont pas rendus Un semestre....... .................. 50
S, - UN NUMERO....... 0 fr. 50


MARTINEZ CAMPOS ET \VEYLER

C'est Weyler qu'il nous faut! a cri tout le
ministre espagnol, depuis le ractionnaire gal-
lophobe Canovas del Castillo, du fauteuil de la
prsidence, jusqu'au marin Branger, nagure
aspirant rpublicain rvolutionnaire, du haut de
la passerelle of s'tait promen Topt.
C'est Weyler qu'il nous faut!,
Les foules inconscientes, les foules criminelles,
deux hommes s'en sont carts: Pi y Margall
et Salmron ont rpondu :
Vive Weyvler!
Labra, le dfenseur-n des Antilles, n'a pas
protest. Et le double W qui pour la France dit
aussi: Waterloo, est devenu en Espagne la lettre
la mode. Le tlgraphe a annonc cette joie au
monde; les journalists de Madrid et de Barce-
lone ont applaudi furieusement, et la Bourse, .i le
thermomtre de la honte, a fait gagner un
point a l'Extrieure.
Ainsi parlait, il y a quelques mois peine, le
premier des gnraux espagnols, le marchal
Martiriez Campos, le hros de Sagonte et de Ma-
rakesch, le hros des batailles carlistes et du
Zanj6n. Lui aussi, acclam par les foules, allait
soumettre Cuba rvolte, oi l'on croyait que ds
son arrive, il n'aurait qu' prononcer son Veni,
Vidi, Vici. Lui seul rptait aux flatteurs de son
entourage, oi se trouvait M. Canovas dissimulant
mal son sourire : i< Tant va la cruche l'eau....
et sa cruche est brise.
Nul pourtant mieux que lui ne connaisait
Cuba et les Cubains. C'est lui qui, pendant la
guerre de dix ans (1.68-1878) les avait amens
Me douceur composition ; il leur avait promise,
au pacte du Zanjin, toutes les liberts de l'An-
tille scour, de Porlo-Hico, o il n'y avait point
de liberts, et, de bonne foi ou. non, il avait mis
fin cette guerre qui, alors que l'on comptait
encore sur sa tactique et sur ses plans, a fait dire
't dernier au ministry lomro Rlobledo, d-
barqu par C;iinovas (paroles surprises dans les
rues de Saint-Sbastien par un passant) : Les
insurgs Cubains Mais cet hiver, aprs les
pluies, nous les chasserons des provinces de
las Villas et (lu Camagiiey, et dans la province
orientale de Santiago nous les soumettrons.....
quand ils voudront.
On l'a donc rappel par cette raison suprieure,
qu'il n'tait pas assez froce. Pourtant, je fusil-
lais les chefs Mujca, Amzaga, Gil Gonzalez,
Acebo, dit-il lui-nimme, je dportais les prison-
niers et j'envoyais les suspects aux galres de
Ceuta. Je ne pouvais pas massacre des masses
d'hommes qui me rendaient les prisonniers et
qui soignaient nos blesss rests en leur pou-
voir.
Cet aveu dans la bouche du chef espagnol est
un dmenti formel donn A M. Cinovas accusant
la Revolution cubaine d'tre un simple soulve-
ment de ngres barbares, comme si d'ailleurs il
n'tait pas prfrable pour Cuba d'tre noire et
digne que blanche et prostitute.
Weyler est parti avant la rentre en Espagne
d\e Martinez Campos, et s'ils se sont croiss sur


l'Ocan, le marchal a d saluer le gnral du
porte-voix en deux mots: A bientt !
Il a pourtant pris ses precautions, Weyler.' Ce
soulvement des ngres marrons de M. Canovas
a amen, prvient-il, une situation trs diffi-
cile. Jamais, dans la guerre de dix ans (1868-
1878), l'insurrection ne s'tait autant tendue que
dans cette chauffoure de dix mois. Je suis sr
de vaincre, moi; mais pas trs vite. Ne nous
pressons pas trop. Songez que vous.ne pouvez
plus m'envoyer de renforts; nous commenons
titer des embarras financiers; les crdits sont
puiss ou peu s'en faut. N'importe; j'ai foi en
mon tole rougie de sang. Je vais d'abord net-
toyer (sic) les provinces de la Havane,'de Matan-
zas, de las Villas. Il y restera bien des hommes
en armes, puisqu'il y en a toujours, mme en
temps de paix; mais
ils y demeureront en
quality de bandits
plus dignes de mon
indulgence que les
insurgs. Je m'y con-
nais d'ailleurs, en fait
de bandits. Quant
ceux qui ravagent la
province de Pinar del
Rio, je les craserai.
Comptez sur moi;
mais il me faudra au
moins deux ans pour
vaincre. Ainsi parole
le soldat qui sortil de
la guerre passe tout
repu de sang crole.
En some, les plans
de Martinez Campos
et de Bomero 'loble-
Gnral Ani
do ne semblent pas
subir de grande mo-
difications ; chasser
les insurgs d'ici, les
craser l-bas, si l'on peul, c'est toujours fa-
cile dire et c'est habilement se garder que
demander deux ans de credit, quand on sait que
celui de son pays ne durera pas plus de trois
mois.
Envoyer \Veyler h la lhavane, (lisait un auto-
nomiste, c'est le plus mortel outrage que lEs-
pagne puisse fire h Cuba. Les femmes elles-mi'-
mes se soulveront .... surtout les femmes, ajou-
tait il, tant insultes, fouettes, souilles, avilies,
puis revenues folles, livres la soldatesque et
enfin tranglees, gorges ou brles vives. .Aussi
les Rpubliques amricaines s'meuvent-elles nii
face de l'hrosme cubain aux prises avec l'arro-
Sgance castillane. Elles n'attendent que le signal
venu de Washington et dj elles s'crient:
Assez d'exils, assez de massacres, assez de
sang! Les nations europennes n'ont-elles pas
envoy leurs marines arrter la main des assas-
sins turcs en Armnie ? Les deux Amriques, avec
leurs cent millions d'hommes, supporteront-elles
sans frmir le soulllet d'un gouvernement inepte
et en dcrpitude ?
Et du fond des forts cubaines et des anfrac-
tuosits des montagnes se font entendre comme
des chos au loin repercuts :
C'est Weyler qu'il nous faut.
C'est que, malgr le recent chec contre les el-
menls du noble et sympathique gnral Calixto
Garcia, malgr la mort si faussement annonce,
de M3iximo G6mez, quand mme Cuba aurait
dplorer un pareil malheur, malgr les prten-
dues dfaites de Maceo, fussent-elles relles,
combattant aujourd'hui contre les cinquante
gnraux espagnols qui se dmnent autour de


lui, malgr tout et malgr tous, la revolution ne
prira pas et, moins que vous n'ayez l'intention,
gnral Weyler, de rester jamais couch dans
Sla manigla, les migrs cubains, pendant que la
monarchie s'effondre, roule a bas et croule, vous
renvoient le salut de Martinez Campos:
A bientt !

--~----- ^. -----


GENRAL ANTONIO MACEO


Maceo est n Santiago de Cuba, en un jour
et une anne historique, le 14 .juillet 1848. Ses
parents, Marcos Maceo et Mariana Grajales,
taient des mtis (pardos), trs estims dans la
ville. Mariana Gra-
jales eut Il enfants
mles, don't 4 d'un
premier marriage, qui

l'Espagne dans la
guerre de 1868-1878.
La famille Maceo,
comme beaucoup
d'autres families cu-
baines, a pay lar-
gement son tribute
la patrie, en versant,
g nreusement son
sang pour la libert.
Six sont morts sur
Sales champs de ba-
taille : le pre et cinq
fils : Manuel, Firmin,
t sonio laeeo Justo, Michel et Jules.
Un autre, Rafael, est
mort en exil des sui-
tes de ses blessures;
'Philippe et Thomas durent abandonner la lutte,
tant devenus invalides du fait de leurs bles-
sures.
Un autre frre, Jos, qui lui aussi fit toute la
champagne antrieure, est aujourd'hui gnral,
et vient tout rcemment de recevoir une nou-
velle blessure la jambe. C'est a lui qu'Antonio
a confi le corps d'arme du dpartement
oriental.
Celui don't nous parlons aujourd'hui, Antonio,
s'enrla dans l'arme cubaine, en 1868, come
simple soldat, et se battit sans relche pendant
les dix ans. Chacun de ses grades, il l'a cent fois
gagn, come leprouvent les vingt-huit blessures
qu'il a reues, quelques-unes d'une extreme gra-
vit, et les balls espagnoles encore loges dans
ses chairs. Nous ne parlons pas, bien entendu,
des innombrables blessures don't le gratifient
sans cesse les dpches espagnoles, et don't il n'a
pas beaucoup souffert.
Maceo est dou d'une nature privilgie, car
il gurit toujours et trs vite de n'importe quelle
blessure. Il y a peu de temps, quand les dp-
ches adresses de Madrid la press franaise
annonaient qu'il avait t atteint d'une ball
dans I'aine, l'illustre gnral Calixto Garcia nous
disait : Soyez tranquilles, il n'en mourra pas ;
et, nous voyant sourire, il ajouta : Si vous
aviez vu Maceo comme je l'ai vu, vous series
srs que la mort ne veut pas de lui.
Et c'est vrai, il la brave chaque instant.
Quand on sonne la charge, il se transform, se


redress, ses yeux lancent des clairs e~. de sa
gorge s'chappent des rugissements de lion.
Faisant tournoyer le machete au-dessus de sa
tte, il enlve ses cavaliers et, comme un tour-
billon irresistible, fond sur l'ennemi. Le choc est
toujours pouvantable; tous ses soldats sgnt
comme lui taills en Hercule et d'une rare adresse
dans le maniement de l'arme cubaine. Maceo
est, avec raison, appel la terreur des Espa-
gnols ; en effet, personnel, si ce n'est peut-tre
Sanguily, n'a eu autant que lui le don de semer
l'pouvante dans les rangs espagnols.
Nous n'en finirions jamais si nous voulions
rapporter ses innombrables faits d'armes. Pour
peindre son caractre, nous ne pouvons fair
mieux que de fire connatre un fragment d'une
lettre adresse M. Canovas, en 1878, par le
marchal Campos, qui cherchait, alors conclure
la paix:

A Santiago de Cuba, il n'a pas t possible de
s'entendre avec le camp ennemi; celui qui com-
mande l-bas tait muletier et est actuellement g-
nral; cet homme a une ambition immense, un
grand courage et beaucoup de prestige; sous sa rude
corce, il cache un talent incontestable; il a t im-
possible de faire quoi que ce soit, contrairement
ce qu'espraient la Chambre et le Gouvernement; il
a prtendu me voir pour me tromper, et ce n'est pas
l ce qu'il y a de pire : il est arriv entraner
Vicente Garcia, en" le pregnant par le point d'hon-
neur; pour'le gagner, il lui a cd le commande-
ment.

Dans la guerre actuelle, Antonio Maceo, aux
cts du Gnral Gmcz, a parcouru triompha-
lement toute l'ile, et, en ce moment encore, la
Iti.liiii.e nous apporte le rcit de ses glorieux
exploits, avant-coureurs de la victoire decisive
et prochaine.
---------- ----


LA GUERRIE DES ESPAGNOLS


Nous lisons dans le journal espagnol La Dis-
CONSEIL DE GUERRE. Ce matin, 9 heures, a eu
lieu un autre conseil de guerre dans la prison de
cette ville, pour juger l'enfant Hilario Zulueta, ap-
partenant la bande d'Hernandez, et qui fut fait
prisonnier dans le chemin de Cartgena, do il allait
pour se faire soigner une blessure.
Le tribunal tait compos du colonel Arizon, le
capitaine Blanco, le commandant Montenegro 'et
huit capitaines. La defense tait confie au lieute-
nant Fahat.
Le capitaine qui soutenait l'accusation demand
pour l'enfant ls peine de travaux forces perp-
tuit .

Del I/(raldo, (le Madrid, du 31 janvier
Dans les centres officials, on croyait sr, hier soir,
qu' cette heure-ci, on doit avoir fusill la femme du
chef insurg, faite prisonnire par la colonne de las
Navas dans une rencontre Santa Clara.
Ce sont les journaux espagnols qui dissent cela,
sans un commentaire, comme si c'taient les
choses les plus simples.
Ils regardent ces crimes comme des affaires l-
gales. Pensez ce qu'ils peuvent fire quand ils
sont en veine d'illgalit.
Et l'Espagne parle en(ore de civilisation et
s'indigne quand les Eltas-Unis protestent de sa
faron de fair la guerre !


ej






LA RPUBLIQUE GOAINE


6 FVRIER 1896.


LA REVOLUTION DE CUBA
(Suite)


La svrit des officers espagnols Cuba,
a proue. par les HGnWM s de 'ladrid pedant
.rvolution de'188,;'reste..ans g4le. L? cite'
:iqtiques exeipi~les gopis.dans leiLivre de Sang
Ipubli:t Near Ypl'c,, et. ceux-ci -pourront montter
ii.fluel lortt'est:frQt Iefsedltintitidel'injustiej,,.t
de: dlo ressionpr,,ouvetpar ls-eitleains, etLprou-
iver. qcuela lttte actitl'e a t-ne cause beauteup
plus profonde qu'une question de races, come
l'ont si injustemrent, prptenlu lesEspgoi$ls.
Pour commencer il faut faire connatre le
'lerebdu-eoite. de .Vhliaceda public' a Bayonne
le *4 avril f1869:
Habitants du pays, les troupes de renfort
-que j'attendais sont arrives; grce elles, je
protgerai les-bons etipunirai promptement ceux
qui spentt encore en rebellion contre le.gouverne-
ment de'la mtropole.
Vous save que j'ai pardonn ceux qui
nous-ont combattus par les armes, vous savez
que vos .femmes, vos mres et vos surs ont
trouv en moi la protection inattendue,que vous
Sleur avez. refuse. Vous savez aussi que beaucoup
de ceux' qui j'avais pardonn se sont de nou-
'veau retourns contre nous.
Devant une-telle ingratitude, une telle -scel-
-ratesse, il-ne m'est pas permis d'tre le-mme
hlomme que j'ai- t ; il n'y a plus de place -pour
.une Ifausse neutrality :celui qui, n'est pas avec
.lmoiest: contremoi, et:pour donner a mes troupes
les moyens d'en.finir avec,les rebelles, j'ai donn
les,instructions suivantes:
1o Tout homme g de quinze ans et au-des-
,sus-trouv,hors de chez lui et ne pouvant donner
une,bonne raison cela, sera fusill.
20 Toute maison inhabite sera incendie p.ar
-es troupes.
30 Troute maison qui ne porter pas un dra-
peau blanc pour prouver que ses habitants dsi-
rent la.paix sera rduite en cendres.
-Les femmes qui n'habitent pas dans.leur propre
-maison ou dans celle de leurs parents seront
rassembles, soit dans la ville de 'Jiguain, soit
dans celle de 'Bayamo oitil sera pourvu leur
nourriture. Celles qui ne se prsenteront pas
d'elles-mnmes seront amenes de force.
Les prescriptions prcdentes seront en vi-
gueur a partir du 14 courant.
Pour montrer le sentiment qu'excita dans les
autres pays ce dcret, le 10 mai, M..Fish, secr-
taire d'Etat Washington, adressa une note
M. Lopez Roberts, ministry espagnol, prs le
gouvernement amricain, note ainsi conue:
Dans l'intrt de la civilisation hrtienne
et de toute l'humanit, j'espre que ce document
(le dcret de Valmaceda) est une invention. S'il
est en ralit exact, le Prsident me charge de
I protester de la manire la plus formelle centre
une telle faon de fire la guerre.
Cette protestation, toutefois, resta sans effet.
Le 9 aot 1869, c'est-a-dire quatre mois aprs,
le Estado Catalan de Barcelone publiait les nou-
velles suivantes:
Etat-majori g nal ldu capitaine-gnnral
de l'Ile de Cuba: La Cour martial sigeant en
cette place et en ce jour dans le but d'examiner
et de prononcer sentence au sujet du procs
instruit contre le jurisconsulte Jos Valdez No-
darse qui a profr des paroles sditieuses, l'a
condamn six ans de travaux forcs et aux
fers, et Son Excellence partageant l'opinion de
l'auditoire a approuv le jugement, nais non
sans fire remarquer sa grande douceur, parce
qu'il n'tait pas d'accord avec les instructions,
el lois e.ristantes, et pour cette raison, il a fait
envoyer le president et les membres de la Cour
militaire dans une forteresse pendant 2 mois,
comme punition de leur mansutude. -
Publi par ordre de Son Excellence, aprs
avoir reproduit le paragraph ci-dessus, le
journal de Barcelone :ajoutait :
Rougissantt de honte, et le creur saignant,
inous avouons, en presence des vnements ac-
tuels, que les strangers ont raison: l'Afrique
commence aux Pyrnes, et non l'Afrique des
Marocains, mais celle des Cafres.
Plus tard, le :" septeimbre 186t1, M. Domingo
ltclara :

Plus de trois ceiil espions et conspirateurs
sont l'iisill;s mensuellenient dans cette juridi''-
tion. Moi seul. avec mta t.nmpagiiie, j'en ai dj
iu;' nul' et.je n, .-er-ai jamais las de Luer. ,
ILe scplemnii dle Ja minie anue, un dutre
-ipitaiii e i e voluita;ii'res dircivait les lines sui-
\antes :


Nous en avons captur dix-sept, don't terine
ont t fusills 'sur le champ; en moumit ils
crirent: Vive Cuba Libre, vive l'hiMpen-
dance. Un multre cia':Wite Cespedes. Le jour
suiva t nous tuamest In officer cubain et un
uiitre' hommne. Parmi les treize que nous .avons
fusills !epremierjour, il y avait trois ilsrt leurs
pres ; :les pres assistrent l'extction ;de
fleurs infants? sans mnime changer de couleur-et,
lquand vint Ikur t6ur,tils>'dirent qu'il-.mouraienl.
pour 1l'indpendance delleur pays. 'Au :retour,
Mtus amenmines .trois charrettes !ilein.es -de
femmes et d'enfants, c'taient les families de
ceux que nous avions fusills; et ils nous deman-
daient de les tuer aussi, parce qu'ils aimaient
mieux mourir que de vivre parmi les Espa-
gnols.
Une autre lettre du 22 septembre 1869, de
Pedro Fardon, officierde volbntaires, adresse
Rosendo Rivas:
Il ne restera pas un seul cubain ,dans l'le,
parce que nous fusillons tous ceux que nous
'trouvons dans les champs,,dans leurs fermes et
dans' toutes les chaumires.
'Une autre lettre de Pedro Fardon son pre,
en date du 22 septembre 1869:
Nous ne laissons'pas un 'te vivant l o
nous passons, ni homme, ni animal. Si nous
trouvons des vaches,, nous les tuons; des che-
vaux dito (sic); des porcs dito; des hommes,
des femmes ou des enfants, dito; quant aux
maisons, nous les brlons; ainsi chacun reoit
ce qu'il mrite: les hommes des balles, les ani-
maux des coups de.bayonnette. LIle restera un
dsert.
Beaucoup d'actes de destruction et de cruaut
pourraient encore tre cits et prours, mais il
suffit de dire que d'aprs le mme ouvrage, en
27 mois, d'octobre 1868 dcembre 1870, 'les
espagnols turent 2,658 homes, femmes et en-
fants, ce qui donnerait, en suivant la.mme pro-
portion pour les neuf ans et six mois.que dura
la revolution, un total tle 11,222 cubains tus en
dehors-de ceux qui succombrent en combattant
ou aux'suites de leurs iblessures, et en dehors
d'un nombre gal envoy aux fers Ceuta.
Pour prouver i. nos lecteurs que les brutalits
commises par les espagnols en temps de guerre
ne sont pas diffrentes aujourd'hui de celles de
la prcdente guerre, nous citons le passage sui-
vant de The Panama Star and Herald , du
16 septembre 1895:
Brutalit espagnole. Le chef insurg
cubain, Jos Maceo a, de son quarter gnral,
dans la province de Santiago de Cuba,.crit.une
lettre dans laquelle il protest contre les actes de
barbarie'commis par les commandants espa-
gnols. Il dit: Au nom du monde civilis, nous
protestons contre les actes barbares commis.dans
la jurisdiction de Guantanamo, sous les ordres
du lieutenant-colonel Segura et a-u nom de l'Es-
pagne, par le major Garrido, chef des guerrillas
du gouvernement local. A Santo Rita, Garrido a
assassin rcemment madame Manuela Vera,
femme sans defense, Age de cinquante ans, et
gorg sa petite fille, une enfant de six ans. A
El Retiro, il s'empara de M. Armand Lamit,
citoyen franais, riche planteur de caf, il le fit
enchaner le menaant de mort comme suspect,
et lui donna vingt-quatre heures pour quitter
sa proprit. Voil l'espce d'hommes qui le
gouvernement espagnol permet de le dshonorer
aux yeux du monde. (1)
Le Comi Cubain Londres.
(A suivre.)

I------- ------

TMOIGNAGE IRRCUSABLE


Voici une lettre fort curieuse du gnral
Martinez Campos, qui dmontre non seule-
ment que Cuba a raison contre l'Espagne,
mais encore la consideration qu'a le mar-
chal pour les troupes cubaines.
Cette lettre, date du 21 juin 1878, tait
adresse M. Cilnovas, actuellement Prsi-
dent du Conseil.

Les promesses jamais tenues, les abus de tous
genres, le fait de n'avoir rien accord au chapitre
des Travaux Publics, l'exclusion des naturels du
pays de toutes les branches de l'administration, et
une foule d'autres fautes ont donn naissance
l'insurrection de Yara. Les gouvernements, en
crovant qu'il n'y avait ici d'autre moyen employer
que la terreur, et qu'il y allait de leur dignit ne
pas introduire les reformes avant que le dernier coup
de fusil n'eut t tir, ont perptu ce rgime de ter-

(1) Le faith a t rapport par tous les journaux des
Etals-Unis.


reur.,En continuant dans cette voie, nous n'aurons
'4jaYais fini, mme en couvrant l'ile de soldats; il
.'estricessaire, si nous ne voulons pas ruiner l'Es-
pagne, d'entrer franchement dans le terrain des li-
berts.
L'on croyait auparavant que'les habitants de ce
pays n'taient ,passidous pour'l'a guerre: aussi baen
;le blanc que le noir, tousnous ont'prouw le can-
traire. Aui.)urd'hui ls sont aguerris, et s'il n'y arvJas
parmi eux -de grands gnraux,,il'y a ce dontu ils
ont! besoin : d'esguerill-eros rem'arqubles.:
C.-o loyvl ,aveu du mrare'halnme t~otenait
qu'une erreur, car, 'parmi ces iguerilleros
se itrouvaient des vritables gnraux, des
imeilleurs qui, dans la guerre actuelle, ont
su vaincre, .en quelques mois, le'premier
marchal, le plus grand prestige militaire
de l'Espagne.

.-------.^i ~ L-~------*

LA GUERRE DE CUBA
Juge par un Rpublicain Espagnol

Un des hommes les plus minentsde l'Espagne,
et le seul qui.reste toujours fidle ses principles,
M. Pi y Margall, ancien president de la Rpu-
blique espagnole, a t interview, par un rdac-
teur de la Nouvelle Revue Internationale, au
sujet de la situation en Espagne.
En parlant des affaires.de Cuba, il a fait les
dclarations suivantes :
.Soyons justes avec ceux qui nous combattent
l-bas : ils se sont rvolts pour une cause lgi-
time. Depuis longtemps, comprenant que le gou-
vernement actuel, s'il ne convient pas dj
l'Espagne, ne leur-convient pas surtout eux,
les Cubains ont demand l'autonomie. Nous
autres,.qui habitons la pninsule, nous sommes
forcment nationaux; eux, don't le pays se
trouve, par les ides et par 1a distance, si spar
du ntre, ne peuvent qu'tre.internationaux. La
situation est toute diffrente. Pourquoi ds lors
n'avoir pas cout les revendications des Cubains
dans la measure du possible? On aurait non-seu-
lement vit la prsente guerre, mais encore
celle de 1868. Que de sang et d'argent gaspills
par cet enttement! Nous avons conseill d'agir
suivant la raison, le droit, les propres intrts, la
consideration des colonies que nous sommes en
train de perdre. Malheureusement pour le people
encore plus que pour les individus, la routine est
matresse souveraine en Espagne. On n'a pas
voulu abandonner les antiques procds de la
politique conservatrice pour une politique pro-
gressiste, ayant des vues largest; on a expos le
pays aux plus prilleux dsastres.
C'est notre faute, notre seule faute, s'il y a au-
jourd'hui une guerre, Cuba, et.nous voici dans
l'imprieux devoir de rparer les erreurs et de
tcher de diminuer leurs douloureuses cons-
quences. La guerre de 1868 dura dix ans, et nous
n'avons pu la terminer que par un trait. De
quel droit n'avons-nous pas accord aux Cubains
les initiatives et les liberts accordes Puerto-
Rico par ce trait? Il convient maintenant que
nous nous efforcions de terminer la guerre avec
une 'supriorit marque, sinon, aussi bien
Cuba que dans tout l'univers, on attribuera nos
moindres gnrosits notre faiblesse. Pendant
dix-sept annes, les Cubains ont rclam la li-
bert; aujourd'hui, ils rclament l'autonomie.
Laissons-les matres et arbitres de leur destine:
Laissons-les gouverner et rgir eux-mmes.leur
intrieure, leur administration, leur budget, Et
pour qu'ils puissent garder une plus grande
reconnaissance de noire gnrosit, laissons-les
enfin passer tranquillement de l'htronomie
l'autonomie, sans troubles, sans fracas, sans
combats sanguinaires.
Avec quelle facility on peut ainsi, par les ides
rpublicaines et progressistes, rsoudre les pro-
blmes les plus difficiles! Les conservateurs,
eux, tentent de rsoudre ce problme de Cuba
par les armes. Nous autres, nous pourrions le
rsoudre par la seule application de nos prin-
cipes. Il n'est plus de circonstance de jouet au
faux patriotism, au sot orgueil qu'il cause;
l'orgueil national doit disparatre devant la jus-
tice ; d mme, il n'est pas patriotique de com-
promettre dans une guerre strile le sort (le la
patrie, pas plus qu'il est human de dcider par
les armes quel est l'adversaire qui a raison dans
cette querelle.
En quelques semaines, la guerre de Cuba a
pris des proportions considrables, qui ont
alarm le pays. Le nombre des insurgs qui lut-
tent pour l'indpendance de leur le, qui luttent
vaillamment, il faut le dire, est deux fois sup-
rieur au nombre de ceux qui se soulevrent en
1868. Aussi est-ce peine, h mon avis, tant


donn que la' plupart sont employs surveiller
les rcoltes, si les 125.000 hommes envoys par
l'Espagne seront suffisants. Ah dans.fluel ddale
mous sommes-nous fou-mvoys! Quand je :pense,
et le mal est d'autant plus douloureux, qifil eft
sltiiqure'C-nmovas prit la rsolition d'a'ecorder
des rformes aux Antllesxpour queitout;'l-bas,
'rentT't dans le camee! CGnovas n 'a pas voulu
cder. Est-ce donc qu'il aurait' idtrt t e que ce
conflit 'n'it tpas ,une h'iiuieusi:-s liition :' Est-ce
qu'il llfiure tihavailler p-ur Il bien cornmun de
la patrie en grevant inutilement ilde plusieurs-
millions I, Iudlget de la'g erre? ?Nec.omprend-iL
pas, UIans son aveugle inconscience, que cette
gueTvrtest un double malheur; qu'en nous attei-
gnant, nous autres Espagnols, elle atteint encore-
les Cubains, des Espagnols aussi, en some? Ce-
ne sont que dsastres sur dsastres, et la cris
que nous traversons, en s'tendant chaque jour,.
nous menace d'une pouvantable catastrophe.
La dette de Cuba est grande: en l'anne 1890,
par example, une mission de 875 millions en
billets hypothcaires 5 0/0 fut dcrte pour
convertir la dette.de.1886. Mme si la guerre se
finit promptem ntt,,eztt situatinn s'aggravera
considrtbtme 'eit.tfle ,w /, eaIt dj un em-
prunt d,. T7.nillions de'frima'.ni': le en ncessi-
tera d'autres:ineo-ntestalblemerit.
Oui, je suis 'contre' la.uneiire'LoCiC a, et si l'on
invo lu. poBar'bl.iiiiar mon.oBpnion. le sentiment
de la palrit, je' rpoWndIi : Maiitessus du senti-
ment de opa.tie.lil'y. le s,'Atimniit de l'huma-
nit, et, pai0r easstm eltewentiment de la jus-
tice. De combien de nos jeunes soldats Cuba est
le spulcre ils prissent par centaines, les uns
victims des rigueurs du climate, les autres frap-
ps par les balles des-insurgs. Il est human de
ne pas se proccuper srieusement de chercher
les moyens d'conomiser le sang de ces jeunes
gens, de se poser en matador, de'.s'embarquer
dans une-aventure prilleuse don't les dsastres
(aprs nous .avoir dbarrass, il est vrai, de la
monarchie croulante) entraneront la ruine du
,pays.
.i--- ru ,-'-----

EFFRONTERIE CASTILLANE

Si vous le voulez bien,, nous allons aujour-
d'iui rire un peu. Pour cela, coutons les .Espa-
gnols; car rien n'est comique autant que le ridi-
cule dbit srieusement,-et les Espagnols sont
ns matres dans cet art.
Nos lecteurs trouveront plns loin, dans ,l'ar-
ticle intitul La Rvolution Cuba , quelques
renseignements sur la manire don't les Espa-
gnols font la -guerre, renseignements dus des
Espagnols mmes. D'ailleurs, nous en savions
dj assez sur ce sujet, car nous ne pourrons
jamais oublier par quels moyens nos armes
"furent combattues de l'autre ct des ,Pyrnes,
par ce people chevaleresque et loyal.
Or, les compatriotes du duc d'Albe et de Tor-
quemada s'tonnent des dispositions tmoignes,
l'gard des Cubains, par la commission du S-
nat de Washington. 11 s'tonnent que les Etats-
Unis aient la prtention d'intervenir pour em-
pcher que la guerre ne prenne un caractre de
frocit sauvage, alors que les actes criminals
commis jusqu' ce jour sont dus, disent-ils,
au vandalism des hordes rebelles. Dans le
nme journal, on lit, un peu plus loin : A
l'heure qu'il est, la femme' du cabecilla Aragon
Pondo doit avoir t fusille. Vraiment, mes-
sieurs les Espagnols, vous moquez-vous du
monde?
Chacun sait que Martinez Campos a t desti-
tu pour cause de clmence, pour avoir suivi
une politique humaine, en opposition (comme
l'avoue navement El Heraldo) avec les senti-
ments espagnols ; chacun sait que pour rempla-
cer celui que vous appeliez nagure votre plus
glorieux soldat et qui vous prodiguez mainte-
nant les coups de pied de l'ne, vous avez choisi
celui qui vous paraissait le plus sanguinaire et le
moins scrupuleux. Chacun sait que dans tous
les temps, et sous toutes les latitudes, vous avez
personnifi la cruaut et l'esprit de reaction;
chacun sait que dans l'histoire du progrs hu-
main vous n'avez attach votre nom qu'I deux
institutions, l'esclavage et la torture; et vous,
venez maintenant vous poser on petits Jsus,
parce que les Cubains dtruisent leur propre ri-
chesse, sur laquelle vous comptez continuor
uprlever la part du lion.
Qu'est-:e que l'incendie de champs do cannes h
sure. comipar''aux atroc:its que vous auriez sur
la coei-sciince, si vous aviez une conscience c
Les Cubains combattent pour une cause just, et
les moyens qu'ils emploient sont les moins bl;i-


- ~ ii






6:FVRIER- 1'896.


LA. REPUBLIQUE CUBAINE


tables qu'ait.jamais employ un people pouss
bout par l'injustice.
Que fmes-nous nous-mmes, il y a un. peu
plus d'un sicle, et vous, quel'crime niavez-voirs.
pas commis, sans que la finjustifit toujours les
moyens ?'
Le correspondent parisien du journal qui nous
occupe vajusqu' dire que, dans l circonstance,
la Rpublique des Etats-Unis applique le prin-
cipe de Bismarck,: La force prime le-droit .
Eh I mon Dieu l soyons francs : elle. l'a toujours
prim, etdles Espagnols le saventimieux que perry,
sonne. Tant qu'ils ont, t les plus forts,,le.droit,
-des Cubains, a. t le moindre de leurs soucis;
c'est d'un cceur lger qu'ils ont opprim, hu--
mili et: ruin la perle des Antilles;' et; au-
jourd'hui que la force semble avoir pass di,
mme ct que le di'oit ils ont' bien' mauvaise
grce h rclmer'au nom de ce qu'ils ont tojouours
mconnu.
Mais, c'en est assez; on perd son temps. dis-
cuter. avec des gens.pareils; car, si chez nous il:
faut,. pur; fire cent: btes,, quatre-vinig-dix--
neuf.moutons et un.champenois, en Espagne on
peut se passer des -moutons..-... et, on' est bien


servi, je vouszassure..


Egmont.


UNE FAUSSE PROCLAMATION'

Notre confrre l'Italie, -de' IRome, qui s'est'
montr si -ympa lhique pour' les. Cuba:ins"dans
son numro du 10 janvier, vient de reproduire,
un prtendu manifeste du gnral Maceo.
Ne pouvant'; pas admettre,.l'dde d'unea nystifi-
*cation de la part d'un journal aussi srieux,
nous, sommes forces d'attribuer la.paternit,ld'
ce canard. aum. gouvernement:. ospagnol qui,,du.
restes.jire serait-,pas:, son, premiere coup d'lessai
dans ce genre dahff&ires,
Mais- que notre confrre' nous. permette..au.
mnins' de lui dire qu'il s'et monir quelque.leu.:
naf en se laissant prendre jusqu'k ce point .
une si grossire invention;.
Il 'ne fallait cependant'pas une grande dose' d'
pintration pour dbuter de l'anthlienti'iil: d'un do-
*cument d-ns lequel-fMacro :ppellerait /libitie''r
:ses soldats. C'st vrai que, quelques lines plus
loin, il les appelle aussi sans patrie .
Mais il y a des choses plus curieuses encore,
D'abord on fait dire '.notre gnral que la rvo-
lution cubaine accueille tous les dshritsil: les
-esclaves d'Afrique (?), les anarchists, les collec--
tivistes, les juifs, etc., etc. Eh bien ceux- qui
ont crit ce galimatias inepte ignorent qu'aucun
,Cubain, blanc ou noir, n'aurait'l'ide de par-
ler,, de juifs chez nous, entire autres raisons,.
parcel qu'il n'y' en- pas, et qu'on-ignore mme ces:
-divisions et ces haines de: l'Europe. Et, quant
parler de collectivistes, nous pouvons assurer
-que le gnral Maceo, trop occup -des tudes:
militaires et des affaires de la guerre de Cuba,
:serait peut-tre embarrass pour expliquer leurs
aspirations et mme leur existence.
A Cuba, la question social se rduit ceci:
une classes dominatrice, les Espagnols, et une
classes opprime; les Cubains.
Mais o cette farce dpasse tout ce qu'il y a
de plus bte, ccest'quand onfait dire.au giniaii
Maeo qu'il y a deux adversaires:, lPunr est
'puissant, tenace, digne d'tre loyalement com-
ibattu,; l'autre est hypocrite, faux, mprisable.
Le'premier c'est l'Espagnol (!) ; l'autre c'est le.:
-crole des hlautes classes .
On n'a qu' lire note premiere page la bio-
:graphie du. gnral' cubain, pour, comprendre-
qu'il n'y a, pour lui qu'un ennemi qu'il.hait de'
:touti son cour.
I1! faut remarquer que, dans le manifest, on
parle de Cubains commerants et manufactu-
riers !
Pendant que l vrai.Maceo n'a fait toute sa vie
que combattre les Espagnols et: vient de les
vaincre sur. tous les-points avec le gnral Go-
mnez; le pseudo Maceo avoue ingnument:
Nous ne pouvons combattre contre une ar-
me europenne ).
Puisque l'Italie a prsent ces histoires come'
: un lment-srieux d'apprciation , elle ferait
ihien de rectifier, comme nous l'esprons, en di-
:sant que.celui qui.a voulu contrefaire cette pro-
,clamation,.non seulement ne connat pas le pre-
,mier mot- de la question cubaine, mais ignore
-que-l'tat-major de Maceo est compos com-
pltement de personnel appartenant a la meil-
leure' socit, parmi lesquelles- se trouvent des
mdeeins, des avocats-et, des- membres-de Paris-
.tooratie.
Amis personnel du' gnral Maceo, nous con-
naissons son histoire .son caractre, ses ides, et'


nous pouvons affirmer que pas un.mot' de
cette, absurde proclamation ne saurait lui; tre
attribu..,
Pour tous les Cubains, Maceo est un chef v-
nr, non come un agitateur, mais commexun
hros.
-------.. ^.---L-----.

LES AFFAIRS DE CUBA-


Nous reproduisons cet. article du HeraldO
de Madrid. (13 janvier), qui en dit long sur
la faonr don't le gouvernement espagnolt
cache l vritable situation des- affaiies, de
Cuba, qui sont sur le point d'avoir un d-
nouement funeste pour l'Espagne
Les jours passent sans que des nouvelles dcisi-
ves, au sujet de la champagne 'de'Cuba, viennent sa-
tisfaire l'impatience.publique.
Une'partie ds:. insurgs continue avancer, dns,
le territoire de Pinar del Rio, sans rencontrer de
grands.,obstacles.sur son chemin. Le cabecilla- Nu-
fiez, suit' la- line, central, se, hmaintenant toujours
prs de la voie:ferre qui va: de Pinar la Havane;
Maceo et'd'autres chefs rebelles oprent;vers.la cte-
septentrionale, par Cabafias',et Bahia-Honda. Ainsi,
ces- positions, comme celles de Nufiez . San-Crist6
bal, se:trouvent trs i l'intrieur:de laprovince et
bien, en-avant: de. cette' line de- Guanajay-Artemisa,
qu'on avait suppos-tablie' pour empcher:les' insur.,
gs d'avancer.
Pendant ce temps, Mximo Gmez est. toujours
dans la province de la Havane, ce qui ne: manque
pas de. surprendre tout l mond, aussi bien ceux
qui viventk: Cuba 'que' ceux qui observent de la P-
ninsule .le couTs de'cette guerre.
Le chef'de 'l'istsurrection sparatiste a interrompu
son:fameux raid d cavalrie'pour'occuperdes posi-
tions presque fixes sura la;ligne de- laHavane Bata-
bano.
On ne saurait plus allguer l'agilit dans, les
marches, ni la.vitesse des chevaux, pour:expliquer
la presence de Mximo Gmez .'peu de distance de
la capital, et sur un terrain peu fait pour la guerre
d'embuscades.et de surprises. Il y a plus de huit et
de dix jours qu'il demeure dans ces positions, se
coulant trs lgrement vers le Nord ou vers l'Ouest;
parfois concentrant toutes ses troupes, parfois les
divisantven grands groups, mais offrant toujours '
nos colonnes un objectif dtermin, vers lequel nous
ne voyons pas celles-ci courir avecla tenacit et la ra-
pidit ncessaires.
Comme la cause de l'Espagne ne gagne rien ce que
nous falsifions la vrit, et comme il est ncessaire
quenous ayons tous, gouvernement, journaux et
public, ce que l'on a toujours appel le courage des
circonstances, nous ne.cacherons pas que l'en-
semble ds impressions qui rsultent des insuffi-
santes nouvelles officielles et de cells qui sont
transmises, d, Cuba une' parties de la' press de Ma-
drid, aprs avoir subi la correction et la censure des
autorits, l'ensemble de ces impressions, disons-
nous, dment plutt qu'il: ne confirm les esp-
rances. et .les. optimismes, grce auxquels on avait.
russi, ces jours derniers, calmer l'agitation du
pays.
Ets'il en est ainsi, des- informations publiques, que
ne pourrait-on dire de celles qui ont un caractre
confidential et priv, et qui nous arrivent par chaque
courrier d l'ile'? Quel' effect: produiraient les' lettres
que reoivent beaucoup de personages politiques?
Qui pourrait:reproduire, .sans courier un gran.l risque
pour sa, personnel, une des correspondances qui
arrivent aux mains de gnraux et d'officiers de l'ar-
me. qui firent la dernire guerre et qui ont des su-
bordonns et des amis dans la.guerre actuelle?
Il y a entire ce que l'on public et ce que l'on cache
une si grande distance, une telle difference, que si
l'opinion publique tait'mise soudainement:au cou-
rant de l'histoire intime des faits, elle serait force,
daccuser, de- falsifier la. vrit ceux-l, mme. qui
passent pour des alarmistes, ceux-l mme qui.tous
les jours subissent les reproches ou les blmzs du
gouvernement et.des siens.,
Plus ou moins nous nous sommes laiss'influencer
par de fausses conceptions du patriotism, lesquelles
nous ferment les lvres chaque fois qu'il faut
dire une chose:dfavorable notre cause. De' cette
manire, nous:donnons sur les vnements de la.
guerre des ides galement fausses, ou nous laissons
passer des nouvelles don't l'inexactitude nous est d-
montre, ou.bien encore nous supportons des recti-
fications qu'en certain cas nous pourrions dtruire
d'un.seul mot. La vrit troupe tous les chemins
ferms: on ne. la sait jamais, ou on la sait lorsque
le mensonge a produit ses effects et qu'il n'est plus
temps de songer au remde.
Aujourd'hui, par example, El Imparcial nous r-
vle que cette grandiose manifestation de la Ha-
vane, donrrt les proportions et le sens furent ports
aux nues par le cble, ne fut pas aussi unanime
qu'on.nous le fit croire.
Ce qui arrive maintenant, au sujet de la manifes-
tation de la Havane peut s'appliquer mille choses
de la guerre, y compris les nouvelles de rencontres
que nous donnons come grandes victoires et qui
n'ont t que de lgres escarmouches.


Les'correspondants de la press, que leur:propre'
discretion contientencore mieux que la censure, ca-
chent; dans leurs' tgrammes ,et dans' leurs lettres,
une infinit de faits certains- qu'on arrive . savoir
en Espagne, au bout dun temps, trs i long, par la,
correspondence, familire de nos oom.batta:ntsi
Aucun correspondent et remarquez.'que nous
n'excluons pas ceux du Heraldo-- n'a dit encore
que Maximo Gmez, que l'on suppose, toujours en
fuite et ne devant son salutqu' la vitesse de ses
chevaux, porte avec lui un tlgraphe de champagne
et des musiques militaires; qu'il d.-,nne ds concerts
dans les localits et qu'il passe des revues o: figu-
rent 8,000 hommes..
..... ...... ... ... ......., .. . o.
...... Nous marchons l'aveuglette, dpensant le
patrimoine national'et rpandant torrents le sang
de notrejeunesse, sans qu'il soit.permis personnel ,
suivant la thorie ds ministiiels, de dmander
compete du present, ni de s'informer de, ce que nous
reserve l'avenir.

Il ne.nous rested, pour miontrer au public
franais. lvaleur ds dpches espagnoles,
et des victoires , don't: elles parulent, qu'a'
reproduire la. circulaire du gnral! Mar-
tinez: Campos aux., chefs et. offleiers de: son,
arme; Voicirce, curieux document :

ARMED DE. C BUA,
Etat-majo'r ge n'ral.,- A uwey'~a ramu de dev-iv,
sion, de,' lrigade', et ct'erfs.
GCCULAIx
Je vois,,avec regret que, sans tnircompte de
mes disppsitions,, on tombe encore dans ledfaut
d'exagrer les ragoorts des rencontres les plus
in signifiantes,, reprsentant .presque. commexdes
batailles, de lg rlgesa esarmouees,. Et,.,,ce. qui;
est encore. plus. ,'rave, oo ia4m rend.i compete de.
morts: vus et d!;norahretuxi.hlesss,.,qui ne sont'
plus:: retrouve apars& d&ins les'treconnaissances,;
malgr la fuite prcipite des ennemis. Par
contre, d' notte'.ct6, apparaissent' ,'peine ls
pertes indispensable 'otbute action d guerre, et
il en rsulte une disproportion, quine sied pas,
la loyaut des rapports officials:
Dans mon experience de la guerre, j'ai eu tou-
jours l'occasion de constater tout de suite mes
propres pertes, et j'ai toujours tard connatre
celles de l'enuemi il n y a'. aucune-raison pour
qu'il n'en soit pas de mme dans ta..guerre ac-
tuelle.
Je recommande'donc, aqie'dsormaisi et. sous
la.: plus troite. resposabitilit des' ohefst: de- co-
lonnes, les rapporls soienr bref ourdonns, clairs
et' strictement' vrai, commei. ili convievt'. . des
militaires srieux, en rendant, compete d'-,ahord
desrpertes-de lai colonre..et, aprs ,de celles de.
I'enaxemei, se:bornantiau-Ximorts- et, aux blesss,,
qui. resteront sur le terrain, sans faire mention
des. morts vus, des blesssretirs, des traces de
sang, etc. Dans les rapports que je recevrai o il:
sera donn une operation plus d'importance
qu'elle n'en auraeu rellement, je. mebhornerai '
communiquer i mon tour au; gouvernement de
S. M. la date delai r':ni:,ntre et lespertes.,des
troupes.
Gomme consequence de ces recommendations,,
je dfendsabsolument qu'on. communique la.
press les. reports des faits de guerre et. le
journal des operations. avant que je n'en aie pris
connaissance: Je donnerai des ordres pour leur
publication dans la Gazette. Officielle, ou je les
autoriserai pour la press de l'Ile dans les terms
que je jugerai utiles.
Vous tiendrez.compte de ces recommendations
pour leur exact accomplissement.
La Havane, le 28 octobre 1895.
Arsenio Martines Campos,
S--------.-" ----


GUERRILLAS

Le Temps vient de publier.une lettre d'un cor-
respondant de La Ilavane, montrant quelle est
exactement la situation Cuba.
Etfin, les lecteurs du Temps ont entendu une
autre cloche que celle don't. M, Cdnovas est le
sonneur. Naturellement, la lettre en question r-
duit leur just valeur les victoires des Espagnols
et leurs mensonges sur le caractre de la lutte et
les procds des Cubains.
Prenez garde, cher confrre, vous allez vous
faire traiter de flibustier.


D'une dpche officielle :
... et les insurgs se dispersrent, abandonnant
5 chevaux blesss.
Certainement les insurgs current tort, ils au-
raient d, tout prix, dfendre les chevaux, puis
les conduire h l'ambulance.


De -La (.'orer'lrioind irn i. de Madril :1
Dans quelques' jours partira de Hmbourg, ? des-
tination d Cuba, un' dfateau condisan! l, matrsiel
Sde trois batteries de montagne, systme Krrupp:j pour
le gouvernementespagnol.,
Aur ttair dont vont: les- choses, c'est! Mximot
G6miez qui en prenda' livraison.


M. Jacques Saint-Cre (sur la. Saint-c'ile de
qui: on sera- d'sopmiais f'), avait: entre, t&nti
d'autres-mrites celi i ditte un .iril,:nt pai tisan
de l'Espagne.
Avis, au Marseillais qui rdige, boulevard d
Courcelles. dea, rcits, d victoires a l'intention,
des journaux -clairs' ,par P mbassad~


Daijournal espagnul 'La Vo' de Guipcizcoa :
Lui (Weyler) et Polavieja avaient la confiance
de l'opinion; plit6t'Wylr parce qu'il lest moins
politique'; ettout'ile mond sait'qu''Cba il' es't
indispensable, avant' tout' d"tre un esprit grie"
rrier, un gnie militaire, un Moltke plttl'q7'un-e
Bismark.
Un Moltke? Alors, Weyler tait tout indiqu.




LES: FINANCES- ESPAGNOLES

Du journal El Liberal, de Madrid :
C'est un vritatle comble, ce qui' est er train
de se passer au sujet- des, (.pi- railions-die crd,]it'
que fait' le gouvernremeait pour' suhvenirra aux
frais de la guerre~i soit'avec- la Banque d 'Prij,,
soit2aveoe'la Banque d'Espia.n. ne. parfois avec l n--
tervention du ministry, des, finances, parfois -
grce au, miistee des',ololonies, etVdrnii'ement
gr,e, excltisivemenrt aux, bons' olfires de Mi CGA-
novas,
Illy a:en tout'ceci, de li part de nos-.lomimes'
publics, une'ignorance; complete ds questions
financires, un desarroi teli qu':il devientimpos-
siblM de porter un j ugemente.xactesur, ls eprojets
conomiquesdu. part conservateur.
L'opration, d prt' faite, avec l a.Banque' de
Paris: sur- ds- billts. hypothcaires de l'le -de
Cuba, mission. de 1890, avec. des chances
faitespar le: minister ds colonies l'Podtedi
Trsor-d Espagn-e'qui:ls, endossa . la; Banque de
Paris,. cette, operation fut: consciencieuscment
tudie. et .co~iYattue 'pari nous: avec ds argu-
merrts" irrfutables. Nous' dmontr.ines. qu::el'
tait'mauvaise"et'qu'elle ne pourrait en- tucune
manire aider:', 'rsoudre :le pobl,me ds:fondss
ncessaires; .la guerrei Le'temps,,nous 'a'.dOnn4
raison-.En cette.circonstance, M. Canovas dclara
que l'opration tait, faite surtout dans le but
d'viter la hausse du change. En effet, h cetteO,
date, celui-ci tait 1,70; il est aujourd'hui -'
21,50. Prcieux advantage! ,L'Extrieure se colat0,:-
Paris, 67,;50 eL, lier, i U,, i:.
Aprs cela, nos lecteurs pourront facilment-
vrifier le fait qu'on ne peut, en questions: de fi-:
nances et de:crdit, fire des affirmations come
en politique. Quand donc M. Canovas arrivera-t-
il i s'en convaincre?
Nous affirmmes que l'opration aurait pu tpe
faite en Epj-,ii?, et la press ministrielle soute'
nait le contraire. En ceci encore, on n'a pas tard
nous donner raison. Deux mois peine'",
s'taient couls que le gouvernement dman-S,
dait la Banque d'Espagne cinquante millions:'
de picettes, et cet tablissement ouvrit un
compete crcditaire avec la garantie de billets
hypothcaires de Cuba de 1890, et, cette garan-
tie ne suffisant pas h la Banque, elle exigea des
billets donns par le ministry des finances.
Ainsi donc, ici commence l'illgalit de cette
operation, car nous insistons sur ce point que le
gouvernement ne peut fire en ce sens aucune
operation ayant rapport avec le Trsor de la P- .
ninsule sans le concours des Cortes. Il nous sera'
facile de le dmontrer.
11 est public et notoire que le gouvernement
demand actuellement cinquante millions de
plus dans les mmes conditions. Nous recom-
mnenons donc et, avant deux nouveaux mois,
nous serons dans la mme situation, car unu tell
quantit, insignifiante par rapport la guerre de
Cuba, dure peu de temps.
L'article (iO de la loi des budgels autorise le .
gouvernement a contractor, au course de l'exer-,
cice, une dette flottanle pour une some qui-,
valente au quart du total do budget des dl,
penses.
Le gouvernement pourra dpasser :ette limit;
en cas de uerre. ou d'niiiie grande perturbation
de l'ordre public en Espagne. "


__





LA RPUBLIQUE CUBAINE


6 FVRIER 1896.


Les rgles pour pouvoir contractor cette dette
sont dtermines par la loi du 26 juin 1894; et,
il rsulte des articles 3, 4, 5 et 6 de la dite loi,
que la Banque aura sa charge les functions de
trsorier de l'Etat, lesquelles functions consistent
, recueillir, dans ses caisses, les fonds recou-
vrs, Satisfaire aux obligations du Trsor et
lui ouvrir un credit qui, ne pourra dpasser
75 millions de piastres pour subvenir l'exc-
dent des paiements.
La Banque touche 3 pour,100 annuellement et,
la fin de l'exercice, elle reoit des obligations
du Trsor.
Il rsulte que le ministry des finances ne peut
fire l'opration une fois ce chiffre atteint, et, il
l'est djIcomme le dmontre le dernier bilan de
la Banque d'Espagne, d'aprs lequel les billets
atteignent la some de 87,685,645 picettes.
Il s'ensuit que ce crdit'a t puis et'mme d-
pass.
Tout ce qu'on est en train de fire est donc
illegal et, franchement, nous ne comprenons pas
que le gouvernement ne se hAte pas de s'carter
de tels chemins.

Du journal El Pais, de Madrid :
Il y a une chose encore plus grave que la
guerre de Cuba, bien qu'elle soit une cons-
quence de cette guerre. Il n'y a pas d'argent
pour subvenir aux dpenses de la champagne, et
il n'y a pas non plus de moyens lgaux pours'en
procurer.
Dans un trs court dlai, les resources don't
dispose le ministry des colonies seront puises;
la Banque d'Espagne,il y a plus de 105,000,000
de cubas pignores, et le Mont-de-Pit, oubliant
sa mission de bienfaisance, a inverti en obliga-
tions de Cuba une immense quantit d'argent;
les billets en circulation dpassent la valeur de
1,011,000,000 de picettes, et on continue lan-
cer sur le march du paper en de telles propor-
tions, que bientt il dpassera la limited fixe par
la loi, tandis que, d'autre part, les reserves en
mtal diminuent et les valeurs immobilises en
portefeuille augmentent, lesquelles valeurs ne
pourront jamais avoir le caractre de valeurs
90 jours, ni servir, par consquent, garantir
la conversion en mtal des billets en circulation.

Dans ce gouffre noir de Cuba, on engloutit la
richesse' du pays comme on y engloutit aussi ce
qui vaut plus encore : la vie de beaucoup d'en-
fants de l'Espagne. Si nous perdons Cuba, le
pays sera charge de la dette cubaine et, mme
avant cela, il aura supporter les consequences


conomiques des erreurs et des iniquits des
gouvernements de la Restauration.
De quelque ct qu'on dirige ses regards, on
ne voit que les signes de dangers immense et
d'une ruine pouvantable. Aprs la perte de
Cuba, la banqueroute; aprs l'chec de Martinez
Campos, la faillite des finances, la dbdclclde la
Banque d'Espagne, le krach du Mont-de-Pit,
la liquidation de la Banque Ilispano-Coloniale.
Il faut que l'onn'en arrive pas l et, pour
cela, il faut de l'nergie et du patriotism.
Dans le cascontraire, il faudra, dire en paro-
diant une phrase clbre :
Dieu sauve la patrie I



DERNIRES DPCHES

Le Times, de Londres, public le tlgramme
suivant de New-York :
New-York, 2 fvrier. Des tlgrammes de la
Havane rapportent que Maceo a atteint la limited de
la province de la Havane, samedi, et y rencontra les
forces espagnoles, au nombre'de' ,200 hommes,
commands par le gnral Canella; une bataille
s'ensuivit, qui dura trois heures. L'arme du gn-
ral Canella tait prise entire l'avant-garde de Maceo
et l'arrire-garde de G6mez. Les Espagnols taient
en train de se faire tuer en trs grand nombre.
lorsque, en dernire resource, le gnral Canella
envoya un petit corps de guerrillas, sous les ordres
du capitaine Riveras, Alquizar, situ quelques
miles plus loin, afin de demander des renforts. Ce
petit corps s'ouvrit chemin travers les Cubains,
aprs un combat hroque, et, aprs tre arriv
Alquizar, s'en retourna avec 1,5oo Espagnols. A l'ar-
rive de ces derniers, les insurgs se replirent len-
tement. Le gnral Canella perdit 140 hommes tus,
et sa force aurait t anantie s'il n'avait t secouru.
G6mez et Maceo r'avaient pas russi effectuer
leur jonction lorsque ce tlgramme a t expdi.

Du Neew-York Herald, dition de Paris :
New-York, 4 fvrier. Une dpche de Kingston
(Jamaque) announce que le vaisseau de guerre an-
glais Mohawk a t appel en toute hte la Havane.
La raison de ceci, dit-on, est que les volontaires
espagnols se sont soulevs.
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LA PRESS FRANAISE
Et la guerre de Cuba

La France, de Bordeaux, reproduit quelques
considerations de l'minente directrice de la
,Nouvelle Revue sur la guerre de Cuba.
Voici ce que Mme Juliette Adam dit, en parlant
du marchal Campos :


, Il n'a vaincu la premiere insurrection cubaine que
par des promesses de rformes qu'il n'a su ni tenir
ni imposer au gouvernement qui l'avait impos. Ce
manquement la parole donne a profondment
irrit la population cubaine et laiss des traces de
mcontentement grandissantes.

La Rpublique Franaise:
Le marchal Martinez Campos a dbarqu hier
la Corogne, et a t accueilli par de grandes manifes-
tations de sympathie destines le venger de la
disgrace don't l'a frapp le gouvernement. Que cette
disgrace soit, d'ailleurs, absolument immrite, c'est
ce qu'il serait, aprs tout, impossible d'affirmer; car
pour si brave et si loyal soldat qu'il soit, il est un
faitindniable, c'est qu'il n'avait pas russi, et que
l'insurrection, malgr toutes les resources mises
sa disposition, n'avait pas cess de faire tache
d'huile, gagnant jusqu'aux environs de la Havane
elle-mme.
Le Temps:
L'insurrection de Cuba ne prsente pas seulement
l'Espagne un problme intrieur redoutable, r-
soudre force de sacrifices d'hommes et d'argent.
Elle pose en mme temps devant elle un problme
international infiniment dlicat et qui menace
chaque instant de la mettre aux prises avec la puis-
sante rpublique des Etats-Unis.
........................... ... .... ............ ..
En Espagne, on s'en doute bien; mais cette con-
naissance ne change rien aux difficults d'une situa-
tion presque aussi delicate au point de-vue extrieur
que menaante au point de vue militaire et fiscal.

Le IMmorial Diplomatique :
Les Espagnols ont un intrt primordial loigner
autant que possible les insurgs de la Havane. Le
jour o des troubles foments par le voisinage im-
mdiat des bandes de G6mez et de Maceo clateraient
dans la capital, le succs dfinitif de l'insurrection
ne serait plus qu'une question de quelques semaines
ou de quelques mois.

Le Figaro :
... L'Espagne, don't le pavilion (un flot de sang
entire deux flots d'or) fut glorieux, n'oublie-t-elle pas
un peu trop que nous ne sommes plus l'poque
de Fernand Cortez, que son empire colonial s'est d-
sagrg, que toutes les rpubliques des deux Am-
riques, qui sont ses filles par la race et par le sang,
ont secou son joug de fer, en faisant les plus grands
sacrifices pour conqurir leur indpendance par la
rvolte, et les armes la main?
L'ile de Cuba est depuis longtemps un grand pays,
et si les Etats-Unis proclament leur intention de
garder la neutralit, personnel n'a le droit d'ignorer
que, les Etats du Sud, la Gorgie, l'Alabama, la Flo-
ride, etc., envoient au Congrs de Washington des
votes favorables au parti insurg.
Cuba, par sa production,'par ses richesses, par la


densit de sa population, pense avoir droit ne pas
tre traite seulement en pays conquis, n'ayant d'au-
tre mission que de fournir son or la mtropole.

La Rtecue Diplomatique :
Le gnral Weyler; il a dit que, suivant les cir-
constances, il userait de rigueur ou ferait preuve de
tolerance. Il croit que la situation est grave; dans.
.toutes les provinces qui sont envahies par les in-
surgs, il mettra des forces considrables et tchera
d'expulser les insurgs de chaque province, l'une
aprs l'autre. II se conformera toujours strictement
aux ordres du gouvernement.
On peut, d'ores et dj, sans crainte d'tre dmenti
par l'vnement, lui prdire qu'il n'obtiendra -pas-
plus de succs que le gnral Martinez Campos.
L o la prtendue douceur de Martinez Campos
a chou, la rigueur du gnral Weyler chouera de
mme.
Le gnral Weyler se proposerait de concentrer
toutes ses forces et de procder par grandes masses.
Il n'entrera jamais en contact avec son adversaire,
qui le harclera constamment sans jamais accepter
de combat.
Ayant affaire un ennemi suprieur par le nombre
et l'armement, les Cubains font la petite guerre,
comme la firent les Espagnols eux-mmes au com-
mencement du sicle contre Napolon.
A ce jeu terrible, ainsi que l'exprience l'a tou-
jours dmontr, les armes les plus fortes finissent
par se fondre et succombent fatalement.
C'est le sort qu'on peut prdire, coup sr, l'ar-
me que le gnral Weyler va .concentrer dans sa
main.
Quant la dynastie, qui joue sa dernire carte sur
la tte de ce gnral, il y a cent contre un parier
contre elle.


ADMINISTRATION

Nous prions ceux de nos lecteurs,.
auxquels nous avons fait jusqu' ce
jour le service du journal, et qui n'au-
raient pas encore acquitt le montant
de leur souscription, de le faire sans-
retard, afin d'viter toute interruption
dans le service.

Nous prions ceux de nos abonns qui
ne recevraient pas leur journal rgu-
lirement de vouloir bien nous adviser
de tout manquement au service.

On demand de bons courtiers de
publicity.

L'administrateur-gerant : G. ETARIID.

PARIs. -Imprimerie:spciale de la Ipublique Cubaine,
20, rue Baudin.


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Pendant que sommes en Espagne, n'oublions pas que c'est de l que nous
vient aussi cette fameuse eau Cruspinera don't je vous parlais dans mon avant-
.dernire chronique, et don't le dpt en France se trouve Paris, chez M. FERRER,
20. rue Baudin. Celui-ci, trs au courant de la question, m'a donn toutes les expli-
cations que je dsirais connatre afin de vous les transmettre.
Ce rgnrateur capillaire est un produit vgtal, exclusivement compos du suc
d'herbes, comme me l'avait assur la jolie Espagnole qui m'en a parl la premiere.
Il suffit, pour conserver une belle chevelure, de s'en mouiller lgrement la tte
avec une ponge une fois par jour. S'il s'agit de traiter une personnel chauve, il
est ncessaire d'en faire usage matin et soir.

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