Title: Republique cubaine
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00081139/00002
 Material Information
Title: Republique cubaine
Series Title: Republique cubaine
Physical Description: Serial
Language: French
Publication Date: January 30, 1896
 Record Information
Bibliographic ID: UF00081139
Volume ID: VID00002
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.

Full Text
























Patrie et Libert


RDACTION & ADMINISTRATION PRIX DE L'ABONNEMENT (EN FRANCE)
90Re:a pA nn I PARIS PAYABLE D'AVANCE
Rue Baudn r nne PARIS o Janvier 1896 N 2 Une a .................. .............
Un semestre.......................... 15 f.
ADIESSE TELGRAPHIQUE: LA= -TA :I)O C- Un trimestre ...................... ......... 1 rO
T3ILEP ONE E A L'TRANGER
PARAIT TOUS LES JEUDIS Uneanne.................................. 3.5r.
Les manuscrits ne so0t pas eendus Un semestre ............................... .
Les ansrts e st ps rendus UN NUMRO ....... O fr. 50


AUX


CUBAINS


Le Dlgu plnipotentiaire de la Rpublique
Cubaine New-York, rappelle aux Cubains rsi-
dant ou se trouvant accidentellement l'tran-
ger; qu'ils doivent tous, absolument tous, conti-
nuer aider rgulirement de leur argent la d-
lgation, pour l'envoi des armes et des munitions
destines leurs frres, qui luttent et qui versent
leur sang pour la patrie sur les champs de ba-
taille.
Les cotisations, en Europe, sont reues Pa-
ris, chez le Dlgu, M. le Dr R.-E. Btances,
6 bis, rue de Chtteaudun.



LES MOTS ET LES FAITS
A la Presse Franaise

La majority de la press et du public franais
manifestent leurs sympathies pour l'Espagne,
dans sa lutte contre Cuba.
Nous n'insisterons pas sur ce que peut avoir
de surprenant cette attitude d'une nation en qui
on se plait voir la protectrice sculaire. des
opprims, car les sympathies ne peuvent se dis-
cuter; mais il est de notre devoir de protester
contre des calomnies qui, sans doute, provien-
nent plus souvent de l'ignorance que de la mau-
vaise foi. Il est, malheureusement, vrai que les
Franais n'aiment pas regarder par-dessus
les frontires , et, pour tre justes, nous ajoute-
rons que, vraisemblablement, ils seraient tous
favorables aux patriots cubains s'ils connais-
saient l'histoire de Cuba.
A l'tranger, l'Espagne combat les insurgs
avec des mots; chacun (de ces mots nous r-
pondrons par un.fait.
Le rdle civilisateur de l'Es/agne en. Ami-
rique , voil un de ces mots. Voyons le fait. Li-
sons la conquLte de l'Ainrique dans l'histoire (lde
Michelet. Que trouvons-nous ? La perfidie, l'as-
sassinat pour moyens, le vol pour but. Et ce
monument imprissable est lev a la honte de
l'Espagne, par un Espagnol, le saint vque Las
Cases. Aujourd'hui, les moyens seuls ont change
(pas toujours cependant); lafraude, la concus-
sion, perptuent l'odieux rgime issu du massa-
cre des premiers habitants de Cuba.- On peut
s'en rapporter Serrano, Salamanca, Prim,
D)ulce et mme Martinez Campos, tous Espa-
gnols.
Autre mot : Les barbares procedes des insur-
gs. Voici le fait: Pousss bout par quatre
sicles de tyrannie et de rclamations vaines, les
Cubains dtruisent eux-mmes leurs proprits,
source de richesse pour leurs ennemis. Font-ils,
en cela, autre chose que de suivre les rgles fon-
damentales de la guerre, et l'histoire n'appelle-
t-elle pas des hros : Guillaume d'Orange ou-
vrant les digues de la Hollande, et les Russes
incendiant Moscou, et tant d'autres qui ont sacri-
fi tout leur patrie? Les Cubains ne peuvent,
prendre plaisir ruiner leur propre pays, et leur


faon d'agir ne prouve qu'une seule chose : c'est
que le despotisme espagnol est tel qu'ils lui pr-
frent la ruine et la mort.
Ainsi, un accident historique et des crimes
inouis donnent l'Espagne la domination de
l'Amrique; puis, la civilisation faisant son oeu-
vre, tous les peuples conquis lui chappent;
aujourd'hui, celui de tous ces peuples qui a t
le plus cruellement et le plus longtemps opprim
est sur le point de s'affranchir son tour, et les
oppresseurs trouvent des amis secourables dans
les fils de la Rvolution franaise! au seuil du
xxe sicle.
Nous assistons ce fait monstrueux et di-
fiant : Martinez Campos, destitupour s'tre re-
fus apaiser la soif de sang des volontaires de
la Havane. Lisez plutt ce tlgramme qu'il
adressait au
gouvernement i
Espagnol, le 17

Laseuleforme
de remplace-
ment que je
n'admets pas,
c'est cellepour
raisons de
sant ; la v-
ritable cause
.est ce qui suit:
( Je vous pr-
viensquejene
changerai pas
de politique.
Je fusille les
cabecillas pris
et j'envoie au .
bagne les pri-
sonniers. Eux.
(les insurgs)
nous rendent ..,., ,
ceux-ci eltsoi-
gnentl os
blesss. J'ai SALVADOR S
SALVADOR OISNI
donn des or-
dress pour que iPn'SIDENT DE LA.
les voleurs et
les incendiaires soient fusills sur-le-champ.
Je ne puis ni ne veux aller plus loin.
II est donc facile, d'aprs le marchal Campos
lui-mme, de voir de quel ct sont employs
les procds savages, et si ce sont les Espa-
gnols ou les Cubains qui luttent en civilisateurs.
Il est encore un mot auquel nous devons re-
pondre par un fait : L'intgritedu territoire
Espagnol , nous rpondrons simplement : Gi-
braltar!
L'intgrit du territoire Espagnol Mais Cuba
ne fait parties de l'Espagne ni gographiquement,
car elle est situe dans une autre parties du
monde, ni politiquement, car elle n'a jamais t
traite come les autres provinces espagnoles.
-La seule chose que les Espagnols aient le
droit de dire, c'est que les Cubains sont fils d'Es-
pagnols, mais il faut avouer que, jusqu' pr-
sent, ces derniers ont eu une singulire faon de
tmoigner leur tendresse paternelle.
Par consquent, il est just, au point de vue
thorique, que les Cubains cessent d'tre traits
chez eux en esclaves, et il est natural, au point
(le vue pratique, qu'ayant t conquis et gouver-
ns par la force au service de la tyrannie et de
l'iniquit, ils s'affranchissent par la force au ser-
vice (le la libert et de la justice.


SALVADOR CISNEROS BETANCOURT


Nous commenons aujourd'hui la publication
des portraits des principaux hommes de la Rvo-
lution Cubaine.
Salvador Cisneros Betancourt, marquis de
Santa Lucia, est le plus bel example que l'on
puisse prsenter aux Cubains au commencement
de leur vie politique.
M. Cisneros Betancourt, qui a dj occup la
premiere magistrature cubaine au course de la
guerre de dix ans, est n Puerto-Principe, en
1832; lors du soulvement de cette ville, le 4 no-
vembre 1868, il fut un des premiers qui prirent
les armes. Nom-
m tout d'abord
reprsentantdu
Camagfiey, la
Chambre cons-
titue Gu'i-


EROS BETANCOUR'T


REPUBLIQUEi CUBAINE


maro, puis pr-
sident de cette
Chambre, ilm-
rita par sa droi-
ture, parl son
respect la
Constitution
que ses conci-
toyens s'taient
donne, d'tre
appel la Pr-
sidence de la
Rpublique Cu-
baine, en rem-
placement de
Cspedes.
Sous sa Pr-
sidence fut or-
ganislesecond


corps d'armie
d'Orient, qui envahit les provinces occiden-
tales sous les ordres de Flix F. Borrero. A
la sance du 8 fvrier 1878, il eut l'occasion de
montrer son nergie, refusant d'entrer en pour-
parlers de paix avec le marchal Martinez Cam-
pos et dclarant qu'il ne restait son poste que
pour protester contre une conduit qui lui pa-
raissait illgale.
Aprs le trait du Zanjon, il se rfugia a
New-York, oi il rest jusqu'en 1886; k cette
poque, il rentra Cuba, o il eut soin de se
tenir l'cart. Au dbut de l'insurrection ac-
tuelle, ds que Maximo G6mez se prsenta devant
Puerto-Principe, le marquis de Santa Lucia,
entour des jeunes gens les mieux connus de la
ville, rejoignit le gnralissime cubain.
Le marquis de Santa Lucia, malgr son ;ige
avanc, a voulu prcher l'exemple a ses compa-
triotes : il ne pouvait leur en offrir un plus noble.
Une situation brillante, de grande proprits,
son pass politique tout fait de droiture et de
dvouement, auraient suffi lui assurer l'admi-
ration de ses compatriotes; mais Salvador Cis-
neros ne croyait ras encore avoir fait tout son
devoir; dans la lutte actuelle, on trouve l'illustre
vieillard aux endroits les plus dangereux, encou-


rageant de sa voix les jeunes patriots et leur
donnant l'exemple de la vaillance et de l'abn-
gation.
Le marquis de Santa Lucia est aujourd'hui
President du Gouvernement provisoire cubain.

-----~I *------
MANIFESTE
du gnral MAximo Gomnez

Afin que nos lecteurs puissent apprcier la
manire don't les Espagnols font la guerre, nous
mettons sous leurs yeux le manifeste du gnral
en chef de l'arme cubaine que nous avons dji
public en espagnol dans le numro prcdent.
Au monde civilis, aux habitants de 'ile
de Cuba.
Dans la lutte grandiose, qu'aprs une priode d'ar-
rt de plus de dix ans, recommence le people cu-
bain en faveur de son indpendance etde sa dignity,
contre son ternel et tenace oppresseur, les Eispa-
gnols ont ressuscit, chaque fois qu'ils ont consi-
dr l'occasion propice, les iniques procds don't,
avec tant de joie, ils usrent pendant dix ans.
Grce au manque de relations internationales et
de dveloppement des principles de philanthropic et
d'humanit, le gouvernement espagnol put, pendant
la dcade de 1868 1878, exercer contre ses 'propres
fils hommes, femmes et enfants, ses froces et
sanguinaires instincts, et raffiner sa cruaut l gen-
daire.
Au commencement de la prsente lutte, oblig par
un peu plus de civilisation, l'oppresseur a cru devoir
fire des declarations publiques d'un procd plus
humanitaire. Mais elles ne s'effacent pas dans une
heure les lois naturelles de l'hrdit. Et l'arme
espagnole, la fin de l'anne 95, agit, quand Iele
compete sur l'impunit, de la mme faon qu'elle
agissait de 1868 -1878, comee le prouve sa der-
nire prouesse, que, tremblant d'indignatiop, je vais
raconter.
Le 16 octobre dernier se prsenta, dans le campe-
ment-du colonel Justo Snchez, Jos Castillo, lieu-
tehant de.l'arme espagnole, accompagn de quatre
soldats connus sous les noms de Cebolla, Marinero,
Nov et Zorilla, demandant tre incorpors dans
l'arme libratrice. Le 24, on accord Castillo et
ses homes la permission d'aller chercher ces
armes et des munitions qu'ils disaient avoir caches
dans les bois; ils demandrent d'tre accompagns
par cinq hommes de confiance et on leur donna le
capitaine Agramonte, le lieutenant Rdriguez, le
caporal Vallejo et les soldats Campos et N. Rodri-
guez. A une demi-lieue de Ciego de Avila, ils descen-
dirent de cheval et laissrent leurs montures sous la
garden des deux soldats.
Ils continurent leur route avec les autres. A peine
s'tait-il pass une demi-heure qu'on entendit des
coups de feu. Noy et Zorilla retournrent prs des
deux soldats qui gardaient les chevaux en disant
qu'ils taient tombs dans une embuscade et qu'ils
craignaient que leurs compagnons n'eussent t tus.
On dcida alors d'entrer dans la fort; mais, peine
avait-on march quelques pas que Noy et Zorilja
commenrent tirer sur Campos et Rodriguez qui,
bien que blesss, soutinrent une lutte terrible contre
les deux infmes, et parvinrent s'chapper, par
miracle, malgr leurs blessures.
Le capitaine Agramonte, le lieutenant Rodriguez
et le caporal Vallejo furent lchement assassins et
mutils.
C'est en vain que les Espagnols dclarent dans les
journaux que leur conduite est digne de la consid-
ration de tous les hommes; ce ne sont que de vaines
paroles, leurs procds sont tous semblables celui
que je viens de raconter.
Comme homme, come militaire honnte ayant
soin de son honneur, je condamne le fait que je
vous dnonce.
Comme gnral en chef de l'Arme libratriceje
rappelle publiquement l'ordre que j'ai donn, et qui
n'a jamais t viol par mes subalternes, de ne ja-
mais user de ces procds qui dshonorent celui qui
les emploie et non pas celui qui en est victim.
Laissons l'Espagne user de ces procds perfides,
ils constituent les pitoyables preuves de son impuis-
sance.
Abstenons-nous de toutes reprsailles; le coupable
sera puni, mais que cet example de lchet n'ait pas
d'imitateurs parmi nous.
Quarter gnral de l'Arme libratrice, Santa Te-
resa, le 3I octobre I8o5.
Le GCnral en chef,
3,jAimo Gimne:.


\le\7'







LA REPUBLIQUE CUBAINE


30 JANVIER 1896.


DEUX EXPEDITIONS

Les journaux espagnols s'tonnaient, il y,a
quelques jours, en apprenant qie, malgr'la
surveillance des vaisseaux espagnols, l'expdi-
l!.n \\'l-:.n avaitddbarqu 50 miles l'ouest
de Sanfiago de eba,': avec 200 fusils, 50.000 car-
touches; une grande'quantit de dynamite et ds
mdicaments: Il avait avec lui 47 camarades
don't, 12tayant fait des tutdesmilitaires (-i sont
lves del'cole de 'i.lt P',inti. et'liiulquei jours
aprs sa tr,.up"e :onmpti:it 200: sldats.
On sera bien plus surprise, Madrid, en appre-
nant qu'une autre expedition de 40 Cubains, com-
mands par Alfredo Laborde et conduisant 200
fusils Winchester, 100.000 cartouches et beau-
coup d'explosifs, a dbarqu tout prs de la Ha-
vane, l'ouest.
Cela prouve, ce que nous savons du reste par
'les tlgrammes espagnols, que la capital con-
tinue tre assige de trs prs par l'arme du
Gnral en chef MIximo Gmez.

l--,---- ----

LA REVOLUTION A CUBA


Sous ce titre, vient de paratre Londres une
intressante brochure fort documente don't nous
traduisons scrupuleusement l'introduction.
La lecture de ces lignes convaincra, nous l'es-
prons, le public de cette vrit: au point de vue
politique, social et conomique, Cuba a t pro-
fondment maltraite dans le pass, et sa seule
esprance d'un bon gouvernement et d'une relle
prosprit rside dans son affranchissement de
la domination espagnole.
Au commencement de ce sicle, Cuba tait une
province espagnole et ses dputs sigeaient au
Congrs de la Pninsule. A cette poque, tous ses
s
habitants, Cubains et Espagnols, taient fidles
la mre-patrie, comme le prouve le concours
loyal que tous. lui prtrent, en 1762, lors de
l'attaque de La Havane par l'arme et la flotte
anglaises. Bientt cependant, aprs l'indpen-
dance de l'Amrique du Sud, l'Espagne, au lieu
.de suivre l'exemple de l'Angleterre l'gard de
ses colonies aprs l'indpendance des Etats-Unis,
l'Espagne tablit Cuba un gouvernement des-
,otioue et on ne peut plus arbitraire, suscita les
Divisions entire Espagnols et Cubains et y dve-
loppa le commerce des esclaves.
Le 28 mai 1825, le dcret suivant fut public:
Sa Majest le Roi Notre Seigneur, dsirant
remdier aux inconvnients qui, dans certain
cas extraordinaires, pourraient rsulter de la
division du commandement et de l'interruption
des pouvoirs et prrogatives des divers officers;
dans le but important de conserver dans cette
le prcieuse sa lgitime autorit souveraine et la
tranquillit publique, a rsolu d'aprs'ses pro-
pres vues, et d'accord avec l'opinion de son con-
- seil des ministres, de donner votre Excellence
la plus pleine aulorit en Vous confrant tous
les pouvoirs que les ordonnances royales ac-
cordent aux gouverneurs des villes assigdes.
En consquence, Sa Majest donne Votre Ex-
cellence les pouvoirs les plus tendus el les plus
illimits, non seulement pour renvoyer hors
de l'le t ou/es les personnel employees, quels
que soient leur occupation, leur rang, leur
classes ou condition, don't le sjour pourrait pa-
ratre dangereux Votre Excellence ou don't la
'conduite publique ou prive pourrait vous in-
quiter, afin que vous les remplaciez par des
personnel lidles Sa Majest et mritant toute
la confiance de Votre Excellence. En outre, Votre
Excellence pourra faire excuter tout ordre ou
toute measure gnrale concernant toute bran-
che de. l'administration que Votre Excellence
jugera utile au service du Roi.
En 1836, bien que les dputs cubains au Con-
grs eussent t lgalement lus, on ne leur
permit pas de siger.
En 1837, on introduisit dans la Constitution
espagnole un article en vertu duquel Cuba et
Porto-Rico devaient ,tre gouverns suivant des
lois spciales. La mme disposition figurera dans
la Constitution rforme de 1845, mais jusqu'
present aucune loi spciale n'a t cre et le d-
cret royal de 1825 est encore en vigueur.
En 1867, des commissions spciales furent cn-
vuyees en Espagne de Cuba et de Porto-llico pour
demander des concessions sociales, politiques et
conomiqii.ues. Celles-ci furent refusess, une Cour'
martial fut tablie come Cour lde justice (quoi-
que le pays ftt en paix) et les imp'its fur 'nt
aug ments. !.es rapport de ces commissions
contiennenl une grande quantity de renseigne-
mients important et exacts qui mritent d'tre


lus par ceux, qui peut-tre, ne se sont pas rendu
compete de la cruelle injustice et de i, mijquirii.
don't les Cubains ont t victims .I.-iiis pr-
d'un sicle.
Pendant le sjour eatEspagne des dlgus cu-
bains, le marchal Serrano, Rgent cette
poque, et'quii pendant plus.de trois ans, fut re-
vtu Cuba du commandement supreme mili-
taire et politique, fut pri de donner son opinion
au sujet des- rformes, et, dans un rapport trs
bien-crit ;dat dje Madrid 10 mai 1867, aprs
avoir chaudement parl en faveur de quelques
concessions demandes, s'exprimait ainsi :
Je ne puis que dire au gouvernement de Sa
Majest, n'coutant que la loyaut de mon ca-
ractre et ma plus sincere conviction, que les
griefs des Cubains sont justes, que leurs as-
pirations sont legales, et qu'il n'y a pas de
raison pour que, Espagnols comme nous-
mmes, ils n'aient pas une press libre, une
representation propre dans le gouvernement,
et toutes ces garanties constitutionnelles aux-
quelles ont droit les Espagnols de la Pnin-
sule; il n'y a pas de raison pour qu'un gouver-
nement militaire et absolu du plus haut au
plus bas degr de l'chelle soit le seul r-
gime des Antilles; je ne puis que dire que le
moment est maintenant prcisment arriv;
puisse le gouvernement ne pas oublier de
profiter des avantages de la situation int-
rieure et extrieure, qui est favorable aux
rformes politiques demandes par les Espa-
gnols des Antilles et qu'il est just et prudent
de les leur accorder sans retard.
Le gnral Dulce, qui l'on demand aussi son
opinion et qui fut, lui aussi, pendant quelques
annes revtu de l'autorit supreme militaire et
politique Cuba, exprima les mmes ides.
En dpit de tout, M. Cnovas del Castillo (le
premier ministry actuel), qui tait alors ministry
des colonies, mit fin toute enqute, en laissant
intact laquestion social (l'esclavage), en pro-
posant un conseil consultatif comme panace du
problme politique, et l'lvation des impts
come solution aux difficults conomiques du
moment.
Tout ceci suffisait pour montrer aux Cubains
-qu'ils ne pourraient jamais attendre justice de la
mre-patrie. La fin de cette enqute fut donc le
commencement de la Rvolution qui clata le 10
octobre 4868.
Cependant les Cubains taient si dsireux d'vi-
ter la guerre que, le 13 septembre 1868, la Rl-
publique ayant t proclame en Espagne, ils en
appelrent au capitaine-gnral de l'le (gnral
Lersundi), et le 24 octobre (quatorze jours aprs
le commencement de la Rvolution Yara) un
meeting eut lieu au palais du capitaine-gnral.
M. J.-M. Mestre, avocat distingu cubain, dit
que sa personnel tait de peu d'importance et
qu'il devait tre plutt le dernier que le premier
prendre la parole, mais que les remarques de
M. Rato le foraient prcder'des hommes qui
avaient de meilleurs droits h prendre part l'a
conference; il dit qu'il parlerait en toute fran-
chise, parce qu'il y a des moments o toutes
choses doivent tre dites franchement. Il s'tait
entretenu avec M. Rato et d'autres dans le but
de discuter des affaires publiques intressant
tout le monde et au sujet desquelles il pensait
qu'il devait donner quelques explications. Il
ajouta que les vnements considrables survenus
en Espagne avaient produit une excitation et un
trouble faciles comprendre; que le gouverne-
ment au pouvoir ayant proclam le programme
politique le plus avanc, tout Espagnol, dans
quelque parties du monde qu'il se trouvt, devait
sentir qu'il, avait le droit de jouir des droits re-
connus par la Rvolution, et que, pour cette
raison, les habitants de Cuba taient obligs de
croire que ces droits seraient tendus leur pays
come faisant parties intgrante de la nation ; il
demandait ce que l'on devait faire. Nous adopte-
rons certainement, disait-il, un rgime franche-
ment ouvert et liberal, en harmonic avec celui
qui est lgalement tabli dans la Pninsule,
etc., etc.
M. Modct, un Espagnol, soutint les ides de
M. Mestre. Le capitaine-gnral Lersundi sus-
pendit la stance, dclarant qu'il avait compris
que quelques residents du pays dsiraient lui of-
frir leur appui, mais qu'il voyait au contraire
qu'ils n'taient venus que pour montrer de la
mfiance, bhlmer ses actes et lui dresser des re-
proches auxquels il rpondrait bientt.
Il dit que les dclarations de M. Mestre taient
analogues a cells que faisaient les insurgs sous
les armes Yara, etc., et conclut en distant que
le government avait les m yens ncessaires
pour supprimer et punir les rebelles et les agita-


teurs et qu'il n'avait que cette rponse fire
MME~ Mestre et Modet.
M. Modet demand la permission de parler en-
core, permission qui lui fut refuse. M. Lersunli
ajouta que cette experience lui enseignait qu'on
ne gagnait rien discuter, que parfois une s-
vrit opportune produisait les meilleurs rsul-
tats et que le sacrifice de quelques existences au
moment voulu viterait des pertes plus grandes
et plus pnibles. (A suivre.)

----------------

L'ARME CUBAINE


Nous reproduisons aujourd'hui, dans no-
tre dition espagnole, une liste publie par
El Pais, de Madrid, avec le dtail de l'ar-
me cubaine.
D'aprs ce journal, il y avait 53.130
homes dans les rangs sparatistes.
Mais il faut remarquer que cette infor-
mation est de la deuxime quinzaine de
dcembre, c'est--dire avant l'invasion'des
provinces de la Havane et Pinar del Rio,
qui ont donn d'importants renforts aux
Cubains.
Nous sommes en measure d'affirmer qu'il
y a aujourd'hui au moins 70,000 hommes
qui dfendent la cause de Cuba.

---i^B -- i----

OPINIONS IMPARTIALES

Voici une lettre adresse de Santa-Clara au
World, le 21 dcembre, par M. Stuart, ancien
officer de la cavalerie anglaise, qui est aujour-
d'hui dans l'tat-major du gnral Maximo
G6mez :
Nous combattons plus ou moins chaque
jour, mais nous continuous notre march en
avant en dpit des colonnes espagnoles qui s'y
opposent.
Hier nous nous sommes rencontrs avec une
ligne de troupes trs tendue qui s'apprtait
nous barrer le passage dans une valle troite
que nous devions traverser. Immdiatement la
colonne s'arrta hors de la vue de l'ennemi.
Nous nous sommes avancs par la gauche, vers
les Espagnols, avec quelques cavaliers et fan-
tassins ; leurs troupes se concentrrent tout de
suite et commencrent contre nous le feu que
nous soutenions de loin en rtrogradant.
Pendant ce temps, le gros de nos troupes tour-
nait droite, s'loignait du lieu de l'action sans
se proccuper de nous et quelques kilomtres
plus loin tournait encore gauche et continuait
tranquillement la march en se dirigeant tou-
jours vers l'Occident:
Nous emes quelques- pertes, et la nuit
tombante noustions: loin des Espagnols. Aprs
quelques moments: de,'reposi nous nous sommes
incorpors- Gomez. C'est ce que nous faisons
toujpurs, comibattant le moins possible, car,
comme dit Gomez, les morts ne peuvent pas
tirer des coups de fusil.
A quelque distance de nous, Maceo excutait
une manoeuvre semblable avec le mme succs.
D)ans une autre lettre le la guerre, publie par
le mme journal, on dit que les ngres blesss
par des balles aux bras ou aux jambes conti-
nuent leur march avec la mme endurance que
ceux qui n'ont pas de blessures.

Le fils de feu lord Randolph Churchill,
M. Churchill, lieutenant des hussards-anglais,
qui suivit pendant quelques jours la champagne
de Cuba, ct du gnral espagnol Valds, a
crit, en parlant d'une rencontre sans impor-
tance :
Cette escarmouche a t appele bataille de
Iteforma . Et il ajoute, en parlant de la campa-
gne: Je crois que la guerre ne finira jamais et
que l'Espagne, non seulement ne pourra pas
touffer l'insurrection, mais elle n'arrivera mme
pas a cause des pertes considrables aux insur-
gs .

Le Nr'- York HIerahll, du 27 dcembre, dit :
Il est incontestable que Gmez a acquis une
grande gloire militaire par le fait dc cette incur-
sion. Partant d'un point situ au nord dle Santa-
Clara, il traverse cette province, se dirigeant
sur Matanzas, et, employant une parties de ses
forces Coln., il repousse les troupes espagnoles
commandes par Campos iui-mnme, puis il con-
tinue sa march vers le nord sans que son arme
prouve le moindre revers, et s'ouvrant un che-
min suivant son bon plaisir.


Quand on crira la march de (Gmez, les mi-
litaires seront forcs de reconnatre que cette
march est une des plus audacieuses don't on ait
souvenir, et que son plan, qui consistait s'ou-
vrir un passage travers les lines enemies,
peut bien tre compar avantage'usementravec la
fameuse march vers la mer de Sherman:



WEYLER

Les journaux espagnols font grand tapage au-
tour de la nomination du gnral Weyler, de
celui qulon appelle la hyne d'Espagne, comme
gouverneur gnral de l'le de Cuba. Ils veulent
fire peur aux Cubains et proccuper toutes les
nations. Ils publient mme son portrait en pr-
tant sa figure de picador un air farouche de
Torquemada, le sourcil fronc, le regard terri-
ble, la bouche contracte.
C'est un avant got des pillages et des massa-
cres don't seront victims les habitants des villes
et les Cubains qui n'ont pas encore pris les
armes. Mais pour les troupes des gnraux
G6mez et Maceo ce n'est qu'un advantage de se
trouver en face d'un gii:r.I; in.-ptl et don't 'ar-
rive dans l'le fera augmrieterr'onsidrablement
les rangs sparatistes.
En rponse un journal de Valence qui avait
dit qu'il ieprirnl.ii l'extrme reaction et
l'extrme cruaut , Weyler disait en s'excu-
sant:
Si on pense que- cette extreme cruaut, je
l'ai exerce Cuba en fusillant beaucoup d'en-
nemis, c'est vrai, je le faisais comme tous les
autres chefs de colonies, suivant les ordres du
gnral comte de Valmaseda. Si on m'accuse
d'un zle pernicieux, grce auquel le nombre des
fusills de la colonne mes ordres tait plus
grand que celui des autres, ce qui, la rigueur,
est encore vrai, cela dpendait d'autres causes:
de la SPCIALIT des troupes qui la formaient et
de sa mobilit constant, grace laquelle tom-
baient dans son pouvoir un plus grand nombre
d'ennemis .
Cette declaration suffit pour peindre la guerre
qu'on faisait alors, et le criminal qui parle ainsi.
Mais il ne dit pas les viols et les massacres com-
mis par sa soldatesque effrne. Comme des
loups affams, les brigands qui formaient sa
bande tombaient sur les villages et rpandaient
la terreur dans les champs parmi les travailleurs
et les femmes sans defense. C'est par son ordre
que toutes ces horreurs taient accomplies, et il
s'en vantait aprs. Mais, par contre, les soldats
cubains ne connaissent pas ses actes d'hrosme.
Il faut qu'il prouve, cette fois, non sa brutalit
avec les faibles, non son impassibilit pour don-
ner la question comme aux Philippines, non son
got pour l'assassinat, mais son courage, qu'on
n'a jamais connu l-bas.
Le verra-t-on, la tte de ses troupes, sabre
au clair, faisant sonner la charge?
S'il le fait, si, pregnant son courage deux
mains, il suit l'exemple du marchal Campos
- trs respect et trs pargn, quoi qu'on en
dise, par les Cubains celui qu'on appelle la
hyne est perdu.
Malheur lui s'il livre bataille Gmez, si
Maceo fond sur lui avec ses escadrons redou-
tables.
Assez de portraits terrifiants, assez d'pou-
vantail ridicule.
Qu'il tire l'pe ; qu'il engine pour une fois le
poignard.
---------------- ,--

UN FRANAIS FUSILLE PAR WEYLER


En apprenant la nomination de Weyler come
gnral en chef de l'arme espagnole Cuba, un
journal parisien rappelle au gouvernement de la
Rpublique franaise, le fait suivant:
Pour aujourd'hui, nous nous contenterons de
mettre sous les yeux de M. Lon Bourgeois, pr-
sident du conseil des ministres, et de M. Berthe-
lot, ministry des affaires trangres, le rcit sui-
vant qui nous a t fourni par un des membres
d'une des families francaises victims de la
cruaut de l'homme indigne qui va reprsenter
l'Espagne monarchique Cuba.

Prs du village le Palmar existait une planta-
tion de caf nomme la Floride , sur laquelle
vivait, depuis de longues annes, une famille fran-
aise des plus honorables et des pi .s estimes, don't
le chef tait Edmond Reygandaid, avec sa femme
et deux enfants; il ne s'tait jamais ml de politique
et n'ava U'autre souci que de culiver sa proprit
et lever ses enfants.





30 Janvier 1896.


LA RPUBLIQUE CUBANE


Un jour, l'poque de la premiere insurrection
-cubaine, une bande d'insurgs, au nombre de 250,
envahirent sa maison et firent main-basse sur tout
ce qui s'y trouvait, puis repartirent aprs un sjour
de 24 heures.
Le surlendemain arriva le fameux Weyler, qui
l'accusa d'avoir donn l'hospitalit l'ennemi. Il
repondit, avec raison, que, seul avec sa femme et
,ses enfants en bas ge, il lui aurait t impossible de
rsister 250 hommes arms et que, par consquent,
il tait absolument innocent de ce qui tait arriv,
qu'il avait t le premier en souffrir, attend qu'on
l'avait compltement dvalis, que si sa proprit
avait t protge par la troupe espagnole, pareil fait
ne serait pas arriv.
Le gnral Weyler appela un lieutenant, avec qui
il causa voix basse durant quelques instants, puis,
s'adressant Reygondaud, lui dit: Suivez cet offi-
cier, qui a l'ordre d'aller. avec vous pour trouver
dans le voisinage quelques'boeufs don't nous avons
besoin-pour la troupe. Ce malheureux Franais,
sans dfiance, suivit le lieutenant, qu'accompa-
gnaient dix hommes.
Arrivs 200 mtres de la proprit, le lieutenant,
les larmes aux yeux, dclara son compagnon qu'il
avait l'ordre de le fusiller. Qu'on fasse mon pro-
cs, je suis Franais, je demand une enqute. Au-
cune prire ne put toucher le lieutenant; il rptait:
Je suis militaire, j'ai un ordre formel, je ne dois que
vous ramener mort, vous avez cinq minutes pour
faire votre prire.
Il s'agenouilla et tomba aussitt perc de dix
balles.
Une enqute fut de suite faite par le consul fran-
ais arriv le lendemain sur les lieux.
L'innocence de Reygondaud reconnue, l'Espagne
dut payer une indemnit de 400,000 francs la
famille et renvoyer le gnral Weyler de l'ile de
Cuba.
Il existe au ministre des affaires trangres un
dossier complete sur cette affaire.

*---------. -------

REMERCIEMENTS

Nous remercions ceux de nos confrres
qui, en annonant notre ler numro, ont bien
voulu reproduire tout ou parties de notre
article : Les Emprunts Espagnols, et
nous envoyons particulirement l'expression
de notre gratitude nos confrres de pro-
vince don't les noms suivent :
Le Petit Troyen, Troyes.
Le Progrs de l'Aisne, Soissons.
L'nIpartial de l'Oise, Mru.
Le Petit Mlidi, Nimes.
Le Patriote Republicain, Chambry.
Le Journal Commercial et Maritime, a Cette.
Le Rpublicain Dauphinois, i\ Grenoble.
L'Aveyron Rpublicain, a Rodez.
La Dmocratie, Bourges.
Le Progrs de Nantes, Nantes.
L'. 1, .-, .r de la Mayenne, Laval.
Le Patriote de lOuest, Angers.
La France du Nord, Boulogne-sur-Mer.
Etc..., etc...

------<*~a------


LES FINANCES ESPAGNOLES


L'Eclair, qu'on ne souponnera pas (le sym-
pathie pour les Cubains, public, dans sa revue
financire du 27 janvier, cet aperu de la situa-
tion de l'Espagne:
Un journal de Madrid, le Correo, a calcul ce que
l'insurrection a dj cot au Trsor espagnol et ce
qui peut lui rester des resources mises sa dispo-
sition par les Corts.
Les sommes dpenses se dcomposent de la faon
suivante :


Solde crditeur du compete courant
du ministre des colonies la Banque
d'Espagne........................
Avances de la Banque d'Espagne .
Ngociation directed la Bourse de
billets hypothcaires cubains 1886 et
1890 (approximativement).........



Avance de la Banque de Paris et
des Pays-Bas......................
Ensemble..........


l'c-etas.



17.000.000
i57.500oooo


35.ooo.ooo
20(.500. ooo



50.o00.000
25o.500.000
............1


Si l'on tient compete, d'une part, des recettes du
budget cubain pendant les neuf derniers mois, re-
cettes que l'on peut valuer 75 millions de pese-
tas, et, d'autre part, de ce qui peut rester des res-
sources obtenues, on voit que, ces neuf derniers
mois, l'Espagne a dpens pour rprimer l'insurrec-
tion 3o millions par mois (i).

(1) Le journal espagnol dit : plus d de ;-o0 uiltons,
et ajoute que malgr tcutt, le .pieniemnt de routes les d-
penses de l'ile est arrir du trois mois.


En ce qui concern les moyens financiers don't
dispose encore le ministre des colonies, voici ce que
dit le Correo:
Il reste en portefeuille 625,ooo billets hypoth-
caires cubains 1890, reprsentant une valeur nomi-
nale de 312 millions 1/2, qui constituent, avec le
solde des emprunts raliss, toutes les resources
qui peuvent tre affectes aux ncessits de la
guerre.
Jusqu' quand permettront-elles d'aller ?
Pour rpondre cette question, il faudrait sa-
voir tout d'abord : quel taux et dans quelles con-
ditions on pourra ngocier le solde des billets cu-
bains, si mme on trouvera des prteurs ;et cela,
dans l'tat actuel des choses, personnel ne saurait le
dire.
Cependant, les dernires nouvelles de Madrid font
esprer que la Banque d'Espagne consentira une
dernire operation sur ces bons ; mais il paratrait
que le conseil de rgence de cette institution aurait
signifi au Trsor que dsormais il devra trouver
d'autres moyens pour obtenir un credit.
Des correspondances prives annoncent au con-
traire que le gouvernement de M. Canvas a dcid
de prsenter un project de loi tablissant un impt
sur les marchandises trangres envoyes Cuba.
Mais on peut se demander quels seront les products
de cet impt, en ces temps de trouble.
De toutes les faons, l'appel au credit de l'tranger
apparat donc come inluctable !
Le mme journal dit dans son numro du 29 :
Le dernier bilan de la Banque d'Espagne n'est pas
satisfaisant. Il y a, en effet, une nouvelle augmenta-
tion de 3,953,900 picettes, qui portent les billets en
circulation I,oi 1,315,275.
L'encaisse argent, en raison des remises de num-
raire; pour le Trsor de Cuba, a diminu de
252,812,909 250,279,306. Le compete courant du
Trsor a pass du passif l'actif de la Banque, o il
figure pour 15 millions 268,218 picettes. Les prts
ont augment de trois millions.

Rpondant au ministry des finances, qui af-
firme que les billets hypothcaires de Cuba
viennent sur le march petit petit, dit La Jus-
ticia de Madrid
Il y a dj en circulation, outre les 124 millions de
piastres de l'mission de 1886, 122 millions et demi
de celle de 189o, et, come de cette dernire 40 mil-
lions seulement taient en circulation au dbut de
la guerre, il rsulte qu'on a ngoci 80 millions en
dix mois, soit 8 millions par mois, et c'est cela que
le ministry des colonies appelle aller petit petit.
Tout ceci est grave, parce que cela prouve l'nor-
mit des dpenses de l'arme, lesquelles doivent en-
core augmenter-dans la mme proportion que l'ar-
me expditionnaire, mais, ce qui est beaucoup plus
grave, c'est la dprciation qu'ont dj subie les dites
valeurs.
Le i3 courant, elles se cotaient 84 pour cent en
monnaie courante de la Pninsule, et, come la va-
leur nominale des billets en question reprsente de
l'or et qu'en or se fait l'amortisation et se patient les
intrts, nous voyons que la cote vritable,l'or avant
une prime de 21,5o pour cent, la cote veritable, di-
sons-nous, est 69 pour cent.
C'est--dire que, chaque fois que M. Castellano
envoie Cuba 69 piastres, il contract une dette de
ioo piastres avec intrt annuel de 5 pour cent, et il
est vident que l'escompte augmentera de jour en
jour.

Voici, en ce qui concern l'tat des finances,
les dclaratious faites en Espagne un rdac-
teur dles Mativnes Elpagnoles :

M. Cnovas del Castillo :
S'il en est besoin, le gouvernement fera de
nouveaux emprunts...

M. Sagasta :
Si la guerre continue, si elle s'ternise, come
tout le fait prvoir, l'Etat sera forc de plier sous
une aussi lourde charge. On ne s'imagine pas ce
que cote une arme e 125,000 hommes...
Tout dpend de Cuba, tout. 11 n'y a pas d'au-
tre quelti'. : Cuba, tout est l...

M. Barrio y Mier, dput :
En Espague, la misre les travailleurs s'tale
come une plaie, une souillure. I'autre part, les
dpenses sont normes, et la guerre de Cuba les
a tellement accrues qu'il faut s'attendre une
catastrophe.
M. Salmeron, dput :
La situation est trs complique.... Aucune lu-

mire i l'horizon ; de l'ombre, partout dle l'om-
bre... Non, nulne sait o l'on va... Nul ne sait
oi l'on va...

M. de Labra, dput :
A Cuba, les ouvriers sans trayail, n'ayant pas
mme de quoi manger, font entendre d'alar-
mantes clameurs; tous les credits sont perdus
l'extrieur come l'intrieur; le commerce est
arrt, les affairs sont paralyses; bref, il est
impossible que cette situation puisse continue
sans que surviennent vite la plus pouvantable
banqueroute, la misre, la famine, la dpopula-
tion.
M. Moya, dput, directeur du Libral :
Le budget s sulde -avec un deficit norme. La


dette,que la Rvolution augment tous les jours,
atteint des proportions incalculables.

M. Muro, dput, ancien ministry des affaires
trangres:
L'Espagne traverse en ce moment une crise si
grave, si difficile arrter, qu'il y a trs peu de
puissances, mme parmi les plus nergiques, qui
pourraient la supporter.

-- ------ ilb j, --------iri

GUERRILLAS

Le Matin a recueilli de la bouche d'une per-
sonne des mieux informes, qui arrive des
Etats-Unis (on vous trompe, cher confrre,
M. Batanero n'a pas quitt Paris) des renseigne-
ments contraires, naturellement, la revolution
cubaine, parmi lesquels nous trouvons ceci :
Les frais des insurgs se bornent presque aux
armes et aux munitions. Ils mangent des.bananes,
boivent de l'eau de coco. Le vtement ne les proc-
cupe pas; ils n'ont pas d'hpitaux, leurs blesss se
guerissent seuls ou meurent.
Si c'tait vrai, le Miatin devrait ajouter: soit
dit en l'honneur de ces hros .
L'arme franaise a su triompher en Italie
dans les mmes conditions, les bananes et l'ean
de coco exceptes.


En Espagne on se plat inventer des rivalits
entire les chefs cubains. C'est tantt Maximo G6-
niez qui excre Maceo; tantt ce dernier qui ne
s'entend pas avec Mass et Mirt ; Rabi et Jos
Maceo en arrivent s'attaquer, le machete la
main.
Et, en fin de compete, ceux qui sont couteaux
tirs sont... CAnovas et Martinez Campos.


Depuis le 24 fvrier, jour o clata l'insurrec-
tion, le gouvernement espagnol s'est donn dif-
frents dlais pour vaincre les Cubains.
Avril, juin, novembre, les premiers jours de
.1896. Le dernier dlai a t le printemps, poque
laquelle, assurent les Espagnols, la guerre sera
termine.
Nous le croyons parbleu bien M'aximo Gmez
et Maceo s'en chargeront.


Les triomphes espagnols, d'aprs le Heraldo:
Dans les rares occasions o nos colonnes ont ob-
tenu des renseignements exacts, l'ennemi nous souf-
fla le succs grce une douzaine de cartouches
brles propos, une paire de chevaux abandonns
pour cause d'inutilit, trois ou quatre vieux machetes,
ou tout autre de ces trophes sisoigneusement enre-
gistrs par les dpches officielles.


Sous le titre: Gi'mez et Maceo cerns (en grands
caractres), El liparcial public un tlgramme
de la llavane disant :
On ignore la situation exacte de Maceo;
(n'est-il donc pas'cern?)
mais en quelque lieu qu'il se trouve, il est certaine-
ment cern.
Le tlgramme n'est pas sign Tartarin.


-e acted des lHugueniotIs.
Avant de s'. I i i'ii. 'r pour l'le de Cuba, le
gdnral Weylcr alla entendre lamesse. La cr-
monie termine, i'vque de Barcelone bnit le
ronldoltiere en le mettant sous la protection de
N. 1). de Mercedes qu'on vnre spcialement
commei lihraitrice. ( ildemplri.x Capticoru )
La Saint-liariLhleiny, quoi.

--------. -^, Q-------

LA PRESS FRANAISE
Et la guerre de Cuba

Le rappel du miarchal M\artinez Campos, sa
destitution pour donner aux choses leur nom est
dans un certain sens la confession plutt que le re-
mde d'une situation bien grave Cuba.
Ce n'est point la lgre que le -cabinet espagnol
a pris une resolution de ce genre. Il avait tout lieu
d'viter, si possible, un acte qui doit le brouiller avec
un home aussi important au point de vue politique
et militaire que le Warswick de la restauration al-
phonsiste. Il avait bien des motifs de s'abstenir
d'une decision qui ne saurait manquer d'tre prisee
au dehors et Cuba mrnie comme un premier aveu
de dfaite et de dcouragement.
Quand on se souvient des fanfares clatantes qui
avaient accompagn le dpart pour la Havane du
premier soldat de l'Espagne, du deus ex machinda
don't l'pe avait dj tranch tant de noeuds gor-
diens, on peut mieux mesurer la porte d'une rentre
force, d'une retraite prcipite, tranchons le moi,
d'une disgrace du marchal Campos.
Celui-ci a cru de son honneur de ne pas donni-r
sa dmission. Dans l'trange, contradictoire, carae-


tristique et touchante rponse qu'il a faite l'ordre
de rappel du ministre, il ne contest pas les motifs
de cette decision, il en reconnait mme pleinement
l'utilit et la convenance, puisqu'il va jusqu' en fli-
citer le cabinet avec effusion, mais il declare qu'il
n'aurait jamais de son plein gr dpos le comman-
dement et quitt l'ile. Concilie qui le pourra cette
humble declaration d'impuissance et d'insuccs,
cette soumission ultra modest aux soufflets de la
destine avec cette fiert castillane et ce non possu-
mus absolu oppos l'ide d'une abdication volon-
taire.
On voit bien qu'il y a l-dedans du Cincinnatus
revenant sa charrue sans regret ds que Rome n'a
plus besoin de ses services, et'cela touche; mais
on voit aussi qu'il y a de l'hidalgo, du Cid,,s'criant,
la main sur la garde de son pe :
Paraissez, Navarrais, Maures et Castillans,
Et tout co que l'Espagne a nourri de vaillants,
et cela fait un peu sourire.

A cette heure, l'insurrection a fait tache d'huile
ou plutt c'est une mare nmntante qui bat de ses
flots menaants une foule de petits pilots o ont t
pparpilles on dtachements minuscules les troupes
espagnoles.
Si la situation est peu encourageante au point de
vue militaire, elle n'offre pas un aspect mnoins in-
quitant au point de vue politique. A l'intrieur, 'n
dpit des dmons trations bruyantes d'un loyalisme
peut-tre command qui ont marqu les derniers jours
du rgne du marchal Campos et qui n'ont pu ni
faire battre en retraite les insurgs, ni prvenir la dis-
grce du commandant en chef, les parties hsitent,
les mcontentements dgnrent en opposition pour
aller bientt peut-tre jusqu' la dfection. Entre les
conservateurs purs, intransigeants et tout ce qui
touche la dpendance de la mre-patrie et les auto-
nomistes moiti convertis un home ruile peu dif-
frent des revendications des insurgs, il ne sera
gure facile au gnral Weyler de louvoyer.
Quant la situation international, elle devient lde
jour en jour.plus delicate. Les sympathies pour l'in-
surrectiorcubaine ont t canalises et organises
en syndicats d'affaires aux Etats-Unis. La doctrine
de Monro a repris une nouvelle vitalit. On mdite
d'y ajouter divers supplements. Pourvu qu'impuis-
sante du ct de l'Angleterre et du Venezuela, elle
ne fasse pas des siennes du ct de Cuba!
(Le Temps).


Chaque fois que les insurgs hlr.qu n une-racle
aux troupes rgulires, les autorits, la recherche
des euphmismes, annoncent qu'ils ont incendi
la localit don't, en ralit, ils se sont empars.
C'est ainsi que, d'aprs les tlgrammes officials,
les Cubains ont incendi Sabanilla et Camanaca,
dans la province de Matanzas, malgr la resistance
hroque des Espagnols, qui ne semble pas avoir
servi grand'chose.
Les dpches arrives hier Madrid annoncent
une foule de rencontres dans lesquelles les insurgs
auraient subi de fortes pertes, taridis que leurs enne-
mis n'auraient eu, naturellement, qu'un trs petit
nombre de blesss et point de tus.
Enfin un tlgramme announce la dfaite de Mximo
G6mez; un autre dclare qu'il est gravement ma-
lade.
Qui veut trop prouver ne prove rien.
Et Maceo, ne serait-il pas temps de le retuer un
peu'?
Si les choses vont si bien depuis la nomination
du gnral Weyler- comme commandant en.chef,
que sera-ce lorsqu'il sera arriv Cuba?
Ce guerrier, qui reinpor;e ainsi d'clatantes vic-
toires distance, est part hier, onze heures, de
Barcelone, bord d'un vapeur. qui a galement
emmen des troupes. L'enthousiasme' de la popu-
lation, disent les dpches officielles, a t trs vif.
En attendant, des meu es viennent de se produire
Sville, o un capitaine de cavalerie, un lieutenant
de carabiniers, plusieurs gendarmes, des agents de
police et quelques ouvriers ont t blesss; le gou-
vernement a demand la Banque. d'Espagne de
porter de 5o 1oo millions de pesetas le'crdit ou-
vert au Trsor cubain en dcembre, et un tlgramme
de la Havane announce que les autonomistes con-
seillent l'abstention aux prochaines lections si les
rformes coloniales promises ne sont pas accordes.
Plus la lutte se prolonge et plu.; le deficit se creuse.,
menaant d'entrainer dans un gouffre la monarchies
espagnole.
Plus de trois cents millions ont -dj t dvors
et on present une dpense de quatre cents autres
millions en 1896. Les membres du cabinet en sont
tudier toute sorte d'expdients, et ;-otaimment !a
creation dans !'lie de Cuba d'une surtaxe extraordi-
naire de guerre.
Peut-tre, toutefois, .M. C.o:-IJv.S; et ",- collgues
hsiteront-ils appiiquer u:'c measure qui aurait pour
ei'e, certain de pouss er !: r', i tc .e tous les insu-
laires qui n'ont pas encore pri:s le.; r::trms.
(!L'.in/

L'adml ini.s'lr-'It'ii-'-i('rant-,l : q. ET'ARD.

P-Anis.-I ri'iiiinrii,. .p '.i ,,de ;. !: r.. '::.l.:q.i.e Cubaii ie,
*,i, i'Un B n.i! !.I.





LARPBIQECBIN 0JNVE 86


i~ ~ F~ T


R zT.TZ


DENTIST AMRICAIN
4: 1A7venu11e de atg'rtm

Les Dents et Dentiers sont garantis solides et assurent une mastication parfaite,
condition indispensable d'une bonne digestion. La pose se fait sans aucune douleur et
les racinies sont pralablement soignes.
Les dents employees imitent parfaitement les dents naturelles et ont reu 20 mdailles
aux Expositions d'Amrique et d'Europe
L.eoit deS 10 hL. a 5s A.
Se habla espafiol


THE


GENTLEMAN


1 4 bis


Boulevard


Poissonnire,


14


&


cil vil ll l mil aM lai l tri l a Il ailiaila fiaiIl ili le I lalitaii 0 IaIlaIl milaisIl i l aisi. li i l a filtil al 11c11 ils Il il mil miai li liais Il i l mi:aiai l mil


Salon de barberia


)eluqueria.


- Unica


casa donde


se cepilla la cabeza


por el


sistema elctrico. Las propinas estin prohibidas en absolute.


PRFECI


B a rbk a ...........................
Core dce id ................
IdL. de c~a ello.....
sl z i d .ca ........................
SElierngiiag .......... ..........
Ol3a 3lIpo U ..................


.i', -b C
... . .< > 0
.O~ "'0~
. . .. . . . . . .
. . . . . . . . . .


OS


FrPrloloin de cquxina ......................
iCI. ce lPortxugea L... ...........
iCl. ce llas...........................
id. 10plel Ce Espa1Ti.a...........
icd. ae ILeliotroDo ...............


ce violeetE s ....................


'Sastreria

Bastones -

Calzoncillos


Camisas

Paraguas -

- Medias -


- Corbatas


- Sombreros

- Articulos d


Pahuelo

- Calzado


le viaje


Guantes


- Camisetas


- Perfumeria.


rallilllaimi aiiii l lll l I1iii u i nll l nmil i aullli sli i l ati a i ll l )
En una palabra: Todo lo que necesita un hombre se hallar en las mejores condiciones en


G- ENTLW I Em VL A NT


l.itPIVER ENHA
NUEVA PERFUMERIA EXTRA-FINA



JABON.ESENCIA.AGUAdeTOCADOR.POLVOdeARROZ.ACEITE.BRILLANT
= p t r %:x^f M


YGRAJEAS MEYNET
Mas eficaces que el Aceite de
Higado de Bacalao. No provocan
repugnancia ni flatos.
Reemplazan Ventajosamente el
Aceite en todos sus usos.
CHARTON, Farm., 2. Rue Tiron, Paris y todas Farmi.
CHARTON, Farm.. 2. Rue Tiron, Paris y tosaz Parm'*'.


S Medallas de Oro en las Exposiclones Universales
*0 PARIS 1878 PARIS 1889

00.
e.


0* BURDEOS (FRANCIA)
Depsitos en todos las Almacenes de Viveres. ge
fT f?.ffe.. * o* ,l


1.ecompensa LCedallaU
de 16,600 df'"' e OR
LAROCHE, Farmacutico PARIS, VIENA, NIZA, eto.
El. Quina-Laroche no es una preparacion vulgar; sino el resultado de trabajos qua eh
Valid a su author las mas altas recompensas del Estado. Ei mismo ferruginosoe
PARIS. 22 & 19, rue Drouot, y en las Farmacias.


f896


M.ndcase


>s efRFU*tRIAoRP1

SL. L EG aRAN D
PARIS //, place de la ,adeleine, // PARIS


No 290 No 162

\" -poN ^SS-ORI;
rio 4 p e'fuznes consentrado,
Polvos de Flores de arroz de la Carolina.
frainclueado e a quien lo pida el COatalogo illustrado.


LA PATE PILATOIRE DUSSER


dtruit les Poils Follets disgracieux sur le visage des dames, sans aucun inconvnient pour
la peau, mme la plus delicate. 50 ANS DE SUCCES, de hautes Rcompenses aux Expositions et des
milliers d'attestations garantissent l'efficacit de ce produit. (20 fr. pour le mention et les joues:
1/2 boite, spciale pour la moustache, 10 fr. f' m"). Pour les bras, employer le PILIVORE,
(F" m" 20 fr. 85). DUSSER, rue J.-J.-Rousseau, n" 1, Paris.


I I i I iI lii


Sl'bis ,


O "as II ici.
m lliil la Ils lIIi l lallllll ll IIIlsll i l; Illllll llll Ii lIa>l; l I llllll1HI lll


O "'0i
o' ''o


E PTRE a JrTIE:TO
GuracioDR coAIuel
VerdaderoN Vt o' a
AR GOUAC LaxaAG
p~cueiro, gr d ilcy
p~oo~Eoque so diiita r cilinente
El frasco de un as 20 Dosis :2fr. 50'
pAj 6, Ave le Victoria_

r 0 mdicON Pasta y Jarabe CONTRA-
e ]os HospitaWe eMS~d Resfriades
DE 11ARIS d.N fd ipe, influenza
han comprlobado DELANGRENSER Bronquitis
LA PODE.ROSA F-ARts Coqrueluche
eficacia de los 53, Rue Vivienne r1.taclones del
PECTORALES Vflt tda pecho yde la
deNa Vta n r<8. GargantR
las F^RenACc A 1


COCNSEILS
EAU CRUSPINERA
Y a-t-il quelque chose de plus beau qu'une jolie chevelure ?... et de cela il y a des preuves
bien plus lointaines que cells des Contes de Perrault, car je me souviens d'une image biblique
o M. Adam (notre premier pre) envelope d'un regard tendrement admiratif Mme Eve,
chastement cache par sa magnifique chevlure, faute d'un autre vtement, sans doute le
paradise terrestre tant dnu de magasins.
Plus d'une fois je me suis demande pourquoi les femmes des pays chauds taient spciale-
ment favorises par ce don natural d'une opulente chevelure... Je crois en avoir trouv le secret.
Sous le radieux soleil de certain pays, en Espagne, par example, poussent des plants aux
sucs merveilleux, jouissant de proprits extraordinaire. M. Cruspinera; un savant distingu,
s'est charge de la distillation spciale qui nous a donn l'Eau Cruspinera, cette lotion don't les
effects sont tonnants.
Elle arrte non seulement la chute des cheveux, mais elle a raison des calvities les plus
anciennes. Aussi, M. Ferrer, 20, rue Baudin, k Paris, a-t-il tenu en importer en France. La
mdaille d'or que ce prcieux produit a obtenue l'Exposition du Travail prove suffisamment
son efficacit.
Ainsi donc, mesdames, usez-en et vous prouverez que vous tes restes filles d'Eve... tous
les points de vue, mme en hritant de son opulente chevelure. F'rancillon.


___ _~_______~_________~_


-


- -- --


- -


-i__l i


C-~eCL ~ I I iII i I s


i


L~A REPUBLIQIUE


CUBAINE


30 JANVIER 1896.


Z-4\


14k


wii




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs