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Title: Bulletin d'information de la France d'outre-mer
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 Material Information
Title: Bulletin d'information de la France d'outre-mer
Alternate Title: France d'outre-mer, Études et informations
Physical Description: 149 nos. : ; 27 cm.
Language: French
Creator: France -- Documentation française
Publisher: Direction de la documentation
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1944-50
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
 Notes
Dates or Sequential Designation: no. 1-149, Nov. 1, 1944-Dec. 1950
General Note: At head of title: Présidence du Conseil, Secrétariat général de l'information.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00080165
Volume ID: VID00011
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 001112342
oclc - 01357438
notis - AFK8933

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    Nouvelles d'outre-mer
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    Revue de presse
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    Communiques
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RESIDENCE DU CONSEIL

SE(CRTARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT

Direction de la Documentation :
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8")


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER DE LA ERANCE
D'OUTRE-MER


Bureau de Presse :
2.7, rue Oudinot, Paris (7)


BULLETIN D'INFORMATION

DE LA



FRANCE D'OUTRE-MER





SOMMAIRE


PROBLEMS DU JOUR :

Le problme des lies Australes ......
L'6quipement public des Tierritoires
d'Outre-Mer ...................
L'Islam en Afrique Noire ............

NOUVELLES DE FRANCE :

Les travaux parlementaires :
Les credits des Territoires d'Outre-Mer
1'Assembl6e Nationale ..........
Examen des credits militaires au Conseil
de la Ripublique ................
Les centres de culture B l'Assembl6e de
l'Union Francaise ................
Union Francaise ..................
La vente des corps gras concrets dans les
Territoires de 1'Union Frangaise ....
L'activit- m inist riel'e ...............
Conferences et manifestations diver-
ses ............... ........ .. .......
Information diverse ..................
Information administrative .......


NOUVELLES D'OUTRE-MER :


3 Indochine ........................ .....
A .O .F. ..................... .............
6 A.E.F. ..................................
8 Togo ...............................
Cameroun ..............................
M adagascar ...........................
Etablissements de ln'Inde ..............


REVUE DE PRESS :
9
.Presse m6tropolitaine .................
S Pr:esse d'Outre-Mer ....................
Presse &trangere .......... ............
10 Union Frangaise ................ ..
11' Problemes g6neraux ...............
Empire hollandaise ..................
12 L iberia ...........................
*Liste des articles de press 6trangere tra-
13 duits en francais .................


BIBLIOGRAPHIE ...................... 57

COMMUNIQUES ....................... 57


Aofd IL)49 N0 134


23
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Aofit 1949


N 134





















PROBLEMS DU JOUR


Le probl me des lies Australes


D EPUls la fin des lostilit's, le Gouvernement
s'est preoccup6 d'affirmer les droits de sou-
verainet6 de la France sur les terres de
1'Oc6an Indien Austral qui, bien qu'administrative-
ment rattach6es A Madagascar, restent inhabit6es et
inoccupees.
Ces preoccupations, si elles trouvent leur origine
pour une part dans l'int6r&t 6conomique ind6niable
que peut offrir la mise en valeur de ces iles, sont
surtout m:otiv6es par des imp6ratifs d'ordre inter-
national.
Nos possessions dans ces rAgions ne manquent
pas d'inttert comme bases ou relais maritimes et
surtout a&riens, et ii s'av6re meme, pour certaines,
qu'elles sont les seules a pouvoir offrir des terrains
utilisables pour des avions terrestres (Kerguelen).
L'Australie et 1'Afrique du .Sud ont marqu6 un vif
int6ret podr ces territoires. II 6tait indispensable
que la France y mat6rialisit sa presence. Les ten-
tatives faites dans ce sens n'ont pas, jusqu'ici, 6te
couronnies de succ6s.
Un premier project, relativement modest, mais
immediatement r6alisable, interesse les lies Saint-
Paul.et Amsterdam et consist a installer une station
radiom6teorologique permanent sur 1'ile Amster-
dam, ce qui r6pondrait aux demands pressantes
et renouvelkes de 1'Afrique du Sud. Un second project
s'attache A envoyer dans 1'Archipel des Kerguelen
une mission d'6tudes qui serait amenee A sojourner
quelques semaines A terre. Outre les recherches
scientifiques habituelles, elle aurait pour tAche de
preparer installation d'un 6tablissement adminis-
tratif permanent, et d'Atudier les possibilities des miles
du point de vue 6conomique. Sur le plan navigation
aerienne, la creation d'un terrain d'escale sur la
route Australie-Afrique du Sud pourrait 6tre envi-
sagee.

L'urgence de ces r6alisations n'est plus contestec.
I1 est pr6cisbe cependant qu'.A la derniere confe-
rence de 1'O.A.C.I. (Organisation de 1'Aviation Civile
Internationale, qui s'est tenue a Londres en avril


dernier, la question a W6t pose de la facon la plus
nette par la d6elgation sud-africaine de savoir si la
France, dans l'&ventualit6 oft elle continuerait A se
desintdresser de la protection a6rienne dans cette
partie du monde, autoriserait 1'Afrique du Sud et
l'Australie A mettre -en place une station radio-
meteorologique. Cette demand faisait suite aux
questions deja poses a Salisbury en avril 1947, et
a Washington en septembre 1947. Le de1lgu6 de 1l
France A ces deux conferences avait fourni I'assu-
rance de l'int6ret port par son pays a ce problhme
et promise I'installation prochaine de la station de-
mand6e.

A. Saint-Paul et Amsterdam

Jusqu'A ces derniers temps, il avait toujours 6t0
envisage d'installer la station pr6vue sur File Saint-
Paul, A l'interieur du cratere. Les conditions de
d6barquement y sont relativement aisles. C'est pour-
quoi, il avait meme W6t prdvu d'approfondir la passe
d'accbs au lac int6rieur, mais, outre le coft l6ev6
de tels travaux, rien ne permet d'assurer leur suc-
c6s, la mer pouvant remblayer A nouveau le chenal.
Si le d6barquement est beaucoup plus difficile &
Amsterdam, surtout en ce qui concern le materiel,
il est cependant possible, a condition de fractionner
les charges en colis de 80 A 100 kilos, ce poids pou-
vant 6tre d6pass6 exceptionnellement pour certain
mat6riels.
I1 est d'ailleurs ais6 d'am6liorer le point de d6bar-
quement natural de la jetee des Otaries par I'instal-
lation A son extr6mite d'un engin -de levage simple.
Une fois surmont6e, la phase delicate de la mise
A terre du materiel, les avantages de I'ile Amsterdam
ne se discutent plus et sont confirms par les der-
niers rapports sur cette question.
La vie y sera moralement et m6me materiellement
beaucoup plus facile et agr6able qu'A rSaint-Paul,
pour la petite garnison de l'ile, qui trouvera davan-
tage d'espace, des horizons moins limits, et des
resources non n6gligeables en viande.


(Les etudes et documents du Bulletin peuvent etre utilises ou reproduits sans indications d'origine)


~L~~I~L~~~slr~








Sur le plan technique, l'exploitation de la station
m6ttorologique A Saint-Paul posait 'des probl6mes
trBs complexes. On congoit mal des observations du
ciel faites au fond du puits que constitute le cratere
de I'ile. II aurait 6tA n6cessaire d'installer les appa-
reils sur le rebord de ce cratere et d'avoir des trans-
missions Blectriques. Le personnel aurait 6t6 oblige
de faire plusieurs fois par jour et par nuit, par tous
les temps, la p6rilleuse ascension des 300 metres de
falaises.
A Amsterdam, le probl6me ne se pose pas, les
appareils 6tant installs a proximity immediate de
la station, et les observations pouvant se faire sur
place.
L'6tablissement administratif d'Amsterdam doit
essentiellement comporter, en premiere urgence,
une station m6t6orologique et un laboratoire som-
anaire de biologic animal.
I1 s'agit aussi de loger dans des conditions de
comfort suffisant, une dizaine de personnel et d'abri-
ter le materiel aussi bien que les reserves n6ces-
saires au fonctionnement et A la vie de 1'6tablisise-
anent.
Les installations techniques se composent d'une
station metBorologique d'observation, d'une station
Amettrice-rbceptrice de radio-t68lgraphie, et d'un
local sommairement amenag6 pour permettre A un
oc6anographe du laboratoire des peches coloniales
du Museum de disposer d'une base A terre pour cer-
tains travaux difficiles A mener a bord des bateaux
de pAche.
La station m6t6orologique, calcul6e sur la base
d'une station principal, devra 8tre 6quip6e de ma-
triel en double.
II en sera, A plus forte raison, de meme en ce qui
concerne les installations radio-t616graphiques et les
groupss l6ectrogenes. Les 6metteurs doivent com-
porter une puissance suffisante pour assurer une
liaison constant avec Madagascar et Aventuellement
l'Afrique du Sud et 1'Australie. Le materiel ambri-
cain pr6vu A cet effet, et qui serait c6ed par le Mi-
nistere de la DBfense Nationale, permettrait meme
de travailler en phone.

Il est, enfin, indispensable de prevoir des tentes,
des bhches, des cordages et le ravitaillement complete
pour 10 personnel pendant 400 jours.
Le cofit de ces installations est estim6 A 50 mil-
lions don'tt 12 pour les bAtiments et 20 pour le trans-
port du materiel).
Le personnel n6cessaire comporte < l'Pquipage >>
de l'ile et une 6quipe de travailleurs (A recruter a-
Madagascar) devant assurer le montage des bati-
nents et des installations. L'un et l'autre auront un
effectif de 10 a 12 personnel.
Quant au fonctionnement de la station, il exigera
une dizaine de perspnnes, y compris un dbcteur
se repartissant A p.eu prs par moiti6 entire la m6tBo-
rologie et la radio-tle6graphie.
Le Service de la Meteorologie Coloniale dispose
d6jA du Chef de poste, Ing6nieur de la MetBorologie,


le reste du personnel de ce service pouvant se trou-
ver facilement, semble-t-il, soit en France, soit A
Madagascar.
En ce qui concern le docteur, il sera normal de
faire appel au Service de Sant6 des Troupes Colo-
niales.
Le project se trouve actuellement en bonne voie
grace A la comprehension rencontr6e par le Minis-
tere de la France d'Outre-Mer auprbs des autres
D4partements ministriels.



B. Kerguelen


Quant A la mission d'6tudes aux lies Kerguelen,
elle a pour but :
1) de r6affirmer les droits de la France sur cet
archipel;
2) d'6tudier les conditions de mise en place d'un
6tablissement administratif permanent;
3) de proc6der A des 6tudes scientifiques g6n6-
rales et A des 6tudes techniques (radio et m6t6oro-
logie).
La n6cessit6 de r6affirmer les droits de la France
sur l'archipel des Kerguelen s'impose d'une fagon
urgente. En effet, ces miles n'ont pas W6t visit6es de-
puis le passage de l'aviso Bougainville, au debut de
I'ann6e 1939.
Par contre, les Australiens ont mouill6 des mines
pendant la guerre dans les eaux des Kerguejen qui
offraient des bases int6ressantes pour leg sous-
marins corsaires ennemis. De plus, le Gouvernement
australien a demand et obtenu du Gouvernement
francais l'autorisation d'6tablir un d6p6t et une base
provisoire, en liaison avec leur installation a l'ile
Hard. Cette base ne serait plus occup6e A l'heure
actuelle.

Le Ministbre de la France d'Outre-Mer attache une
grande importance A cet aspect politique de la mis-
sion projet6e et tiendrait A ce qu'un administrateur
des Colonies soit au nombre de ses membres.
II serait 6galement souhaitable que le navire qui
transportera la mission fasse une br6ve escale A
l'Archipel des Crozet, qui n'a pas Wte visit non plus
depuis 1939.
La composition A donner A cette mission et par
Scons6quent son importance en personnel et en
moyens est essentiellement celle d'une mission
d'6tudes, mise A terre pour quelques mois, et r6em-
barqu6e ensuite. Elle pourrait etre dirig6e par un
officer de la Marine Nationale.
Son effectif compterait une dizaine de personnel
don't un Administrateur des Colonies, un Ing6nieur
des Travaux Publics du Ministere de la France
d'Outre-Mer, un officer du Service de Sante, des re-
pr6sentants des services m6teorologiques, du Mu-
seum d'Histoire Naturelle et de l'Office Scientifique
de la Recherche Outre-Mer, et certain technicians







des D6partements militaires qui tiendraient A y itre
repr6sentis.
Outre l es 6tudes scientifiques g6n6rales, portant
sur la geologie, la zoologie, la botanique, 1'hydro-
graphie, etc., la mission s'attacherait plus sp6ciale-
ment A recueillir et A diffuser des renseignements
d'ordre m6t6orologique, en liaison avec 1'exp6dition
antarctique de la Terre Ad61ie et le poste install
sur l'ile Amsterdam.
Mais 1'objet essential serait d'examiner les possi-
hbilit6s et les conditions d'installation d'un 6tablisse-


ment administratif permanent au course de 1'6t6
austral 1950-1951. Cette ir6occupation majeure n6-
cessite la presence d'un Ing6nieur des Travaux
Publics du Minist6re de la France d'Outre-Mer.
Conjointement A cette 6tude sera recherch6 un
emplacement favorable A la construction d'une piste
d'envol et d'atterrissage pour aviation ; la situation
de celle-ci conditionnerait l'emplacement de P'ta-
blissement administratif permanent.
Le financement de cette mission n6cessiterait des
credits se montant a 20 millions environ.


~-~---~----









L'6quipement public des Territoires d'Outre-Mer


L E .dernier conflict ia mis en evidence l'impor-
tance Bconomique et strategique ce mot
6tant pris dans sa plus large acception des
Territoires d'Outre-Mer, il a ,provoqu6 une nette
acceleration de leur evolution ainsi qu'une utili-
sation intensive de leur 6quipement public, lequel,
A la fin des hostilit6s, 6tait A bout d'usure.
La rupture des relations avec la M6tropole avait
eu, en effet, entire autres consequences, l'arr&t de
1'importation des pieces de rechange, du renouvel-
lement et de l'entretien du materiel ; de plus, la
nacessit& avait conduit, pour en assurer le fonction-
nement, a utiliser des matieres et materiaux de rein-
placement inadaptes ou agressifs.
En definitive, a la fin des hostilities, alors que la
-vie Bconomique des Territoires avait accru son exi-
gence, l'outillage don't la function 6tait d'assurer
cette vie etait deficient. C'est lA avec, peut-ntre,
un mode de gestion mal adapted a leur nature et A
leur objet la cause profonde de la crise aigu0 des
ports, des wharfs et des chemins de fer, qui risquait
,de sclroser l'iconomie des Territoires et don't la
solution imposait des measures urgentes et exception-
nelles.
Cependant, a la veille de la pr6sente guerre, nous
avions construit dans les Territoires de 1'Union
Francaise, relevant du Ministere de.la France d'Ou-
tre-Mer, plus de 10.000 kilometres de chenmins de
fer, plus de 200.0010 kilomeres de routes ; la navi-
gation m6canique s'effectuait sur plus de 15.000 kilo-
Inmtres de voies d'eau don't 4.300 kilometres de ca-
naux en Cochinchine; nos ports d'Outre-Mer fre-
quentes par 105.000 navires,- repr6sentant pres de
100 millions de tonneaux de ties) manutentionnaient pres de 14 millions de
tonnes de marchandises. Nos lignes afriennes colo-
niales assuraient leur service sur environ 50.000 ki-
lom&tres avec une grande r6gularit6.
Grace a ses canaux, qui representent plus de
200 millions de m6tres cubes de dragages (cube
largement supnrieur au cube drague au canal de
Suez) et qui avaient permis la mise en valeur de
plus de 1.700.000 hectares de terres incultes, 'la
Cochinchine pouvait nourrir une population trois
fois plus nombreuse et exporter cependant, par an,
1.500.000 tonnes de riz.
GrAce a ses digues de-protection centre le Fleuve
Rouge (repr6sentant 80 millions de metres cubes
remu6s sous administration frangaise) et aux tra-
vaux d'hydraulique agricole s'appliquant a plus de
300.000 hectares, le delta du Tonkin arrivait A nour-
rir une population rapidement croissante.
Parmi les r6alisations les plus remarquables, il
faut citer aussi en Indochine le chemin de fer du
Yunnan et le Transindochinois qui allongent leurs
rails sur plus de 3.000 kilometres ainsi que la route
mandarine s'6tendant de la porte de Chine A la fron-
tibre du Siam sur 2.500 kilometres. Dans d'autres
Territoires : les ports'de Dakar, de Pointe-Noire. de
Tamatave, le chemin de fer Congo-Ocean et le bar-


rage de Sansanding de 818 nitres de long sur le
Niger.
Tel est le bilan sommaire de l'ceuvre accomplie
par la France en moins d'un demi siecle en matiere
de travaux publics.
La deuxieme guerre mondiale a provoque, dans
notre effort, un arret sinon une regression du fait
de l'impossibilit6 de renouveler et d'entretenir con-
venablement 1'6quipement existant.
Sont alors intervenus les 6tablissements des plans
qui seuls pouvaient donner un horizon d'ensemble
sur les 6quipements n6cessaires, en meme temps
'qu'un instrument l6gislatif et financier etait cr66 le
30 avril 1946.
Les lignes generales de ces plans d'6quipement
public sont les suivantes :


Electricity Forces hydrauliques

I1 convient dc doter les territoires des moyens
de production d'6nergie n6cessaires A leur indus-
trialisation. Une prospection syst6matique des
forces hydroelectriques a 6et entreprise en 1947.
Elle permiet, d'ores et djiA, de prevoir des r6alisa-
tions importantes durant les quatre prochaines an-
nees, notamment l'amenagement de la chute d'Ed6a
au Cameroun qui est en course, l'am6nagement des
chutes du Djoue ou celles de Foulakari dans la r6-
gion de Brazzaville, des chutes d'Ambodiroka, d'An-
telomita et de Rogez a Madagascar. Les barrages de
Sotuba et de Sansanding, sur le Niger, serviront A
1'installation d'usines hydro6lectriques. Les regions
et les centres of 1'energie hydroblectrique n'est pas
utilisable seront dots de centrales thermiques : A
Abidjan, des 6tudes sont poursuivies pour r6aliser,
en outre, une central utilisant 1'energie thermique
des mers.

Moyens de communication

Les moyens de communications seront, dans cha-
que region, formant un ensemble 6conomique, mis
en harmonie avec les trafics a attendre des plans de
production, de manire .A leur permettre d'assurer
les transports au plus bas prix de revient.

I. CHEMIN DE FER

L'effort portera d'abord sur la modernisation des
r6seaux existants, don't le renouvellement n'est plus
assure depuis de nombreuses annees ; il sera pro-
c6de a des achats de materiel roulant, A la remise
en 6tat et P'extension des ateliers de reparations,
A la revision des lignes a mauvaises caracteristiques,
dans les sections les plus charges.
D'autre part, la construction du chemin de fer du
Mossi qui prolonge l'Abdijan-Niger jusqu'A Ouaga-
dougou, sera achev6e et la jonction du rBseau du
Cameroun avec le fleuve Sanaga sera entreprise.







En deuxieme urgence, la construction 6ventuelle
du Douala-Tchad, la construction du chemin de fer
desservanl les mines de carbon de la Sakoa A Ma-
dagascar et aboutissant A Soalara sur la C6te Ouest
(1-60 kilombtres) ainsi que le prolongement d'un
embranchement sur le Tananarive-Cote Est desser-
vant Ja region du Lac Alaotra (40 kilom6tres).
Les achats de materiel roulant pr6vus pour une
p6riode de quatre ans (jusqu'en 1952) portent sur
une centaine de locomotives don't la mioiti6 A moteur
Diesel et transmission 6lectrique particuli6rement
adapt6es aux tracks difficiles d'outre-mer, sur envi-
ron 30 autorails, 1.30'0 wagons de marchandises,
2,00 voitures voyageurs et divers engines d'entretien
et de d6pannage.

II. ROUTES
Les r6seaux routiers africains, tr6s 6tendus, sont
constitu6s, en g6enral, par de simples pistes en terre,
difficitlem ent utilisables en saison seche.
Un effort considerable s'impose pour transformer
ces pistes dans les regions productrices en routes
modernes dot6es de points d6finitifs et susceptibles
de supporter des convois lourds qui pourront as-
surer des transports A bas prix.
Le programme comprend, en premiere urgence,
l'am6nagement de 6.000 kilom6tres en A.O.F., 1.000
kilomrtres au Cameroun, 2.500 kilom6tres en A.E.F.
L'achat d'un tr6s important materiel m6canique est
pr6vu pour la r6alisation de ces travaux. Des mar-
ch6s ont d6ej 6t6 passes ou sont en course de passa-
tion avec plusieurs grosses entreprises de travaux
publics ct les travaux d6marreront tres prochaine-
ment.
III. PORTS
Le programme comprend notamment l'extension
des port:; de Dakar, de Conakry, de Douala, de Ta-
matave et de Djibouti; la construction d'un port A
Port-Gentil ainsi que l'ach6vement du port d'Abid-
Sjan don't les travaux sont activement pouss6s et don't
l'ouverture est pr6vue a la fin de 1'ann6e.

a) Port de Dakar
Les travaux en course comprennent des dragages,
I'allongement et 1'6largissement d'un ml8e dans la
zone sud, la construction d'un mole et d'une darse
dans la zone nord.

b) Port d'Abidjan
Le percement du canal d'accis A Ja lagune qui
constituera le port d'Abidjan se pursuit activement.
Un march est pass pour 1'ex6cution de 500 me-
tres de quais de batelage sur la presqu'ile d'Abdijan
pour permettre d'assurer le traffic d6s la possibility
pour les, navires de p6n6trer dans la lagune. Un
concourse a W6t ouvert pour l'ex6cution de 1.000 mB-
tres de quais en eau profonde et de 150 jnptres de
quai de chalandage.

c) Port de Conakry
Les 6tudes entreprises sur module r6duit sont ter-
min6es. Un march est pass pour I'allongement de,


la digue de la Prudent afin de prot6ger les exten-
sions pr6vues.
d) Port de Douala
Les travaux d'extension du port viennent de com-
mencer ; ils portent sur la construction de 1.2,00 m6-
tres de quais en eau profonde et les superstructures
correspon'dantes. Un concours est en outre ouvert
pour la construction d'un pont sur le Wouri, reliant
Douala a Bonab6ri.

e) Port de Tamatape
Des 6tudes sur module r6duit sont en course ; les
extensions pr6vues comportent un quai de batelage
de 210 m6tres et 500 m6tres de quais suppl6men-
taires en eau profonde.

f) Port de Djibouti
Les extensions pr6vues comprennent un quai de
432 m6tres (en course d'ach6vement) et un quai en
eau profonde de 235 metres (travaux en course .

g) Port de Port-Gentil
Avec 1'industrialisation envisage du territoire du
Gabon, le traffic des bois sci6s et ouvr6s n6cessitera
un port en eau profonde, don't le project est en course
d'6tude.

Navigation fluviale

Il est pr6vu I'am6nagement des ports fluviaux
(Koulikoro, S6gou sur le Niger; Garoua sur la B6-
nou6 ; Brazzaville sur le Congo ; Bangui sur' 'Ou-
bangui. A Madagascar, sera poursuivie la r6alisation
du Canal des Pangalanes permettant d'amener 6co-
nomiquement au port de Tamatave les products de
la Cote Est.

Infrastructure adrienne

Enfin, des travaux important sont pr6vus pour

adapter i'infrastructure a6rienne au dbveloppement
des transports par avion.


Montant des r6alisations pr6vues

II est pr6vu, en mati6re d'6quipement public
(dans les Territoires d'Outre-Mer autres que 'Indo-
chine) pour la p6riode s'6tendant de juillet 1948 A
juillet 19512 un montant total d'investiAsements de
l'ordre de 125 milliards m6tropolitains don't environ
12 milliards pour les forces hydroelectriques et
1'electricit6, 2'2 pour les ports, 34 pour les chemins
de fer et 45 pour les routes.
Cette rapide synthese des r6alisations en course
d'ex6cution et en project pour I'avenir imm6diat
montre done que la M6tropole pursuit a un rythme
accru son effort d'6quipement 6conomique et social
des Territoires d'Outre-Mer. C'est une politique sage
et pr6voyante qui aura incontestablement les cons6-
quences les plus heureuses sur le bien-&tre de Pen-
semble des populations de 1'Union Frangaise.









L'lslam en Afrique Noire Francaise


C ETTE brochure, num6ro 1.15'2, .du 26 juin 1949,
Aditbe par la Direction de la Documentation
(rue Lord-Byron) et pr6par6e par le Centre
*des iHautes Etudes d'Administration Musulmane (rue
du Four), sera, par' les soins du Service de Presse
de la rue Oudinot, diffuse dans tons les cercles de
1'Afriqque Noire. EOlle traite, avec toute La clarti et
la simpilicit& d6sirables, de la p6n;Atration de il'Islam
en Afrique, des ,earacteres .g6n6raux de 1'Islam noir
et .de ses aspects rdgionaux.
Administrateurs et Che)fs de subdivision de 1'Afri-
que Noire trouveront dans cet ouvrage (condens'6
.de 310 pages) les 616ments de base qui leur permet-
tront de saisir, dans leurs grandes lines, les carac-
t6ristilques des confrrries religieuses avec lesquelles
ils sont chaque jour en contact. Is sauront que
pour :.
a) la secte Tidjania les rites sont simples. Le Ti-
djani pour prier doit s'&carter des fiddles apparte-
nant A une autre secte. II est recommande de prier
par petits groupies. Au milieu ,de l'aprAs-midi, apres
ia priere dde 1'Acer, on se r6unira A iAa Mosquu e le
vendredi, et dans une case les jours ordinaires. Pour
la recitation du Dzikr, les Tidjani disposent devant
eux un carr6 d'6toffe blanche of Cheikh Sidi Ahmed
ben Mohamed el Mokhtar (n6 en 1737 A Ain Mahdi,
:Sud alg6rien, mort A Fez en 1815) est cens6 prendre
place pour prier avec eux. Les douze premiers grains
du chapeleet sont sparks des autres par une boule
ou unt grain plus gros. La Tidjaniya s'6tend sur toute
l'Afrique Noire, du S6n6gal au Tchad et au Ouadai.
El.e est en proigrbs A pen pres partout. Elle attire
particulibrement la jeunesse par la simplicity de
ses rites, 1'inutilitA des 6tudes, la hibert6 qu'ellle
Laisse pratiquemnent dans Ja vie courante. Elle s'op-
pose A la Qadriya, qui est d'apanage des homes
d'Age mfir A tendance conservatrice.
b) les Hamallistes. Le rite suivi par les Tidja-
nistes nest pas orthodox. Vers 1900, un oheikh de
Touat, Sidi Mohamed Ould Ahmeddou would Abdallhi,
dit Cherif el Akhdar, vint s'installer a Nioro. II


pr6tendait que la pri6re c< Djahourat el Kamal 3
.doit se r6citer onze fois et non douze. A sa mort,
Sidi Mohamed laissa come successeur un de ses
disciples, Hamallah, qui mourut en exile en France
en 1942. C'est lui *qui avait fait adopter par ses fi-
d6les la priere abrkg6e A deux Rekas, celle ique le
Musulman pent fire *en voyage, en guerre ou lors-
qu'il se trouve en 6tat de contrainte.

c) leis Qadriya. Les prirnes sbnt celles du rite
orthodoxe malAkite. II .est recommand6 aux fiddles
de se reunir pour prier et de fr6quenter la Mosquee,
au moins le vendredi. Le chapelet est compose de
cent grains semblables, s6par6s au ciniquantieme par
une iboule de verre. Le fondateur de la confrbrie est
Albd el Qader el Djilani, n6 A Djil, pres de Bagdad,
en 471 de I'Egire, 1079 apres J.-C. Dijilani est le saint
le plus populaire et le plus v6n6rb de 1'Islam. Ce-
pendant, la confrerie semble actuellement en r6gres-
sion devant des confrbries plus jeunes et plus com-
battives.

d) les Senoussistes. Les rites sont bases sur Vin-
terprtation directed du .Coran let de la tradition et
non sur l'interpr6tation d6jiA do'nne par les quatre
rites fondamentaux. Pas de priere en commun le
vendredi. L'usage du tabac, la musique, la danse, le
chant, I'alcool sous toutes ses forces sont interdits,
mais aussi les privations excessive. Les Senoussites
font la prikre les bras sur la poitrine, le poignet gau-
che eintre le pouce et F'index ide l'autre main. Le
chapelet est toujours port A la main. Le fondateur
de la Senoussiya est Sidi Mohamed ben All es Se-
noussi, n6 en 1787 pres de Mostaganem, en Alg6rie.
La doctrine est la suivante : ni novation, ni r6for-
mes, mais purification, retour aux sources en les
d6pouillant de toutes les innovations et h6ersies in-
troduites au cours des Ages. Excellence de la vie
contemplative, devote et austere, n6cessitb de < 1'Ima-
mat >> come Gouvernement, c'est-'a-dire ( thio-
cratie panislamique >. Ces buts doivent Atre atteints
sans recourse A la violence et sans excitations r6vo-
lutionnaires.




















NOUVELLES DE FRANCE

LES TRAVAUX PARLEMENTAIRES


Les Cr6dits des T.O.M. a 1'Assembl6e Nationale


La discussion du project de loi portant ouverture
de credits et autorisation d'engagement de depenses
au titre du budget g6ndral de l'exercice 1949 s'est
ouverte ai la stance du 4 juillet, presidee par
M. Prigent.
Les credits de paiement destines aux operations
nouvelles de reconstruction et d'equipement s'dl1-
vent A un total de 43 milliards, formant une tranche
inconditionnelle, don't 33 milliards 774 millions sont
r6partis entire les divers ministires. 2.689 millions
vont aux budgets annexes. Le surplus fera l'objet
d'un texte ultdrieur concernant le d6veloppement des
Territoires' d'Outre-Mer.
Apris !'audition du Rapporteur g6ndral de la
Commission des Finances et des Rapporteurs des
Commissions saisies pour avis M. Juglas, pour
la Commission des Territoires d'Outre-Mer, et
M. Goudoux, pour la Commission de la Production
Industrielle, ce dernier insistant pour qu'un effort
plus important soit accompli dans le domaine de la
recherche petroliere une breve discussion g6nerale
s'instaura sur le project qui devait se prolonger a
propos de 1'examen des articles et des chapitres.
En fait, les d6bats s'articulerent autour de trois
iddes principles : insuffisance des credits reserves
A l'agriculture ; insuffisance des credits pr6vus pour
les Territoires d'Outre-Mer ; insuffisance des credits
consacres A l'Education Nationale.
MM. Cesaire, Bissol (com. Martinique- Gua-
deloupe) et Silvandre (soc. Cameroun) appe-
lirent I'attention de leurs collgues sur les problimes
des investissements dans les Territoires d'Outre-
Mer. Tous insisterent sur l'importance de la ques-
tion, souhaitirent que le project special soit, A bref
delai, inscrit A I'ordre du jour et que les Assembl6es
locales puissent donner un avis competent sur les
r6alisation:s necessaires.
Au course de la stance du 5 juillet, M. Herriot
prend place au fauteuil pr6sidentiel tandis que le


President du Conseil et M. Coste-Floret, Ministre
de la France d'Outre-Mer, viennent s'asseoir au bane
du Gouvernement.
I1 s'agit du cas des trois parlementaires malgaches,
condamnes, I'an passe, par la Cour criminelle de
Tananarive.
President de la Commission des Immunites par-
lementaires, M. Henri Teitgen (M.R.P. Gironde)
comment la motion soumise a 1'Assemblee Natio-
nale et qui stipule que :
i) les poursuites engagees, avec l'autorisation de
I'Assembl6e, contre un parlementaire, ne peuvent,
sans nouyelle autorisation de sa part, &tre ktendues,
ni autrement qualifies par le Parquet que dans la
requite par elle visee dans sa resolution ;
20) les poursuites centre MM. Raseta, Ravohang
et Rabemananjara n'ont etd autorisees qu'en visant
express6ment la seule qualification mentionn6e dans
la requite du Procureur G6ndral de Madagascar, A
savoir, attentat contre la s6ret6 intdrieure de 1'Etat,
crime prevu et reprime par les articles 91 et sui-
vants du Code P6nal.
Succedarit, A la tribune, A son p&re, M. P. H. Teit-
gen defend une motion prejudicielle tendant a aijour-
ner la discussion de cette proposition de resolution :
la Cour de Cassation delibere, actuellement, sur la
meme question. Le principle de la separation des
pouvoirs autant que les rigles de la courtoisie exi-
gent que l'Assemblee attended, pour se prononcer,
que la Cour supreme ait ,elle-meme, lu son verdict.
Pour M. Fronteau (com. Charente), il faut
que la proposition de resolution soit rapidement
votee afin de faire respecter les droits et les pou-
voirs du Parlement.
M. Coste-Floret, Ministre de la France d'Outre-
Mer, declare :
La proposition, soumise i I'Assemblee, tend A
faire, de l'Assemblde, le juge du droit dans un pro-








ces en course entire l'audience et le ddlibire. C'est toute
la justice, c'est toute la dignity de la justice qui est
en cause. Je demand a l'Assemblie de voter la mo-
tion prejudicielle deposie par M. Teitgen.
M. de Moro-Giafferri (rad.-soc.) supplies I'Assem-
blWe de repousser la motion prejudicielle : le renvoi
du debat serait, A son sens, l'expression d'un senti-
ment positif don't les consequences pourraient 8tre
graves. S'll s'agit d'interpriter notre sentiment, dd-
clare-t-il, c'est a nous de le faire et a personnel d'au-


tre. En outre, pourrions-nous, le cas dchiant, nous
opposer a l'arret rendu par la Cour Supreme.
Nous n'avons pas le droit de faire pression sur les
deliberations de la Cour de Cassation, r6plique
M. P. H. Teigen.
Le vote qui eut lieu A la suite de la discussion
donna prise A incident du fait du pointage des com-
missaires qui avaient soustrait les voix des minis-
tres et M. Herriot se refusa A proclamer un r6sultat
qu'jl estimait fauss6.


Examen des Credits Militaires au Conseil de la Republique


L'examen des credits militaires de la France d'Ou-
tre-Mer a retenu, dans la journee du 7 juillet, I'at-
tention du Conseil de la Republique, reuni sous la
pr6sidence de M. Gaston Monnerville et en presence
de M. Coste-Floret, ministry de la France d'Outre-
Mer.
M. Coste-Floret rappela les indications precedem-
ment donnees au Palais Bourbon, soulignant < la


misere du corps expeditionnaire >, l'effort fait en
materiel et en effectifs, citant les conferences de
M. Eric Labonne sur l'industrialiiation de l'Union
Frangaise et le r6le de l'arm6e dans cette industria-
lisation. Du point de vue budg6taire, le Ministre
indiqua qu'il avait, < grace A une chasse severe aux
abus, reussi A presenter un budget indispensable >,
s'dlevant A la some de o16 milliards.


Les centres de culture l'Assemblee de l'Union Francaise


La stance du i" juillet, pr6sidde par M. Diop
Babakar, vice-president ,a examine la question des
centres de culture locale dans les pays d'Outre-Mer.
Dans la discussion general, M. Jousselin (M.R.P.)
rappelle les terms de I'intervention de M. d'Arbous-
sier (C6te d'Ivoire, R.D.A.) rdans le d6bat. Mais,
pour sa part, tient A rester dans le strict objet de la
discussion et pour ainsi dire dans son aspect tech-
nique.
I1 se rallie aux conclusions de la Commission, mais
il tient A eclairer le Gouvernement sur I'opinion de
son groupe, I1 semble opportun, en -effet, de rappe-
ler les motifs de sa proposition, d6posee il-y a un an.
Le premier est une raison de droit. I1 se developpe
un droit des minoritis ethniques en matiere cultu-
relle. Or, dans le meme moment, s'elabore une ethi-
que special de l'Union Francaise. I1 n'est pas exclu
de penser que la France neglige ses engagements in-
ternationaux. Elle doit respecter la Charte de I'O.N.U.
et mettre tout en oeuvre pour le d6veloppement de
la culture outre-mer.
Mais il est une autre raison que la raison de
droit : une raison de fait.
I1 n'est pas possible, de promouvoir le progris eco-
nomique de tel ou tel territoire sans connaitre sa
civilisation. Il ne peut etre question, ajoute-t-il, d'im-
poser quoi que ce soit dans l'Union Francaise, mais
les fruits de la connaissance humaine doivent etre


distributes aux hommes d'Outre-Mer, a eux de les
assimiler suivant leur propre temperament.
C'est par des solutions tout en nuances, fondees
sur les faits et non sur des theories couples du reel
que pourra s'ddifier l'euvre culturelle d'Union Fran-
caise. Ce qui nous occupe aujourd'hui, ce sont les
cultures locales dans leur developpement propre, a
ce developpement nous devons tous etre attaches.
C'est pourquoi nous voulons que le Gouvernement
prenne en consideration notre "proposition.
II n'existe pas d'homme sans culture. Selon lui, la
culture comprend trois elements :
La connaissance, a quoi correspondent des institute
deja existants, I'I.F.A.N. a Dakar, I'Ecole d'Extreme-
Orient, etc...
L'education, formation morale et technique des
jeunes. Elle est l'office des parents et des itablisse-
ments d'enseignement. Or, Outre-Mer, un gros ef-
fort de scolarisation doit etre entrepris sans tarder.
Enfin, et surtout, la production littiraire ou ar-
tistique et la diffusion de ses euvres. Cette function
est tributaire, en grande parties, de l'initiative privie.
Mais I'Administration peut la favoriser, en ne mef-
tant aucun obstacle a la diffusion, en n'interdisant
point, par example, la publication en langue autoch-
tone.
Notre epoque s'accommode de la spicialisation. En
Afrique Noire, par example, 1'I.F.A.N. est, avant








tout, un organisme de recherches scientifiques. Mais
il est fort iloigne de la function de creation artisti-
que.
Cependant, precise-t-il, tout est encore a faire.
Mais il ne faut pas que sojt sacrifice la creation ar-
tistique locale.
Au contact de notre civilisation technique, certes,
les cultures locales prendront naturellement de nou-
veaux visages.
Comment, concrdtement, realiser les centres et les
plier aux besoins culturels d'Outre-Mer ? demand
I'orateur.
, Le centre, dit-il, devra jouir d'une autonomie ab-
solue, d'une veritable personnaliti. C'est pourquoi
nous avions propose la voie legislative pour la rigle-
mentationi de la creation de tels centres.
II faudra, naturellement, developper parallele-
msnt a l'euvre culturelle, I'ceuvre de scolarisation.
Au fur et a measure du developpement de cette der-
nitre, totes les nuances des civilisations locales se-
ront ou redeviendront plus sensibles aux indigenes.
Ainsi, conclut l'orateur, travaillerons-nous au bon-
heur de chacun en contribuant a l'ceuvre culturelle
universelle.
Apris intervention de MM. Lechani (Alger, S.F.
1.0.), Griaule (M.R.P.), d'Arboussier et Egretaud
(com.), la discussion g6enrale a 6td close et l'Assem-
bl6e est passe A la discussion des articles et adopted
la proposition suivante
< L'Assem'bl6e de l'Union Francaise invite le
Gouvernement A prendre toutes dispositions neces-
saires tendant A l'institution dans les pays d'Outre-
Mer de centres de culture locale, sous forme d'&ta-
blissements publids creds avec l'assentiment des As-
sembl6es representatives et ayant pour objet d'6tude,


le developpement et la diffusion de la pensee, de la
litt6rature et des arts locaux, tout en tenant compete
des possibilities d'orientation dans ce sens offertes par
les organismes existants.
En principle, dans l'avenir et partout of cela sera
possible, les centres seront sp6cialis6s par people ou
group ethnique.
Les centres de culture locale seront, en particulier,
charges :
o) de recueillir les coutumes, les traditions et la
litterature 6crite ou orale locales ;
2) de rassembler les connaissances acquises sur
les institutions, l'histoire et les langues locales;
3) d'encourager la production de la litterature
et des arts locaux ;
40) de diffuser tous ouvrages en jangue frangaise
ou en langue locale, d'assurer toute traduction et
publication n6cessaire ;
5) de faciliter l'4tude de ces matieres, notam-
ment aux, candidates fonctionnaires de la justice, de
I'administration, de l'enseignement, etc... ;
6) enfin, d'apporter A la culture locale le con-
cours de tous les moyens techniques d'expression et
de diffusion modernes : imprimerie, enregistrements
de musique et de chants, cinematographie, radiodif-
fusion, etc...
Un conseil, ofi les Assembl6es representatives, les
organismes de recherches scientifiques specialists
dans les sciences humaines et les services locaux de
l'enseignement seront represents, assurera la gestion
des centres.
Le financement des dentres de culture locale sera
assure, parties par le budget de 1'Etat, parties par les
budgets locaux, les dons et les legs pouvant ktre ac-
ceptis >.


Union Francaise


A l'Assembl6e de l'Union Frangaise, la stance du
5 juillet a 6td -consacr6e A la discussion des proposi-
tions de resolution sur la repression des discrimi-
nations raciales dans l'Union Frangaise.
M. Mademba Racine (Soudan, S.F.I.O.) declare
que 1'ampleur prise par le d6bat montre l'importance
que l'Assemblie accord A la question des discrimi-
nations raciales. Ce d6bat 6tait n6cessaire et vient A
son here.
La France est la patrie des Droits de l'Homme.
La premiere, elle a appeld a singer dans ses Assemblies
des bomrmes noirs. Elle a reserve une place a Filix
Eboue auprds de ses gloires nationals. Aussi bien,
me rallierai-je au .rapport de la Commission, espi-
rant que le texte que nous proposons aidera a ita-


blir dans l'Union Frangaise le climate de cordiality
que nous souhaitons tous.
La Commission de la Defense de l'Union Fran-
caise s'est r6unie le 16 juillet, sous la pr6sidence du
general Chevance-Bertin (R.R.), president.
Elle a approuv6 le rapport de M. Laurent Eynac
(R.R.) sur la proposition presentde par la Commis-
sion de la D6fense, tendant A inviter le Gouverne-
ment saisir l'Assemblee de l'Union Francaise des
projects militaires cons6cutifs A la conclusion des ac-
cords de Bruxelles et A l'adhesion de la France au
Pacte atlantique en ce qui touche l'organisation de
la defense commune des Territoires d'Outre-Mer et
l'6quipement economique et industrial de ces Terri-
toires en vue d'assurer la security de l'Union Fran-
caise.








Conseil Economique
La vente des corps gras concrete dans les Territoires de l'Union Frangaise


A la demand de M. Raymond Mage, conseiller
des Territoires de l'Oc6an Pacifique, le Conseil Eco-
nomique s'est saisi, au course de sa stance du '12 juil-
let, de la question de la production et de la vente des
corps gras concrets (palmistes, huile de palme, karite,
beurre de karit6, ricin, coton, coprah) des Territoi-
res de l'Union Frangaise et a charge sa Commission
de l'Economie de l'Union Frangaise d'6tudier les
moyens de finance la ridolte qui est, actuellement,
bloqu6e dans les ports.
Le G.N.A.P.O., organism cr66 au debut de la
guerre pour assurer l'achat et la r6partition des
corps gras et olIagineux en provenance des Terri-
toires d'Outre-Mer, s'est trouv6, en effet, recemment,
dans une situation de tresorerie telle qu'elle risque
de compromettre le riglement des contracts en course,
le Gouvernement ayant decide de modifier le regime
jusqu'ici en vigueur.
Dans une lettre, adress6e au president de la Com-
mission, M. Mage souligne notamment < qu'il y a


urgence A ce que le Gouvernement precise sa poli-
tique.
< Les corps gras concrets constituent, en effet, pour
les Territoires de l'Afrique Noire, un element extre-
mement important pour leur edonomie et, quant aux
Etablissements Franaais de l'Oc6anie, des Nouvelles-
Hebrides et des miles Wallis, ils n'ont que le coprah
comme resource. Le groupement des exportateurs de
coprah en Oc6anie frangaise pursuit M. Mage -
demande que le passage du regime actuel au regime
de la liberty soit priced6 d'un preavis satisfaisant
et d'une large p6riode transitoire pour lui permet-
tre de rechercher de nouveaux marches et d'6tablir
une nouvelle organisation. Une prompted fixation du
nouveau regime est indispensable pour 6viter la pa-
ralysie de l''onomie du Territoire.
< La situation est aussi grave aux miles Wallis, aux
Loyautis et autres iles relevant de I'administration
de la Nouvelle-Cal6donie, elle-m&me productrice de
coprah. >








L'ACTIVITR MINIISThRIELLE


Les possessions francaises australes


M. Coste-Floret, Ministre de la France d'Outre-
Mer, a fait approuver, le 6 juillet, au Conseil des
Ministres deux projects de loi tendant A raaliser, des
le prochain 6t6 austral :
i) l'installation d'une station radiomeitorolo-
gique permanent sur l'ile Amsterdam, ce qui r6-
pondrait aux demands pressantes et renouvel6es de
l'Afrique du Sud;
20) l'envoi dans l'Archipel des Kerguelen d'une
mission d'etudes qui, outre les recherches scientifi-
ques habituelles, aurait pour but d'6tudier les possi-
bilites des miles au point de vue de la navigation
a6rienne et de la creation d'un terrain d'escale sur
la route Australie-Afrique du Sud.
Ces deux projects correspondent d'ailleurs au vceu


de l'Assemblie Nationale qui, par une resolution en
date du 14 avril 1949, invitait le Gouver.ement A
deposer d'urgence les projects de loi necessalres pour
affirmer les droits de souverainet6 de la France sur
les Territoires des mers australes.
Les installations des lies Amsterdam et Saint-Paul
permettront d'effectuer d'utiles 6tudes m6teorologi-
ques ; elles constitueront d'autre part une base pour
les armateurs venant pecher la more ou la lan-
gouste dans ces eaux.
Les lies Kerguelen peuvent presenter un interht
non moins considerable comme base dans l'hemi-
sphere austral et, dis maintenant, constituer un
relai sfir pour une liaison aerienne entire Le Cap et
1'Australie.


A bord de 1'P Ile-de-France ,


Au course de leur visit au Havre, le President de
la Republique et sa suite sont months A bord du
paquebot Ile-de-France oA les attendaient, notam-
ment, MM. Coste-Floret, Ministre de la France
d'Outre-Mer, et Daniel Boisdon, President de l'As-
sembl6e de 1'Union Frangaise.
A l'issue du banquet, donn6 A bord du luxueux
paquebot de 45.000 tonnes qui, dans trois jours, va
reprendre son service entire la France et les Etats-
Unis, MM. Jean-Marie, President de la Compagnie


Gen6rale Transatlantique, et Andr6 Colin, Ministre
de la Marine Marchande, ont prononc6 des allocu-
tions dans lesquelles ils ont exalt6 le redressement de
la flotte frangaise marchande depuis la liberation.

Ensuite, M. Vincent Auriol a lev6 son verre A
l'lle-de-France et prononc6 une allocution. I1 a vi-
sit6, ensuite, le navire puis, sous les acclamations
renouvelees de la foule, a regagn la gare, d'oi le
train presidential est parti pour Paris.


Decoration du Roi du Laos


Dans la cour d'honneur du Ministire de la France
d'Outre-Mer, a eu lieu, le 20 juillet, une ceremonie
au course de laquelle M. Paul Coste-Floret, Ministre
de la France d'Outre-Mer, a remis la Croix de
Guerre avec palme A Sa Majest6 Sisavang Vong,
Roi du Laos, et la plaque de Grand Officier de la
Legion d'Honneur au Prince hiritier.
La citation du Roi 6tait la suivante
Sa Majes;t Sisavang Vong, Roi du Laos,


Souverain beroique d'un people courageux, a su
lui inspire, grdce au prestige de son autoritd, une
foi complete dans le destin commun du Laos et de
la France. A conserve, dans le pdril et la souffrance,
une hauteur d'dme qui, le moment venu, a permits
h son people de retrouver son indipendance et sa
tradition nationals.
Cette citation comporte l'attribution de la Croix
de Guerre avec palme.









CONFERENCES ET MANIFESTATIONS DIVERSE


ALLOCUTION
DE SA MAJESTY SISAVANG VONG
prononc6e au course du banquet offert en son honneur
par 1'Association Nationale France-Indochine,
le 20 juillet 1949

Monsieur le Prisident,

En plaqant sous les auspices d'Auguste Pavie les
paroles de bienvenue que vous aver bien voulu nous
adresser, vous ne pouvieZ trouver une meilleure voie
pour toucher notre caur et celui de notre people.
Ce nom evoque en effet une haute figure que des
effigies fiddles ont rendue familibre dans notre pays,
une physionomie d'ap6tre qui refldte le caractdre de
T'homme don't les seules armes de conquete furent
la simplicity, la droiture, la bonte et la comprdben-
sion.
Dds l'abord, il reussit a pinetrer l'dme de notre
people, a connaitre ses inquietudes, a partager nos
.preuves aux heures de grandes vicissitudes, et i
percevoir la mission historique qui itait la sienne.
Nous avons tous present a la mimoire l'ceuvre
de salut qu'il a accomplie et qui nous permet aujour-
d'hui au Laos de s'ipanouir aux progrds modernes.
Aussi, le pieux souvenir que nous conservons de lui
est un timoignage non equivoque de la profonde
affection que notre people lui a donnie, et aussi de
la gratitude que pour notre part nous n'avons ja-
haais manque de manifester, dans les bons comme
.dans les mauvais jours.
L'ilan que Pavie a imprim' a l'amitie franco-
laotienne se pursuit, se renouvelle a chaque mo-
ment, et particulibrement au moment actuel oit nous
venons de sceller par un trait les bases durables
d'un destin commun. Nous sommes convaincus que
*celui-ci sera ce que l'Union Francaise sera elle-meme.
Nous n'ignorons pas que notre Royaume, qui eut
son sidcle de grandeur, n'est plus aujourd'bui qu'une
terre retricie, entourie de cinq pays plus puissants
et mieux situes, et si, malgre la nostalgia d'un passe
brilliant, nous voulons forger notre propre fortune,
nous voulons surtout faire de notre sol un Rlot de
paix, de fraternity et de prospirite. *
A cette tdche ardue, l'appui de la France nous est
indispensable. Aussi marquons-nous une satisfaction
sincere en estimant que la convention signie hier
crie les conditions favorables a l'activiti commune
de nos deux pays. Chacun d'eux en retirera sa just
part.
Si la France et I'Union Frangaise s'emploient a
nous preserver des invasions, il est certain que notre
pays deviendra un quadrilatire d'oi rayonnera leur


influence. Si la France continue a accentuer la mise
en valeur de notre sol, les Francais pourront de leur
co6t y trouver un champ propice a leur labeur, et
nul ne viendra dirober ce qu'ils auront seme.
Cette assurance donnee de notre part, nous espd-
rons qu'elle suscitera des initiatives et des vocations
franchises et il pourra itre siduisant de dire qu'elles
suivront la trace d'Auguste Pavie.
L'Association France-Indochine que vous animeZ,
Monsieur le President, et qui trouve audience aupris
de toutes les energies, est certainement un des
moyens les plus precieux pour faire connaitre a
toutes les volontes qu'il existe encore un pays &
decouvrir et a divelopper en France, pour le plus
grand bien commun.
C'est donc en toute sinciritj et en touted connais-
sance que nous souhaitons prosperity a votre oeuvre.
L'accueil chaleureux que la France nous a fait,
dans lequel le faste est mild a ,l'intimite pour mieux
nuancer notre entrie dans cette grande famille de
l'Union Francaise, nous a profondiment touches.
Aussi c'est avec emotion que nous levons notre verre
en l'honneur de la France et que nous buvons a sa
grandeur et a son amitid.


ALLOCUTION PRONONCZE
PAR SON EXCELLENCE PHAM VAN BINH
au course du banquet offert par la D~ilgation du Viet-Nam
a Paris en 1'honneur du Gouverneur Gendral Pignon
(H6tel Crillon, 21 juillet 1949)

Monsieur le Ministre,
Altesses Royales,
Mesdames, Messieurs,

Mes premiers mots seront pour vous remercier de
l'honneur de votre presence. Malgre le temps res-
treint don't nous disposions pour organiser cette reu-
nion, au caractire beaucoup plus amical qu'officiel,
vous aver bien voulu repondre a notre invitation, et
les Vietnamiens, ici presents, s'associant i leur deld-
gation, vous disent en mime temps que moi leur joie
de se trouver symboliquement reunis dans cette at-
mosphdre de- grande cordiality a leurs amis francais,
cambodgiens, laotiens, leurs concitoyens dans I'Union
Francaise. Que celle-ci ne soit pas une fiction, mais
une reality efficace, le fait que nous sommes tous
ici, reprisentant quatre nations diffirentes, mais en-
tendant la meme langue, dans un authentique palais
francais, surmonte de nos quatre pavillons nationaux,
ce fait le prove avec une eloquence qui va bien au
delh de mes modestes moyens.








S Monsieur le Haut-Commissaire,

C'est pricisement votre sdjour a Paris qui nous a
fourni l'occasion de notre reunion de ce soir: Nous
savons a quel point vous representeZ pour 'le Viet-
Nam un ami fiddle et suir. Nous savons que vousl
sympathiser avec tous nos espoirs et tous nos soucis,
et nous savons enfin quelles veilles laborieuses vous
consacreZ au problmme essential pour nous tous : le
retour de la paix en Indochine. A cet igard, le trait
franco-laotien, don't vous aver ete un bon artisan,
mime s'ii ne concern pas le Viet-Nam, ne saurait
nous lais.er indiffdrents ; puisque tous les peuples
de l'Indochine sont solidaires. Face aux memes dan-
gers, la peninsule se sauvera toute, ou perira toute.
Avec certain incendies, il est vain d'espdrer faire la
part du feu ; mais la paix en Indochine gagnera dk
proche en proche si, justement, sont rdunies les con-
ditions politiques de son succas. Et c'est cette tache
difficile, Monsieur le Haut-Commissaire, qui est plus
particulibrement la v6tre et oi vous veneZ de mar-
quer un point.

Les trois nations, vietnamienne, cambodgienne,
laotienne que vous unisseZ dans une gale sollicitude,
presentent des figures differentes que nous connais-
soiss tous. Indgaux en importance, comprenant cha-
cun la vie a sa facon, confirms depuis des siecles
dans une personnaliti don't les traits n'ont guere va-
rie, ces trois peuples, pour avoir vicu c6te a c6te, ont
connu des amalentendus indvitables. C'est par une fa-
talite assi explicable que les contestations surgis-
sent toujours entire voisins. Tous les pays du monde
en sont 1, y compris ceux d'lndochine. Mais ce qui
oppose, re pese plus aujourd'hui, en comparison
de ce qui nuit. La Federation n'avait pas que de bons
c6tis ; ma:is elle a au moins faith comprendre a nos(
trois peuples que leurs intirets itaient frdres et qu'ils
avaient tout advantage a rester unis. Chacun cheZ soi,
sans doute, mais autour d'une place commune, oiu se
ddbattrons toutes les questions communes. Nul n'a
rien a garner a se barricader, portes closes. L'accord
du 8 mar! n'affirmne-t-il pas qu'il y a entire les trois
Etats associs des < inteirts communs > et qu'il est
bon que ceux-ci < soient harmonises dans un but de
pospiriti general >? Le Mekong, qui arrose les
trois royaumes, n'est-il pas, fleuve immense et paci-
fique, le symbol meme de cette union necessaire ?
Monsieur Emile Bollaert, don't je salue ici la pen-
sde sage et gindreuse a la fois, nous a trWs bien dil
que le retour a l'ancienne Feddration itait chimeri-
que. Mais, tracant les grandes lignes d'un statut nou-
veau, il montre < qu'il s'agit avant tout, faisant
abandon de tout esprit sectaire, colonialiste ou com-
muniste, de ne voir dans les Vietnamiens, dans les
Cambodgiens et dans les Laotiens que des associds
igaux en droits et en devoirs, qui reconnaissent en-
core une certain preiminence frangaise dans certain
doinaines techniques, intellectuals et iconomiques >.


Cette interdependance, .d'ailleurs trWs souple. i
l'echelle de l'Indochine, n'est qu'une reduction de ce
que nous voyons aujourd'hui dans le vaste monde.
< Dans celui-ci, nous dit Monsieur Coste-Floret, if
n'y a plus d'independance etatique aboslue et to-
tale >. De par sa Constitution, la France consent des
limitations a sa souverainete. < C'est dans le mime
ordre d'idees, ajoute le Ministre, que dans l'Union
Frangaise, en consentant aux nouveaux Etats asso-
cies une pleine et total souverainete interne, nous
leur demandons, dans l'ordre de la souverainete ex-
terne, quelques limitations qui sont consenties non
point du tout au profit de la Ripublique, mais aw
profit de l'Union Francaise elle-meme, doit ils sont
parties intigrante >.

Ainsi se trouve affirmee la notion d'une Federa-
tion de peuples libres, qui sauvegarde les qualitis
particulibres de ses composants, qui associe sans
contraindre et qui, par son esprit mmeme est a I'op-
posd de tout systeme totalitaire. Conception ficonde,
quant aux Etats associds d'Indochine. Pham Quynh
icrivait jadis que le mal don't souffrait les Vietna-
miens itait une. < crise de personnaliti, tant indivi-
duelle que national Ce n'etait pas moins vrai de
nos amis. cambodgiens et laotiens, et c'est pour eux
aussi que le mime ajoutait < Leur patrie, la France,
peut justement la leur rendre, en leur reconnaissant
un statut politique susceptible de leur assurer une vie
national digne de ce nom, dans le cadre de l'mpire
francais Mettons < Union > a la place du mot
inexact et prime d' < Empire > et nous aurons, sous
la plume prophetique du grand vietnamien, la prd-
figuration de cette concorde que notre reunion at-
teste aujourd'hui. Confirmant chacun dans son statut
de citoyen et dans sa dignity d'homme libre, l'Union
lui donne une patrie a aimer et un ideal human h
servir. Elle l'intiresse a la vie de sa propre collec-
tiviti, restituee dans sa mission de nation et consa-
cree comme Etat moderne. Mais, a son tour, cette
collectivist qui, livree a elle-meme, risquerait d'etre
ddbile et fragile, associee a d'autres semblables, gra-
vite dans un ensemble d'une importance mondiale,
auquel elle emprunte, en contre-partie de sa partici-
pation, tous les elements d'une croissance assuree et
d'une entr'aide efficace.

C'est parce que l'Union tout comme le Com-
monwealth britannique constitute a tous dgards
pour ses membres une association avantageuse, que
les royaumes du Cambodge et du Laos y ont adhird
et que Sa Majeste Bao Dai, dans l'accord du 8 mars,
contresigne < sa certitude que le Viet-Nam, desor-
mais itroitement uni a la France dans I'unite et 'dga-
liti, contribuera efficacement a la grandeur et a la
prosperity de l'Union Francaise >. Pour les Etats as-
socids d'Indochine, cette appartenance a ld meme
entity politique, non seulement favorisera la bonne
entente pour toute question commune a ddbattre,
mais encore aplanira les difficultis actuellement exis-








tantes, inevitable frictions de bon voisinage, en
creant le climate le plus favorable a leur rdglement.
Chacune de nos patries indochinoises, reconnue et re-
constitude en tant que nation, respect en sa voisine
et associee la dignity national. C'est dire que les
incursions brutales, les pillages, les destruction de
groups ethniques que nous connimmes jadis dans no-
tre commune histoire, ne sont desormais plus a crain-
dre...

Mon allocution, toutefois, serait incomplete si je
m'en tenais, bien sommairement d'ailleurs, a l'expose
des avantages pratiques de l'Union Francaise. Si le
totalitarisme cynique finit par etre extirpe d'Indo-
chine, s'il s'etablit dans la pininsule ce climate de dd-
mocratie pacifique qui repond a la nature de ses
habitants, doux et laborieux, si une discipline neces-
saire s'instaure partout, resultant de mithodes ac-
quises au contact de la France, et sans lesquelles nos
plus grands rives resteraient vains, alors on verra
nos trois patries indochinoises, chacune selon sa for-
mule propre, dans la ligne de ses traditions et selon
le genie de ses habitants, prendre consistance et fi-
gure et s'enrichir d'elites aux aptitudes variees et ori-
ginales. Cette moisson d'humanitd n'est pas une hy-
pothese. Nos elites actuelles, formies dans la paix
francaise et a I'dcole de la France, ne portent-elles
pas ddja timoignage de ce que pourra un ordre de
choses soucieux d'abord de creer des Etats modernes
et de'iocratiques et done de degager les virtualites
de tout genre que recelent des masses humaines'long-
temps stagnantes ? C'est la la vraie valeur de i'Union
Francaise. S'elevant au-dessus des preoccupations
mercantiles, elle cree un ordre human favorable dans
la paix et I'egalite a la consecration de la p:ersonne
humaine. C'est dire qu'elle exclut absolument le to-
talitarisme, qui sacrifice cette meme personnel a un
collectivisme retrograde. < La notion de l'etre hu-
main, le souci des valeurs spirituelles, leur accrois-
sement, a ecrit Albert Sarraut, c'est toute la substance
de la philosophies occidentale, sa caracteristique, sa
vertu profonde, son caeur >. Mais, justement, ie meme
cceur anime la philosophies orientale. Si des pages rd-
centes de I'dpoque, dite de colonisation, sont impar-
faites ou, fdcheuses, la conception de l'Union Fran-
caige, par bonheur, les eclipse et les efface, car elle
rattache a cette tradition meme, ginereuse et libe-
rale, qui est depuis toujours celle de la France, soldat
de l'iddal. On en a vu un temoignage eclatant lors-
que, l'autre jour, les Chambres frangaises ont aboli
le statut colonial de, la Cochinchine et reconstitute
ainsi notre chire et vieille patrie vietnamienne.

C'est finalement de ce contenu liberal, de la con-
fiance qu'elle fait a l'homme, des horizons qu'elle
ouvre a des nations a nouveau debutantes, que l'idde
d&Union Francaise tire son efficacite pratique ? Et
elle la tire de sa gindrosite meme. < Tout hommei
portant en lui la forme de I'humaine condition >,
elle crde un ordre de choses natural, parce que par-


faitement accessible, malgrd les inivitables diffe-
rences de civilisation et de races a tous ceux qui en
bindficient.

Quand Pham Quynh, insistant sur la necessity de
la presence franchise, apprehende un depart qui
ferait perdre a son pays tout le fruit qu'il a tire de
. son contact avec l'Occident, il ajoute : << Mais cette
necessity politique, il -e tiendrait qu'd la France, a
ceux qui la reprisentent ici et ld-bas d'en fire une
necessity que j'appellerai humaine, car elle ne s'im-
poserait plus du fait de contingencies politiques sus-
ceptibles .de changer au gre des ivenements et des
circonstances cela, Messieurs, n'est-il pas actuel ?
- mais en vertu d'une mission de solidarity hu-
maine qui s'inspire du plus noble ideal que puisse
servir une grande nation sur le plan d'un vrai bu-
manisme vivant et e'kagi, tel qu'il decoule de la
tradition meme de la France >. A ces nobles paroles,
le President Sarraut, dans son livre < Grandeur et
servitudes coloniales > apporte la reponse appro-
pride : << Aucun prijugi, aucun instinct, aucun or-
gueil de race ne saurait privaloir centre le devoir
qui nous command de rechercher l'harmonie d'une
symbiose entire les ildments humans que ne spare
aucun obstacle absolu >. Une mission de solidarity
humaine..., I'harmonie d'une symbiose entire 'les
elements humains..., les formules se rejoignent, et
c'est la-mime tout le programme de l'Union Fran-
gaise, union humane. Cela les caurs et les esprits
d'Extreme-Orient le comprennent en vertu d'un long
heritage oi l'humain a aussi toute sa part.

Aussi quand le Prisident Sarraut ecrit encore
< Je crois que nous pouvons faire confiance aux
effects d'une sage politique pour carter l'eventualite
des secessions coloniales >, Pham Quynh en icho li
rdpond : << Les liens politiques pourront un jour se
relacher entire l'Annam et la France, les spirituels,
plus encore que les liens iconomiques, ne pourront
jamais se rompre vraiment. < Cette sage politique >
nous en avons ddja vu les effects. Ils sont tels que
nous pouvons ce soir, malgre les persistantes me-
naces, augurer favorablement quand mime de l'ave-
nir et d'un avenir de prospiriti et de grandeur com-
munes, auquel nous serons tous associds. Mais ce
n'est pas asseZ que de l'espe'er ; il faut aussi, aprds
en avoir evoque les annonciateurs, rendre hommage
a ceux qui en ont ite sous nos yeux les bons ouvriers
et les premiers batisseurs quant a l'Indochine : beau-
coup sont presents parmi nous ce soir, Francais,
Cambodgiens, Laotiens, au premier rang desquels
Monsieur le Ministre Coste-Floret, qui incarnm, aar-
dente et tenace la foi mime de l'Union Frangaise, et
MM. Juglas et Marc Rucart qui apportent a cette
politique gindreuse le concours de leur experience et
de leur savoir en des postes parlemeniaires dicisifs.
Cette Union, Monsieur le Prisident Boisdon, avec
une autoriti indiscutde et partout respectie, ne la
preside pas seulement sous sa forme parlementaire ;







il en ddtient aussi la flamme et l'esprit. Elle est sym-
bolisee encore- plus ce soir par les Cambodgiens et
les Laotiens iminents, don't la presence nous honore
tous. Je salue ici plus particulibrement leurs Altesses
Royales les Princes Monireth et Monipong et la
Princesse Yukanthor, Vice-Prisidente de I'Assemblee
de l'Union JranCaise a Versailles, tous descendants
d'une dynastie illustre. Je salue aussi son Altesse
Boun Oum, Prince de Champassac, qui preside av'ec
autant de valeur que d'autorite le Conseil des Mi-
nistres du Laos. Que tous ces h6tes illustres me per-
mettent d'associer dans la gratitude que nous leur
devons les Vietnamiens eminents qui ont aussi et
depuis dezx ans travaille a la mime cause.
Messieurs, je live mon verre a la sante de Mon-
sieur le Pr sident Auriol, Prisident de l'Union Fran-
raise, a lezirs Majestes Norodom Sihsnouk, Bao Dai,
a la sante de itous les bons artisans de l'Union Fran-
(aise, et a la prospirite et a la grandeur de cette
nouvelle grande famille de peuples et de nations.

A L'ACADEMIE D'AGRICULTURE

Au course d'une seance solennelle de l'Academie
d'Agriculture, M. Auguste Chevalier, membre de
l'Institut, Professeur honoraire au Museum et Pr&-
sident de i'Acad6mie d'Agriculture, a prononc6 un
discours dans lequel il a fait 1'6loge du colonat dans
les Territoires de l'Union Frangaise et soulign6
l'oeuvre humaine accomplie par tous ceux qui ont
6te s'occuper d'agriculture dans les Territoires ext6-
rieurs. I1 a fait un rapide panorama de l'6tat actuel
de l'agriculture Outre-Mer et ses grands products
pour condlure A un contact de plus en plus etroit
pour la formation de colons et d'agriculteursi auto-
chtones plus instruits qui 6viteront la ruine des sols
et la destruction des forces tout en poursuivant leur
ennoblissement par la mystique du travail.


INAUGURATION
DE LA STATUE DU MARECHAL GALLIENI

Le d6pum: du Soudan, M. Fily Dabo Sissoko, a
prononc6 un discours A Saint-B1at, patrie du Mar&
chal Gallieni, A l'occasion de l'inauguration de la
statue qui perpetuera le souvenir de ce grand admi-
nistrateur.
Pour par'er de la conquete du Soudan, il faut tou-
jours en revenir a Faidherbe. L'action de Gallieni
se situe entire la diplomatic de Faidherbe et la poli-
tique d'Arcbinard. Cette action a ite decisive, capi-
tale. Elle a ete la mise a execution des dispositions
arretees en 1855 par Faidherbe a Midine lorsqu'il
signa un ensemble de traits de protectorat avec les,
chefs du Kasso et du Banbouck et en 1860 avec El
Hadj Omar Gallieni execute son plan en trois cam-
pagnes.


Le trait de r860 conclu par Faidherbe avec El
Hadj Omar declarait El Hadj Omar maitre de tous
les Territoires < qu'il pouvait conquerir sur la rive,
droite du Senegal '>. C'etait lui attribuer -des Ter-
ritoires sur lesquels il n'avait at ne pouvait avoir
aucun droit. La France s'alienait ainsi des popula-
tions animistes qui avaient accepted une lutte sans;
merci contre l'Islam qu'incarnait El Hadj Omar. Le
role de Gallidni fut d'attenuer cette faute capital
dans ce gu'elle avait de funeste. Premiere tape :
creation du poste de Bafoulabe en 1879.
La s'econde mission de Galliini, continuation de
la premiere, devait le conduire a Nango en i880, o,
70 kilomdtres de Segou. Un ordre de Ahmadou Chei-
kou le retint dans cette ville. Ahmadou Cheikou,
apris avoir garden la mission dans une semi captivity
a Nango, lui signifia son conge le 21 mars 1881.
La troisidme et dernidre mission fut la plus im-
portante. Gallieni en vertu des accords de Nangol
amena le Sultan- a lancer sa cavalerie a la poursuite
du fr~re aine de El Hadj Mamadou Lamine. Soybou
qui guerroyait dans le Diagounou et le Guoy. Soy-
bou fut capture au gue de Dikokori. Soybou n'avait
pas 20 ans. Presented a Gallieni a Goutioube il d'-
clara au vainqueur : < Je te remercie de me fair
tuer par les balles de tes fusils et de ne pas me ren-
dre indigne du sejour de Dieu >>. Gallien'i 'autorisa.
a faite sa pridre et c'est le yeux remplis de larmes
avec l'allure et le came du guerrier que Soybou se
present devant le peloton d'execution.
Cet acte de Gallieni qui reconnait au guerrier ses
droits, meme vaincu, produisit dans nos regions une
profonde et durable impression.


UNE EXPOSITION
POUR L'EQUIPEMENT DE L'UNION FRANCAISE

Le to d6cembre 1948, I'Assemblee Nationale avait
vote, A l'unanimit6, une resolution invitant le Gou-
vernement A susciter une manifestation permettant
aux producteurs m6tropolitains et aux utilisateurs
d'Outre-Mer de se rencontrer.
Une exposition pour l'dquipement de l'Unipn
Francaise aura lieu, A Paris, du 28 septembre an
15 octobre, sur la rive gauche de la, Seine, entire le
pont de l'Alma et le pont de la Concorde.
La Societ6 des Ing6nieurs de la France d'Outre-Mer
s'est charge d'organiser l'exposition A 1'occasion du
Congris international, qui se r6unira A Paris, du
i" au 9 octobre.
Le rapprochement entire les constructeurs frangais
et les utilisateurs possibles dans la France d'Outre-
Mer n'avait jamais 6td tent6 d'une maniere s6rieuse.
Les deux buts essentiels de cette manifestation sont
de montrer, aux utilisateurs 6ventuels des Territoires







d'Outre-Mer, que la M6tropole est susceptible de
fournir le matri'el don't ils ont besoin et, d'autre
part, d'amener les producteurs francais A apporter,
A leur fabrication, les modifications indispensables
A une parfaite adaptation aux n6cessites du travail
dans les diff6rents pays d'outre-mer.
On sait que, dans le cadre du plan Monnet, une
tranche d'equipement a 6t6 privue pour les Terri-
toires d'Outre-Mer. Elle s'echelonne sur quatre ans
et son montant atteint 140 milliards.
II est souhaitable que la Metropole puisse absor-
ber la plus grande parties das commander, aussi bien
pour 6viter la sortie des devises fortes que pour
donner de nouveaux d6bouch6s A l'industrie fran-
raise.

INAUGURATION
DU MONUMENT ELEVEN A LA MEMOIRE
DU COMMANDANT MARCH-AND

M. Vincent Auriol a inaugure, le i"' juillet, place
Edouard-Renard, face au Musee de la France d'Ou-
tre-Mer, le monument elev6 A la m6moire du Com-
mandant Marchand et de ses glorieux compagnons
de l'exp6dition de Fachoda.
Le monument en pierre, oeuvre du sculpteur Bau-
dry, directeur de la Manufacture de Sevres, repre-
sente le chef de l'exp6dition du Haut-Nil, debout,
les bras croises, devant un medaillon de bronze por-
tant les noms des officers qui prirent part A l'expe-
dition, notamment du lieutenant Mangin, le future
general de la guerre 1914-1918 qui est repr6sent6 en
casque colonial parmi les membres de la mission.
Ce group 6tait encadr6 de delgations des
grandes 6coles : Polytechnique, Saint-Cyr, Air, Na-
vale et Coloniale, et d'un d6tachement des troupes
coloniales.
Apris avoir salu6 Mine Marchand, veuve du
grand Frangais, et M. Lebrun, ancien Pr6sident de
la Republique, M. Vincent Auriol s'est avance vers
le monument, serrant la main au passage, du der-
nier survivant francais de Fachoda, M. Landeroin,
qui suivit l'exp6dition en quality d'interprkte, et de
l'amiral anglais, Sir Walter Cowan, qui commandait
la canonniire britannique qui arriva apris les Fran-
,cais A Fachoda.
Le drapeau masquant l'imposante silhouette de
Marchand a 6t6 alors hiss6 au haut du mat par
M. Landeroin, cependant que M. Vincent Auriol
d6posait une couronne au pied du monument.
S'avangant A son tour, I'amiral Sir Walter Cowan
a fait ensuite remise A la Ville de Paris d'un fanion
frangais de Fachoda.


Puis les discours evoquant cette epopee africaine
ont 6t6 successivement prononc6s par M. Paul Ray-
naud, Sir Walter Cowan, MM. Tony-R6villon, Se-
cretaire d'Etat A la France d'Outre-Mer, et Grous-
saud, Vice-Pr6sident du Conseil Municipal.
La cer6monie a pris fin par un d6fil militaire et
le Chef de l'Etat, chaleureusement appktudi, a re-
gagn6 l'Elysee.

ACADEMIC DES SCIENCES COLONIALES

L'Acad6mie des Sciences Coloniales a tenu seance,
le vendredi 8 juillet, sous la pr6sidence de M. Fer-
nand Lior6, pour recevoir M. Ren6 Pleven, qui suc-
cede au G6neral Leclerc.
Le discours de bienvenue lui a 6t6 adresse au nom
de 1'Acad6mie par M. l'Ambassadeur Francois
Charles-Roux.
M. Charles-Roux, 6crivant une page d'histoire, a
rappel6 le rl1e qu'a jou6 M. Rend Pleven dans le
rattachement de I'A.E.F. A la France Libre et a dit
A ce sujet : A l'importance militaire, politique et
morale de l'dpopee saharienne qui a conduit Leclerc
a Tripoli, doit se mesurer l'importance du ralliement
qui I'a rendue possible.
M. Ren6 Pleven a prononce un 6mouvant 6loge
du General Leclerc, le definissant par cette phrase
< en sa personnel le pays retrouvait son ideal hu-
main >. Dans sa carribre il a mis en evidence son
commandement en Indochine et a parl6 de son grand
attachment A ses troupes noires d'Afrique.


UNE EXPOSITION GALLIENI

Une Exposition Gallieni se tient, actuellement, A
l'lnstitut des Sciences G6ographiques, 35, boulevard
des Invalides. Elle reunit de nombreux documents
qui permettent de retracer la carribre du Marechal.
Un bureau des P.T.T., install dans l'enceinte de
l'Exposition, met en vente une carte postal portant
une vignette, 6mise A l'occasion du centenaire.de la
naissance de Gallieni.

*
**

M. Hoffherr, Haut-Commissaire de France au
Cameroun, a tC recu, le i juillet, par M. Rama-
dier, Ministre de la D6fense Nationale.
Quelques jours auparavant, M. Hoffherr s'6tait
entretenu avec M. Monnerville, President du Con-
seil de la Republique.








INFORMATIONS DIVERSE


EN FRANCE


* S. A. R. le prince Savang Sathana, fils du Roi
du Laos, a pr6sid6, le 2 juillet, les ce6rmonies dui
bapteme du college moderne de Guingamp, qui prend
le nom de < College Auguste-Pavie >, en commemo-
ration de l'hommne qui a uni le Laos A la France.

* Le Co:ngr&s! de la Fed6ration socialist du Gard,
auquel a assist M. Jules Moch, ministry de l'Int-
rieur, qui a tenu ses assises A Pezenas, le 3 juillet, a
voted une motion dans laquelle il approve la parti-
cipation du Parti S.F.I.O. au Gouvernement < dans
le cadre de la defense du regime republicain, de la
lutte centre le ch6mage, de la defense de 1'6cole lai-
que et de la solution de la question indochinoise >.

* S. M. Sisavang Vong, roi du Laos, est arrivee A
Paris le 17 juillet, pour la signature du trait franco-
laotien. Salu6 par M. Dumaine, chef du Protocole.
au nom du Pr6sident de la Republique, le Ministre
de la France d'Outre-Mer, M. Ponge, representant
le Haut-Commissaire de France en Indochine, le
souverain s'est entretenu ensuite avec M. Coste-
Floret avant que lui soient prdsent6es la delegation
laotienne venue assister A la signature du trait,
une d6elgation des 6tudiants laotiens en France, et
les tnembres laotiens de l'Assemblee de l'Union Fran-
gaise.

HAUT-COMMISSARIAT

Apres la constitution du Gouvernement vietna-
mien, le 6 juillet, M. Pignon s'est rendu A Dalat, ofi
il a eu un entretien avec S.M. Bao Dai.

Le 8 juillet, le Haut-Commissaire a quitter Saigon
pour Paris, oiu il est arrive le ii juillet, pour assis-
ter a la signature du trait franco-laotien qui doit
avoir lieu dans le courant du mois.

A Au cours de son sdjour A Paris, le Haut-Com-
missaire ;'est entretenu, le 12 juillet, successivement
aved le Ministre de la France d'Outre-Mer et M. De-
vinat, secretaire d'Etat A la Presidence du Conseil
de la situation politique, economique et social en
Indochine.
Le 15 juillet, le Haut-Commissaire a 6te regu par
le President de la R4publique ; il a ensuite confer&
.avec M. I-erriot, president de l'Assembl6e national.
La veille de l'arrivee du Roi du Laos A Paris pour
la signature du trait franco-laotien, M. Pignon a
eu un noiovel entretien aveo le Ministre de la France
d'Outre-Mer.


LE GOUVERNEUR GENERAL CARDE
EST DECIDE

Avec M. Jules Carde, qui fut, cinq annees, Gouver-
neur G6n6ral de I'A.O.F. et, A partir de 1930, cinq
anndes Gouverneur General de l'Alg6rie, a disparu
une forte personnalit6 de la France d'Outre-Mer.
M. Carde est dcidde A Saint-Raphail, a l'Age de
75 ans. 11 avait et6 6lev6e la dignity de Grand'Croix
de la Legion d'Honneur le i" novembre 1935.
Provenant de l'Administration algdrienne, il d6-
buta A Madagascar en I898, aux c6tes de Gallidni,
don't il resta le collaborateur durant neuf annees.
Le gdn.ral l'avait aussitit distingue comme un fonc-
tionnaire d'6lite, d'une intelligence vive, d'esprit m6-
thodique, de beaucoup d'entrain et de decision. Ces
qualities, il devait les faire valoir dans les hauts com-
mandements qui lui furent confi6s. < C'est un
chef > le notait Van Vollenhoven A Dakar, oi il
fut son second en 1917.
M. Jules Carde avait quitt6 Madagascar pour la
Martinique en 1908. II fut presque aussit6t designed
pour servir A la C6te d'Ivoire, pris du Gouverneur
G-enral Angoulvant, lors de la paoification diffi-
cile du Territoire.
En 1916, il 6tait Gouverneur du Moyen-Congo;
en ig19, Commissaire de la Republique au Came-
roun. En 1925, il devenait Gouverneur Gidndral de
l'Afrique Occidentale Frangaise.
Fils d'Alsaciens, il se vit confier la direction de
I'Algerie, don't il 6tait originaire. Comme en A.O.F.,
il sut donner, dans Tordre, une heureuse impulsion
aux ouvres d'inter&t &conomique et social.
Ses obseques ont eu lieu A Saint-Raphael le 13
juillet, en presence de M. Cazier, pr6fet du Var, re-
presentant le Gouvernement ; du Gouverneur G&
ndral Coude, representant le Ministre de la France
d'Oultre-Mer, et de nombreuses personnalites civi-
les et militaires.


LA COMMEMORATION DU CINQUANTENAIRE
DE LA ( LIGUE MARITIME ET COLONIAL

Une Exposition de la France d'Outre-Mer a ete
inauguree, le 17 juillet,. A Fontainebleau, A l'occa-
sion de la comm6morationq du cinquantepaire de la
<< Ligue Maritime et Coloniale >.
Au course de cette ciremonie, M. Daniel Boisdon,
president de l'Assembl6e de l'Union Frangaise, prit

19









la parole et exalta l'oeuvre de la France d'Outre-Mer,
il a declare notamment :
L'Union Frangaise a une importance considerable.
Pendant cinq ans, des processes ont. et faites a tous
les peuples d'Outre-Mer. Les Francais veulent te-
mir ces processes. Is ont dija accomipli un geste
unique dans l'Histoire, depuis Rome : donner la ci-
toyennete francaise a 80 millions d'habitants.
Le r6le de la Ligue Maritime et Coloniale doit etre
de prouver a tous les Francais que, dans l'avenir
come dans le pass, c'est l'Union Francaise, dans
association de tous les peuples, qui fait la grandeur
,de la France et donne une puissance a sa voix dans
les reunions internationales.


LES PRIX DE LA SOCIETY DES BEAUX-ARTS
DE LA FRANCE D'OUTRE-MER

Les diff6rentes Commissions de l'Acad6mie des
Beaux-Arts, de la Societe des Artistes Frangais, de
la Sodiete Nationale des Beaux-Arts, du Salon d'Au-
tomne, du Salon National Independant et de la So-
cidte des Beaux-Arts de la France d'Outre-Mer, r6u-
nies en jury, ont proc6d6 A l'attribution des prix co-
loniaux d6cernis annuellement au Salon par la So-
*ci6td des Beaux-Arts de la France d'Outre-Mer.
On relive, parmi les laureats, le nom de M. Abd-
el-Halim Hemche, artiste peintre, originaire d'Al-
g6rie, qui s'est vu d6cerner le prix de l'Afrique Oc-
cidentale Frangaise.


ATTRIBUTION
DU ((PRIX GILBERT-MAROGER ,
A M. DE PEDRALS

Le < Prix Gilbert-Maroger >> prix annuel d'une
valeur de vingt mille francs en especes fond6 par
l'Association Nationale des Ecrivains Coloniaux et
Maritimes A la m6moire de 1'ecrivain colonial et
lieutenant d'infanterie colonial Gilbert Maroger,
tu6 au. combat de Biberach, le 25 avril 1945, a ete
decerne, le 5 juillet, pour la premiere fois, A M. de
Pedrals, ancien administrateur des Colonies, pour
son < Manuel de l'Afrique Noire >.


FOUNDATION D'UN JOURNAL FRANCO-ARABE
EN MAURITANIE

M. Horma, Ould Babana, depute U.D.S.R. de la
Mauritanie, a 6et requ le 8 juillet par M. Coste-
Floret, ministry de la France d'Outre-Mer, avec le-
quel il s'est entretenu de diverse questions interes-
sant le Territoire qu'il represente.
M. Horma Ould Babana, qui doit rentrer dans
sa circonscription, vient de fonder un journal franco-
arabe bi-mensuel, France-Mauritanie, don't le pre-


mier num6ro est paru le 15 juillet. Ce journal, don't
la direction est A Paris, 14, rue de Pontoise, est im-
prime A Paris et exp6did par avion a Saint-Louis du
Senegal.

EXPOSITION DE L'ARTISANAT MALGACHE
A L'AGENCE DES COLONIES

Le 8 juillet, a eu lieu, A l'Agence des Colonies,
1'inauguration, place sous la presiderce .de M. Coste-
Floret, d'une Exposition de dentelles d'art, presen-
tees par Mme Ravanarinoro, et de products de l'arti-
sanat malgache. On notait la presence de MM. Val-
lery-Radot, chef de Cabinet de M. Coste-Floret ;
Lebegue, directeur du personnel au' Ministere de la
France d'Outre-Mer ; David, representant M. de
Chevign6, Haut-Commissaire de France a Mada-
gascar; de Coppet, ancien Haut-Commissaire de
France A Madagascar ; Santoni, directeur et anima-
teur de l'Agence des Colonies, etc...

AU CONSEIL DES MINISTRES

Au course de la reunion du Conseil des Ministres,
qui s'est tenue le 13 juillet, sous la pr6sidence de
M. Vincent Auriol,.les nominations suivantes ont
6td ratifies :
le mddecin-general Robert, directeur des Ser-
vices sanitaires en Extreme-Orient, est nomm6 m6-
decin-g6ndral inspecteur ;
les medecins-colonels Raynal et Le Rouzic sont
nomm6s m6decins-g6n6raux ;
le g6ndral de brigade a6rienne Vigouroux est
nomm6 commandant du Groupement des moyens mi-
litaires de transport aerien.

AU SUJET DU REGIME DOUANIER
DU CAMEROUN ET DE L'A.E.F.

La Commission des Affaires edonomiques de l'As-
sembl6e national, reunie le 14 juillet, a approuve
les reports de M. Duforest (M.R.P.) recommandant
A l'Ass'emble d'adopter deux projects de loi autori-
sant la ratification des decisions concernant le regime
douanier du Cameroun et de l'Afrique Equatoriale
Frangaise.

LES IMPORTATIONS AERIENNES FRANqAISES
POUR'LE MOIS DE MAI 1949

Les importations adriennes franCaises en prove-
nance de la France d'Outre-Mer pour le mois de
mai 1949 ont 6it les suivantes


A.O.F.......
Madagascar ..
A.E.F .......


2.449 > 1.804-570 >
897 > 2.149.071 >
2.372 kilos pour 5.509.550 francs








INFORMATIONS ADMINISTRATIVE


ADMINISTRATIOiN

9 Modification de l'arr&te du 10 mai 1949 portant
creation i'un Centre technique forestier tropical.

* Un decret du 218 juin 1949 modifie celui du 20
juin en ce qui concern le statut du personnel de
l'Office de la Recherche scientifique colonial.

* Un arrit6 du 26 juin 1949/fixe les conditions des
epreuves des examens sp6ciaux pour l'accession au
grade d'adjoint technique des Travaux Publics des
Colonies.

* Un d6cret du 11 juillet 1949 modified le d6cret du
20 mai 11946 fixant le regime forestier en A,E.F.
(J.O. 13 juillet).

0 Un decret du 13 juillet 1949 complete le d6cret
du 28 septembre 1948 instituant un tour de service
Outre-Mer pour les fonctionnaires des Cadres g6n6-
raux relevant du Ministere de la France d'Outre-
Mer. (J.O. 15 juillet).

* Un decret du 13 juillet 1949 approve un avenant.
A la convention du 13 septembre 1941 entire le Gou-
verneur G6n6ral de 1'A.O.F. et la Soci6t6 Miniere
du Dahomey. (J.O. 15 juillet).

* Un arr&t6 du 6 juillet 1949 organise le Service
des Mines et de la G6ologie du MinistBre de la
France, d'Outre-Mer.

FINANCES

D6cret n 49-886 du 28 juin 1949 portant regle-
ment d'administration publique pour l'adapltation
aux Administrateurs des Services Civils de 1'Indo-
chine, tributaires de la Caisse intercoloniale de re-
traites, dgag6s des cadres dans les conditions, de
la 'oi n 47-1680 du 3 septembre 1947, des avantages
pr6vus par cette loi, en matibre de retraites, en fa-
veur des fonctionnaires assujettis au regime g6n6ral
des retraites.

Un d&cret du 2;8 juin 1949 l6termine les condi-
tions dans lesquelles le personnel d6tach6 au Minis-
thre de la France d'Outre-Mer peut &tre admis a
b6n6ficier d'indemnit6s forfaitaires pour travaux
suppl6mentaires.

Un d6cret du 29 juin 1949 approve une d6ib6-
ration di 14 juin du Grand Conseil de I'A.O.F. mo-
difiant le:, rbgles d'assiettes des imp6ts sur le revenue.
(J.O. 13 juillet).

Un d&cret du 29 juin 194'9 approve une d6ib6-
ration du Grand Conseil de I'A.O.F. du 2 juin codi-
fiant des dispositions relatives a l'imp6t sur les re-


venus des capitaux mobiliers en A.O.F. (J.O. 13 juil-
let).

* Un d6cret du 28 juin 1949 portant r6glementation
general des bourses, prets d'honneur et secours
scolaires accords par les territoires relevant du
Ministbre de la France d'Outre-Mer, autres que 1'In-
dochine, aux 6tudiants ou 616ves en course -d'6tudes.


DISTINCTIONS HONORIFIQUES

L6gion d'Honneur, un d6cret porte promotion :

0 Au grade de Commandeur : de M. Albert Four-
nier, commandant en retraite, ancien membre de la
mission Foureau-Lamy ; M. Achille Gressin, chef de
bataillon honoraire (services important rendus A
la cause francaise en Afrique du Nord).

Au grade d'Officier : de M. Bonvallet (Paul),
administrateur honoraire des Colonies; Meniaud
(Jean), Gouverneur honoraire des Colonies.

Au grade de Chevalier : M. Brocheriou (Fer-
nand), inspecteur en chef honoraire des Travaux
Publics de l'Afrique Occidentale Francaise.

Un d6cret du 29 juin 1949 porte la nomination
dans l'Ordre national de la L6gion d'Honneur au
titre Ae 1'Union Francaise don't la liste est donn6e
dans 1'Officiel du 1"' juillet 1949 avec promotion de
six Officiers et quatre vingt-onze Chevaliers.


PROMOTIONS ET NOMINATIONS

M. Chambon (Jean-Georges), Gouverneur de 3"
classes des Colonies, est promu Gouverneur de 2"
classes. (D6cret du 7 juillet 1949).

M. de Mauduit (Henry-Jean-Marie), Gouverneur
de 20 classes des Colonies, est place dans la position
de mission en France pour une p6riode de 3 mois.
(Arret6 du 22 juin 1949).

M. Casimir (Fernand-Georges-Gaston-Emile-Ro-
bert), Secr6taire G6n6ral du Cameroun, est charge
a titr.e interimaire des functions de Haut-Commis-
saire de la RApublique dans ce territoire pendant
1'absence du titulaire.

M. Clech (Guy), Administrateur de 2" classes des
Services Civils de 1'Indochine, est nomm6 Admi-
nistrateur par interim des lies Saint-Pierre et Mi-
,quelon pendant l'absence de M. Moinet. (D6cret 30
juin 1949).

M. Cazenave de la Roche (Jean-Marie), Adminis-
trateur de 1'i classes des Colonies, est plac6 dans la







position de service d6tache aupres du Ministere des
Affaires Etrangeres Secretariat G6neral de 1'O.N.U.
(Arr&te du 29 juin '1949).

* M. Richard (Adrien), Administrateur de 2" classes
des Colonies, est maintenu dans la position de ser-
vice d6tach6 aupres du Commissariat g6nBral aux
Affaires allemandes et autrichiennes. (Arr&t6 du 29
juin 1949).

* M. Lamine-Gubye, Conseiller a la Cour d'Appel
de la Martinique, est place sur sa demand en posi-
tion de d6tachement pour exercer ses mandates de
d6put ha l'Assembl6e Nationale et de Maire de Da-
kar. (D6cret du 28 juin 1949).


* M. Dupertuis (Jean) est titularis6 en quality
d'Administrateur adjoint de 1" classes.

* M. Legrand de Belleroche (Anne-Emmanuel-Adol-
phe), Administrateur de 1" classes, est admis a faire
valoir ses droits A une pension de retraite pour an-
ciennet6 de service. (D6cret du 16 juillet. J.O. 19
juillet).

* Un arr&t6 du 7 juillet inscrit adt tableau d'avance-
ment compl6mentaire pour le personnel du cadre
general des Travaux Publics (J.O. du 15 juillet).

0 Honorariat : M. Astier de Villatte, Directeur de
l'Office des Bois de 1'A.E.F., a 6tW nomme Directeur
honoraire de cet organisme. (A'rrte 6 juillet. J.O.
12 juillet).


'



















SNOUVELLES D'OUTRE MER


INDOCIINE


Hault-Commissariat de France
.
DELILLE a te
nomm6 Con-
M seller finan-
cier en replacement
de M. CULMAN, M. DE-
LILLE a Rt6, pendant

del6gu6 en Indochine
du Nord du Conseiller
financier.
Le Haut-Commissa-
riat a public un com-
muniqu6 pricisant que < tant en ce qui concern
les personnes que les biens, le statute des Frangais
originaires de la M6tropole, de l'Union Francaise
ou de l' ndochine ne subira, du fait des accords
franco-vietnamiens du 8 mars 1949 et de leur appli-
cation, a acune modification > et que < le reprisen-
tant de la France veillera A leurs intirkts et A la
garantie de leursdroits >.
I1. est en outre precise que < les ressortissants fran-
qais et de l'Union Frantaise pourront circular libre-
ment, s'.tablir et commerce, en pleine 6galitd avec
les natioiaux vietnamiens. Leurs biens et entreprises
bEnkficie ont du mime regime qui est r6serv6 aux
ressortissants vietnamiens, notamment en ce qui
concern la fiscalitd et la 16gislation du travail >>,
et que <: les biens et entreprises existent actuelle-
ment, ne seront en aucun cas affects par d'6ven-
tuelles restrictions resultant de l'application des
accords ".
Enfin, le communique du Haut-Commissaire in-
dique que << les efforts du Gouvernement vietnamien
et du Gouvernement frangais tendront avant tout
A ritablir au Viet-Nam la paix et un climate psy-
chologique favorable permettant A l'amiti6 tradi-
tionnelle franco-vietnamienne de se d6velopper >>.
En ce qui concern la question des fonctionnaires
don't les services sont transf6rms au Viet-Nam, en


vertu des accords, il est indique que les droits de
chacun seront sauvegard6s et que ces fonctionnaires
continueront < soit d'etre employes aux services
communs ou A ceux de l'Union Frangaise subsistant
au Viet-Nam, soit d'etre appel6s par les Gouverne-
ments des Etats associes chaque fois que ceux-ci au-
ront besoin de technicians pour leurs administra-
tions, soit encore d'etre reclasses danfs des services
analogues ou equivalents de l'Union Frangaise >>.

* Le ii juillet, le Colonel Paul GLEADELIN, de
l'Etat-Major general de Sir NEIL RITCHIE, et le ma-
jor Paul LUNNROCKLIFFE, officer de liaison britan-
nique aupres du Commandement des forces fran-
qaises d'Extreme-Orient, sont arrives dans le Nord-
Viet-Nam et ont visited le secteur de SONTAY en com-
pagnie d'officiers sup6rieurs des forces francaises.
Les deux officers britanniques effectuent une mis-
sion normal de liaison et d'information comme il
y en a frequemment entire 1* autorites militaires
francaises et britanniques en Extreme-Orient.


Gonvernement central
du Viet-NIam

A C'est le i" juillet que le Prince Buu Loc, Direc-
teur du Cabinet de S. M. BAO DAI, a r6vele au course
d'une conference de press la composition du nou-
veau Gouvernement central vietnamien. Presid6 par
S. M. BAO DAI, Chef de l'Etat, ce Gouvernement
comprend les ministires et sous-secr6tariats d'Etat
suivants :
Vice-Prisident et Ministre de la Difense Nationale :
GCneral XUAN.
Affaires Etrangeres
M. NGUYAN PHAN LONG, Cochinchinois, tendance
nationalist, Directeur du quotidien vietnamien de
langue frangaise : Echo du Viet-Nam.







Justice :,
M. NGUYAN KHAC VE, Cochinchinois, Docteur en
Droit, Conseiller A la Cour d'Appel de SAIGON.
Economic Nationale :
M. TRAN VAN VAN, Cochinchinois, tendance natio-
naliste progressiste, dipl8m6 des Hautes Etudes
commercials.
Ministre d'Etat, charge des Affaires concernant les'
populations non-vietnamiennes:
M. TRAN VAN LY, Annamite, catholique, ancien
President du Comit6 administratif du Centre-Viet-
Nam.
Secritaires d'Etat
A ,l'Interieur :
M. Vu NGOC TRAN, Tonkinois, catholique, ancien
magistrat, et Dr PHAN HUY DAN, Annamite, natio-
naliste.
Aux Affaires Etrangeres:
M. LE THANG, Tonkinois, publiciste, ancien mem-
bre du Grand Conseil des intir&ts 6conomiques et
financiers.
A la Difense Nationale :
M. TRAN QUANG VINH, Cochinchinois, comman-
dant en chef des forces militaires caodaistes.
Aux Finances :
M. DUONG TAN TAI, Cochinchinois, nationalist,
expert financier.
A I'Industrie
M. HOANG CUNG, Tonkinois, nationalist, ing6-
nieur electricien.
A l'Agriculture, Affaires Sociales et au Travail :
M. PHAN KHAC Suu, Cochinchinois, ingenieur de
I'agronomie colonial, membre de la secte HOA-HAO.
Aux Travaux Publics, Communications et Plan :
M. TRAN VAN CUA, Tonkinois, ing6nieur des
Ponts et Chaussies.
A l'Education Nationale :
M. PHAN Huu QUAT,, Annamite, nationalist.
A la Jeunesse :
M.. NGUYAN TON HOAN, Cochinchinois, nationa-
liste, chef du Mouvement de la Jeunesse < Thanh
Nien Bao Quoc >.
A la Santd :
Dr NGUYEN Huu PHIgN, Tonkinois, nationalist.
Direction gindrale de l'Information, rattachie a la
Presidence du Gouvernement :
M. TRAN VAN TUYaN, Tonkinois, nationalist,
publiciste, ex-membre du Parti nationalist < Viet-
Nam Quoc Dan Dang ,.


Au Secretariat gindral du Gouvernement :
M. DANG TRINH KY, Tonkinois, nationalist, an-
cien magistrate.
Seuls le G6enral XUAN, MM. NGUYEN KHAC VE,
TRAN QUANG VINH et PHAN HUY DAN ont prc&-,
demment rempli des, functions gouvernementales.
Tous les autres membres du Cabinet sont, soit des
technicians eprouves, soit des personnalites de pre-
mier plan appartenant aux principaux parties poli-
tiques ou A des groupements religieux. Tous sont des
nationalists sincires, fermement opposes au Viet-
Minh. A ce titre, ce Gouvernement parait susceptible
de rallier les nationalists non communists. I1 est
A remarquer d'ailleurs que certain portefeuilles im-
portants : Finances, Education Nationale, Sant6
Publique, ont 6et confines A de simples Sous-Secre-
taires d'Etat, ce qui semble indiquer que ces Depar-
tements sont r6serv6s pour de futurs < rallies >.
* Le Chef du Cabinet de l'Empereur a, par la
suite, d6clar6 que c'est au nouveau Gouvernement
vietnamien qu'incombera la tAche d'elaborer les
textes de la < Charte Organique > qui sera la Cons-
titution du nouvel Etat vietnamien en attendant que
les circonstances permettent A la population d'ex-
primer librement sa volonte et de se prononcer sur
la Constitution definitive du pays >.
Puis il a pr6sent6 les diff6rents organismes qui
constitueront la < structure du Viet-Nam > :
io) le Gouvernement, presid6 par l'Empereur BAO
DAI ;
20)' le < Haut-Conseil priv6 >, compose des re-
presentants des families spirituelles du pays et des
populations non vietnamiennes (Mois, Thais), qui
seront nommes par le Chef de l"Etat ;
3) enfin, le < Haut-Censorat >, compose de per-
sonnalites 6galement nomm6es par le Chef de l'Etat
< A raison de trois pour chacune des provinces
(Tonkin, Annam, Cochinchine) et choisies pour teur
competence en matiere administrative et politique et
pour leur valeur morale >.
Le Comit6 d'application des accords du 8 mars
sera presid6 par M. NGUYAN PHAN LONG. Ce Comit6
discutera avec le Comite frangais correspondent << le
transfer des competences qui concretiseront la sou-
verainete interieure et exterieure du Viet-Nam >.
k A I'occasion de la formation du nouveau Gou-
vernement, S. M. BAO DAI a lance aux Vietnamiens
la proclamation suivante :
Les conjonctures internationales et la situation in-
terieure de notre pays exigent la constitution immi-
diate d'un Gouvernement national qualified pour
prendre en main les destinies de la nation et pro-
ceder aux premieres rialisations en vue de concri-
tiser notre inddpendance.
Des grandes puissances ont manifesto leur sym-
pathie ta notre people et exprime le vau de voir notre








pays prendre place dans le concert des Nations li-
bres et ddmocratiques.
Les mois a venir verront se dicider le sort de
notre patrie.
A parti2r d'aujourd'hui, je dirigerai moi-mime les
affaires de l'Etat. Le Geinral XUAN m'assistera en'
a quality de Vice-President et Ministre de la Defense'
National.
Aussit&o que le people sera en measure d'exprimer
librement sa volonti, les accords du 8 mars, signs
a Paris avec le President AURIOL, seront soumis aux
instances constitutionnelles et le people dicidera sou-
verainement du statut politique de l'Etat.
L'Empereur a nomm6 MM. TRAN VAN Huu,
PHAN'VAN GIAo et NGUYAN Huu TRI, respective-
ment Gouverneurs du Sud-Viet-Nam, du Centre-
Viet-Nam et du Nord-Viet-Nam.
M. HUYNH CONG Bo a Rt6 design& comme mem-
bre du Haut-Conseil priv6 du Viet-Nam que pre-
side le G&i6ral XUAN.
Le Prince CUONG DA, descendant de la branch
r6gnante destitute en 1853, exil6 Volontaire au
Japon depuis trente ans et que certain Vietnamiens
consid&reni comme le < symbol de la continuity de
la monarchie >, a adress6 A S. M. BAO DAI une lettre
dans laquelle il l'assure de sa fidelity et demand A
&tre inform de la situation au Viet-Nam.
Le 12 jiilet, S. M. BAO DAI a commence A entre-
prendre la tournee des capitals. Hug a 6t6 la pre-
miere A ac ueillir le Souverain A qui la population
a reserve un accueil chaleureux. L'Empereur est
rested trois jours dans la ville imperiale et le 15 juil-
let s'est rendu A HANOI.
A l'occasion de la tourn6e' des capitals, l'Empe-
reur, en tant que President du Gouvernement et
Chef de l'Etat, a accord des remises int6grales de
peines A huit condamnes et des reductions partielles
A quinze autres.
k C'est A HANOI que l'Empereur, le 16 juillet, de-
vant une foule 6valuee A 50.000 personnel, a expos
le programme du Gouvernement. Le perfectionne-
ment de l'agriculture dans le Sud, le d6veloppement
de l'industrie dans le Nord, I'intensification de l'ex-
ploitation des resources forestibres et maritimes
dans le Centre, telles sont les conditions du relve-
ment du potential vietnamien, SoyeZ persuades, a
declare / S. M. BAO DAI, que le Gouvernement ga-
rantira votre libre evolution dans le respect de vost
traditions et de vos coutumes. Ainsi, notre commu-
naute toute entire poursuivra sa march vers le pro-
gras, dans zine entente et une harmonies parfaite.

NORD-VIET-NAM
Venant de Hug, S. M. BAO DAI est arrivee A
HANOI le 15 juillet. Elle a 6et accueillie A son arrive


par le Commissaire de la R6publique DIGo, le G&
n6ral KOQH, commandant des troupes frangaises
dans 1'Indochine du Nord, MM. NGUYAN Huu TRI,
PHAN VAN GIAO et TRAN VAN Huu, Gouverneurs
du Nord, du Centre et du Sud-Viet-Nam, les Con-
suls des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de l'Inde
et de la Chine.
L'Empereur s'est rendu au Palais Puginier, re-
cemment cedd aux autorit6s vietnamiennes par les
autorites francaises pour &tre le siege du Gouver-
nement vietnamien. Dans le grand salon d6core atx
couleurs vietnamiennes et frangaises, le Souverain
a regu les corps constitute du Nord-Viet-Nam prd-
sentes par M. NGUYAN KHOA TOAN, Gouverneur in-
t6rimaire du Nord-Viet-Nam, qui l'a accueilli au
nom de la population en affirmant notamment :\
La population se tourne vers Votre Majeste pour,
retrouver la paix et des conditions de vie normales.
L'Empereur a remercie M. TOAN et precise qu'il
6tait necessaire de r6tablir l'ordre interieur pour pour
voir faire du Viet-Nam un Etat puissant.

CENTRE-VIET-NAM

k Le 12 juillet s'est deroulee, A NHATRANG, la ceri-
monie symbolique de la remise des pouvoirs des pro-
vinces du Sud de l'Annam au Gouvernement central
du Viet-Nam, en presence des autorites francaises
et vietnamiennes et de nombreuses delegations de
notable's.

* Le meme jour, HuA a requ solennellement S. M.
BAO DAI qui revenait pour la premiere fois dans la
capital imp6riale depuis le coup de force du Viet-
Minh, il y a quatre ans. L'Empereur, accompagne
du G6enral XUAN et de LL.AA. Buu Loc et VINH
CAN a 6t6 accueilli par le G6n6ral LEBRIS, Commis-
saire de la R6publique du Centre-Viet-Nam, le Gou- *
verneur PHAN VAN GIAO, Mgr DRAPIER, 6v&que de
Hut, vicaire apostolique en Indochine et au Siam,
et les principles personnalites du Centre-Viet-Nam..
Au course des c&ermonies organisees en son hon-
neur, l'Empereur a adresse, en langue vietnamienne,
un message au people dans lequel il a d6clard no-
tamment : II y a quatre ans, j'ai renonce au tr6ne
pour eviter un massacre fratricide. Mais aujour-
d'hui, dans l'intdret supreme de la Patrie et pour
mettre fin aux hostilitis, ainsi que pour rdpondre
aux vceux du people, je prends personnellement le
pouvoir... SuiveZ I'exemple de nos ancftres, mainte-
neZ le respect de l'ordre et la volonte traditionnellel
pour devenir puissant et servir la Patrie.
Durant son sejour A HuA qui s'est prolong jus-
qu'au 15 juillet, S. M. BAO DAI est allee s'incliner sur
la tombe de son pere, l'Empereur KHAI DINH. Elle
a regu aussi en audience publique les corps consti-
tues de la ville. Enfin, A l'occasion de son passage,
424 prisonniers ont 6et liberes.







SUD-VIET-NAM

A Quinze fonctionnaires vietnamiens, impliquis
dans une affaire d'espionnage en faveur du Viet-
Minh, arrft6s au debut du mois de juin, ont 6t6
lib6res A la demand de M. TRAN VAN Huu.
Quelques membres de l'Assembl6e du Sud-Viet-&
Nam se sont reunis A SAIGON sous la presidence du
doyen d'Age et ont adopted le 2 juillet une motion
aux terms de laquelle < l'Assemblee du Sud-Viet-
Nam invitait le Gouvernement central vietnamien A
choisir SAIGON comme capital provisoire >>. Le Pre-
sident de cette Assemblee diffusa aussit6t un com-
munique d6savouant cette motion, votee irreguliere-
ment puisque l'Assemblee n'etait pas en session et
que sa Commission permanent 6tait convoquee
pour le 5 juillet.
Les journaux vietnamiens Lac Viet et Duoc Viet,
recemment cre6s, ont 6t6 suspendus par les autoritis
vietnamiennes, le 13 juillet, le premier pour avoir
public << un reportage tendancieux contenant des
attaques sans measure centre les Cambodgiens et
donnant de la publicity A des actes terrorists >, le
second, pour avoir lanc6 < un appel manifeste A la
resistance >.


Cambodge

t L'Assembl6e Nationale khmere a adopted le 25
juin une motion demandant au Gouvernement cam-
bodgien < d'entrer en relations avec le Gouverne-
ment vietnamien pour entamer des negociations des-
tinees A rigler les questions pendantes entire les deux
pays >. On sait que jusqu'ici le Gouvernement cam-
bodgien insistait pour que les questions concernant
les minorities khmeres de Cochinchine fussent r&-
gl6es directement avec la France procedure qui
*soulevait des protestations v6h6mentes dans l'opi-
nion publique vietnamienne. La motion de l'Assem-
bl6e Nationale cambodgienne du 25 juin parait done
prisager un riglement amiable de ces questions.
* Le 29 juin, M. DE RAYMOND, Commissaire de la
Republique au Cambodge, s'est rendu au Palais
Khemarin od, en presence du Premier Ministre, il
's'est entretenu avec le Roi NORODOM SIHANOUK du
future traits franco-cambodgien.
Les negociations franco-cambodgiennes etaient,
.depuis un certain temps, au point mort, en particu-
lier parce que le Cambodge faisait une question pre-
judicielle de ses revendications territoriales A 1'Hgard
de la Cochinchine. Mais maintenant elles sont sur
le point de reprendre favorablement.

Laos

Le Prince BOUN OUM, accompagn6 de M. VAL-
MARY, Commissaire de la Republique au Laos, et de


quatre membres de son Gouvernement, a quitt6
VIENTIANE le 5 juillet pour se rendre en France A
1'occasion de la signature du trait franco-laotien.
Apres un bref sejour ou il a mis au point avec la
delegation frangaise, presidee par le Haut-Commis-
saire PIGNON, les-termes du future trait, le President
du Conseil laotien est parti de SAIGON, le 8 juillet,
pour PARIS Oi il est arrive le 0o.
* Des signes de desagregation se manifestent parmi
les dirigeants du movement rebelle Lao Issara, qui
resident A BANGKOK. Deux < ministres du Gouver-
nement du Laos libre >, don't un frere de S. A. TIAO
PHETSARATH, chef de ce < Gouvernement >, ont. 6td
autorises A venir A SAIGON pour 6tudier les modalites
d'un 6ventuel ralliement des Lao Issara.

INFORMATIONS MILITAIRES

* Durant la premiere quinzaine de juillet, une cer-
taine activity militaire s'est manifest6e sur toute la
frontiere sino-tonkinoise oi le Viet-Minh semble
faire porter son effort principal sur Ie secteur de
LAOKAY et sur la vallie du FLEUVE ROUGE, notam-
ment dans )a region de BAO HA et de YEN BAY.
L'aviation de chasse est intervene presque quoti-
diennement contre les concentrations du Viet-Minh
dans ce secteur tandis que les renforts militaires ont
et6 envoys A LAO KAY.







D'autre part, le poste chinois de NAM QUANG,
< la porte de Chine >, A une quinzaine de kilometres
au nord de LANGSON, a ete evacue par sa garrison.
Une quarantaine de miliciens nationalists chinois,
qui 6taient passes en territoire tonkinois, ont 6et de-
sarmis par les autoritis militaires francaises et re-
foules en Chine. Le delegue chinois qui s'est ensuite
rendu A HANOI chez le Consul de Chine a declare
que onze villages chinois situes dans la region fron-
taliere sino-tonkinoise sont tombs aux mains de
bandes communists locales ainsi que le poste de
NAM QUANG.
HANOI, qui a connuces mois derniers un came
presque total, a eu un moment d'alerte, dans la
nuit du.-2( juin, caus6 par les tirs de mortiers et les
explosions de grenades des 6elments vietminh qui ont
attaqu6 pl,usieurs postes frangais A la peripherie de
la ville. Mais les services de sccurit6, prevenus a
temps, aids par les elements militaires d'interven-
tion, ont reagi vigoureusement et mis en fuite les
agresseurs. Aucun digAt, ni aucune victim ne sont
A deplorer du c6te franco-vietnamien.
C'est dans le secteur de HANOI que s'est d6roulee
l'op6ration la plus s6rieuse entreprise durant cette
periode. Le 13 juillet, au matin, nos troupes ap-
puyees par des elements motorists et blinds ainsi
que par l'aviation et des unites 16geres de la marine
sont passes A l'attaque pour briser le dispositif for-
tifi6 du Viet-Minh autour de la capital. Franchis-
sant le canal du Nord-Est, nos troupes ont atteint le
jour mmme, les localities de BAC NINEH, DAP CAU,
PHU LANG THUONG. Cette operation declenchie par
surprise re vt une importance considerable car c'est
la premiere fois que les troupes francaises ont reussi
A p6n6trer jusqu'au cceur de la ceinture fortifiee que
les formations du Viet-Minh occupaient depuis long-
temps autour de HANOI.
A Dans le Centre-Viet-Nam, si l'on note un certain
effort du Viet-Minh pour accentuer sa pression au-
tour de la capital de HuE, aucune action serieuse
n'est cependant A signaler. A Hug meme, les rebelles
ont cherche a trouble 1'atmosphire de fete qui y
regnait lors du passage de S. M. BAO DAI en effec-
tuant, dans la nuit du 13 juillet, des tirs de mortiers
don't les obus sont tombs A proximity du palais
imperial, sans toutefois faire ni victims ni d6gats.
Dans le Sud-Viet-Nam, les forces franco-vietna-
miennes continent leurs operations de nettbyage le
long de la riviere de SAIGON. Les forces maritimes,
en liaison avec des 6elments terrestres et une unit
de parachutistes, bnt remporte, les 30 juin et I" juil-
let, un nouveau succes, d6truisant un centre rebelle,


une usine d'armement, deux camps militaires, oun
P.C. et de nombreuses installations. Une quantity
important de munitions a 6et recuperee au course
de ces operations.
* Cette periode a Rt6 aussi marquee par les acti-
vites terroristes du Viet-Minh. De frequents jets de
grenades ont 6t6 enregistres, particulierement au
course des manifestations organisees A l'occasion du
14 juillet, notamment, A SAIGON, LONG XUYAN,
CHAUDOC et THUDAUMOT. L'action centre le terro-
risme se pursuit, et les services de police du Sud
ont arrft6, durant la premiere simaine de juillet,
une centaine de terrorists, et saisi des documents,
des grenades et des munitions.
* Au Cambodge, et au Laos, la situation est plus
calme. Toutefois, le commandement militaire a pris
des measures pour renforcer les troupes du c6t6 de la
frontiere birmane en vue de parer a toute eventuelle
incursion des communists de cette region.

LES LIGNIES AERIENINIES INDOCHINOISES

Poursuivant sans relache le d6veloppement et
l'extension de son r6seau en Indochine et en Ex-
treme-Orient, la compagnie Air-France vient d'ou-
vrir deux nouvelles lignes.
Depuis le mercredi 6 juillet, Air-France assure
une nouvelle liaison : Saigon-Hu6-Tourane-Hong-
kong avec retour Hongkong-Tourane-Saigon.
D'autre part, une ligne Saigon-Hanoi, avec retour
Hanoi-Hue-Tourane-Saigon fonctionne, depuis le
dimanche 3 juillet, par DC 3 6galement. Les departs
ont lieu chaque dimanche. Le retour est assure tous
les lundis.
Signalons, enfin, que la fr6quence de la ligne
Saigon-Nhatrang est port6e A trois services par se-
maine.
Repondant au d6sir exprim6 par les pouvoirs pu-
blics, la Societ6 Indochinoise de Transports A6riens
(S.I.T.A.) et les Avions Taxis d'Indochine (A.T.I.)
ont decide de regrouper geographiquement leurs
flottilles respective d'avions bi-moteurs legers afin
d'economiser les devises 6trangeres n6cessaires A
l'importation d'essence.
Les deux soci6ets, doyennes des transporteurs
aeriens prives d'lndochine, exploiteront provisoire-
ment la ligne Saigon-Phnom-Penh et retour en com-
mun, utilisant des < Beechcraft > sept places, des
avions-taxis d'Indochine, les billets de passage 6tant
indifferemment delivres par l'une quelconque des'
agencies des deux soci6ets.








AFRIQUE OCCIDENTALE FRANCAISE


Federation

AMELIORATION
ET
DEVELOPPEMENT
DES RESEAUX
FERRIS

u course d'un ex-
pos6, M. Lan-
tonois, Direc-
teur des Travaux pu-
blics en A.O.F., a
fourni quelques precisions au sujet de l'ameliora-
lion et du developpement des reseaux ferres.d'A.O.F.
auxquels se consacrent, actuellement, les services
.competents.
La revision du << Dakar-Niger >, entire Kayes et
Bamako, dejA en course, revetait un caractire d'ur-
gence, la section, initialement en' voie de soixante,
comportant des profils extr8mement penibles pour
une voie metrique ; de meme, 1' < Abidjan-Niger >>,
entire Abidjan et Tarife. La section de Dakar A Thins
est en course de doublement dans le cadre de l'am6na-
gement du Cap-Vert.
Enfin, a 6t6 reprise la construction du Chemin de
fer du Mossi, de Bobo-Dioulasso A Ouagadougou,
partidulirrement n6cessaire A ce pays peuple, et don't
I'achevement est pr6vu pour 1953.


LA PECHE MARITIME EN A.O.F.
La p&che maritime en A.O.F. a pris un essor con-
siderable depuis la guerre, si l'on consider qu'en
1939 elle ne tenait pratiquement aucune place dans
1'6conomie de la Federation.
En 1948, les exportations du Senegal et de la Mau-
ritanie vers la France et l'Afrique du Nord ont 6te
de : 1.710 tonnes de conserves ; i.50 tonnes de
poisson sale et seche et 414 tonnes de marchandises
fraiches.


zout A l'heure ; il serait encore possible, aujourd'hui,
de livrer le mazout A cette cadence si les orifices de
reception sur les navires 6taient suffisants.

L'ORGANISATION ANTI-ACRIDIENNE
EN A.O.F.

Au course de la reunion du Comite International
de Prevention anti-acridienne, qui s'est tenue A Se-
gou, un expose de l'organisation de la lutte anti-
acridienne en A.O.F. a 6et fait par l'ingenieur en
chef Clerin, chef du Service de l'agriculture au Sou-
dan. Ce dernier a precise que tout 1'effort localism
demeurait inop6rant par le fait que les sauterelles
ont, alors, la resource de se r6fugier dans des ter-
ritoires oi elles ne sont pas inquietees. I1 a et6 de-
cid6, en A.O.F., de creer un reseau f6edral d'unites
de lutte d'intervention.
Ce reseau, en course de constitution, comprend es-
sentiellement deux unites de lutte et echelon avanc6
d'intervention.
II est prevu de baser l'6chelon au Niger, afin de
barrer, si possible, la route aux vols venant de l'Est
africain, du Tchad ou, des possessions britanniques.
L'une des unites sejournera au Soudan, dans la re-
gion de Bamako, par example, et permettra une in-
tervention en Haute-Volta, au Soudan et, meme, en
C6te d'Ivoire s'il y a lieu. Enfin, I'autre unite, don't
le centre sera Bambey, au S6engal, pourra interve-
nir dans ce Territoire et en Mauritanie.
11 est evident que, devant I'improbabilite d'atta-
ques massive et simultanees, il sera facile de con-
centrer tous les moyens de lutte sur le point le plus
menace, si c'est necessaire.
Pour finance l'organisation de la lutte anti-acri-
dienne, les credits suivants ont ete inscrits, en 1949,
au budget general de I'A.O.F. :
Section central ............. 6.8oo.ooo
Sections lodales ............. 5.165.000
Aire gregarigene ............ 6.325.000
Provision invasion .......... io.ooo.ooo


LE PORT DE DAKAR 28.290.000


Dakar est, actuellement, bien equipe pour le ra-
vitaillement des navires. I1 a pu livrer 332.165 ton-
nes d'hydrocarbures de soutes. La capacity de ses
reservoirs s'elive A 119.ooo m3, non compris les re-
servoirs du parc de la Marine de Hann.
Pour l'annee 1948, le trafid maritime total de Da-
kar a 6te de 4.198 navires, jaugeant, au total, 8 mil-
lions 915.384 tonneaux de jauge nette.
Avant la guerre, Dakar d6livrait, aux grands pa-
quebots d'Am6rique du Sud, i.ooo tonnes de ma-


Cote d'Ivoire

LES TRAVAUX DU PORT D'ABIDJAN

BIDJAN est situ6 sur une presqu'ile, au bord
d'une lagune qui s'etend, parallelement au ri-
vage de la mer, sur pres de trois cents kilom&-
tres. La lagune present des fonds excellent depas-
sant quinze mitres, et il 6tait tentant de creuser un
canal A travers le cordon littoral pour permettre








l'acces des bateaux de mer en lagune et doter ainsi
la C6te d'lvoire d'un port particulierement abrit6.
Les dimensions donnies au canal, I'orientation de
la digue de protection, I'utilisation du < trou sans
fond >, ont permis de dresser un project don't 1'exe-
cution est en course. Le canal, qui traverse le cordon
littoral, a une longueur de 2.700 metres. Les travaux
ont commends en 1938, mais n'ont pu &tre conduits
qut' une allure extrimement reduite pendant les
annees de guerre.
Les bateaux de tout tonnage pourront entrer en
lagune dans le courant du premier semestre 1950,
mais les :ravaux ne seront pas encore entibrement
terminus et se poursuivront encore pendant au moins
une annee.
Les quais du port doivent &tre construits sur 'ile
de Petit-Bassam, dans la parties notd-ouest de la
zone situee entire la voie ferrie et la berge sud-ouest.
La premiere parties du port, r6servie au traffic des
bois, comprend un vaste parc de stockage, 6qui'p de
portiques pour la manutention des billes, et des han-
gars pour les bois d6bitis et les bois pricieux. Le
long de la deuxieme line de quais, seront installs
les quais divers et celui des bananes.
L'ensemble de ces quais atteindra une longueur
de plus de trois kilom&tres. Des magasins A 6tage y
sont prvius ; deux voices ferries < bord A quais > ;
une voie pour les grues sur portique ; trois voies en
arriere des magasins. En arriere des quais et des ma-
gasins, une vaste zone, couvrant pres de trente hec-
tares, est rIserv6e aux entrep6ts ; elle sera desservie
par la route et la voie ferree, sans croisement de cir-
culation. Enfin, derriere ces entrep6ts, est prevue
une important gare de triage. "
Le programme des travaux A entreprendre imme-
diatement a 6t6 cbnnu en vue de repondre A un tra-
fic de 650.000 tonnes, don't le tiers en importation.
L'ensemble des depenses n6cessaires pour cons-
truire et equiper ce port peut etre 6valu6 A i mil-
liard. 500.oo.000o de francs C.F.A.

Le future quai a bananes
L'importance du traffic bananier n6cessitait un quai
A bananes specialist. Ce quai aura 125 metres de lon-
gueur. A partir de l'arrete du quai, la disposition du
quai A bananes est la suivante :
une voie < bord A quai > ; une voie pour le
portique de chargement des bananes qui servira, 6ga-
lement, de voie pour les grues A divers ; deux voies
ferries sous le portique de la grue ; deux voies fer-
r6es couivertes pour les wagons A bananes en dechar-
gement qui doivent etre A l'abri de la pluie ; un
hangar A etage pour le stockage arrivant par la
route et hl dep8t des marchandises diverse qui se-
ront d6chargies A quai; trois voies ferries pour la
dessert arriere du magasin ; une chauss6e de cir-
culation.


L'appareil de manutention des bananes envisage
est du type utilis6 notamment A Dieppe. C'est un ta-
pis transporteur sur portique entierement A 1'abri
des intemperies. Un tel appareil est capable d'un
d6bit de mille regimes A l'heure. II est pr6vu d'&qui-
per le port d'Abidjan avec deux de ces appareils.

L'ACTIVITE DES PORTS
Une nette augmentation du tonnage manipule dans
les ports de la C6te d'Ivoire est, actuellement, cons-
tat6e, grace, surtout, aux aminagements des instal-
lations d'embarquement. C'est ainsi que, pour les
quatre premiers mois de l'ann6e 1949, les importa-
tions atteignent le chiffre de 55.000 tonnes, tandis
que celui des exportations s'6elve A 80.000 tonnes.
Or, pour l'ann6e 1948, les chiffres de l'exportation
6taient de 217.000 tonnes et ceux des importations
de 143.000 tonnes.

LE ((DJOLIBA ,, LE PREMIER BANANIER,
ENTIRE DANS L'AVANT-PORT DE VRIDI
Le 19 juin constituera une date qui marquera pour
le future port d'Abidjan et dans les annales de la
F1d6ration banani&re. En effet, le bananier < Djo-
liba > apparaissait, ce jour-IA, A 6 heures, devant la
jetde de Vridi, pilot par < La Maitena >, le navire
franchissait la passe A 6 h. 30, et, 7 h. 15, corm-
mengait les premieres operations de dechargement.
I1 est certain que les operations de chargement
des bananes vont connaitre une ere nouvelle tout A
I'avantage des producteurs, des autoritis portuaires
et des companies de navigation.

Soudan

SITUATION DE LA RIZICULTURE AU SOUDAN
EPUIS quelques ann6es, la riziculture est en
pleine progression au Soudan qui, importateur
de riz avant la guerre, est devenu exportateur
A partir de 1943.
En effet, en 1937, le Soudan important 667 ton-
nes de riz stranger, en majeure parties des brisu-
res > d'Indochine, consid6rdes, A l'6poque, tres suf-
fisantes pour la consommation locale..., tandis que,
dix ans plus tard, il en exportait, sur le S6n6gal,
12.730 tonnes de bonne quality, sans tenir compete
des sorties plus ou moins contr6l1es sur le Niger, la
Mauritanie, la C6te d'Ivoire et la Guinde.
Ce resultat a 6t6 obtenu par l'accroissement con-
tinu, d'une part des surfaces cultivies, qui sont pas-
sees de 120.000 hectares produisant 65.000 tonnes
de paddy, A 170.000 hectares, en produisant 10.ooo0
tonnes, et, d'autre part, du rendement moyen, qui a
progress d'environ 20 % (650 kgs A I'hectare contre
550).








Cette augmentation des surfaces cultivees et des
rendements est, elle-meme, due au developpement
de la culture attel6e et, surtout, aux travaux d'am&-
nagements hydrauliques qui ont 6te executes, depuis
1944, par le Service de l'Agriculture du Soudan,
dans la haute vallie du Niger, le delta central alg6-
rien et la valley sah6lienne.
Le problime consist A etre maitre de l'eau au
.dbut et A la fin de la vigetation. Ce r6sulta't estV
obtenu par des barrages fixes et des canaux reparti-
teurs dans la haute valle ; par des ouvrages et une
ou plusieurs travies A d6bit r6glable dans le delta
central, enfin, par des digues submersibles, type < Vi-
talis > dans la valley sahelienne.
Le plan d6cennal, 6tabli derni&rement, prevoit
V'aminagement supplimentaire de 350.000 hectares,
don't 75.000 A 80.000 de terres nouvelles. Mais, pour
1'execution de tels travaux, un gros materiel de ter-
rassement est absolument indispensable. A cet effet,
.des commander ont 6t6 faites aux U.S.A. sur les cr-
dits du F.I.D.E.S. et au titre du plan Marshall :
bulldoser, scraper, pelle mecanique, tracteurs, etc...
Enfin, trois rizeries, d'une capacity annuelle de
1o.ooo tonnes chacune, judicieusement reparties dans
les zones de production, sont, actuellement, en cons-
truction ; I'une d'elles, A Mopti, fonctionnera vrai-
semblablement pour traiter le paddy de la prochaine
champagne.
11 est indeniable que la consommation locale, qui
peut etre 6valude, actuellement, A 90.000 tonnes de
paddy environ par an, a -consid6rablement aug-
nient6 depuis la fin des hostilities pour des raisons
:multiples : le riz est de plus en plus appreci6 par les
autochtones et les restrictions des annees de guerre
,ont eu leur repercussion normal sur I'alimentation
des populations; enfin, le niveau de vie des Souda-
nais est beaucoup plus elev6 qu'autrefois.
Malgr6 cette consommation accrue et la dispari-
tion du spectre de la famine, les exportations an-
nuelles continent et on peut envisager, avec con-
fiance, .que, dans une dizaine d'annees, elles auront
d6pass6 le chiffre de 50.000 tonnes de riz net.

CREATION D'UN CENTRE ICHTYOLOGIQUE
Un centre ichtyologique, destine A l'etude des es-
pices et A la pisciculture, est en course de foundation
sur les rives du Niger, A Diafarab6 (Soudan), tandis
qu'on pr6voit de prochains agrandissements du labo-
ratoire de GorBe, affect A l'6tude de la faune ma-
rine, en raison du developpement toujours accru ,de
la pkche sur les c6tes s6n6galaises et mauritanien-
nes.
M. Theodore Monod, directeur de l'Institut, a en-


trepris d'importants travaux sur la stratigraphie du
Paldozoique dans l'Adrar mauritanien.

Dahomey

DECLARATIONS DU GOUVERNEUR BOISSIER

M BOISSIER, Gouverneur du Dahomey, a 6t6
interrog6 A son passage A Paris sur la si-
Stuation au Dahomey, M. Boissier a de-
clare : Cette situation, sur les plans social, iconomi-
que et politique, est actuellement excellent. Le Da-
bomey a fait, depuis la Libiration, un gros effort
de redressement, qui s'est accentue au course de ces
derniers mois. Cet effort a porter principalement sur
les moyens de developpement de la culture du pal-
miste. L'huile de palme est la resource essentielle
du pays, quatre grandes nouvelles usines, pour sa
fabrication, suivant les moyens techniques les plus
modernes, sont en voie d'achivement. D'autre part,
un materiel de stockage et d'embarquement de ces
huiles prend actuellement place au port.
D'autre part, grdce aux fonds mis a sa disposi-
tion par le -.I.D.E.S., le Dahomey, en accord avec
son Assemblee locale, a l'activiti de laquelle je rends
hommage, a mis sur pied un programme de routes
et de grands travaux pour la realisation duquel de
grosses societies frangaises ont envoy des techni-
ciens et du) materiel qui demeureront disormais en
permanence sur ce Territoire.
Cette aide de la Mitropole, qui se manifesto sous
les formes les plus diverse, est unanimement ap-
prdeide au Dahomey oit rigne, je vous le redpte, un

came politique reconfortant parmi une population
qui mirite d'etre largement appuyde dans sa mar-
che laborieuse vers le niveau de vie auquel elle ai
le droit d'espdrer.


POUR LA LUTTE
CONTRE LA MALADIE DU SOMMEIL

Le professeur Friedheim, promoter d'une nou-
velle therapeutique centre la trypanosomiase hu-
maine (maladie du sommeil), est arrive au Daho-
mey. Grice A cette nouvelle m6thode, il serait. dd-
sormais, possible de trailer et de st6riliser, en moins
de quinze. jours, des < sommeilleux >>, meme A un
4tat avanc6, alors que, jusqu'A maintenant, le trai-
tement curatif n6cessitait toujours au moins une an-
n6e.
Le professeur Friedheim a enseign6e l'Universit6
de Geneve et s'est consacre A des recherches A l'Ins-
titut Pasteur de Dakar, ainsi qu'A l'Institut Rock-
feller de New-York.








AFRIQUE IRQUATORIALE FRANCAISE


'RETOUR
DE M. CORNUT-
GENTILLE,
GOUVERNEUR
GENERAL
DE L'A.E.F.


TILLE, Gou-
verneur G6-
neral de l'Afrique
Equatoriale Frangaise, est arrive, le 8 juillet, A
Brazzaville, par avion, venant de Paris via Dakar.
Le Gouverneur G6enral etait accompagn6 de
M. Verdier, directeur de son Cabinet.


PLACEMENT DU REMORQUEUR
c GOUVERNEUR-GENERAL-ANTONETTI )

En presence de M. Cornut-Gentille, Haut-Com-
-missaire de France en A.E.F., la Compagnie G6n6-
rale des Transports en Afrique a proc6dd au lance-
.ment d'un nouveau remorqueur pour le traffic flu-
vial entire Brazzaville et Bangui.


Ce remorqueur, de 340 CV Diesel, appel6 < Gou-
verneur-G6ndral-Antonetti >, a pour marraine Ma-
dame Cornut-Gentille. I1 est la quatrieme unit mise
en service, depuis un an, par la C.G.T.A.
Le colonel Benedict, president du Conseil d'admi-
nistration de la C.G.T.A., a prononce une allocution.
Dans sa rdponse, le Haut-Commissaire a soulign6
l'importance du traffic fluvial et de la collaboration
entire I'Administration et les soci6tes privies, qui doit
permettre la realisation de l'6quipement de I'A.E.F.


PROCHAINE CONFERENCE MINILRE
A BRAZZAVILLE

Le Gouverneur G6neral Barthes, president du
Conseil d'administration du Bureau Minier de la
France d'Outre-Mer, quittera Paris, par avion, le
7 juillet, pour se rendre a Brazzaville, oif il partici-
pera aux travaux de la Conf6rence miniere de
I'A.E.F., organisde par le Service des Mines et la
Chambre syndicale de 1'A.E.F.
Aprbs la conference, M. Barthes compete se rendre
au Gabon. On sait que M. Barthes est president de
la Socidt6 de Recherche des Petroles de ce Territoire.


VALEUR ESTIMEE DE LA PRODUCTION MINIERE DE L'A.E.F.


Base : lto 1936 & 1945, valeur ddclar6e de la sortie en douane ; de 1946 & 1948, valeur fob pour
*laxable pour le diamant.
Unit6 : miller de francs C.F.A.


le plomb, le zinc; valeur


Or brut (1) Or brut
course offlc. 35 $ l'once
francais de fin


27.950
24.828
46.051
66.642
111.618
134.474
129.151
119.698
124.614
117.760
158.714
155.648


1948 ................


38.712
34.388
63.782
92.300
127.461
153.560
151.501
143.419
132.815
121.798
161.745
158.620


Diamants Zinc.


158 -
378 246


1.934
3.078
5.667
5.169
7.813
26.792
11.517
58.024
95.954
144.553


5.946
7.736
12.933
12.303
7.873
5.889
5.004
5.667
34.930
36.640


234.370 259.180 188.060 63.590


Plonmb c(2)
Corindon


(2)
Colombo-
tantalite


935 -
1.321 -
1.269 -
2.053 -




- 1.020 -
- 8.514 576
- 2.748 120

- 192


Source : Service des Statistiques de 1'A.E.F. et Direction des Douanes.
(1) Titre 920/1.000 en moyenne.
(2) La production n'6tant pas encore exportee elle est estlm86 tout entire au course de 60.000 francs C.F.A. la tonne pour
de corindon iAt 120.000 francs C.F.A. pour le colombo-tantalite.
(*) Le mineral de zind 6tant rest sur le carreau de la mine, 11 n'a pas 6t6 possible de chiffrer la valeur de la production
de 1941 a 1946, dont on ignore la teneur en m6tal et les course.
(-) Froduction'nulle ou n6gligeable.


Produits







LA PREMIERE FABRIQUE DE CHAUSSURES
DE L'A.E.F.

L'industrialisation de la Federation est en mar-
che; elle se fait encore de facon sporadique, au gr6
des facilitis offertes susceptibles de rentabilit6 im-
mediate. Mais le moment viendra ou tous les mail-
ions de la chaine d'industrie se joindront et ouf
I'A.E.F. pourra harmonieusement combiner la pro-
duction et la transformation de ses matieres premie-
res.
Les cuirs et peaux, don't I'A.E.F. est grande pro-
ductrice, font l'objet d'un commerce important d'ex-
.portation, ne pouvant &tre encore utilis6s en quanti-
t.s suffisantes sur place en raison du trop petit nom-
bre de tanneries industrielles. C'est pourquoi la fa-
brique de chaussures qui, depuis un an, s'est monte
A Brazzaville, est oblige de faire venir des contin-
gents compl6mentaires de peaux du Maroc et de la
metropole, les cuirs d'A.E.F. 6tant seuls, pour le
moment, employes.
Fonctionnant depuis quatre mois, elle contribute,
de fagon de plus en plus satisfaisante, A l'ameliora-
tion d'une situation jusqu'ici pr6caire et genante.
L'usine posside un effectif de quatre-vingt-dix em-
ploy6s autochtones, qu'encadren't et dirigent quatre
contremaitres m6tropolitains (une femme et trois
hommes) verius specialement de France.
La production en accuse un accroissement cons-
tant, atteignant quatre cents paires par jour. L'In-
tendance Militaire a passe d'importantes comman-
des en brodequins et sandales de detente pour les ti-
railleurs don't les pointures atteignent le 50.

L'lLE DE M'BAMOU
DEVIENT REGION D'1LEVAGE
L'ile de M'Bamou, relevant du district de Braz-
zaville, et qui se trouve sur le Congo, entire Brazza-
ville, Leopoldville, est promue au rang de terre
d'elevage.
Une important portion de terrain 4.995 hecta-
res de cette ile est, en effet, louee A une !societe
d'elevage et de boucherie pour une duree de neuf
ans.
Ce troupeau de reserve fourhira le complement de
viande n6cessaire A la population de Brazzaville aux
p6riodes d'arrivages insuffisants.

CONSTITUTION
DU BUREAU DE LA DEFENSE DES SOLS
Seule, une action concertee, harmonisee, des ser-
vices interess6s (et des agriculteurs peut 6viter, A la
Federation, d'etre, un jour prochain, totalement de-
munie de terres cultivables. C'est pourquoi un Bu-


reau de la Defense des sols va ktre, A l'instigationr
de l'lnspecteur G6n6ral de I'Agriculture de l'A.E.F.,.
cr6e A Brazzaville, o6 il doit ouvrir incessamment
la serie de reunions et de travaux qu'il se propose.
Ce bureau se divise en trois groups d'6tude, don't
un group d'Etude Technique et Scientifique et un
group d'Etude africain, compose, sur une designa-
tion du Grand Conseil, de quatre' membres de cette
Assemble, repr6sentant, chacun, un Territoire.
La commission pourra, en outre, faire appel A des
sp6cialistes relevant des disciplines scientifiques in-
teressees (pedologie, phytogeographie, 6cologie, bo-
tanique, etc...).
La pr6sidence du Bureau sera assure par le Haut-
Commissaire de la Republique en A.E.F. ou son re-
pr6sentant.

PREMIERE UTILISATION
DE L'INERGIE HYDRAULIQUE EN A.E.F.:
LA CENTRAL DU DJOUE (MOYEN-CONGO)

Un inventaire des resources hydrauliques effec-
tu6, il y a quelque vingt ans, bien qu'incomplet, per-
met d'avancer que les possibilities d'6q;uipement hy-
draulique de I'A.E.F. sont de l'ordre de quinze fois-
celles de la France, qui, elle-meme, se situe, apres
I'U.R.S.S., au deuxieme rang des puissances euro-
peennes.
Ces resources sont, ividemment, dans l'etat pr6-
sent du developpement industrial de l'A.E.F., de tris
loin sup6rieures aux besoins.
C'est pourquoi seules quelques chutes ont 6et re-
tenues, en vue d'un 6qu.ipement prochain et ont fait
l'objet d'une etude tres pouss6e de la part des tech-
niciens de l'Electricit6 de France qui, en 1947 et
1948, a envoy une mission d'ing6nieurs en A.E.F.
En vue des r6alisations, la Soci6tC d'Economie
Mixte < Energie electrique d'A.E.F. > vient d'etre
constitute et son premier objectif est l'6lectrifica-
tion de Brazzaville par l'utilisation des chutes du
Djoue, affluent du Congo.
L'6quipement prevu pour 30.000 kwh cormportera,
dans une premiere tape, deux groups de 5.ooo kwh:
chacun. Cette source d'energie permettra, le jour
venu, d'dlectrifier le chemin de fer du < Congo-
Ocean >.

LA FERME DE MULTIPLICATION,
BASE DE L'EVOLUTION AGRICOLE
DANS LES ZONES COTONNI.RES
Cellule initial de l'&volution agricole dans les
zones cotonniires la << ferme de multiplication >
tend A la mise en application de la doctrine selon la-
quelle il faut r6aliser < l'&conomie de sols et des
moyens > en obtenant < le rendement optimum de







Effort humain > par la centralisation des moyens
et I'orientation de l'action.
Sa function essentielle est celle d'un organe de
contr6le :
contr6le en champ et A l'6grenage de la qua-
lite des graines de coton fournies par I'I.R.C.T. ;
contr6le des semences d'arachides livr6es par
I'I.R.H.O. ;
contr6le de la valeur des plants susceptibles
d'ameliorer le sort des populations rurales.
Mais la raison d'etre de la ferme de multiplica-
tion n'est pas uniquement l'exercice de ce contr6le;
elle comprend 6galement une serie d'operations
.multiplication, distribution, developpement de grai-
nes de quality, industrielles et vivrieres, don't la s-
lection soigneusement effectu6e assure au paysan
africain I s moyens de r6aliser un progres de masse
4dans le c;dre familial et domanial coutumier.
Elles sont conques de facon A grouper A cd6t des
locaux d'habitation et des magasins, le materiel et
les moyens de transports.
Ces fenrnes sont en relation directed avec les Eta-
blissemenls de recherche responsables de la quality
du materiel v6g6tal de l'efficacite des techniques
appliqu&e:.
Chacune d'elles sera pourvue d'une entreprise-
pilote de colonisation agricole qui doit favoriser la
stabilisation et le progres des cultivateurs de son
resort. En outre l'adjonction d'une Ecole profes-
sionnelle it d'un cinema destines A la formation des
futurs cooperateurs transformera cet organisme au
but initial tris limited, en un centre de modernisation
rurale qui entire dans le cadre des buts politiques et
sociaux poursuivis par les pouvoirs publics.

Tchad

CREATION, AU TCHAD,
D'UNE SECTION DU SYNDICATE NATIONAL
DES ADMINISTRATEURS COLONIAUX

ous l'impulsion de 1'administrateur Dubois,
Schef de la region du Moyen-Chari, une reu-
S nion, A laquelle assistaient les administrateurs
Sen poste ou de passage A Fort-Lamy, a eu lieu, le
mois dernier.
A l'unanimit6, un bureau provisoire fut constitu6.
M. Lamendour a 6t6 .1u secr6taire g6enral de la
:Section, et M. Depommier, tresorier.

ADI)UCTION D'EAU DE FORT-LAMY

Un des problimes les plus aigus que posent le
.d6veloppement de la population et l'extension de la
capital du Tchad est celui de l'eau.
En effet, malgre la proximity6 immediate du Lo-
gon et d. Chari, sur le bord duquel s'est bAtie la


ville, I'eau est encore mesur6e, faute de canalisa-
tions suffisantes d'abord, faute de sources exploitees
ensuite.
I1 est evident que les pouvoirs publics s'interes-
sent A la question et que des solutions sont envisa-
gees.
La Socidte Hydraulique Algerienne a envoy, A
Fort-Lamy, une < mission d'6tude >, charge de
prospecter la nappe d'eau connue, au Tchad, sous
le nom de < nappe des 43 m. >. Cette mission a d6ej
effectu6 trois sondages en different points de la
ville, A une profondeur moyenne de cinquante mb-
tres.
Les conditions << naturelles >> tant favorables, il
ne reste plus qu'a mettre en chantier la construction
du systime d'adduction d'eau sans lequel le d6ve-
loppement de Fort-Lamy serait gravement compro-
mis.

Gabon

POUR LA CELEBRATION DU CENTENAIRE
DE UA PRESENCE FRANCAISE AU GABON
L 'ORDRE du jour de l'Assembl6e Nationale du io
juillet a appel la discussion d'urgence de la
proposition de resolution de M. Aubame, ten-
dant A inviter le Gouvernement A organiser la cele-
bration solennelle du centenaire de la presence fran-
qaise au Gabon et A ouvrir les credits necessaires
A cet effet.
M. Senghor, pr.sentant son rapport au nom de la
Commission des Territoires d'Outre-Mer, indique
qu'il convient, tout particulierement, de c6elbrer le
centenaire de la presence francaise au Gabon : cette
presence, en effet, ne resulte pas d'un acte de con-
quete, et I'A.E.F. a eu le privilege d'etre creee plu-
t6t par des explorateurs pleins d'humanite que par
des conquerants. Bien que la c61ebration du cente-
naire soit tardive, elle aura l'avantage d'appeler
attention de l'opinion m6tropolitaine sur l'impor-
tance des territoires d'Outre-Mer.
M. Temple (R. I.-Aveyron) declare que la propo-
sition de M. Aubame honore autant son auteur que
la France et rappelle que le Gabon a toujours 6t6
aux c6tes de la France. < I1 est bon conclut-il -
d'exalter une rencontre pacifique >.

Oubangui

TOURNEE DU GOUVERNEUR DELTEIL
DANS LE TERRITOIRE
E Gouverneur Delteil a r6cemment effectue
une tournde dans les regions de la Ouaka-
Kotto et la K6mo-Gribingui.
I1 s'est particulierement preoccupe de la question
cotonniere et a tenu, A cet effet, une conference avec








le Chef de Service de 1'Agriculture M. Guillemet
et avec le Chef de la Station de Gonouman M. Guil-
lemin, A Gonouman meme.
II a 6tudid de pris l'organisation et le fonctionne-
ment du District cotorinier d'Alindao cr6d' cette an-
nee.
D'autre part, il a pu constater que les travaux
des points d'Alindao et de Kemb6 6taient dedj avan-
ces. Ces deux important ouvrages permettront, d'ici
quelques mois, de relier Bangui A Bangassou sans
transbordement.
Partout il a pu constater que le travail du coton
est commence dans d'excellentes conditions.
I1 a visit en plusieurs endroits des plantations
et des champs d'exp6riences; enfin sur la route du
retour il s'est arrWt6 longuement A la sisaleraie de la
Kandjia el A la station agricole de Goulinga.


LE DEVELOPPEMENT
DES INDUSTRIES FORESTIERES
DANS LA LOBAYE (OUBANGUI-CdARI)
La production de sciages mecaniques, nee en Lo-
baye, avec deux cent cinquante metres cubes en 1940,
a atteint :
5.000 mitres cubes en 1945 et 15.ooo metres cu-
bes en 1948.
Actuellement, cinqi importantes scieries, d'une
capacity moyenne de 4.000 m&tres cubes par an cha-
cune, tournent dans le district de M'Baiki et vien-
nent d'amiliorer consid6rablement leur materiel.
Cette annie, on pouvait computer sur une produc-
tion de 20.000 metres cubes de sciages industries
qui devrait etre port6e A 30.000 mitres cubes en
1950 par suite d'une installation nouvelle tres mo-
derne de la Soci6th des Terres Rouges avec quai
d'dvacuation et flottille sur la Lobaye.







TOGO


MISSION D'ETUDE
POUR
14A MALADIE
SDU SOMMEIL





avoir pris contact avec
1e Commismaire de la R6publique et le Directeur
venant du Da-
homey, sont arrives &
Lomb, le 5 juillet. Apris
avoir pris contact avec
le Commissaire de la Republique et le Directeur
du Service de Sant6, le professeur Friedheim a quitt6
Lom6 le 6 juillet, faisant, A travers le Territoire.
une vaste tournee qui I'amenera en Haute-Volta.


LA CHAMPAGNE DE CACAO

La champagne d'achat de cacao de la recolte inter-
m6diaire 1948-1949 est ouverte, A computer du Io
juillet 1949. La valeur fob du cacao commercialism
au course de cette champagne est fix6e A 6o.ooo francs
la tonne.

RIALISATIONS SOCIALES

Education de masses. L'6quipe d'instructeurs
togolais, parties" le 21 juin A Accra, pour s'initier A
la methode employee en Gold-Coast en matiere
d'6ducation de masses, est rentree A Palim6, accom-
pagnee de sp6cialistes britanniques avec le concours
desquels va &tre organism un stage popqlaire d'6du-
cation de masses, A Palime, du II au 23 juillet.


C7








GAMEROUN


LA SITUATION
COMMERCIAL

L E tonnage des
products, expor-
tes par le Came-
roun au course du pre-
mier semestre, de I'an-
nee, s'nlve a 97.325
tonnes, Soit :


tonness)
Palm iste ....................
Huile de palme ..............
A rachide ....................
Banane ................... .
C acao ......................
C af6 ........................
B ois ........................
Caoutchouc ..................
E tain ..................... .
R utile ............. ........
Sesam e .................... .


12.000
2.814
3.600
16.064
31.969
4.244
24.579
1.329
122
469
135


97-325
Notons qu'en 1948, les exportations avaient at-
teint, au total, 181.000 tonnes.
II est A prevoir un recul des exportations pour le
deuxieme semestre.
En effect, les maisons de commerce subissent des
difficulties d'ecoulement sur la MNtropole par suite
de la rupture des engagements pris par certain grou-
pements professionnels et des difficulties d'adapta-
tion A un nouveau systeme de liberty des changes.
Elles ont done suspend tous les achats de corps
gras, de cacao, et meme de cafe.
Des chargements en course ont 6tC decommandis.
Par centre, des exportations de plusieurs milliers


de tonnes de palmistes sont projetees sur l'Espagne
et sur 1'Angleterre.
Ainsi, l'Union Frangaise qui, en 1948, avait pro-
ced6 A de'tres gros achats de corps gras provenant
de 1'6tranger, se trouve maintenant exportatrice.
Du fait de cette situation, de tris gros stocks sont
disponibles au Cameroun et A Douala pour les deux
tiers. Ils sont 6valuss :


tonness)
Pour le cafe, A environ ......
Pour le cacao, A environ .....
Pour le palmiste, A environ ...
Pour I'huile de palme, A environ


2.000
9.0oo
10.500
5.000


Ces immobilisations repr6sentent une valeur de
pros de deux milliards de francs m6tropolitains.


ARRIVE, A DOUALA,
DU HAUT-COMMISSAIRE PAR INTERIM
AU CAMEROUN

Le Haut-Commissaire par interim au Cameroun.
M. Casimir, qui avait quitter Paris, par avion, est
arrive, le ii juillet, A Douala.


EQUIPMENT DE DOUALA

On apprend qu'une mission tropical, compose
du Scorpion et des remorqueurs Rhinoceros tt Tea
nace, a quitt6 Dakar pour Douala.
Ces remorqueurs emmenent deux caissons 6tan-
ches d'une longueur de 62 mitres et d'une larger
de 18 metres, et pesant 1.1oo tonnes chacun.
Ces caissons faisaient parties du port artificial
d'Arromanches, qui permit; en juin 1944, le d6bar-
quement du materiel lourd des armies allies en
Normandie.


(=a








MADAGASCAR


sT iLA QUESTION
DES CREDITS
COMMERCIAUX
A MADAGASCAR
U N accord vient
d'intervenir avec
les grandes Ban-
ques et l'Institut d'6mis-
sion local sur la ques-
tion des credits com-
tnerciaux pour la presente annee.
Grace A l'action des repr&sentants du Territoire,
et, en particulier, de M. de Courson, inspecteur des
Finances, directeur-adjoint du. Cabinet de M. le
Haut-Comnmissaire, la solution adopt6e est partidu-
lierement favorable aux intir&ts de; Madagascar.
II a ee d6cid6, en effet, que, par voie de r~es-
compte, le plafond du credit serait, cette annee, ce-
lui de l'an passe.
Ainsi, les credits de champagne seront 6gaux A ceux
de 1948-194-9 ;
les credits d'6quipement g6enral seront main-
tenus, et, peut-ftre, augments ;
les credits commerciaux, non compris dans les
pr&cedentes rubriques, seront tres peu reduits.
I1 est A souligner que, de tous les territoires d'Ou-
tre-Mer, Madagascar sera le seul A pouvoir mainte-
nir un systime aussi liberal et aussi large.
C'est surlout A sa situation economique, restee,
dans l'ensernble, saine au regard de celle d'autres
parties de l'Union Frangaise, que la Grande Ile doit
d'avoir obtenu un traitement privil6gi&.


UN NOUVEAU PAVILION EST INAUGURPI
A LA CLINIQUE D'ANKADIFOTSY

Un nouveau pavilion, don't la construction a ete
commencee il y a deux ans, a 6t6 ouvert A la, clini-
que et maternity des Franciscaines missionnaires de
Marie, A Ankadifotsy. La c6r6monie de la b6nedic-
tion des chambres, par S.E. Mgr Sartre, s'est d6-
roulee en presence de M. le Medecin-G6n6ral Jean-
sotte et des seuls membres du Corps medical de
Tananarive. '
Au course d'une allocution, le Dr Maurice Payet
fit l'historique de la clinique et mesurh le progres
accompli depuis 1912, date de foundation de la Mai-
son, grace i la collaboration et A la generosit6 de
toute la population de Tananarive ainsi que des pro-
vinces.


DECLARATIONS DE PARLEMENTAIRES

Interrog6 par un representant de l'Agence
France-Presse sur le probl&me de l'enseignement a
Madagascar, M. Michel Randria, conseiller de la
R6publique de la Grande Ile, a declare notamment :
< En ma double quality d'instituteur et de con-
seiller de la Ripublique de Madagascar, je crois fer-
mement que le developpement de l'enseignement est
utn des moyens les plus silrs et les plus actifs pour
parvenir i l'essor iconomique et social du pays.
< ...Un pays ne peut pas ivoluer socialement et
iconomiquement si les quatre cinquidmes de sa po-
pulation sont des analphabites. Une riforme com-
plete de l'enseignement a tous les states s'avire ur-
gente et indispensable. Cette riforme doit tendre a
une similitude d'enseignement avec la metropole.
Parallelement, il faut une plus large diffusion de,
l'instruction donnee, car on ne doit pas perdre de
vue que les ecoles de brousse sont distantes, en cer-
taines regions, d'une trentaine de kilometres les unes
des autres. Dans chaque chef-lieu de province, it
devrait exister une cole rigionale afin de' favoriser
les families qui n'ont pas une situation aisee, mais
desirent donner une situation ,administrative a leurs
enfants. Des considerations analogues doivent pr6-
sider a l'augmentation du nombre des ecoles profes-
sionnelles.
< Dans cette riforme gindrale, que je souhaite et
sollicite, il convient de reserver une place impor-
tante a la creation, dans tous les chefs-lieux de pro-
vince, de l'enseignement manager, qui prepare au
certificate d'itudes du second degri et au certificate
d'aptitude a l'enseignement des filles.
< Sans doute, la mise au point et l'execution d'une
si vaste riforme demandera un certain temps, cepen-
dant, des maintenant, les pouvoirs publics devraient
s'attacher a itendre, plus largement, les divers en-
seignements qui sont, actuellement, distributes a Ma-
dagascar.
Par ailleurs, M. Razafila, conseiller de l'Union
Frangaise de Madagascar, a donn6 son opinion sur
le probleme routier :
< Je pense qu'a Madagascar, la solution du pro-
blame routier conditionne l'rvolution jconomique
du pays.
< Madagascar, a-t-il ajoufe, qui a une superficie
de 592.000 kilometres carries (ce qui represente ld
superficie de la France, de la Belgique et de la Hol-
lande reunies) ne possede que 3.000 kilometres de
routes carrossables, 22.000 kilomntres de pistes, et
n'est dotee que de quatre lignes de chemins de fer
couvrant un parcours total de 858 kilometres.







< Ces chiffres sont particulidrement eloquents et
la conclusion qui enl dicoule est que les moyens de
communication sont nettement insuffisants pour ha-
ter le developpement de la Grande Ile.
< Des routes de penetration s'averent indispensa-
bles afin d'iviter les transports d dos d'homme (com-
me cela se pratique encore actuellement) qui, non
seulement sont trLs ondreux, mais encore, et surtout,
ddgradants.
< Pour ma part, je crois que le budget de la colo-
nie peut supporter largement une amelioration des
moyens de communication. Toutefois, si, le budget
local accusait une insuffisance, il appartiendrait d la
metropole de la combler. D'ailleurs, le F.I.D.E.S est
l'organisme financier privu pour l'equipement des
Territoires d'Outre-Mer >.


L'ESSENCE EN VENTE LIBRE A MADAGASCAR
Un communique de la Direction des Services Eco-
nomiques announce que le Haut-Commissaire a d6cid6


qu'A computer du 13 juillet, les d6livrances d'hydro-
carbures ne seraient plus soumises A autorisations
administrative pr6alables pour tout le Territoire,
A l'exception des Centres d'approvisionnement des-
servis par le T.C.E., de Brickaville inclus a Antsi-
rab6 et au Lac Alaotra.
Dis que l'amilioration du traffic sur le chemin de
fer le permettra, la liberty sera rendue A ces Centres.
Jusqu'A nouvel ordre, rien n'est change A l'obli-
gation de declaration periodique des stocks.


LE COLONEL CAUBET
SUCCEDE AU COLONEL LHERITIER
COME COMMANDANT DE L'AIR
Une prise d'armes solennelle a eu lieu, le ii juillet
1949, A Ivato, pour la prise de commandement du
colonel Caubet, qui succdde au colonel Lheritier
comme commandant de l'Air A Madagascar.
Le colonel Lh6ritier, qui arrive en fin de sejour
colonial, ralliera la France le 26 juillet 1949.








gTADLISSEMENTS DB L'INDE


UNE DtLEGATION
DE L'INDE
FRANQAISE
SE REND A PARIS

NE d6elgation,
-' compose de
membres de l'As-
sembl6e G~ndrale des
Ii conseils municipaux de
l'Inde Frangaise, est
parties, le it juillet, pour Paris par avion afin d'obte-
nir des precisions sur le statut future des Etablisse-
ments Francais dans l'Inde, apris le referendum qui
se d6roulera, le Ii d6cembre, A Pondichery.
A son detour de Paris, la d6elgation se rendra A
La Nouvlle-Delhi, dans le mrme 'but.

LE SORT DE CHANDERNAGOR
Le Ministire des Affaires Etrangeres indien a pu-
bli, 'le -o juillet, le texte d'une declaration conjointe
de l'Inde et de la France sur Chanderrngor.
Cette declaration souligne < 1'empressement du
Gouvernement francais A r6gler, avec l'Inde, toutes
les questions relatives au transfer des pouvoirs, par
des negociatioss 'qui devront, finalement, recevoir la
sanction du Parlement frangais >, et fait etat du
< souci du Gouvernement des.Indes de prendre bonne
note des aspirations du people de Chandernagor '.
< Les deux Gouvernements reconnaissent la n6ces-
sit6, pursuit le communique, de maintenir l'ordre et
d'assurer le fonctionnement normal de I'administra-
tion pendant la periode .transitoire durant laquelle les
autorites frangaises et indiennes 6tudieront, ensemble,


et front appliquer les conclusions resultant du refe-
rendum du 19 juin .
D'autre part le Minist&re des Affaires Etrangeres
a communique le meme jour :
< En accord avec le Gouvernement de l'Union In-
dienne, le Gouvernement de la Republique Frangaise
a decide, en juin 1948, que l'avenir des Etablisse-
ments francais de 1'Inde serait determine par les po-
pulations elles-memes don't la volont6 s'exprimerait
librement, par un referendum. Celui-ci a eu lieu, A
Chande~agor, le 19 juin dernier, et la population de
la villeNibre a fait connaitre son choix.
< Le Gouvernement francais ne manquera pas d'en
tirer les consequences, et est pret, en particulier, A
r6gler, avec le Gouvernement indien, par voie de n6-
gociations, tous les problems qui d6coulent, pour les
deux Gouvernements de la recent consultation popu-
laire. Ces negociations devront, conform6ment aux
dispositions constitutionnelles, recevoir la sanction du
Parlement frangais.
< De son c6td, le Gouvernement de l'Inde est sou-
cieux, pour ce-qui a trait A l'avenir, de tenir compete
des aspirations des habitants de Chandernagor.
< Pendant le ddlai qui s'ecoulera jusqu'A ce que le
regime nouveau ait remplac6 le regime present, il est
indispensable que administration actuelle continue
A fonctionner, sans entraves, et que Fordre soit main-
tenu.
< Soucieux de cette n6cessit6, le Gouvernement de
la Republique frangaise et le Gouvernement de
l'Union'Indienne font confiance A la population de.
Chandernagor et entendent qu'aucune manifestation,
d'oi qu'elle vienne, ne trouble la periode transitoire
pendant' laquelle ils etudieront, en commun, et ren-
dront effective les consequences de la consultation
du 19 juin.


rr~7j90





















REVUE DE PRESS


Nous rappelons que la 'eiie de press publide dn present bulletin est purement objective. Elle n'implique
tvidemment aucune adhesion du Ministare de la France d'Outre-Mer aux opinions exprim6es dans les articles,
reproduits d titre d'information.




PRESS METROPOLITAINE


INDOCHINE

S'il est parle de l'Indochine, c'est surtout dans les
reportages des envoys spdciaux des journaux mitro-
politains qui itaient parties ces temps derniers en In-
dochine. C'est ainsi que l'on trouve dans l'EPOOUE une
serie d'articles sur la situation ginerale, de ce payst
sous la signature de J. KNECHT :
< Le drame du Viet-Nam A qui la France vient de
donner son ind6pendance dans le cadre de l'Union
Francaise, Acrit J. Knecht, me parait id'abord r6si-
der dans ce fait iqu'un jeune Etat pour lequel la
France n'a m6nag6 ni ses enifants ini sa peine, tend
A s'6manciper au moment prAcis of la notion de
souuverainet6 national cede de plus en plus le pas
A celles plus vastes de souverainet6s continental et
raciaile. De jour en jour on assisted Af un regroupement
des forces qui ont choisi la libert.6 de s'unir centre
celles qui se sont dBji, de gr6 ou de force inf6oddes
A Moscdu. Or nulle part, plus iqu'en Indochine, l'4vo-
lution des. 6v6nements depend de la situation ext6-
rieure et en particulier de la menace chinoise. In-
terrogez les militaires, les admiristrateurs, les hom-
mues d'affaires, *ce que j'ai fait, non pas une fois
mais cent fois : la r6ponse est presque toujours la
m6mie : la population commence A se lesser d'une
guerre civile qui depuis bient6t quatre ans l'empa-
che ide travailler .h loitir et la voue A la ruine. >>

Sur le plan iconomique, J. KNECHT rapporte
< Aucun des industries, planters, technicians ou
homes d'affaires ,que j'ai interrogbs, en Cochin-
chine ou au Tonkin, n'a perdu T'espoir de revoir les
temps heureux qui ont prbec6d6 les Avsnemients tragi-
ques de 1945. La plupart font des projects d'avenir


coimme la mise en 6tat du port de HAIPHONG, la cons-
truction d'un avant-port A IHONGAY-VACHAY, au fond'
de la ,aie d'ALONG, capable de reoevoir des navires
du pins gros tonnage et destin, 6ventuellement a,
concurrencer HONG-KONG pour le commerce en Ex-
treme-Orient ; l'exploitation des 'charbonnages, ri-
zieres et plantations doe caoutchouc tourne 6videm-
ment au ralenti, mais si la security du territoire
Atait r6tablie la prosperity du pays rieviendrait en
un temps record.
II faut done que se fasse une pacification rapide du-
pays. Cette pacification n'est pas une tAche A entre-
prendre seulement sur le plan militaire, mais en-
core sur le plan politique, et c'est li que se trouvent
les plus igran.des difficultis. < Si 1'on admet 'que la-
poilitique peut difficilement ktre disso.ci du mili-
taire, dit J. KNECHT, il faut ,qu'A-tous les Achelons une
franche cooperationn s'ktablisse entire autorites fran-
caises et vietnamiennes. Or, si cette coopbrationr
existed dejA en de nombreux points grAce (A 1'initia-
tive individu:elle d'hommes intelligent et de bonne
volont6, il n'est est pas de meme partout. Ce regret-
table Rtat de choses est probaiblement d fh un certain
nombre de causes, parimi lesiquelles on peut deceler
l'obstination de certain Franpais, en depit des ac-
cords passes, A vouloir conseerver les privileges ac-
quis, et aussi le nationalism exacerb6 .de que1ques
intellectuals et journalists vietnamiens .qui ne se'
genent pas pour orire, dans des articles souvent
empreints de ressentiment.mal placA, ique les accords
du 8 mars ne sont qu'une premiere tape vers I'ind&-
pendance du Viet-Nam et ,qu'il s'agit m-aintenant de'
passer A la r6alisation pratique. Ces publicists, fei-
gnant d'ignorer la bonne foi de la France, font le plus
grand mal A la cause commune et il faudrait que le
gouvernement de BAO DAI mette un terme A ces atta-
ques regrettables. >


Ztinza J--" I" DO








<< Sans doute la France doit-elle faire l'effort n6-
'cessaire pour donner tout son appui A la solution
de BAO DAI que les non convaincus qualifient encore
Ad'experience. Et A cet 6gard l'impulsion doit veniir
de la m6 ropole. Mais en Bihange de la passation
progressive des pouvoirs aux autorit6s vi'etnamien-
-nes, les F.:anCais sont en droit d'attendre de celles-
ci une attitude amicale qui ne c.ompilique pas une
.tche qui est d6jA suffisamiment ardue.
e c Le jeune Etat du Viet-Nam, qui ne peut avoir
ouhbli6 les nombreux Francais ,qui sont tomb6s sur son
sodl et le, b.ienfaits que la France Jui a apport6s,
pourrait Ctre reconnaissant A nos troupes de n'e pas
h 6siter a iitiervenir dans une guerre civil qui devrait
ktre r6glee en dehors -des Francais. BAO DAY n'ignore
p.as que le depart des Francais demain signifierait le
.rgne .d'H6 CHI MINH le dhferlement -de la mare
chinoise et du communism sur .son -malheureux
pays. Mais il est encore h6las, quelques insiens6s qui
nte sont pas de cet avis. ,>

L 'envoyde' special de CE MATIN LE PAYS, dans sa
series d'arlicles se preoccupe plut6t de la question mi-
litaire. II a visited de nombreux postes tenus par nos
solddts et relate longuement ses visits qui lui ont.
permis de constater le moral eleven des troupes.
<< Nos soldats sont admi-rables. Le d6vouement des
hommes dLes posters du Nord, 'face A la frontihre de
Chine, le courage de nos parachutistes, la t6m.rit6
de nos av lateurs leur font chaque ,jour, Idans lies pires
conditions possibles centre l'adversaire le plus per-
fide et .e plus cruel, accoimplir des :exploits qui de-
meurent, helas inconnus du grand public ,d'e
France. >)
Et le journaliste reclame des renforts, surtout ens
materiel, pour nos troupes, car il est indispensable'
qu'elles aient ce qui leur est necessaire pour entre-4
prendre ieur tache de pacification, qui consiste sur-
tout'a proteger la population contre les violence du
Vietminh. La situation, certes, n'est pas des plus bril-
lantes, mais faudrait-il en tirer une conclusion pessi-
miste, decouragee ?
q Non.. dit L. Lamarreo, ear m'algrA la terreur,
pieut-Atre m&mne A cause e la terreur permanent, le
.nhA qub le paysan home solitaire, prudent et
peu com:inunicatif, s'il en est, montre peu A. pen, tout
de ,meme, qu'il a fixA son choix.
< Che: H6 CHI MINH, la vie est trois fois plus
-chere qu'en face. La disette rbgne. Dans de tells
conditions on ne peut tenir ique par un. redouble-
ment de pression policire. L'oncle od'H6 voudrait-il
renoncer A la terreur qu'il ne pourrait plus le faire.
-Ce serait la d6bandade, gAn6rale chez les paysans qui
le servert contre leur gr6. Seules resteraient les trou-
pes d'Ilite, ,les farlatiques de la mort. Mais terroriser
rest-oe bien une solution ?
< La conviction -que les Francais ne s'en iront pas
apporte A ceux qui aspirent de routes leurs forces a
la p.aix nn suljet d'optimisme, un ,commencement d'es-
poir. J'-ai vu sur un mnagasin annamite de KIENAN
flotter los drap-eaux fra.ngais et vietnamien. Je vous
.assure ,que cela repr6sente du 'courage de la part de


< Mais la -meilleure preuve de condiance dans l'ave-
nir c'est encore lies Francais du Tonkin iqui la don-
nent. HANOI, HAiPHONG, renaissent de :.eurs cendres.
SDans le grand port les docks ste rI-difient. Le traffic
maritime augmente. On fait des plans d'avenir. On
joue gagnant. << II nest point nacessaire d'esp6rer
pour entreprendre... >. Et A HANOI, parmi tant d'au-
tres bA-iments officials restaur6s, 1'institut Pasteur
a BtW reconstruit et fonctionne aujourd'hui normale-
ment. ,
< Belle r6ponse de la France ,au Viet-Minh qui,
dans sa folie haineuse, .avait Ut6 jusiqu'A fa'ire la
guerre A ceux qui sauvent la vie de leurs frbries >,
conclut Louis Lamarre.
Le problem indochinois a donc iti longuement
trait, mais dans la conjoncture actuelle, ce problMme
ne peut se ditacher de celui du Sud-Est asiatique et
par lIa, de celui que pose la maree communist qui
deferle sur la Chine et menace les pays situds plus au
Sud. L'Indochine a un r6le important a jouer dans la
lutte qui serait entreprise centre l'avance des com-
munistes si celle-ci ddbordait les limits traditionnel-
les de la Chine. M. Andre NOEL le souligne dans I'ar-
ticle que publient LES ANNALES COLONIALES et qu'il
intitule justement : << Tonkin, bastion avance de la
liberty >>.
< .Pour 6viter de nous trouver, demain, dit-il dans
le Haut-Tonkin, face A une situation tragique que
.nous ne saurions niaitriser par nos seules forces, ii
parait n6cessaire :
<< 1) En 6gard au fait qu'en Indochine, nous d&-
fendrons, avec nos pa.uvres moyens, la frontihre de la
lihbert6, nous deivons demander, dbs maintenant, aux
Etats-Unis, une .aide militaire discrete et efficace,
sous ia forme du materiel fourni al titre d'un nou-
v-eau pr&t-bail ;
< 2') Notre devoir est de faciliter un pacte r6gio-
nal du Sud-Est asiatique don't le Viet-Nam. sera i'une
des pieces maitresses et auquel nous participerons
comrme tuteurs de l'Union Frangaise...
< 3 I1 nous parait non moins indispensable que
i'Am iriique nous donne des assurances officieuses
6videmmient- d'une aide encore plus Aneirgique pour
le cas of, malgr6 nos efforts propres et malgr6 *ce
trait, des troupes chinoises p6n6treraient sur le ter-
ritoire du Viet-Nam.
< 11i y a, dans cette n6cessitW d'Lne cooperation
international, et surtout dans oe reoours A des na--
tions nouvelles, de quoi consterner ceux (qui vivent
dans le mythe de la << France seule > et dans la nos-
talgie de nos grandeurs passes.
< Mais le monde est ,en marche et son progr&s est
rapide dans le Sud-Est asiatique.
On se souvient que le leader catholique M. NGo
DINH DIEM, avait refuse avec Mclat son concourse
S. M. BAO DAI pour former le Gouvernement viet-
namien et avait base son refus sur le fait que < les
portefeuilles les plus important, devaient revenir
aux resistants et les aspirations nationals recevoir
plus large satisfaction >. Dans CLIMATS du 8 juillet,









Marcel BRIANgON s'adresse au leader, catholique
sous le titre : < Souvenez-vous, M. NGO-DINH-
DIeM >, < Le bout de chemin ensemble > conduit
a la cellule du cardinal Mindstenty >.
L'auteur estime qu'on aurait tort, en France, de
prendre trop a la lettre la recent declaration dul
leader catholique vietnamien, oit < la surenchbre se
dispute a l'intransigeance > :

( M. NG6-DING-DIiM a unie position tres nette et ar-
chiconnue : c'est un .catholique '(son fr6re, Mgr NGO
DINH THUC, .est 6v6que de VINH-LONG), un nmonar-
chiste, un patriot nationalist, bref, un homme don't
des id'es sont A l'oppos6 de celles du Viet-Minh. II
n'ignore pas l'abus ide confiance don't sont victims
,ou complices les nationalists 6gar6s dans ce camp.
Rien ne saurait le compromettre advantage, car il est
totalement compromise par nature aux'yeux du Viet-
Minh. 11 n'est tenu A d'autre prudence queen de se gar-
der dAs coups rdu part iqui, en aofit 19145, a assassin
'un de ses frbres, le T6NG D6c NG6 DINH KHOI, gou-
verneur de la province du QUANG-NAM.
< Que M. DIEM le veuille ou non, il est accroch6
aux branches d'un dilemme : s'il estimie qu'e la R6-
sistance, c'est--d'ire le Viet-Minh oi LIEN VIET in-
carne ''ide d'in.d6pendance sans ing6renoe chinoise'
0ou russe, alors ,qu'est-il a116 fire A DALAT ? Sa
place lest dans l'autre camp. S'il admet que, dans la
conjoncture actuelle, l'ind6pendance accord6e par la
France est la seeule qui se puisse raisonnablement
concevoir et qui mA6nage l'avenir de, sa patrie avec
le maintien des id6aux gqui lui sont chers, pourquoi
a-t-il repouss6 d'offre de son souverain ? Le moment
est venu oh l'attentismie n'est plus une desertion
mais une complicit.
< A ,quels mobiles A ob6i M. DIEM ? Car, je me re-
fuse A croire ,qu'un home aussi avisA ne se rende
pas compete de, 1'enrjeu de la parties et n'ait pas une
vue rAaliptte du probl6me. Est-ce que la part faite aux
catholiques, iqui ne sont pourtant que deux millions
sur trente, dans la distribution ide portefeuilles qui
a sembll insuffisante ? Cet home, qui n'a pas tou-
jours ,6t6 prudent dans ses options par exempie en
1944, entend-il cette fois n'avancer qu'A coup stir et
se r6server jus;qu'. ce que < l'exp6rience Bao Daia >
ait pris tournure' ?
< C'est probablement dans F'une de ces voies qu'il
faut chercher la veritable raison de son refus. Les
pr6textes don't il a decore celui-ci ne s.ont qu'un
manteau de parade propre, A ili manager une sortie
avantageuse aux yeux des ultras aet une rentrae fu-
ture plus triomphale. >>


Les problkmes 6conomiques

Sous le titre < Trop d'buile en A.E.F. L'Afrique
Noire ne sait plus comment dcouler sa production et
une crise grave menace... > Paris-Presse-L'Intransi-
geant icrit :
< 11 existe, actuellement, un tres serieux probln6me
qui inquiete nos administrateurs de l'Afrique Noire,


et, plus particulier'ement, de 1'Afrique Equatoriale-
Francaise.
< C'est celui de l'huile et des corps gras.
< En effet, tandis gque la France metropolitaine a
importA, de 1'6tranger, pendant tout le premier se-
mestre de I'annee 1949, des quantities importantes
d'huiles et de corps gras, la France d'Outre-Mer, de-
puis pres de trois mois, ne salt, elle, comment Acouler
sa production.
< Les grande companies ont cess6 d'acheter
leurs products ol.agineux aux planteurs indig6nes.
L'activitd6 commercial est done tombee A pen pres 4
zaro dans un certain nomlbre de secteurs de notre
Afrique Noire.
< Depuis trois mois, la tendance s'est brusquement
renversee. Alors que, idepuis 1940, on pouvait con-.
sid6rer qud le march des corps gras 6tait defici-
taire dans le monde en gAneral,- dans la zone
a franc > en particulier, depuis trois mois on vient
de s'ap.ercevoir que ce march 6tait pratiquement
exc6dentaire. Du moins, par rapport aux possibility.
d'achat de la m6tropole et compete, tenu ;de l'impos-
sibilitA devant laquelle nous nous trouvons d'expor-
ter des quantit6s importantes vers l'Atranger.
< Alors qu'hier encore, A tous Ies states du com-
merce, chacun s'efforcait de constituer des stocks,
aujourd'hui, chacun s'efforce, bien au contraire, de,
les ngocier aussi rapidement que possible.
< En bref, il n'est pas excessif d/e pr6tendre qu'il y
a crise dans ce domain.
( Le grduplement d'achat des products ol6agineux
se trouve en face de difficult qu'il ne pourra r&-
soudre. Le volume commercial et << flottant > des
huiles et corps gras, A nogocier avant la fin de P'an-
nae 1949, atteint, actuellement, sept milliards de
francs. Ce n'est pas ce groupement iqui peut suppor-
ter le financement en sto'ckage de telles quantities.
( Aujourd'hui, nos huiles et corps gras coloniaux
sont encore trop cliers. Mais, demain, 'effondrement
du marchA provoquera des repercussions sAr'ieuses.
sur la production agricole .mtropolitaine elle-mi&me
(olive, colza, c.illette, .suifs alimentaires, etc...).
< Un sp6cialiste fort avise de ces questions a dA-
clare : La situation n'est pas d6sespr6Ce, loin de
RA, mais elle est s6rieuse. On aurait le plus grand
tort de ne pas s'applique.r A la r6soudre. >

Le Monde a commence la publication d'une sdrie
d'articles de M. Jacques H. Guerif, consacres au < Rd-
veil du Continent Noir >. Le premier article fait res-
iortir la necessity, pour les Europiens, < d'harmoniser
leurs mithodes et leurs plans en Afrique >.
M. Guirif cite, en example, le probleme des Ewe
am Togo pour prouver l'utiliti des rencontres entire
administrateurs francais et britanniques et les accords
qu'elles entrainent II icrit :
< Les roformes, dkcid6es d'un commun accord par
les autorit6s frangaises et britanniques, -ont 6t6 fa-
voralbiement accueillies par les Ew6 et I'on pent








penser qu'blles satisferont la commission d'enqu6te
*envoy6e sir place, cette ,ann6e, par les Nations
Unies. Nul doute que des problm.es de ce genre se
poseront encore, par Ia suite.
<< Si on ne les arsolvait pas de fagon compara-
ble, -ou bie:n on encouragerait le mnorcellement anar-
chique du continent noir, ou hien on lui prepare.
rait une evolution inco'h6rente. Ce qu'il faut, au con-
traire, ,c'est r6aliser progressivement la co-p6n&-
tration economique des diff6rents territoires et
i'adaptation des syst6mes administratifs aux regions
naturelles de l'Afrique. >


MARCHES COLON:AUX

Marches Coloniaux du Monde consacre un impor-
tant numiro special a I'A.O.F., prdsentd par M. le
Haut-Commissaire Paul Bdchard. M. Robert Delmas,
president de la Commission permanent du Grand
Conseil, y expose le plan dicennal. L'economie desi
diffirents territoires est prisentde par leurs Gouver-
neurs respectifs.

Le Gouverneur Gindral Paul Bichard dcrit :

< Graverment ralentie par Ta guerre dans son dB-
veloppemient, solidaire de la M6tropole, dans l'infor-
tune le &dinuement materiel, I'Afrique Occidentale
Francaise voit, maintenant, son activity 6conomique
se ranimer et progressed .remarquablement.
< La guerre elle-m6me lui .a fourni l'occasion d'e
prendre conscience de ses possibilities naturelles.
< La r:o'uverture des grands courants commer-
ciaux Jui a permis de soutenir an effort d'6quipe-
mnent incessant. Le renouvellement et le perfection-
nement du materiel et de l'oitillage, l'ame6lioratio.n
des moyens de transport et d'6vacuation, ont amen6
une augmentation sensible ,de sa production agricole,
foresti6re et mini6re.
< L'importance -croissante, des investisselments *de
capitaux p ablics .et priv6s dans les grandes entrepri-
ses commercials et industrielles est le signe que
cet effort d'6quipement et de production ne se d6-
mentira pois iet que, dans un proche avenir, l'A.O.F
saura se fire une place enviable dans 1'aconomie
de I'Union Fran-aise et du monde.
< Par les possibilities de son sol eet de son sous-sol,
1'Afrique Occidentale Francaise connait, d6ji, les
proimesses de son aenir ; il appartient aux Francais
qui vivent dans ses territoires, ou iqui sont desireux
d'y entreprendre, de savoir construire, dans F'ordr'e
et le travail, leur destin6e commune A la measure du
monde moderne. >>

M. Laurent Wiltord, gouverneur du Sindgal, expri-
me son solide espoir d'un prompt retour a des condi-
tions presque normales. M. Roland Pid, gouverneur
de la Guinde, met son espoir dans les deux elements
essentiels de base existant dans sa colonies : les ma.
tires premieres et l'dnergie.


M. Laurent Pichoux, gouverneur de la C6te
d'lvoire, entire dans le vif du problrme iconomique :
o Dans l'immndiat, la collect des products res-
tera essentiellement function des prix. Or, les prix
61ev6s, pratiqu6s ces derni6res ann6es, sont en passe
de s'effondrer devant l'abondance de la production
dans le monde et il semble queo notre politique Boo-
nomique dolive etre quelque peu r6vis6e. Le Plan de
Modernisation ides Territoires de la France d'Outre-
Mer demandait que totes les productions soient
d6velopp.es au maximum; or, ce n'est plus la re-
cherche obstin6e de la quantity qu'il convent de
poursuivre : le souci de presenter les products con-
ditionn6s A un prix susceptible de soutenir la con-
currence. ext6rieure devient une condition de vie es-
sentielle.
< Obliger le producteur A presenter un produit
mieux condition an moment mA6me ,of un prix
inf6rieur a celui des derni6res ann6es lui sera offer,
sera, 6videmment, une tiche difficile t r6aliser.
< Comment, .d'autre part, r6duire les prix de re-
vient ? Seule, la m6canisation semble, dans.un temps
limit, permettre d'oibtenir des r6sultats apprecia-
bles. Malheureusement, la m6canisation ne sera pas
possible tout au moins dans les conditions ac-
tuelles pour les principles productions : cafe,
cacao, on sera limit6e A certaines plantations euro-
p6ennes. Done, en dehors de exploitation de la
fort, de l'entretien des bananeraies oji la nm6cani-
sation peut rapidement entrainer une reduction du
prix de revient, la formule -ne jouera pas ou peu.
D'autres measures doivent 6tre prises : abnaissement
des prix de revient des marchandises import6es par
la reduction des marges b6n6ficiaires, des droits de
douane, ; importations massives pour faire jouer
]a concurrence ; am6liorations du rendement de la
main-d'oeuvre creationn d'un centre doe formation
acc6l6r6e pour la formation de sp6cialistes et Rtude
des normes de, travail pour assurer un minimum de
rendement ,de la main-d'oenuvre) ; accroissement de
la production par l'emploi des engrais et de. tech-
niques culturales plus poussi6es.
< Le problem de l'abaissemment des prix de re-
vient, iqui n'est, d'ailleurs, pas particulier h la pro-
duction agricole, mais est g6n6ral dans tous les
secteurs de F'activit6 6conomique, est contrari6 par
T'inflation qui existe, actuellement, en C6te d'Ivoire.
< (Cette inflation est provoaquei par la masse con-
sid6rable d'argent mise entire les mains des produc-
teurs (pr6s ide sept milliards pour la traite de 1948-
11949). Le meilleur .remide est, &videmiment, de met-
tre- une masse suffisante de biens de consommation
A la disposition des producteurs et d'effectuer des
ponctions suffisantes plar l'imp6t. o

M. Albert Mouragues, gouverneur de Haute-
Volta, insisted sur les voies de communication. M. Cd-
dile, Commissaire de la Ripublique au Togo, sur les
amiliorations industrielles. M. Jacques Boissier, gou-
verneur du Dahomey, sur les oldagineux. M. Colom-
bani, gouverneur du Niger, sur les transformations
des methodes de production et I'amdnagement des
colonisations nouvelles.







Pour le Soudan, son gouverneur, M. Lucien Geay,
souligne l'importance de ce territoire comme grenier
de I'A.O.F. et rigulateur de l'economie sinigalaise.

Pour la Mauritanie, M. de Mauduit souhaite la
prospection efficace du sous-sol qui put apporter
des resources vraiment neuves, de mime que la crea-
tion d'un debquche portuaire.

Apris les declarations des gouverneurs de la Fedde-
ration, c'est un tour d'horion tres objectif que nous
offre ce numero de Marches Coloniaux. Les princi-
pales productions et les realisations economiques ont
etd itudiees par des personnalites qui, toutes, ont la
connaissance et l'expirience de ces questions. Les
rdalisations de I'I.R.H.O. ont ete resumees par M.
Mension, directeur du Centre de Documentation de
cet organisme, le r6le de I'Office du Niger par M.
Robin, le Bureau Minier par M. Barthes, le fonds
de soutien du cacao par M. Durand-Reville.

Ensuite sont rapidement examines les problemes
du credit, les changes, les grands travaux et les re-
lations maritimes.
Pour terminer enfin, les questions sociales rassem-
blent des signatures de haute competence, en partii
culier les problimes de sante publique par le mide-
cin-inspecteur general Peltier, et l'Islam en. Afrique
Noire, par M. Gaston Joseph, qui a donned un rac-
courci extremement precis de la situation actuelle de
cette influence spirituelle incontestee.
En resume, un travail extremement interessant et
qui est une base mise a jour de documentation pour
tous ceux qui s'intiressent aux questions de plus eni
plus actuelles de nos changes avec ce continent en
puissance quest l'Afrique Noire.


Sous ce, titre < La France doit jouer un r6le im-
portant a la Commission du Pacifique-Sud >, M.
H.-P. Gaignard ecrit, dans March6s Coloniaux :

Le r6le de la France a la Commission du Pacifique-Sud
< Le choix ,de Noum6a comme sige permanent
de ia Commission permettra, A la Nouve.l'e-Cal6do-
nie, des contacts plus 6troits et plus frequents avec
ses grands voisins du Pacifique, let une participa-
tion directed A la discussion de problbmes internatio-
naux auxquels son sort est li ; c'est l'occasion,
pour elles, de devenir un grand centre intellectual
du Pacifique. C'est aussi le moyen, pour les terri-
toires du Pacifique ider 'Union Frangaise, -de fair
connaitre leurs difficulties, dues, en grande parties .
a leur 6loignement de la France, ,et de fire 6tud'ier
les reimdes qui pourraient y 6tre apport6s.
< Ii faut, enfin, signaler, sur un tout autre plan,.
tout l'int6rt ,que p-orte, aux travaux let au fonction-
nenent de cet organism d'Asseimblke de 1'Union
Frangaise qui semble particulibrement qualifi6e
pour connaitre ce novel organism, puisque, au
double point de vue territorial -et techrique, il
s'argit lA de questions relevant entidrement de sa com-
p6tence. Ce qui n'empeche pas, d'ailleurs, qu',elle
n'ait pas Wt6 consulate, lors de la signature de la
Convention de, Canbe'ra, par le Pr6sident .de la
R1publique et qu'elle n'ait jamais W6t tenue au cou-
rant des travaux de la Commission. C'est pour met-
tre l'accent sur cette grave lacune qu'elle a 6mis, le
22 d6cembre 1948, A l'unanimit6, le voeu de recevoir
tous renseignements sur la Commission du Pacifi-
que-Sud et d'6tre avis6e, d6sormais, du d6roulement
et des r6sultats de son activity. II fauf espirer que
.e Gouviernement prendra en consideration cette de-
mande, pour 4e plus grand profit de la Commission
du Pacifique ausi bien que de l'Union Francaise. >
((< March6s Coloniaux )).


PRESS D'OUTRE-MER


INDOCHINE

Les paroles officielles prononcees a Washington
et Londres faisant l'eloge des accords franco-vietna-
miens ont suscite de longs commentaires dans la
press franCaise et vietnamienne, surtout vietna-
mienne, qui voit en cette approbation des deux gran-
des 'puissances occidentales un motif de fierte. Ainsi
le THANH NIEN ne se retient pas d'ecrire :

Pour un jeune pays comme le Viet-Nam fraiche-
ment apparu parmi les nations du monde, 'accueil
chaleureux d'une grande puissance est un succes a
retenir.
L'AmBrique, par suite des circonstances aetuelles,
s'interesse particulibrement au Viet-Nam. Cette atti-
tude nous laisse voir que pour l'harmonie de leurs


int6r&ts communs, 1'Am6rique et le Viet-Nam iront
ensemble encore loin.
La France, nous le r6p6tons, s'estmontr6e sincere
dans l'application de la solution BAo DAI. La France
de 1949 est < plus raisonnable > que celle de 1948...
Montrons done au monde la vitality puissante et
illimit6e de notre people Prouvons que nous avons
conscience de nos int6r6ts nationaux. Le people
vietnamien d'aujourd'hui, sentant que le monde ap-
prouve la solution BAO DAI, mettra en oeuvre tous
les moyens pour une application int6grale de 1'ac-
cord que cette solution a fait naitre.

Le PHUC HUNG aussi laisse exploser'sa joie en'
meme temps que sa reconnaissance :
C'est la premiere fois dans I'histoire que les U.S.A.
manifestent leur sympathie A 1'lgard du Viet-Nam








.en approuvant la solution BAO DAI et l'accord de
1'Elys6e, esp6rant ainsi le rapide renouement de
.'amiti6 franco-vietnamienne, afin que soit r6tablie
.au plus t6t la paix dans cette parties du Sud-Est asia-
tique. Ils sont d'ailleurs prets A aider le Viet-Nam
A acceder a une situation brillante au point de vue
international.
Nous en sommes satisfaits, car A partir d'aujour-
d'hui notre cher Viet-Nam n'est plus une bande de
terre inconnue ou un territoire oubli6. Au contraire,
il est devenu une nation ind6pendante ayant sa re-
nomm6e et sa dignity sur le plan international...
Grace A qui done aurons-nous obtenu ces avan-
tages ?
D'abord grace a la clairvoyance de 1'Empereur
BAO DAI qui a trouv6 le just chemin, un chemin
d'entente Art de cooperation avec la France et les
autres nations d6mocratiques dans le monde.
S'Rtant soumis A 1'6tranger et ayant 6t6 pris sons
I'impulsion de la d6magogie ideologique, l'oncle Ho
et le front vietminh sont all6s A l'encontre des int6-
rets nationaux du Viet-Nam. Ils out mene le pays
vers une impasse qui lui a fait perdre sa position
international.
La Russie sovi6tique n'a apport6 aucune aide au
Viet-Nam. Tandis que les U.S.A. qui 6prouvaient
pour lui une grande sympathie l'abandonn6rent A
son sort A cause de la presence de Ho et du Viet-
Minh.
Ce n'est qu'aujourd'hui avec S. M. BAO DAI, avec
sa position nationalist et le concours de la France,
que nous voyons en perspective l'image d'un avenir
radieux et plein de promesses.
En rendant hommage A 1'Empereur, nous n'ou-
blions pas que la France, de son c6t6, a tenu sa
parole, a pris sur elle la responsabilit6 de guider le
Viet-Nam dans les premiers pas, qui sont les plus
difficiles, it de aiderr A se hisser sur le plan inter-
national.

De son c6td, LE JOURNAL D'EXTREME-ORIENT, par
la plume de M. Jules HAAG, voit en cette prise de
position da Gouvernement amiricain :
< Un coup droit au Viet-Minh >.Quand .on salt,
.crit Jules HAAG, avec quel soin le Gouvernement
ambricain suit les Ov6nements du Sud-Asie et l'im-
portance qu'il y attache, une telle declaration prend
une valeur international. Des efforts ont Rt6 faits
ailleurs qui n'ont pas obtenu une approbation aussi
formelle. It est remarquable en effet qu'on n'ait pas
eu A recourir ici A une commission des bons offices
et que les choses aient suivi leur course logique, en
d6pit des entraves apportoes par tous ceux qui, en
France ou ici, en Indochine, se sont fait les servants
de 'ideologie communist. Ils ressentiront l'Ochec
que signift e pour eux la promesse de < l'accession
du Viet-Nam a sa place lgitime dans la famille des
nations.
Succ6s, par centre, pour BAO DAI et pour sa poli-
tique sage et habile. 11 recoit sur le plan ext6rieur
des assurances dMjA continues dans les accords du
8 mars et qui se trouvent ainsi sanctionnees et ap-
prouv6es par le Gouvernement des Etats-Unis, seul
veritable garant de la paix mondiale. Succ6s aussi


sur le plan interieur, le Gouvernement des Etats-
Unis s'affirmant convaincu que .< les accords du
8 mars > constitueront la base de la r6alisation pro-
gressive des aspirations 16gitimes du people du Viet-
Nam...
Qu'on p6se chacun de ces mots : ils traduisent la
certitude que ces accords portent bien en eux toutes
les possibilities d'une entente profitable et feconde,
qui sauvegardera la vie politique, la prosp6rit6 fu-
ture et les grands int6r6ts g6enraux du Viet-Nam.
Aussi bien le porte-parole du Gouvernement de
iWashington a-t-il pu dire de BAO DAI qu'il < d6ploie
des efforts sincores pour apporter l'unitB parmi les
6elments vietnamiens v6ritablement nationalists >.
A ceux-ci de fixer les conclusions d'une d6clara-
tion don't il n'est pas besoin de souligner davantage
la valeur.

Certes, sur le plan international, un grand success
a ite acquis mais le principal reste toujours les pri-
.occupations intdrieures du Vietnam. Quelle est la
position actuelle u problIme vietnamien ? M. NGO
NGOC DONG, dans ECHO DtI VIETNAM, en fait V'ex-
pose.
Un seul r6sultat est acquis : c'est la r6alisation de
l'unikt du Viet-Nam.
En ce qui concern notre ind6pendance, la ques-
tion reste entire. Ce sera la tAche du Gouverne-
ment de remain de r6aliser. Celui-citaura en cons6-
quence un double travail A accomplir simultan6-
ment. II aura d'abord A n6gocier le transfer des
competences et A en organiser ensuite l'exercice.
Negocier et administer, telles sont done les deux
grandes preoccupations qui solliciteront A chaque
instant l'activit6 des futurs responsables.
Ainsi pos6, le probl6me de la prise en charge des
attributes de notre souverainet6 se pr6sente dans des
conditions particuli6rement d6licates, car, en de-
hors de la tAche normal d'administrer qui income
A tout Gouvernement, le n6tre en aura une second,
plus ingrate, qui consistera A r6gler avec les auto-
rites franchises les modalites d'application des ac-
cords.
C'est ici qu'apparait la question crucial du choix
des hommes A investor de la mission redoutable de
travailler A tout prix .au succ6s de l'experience BAO
DAI, car il ne s'agit de rien moins que des destinies
du pays. Un Ochec aboutirait A une impasse.
On est ainsi amen6 a se laisser gagner A cette idle
logique que. l'Empereur, ayant commence les nego-
ciations, doit en poursuivre le course jusqu'A complete
aboutissement. Sa grande autorit6 et la sympathie
don't il est entour8 pourront seules reussir 1l of
d'autres personnalites seraient moins heurruses.
Certes, S. M. BAO DAI, en raison de la complexity
de sa tache nouvelle, ne sera plus seulement aide
par le Cabinet imperial, mais encore par des com-
missions techniques d6signses par les D6partements
ministeriels auxquels echerront les competences
transiferbes.. D'ofi la n6cessitO pour 1'Empereur d'as-
,sumer la pr6sidence du future Gouvernement tout en
restant Chef de 1'Etat vietnamien. Les deux fonc-
tions ne nous paraissent pas incompatible, car nous


S 45








ne devons pas oublier que le Viet-Nam se trouve
actuellement dans la situation d'un Etat invert6br&,
et que, dans ce stade de la vie politique nouvelle, il
a besain d'un chef concentrant dans ses mains les
grands pouvoirs, non point pour servir ses ambi-
tions personnelles, mais bien pour r6aliser rapide-
ment 1'ind6pendance national.
Ces lignes avaient etd icrites peu de temps avant
la constitution du ministere BAO DAI. Des que ce
dernier fut rendu public, il fut diversement com-
mentd. Cependant la plupart des journaux ne man-
quent pas de souligner l'equilibre existant entire les!
representants des trois Ky au sein du Gouverne-
ment, et aussi la presence des reprisentants des dif-
ferentes nuances politiques. < Le Gouvernement de
BAO DAI, icrit Pierre GENTAN dans le JOURNAL
D'EXTREME-ORIENT, du fait de sa judicieuse compo-
sition, apparait done apte a fournir l'inorme effort
que l'opinion vietnamienne attend de lui. II lui faut
en effet tout d'abord fixer un ordre d'urgence aux
problemes a risoudre, et la mise sur pied du pro-
gramme gouvernemental, qui doit intervenir a
breve ichiance, montrera les objectifs qu'entendent
atteindre, de prime abord les dirigeants vietnamiens.
Parmi ces objectifs, la definition du statut interna-
tional du nouveau Vietnam, et le transfer des com-
petences concretisant la souverainete interne du nou-
vel Etat, figurent logiquement enr tte de liste. C'est
ce qui explique que le comite d'application des ac-
cords du 8 mars ait dejd vu designer son prisident,i
M. 'NGUYEN PHAN LONG, ministry des Affaires
Etrangeres.
L'actualit6 des mois A venir se concentrera done
en grande parties sur les travaux de ce comite d'ap-
plication et de son alter ego francais.
Toutefois une tAche non moins important attend
le nouveau Gouvernement vietnamien : celle qui
consiste A 6tablir la structure constitutionnelle de
l'Etat. On concoit done que c'est A just titre que
BAO DAI a declare dans sa proclamation, annoncant
au people vietnamien la constitution de son minis-
tere : ( Les mois A venir verront se d6cider le sort
de notre patrie >>.
Est-ce la peine d'assurer que, dang cette periode
vitale pour le Viet-Nam, les difficulties ne lui vien-
dront pas de la France ?


AFRIQUE OCCIDENTALE FRANQAISE

Le problame de la formation de la main-d'ceuvre en A.O.F.
extrait de (( Paris-Dakar >)

Dans une lettre adressde au Prisident du Grand
Conseil pour appuyer la demand de credits neces-
saires a la formation professionnelle acceldree, le
Haut-Commissaire de la Ripublique en A.O.F. icrit
wotamment -:
Quiconque 6tudie la structure des divers secteurs
du march du travail en A.O.F. observe la propor-


tion l6ev6e de manouvres sans 'sp6cialit6 et la fai-
blesse num6rique des travailleurs qualifies. Encore-
est-il bon de noter que, parmi ces maniceuvres, nom-
breux sont ceux qui, salaries saisonniers, quittent
provisoirement leur vie rurale pour aller, A la ville-
ou sur une plantation, gagner pendant quelque
temps un salair6 d'appoint.
Une telle main-d'ceuvre est 6videmment mal
adapt6e, dans son ensemble, nine modernisation
rationnelle de la structure 6conomique du pays.

Une main-d'ceuvre plus qualified connaitra des meil-
leurs salaires.
Il est done indispensable d'envisager les measures
les plus propres A permettre de selectionner cette
main-d',oeuvre et d'ameliorer sa formation profes-
sionnelle. Airsi pourra-t-elle etre a la fois mieux
payee et plus payante. Ainsi sera-t-il possible de
promouvoir son standard de vie et de la mettre en
measure de participer plus activement A l'essor 6co-
nomique de I'Afrique Occidentale.
Au moment ofi des efforts sont faits en vue de
realiser un plan coherent de d6veloppement econo-
mique et social de nos Territoires d'Outre-Mer, un
des probl6mes de base reside, cela n'est pas dou-
teux, dans l'amelioration qualificative de la main-
d'oeuvre destinee a le mettre en ioeuire. Faute d'une
solution effective et rapide de ce probl6me, on peut
meme penser que le plan sera un 6chec partiel dans
son execution. Certes, l'enseignement technique, pro-
fond6ment revise dans son organisation, fournira a
1'A.O.F. le personnel de forte qualification et les
cadres techniques don't elle a besoin.
Mais il faut noter qu'A I'6tage le plus modeste de
cet enseignement, < des centres d'apprentissage >>
formeront en trois ans des travailleurs profession-
nels titulaires du C.A.P., A partir d'adolescents pos-
sAdant le cartificat d'6tudes primaires, sans qu'ait 6t6
pr6vue car elle ne saurait reliever d'un 6tablisse-
ment d'enseignement proprement dit la forma-
tion de l'616ment, pourtant indispensable, comprise
entire le marfoeuvre ordinaire et l'ouvrier qualifi6.
Les besoins sont urgents.
I1 est done n6cessaire de rechercher parall6le-
ment une autre "formule de formation profes-
sionnelle qui soit susceptible de procurer A br6ve
6ch6ance, A 1'6conomie du pays, un nombre impor-
tant de travailleurs, ayant une bonne formation
strictement pratique et exactement dl6imit6e dans
le cadre de la profession, qui se situeront entire les
anciens eI6ves de l'enseignement technique et la
masse des salaries sans sp6cialisation, doni le nom-
bre pourra ,ainsi Wtre progressivement r6duit.
La seule solution de ce probleme, d'une urgence
certain, est une adaptation de la formation profes-
sionnelle acc616rke institute dans la M6tropole A la
structure particulibre de nos marches du travail.
Une telle formation s'adresse, non plus A l'adoles-
-cent titulaire du certificate d'6tudes primaires, mais
au jeune travailleur A partir de 18 ans, qui, choisi
dans la masse, sera reconnu apte, aprbs selection
appropriate, A recevoir cette formation.
Le Ministre de la France d'Outre-Mer vient de
marquer son souci de promouvoir trbs rapidement


46








la formation professionnelle acc6Clre dans nos Ter-
Titoires.

*Une mise au point de la methode est d'abord ndces-
saire.
L'intention du Ministre est de provoquer l'ouver-
ture de centres exp6rimentaux oiu sera mise au point
la technique de cette formation outre-mer, confide
A quelques, sp6cialistes de cette p6dagogie tres par-
ticuliere dlans les branches jugees les plus impor-
tantes et .specialement dans celles du bAtiment.
La C6te d'Ivoire est le territoire oi 1'6tude de la
question est la plus pouss6e en raison de certaines
-circonstances particulifrement favorables.
En liaison 6troite avec la direction du college
technique et divers experts, 1'Inspection du Travail
y a examine le problem avec une suffisante pr6ci-
.sion.

Le financement de cet enseignement.
En proportionnant, compete tenu de l'effectif des
travailleurs salaries, la d6pense a pr6voir dans les
autres territoires A celle envisage pour Abidjan,
qu'il serait prudent de reliever A 2;2 millions car le
chiffre retenu ci-dessus date de janvier 1949, on
pourrait avancer une premiere evaluation des pr6-
visions annuelles de l'ordre de 91 millions pour
1'A.O.F., se r6partissant comme suit :
(millions)
SenBgal et Mauritanie ....'........ 30
,C6te d'Ivoire ...................... 22
Guiniee ............ ............... 13
Soudin .......................... 10
Haute-Volta ...................... 6
Dahomey ........................ 6
N iger ............................ 4
En pratique, des centres experimentaux pour-
raient rtre cr66s en premiere urgence a Dakar, a
*Conakry, a Abidjan, iA Bamako, en second urgence


a Saint-Louis, A Bobo-Dioulasso, A Cotonou, A Nia-
mey.



MADAGASCAR

Revue de la press francaise de Madagascar

Dans l'bebdomadaire L'Avenir de Madagascar,
le docteur Le Garrec ecrit :
Le rapport de la Mission de l'Assembl6e de
1'Union Francaise sur la situation politique, Bcono-
mique et social de Madagascar vient d'etre discut6
A Versailles, dans une atmosphere assez houleuse.
Ses conclusions sont favorables a l'acheminement
rapide de la Grande lie vers le regime d'Etat associ6.
Personne ne s'y est formellement oppose. Le prin-
cipe en parait done acquis du moins pour cette
Assemble.
... Quoi qu'il en soit, l'abandon, par la France, de
sa politique d'assimilation dans les Territoires d'Ou-
tre-Mer en faveur d'une large association n'auto-
rise pas la precipitation dans l'organisation de celle-
ci. Nous devons, ici comme ailleurs, nous montrer
extr6mement prudents dans la recherche des moyens
a mettre en ,oeuvre pour y parvenir. La moindre
hate, donc, la moindre improvisation risquerait
d'etre dangereuse pour la quietude de la Grande lie
a laquelle 1'experience d'une rebellion suffit large-
ment.
... II ne s'agit nullement de reprendre, ici, la tech-
nique p6rimee de la division politique pour conso-
lider la souveraineth de la France A Madagascar,
mais seulement de tenir compete, dans l'int6rit de
tous, des revendications des populations c6tifres
qui sont aussi 16gitimes que celles des habitants des
Hauts Plateaux. Elles repr6sentent trois millions
d'individus sur une population total de quatre mil-
lions d'Rtres et il serait absolument normal, in-
juste, dangereux pour les Malgaches eux-m&mes de
n'en point faire 6tat.


-~-~------










PRESS ETRANGERE



La collection complete des articles de press Atrangere traduits en frangais peut etre consulted & la
Section de la Presse Etrangere (Direction des Affaires Politiques, 27, rue Oudinot, Piece 17, 1" Etage).
Les numnros qui figurent ci-dessous a la suite de l'indication d'origine des articles de press permettent
de-se reporter au texte complete des dits articles.



I. UNION FRANCHISE


A. A.O.F.

Aux terms de l'accord bi-latiral de cooperation
economique, la France doit fournir de l'aluminium
aux Etats-Unis.
Ce facteur, joint a des perspectives raisonnables
de vente facile pour les quelques ann6es A venir, a
incit6 la Soci6tA Frangaise des Bauxites du Midi a
exploiter les resources en aluminium de l'ile de
Kassa, pres de Conakry. Les gisements qui s'y trou-
vent ont 6t6 reconnus susceptibles de fournir
200.000 tonines courts par an, (1. tonne course =
2.0'00 livres (4.53 graammes 6) = 907 kilogrammes
200).
Le travail d'exploitation, qui dolt commencer
l'ann6e prochaine, sera grandement facility par un
6quipement moderne permettant de ne pas ob6rer
les maigres resources en main-d',oeuvre de la Gui-
n6e Francaise. On n'aura besoin que de 300 terras-
siers africains travaillant sous la direction de 20
contremaitres europ6ens et de 10 technicians afri-
cains hautement sp6cialis6s. Le mineral sera broy6,
lav6 et s6ch6. Des cargos sp6cialement construits
A cet effet le transporteront. Pour active le traffic
un port en eau profonde sera creus6 dans le voisi-
nage de la mine. Son principal ouvrage sera une
digue de 1235 yards (214 mitres 79) susceptible de
recevoir des cargos de 12.000 A 15.000 tonnes.
Les bAtiments administratifs et les logements pour
le technicians europ6ens sleront construits sur les
pentes voisines du Mont Kurumandja. Pres de la
mine un village module abritera les travailleurs
africains. Un vaste reservoir situ6 sur le mont Ku-
rumandja lapp.rovisionniera les deux communaut6s
en eau de pluie, et, dans le cas of il ne serait pa;s
suffisant, on aura recours A une distillerie d'eau de
mer. Une central munie de trois g6n6rateurs de
650 chevaux vapeur et de trois g6n6rateurs diesel de
200 CV fournira 1'l1ectricit&. Les moustiques, les
touches tsA-ts6 et les autres insects nuisibles se-
ront combattus au moyen d'aspersions aeriean.es de
D.D.T.

Non loin de Konakry, d'importants gisements fer-
reux ont dtd decouverts il y a trente ans dans la pdnin-
sule de Kaloon.
La Compagnie MiniBre de Conakry, qui d6tient le
control sur les mines, entreprendra' prochainement


de nouveaux tests. Une mission technique est d6ji.
sur place. Des min6ralogistes francais en renom sont
en train de v6rifier les estimations ant6rieures des
resources min6rales de la p6ninsule de Kaloon,
Lorsque les r6sultats des tests en haut-fourneau se-
ront connus, cette mission s'attaquera A la phase
exp6rimentale de l'exploitation. On esp6re qu'A cette
6poque 1'6quipement industrial aura 6t6 expAdi6 par
1'Am6rique. Mais la compagnie minirre ne compete
pas presenter de b6n6fices avant la fin de 1951. II
semble qu'elle offrira un champ d'action aux inves-
tissements priv6s am6ricains.
On compete d6buter avec un rendement annual de
1.200.000 tonnes, augmentant rapidement pour at-
teindre I'objectif de 3 millions de tonnes. Le gise-
ment dur sera exploit& en premier, conform6ment
aux m6thodes mini'res utilis6es par les Britanniques
dans les mines A ciel ouvert come celles-ci. On
fera Aclater le mineral au moyen d'explosifs, puis
on l'enlAvera A l'aide de pelles 6lectriques A la ca-
dence de 500 tonnes courts A l'heure. Des machines
A broyer et A tamiser r6duiront les gros blocs de
mineral en morceaux de moins de 15 centimetres
pour alimenter les hauts fourneaux. Des entrep6ts
seront 6difi6s pour emmagasiner le mineral avant
son transport A Conakry.
Une voie ferr6e A 6quipement complete sera cons-
truite et des wagons A plate-forme de 710 tonnes,
munis de dispositifs de chargement automatique,
seront remorques par des machines diesel jusqu'a
la jet6e nouvellement construite. Un materiel de
chargement automatique chargers des cargos de
1,6.000 tonnes A Ja cadence de 1.,600 tonnes A l'heure,
r6duisant ainsi la dur6e de l'escale A Conakry A
moins de 6 heures. Ce chargement acc616rB attirera
dans le port un plus grand nombre de navires...
L'exploitation de ces vastes resources minerales
se r6velera un bienfait pour la Guin6e Francaise. Ce
territoire profitera des revenues sous forme d'imp6ts,
des salaires et d'un imp6t sur les b6n6fices supplE-
mentaires, mais pas avant 19512., date A laquelle se-
ront percues ces taxes sp6ciales. Cependant, au de-
but de l'ann6e prochaine la Guinde b6n6ficiera indi-
rectement de la construction des cit6s europ6enne
et africaine destinies A h6berger le personnel des
deux entreprises minirres.
On insisted sur le fait que la M6tropole ne r6cla-
mera qu'une faible quantity de mineral. La plus
grande parties sera vendue sur des marches A mon-








naie forte. La Guinee r6duira ainsi le lourd deficit
en dollars de la M6tropole et jouera un role non nd-
.gligeable dans sa restauration financiere.
((( West Africa ), 2 juillet 1949). 4.880

En octobre 1918, just avant l'armistice, un jeune
fantassin francais 6tait trouv6 gisant bless6, pres de
I'extreme aile gauche de l'armee frangaise, par une
ambulance britannique. Les Anglais emmenbrent le
jeune < poilu > A la formation san-itaire avanc6e.
C'talit ]a second folis qu'il 6tait bless&.
Au course de la guerre suivante, aprbs une breve
p6riode passAe come officer d'Etat-Major, le mi-
me home devint un combattant de la Resistance
dans le maquis et aussitSt que la France commenca
a Atre liblr6e, rejoignit A nouveau l'arm6e et fut
cinq fois decore.
Aujourd'hui, Haut-Commissaire de I'A.O.F., I'an-
cien << poilu > vit a Dakar, mais se rend de temps
en temps A Paris. C'est lA que je 1'ai rencontr6 et
que je 1'ai entendu me parler de ses plans et pro-
jets, pour un plus grand d6veloppement d'une r6-
gion qui fait huit fois la superficie de la France.
< ... L'A.O.F. envoie d6jiA soixante-deux repr6sen-
tants parlementaires en France, Africains bien ins-
truits qui meritent cet honneur. Nous y avons aussi
nombre d'etudiants en droit, en sciences et en mB-
decine. Mais je crois fermement que l'Ouest-Africain
devrait pouvoir en grande parties faire son educa-
tion en Afrique Occidentale mmie. C'est pourquoi
nous nous preoccupons de cr6er une Universite A
Dakar.
La tendance mondiale vers la baisse des prix, sur-
tout de curtains products primaires, souleve Avidem-
ment des probilmies pour un pays qui proiduit du
cacao, du coprah, des huiles et du caf6 en grosses
quantities. Mais il s'agit lh de probl6mes qui doivent
4tre resolus et non esquiv6s.
... Je suis fermement convaincu qu'un Administra-
teur ne doit pas passer son temps assis dans son bu-
reau. Au course des douze derniers mois j'ai par-
couru 100.000 kilometres dans 1'A.O.F. en avion et
en voiture avec deux accidents d'avion. Nous
nous sonmmes 6cras6s une fois en territoire britan-
nique et les Anglais se sont montres si hospitaliers.
Je crois qu'il faut une collaboration plus 6troite
entire les Frangais et les Anglais en Afrique Occi-
dentale. J.e suis alley m'entretenir avec les autorites
britanniques A Lagos et A Accra et j'invite les auto-
rites britanniques a Dakar. I1 existe de nombreux
problemes communs aux deux nations et en trouvant
leur solution nous participons A 1'6volution de tous
les peuples de cette region.
Je n'oublie pas comment les Britanniques m'ont
ramass6 sur le champ de bataille et aucun de nous,
dans un pays come dans l'autre, ne devrait jamais
oublier ique nous avons men-6 deux guerres ensem-
ble .
(a West Africa ), 14 mai 1949). 4.748


B. A.E.F.

Sur la carte de l'Afrique, dans l'hinterland de BraZ-
zaville, le nom d'un nouveau village vient d'apparat-
tre h 30 miles environ de la frontikre du Congo beige.


Son histoire est unique.
En 1943, les hommes du maquis qui luttaient et
qui harcelaient les Allemands aux environs de
Troyes entendirent la radio de Londres leur dire :
( Les etoiles brilleront cette nuit >>. Ceci leur indi-
quait qu'un nouveau chef leur serait parachute d'un
avion ang]ais. (Leur premier chef, le Capitaine Mul-
sand, avait 6te arrWte par les Allemands et fusill.).
Du ciel, comme promise, leur arriva le comman-
dant ( Yvan >, un jeune officer Ag6 de 25 ans.
Raplidement le group connu sous lie nom de << Com-
mando M > fut formA dans le d6partement de l'Aube.
< Yvan > et ses hommes du commando devaient
devenir 16gendaires. Des convois allemands entiers
furent d6truits, des d6p6ts sautbrent, des Allemands
furent tu6s. Mais ni lui, ni sa bande ne furent pris.
Ils ont pourchass6 et tu6 le Boche sans piti6. En-
fin la paix arriva. Les hommes retournbrent A leurs
occupations.
Mais ils s'ennuyaient, ils s'ennuyaient profonde-
ment. Petit A petit une idle commenga A se former.
Ils allaient se r6unir A nouveau et travailler ensem-
ble comme ils l'avaient fait pendant la guerre.
Apres de longs ddlais, apres avoir bataill6 avec
la paperasserie administrative et la bureaucratic, le
commando M d'Yvan, quitta l'Aube pour d6barquer
en Afrique Francaise. On se procura des bulldozers.
Dans une region infest6e de mouches ts6-ts6, de ser-
pents et autres flaux, ils combattaient A nouveau
pour la France.
Le r6sultat est devenu maintenant quelque chose
d'officiel : il s'appelle Aubeville, compete trente mai-
sons termin6es (toutes 6clair6es A 1'l6ectricit6) alors
qu'un h6pital et une cole sont en course de conls-
truction.
Tout pres se trouve le lotissement indigene (dot6
aussi de la lumibre blectrique) qui a 6t6 baptism
M'Ville et don't le chef est un ancien sergent in-
digene.
Des infirmibres au courage 6prouv6 ont accom-
pagne le commando d'Yvan et Aubeville vient d'en-
registrer sa premiere naissance.
Et il n'y a que deux ans seulement que le convoi
du commando a quitt6 Troyes pour la conqu&te
de 1'Afrique Lorsqu'ils arriv6rent les sceptiques
leur en donnaient pour six mois.
Mais la terre autour d'Aubeville, convenablement
travaill6e, a procure des r6coiltes 'qui se vendent
jusqu'A Brazzaville.
Le group original du commando atteint mainte-
nant le chiffre de 80. I1 control davantage de terres.
II fait tAche d'huile.
Chaque mois les membres se reunissent en Conseil
general. Chacun d'eux peut formuler ses suggestions,
ses critiques ou ses plans.
Il y a six ans, la B.B.C. leur disait en code : a Les
ttoiles brilleront cette nuit >.
I1 est fantastique que les etoiles brillent mainte-
nant sur le meme group d'hommes, mais dans un
ciel d'Afrique Equatoriale qui continent A lut-
ter bien que pacifiquement pour 1'honneur de
la France.
(c West Afrioa ,, 28 mai 1949). 4.781








II. PROBUNES GINCRAUX


A. LE MOIS COLONIAL

Un sondage de l'opinion publique de Grande-Breta-
gne effectud l'jte dernier revela une ignorance si gend-
rale et si profonde des colonies britanniques qu'il fut
decide d'intensifier l'action des services d'information
du Colonial Office et d'attaquer l'indifference publi-
que avec vigueur.
C'est a cette preoccupation que correspond < le
Mois Colonial > inaugure par le Roi le 21 juin.
L'exposition de << Marble Arch > d6bute en sou-
mettant le visiteur A la temperature et A l'oppression
d'une fort ouest-africaine. C'est 1A une excellent
facon de le tirer de sa torpeur pour lui faire appr6-
cier quelques-unes des difficulties de la vie en Afri-
que. Mais il n'est pas indispensable de brosser un
tableau trop m6lodramatique de la nature du pays ;
et les portraits pittoresques des guerriers des tribes
rev6tus de leurs parures traditionnelles pourraient
donner une impression fausse des millions de cul-
tivateurs et bergers paisibles qui constituent la
grande majority des populations coloniales.
Heureusement on pent encore y trouver beaucoup
plus d'informations s6rieuses sur les tAches civili-
satrices multiples que la Grande-Bretagne pursuit
dans ses d6pendances. On y trouve de plus une au-
tre source de renseignements a sa port6e chez les
nombreux individus qui viennent des Colonies, etu-
diants et visiteurs, que I'on peut rencontrer en
Grande-Bretagne.
Dans son adresse. radiodiffus6e d'hier, le Roi a
fait F61oge des Soci6t6s et des personnel priv6es
qui ont manifest < leur bont6 et leur hospitality A
l'6gard de nos h6tes coloniaux >>.
Si nous 6tions plus nombreux a pouvoir offrir une
hospitality de cet ordre, peut-6tre grice iA des orga-
nismes tels que la < Victoria League > nous pour-
rions mieux p6nitrer la vie et les vues de ces cama-
rades membres du Commonwealth ; et, r6ciproque..
ment nous .devrions dinner A inos visiteurs unfe con-
naissance Blargie des moeurs et coutumes des insu-
laires britanniques.
(( The Manchester Guardian ), 22 Juin 1949). 4.845


II n'y a pas de doute, note Spectator, qu'd cer-
tains points de vue, I'exposition n'exerce aucune in-
fluence.
Rien dans I'exposition n'explique au public non
inform& pourquoi il y a eu des troubles en Gold
Coast ou pourquoi il y a guerre en Malaisie. I1 est
certes vrai que ce ne sont pas 1A des questions qui
se pr6tent A une analyse par des m6thodes visuelles
qu'une exposition peut utiliser. Le changement qui
se produit dans l'esprit d'un Africain par example,
ne peut ftre 6pingl6 a un mur et 6tiquet6, bien qu'un
bon film documentaire puisse essayer de l'expliquer.
Mais si nous d6sirons que le public apprenne a pren-
dre un interet plus intelligent aux Colonies, il faut


lui enseigner que Chypre produit ( Enosis > aussi
bien que l'huile d'olive et que la nouvelle colonisa-
tion d'Afrique Occidentale cause a l'administration
des maux de tate aussi frequents que le Swollen-
shoot.
Peut-&tre n'y a-t-il aucune chance d'apprendre at
people ce que sont les Colonies. Un public bien, in-
form6 est une i'de agr6able, mais nous n'avons pas
ce public, et il n'est pas probable que nous l'obte-
nions. Si le Chancelier de 1'Echiquier ne peut pas
persuader a la population qu'une paix sup6rieure
n'entraine pas automatiquement une richesse plus
grande, le Secr6taire d'Etat aux Colonies n'est pas
sur le point d'avoir plus de succes en leur ensei-
gnant que le cuivre vient de Rhod6sie et les clous de
girofle de Zanzibar. Est-ce que cela imported r6elle-
ment, qu'ils pensent que le cuivre vient de Zanzibar
et les clous de girofle de Rhod6sie ? Evidemment
cela n'a aucune importance. Au contraire si, par
example, I'opinion g6n6rale pensait que la popula-
tion du Tanganyika n'existe que pour cultiver des
arachides, et que les arachides ne poussent que pour
&tre transform6es en margarine, les consequences en
seraient graves, a la fois pour ce pays et pour le
Tanganyika. L'exposition contribute a replacer ce
programme qui a recu une grande publicity, dans
son cadre normal en r6sumant ses objectifs d'une
facon qui surprendrait probablement beaucoup de
ceux qui le liraient : < Le but du programme des
arachides est de nettoyer des centaines de milliers
de miles carr6s infests de mouches ts6-ts6, em-
ployer un grand nombre d'Africains dans de bonnes
conditions, introduire des m6thodes scientifiques de
culture, apporter des revenues h 1'Afrique Orientale,
fournir une contribution valuable A 1'approvisionne-
ment mondial en huile .de table >. .A cote de ce texte
se trouve un 6talage mural ofi quelques branches
d'arachides 6tendent des ramifications vers une
vingtaine de d6riv6s parmi lesquels la margarine
prend place avec des marchandises peu connues
comme le substitute du liege, le plastique et la dyna-
mite.

La raison pour laquelle il faut faire naitre de l'inte-
ret pour les colonies est que < le corps electoral en a
la responsabilit >.
II n'est nullement impossible que les affaires co-
loniales deviennent dans quelques ann6es, une ques-
tion important aux elections. L'argent des Blec-
teurs est pomp6 vers les Colonies par le << Colonial
Development Fund >> et 1' ( Overseas food corpo-
ration >>, et t6t on tard une compensation sera re-
,cherch6e. Que cette compensation soit represent6e
sous la forme simpliste de quelques onces de ma-
tibres grasses de plus dans la ration hebdomadaire,
ou qu'il en r6sulte quelque forme de lien politique
durable unissant les peuples coloniaux aux Domi-
nions dans le cadre du Commonwealth 6tendu, d6-
pend finalement des connaissances que le people
aura de ces questions et de I'interit qu'il leur por-
tera, connaissances et int6ert qui lui permettront de
se former une opinion.
(a The Spectator >), 24 Juin 1949). 4.85w









Le < Mois Colonial > remplira sans doute son but
en inculquant a une parties du people anglais une con-
naissance plus ample des territoires qui dependent du
Commonwealth.'

Mais l'acquisition d'une attitude correct d'esprit
A 1'6gard des Colonies et de leurs habitants est une
affaire bien plus important que toute autre. Evitant
d'insister sur la d6pendance, c'est sur la commu-
naut6 de participation au Commonwealth qu'il y a
lieu d'appayer. On n'en doute jamais lorsqu'il s'agit
des Dominions. II doit en 6tre de-meme pour ce qui
est des Colonies. Chaque territoire possede 6videm-
mnent ses probl6mes propres et sa propre individua-
lit&. Certain' ont atteint un degr6 d'6volution poli-
tique plus l6ev6 que d'autres. Dans certain Fins-
truction a 6t6 suffisamment d6velopp6e pour per-
mettre des r6alisations propres et un d6sir conse-
quent, parfois pr6matur6, d'obtenir une large part
de gouvernement autonome. Cette p6riode de tran-
sition present toujours plus de difficulties que les
autres. Mais il y a des difficulties qui seront ss6rieu-
sement atlenubes si le niveau moyen d'6ducatiou du
citoyen de la Colonie trouve dans la presence des
concitoyens blancs, avec qui il pent rtre en contact
dans son propre pays ou dans le leur, une sympa-
thie natu:elle, une comprehension et une absence
naturelle de toute tendance A la domination ou A la
condescendance. Dans la citoyennet6 du Common-
wealth la couleur ne devrait pas avoir plus d'im-
portance que la foi, et dans ce pays nous serions
trop obtus pour 6tre pardonn6s si nous ne nous ren-
dions pas compete combien nos conceptions peuvent
&tre r6pandues par le contact et la discussion avec
des homnies qui vivent des vies diff6rentes sous des
cieux diff6rents et sur des rivages difftrents des
n8tres. I1 est possible que < le mois colonial > n'ait
qu'une influence tres faible dans la mise en valeur
d'un tel 6ichange de pens6e et d'experience, mais il
urnait ecl]-oune lamentabblement dans son desselin s'il
ne r6ussissait pas a inculquer la leoon d'une fagon
indirecte.
(a Spectator ), 24 Juin 1949). 4.851


Le Daily Worker public le compete rendu que faith
de sa visi!e a l'exposition de < Marble Arch > un Ni-
gerien qui travaille actuellement en Angleterre.

J'avais entendu dire que le theme central de l'ex-
position ktait le ProgrBs colonial c'est lt. un ph6-
-nomnne que je n'ai jamais vu dans ma patrie -
aussi 6tais-je curieux de voir ce que cela pouvait
signifier pour d'autres parties de l'Afrique. On p6-
netre dans l'exposition par un hall sombre, rempli
d'arbres At de bruits assourdissants.
Cela ,es t suppose, repre6senter << la tres sombre Afri-
que > la jungle profonde d'ofi je viens mais
je dois dire que cela ressemblait davantage a un
spectacle de vacancies appele << le Train fantome >
sur.lequel j'allai une fois au bord de la mer, qu' A
n'importe quelle jungle que j'aie jamais vue.
AprBs ]a jungle, nous trouvAmes le premier signed
,du progris une mason pr6fabri'qu6e, brillam-
ment illumine, 6tiquet6e < -Un Paysage de la Nou-


velle Afrique >. Je n'en ai jamais vue en Afrique,
cela doit 6tre r6ellement nouveau...
L'exposition colonial ne pr6sente aucune expli-
cation du fait que la fortune de 1'Afrique est drain6e
hors de ce territoire par les grands monopoles alors
que les travailleurs africains sont trop pauvres pour
s'instruire ou vivre ce que vous, en Grande-Bretagne,
appelleriez simplement une vie civilis6e.
.Le seul signe de civilisation que je trouvai en fait,
fut la collection tres int6ressante de peintures et de
sculptures sur bois. Mais oes arts, ont .videmanment
v6cu depuis des centaines d'annees et il tne parait
pas que la domination colonial ait grand rapport
avec eux.

Comment est gouvernee l'Afrique ?
Sur ce point ce ,que cettte exposition nous a offert
est un diagramme tres compliqu6 repr6sentant un
arbre, avec le Gouverhement venant de Whitehall,
et passant, par les gouverneurs coloniaux, aux chefs
indigenes.
Cela est plut6t difficile a suivre, mais il est clair
que le pouvoir vient d'en haut.
On aurait pu mettre en evidence, cependant, si
l'on nous avait expos la realite, qu'au Kenya par
example, 4 Africains sont < nommes > a l'Assembl6e
pour repr6senter 4 millions d'individus, 2 Asiatiques
pour en representer 800.0090 et 44 repr6sentants sont
l6us au suffrage universal par 24.000' Europ6ens.
On aurait pu nous montrer 6galement qu'en Nige-
ria, oft le gouverneur possede un droit absolu de
veto, 3 repr6sentants sont Blus directement sur une
Assemble de 42 membres, les autres 6tant, soient
nomm6s directemoent par le gouverneur, soient l6us
indirectement par les chefs.

Cette exposition << n'ira pas dans les colonies >, elle
est destinee au people britannique
pour endormir sa conscience, en lui disant
< Nous vinmes dans cette jungle pleine de choses.
assourdissantes et trouvAmes le people colonial.
Nous lui construisimes des maisons merveilleuses et
lui offrimes du travail. Il commenca alors A exe-
cuter de belles sculptures. Nous ne voulions pas y
aller mais nous le devions, et depuis, nous avons
lutt6 contre les maladies et d6pens6 de l'argent et
quand cela sera possible, nous 6duquerons ces peu-
ples arri6r6s de la jungle pour leur permettre de so
gouverner eux-mmmes. Mais cela prendra quelque
temps >.
Si cent ans ont 6t6 n6cessaires a la Nigeria par
example et la Nigeria est < en advance > sur les
autres Colonies pour fournir un seul docteur
pour chaque group de 136.0010 personnel, et pour
instruire -666.000 enfants sur 8 millions, .quel laps de
temps demandera l'achevement de la lutte contre la
maladie et l'ignorance ? Mais la v6rit6, c'est que ces
conditions existent non parce que ( le temps a man-
que >> mais parce que 1'Empire prospere grAce jus-
tement A ces conditions. L'Empire signifie 1'obten-
tion de superbes b6n6fices grAce A un travail des
populations indigenes miserablement r6muneroes
qui leur permit A peine de vivre.


g *5 i









Nous Africains, desirons mettre un terme A la
domination de 1'imp6rialisme britannique, non
parce que nous sommes impatients de la lente ca-
dence du progres, mais parce que nous savons que
I'Empire ne constitute pas la vote vers le progres.
Et nous savons que si le people britannique se
rendait compete combien notre sort est difficile et
amer, il nous apporterait le .mme soutien dans
notre combat pour la liberty qu'il le fit pour les ma-
rins canadiens.
(a Daily Worker ), 29 Juin). 4,867


B. LE QUATRItME POINT

Les travaux effectuds par les Nations Unies a la
demand des Etats-Unis en .vue de rendre effectif le
46 Point mettent disormais en lumidre la nature
exacte du Plan du Prdsident Truman.
Au d6but bien des gens avaient cru qu'il s'agis-
sail d'un plan tendant A d&verser des capitaux ame-
ricains dans des regions insuffisamment d6veloppaes
afin .de les industrialiser presque .du jour au lende-
main. Un t,61 programme aurait 6t .dangereux aussi
bien pour les capitaux ,am6ricains ique pour les rb-
gions arri6rbes. Les investissements auraient 6tl
effects sur une base pr6cair;e et les nations aidees
auraient couru le risque de subir 'tous les maux de
l'impnrialisme financier du xix" siecli e. L'Europe Oc-
cidentale et les Etats-Unis ont r6clam6 de nombreu-
ses decades pour se transformer die communautns
Qigricoles en communautls industrielles. Cette Bvo-
lution n'a pas uniquement consists A constituer un
capital ; elle a Agalemeat demand un apprentissage
dies m6thoides mecaniques, 1'extension de la sphere
de 'enseignement primaire, la formation d'experts,
Dans un grand nombre des regions arrirees du
monde actuel on ne peut pas fire ,grand chose sans
rBaliser au prealable les progres danms le domaine
die i'hygiine et de la nutrition. En attendant, la pro-
ductivitA peut &tre conisid6raiblement accrue par de
simples moyens crees a l'aide des resources indi-
genes. Nous pouvouns hAter ce processes en expor-
tant < la technique s et c'est dans ce but que les
Nations Unies proposent le modest credit d'environ
86 millions de dollars pendant les deux premieres
anndes. Les organisms sp.ciialiss peuvent apporter
un concourse appreciable dans le domain ide l'agri-
culture, de l'utilisation de i'eau, de la santA et de
R'hygiene, de la main-d'oeuvre, des transports let de
la planlification de base. Les capitaux strangers
pourront suivre, lorsque l'occasion se presentera mais
ils ne devraient jamais Biclipser les investissements
,domestiques effectuds par les nations en course de
developpemeant lelles-nmemes.
(a The Nation )),11 Juin 1949). 4.877


Quant a la rdpartition de l'aide envisage,
On please que l'Amrique Latine recevra la plus
large part de cette assistance, suivie par 1'Asie et
l'Extriine-Orient ; ,ensuiteviendront .l'Afrique et le
Proche-Orient avec 1'Europe et ses d6pendances en
I


has de listed. Chaque -pays relevant de 'aide devra.
assurer lui-m6me une proportion important! du coit
de revient. II existed beaucoup d'agences pabliques
et privAes amAricaines ou intienationales qui out ac-
quis de l'expiriencei dans l'apport d'un < savoir-
faire > de celtte nature.
C'est la raison pour laquelle le PrAsident demand
qu'on le laisse lilbre de d61i6guer administration du
programme aux fonctionnaires gouvernementaux
qu'il jugera dignes plut6t qu', unle agence sp6ciale
crB6e A cet effect.

L'aide technique preparera le terrain a des investis-
sements productifs qui viendront principalement de
sources privees.
Le D&partement d'Etat dsirait un fonds special
destin,6 A garanitir ces sorts d'inviestissement, mais
le Tresor pensa que son existence rendrait plus dif-
ficile Ja nAgociation des accords d'investissement
avec les pays participants, iqui constituent tine part
integrante du plan. C'est pounquoi M. Truman a
demand que la Banque < Export-fmport < qui dis-
pose die pris d'un milliard de Ponds non attribuAs
soit autonisCe A garantir le capital priv6 ambricain
invest A i'Atranger dans des entreprises iqui con-
tribuent au developpement iconomique de territoi-
res arri6ers, icontre les risques particuliers A ces
investissements principalement 'linconvertibilit&
des monnaies, l'expropiriation, et lies dommages de
guerre. II faut commencer par experimenter ces ga-
ranties, et il peut se revAler n6cessaire de trouver
quelque chose de plus hard ;que les im6thodes lentes
et prudentes suivies par la Banique, conform6ment
aux principles de base de la Finance, Iorsqu'elle s'oc-
cupait de demands trAs orthodoxes iqui lui Atalent
adressAes dans le pass. M. Truman a reconnu que
des moyens nouveaux pourraient ,tre nbcessaires si
l'investissement privA devait mener A Ibien les ob-
jectifs du quatrit me point.

On parlera beaucoup au Congras de la menace pri-
sentee par aes garanties a I'dgard de la liberty d'en.
treprise.
"C'est lA la parties la plus controv'ersee du pro-
gramme, mais la present requAte ne constitute que
la premiere Fraction de ce que M. Truman appelle
< une aveniturel audacieuse *qui lance des ramifica-
tions loin dans F'avenir. > Avec son esprit fatigue et
r ticent, le Congres ne parait pas enclin a exploiter
une route de cette nature, mAme ialors que le coit
initial est faible. C'est pourquoi o l'"tude n'en sera
pas faite sArieusement avant l'annAe prochaine. ,
(a The Economist 2 Juillet 1949). 4.876

... < Le programmp d'entr'aide, Acrit le Journal de
Genve, devralit se d lrouler en deux phases princi-
pales : une phase id'tude preliminaire, une phase
d'investissements. Cependant, avant d'investir des
capitaux officials on prives dans les territoires << ar-
riBres >, il convent de prendre, certaines garanties.
Des accords bilat6raux sont n6cessaires, d'une part
pour offrir aux prAteurs 'certaines garanties centre
lles pr6tentions Aventuelles .des gouvernements se-
courus..., d'autre part pour proteger l'ind6pendance







des dits governments a l'Bgard de ces priteurs de
tell fiacon lue l'ai'de 6conomiique nme se transform
pas en une main-mise politoique.
... < Les territoires ditss arri6r&s ne possbdent an
fond qu'une tres faible capacity d'absorption de
capitaux d'investissement. Mimee si leurs besoins
techniques iet financiers sont tres grands, leur d6ve-
loppement est avant tout function de leur volont6
propre et dde leur cnergie. L'apport de .capitaux pri-
vbs est indiqu6 quaund il s'agit de stimuler la'pro-
duction de anatieres premieres ou de denrbes alimen-
taires. En revanche les travaux d'utilitA publique...
reposent sur une aide gouvernemeintale qui, par la
force des hoses, incomberait prinicipalement aux
Etats-Unis...
(c Le Journal de Genive n, 4 Juillet 1949.


...>> II est rermarquable, 4crit Bertrand de Jouve-
nel dans la Gazette de Lausanne, que la dBclaration
,du Prsideent Truman, ait subi une eprtaline transfor-
mation dans les esprits. Die quelque maniere qu'on
la retourne, on n'y voit aucune prormesse que le
tGouvernement ambricain intervienne financierem.ent
pour mettre en valeaur les regions arriTeres : il est
dit simplerient ique le savoir et le savoir-faire ame-
ricains doivent itre rendus disponilbles et que les
investissemients doiveint etre stimul6s, encourages.
II ne faut done 4prouver aucune surprise que ila
communicallion an Congres sur ce point ne pr6voie
que les credits tres modestes n6cessaires A la pre-
miere tche... Le Pr6sident Truman a pr6sent6 com-
me un programme audacileux et nouveau quelque
chose qui nl'est ni audacieux ni nouveau qui devait
se ifaire no rmalement et iqui ne se, fait pas... Ce n'est


pas une invention du xx sibcle, c'est ce qui s'est
fait counamment ?au course du xIx" saicle et qui mal-
heureausement ne se fait plus ou se Ifait tres mddio-
crement... En 119106, 'Anigleterrie mettait au service
,des economies etran,geres non moinis de 7 % de0 son
nevenu nationall. selon le rapport Ide la Banque des
Reglements Iunternati6niaux, P'ai'de Marshall repr6-
sente '2,1 du revenue national am'rnicain...
On se propose aujourd'hui de emettre la balance
des paiements euroipiedns en B'quilibrie en,1952, ce
qui implique l'iqui'libre de la balance dies paiements
americains. Et on ne fait entrer dians iees icalculs ide
,ces balances que les pro-duits et services. Si c'est
ainsi que l',6quilibre esit concu, il imported de dire
ou bien, 1i ine peut &tre atteint, on bien, il ne peut
1'Ttre qu'au prix d'unle discrimination rigoureuse du
reste du monde centre les products et services am6-
ricains.
Ceux-ci sont distribu6s dans le monde au rythme
de 17 milliards de dollars, en ,exc6dent de plus de
6 milliards sur les piroduits et services recus par
les Etats-Unis. Ii n'est nullement probable uec ces
derniers molntent A 17 milliards : faut-Ail doinc sonu-
haiter que les products ,et services fournis par les
Etats-Unis a l'tranger tomibent a mettons 12 mil-
liards si P'on veut esp6rner cette amelioration sur
1948 ? Si cette compression n'est pas opi'ree, il fau-
dra ique le contribuiable americain continue A 1'Eu-
rope un appui don't il sera dBgofit&. Oui, mais cela
n'est vrai que parce que le flux dies caplitaux prives
in'est pas ce ,qu'il devrait &tre. Sur le, pied de la con-
tribution anglaise d'il y a 40 ans, c'.est de l'ordre de
15 milliards par an que devraient tre lies investis-
sements exterieurs americains : or ils sont de moins
de un *milliard.
((( Gazette de Lausanne ), 12 Juillet 1949).


III. EMPIRE HOLLANDAISE


INDONESIE


Parmi les probl6mes qui se posent aux hommes
d'Etat du monde non-communiste, il n'en" est pas de
plus important que celui qui consist a rendre la
stability et la s6curit6 au Sud-Est de 1'Asie, region
don't l'Indonesie repr6sente le plus vaste 616ment,
aussi bien par la superficie que par la population.
A l'Ouest, ce territoire envelope presque la Ma-
laisie don't le s6parent d'6troits bras de mer ; au
Nord-Ouest, il jouxte les Philippines qui sont encore
sous la protection des Etats-Unis et qui constituent
la principle base de la puissance am6ricaine dans
le Pacifique occidental; an Sud-Est, il est de tous
les pays asiatiques celui qui s'approche le plus pres
des territoires septentrionaux de 1'Australie. Son
marasme actuel touche done de pres les Etats-Unis,
la Grande-Bretagne et les membres du Common-
wealth riverains du Pacifique tout autant que les
Pays-Bas. En outre il pr6sente un grand int6r6t po-
litique pour deux puissances qui ne sont pas ses
voisines irnmediates, A savoir l'Union Sovi6tique,
pour lexcellente possibility qu'il offre d' < attaquer


le capitalism a revers >>, et 1'Inde parce qu'il cons-
titue une sphere oft ce pays pourrait exercer a son
tour la direction du nationalism asiatique A la-
quelle il aspire. Enfin, le litige indonesien a fait
I'objet de resolutions et de tentatives de conciliation
du Conseil de iS6curit6 et il int6resse done officielle-
ment le monde entier :
Les nations occidentales qui ont essay d'arrtter
les measures de << police >> hollandaises et au pre-
mier rang de celles-ci se trouvent les Etats-Unis -
ont agi en accord avec des principles lib6raux
qu'elles ne se contentent pas de professor mais
qu'elles ont appliques A leurs anciennes d6pendan-
ces, les AmBricains aux Philippines et les Britanni-
ques dans 1'Inde et en Birmanie ; elles ont 6tW pous-
sees 6galement par la crainte des consequences pos-
sibles d'une situation dans laquelle 1'Europe pour-
rait se trouver en butte A l'hostilit6 non seulement
de la puissance sovi6tique mais encore de touted
l'Asie. Les nations asiatiques ind6pendantes, sons
i'impulsion ,de l'Inde, ont ,t6 animnes pour la cause
indonimsienne d'une vive symipathie nourrie par les
souvenirs r6cents de leurs propres luttes pour P'man-







cipation. Enfin, 1'Union. Sovitique et les autres Etats
communistes qui ont pris position .contre les Hollan-
dais ont olbei aux principles ,et sentiments propres
a 1eur idbologie, mais -dans, e but primordial .d'uti-
liser la ao volte colonial comime une arme centre
i'Occident ; is n'ont pas souhaite par cons;6quent un
raglement d.u compromise susceptible ,de mettre fin
aux hostilit6s. et de ifaire renaitre la prosp'6rit -de
,oette r6gion...
II est de l'int6ret des Hollandais de s'entendre
rapidement avec le Gouvernement de Soekarno et
d'Hatta parce que ce Gouvernement, bien qu'il ait
*eu son origin dans la collaboration pro-japonaise,
repr6sente la direction effective momentanee du
movement nationalist et que la seule alternative
SP'heure actuelle, dans le cas of il serait 6limin6
ou amen6 A accepter des conditions humiliantes, so-
rait une direction communist. Ce Gouvernement a
deja montr6 sa disposition et son aptitude A Acraser
la r6volte communist et il a le m6rite d'etre dB-
nonc6 par les organes de la propaganda commu-
niste international. Les Hollandais devraient se
rendre compete qu'ils ne peuvent plus, comme avant
1941, gouverner l'Indon6sie avec une poignee de
soldats contre la volont6 .de cette classes instruite
qu'ont cr6ee leurs Acoles et universities et que les
hommes de paille qu'ils pourraient 6tablir ne se-
raient pas en measure de les aider si leur propre
force n'6tait pas suffisante.
Au point of en sont les choses, les Hollandais
en sont maintenant arrives A un stade of ils sem-
blent plus prets qu'auparavant A faire les conces-
sions indispensables A une entente avec les leaders
indonesiens. Ils ont admis que le Gouvernement r6-
publicain retourne A Jogjakarta et, apres P1'vacua-
tion de la capital, il ne sera guere possible politi-
quement d'entreprendre une troisieme e action de
police > dans le cas ofi les n6gociations seraient de
nouveau rompues. L'Etat-Mdjor r6publicain, d'au-
tre part, ,semblent 6galement d'humeur plus conci-
liante que pr6c6demment, car il a paru assez claire-
ment qu'une prolongation des hostilities ne pour-
rait que ravager le pays et transf6rer le pouvoir du
c6t6 r6publicain aux mains des communists. I1 y a
lieu d'esp6rer que cette fois-ci tout au moins, les
nagociateurs auront la volont6 de s'entendre. Les
yeux du monde seront braqu6s sur la Conference
de la Table Ronde qui aura lieu prochainement a
La Haye. I1 est A redouter qu'une intervention exte-
rieure ne soit.inoperante ; mais il sera bon de con-
vaincre amicalement les deux parties de l'inter&t
primordial qu'ont tous les individus d6sirant un


monde pacifique A voir naitre une Indon6sie libre
sans prejudice des lgitimes int6nrts des Pays-Bas
dans une region of P'entreprise et administration
hollandaises ont accompli la grande !oeuvre histo-
rique consistent A cr6er un Etat avec les nombreux
royaumes et clans 6parpillBs autrefois de Sumatra
jusqu'a la Nouvelle-Guinee.
(a The Economist ), 18 Juin 1949). 4.841


Les Indon6siens pourront c6Clbrer le quatrieme
anniversaire de la formation de la R6publique Indo-
Snsienne dans leur capital de Jogjakarta. Les trou-
'pes hollandaises qui avaient occupy la ville en
d6cembre dernier au moment de < l'operation de
police > hollandaise seront retirees la semaine pro-
chaine. L'administration civil sera remise aux RB-
publicains et la Residence sera de nouveau occupee
par le Sultan de Jogjakarta, don't intelligence et la
bonne volonte ont fait beaucoup pour aboutir an
succs de 1'6vacuation. II va prescrire un couvre-
feu de 24 heures tandis que les guerillas loyales et
la police r6publicaine front leur entree dans la
ville. I1 semble maintenant probable que le Premier
Ministre Hatta b6neficiera de 1'appui de tous les
parties pour la mise en vigueur de l'accord Roem-
Van Royen.
II en est encore qui maintiennent qu'on ne peut
jamais faire confiance aux Hollandais et que leur
attitude conciliante actuelle n'est rien d'autre qu'une
manoeuvre politique. Le Dr Sjahrir a r6serv6 son
opinion sur la question ; il- est cependant improbable
que lui et le Parti socialist, don't il est Je chef, se
servent de leurs doutes pour en faire un procs.
La prochaine tape des relations entire les Hol-
landais et la R6publique est la Conf6rence de la
Table Ronde qui doit se r6unir le 1o"' aofit a La Haye
pour fixer le transfer du pouvoir A une Indon6sie
ind6pendante et souveraine.
La semaine derniore A Batavia les deux interlo-
cuteurs se sont rencontres sous les auspices de 1
Commission des Nations Unies pour l'Indon6sie
pour discuter de 1'ordre du jour de cette conference,
qui, admettent-ils, devrait en terminer en deux mois.
Le President australien de cette commission,
M. T. K. Critshlry, a parl6 d'un ton optimist des
chances de succ6s de la Conference et d'un prompt
rAglement de la querelle indonesienne.
(a The New Statesman and Nation 2 Juillet 1949). 4.864-


IV. LIBERIA


C'est peut-etre de Monrovia, note Andri Falk dans
la Gazette de Lausanne, que l'or discerne le mieux
I'effort amdricain sur le continent noir.

Fond6e en 1820 par d'anciens esclaves avec P'aide
du Congres d6sireux de montrer son anti-colonia-
lisme, la petite Republique noire vit reconnaitre sa
pleine ind6pendance en 18,47...


Pendant ce siecle, le regime fut ce qu'il y a de-
plus f6odal... En fait, on y trouve 1'6ternel rapport
du fort au faible plut6t qu'une demonstration d'une
incapacity du Noir A se gouverner soi-meme... Une
dizaine de families occupent tous les hauts postes
et une < machine > A l'americaine, le True Whig
Party ( fait > les Blections dans le style de Tam-
many Hall... Dans les annees < 20 >, la Firestone Cy







,se tailla, dans un fief conc6d6 pour 99 ans, un
royaume du caoutchouc qui constitute un Etat dans
1'Etat et n'apporta pas le moindre remede au ni-
veau arritr6 du pays environnant. Le Lib6ria c'6tait
la Firestone.
Mainterant, la transition est 6vidente. Un 6ner-
gique contrble financier, par les soins de Washing-
ton, a rdtabli 1'6quilibre budg6taire et ramen6 la
corruption A des limits d6centes. Le Pr6sident Tub-
man, quasi-dictateur, est parait-il integre et en tout
cas trbs attache A ses superviseurs yankees.
... Depuis dix ans, 125 millions de dollars ont 6t6
depens6s pour am6nager le port de Monrovia. L'ex-
Secr6taire d'Etat Stettinius, de la U. S. Steel Cor-
poration, a cr66 avec l'assentiment du D6partement
d4Etat la LibBria Inc., ( soci6t6 pour le d6veloppe-
ment des resources naturelles du Lib6ria et 1'6du-
cation de sa population >>. Avec un capital de 100
millions, de dollars provenant de fonds priv6s, elle
.6quipera notamment l'a6rodronie de Roberts Field.
De cet a&roport, a 180 kilometres dans les terres, elle
fera une base essentielle sur la route Est-Ouest,
pourvue d'installations de radio-guidage up to date
*et prte i recevoir des escadrilles de bombardiers.


Brusquement arrach6 a sa somnolence, le Lib6ria
s'inscrit A 1'avant-plan sur les cartes g6ographiques.
Pour exploiter les mines de fer des Bomi Hills et
enlever aux Britanniques le monopole du cacao com-
me on I'a fait pour le caoutchouc, une voie ferr6e
rejoindra la ligne de la Sierra Leone ; 6ventuelle-
ment elle se raccordera, A Nzerekore, A un prolon-
gement du Transguineen francais. De pressantes
d6marches sont faites A Paris pour active les tra-
vaux et cette r6alisation, reliant Conakry A Mon-
rovia, ferait un centre d'&quilibre de la terre peuhle,
zone mod6r6e, sans Apret6, mais 16thargique, d6-
laissee, mal outill6e, s6par6e des grandes voies par
les forts, les savanes et les montagnes.
En tout cela, preoccupations strat6giques, p6n6-
tration 6conomique et audacieux desseins de r66-
quipement sont 6troitement associ6s, et aucun de ces
616ments ne peut &tre appr6ci6 isol6ment. Si la ligne
de force britannique passe maintenant par Khar-
toum et Nairobi, I'avance am6ricaine fait de 1'Afri-
que une zone d'6tapes indispensable vers le Moyen-
Orient, de Dakar une plaque tournante ver$ Tanger,
Tripoli, Le Caire, Ankara et, de 148 millions d'Afri-
cains, autant de clients.
(a La Gazette de Lausanne -, 7 juillet 1949).


LISTE DES ARTICLES DE PRESS ETRANGERE TRADUITS EN FRANCAIS
QUI PEUVENT ETRE CONSULTES

A la Section de la Presse Etrangere, au Ministere de la France d'Outre-Mer, 27, rue Oudinot, Paris (7). (Direction
des Affaires Politiques, Piece 17, 1" Etage)..
La Section de la Presse Etrangere peut en outre fournir gratuitement, par retour du courier, a quiconque lui en fera
la demand, copie des traductions ayant moins de deux mois de date.
Le N de r6f6rence suffit A designer le document d6sir6.


TIRES


UNION FRANQAISE
Indochine. Dernier espoir ..........................
La derni6re carte de l'Occident en Asie (Indochine) ....
Une chance qui vaut d'&tre tent6e (Indochine) ........
Un nouvel ordre (Indochine) ..........................
L'exp6rience Bao Dai .......................... .........
Lettre l'6diteur au sujet de 1'Indochine ........ .......
Les capitaux des Etats-Unis vont-ils contribuer au d6ve-
loppement du port et des mines de Conakry ? (par
Maurice MOYAL) .................................. *
Introduction au Viet-Nam (par Ng. VAN NHAN)........
La France et le Viet-Nam ............................

Les relations entire la France et le Viet-Nam (1945-1949)
Le d6veloppement de 1'Empire colonial de la France ...
Saint-Pierre et Miquelon r6clament des tourists .......
Entreprises coloniales de travailleurs du Frioul (A.E.F.)
(par Vero ROBERTI) .............................
Deux films coloniaux africains ........................
PROBLEMS GENERAUX
Une interview de M. Romulo sur 1'Asie ................

Buts coloniaux (de G. B. MASEFIELD) ...................


DATES


27-6-49
28-6-49
30-6-49
15-6-49
7-49
7-49


2-7-49
Print. 49
7-7-49

Print. 49
5-7-49
12-7-49

25-6-49
14-7-49

6-49

7-49


ORIGINE DU DOCUMENT


Times
New-York Herald Tribune
New-York Herald Tribune
Mail (de Madras)
Eastern World
Eastern World


West Africa
Asian Horizon (vol. 2, n 1)
The New Statesman and
Nation
Asian Horizon
dornal do Comercio
New-York Herald Tribune

Il Gazettino
East Africa and Rhodesia

United Nations
World Magazine
Corona


N"



4.854
4.858
4.860
4.868
4.878
4.879
4.880


4.881
4.882

4.891
4.892
4.893
4.897

4.902

4.857

4.861


I -









TITRES


No'


4.874
4.876
4.877
4.883
4.886
4.896
4.898
4.901



4.8151
4.852
4.853
4.&6,2
4.863
4.867

4.i869.

4.884
4.887

4.872

4.859
4.866
4.871

4.849


4.856
4.899

4.900

4.850
4.873


4.855
4.885



4.864

4.875
4.888

4.889
4.894
4.895

48710
4.890


DATES


Le plan Marshall et la politique colonisatrice ...........
Fractionnement du QuatriBme Point ..................
A propos du < QuatriBme Point > du President Truman
La folie du < QuatriBme Point > (I) ..................
L'O.N.U. et les territoires arribres ....................
Ballon d'essai aux Philippines (Voyage de Chan-Kai-Shek)
La folie du ( Quatrieme point > (II) ..................
Initiative des Philippines ............................

EMPIRE BRITANNIQUE
G6n6ralits6
Citoyens coloniaux ..................................
Images des Colonies ..................................
ISud-Est asiatique ....................................
Priorit6s imp6riales ................................
Les Tories et le Commonwealth .....................
Un Africain A 1'Exposition colonial (de Milton BROWN,
< Un Nig6rien qui travaille maintenant en-Angleterre)
Les Colonies pays de Cocagne (le Mois Colonial de Lon-
dres) .............................................
L'6volution colonial britannique ......................
Routes strat6giques et commercials ........ ...........

Inde '
La signification strat6gique du Cachemire ............
Pakistan
Investissements britanniques au Pakistan ..............
P akistan ............................................
Pakistan ............................................
Ceylan
La second annie d'ind6pendance de Ceylan (par Strat-
hearn GORDON) ..................................
Afrique Britannique
Ne faites pas du communisme une a tete de Turc > (Kenya)
Education en vue de la citoyennet6 en Afrique (Compte
rendu du Livre Blanc colonial n 21'6)' (par Roland
DAY) .............................................
D eux soeurs ......................... ...............

Afrique du Sud
Bouillonnement en Afrique du Sud ....................
Les parias de 1'Union Sud Africaine ..................
BIRMANIE
Le communism en Birmanie .....................
Que se passe-t-il en Birmanie ? (par Neil STEWART) ....
EMPIRE HOLLANDAISE
Indon6sie
Retour a Jogjakarta .................................

Espoirs 6vanouis en Indon6sie ........................
Le r6le des Etats-Unis dans le Sud-Est de 1'Asie (Indo-
n6sie (par Stewart ALSOP) .......................
EspBrance en Indon6sie (par Stewart ALSOP) ...........
Consolidation en Indonesie ............................
Hollandais et Indon6siens .............................
CONGO BELGE
Nouvelles routes transafricaines via le Congo Belge ....
Le Plan de dix ans pour le Congo. II : Vianide et m6taux
pour 1'Europe ...................................


ORIGINE DU DOCUMENT


Jornal do Comercio
The Economist
The Nation
Newsweek
The Economist
The Spectator
Newsweek
The Economist


30-6-49
2-7-49
11-6-49
11-7-49
2-7-49
15-7-49
118-7-49
16-7-49



24-6-49
24-6-49
27-6-49
26-6-49
25-6-49

26-6-49

26-6-49
25-6-49
2-7-49


7-49

25-6-49
6-49
2-7-49


17-6-49

213-6-49

Avril 49
16-7-49

24-6-49
24-6-49


25-6-49
Juil. 49



2-7-49

2-7-49

9-7-49
7-7-49
12-7-49
2-7-49

7-49

9-7-49


Guardian

Guardian


Daily Worker

Time and Tide
Relazioni Internazionali
The Economist


The World Today

The Economist
The Round Table
The Manchester Guardian


The Spectator


East Africa and Rhodesia

Oversea Education
The Economist


The Spectator
Die Weltwoche


Neue Ziircher Zeitung
Eastern World



The New Statesman ane
Nation
The Economist

Ne 1-York Herald Tribune
New-York Herald Tribune
Times
New-York Herald Tribune

African World

The Economist


The Spectator
The Spectator
The Manchester
Sunday Times
The Manchester


r









BIBLIOGRAPHIE


LES RICHESSES DE LA FRANCE D'OUTRE-MER
par Payot Editeur.

Nous pensions qu'on pourrait donner le ton de l'ou-
vrage que vient de faire paraitre chez Payot,
M. Charles Robequain, Professeur de Geographie A
la Sorbonne, < Les Richesses de la France d'Outre-
Mer > en reproduisant cette formule lapidaire qu'on
peut lire vers la fin du volume : < il est plus facile
de d6creter l'Union Frangaise que de la r6aliser et
de la faire vivre >.
Cette 6tude qui, sous un volume cependant tres
restreint, embrasse divers aspects 6conomiques du
probleme colonial (agriculture indigine, colonisation
europ6enne, elevage, peche, forts, mines, industries
de transformation, organisation economique) offre ce
double advantage : tre une source de renseignements
precis et objectifs pour le m6tropolitain avide de
connaitre les problemes de nos possessions d'Outre-
Mer ; etre pour le colonial, meme chevronn6, un do-
cument de valeur, un excellent instrument de travail.
Les deux chapitres qui nous ont sembl6 les meil-
leurs, les plus denses comme les mieux documents,
sont A notre avis < Aspects et problemes de l'Agri-
culture indigene > et < Qrganisation economique de
1'Union Francaise >. L'auteur connait son sujet, oe
qui lui pernet de n'6tre pas toujours tendre vis-A-vis
de certaines fagons de penser admises depuis des lus-
tres comme articles de foi. Les critiques sont perti-
nentes et bien peu pourront s'inscrire en faux centre
les conclusions que l'auteur n'hesite pas A tirer de


1'examen lucide des problimes actuels. Une de celles-
ci est la suivante : < C'est par la recherche scientifi-
que qu'on arrivera A bien connaitre cette nature tro-
pidale don't on a souvent abus6 par hate, espoir ou
lucre, mais aussi ignorance et impiritie >.
Nous sommes de l'avis de M. Charles Robequain,
l'Union Francaise ne se drcrete pas sur le plan dco-
nomique, elle se crie.

TROPIQUES
(Revue des Troupes Coloniales)

Dans son num6ro de Juillet Tropiques consacre un
article du G6neral de division des Troupes Colonia-
les Marchand au Gouverneur Gen6ral Ebou6, dans
lequel il retrace surtout le sejour au Tchad et son
r6le en 1940 de Fort-Lamy A Brazzaville.
Un article de M. le Gouverneur honoraire des Co-
lonies Demougeot sur.l'esclavage et 1'Hmancipation
des Noirs au Senegal et un poeme de M. le Gen6ral
Sabattier en hommage au Marechal Gallieni.

L'EXPORTATEUR FRANgAIS
(13, rue des Pyramides)

Num6ro de Juillet consacr6 au Maroc 1949 avec
des 6tudes 6conomiques de personnalites industriel-
les et commercials du Protectorat qui donne la cour-
be ascendante de ce magnifique territoire.


COMMUNIQUES


AVIS DE CONCOURS

Le Minist:re de la France d'Outre-Mer communi-
que
< Un coicours pour le recrutement de douze'chif-
freurs coloniaux stagiaires sera ouvert les 8 et 9
novembre 1949.
< Ce concours est accessible aux candidates fran-
ais A titre originaire Ag6s de 21 a 30 ans. et titu -
laires du baccalaurdat, du brevet sup6rieur ou des
dipl6mes reconnus equivalents.
< Les demands de renseignements et pieces A pro-
duire doivent etre adressdes au Ministire de la


France d'Outre-Mer, Direction du Personnel, qua-
trieme Bureau .
**
COMMUNIQUE
La date du concours pour le recrutement de 40
controleurs stagiaires des installations radioelectri-
ques du cadre general des transmissions coloniales
est reported des 27, 28 et 29 septembre 1949 aux 15,
16 et 17 novembre 1949.
La date de cloture des inscriptions est 6galement
reported du 15 juillet 1949 au 3 septembre 1949.
(A. du 6-7. J. 0. 17-7).









BIBLIOGRAPHIE


LES RICHESSES DE LA FRANCE D'OUTRE-MER
par Payot Editeur.

Nous pensions qu'on pourrait donner le ton de l'ou-
vrage que vient de faire paraitre chez Payot,
M. Charles Robequain, Professeur de Geographie A
la Sorbonne, < Les Richesses de la France d'Outre-
Mer > en reproduisant cette formule lapidaire qu'on
peut lire vers la fin du volume : < il est plus facile
de d6creter l'Union Frangaise que de la r6aliser et
de la faire vivre >.
Cette 6tude qui, sous un volume cependant tres
restreint, embrasse divers aspects 6conomiques du
probleme colonial (agriculture indigine, colonisation
europ6enne, elevage, peche, forts, mines, industries
de transformation, organisation economique) offre ce
double advantage : tre une source de renseignements
precis et objectifs pour le m6tropolitain avide de
connaitre les problemes de nos possessions d'Outre-
Mer ; etre pour le colonial, meme chevronn6, un do-
cument de valeur, un excellent instrument de travail.
Les deux chapitres qui nous ont sembl6 les meil-
leurs, les plus denses comme les mieux documents,
sont A notre avis < Aspects et problemes de l'Agri-
culture indigene > et < Qrganisation economique de
1'Union Francaise >. L'auteur connait son sujet, oe
qui lui pernet de n'6tre pas toujours tendre vis-A-vis
de certaines fagons de penser admises depuis des lus-
tres comme articles de foi. Les critiques sont perti-
nentes et bien peu pourront s'inscrire en faux centre
les conclusions que l'auteur n'hesite pas A tirer de


1'examen lucide des problimes actuels. Une de celles-
ci est la suivante : < C'est par la recherche scientifi-
que qu'on arrivera A bien connaitre cette nature tro-
pidale don't on a souvent abus6 par hate, espoir ou
lucre, mais aussi ignorance et impiritie >.
Nous sommes de l'avis de M. Charles Robequain,
l'Union Francaise ne se drcrete pas sur le plan dco-
nomique, elle se crie.

TROPIQUES
(Revue des Troupes Coloniales)

Dans son num6ro de Juillet Tropiques consacre un
article du G6neral de division des Troupes Colonia-
les Marchand au Gouverneur Gen6ral Ebou6, dans
lequel il retrace surtout le sejour au Tchad et son
r6le en 1940 de Fort-Lamy A Brazzaville.
Un article de M. le Gouverneur honoraire des Co-
lonies Demougeot sur.l'esclavage et 1'Hmancipation
des Noirs au Senegal et un poeme de M. le Gen6ral
Sabattier en hommage au Marechal Gallieni.

L'EXPORTATEUR FRANgAIS
(13, rue des Pyramides)

Num6ro de Juillet consacr6 au Maroc 1949 avec
des 6tudes 6conomiques de personnalites industriel-
les et commercials du Protectorat qui donne la cour-
be ascendante de ce magnifique territoire.


COMMUNIQUES


AVIS DE CONCOURS

Le Minist:re de la France d'Outre-Mer communi-
que
< Un coicours pour le recrutement de douze'chif-
freurs coloniaux stagiaires sera ouvert les 8 et 9
novembre 1949.
< Ce concours est accessible aux candidates fran-
ais A titre originaire Ag6s de 21 a 30 ans. et titu -
laires du baccalaurdat, du brevet sup6rieur ou des
dipl6mes reconnus equivalents.
< Les demands de renseignements et pieces A pro-
duire doivent etre adressdes au Ministire de la


France d'Outre-Mer, Direction du Personnel, qua-
trieme Bureau .
**
COMMUNIQUE
La date du concours pour le recrutement de 40
controleurs stagiaires des installations radioelectri-
ques du cadre general des transmissions coloniales
est reported des 27, 28 et 29 septembre 1949 aux 15,
16 et 17 novembre 1949.
La date de cloture des inscriptions est 6galement
reported du 15 juillet 1949 au 3 septembre 1949.
(A. du 6-7. J. 0. 17-7).








RECTIFICATION

Dans le no 130 d'avril 1949 du < Bulletin d'Infor-
mation de la France d'Outre-Mer >, en page 5, arti-
cle < Les diverse Soci6tis d'6conomie mixte devant
contribuer A l'ex6cution des plans d'6quipement des
Territoires d'Outre-Mer >, (2e colonne, 2e et 3" para-
graphes), il a 6te ins6r6 que la Soci6t6 d'Energie
blectrique du Cameroun avait son siege social A
Yaounde.
11 est A rectifier que le siege social de cette Societe
est non pas A Yaound6, mais A Douala.

ACTIVITY
DU MUSEE DE LA FRANCE D'OUTRE-MER
JUIN 1949

Entrees payantes : 1.644 pour 205.030 francs.
Entries gratuites : 77 groups pour 2.315 61eves.
Produit de la vente du guide du Musee : 154 pour
2.310 francs.
Travaux executis : Section d'art et d'histoire:
Contribution du personnel A "o) la preparation du
gala de la Grande Nuit Africaine organism par le se-
nateur de I'A.O.F. Ousmane Soc6 Diop. 20) l'inaugu-
ration du monument Marchand en face du mus6e et
A la presentation dans la Galerie Historique de
c Souvenirs de Marchand et de ses compagnons >
(Fachoda).
Dons recus : de M. le Gouverneur Marchand, frbre
du G6neral, le casque troue de balles du Lieutenant
Marchand au S6engal ; de Mesdames Germain et
Schaufelberger divers souvenirs de Germain, colla-
borateur de Marchand dans l'exp6dition Congo-Nil ;
de M. 1'Amiral Sir Walter Cowan, le fanion de la
mission Marchand saisi par les Anglais sur un cour-
rier chilouk (1898).
Section iconomique : Activit6 normal.
Section Aquarium : Mise en exposition de pois-
sons du Brbsil elev6s au Laboratoire la premiere
fois depuis la guerre et l'ocdupation. Reception de
trois crocodiles du Senegal offers par M. le Colonel
Bourgeois, Directeur G6n6ral des Chasses, le Service
des chasses de I'A.O.F. et transports par Air-France
de Dakar A Orly.

AVIS DE CONCOURS POUR LE RECRUTEMENT
D'ADJOINTS TECHNIQUES
DES TRAVAUX PUBLICS DES COLONIES

Par arrett, du 28 juin 1949, le Ministre de la
France d'Outre-Mer vient d'ouvrir une session des


concours pour le recrutement d'adjoints techniques
des Travaux publics des Colonies.
Ce concours 'aura lieu au mois de d6cembre 1949.
La date exacte des epreuves sera port6e en temps
utile A la connaissance des candidates.
Les demands des candidates devront ftre adres-
sees au Ministre de la France d'Outre-Mer (Direc-
tion des Travaux publics) et devront parvenir avant
le 1" octobre 1949. Elles seront obligatoirement
transmises par I'interm6diaire du Pr6fet du D6parte-
ment de residence et, pour les candidates d6j, fonc-
tionnaires, par la voie hierarchique de leur Admi-
nistration.
Pour tous renseignements compl6mentaires, les.
oandidats peuvent s'adresser, soit A la Prefecture de
leur Departement, soit au Ministere de la France
d'Outre-Mer (Direction des Travaux publics), 27,
rue Oudinot, A Paris.
Le nombre de places mises au concours est de :
1oo pour le concours direct,
20 pour le concours professionnel.


AVIS DE CONCOURS

Un concours pour 40 emplois de Contr6leur sta-
giaire d'installations radioflectriques, cadre general
des Transmissions coloniales, est ouvert les 15, 16
et 17 novembre 1949. Cl6ture des inscriptions le 3.
septembre 1949.
Aucun dipl6me exig6. Epreuves niveau bacca-
laureat math6matiques, premiere parties. Des bonifi-
cations de points seront accordees aux candidates pos-
sedant brevets ou dipl6mes techniques scolaires ou
militaires.
Traitement stagiaires : en France metropolitaine,.
206.000 francs; traitement Outre-Mer, zone C.F.A.,
288.000 frs, soit 576.000 frs metropolitains. Apris.
stage, duree minimum un an, traitement titulaires :
France m6tropolitaine : 231.ooo frs ; zone C.F.A.,
309.000 frs, soit 618.ooo frs metropolitains. Plus in-
demnftes substantielles. Avancement normal tous les
deux ans.
Age limited minimum 21 ans et maximum 30 ou
35 ans si candidate posside services civils ou militai-
res admissibles pour retraite.
Pour tous renseignements, s'adresser ou 6crire-
avec timbre pour reponse au Ministere de la France
d'Outre-Mer, Service Postes et Telecommunications,.
27, rue Oudinot, Paris (7").


Imprimerie de I'Agence France-Presse, Paris (2*)
DepOt 16gal. Dceambre 1948. NO 4815








































































Edit6 par la Documentation Frangaise

Prix du num6ro : 90 francs
Abonnement : six mois.. 520 francs
:un an..... 1.000

Souscription et vente
& la
Direction de la Documentation Frangaise
14, Rue Lord-Byron, Paris (7e)
T61. : ELYs9es 82-00




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