Group Title: Congrès général de l'U.G.T.A.N. (Union général des travailleurs de l'Afrique noire)
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Title: Congrès général de l'U.G.T.A.N. (Union général des travailleurs de l'Afrique noire) Conakry, 15-18 janvier 1959 : rapport d'orientation et de doctrine
Physical Description: 75 p. : ; 20 cm.
Language: French
Creator: Touré, Ahmed Sékou, 1922-
Publisher: Présence africaine
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1959
Copyright Date: 1959
 Subjects
Subject: Labor unions -- Africa, Sub-Saharan   ( lcsh )
Economic conditions -- Africa, Sub-Saharan   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
 Notes
Statement of Responsibility: présenté par Sékou Touré.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00080795
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 03461237
alephbibnum - 003083982

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DE
L'U.G.T.A.N.









DU MEME AUTEUR


L'ACTION POLITIQUE
I.U
PARTI DEMOCRATIQUE DE GUINEE
POUR
L'EMANCIPATION AFRICAINE

(Sous press aux Ed. Presence Africaine)






















) 1959 by Editions Prsence Africaine.

Tous droits de reproduction, d'adaptation, de traduc-
tion, d'mission rservs pour tous pays.









CONGRS


GENERAL


DE


LI U.


G. T. A. N.


(Union Gnrale des Travailleurs de l'Afrique Noire)


Conakry


15-18 Janvier 1959


RAPPORT


D'ORIENTATION


ET DE DOCTRINE


Prsent par SEKOU TORE


















ACWMA


















Rapport
d'orientation et de doctrine




























Nous sommes exactement deux ans de la Constitu-
tion dans la ville dahomenne de Cotonou, de notre
Central : L'UNION GENERAL DES TRAVAIL-
LEURS D'AFRIQUE NOIRE.
Le 17 janvier 1957 marque ainsi une des phases dci-
sives de la prise de conscience de la classes ouvrire afri-
caine dans le domaine politique et syndical.
En effet, avant cette date historique, les travailleurs
de l'Afrique Noire taient rpartis dans diffrentes or-
ganisations syndicales de conceptions idologiques et de
mthodes pratiques fort diffrentes, voire mme oppo-
ses les unes aux autres. Les uns militaient sous l'gide
de la C.G.T. et de la F.S.M., d'autres taient organiss
derrire le drapeau du syndicalisme libre de la (C.G.T.-
F.O., et de la C.I.S.L.) et enfin un troisime group,
celui de la C.F.T.C. adhrant la Confdration Inter-
nationale des Syndicats Chrtiens, menait le combat
syndical sur la plate-forme d'une doctrine idaliste.

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A ces trois groups principaux, s'ajoutait un qua-
trime group qui reprsentait le syndicalisme indpen-
dant ou autonomy. Mais tous ces clans, ces 4 tendances
se fixaient un mme but : l'mancipation de la classes
ouvrire, le progrs social et conomique de nos pays.
Ainsi, dans la diversity, et dans l'opposition doctri-
nale, le syndicalisme africain s'est dvelopp partir
de 1944. Il est vrai que le mot syndicalisme voque dans
l'histoire de tous les peuples une ide d'organisation,
de groupement d'hommes se proposant d'atteindre en-
semble des objectifs prcis, correspondent leurs int-
rits de classes ou de profession.
Mais si le syndicalisme a un caractre universal et
historique dans la vie de notre monde, il reste cependant
vrai, qu'il se prsente dans chaque pays sous des aspects
particuliers, aspects directement conditionns par les
contextes conomique, social, cultural, politique.
Le syndicalisme africain, tout en prsentant sur le
plan de l'universalit du movement syndical des carac-
tres communs avec les autres movements syndicaux
du monde, qu'ils soient d'Europe, d'Amrique ou d'Asie,
a conserve cependant des caractristiques particulires
que seule la situation singulire de l'Afrique a dtermi-
nes. Cette situation de l'Afrique est domine par le fait
imprialiste.
L'Afrique est, en effet, le continent domin, divis
et soumis, de ce fait, des volonts externes qui sont
la base du systme de son exploitation capitalist et de
l'oppression conomique, social, culturelle et adminis-
trative, qui s'abat sur ses populations.
Dans les pays indpendants d'Europe, d'Asie ou
d'Amrique, la classes ouvrire est la classes qui produit
et don't la part dans la rpartition des biens est minime ;
il s'ensuit une lutte entire cette classes et la classes exploi-
tante don't les intrts sont totalement antagonistes.
Dans ces pays fortement industrialists, le proltariat ne


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peut se dvelopper dans le sens du progrs et de la jus-
tice social, qu'aprs avoir combattu et domin les for-
ces qui l'exploitent.
C'est ainsi que la lutte des classes dans les domaines
politique, social, conomique et cultural, constitute le
seul moteur de l'action de la classes ouvrire, le seul
moyen pour elle de s'emparer du pouvoir et de se lib-
rer dfinitivement de toutes formes d'injustice.
Dans les pays coloniss, la situation se prsente dif-
fremment car les contradictions entrees les diffrentes
couches de la population sont mineures par rapport
la contradiction principal existante, entire l'intrt de
l'ensemble du people du pays colonis et le systme
colonial lui-mme.
Dans une pareille conjoncture, tout ce qui s'inscrit
sur la ligne d'opposition aux forces imprialistes, au
systme de domination pourrait constituer des lments
d'action de la classes ouvrire alors que ce qui peut creu-
ser un foss entire elle et les autres couches de la popu-
lation, pourrait servir indirectement la cause de l'imp-
rialisme, favoriser le enforcement du systme colonial.
La lutte des classes dans les pays colonists se con-
fond essentiellement avec la lutte contre le systme co-
lonial qui, un degr plus lev, n'est qu'une des cons-
quences du dveloppement du capitalism l'extrieur
des pays domins par ce rgime.
La donne principal de la lutte rvolutionnaire dans
les pays coloniss d'Afrique est, pour un movement
conscient de son rle et attentif la conjoncture colo-
niale, d'avoir une structure permettant l'adhsion de
toutes les forces saines du pays contre le rgime colo-
nial, afin de liquider la division entretenue par ce
dernier et d'utiliser la totalit (les moyens d'action du
people colonis en vue de sa liberation total.
Le Syndicalisme Africain qui tait divis organique-
ment et idologiquement n'arrivait plus jouer, d'une


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manire decisive, ce rle d'lment d'avant-garde dans
la lutte pour la disparition du phnomne colonial. Les
possibilits de choix qui s'offraient aux travailleurs afri-
cains taient :
Le Syndicalisme de tendance marxiste rvolution-
naire ;
Le Syndicalisme de tendance marxiste rformiste ;
Le Syndicalisme de tendance chrtienne.
Les travailleurs taient donc placs l'intrieur de
ce triangle doctrinal et, secous par les fluctuations des
interventions que l'Administration colonialiste faisait
pour entretenir et approfondir la division syndicale.
Dans la dualit entretenue entire les diffrentes orga-
nisations syndicales, le Mouvement Syndical Africain
subissait, l'encontre de sa propre determination, toutes
les influences qui, loin de favoriser son Unit, permet-
taient au contraire aux tenants du rgime colonial d'ex-
ploiter ses contradictions internes et ainsi de la pousser
la dgradation de la valeur de son action.
Il peut sembler ahurissant en effet, que malgr un
militantisme constamment actif et extrmement coura-
geux, l'action syndicale africaine n'ait pu modifier jus-
qu'en 1954, et d'une manire fondamentale, les condi-.
tions sociales de nos territoires sans qu'intervienne le
pouvoir politique. L'explication en est pourtant fort
simple ; l'action revendicative des populations laborieu-
ses d'Afrique a longtemps t conditionne par les op-
portunits du combat politique dans les pays mtropo-
litains. C'est pourquoi, elle tait une action indirecte,
quelle que soit la violence qu'elle ait pu revtir.
Or, on sait que la force essentielle du syndicalisme
rside dans son pouvoir d'action directed, non seulement
centre les effects d'une politique d'oppression et d'exploi-
tation, mais surtout contre les causes du rgime permet-
tant cette oppression et cette exploitation.
Une fois de plus, dans les pays coloniss, la cause


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du systme d'exploitation et d'oppression rside essen-
tiellement dans le fait que la volont du people est
domine par celle des imprialistes, et, tant que ceux-ci
continueront faire la Loi, dterminer les conditions
de travail et en mme temps que le systme de rparti-
tion de la production, la classes ouvrire, comme les
autres couches de la population de ces pays seront les
victims du systme.
Une analyse de la situation international ou celle
de la position syndicale d'un quelconque pays europen
nous amne apprcier les raisons de la diffrenciation
de doctrine des Centrales syndicales qui se partagent
le Monde du Travail. En effet, cette analyse nous con-
duirait la reconnaissance d'une liaison intime existant
entire chacune des trois grandes centrales syndicales
avec les trois grandes tendances politiques ou idologi-
ques qui se disputent la conduite des affaires nationals
et internationales :
1. LA CONFEDERATION GENERAL DU TRA-
VAIL (C.G.T.), rattache la FEDERATION SYNDI-
CALE MONDIALE (F.S.M.) ;
2. LA CONFEDERATION GENERAL DES TRA-
VAILLEURS-FORCE OUVRIERE (C.G.T.-F.O.), ratta-
che la CONFEI)ERATION INTERNATIONAL DES
SYNDICATS LIBRES (C.I.S.L.).
3. LA CONFEDERATION FRANAISE DES TRA-
VAILLEURS CHRETIENS (C.F.T.C.), rattache la
CONFEDERATION INTERNATIONAL DES SYNDI-
CATS CHRETIENS (C.I.S.C.).
Quel est le contenu exact de chacune de ces trois
tendances ?
lo Le Syndicalisme de tendance rvolutionnaire est
soumis la dialectique marxiste qui est fonde, partir
de la lutte des classes. Le dynamisme de cette thorie est
principalement dirig vers une action de combat, d'o
son caractre rvolutionnaire constant. La dialectique


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ayant tabli pour principle que la priode social primi-
tive au socialisme scientifique vers lequel tend le mar-
xisme, l'Humanit a progress, grce aux luttes menes
centre les classes qui se sont successivement hisses au
pouvoir. Elle dirige l'essentiel de l'action syndicale vers
l'amplification de cette lutte.
Le Syndicalisme de cette tendance nie la facult de
la classes bourgeoise d'assurer le bonheur de l'homme,
facult qu'il reserve uniquement la classes proltarien-
ne. Il considre le Capitalisme comme pratiquement
incapable d'assurer le progrs du monde, en raison de
la mauvaise organisation de son conomie, laquelle en-
gendre forcment l'ingalit dans la rpartition des ri-
chesses et des biens.
Ce Syndicalisme rvolutionnaire, en condamnant le
systme conomique capitalist, lui oppose le principle
de la collectivisation des moyens de production, la pla-
nification de l'conomie et la suppression de l'exploita-
tion de l'homme par l'homme. Sa base idologique est
le matrialisme par lequel il justified les possibilits
d'volution historique de la Socit.
2 Le Syndicalisme de tendance rformiste, tout en
se rclamant de la doctrine de Karl Marx, contest ce-
pendant la validit de l'action rvolutionnaire; il sou-
tient la possibility pour un rgime capitalist huma-
nis , d'assurer l'amlioration de la condition humane.
Pour ce but, il pense une harmonisation possible entire
les intrts du proltariat el ceux du capital, grce
une association du capital et du travail.
Le Syndicalisme de cette autre tendance, rejetant le
collectivisme communist, prsente un programme bas
sur la normalisation, la standardisation, la rationali-
sation, la planification et la productivity acclree.
Par ces lments, il croit possible la correction et la
suppression des ingalits dans la rpartition des riches-


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ses, sans que soit fondamentalement modifie par la vio-
lence la structure du rgime capitalist.
Le Syndicalisme de tendance marxiste rformiste,
guid par une doctrine la fois matrialiste et huma-
niste, postule l'adaptation et le plein pouvoir de l'hom-
me et des moyens de production l'volution historique
de la Socit. Il considre que l'engagement rvolution-
niaire ne peut contenir suffisamment de certitudes quant
aux rsultats, pour compenser quitablement les dom-
mages que la classes ouvrire pourrait ainsi causer la
Socit au sein de laquelle elle agit.
Alors que le Syndicalisme de tendance rvolution-
naire considre l'opposition entire les intrts de la
classes capitalist et ceux de la classes ouvrire comme
une contradiction absolue qui ne peut tre rsolue que
par la lutte de la classes ouvrire et sous une forme rvo-
lutionnaire, le Syndicalisme de tendance rformiste
pense, quant lui, que les contradictions entire les deux
classes sont des contradictions mineures qui peuvent
tre solutionnes par une politique d'harmonisation,
d'adaptation ou de correction contante.
3 De son ct, le Syndicalisme de tendance chr-
tienne dfend, au nom de la raison Divine, ce que le
Syndicalisme de tendance rformiste dfend ou nom de
la raison humaine.
Ses theories sociales restent bases sur les principles
vangliques qui sont empreints d'idalisme et de ce
fait, absolument incompatible avec les theories mat-
rialistes et mme avec le matrialisme humaniste des
socialists.
En effet, toutes les justifications des consequences du
rgime tant ramenes une Volont divine, il s'ensuit
que la lutte contre ces consequences et constamment ra-
mene la mme Volont. Cette attitude de respect d
l'ordre tabli et ses hirarchies est recommande
par la mission chrtienne qui pose le principle de la


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rforme morale come seul moyen susceptible d'abou-
tir la rforme social.
Le Syndicalisme chrtien requiert du travailleur suf-
fisamment de qualits morales et sociales afin de pou-
voir rsoudre les problmes concrets poss par les exi-
gences multiples qu'engendre l'volution normal des
Socits Humaines. Pour lui, le bonheur de l'homme
dpend moins de l'amlioration de ses conditions mat-
rielles d'existence que du degr de satisfaction qu'il peut
atteindre moralement ; l'homme spiritual devant avoir
la suprmatie sur l'homme physique.
Il est facile de se rendre compete que toutes ces doc-
trines syndicales obissent, chacune, une doctrine poli-
tique, une interpretation des faits conomiques et
sociaux ramene une volont de conduire les vne-
ments au lieu de les subir. Cela revient dire que ceux
qui ont le pouvoir n'interprtent pas les faits sociaux
et conomiques de la mme faon que ceux qui subis-
sent le pouvoir. La doctrine politique de ces organismes
est suffisamment connue pour qu'il ne soit point besoin
d'y revenir, et l'on peut affirmer, qu'il s'agisse du syndi-
calisme de tendance rvolutionnaire, du syndicalisme
de tendance rformiste ou du syndicalisme de tendance
chrtienne, qu'aucun ne correspond totalement aux exi-
gences historiques particulires de la lutte d'mancipa-
tion des peuples coloniaux.
La lutte anticolonialiste implique la prise en consid-
ration des caractristiques nationals du pays colonis,
l'affirmation de sa personnalit et la sauvegarde de son
originalit. Il faut d'abord se dbarrasser du complex
de colonis et considrer le phnomne colonial comme
contraire aux possibilits de dveloppement du pays
colonis, avant de pouvoir dvelopper au maximum la
conscience anticolonialiste dans le people, ce qui engen-
dre forcment une tendance national et donne lieu
une lutte national qui, pour demeurer positive et ra-


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tionnelle, ne doit jamais se confondre avec le chauvi-
nisme ou le sectarisme gographique.
Le fait que les organizations syndicales d'Afrique
n'taient que des Sections des organizations des pays
mtropolitains, tait de nature compromettre l'affir-
mation de la personnalit de nos pays coloniss et
freiner le dveloppement du sens de responsabilits du
movement syndical africain.
Nous avons vu que l'implantation du syndicalisme
mtropolitain, diversifi dans ses principles et ses fonc-
tions sociales, avait eu pour rsultat, en brisant l'unit
syndicale africaine, d'affaiblir notre pouvoir et mme
de fire perdre certain syndicalistes le sens de leur
mission propre.
Au lieu de combattre pour des objectifs concrete et
prcis, au lieu d'insrer la lutte commune du proltariat
africain dans l'action gnrale du people africain contre
le colonialism, les syndicalistes africains avaient t,
un moment, entrans dans les luttes idologiques qui
n'avaient d'autres rsultats que d'affaiblir leur force
gnrale, d'entretenir les contradictions internes de leur
classes et de paralyser leur action.
C'est, aprs avoir dcouvert ces vicissitudes et plac
comme premier objectif de son action, l'mancipation
de l'Afrique, que le Syndicalisme africain, partir de
Cotonou, a pos comme principle fundamental que l'ido-
logie syndicale doit tre essentiellement function du
milieu et des conditions dans lesquelles elle est appele
se manifester et se dvelopper.
Depuis ce tournant dcisif et positif, notre mouve-
ment syndical a rejet formellement toute espce d'assi-
milation, toute forme d'intgration syndicale une
autre organisation national, bien qu'il reconnaisse l'in-
ternationalisme proltarien comme un lment efficace
pour son propre dveloppement et la ralisation de son
programme.


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L'UNIT SYNDICATE

Si notre combat syndical des dix dernires annes
avait t particulirement marqu dans son volution
par des contradictions de doctrine entire les diffrentes
cent:rales en presence, toutes organiquement subordon-
nes aux centrales franaises, la conference historique
de la classes ouvrire africaine tenue en janvier 1957
Cotonou a courageusement reconnu les erreurs commi-
ses par le syndicalisme africain et a proclam sa rolont
d'unification et de personnalisation.
En effet, la bataille idologique qui, de 1954 1956,
avait atteint un certain caractre de violence, commen-
ait amoindrir trs sensiblement le potential de lutte
des masses laborieuses d'Afrique.
Les objectifs rels du syndicalisme taient perdus
de vue au fur et i measure que se dgageaient et se ren-
foraient les opposition doctrinales.
Les moyens et les mthodes de propaganda employs
par chaque formation syndicale pour se tailler une
sphre d'influence, morcelaient dangereusement en
groups ennemis notre monde du travail.
La pluralit contradictions formelles de notre classes ouvrire, don't
cependant, les conditions sociales, conomiques et poli-
tiques demeuraient rigoureusement identiques, malgr
sa division organique.
C'est du reste en jouant sur cette division que le pa-
tronat et l'administration taient parvenus conserver
intacts l'essentiel de leurs privileges et leurs pouvoirs
d'exploitation.
Aussi, il est aujourd'hui ais de reconnatre que la
domination exerce sur nos organizations par les cen-
trales mtropolitaines orientait notre action revendica-
trice vers des considerations n'ayant parfois aucune
liaison avec les exigences de notre volution. Les tra-


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vailleurs d'Afrique taient engags dans des batailles
qui, souvent, n'taient pas les leurs, batailles don't une
des consequences dsastreuses entire toutes tait de les
dresser les uns contre les autres, alors que le patronat
leur opposait partout, dans les diffrents secteurs d'ac-
tivit, un front unique et cohrent.
L'parpillement des forces syndicales africaines dans
les diverse Confdrations ne pouvait plus se justifier
en raison de l'existence de nombreux cadres capable
de prendre efficacement en main le destin de la classes
ouvrire africaine.
Ainsi, allait se former une nouvelle gnration syn-
dicale, rompue aux dures exigences de la vie militant
et pleinement consciente de son rle, qui est de dgager
la personnalit du travailleur africain. C'est cette g-
nration que revient dsormais le rle de dterminer
elle-mme ses objectifs et d'apporter une imposante
contribution la grande lutte des peuples africains et
de faire connatre au monde extrieur les aspirations
et la volont de la classes ouvrire africaine.
L'Union Gnrale des Travailleurs d'Afrique Noire
(U.G.T.A.N.) reprsente cette gnration de syndicalistes
qui ont fini par comprendre que seule la liberation na-
tionale pourrait se prolonger par une liberation de la
classes ouvrire. L'U.G.T.A.N., notre movement syndi-
cal, refuse dsormais toute alination de sa libert d'ac-
tion, tout encadrement organique qui portrait atteinte
sa personnalit et son indpendance.
En laborant une doctrine adapte aux conditions
sociologiques, conomiques et l'tat politique actuel
de nos territoires, l'U.G.T.A.N. se prsente comme l'ex-
pression authentique de toutes les valeurs qu'incarne
l'Afrique en gnral, et plus particulirement sa classes
laborieuse. Elle veut, sans rien trahir du gnie de notre
race, apporter sa force concrete, morale, intellectuelle
et conomique dans la construction de l'Afrique de de-

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main, une Afrique sans complex, une Afrique libre,
souveraine, dmocratique et prospre.
La Conference de Cotonou s'est tenue, il faut le rap-
peler, en une priode oi la situation gnrale tait mar-
que par une caractristique, la plus frappante et la
plus important de notre temps : la monte de la lutte
centre le colonialisme, pour l'indpendance national
et le dveloppement conomique.
Depuis cette poque, et au course des deux annes qui
nous sparent des assises historiques de Cotonou, de
nouveaux bonds en avant ont t raliss.
Le dveloppement du movement de liberation des
anciens peuples coloniaux ne s'est pas arrt.
Dans ce cadre, la vague puissante du movement de
l'indpendance et de l'unit africaine a pris de nouvel-
les forces et enregistr de nouvelles victoires.
Des vnements important ont, au course de ces deux
dernires annes, rvl, de manire clatante, la pro-
fondeur et la puissance de ce movement qui soulve
les masses africaines.
Le Congrs de Bamako du Rassemblement Dmocra-
tique Africain, les conferences de Paris et de Dakar des
parties africains pour le regroupement, la victoire des
forces nationalists togolaises aux lections d'avril der-
nier, le Congrs de Cotonou du Parti du Regroupement
Africain et le Premier Festival de la Jeunesse Africaine
d'une part, l'indpendance du Ghana et la conference
d'Accra des tats indpendants d'Afrique, l'indpen-
dance Guinenne et la rcente Confrence panafricaine
d'Accra d'autre part, tous ces vnements ont contribu,
de faon plus ou moins decisive, a placer aujourd'hui au
premier plan de l'activit africaine, le problme de l'in-
dpendance, de l'unit des peuples et des territoires
africains.


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A) Pour le triomphe rapide de la cause de l'indpen-
dance national.
L'action gnrale de l'U.G.T.A.N., depuis Cotonou, a
de son ct contribu, elle aussi, l'affirmation de ces
aspirations profondes des travailleurs et des peuples
d'Afrique Noire, ce qui montre bien que l'action parti-
culire de l'U.G.T.A.N. est insparable de l'action gn-
rale des peuples d'Afrique pour leur mancipation.
La conference syndicale de Cotonou avait fix,
comme un des buts fondamentaux de 1'U.G.T.A.N. la
lutte contre le rgime colonialiste et toutes les formes
d'oppression et d'exploitation de l'homme par l'homme
et prcis que cette action s'insre dans la lutte des
travailleurs des pays sous-dvelopps pour la liberation
de ces derniers, la promotion conomique et social de
leurs populations et l'avnement d'une vritable dmo-
cratie .
Tenant compete des changements historiques interve-
nus depuis cette date et traduisant les intrts, les as-
pirations et la volont des masses laborieuses groupes
dans leurs rangs, la plupart des unions territoriales et
des fdrations professionnelles de la central se sont,
l'occasion de leur congrs statutaire, unanimement pro-
nonces pour la conqute immediate de l'indpendance
national.
Par example, le 3 aot 1958, le congrs constitutif
de l'union territorial des syndicats du Niger, aprs
avoir considr que l'chec de la loi-cadre, l'aggrava-
tion de la misre des masses travailleuses, l'apparition
d'un rgime factieux issu de la collusion des ultras
d'Alger et de l'Arme, la prolongation de la guerre
centre le people algrien, que tout cela compromet
dangereusement l'avenir des peuples sous domina-
tion colonial et montre clairement qu'il faut rompre
avec le rformisme et s'engager rsolument dans la
voie rvolutionnaire : celle de la liberation national,


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a dcid de mobiliser tous les travailleurs africains et
la paysannerie autour du mot d'ordre d'indpendance
national, qui conditionne la promotion conomique
et social de notre pays.
Le 22 juin 1958, le congrs constitutif de l'union ter-
ritoriale des travailleurs du Sngal s'est prononc dans
le mme sens.
Par ailleurs, le 13 mai 1958, est intervenu le coup de
force d'Alger. Les vnements qui en sont rsults en
France et en Algrie, ont eu des repercussions directed
sur le plan africain, posant de manire brlante la ques-
tion de la defense des intrts et des aspirations des
travailleurs et des populations d'Afrique Noire.
Le 30 mai, dans une declaration, le Comit Directeur,
runi Dakar, attirait l'attention de tous les travail-
leurs sur la volont affirme des colonialistes de met-
tre profit cette situation nouvelle pour tenter de bri-
ser le movement d'mancipation africaine.
Le Comit Directeur de l'U.G.T.A.N. appelait les
unions, les fdrations professionnelles, les syndicats
de base, a une vigilance accrue, les engageait prter
une attention soutenue au droulement des vnements
et les invitait tre prts mener toutes actions que
ncessiterait la situation.
Pour la defense des liberts syndicales et des con-
qutes sociales.
Pour la liberation total des peuples d'Afrique du
joug colonial.
Par la suite, avec la venue au pouvoir du gnral
de Gaulle, il a t demand, aux populations africaines
en mme temps qu'au people franais, de se prononcer,
le 28 septembre 1958, l'occasion d'un rfrendum-pl-
biscite, pour ou contre une constitution prtendant, en
particulier, tablir de nouveaux rapports entire la France
et les territoires africains.
Les 10 et 11 septembre 1958, la conference des cadres


20 -








syndicaux de l'U.G.T.A.N., runie Bamako, procde
un examen approfondi du project de constitution.
Elle approve l'unanimit le rapport du Comit
Directeur et dcide d'appeler les organizations syndica-
les, les travailleurs, les masses voter NON, parce que
la Communaut propose par la Constitution est inac-
ceptable tant fonde sur l'ingalit et perptuant sous
des forms nouvelles, la domination colonial.
Cette Constitution consacre une nouvelle forme de
subordination et d'intgration des territoires d'Outre-
Mer la Rpublique Franaise.
Elle ne reconnat pas la ncessit vitale de consti-
tuer des Etats Africains souverains, au niveau de l'ac-
tuelle A.O.F. et de l'actuelle A.E.F. ; elle tend rompre
dlibrment les liens naturels politiques, conomiques,
culturels et gographiques qui unissent les territoires
africains.
L'U.G.T.A.N. a lutt pour dresser les masses laborieu-
ses contre cette constitution qui divise ou balkanise l'A-
frique.
Elle a combattu le maintien du rgime colonial qui
est la source des privations du travailleur africain.
Dans certain territoires, le scrutiny pour le rfren-
duni a t une vritable mascarade. Il s'est droul sous
la pression directed de l'Arme. Et jamais dans l'histoire
de nos pays, consultation n'a t aussi grossirement
truque. Jamais l'administration colonial n'a employ
autant d'efforts et de moyens pour arracher, par le
chantage, l'intimidation, la corruption et la pression, un
vote positif.
Au Niger, o la reaction colonial avait concentr le
meilleur de ses forces, faisant rgner l'arbitraire le plus
absolu, des lus, fidles leur people, ont t brims,
humilis, jets en prison, parce qu'ils ont refus de ca-
pituler et ont courageusement combattu pour la libert,
pour la dignity africaine.


- 21








Dans l'ensemble, partout dans les territoires, les or-
ganisations et les militaires de 1'U.G.T.A.N. ont suivi le
mot d'ordre de la central et dit NON la servitude
colonial.
En Guine, le people, unanime, a vot NON et accd
l'indpendance, ouvrant, de la sorte, une nouvelle br-
che dans le systme colonial Franais.
Avec le Parti Dmocratique de Guine, l'Union syn-
dicale des travailleurs de Guine a jou un rle dci-
sif et apport une minente contribution cette grande
victoire du people de Guine qui est aussi la victoire de
toutes les force; dlu progrs, de tous les peuples d'Afri-
que Noire qui aspirent profondment une vie natio-
nale libre et indpendante.
Plus de trois mois se sont couls depuis le rfren-
dum, et, au course de cette priode, les vnements, les
faits sont venus, chaque jour, confirmer la justesse de
la decision de Bamako conforme aux principles et
l'orientation de l'U.G.T.A.N., aux intrts fondamentaux
de la classes ouvrire et des peuples africains.
Depuis le 28 septembre, la volont d'indpendance a
grand et s'affirme aujourd'hui avec force, l'chelle de
toute l'Afrique.
Dans la declaration publie l'issue de sa session de
Conakry des 9 et 10 octobre dernier, le Comit Direc-
teur qui a procd une analyse de la situation nou-
velle cre en Afrique Noire aprs le rfrendum, ap-
pelle les unions territoriales et les fdrations profes-
sionnelles, les travailleurs et les masses populaires de
tous les territoires de la Communaut multiplier leurs
efforts pour continue faire aboutir cette volont po-
pulaire l'indpendance, condition indispensable pour
l'Afrique, de retrouver son unit.
Il est en effet vident que le chemin de la ralisation
de l'unit africaine par les peuples africains et pour les


- 22 -








peuples africains, passe obligatoirement par la conqute
de l'indpendance national.
Des syndicalistes et des patriots africains cons-
quents, ne peuvent pas vouloir d'abord l'unit et l'ind-
pendance ensuite.
Il n'est pas possible d'affirmer pleinement la per-
sonnalit africaine, de recouvrer la dignit africaine et
de travailler positivement la solution des problmes
conomiques, sociaux et culturels africains, sans la li-
quidation de la domination colonial, sans la conqute
total, effective du pouvoir politique.
L'unit africaine se forge, et elle est en train de se
forger dans la lutte pour la consolidation ou la conqute
de l'indpendance.
Le congrs, sans doute, sera unanime pour raf-
firmer que l'action gnrale de I'U.G.T.A.N. doit, dans la
situation prsente, se dvelopper, pour la conqute de
l'indpendance.
Tout pour la liberation complete des peuples d'Afri-
que Noire du joug colonial.
Tout pour l'indpendance immediate.
Tel doit tre dans la situation prsente, sur le plan
politique l'objectif principal de la Centrale, comme ce-
lui de toutes les organizations africaines de masses, fi-
dles la lutte anti-colonialiste et anti-imprialiste.

B) Syndicalisme et Politique.

Les buts de l'U.G.T.A.N., cela a t rappel plus
haut, sont dfinis dans la resolution sur la doctrine adop-
te par la Confrence de Cotonou. Ils sont l'objet de
l'article 3 (Chapitre 2 des statuss.
L'action de la Centrale s'insre dans la lutte des
travailleurs des pays sous-dvelopps pour la libra-
tion de ces derniers, la promotion conomique et so-


- 23 -








ciale de leurs populations et l'avnement d'une vri-
table dmocratie.
En d'autres terms, l'objectif fundamental de
I'.G.T.A.N. tant dans la situation actuelle, la liquida-
tion du rgime colonial, son action constitute une par-
tie intgrante de la lutte gnrale des peuples d'Afrique
Noire pour la disparition complete du colonialisme, pour
l'indpendance et la souverainet nationals.
Dans ce sens, la lutte syndicale aide au dveloppe-
ment du movement anti-colonialis.te, elle a contribu
et contribute de faon decisive le faire avancer.
Rciproquement, ce sont les succs du movement
de libralion qui crent de meilleures conditions et de
nouvelles possibilits pour la satisfaction progressive
des besoins matriels et culturels des travailleurs et des
peuples africains. Ce sera l'issue victorieuse du mouve-
ment d'indpendance qui ouvrira la voie la vritable
solution des problmes conomiques et sociaux.
Cette interdpendance entire l'action syndicale et la
lutte politique s'est pose hier de manire concrete
l'occasion des grves dans la Fonction publique et, no-
tamment, sur le plan des rapports entire les organisa-
tions syndicales et les excutifs locaux issues de la loi-
cadre.
La conference de Bamako, des 8, 9, et 10 mars 1958,
en a discut trs largement et a adopt, l'unanimit,
une resolution gnrale sur cette question capital.
Elle a raffirm, avec rigueur, que l'action particu-
lire de P'U.G.T.A.N. est insparable de l'action gnrale
des peuples d"Afrique pour leur mancipation. Elle a
invit les syndicate l'analyse dialectique de la con-
joncture, pour viter que des contradictions internes ne
se substituent la contradiction principal entire l'int-
rt africain et le rgime colonial, don't la disparition
seule saura signifier la liquidation du colonialisme.
Confirmant et prcisant plus concrtement l'orien-


- 24 -








talion de l'U.G.T.A.N., la Confrence a estim qu'une
action anti-colonialiste cohrente, pour l'abolition des
privileges du capitalism colonial, la destruction de
toute fodalit administrative, conomique, culturelle et
social, exige imprieusement du syndicalisme une op-
tion politique qui determine le sens de ses activits
particulires.
Malgr les difficults de toutes sortes, bien souvent
suscites et exploites cyniquement par les colonialis-
tes et leurs agents, l'action gnrale de l'U.G.T.A.N. a
effectivement et srieusement contribu faire dpas-
ser le stade de la semi-autonomie octroye par la loi-
cadre vote par le Parlement franais.
Dans la priode qui a suivi, l'U.G.T.A.N. s'est pla-
ce au premier rang dans la lutte contre le colonialisme,
contre la Constitution et la Communaut qui est une
nouvelle forme de domination colonial et pour l'ind-
pendance national.
Et de nouveau se pose, bien que dans des conditions
diffrentes, le mme problme, la question des rap-
ports entire syndicalisme et politique.
Au course de la champagne pour le rfrendum, en
vue d'affaiblir l'action de l'U.G.T.A.N., de diviser les
forces syndicales et d'imposer aux masses africaines la
Communaut franaise, les colonialistes et leurs agents
ont, une fois de plus, par tous les moyens, agit l'pou-
vantail, le danger d'une politisation du syndicalisme.
Les ennemis acharns de l'indpendance et de l'u-
nit africaine se sont livrs, sur cette base, une cam-
pagne systmatique de calomnie et de division.
Le rfrendum pass, ils ont poursuivi et poursui-
vent encore leur besogne de dsagrgation.
Au Sngal, est n un soi-disant Comit de Vigi-
lance pour l'unit des travailleurs et contre la politi-
sation du movement syndical africain , qui, dans une
declaration largement diffuse par la press colonia-


- 25 -







liste et la radio officielle invite tous les travailleurs
du Sngal constituer, dans toutes les localits et r-
gions, des sections et sous-section de Comit de Vigi-
lance, indispensables pour assurer la survive de
l'U.G.T.A.N. .
Face relte nouvelle entreprise colonialiste de divi-
sion du im,uvement syndical africain, face ce nouvel
assault contre l'unit de I'U.G.T.A.N., le Comit Direc-
teur, lors de sa session de Conakry, a fermement pris
position et indiqu la voie suivre.
Le Comit Directeur a rejet catgoriquement la
tendance inspire par le colonialism qui a vis et vise
encore enfermer le movement syndical africain dans
un coopratisme troit, contraire aux intrts bien com-
pris des travailleurs et du movement d'mancipation
africaine.
Il a raffirm solennellement la vocation national
de I'U.G.T.A.N. et rappele que l'action particulire de
la Central est insparable de l'action gnrale des peu-
ples d'Afrique pour leur liberation complete du joug
colonial et la suppression de toutes les former d'exploi-
tation de l'homme par l'homme.
L'U.G.T.A.N. s'est prononc, fermement et sans qui-
voque, pour un syndicalisme rvolutionnaire et authcn-
Liquement africain.
Elle est indpendante de' toutes les formations poli-
tiques.
Elle entend, dans le respect absolu de cette indpen-
dance, user pleinement de son droit de soutenir toute
action politique qu'elle juge conforme aux intrts des
travailleurs et des peuples africains.
Le Comit Directeur a proclam, de nouveau, l'in-
branlable volont de l'U.G.T.A.N. et de la classes ou-
vrire africaine d'teuvrer de toutes leurs forces pour le
dveloppement et la victoire de la lutte pour l'indpen-
dance de l'Afrique.


- 26 -








Convaincu qu'au del des rsultats du rfrendum,
les cadres syndicalistes, comme l'immense majority des
travailleurs africains restent inbranlablement fidles
I'U.G.T.A.N., le Comit Directeur a appel les organisa-
tions et les militants de la Centrale et toutes les mas-
ses travailleuses renforcer leur unit et dvelopper
leur action :
Pour contribuer partout au triomphe de la cause
de l'indpendance national, devenue une reven-
dication unanime et un impratif historique.
Pour la defense permanent des intrts cono-
miques et sociaux des travailleurs.
Pour la defense des liberts et droits syndicaux,
indispensables pour assurer la defense des tra-
vailleurs.
Pour border, dans les meilleures conditions, les
tches nouvelles que posent l'mancipation et l'-
volution de l'Afrique Noire.
Il appartient maintenant au Congrs de se pronon-
cer.
Et sans doute, le Congrs rejettera catgoriquement,
son tour, la conception hypocrite et ractionnaire, ins-
pire par le colonialisme, soutenue par ses agents, et qui
tend vouloir enliser le movement syndical africain
dans un rformisme prjudiciable, tous gards, aux
intrts vitaux des travailleurs et du movement de li-
bration africaine.
Le Congrs, sans aucun doute, contribuera accen
tuer le caractre national et rvolutionnaire du syndi-
calisme africain, des luttes de l'U.G.T.A.N. et de la
classes ouvrire africaine.

C) Les problmes de la lutte des classes et de l'u-
nit de lutte de toutes les forces africaines con-
tre le colonialisme, pour l'indpendance.
La resolution sur la doctrine, adopte par la Con-


- 27 -








frence de Cotonou, indique relativement au problme
de la lutte des classes :
Les conceptions importes clairent insuffisamment
l'volution et les tches de progrs conomique et so-
cial en Afrique, d'autant plus que, malgr les contra-
dictions existant entire les diverse couches sociales et
locales, la domination colonial rend inopportune toute
rfrence la lutte des classes et permet d'viter la
dispersion des forces dans les competitions doctrina-
les .
Ce qui important Cotonou, c'tait, avant tout, d'-
carter ce qui pouvait diviser, c'tait de s'unir sur ce qui
rapprochait, en vue d'aboulir des conclusions et des
decisions unanimes sur la base desquelles devait tre
cre cette Centrale unifie.
La Conference a atteint pleinement ce but.
Cependant que la vie et l'action allaient permettre
de vrifier la justesse ou l'insuffisance de telle ou telle
thse adopte.
Il a dj t dit que les faits et les vnements taient
venus confirmer dans l'essentiel la justesse de l'orien-
tation de 1'U.G.T.A.N., mais que, cependant, des insuffi-
sances taient apparues qu'il important de combler.
Un tel effort de clarification devrait contribuer
lever le niveau idologique des organizations et des mi-
litants de l'U.G.T.A.N., l'implanter davantage dans les
ralits de la socit africaine de notre poque, faire
jouer notre Centrale, pleinement, avec clairvoyance et
efficacit, le rle dcisif qui est celui de la classes ou-
vrire africaine dans la lutte libratrice comme dans
l'dification national.
En ce qui concern tout particulirement la Com-
mu:iaut, les territoires africains restent des pays sous la
domination colonial qui affected, des degrs diffrents
certes, l'ensemble des couches sociales africaines.
La question primordiale demeure la liquidation du


- 28 -








rgime colonial et la conqute de l'indpendance. L'unit
de lulle de toutes les forces africaines intresses
a l'effondrement du systme colonial est une des con-
ditions essentielles du succs.
Mais, au course de la priode qui s'est coule entire
la Conference de Cotonou et le Congrs de Conaky,
travers l'exprience de la Loi-Cadre et les dveloppe-
ments de la conjoncture avant et aprs le rfrendum,
des phnomnes nouveaux sont apparus dans le do-
maine des rapports entire les diffrentes couches socia-
les africaines face au colonialism.
On a assist un dveloppement plus ou moins sen-
sible, selon le territoire, non seulement du processus de
diffrenciation des couches sociales en presence, mais
surtout, des prises de positions ouvertes pour ou con-
tre l'imprialisme, pour ou contre l'indpendance afri-
caine, la dmocratie et le progrs social.
Il convient de reconnatre, avec la Confrence de
Cotonou, et cela est devenu aujourd'hui plus vident,
l'existence de contradictions dans la socit africaine,
contradictions qui ont donn et donneront lieu, invi-
tablement, des conflicts qui influeront srieusement sur
la lutte anti-colonialiste et anti-imprialiste.
Les Colonialistes s'appuient et s'appuieront encore
sur la tactique classique du diviser pour rgner . Ils
s'efforcent et s'efforceront d'exploiter systmatiquement
les contradictions africaines.
Ils travaillent et travailleront fair passer dans
leur Camp, tous les lments politicians, fodalits
coutumires, fodalits religieuses don't les activits
les aideront maintenir leur systme d'exploitation et
d'oppression.
Il faut donc poser la ncessit de suivre, avec vigi-
lance, le dveloppement des contradictions internes dans
la socit africaine, de procder constamment un exa-


- 29 -








men attentif des problmes nouveaux que cela engen-
dre, afin de pouvoir, en toutes circonstances, dtermi-
ner l'attitude prendre.
En tout tat de cause, le movement syndical dans
les territoires africains non indpendants ne doit pas se
contenter d'assurer la defense des intrts profession-
nels des Travailleurs. Il doit encore s'opposer ferme-
ment aux manceuvres des Etats africains qui tentent
d'utiliser les sentiments patriotiques et l'aspiration po-
pulaire i l'unit pour amener les masses laborieuses
fire des sacrifices et retire leurs revendications, alors
que ces mmes dirigeants se livrent au npotisme et
refusent de limiter l'avidit des trusts coloniaux et de
combattre ouvertement le fait colonial.
Le movement syndical doit refuser d'abandonner
les revendications d'une part just du revenue national,
des meilleures conditions de travail et le droit dmo-
cratique.
Il doit dmasquer et combattre nergiquement les
Africains au service de l'imprialisme.
Par centre, le movement syndical doit cooprer avec
tous les lments anti-imprialistes et s'efforcer de con-
tribuer i la liberation des territoires africains encore
assujettis la domination trangre.
Il doit appuyer toutes actions et y prendre une part
active, lorsque ces actions sont diriges contre le co-
lonialisme pour l'indpendance, pour le dveloppement
conomique et le progrs social.
En conclusion, I'U.G.T.A.N., ses organizations et ses
militants ne doivent jamais oublier que la politique
de l'imprialisme consiste diviser les Africains,
pousser les Africains contre les Africains, pour cons-
tituer le plus grand obstacle la ralisation de l'unit
de lutte de toutes les forces vives, qui seule peut con-
duire une fin rapide de la domination colonial.


- 30 -








L'U.G.T.A.N., ses organizations et ses militants doi-
vent tre absolument convaincus que l'esprit et la pra-
tique de l'unit et de la fraternity africaines dans la
lutte anticolonialiste et anti-imprialiste sont une con-
ditioi essentielle du succs.

D) Une question capital : l'unit de lutte des tra-
vailleurs des villes et des campagnes.

Dans le cadre de l'alliance naturelle de la classes ou-
vrire africaine et de ses organizations syndicales avec
l'ensemble des masses populaires, se pose, en particu-
lier et come une question de la plus haute impor-
tance, la ncessit de raliser l'unit de lutte des travail-
leurs des villes et des campagnes.
La reaction colonial et les politicians africains son
service, savent bien quelles forces immense reprsen-
tent les masses paysannes, qui constituent plus de 90 %
des populations africaines.
Non seulement le colonialisme fait peser impitoya-
blement sur les couches rurales, le poids crasant de
son systme d'exploitation et d'oppression, mais il s'est
efforc aujourd'hui, plus que jamais, d'opposer les pay-
sans leurs frres, travailleurs des villes.
Ainsi, l'imprialisme reste toujours sa tactique du
diviser pour rgner . Soutenu activement par des
responsables politiques africains qui veulent mainte-
nir, eux aussi, leurs privileges ; il tend, par tous les
moyens, d'empcher la pntration, la champagne des
ides de progrs et de dmocratie.
Mais malgr cette politique ractionnaire du colo-
nialisme, des efforts obstins de ses agents, nous assis-
tons, un peu partout, avec le dveloppement du mouve-
ment d'mancipation africaine, un veil progressif
de la paysannerie qui prend conscience de ses propres


31 -








forces et entend s'organiser pour la defense de ses in-
trts.
La constitution et le dveloppement, dans diffrents
territoires de syndicats et d'organismes de defense pay-
sanne, tmoignent de cette volont.
L'entre dans la lutte contre l'exploitation et l'op-
pression coloniales, des masses rurales organises, re-
vt une importance capital, singulirement dans la
phase actuelle.
Elle sera d'un poids dcisif pour l'issue victorieuse
de la lutte de liberation national.
L'unit d'action de la classes ouvrire et de la pay-
sannerie laborieuse est revenue impratif pour le suc-
cs de la revolution africaine.
Il imported de consolider et d'largir cette unit d'ac-
tion l oi elle existe. Il imported de la raliser et de la
dvelopper li oi elle n'existe pas encore.
Les organizations de l'U.G.T.A.N. doivent consid-
rer cela come une tche imprieuse. Elles doivent ai-
der de toutes leurs forces les masses paysannes dans
leur efforts d'organisation ; elles doivent, au besoin, les
susciter. Elles doivent soutenir, rsolument leur action
pour la satisfaction de leurs revendications.


L'U.G.T.A.N. ET LES ORGANISMS POLITIQUES

Le grand reproche formul l'encontre de
l'U.G.T.A.N. est qu'elle s'intresse i la politique, qu'elle
dispute (les faits politiques et engage officiellement son
action dans le cadre d'une option politique.
Les dbats de notre congrs seraient incomplets s'ils
ne se prononaient sans quivoque sur ce problme :
I'U.G.T.A.N. doit-elle ou ne doit-elle plus s'intresser
aux vnements politiques ?
Pour mieux rpondre la question ainsi pose, nous


32 -








rappellerons qu'un syndicate n'est pas une entit so-
ciale, culturelle ou gographique diffrente de la so-
cit dans laquelle et pour laquelle il fonctionne.
Un syndicate n'est autre chose qu'un outil de travail,
un moyen de defense des intrts de toute nature des
hommes qui le composent.
Avec ou sans organisation syndicale, avec ou sans
parti politique, l'Homme, depuis son apparition sur la
terre, a toujours lutt soit contre la nature pour se pro-
tger de ses effects ou la dominer, soit contre d'autres
hommes.
En raison de l'volution historique de la socit hu-
maine, de nouvelles exigences se sont imposes
l'Homme. C'est alors qu'il a compris que sa lutte iso-
le ne pourrait plus avoir une porte decisive sur ses
propres conditions d'existence et encore moins sur celles
de la collectivit laquelle il appartient.
Ainsi, sont apparues comme ncessaires les diverse
organizations permettant des groups d'hommes de
mettre en commun leurs efforts, leur intelligence, leur
nergie et dfinir pour leur utilisation rationnelle un
programme ax bien entendu sur leurs besoins com-
muns.
Qu'il s'agisse de parti politique, d'organisation syn-
dicale, de socits industrielles, commercials ou coop-
ratives, tous ces organismes ne sont pour leurs membres
que des armes, des outils dans le combat de la vie.
Si tous les travailleurs sont convaincus que la lutte
contre l'imprialisme ne saurait tre monopolise par
les syndicats seuls, s'ils admettent que l'action syndicale
doit s'inscrire dans le cadre rvolutionnaire de cette
lutte pour l'mancipation de la Socit africaine, ils ne
peuvent pas ne pas se saisir directement de tous les faits
politiques, conomiques, sociaux et culturels qui consti-
tuent les moyens d'action des imprialistes contre leurs
intrts, leurs droits et leurs liberts.

33 -








L'U.G.T.A.N. s'est affirme comme l'lment d'avant-
garde du combat librateur de l'Afrique, et c'est pour-
quoi, elle tient ce que son action reste inscrite au
niveau des contradictions entire l'indpendance natio-
nale africaine et la domination trangre.
C'est donc d'une conscience touted entire proccupe
de l'Afrique que s'tablit le choix des moyens et des
mthodes de lutte de notre grande central.
Le syndicalisme pour le syndicalisme est historique-
ment irrensable, tant que nous voulons demeurer au
service complete des travailleurs et des peuples africains.
Le syndicaliste a le choix entire la lutte rformiste
qui s'attaque seulement aux effects du rgime et la lutte
rvolutionnaire, qui opte pour un changement radical
afin de supprimer l la fois et les causes mauvaises et
leurs effects sur la Socit.
L'U.G.T.A.N., quanit elle, s'est considre comme
un movement d'engagement anticolonialisle et par con-
squent rvolutionnaire.
Comme central oppose au fait colonial, elle com-
bat systmatiquement les bases du rgime colonial.
C'est la lulic politique que tout movement syndical
anticolonialiste mne, car l'alfirmation du droit de libre
disposition des peuples est un choix politique et impli-
que une action polilique.
Le colonialism tant lui-mme un systme politique,
il faudra pour le movement syndical africain lui pr-
frer un autre systme politique de liberty, de dmocra-
tie et de justice ou continue le subir s'il s'enferme
dans un corporatisme troit.
Nous sommes habitus voir les travailleurs arra-
cher un rajustement de salaire et quelques jours aprs
leur victoire tre contraints d'acheter les articles de
consommation un prix plus lev.
L'U.G.T.A.N. pense que les travailleurs groups dans


- 34 -








ses rangs ou membres des parties politiques doivent r-
solument et clairement agir pour rendre possibles la
direction libre et la gestion dmocratique des affaires
de nos pays par les Africains eux-mmes.
Elle sait que les assembles municipales et lgisla-
tives, les conseils de village et de circonscription, enfin
toute la superstructure d'un pays peut par des actes
lgislatifs, administratifs et militaires permettre l'ac-
croissement ou le rtrcissement des liberts dmocra-
tiques et des droits d'un people.
Elle considre que l'action de la classes ouvrire doit
toucher tous ces domaines afin d'amplifier ses moyens
de combat et de mieux servir la cause du progrs.
D'ailleurs, les Assembles et Gouvernements territo-
riaux qui sont favorable au progrs l'ont rendu possi-
ble, alors que les lus africains qui ont prfr s'installer
dans le regime colonial ont t les meilleurs instruments
des colonialists contre les intrts des ouvriers et des
populations.
En s'appuyant sur l'exemple local, celui de la Guine
don't tous les 40.000 conseillers villageois, les 280 conseil-
lers municipaux, les 526 conseillers de circonscription,
les 50 Dputs et les 16 Ministres sont tous des travail-
leurs : paysans, ouvriers ou fonctionnaires, il est facile
de comprendre pourquoi de juin 1950 au 31 janvier 1956
(soit 5 ans et demi) l'indice du salaire interprofessionnel
garanti n'a t relev que dans l'ordre de 40 % alors
qu'aprs 6 mois de gestion autonomy des affaires gui-
nennes, cet indice a pu tre relev de 48 %.
Les prestations familiales ont t dans la mme p-
riode majores de plus de 50 %, les ouvriers, les auxi-
liaires, les contractuels ont bnfici de 20 40 % d'aug-
nentation.
Les activits syndicales ont t encourages alors
qu'avant l'avnement de ce gouvernement, les syndica-


- 35 -







listes taient traqus et leurs activits compromises par
toutes sortes d'entraves lgales ou de fait.
Cette Bourse du Travail est construite et des perma-
nents librement choisis par les syndicats y sont dtachs
pour mieux se consacrer la defense des intrts des
travailleurs.
Enfin la Constitution de l'Etat Rpublicain de Gui-
ne spcifie dans son article 44 que : Les citoyens de
la Rpublique de Guine ont le mme droit au travail,
au repos, l'assistance social et l'instruction.
L'exercice des liberts syndicales et du droit de grve
est reconnu au travailleur .
Vous contaterez que dans ces dispositions constitu-
tionnelles, il n'est fait aucune entrave, mme mieux,
aucune restriction et aucun contrle sur l'exercice du
droit de grve reconnu aux travailleurs.
Partant de cet example, il est facile de reconnatre
au syndicalisme africain son droit natural de s'intres-
ser aux problmes politiques, la march de l'Elat, la
nature et au fonctionnement des diverse structures des
pays africains.
C'est aprs une analyse objective du contenu des
parties politiques face la question national que l'U.G.
T.A.N. et ses organizations de base doivent appuyer ou
dnoncer l'orientation et l'action de ces parties.
Les sacrifices demands aux travailleurs peuvent
tre consentis par ceux-ci si cela sert la cause de la
Revolution Nationale et l'intrt du people. Par contre
si les abandons et les sacrifices des travailleurs favori-
sent les forces coloniales et renforcent leur systme
d'exploitation et d'oppression des masses, les syndicats,
s'ils les acceptent, trahiraient leur mission.
L'U.G.T.A.N. n'est et ne doit tre au service ni d'un
homme, ni d'un Gouvernement. Elle est l'arme de com-
bat des travailleurs pour la justice social et l'instru-
ment que ceux-ci utilisent pour faire avancer le mouve-


- 36 -








ment de liberation, oprer toutes modifications dans les
structures politiques, conomiques, sociales et culturelles
des pays africains.
L'U.G.T.A.N. demeure de ce fait l'allie consciente
et efficace de tous les parties, de toutes les associations
allant dans le mme sens qu'elle.
Par contre, les parties, les hommes, les Gouvernements
qui deviennent les instruments ou les valets du rgime
colonial doivent tre combattus sans reserve par elle.
Vous remarquerez que ce sont prcisment ceux qui
ont trahi la cause du people ou s'apprtent la com-
promettre au profit de leurs intrts gostes qui s'alar-
ment de voir l'U.G.T.A.N. s'occuper de la politique.
Entre le choix de faire la politique ou de la subir,
notre Centrale a prfr la faire et elle la fera pour
sauvegarder les intrts et les droits de l'Afrique, les-
quels sont insparables de sa souverainet et de sa di-
gnit.
Les tdches de la classes ouvrire et des syndicate dans
la Rpubiique de Guine sont pour la consolidation de
l'Indpendance, l'Edification Nationale et le progrs
social.
De janvier 1957, veille de l'entre en vigueur des
dcrets d'application de la Loi-Cadre et de l'installation
des excutifs locaux, nos jours, les initiatives et l'action
persvrante de I'C.G.T.A.N. ont t un facteur dtermi-
nant dans l'volution rapide de la situation politique
en Afrique Noire.
Dans ce sens, la Confrence de Bamako de mars
1958, devait constater, avec satisfaction, que le mou-
vement syndical africain constitute une ppinire de
cadres valables qui, au sein des Assembles communa-
les, territoriales, fdrales et des Conseils de Gouverne-
ment ont, en gnral et malgr de nombreuses difficul-
ts, agit dans l'intrt des travailleurs et des masses


- 37 -








populaires, conformment l'orientation et aux objec-
tifs de 1'U.G.T.A.N. .
En relation avec la question de l'incompatibilit,
pour un dirigeani syndical d'exercer des functions lec-
tives ou gouvernementales, la Confrence devait prciser
que la vocation de la centrfale tant, pour l'Afrique,
la conqute du pouvoir pour la gestion dmocratique
lion de militants syndicalistes, fidles au people,
loute action politique, conomique, administrative et
social conforme l'orientation de I'U.G.T.A.N. .
En mai 1958, lors de son congrs constitutif, l'Union
Syndicale des Travailleurs de Guine soulignait, dans
sa resolution pour l'orientation : Pour l'efficacit de
la lutte syndicale, l'alliance avec toutes les forces,
l'U.S.T.G. s'affirme comme une organisation syndicale
rvolutionnaire visant :
La liberation national.
La liberation social par la lutte contre toute forme
d'exploitation du travailleur .
Les luttes autour du Rfrendum et leurs dvelop-
pements ultrieurs ont concrtement mis en lumire le
bien fond de ces appreciations et la justesse de cette
orientation.
Et, cet gard, la Guine offre un example difiant.
L'Indpendance de la Guine, solennellement proclame
le 2 octobre 1958, constitute une grande victoire de
l'u:ion dles masses populaires et des forces dmocrati-
ques qui ont su mettre en chec les maneuvres de divi-
sion et les desseins provocateurs du colonialisme.
La naissance de la Rpublique de Guine (qui est de-
puis le 12 Dcembre dernier le 82e membre de l'O.N.U.)
a salue come une clatante manifestation de la
conscience et de la maturity politique des masses afri-
caines, comme une tape decisive vers la disparition
compte!e de la domination colonial en Afrique Noire,


- 38 -







comme un pas dcisif vers la creation d'un Etat Africain
Unitaire, puissant et progressiste.
L'dification du nouvel Etat dmocratique constitute,
par consquent, une experience africaine au succs de
laquelle doivent contribuer tous les Africains qui veu-
lent la restauration et la grandeur de la patrie africaine.
Elle pose, pour la classes ouvrire de Guine et ses
organizations syndicales, de nouvelles et grandes tches
et de lourdes responsabilits.
L'accession l'indpendance politique, en librant
la Guin.e de l'imprialisme, ne met pas fin la lutte
centre le colonialisme mais ne fait que changer la forme
et le champ d'action de celle-ci.
Aujourd'hui, se pose la question de savoir, pour la
jeune Rpublique de Guine, de quelle faon raliser
le dveloppement conomique, afin de consolider l'ind-
pendance, et pour la classes ouvrire et ses syndicate,
ce qu'ils peuvent et doivent faire pour aider puissam-
ment fire progressed ce dveloppement.
Aux travailleurs de Guine se posent de nouveaux
problmes, tant en ce qui concern l'dification cono-
mique du pays que l'amlioration de leurs propres con-
ditions de vie et de travail.
Ils doivent apporter leur soutien enthousiaste aux
plans pour la reconstruction du pays, convaincus que
ce soutien conditionne la prosprit national et son
d,.veloppement.
Comme dans tous les domaines, la nouvelle situation
e:ig.e galement, sur le plan de l'action syndicale, la
determination de nouveaux objectifs et la reconversion
des anciennes mthodes, pour construire l'conomie
rationalee au bnfice du pays et de son people.
Reconvertir les structures conomiques, sociales
et administrative pour les masses laborieuses.
Travailler liminer les causes d'injustice et de
division, augmenter la production par l'mulation


-- 9








collective et individuelle, lever en consequence, le
standard de vie des travailleurs, difier l'industrie
sur la base des propres efforts de la nation.
Mobilisation des resources financires et humai-
nes et de l'aide d'autres pays accepte sans obligations
qui portent atteinte l'indpendance et la souverai-
net nationals, telle doit tre aujourd'hui, la line de
conduite de la classes ouvrire et des organizations syn-
sicales de Guine. Enfin, la Rpublique de Guine et les
Etats Indpendants d'Afrique doivent soumettre, cer-
tains organisms officials de l'O.N.U., une demand en
vue de la participation de l'U.G.T.A.N. leur fonction-
nement.

CONCLUSIONS

Aprs la conqute de son unit organique et l'aban-
don des principles de lutte non conformes aux caract-
ristiques de la situation politique, conomique et social
des pays africains domins par l'imprialisme, le mouve-
ment syndical africain s'est considrablement renforc
et s'est plus rapidement hiss au niveau de son rle
d'avant-garde dans la lutte de liberation contre le rgi-
me colonial, insparable de la lutte revendicatrice pour
la justice social, le progrs dmocratique et l'largis-
sement des liberts humaines.
Au fait africain, il a adapt sa structure et sa doc-
trine pour la transformation de la nature du mode
d'existence des peuples africains.
A l'aspiration populaire l'unit (les territoires afri-
cains diviss par des puissances trangres, notre mou-
vement a donn un cadre appropri qui permet l'clo-
sion des sentiments nationaux et le dveloppement de
la lutte pour la souverainet national.
Partant des ralits propres aux pays coloniss et
sous-dvelopps d'Afrique, I'U.G.T.A.N., a dfini claire-


- 40 -








ment sa doctrine et tabli son programme d'action rvo-
lutionnaire.
Aujourd'hui, elle est la central qui porte le message
progressiste de notre monde du travail et aussi la lourde
responsabilit d'oeuvrer avec puissance et efficacit dans
le sens de la satisfaction rapide des revendications et
des profondes aspirations des masses laborieuses une
vie de dignit, de libert et de dmocratie.
L'U.G.T.A.N. est convaincue que l'unit syndicale
d'une part et l'unit d'action avec les autres couches
anticolonialistes d'autre part, constituent les chances
d'un changement fundamental de situation en Afrique
au dtriment des forces d'exploitation et d'oppression.
Elle mprise l'imprialisme et se refuse toute com-
position avec le rgime tabli par lui et toute collabo-
ration avec ceux qui le soutiennent consciemment.
La revolution conomique, social et morale n'tant
possible que dans un rgime politique de libert et de
dmocratie, notre central a eu raison, tout en conser-
vant par rapport aux parties politiques son indpendance
organique, d'insrer activement sa lutte dans le combat
gnral ayant pour objet cette revolution politique et
ainsi de contribuer trs activement l'acclration du
movement d'mancipation africaine.
Aujourd'hui, le Mouvement Syndical Africain a sa
place et sa forte personnalit marque dans le camp de
progrs politique, conomique et social.
Dans les pays coloniaux ou semi-autonomes, ses m-
thodes visent la disparition rapide du fait colonial.
Dans les pays librs de la domination trangre,
l'action de l'U.G.T.A.N. tend la consolidation des bases
de l'indpendance et de la souverainet nationals en
corrigeant les structures hrites de la colonisation afin
que le people ne connaisse plus d'entrave et que la classes
ouvrire cesse d'tre exploite.
Ainsi, le Syndicalisme ne peut tre une fin. Il est


- 41







devenu et il restera un moyen efficace d'volution, de
revolution, ensuite d'volution harmonieuse sur la base
de l'indpendance, de la libert, de la dmocratie et de
la justice dans tous les domaines.
Les mots d'ordre d'unit et d'indpendance de la
patrie africaine correspondent aux tendances essentiel-
les qui dominant actuellement la conjoncture politique
africaine.
Si ces deux revendications sont formules par tous
les parties africains, les mthodes suivies jusqu'ici pour
les satisfaire sont diffrentes.
Pour les hommes conscients, il est devenu clair que
seule l'indpendance de nos pays pourrait permettre la
reconstitution d'une Afrique unie sur la base de ses
intrts propres.
D'ailleurs, si I'U.G.T.A.N. constitute le movement
unifi des travailleurs, c'est que les anciens syndicate
s'taient librs par rapport aux centrales nationals
auxquelles ils taient auparavant affilis pour se fusion-
ner dans son sein.
C'est avec cette claire notion sur les meilleures pers-
pe:ctives (le l'unit de la patrie africaine que I'U.G.T.A.N.
a particip la rcente conference panafricaine d'Accra
et a salu l'union Guine-Ghana come un lment dy-
nainique s'inscrivant dans cette line qui aboutira un
jour, aux Etats-Unis d'Afrique.
Enfin, faut-il rappeler que la base national adopte
par notre central n'est nullement contraire aux intrts
des autres travailleurs du monde ? Nul doute que la
classes ouvrire international bnficie de notre apport
aussi bien que dans notre lutte particulire, nous bn-
iicions de sa contribution directed ou indirecte dans le
grand combat contre les mmes forces d'exploitation et
d'oppression.
C'est en levant l'influence de notre combat particu-
lier au niveau de l'intrt suprieur des peuples du


12 -








monde, tous pris de justice et de dmocratie, que l'on
peut apprcier l'utilit de ce combat pour le progrs
gnral des forces du travail et de la paix.
Camarades travailleurs, les tches de notre central
sont nombreuses, diverse mais toutes exaltantes, car il
s'agit de crer une force nouvelle qui psera de son
poids dans la balance des forces internationals. Il s'agit
de fire de l'Afrique plus qu'elle n'tait avant la colo-
nisation et qu'elle n'est dans la colonisation ou la semi-
autonomie :
Un continent aux structures dmocratises, aux pos-
sibilits conomiques exploites dans l'intrt de ses
populations, la civilisation panouie et aux conditions
humaines suffisamment dveloppes.
Camarades travailleurs, le rl6e de l'U.G.T.A.N. est
dsormais un lment important de l'histoire de l'Affi-
que; jouons ce role avec tout notre courage et toute
notre conscience de patriots et de rvolutionnaires.
Vivent l'U.G.T.A.N. et la Classe Ouvrire Internatio-
nale !
Vive l'Unit Africaine dans l'Indpendance !
Pour l'Amiti et la Coopration entire tous les peu-
ples dans la fraternity et la paix.


Conakry, 15 janvier 1959.
Pour le Comit Directeur de 1'U.G.T.A.N.
Le Rapporteur,
SKou TOURE.


- 43 -

















Resolutions
sur l'unification des organizations
syndicales d'Afrique











Resolutions
sur l'unification des organizations
syndicales d'Afrique

CONSIDERANT l'imprieuse ncessit d'unifier tou-
tes les organizations syndicales du Continent Africain
et les possibilits, vers cet objectif, de raliser l'unifica-
tion des Centrales Syndicales Nationales d'Afrique Noire
d'une part, et d'Afrique du Nord d'autre part,
CONSIDERANT que cette unit syndicale africaine
constituerait, l'heure actuelle, une grande force qui
serait dterminante dans la lutte contre le colonialism
et l'imprialisme tranger, et reprsenterait dans l'ave-
nir, un facteur puissant et dynamique qui, sur les plans
politique, conomique et social, contribuera fire de
l'Afrique une entit indivisible,
CONSIDERANT les conditions de tous ordres favo-
rables la ralisation d'une telle entreprise,
CONSIDERANT que l'U.G.T.A.N. manquerait ses
responsabilits si, l'occasion de ce Congrs, elle ne
contribuait concrtement faire avancer la cause de
l'unit du Continent Africain divis durant des sicles
de domination colonialiste et imprialiste,
CONSIDERANT enfin, les interventions des dlga-
tions fraternelles du Ghana, de la Tunisie, du Maroc et
de l'Algrie,
LE CONGRS MANDATE LE BUREAU DE LA CENTRAL POUR
PRENDRE TOUTES INITIATIVES ET ENTREPRENDRE TOUTES
DEMARCHES NCESSAIRES EN VUE DE LA TENUE D'UNE CONF-
RENCE PAN-AFRICAINE DE TOUTES LES ORGANIZATIONS SYN-
DICALES D'AFRIQUE.
LE CONGRIS.


- 47 -








Le Premier Congrs de 1' UNION GNRALE DES TRA-
VAILLEURS D'AFRIQUE NOIRE , runi CONAKRY du 15
au 18 janvier 1959, aprs avoir entendu et trs large-
ment discut le Rapport sur la doctrine et l'orientation
de I'U.G.T.A.N., confirm la justesse, dans l'essentiel de
la doctrine et de l'orientation dfini par la Confrence
de COTONOU et sur la base desquelles la Centrale et
ses Organisations ont men leur action et enregistr
d'importants succs.
Le Congrs estime que les luttes de la classes ouvrire
africaine au course des deux annes d'activit de 1U.G.
T.A.N., les difficults rencontres, les victoires rempor-
tes, en some la riche experience acquise permettent
a la lumire d'un examen critique et auto-critique d,
clarifier la situation et de prciser comme suit la doc-
trine et l'orientation de notre Centrale.



DEFINITION ET BUTS DE L'U.G.T.A.N.

L'U.G.T.A.N. est l'organisation syndicale unitaire de
la classes ouvrire et des masses travailleuses d'Afrique
Noire. Elle est une Centrale Nationale authentiquemenL
africaine, organiquement indpendante vis--vis de tou-
tes les Centrales Internationales.
Son but demeure l'organisation des travailleurs dans
l'Unit, la coordination de l'action de l'ensemble des
organizations syndicales dans leur lutte contre le colo-
nialisme, l'imprialisme, et toutes les formes d'oppres-
sion et d'exploitation de l'homme par l'homme.
Ses objectifs demeurent la defense permanent des
intrts conomiques et sociaux des travailleurs, la lgi-
time et pleine affirmation de leur dignit d'homme et
l'mancipation complete des peuples africains.
C'est dire que son action s'insre d'une part dans la
lutte des peuples des pays sous-dvelopps pour leur


- 48 -







liberation national et leur promotion conomique et
social, et d'autre part, dans la lutte gnrale des tra-
vailleurs du monde entier pour le Progrs, la Dmocra-
tie et la Paix.
L'U.G.T.A.N. est partant rsolument ANTI-COLONIA-
LISTE et ANTI-IMPRIALISTE et se place dans le camp du
SYNDICALISME RVOLUTIONNAIRE.



LES OBJECTIFS DE L'U.G.T.A.N

Pour mieux apprcier l'action du systme d'exploi-
tation colonialiste dans nos pays, sur les couches socia-
les, il convient d'analyser brivement le contenu de la
Socit Africaine dans ses rapports avec le systme
colonial.
La Socit Africaine est compose par :
1) la PAYSANNERIE qui forme les 90 % de la
population, mais une paysannerie pauvre subissant pas-
sivement dans la misre l'action directed ou indirect
du systme colonial.
2) la CLASSE OUVRIERE qui constitute la parties de
la Socit la plus consciente de l'exploitation et de
l'oppression colonialistes qu'elle subit directement. Elle
se compose en majority de travailleurs du Commerce
et de l'Industrie sur lesquels repose l'conomie d'exploi-
tation capitalist et des Fonctionnaires qui ont t pen-
dant longtemps les agents inconscients de l'implantation
et du enforcement du rgime colonial; les uns et les
autres se rvlant aujourd'hui comme des lments dy-
namiques dans la lutte de liberation national.
30) les ARTISANS, PLANTERS, COMMERANTS et (i-
ments exerant des professions librales qui sont tous
plus ou moins victims du colonialisme.
4o) les couches sociales FODALES et TRADITION-

49 -








NELLES parmi lesquelles le systme colonial a toujours
cherch des allis.
Cette analyse sommaire dnote de faon objective
que si nous pouvons dtecter au sein de la Socit Afri-
caine une certain bourgeoisie en dveloppement don't
les intrts peuvent prsenter un caractre de dualit
l'gard des intrts du people, on ne peut dgager
actuellement, dans le cadre des rapports de production
l'existence d'une classes, d'une minority bourgeoise, ou
de propritaires fonciers qui imposent leur domination
la majority populaire.
Toutes les couches sociales africaines subissent des
degrs divers l'oppression et l'exploitation colonialiste
et imprialiste. Cette oppression et cette exploitation
colonialists sont le ce fait la contradiction principal
contre laquelle toutes les couches doivent tre mobili-
ses en vue de leur liberation.
Les objectifs de l'U.G.T.A.N. sont dtermins en fonc-
tion de cette situation concrete et des perspectives de
son dveloppement ; en function de l'volution et des
tches de progrs conomique et social en Afrique.

lo SUR LE PLAN SOCIAL.

Suppression de toutes formes d'oppression et
d'exploitation,
Creation de conditions nouvelles tendant d'une
part l'lvation du niveau de vie des masses laborieu-
ses, d'autre part, la just solution des contradictions
qui se manifestent l'intrieur de la Socit Africaine,
conformment l'intrt insparable du people et de
la classes ouvrire.

2 SUR LE PLAN ECONOMIQUE.

Mise en valeur de l'Afrique Noire dans l'intrt


- 50 -







suprieur de ses populations par la liquidation du sous-
dveloppement qui fait de l'Afrique Noire un reservoir
de matires premires, et un march d'coulement des
products manufactures.
La ralisation de tels objectifs suppose :
la suppression de l'conomie colonial et l'difi-
cation d'une conomie africaine dans l'intrt et le seul
intrt des masses,
la creation et le dveloppement d'une industries
africaine moderne,
le dveloppement de l'agriculture africaine par
la mise en valeur des terres en friche, la mcanisation
du travail et la revalorisation des sols en voie d'pui-
sement,
l'accroissement et l'amlioration du cheptel,
l'intensification de la pche maritime et fluviale,
la rforme intgrale des circuits commerciaux
et l'organisation d'changes commerciaux avantageux,
l'africanisation des cadres conomico-sociaux et
administratifs.

30 SUR LE PLAN POLITIQUE.

la lutte pour la liquidation du rgime colonial,
pour la conqute et la consolidation de l'indpendance,
l'action pour la sauvegarde et l'extension de liber-
ts individuelles et publiques,
l'U.G.T.A.N. est indpendante vis--vis de toutes
les confessions, de toutes les formations politiques et des
Gouvernements.
Cependant, dans le cadre de son autonomie organi-
que, elle entend user pleinement de son droit impres-
criptible de dfendre ou de soutenir, de s'opposer ou de
combattre toute position ou action politique qu'elle juge
coniforme ou contraire aux intrts des travailleurs et
des populations africaines.


51 -








L'U.G.T.A.N ET LA POLITIQUE

L'U.G.T.A.N. rejette la conception hypocrite et colo-
nialiste qui tend l'enlisement du Mouvement Syndical
Africain dans un corporatisme troit et un rformisme
prjudiciable aux intrts vitaux des travailleurs et des
populations africaines.
L'U.G.T.A.N. est un Mouvement d'engagement anti-
colonialiste et anti-imprialiste.
Et, comme tel, elle estime que la lutte anti-colonia-
liste et anti-imprialiste, pour l'abolition des privileges
du capitalism colonial, la destruction de toute fodalit
administrative, conomique, social et culturelle exige
imprieusement du Mouvement Syndical Africain une
option politique qui determine le sens de ses activits
particulires.
Elle est contre le syndicalisme rformiste qui s'atta-
que seulement aux effects du rgime colonial, et se pro-
nonce encore une fois de plus pour un syndicalisme
rvolutionnaire tendant i la suppression la fois et des
causes et des effects du colonialisme, source des misres
du travailleur africain.
Dans ces conditions, la vocation de la Centrale est
LA CONQUTE EFFECTIVE DU POUVOIR par les Africains pour
la gestion dmocratique de leurs propres affaires; ce
qui implique :
la participation decisive de la Classe Ouvrire
et de ses Organisalions Syndicales aux luttes pour la
liberation national et pour l'dification d'une conomie
oriente dans l'unique intrt des masses laborieuse-; et
des populations ;
-la participation active des militants syndicalistes
tous organisms politiques, conomiques, sociaux et
administratifs o, fidles aux aspirations du Peuple, ils
oeuvreront dans la line de 1'U.G.T.A.N.


- 52 -








Dans ce cadre et s'agissant de la question du cumul
qui dans le pass a provoqu des remous au sein de
I'U.G.T.A.N. et suscit une champagne de division de la
part des colonialistes l'afft, il convient que la ques-
tion soit pose en principle et solutionne dans la pra-
tique uniquement en function des intrts bien compris
des travailleurs et des populations africaines, en fonc-
tion de la fidlit la doctrine, l'orientation et au
programme de 1'U.G.T.A.N., de l'efficacit et du dvoue-
ment dans l'exercice des functions de dirigeant syndical
quelque chelon que ce soit.

EN CE QUI CONCERN LA QUESTION
ET LA LUTTE DES CLASSES

Il est apparu ncessaire relativement la thse sur
la lutte des classes, adopte COTONOU et qui tait le
rsultat d'un compromise, de redfinir sans quivoque
la position de I'U.G.T.A.N. Cela devant avoir pour con-
squence de mieux armer idologiquement les organisa-
tions et les militants de I'U.G.T.A.N., afin que notre
Central s'implante davantage dans les ralits de la
Socit Africaine de notre poque et joue pleinement
avec clairvoyance et efficacit le rle dcisif qui est celui
de la Classe Ouvrire Africaine et de ses Syndicats dans
la lutte contre le colonialisme pour la conqute et la
consolidation de l'indpendance.
Dans les pays d'Afrique Noire librs ou en lutte
pour la liberation du sol national, la lutte des classes
pour le proltariat et son Mouvement Syndical se ra-
mne essentiellement la lutte contre leur principal
ennemi, l'imprialisme-capitalisme et ses allis.
Et parce que le colonialism est aussi le principal
ennemi des autres couches sociales africaines, que l'ex-
ploitation et l'oppression affectent des degrs divers,


- 53 -








la question primordiale l'heure actuelle est en cons-
quence l'Unit de lutte de toutes les forces africaines
pour l'effondrement du systme colonial. La ralisation
de cette Unit pose la question des rapports entire les
diffrentes couches africaines et leur attitude face au
colonialism.
CONSIDERANT l'existence de contradictions in-
ternes dans la Socit Africaine sur lesquelles s'appuie
le colonialisme pour diviser et maintenir sa domination;
CONSIDERANT que certain lments de ces
couches : fodalits coutumires et religieuses, cadres
politiques et conomiques prsentant un caractre op-
portuniste, sont instables, 1'U.G.T.A.N. et ses Organisa-
tions doivent considrer comme une important ques-
tion le problme des contradictions au sein de la Socit
Africaine, contradictions qui influent directement sur le
dveloppement de la lutte anti-colonialiste et anti-imp-
rialiste. L'U.G.T.A.N. et ses Organisations doivent suivre
avec vigilance l'volution des dites contradictions et
procder constamment une analyse dialectique des
phnomnes et des situations nouvelles afin de pouvoir
tout moment et en toutes circonstances dterminer la
just attitude et l'action consquente de la Classe Ou-
vrire et de ses Organisations.
En tout tat de cause, la tche permanent du Mou-
vement Syndical demeure la defense (les intrts cono-
miques et sociaux des travailleurs.
Les intrts de la Classe Ouvrire tant insparables
de ceux du Peuple tout entier, il est just et normal,
voire imprieux que les masses travailleuses prennent
une part active la lutte unie de toutes les couches
sociales africaines contre le colonialisme. Il leur appar-
tient plus que jamais de jouer le rle dcisif, le rle
dirigeant dans la lutte anti-colonialiste et anti-impria-
liste.
Dans le cadre de l'Unit d'Action de la Classe Ou-


- 54 -







vrire et de ses Organisations syndicales avec l'ensemble
des forces populaires et dmocratiques se pose comme
une question essentielle la ralisation de l'alliance na-
turelle de l'Unit de lutte des travailleurs des villes et
des campagnes.
L'entre dans la lutte contre l'exploitation et l'op-
pression colonialiste des masses rurales organises revt
une importance capital singulirement dans la phase
actuelle. L'Unit d'Action de la Classe Ouvrire et de la
paysannerie laborieuse est un impratif pour le succs
de la revolution africaine. Il imported qu'elle se ralise
et se dveloppe partout. L'U.G.T.A.N. et ses Organisa-
tions doivent aider de toutes leurs forces les masses pay-
sannes dans leurs efforts d'organisation. Elles doivent
soutenir rsolument leur action pour la satisfaction de
leurs revendications.
Il est galement ncessaire que la Classe Ouvri're
et ses syndicats cooprent troitement avec les Mouve-
ments de jeunesse et d'Etudiants, d'intellectuels et avec
les artisans, petits commerants et transporteurs afri-
cains, pour le enforcement et le succs de la lutte anti-
colonialiste.

L'U.G.T.A.N. ET LA LUTTE POUR
L'INDPENDANCE ET
L'UNIT AFRICAINE

Avec le Rfrendum du 28 Septembre dernier, la
lutte des travailleurs et des peuples d'Afrique Noire con-
tre le colonialisme est entre dans une phase nouvelle.
L'accession de la Guine l'indpendance est, en
Afrique Noire, une grande brche dans le systme colo-
nial de l'imprialisme franais.
Et ce dernier tente aujourd'hui de s'adapter et s'ef-








fo.'cc, sous des former nouvelles, de maintenir sa domi-
nation dans les pays africains de la Communaut. Mais
en: mme temps, la volont d'indpendance grandit et
s'affirme avec force i l'chelle de toute l'Afrique. Pour
aleindre ses propres effectifs, pour contribuer fair
aboutir rapidement cette volont populaire, I'U.G.T.A.N.
doit lever le niveau de son action.
Ses Organisations et ses militants dans les Etats de
la Communaut doivent lutter fermement pour le triom-
phe de la cause de I'INDPENDANCE NATIONAL.
L'U.G.T.A.N. dnonce les manoeuvres actuelles de
l'imprialisme franais qui s'ingnie exploiter l'aspi-
ration des masses africaines a l'Unit pour faire obstacle
l'indpendance des pays africains de la Communaut
Franaise, pour les opposer aux Etats Africains ind-
pendants en premier lieu la RPUBLIQUE DE GUINE
- pour empcher la ralisation des ETATS-UNIS de
!'Ouest Africain don't l'union GUINE-GHANA constitute
e seul noyau vritable.
L'U.G.T.A.N. est convaincue qu'il n'est pas possible
de reconstituer l'Unit de l'Afrique, d'affirmer pleine-
ment la personnalil africaine, d'oeuvrer positivement
la solution les problmes conomiques, sociaux et
culturels africains sans l'accession l'indpendance.
Elle est convaincue que la ralisation de l'Unit Afri-
caine par les peuples africains et pour les peuples afri-
cains passe obligatoirement par la conqute de l'Ind-
pendance.
L'U.G.T.A.N. approve les Rsolutions et Dcisions
de la Confrence des Peuples Africains d'ACCRA qui
a group les reprsentants qualifis de plus de 200 mil-
lions d'hommes des pays dpendants et indpendants
d'Afrique et qui, unanimes, a dtermin des objectifs
communs, des voies et moyens d'action en vue de la dis-
parition rapide, complete sur le Continent Africain du


5( -








colonialisme et de l'dification de la Confdration des
ETATS-UNIS d'Afrique.
L'U.G.T.A.N. travaillera hardiment l'application
de ces resolutions et de ces decisions.
Elle prendra en particulier toutes initiatives nces-
saires pour l'unification de toutes les Organisations syn-
dicales africaines, contribution decisive l'Unit Afri-
caine.

L'U.G.T.A.N. RESTERA
INEBRANLABLEMENT FIDLE
A L'INTERNATIONALISME
PROLETARIEN

Il est incontestable que nous bnficions dans notre
lutte particulire de la contribution de la Classe Ou-
vrire Internationale comme cette dernire bnficie de
notre apport dans la lutte gnrale contre les forces im-
prialistes d'oppression et d'exploitation.
Et c'est en levant notre combat au niveau de l'int-
rt suprieur des peuples tous pris de justice et de d-
mocratie, que nous contribuerons au progrs gnral des
forces de travail et de paix dans le monde.
Dans le respect mutuel de l'indpendance de chaque
organisation, 1'U.G.T.A.N. travaillera l'tablissement,
au maintien et au dveloppement de relations amicales
et de cooperation avec toutes les Centrales syndicales
Nationales et Internationales quelque soit leur affilia-
tion et cela sur la base des intrts des travailleurs de
l'Unit, de l'Indpendance Nationale.
L'U.G.T.A.N. euvrera inlassablement pour la soli-
darit et l'Unit de la Classe Ouvrire de tous les pays


- 57 --








pour le progrs et la dmocratie, pour la libert, la
paix et l'amiti entire les peuples.
LE RAPPORTEUR
SKOU TOUR


RESOLUTION
SUR LE PROGRAMME D'ACTION

Le Premier Congrs gnral de 1'U.G.T.A.N., tenu
CONAKRY, la Bourse du Travail, les 15 16 17
et 18 Janvier 1959,
Aprs avoir entendu le Rapport d'activit et le
Programme d'action propos par le Comit Directeur
provisoire,
Aprs tude attentive de la conjoncture actuelle
de l'Afrique Noire, essentiellement caractrise par la
puissance des aspirations populaires l'Indpendance
National, pralable indispensable toute amlioration
relle des conditions de vie des masses laborieuses,
CONSIDERANT que la ralisation de cette indpen-
dance reprsente, l'heure actuelle, l'objectif fonda-
mental que pursuit la Centrale, ainsi que toutes les
forces dmocratiques d'Afrique Noire don't les activits
doivent tre coordonnes, face au camp du colonialisme
et de l'imprialisme, et que toutes les nergies des tra-
vailleurs doivent en consequence tre orientes vers ce
but,
CONSIDERANT qu'il convient, par ailleurs de dfi-
nir une plate-forme cohrente d'action sur le plan co-
nomique, social et cultural,
CONSIDERANT que les amnagements sur le plan
de la stratgie et de la tactique, auxquels se livrent les
imprialistes, avec le March Commun, l'O.C.R.S. et la


- 58 -








Communaut ont pour but la sauvegarde de l'essentiel
de leurs privileges,
CONSIDERANT, qu'avec le maintien de l'Afrique
Noire sous la domination colonial, ils continent ex-
ploiter les peuples africains, bafouer leur dignit et
envisagent de transformer, contre la volont unanime
des Africains, l'Afrique en terrains pour leurs exp-
riences d'armes atomiques,
CONSIDERANT que l'action de certain Africains
fait d'eux, objectivement, des agents de l'imprialisme
qui les utilise pour aggraver l'exploitation des travail-
leurs et des masses paysannes, ce qui a pour effet de
porter prejudice la cause de l'Indpendance et de
l'Unit Africaine,
CONSIDERANT l'aggravation des conditions de vie
des travailleurs consecutive la hausse continue du cot
de la vie, au refus systmatique oppos par les Gouverne-
ments autonomes excutants de la politique de repres-
sion et de regression social des imprialistes de sa-
tisfaire les justes revendications des masses laborieuses,
CONSIDERANT que devant de telles ralits, il con-
vient de renforcer au maximum l'Unit des travailleurs,
de les maintenir mobiliss contre un systme condamn,
de rassembler leurs allis et de les conduire ensemble
avec fermet et vigilance, dans la lutte des peuples d-
pendants d'Afrique pour leur liberation, et des peuples
librs pour la consolidation de leur indpendance et
la liquidation des squelles du colonialisme.
APPROUVE le Rapport du Comit Directeur pro-
visoire.
DENONCE les tentatives rptes de violation du
droit de grve et des liberts syndicales et dmocrati-
ques auxquelles se livrent maints Gouvernements Afri-
cains de la Communaut.
SOULIGNE la ncessit absolue de lutter avec per-
svrance pour la defense des conditions d'existence


- 59 -







des travailleurs et de leurs droits, pour une politique
social conforme aux intrts des masses laborieuses.
APPELLE l'U.G.T.A.N. et toutes ses Organisations
mener l'action pour :
la disparition de toutes discrimination raciales,
le rajustement priodique du SMIG en function
des hausses du cot de la vie,
la suppression des abattements de zone,
la poursuite de l'laboration des Conventions Col-
lectives sur le plan inter-africain,
l'tablissement, pour la Fonction Publique, d'un
plan de reclassement comportant notamment
l'augmentation des rnumrations des petites ca-
tgories,
la mise en place d'un vritable rgime de Scu-
rit Sociale,
la defense des liberts syndicales et dmocrati-
ques.
Le Congrs INVITE le Bureau de la Centrale :
rassembler une documentation suffisante sur les
conditions d'existence des travailleurs d'Afrique,
-- et convoquer une Confrence des Unions Natio-
nales qui tudiera cette documentation et en tirera un
programme concrete d'action mener pour, notamment :
o1) l'tablissement d'un rgime de Scurit Sociale,
20) la refonte du Statut de l'I.P.R.A.O.F. pour que
son fonctionnement soit plus conforme aux intrts des
travailleurs,
3) le relvement du taux des allocations familia-
les, par l'augmentation de la cotisation patronale et de
la subvention de l'Etat, ainsi que son maintien aux
vieux travailleurs appels i la retraile.
4) la promotion d'une politique de plein emploi,
et l'institution d'allocation de chmage,
5) l'extension i tous les travailleurs de la Fonc-


- 60 -








tion Publique du rgime des allocations prnatales,
6) la lutte pour un rgime satisfaisant des ac-
cidents du travail et effectivement gr par la Caisse de
Compensation et des Prestations familiales, au niveau
de chaque Etat.
Le Congrs CONDAMNE CATGORIQUEMENT les dsirs
avous des imprialistes d'utiliser le Sahara, parties in-
tgrante de l'Afrique, comme champ d'expriences ato-
miques et INVITE les Unions Nationales s'opposer de
toutes leurs forces de telles experiences.
IL DENONCE avec vigueur les incidents sanglants
de LOPOLDVILLE que le colonialisme belge, l'un des
plus pernicieux, vient de perptrer sur des Africains en
s'opposant la volont populaire d'indpendance.
IL SALUE les travailleurs et les populations Congo-
laises et leur assure de sa solidarity agissante dans leur
lutte courageuse pour un Congo Indpendant et dmo-
cratique.
Le Congrs, raffirmant la position constant de la
Central sur les guerres colonialistes en Algrie, au Ka-
meroun, demand la ngociation avec le Gouvernement
Algrien, en vue d'un cessez-le-feu et la reconnaissance
de l'Indpendance Algrienne; fait siennes les justes
revendications des populations kamerounaises, concer-
nant :
l'amnistie gnrale, total et inconditionnelle et
l'abrogation des dcrets du 13 Juillet 1955,
l'Indpendance avant la leve de la tutelle,
des lections dmocratiques sous le contrle des
Nations-Unies, pour une Assemble Constituante Ka-
merounaise,
l'unification du Kameroun.
Le Congrs ENGAGE l'ensemble des Organisations
de l'U.G.T.A.N. et les populations africaines faire du
20 Fvrier 1959, date laquelle sera discut de nou-
veau l'O.N.U. le problme kamerounais, une grande


-- 61 -








journe de solidarity pour une solution dmocratique et
pacifique, conform aux intrts et aux aspirations des
travailleurs et du people kamerounais.
Le Congrs SOULIGNE la ncessit d'oeuvrer sans
cesse l'Unit des travailleurs, d'largir et de consoli-
der cette Unit, en procdant en particulier l'organi-
sation des femmes travailleuses.
Le Congrs REAFFIRME sa determination de lut-
ter nergiquement pour la gnralisation d'un enseigne-
ment dmocratique et pour l'panouissement de la cul-
ture africaine, pour l'instauration d'une mdecine vri-
tablement populaire.
Le Congrs ATTIRE l'attention des travailleurs sur
les tentatives de division du Mouvement Syndical Afri-
cain; les met en garde contre les manoeuvres grossi-
res auxquelles se livrent certain soi-disant dirigeants
syndicaux, qui acceptent de cautionner des scissions di-
riges contre 1'U.G.T.A.N., la seule Organisation Syndi-
cale qui defend rellement les intrts des travailleurs
et des populations. Il constate que ces soi-disant Cen-
trales autonomes ne sont que des instruments services
entire les mains des colonialistes.
Sur le plan de l'conomie africaine, le Congrs sou-
ligne la ncessit :
de repenser les structures de base et de mettre
sur pied un plan long terme,
de favoriser tous investissements se conformant
aux impratifs de la souverainet national et
tenant compete des intrts concrets des popula-
tions et des travailleurs.
En ce (ui concern l'O.C.R.S. et le March Commun,
qu'il considre comme des entreprises d'essence colo-
nialiste et imprialiste, le Congrs invite la Direction de
la Central, les Unions Nationales et les Fdrations
professionnelles, d'examiner avec la plus grande atten-
tion les diffrents problmes poss pour la mise en


- 62 -








oeuvre de l'O.C.R.S... et l'application des Traits sur le
March Commun, leurs repercussions sur les conditions
de vie et de travail des masses laborieuses d'Afrique
Noire, en vue de rechercher et en consequence les
moyens de defense efficace des intrts et des revendi-
cations des travailleurs africains.
Le Congrs AFFIRME qu'au stade actuel de la lutte,
il imported que toute l'activit de la Centrale tende cons-
tamment nous rapprocher de l'objectif qu'est l'Ind-
pendance Nationale.
L'action revendicative devra s'accompagner d'une
dnonciation systmatique et continue des contradic-
tions que l'imprialisme maintient encore de par sa pr-
sence, dans les pays dpendants d'Afrique.
Devant ces tches fondamentales la ncessit s'im-
pose :
d'unir notre action celle de toutes les forces
mondiales mobilises pour la Paix, contre les forces de
guerre qui poursuivent activement la course aux arme-
ments,
de mobiliser les paysans auprs des travailleurs
organiss, convaincus que la ralisation de notre pro-
gramme dpend de l'action unie de toutes les masses
travailleuses, de toutes les masses populaires, victims
elles aussi de l'oppression et de l'exploitation colonia-
listes.
LE RAPPORTEUR
ALIOUNE CISSE


- 63 -










RESOLUTION
SUR L'ORGANISATION


Le Premier Congrs gnral de l'U.G.T.A.N. runi
CONAKRY les 15 16 17 et 18 Janvier 1959, a en-
tendu et discut les Rapports sur les questions d'orga-
nisation.
CONSIDERANT que depuis la Confrence d'uni-
fication des Centrales et Fdrations syndicales Africai-
nes, tenue COToNou en Janvier 1957, les organisms
mis en place et les responsables dsigns ont accompli
de faon satisfaisante les missions qui leur ont t assi-
gnes,
CONSIDERANT la ncessit de constituer d-fi-
nitivement les diffrents organismes de l'U.G.T.A.N. et
de procder l'lection des responsables, pour la con-
solidation et le dveloppement de l'oeuvre accomplie,
CONSIDERANT que la mission de l'U.G.T.A.N.
est en particulier la liberation de l'Afrique du colonia-
lisme et de l'imprialisme et qu'elle implique l'alliance
de ces Organisations avc d'autres forces sociales,
CONSIDERANT l'urgence qu'il y a d'organiser
certaines couches sociales exploites par le systme co-
lonial afin qu'elles prennent une part active aux luttes
de liberation national;
CONSIDERANT l'importance de la Presse dans
un Movement de masse, en particulier dans l'organi-
sation syndicale et l'action des travailleurs.
LE CONGRESS DECIDE:

A. SUR LE PLAN DE LA STRUCTURE

1) La constitution d'une seule Union Nationale


- 6 -








par Etat ou Nation, groupant toutes les Organisations
syndicales de toutes les branches professionnelles, sans
aucune distinction,
20) La constitution de Fdrations par branch
professionnelle, dans les limits gographiques de l'en-
semble des Etas ou Nations don't les Unions composent
I'U.G.T.A.N.
Les structures et la composition des organismes de
base des Unions et Fdrations sont dtermines compete
tenu des particularits de chaque Etat ou Nation.
En ce qui concern les Unions Nationales la struc-
ture sera :
a) les Syndicats professionnels de base
b) Union locale
c) Union Rgionale

B. SUR LE PLAN DE PRESS

1l) La publication d'un journal bi-mensuel,
20) la publication d'une revue paraissant tous les
trimestres.
Ces publications seront faites en franais et en an-
glais.

C. SUR LE PLAN DE L'EDUCATION

L'ouverture chaque anne, d'une Ecole de Cadres
dans les premiers mois du deuxime semestre.
Le lieu de l'Ecole de Cadres, le programme des course,
leur dure ainsi que le choix des Professeurs sont lais-
ss l'apprciation du Bureau qui en dcidera.

D. SUR LE PLAN DE L'ORGANISATION DES COU-
CHES SOCIALES NON SALARIES

D'apporter toute l'aide ncessaire l'organisation

65 -







des paysans, artisans, commerants, transporteurs et au-
tres categories africaines en syndicats professionnels dis-
tincts de l'organisme rgulier de l'U.G.T.A.N.
Et d'tablir avec ces Syndicats des liens souples
susceptibles de permettre en cas de ncessit leur ac-
tion unie avec les Organisations de l'U.G.T.A.N.

E. EN CE QUI CONCERN LES RESOURCES FI-
NANCIERES

Il sera prlev sur le prix de chaque carte place par
les Unions une quote-part s'levant 35 francs qui sera
verse la Trsorerie Gnrale de l'U.G.T.A.N.
Les Unions Nationales pourront imprimer et placer
en mme temps que les cartes, des timbres. Le produit
de la vente de ces timbres leur revient intgralement.

F. SUR LE PLAN DE L'UNITE D'ACTION

L'U.G.T.A.N. et ses Organisation pourront, dans des
conditions dtermines et sous des formes appropries,
raliser l'Unit d'Action avec d'autres Organisations,
autour d'objectifs prcis conformes l'orientation et
au programme de l'U.G.T.A.N. par example la con-
qute de l'Indpendance.
Dans l'application de ces decisions, le Congrs IN-
VITE instamment les Unions Nationales et les Fdra-
tions professionnelles agir avec clairvoyance, tre
vigilantes et rsolument unitaires, afin que soient cons-
tamment renforces leur cohsion et leur efficacit.

LE RAPPORTEUR

SEYDOU DIALLO


- 66 --







STATUS


UNION GENERAL DES TRAVAILLEURS
D'AFRIQUE NOIRE>
(U.G.T.A.N.)


CHAPITRE PREMIER


TITRE SIEGE

ARTICLE 1". Il est cr entire toutes les Organi-
sations Syndicales d'Afrique adhrant aux presents Sta-
tuts et en acceptent les principles et la doctrine, une Cen-
trale dnomme :

UNION GENERAL DES TRAVAILLEURS
D'AFRIQUE NOIRE
(U.G.T.A.N.)

ARTICLE 2. Le sige de l'U.G.T.A.N. est fix
CONAKRY. Il peut tre transfr en tout autre lieu sur
decision du Congrs.
ARTICLE 3. La dure de cette Centrale est illi-
mite, ainsi que le nombre de ses adhrents.


CHAPITRE II


DOCTRINE

ARTICLE 4. La doctrine et l'orientation de
1'U.G.T.A.N. sont celles dfinies dans la Rsolution G-
nrale.


- 67








CHAPITRE III


BUT ET METHOD

ARTICLE 5. -- L'U.G.T.A.N. a pour but :
10/ d'unir les travailleurs Africains sans distinc-
tion de race, de religion, de couleur et de nationalit
dans une seule C(eiitrale Syndicale ;
2/ -- de dfendre les intrts matriels et moraux
d.e ses membres ;
3/ -- de diriger et coordonner l'action des Organi-
sations syndicales Africaines dans leur lutte contre le
systme colonial, l'imprialisme, et toutes les autres
formes d'exploitation et d'oppression ;
40/ -... d'affirmer la personnalit du Mouvement
Syndical Africain.
ARTICLE 6. Les objectifs de l'U.G.T.A.N. sont :
a) SUR LE PLAN SOCIAL : l'lvation constant
du niveau de vie des travailleurs Africains par
une rforme progressiste de la legislation so-
ciale iendant la distribution quitable du re-
revenu national entire toutes les couches so-
ciales ;
b) SUR L PLAN CONOMIQUE : la mise en valeur
rapid des territoires africains dans un sens
conform aux intrts des populations Afri-
caines.
c) SUR LE PLAN POLITIQUE : J'mancipation
des masses Africaines notamment par l'acces-
sion immediate de leurs pays respectifs l'in-
dpendance.
ARTICLE 7. -- Pour atteindre les objectifs qu'elle
s'est assigne, I'U.G.T.A.N. se propose, en plus de ses
Organizations membres qu'elle peut mobiliser chaque
fois que c'est ncessaire, de contractor, une Unit d'Ac-


- 68 -








tion permanent ou temporaire, avec les autres couches
sociales organises et non salaries.
ARTICLE 8. L'U.G.T.A.N. est indpendante de
toute Formation politique, confessionnelle et de tout
Gouvernement. Elle se reserve le droit de soutenir toute
action conforme aux intrts des populations et allant
dans le sens de la liberation des travailleurs africains.
Elle entretiendra des relations d'amiti et de fraternity
avec tous les travailleurs du monde et toutes les Orga-
nisations Syndicales Internationales.


CHAPITRE IV


STRUCTURE

ARTICLE 9. Les Organisations Syndicales com-
posant l'U.G.T.A.N. sont :
1) les Unions Nationales.
20). les Fdrations professionnelles.
ARTICLE 10. Il n'est reconnu qu'une seule Union
par Etat ou Nation.
ARTICLE 11. Il n'est reconnu, dans la limited go-
graphique de l'ensemble des Etats ou Nations don't les
Unions composent I'U.G.T.A.N., qu'une seule Fdration
officiellement et rgulirement constitute par branch
professionnelle.
ARTICLE 12. La composition et la structure des
Organismes de base des Unions Nationales et des Fd-
rations professionnelles sont laisses l'apprciation des
Unions et Fdrations qui doivent s'inspirer de la R-
solution sur l'Organisation.
ARTICLE 13. Le Conseil Gnral dresse, il l'occa-
sion de sa premiere session annuelle, la liste des bran-
ches professionnelles organiser en Fdrations.








ARTICLE 14. L'U.G.T.A.N. peut et doit aider,
tous ses chelons, la creation comme Organisations
autonomes vis--vis de celles de la Centrale, tant sur le
plan organique que de l'action des Syndicats de Pay-
sans, d'Artisans, de Commerants, de Transporteurs, etc.
ARTICLE 15. Les rapports entire ces organizations
et celles de l'U.G.T.A.N. seront dfinis et prciss dans
le cadre de chaque Union Nationale compete tenu des
ralits et possibilits concrtes.


CHAPITRE V


DIRECTION ADMINISTRATION


ARTICLE 16. L'U.G.T.A.N. est dirige et adminis-
tre par :
1/ Un CONSEIL GNRAL compos :
a) de 3 membres dsigns par chaque Union
National ;
b) d'un membre dsign par chaque Fdration
professionnelle rgulirement constitute ;
20/ Un BUREAU, lu directement par le Congrs
et comprenant :
1 Prsident
6 Vice-Prsidents
4 Secrtaires Gnraux :
Chargs des Questions d'Orientation, des
Relations Extrieures, des Questions Eco-
nomiques et Sociales, de l'Organisation de
la Presse et de l'Education.
1 Trsorier Gnral
1 Trsorier Adjoint.
ARTICLE 17. -- II peut tre cr des dlgations de


- 70 -








coordination, charges de recueillir toutes informations
pouvant constituer des lments de travail pour le Bu-
reau. Le nombre et les siges de ces dlgations seront
fixes par le Conseil Gnral.
ARTICLE 18. Une Commission de contrle finan-
cier,, compose de 3 membres, lus en dehors du Conseil
Gnral, est charge de procder toute verification des
fonds et biens de l'U.G.T.A.N.


CHAPITRE VI


CONGRS


ARTICLE 19. L'instance supreme de 1'U.G.T.A.N.
est le Congrs qui se runit une fois tous les deux ans,
sur convocation du Conseil Gnral, la majority sim-
ple des membres presents.
ARTICLE 20. Le Congrs peut se runir en sance
extraordinaire.
Dans ce cas, les 2/3 des voix des membres du Con-
seil doivent tre obligatoirement recueillies.
ARTICLE 21. Le Congrs juge :
a) de l'orientation fixe prcdemment.
b) de l'excution des tches fixes par le dernier
Congrs.
c) de la gestion financire et administrative du
Bureau, du Conseil Gnral, ainsi que celle de
la Commission de contrle.
Seul, il peut reviser les Statuts.
ARTICLE 22. La representation au Congrs se fait
sur la base des cartes places dans chaque Union, et les
votes sur une base paritaire.
ARTICLE 23. Les rapports, ainsi que le nombre


- 71 -







des mandates revenant chaque Union doivent tre coinm-
muniqus aux Unions Nationales un mois avant le
Congrs.



CHAPITRE VII


RESOURCES


ARTICLE 21. -- Les resources de I'U.G.T.A.N. sont
constitutes par :
a) --- les cotisations des Organisations membres.
b) -- (des subventions, legs, dons, collectes et sous-
criptions, et products de manifestations.



CHAPITRE VIII


DISCIPLINE


ARTICLE 25. -- Les decisions du Congrs et du Con-
seil Gnral, ainsi que les Statuts et Rsolutions, s'im-
posent toutes les Organisations de base, membres de
1'U.G.T.A.N.
Toutes violations des decisions du Congrs ou du
Conseil Gnral seront sanctionnes conformment aux
dispositions du Rglement Intrieur.
Ce rglement Intrieur qui devra prciser et dtail-
ler certain articles des Statuts, sera labor par le Bu-
reau et ratifi par le Conseil Gnral.


- 72 -







CHAPITRE IX


ARTICLE 26. L' UNION GNRALE DES TRAVAIL-
LEURS D'AFRIQUE NOIRE est une Organisation de carac-
tre international.
Elle revendique en consequence le Statut consulta-
tif auprs des Nations-Unies et de ses institutions sp-
cialises comptentes dans le domaine conomique, so-
cial et cultural.


CHAPITRE X


DISSOLUTION DE L'U.G.T.A.N.


ARTICLE 27. La dissolution ne peut tre pronon-
ce que par un Congrs rgulirement convoqu cet
effet. La decision de dissolution devra tre prise la ma-
jorit des 3/4 des dlgus rgulirement mandates.
En cas de dissolution, les fonds de la Centrale se-
ront verss une Organisation social ayant un carac-
tre international et poursuivant les mmes buts que
l'U.G.T.A.N. dans le domaine social.
Une liquidation normal sera faite conformment
aux dispositions du Rglement Intrieur et notifie
toutes les anciennes Organisations membres de cette
Central.

CONAKRY 17 JANVIER 1959

LE RAPPORTEUR
A. THIAW


- 73 -








LISTE DES DELEGUES


Etat du Sngal
THIAW Abdoulaye
PRINCE Pierre
BA Mamadou
KOITA Mamadou
etc.

Rpublique autonome du Soudan
COULIBALY Lazarre
DIABATE Ousseynou
SOUMARE Mamadou
KAMPE Kibiri

Rpublique autonome du Niger
DJIBO Bakary
TRAORE Saloun
MAMANI Abdoulaye
DEMBELE Ima

Rpublique du Togo
(6)
FOLIKPO Awut
KOUESSAN Grgoire
SOSSAH Dagobert
Mme WILSON Confort
etc.

Rpublique de Guine
KABA Mamady
OULARE Ansoumane
CAMERA Oumar Dinn
N'DIAYE Edge
etc.


- 74 -








Rpublique autonome Haute-Volta
(17)
KANE Nouroudine
DIALLO Daouda
El Hadj Famory COULIBALY
Mlle OUBDA Eugnie
etc.

Rpublique autonome du Dahomey
(6)
AKINDES Albert
COOVI Colbert
LALOU Oscar
AHOUANSOU Benjamin
etc.

Rpublique du Cameroun
MOUDOUROU Samuel
MAYOA Beck
MALAKE Jean
N'GOM Jacques

Afrique Equatoriale Franaise
Moyen Congo
BOUKAMBOU Julien
ZEKAKANI Romnald
Gabon
MVEY Louis
Oubangui-Chari
TOLECQUET Michel
Tchad
MAMBRA Namou

Rpublique Islamique de Mauritanie
SENE Hamidou


- 75 -






























ACHEV D'IMPRIMER
PAR LA S.I.T.V.
RUE DU GNRAL-LECLERC VIRE CALVADOSS)


No d'Edition : 64



















TABLE DES MATIEBES





Rapport d'orientation et de doctrine.............. 5
Resolutions sur l'unification des organizations syndi-
cales d'Afrique ............................... 45
Resolution sur le programme d'action ............ 58
Resolution sur l'organisation. . ................... 64
Statuts ....................................... 67
Liste des dlgus. ............................. 74









L'U.G.T. A.N.
de l'Afrique Noire),
international.


(0
est


Elle revendique en
auprs des Nations-Unie
comptences dans le d
cultural.
Elle group les Uni
professionnelles. Touteft
des Organismes de base
Fdrations professionne
des Unions et Fedratic
resolution sur l'organisa
L'U. G.T.A.N. es
tion politique, confessio





Extrait du catalogue des Editions .

"PRESENCE AFRICAINE"

~''1!'


Mamadou lIA:


'Contribution l'tude du movement
coopratif en Afrique Noire.


Abdoulaye LY : L'Etat et la Production Paysanne.
S : Les Masses Africaines et l'actuelle
.condition humaine.
Stcrtariqt Social.
d'Outre-Mer '"' : Code duTravail desTerritoires d'Outri


e-Mer.


F


;*





i3

,; r


Jnion Gnrale des Travaillurtr
t une organisation de caractre


:onsquence le Statut consultatif -
s et de ses institutions spcialises
romaine economique, social et


ons Nationales et les Fdrations
is, la composition et la structure
Sides Unions Nationales et 'des .
:lles sont laissees a l'appreciation
ons qui doivent s'inspirer de la
.tion.
st indpendante de toute forma-
nnelle et de tout gouvernement.. C

"-' .*.** *




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