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Title: Bulletin d'information de la France d'outre-mer
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 Material Information
Title: Bulletin d'information de la France d'outre-mer
Alternate Title: France d'outre-mer, Études et informations
Physical Description: 149 nos. : ; 27 cm.
Language: French
Creator: France -- Documentation française
Publisher: Direction de la documentation
Place of Publication: Paris
Publication Date: 1944-50
 Subjects
Genre: periodical   ( marcgt )
 Notes
Dates or Sequential Designation: no. 1-149, Nov. 1, 1944-Dec. 1950
General Note: At head of title: Présidence du Conseil, Secrétariat général de l'information.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00080165
Volume ID: VID00010
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: aleph - 001112342
oclc - 01357438
notis - AFK8933

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    Problemes du jour
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    Nouvelles d'outre-mer
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    Bibliography
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    Communiques
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Full Text






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PRESIDENCY DU CONSEIL

SECRETARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT

Direction de la Documentation :
14-46, rue Lord-Byron, Paris (8")


SLA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER DE LA FRANCE
D'OUTRE-MER


Bureau de Presse :
217, rue Oudinot, Paris (7*)


BULLETIN D'INFORMATION

DE LA



FRANCE D'OUTRE-MER





SOMMAIRE


PROBLEMS DU JOUR :

Message de S. M. Bao Dai au people
vietnamien lancI le 14 juin 1949
Les otages d6tenus par le Viet-Minh
La Decade de 1'Afrique Noire h. 1'Ab-
baye de Royaumont .............

NOUVELLES DE FRANCE :

Les travaux parleinentaires :
La discussion sur la politique iconomique
et financibre du Gouvernement dans les
Territoires d'Outre-Mer devant I'As-
sembl6e Nationale .................
Le budget des d6penses militaires de la
France d'Outre-Mer ..............

L'activit6 ministrielle ...............
Conferences et manifestations diver-
ses ....................................
I formations di'verses ..............
La vie politique et administrative ...
Informations administrative .........


NOUVELLES D'OUTRE-MER :
Indochi e ..............................
3 A.O.F ...................... ........
5 A ..E .F .......................... .........
Togo ................... ...............
Cam eroun ..............................
Madagascar ...........................
Etablissements de 1'Inde ..............

REVUE DE PRESS :
Presse m6tropolitaiine ....... .......
9 Presse d'Outre-Mer ......................
Presse &trangere .......................
10 Union Franqaise ...................
Problemes g6n6raux ..................
12 Empire britannique .................
Birm anie ...........................
Colonies italiennes ................ ..
14 Liste des articles de press 6trangere tra-
16 duits en francais ..................
18 BIBLIOGRAPHIE .......................
20 COMMUNIQUES ........................




















PROBLtMES DU JOUR


Message de S. M. Bao Dai au people vietnamien

lanc6 le 14 Juin 1949


OMPATRIOTES du Viet-Nam, mettant aujour-
d'hui le pied sur le Territoire du Sud-Viet-
Nam, je ne puis 6touffer l'6motion profonde
que je ressens, emotion m6ele d'une joie immense.
Ce Territoire, le people < Hong Viet > l'a 6difiM
au prix de grands efforts durant plusieurs siecles.
Les empereurs Minh-Vuong et Vo Vuong s'y sont
succcdA. C'est igalement A partir de -ce Territoire
que 1'Empereur Gialong et les innombrables h6ros
des regions du Donnai et de Giadinh ont level leur
6tendard pour la restauration du pays depuis Sai-
gon jusqu', ThuAn-Hon, puis de IA A Hanoi jusiqu'A
la frontiire de Chine.
< Le sang h6roique de nos ancktres bouillonne
dans les veines de notre race. Dans la fort 6paisse
comme dans les mar6cages boueux, combien de
combatta ats se sacrifient pour la just cause.
< Le Territoire de nos ancetres est redevenu au-
jourd'hui Un. Ce r6sultat est obtenu grAce A l'hUrois-
me de notre people tout entier et le d6vouement per-
s6v6rant de nos compatriotes de toptes conditions,
et grAce aussi a l'amiti6 comprehensive du people
de France. Malgr6 de longues ann6es de vue s6parCe,
nos compatriotes du Sud ont montr6 que le people
vietnamien n'oublie jamais son origine et sa race.
Dans lcemvre de reconstruction du pays, le Sud-
Viet-Nam a pos6 la premiere pierre et a inscrit une
page glorieuse dans l'histoire.
< Cette .oeuvre ne sera cependant durable et pros-
pere qui si notre people Avolue dans la discipline,
dans l'ordre et la paix. Or depuis quatre ans, parce
que les aspirations nationals ne sont pas encore
satisfaites, hes ravages de la guerre se prolongent
et d6vastent notre pays.
< I1 n'y a pas de spectacle plus douloureux que de
voir les deux peuples frangais et vietnamien,, tous
deux fonci6rement attaches A la paix, epris de
libertA At de justice, obliges d'avoir recours a la
force brutale pour r6gler leur diff6rend.
A Afin de faire cesser cette situation navrante, je
n'ai pas hbsitA A assumier la mission de trouver utne


solution pacifique pour le reglement de ce conflict, et
pour la satisfaction des aspirations profondes de
nofre people.
< C'est pour avoir une position international
l6gale, que je dois garder provisoirement mon an-
cien titre. Mais A 1'6gard du people ma volont6 n'a
jamais change. Encore une fois je proclame solen-
nellement : la Constitution future du Viet-Nam sera
d6cid6e par le people. Le people a lutt6 h6roique-
ment pour I'lind6pendance de la Patrie. C'est .done
naturellement du people que vient la source de
toutes activities nationals. N6anmoins, par suite de
la situation international grave, et du fait que les
cinconstances politiques ne sont pas favomlbles a
des elections g6nerales, j'ai accept A partir d'au-
jourd'hui de prendre la direction des affairs de
1'Etat.
( I1 y a une demi-heure, a eu lieu la c6remonie
d'iehange de lettres avec le Haut-Repr6sentant ide la
France. Comme vous le savez, les n6gociations entire
le Gouvernement frangais et moi, ont about A
iPacord d' 8 mars. Qet accord niWest que l'esicqisse
des principles qui r6giront les relations franco-viet-
namiennes, sur la base de 1'Unit6 et de 'ind6pen-
dance du Viet-Nam. Cet accord a marqu6 une Rtape
de la situation politique actuelle, don't il est i'abou-
tissement. Comme tous les traits qui seront signs,
il sera soumis ult6rieurement a la ratification du
Parlement du Viet-Nam.
< Compatriotes du Viet-Nam !
< Conformement au principle de l'accord du
8 mars, l'unit6 territorial du Viet-Nam vient d'etre
r6alis6e. Le 6 juin courant le Parlement francais a
vote solennellement le rattachement de la Cochin-
chine au Territoire du Viet-Nam.
< Ii en r6sulte que le statut colonial cre6 par les
traits de 11862 et de 1875 est d6finitivement aboli.
L'ind6pendance du pays est restaur6e et A partir
d'aujourd'hui, le Viet-Nam r6glera lui-mime ses
propres affaires aussi bien sur le plan international
que dans le domaine interieur.


(Les 6tudes et documents du Bulletin peuvent etre utilisds ou reproduits sans indications d'origine)


~A~-~-"4/AmAA~~a~








(c Au point de vue international, notre pays pos-
sede tous les attributes d'un Etat ind6pendant : le
droit de relation ext6rieure,Ile droit d'installer des
ambassades A l'6tranger, le droit de recevoir des
representations diplomatiques, le droit d'envoyer
des consuls dans les divers pays, le droit de n6go-
cier et de signer des traits internationaux, ainsi que
le droit d'adh6rer a l'Organisation des Nations
Unies.
< Pour r.aliser ces droits, oe future Gouvernemient
qui sera constitu6 prochainement aura pour mis-
sion 'de tratvailler pour seo fire unte situation dignc
dans lie Sud-Est Asilatiquie. La tAiche 'a plus, ulrgente
est 'installation des 'consuls A ll'etraniger iet l'accr6-
ditemlenit dels, amlbhassadiurs du Viiet-Nam idans les
pays ind'iqui s 'dants 'ac'iaord du 8 mars.
<< Nous attendions 6galement avec fervour que lies
plays amnis nous lenvoieant rapidemenit leurs represen-
tants au Viet-Nam 'et qu'un jour proichain nous puis-
sions adhrer a 1'O.N.U.
< Si nous nous leffoircons die traivaillier pour ob-
tenir unle position ddiignae sur le plan international,
c'est parce que nous sommes persuades que e, Viet-
Nam a pour mission de oollaborer avelec les auties
Naitionts pour la protection ,des droitts de,' l'homme,
bass sur l'amiour ide la paix, 'esprit dmnocrati'quie
et lte neispeicit des libert6s indlividuellies.
<< Au point doe vuie int6rieur, l''oganisation, du
pays conlformnlei A la voloint6 du peutple est unle ques-
tion extr~n emeint important. L'honneur die la Na-
tion nous pousse A lagir die fiagoni A rmontrier au monde
la jvraiie figure ,du Viet-iNam nouveau, respectant la
'disiciplinlel et aimant la justiicel.
< Tout d'abord, anu point ide vulei ,de 'administra-
tion, les services installs doi.vent tratvai'iler pour le
pteuple. Une organisation faitoe contraiinemient a ce
principle nie pourra jiamais durer. II y a done lieu
de fixleir un r4glemient pour les fonictioninaines -de
P'ensoemble du pays. Ce r6gleimelnt s'attacche aux con-
ceiptions leissenitilelles die) 'initigrit6, die la capacity de
chacun .ainsi ique die l'utilisatiion die ceette capacity
d'un.e faion rationnelie tet just.
< Un prognrammie diet r6organisatioin social sera
mis sur piled let realis6. Nous devons lcombattr'e
I'analphiabAtismie, 6tendre le idomaine de I'education
Sgn6raliei, lever l'eisprit civiiquie de la population.


formes let die 'nos soldicituides, dans le but de re-
hausseir- la vie de nos compatriots. Les pouvoirs
politiques si beaux qu'ils soiemnt, n'ont plus aucune
signification et une produisenit an un effect, si dans
ile pays, dle people ne mange pas A sa faim et n'a pas
die iquoi se v6tir.
<( C'lest pounquoi, jie constatei qu'il esot rent de
d'6velopper l'indiustrie et lie commerce, r6organisler
lPagricuiltuale- dle faon A ce qu'e sunr le territore du
nouveau Vieit-Nam, chaquie ouuvriier posissdle sa mai-
son, chaque agricuitteur possbde sa ferme. Je sou-
haite que les sipcialistes des pays qui ont de la
sympathie pour nous, nous apportent leur ooncours
pour l'a r6alisation rapidei ddu tprnogramimme conistruc-
tif qure, jel viens ,d'esquisser.
< Naturetlleiment, lets intArets legitimies dies r6si-
drents 6triangens seront protqg6s eit respleict6s.
< Au selin die la Grande Fajmille du Viiet-Nam nou-
veau, let Sud-Viiet-Nam nrivec ,ses resources, impor-
tantes, ses initiatives Ig6n6ratrilces, sesi vieillies tradi-
tions resspectables, joutera un rl1e important dans la
voilel du tprolgrbs fSutur.
<< La Cochinohinie quoique fa'isant pantite, de notre
Patrie repr6sentait autroefois A mes yeux, come, un
lieu de passage d'an h6tia 6traniger. Aujourd'hui le
Sud-Viet-Nam est la base ,de la nouvelle force vitale,
Se centre .de: touttes lies activity nationals.
< A partir' d'auijourd"hiui, j*espire que toute Ta
population fera .dies efforts d'un commnun accord
avec moi. Chacun iapporteria toute son ardeur, toutias
sels capialcitis, pour assuimer une part die riesponsa-
bilitA, nle, vivant quie pohir la grandeur du pays, et
faisant abstraction de tout iintrit particulier et de
tout esprit partisan.
< Sous e itoit die la Patrile: nestanrae et unique,
je fais un aippel sincirce et fervent A toute ]a popu-
lation afin que tous retvilenneint A Pordiret et A la paix,
afin de joindre nos ;efforts pour la reconstruction
d'une Patrie digne d'8tre service. Les nombreuses an-
nibes ide isacrifidcet consleinties par nosi compatriotiels
constitute le plus sAir garanit du succs < iGon-
flants en l'avienir de note race, rdunissonis nos .ef-
iforts 'et ciolmmenponsi a iniscrire unlei paige nouvelle
d'histoireo du Nouveau Vilet-Nam. >










Les otages d6tenus par le Vie- Minh

Communique du Haut-Commissariat de France en Indochine


Du 1" au 7 mai, la Croix-Rouge frannaise a re-
nouvel6 par radio 'a'pp.el qu'en f&vrier 'dernier elle
avait adrcss6 A la Croix-Rouge du Gouvernement
Ho Chi Minh, demandant que soit orgganis6e une
rencontre en vue de faire parvenir aux prisonniers
et otages frangais ,que d6tient le Viet-Minh une aide
en produiits de premiere necessity et de proc6der A
un &change de correspondence de nature familial.
On se souvient, en effet, que, lors de I'entrevue de
Chau Phan du 101 janvier derniaer, le principle d'au-
tres rencontres avait' tR pose.
De mime qu'en fivrier dernier, cet apped est rest
sans aucune response.
Du 20 au. 23 mai, profitant du passage A Saigon du
D66lgue de la Croix-Rouge Internationale en Ex-
treme-Orient, un message analogue a 6te Ianc Idans
le Sud en vue d'entrer en contact avec les otages
d6tenus dans cette parties Idu Viet-Nam.
Comme pour toutes les antres, cette ouverture est
rest6e sans aucune r6ponse.
Le Haul-Commissaire rappelle que, des janvier
1947, le Gouvernement franvais avait pri6 le Comit6
International de la Croix-Rouge de s'entremettre
pour que, conformiment aux usages internationaux,
ces non combatants fussent lib6r6es. En attendant
1'arriv6e de M. Aesichlimann, son idl1gu( (qui vient
de s'assoceir A la aderniere tentative de Saigon), Ie
R.P. Willigers, dominicain Ide nationality hollan-
daise, avait 6t .d6sign6 pour prendre les premiers
contacts.
En presence des consuls strangers en residence A
Hanoi, le R.P. Willigers eut, le 21 jianvier 19,47, une
entrevue avec M. Hoang Mminh Giam, ministry du
Gouvernement Ho Chi Minh.
Les 3 et 28 f6vrier, quellques dib6rations parent
etre obtenues, poirtant sur 213 interns de nationa-
&tit6 ktrangbre, 16 Francais, dont 6 enfants ; 14 In-
diens .de nationalitW (britannique ; 3 Indiens fran-
cais.
Au course de ces entrevues, le D616gu6 du C.I.C.R.
remit, pour etre distrilbu6 aux otages, 300 kiloigs de
mdicaments, 10.000 $ I.C., des couvertures, des
moustilquaires, etc...
Les Dlig.gubs du Gouvernement Ho Chi Minh ayant
demandb qua e leur fussent livr6s des products phar-
maceutiques, le Gouvernement firancais pour des rai-
sons humainitaires, accept que fussent fournis, a
tit're gracieux et sans contre-partie de la poudre
D.D.T. et des vaccins anti-chol6riquers.
Le Docteur Descoeuvres, qui await succed6 entire
temps A M. Aeschlimann, multiplia A partir 'de mai
1947 ses efforts pour obtenir tout d'abord l'autori-
sation de visitor les camps d'otages francais.


Ii en formula ia demand, le 7 mai 1947, .au couir
d'une premiere entrevue avec les DBl66guis du Goun
vernement Ho Chi Minh. Le 19, la radio Viet-Minh
r6pondait qu'en raison des circonstances, une tell
visit ne p.ouvait etre autoris6e.

Le 22 juin, le D&16gu6 du C.I.C.R., accompaigne des
,consuls rangersr, avait avec M. Hoang Minh Giam
une nouvelle ,entrevue. S'6tant vu A nouveau refuser
I'autorisation de visitor les otages, le Doicteur Des-
coeuvres rapp.ela que sa mission, conform aux sta-
tuts de la Croix-Rouge, comportait :

V1) l'obtention de la liberation des femmes, des
enfants !et des vieillards ;

2) la visit des camps d'otages.

Prstendant ne pouvoir s'engage.r au nom de son
Gouvernement, M. Hoang Minh Giam diff6ra sa re-
po'nse.

Ap'rs diverses r6ponses dilatoires et une.nouveale
entrevue, qui eut lieu le 18 juillet, au course de la-
quelle le Docteur Deseceuvires n'e rencontra qu'un
agent subalterne, le D61Bgu6 du C.I.C.R., dans une
lettre radiodiffus6e adress6e A Ho Chi Minh, le 26
juillet, fit part de sa decision de quitter l'Indochine,
si satisfaction ne aui 6tait pas domnn&e. Le 21 aoot,
le Docteur Descoeuvres recevait de Ho Chi Minh une
lettre, date .du 2'9 juiillet, qui constituait une fin de
non reoevoir.

Le Docteur Descoeuvres dut alors renoncer A sa
mission, n'ayant recu, c.rivait-il, < des autorit6s
Viet-Minh .que de belles prommesses sans aucun r&-
sultat tangible >.

Le ComitB de l'a 'Croix-Rouge frangaise tenta pen
aprbs de repren~dre directement des contacts. Une
entrevue eut lieu le 4 octobre 1947, au course de la-
quelle on laissa entendre A ses reprCsentants qu'une
rencontre prochaine pourrait avoir lieu. Cellle-ci ne
s'effectua que 15 mois plus tard, A Chan Phan, le.
10 janvier 1949.
Depuis et en d6pit des appeals la.nc6s par le Co-
mitb, en f6vrier et en mai, aucun ,contact n'a pu Atre
repris, la radio Viet-Miinh ne r6pondant mm&e plus
aux demand-es qui lui sont adress6es.
Ainsi, malgr6 tous les efforts tents pour essayer
de cd.nnaitre et d'a'm6liorer le sort d'e plusieurs cen-
taines de femmes, d'enfants 'et de vi.eillards frangais
iemmenes comme otages, dans le Noird conmme dans
le Sud de l'Indochine, au hasard de circ.onstances
toujours dramatiques, le ~Gouvernemnent Ho ,lhi Minh
persist depuis deux plans A garder un silence com-
plet et *de sinistre augure.
Il multiple, dans le m6me temps, ,en France, par
ses officines de propaganda, les appeals A la sympa-








thie et aux bones dispositions du << people fran-
qais i.

Les autorits charg6les de re6senter la France
dans ce pays ont longtemps garden Ie silence, sans
souligner 'oidieux de cette, imposture, esp6rant con-
tre toute esp6ranoe qu'il serait un.jour possible de
ibtabhlir des relations r6gulibres avec ce;s malheur
reuix me.mbres ide cette coimmunaut6 frangaise, a la-
quelte Ho Chi Minth prodigue, par la voix de ses
agents, les << salts amicaux >.

Tout en devant admeittre avec regret ce que la
reconnaissance de oet '6chec a de douloureux pour
les parents et amis des intfortuns otages, Ie Haut-


Commissaire de France en Indochine n'entrevoit ac-
tue~lement d'autres recourse que celui d'un appel a
'opinion publique frahfgaise et international.

,1 en a saisi le ,Gouvernement frangais, atn que
1'on sachie Ie traitement r6serv6 depuis de longs mois
par Ie Gouverne ment Ho Chi Minh a quelques cen-
taeines de Frangais non conmbattants qui souffrent
dans des camps de concentration que personnel ne
'connait et n'a jamrais pu approcher.

I a demand6 6galement que cette situation soit
iport6e par ses soins lai oonnaissance des Gouver-
nements strangers et des organisms internationaux
cha.rg6s de ces probl6mes.


*









La Decade de 1'Afrique Noire a 1'Abbaye de Royaumont
par Michel Devize, professeur agrige de l'Universiti, assistant a la Sorbonne


D u 20 au 30 mai, dans le cadre historique de
l'abbaye de Royaumont, pres de Chantilly,
s'est d6roulCe une Decade de 'PAfrique Noire
avec un remarquable succes. Un comit6 s'6tait cons-
titu'e sous i;ti p-risiden'ce de Mmie Jeanne Vialle, s,6-
nateur de 1'Oubangui-Chari, et die M. Marcel *Griaule,
conseiller de 1'Union Frangaise, professeur A la Sor-
bonne ; le secr6taire general de la D6cade 6tait
M. Georges Breuil, A qui 1'on doit Je choix de Royau-
monit,-of 1 'U.N.E.S.C.O. ,a install un centre intellec-
tuel loin des bruits de la ville, et que dirige d'une
favon pertinent M. Gilbert Gadoffre. Le Comite de
la Decade ivait obtenu le patronage du Pr6sident
de la Republique, president -de l'Union Franca'ise,
le patronage des Ministres et Secr6taires d'Etat in-
t6ress6s aux problAmes africains, enfin, .celui des
plus hautes personnalit6s religieuses, le cardinal Su-
hard, le pasteur Boiegner et le grand mnarabout de
Dakar.
Le but des organisateurs de la D6cade etait. de
mettre en contact, dans une atmosphere .de courtoise
.et tranquille discussion, des hommes qui n'ont pas
toujours le .loisir ni l'opportunit6 de se rencoantrer
,et don't l'efl'ort cependant tend parall6lement A la
solution des problAmes contempoirains en Afrique
Noire : parlementaires, chefs d'industrie, goigra-
phes, ethnologues .et iconomistes, 6tudiants et aussi
bien les peronnes de toutes professions attirees par
l'Afrque et soucioeuses de se documenter. L'espoir
des organisateurs a Wt6 satisfait : des rencontres ont
eu lieu, 'des .discussions fertiles en rasultats prati-
ques ont anim6 les votes m6di6vales de Royau-
mont. Un autre but du Comite de la Decade, et qui
r6ussit non noins que le pr6c6d.ent, 6tait d'associer
dans une anicale confrontation les Noirs et les
Blancs don't l'entente est indispensable A la prosp&-
rite des Ternritoires d'Outre-Mer. Le Comit6 ,lni-mnme
rbunissait a& galit6 Africains -et MAtropolitains :
Mme Jeannri Vi!alle, M. Ignaco Pinto, s6nateurs,
MM. Zinsou et Hazoumb, le prince Saydou Djerma-
koye, conseil ters. de d'Union Francaise, repr6s.entaieant
I'Alfri'que, conm.e MM. iGriaule, AndrA Siegfried, Au-
br6vil'le, Robert Montagne, Robequain repr6sentaient
la France fraternelle et comprehensive. Les journ6es
.de Royau'mont ont At6 marques de, la pr6s.ence du
Ministre de ia France d'OutreMer, M. Coste-Floret,
le vendredi 27 mai, de icelle du president .du Con-
s.eil de la R6[publique M. Gaston Monnerville, du pr6-
sident de o'Asseembl6e de P'Union Francaise M. Bois-
don. La visible en France du sultan de Zinder, qui
sejourna trois jours A Royaumont, fut un 6v6nement
aussi digne d'intrit 'que la visit en Belgique du
sultan du Ruanda-Urundi, mais que la press quoti-
dienne de Pa.ris n'a pas relev6 avec suffisamment
d'attention. De hauts fonctionnaires, comme MM. De-
lavignette, Aibr6ville, le m6decin-g6naral Vaucel, le
pharmacieni~6n6ral Fivel ont participe aux travaux
de la D6cade.
Les principaux episodes de ila Decade ont WtA Re 21


mai, les conif brlencoes idle MM. Marcel Griaule et
Robhert Montagne, sutr l'ethnoiliogie 'et les religions en
Afrique. occidlental'e, le dimaniche 22 mai, Ia journ:e
du cinema, placAe; soluis le patronagee de M'. Fourre
Cormeray, direloteur .g6nral du' 'Gemtire National ide
la Cin6,matographie et sous la direction effective ide
M. Oh. Delac, le anardi 214 Imai, lesi exxpos6s d'or:dne
6 conomiique' 'de MM. Aubir6ivilie, R'obeequain, profes-
seur A la Sorbonne, du gouverneur ge6nral Barthes ;
le meocredi 25 mrai, la journAe ides arts, con'secre6e a
ia po'bsie, A la mu'siique et A la chor6graphie noires,
avec le concourse .de' MM. J. Paul Lebieuf, R. Siolhan,
Guy LaImbert et plusileiurs personnalites blelgles eit
br6siliennoes ; le jieudi .216 ma., les iconfi6rences sur
les missions chr6tiennes, catholiques par le R.P.
Dani61ou, protestantes avec M. Je Pasteur Boegner ;
le vendreodi 27 mai, les discussions sur l'enseigne-
ment .et le's questions mr dicosioiciTales, origanis6es par
l'Association des Femnmes dei I'Uniion Friangaise ; le
samedi 218 mai, la journAe du tourism africain, or-
gani'sBe par MM. Jean d'Esme, de il'Acad'mile des
Sciences coloniales, et Davelle ; le dimanche 29 mai
enfin, Re matin, une messe dans la .grande-salle ca-
pitulairre de l'albbaye, aveic la musiique diei Manie Pielp-
per et l'acooofpiagnemient 6mou.tant 'et surprenant de
cymbiales africaines, don't Ila radilodliffusion fut als-
sure *aux Afri.cains par IRadio-BnazzaviJlie, 1.e soir,
lies conf6neinices de MM. Andr6: .Siegfried et Andirc
Vainagnac, sur les rapports cultures frianco-afri-
cains.
Bien dies questions ont RA6 agitCies, let sans auicun
souci partisan. Un ddes grands int6rets de la D icadle
fut aussi la participation d' un nosmbTri important
d'tudiaints noirs, don't la jeun.esse n',excluait pas T'.lo-
quence. L'agence des Colonies avait. sn utiliser au
mieux une ides sales de l'abbaylee en la transfonrmant
en mus se-bibliothbqune.
Que ressort-il ,de) tons cels trialvaux ? Des idWels-
forces et dies projects de r6alislations pratiiques. La
comprehension franco-africaine ne sleria r6alis'e.
oommie 'ont rip6tp M. Marcel ,Griaulte et M. Andr6
Varagnac, que par u!ne .connaissan'cie aplprofondie par
les uns let par 'les ,autres Ides civilisation's, respecti-
ves : si 1'1tude dei la civilisationn frangaise s'impose
.eirtainemient aux autochltones, li'tude ,de;s civilisa-
tions traditionnelles afriicaines, don't 'on a lonigtemnps
m6connu' la valieur, ne s'ianp'ose pas mo.ins aux mA-
trop.olitains. Die. 1A, la ncleissit, ide develoopiper en
Afrilque les recherches ethnolo(giques et folkloriques,
alors ,qu'il est encore temps. Une association franco-
africaine niel selra viable, id'autre (part, que si la ci-
vilissation technique bllanchel n'Aecrase pas les vieil-
les civilisations noires, d6dracinaint, d6trilbalisant,
disaxant les autocihitone;s, apipels isur les, ichantier's;
dans les usineis ou Teis villels. Uine fusion progressive
dioit pouvoir s'op6ner, don't .il faut surveiller la mar-
che.
Sur le plan materiel, le plan de modernisation et
d'6quipeaneaat de l'Afrique lest e6vidlentr'ent un'e boanne








cholse, Wd'autant plus que les tlerritoire's africaimns
sont encore nlal oiuill6s et pauses en &n'ergie. M-ais
fl lest indispensable d'asisoijier tr6s i 8roitement lies
Africains A Ia mise en ,vaieuir ,dec leir propre pays,
soit sur le plan indivilduel, en d6veloppant I'ensei-
gnement et orientation professionnelles A tous les
&chelons, du prisnaire anu sup6rieur, soit sur lie plan
social, en faisant profiter les, territoires des b6n6fices
des entreprisies.
En France,-l"'accuieil dies. tudia.nts', des voyageurs
originaires d*e l'Afrique Noire, doit 6tre encore
an.6ior6 pair lels initiatives les plus diversies. Une
connaissanqa plus r6paandue idans i'einseiignement'
officilel des icivilisiations indig.neis, et A promouvoir
d&s que possible. Elle nie pourra que alenforpcer 1'.es-
time mutuelle. Leis ceuvreis sociales sent A d6velop-


per afin que Ia mtiropole m6ime ,ap|pauvrie puisse
aider davantaige .encore 1'Afriquae dans sa lutte quo-
tidilenne centre leis pid;&rniies, iontriel la mortality
inilanitile et les fl~aux seciaux. L'Afriquie neoioe peu
peupl6el doit dans un court laps ide tietnps id6velop-
per largeament sa population.
Sur le plan pratique, une meillenue organisation
du cinema et une meiueiuire organisation du tou-
risme slenont d'lexcellenits factieur de onpr ean-
silon let die rapprochement.
Toutes ces Abanches, dessinbes iau course des en-
tretienis dei Royaumont, meritelrailent ,dies contours
plus femes et plus pri6cis ique lie temanps seui, grAce
4 'dies comit6s d'6tudes et A die nouveaux entreti'ens
comanze ceux-lh, p.ermeittra de, tracer, pour le plus
grand bien die l'Afrique Noire let del la France.



















NOUVELLES DE FRANCE


LES TRAVAUX PARLEMENTAIRES


La discussion sur la politique &conomique et financiere du Gouvernement
dans les Territoires d'Outre-Mer devant 1'Assembl6e Nationale


En previs;ion de l'interpellation sur la politique
dcodromique du Gouvernement dans les Territoires
d'Outre-Mer, M. Tony-Revillon, Secretaire d'Etat
A la France d'Outre-Mer, a eu le 20 juin avec
M. Henri Queuille un entretien auquel participait le
Ministre des Finances, M. Maurice Petsche.
Le d6bat s'est ouvert le 21 juin en presence de
MM. Coste-Floret et Tony-Rdvillon.
Premier des sept interpellateurs inscrits, M. Burlot
(M.R.P., Loir-et-Cher) a attire l'attention de l'As-
semblee et du Gouvernement sur I'accroissement de
la circulation fiduciaire dans les Territoires d'Outre-
Mer.
La circulation mpnitaire s'est 'considerablement
accrue en deux ans, a-t-il dit. En A.O.F.-Togo, elle
est passee de 1.oo4 millions en 1938 i 6.984 millions
en 1944. 12.827 millions en 1947; 15-437 millions
au 30 septembre 1948 et 23 milliards fin dicembre
1948. Dans .es trois derniers mois de 1948, la circu-
lation est passee, en A.E.F.-Cameroun, de 5.550 mil-
lions a 7.91.4 millions, et, a Madagascar, de 6 a 7
milliards.
M. Burloi: a formula le vceu que les credits ne
soient allouds qu'en function des possibilities d'em-
plois'pr6senties et a exprimn le regret que les facteurs
politiques aient tendance a primer les facteurs eco-
nomiques.
M. Tchictiya (R.D.A., Gabon-Moyen-Congo) a de-
mand6 la < democratisation de l'organisation eco-
nomique des Territoires d'Outre-Mer >.
M. Malbrant (A.D.S.,. Oubangui) souhaite que le
Gouvernement donne l'assurance solennelle que le
franc C.F.A. ne sera, en aucun cas, devalue.
Lors de la devaluation du franc C.F.A., il fut for-
mellement .entendu que toute nouvelle manipulation
monitaire serait ecartie. Cette premiere divalua-


tion a provoque de terrible difficultis dans nos ter-
ritoires, la lecon devrait suffire. Il est evident que
toute nouvelle measure entrainerait l'inflation, la dd-
sorganisation des budgets, une nouvelle hausse des
prix et des salaires. Elle ne profiterait qu'a la spd-
culation et mettrait en piril le ddveloppement de
l'Afrique Noire sans alliger en rien la situation de
la Mitropole.
II precise, ensuite, les mithodes qu'il entend em-
ployer pour d6velopper 1'6conomie dans les Territoi-
res d'Outre-Mer : diminuer les taxes ; r6aliser pro-
gressivement le blocage des salaires et des prix;
faire baisser le cout de la vie ; rdduire les marges be-
neficiaires excessive ; frapper lourdement les tra-
fiquants sans scrupules ; r6duire les d6penses de
l'Etat.
M. Apithy (Ind.'T.O.M., Dahomey-Togo) est, en-
suite, venu exprimer l'opinion que la situation de
I'Afrique Noire est reconfortante. Le redressement
que le President de la Republique et le Prisident
du Conseil ont constate, en France et en Afrique du
Nord, s'observe aussi en Afrique Noire. Nos colld-
gues d'Outre-Mer peuvent tirer un ligitime orgueil
de leur action pour crier un climate d'apaisement.
L'Afrique est, de nouveau, en plein essor. Mais,
ajouta-t-il, il reste beaucoup a faire C'est ainsi qu'il
imported de proceder a des riformes profondes dans
l'appareil administratif, qui est beaucoup trop im-
portant. Les droits de douane pourraient aussi etre
notablement riduits.
M. Defferre (Soc., B.-du-R.), apris avoir evoque
la Conference de Brazzaville, a fait observer que
certaines recommendations edonomiques de cette
Conference n'ont pas 6et observees.
Le Gouvernement a gard6 un contr6le total sur
la vie &conomique des Territoires d'Outre-Mer. II
faut, selon M. Defferre, coordonner, outre-mer, les







forces nationals et internationales, publiques et pri-
vees, civiles et militaires.
M. Defferre estime qu'il y a, dans les Territoires
d'Outre-Mer, non pas crise de surproduction, mais
crise de sous-consommation et il propose de reliever
le niveau de vie des autochtones.
Dans la soiree, A la reprise de stance, M. Duveau
(M.R.P., Madagascar) a deplore que la politique
bancaire dans les Territoires d'Outre-Mer et parti-
culierement A Madagascar, ait about A une restric-
tion des credits ; il a critique la < politique de faci-
lit6 suivie A Madagascar. II a propose pour sa part
le didoublement du franc C.F.A.
Quant A M. Rend Mayer, premier orateur inscrit
dans la discussion g6nerale, il examine, tour A tour,
les problimes d'ordre monetaire et les questions que
pose l'equipement. II est faux, d6clara-t-il, de dire
que l'application du plan Marshall gene notre dqui-
pement. L'insuffisance de notre epargne est, en rda-
lite, la cause essentielle du ralentissement de nos in-
vestissements.
M. Tony-Revillon, Secretaire d'Etat A la France
d'Outre-Mer a repondu, dans le courant de la nuit,
aux interpellateurs et aux orateurs qui auront pris
la parole dans la discussion generale, l'Assemblee
ayant decide de singer, sans desemparer, jusqu'A
6puisement du d6bat.
A part M. Laurelli (M.R.P., St-Pierre et Mique-
lon), qui traita des problimes sp6ciaux qui se po-
sent a Saint-Pierre et Miquelon, tous les orateurs
qui se succid6rent A la tribune dans la suite de la
discussion general et notamment MM. Anjoulat
(M.R.P., Cameroun), Yacine Diallo (Soc., Guinee),
Castelani (A.D.S., Madagascar), Ninine (Soc., Ca-
meroun), Lisette (R.D.A., Tchad), Lamine-Gueye
(Soc., Sen6gal) centrerent leurs exposes autour du
maintien de la parity du.fran;d C.F.A., de la crise de
m6vente que traversent les Territoires d'Outre-Mer
et des imperatifs de l'6quipement, ne m6nageant, du
reste, pas plus les critiques que les suggestions.
R6pondant aux orateurs et aux interpellateurs,
M. Tony-Revillon, Secrtaire d'Etat i la France
d'Outre-Mer, a soulign6 que le Gouvernement avait


rompu avec les vieux systemes &conomiques et qu'il
s'attachait A integrer les Territoires d'Outre-Mer
dans 1'6conomie mondiale en donnant, notamment,
aux capitaux prives des facilities d'investissement.
Apris avoir d6montr6 l'inanit6 des griefs faits
gendralement au F.I.D.E.S., risques d'inflation d'une
part et lenteur d'execution des travaux, le Ministre
donna des indications precises sur les principles
realisations du Plan. Puis il aborda la question du
franc C.F.A., d6mentant, de fagon categorique, tous
les bruits relatifs A une modification de la parity
de cette monnaie.
Dans sa conclusion, M. Tony-Rivillon affirma que
le Gouvernement entendait revenir A la liberty du
commerce < chaque fois que la conjoncture permet-
tra de le faire >.
L'ordre du jour de confiance depos6 par MM. Ju-
glas, Defferre et Caillavet a ete adopted par 357 voix
contre 183. I1 etait ainsi congu :
< L'Assemblee Nationale,
<< Apres avoir entendu les precisions donnies par
le Gouvernement a la suite des interpellations sue
la politique dconomique dans les Territoires d'Ou-
tre-Mer,
< Prenant acte de ce que le Gouvernement ne pro-
cedera a aucune modification du taux du franc C.F.A.
par rapport au franc mitropolitain,
< Enregistre, avec satisfaction, les engagements
pris, d savoir
< i") que l'action du F.I.D.E.S. sera poursuivit
en vue de creer r'iquipement de base ndcessaire au
developpement tant iconomique que social des Ter-
ritoires d'Outre-Mer selon les principles difinis par
la loi du 30 avril 1946 ;
< 20) que toutes les dispositions seront prises pour
donner, aux productions des Territoires d'Outre-Mer
leur place dans les changes a l'intirieur de l'Union
Frangaise et avec les pays strangers
< 30) qu'un plan de production sera etabli pour
Schaque Territoire afin de donner aux producteurs le
legitime bindfice de leur travail,
< Et, faisant confiance au Gouvernement, passe i
I'ordre du jour >.'


Le budget des depenses militaires de la France d'Outre-Mer


Lors des debats sur le budget militaire qui se
sont d6roulds A l'Assembl6e Nationale durant le
mois de juin, les d6putes communists ont
cherch6 A career des incidents en evoquant A diverse
reprises ce qu'ils appellent < la sale guerre du Viet-
Nam >. Le caractere odieux de leurs propos a pro-
voqu6 les protestations unanimes du reste de l'As-
semble ; et le president Herriot, au course de la
seance du o1 juin, n'hesita pas A les qualifier d'in-
jurieux et a r6pondu par un vibrant hommage aux
soldats du corps expeditionnaire.


Les propos des d6putis du Parti communist A
1'Assembl&e ont trouve un 6cho dans la press de oe
parti ou sympathisante. Pour mettre un terme a leurs
soi-disant revelations, le Ministre de la Defense Na-
tionale a fait publier le communique suivant :
Certains journaux font .itat d'accusations selon
lesquelles des atrocitis auraient ete commises en In-
dochine par I'armie francaise. Le Ministre de la
Defense Nationale, qui a la charge de ddfendre l'hon-
neur de l'armie, diment totalement que des faits de
cette nature aient etd perpitris. II fait observer que








les photographies publides a cet igard par une cer-
taine press, I'ont toujours ite sans aucune prici-
sion de lieu, de date et d'origine. D'autre part, le
Ministre de la Difense Nationale a diposi a ce jour
une vingtaine de plaintes contre les journaux qui se
sont livrds a ces odieuses accusations. Enfin, les tri-
bunaux militaires fonctionnant en Indochine rdpri-
ment tous les crimes qui ne sauraient, en aucune cir-
constance, etre toldrds comme contraires aux tradi4
tions d'homneur et de discipline de I'armie francaise.
Le project de loi fixant le budget des depenses mi-
litaires de la France d'Outre-Mer pour l'exercice
1949 prevo)it une demand total de io6 milliards
803 millions de credits, don't ior milliards 942 mil-
lions de dipenses ordinaires et 4 milliards 861 mil-
lions pour la reconstruction et l'equipement.
Pour l'Indochine, le total des d6penses ordinaires
prevues s'elive A 76 milliards 373 millions.


Une note preliminaire au project fait ressortir que
< les 6evnements survenus en Extreme-Orient ne per-
mettent pas de r6aliser les reductions effective qui
s'av6raient ineluctables dis lors qu'il 6tait d6did6 de
limiter le total des d6penses A 80 milliards. >
La note ajoute que les depenses militaires ordinai-
res de la France d'Outre-Mer sont essentiellement
consacrees a l'entretien des effectifs qui participent
A des operations actives dans la proportion des trois-
quarts.
'Quant aux effectifs des troupes, ils se montent ai
total de 168.985 hommes, don't I15.000 pour l'Indo-
chine.
Alors que io8.ooo hommes 6taient stationnes dans
ce pays au 31 dicembre dernier, le project fait 6tat
d'un effectif de ioo.ooo hommes, mais un contingent
de 15.ooo hommes supplnmentaires 6tait entretenu
au compete de l'Indochine.








L'ACTIVITR MINIsTrRIELLE.


La question d'Indochine au congress M. R. P. de Strasbourg


Au course du Congres du M.R.P. tenu A Strasbourg
A la fin du mois de mai; le Ministre de la France
d'Outre-Mer a fait un expose remarque sur le pro-
bl&me de 1'Union Frangaise. En de qui concern 'In-
dochine, le Ministre se.-dfend de n'avoir pas de po-
litique A ce sujet. I1 a montre que, depuis novembre
A947, d'etape en tape, en passant par les accords
de la baie d'Along, jusqu'aux decisions parlemen-
taires sur la Cochinchine consacrant l'unit6 des trois
< Ky >, la politique du Gouvernement peut, certes,
ktre critique, mais qu'on ne saurait dire qu'elle
n'existe pas et qu'elle n'est pas coh6rente. II a indi-
qu6, ensuite, qu'il faut attendre les r6sultats de 1'ex-
p6rience Bao Dai, qui n'est pas encore commence,


mais que, deja, un certain apaisement a Wte constat6
au course des n6gociations preliminaires entreprises
par le Souverain.
Une motion sp6ciale concernant 1'Indochine a ete
votee A 1'issue du Congres du M.R.P., qui < adresse
son salut emu et reconnaissant aux combatants fran-
cais et vietnamiens luttant fraternellement unis au
sein des armies de 1'Union Francaise pour le maintien
Sde la presence frangaise, et demand -au Gouverne-
ment de la Republique de rechercher'toute occasion
pour que cesse, enfin, une guerre fratricide contraire
A l'esprit comme A la lettre de la Constitution de la
Republique >.


Pose de la premiere pierre de la Maison de la France d'Outre-Mer
a la Cite Universitaire


Au course d'une cer6monie, qui s'est d6roulee le
22 juin A la Cit6 Universitaire, M. Coste-Floret, mi-
nistre de la France d'Outre-Mer, a pos6 solennelle-
ment la premiere pierre de la < Maison de la France
d'Outre-Mer >.

On notait la presence de MM. Monnerville, pr&-
sident du Conseil de la Republique ; Boisdon, pr6si-
dent de l'Assemblee de l'Union Frangaise ; Juglas,
president de la Commission des Territoires d'Outre-
Mer A l'Assemblee Nationale ; Honnorat, cr6ateur
de la Cit6 Universitaire ; Martine, Secr6taire g6ndral
de la Fondation.

Le Ministre de l'Education Nationale 6tait repr6-
sent6 par M. Sarrailh, recteur de 1'Universit6.

Prenant la parole dans la grande salle d'honneur
de la Cit6 Universitaire, M. Coste-Floret a evoqu6
toutes les raisons qui justifient cette creation, appe-
lee A unir, par les liens indestructibles de l'esprit, les
elites futures de 1'Union Frangaise.

Des disciplines intellectuelles qu'acquerront nos
jeunes itudiants a la Cite Universitaire, a-t-il declare
notamment, rdsulteront certainement des bienfaits
incontestables pour le ddveloppement de l'Union


Francaise. Cette foundation depassera done le cadre
d'une simple construction matirielle ; elle aura, sur
le plan moral, un retentissement considerable. Nous
avons ete disireux de preserver ces elites d'Outre-
Mer d'un abandon demoralisant autant que nuisible
a leurs itudes.
Soucieux, d'autre part, de les soustraire, dans la
measure du possible, aux inconvenients des logements
de fortune et de cuisine de rencontre, nous avons
acuvre pour que, du moins, le plus grand nombre
d'entre eux vivent, dans la capital, une existence
saine et appropriee, tout en forgeant ces liens de com-
prehension mutuelle, de camaraderie raisonnee, de
fraternity de ceeur qui sont l'bonneur de la Citi Uni-
versitaire et le fait de notre enseignement.
La Maison de la France d'Outre-Mer, don't la cons-
truction est deja commence, est placee entire la Fon-
dation mon6gasque et la Maison hellenique. Elle
pourra recevoir deux dent quarante 6tudiants, r-
partis dans deux cents centres. Y auront acc&s les
citoyens franqais et les citoyens de 1'Union Fran-
Gaise originaires de l'un quelconque des Etats as-
socies et des Territoires d'Outre-Mer. On prevoit
que la foundation sera ouverte aux 6tudiants A la ren-
tree d'octobre 1951.


12








C6r6monie en Sorbonne a la m6moire de Gallieni


Une c6r6monie solennelle A la memoire du mard-
chal Gallieni, A l'occasion du centenaire de sa nais-
sance, s'est d6roul-e le 24 juin dans le grand amphi-
th6itre de la Sorbonne, sous la presidence de M. Vin-
cent Auriol, President de la Republique et de l'Union
Frangaise.
On notait la presence de M. Monnerville, president
du Conseil de la R6publique ; de la princess Yu-
khantor, vice-presidente de l'Assemblee de 1'Union
Frangaise ; des g6enraux Sabattier, president dd Co-
mit6 interminist6riel du Centenaire, Mast, Bergeron,
Niessel, ainsi que de nombreuses personnalites fran-
qaises et coloniales.
Sur l'estrade avaient pris place Mme Gruss-Gal-
lieni, fille du marechal, et le sous-lieutenant Gallidni,
petit-fils cdu, marechal.
Apris ]e president Paul Boncour, qui evoqua ses
souvenirs personnel sur le r6le d6cisif joue par le
mar6chal Gallidni dans la bataille de la Marne, ainsi
que sur ses conceptions strategiques, M. Coste-Flo-
ret, ministry de la France d'Outre-Mer, a retrace la
magnifique carriere colonial de Gallieni, homme
d'action, administrateur, bumaniste et professeur
d'inergie et de volonte. \
Quel fut le secret de son success ? dit-il notamment.
Secret trs: simple, en virite. II l'expose dans une cir-
culaire adressee a ses collaborateurs.
< II faut vous rappeler, ecrit-il, que dans les luttes
coloniales, nous ne devons ditruire qu'a la dernidre
extremite et, dans ce cas encore, ne ditruire que pour
mieux bdtir. Toujours nous devons manager le pays
et ses habitants puisque celui-la est destine a rece-
voir nos entreprises de colonisation future et que
ceux-ci seront nos principaux agents et collaborateurs
pour mener a bien ces entreprises. Chaque fois que


des incidents de guerre obligent l'un de nos officers
coloniaux a agir contre un village, il ne doit pas
perdre de vue que son premier soin sera de recons-
truire le village, d'y creer un march, d'y itablir une
ecole.
Le r6le du soldat ou de l'officier ne doit pas se
borner a l'action militaire, mais a une mission plus
itendue et plus dlevee. II lui appartient de commen-
cer l'organisation et la mise en valeur des territoires
que sa bravoure a donnis a la France.
Ainsi donc, pas de raffias, d'incendies, de pillages
et de massacres, mais le souci constant de conserver
les resources locales et de nous rendre les popula-
tions favorables. >
La grandeur de Gallieni, a-t-on pu dire, ne fut pas
tant d'avoir reussi a abattre des chefs pirates que de
l'avoir fait d'une maniere constructive et, avec des
pertes a peu pris nulles de part et d'autre. En dehors
des considerations stratigiques, sa fameuse mthbode
de la tache d'huile s'inspirait beaucoup du souci de
manager a la fois ses homes et les populations au
milieu desquelles ils opdrent. Si, parfois, il recourut
a l'action de force, comme ce fut le cas surtout au
Tonkin, c'est que les moyens politiques avaient
dchoue.
Homme de ceur, sa bonti etait naturelle ; il avait
horreur des mechancetis et des mesquineries. Le mal
l'indignait plus qu'il ne l'etonnait.
Le sens aigu de l'bumain, il l'a concrete dans cette
recommendation qu'il adressa e ses troupes et qui, h
elle seule, constitute tout un programme : < Faites
que les populations au milieu desquelles vous aureZ
a agir ne redoutent rien autant que votre depart >.
A l'issue de la c6r6monie, une m6daille de bronze
A l'effigie du marechal Gallieni a 6t6 remise au Pre-
sident de la Republique.


Commemoration du cent-cinquantenaire de la naissance de Rene Caille


M. Paul Coste-Floret, ministry de la France d'Ou-
tre-Mer, a inaugure, le 26 juin, A Mauz6 (Deux-
Sevres), le monument commemoratif du cent cin-
quantenaire de la naissance de l'explorateur Ren6
Caill6.
A la tribune officielle, le Ministre 6tait entour6 du
pr6fet des Deux-Sevres, du colonel Jacobson, presi-
dent du Comit6 national Rend 'Caill6, et de nom-
breux parlementaires et personnalites, don't M. Coud6
du Forest.
Dans une allocution, M. Coste-Floret a tir6 I'en-
seignemen;t de ce qu'a realise Rene Caille, pour les


relations colbniales : Se conzaitre, ddvelopper l'ami-
tie entire les races et les peuples et appliquer la mj-
thode .du courage.
Pour l'avenir de l'Union Francaise, il faut pour-
suivre avec acharnement, a dit encore le Ministre,
cette union spirituelle qui se resserra, aux heures tra-
giques de 1940 autour de la Mdtropole momentand-
ment enchainde. Et, pour la grandeur et le rayonne-
mrent de la France, inspirons-nous des leCons, toujours
presentes, de Rene Caille, qui a donned un des plus
beaux examples de fraternity humaine.








CONFERENCES ET MANIFESTATIONS DIVERSE


LE PROBLEM
DE L'ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
ET PROFESSIONNEL

Sur l'initiative de sa Commission de l'Enseigne-
ment, le Comit6 central de la France d'Outre-Mer a
consacr6, au probleme de l'enseignement technique
et professionnel Outre-Mer, une important seance,
presidee par le professeur honoraire au College de
France Chassigneux, qu'assistait M. J.L. Gheer-
brandt, Directeur des Affaires g6enrales.
Repondant A l'invitation du Comit6,. M. Gaston,
Inspecteur general de l'Enseignement au Ministire
de la France d'Outre-Mer, a fait entendre un expose
tres complete sur cette question essentielle pour I'ave-
nir de l'Union Frangaise. Il est urgent, a-t-il declare,
de partir d'insuffisances notoires pour aboutir at une
organisation digagee des erreurs commises. Notam-
mient, 1'expirience a prouvi qu'il ne fallait pas comp-
ter sur l'ecole primaire pour former des ouvriers.
-De nouvelles methodes, tenant compete, a la fois,
des conditions matirielles et morales, salaires et
maintien dans la profession, comportant, a la fois,
sa valorisation hierarchique et des perspectives d'ave-
nir, vont entrer en application. Le moment semble
d'ailleurs favorable.
Un change de vues, au course duquel ont ete, no-
tamment, entendus MM. le g6enral Azan ; A. Lau-
rence, des Syndicats chretiens ; le professeur Mous-
sate et le Gouverneur Dumont, a permis de rassem-
bler, en pleine identity de vues aveo l'expos6 de
M. Gaston, les vceux du Comit6 pour une rapide
mise en oeuvre de measures pratiques.


UNE MISSION
DE L'INSTITUT INTERNATIONAL
DES LANGUES ET CIVILISATIONS AFRICAINES

L'Institut International des Langues et Civilisa-
tions Africaines, don't le siege est A Londres, vient de
confier, A des sp6cialistes britanniques, francais et
belges des langues africaines, la mission de proc6der
A une enqu'te approfondie sur les zones de d6limi-
tation des dialectes dits < soudanais > et < bantous >.
Les enquteurs se sont divis6s en deux groups :
le premier, oi figurent les professeurs Tucker, Grif-
fith, Quick et le R. P. van Bulck, entreprendra ses
travaux dans la region du lac Albert ; le second, qui
comprend les professeurs Guthrie, Richardson et Jac-
quot, s'est reuni A Leopoldville et se rendra prochai-
nement au Cameroun. Les deux groups marcheront


A la rencontre l'un de l'autre, pour se rejoindre sur
les rives de l'Oubangui, vers Libengu6. On pr6voit
que les travaux sur place dureront un an. A l'expira-
tion de de delai, la mission tout entire rejoindra
Londres pour proc6der au d6pouillement et A la mise
au point des r6sultats obtenus.


UNE CONFERENCE DE M. R. DELAVIGNETTE
SUR ( LES PAYSANS NOIRS ,

M. le Gouverneur g6enral Delavignette, Directeur
des Affaires politiques au Ministere de la France
d'Outre-Mer, a fait au Club de 1' < Aube >, sous
la pr6sidence de M. Juglas, president de la Commis-
sion des Territoires d'Outre-Mer A l'Assembl6e Na-
tionale, une conference sur le film < Les Paysans
Noirs >, tir6 de son roman.
Ce film, selon M.Delavignette, ne traduit pas seu-
lement une integration physique A la vie africaine,
mais constitute par son caractire d'authenticit6 scru-
puleuse, un moyen de communication qui permet de
mesurer les reactions du monde occidental A la vie et
A la v6rit6 du monde africain.
Ce n'est pas, a-t-il declare, un documentaire, mais
un timoignage plein d'action sur l'evolution des pay-
sans noirs.
Cette conference a 6et suivie d'un debat auquel
ont participe MM. Georges Reguier, metteur en
.scne du film, Balpitr6 et Arbessier, ses principaux
interprites.


ACADIMIE DES SCIENCES COLONIALES
Siance du 3 juin

M. Durand-R6ville, A propos d'un opuscule de
M. Jean Chatelain offert a la bibliotheque de l'Aca-
demie : 'Le Statut des Nouveaux Departements
d'Outre-Mer >, a insist sur les dangers que comporte
I'assimilation.
Le m6decin-g6enral Mathis a exprim6 le regret
que, dans son ouvrage : La Martinique >>, I'auteur,
M. Revert, n'ait pas mentionne, dans la parties his-
torique, ce fl6au que fut la fievre jaune pour les
Blancs pendant les xvIIn, xville, xlxe et debut du xx'
si&cles, maladie que la science francaise a tant contri-
bu6 A vaincre.
M. Froidevaux a soulign6 l'int6ret de la commu-
nication que venait de faire M. Charliat : < Les
Californiens A propos d'un centenaire, 1849-1949 >,
lequel a rappele un point d'Histoire peu donnu et in-








sist6 sur le r6le queles Franqais ont jou6, il y a un
siecle, en Californie.
A la fin de la seance, a eu lieu le d6pouillement
du vote pour I'6lection d'un membre titulaire dans la
cinquibme section. M. Louis ChAtelain, Inspecteur
general honoraire des Antiquit6s du Maroc, a 6t6
declare 6lu.

Siance du i7 juin
Au d6but de la reunion, un certain nombre d'ou-
vrages ont it6 pr6sent6s.
Le general Azan, desireux de voir 6viter l'emploi
du mot < autochtone > comme synonyme du mot
< indigene > a propose une definition de chacun de
ces terms d'apris leur etymologie.


Maitre Sicaid, bAtonnier de l'Ordre des Avocats
pres la Cour d'appel de Madagascar, a rappele l'6vo-
lution des differentes Assembl6es elues 'qui se sont
succed6 A Madagascar depuis 1918 (avant cette date
il n'y avait pas, A proprement parler, d'Assemblees
elues); et qui y firent entendre la voix de l'opinion
publique malgache en indiquant les preoccupations
de la Grande Ile et ses aspirations.
M. Mace, chef de la D6elgation de la Reunion, a
expose devant 1'Academie les dangers que pr6sen-
tent I'application trop brutale et trop rapide, dit-il,
des textes assimilant la Reunion A un department
franqais ; il faut adapter le legislatif A l'6conomique
et il indique les questions sur lesquelles la Delegation
a 6te charge d'attirer attention des Ministires in-
teresses.








INFORMATIONS DIVERSE


PUBLICATIONS STATISTIQUES
SUR LES PAYS D'OUTRE-MER
DE L'UNION FRANCAISE
EDITEES DANS LA METROPOLE

Le Service des Statistiques du Ministere de la
France d'Outre-Mer public, en collaboration 6troite
avec l'Institut National de la Statistique et des Etu-
des Economiques Statistique Generale d'Outre-
Mer -, des ouvrages qui donnent des renseignements
chiffr6s sur les Territoires d'Outre-Mer de l'Union
Francaise. L'Institut gere les statistiques des trois
pays de l'Afrique du Nord et des quatre d6parte-
ments: Guadeloupe, Guyane, Martinique, Reunion.
Les statistiques de tous les autres Territoires ressor-
tissent de la competence du Service des Statistiques
de la rue Oudinot.
io) Le Bulletin Mensuel de Statistiques d'Outre-Mer.
Au moil de juin 1937, sortait des presses le pre-
mier num6ro du Bulletin Mensuel de Statistiques Co-
loniales. Edited par le Minist&re des Colonies, il por-
tait le double timbre du Service Intercolonial d'In-
formation et de Documentation et de la Direction
des Affaires Economiques et etait- 'ceuvre de deux
statisticiens de la Statistique G6ndrale de la France,
detach6s aupris de cette Direction, MM. Henri Ul-
mer et Georges Bournier.
Dis son deuxieme numero (juillet 1937), cette pu-
blication avait trouv6 la forme qu'elle devait con-
server jusqu'A l'ouverture des hostilitds, son 26 nu-
mero 6tant dat << Aofit 1939 >>. Modeste bulletin de
16 pages, 18x27, il comptait 3 pages de graphiques,
13 de tableaux, oi les statistiques sur l'activit6 des
i colonies > ne remplissaient que 6 pages, les autres
6tant conSacr6es A des renseignements gnd6raux : in-
dices divers, prix de gros des products coloniaux,
importations de products tropicaux dans, la M6tro-
pole.
Quels qu'aient 6td les efforts de ses auteurs, le Bul-
letin Mensuel de Statistiques Coloniales trahissait la
pauvret .de la documentation statistique don't nous
disposions alors sur la structure et l'activitd de nos
Territoires d'Outre-Mer.
La guerre devait douloureusement faire ressentir
ces lacunes.
C'est pour les combler A l'avenir dans' toute la me-
sure du possible qu'a 6et cr6e, en octobre 1943, le
Service Colonial des Statistiques.
Ce n'est pas le lieu, ici, d'en faire l'histoire, d'en
designer les objectifs et d'6numerer les difficultis
qu'il doit encore vaincre (1).


Au debut de l'ann6e 1945, le Bulletin de Statisti-
ques Coloniales reparaissait, sous une forme bien mo-
deste, 12 pages polygraphides ; mais d&s la fin de
I'annee, il 6tait A nouveau imprim6, comprenant 24
pages 21x27.
Depuis sa foundation, le bulletin avait englob6 dans
la documentation presented non seulement les terri-
toires administres par le Ministire de la France
d'Outre-Mer, mais encore les autres parties de la
France d'Outre-Mer.
Depuis le debut de 1947, pour assurer une meil-
leure utilisation des comp6tences et des moyens, la
reduction du Bulletin est assuree conjointement par le
Service Colonial des Statistiques et la Section < Ou-
tre-Mer > de l'Institut National de la-Statistique et
des Etudes Economiques, nouvellement creie.
Le numero de mars-avril 1947 du bulletin parais-
sait ainsi sous le double timbre des deux organismes
et sous le nouveau titre de Bulletin Mensuel de Sta-
tistiques d'Outre-Mer.
Cette collaboration, la creation ou le ddveloppe-
ment des services de statistiques dans les differen-
tes parties de l'Union Frangaise ont permis de d6ve-
lopper la matiere livree au public en quantity et plus
encore, quoique de facon moins apparent, en qua-
lit6.
La presentation alla, de son c6te, en s'amnliorant.
Le bulletin revetait, avec son numero de juillet-aofit
1947, la couverture qu'on lui connait aujourd'hui.
Le nombre de pages s'accrut a measure que s'6ten-
dait la documentation du Service ; de 28, au d6but
de l'ann6e 1947, il atteignait 46 A la fin de l'annee
1948.
En janvier 1949 a 6et inaugurde une serie nou-
velle dans laquelle d'interessantes rubriques sont ve-
nues enrichir la documentation classique de. la pu-
blication, grAce A des faisceaux de renseignements
plus nombreux et plus nourris qu'auparavant et le
bulletin comporte desormais quelque 80 pages de
tableaux.
Compliment au Bulletin. Dans l'intervalle de
publication de cet instrument de travail de-base -
intervalle de 2 mois -, un < Compl6ment au Bul-
letin Mensuel de Statistiques d'Outre-Mer >, 6dit6
de fagon plus sommaire, vient presenter sous une

(1) Le lecteur que ce problime interesse pourrait se re-
porter aux documents suivants :
Inspecteur gin&ral BOURNIER : Misere et grandeur de la
Statistique colonial, Bulletin d'Information du Minist&e de
laI France d'Outre-Mer, avril 1946.
P. G. MARIETTI : ( La Statistique G6narale en France ,
Presses Universitaires de France, Volume in 8, 325 francs.








forme condensee, les renseignements qu'il est interes-
sant d'utiliser au plus t6t, dis qu'ils sont 6tablis,
pour suivre de plus pros l'6volution des ph6nomenes.

2) L'Annuaire Statistique de l'Union Frangaise
Outre-Mer.
Jusqu'A 1945, il n'existait pas d'Annuaire propre
A l'ensemble des Territoires franqais d'Outre-Mer.
L'Annuaire de la Statistique .Gindrale de la France
leur consacrait environ 55 pages don'tt les statisti-
-ques douanieres fournissaient A elles seules le tiers)
et sur cet ensemble 25 pages 6taient reservees A l'Afri-
que du Nord.
En 1944-1945, sous le titre Annuaire Statistique
des Possessions FranCaises, fut public un ouvrage de
250 pages, comportant des renseignements chiffres
pour les annees anterieures A la guerre 1939-1945,
sur tous les Territoires d'Outre-Mer, en ce qui con-
cerne les diff6rents chapitres suivants : climatologie,
territoire ?t population, sant6 publique, enseigne-
ment, justice, mines, communications, credit et ban-
que, commerce, finances publiques. En tate de cha-
cun de ces chapitres, une notice donnait les princi-
paux renseignements qu'il 6tait essential, au lecteur
de posseder pour 6clairer l'aridit6, toute relative d'ail-
leurs, des chiffres contenus dans les tableaux.
La pauvret6 des moyens d'impression de l'6poque
n'avait permis qu'une edition provisoire, sortie avec
des prodigies d'ing6niosit6.
Cet ouvrage representait le premier ensemble com-
plet de statistiques des Pays d'Outre-Mer francais.
Depuis janvier 1949, il est public sur les presses
de l'Imprirnerie Nationale un Annuaire Statistique
de l'Union FranCaise d'Outre-Mer, don't les diff6rents
chapitres sortent par fascicules s6pares et qui passe
sous revue les annees 1939 a 1946. Ont et ainsi pu-
bli6s les 5 fascicules suivants :


Population ................ ......... 88
Sant6 Publique ....................... 96
Enseignement ........................ 60
M ines ............................... 56
Communications (dhemins de fer, ports,
navigation adrienne), Postes et Tl66-
communications, Energie electrique .. 120


pages


Sont en course d'impression ou en preparation les
chapitres suivants :
Agriculture, Finances publiques, Credit et Ban-
que, Commerce, Travail.
Cet Annuaire repr6sente une some considerable
de renseignements sur chacun des Territoires de
1'Union Frangaise Outre-Mer. C'est un instrument
de travail essential pour quiconque entend mener une
6tude avec une solide documentation de base.

*

LES CONDOLEZANCES
DE L'EMPEREUR BAO DAI
AUX AUTORITIS' ECCLESIATIQUES
A L'OCCASION DU DICES
DU CARDINAL SUHARD

A l'occasion de la mort du cardinal Suhard,
M. Pham van Binh, sedretaire particulier de S. M.
Bao Dai et d6legu6 du Gouvernement central du
Viet-Nam A Paris, est venu', au nom de l'Empereur,
de l'Imperatrice et du Gouvernement vietnamien,
s'incliner devant le lit mortuaire du prelat et appor-
ter ses condoleances aux autoritis eccl6siastiques ae
la capital.

*!

LES QUOTAS D'EXPORTATION DE JUTE
DE L'INDE

Le Gouvernement des Indes a annonco les nou-
veaux quotas d'exportations de products de jute pour
le deuxieme semestre de 1949, se terminant le 25 d&
cembre (en tonnes) :


Cameroun frangais ..................
Afrique Equatoriale .................
Indochine .........................
Afrique du Nord ...... ...............
Iles du' Pacifique ........ ......... .
Afrique Occidentale .................
M adagascar ................... .....
Ile de la Reunion ...................


500
500
7.500
2.000
16o
2.500
400
600


L~C~








LA VIE POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE


L'etablissement et la procedure d'execution des programmes tendant &
la r6alisation des plans d'equipement et de developpement des T. 0. M.


La procedure d'6tablissement et d'execution des
programmes de realisations des plans d'6quipement
et de d6veloppement des Territoires d'Outre-Mer
itablis dans le cadre de la loi du 30 avril 1946 est
d6sormais regie par un d6cret du 3 juin 1949 (J.O.
4 juin). Ce texte abroge le d6cret du 16 octobre 1946
portant creation dans les Territoires d'Outre-Mer
de < budgets speciaux > d'exeoution des plans d'equi-
pement et de d6veloppement.
* Chaque programme comprend I'ensemble des pro-
jets A engager pendant la periode allant du i" juil-
let de l'ann6e donnant son nom au programme au
30 juin de la quatrieme annee suivante au plus tard.
Le programme ainsi d6fini comprend plusieurs sec-
tions :
ao) Une << section gindrale > : comprenant les de-
penses de recherche scientifique, les participation
de l'Etat aux societies d'Etat, mixtes et les d6penses
relatives aux projects d'un int6ret commun Mktro-
pole-Outre-Mer. Toutes ces d6penses sont supporters
pour la dotation de l'Etat au F.I.D.E.S.
20) Les sections d'Outre-Mer (une par Federation
ou Territoire autonome) comprennent les depenses
d'inter&t purement local reparties en trois titres :
Transports et communications, Developpement de la
production, Equipement d'inter&t social.
La < section gindrale > est prepare et pr6sentee
par la Direction des Affaires economiques du Mi-
nist&re de la France d'Outre-Mer, Elle est deliberee
et arr&tee par le Comit6 directeur du F.I.D.E.S.
Chaque section d'Outre-Mer est preparee et pre-
sent6e par le chef du Territoire dans la limited des
autorisations d'ensemble accordees par le Parlement;
elle est deliberee par les Assembl6es locales (Grands
Conseils ou Assembl6e de Territoire). L'initiative
des d6penses appartient concurrement A l'Assemblee
et au chef du Territoire, sous reserve que l'objet de
la d6pense figure au plan d6cennal d'equipement. Le
Comit6 directeur du F.I.D.E.S. exerce un contr6le
sur ces deliberations (approbation ou renvoi), les
deliberations sont rendues ex6cutoires par arrkt6 du
chef du Territoire (ou de la F6edration). L'appro-
bation donn6e par l'Assembl6e A un programme ne
comporte l'engagement de couvrir sa participation


aux charges du financement. Les contributions figu-
rent en d6penses au budget local ou au budget g6-
neral A la section extraordinaire, les resources cor-
respondantes figurant en recettes A la meme section.
L'execution de la section g6nerale est confide au
Ministre de la France-d'Outre-Mer, ordonnateur
principal ; les chefs de Federation ou de Territoires
sont ordonnateurs secondaires de ces d6penses dans
les limits des autorisations d'engagement et des
credits de paiement qui leur sont d6legues par l'or-
donnateur principal.
L'ex6cution de la section d'Outre-Mer est confide
au chef de la Federation ou du Territoire autonome.
Dans les deux cas les ordonnateurs principaux
peuvent constituer des ordonnateurs d6elgu6s agis-
sant sous leur contrble et leur responsabilite.
L'execution est soumise au contr6le de l'Inspec-
tion des Colonies. La comptabilit6 des d6penses en-
gagees est tenue par le Directeur du contr6le finan-
cier ou A d6faut par le comptable superieur du Ter-
ritoire. Annuellement un rapport est adresse au Mi-
nistre de la France d'Outre-Mer et au Comit6 di-
recteur du F.I.D.E.S.
Chaque ordonnateur principal des sections d'Ou-
tre-Mer adresse semestriellement un rapport au Mi-
nistre de la France d'Outre-Mer sur la situation du
programme en course d'ex6cution. Ce rapport, accom-
pagn6 d'un relev6 des operations d'engagement et de
paiement, vis6 par le comptable sup6rieur du Ter-
ritoire, est transmis au Comit6 directeur du F.I.
D.E.S. et au President de la Commission perma-
nente de l'Assemblee locale compktente.
Au 30 juiri de chaque annee chaque ordonnateur
principal 6tablit dans les memes conditions un rap-
port qui est communique au Parlement, A la Cour
des Comptes et au Comit6 directeur du F.I..E.S.
Apres cloture du programme, chaque section d'Ou-
tre-Mer donne lieu A l'6tablissement d'un compete
d'emploi par son ordonnateur principal, de meme
que la section g6nerale tout le compete d'emploi est
6tabli par le Ministre. Ces comptes d'emploi sont
soumis au Comit6 directeur du F.I.D.E.S., au Par-
lement et A la Commission de verification des entre-
prises publiques.







Le 21 juin M. Tony-Revillon, Secretaire d'Etat
A la France d'Outre-Mer, a donn6 devant l'Assem-
bl6e Nationale des precisions sur les investissements
clu F.I.D.E.S. dans les Territoires d'Outre-Mer.

Le total des credits d'engagement don't a bine-
fici6 le F. I. D. E. S. depuis sa creation jusqu'au
30 juin 1049 est de 81.978 millions de francs don't
42.176 provenant des subventions de l'Etat. Sur les
39.752 millions qui reprisentent la participation des
territoires, 22.500 millions proviennent des avances


de la C.C.F.O.M., ce qui montre l'importance de
I'appui de la M6tropole.
La repartition des credits allou6s au F.I.D.E.S.
est la suivante : Transports et communications,
52.191 millions; d6veloppement de la production,
13.188 millions; recherches scientifiques, 2.882 mil-
lions; investissements d'intr&t social, 13.717 mil-
lions.
Les grands travaux publics representent les deux
tiers du total environ, soit 52.191 millions don't
21.000 au r6seau routier du bloc africain.


Creation d'une Commission du Cinema d'Outre-Mer


Par arrit6 du 19 mai 1949, publiC, au Journal
Officiel du 14 juin, il est cree, aupres du Ministre
de la France d'Outre-Mer, une Commission du Ci-
nema d'Outre-Mer.
Cette Commission a pour but, dans le cadre des
riglements qui regissent 'action ides diff6rents ser-
vices du Ministere de la France d'Outre-Mer :
oi) l't6ude des conditions d'emploi du cinema
comme instrument d'information, d'education et
d'enseignement dans les groups de territoires et ter-
ritoires relevant du Ministere de la France d'Outre-
Mer et comme instrument d'information sur ces ter-
ritoires dans la M6tropole ;
2) le recensement des films de tous ordres et de
tous formats utilisables dans les groups de terri-
toires et territoires a des fins d'education, d'informa-


tion et d'enseignement, et, dans la Metropole, a des
fins d'information sur ces territoires;
3) le recensement des appareillages techniques
agrees dans la M6tropole, utilisables dans les grou-
pes de territoires et territoires de la France d'Outre-
Mer ;
4) la diffusion de la documentation ainsi etablie
et des films retenus ;
5) l'6tude des conditions de production, d'6dition
et de distribution de films de tous ordres utilisables
A des fins d'education, d'information et d'enseigne-
Inent dans les groups de territoires et les territoires;
60) plus geriralementi l'6tude de toutes questions
relatives au cinema interessant le Ministre de la
France d'Outre-Mer.


L'assainissement du march du rhum


Aux termes.d'un decret et d'un arrkt6 tendant A
l'assainissement du march du rhum, que public le
Journal Officiel du 17 juin, les dispositions autori-
sant le report des fractions de contingent de rhum
non fabriquees dans l'ann6e correspondante, sont
abrogees.
D'autre part, A partir de cette date, toutes ex-
peditions, en exoneration de la surtaxe prevue A
l'article Io du code des Contributions indirectes, de
rhu'ms en provenance des D6partements et Territoi-


res d'Outre-Mer, sont provisoirement suspendues.
A titre transitoire, ces dispositions ne sont pas
applicables aux territoires de Madagascar et de
l'Indochine.
Sont exempts de cette measure et dans la limited
maximum de 1.200 hectolitres d'alcool pur les rhums
de la Martinique dits < Grands Ar6mes >, sous
reserve de la verification de leurs caracteristiques A
la diligence de l'Administration locale des Contri-
butions indirectes.








INFORMATIONS ADMINISTRATIVE


QUESTIONS POLITIQUES

* Le terriitoirle de la Coichinichiine lelst attach6 a
PEtat Associt6 du Viet-Nam. I(Loi 4 juin 11949. J.O. duv
5 jgin).
* La 1~gislation en vilgteur en m~atiere dei 16gislation
adoptive et d'aidoption, est rendine appliiciable. aux
Territoires d'Outre-Mer autres que d'Indochine. (D6-
cret 4 juin. J.O. 14 juin).
* La date de l'ile~tion d'un sanaJteur pour le Tera-r
toire idiu Garbon (2r icolilge) a 'itti fixe aiu 24 juillet.
(Decret 27 juin. J.O. 28 jui.n).

ADMINISTRATION

4 Le d;irlet du 1i3 juilllet 11944 sur l'organisatioA gA-
n6rale et lhee statute idu personnel ,des services des
mines, travaux puibliicas let techniques indiustrielleis
relevant die la F.iO.M. Ua .ti modlifiwi lein iee quii cioniceirne
le tableau ide classelemleint dans les Acheles de grade
de son article II et les conditions id"avancement. Dies
modifications importantes ont WtA apporttes h d'au-
tres, dispositions diu texte : conditions de sseirvicie,
rieerulement par Iconoours, dicriet, riecrutement suir
titres, situation des stagiaires. (D6cret 27 et 30 mai.
J.:O. 1 .jujin).
9 L'offiioe ide la relchercdhe scientifique colonial a
pris la denomination d' < Office de la recherche
scientifique Outre-Mer >. (AnrrtA 28 miai. J.O. 3 juin).
* La commission deis maivchits dei travanu, fournli-
tures let transports, nimputables aux budgets gnkraux
et locaux des Territoires d'Outre-Mer est remplacte
par deux commissions consultatives, l'une pour les
marches de travaux publics, l'autre pour les marches
de fournitures et de transports. (Arrete 7 janvier
194.9. J.O. 4 juin).
* Un arr'tt du 3 juini du minisitrei diei la France d'On-
triei-ler fixe la irpatitition piouir Pann6e. 1949 des erm-
plois sulsceptibles d'etre normaleeinmeint attiributs aux
inignieurs Idiu cadre g6inAral des itraivaux publics 'des
colonies ainsi .iue dies leffectifs maxima dde 'ce pier-
sonnel. (J.O. 112 jiuin).
* IL'iorganisati'on du a ( Conse'il supi6rileiu'r dei la
Chasse aux Colonies a W6t modifi6e par un d6cret
diu 20 juin. (J.O. 21i1 juin).
L'orrganisation du Cionseil suikrieutr ide la protec-
"tion de Ta Nature dans les Tenritoiries d'WOutre-Mer )
a U6t mio'difiei par un d6creit d'u 201 jiuin. (J.O. 21
juin).
40 L'organisation duo cirdit agriicole muituiel en A.O.F.
ia ,6t moidifite par un d4cret en date 'du 8 juin 19,49.
Les perts individuals a long terlmie sont notamnment
ports A 1 million, let les syndicates aigricoles cra6s
.comnformment :aux dispositions diu .di6cnet diu 7 aofit
1944 peuverit fire partial ides caisses locales. (J.O.
22 jiuin).


* Ont ie6 di6siignes Ipour fire paritie du ,Corseil
d'aidministration -die la R14gie dies Clhemins de Fer du
Camleroun : iun idIgu6 Ide i'Assetmnblie Representa-
tivel. Le ichef du, serviiae des Eaux et Forets ; Pins-
pecteur ides Affaires. aid\minisitratives rnempiacie Fins,
pleicteur igen6iral diu Travail cloanne meemibre du
Gomit6 die directionsn. (Arrutl. 10 djuin. J.O. 17 juin).

* Les conditions .d conmcours. pour le recrutemie:nt
des r6dacteurs stagiaires de l'Administration g6ne-
rale des Colonies sont fixi6es pair un arrvte du 2 juin
Idu miniistre de la F.O.iM. (J.O. 4 jiin).
La date en est fix6e au 1"' et 2 d6cembre 1949.
* La liste dies candidates autoris's A sub'ir leis 6preu-
ves diu conncours die: 19,491 pour liei ;giade d'inspecteur
de 3' classes des Colonies iest publluibe au J.O. du 14
juin.
* La li.stle dies candidates ,aautoirissi A 'siubir leis 'pre'-
ve.s du conicours profelssionnel pour Padi nissi'on a
l'eimploi de controleur-rudaclteur ides transmissions
coloniales a 6t6 publi6e au J.O. du 19 juin..
* Un contours pour l'adimlission iau grade de chef
de bureau .de 2" icirasse de i'Admihnistration gi&nrale
,des Coloniles lest oluvert par arrt16 du 9 juin. La date
des 4~1re'uves est fix6e aiux 210 ret 30 noiveimbrie. Les
conditions font F'oijiet d'iun arrut; iniskr au. J.O. du
23 juin.
* La date du iconoours diaadmnission A l',cole sup'-
rieure d'.arpplioation d'"agriculture tropicalei a a.t
fix6e au 12( septembre 1949 ; le nombre des places
mises au cronicour's pour l'admissiiilon ,des; ing6nieurs
stagiaires a at1b dix6 A 2,. (Arrnt4 10 juin. J.O. 15 juin).
* La 'date idiei examenn doa sortie idu stage privu
pour les stagiaires d'administration colonial orien-
ths vers les cadres de agriculture aux Colonies est
fix6e au 4 juillet 1949. (Arr&t* 10 juin. J.0. 15 juin).

ECONOMIE

Le dearet diu ;217 avriil 1948 cr6ant un < CGomite
.dies niz et maisi d'Inidolchine > a t6, moldifiu par un
dicnet .d'u 7 juin 11949. (J.O. 9 juin).
Les adeiux dtcinreltsi en date .diu 116 'fvriielr 1947 con-
,cernanit le ,conditionneanent du cotton et du 116 f-
vrier 1948 coniclernanit lei conditionn.ement des ba-
nanes fraiches ont &t6.modifiBs. (Dtcret 11 juin. J.O.
14 jiuin).
Le oeirtifiaoat de quality applicablele aux jus .de
Fruits .exploirtis sera elxiig iconmpter diu 15 septem-
ibre 1949 pour les exiportations A destination dies
Teirrito,ires die l'U'nion Francaise. (Arrete aigric. 30
lmai. J.O. 14 juin).

FINANCES

La conlptabillit desi recieveurs idle l'ienregistre-
ment, ,des douanesi eit du timlbrie est rattacdhbe, dans









les 'Territoires neilevanit du Minist6rie de la F.O.M.
autres qui l"Indo-chine, A oallie .des Tr6stori.ersg6-g
n6ira x et Tn6soriiers-tpayeuars. (D6creit 27 m'ai. J.O.
ler juin).
& Une majoration des tarifs de pensions base sur
la diuire die service dies militailres et miarinss :autoch-
tones dles Territoires Outre-IMer IElst prevue ip-ar u'n
d6cret du MinistBre de la D6fense Nationale du
9 juin. (J.O. 10 juin).
* Les caract6ristiques et les conditions de frappe
,des pieces de 15 fr,, 2 fir. iEt 1' fr. destiniles a la Cote
Francaise -dies Somialist, don't la fabrication a 6t'
autorise pair le dlcret du 27 mars 19419 ont 6t6
fixes par arrte6 ;du 18 mai 194'9. (J.O. 14 juin).
* La fabrication die picees idivisionnaires diet 15 fr.,
2 fr., 1i fr. 0O fr. 150 pour la Nouvelle Oaldoanile et
D&ependan.ces a .et, aiutorisiel par un idbcret du 22
juin. (J.O. 24 jiuin).
* La fabrication de piAces divisionnaires de 5 fr.,
2 Ifr. 1 fr. eit fr. 50 ,a 6tb auutorisiAe dan:si es 6tablis-
seanmiets frangais d'iOic.anie'. (Dbcret 212 juin. J.O. 30
juin).
* Les .conditions de finianclemnent du renouivellement
,des installations et diu, miat6irileil dles Rtigiies ferro-
viaires de la France d'Outre-Mer sont fixes par un
d6cret du 14 juin 1949 (J.O. 15 juin), don't les dispo-
sitions coinpl6tent la loi du '28 f6vrier 1944 et le
d6cret du 24 avril 1947.
* Cinq deliberations en mratirne fisic'ale de 1'Assem-
blie Riepir'eentative rdes Etabilis.siements ifran gais
dIOic6ianie oalt ,tA appTrouvies par dBicret du 3 juin.
(J.O. 9 juin).
* Une d61ibi6ration d'e 1'Asssiemblnel Relprnsentative
des Etlabilirsseiments frangais dle l'Oc6anie tend'ant a
exon6rler dies drnoits de .dioutanie ,dansi ce teirritoire,
toutes les inarddhandliseis implort6ens pour lie compete et
aux flrlais de l'Etat, du, territoire, des collieictivit6s
publiques et de 1'Institut de recherches m6dicales
d'Oic6anie a AtA ,approuv&'e par d6 cret du! 2,0 juin
1949. (J.O. 211 juin).
O Quatre delibArations de l'Assembl6e Repr6senta-
tive die Ma dalgascar :en date die4ss 1'0 let 1'1 mai portant
sur lies droits fiscaux .A I'iimportation let A i'expor-
tation out .it6e approuvieos par un dec:ret du 20 j'uin.
(J.O. 212 jain).
* Une dellib6ration Idu 4 mars 1194'91 die I'AssenibiAe
Representative de Madagasicar fixant Je mode, d'as-
siette, les r6gles de perception et les tarifs des
droitss, taxes .et redevances mianibriels A Madagascar
a it6ie apip:rourv.beli pfar d6c'ret ddu. 210 mars (J.O. 2'2
j'uin).
* Une di.lib 6ration ,de l'Asieslienbile Repirisenltative
du Cameroun, 'en date, du u 115 noivembrie 1,9148, por-
tant 1Sgle nle'ntation de l'enregisturement et du' tim-
bre a W6t approuv6e par un d6cret du 28 juin. (J.O.
30 juin),
* Lels provisions ides re iielettes e.t dies d&penses ad-
miniistratives; .de la iGaisse Intercoloniale dbs Retrai-
tes pour Il'leixrieciice 11949 ont 6t& apiprouT6es par


arrt.6 du 15 juin. Elles s'616vent A 18.221.000 francs.
(J.O. 24 juuin).
* L'indiemnit6 ide fonctian alloale aux players des
Trpsoirilerics colloniales, !chargAs des functions ,de
fonds die ipouvoirs d'un Tr6siorier Payeur g6nara't
ou d'u'n Trisorier Payeur est soaumise A neitenue
pour pensions sur la Caissiet Intercoloniale des e'-
traites. (Ar'ritA 18 juin. J.O. 214 juin).
* L'indentnit ,de r6muneration de service ide agent
counmptaible de l"Offiicie die, la Recheirche sciientifiquoe
d'Outre Mer le,st portA A 1168J00 francs ppar an (du
1" janviief au 31 dioentabret 1.9481 ; A 1916.000 A comp-
ter du Ier janvier 1l949. ,(Arrt6 19 juini. J.O. 17 juin),
* La r6muneration des personnel sp6cialistes ap-
piartenant A I'armnie feminine de l'arniA6e idle telrre en
service dans les territoires relevant du MinistBre de
la France d'Outre-Mer est fix6e par un arr&t6 du
10 juin. (J.O. 17 juin).
* Le secretaire permanent de la Commission con-
sultative franco-britannique du Togo est autoris6 A
percevoir, sur les fonds du budget local du Togo une
indemnity pour frais de representation de 12.00,0 frs
par an (Arr6t .6 mai. J.O. 127 juin).
* Le montant maximum des avances susceptible
d'6tre consenties A l'officier gestionnaire du maga-
sin central des colonies A Marseille a A6t port de
500 A 1.500.0,00 (paiement des salaires du personnel
civil et menues d6penses de materiel). (ArretB 1"
juin. J.O. 28 juin).
* La Caisse autonome du p6cile, institute en Inde-
chine par le decret du 1' mai 1929 an profit des
ouvriers autonomes des plantations a AtA dissoute
par d6cret du 125 juin (J.O. 2'8 juin).
* Le fonds de roulement de la RBgie des -Chemins
de fer du Cameroun a 6t6 port A 150 millions et
l'annuit6 obligatoire de roulement A 50 millions (Ar-
0rt6 31 mai. J.O. 16 juin).
* Les status du < Centre technique forestier tro-
pical > institu6 par un arr6t6 du 10 mai 194'9 ont 6te
approuv6s par un arretA du 13 juin (J.O. 15' juin).
* Les status du << Bureau central d'ttudes pour les
6quipements d'Outre-Mer > don't la creation a 6t&
autorisee par un arretA du 10 f6vrier 1949 ont Wte
modifies par un arret6 du 20 juin. (J.O. 29 juin).


PROMOTIONS ET NOMINATIONS

Ont BtA promus :
0 Dans le cadre des Gouverneurs : M. Colombani
(Jean-Ignace) Gouverneur de 3 classes. (D6cret 10
juin. J.O. 11 juin).

* Dans le cadre des Travaux publics : M. Jacqui-
not, Inspecteur Ge6nral de 2 classes des Travaux
publics. (D6cret 3 juin. J.O. 9 juin).

* Dans le cadre de l'Agriculture : M. du Pasquier,
Inspecteur G6n6ral de 20 classes. (Arrete 3 juin. J.O.
12 juin).









* Dans le corps de 1'Inspection des Colonies : Ins-
pecteurs de 21 classes :
MM.
Demaille (Jean-Paul), A computer du 1" novembre
1948.
Mazodier (Jean Baptiste), A computer du 1" janvier
1949.
Debay (Jean-Louis), Zoccolat (Gaston-Vincent), Net-
tre (Henry-Andre). (Decret 14 juin. J.O. 15 juin).
* Dans le cadre des Administrateurs des'Colonies :
Au grade d'Administrateur de 1" classes :
MM.
M6nard (Andr6), A computer du 7 mars 1949.
Camouilly (Christian), a computer du 4 avril 1949.
Sully (Gaston), A computer du '9' mai 1949.
B6rard (Jean-Louis), A computer du 20 mai 1949.
Au grade d'Administrateur de 3T classes :
MM.
Moreau (Jean-Ernest), A computer du 7 mars 1949.
Tasson (Pierre), A computer du 4 avril 19499.
Richert (Xavier), A computer du 9 mars 194'9.
Seit .(Albert), A computer du 20 mai 1949.
Dans le cadre des Administrateurs des Services
civils de l'Indochine :
Administrateurs de 1'" classes :
,M. Queinnec (Joseph), A computer du 28 mars 1949.
Administrateur de 3 classes :
MM.
Bitar (Elie), a computer du 218 mars 1949. (D6cret du
20 juin. J.O. 22 juin).
Landry (Jacques), a computer du 14 avril 1949.
Ont e6t nomm6s :
Secretaire general par interim des Etablissements
Francais dans l'Inde : M. Mouzon (Charles-Fran-
cois), Administrateur de 2e classes des Colonies.
'* Directeur des Finances 'de Madagascar : M. Da-
vier (Ir6nee), Administrateur de 1~" classes des Co-
lonies (Decret 27 juin. J.O. 28, juin).
Directeur general de l'Office des Bois de l'A.E.F. :V
M. Jean Fournols, Ing6nieur des Eaux et Forits.
(Arrkt6 11 juin. J.O. 116 juin).
Membres du Conseil de perfectionnement de
1'Ecole SupBrieure d'Application d'Agriculture tro-
picale :
MM.
Auguste Chevalier, membre de l'Institut et Roger
Heim, professeur au Museum d'Histoire Naturelle.
Grasse et Mangenot, de la Faculte des Sciences ,de
Paris.
Noachovitch, professeur A 1'Ecole Sup6rieure d'Ap-
plication d'Agriculture tropical. (ArrWte 4 juin.
J.O. 12 juin).
,* Commissaires aux comptes aupres du Bureau mi-
nier de la France d'Outre-Mer :
MM. Julliot de la MorandiBre et Rongieras, experts
comptables. (Arrete 8 juin. J.O. 12 juin).
Redacteurs du cadre de 1'Administration g6ne-
rale des Territoires autres que l'Indochine :
MM. Dedebant (Ren.), Colas (Pierre) Porsan (Vic-
tor), Ruis (Jean), Fourgerouse (Claudius), Le Bard
(Raymond), Abeilon (Guy), Roche i(Jean), Grenier


(RenO), Noorkhan (Pascel), Charles (Francis), Ar-
r~t6 3 juin. J.O. 14 juin).
* Dans le corps de 1'Inspection du Travail :
Inspecteur principal de 21 classes : M. Desbordes
(Jean-Henri), anciennement Administrateur de 2"
classes des Colonies. (Arrete 3 juin. J.O. 14 juin).
Inspecteurs de 3" classes : MM. Berthomieu (Pierre),
Guilbot (Jacques), Gassin (Maurice), stagiaires de
l'Administration colonial. (Arrete 14 juin. J.O. 23
juin).
* Membres du, q Conseil superieur de la Chasse >>
et du << Conseil superieur pour la Protection de la
Nature dans la France d'Outre-Mer > 'un certain
nombre de personnalites designees" par arret6 du
113 juin. (J.O. 19 juin).


MISSIONS, DETACHEMENTS,
MISES HORS CADRES ET DISPONIBILITE

M. Baron (Charles-Francois), Commissaire de la
lepublique dans les Etablissements Frangais de
1'Inde, a Wte maintenu dans la position de mission
en France pour une p6riode de 3 mois a computer du
10 mars 1949. (Arrete 23 mai. J.O. 3 juin).
M. Dreyfus (Robert), Ing6nieur en chef des Trans-
missions coloniales, a ete place dans la position de
mission pour se rendre A Madagascar. (Arretk 2 juin.
J.O. 12 juin).
M. Fay (Pierre), Administrateur de 3P classes des
Colonies, a 6t6 place en service d6tach6 aupres du
S. E. aux Affaires Economiques pendant 3 ans a
computer du 9 decembire 1948. (Arrte 1"' ljuin 1949.
J.O. 3 juin).

M. Wassner (Pierre), Ing6nieur des Transmis-
sions coloniales, a Wt~ maintenu en position de cong6
hors cadres pour servir aupres du Ministere des
Travaux publics et des Transports pour 3 ans A
computer du 27 avril 1949 (Arrete 3 juin. J.O. 12; juin).
MM. Thenault (Jean), Ingenieur en chef des Tra-
vaux publics des Colonies, et Babouard (Camille',
Ingenieur principal des Travaux publics des Colo-
nies, ,ont 6te places en position de cong, hors cadres
pour servir A l'Office central des Chemins de fer.

M. Collet de Cantelou, Ing6nieur en chef des
Travaux publics des Colonies, a Wte sur sa demand
place en position de disponibilit6 pour un an a
computer du le" septembre 193'9.

M. Cros (Robert), Ing6nieur principal des Tra-
vaux publics des Colonies, a 6te plac6 en cong6 hours
cadres pour 2 ans pour assurer la direction de ia
Soci6t6 des avions-taxis d'Indochine >>.

0 M. Clouzet (Laurent), Administrateur de 1I' classes,
est place dans la position de service d6tach6 aupres
du Ministbre des Finances (Bureau des Territoires
d'Outre-Mer aux U.S.A.). (Arr&td 15 juin. J.O. 18
juin).
M. Cherit Mabrouk, Administrateur adjoint de
1" classes, est place dans la position de service d6-








lach6 pendant un an (A computer du 22 mai 1948)
aupres du Secretariat g6enral de l'AssemblBe de
1'Unioqn Francaise. (ArrWt6 15 juin. J.O. 18 juin).
* M. Benjamin (Jean), Administrateur-adjoint de
2" classes, est. maintenu en. position de service d6-
tach6 aupres du MinistBre de la Reconstruction et
de l'Urbanisme (Arrete 15 juin. J.O. 18 juin).
M. Belllt (Joseph) est maintenu sur sa demand
dans la position de disponibilit6 sans traitement A
computer dl 20 juin 1949 pour un an. (DBcret 20 juin.
J.O. 212 ,juin).
Un certain nombre de fonctionnaires et agents
du cadre des Transmissions coloniales ont Wte de-
taches pour servir aupres du Secretariat d'Etat aux
P.T.T. dans les D6partements d'Outre-Mer oii ils se
trouvent en functions. (Arrete 14 juin. J.O. 23 juin).
M. Lallement (Jacques), Administrateur-adjoint
de 2' classes des Colonies, a 6t6 place hors cadres du
1" mars 19!49 au 31 d6cembre 1949 pour servir a la
d68lgation A Paris du Haut-Commissariat de la Re-
publique en A.O.F.
MM. Ylves Renouard, Doyen de la Facult6 des
Lettres de Bordeaux, et Robert Weill, Professeur
d'anatomie compare et d'embryog6nie A' fa Faculte
des Sciences de Bordeaux, ont Wte places en position
de mission en A.O.F. pour presider le jury d'exa-
ment du baccalaur6at.
M. Rarcoule, Directeur de laboratoires de 1"
classes a 6t6 maintenu pour 2 ans, A computer du
8 f6vrier 1949, dans la position de cong6 hors cadres
pour servir A 1'I.R.H.O.


MISES A LA IRETRAITE lET HONORARIAT

Ont Wte admis A faire valoir leurs droits A une
pension dc retraite :
MM.
Deloute (Pierre-Andr6), Administrateur de 2" classes
des Colonies, a computer du 7 juin 1949. (D6cret 8
juin. J.O. 12 juin).
Lagreze (Antoine), Administrateur de 1" classes des
Services civils de l'Indochine, A computer du 20 juil-
let 1949. (D]cret 28 juin. J.O. 30 juin).
L'honorariat du grade de Gouverneur a Wte ac-
cord6 A M. Poirier, Gouverneur de 30 classes des Co-
lonies. (D1icret 10 juin. J.O. 11 juin).


DISTINCTIONS HONORIFIQUES

Ont Bte nomm6s ou promus dans i'ordre de la Legion


* Au grade de Commandeur :
M. Vincent Adolphe, Avocat A la Cour d'Appel, Con-
seiller general. (D6cret 10 juin. J.O. 12 juin).
Au grade d'Officier :
MM.
B6nilan (Jean-Paul), Administrateur en chef des
Colonies.
Bruneau (Theodore), Administrateur de soci6ets gB-
nerales.
Fraud (Francois), Interprete en chef de 1" classes
des Colonies en retraite.
Massonnet (Louis), Chirurgien dentist au Ministere
de la France d'Outre-Mer.
Le Grand de Belleroche (Adolphe), Administrateur
en chef des Colonies.
Au grade de Chevalier :
MM.
Achard (Georges), Directeur de la B.A.O.
Bertrand (Petrus), N6gociant.
Fabiani (Antoine), Avocat g6enral pres la Cour
d'Appel de Saigon.
H6bert (Jean-Baptiste), Directeur g6enral de la So-
ci6et G6enrale de Bambao.
Manicacci '(Jean), Inspecteur principal de 1" classes
du Travail.
Marconi (Auguste), Administrateur de 2r classes des
Colonies.
de Pereyra (Miguel), Administrateur de 1"r classes
des Services civils de l'Indochine, Sous-Directeur
a la direction des Affaires politiques du MinistBre
de la France d'Outre-Mer.
Rey (Claude), charge de mission au Cabinet du Mi-
nistre de la France d'Outre-Mer.
Risterucci (Jean), Administrateur de 2 classes des
Services civils de 1'Indochine.
Angeli (Roger), Tresorier particulier de I'Oubangui
Chari.
Blanchart (Albert), commergant.
Dulos, Ing6nieur E.C.P., exploitant minier -A Fort-
Lamy.
Grivaux, Administrateur de 2 classes des Colonies.
Jourdain (Maxime), Administrateur de 1" classes des
Colonies."
Maniel (Pierre), Administrateur adjoint de 1" classes
des Colonies.
Moellinger (Ren6), Administrateur de 2" classes des
Colonies.
Morizet (Henri), Administrateur de 2" classes des Co-
lonies.
Pelieu (Pierre), Administrateur de 1" classes des
Colonies, Gouverneur principal du Gabon.
Poupel (Jean), Administrateur de 2 classes des Colo-
nies.
S Sadourny (Frangois), Administrateur de 1" classes
des Colonies.
(DBcrets du 22 juin 1949. J.O. 23 juin).



















NOUVELLES D'OUTRE-MER


INDOCHINE


Haut-Commissariat de France
E Haut Commis-
saire a assist le
__ 3! mai A Ban
Methu t A la c&rmo-
nie du Serment d'all6-
geance pr&t6 par les
populations des Hauts
Plateaux du Centre-
Viet-Nam A S. M. BAo
DAI. A cette occasion,
il a soulign6 que la
France n'oublierait ja-
mais les liens d'amiti6 qui l'unissent aux habitants
des Hauts Plateaux, ni les travaux accomplish ainsi
que les 6preuves traverses en commun dans les jours
difficiles des combats men6s pour la liberation.
Le 5 juin, M. PIGNON s'est rendu A HANOI pour
s'entretenir avec le General REVERS, qui se trouvait
dans la capital du Nord-Viet-Nam, ainsi qu'avec
le G6neral KOCH et le Gouverneur DIGO, de la ques-
tion de la s6curit6 des digues au course de la pro-
chaine saison des pluies.
Accompagne du Gouverneur DIGO, le Haut-Com-
missaire est parti inspector le secteur des digues. I1
a visit les postes militaires le long de la route, en
particulier Mi GIANG Oil il a 6et accueilli par le Co-
lonel CARBONEL, commandant du secteur de SONTAY.
I1 a pu ainsi se rendre compete du parfait 6tat actuel
des digues dans les territoires contr816s par les trou--
pes frangaises ; celles-ci, avec, 'aide du Service des
Travaux publics, poursuivent d'ailleurs, les travaux
d'entretien necessaires.
A SONTAY, les troupes de la garnison ont 6td pr&-
sentees au Haut-Commissaire ainsi qu'aux Generaux
REVERSE et VALLUY.
,* Le 13 juin, jour de l'arrivee de S. M. BAo DAI
A SAIGON Ou devait avoir lieu la c6remonie histori-
que de l'6change des lettres consacrant l'unit6 et l'in-
dependance du Viet-Nam dans l'Union Frangaise


(c6remonie que nous' rapportons sous la rubrique
< Gouvernement Central du Viet-Nam >), le Haut-
Commissaire a fait une visit protocolaire A l'Em-
pereur au Palais de la Presidence du Gouvernement
du Sud-Viet-Nam, dans l'apres-midi. Cette visit a
etd rendue par S. M. BAO DAI, A qui M. PIGNON
presenta' au Palais du Haut-Commissariat, les auto-
rites et personnalites franqaises, ainsi que les mem-
bres du Corps diplomatique.
Dans la soiree, le Haut-Commissaire a assistS
avec l'Empereur au diner offert par le President
TRAN VAN Huu.
Le 14 juin, M. PIGNON proc6da avec S. M. BAO
DAI A la cre6monie solennelle de l'echange des lettres
justifiant l'accord franco-vietnamien. A cette occa-
sion, le Haut-Commissaire a prononce un discours
dans lequel il a notamment d6clare :
Avec une stritte fidelity, le Gouvernement de la
Republique a respect les engagements pris au nom
de la France par M. Vincent Auriol. Le 3 juin, I'As-
semblee Nationale, par un vote massif, exprimant
sans ambiguity la volonte du Pegple franCais, re-
connaissait la caducite du statut colonial de la Co-
chinchine et acceptait que cette vieille colonie don't
j'ai dit un jour la place priviligiie qu'elle tenait dans
notre cwur, soit reunie a l'Etat associe du Viet-Nam.
Ainsi se trouve satisfaite l'exigence premiere du
nationalism vietnamien, ainsi se trouve realisee la
condition que Votre Majeste, dans sa sagesse poli-
tique, avait posee come pierre angulaire de l'ac-
cort franco-vietnamien...
Un grand acte vient d'etre accompli : nous ,
nous trouvons les uns et les autres devant une Co-
chinchine nouvelle. Les institutions provisoires don't
nous avions dote ce pays a la suite de la Convention
Cedile-Thinh, pour associer conformiment aux prin-
cipes- dmocratiques la population a la gestion des
affairestpubliques, suivront le sort de cette conven-
tion aujourd'bui caduque.
Je reprisente au Viet-Nam une nation que d'au-
cuns ont voulu dipeindre leigre et inconstante, que
l'Histoire rivile au contraire fiddle et tenace. L'ap-
pui amical et loyal de la France ne fera pas difaut.







au Viet-Nam quelle que soit la conjoncture. Nous
disposons, avec l'accord du 8 mqrs, d'un instrument
par lequel se trouvent riglies de mianidre satisfai-
sante les questions de principe les plus essentielles.'
C'est maintenant aux realisations pratiques qu'il
faut nous attacker avec toute notre inergie, toute
notre lucidte', toute notre bonne foi. Dans un climate
d'amitie et de sincirite, nous irons tres vite vers la
restauration de cette paix qui permettra seule au,
people du Viet-Nam de connaitre, dans la satisfac-
tion des exigences nationals, cette prosperity et ce
progras social don't ses vertus le rendent digne.
Apres le retour de S. M. BAO DAI A DALAT,
M. PIGNON s'est rendu dans cette derni&re ville le
20 juin. II a regagn6 SAIGON le lendemain apres
avoir conferd longuement avec le Souverain.
Le 21 juin, un porte-parole du D6partement
d'Etat americain ayant, dans une declaration, affir-
m6 la position du Gouvernement des Etats-Unis A
1'6gard du problime vietnamien A la suite de la pu-
blication de I'accord du 8 mars, M. PIGNON a com-
ment6 cette declaration au debut d'une interview
accordee A un representant de 'A.F.P.
En ce qui concern les limites territoriales du nou-
vel Etat vietnamien qui s'6tendent jusqu'aux miles
situees le long de la c6te vietnamienne, il existe cer-
taines diff;cultis a resoudre au sujet des Paracels,
dit le Ha-t-Commissaire ; i notre arrive dans ce
pays, il est certain que ces miles dipendaient du Ter-
ritoire du Viet-Nam, et, a ce titre, nous y avons ins-
talle, en I138, un petit ditachement de garde indo-
chinoise, alors qu'elles itaient convoitees par les
Japonais. Aujourd'hui, un autre grand pays voisin
les revendique. Je suis convaincu que cette question
pourra etre riglie par des moyens diplomatiques
normaux.
Au sujet des questions diplomatiques, M. PIGNON
declare :
Il s'agit d'un ensemble de dispositions d'une ex-
treme importance et d'une grande hardiesse dans
leur nouveaute. Nos accords ont cherche donner,
au Viet-Nam, une personnalite effective sur le plan
international, tout en organisant, avec souplesse, une
coordination politique extirieure avec l'Union Fran-
raise.
A cet regard, le systeme du double accrdditement
des diplom.ates marque bien la position reconnue au
Viet-Nam. Dans les Dominions, en effet, les diplo
mates dtra'gers sont accredites aupris de S. M. le
Roi d'Angl'terre.
]e pense sincerement que cette formule d'accord
correspond tres exactement aux besoins du Viet-
Nam, qui aura, tant par les diplomats strangers
accredits aupres de son Gouvernement que par ses
ambassades et ses consulats dans les pays oi il pos-
skde ses principaux inte'rts, un moyen de proteger
ses ressorti:;sants et de faire entendre sa voix sur tou-
tes les questions qui sont, pour lui, d'importance.
J'ajoute qzie la France et ceci ne doit pas etre


oublie s'est engagee a soutenir la candidature dv
Viet-Nam devant l'O.N.U.
Jugeant la propaganda du Viet-Minh qui a cri-
tiqu6 souvent, A l'avance, 1'attribution de bases A
l'Union Franqaise sur le territoire du Viet-Nam,
M. PIGNON dit :
Le Viet-Minh a mauvaise grdce a critiquer le prin-
cipe de ces bases, car il avait admis lui-mime leur
existence sans la moindre difficult dans les accords
du 6 mars 1946.
C'est en effet, d l'dpoque actuelle, une necessity
evidente d'organiser une defense commune. Toutes
les nations sont solidaires a cet igard, et, sans citel.
les dispositions prises dans ce domaine en Europe
meme, je vous rappellerai le precedent du trait
americano-philippin. J'ajoute qu'au Viet-Nam, com-
me aux Philippines, le regime de ces bases respectera
la souverainete national.
Au journalist qui lui demand A quelle date
l'Etat vietnamien sera mis en possession de ses nou-
velles comp6tences, le Haut-Commissaire r6pond
Le transfer des Services a l'Etat vietnamien a ddja
ete realise de facon tres itendue. Ce fait considerable
est passe presque inapergu parce qu'il a ete realise.
peu a peu au course de ces dernidres annees, et aussi
parce que les activities pacifiques sont moins voyan-
tes aujourd'hui que celles concernant les operations
militaires.
Je precise volontiers qu'il n'est pas du tout dans
nos intentions de retarder, en quoi que ce soit, la
remise normal des Services restant a passer au Gou-
vernement vietnamien. Cependant, d'un commun
accord, il a ete convenu que chaque cas sera itudie
avec precision et fera l'objet d'une convention pro-
visoire ou definitive.
De notre c6te, toutes measures ont ete prises pour,
que ces conventions puissent etre signdes avant le
31 decembre 1949. J'ai crie, a cet effet, un comite
d'application de ces accords qui est dij a l'ceuvre.
En ce qui concern les questions judiciaires, on
peut se demander pourquoi les Cambodgiens et les
Laotiens sont justifiables.des < jurisdictions mixtes >,
au meme titre que les Frangais d'origine ; a ce su-
jet, M. PIGNON fait observer qu'au moment oui s'est
bAtie l'Union Francaise, les negociateurs frangais
n'avaient pas estim6 pouvoir faire des distinctions
entire les Frangais d'origine et les autres citoyens de
l'Union Francaise, et il ne croit pas cependant qu'il
puisse y avoir de difficulties A modifier ensuite cet
etat de choses par des accords synallagmatiques si
les diff6rentes parties en cause le d6sirent. La France
n'a fait lI que prendre une position de principle.
Le journalist pursuit ses questions en deman-
dant si d'apris ce meme chapitre, les strangers qui
ont des accords leur donnant ce privilege juridic-
tionnel sont 6galement jug6s par les tribunaux mix-
tes.
C'est exact, repondit-il, et bien que les negocia-
teurs francais aient ete soucieux de reconnaitre ef-
fectivement la souverainete intirieure total du Viet-







Nam, ils ont estimi qu'il serait internationalement
tris regrettable que l'Union Franfaise, pour se cons-
tituer, commence par ripudier les traits antirieurs.
Ceci n'exclut pas la possibility pour le Viet-Nam in-
dipendant d'entreprendre demain, en relation avec
notre diplomatic, une procedure rigulikre de revision
de ceux de ces traits qui, le concernant spicialement,
ne le satisfont pas.
Sur l'organisation d'un Institut d'dmission qui
fait 1'objet de nombreuses discussions, M. PIGNON
rappelle que le Gouvernement francais a, de sa pro-
pre initiative, retire son privilege A la Banque de
I'Indochine et cr6i un Institut d'6mission auquel on
ne peut adresser aucune critique d' < impirialisme >>
ou de < colonialisme >, puisqu'administr6 par les
Etats intdresses. I1 parait done difficile de faire des
critiques de fond A cet 6gard. Rien n'empeche, au
surplus, ajoute-t-il, que l'organisation et les status
de cet Institut d'6mission, ainsi que toutes les dispo-
sitions relatives a son fonctionnement, soient regis
par une convention passee entire le Viet-Nam et les
autres Etats associes de l'Indochine et la France.
Pour finir, le journalist demand si les organis-
mes mixtes don't parent les accords du 8 mars, et
qui doivent recevoir leurs status, sont destines a
remplacer les anciens Services f6ddraux que nous ap-/
pelons aujourd'hui les Services communs.
Tris exactement, ripond le Hauit-Commissaire,
ainsi que je l'ai dit dans le discours que j'ai pro-
nonce a l'H6tel de Ville de Saigon, la France n'a
nullement l'intention de faire peser sur les diffirents
Etats associds un riseau de services supra-nationaux.
II s'agit simplement, itant dond qu'il existe des in-
terets communs en Indochine, d'en organiser I'itude,
I'harmonisation et la mise en euvre, selon les terms
memes employes par l'echange de lettres du 8 mars.
Devant le silence du Gouvernement H6 Chi
Minh, A la suite des r6cents messages adressis par la
Croix Rouge Internationale et la Croix Rouge Fran-
aise concernant les otages frangais aux mains du
Viet-Minh, M. PIGNON a lanc6 le 2 juin un appel A
l'opinion publique frangaise et international. Le
Haut-Commissaire a fait publier A ce sujet le com-
munique que nous insirons dans la premiere parties
de ce Bulletin.
A Le G6enral REVERS, accompagn6 du G6neral
KOCH, commandant des troupes frangaises en Indo-
chine du Nord, a fait une tournie d'inspection des
diverse garnisons francaises du Nord-Viet-Nam. Il
a pass notamment a MONCAY, A LANGSON, A SON-
TAY. A l'issue de cette tournee qui s'est achevie le 6
Jjuin, de retour a HANOI, le chef d'Etat-Major g6ne-
ral de l'Arm6e, 6voquant le problem indochinois, a
declare :
II faut assurer notre defense, achever cette guerre,
ddjd beaucoup trop longue, mais aussi discuter, trai-
ter, tenter de risoudre la situation, non pas a la ma-
wnire europienne, mais a la manidre asiatique, la
seule qui puisse ici se comprendre et riussir. La pa-


role doit itre d'abord a la diplomatic. II faut tenir,
a-t-il ajoutd, continue, mais amiliorer notre strati-
gie, augmenter n6s moyens et nos possibilities. II faut
aussi, et cela est tris important, travailler en itroite
collaboration avec nos amis vietnamiens.
II a affirm ensuite que, des son retour a Paris, il
d6posera son rapport et demandera que soit prise
d'urgence une decision.
De HANOI, le General REVERS s'est rendu; le
8 juin a VIENTIANE Oii il a eu une longue conversa-
tion technique avec M. VALMARY, Commissaire de
la R6publique au LAOS, et le Colonel ARNAL, com-
mandant des troupes au LAos. Apres avoir ensuite
rendu visit au president du Gouvernement laotien,
S. E. BOUN OUM, il est reparti dans la journee me-
me a PHNOM PENH.
Dans la capital du CAMBODGE, le G6enral REVERS
a eu des entretiens avec le Commissaire de la Repu-
blique DE RAYMOND et le G6n6ral DES ESSARTS,
commandant des forces du CAMBODGE, et a ete recu
par S. M. NORODOM SIHANOUK.
De retour a SAIGON Oi s'achevait son voyage d'ins-
pection en Indochine, le chef d'Etat-Major g6ndral
de l'Armee a quitter la capital du Sud-Viet-Nam,
une premiere fois, le 15 juin, pour se rendre A BANG-
KOK O1i il a rencontr6 le Marichal PIBUL, chef du
Gouvernement siamois ; et ensuite d6finitivement,
le 17 juin pour regagner la France.
Le Gienral REVERS est arrive & PARIS le 21 juin
apres etre pass par ROME Oiu il a 6et recu en au-
dience par le Pape. Immediatement apris son retour.
le chef d'Etat-Major general de l'Arm6e a conf6rd
avec le President QUEUILLE A qui il a rendu compete
de son voyage en Indochine.


Gouvernement central
du Viet-Nam

k Le 31 mai, A BAN MITHUOT, deux mille habitants
des regions des Hauts Plateaux, parmi lesquels les
chefs des tribus RHADIS, DJARAYS, MUONGS, BAH-
NARS et SEDANGS, sont venus, conduisant quatre-vingt 6elphants, pr&ter serment d'allegeance
A l'empereur BAO DAI et de fid6lite a la France.
Apres avoir rappel6, A ces montagnards, que leurs
ancetres pretaient, autrefois, le meme serment A ses
propres anc&tres, qu'ils appelaient < Le Roi du
Ciel >, S. M. BAO DAI leur a dit qu'un statut leur
sera octroy6, qui garantira les droits du Viet-Nam
ainsi que leur evolution dans le respect de leurs tra-
ditions et coutumes et qu'un accord sera elabor6 avec
la France qui a, vis-a-vis d'eux, des obligations de-
coulant de la Charte de I'O.N.U.
A Apres le vote du Parlement frangais consacrant
le rattadhement de la COCHINCHINE au VIET-NAM,
le President de la Republique a fait transmettre A
S. M. BAO DAI, le 5 juin, le message suivant : Suis
heureux de faire part a Votre Majesti que je viens







de promulguer la loi vote par. le Parlement fran-
(ais apres avis de l'Assemblee de l'Union Franraise
decidant, conformdment a la volonte exprimde par
l'Assemble" Territoriale, le rattachement de la Co-
chinchine a l'Etat Associe du Viet-Nam. Ainsi, la
France a benu ses engagements, l'independance et
l'unite du Viet-Nam au sein de l'Union Francaise
sont revenues une rialiti. Les accords signs le
8 mars entrent en vigueur des l'echange imminent
des instruments h Saigon entire Votre Majeste et le
Haut-Commissaire. Ils seront publics integralement
aussit6t alprs. La volonte national des populations
vietnantiemnes est satisfaite et plus rien ne s'oppose
h l'instauration de la paix, si necessaire et tant dd-
siree en France come au Viet-Nam. En conse-
quence, en plein accord avec le Gouvernement de la
Republique, je demand a Votre Majeste, des qu'Elle
aura constitute le Gouvernement du nouvel Etat, de
vouloir bien faire le choix immidiat des diplomats
vietnamiens privus aux susdits accords et que nous
accreditermns ensemble aupres des Etats intiressis.
Des que Votre Majeste aura fait appel a toutes les
organisatinms spirituelles et politiques pour collabo-
rer a la renaissance du Viet-Nam, et que cel appel
aura ramene la paix, je suis pret, en accord avec
Elle et en conformity de ce qu'Elle decidera dans le
domaine du droit commun penal vietnamien, a user
du droit de grdce le plus etendu pour dilits ou cri-
mes commis pendant ces dernidres annees et sanc-
tionnes par les tribunaux militaires ou a provoquer,
dans le m, me esprit, une large amnistie afin que
l 'oubli aiinsi jete sur cette ipoque douloureuse ap-
porte entire tous la reconciliation fraternelle et con-
tribue a une paix solide et i une prospirite grandis-
sante dan: l'amitie commune.
S. M. BAo DAI, de son c6te, avait adress6 au Mi-
nistre de la France d'Outre-Mer un tb16gramme ex-
primant la gratitude du people vietnamien, auquel
le Minisire a repondu en formulant le vceu que
< l'av6nement de la paix permette au Viet-Nam et
A la France indissolublement associ6s de marcher
vers des ]endemains meilleurs >>.
A cette occasion, l'Empereur s'est adress6, pour la
premiere fois depuis son retour au Viet-Nam, au
people vietnamien dans un message radiodiffus6, le
7 juin, dans lequel il declare :
Par le vote d'abolition du statut colonial de la
Cochinchine et son rattachement au Viet-Nam, la
France a reconnu une des aspirations legitimes de
nofre people. Desormais, les traits de 1862 et 1873,
ainsi que les actes subsequents ont tei abrogis. Avec
la consecration de I'uniti national, nous venons de
franchir u'ne tape decisive sur le chemin de notre
emancipation.
Je vouw demand de vous joindre a moi pour ren-
dre un kommage amical a la comprehension de la
France national, libirale entire toutes qui, pour re-
soudre le conflict actuel, a accept de donner satis-
faction e nos aspirations essentielles.


Durant pris d'un sikcle de sdparatipn, nos compa-
triotes du Sud-Viet-Nam n'ont pas cesse de prouver
leur affection- pour leurs freres du Nord et du Cen-
tre, mat'rialisant par de nombreux timoignages cette
solidarity indestructible qui unit les hommes d'une
meme race. Aujourd'hui, ils reintgrent la grande
famille vietnamienne.
Que nos pensees et notre ferveur reconnaissante
aillent vers les heros connhs ou obscurs qui ont fait
le sacrifice de leur vie a la cause national. Notre
unite territorial est realisee, elle sera complitte par
l'union des cceurs. Nous conjuguerons nos efforts
pour panser les blessures dues a la guerre et apaiser
nos dissensions intestines. Nous realiserons l'uniti
Sde vues et d'action comme nous avons realise l'unitd
territorial. Nous mobiliserons les forces vives de
notre people, afin de bdtir un Etat libre et prospare,
vivant dans le concert des nations modernes.
* Le 13 juin, S. M. BAO DAI. accompagn6 du g6ne-
ral XUAN, a quitter DALAT pour se rendre A SAIGON,
'faisant ainsi son entree officielle au Viet-Nam par
la capital de l'ancienne Cochinchine.
Accueilli a l'a6rodrome de TAN SON NHUT par le
gouverneur du Sud-Viet-Nam, par le g6n6ral BLAI-
zoT, representant le Haut-Commissaire PIGNON,
ainsi que par le general REVERS et diverse person-
nalites vietnamiennes, l'Em'pereur a passe en revue
sur le terrain un important d6tachement de troupes
frangaises et vietnamiennes, comprenant -notam-
ment le premier bataillon de l'Arm6e national viet-
namienne et des parachutistes vietnamiens. Le Sou-
verain a ensuite gagne SAIGON en voiture decou-
verte ; de nombreux arcs de triomphe pavois6s aux
couleurs vietnamiennes, portant des inscriptions en
faveur de 1'Empereur et *de l'independance du Viet-
Nam, avaient 6t6 dresses tout au long .de la route
traversant les faubourgs menant A la ville.
Au palais du Sud-Viet-Nam s'est d6roulde une
important c6remonie au course de laquelle les per-
sonnalits' et les corps constitute vietnamiens ont &te
pr6sent6s A S. M. BAO DAI. Dans Une allocution,
M. TRAN VAN Huu a retrace les tapes de l'ceuvre
de resurrection national entreprise par 1'Empereur,
aboutissant A l'union'du Sud-Viet-Nam au reste du
pays et A l'independance du Viet-Nam. L'Empereur
a ensuite exprime son emotion de se trouver, pour
la premiere fois, au milieu de representants du Sud-
Viet-Nam qu'il associe A son euvre.
Dans la soiree, 1'Empereur assist, avec le Haut-
Commissaire PIGNON, A un diner offer en leur hon-
neur par le President TRAN VAN Huu au Palais du
Gouvernement du Sud-Viet-Nam.
Le 14 juin, se deroula la c6r6monie de l'6dhange
solennel des lettres consacrant I'unit6 et l'ind6pen-
dance du .Viet-Nam dans l'Union Franqaise.
A 9 heures, dans la salle des fetes de 1'H6tel de
Ville de SAIGON, pavois6 aux couleurs vietnamiennes
et franqaises, en presence des membres du- Gouver-







nement central provisoire du Viet-Nam et des per-
sonnalit6s vietnamiennes, etrangeres et francaises,
le Haut-Commissaire remit A S. M. BAO DAI, au
noni du President de la Republique et president de
l'Union Frangaise, l'exemplaire original, revhtu du
grand sceau d'Etat, de l'accord sign A Paris le
8 mars 1949. De son c6te, S. M. BAO DAI a remis a
M. PIGNON une lettre olographe revetue de sa si-
gnature.
Une poignee de mains symbolique a scelle cette
cer6monie historique, aux applaudissements de I'as-
sistance. Dans les propos 6chang6s A cette occasion,
le Haut-Commissaire et S. M. BAO DAI ont souli-
gn6 les liens qui, dans le passe, unirent le Viet-Nam
et la France et sont gages pour l'avenir d'une ami-
cale et fraternelle collaboration dans le cadre de
l'Union Francaise.
A l'issue de la cer6monie, le drapeau du Viet-Nam
unified fut hisse pour la premiere fois au sommet de
l'H6tel de Ville de Saigon, du balcon duquel S. M.
BAO DAI s'est adressee A une foule de 15.oo0 person-
nes massee sur la place devant, cet edifice. (Ce mes-
sage,*ainsi que les discours prononces par l'Empe-
reur et le Haut-Commissaire au course de cette cere-
monie sont publids dans une autre parties du Bulle-
tin).
Les units -vietnamiennes encadrees d'officiers viet-
namiens defil&rent alors devant le Souverain qui,
ensuite, se rendit, accompagne des membres du Gou-
vernement vietnamien, A la pagode LA VAN DUYfT, a
GIADINH, pour rendre hommage aux anctres de la
patrie vietnamienne.
Dans l'apres-midi, l'Empereur alla proceder A la
pose de la premiere pierre de la cite ouvri're qui
sera construite dans la banlieue de SAIGON.
La journee du 14 juin s'acheva par un diner of-
fert en l'honneur de I'Empereur par la population
du Sud-Viet-Nam.
S. M. BAO DAI a tenu A associer S. M. NAM
PHUONG aux manifestations qui ont marque son se-
jour a SAIGON. Elle lui a fait tenir le telgramme
suivant : < Au moment oit je prends contact avec
la terre du Sud, qui vous a vue naitre, ma pensie
affectueuse va vers vous et vous associe .a touts les
manifestations de l'alligresse de notre people, a la
suite du retablissement de la patrie dans ses frontie-
res historiques >>.
Et, au terme de cette journey historique du 14 juin,
S. M. BAO DAI exprima au President VINCENT AI'-
RIOL et au people frangais la gratitude du Viet-Nam
dans un t6lgramme ainsi congu : < J'ai l'honneur
de vous remercier de m'avoir fait connaftre que vous
veneZ de promulguer la loi votee par le Parlement
frangais, apris l'avis de I'Assemblie de l'Union Fran-
caise, decidant, conformement a la volonte expri-
mie par l'Assemblee territorial, la modification du
statut et le rattachement du Sud-Viet-Nam. Au
nom du people vietnamien, je rends hommage a cet
acte d'amicale comprehension et vous demand de


renouveler, au people francais, l'expression de notre
gratitude pour cette consecration ligale de l'unite
de notre pays et des aspirations nationals essentie!-
les. Je forme le vceu que cette premiere application
de l'accord du 8 mars, suivie d'autres applications,
favorite I'instauration de la paix tant disirde au
Viet-Nam comme en France. Apris la formation du
Gouvernement, je ferai choix des diplomats vietna-
miens privus au sein de l'accord, que nous accredi-
terons ensemble aupris des Etats interessis. En ac-
cord avec Votre Excellence, j'envisagerai des mesu-
res pour rendre la liberty aux ditenus, afin d'apai-
ser les esprits et de favoriser la reconciliation et
l'union des occurs, si ndcessaires a l'harmonie des re-
lations France-Viet-Nam. >
* C'est aussi au course de cette journee memorable
du 14 juin qu'un miller de detenus politiques viet-
namiens ont ete lib6res sur l'ordre du general DE
LATOUR A la demand du president TRAN VAN Huu,
pour marquer la volont6 du Gouvernement de pour-
suivre une politique d'apaisement.
* S. M. BAd DAI a regagn6 DALAT le 15 juin, pour
poursuivre les consultations en vue de la formation
du nouveau Gouvernement du Viet-Nam.
* Le 20 juin, le general XUAN a pr6sent6 au Souve-
rain la demission collective du Gouvernement cen-
tral provisoire du Viet-Nam. Acceptant eette demis-
sion, le Souverain a remerci6 le general XUAN et
les ministres, << pour le courage et l'abnegation avec
lesquels ils ont accompli leur tdche durant une pi-
riode difficile > et leur a demand de continue A as-
surer l'expedition des affaires courantes.
* Immediatement apris la publication officielle de
I'accbrd du 8 mars, un porte-parole du DIpartement
d'Etat americain, felicitant I'empereur BAO DAI des
efforts qu'il deploie < pour unir tous les elements
sizncrement nationalists dans le cadre du Viet-
Nam, a exprime l'espoir que l'accord du 8 mars ser-
virait de base a une realisation progressive des aspi-
rations legitimes du people vietnamien. I1 a en outre
declare : La formation d'un nouvel Etat unified du
Viet-Nam et les ricentes declarations de l'Empereur
BAo DAI, selon lesquelles une prochaine Constitution
serait ilaboree par le people du Viet-Nam, represen-
tent une evolution bien venue qui'devrait permettre,
d'une part, d'accelerer le retablissement de la paix,
et, d'autre part, au Viet-Nam, de prendre la place a
laquelle il a droit dans la famille des Nations. Une
action gouvernementale soutenue, telle que celle don't
ont ddja fait preuve les deux parties, permettra de
hdter la realisation des aspirations legitimes du peu-
ple vietnamien.
A la suite de cette declaration, le Prince Buu Loc,
porte-parole de S. M. BAO DAI, a exprime la satis-
faction ressentie par les milieux officials vietnamiens
en affirmant :
Nous sommes reconnaissants au Gouvernement








des Etats-Unis de l'interit qu'il porte au nouvel Etat
vietnamien unified qui, comme l'a affirmed l'Empe-
reur BAO IAI, girera ses affaires selon les principles
de la democratic. Sa Majesti, a-t-il ajout6, a dte sen-
sible aux hommages rendus aux efforts qu'elle
n'-vait cesse de faire en vue de hater le riglement
tant desire de la paix et d'unir les elements vietna-
miens qui veulent seulement obtenir satisfaction en
ce qui con:erne leurs aspirations nationals. Dans sa
tdche, don't elle ne sous-estime pas les difficulties,
elle puise un reel riconfort dans les encouragements
venant de pays, tels les Etats-Unis, don't l'iddal est
base sur la paix, les principles democratiques et le
respect des libertis individuelles.
Le Prince Buu Loc a conclu en disant : L'Empe-
reur forme des vceux pour que, dans la famille des
Nations libres, le Viet-Nam puisse apporter sa con-
tribution 'a la paix et a la sicuriti internationales.
De son c6te, M. PIGNON a declare A ce sujet a
I'Agence France-Presse : Je pense que le conflict in-
dochinois cst eclaire d'une manidre plus nette : deux
ordres de fait deviennent ividents pour tout lei
monde : i") la France ne pursuit pas, dans ce pays,
une guerre de domination ; 20) la lutte pour la libd-
ration n'est, pour beaucoup de nos adversaires, que
l'habile camouflage d'une lutte ideologique infini-
ment plus vaste. Les accords du 8 mars et I'esprit
dans lequel ils furent negocies, ont prouve, c l'Ame-
rique come aux autres nations, les v'ritables in-
tentions de la France qui furent si longtemps et sa-
vamment dlnaturees par la propaganda adverse.
A la question < Pensez-vous que l'Amerique ap-
portera un soutien actif dans la lutte centre le Viet-
Minh et appuiera BAO DAI ? > le Haut-Commis-
saire a repondu :
Je ne pense pas que.l'Amerique s'immisce dans ce
conflict int'rne de l'Union FranCaise mais il est ri-
confortant pour nous de voir un grand pays com-
prendre nus raisons et nos intentions. Je pense, en
outre, que, grdce a cette comprehension, le Gouver-
nement de la Republique frangaise pourra faciliter
l'acces rapide du Viet-Nam a une position interna-
tionale que stipulent les accords.
Interrogi ensuite sur l'attitude que le Gouverne-
ment francais adopterait, dans le cas oi les Etats-
Unis proposeraient de nommer un ambassadeur au
Viet-Nam, M. PIGNON a repondu : II ne me parait
pas douteux que le Gouvernement francais accueille
une telle demand avec beaucoup de satisfaction en
raison des rapports d'amitie que la France entretient
avec les Elats-Unis.
Peu april's les Etats-Unis, la Grande-Bretagne s'est
definitivement range A la these du Gouvernement
francais sur la question indochinoise. En effet, un
porte-parole du Foreign Office a declare, sans 6qui-
voque, que le Gouvernement britannique voyait,
dans le retour de l'Empereur BAO DAI, A la tete du
Viet-Nam, un 6vinement susceptible de hater la
venue de la paix en Indochine.


NORD-VIET-NAM

M. NGHIAM XUAN THIN, Ministre d'Etat,
Gouverneur du Nord-Viet-Nam, est plac6 dans la
position de charge de mission du Gouvernement cen-
tral provisoire du Viet-Nam en France depuis le
7 juin. M. NGUYEN KHOA TOAN, Ministre des Rites
et de l'Education national, est charge de l'exp6-
dition des affaires courantes au Gouvernement du
Nord-Viet-Nam.
k Depuis le debut de juin, les premiers Services
du Gouvernement vietnamien -- ceux du Ministire
de l'Education et du Sous-Secretariat aux Sports et
a la Jeunesse se sont installs dans l'immeuble
du Gouvernement general de l'Indochine don't les
bureau ont 6te recemment 6vacues par les services
du Commissaire de la R6publique au Tonkin.
Les autres ministries vietnamiens s'installeront
prochainement.
HANOI a c6~lbrh le 30 mai la fete HUNG Quoc
KHANH NIAN, ou < F&te de I'Unit6 >, a l'occasion de
I'anniversaire de l'unification du Viet-Nam, r6alis6e
jadis par l'Empereur GIALONG.
Le journal quotidien vietnamien Tu Do a 6t6
suspend un mois, par le Gouverneur du Nord-Viet-
Nam pour des < considerations d'ordre politique >.


CENTRE-VIET-NAM

M. NGO DINH DIEM, leader catholique du
Centre-Viet-Nam, que S. M. BAo DAI a consult en
vue d'une participation 6ventuelle au nouveau Gou-
vernement vietnamien, au cours-d'une conference de
press a indiqu6 qu'il a refuse de participer au Gou-
vernement constitu6 par l'Empereur, mais s'effor-
cerait de ne pas goner l'action politique de celui-ci.
L'arm6e vietnamienne a sa revue depuis le
mois de juin. Elle porte le titre TIENG KEN (l'Appel
du Clairon) et parait a HuE oi se trouve l'Ecole des
cadres de l'arm6e vietnamienne.


SUD-VIET-NAM

C'est le 8 juin que le Dr TRAN VAN DON, nou-'
veau prefet de la region de SAIGON-CHOLON, nomme
par le President TRAN VAN HUU, a pris ses functions.
1I a 6td solennellement install en presence du Haut-
Commissaire, du G6ndral XUAN et de nombreuses
personnalites civiles et militaires. Le Dr TRAN VAN
DON, dans son discours d'installation, a parl6 avec
motion de la grande cite de SAIGON-CHOLON (qui
compete actuellement 1.700.ooo habitants), fruit
< d'une collaboration patient, harmonieuse et f6-
conde, entire Frangais et Vietnamiens, veritable creu-
set ou le travail perseverant des uns a permis les
id6es cr6atrices des autres >.








Le Dr TRAN VAN DON, qui compete pres de qua-
rante ans de pratique m6dicale, est ancien combat-
tant des deux guerres, et, comme l'a dit le G6neral
XUAN, une < vivante et 6loquente illustration de ce
que le Viet-Nam doit A la d6mocratie et A la culture
francaises >.
Le Pr6sident TRAN VAN HUU et le G6enral DE
LATOUI ont visit CAILAY, A 90 kilomitres au sud-est
de SAIGON, ou 6.000 refugi6s, venant de divers vil-
lages de la plaine des Joncs se sont rassembles au.
course des operations entreprises par les troupes fran-
-aises dans cette region. Le President a fait distri-,
buer 1o.ooo mitres de tissus et 6o.ooo piastres A. la
delegation pour pourvoir A l'habillement, A la nour-
riture et au logement des refugi6s jusqu'A leur re-
tour dans leurs villages a la fin des operations mi-
litaires.
Pendant le sejour de S. M. BAO DAI a SAIGON,
la population du Sud-Viet-Nam a offert un diner
en son honneur A l'H6tel de Ville. M. LA VAN NGO
a prononc6 un discours dans lequel il a remercie
l'Empereur d'avoir pense a rentrer au Viet-Nam par
le Sud. M. SONN SINN a prononc6 ensuite quelques
mots au nom des minorit6s khmeres du Sud-Viet-
Nam
Bien que du point de vue racial, a-t-il dit not'am-
ment, nous nous distinguions de nos amis vietna-
miens, nous gardens une amitid particuliere a leur
,dgard car le Sud-Viet-Nam est notre pays natal.
Aussi, au moment oit tout le monde s'unit pour etre
fort, nous ne serons pas stupides en demandant d
nous siparer des Vietnamiens. Se siparer, c'est mou-
rir, nous nous permettons done de vous demander le
meme Statut- que les Vietnamiens.
Pour terminer, l'Empereur a remercie la popula-
tion du Sud de l'accueil qu'elle lui avait reserve et
.a exprime sa confiance dans l'avenir de la patrie
unifi6e.
Les Ministres du Gouvernement du Sud-Viet-
Nam ont remis le 23 juin A S. M. BAO DAI une lettre
collective de demission. ,Cette decision consacrant la
fin du Gouvernement du Sud-Viet-Nam, a 6te prise
A la suite de la publication des accords du 8 mars,
qui rendent effectif le rattachement du Sud-Viet-
Nam au reste du pays et entrainent la caducit6 des
institutions provisoires don't il avait 6t6 dote par la
Convention C6dile-Thinh.
Le journal UNION FRANgAISE, que dirige M. DE
LA CHEVROTIRRE, a 6et suspend pour une duree de
15 jours, A partir du 15 juin; pour < propagation
.de fausses nouvelles >.
Le 19 juin, M. LA VAN THANH, chef de la pro-
vince de GIADINH, a 6et mortellement bless de deux
balles A la tete alors qu'il sortait d'une parties de
tennis dans le centre meme de SAIGON. L'assassin a
declar6 qu'il avait requ du Viet-Minh l'ordre d'abat-
tre M. THANH pour le punir de l'activit6 qu'il avait


d6ployee dans la repression du soulivement d6clen-
ch6 par le parti communist de Cochinchine en
1940.
Cambodge

Le Conseil des Ministres a adopted le project de
loi portant creation d'une Haute Cour- de Justice.
Cet organisme, prevu par la Constitution du Royau-
me, aura competence pour juger les membres du
Gouvernement qui auraient commis des infractions
de droit commun, des crimes et d6lits politiques
ainsi que des fautes graves dans l'exercice ou a l'oc-
casion de l'exercice de leurs functions. Conforme-
ment A l'article 93 de la Constitution, la Haute Cour
de Justice comprendra cinq membres don't la pre-
sidence et la vice-pr6sidence seront confines A des
magistrats de carri&re.
Le Conseil a aussi approuv6 l'organisation d'une
tombola don't les recettes serviront de fonds com-
pl6mentaires pour la reconstruction, A PHNOM PENH,
d'un college pour jeunes files.
Le G6neral REVERS, chef d'Etat-Major g6enral
des Forces Armees, est arrive, le 8 juin, A PHNOM
PENH. 11 a ete recu par le Commissaire general de
la Republique, S. A. R. le Prince MONIVONG, repr6-
sentant Sa Majeste, le G6enral DES ESSARTS, com-
mandant les forces du Cambodge, et S. E. Huy
MONG. Le Chef d'Etat-Major, de l'Armee a tenu
dans .la capital plusieurs conferences de caractere
militaire, et a ete recu, au course de receptions offi-
cielles, par le Roi.
M. DE RAYMOND, accompagn6 de LL. EE.
HuY MONG et SVAY So et du directeur des Chemins
de fer au Cambodge, s'est rendu A BATTAMBANG, le
Io juin.
Le Commissaire de la Republique s'est fait pre-
senter les fonctionnaires francais et cambodgiens
ailsi que les officie-s de la garnison, et, an course
d'une prise d'armes, a remis la Croix de Guerre des
T.O.E. avec pale A M. GANTER, chef de poste de la
Sfiret6 feddrale a POIPET, en recompense des services
rendus dans la lutte centre les rebelles.

Laos

Au course de sa tournee d'inspection en Indo-
chine, le General REVERS est pass A VIENTIANE le
8 juin.
En sa presence, une conversation technique a
reuni pendant une heure, en l'h6tel du Commissa-
riat, M. VALMARY et le Colonel ARNAL, puis le ge-
neral REVERS a regu la visite du President du Con-
seil CHAO BOUN OUM, accompagn6 de LL. EE. TAO
Kou A PHAI, President du Conseil du Roi,.et. Poui
SANANIKONE, President de 1'Assemblee Nationale.
Le General a, ensuite, rendu sa visit au chef du
Gouvernement, en son h6tel, oui le Ministre et les
principaux fonctiorinaires laotiens 6taient rassem-
bl6s en son honneur.








A S. NI. SISAVANG VONG pursuit son voyage en
France. Aprs avoir passe deux semaines sur la C6te
d'Azur au Cap Ferrat, le Roi s'est rendu A Vittel of
il sejournera jusqu'en juillet.
S. E. THAO NHOUY, Ministre de la Defense Na-
tionale, et S. E. OUTHONG SOUVANNAVONG, se sont
rendus a SAIGON, le 27 juin, pour s'entretenir, avec
une delegal:ion francaise, du probleme des < conven-
tions annexes >> fixant les modalites d'application de
l'accord franco-laotien qui doit &tre signed & PARIS,
au course du mois de juillet, par Sa Majest6 SISAVANG
VONG et le Pr6eident de la Republique Frangaise.


INFORMATIONS MILITAIRES

A Dans le Nord-Viet-Nam, la situation est sta-
tionnaire apres les fructueuses operations entreprises
le mois paiss6 contre les repairs installs dans les
grottes au; contreforts des montagnes de la fron-
tiere que 1.' Viet-Minh croyait, inexpugnables. A de-
faut d'op6rations d'envergure, on note quelques ac-
crochages, sans grand, domrhage pour nos troupes,
provoques par les attaques de l'adversaire centre
nos convois et nos postes, celui de THUONG DINH,
dans la region de HADONG, a 6te attaque le 5 juin
par plusieui-s centaines de rebelles appuiyes par une
dizaine de mitrailleuses et fusils-mitrailleurs. Mais
nos unites prevenues de cette attaque ont repousse


les adversaires qui se sont retires en desordre pour-
suivis par nos troupes aidees par l'aviation. L'adver-
saire a eu 15 tu6s et une trentaine de blesses.
Un autre poste dans la region de HAIPHONG, tenu
par des partisans vietnamiens, a ete violemment at-
taque, le 20 juin, par une bande du Viet-Minh for-
tement arm6e. Celle-ci a 6te repouss6e et a laiss6
25 morts sur le terrain. 7 rebelles ont eit captures et
un mortier de 81 et des armes ont 6et pris.
Le 18 juin, un des convois se dirigeant vers CAO
BANG, a ete attaque au nord de THAT KHE par une
forte bande de rebelles.
Dans le Centre-Viet-Nam, les rebelles semblent
vouloir faire converger leurs efforts sur la capital
de Hut. Toutefois nos troupes n'ont pas encore eu
A reagir. Nos unites de la marine surveillent avec
attention les c6tes pour empecher tout transport
d'armes ou de ravitaillement destin6s A l'adversaife.
Un de nos avisos, le COMMANDANT-DE-PIMODAN, a pu
ainsi intercepter un convoi transportant du materiel
de guerre et d6truire 23 jonques a 50 kilomitres au
nord-est de tIuL.
A C'est dans le Sud-Viet-Nam que l'activit6 mi-
litaire a pris le plus d'ampleur. Elle est surtout ca-
ract6risee par les operations centre les rebelles con-
centres dans la Plaine des Jpncs, operations qui ont
donned des r6sultats fructueux, et qui ont 6t6 menees
par nos forces, comprenant des 6elments terrestres,
avec du g6nie, des parachutistes et des unites de la
marine, en cooperation avec un bataillon vietna-
mien et appnyes par I'aviation.
L'opposition adverse, qui s'est manifest6e au course
de plusieurs violent accrochages, a 6et brisee. Les
Vietminh ont 6t6 complitement battus et disperses
laissant sur le terrain plus de 500 tu6s d6nombres.
Nous avons faith 130 prisonniers. Les forces fran-
gaises et vietnamiennes ont proc6d6 A la fouille m6-
thodique du terrain, detruit des installations nom-
breuses et importantes, et saisi des quantitis consi-
derables de materiel de toute sorte. Le premier bilan
etabli, donne les r6sultats suivants : 24 armes, don't
un F.M. et un lance-grenades ; plusieurs tonnes
'd'explosifs, bombes et mines ; i.ooo grenades ; 5.000
cartouches ;, 2 postes 6metteurs-radio; 4 moteurs
Diesel ; o1 moteurs electriques ; io machines-outils
modernes ; 650 kilogrammes de cuivre ; 2.200 litres
de carburant ; 500 litres de lubrifiant.
De plus, 2 fabriques de munitions, I cartoucherie,
4 forges, I jonque-atelier de 200 tonnes, 60 jonques
et 227 sampans ont 6et detruits.
Plus de 6.000 Vietnamiens de cette region ont ral-
lie la zone_ pacifiee.
Continuant leur action destructive contre les re-
belles, nos troupes, en cooperation avec les troupes
vietnamiennes, ont enregistre de nouveaux succ6s
dans la region de Duc HOA et au sud de MYTHO O i,
entire le 20 et le 23 juin, elles ont detruit 5 ateliers
et 3 ecoles de cadres du Viet-Minh qui a en outre
eu 74 tues.







En meme temps, les 616ments de la marine effec-
tuaient une important operation dans le delta de la
riviere de SAIGON et ont d6truit ou recup&r6 une car-
toucherie, une fabrique de grenades, trois P.C., 5
camps militaires, 15.ooo cartouches, I.ooo grenades,
0oo jonques et barques et I chaland A moteur.
C'est au course de ces operations sur le MEKONG,
que le dragueur MYosoTIs qui effectuait une pa-
trouille dans la region de LONG XUYAN, a saut6 sur
une mine et a coul6. Les elements vietminh, months
sur des barques, ont tent de monter A l'abordage
du batiment, mais une unite lgire de la marine
arrivant sur les lieux a mis en fuite les assailants.
De son c6t6, le Viet-Minh a continue, dans la r6-
gion de SAIGON-CHOLON, ses attentats terrorists aux-
quels viennent s'ajouter des attaques contre les con-


vois. I1 a ainsi tendu une embuscade sur le trajet du
convoi se rendant de SAIGON A BAN M-aTHUOT, du
c6te de BIENHOA : nous avons eu 4 morts et 2 bles-
ses, et I'ennemi 7 morts et de nombreux blesses.
Les rebelles ont ensuite, dans la region de THU
Duc, pres de SAIGON, le 20 juin, tendu une autre
embuscade dans laquelle M. COUTEAU, d616gu6 ad-
ministrateur de cette region, et 3 fonctionnaires viet-
namiens, ont trouv6 la mort. On a en outre note, le
14 mai, le d6raillement du train SAIGON-THUDAUMOT
cause par deux mines d6posees par les rebelles sur
la voie.

Au Cambodge et au Laos, de part et d'autre,
aucune activity militaire n'a 6te observe au cou's
de cette p6riode.









AFRIQUE OCCIDENTAL FRANAAISE


F6ldration

ELA SITUATION
FINANCILRE
ET ECONOMIQUE
DE L'A.O.F.
-.- 1A Commission des
_Affaires' Economi-
ques a adopted A
l'unanimit6 le contenu
d'une note de la Com-
mission Permanente
concernant la situation
financiere actuelle.
Elle attire I'attention de l'Assembl6e sur les consd-
quences graves de la deflation don't l'une des r6per-
cussions serait la baisse des products d'exportation,
d'ou une diminution du pouvoir d'achat.
Le sort des differents products d'exportation se r6-
vele inquietant pour la traite prochaine. La situa-
tion financiere des Territoires 6tant d6pendante de
la some des exportations, il est apparu indispen-
sable A la Commission des Affaires Economiques de
faire connaitre A l'Assemblee la position des prin-
cipaux products exportables.
Arachides. La Commission des Affaires Eco-
nomiques present A l'Assembl6e la situation du S&-
negal, gros producteur d'arachides A titre d'exemple
pour l'ensemble de la Fed6ration.
La situation economique et financiere du S6engal
est dominee par l'arachide qui s'exporte sous trois
formes :
arachides d6cortiquees;
huile ;
tourtea ux.
La recolte total du Senegal, 1948-49, s'evalue
A 420.000 tonnes, don't 253.000 tonnes sont allou&es
aux huiliers.
L'exportat on se pr6sentera de la fagon suivante


tonness)
Arachides d6cortiquees ..............
H uile ............................ .
T ourteaux ..........................


123.000
76.000
Io7.ooo
101.O000


La presque totality des arachides d6cortiquees a
ete exportee.
Miel. Les pertes subies par ce produit cette
annee sont consid6rables. Les stocks important des
campagnes 1946, 1947, 1948 sont encore invendus ;
de plus le commerce se refuse de faire la traite de
la champagne 1948-49. On a enregistrd de nombreu-
ses faillites de petits traitants et un profound d6cou-
ragement des producteurs.
La question de quality ayant 6td mise en avant,
certain ont preconis6 les deux solutions suivantes :


i) autoriser 1'exportation pour la distillation du
miel pour la Metropole ;
20) autoriser la distillation locale.
Dans ce dernier cas, peut-on &tre str de 1'6cou-
lement ?
Bananes. La r6cente baisse a fait naitre beau-
coup d'inquietude chez les planteurs qui se sont sou-
venus de certaines ann6es d'avant-guerre pendant
lesquelles leur subsistence a 6td assuree par une aide
administrative sou's forme de prime de rendement,
alors que la banane se vendait au prix de revient.
Une surabondance de production, aggravie de
difficulties de fret, sont susceptibles de ramener la
m&me situation.
I1 serait prudent d'envisager dis maintenant des
-d6bouch6s nouveaux, d'ameliorer la quality .
Cacao. Ce produit ayant eu une cotation remu-
neratrice la traite passe n'est nullement assure des
memes prix. Actuellement en C6te d'Ivoire 5 a 6.ooo
tonnes non encore vendues par les producteurs sont
refuses par les acheteurs habituel ; consequence
de la carence du G.N.A.C.A.O.
Au 30 avril, les achats de recolte principal
6taient les suivants :
tonness)


C6te d'Ivoire .......................
Togo ............ ................ .
Cam eroun ...........................
A.E.F ...........................


Sur ce tonnage, la France et l'Afrique du
Nord doivent recevoir ..............
laissant un solde A vendre sur l'6tran-
ger, de ............................
Or, A ce jour, il n'a pu 8tre vendu sur
l'etranger que ......................

11 reste done A vendre ............ ...


49.430
1.530
40.700
* 1-340

93.000

48.500

44-500

14.000

30.500


Le placement de ces 30.500 tonnes s'av&re extr8-
mement difficile. Quelques pays, tels que la Suisse,
la Belgique, l'Afrique du Sud, ont ddjA fait savoir
qu'ils refusaient d'acheter la totality de leur allo-
cation. On comprend ainsi sans peine pourquoi la
plupart des exportateurs ont cess6 les achats. La
SChambre de Commerce de la C6te d'Ivoire insisted
<< nergiquement > pour que la totality de la r6colte
soit achet6e et elle demand que la fermeture de la
champagne soit retarded en consequence. Elle dolt
bien se persuader que le solde de la recolte ne sera
achet6 que si le Gouvernement donne toutes les ga-
ranties n6cessaires. A ce jour, ces garanties n'ont pas
6td donnees.
En resume, tout le cacao susceptible d'etre expd-
die sur la France est deja export ou programme et







les exportateurs se trouvent actuellement en presence
d'un invendu de 30.000 tonnes. II ne faut pas comp-
ter sur les chocolatiers frangais pour I'absorber, m&-
me en parties.
Cafes. La Metropole a un besoin imperieux
des cafes de Ia France d'Outre-Mer ; une important
conference officielle qui s'est tenue A Paris il y a
trois mois environ en a 6tabli le fait et exprim la
necessity que notre production augmente.
Des tonnages important commercialis6s sont eg
souffrance dans l'attente d'&tre embarques. Leur r6a-
lisation lointaine et incertaine inqui&te avec just
raison producteurs et exportateurs.
La Commission des Affaires Economiques propose
A l'Assembl6e d'emettre les vceux suivants, avec
1'espoir qu'&tant donned la gravity de la situation, ils
soient pris, A bref dilai, en consideration par les
Pouvoirs publics.
V&eux. Consid6rant que les consequences gra-
ves de tous ordres peuvent surgir de la situation
financiire actuelle.
Consid6rant que producteurs, exportateurs, ban-
ques ne peuvent prolonger plus longtemps 1'arret
subit de leurs transactions d'autant plus que les uns
et les autres doivent tenir leurs engagements ;
Consid6rant que les producteurs agricoles ne peu-
vent pr6sentement songer dans l'immediat A aug-
menter la production des products d'exportation ;
Considerant que l'Agriculture de la F6d6ration
doit se d6velopper dans l'avenir en vue d'intensifier
ses exportations;
L'Assembl6e 6met les voeux suivants
io) qu'un volant des capitaux soit mis rapide-
ment a la disposition des banques par la B.A.O. ou
par tout autre organisme d'Etat ;
20) que les measures dans l'immediat, preconis6es
dans le present rapport, soient prises en considera-
tion et appliquees dans la measure du possible dans
les plus brefs delais ;
S30) que pour un avenir tris proche un d6cret d&-
termine une fois pour toutes, pour au moins 1o ans,
notre politique agricole en A.O.F. dans tous les do-
maines : recherches, diffusion et production;
4) en ce qui concern particulierement le cafe,
que soient prises en consideration les suggestions
continues dans le present rapport.

L'IMPORTANCE DE DAKAR
POUR LE RAVITAILLEMENT DES NAVIRES
EN HYDROCARBURES

Dakar est actuellement le premier port du monde
pour le ravitaillement des navires en hydrocarbures.
Quelques chiffres recueillis dans les statistiques lo-
cales permettent de l'affirmer.
Dakar a livre, en 1948, 332 165 tonnes d'hydro-
carbures de soutes. La capacity de stockage des r&-
servoirs de Dakar s'eleve A I9g.ooo metres cubes,


non compris les reservoirs du parc de la Marine A
Hann. D'autre part, Dakar possede huit grands pos-
tes A quai et le m6le aux combustibles A une longueur
de quai de 850 mitres par fonds de (- 1o, )
auxquels il faut ajouter deux postes d'accostage a
(-- 'o, --).
Pour 1'ann6e 1948, le traffic maritime total a 6t&
de 4.198 navires, jaugeant au total 8.915.384 ton-
neaux de jauge nette.
Avant la guerre, Dakar delivrait aux grands pa-
quebots d'Amerique du Sud I.ooo tonnes de mazout
A l'heure; il serait encore possible aujourd'hui de
livrer le mazout A cette cadence si les orifices de re-
ception sur les navires 6taient suffisants.

PROGRESSION
DE LA PRODUCTION BANANI.RE

La production bananiere est en forte progression,
non seulement en Guinee, mais encore dans i'en-
semble des Territoires de l'Union Frangaise. Ainsi,
en 1946, la production.a atteint 29.658 tonnes; en
1947, 83.373 tonnes; en 1948, 158.681 tonnes, et en
1949, 225.000 tonnes.
Actuellement, des negociations sont en course pour
l'introduction des bananes sur le march italien et
en Allemagne occupee, mais, pour cela, le problime
des affritements se pose.
Les representants du Comit6 d'Exporthtion frui-
tiire de la C6te d'Afrique, des F6ddrations de la
C6te d'Ivoire et de la Guiree, se sont mis en rap-
port avec les companies Fabre et Fraissinet aupres
de qui ils ont trouv6 un accueil comprehensif. Le
directeur general de ces armements a accept, de met-
tre A l'6tude un nouvel horaire et qui comporterait
une double combinaison : l'une ayant la C6te
d'Ivoire comme t&te de ligne, sans escale en Guinee,
l'autre ayant Conakry comme t&te de ligne, avec
escale A Benty et, 6ventuellement, les ports de
l'Afrique du Nord et d'assurer les transports de
bananes sur G6nes, le cas chantn.
Ainsi donc, pour la M6diterranee, la question est
regl6e en principle.
Des negociations symetriques ont 6t6 conduites
avec la Compagnie des Chargeurs Reunis, pour la
C6te Atlantique et au delay, si possible, en cas d'ac-
cord pour I'importation des bananes en Allemagne.
Les Chargeurs ont, actuellement, deux navires en
construction et sont disposes A 6tablir, pour l'Atlan-
tique, un horaire r6gulier, des maintenant, en ajou-
tant deux bateaux affr6ets au << Katiola > en atten-
dant la livraison des bateaux en construction.
Enfin, un project d'accord a 6etmis A l1'tude avec
la Belgian Fruit Line, qui aura, d'ici octobre pro-
chain, sept navires en ligne. Cette compagnie pour-
rait, tous les 21 jours, prendre en charge, A Cona-
kry, une cargaison de bananes correspondent A un
creux de cent mille A cent vingt-cinq mille pieds cu-







bes pour tous les ports de la C6te Atlantique ou de
la Manche, ii la reserve de Nantes.

LA TRAITE DES ARACHIDES

A la date du 31 mars 1949, la traite des arachides,
pour la champagne 1948-49, avait donn6 les r6sultats
suivants :
459.798 tonnes (d'achat base coques) sur les-
quelles 122.647 tonnes avaient 6et exportees et
130.072 tonnes livrees aux huileries, soit un total
de sorties base coques de 252.719 tonnes.

LA PICHE MARITIME EN A.O.F.

La piche maritime en A:O.F. a pris un essor con-
sid6rable depuis la guerre, si I'on consid&re qu'en
1939 elle ne tenait pratiquement aucune place dans
1'6conomie de la Fde6ration.
C'est ainsi qu'en 1948, les exportations du S6nd-
.gal et de la Mauritanie ont Wet (par Dakar),:
tonness)


Conserves ...................
Poisson sale et s6che ..........
D ivers .......................


1.710
1.150
414


D'autre part, la production de poisson consomme
localement dans les Territoires de la F6edration sous
diverse forces frais, sale ou fume est appre-
ciable.
Ce d6veloppement de la peche maritime a entraine
toute une organisation administrative et 6conomi-
que.
Un des obstacles principaux A I'industrialisation
de la peche, jusqu'A present artisanale, 6tant l'insuf-
fisance des chalutiers sur les c6tes du Senegal in-
suffisance tenant, en parties, a la m6connaissance des
fonds chalutables un chalutier, le Gerard-Treca,
a et6 loud, en 1948 par le Gouvernement General de
I'A.O.F. (Service Technique des P&ches) pour des
recherches oc6anographiques appliquees A la peche.

LE RETOUR A LA LIBERTY DES PRIX

Le 26 avril dernier, un arrete du Gouverneur
General conferait, aux Gouverneurs, le droit de
supprimer le rationnement dans les limits de leurs
Territoires. Cette measure, don't l'importance n'a pas
echapp6 aux consommateurs, amorqait un retour
prochain a un regime de tres grande liberty en ma-
tiere de prix.
Deux textes, qui ont paru au Journal Officiel de
I'A.O.F. du 31 mai, sont la confirmation de cette
tendance.
L'un concern les articles d'importation : liberty
des prix presque rendue, exception faite d'une di-
zaine d'articles, tels que farine, riz et c6erales de


replacement, sucre, articles de jute imports des
Indes, refrigerateurs, machines A 6crire, pneumati-
ques pour autos et motos, t6les ondulees de couver-
ture.
Le second texte concern les products locaux et les
services.
Ne sont plus soumis A riglementation que le pain
et quelques denrees vivrieres de premiere n6cessit6,
les tarifs des hotels et -restaurants, les taxis et les
transports en commun.
Le cas ofi ces measures lib6rales entraineraient une
hausse des prix anormale a 6et prevu et les Gou-
verneurs conserveront le droit de revenir, A tous mo-
ments, au systeme d'homologation des prix apres
consultation des commissions locales. Autre precau-
tion pour -les iharchandises don't l'importation est
subordonn6e A la d6livrance d'une licence ou d'un
titre de repartition, les Chefs de Territoires conser-
vent la faculty de fixer, au pr6alable, les taux de
marque et les taux de remise au d6taillants.

MISE EN VENTE LIBRE DU SUCRE

A computer du 8 juin, le sucre est remis en vente
libre sur I'ensemble du Territoire. Les commergants
assureront librement la repartition. Les declarations
d'importations et de transfer sont supprimees. Les
declarations de stocks demeurent maintenues.

LE TRAFFIC DE L'AEROPORT DE DAKAR-YOFF

Le traffic aerien de Dakar-Yoff a Rt6, en 1948, de
6.238 avions, transportant 71.600 passagers, don't
1.412 avions de la Compagnie Air-France avec
25.168 passagers.
En 1946, 2.567 avions s'6taient pos6s A Dakar-
Yoff et 4.823 I'ann6e suivante.

LE BILAN DES TRAVAUX
DE LA MISSION ANTHROPOLOGIQUE

La Mission Anthropologique de I'A.O.F., consti-
tuee en 1945 en vertu d'accords passes A la Conf6-
rence des Nations Unies de Hot Springs (1943) et
que dirige, A Dakar, le Dr L6on Pales, Professeur
agr6g6 du Corps de Sant6 des Colonies, vient de pu-
blier le bilan de ses travaux accomplish jusqu'a cette
annee.
En matiere d'anthropologie somatique la Mission
est, actuellement, en possession de renseignements
fournis par 546.770o mensurations pratiquees sur
14.675 sujets. Ces chiffres representent I'enquete de
ce genre la plus 6tendue qui ait jamais 6t6 menee A
ce jour. La Mission a precise que cette etude n'avait
pas qu'un int6r&t spdculatif mais, aussi, une valeur
pratique par ce qu'elle permettrait de toucher cer-
tains problems utilitaires de la machine humaine :







relations entire le d6veloppement physique et le mi-
lieu, la nutrition, par example.
En matiere de chimie biologique, les enqu&teurs,
pench6s sur le problem des constituents du sang,
ont 6tabli que les carences observes (calcium, phos-
phore) chez les Africains 6taient lies au mode de
vie plut6t qu'A I'individu, car cons6cutives A une ali-
mentation mal 6quilibree.
Les enfants sont beaucoup plus atteints que les
adults. Par centre, la faculty de resistance aux acci-
dents de l'hypoglyc6mie est beaucoup plus grande
chez les Africains que chez les Europ6ens.
Les enqu&tes alimentaires ont 6tabli que 1'A. O. F.
6tait une terre d'avitaminose mais possedant, aussi,
les sources les plus riches en vitamins : A et D de
l'huile de foie de requin (pecheries de Joal) ; BI, de
la pomme de Cayon ; C, du Detarium et du Bauhi-
nia (fruits et feuilles a usage local). Le remade existe
done A c6te du mal. De fortes valeurs e6 vitamins
et corps mineraux ont 6t6 constat6es dans divers pro-
duits servant A l'alimentation traditionnelle, mais
on assisted en bien des lieux, A une rupture pr6judi-
ciable avec les usages ancestraux qui en garantis-
saient, de maniere paradoxale, une salutaire distri-
bution. L'Africain, s'6loignant de la Nature, s'oriente
comme l'Europden, vers une alimentation de game
r6duite et de forme incorrect. L'6tude scientifique
d'aujourd'hui doit etre la preparation du remade au
probleme 6conomique et social de demain.
Du point de vue de la valeur calorifique de la
ration alimentaire, la Mission a 6td amende a cons-
tater qu'en p6riode de soudure, le nombre de calo-
ries quotidiennes pouvait descendre jusqu'A 208 ; le
personnel, charge des calculs en France, n'a pas voulu
croire, tout d'abord, A la vraisemblance de ce chiffre,
tant il 6tait anormalemdnt bas.
En matiere de pathologie, la Mission a observe la
fr6quence du cancer primitif du foie, maladie pro-
pre A la zone inter-tropicale, consecutive, peut-6tre,
A une mal-nutritrion ; l'existence du goitre end6mi-
que sur des < plages > bien d6termindes du Terri-
toire ; 'absence ordinaire de care dentaire, quoique
moins absolue qu'on ne le croyait.
L'enfance est victim des carences vitaminiques.

DEPART
DU MEDECIN INSPECTEUR GENERAL PELTIER

Le Medecin Inspecteur Gendral Peltier vient de
rentrer en France pour prendre sa retraite. I1 assu-
naait les functions de Directeur g6ndral de la Sant6
Publique en A.O.F. depuis quatre ans.
C'est lui qui mit au point, en collaboration avec
le M6decin G6neral Durieux et MM. Arquie et
Jonchire, le vaccin anti-amaryle. Ce vaccin de-
vait etre reconnu officiellement en juillet o14(5,
aux Etats-Unis, devant la Commission sanitaire de
1'U.N.R.R.A.


Mauritanie

LES ELECTIONS EN MAURITANIE
A L'ASSEMBLEE DE L'UNION FRANCHISE

L ES elections ont eu lieu, le 2 juin, en Maurita-
nie, pour le replacement de M. Di Ould
Zein, membre de l'Assemblee de l'Union Fran-
gaise, d6eced le 5 mars dernier.
M. Diawan Farr (ind6pendant) a 6td elu devant
Hadji Mahamadou.

Guinie

LES TRAVAUX D'EXTENSION
DU PORT DE CONAKRY

'AUGMENTATION du traffic du port de Conakry et
la mise en exploitation du gisement de fer de
]a presqu'ile du Kaloum ont rendu n6cessaire
l'execution d'importants travaux d'extension. Ils-
comprendront :
io) la construction d'un quai minier de trois cents.
metres ;
20) la construction d'un quatrieme post A quai
pour les longs-courriers, qui sera suivi, ulterieure-
ment, d'un canquieme;
30) la construction de digues destinies a abriter
les futurs quais et l'exdcution des dragages neces-
saires A l'extension du port.
La construction des digues a fait l'objet, en 1948,
d'un march et on en est, actuellement, A la phase
des travaux preliminaires : forages des trous de mi-
nes, installations de chantiers comportant, notam-
ment, la construction d'un nouveau warf A Kassa.
L'entreprise fait venir un important materiel.
Le premier abatage en carriere est prevu pour
le mois de septembre. Les blocs seront mis en place
au moyen d'un ponton-mAture de soixante tonnes.
L'ach&vement des travaux de digues peut &tre
prevu pour la fin de 1951.
Les autres travaux : construction du quai minier,
du quai bananier et du quai de cabotage, dragages,
execution des terre-pleins et remblaiement de la
< Petite Darse >, font I'objet d'un concours, qui sera
ouvert, tres prochainement, A Paris, et jug6 A la fin
de l'annee. Les travaux pourront commencer au dd-
but de l'annie prochaine et la dur6e prevue est de
deux ans, et demi.
I1 faut ajouter, A l'expos6 du project d'ensemble
d'extension du port, I'indication de travaux acces-
soires.
I1 s'agit, surtout, de la construction d'une cale de
hAlage de huit cents tonnes A construire, en commun,
par la Sodidt6 des Grands Travaux de Marseille et
administration. Elle pourra etre utilisee par la dra-
gue < Guinee ,.








Un parc A hydrocarbure est, egalement, prevu A
1'emplacement du terrain de sports, qui serait d&-
place. Les reservoirs seraient lids par pipe-lines.
En conclusion, avec les travaux privus, le port
de commerce disposera, en premiere tape, de trois
postes A quai pour longs-courriers et d'un poste bien
.6quipe et susceptible d'un rendement 6lev6 pour les
bananiers. Ceux-ci pourront, d'ailleurs, en cas,de be-
soin, charger, egalement, A un poste pour cargo. Les
terre-pleins actuels de 100.000 m2 seront completes
par 115.000 m2 de terre-pleins nouveaux.
Le port nminier disposera de 300 m2 de quais.
Le port d.d Conakry pourra, ainsi, s'adapter au dd-
veloppement economique de la Guinee.


LE TRAFFIC GUINEEN
PAR LE PORT DE MONROVIA

Le port de Monrovia, qui a et6 ouvert au traffic
,en juillet dernier, connait un d6veloppement r6gu-
lier et rapid.
La part prise par la France dans le traffic de ce
port est extremement important et on estime
qu'elle ne peut qu'en prendre davantage dans l'ave-
nir. Le transit Monrovia-N'Z6rekor6 est, en effet, ap-
pel6 A jouer un grand r6le dans 1'dconomie gui-
ndenne. Deja, de nouvelles sources de traffic viennent
s'ajouter aux anciennes. C'est ainsi qu'une society
*d'importation de p&trole, qui s'installe A Monrovia,
va recevoir directement, dans ce port, par tankers,
des produits: petroliers qui seront, sur place, mis en
ffits et exp6dies, ensuite, sur la Guinee forestiere, oil
ils arriverons grev6s de frais de transports tris in-
f6rieurs A ceux qui sont acquitts, aujourd'hui, avec
le transit par Conakry.
Dans le sens de la descent, le traffic des palmistes
s'accroit de jour en jour. Trois importantes compa-
gnies commercials de Guinde viennent, recemment,
de se mettre sur les rangs pour exporter, par cette
voie, du palmiste qu'elles competent acheter dans la
region de N' Z6erkore.


LES SALAIRES DE EMPLOYES AFRICAINS
A CONAKRY

Par decision de la Commission mixte locale, en
date du 10 mai 1949, les salaires des employs afri-
cains du commerce, de l'industrie, des banques et
assurances, visds par la convention collective du
2 avril 1946, ont 6t6 fixes comme suit, pour la ville
de Conakry :
i" cat6gorie ...................... 3.000 frs
2e ..........- -......-..- :z 3 -00 >,


43e > . . .
4' >> .................... .
5 >> .. . .... ... .. .
6" > . . . . . .
6Hors
Hors categorie .................


--
4.500 >>
6.ooo >
7.000 >
10.000 ,
Io.ooo >,
15.ooo >


Ces salaires sont applicables A computer du i" jan-
vier 1949.

LA LUTTE CONTRE LA MALADIE DU SOMMEIL

Selon Lar Guine Frangaise, le Service general
d'Hygiene mobile experimente, actuellement, dans
la region de N'Z6rekor6, une technique entierement
nouvelle pour venir a bout de la maladie du som-
meil.
< I1 s'agit tcrit le journal d'une injection
intra-musculaire d'un produit nouveau, la lomidine,
don't le pouvoir preventif contre la maladie du som-
meil s'etend sur une periode d'un an environ. 30.568
injections de ce produit ont 6t6 pratiquees dans les
cantons de V6po, Konodougou, Mon&, une parties du
Gou'an, quelques villages du Lola et du B6n6ouli.
Les resultats, controls quatre ou cinq mois apris le
'traitement, sont des plus encourageants. On ne re-
trouve pratiquement plus de malades dans les en-
droits naguire extremement contamines (trois cas
nouveaux sur huit mille contr616s). I1 parait proba-
ble que l'on tient 1I la seule prophylaxie efficace con-
tre la maladie du sommeil >>.


COte d'lvoire

L'ACTIVITE DES PORTS DE LA COTE D'IVOIRE

L E mercredi 25 mai, il a 6t6 charge, par l'avant-
canal de Vridi, 892 tonnes de cacao sur le s/s
< Bouca >. Ce chiffre bat tous les records at-
teints jusqu'A present au point de vue du charge-
ment A Vridi.
Dans les milieux autorises, on met en evidence, A
ce propos, les efforts faits, actuellement, par la Cote
d'Ivoire pour augmenter les tonnages manipulds
dans tous ses ports, et, particulierement, A Vridi.
Ainsi, les chiffres des tonnages manipul6s en 1948
ont dtd les suivants, compares A cleux des annses
precedentes :

A l'importation
143.565 tonnes, contre J22.084 tonnes en 1937;
117.981 tonnes en 1938 ; 79.948 tonnes en 1947.
A l'exportation
217.762 tonnes, contre 222.253 tonnes en 1937 ;
211.029 tonnes en 1938; 142.216 tonnes en 1947.
Depuis le debut de l'ann6e 1949 :
tonness)
Janvier Fevrier Mars Avril


Importations .... 13.318 17.357 14.415
Exportations .... 22.017 22.950 14.689
Sur ces tonnages, celui de Vridi a 6t6 de :


1o.205
19.477


S37








tonness)
Janvler F6vrier Mars Avril

Importations .... 1.231 2.946 1.850 1.587
Exportations .... 8.817 10.338 3.536 10.970
I1 y a lieu de noter, ajoute-t-on, que Vridi a per-
mis, non seulement de faire un tonnage supplemen-
taire ainsi que l'indiquent les chiffres mentionnes
ci-dessus, mais de normaliser les operations. En ef-
fet, en principle, tous les products en sacs, notamment
le caf6 et le cacao, sont charges par Vridi, le wharf
de Port Bouet 6tant plus specialement reserv6 A l'ex-
portation de products lourds et A l'importation.
A Vridi, 6galement, sont effectubs toutes les im-
portations de carburants ; cela a permis d'annuler
les priorit6s qui 6taient reservees A Port Bouet aux
navires p6troliers et done d'emp&cher, en parties, que
le chargement et le d6chargement des marchandises
sur les cargos soient interrompus.
Actuellement, une Commission 6tudie les condi-
tions dans lesquelles pourraient 8tre effectue, dis le
mois de juin, l'embarquement des bananes A Vridi,
permettant, egalement, de supprimer la priority ac-
cordee, chaque semaine, aux bananiers, genant con-
siderablement le traffic du wharf de Port Bouet. I1
est, egalement, envisage, de faire d6charger A Vridi
les products tels que la farine et le cimerit.

Dahomey

LES TRAVAUX DU GENIE RURAL
AU DAHOMEY
UNE r6alisation est en course, celle de l'alimen-
tation en eau de la ville de Sakt&e. I1 s'agit
de distribuer l'eau 'la population de 1o.ooo
habitants environ de cette locality par le captage
d'un course d'eau en contrebas de la ville, l'dl6va-


tion jusqu'A ui chateau d'eau de 150 mitres cubes et
la distribution par fontaines publiques. Le cofit du
travail s'edlve A 5.8oo.ooo francs. Le -fonds g6enral
participe pour 1.73o.000 francs, le reliquat devant
8tre r6parti entire le fonds local et les interess6s.
Deux autres projects ont recu A ce jour l'approba-
tion du Comit6 technique et de la Commission per-
manente du Conseil g6enral. I1 s'agit de : l'alimen-
tation en eau de la ville d'Adjohon, probl&me voisin
de celui de Sak&t6, mais auquel s'ajoute l'6lectrifica-
tion de la bourgade. Le devis s'6leve A ii.2oo.ooo
francs, A realiser par tiers par le fonds general, le
fonds rural et les interess6s ; I'adduction d'eau de
I'agglom6ration de Natitingou ; les eaux seront cap-
t6es dans un course d'eau pris de la ville, revenues
par un barrage et distributes par des fontaines pu-
bliques par simple gravitation. Le devis s'eleve A
7 millions de francs environ. Financement par tiers.
Un quatrieme project sera tres prochainement sou-
mis A l'examen des divers organismes r6glementaires.
11 differe des projects precedents et consiste en l'am&-
nagement et l'assainissement d'un village rural de
la subdivision de Djougou. Dans le village choisi de
Partogo, seront am6nag6s un centre module d'ha-
bitat rural, un centre d'assainissement pour les 16-
preux ainsi que les premiers l66ments d'un centre
administratif et commercial. En dehors des fonds
provenant de la participation des interesses, du ifonds
local et du fonds general, des credits du budget g6-
neral (lutte centre la lpre) et du F.I.D.E.S. (cen-
tres cantonaux ruraux) seront associes a cette rea-
lisation.
D'autres 6tudes sont en course et dejA fort avanc6es.
I1 est possible de citer : I'adduction d'Allada, I'ali-
mentation en eau et la construction de caniveaux
pour la ville de Cove, I'adduction d'eau de Ketou,
la creation de centres ruraux dans le cercle d'Abo-
mey, I'adduction d'eau de Kandi.








AFRIQUE EQUATORIALE FRANCAISE


L'APPROVI-
SIO.NNEMENT
EN CIMENT
DU ,TERRITOIRE

E' ciment arrive
au Tchad par
les' voies d'im-
portations passant A
travers la Nigeria,
au Gabon par Libre-
ville et Port-Gentil. Dans ces deux Territoires, la
situation est A l'heure actuelle satisfaisante. I1 n'en
est pas de m-nme en ce qui concern le Moyen-Congo
et l'Oubangui.
A Brazzaville, en particulier, oi de nombreux 6di-
fices, tant administratifs que priv6s, sont en chan-
tier, le problem < ciment > se pose avec acuite.
La construction du lyc6e, de l'h6pital, de la piste
en ciment de l'a6rodrome de Maya-Maya, l'achive-
ment de 1 H6tel des Fonctionnaires entire autres
- vont-il,; subir les consequences du rythme insuf-
fisant des arrivages de ciment, don't 3.000 tonnes par
mois sont exigees par les realisations en course.
A ces 3.ooo tonnes demandesi par. la capital f&-
d6rale, il faut ajouter les 1.200 tonnes que realame
Bangui pour l'execution de travaux de premiere
urgence.
Car il ne faut pas oublier que Bangui est ravi-
taill6e pa- le fleuve et que l'on doit mettre a profit
la p6riode de l'annee oh les hautes eaux sont favora-
bles A la navigation, pour lui faire parvenir les ma-
t6riaux don't elle a besoin. Soit, en 6 mois, 15.ooo
tonnes de ciment qui doivent lui permettre de ne
pas rompre, en saison seche, le rythme des travaux
entrepris.
Afin de pallier l'irr6gulariti des livraisons de ci-
ment, do it les consequences piseraient lourdement
sur son avenir, I'A.E.F. envisage la creation de ci-
menteries sur son territoire.
Deux projects sont en ce moment a l'6tude.
L'un, bas6 sur une production annuelle de 30.000
tonnes, lien que tris insuffisant, constituerait une
marge de security > dejA appreciable.
L'autre project, qui porte sur une production an-
nuelle de 60.oo0 tonnes, est nettement plus interes-
sant.
Son principal advantage residerait dans le fait que
les delais de livraison seraient reduits au minimum,
en raison du choix de Kimbedi sur la ligne du
Chemin de Fer Congo-Ocean pour son installa-
tion.


Les prospections, prises en charge par la Direction
Grierale des Travaux Publics, se poursuivent en-
core en ce moment, dans la region de Kimbedi et
au Tchad (oif l'on envisage 6galement la mise en
place d'une cimenterie et d'une fabrique de chaux
hydraulique). Elles ont rev6l6 les interessantes qua-
lit6s du terrain, qui r&cele des bancs de roches cal-
caires tres homogenes.
Le prix de revient du ciment produit dans ces con-
ditions serait A peine inferieur au prix de revient du
ciment imports, par suite du coit 'lev6 du materiel
et des frais d'entretien.
Cependant, I'6ventualit6 de la r6alisation du pro-
jet de cimenterie de Kimbedi m6rite d'etre retenue,
d'autant plus que la quality du ciment ciment
Portland artificial serait excellent.
Les difficulties actuelles soulignent d'ailleurs as-
sez l'interft de cette initiative, les arrivages de ci-
ment A Brazzaville n'ayant pas atteint, mensuelle-
ment, deux mille tonnes au course des derniers mois.
L'autonomie partielle de, 'A.E.F. dans ce domaine
ne pourrait que contribuer efficacement et de la fa-
con la plus 6conomique, en definitive, A la realisa-
tion des travaux d'6quipement sans lesquels elle ne
pourra prdtendre occuper dans le monde moderne
la place qu'elle mirite.

OUVERTURE
D'UNE ECOLE CENTRAL D'AGRICULTURE
DE L'A.E.F.

L'Edole est destinee A recevoir des 6elves qui de-
vront, en 2 ans, &tre mis A meme de collaborer ef-
ficacement au developpement agricole du Territoire.
1o) parmi les dipl68ms des 6coles territoriales, don't
la moyenne g6ndrale de sortie est au moins gale A
14/20, et qui auront fait l'objet d'une proposition
favorable du Directeur de 1'ecole territorial d'agri-
culture d'origine ;
20) parmi les eleves de 4e annee des colleges mo-
dernes des territoires ;
3) parmi les eleves issues du 1" cycle de 1'ensei-
gnement secondaire.
Le choix de Boukoko pour l'installation de l'Ecole
se justifie en premier lieu par la presence du person-
nel technique de la Station, personnel de specialistes
des plus qualifies pour prodiguer le meilleur des en-
seignements. En second lieu, la quality meme du
sol, que recOuviait A l'origine une savane boisee, se
pretera tres bien aux travaux, essais et experiences.
Enfin, des affleurements de gras et de granulites
constituaient des facteurs favorables A la realisation
des constructions.







Celles-ci, modernes, spacieuses, am6nagees de fa-
corps principaux par un jardin A la frangaise :
d'une part, un bAtiment destiny aux course, com-
portant amphith6etre, sales d'6tudes, bureau du Di-
recteur et des pieces provisoirement amenag6es en
dortoirs ; d'autre part, un bAtiment A usage de r6-
fectoire, avec ses annexes.
Un dortoir definitif est en construction, la r6si-
dence du Directeur est achev6e. Le programme des
constructions envisage dans l'immediat l'6dification
d'un cercle-bibliotheque. Une salle de cinema sera
am6nag6e, commune A la Station et a l'Ecole.
Le programme g6ndral, les emplois du temps, les
reglements int6rieurs, I'attribution des diverse dis-
ciplines ont 6t6 fix6s en accord avec la Direction de
l'Agriculture de I'A.E.F.
Les horaires et emplois du temps ont 6et 6tablis
de fagon A 6quilibrer au mieux les nombres d'heu-
res de course theoriques (800 heures) et de course pra-
tiques (600 heures) r6partis sur une annee scolaire
de 280 jours ouvrables.
Les matibres inscrites au programme des deux ans
de stage, constituent un < tout > homogene don't l'as-
similation par les 61&ves ne pourra que donner dans
I'avenir d'excellents rdsultats.
L'enseignement porte notamment sur les matiert-a
suivantes : m6t6orologie, geologie, physique, agro-
logie, anatomie et physiologie animals, horticulture,
sylviculture, g6nie rural, zoologie et zootechnique,
entomologie, etc...
En outre, des course de medecine 616mentaire, d'hy-
giene, de microbiologie, de phytopathologie, des ex-
poses et des 6tudes sur l'histoire et l'6conomie colo-
niales, sur la gen6tique v6g6tale et l'exp6rimenta-
tion agricole, viendront compl6ter l'instruction don-
n6e au-x' futurs conducteurs.

L'EXPLOITATION
DU (( CLOMBO-TANTALITE

Le < colombo-tantalite >, mineral qui posside un
tris grand interet economique en raison de l'emploi
du niobium et, surtout, du tantale dans la fabrica-
tion d'aciers sp6ciaux de grande durete et de leur
utilisation dans l'industrie chimique et l'industrie
electrique, est exploit, actuellement, dans les mines
d'or de Mayoko (Moyen-Congo), mais d'autres gi-
sements sont connus sur le territoire de la Federation.
Considered comme sous-produit du gravier auri-
fore, il est r6cup6er au course des operations due su-
bit celui-ci.
Son exploitation est passee de deux tonnes en jan-
vier 1946 A cinq tonnes en janvier 1948.
Le stade commercial actuel doit tre considered
au titre d'echantillonnage industrial et va servlir
de base A des essais d'utilisation.


Tchad

LE SERVICE DE SANTE DU TERRITOIRE

F ORT-LAMY, capital du Tchad, possede un h6pi-
tal qu-i, primitiyement congu pour les Euro--
peens, s'est double depuis 1944 d'un h6pital
pour autochtones.
Abecher et Fort-Archambault sont dots d'ambu-
lances.
Le Plan d6cennal pr6voit l'6dification d'un h6pi-
tal unique, d'une conception tris moderne.
345 millions sont prevus au Plan pour l'edification
et I'am6nagement du nouvel 6tablissement hospita-
lier de Fort-Lamy.
Les ambulances d'Abecher et Archambault doi-
vent @tre transformees en h6pitaux.
L'important centre medical de Moundou qui des-
sert une population de 450.000 habitants, se trans-
formera soit en ambulance, soit en h6pital.
Les resultats obtenus A Moundou par le Service-
de Sante du Tchad sont des plus encourageants : les
consultations pre et post-natales, en partidulier, sont
tres suivies ; la maternity est frequent6e.
I1 en est de meme A Fort-Lamy.
Le Tchad dispose 6galement de 20 infirmeries et
60 dispensaires pour Africains.
Devant faire face A une affluence croissante de
consultants, de nouveaux centres medicaux se cr6ent
A travers les 9 regions du Territoire, ndtamment A
Biltine, Ati, Am-Timam, Mao, Massenia, Pala.
D'autres sont renforc6s en attendant mieux : Abe-
cher, par example ; ceci grace A l'arrivee de 8 made-
cins contractuels, don't l'adtion complete celle du
Service de Sant.
La creation de ces centres pose des problImes dif-
ficiles A r6soudre : approvisionnement en materiel,
en m6dicaments. Manquant bien souvent du strict
n6cessaire, ne possedant pas les moyens de transport
indispensables, les medecins du Tchad menent cepen-
dant une lutte serree centre les maladies redouta-
bles qui y s6vissent : trypanosomiase au sud du Ter-
ritoire, le long du Logone et du Chari; paludisme,
parasitoses multiples, pian, pneumococcies, menin-
gites c6erbro-spinales, trachome tuberculose pul-
monaire. En 1947, 942.500 consultations ont Rte en-
registrees.
A l'h6pital de Fort-Lamy, le personnel a effectuo
49.899 journees de traitement pour les autochtones
et 4.534 pour les Europ6ens.
Les ambulances d'Abecher et Fort-Archambault :
3.925 journ6es de traitement pour Africains, 1.882
pour Europ6ens...








TOGO


A L'EXPORTATION,
DES PALMISTES
ET DU COPRAH

E. prix f.o.b. des
palmistes de la
champagne 1948-
1949, exports en sacs,
a 6t6 fix6 A 21.670 frs
la tonne.
Le prix f.o.b. du coprah, log6 export au course
du deuxibme trimestre 1949, a 6t6 fix6 A 24.217 frs
]a tonne.

L'IDUCATION DE MASSE
Un stage en vue de l'Education de masse a


eu lieu A Palim6 du i au 22 juillet. Ce stage
organism en liaison avec les sp6cialistes britanniques
r6unira dans cette ville du Togo sous mandate fran-
qais les Togolais des deux zones qui desirent contri-
buer par leur action personnelle A l'evolution plus
rapide de la masse de leurs compatriotes illettr6s.
II s'adressait plus sp6cialement aux fonctionnaires et
aux 'employes.

Pendant deux semaines, sous la direction d'une
equipe form6e A cet effet, les stagiaires ont appris
A rendre plus agr6able et moins triste la vie de ceux
qui n'ont pas eu la chance de passer par une cole.
La lecture en langue indigine, le secourisme, la
musique et les chants, le sport et les jeux, telles sont
les principles formes de l'activit6 d'un stage d'6du-
cation de masse.


CAMEROUN


S LA CULTURE
DU TABAC

L ES resultats obte-
Snus dans la cul-
ture du tabac au
Cameroun, tant en qua-
lit6 qu'en quantity, sont
S j u g 6 s encourageants
par les milieux autori-
pour les variedts importees
Supericies Superncies Tonnage
autorisees autoris6es
(2 camp.) (2 camp.) (2 camp.).


230 has
1.230
855


105 33 tonnes
250 86
600 250 (6val.)


A ces chiffres, il convient d'ajouter plus de 24 ton-
nes de tabac locaux, en provenance, surtout, de la
subdivision de Foumbot.
Les products de la varite& Maryland se recom-
mandent, cdja, par leur finesse, leur excellent com-
bustibilite et leur ar6me. Ces qualities seront ame-
liorees par le perfectionnement de la preparation
chez le planteur et en magasin.
Ces r6sultats, ajoute-t-on, ne peuvent &tre consi-
deirs que comme un d6but et on pourrait arriver
ais6ment A i.ooo tonnes, correspondent A 2.000 hec-
tares de culture.


Loin de d6sorganiser l'6conomie du pays, la cul-
ture du tabac, install6e au Territoire, est un facteur
de progris economique, social, human.
Au point de vue economique, les prix, fix6s en te-
nant compete de la conjoncture locale, sont r6mun6-
rateurs et apportent au Territoire un surcroit de re-
venus non negligeable : plus de 12 millions de francs
ont 6et pays, en 1948, aux paysans indigines pour
leurs products et une some 6quivalente a 6te in-
vestie au Cameroun par la Mission M6tropolitaine
des Tabacs.
La presence assidue des agents de la S.E.I.T.A.
dans les coins les plus recul6s, les conseils qu'ils pro-
diguent, les marchandises qui afflueront bient6t dans
les villages meme 6cart6s, sont autant de stimulants
de l'6volution social et humaine, et un 6elment
d'6quilibre politique. Le villageois, souvent enlis6
dans un mode pr6caire d'existence, secoue sa tor-
peur, les cases se reconstruisent, des s6choirs s'6di-
fient, les m6thodes culturales se perfectionnent, le
vetement se g6neralise.
La culture n'appauvrit pas la terre, car les deux
tiers de la plante de tabac sont abandonnes au sol
qui l'a port6e (on n'exporte que 64 kilos A l'hectare
de principles fertilisants). Les planteurs apprennent
la pratique de I'assolement (arachide-tabac) ; ils sont
mis en garde centre l'6cobuage et les feux de brousse,
utilisent I'engrais vert (ffit-ce le sissongo coupe et
decompos6 sur place).
Enfin, la culture du tabac ne n6cessite pas une
important main-d'oeuvre, car elle est surtout le fait
des femmes, des enfants, des vieux, et ne demand
pas plusde quatre ou cinq travailleurs A I'hectare.


ses. Voici les chiffres

Ann6es de culture
(2 campa'nles)

1946 ............
1947 ............
1948 ..............








MADAGASCAR


1 LE COMMERCE
EXTERIEUR
DE MADAGASCAR

E Service g6ndral
de la Statistique
.- communique les
chiffres suivants con-
cernant le commerce
ext6rieur de Madagas-
car pour les deux pre-
miers mois de 1949.
Les importations s'elvent A 27.834 tonnes, repr6-
sentant une valeur de 1.187.679.000 francs.
Les exportations ont port sur 24.371 tonnes, re-
presentant une valeur de I.o82.472.000 francs.
La France est toujours, de tris loin, le principal
client et le principal fournisseur. La balance com-
merciale avec la M6tropole s'6quilibre aux environs
de 850.000.000 de francs.

LE PRIX DES CAFES A L'EXPORTATION

Un arret6 du Haut-Commissaire, ins6er au Jour-
nal Officiel, fixe les prix et les conditions d'expor-
tation des cafes de la champagne 1949-1950.
Aux terms de cet arrt6&, les prix f.o.b. des cafes
de la prochaine champagne demeurent ceux qui ont


6td fixes A l'article premier des deux arrtehs des I"
et 16 d6cembre 1948.
Les cafes stocks au 7 novembre 1948 continue-
ront d'etre exports aux prix fixes par I'arr8t6 du 16
mars 1948, A l'exception de ceux ditenus par les
planteurs. ou pour le compete des planteurs, qui b6n6-
ficient des nouveaux prix.
Les autorisations d'exportation seront, dor6navant,
accord6es :
io) aux prix fixes par l'arrete du 16 mars 1948
jusqu'A concurrence des stocks d6tenus au 7 novem-
bre 1948 ;
20) aux nouveaux prix pour tous les exportateurs
qui auront justified avoir sorti, dans les conditions
r6glementaires, la totality des stocks qu'ils d6tenaient
A cette meme date du 7 november 1948.

INSTALLATION
D'UNE STATION METIOROLOGIQUE
AUX ILES AUSTRALES

Le Journal Officiel de Madagascar du 28 mai 1949
public un arr&td du Haut-Commissaire ouvrant a
1'ordonnateur du budget g6enral de 1'exercice 1949
des credits suppl6mentaires, parmi lesquels, A la
section II (depenses extraordinaires), on relive un
credit de deux millions de francs c.f.a. pour < Etudes
et commencement d'execution, aux lies Australes,
d'une station m6teorologique et d'un logement pour
l'Administrateur >.


~5~-7 .








9TABUISSEMENTS DE L'INDE


'- LE REFERENDUM
DE
CHANiDERNAGOR

SE dimanche 19 juin
e s'est deroule, A
Chandernagor, le
referendum par lequel
les 6lecteurs de la ville
libre avaient A rdpondre
A une unique question : Approuvez-vous le main-
tien de la ville libre au sein de l'Union Frangaise.
Deux observateurs neutres, un Danois, M. Hen-
dersen, et un Salvadorien, le comte Coppi, manda-
tes par la Cour Internationale de La Haye, assis-
taient A l'op6ration. Ainsi est atteint le terme d'un
Sprogramme qui a 6te propose et defini le 8 juin
1:948 devant le Parlement, par le Gouvernement
francais. Coomme le stipulent les lettres changes le
29 juin dernier, entire le Pandit Nehru et notre am-
bassadeur A New-Delhi, la France, fiddle A l'esprit
et A la lettre de sa Constitution, donne A la popula-
tion de Chandernagor toute latitude pour choisir
son sort et determiner son statut future, en une con-
sultation libre et sincere. La date de delle-ci a etd fix6e
par l'Assemblee municipale de la ville libre, dans sa
stance du 3 avril. dernier, tandis que les Conseils
municipaux des quatre autres Etablissements for-
mant une Assembl6e unique, d6cidaient de proc-
der A leur referendum conimun le it d6cembre pro-
chain seulement.
Chandernagor constitute un cas unique par rapport
A l'ensemble des Territoires de l'Union Francaise.
Sa position, tant gdographique qu'6conomique et
morale, est meme totalement diff6rente de celle des
autres Etablissements frangais de l'Inde.
Survivance d'une all6geance frangaise vieille de
trois siioles, la ville, du fait du d6velop'pement de
Calcutta, est devenue un faubourg encastr6 dans une
agglomeration de deux millions d'6tres humans re-
levant desormais de l'Etat hindou.
Sur ses 45.000 habitants, 24.822 sont de nationa-
lit6 anglo-hindoue et ont 6t6 autoris6s A se compor-
ter en citoyens francais, par une loi de 1848, qui


fut elle-meme prise en application d'un traits franco-
britannique de l'epoque.
Le nombre actuel de citoyens francais ou de sou-
che francaise est de 19.093. Celui des Frangais de
souche m6tropolitaine n6s A Chandernagor est de 4.
Economiquement d6pendante de la grande cit6
voisine, la ville libre paraissait trouver, sur le plan
administratif, des difficulties a s'intigrer avec son
particularisme national actuel, dans le grand ensem-
ble human auquel elle appartient de fait. Son Con-
seil municipal, par quatre fois depuis mars 1948,
s'6tait prononc6 pour le rattadhement immediat A
l'Union Indienne.
Le r6sultat des elections a 6t6 le suivant
Inscrits : 12.840; votants : 7.587. Oui : 114;
non : 7.473.
Apres avoir regu communication du' resultat du
referendum de Chandernagor, le Pandit Nehru a
envoy, au president du Conseil d'administration de
cette ville, un message dans lequel il affirme, notam-
ment, << que la forme exacte de la nouvelle associa-
tion A la future R6publique indienne serait d6cidee
apres examen de toutes les questions A la lumiere
des vceux exprim6s par le people >.
Le Pandit Nehru renouvelle, d'autre part, < ses
sentiments d'amitie sincere envers le people et le
Gouvernement frangais >.
Au Conseil des Ministres du 22 juin, M. Coste-
Floret a fait une communication sur la situation
dans les Comptoirs francais de l'Inde.
Le Ministre a rappele les resultats du referendum
qui, A Chandernagor, en raison notamment des re-
lations 6troites que ce Comptoir entretient avec les
milieux d'affaires de Calcutta, se sont traduits par
une tris forte majority en faveur du d6tachement de
l'Union Frangaise.
I1 n'en reste pas moins, devait pr6ciser le porte-
parole du Gouvernement A l'issue du Conseil des
Ministres, que la nette amelioration des relations di-
plomatiques entire les Gouvernements de Paris et de
la Nouvelle Delhi, qui se pursuit, permettra, A la
fois de faciliter. les negotiations qui vont 's'ouvrir
immediatement en ce qui concern la cession du ter-
ritoire de Chandernagor et I'organisation des refe-
rendums qui se derouleront avant la fin de l'ann6e.


~~~---~---



















REVUE DE PRESS


Nous. rappelons que la revue de press publide au present bulletin est purement objective. Elle n'implique
dvidemment aucune adhesion du Minist&re de la France d'Outre-Mer aux opinions exprim6es dans les articles
reproduits t titre d'information.




PRESS MtETROPOLITAINE


INDOCHINE

Apris le vote du Parlement rattachant la Cochin-
chine au Viet-Nam, I'inddpendance et l'unitd du Viet-
Nam au sein de l'Union Frangaise sont revenues des
rdalitis. Ce rdsultat n'a pas dtd acquis sans efforts,
et ceux qui y ont contribud mdritent le just, hom-
mage rendu par ceux qui disirent sincarement une
dtroite collaboration franco-vietnamienne. C'est donc
avec intdret qu'on note ce qu'dcrit l'HORIZON VIET-
NAMIEN (journal vietnamien de langue francaise), le
II juin, aprds le vote de l'intdgration de la Cochin-
chine au Viet-Nam :
Nous devons ce r6sultat avant tout I'6energique
intervention de M. Paul Coste-Floret... Les interven-
tions de M. Coste-Floret, tant au Conseil de la R6pu-
blique qu'A 1'Assembl6e, ont r6v616 en lui, non seu-
lement un ami fiddle et sincere de notre pays, mais
encore l'artisan d'une grande politique de 1'Union
Francaise, lorsque, s'l6evant au-dessus du plan pro-
prement vietnamien, il a montr6 que, pratiquement,
la Constitution a transform les Protectorats en
Etats associ6s, et que cette formule est celle de
I'avenir.
M. Paul Coste-Floret est I'artisali d'une grande
politique 6galement pour tout 1'Extr&me-Orient, car
ce qui est en jeu, ce n'est pas ce petit c6t6 de la
question que repr6sente I'abandon de la souverainet6
frangaise directed en Cochinchine, ce n'est pas seu-
lement l'unit6 du Viet-Nam, c'est 1'avenir 6conomi-
que et politique de toute l'Asie du Sud-Est.
Pensant que l'union de tous les Vietnamiens n'au-
rait pas pu se faire si le texte du Conseil de la Rd-
publique avait prevalu, l'dditorial de l'HORIZON
VIETNAMIEN conclut :


C'est A ce danger que l'6nergie et la clairvoyance
de M. Coste-Floret ont permis d'6chapper. Voila
pourquoi notre pays, l'Union Francaise, mmme tous
les pays de l'Asie du Sud-Est peuvent lui 6tre pro-
fond6meoit reconnaissants.
Et, maintenant, pour le Viet-Nam, c'est I'heure de
la reconstruction. Dans l'AuBE du 6 juin, sous le ti-
tre < La paix se live >, Pierre Corval dcrit :
Mais cette reconstruction ne saurait s'accomplir
qu'avec le concours de toutes les families spirituelles
et politiques du Viet-Nam. Autrement dit, dans un
climate d6mocratique.
H6 Chi Minh triomphant, c'efit 6t la n6gation de
la d6mocratie en Indochine.
II faut que Bao Dai fasse la preuve que sa 'pr6-
sence est un gage de liberty et de progres social
* pour son people. Qu'il aille plus loin qu'H6 Chi Minh
dans la lutte centre les f6odalit6s, la concussion,
l'ignorance et l'injustice. C'est A ce prix qu'il ral-
liera les coeurs.
Et puis, qu'il fasse la paix, Qu'il ne laisse 6chap-
per aucune occasion de fire cesser la lutte fratri-
cide. Qu'il arr&te le bras de tous ceux qui seraient
tents de c6der au vertige du sang.
Fille de tant de larWes, la terre du Viet-Nam doit
renaitre, enfin rendue a elle-mmme, dl6ivr6e du cau-
chemar. L'Union Francaise a besoin d'elle, come
le monde, pour connaitre la paix, a besoin de
1'Union Francaise.
La lutte centre < les fiodalitis, la concussion, I'igno-
rance et I'injustice > don't parole Pierre Corval et que
I'empereur Bao Dai doit entreprendre, est indiqude
encore avec plus de nettetd dans l'article < Comment
Bao Dai s'imposera au Viet-Nam 5 que public I'Au-
RORE du 16 juin :


Rmrio7__









Si les Vietnamiens attachent, pour des raisons de
prestige, grand prix- leur entr6e sur la scene inter-
nationale, il est bien d'autres problemes plus pres-
sants h leurs yeux, par example de la rBorganisation
6conomique, social et pour d6buter, 1'6puration
administrative. A n'en point douter, voila le meil-
leur crit6rium pour juger l'action de l'ancien, actuel
et peut-6tre future souverain. ISi Bao Dai veut s'im-
poser d6finitivemeht, il n'aura garde de l'oublier...
I1 y aura au Viet-Nam un immense effort A four-
nir pour remoraliser la function publique et les
resultats n'interviendront qu'apres une longue pe-
riode. Encore sied-il de commencer par mettre le
fer dans la plaie.
Quant au probl6me des elections g6enrales, Bao
Dai a eu entitrement raison de le declarer pr6ma-
ture. I1 faut la mauvaise foi insigne de l'Humnianite
pour l'accuser de vouloir refuser la parole au people.
Car, comment organiser un scrutiny, avant la pacifi-
cation du pays ? Au reste,- si l'Empereur le tentait,
nos bolcheviques l'accuseraient incontinent de tru-
quage.
Que Bao Dal ne se d6courage pas En faisant
regner la justice et la discipline dans les territoires
soumis a sa loi, en cultivant parfois la clemence, le
dernier descendant de Gia Long a choisi la voie la
plus sfire pour ruiner l'influehce de H6 Chi Minh,
et aussi pour sauvegarder l'amiti6 franco-vietna-
mienne.
Pendant que les uns et les autres prodiguent maints
conseils i 1'Empereur, ce dernier fait son entree of-
ficielle au Viet-Nam par Saigon, qui vit des jour-
nees capitals les 13, 14 et 15 juin. L'envoye special
du FIGARO en Indochine, J. M. Garraud, ecrit a ce
sujet :
L'importance de ces journees, que nous vivons
sous un soleil torride, n'6chappe A personne... On
sent que les questions politiques prennent, actuelle-
ment, le pas sur les problemesi militaires eit elles
sont, parfois, d'une complexity qui d6route nos es-
prits occidentaux. Pourtant, tous les Vietnamienis
attendent et espirent. L'arriv6e de Bao Dai ici mar-
que une oetpe. La route A accomplir est encore lon-
gue et semie d'embfiches, mais nul ne se d6courage.
Les ceremonies qui ont marque le sijour de S. M.
Bao Dai d Saigon, on les trouve relates dans d'inte-
ressants articles signs de Louis Lamarre, d'Andrd
Mutterer et de Jean Knecht que publient respective-
ment CE MATIN-LE PAYS, LE PARISIEN LIBERE et
I'EPoQUE des 14 et -5 juin.
Jean Knecht, dans l'EPOQUE du 27 juin, revient
encore' sur la reception qui a dte reservee par la po-
pulation du Sud-Viet-Nam a l'Empereur. Et, ce qui
l'a le plus frappe, c'est la presence dans ces cedrmo-
nies d'anciens dissidents :
Ce qui compete est ceci, dit-il. Voila des hommes
bien decides et arms qui contr6laient et rancon-
naient aux portes mime de Saigon, il y a quelques
mois, tous ceux qui passaient dans leur fief. Aujour-
d'hui, ils se sont rallies A Bao Dai, et sont au ser-
vice de l'almitii franco-vietnamienne centre I'ennemi
commun.
Peut-on dire que Bao Dai soit capable d'amener
dans son camp de nombreux partisans qui combat-


tent actuellement avec l'adversaire ? Ceci est une
autre question qu'il faut placer sur le plan politique
et militaire des relations entire la irance et le Viet-
Nam et sur lequel nous aurons I'occasion de revenir.
Mais l'accueil qui a Wte reserve au jeune chef de
l'Etat par la population de Saigon ne lui enlsve pas
l'espoir de reussir. Nous savons que Bao Dai ne se
fait aucune espece d'illusion sur les difficulties qui
l'attendent encore mais son voyage A Saigon ne peut
que lui donner le courage de poursuivre sa tAche
jusqu'au bout.
Les difficultis existent encore, et la situation n'est
pas, par endroit, des plus favorable :
Mais a l'horizon un espoir brille pourtant, dit
Jacques Varene, dans I'AUBE. (Ce journal public les
20, 21, 23, 24 et 27 juin une serie d'articles de son
envoy special en Indochine). Le retour de Bao Dai,
orchestra par une propaganda intelligence, a value
soudain un certain nombre de defections notoires
dans les rangs des rebelles. La victoire rapide pro-
mise par H6 Chi Minh A ses troupes ne venant pas,
la lassitude des combatants vietminh se fait sentir
et des desertions massive s'opsrent. Des renforts
parties de France sont en route et leur venue pro-
chaine contribute a ranimer le moral -des troupes
r6gulirres.
Enfin, des units locales sont n6es et se d6velop-
pent rapidement. La garde indochinoise s'oppose
avec success aux rebelles. Des partisans se consti-
tuent en groups de combat.
C'est dans ce retirement de la population, lent
mais tangible, qu'il faut voir la liberation de 1'Indo-
chine.
Mais cette perspective rassurante n'autorise pas le
ddpart de la France, que certain voudraient voir
laisser les Vietnamiens se ddbrouiller par eux-memes.
Jacques Chegaray l'exprime clairement dans l'AUBE
du 27 juin :
Le depart de ]a France, ce .seraitle retour aux
luttes intestines, les populations minoritaires d6ci-
mkes par les plus forts, la lutte renouvel6el des An-
namites contre les Moi et les Thai. Ce serait le retour
offensif du iSiam au Laos et au Cambodge, les visees
chinoises contre un Tonkin sans defense, le retour
A la mis6re des petits salaries. Ce serait, me disait
un Vietnamien, ( un crime contre 1'humanit6 >>.
C'est pourquoi, pour sauver le Viet-Nam, nous res-
terons.


QUESTIONS GENERALES

La situation &conomique de l'A.O.F.

L'Economie expose, a travers le discours fait par
M. Bechard e l'occasion de I'ouverture de la 4e ses-
sion de l'A.O.F. (fin mai 1949), la situation de a14
Fiddration. L'A.O.F. se trouve dans l'obligation de
conquirir de nouveaux marches et de conserver ses
marches traditionnels. Le Haut-Commissaire pri~o-
nise de recourir a la Mitropole, qui achite a l'A.O.F.
sans sortie de devises et trouve dans la Fediration
un march pour ses propres products manufactures.
M. Bechard a reconnu la necessity d'abaisser les prix








de revient. L'indice des prix qui s'est stabilisd pour
la premiere fois en mai 1949 permet d'envisager un
retour & la liberty et au jeu de la libre concurrence.
Depuis le 20o mai, le principle de la liberty des prix
domine dans la Fiddration. Le Haut-Commissaire
envisage, pour provoquer la baisse des prix, la dimi-
nution de la fiscalitd indirecte, notamment des droits
d'entrie, ainsi que des economies de personnel de
contrdle. La devaluation serait, selon lui, une < dd-
sastreuse solution de facility >>.
Le Plan dicennal d'equipement comporte un dive-
loppement de la production agricole et minerale :
cet effort serait vain si l'amilioration des voies d'eva-
cuation ne le pricidait. L'A.O.F., pays de 4.800.000
kilometres carries, a seulement 75.000 km. de routes,
don't le tiers praticabJe en toutes saisons.
Le Plan dicennal reprisente une dipense total de
134 milliards de francs C.F.A. ; il s'executera & rai-
son de 13 milliards par an. L'ensemble des ressour-
ces du budget fidiral et des budgets locaux prove-
nant des imp6ts directs et indirects reprisente o1 mil-
liards et demi ; une aide extirieure s'impose. La Md-
tropole prend a sa charge, a titre de subvention,
50 % des charges d'equipement iconomique et 66 %
de cells d'equipement social. Si le contribuable mi-
tropolitain support la moitie des charges de l'equi-
pement du Territoire, les autochtones doivent, 'n
contre-partie, fournir un effort.
M. Bichard a insisted sur la rentabiliti aes entre-
prises et la discrimination des rialisations
'En concluant, le ridacteur de L'Economie mani-
feste de l'optimisme a mesurer < le chemin parcouru
depuis 1946, aux mauvais jours d'un arbitraire ita-
tisme >>.
( L'Economie o, 16 Juin).


Djibouti, port franc a monnaie ind6pendante

Le Figaro public un article de son envoy special,
Pierre Dubard, sur Djibouti, port franc a monnaie
indipendante, dans lequel il ecrit
La r6forme 6tait n6cessaire. Djibouti est un port
d'escale et la porte de 1'Ethiopie. Rien d'autre. Mais
deux raisons d'6tre libre : un port franc attire les
navires, et, d'autre part, la porte qui sert au voisin
doit 6tre laiss6e ouverte.
Une cite nouvelle. Djibouti s'6panouit. Les tra-
vaux du port, depuis longtemps commences, s'ach&-
vent, trop lentement d'ailleurs. Un large quai a t6
construit en eaux profondes. Plusieurs bateaux peu-
vent y accoster... Le quai va 6tre prolong ; des en-
trep6ts serdnt construits ; 1'Fquipement doit &tre
termin6 A la fin de l'an prochain. Des droits de port
ont rempldc6 les droits de douane ; ils correspon-
dent au service rendu; ils diminueront avec I'ac-
croissement du traffic.
Derri6re cette jet6e, des travaux de remblai ga-
gnent sur la mer et les lagunes. Une ville nouvelle
nait. Les terrains sont vendus A peine cr6is.


A 40 kilometres de Djibouti, dans les montagnes
de pierres noires et de sable rouge, sur un sommet
dominant la bale des boutres, j'ai eu la surprise de
voir' une jeune cit6 encore en course d'6closion. Pen-
dant les six mois de la saison chaude, les femmes
et les enfants trouvent un peu de fraicheur noc-
turne. C'est la station d'Arta.
La route qui y mehe sera renforcee en vue d'un
lourd traffic. Le N6gus a, en effet, accept qu'elle
aille reijoindre, en Ethiopie, a quelques kilom6tres-
derriere notre frontiere, la grande voie imp6riale
construite par les Italiens entire Addis-Ab6ba et le
port d'Assab, sur la mer Rouge. Ainsi, la capital
6thiopienne, d6j, reli6e A Djibouti par la seule vole
ferr6e du pays don'tt la concession vient de nous
6tre renouvel6e), y sera aussi raccord6e par la route.
Et cette route, A deux kilometres pres, n'e sera pas
plus longue que celle d'Assab.
Une nouvelle chance s'offre, d'autre part, magni-
fique, pour Djibouti. Du p6trole a 6te trouv6 dans
la province 6thiopienne voisine de notre territoire.
Une entreprise am6ricaine a effectu6 un premier
forage jusqu'A la nappe p6trolif6re. La station,de raf-
finage, qui serait, dit-on, francaise, parait norma-
lement pouvoir 6tre A Djibouti et desservie par
Djibouti.
(L Le Figaro ", 14 Juin).


La transformation de I'A.E.F.

Terminant son enquite, sur l'Afrique Equatoriale,
publiie par Le Populaire, H. Nogu~res icrit, en con-
clusion
Les conditions d'une transformation profonde et
d'une amelioration r6elle de l'6conomie de 1'A.E.F.
sont done, tout d'abord, la ferme volont6, de la part
de la Metropole, d'assurer, aux pays d'Outre-Mer,
un affranchissement 6conomique correspondent A
leurs nouvelles franchises politiques, puis, ceci une
fois acquis, des credits et des homes.
... Lorsqu'on se demand quelles" solutions pr6co-
niser pour aplanir les difficulties politiques que 1'on
rencontre et 6viter les conflicts que P'on present ou
que 1'on redoute, on ne peut que r6p6ter ce qui, .dja,
6tait vrai en matiere economique ou social et qui
content, en germe, toutes les chances de 1'A.E.F.
pour l'avenir : doter le pays de 1'Pquipement qui
conditionne sa prosp6rite, clever le niveau de vie
des AfIicains et developper leur formation intellec-
tuelle' et professionnelle, attirer Tes Europ6ens en
leur assurant des conditions de vie acceptable, mais
exiger d'eux, A tous les echelons, qu'ils abandonnent,
une bonne fois, les ultimes pr6jug6s. colonialistes. II
semble que Pon se soit, enfin, d6cid6, aprds cin-
quante ann6es perdues,' s'engager dans cette voie..
I1 ne faut plus, maintenant, s'arreter en chemin.
(L Le Populaire *, 8 Juin).


Le problime malgache

L'hebdomadaire iconomique La Vie Frangaise es-
time qu'il est possible de tirer, des debats qui vien-









nent de se derouler sur Madagascar, a l'Assemblee de
.'Union Franaise, des conclusions, don't voici un re-
sume :
La fin des operations militaires n'a pas encore
Wt6 suivie d'un r6el apaisement des esprits.
... Le d6veloppement Bcoriomique est tres lent et
les progres presque insensibles d'une annie A I'au-
tre. LA reside la difference fondamentale avec 1'Afri-
que, en plein < boom >>...
Dans 1'impossibilite de produire suffisamment, la
masse du people v6gete. Les salaires demeurent trBs
Las. Le pouvbir d'achat qu'ils r.epr6sentent s'est,
d'autre part, consid6rabl,ement r6duit devant la mon-
t6e des prix des marchandises d'importation.
... Tout li drame est aggrav6 par 1'insuffisance
notoire de l'infrastructure 6conomique.

L'hebdomadaire cite, ensuite, les projects d'exploi-
tation du carbon de la Sakoa et de la mise en va-
leur de la region du lac Alaotra, et ajoute .
Lorsque ces diff6rents projects auront vu le jour,
ils apporteront une vie nouvelle aux regions qu'ils
int6ressent. Le probl6me essential restera de donner,
A toute la population, le moyen de vivre d6cemment,
en produisant plus et mieux. Le probl6me de la
charrue, de 1'apprentissage et de la cooperation
agricole, diu petit moyen de transport automobile
primera longtemps encore les r6alisations spectacu-
laires qu'on nous promet. Mais la solution imposera
un effort de longue haleine, tenace et obscur. C'est
la raison pour laquelle nous craignons que son uti-
lit6 fondamentale ne soit parfois perdue de vue.

( La Vie Frangaise ., 10 Juin 1949).


Le prix du caf6

D'aprds Marches Coloniaux du 25 juin, le prix
de vente au detail du cafe, soit 425 francs, s'itablit
comme suit a partir du prix f.o.b. de 140 francs :


P rix FO B ...........................
Prix CAF .... . .. ......
Prix CAF de p6r6quation ................
Frais de dbtarquement ...... 3,06
A gios ................. .... 1,24
Magasinage, assurance ........ 0,47
Frais mi.gasinage ............. 0,83
Sortie entrep6t ......... .. .. 1,11
Transport lieu de stockage .. 3,60
Frais ro ite ............. .. 0,86
Dechargement manutention ... 1,00
RUmund ation importateur .... 2,25
Couirtier ............ ....... 0,21
Agent iaportateur .......... 0,21
Finance .ent ................ 2,25

Prix entrepSt ....... ....................
Taxe phytosanitaire .......... 0,90
Douane taxese intlrieure, tim-
bre, taxes encouragement
textile) ......... ...... ..... 19,89
Taxe CNACA ............... 0,90
Moins-values interimaires de la
Caisse de pderquation .... 6,18
Taxe production ........... 29,92
Taxe transaction ............ 2,39


Le kilogr.

70 fr. CFA
soilt
140 fr. metro.
161 fr. 426
162 fr. 07












179 fr. 16


Prix de cession au torr6facteur ........... 239 fr. 34
Reversement de la taxes a la
production ... ............ 29,92 209 f.,42


Camionnage gare-usine 0,68
Freinte de torrdfaction 20 %
sur 262,62 ... ............... 52,52
Cafe mis en ceuvre ..................


Marge torr6facteur .........
Moins-values interimaires (rap-
pel sur marges non perques)
B1nefice torrefadteur ........
Agios .......................
Commission Feprdsentant ....
Marge de paquetage .........
Forfait de transport chez inter-
mn dlaire ..................


262 fr. 62


12,69

1,88
0,99
0,88
3,51
15,34

5,80


Taxe production ............ 43,88
Taxe transaction ............ 4,51

Prix de vente au grossiste ..............
Marge au grossiste (y compris
taxe locale 1,5 %) ...... 30,10
Prix de vente au d6taillant ..............
Marge / detaillant (y compris
taxe locale 1,5 %) ....... 42,80
PRIX DE VENTE AU DETAIL ...........


352 fr. 10


382 fr. 20


425 francs


(a March6s Coloniaux ., 25 juin).



Creation d'une pacherie au Tchad

Selon March6s Coloniaux, une society de picherie
entreprend, au Tchad, pour la peche dans le Chari
et le Logone deux des fleuves les plus poisson-
neux d'Afrique la mise en place des installations
qui lui permettront d'approvisionner, en poisson pre-
pare, aussi bien les populations autochtones du Tchad
que celles de l'Oubangui et du Moyen-Congo.

La creation de cette entreprise Acrit Marches
Coloniaux est d'un int6r&t indiscutable : son
fonctionnement apportera des ameliorations de tous
ordres A la situation Aconomique du Tchad et de
1'A.E.F. ; en plus de la mise en circulation et la dis-
tribution de products de quality indispensable, A
l'alimentation, parfois d6ficiente, des autochtones,
elle fera r6aliser, a la F6edration, de substantielles
economies de devises (necessitees, nagu6re, par
l'achat de poisson A 1'Utranger).

... I1 semble que l'on puisse table sur une peche
quotidienne moyenne de 7 tonnes, soit, pour une
period favorable de neuf mois de 25 jours ouvra-
bles, un total de 3.150 tonnes. Cette quantity de pois-
son une fois traitee fournirait 450 tonnes de pois-
son pr6par6 (fum6 apr6s s6chage selon les m6thodes
6prouv6es employees par les saurisseurs d'Europe,
d'Amerique et d'Afrique du Nord).

Le poisson ainsi trait, emball6 dans des caisses
non 6tanches qui permettent le libre passage de l'air,
se conserve en parfait 6tat plusieurs mois et peut,
sans dommage, subir des variations de climate.

( March6s Coloniaux ,, 25 Juin).









Revues


RECUEIL PENANT

Dans le Recueil Penant de juin-juillet 1949, < Rene
Bouvier > pr6ne : < Une action commune en Ex-I
trime-Orient >, oit Grande-Bretagne, France et Hol-
lande se heurtent aux mimes difficulties.
Dans le meme numero, < Y. Geslin >, juge fran-
cais au Tribunal mixte des Nouvelles-Hibrides,
consacre a.l'archipel un article solidement documents.
Apris un historique ditailli, I'auteur expose les traits
caractdristiques de l'administration du Condomi-
niim, qui vit sous le regime de la souverainete indi-
vise. Les organes de commandement sont represents
par 2 Hauts-Commissaires : le gouverneur de la Nou-
velle-Caledonie et le gouverneur des miles Fidji. Tous
deux sont represents sur place par des Commissai-
res-risidents, h qui ils de'lguent la plus grande parties
de leurs pouvoirs. Les services centraux (Travau'
publics, Ports, Douane, Radio) occupent une tren-
taine de fonctionnaires europeens anglais et fran-
cais, qui se partagent igalement les postes. Leur sta-
tut est inditermine. Le service medical a une impor-
tance particuliere : c'est un service national francais
assure par des officers du Service de Sante hours ca-
dres. Les mddecins anglais sont des missionnaires.
Six h6pitaux sont en service. Le corps medical fran-
cais comprend i mddecin-commandant, 2 medecins-
capitaines et i midecin-lieutenant.
L'archipel est divise en 4 circonscriptions, qui sont
administries par un dilegue francais et un deilgui
anglais des Commissaires-rdsidents. .
L'auteur insisted sur l'organisation judiciaire et en
particulier sur l'organisation et la competence des
Tribunaux mixtes (Regime immobilier, Immatricu-
lation).

FRANCE OUTRE-MER

France Outre-Mer du mois de juin consacre une
itude < l'ceuvre realisie par la France en Indo-i
chine >>
< Une entreprise de colonisation se juge par ses
rdsultats >. Plus que dans les traits, elle trouva sa:
raison d'etre en eux, et, aussi, ses droits d poursuivre
sa tdche. Pour juger aujourd'hui sainement des n6-
tres en Indochine, alors que des annies de guerre
ont accumuld des destruction matirielles et mora-
les, il est bon de se reporter en arriere, de regarder'
ce qui a dte accompli, en quelques ditaines d'annies,
par quelques ditaines de milliers de nos compatrio-
tes. L'ceuvre est immense. Le dossier a rjunir le se-
rait aussi ; ces quelques faits, ces quelques chiffres,
ces quelques images, choisis parmi les plus signifi-
catifs de la vie d'une economic ou d'une nation, suf-
fisent, pourtant, a montrer que nous avons pour-.


suivi, en Indochine, non unee politique d'exploita-
tion, mais une politique de mise en valeur ; et cela,.
avant tout, au profit des autochtones. En veut-o:
une dernidre preuve ? Une itude, tris objective, de
M. Bourgoin, conseiller au Plan, nous la, donne, ir-
recusable on peut ivaluer les investissements fran--
cais, entire 1885 et 1940 a 5.200 millions de piastres
(valeur 1939). Quel a ite le profit moyen annuel des
capitaux francais ? Moins de 79 millions de piastres.
L'intdret annuel moyen n'a donc jamais dipass4
1,52 %. Qui oserait, devant ces chiffres, parler d'ex-
ploitation capitalist des colonies ? >
(a France Outre-Mer ,, Juin 1949).

Le mime numiro reclame un programme coherent
de la < Radiodiffusion dans l'Union Francaise > :
< II conviendrait de distinguer trois types de sta-
tions, selon leur portee : nationals, rigionales' ou
fiddrales.
< Les stations nationals doivent etre rescues dans
tous les Territoires d'Outre-Mer et, mime, fire en-
tendre la voix de l'Union Francaise par la terre en-
tiere.
< La gestion de tels organes ne peut etre assureer
que par la Radiodiffusion francaise, agissant en tant
que Radiodiffusion de l'Union Frangaise. Le Gou-
vernement de la France Libre a cred la premiere de
celles-ci a BrazZaville.
< Les dmetteurs regionaux qui, techniquement,
pourraient utiliser les ondes longues, seront, en fait,
comme ceux de la catigorie supdrieure, uniquement
a ondes courts. Les recepteurs a ondes longues sont,
en effet, peu rdpandus outre-mer. La puissance.
d'emission sera moyenne 25 kilowatts par example.
< Soulignons la cooperation etroite qui doit rj-i
gner entire ces stations rigionales et les stations na-
tionales don't les zones d'action se recoupent, et com-
bien la direction de la Radiodiffusion francaise pa-
rait s'imposer pour faire regner l'harmonie ndces-
saire.
< Les stations federales sont propres a chaque-
Territoire. Elles peuvent etre, soit unique, soft mul-
tiples, c'est-a-dire, comporter plusieurs centres ri-
partis en divers points convenablement choisis. La
puissance des imetteurs, normalement infirieure a-
dix kilowatts en ondes courts, peut atteindre une
centaine de kilowatts en ondes moyennes. Lorsque
les stations sont multiples, elles pourrdnt se grouper
en un reseau territorial avec relais.
< Propriedt du Territoire, elles sont gerees par le
Gouvernement Gdndral >.
Parlant, ensuite, du probldme de l'audition, la re-
vue France Outre-Mer ajoute






< Rares scmt les personnel indigines qui possident
:un apparel de reception. A quoi bon un vaste sys-
.tme d'dmis.iions s'il n'existe qu'un tout petit nom-
bre d'auditeurs susceptibles de les chapter ? II faut
mettre la Radiodiffusion a la portie des habitants.
Les solutions sont diverse, selon qu'il s'agit d'ag-
.glomerations possidant, ou non, l'electriciti, proches
ou lointaines d'un centre dmetteur. L'effort devrait
*done tendre, selon les cas, a faire crier des ricep-
teurs de petit format, robustes, et d'un prix de re-
vient peu eievi ; h organiser des riseaux de distri-
bution a domicile, de tell sorte que l'habitant ait
seulement c;,he lui un materiel simple et peu fragile,
ou, encore, ei installer des haut-parleurs de sonorisa-
_tion dans different lieux ouverts au public, mar-
.chis, cases a palabres, maisons communes. >
( France Outre-Mer -, Juin 1949).

VERT ET ROUGE

De piriodicite bimestrielle, Vert et Rouge, revue
de la Legion, Etrangere (Bureau de la Ldgion Etran-
gire, Bas Fort St Nicolas, Marseille), est consacree
a la fois i ia Ligion Etrangere et a I'Histoire Colo-f
niale de la France. Vivante, bien documented, agrea-
blement illustree, elle constitute un lien entire legion-
naires et ccloniaux.
Au sommaire du numero de juin 1949 (no 22) fi-
gurent notomment -des << Souvenirs du cinquante-
naire de noire installation au Soudan >> par le gene-
ral Requin, illustres de reproductions d'aquarelles de


I'auteur, des notes biographiques sur Archinard,
Briere de l'Isle, Borgnis-Desbordes par Henri de
Rolland, ainsi que des notes sur la Legion en Indo-
chine.

REALITES (13, rue St-Georges)

En juin 1949, R6alit6s consacre un num&ro spd-
cial a l'Afrique Noire. Une documentation photogra-
phique abondante et une presentation agrdable ajou-
tent encore a la valeur de ce numdro. Nous relevant
notamment au sommaire
La machine donne sa chance a l'Afrique.
Chasses Africaines.
Les 24 heures du Gouverneur Pichaux.
Vie d'une peuplade noire : les Coniaguis.
Le champ d'investigation de la revue s'itend au
Libiria et au Congo Belge, qui y font dgalement
l'objet de deux intiressantes itudes.

LA REVUE FRANgAISE (7, rue La Fayette)

C'est la Belgique qui fait l'objet du numero spd-
cial de la Revue Frangaise de mai 1949. La mnoitie
du numero est consacree a la Belgique d'Outre-Mer.
Apris une presentation de l'Empire colonial belge
par M. Pierre Wigny, ministry des Colonies, une si-
rie d'articles signs de specialistes des questions d'Ou-
tre-Mer belges evoque tous les aspects du problme :
realisations sociales, enseignement, recherche scien-
tifique, missions, industries sucridre, production agri-
cole, etc...


PRESS D'OUTRE-MER


INDOCHINE

L'evenen:ent historique qui a fait du Viet-Nam
un Etat lib re et don't on peut se demander si l'His-
toire en a connu ayant < une port6e aussi grande et
aussi grave >, comme l'a dit le Haut-Commissaire
Pignon, a suscite les commentaires les plus divers.,
Nous retie'tdrons notamment ceux de Jules Haag,
qui saisit cette occasion pour chanter les vertus de
l'amitie franco-vietnamienne
Certains, dit le r6dacteur du JOURNAL D'EXTREME-
ORIENT, onI crut devoir faire grief aux Francais de
vouloir demeurer sur cette terre, mais leur tenacity
n'est-elle pas la preuve de l'amour qu'ils portent a
,oe pays ? Qu'on veuille bien y voir autre chose que
de l'interkt., mais l'attachement que l'on garde pour
les lieux oil l'on a v6cu, pour un pays ofi on a peine,
et que l'on a vu grandir : < J'6prouve, a dit aussi
M. Pignon, une profonde horreur pour le style em-
phatique el les images trop faciles, mais c'est le fond
mnme de,raon cceiur qui me rappelle que cette terre


a Wte f6cond6e de notre sang, p6trie de notre sueur >.
Du sang .et de la sueur annamites aussi, bien stir.
! Et c'est cela qui cr6e des liens si profonds, que rien
ne pent les rompre. Mais oui, quelles que-puissent
etre les divergences de l'heure, cr66es par une pro-
pagande infame et injuste, ce qui fait ici l'union,
c'est cette ceuvre de pres d'un si6cle, obtenue par
le travail acharn6 -des uns .et des autres. Et s'il est
vrai de dire que les Francais ont fait beaucoup, il
serait injuste d'oublier tout ce que les Annamites
ont apport6, ne serait-ce qu'avec leurs bras, a la
construction de 1'&difice.
Les traits, les accords, si clairs soient-ils, ne va-
lent que par le sentiment profound, chez les unis et
les autres, que leur union n'est pas un fait du ha-
sard, un v6Bnement de circonstance, mais qu'elle
plonge ces racines profond6ment dans cette terre,
et dans son passe.
J'entends souvent des pessimistes proclamer qu'il
ne reste plus aux Francais qu'A faire leur valise.
Plus que jamais ils doivent rester, et nous sommes
convaincus que le regime nouveau du Viet-Nam ne








peut que favoriser dans l'avenir les changes Bco-
nomiques et culturels. L'amiti6 de nos deux peuples
est indissoluble. Dans un Viet-Nam libre, elle ne peut
que se renforcer. Et il n'est pas un Vietnamien capa-
ble de raisonner, soucieux de maintenir A son pays
la place de choix qu'il occupe djfA dans le Sud-
Asiatique, qui n'en proclame Ja n6cessit6 et ne se
rejouisse de voir ( la France et le Viet-Nam d6sor-
mnais librement associ6s pour les bons comme pour
les mauvais jours >.
Du c6te vietnamien, M. Nguyen Phan Long, jdi-
torialiste de 1'ECHO DU VIET-NAMv, se felicite aussi
des resultats enregistres, mais prifere rechercher les
conditions d'un succes difinitif :
L'Ueuvre de pacification ou plut6t de paix entre-
prise par la France en Indochine et singulierement
au Viet-Nam, ecrit-il, ne sera mene .A bonne fin que
si l'unit6 de vues, la fermet6 de direction, la loyaut6
et la comprehension y president, car, pour etre effi-
caces, les accords du 8 mars doivent donner des
r6sultats tangibles mettant en evidence les avanta-
ges qui en decoulent pour le people vietnamien.
I1 est done n6cessaire que ces accords soient loya-
lement appliques dans leur lettre et dans leur es-
prit, sans restrictions ni reserves.
Le PHUC HUNG manifesto son enthousiasme sans
restriction ainsi que sa confiance, mais il n'oublide
pas pour cela le devoir de chacun pour assurer l'ave-
nir :
VoilA, dit2il, que la France a d6montr6 sa sinc6-
rit ; nous autres, nous devons lui montrer notre
bonne foi. Deux conditions primordiales se presen-
tent, qu'il imported de r6aliser : d'abord la solidarity
du people dans le soutien de l'Empereur Bao Dai ;
puis l'action politique prudent et digne de ceux
qui ont engage leurs signatures pour la r6alisation
de l'accord. Car toute carence serait irreparable.
Le DOAN KET qui, jusqu'ici, riclamait avec insis-
tance l'indipendance pour le Viet-Nam, maintenant
Sse montre inquiet de cette indipendance, trop belle,
qu'il va falloir mdriter. II ne cache pas sa pensge :
Aprss des dizaines d'ann.es d'espcrance et quatre
ans de sacrifices dans le but de reconquerir l'ind6- L
pendance de la patrie, le people vietnamien constate
A present que ses aspirations A la liberty sont satis-
faites par l'accord de l'Elys6e.
Or, les Vietnamiens semblent etre < d6pays6s >
devant le nouvel Etat que cree le mot < ind6pen-
dance >. Car jusqu'ici ils n'ont guere pens6 aux
obligations du citoyen d'un Etat inid6pendant.
Desormais nous devons nous d6brouiller avec
< nos propres ailes > et organiser nous-memes notre
vie. La question de notre independance englobe des
milliers d'autres probl6mes relatifs A l'organisation
d'une nation souveraine, que seuls, S. M. Bao Dai ou
quelques ministres ne peuvent faire. Les efforts
conjugu6s de l'ensemble du people s'avyrent plus
que jamais nAcessaires.
Il est en effet difficile de reconquerir l'ind6pen-
dance, mais il est encore beaucoup plus difficile de
la conserver. Aussi chaque Vietnamien doit-il parti-
ciper A construire la base de I'ind6pendance du
pays.


Cette crainte exprimie par le DOAN KET n'est pas
sans fondement, car les difficultis que doit vaincrer
S. M. Bao Dai ne manquent pas, ne serait-ce que
l'intransigeance des nationalists que M. Nguyen
Phan Long, dans l'ECHo Du VIET-NAM, dinonce d'une-
faCon plus nette que jamais :
Nous mettons S. M. Bao Dai en garde centre une
cat6gorie de politicians .qui, en faisant sans le.savoir
et sans le vouloir, le jeu des mercenaires du Krem-
lin, pourraient ruiner 1'action m6diatrice qu'il a en-
treprise avec un certain courage et qui, seule, pour
les esprits vraiment senses, aboutira A donner A no-
tre pays sa forme definitive en toute ind6pendance
et toute liberty.
Nous voulons parler des nationalists irreduc-
tibles, exacerb6s, don't I'intransigeance absolue sert
admirablement les desseins de ceux qui nous pre-
parent un novel esclavage sauce tartare parfumee
a la chinoise.
Certes, le nationalism est un fait : c'est en som-

me I'amour de la patrie, et nous ne pensions pas'
qu'un seul Vietnamien digne de ce nom n'ait ancr6
au oceur ce sentiment, aussi natural .que l'amour
filial. Mais ce sentiment doit-il 6tre exclusif ?
La question, helas ne se pose m.me pas, parce
que, dans ce siecle ofi tout s'enchevetre, s'imbrique,
of les bombes atomiques, les avions ultra-rapides,
ont rAduit A n6ant les frontieres illusoires, l'interd6-
pendance des nations est devenue un fait contre le-
quel on ne peut rien.
Le nationalism, ou plut6t l'ultra-nationalisme,
ne constitute pas a lui seul un droit supreme et
absolu.
Il y a aussi les r6alites.
Le nationalism peut, selon le cas, concorder -ou
ne pas concorder avec d'autres r6alit6s impossible
A eliminer, et qui sont lgitimes de ( droit > et de
< fait > parce qu'elles important essentiellement au
bien commun, A 'obtention de ces avantages so-
ciaux et nationaux (nous insistons sur ce point :
nationaux) qui sont la raison d'&tre universelle et
fondamentale de toute communaute politique.
Or, c'est lI precisement ce que ne comprennent
pas certain nationalismes ultras, don't l'esprit borne
n'a point saisi tout ce que comporte de complex
le vaste kaleidoscope human d'aujourd'hui.
C'est done avec un esprit large, et surtout r6aliste,
qu'il convient d'envisager l'avenir.
II nous est impossible de nous replier sur nous-
memes.
Mais il nous est possible de bAtir notre nation en
faisant les concessions n6cessaires A l'evolution des
temps ; il nous est possible de conserver 1'amiti6
de la France, devenue notre associee, comme l'Inde
a conserve l'amitie de PAngleterre devenue la sienne.
II nous est possible, en un mot, de prendre notre
place, si cessent certaines intransigeances, nous di-
rons meme certaines arrogances qui sont A propre-
ment parler ridicules, alors que la patrie, A peine
n6e, est entouree de perils.
,Les < ultras > le comprendront-ils ?








M. Nguy,'n Phan Long, portant son attention, un
.des jours suivants, sur des considerations d'ordre gi-
neial, icrit encore :
On se' rend compete de ,'importance du problem
de I'ordre et de la s6curit6 publique A r6tablir sur
tout le territoire du Viet-Nam r6nov6, car un pays
police a pour premier devoir de prot6ger les gens
vivant sur son sol et de leur assurer aide et assis-
tance en toutes circonstances. C'etst lA le critere
infaillible prouvant qu'il remplit les conditions re-
quises pour pouvoir faire parties de la famille des
nations libres.


MADAGASCAR

( Un appel au travail a

SEvoquant le ldgitime ddsir des Malgaches d'avoir
une vie meilleure, le Voromahery (organe du P.A.D.
E.S.M.) donne les conditions requises pour que I'en-
seignement donnd aux enfants dans les icoles soit
profitable :
Mais si instruction s'acquiert a l1'cole, 1'6duca-
tion des enfants ne peut s'achever qu'en collabora-
tion 6troite avec les parents.
L'influence familiale joue un role primordial sur
le caractere future des enfants. Elle peut favoriser ou
.annuler celle de 1'6cole.
L'6cole n'est 'que la preparation de I'avenir, mais
le progres exige une action pratique immediate.
C'est aujourd'hui qu'on a besoin d'avoir une nour-
riture substantielle et assure, des v6tements suffi-
sants, une habitation saine et comfortable, de gofter
a tous les plaisirs et bienfaits de la civilisation. Les
besoins de la famille doivent augmenter tout de
suite. Les enfants n'y peuvent rien mais les adults
m&mes les plus incultes ont la possibility d'y arri-
ver des maintenant.
Les ateliers, les usines, les chantiers, les exploi-
tations industrielles et agricoles, et m6me les caser-
nes sont des centres d'instruction et d'6ducation
salutaires.
Ceux qui ont eu 1'avantage d'avoir fr6quent6
1'6cole s'y perfectionnent et ceux qui n'y ont pas etc
peuvent toujours s'y instruire et s'6duquer par 1'ap-
prentissage d'un metier r6mun6rateur et par l'ac-
quisition de nouvelles habitudes qui aideront a
1'6volution de la mentality indispensable pour ]a
march vers le progrns.
Lorsque tous les adults se d6cident ainsi A tra-
vailler, alors seulement l'avenir des enfants sera cer-
tainement meilleur. VoilA pourquoi toutes les voix
autoris6es appellent les Malgaches au travail.
(a Voromahery ), 7 Juin).


France-Madagascar aborde le meme problame avec
une certain vihimence : premier objectif a son avis,
utiliser la main-d'ceuvre locale :
On a parMl d'importer des strangers. A une 6po-
que, il s'agissait d'Asiatiques, puis on parla de Po-
lonais, et niaintehant on murmure que des Italiens
feraient bien l'affaire. C'est-h-dire qu'on continue a


palabrer sans vouloir r6soudre le probl6me par les
< moyens du bord > qui consistent A l'6ducation, a
la r66ducation de certain 616ments locaux, a leur
adaptation A des conditions nouvelles, A leur utili-
sation A des fins qui leur soient profitable.
Le respect des libert6s ? Soit. Mais ne r6duisons
tout de m6me pas des Utres humans a la condition
de persister A v6g6ter dans le d6nuement et le man-
que d'hygiene, sous pr6texte qu'ils pr6f6rent cela.
Ne faisons pas en sorte que nous entretenions a un
prix trbs l6ev6 pour la collectivit6 des sortes de
pieces vivantes pour mus6e et qui n'int6resseront
que quelques anthropologues et ethnographes.
( France-Madagascar ,, 11 juin).


La mise en valeur du sol malgache

Fandrosoam Baovao, au sujet de la mise en valeur
du sol malgache, dcrit : ,
Nous sommes A la veille d'une grande r6organi-
sation terrienne.
Avant la mise en train de 1'6quipement Bconomi-
que, avant 1'immigration de nouveaux colons et la
distribution des terres, nous demandons a ce qu'on
organise immediatement le paysannat malgache. Et,
pr6cisons : qui dit paysannat malgache dit Foko-
nolona.
L'organisation devra permettre le d6veloppement
moral et materiel du paysan, de sorte iqu'il ait net-
tement conscience de son role dans la prosp6rit6 du
pays; qu'il ne soit plus un ,simple outil de travail,
mais un 6tre human, solidaire aussi bien dans l'ef-
fort a d6ployer que dans les avantages, digne r6-
compense de tout ouvrage bien fait.
L'organisation que nous r6clamons devra permet-
tre au paysan de tirer profit directement du novel
6quipement 6conomique. Ainsi, il se sentira mis sur
pied d'6galit6 avec les autres exploitants du sol, pre-
sents on a venir, pour que, demain, sil 6choue, il
ne s'en prenne qu'f lui-m6me. I1 ne pourra pas ac-
cuser la soci6tt de l'avoir handicap intentionnelle-
ment au depart.
Telles sont, d'apres nous, les premieres conditions
de justice social n6cessaires a la renaissance du
pays.
(a Fandrosoam Baovao ), 27 mai).


Le Fandrosoam Baovao se montre fermement par-
tisan d'un appui important a donner aux Europiens
et assimilds qui se trouvent ddja a Madagascar :
Lorsqu'on a, devant soi, un pays de 5160.000 kilo-
metres carr6s avec quatre .millions d'autochtones et
quelque 513,.000 Europ6ens et assimil6s, I'on ne sau-
rait ne pas souhaiter une immigration d'importance
pour augmenter sensiblement le potential n6cessaire
au, d6veloppement rationnel du pays.
Nous avons, A Madagascar, une foule de Francais,
lesquels se trouvent, actuellement, dans 1'Adminis-
tration : de petits fonctionnaires dans les grosses
companies ; de petits employs ; ceux-la que la
providence gouvernementale vient de designer sous
un vocable nouveau, les < originaires >. Ces a ori-
ginaires >, dans la majority, ont pris la decision de








faire, de Madagascar, leur pays. Ils y vivent' et ils
y mourront.
Alors, quand l'heure arrive de reorganiser 6cono-
miquement Madagascar, surtout que la r6organisa-
tion comporterait une distribution de terres, la plus
grosse injustice serait d'oublier cette phalange qui
devient parties int6grante de la population malgache.
... Premiere conclusion, alors : avant de faire
venir de nouveaux colons, il faudra, d'abord, < ca-
ser >> ceux qui sont d6ja sur place. Place aux culti-
vateurs malgaches Place aux petits Frangais qui
veulent s'attacher au sol malgache !
Le journal justifie sa mifiance pour les grandes
entreprises qui, icrit-il, ont fait des < experiences qui
n'etaient pas a l'avantage de l'interet gindral >, et il
donne I'opinion suivante :
Madagascar, pays immense, aux voies de commu-
nication difficiles, ne peut pas assurer une r6parti-
tion rationnelle des products agricoles. Dans les
grandes exploitations, les products s'entassent alors
que le reste de la population les recevrait comme
une manne du ciel s'ils arrivaient jusqu'a lui.
L'int6rkt g6n6ral exige done la dissemination, un
peu partout, des producteurs afin d'6viter une sur-
production concentree dans un point donn6, la-
quelle, a d6fait d'exportation, deviendrait une perte
seche.
Enfin, pour le Fandrosoam Baovao, les grands
concessionnaires avec productions intensives et tris
spicialisdes sont des facteurs de desequilibre en pd-
riode de crise de surproduction.
(F Fandrosoam Baovao -, 3 juin).


GUINEE FMRANgAIISE

La Femme Africaine

La Guinde Frangaise, quotidien public par les
soins du Gouvernement de la Guinee, consacre plu-
sieurs colonnes au probleme de la < Femme Afri-
caine >. Deux itudes, la premiere sur < L'Education
Feminine Africaine >, la second intitulee < Le Bon-
heur de Vivre >, sont signdes Toure Mamadou Sali-
fou et Cisse Fode. Fort bien traities, elles miritent
qu'on s'y arrite un moment.


Dans << Bonheur de Vivre >, Cisse Fode icrit :
Dans cette longue recherche du bonheur de vivre,
la nature a bien voulu cr6er a notre intention, la
femme, ce < piment indispensable > de toute notre
vie. Aussi le problem de la fenme m6rite-t-il d'etre
s6rieusement 6tudi6, afin de garantir cette jeune elite
africaine qui a la lourde responsabilit6 d'etre la
tete de pont entire la masse, avec tout ce qu'elle a
de respectable, et cette' future elite qui attend tout
d'elle pour 6voluer avec plus de libert&... L'6volub ne
devra en aucune facon n6gliger son spouse qui
s'integre automatiquement dans sa propre vie par
les liens du marriage. Loin de la consid6rer comme
un instrument, il aura a coeur de ne voir en elle
que la demonstration de sa propre evolution.
Dans < Education Fdminine Africaine >, Tour6
Mamadou Salifou situe le probleme en Guine :
Selon la tradition la femme n'est pas l'6gale de
l'homme, mais la jeune fille instruite tend a s'6man-
ciper, dans sa famille d'abord, dans son manage
ensuite. Elle se refuse au r6le de m6nagere qui est
assign a la femme, qu'elle d6daigne et abandonne
aux servantes...
L'auteur constate et deplore
L'exemple des jeunes files instruites dans nos
Bcoles n'est pas 6difiant. Elles n'empruntent A la
civilisation europ6enne que le mauvais c6t6, c'est-h-
dire une liberty qui d6g6nere en libertinage et elles
font souvent de mauvaises spouses et de d6plorables
m6nagfres. Dans nos ecoles on instruit la jeune afri-
caine, on ne 1'6duque pas... Elle ignore les r6gles
616mentaire de l'hygiene, chante mal, ne salt meme
pas habiller une poup6e, ni fixer un bouton, ni rac-
commoder. Tout -est d6sordre dans leur tenue et
dans leur easier.
Comment remedier a une telle situation ? Par
1'ecole. Elle doit instruire les files et surtout les
6duquer, les preparer a leur rble social d'6pouse,
de m6nagere, de m6re... La femme prendrait a ooeur
son rl6e de menagere, non pas en servante, mais en
maitresse de maison, fibre de la bonne tenue, de
1'61lgance de son int6rieur. Le maria ne verrait pas

ses resources partir en futilites inutiles, il se plai-
rait davantage a la maison, il aimerait a y recevoir
des amis.
(w La Guin6e Frangaise ,, 9 Juin).


7









PRESS ETRANGERE



La collection complete des articles de press dtrangtre traduits en francais peut etre consulate a la
Section de 'a Presse Etrangdre (Direction des Affaires Politiques, 27, rue Oudinot, Piece 17, 1" Etage).
Les numnros qui figurent ci-dessous 6 la suite de l'indication d'origine des articles de press permettent
de se reporter au texte complete des dits articles.



I. UNION FRANCAISE


INDOCHINE

Ho Chi Minh est un communist, 61ev6 Moscbu a
< 1'Ecole des Peuples Asiatiques > dans la doctrine
du iParti -et dans la discipline du Parti. Le commu-
niste Imaigre et fanatique, avec son visage asceti(que
orn'6 d'une 'barbiche clairsem6e foirme un ifrappant
contrast avec Bao Dai potel6 avec s.a face joviale
qu'animoe presque toujours un sourire 6nigmatique.
La yeux de Ho Chi Minh paraissent o tre dnpourvus
d'expressiorn. Ceux de Bao Dai luisent d'ironie. Est-
ce ique ces deux hommes si diff6rents sont .des enne-
mis irr6con:iliables comee on dolt le croire d'apr's
leur aspect extrieur et les menaces don't ils s'acca-
blent mutuellement. Bao, Dai et Ho Chi Minh n'ont
en tout cas, pas toujours 6et ennemis. Apres son
abdication, l'ex-Empereur a exerc6 pendant un
temps dans 'le gouvernement de Ho Chi Minh les
functions de Conseiller Supreme et plus tard ii s'est
offert au (Gouvernement Frangais come interm6-
diaire entire la France et le Viet-Nam. Actuellement
tous deux se menacent r6ciproiquement de mort. Est-
ce 'que cela signifle qu'une entente entire eux est
impossible ? En aucune facon D'aucuns pensent
que 'dans certaines circonstances, Ho Chi Minh se-
rait pret A pardonner A I'Empereur sa < trahison >>.
I1 a lanc6 un mandate d'arret centre Bao Dai d'une
valeur plus considerable sur le plan de la propa-
gande 'que planss le domain des faits *et A peine trois
semaines plus tard, il a propose une treve de plu-
sieurs mois. Croire qu'Ho Chi Minh serait sans r6-
serve un esclavel de Moscou se r6v6lera une erreur
dans 'aven.ir. Croire que Bao Dai est un agent sans
volont6 .du Quai d'Orsay serait 'profond6ment m6co'n-
naitre la ruse et la personnalit6 de i'ex-Empereur.
Chacun dans leur genre, ces deux ihommes sont avant
tout des nationalists. Tous deux s'efforcent d'obte-
nir l'ind6pendance total du Viet-Nam et il n'est pas
impensable si invraisemblable que cela puisse
paraitre A certain qu'ils puissent encore une fois
faire cause commune pour atteindre ce but, quite
une fois ce but atteint A tomber 'Fun sur l'autre. II
n'est pas du tout exclu-que sous le lovable pr6texte
de restaurer la paix en Indochine, Ho Chi Minh ne
renoue avei: Bao Dai des relations qui aboutiraient A
la 'constitution d'uine coalition vietnamienne dans la-
quelle Ho C:ii Minh s'emploierait en secret A placer
partout des communists aux postes-cle pour saper
progressivement l'influence de Bao Dai et .de ses
partisans...


L'Avolution de la situation en Indochine ne de-
pend pas tant aujourd'hui de la France qu'6galement
de la situation international en particulier de la si-
tuation en Chine. L'immense succes des communis-
tes chinois a renforc6 substantiellement la position
d'Ho *Chi Minh depuis longtemps pr6sente comme
d6sespr6.e.
Croire que le retour de l'Empereur pourrait auto-
matiquement ramener ia paix en Indochine serait un
optimism &cerveld. La meilleure arme de Bao Dai
est l'ind6pendance du pays qu'Ho Chi Minh ne pour-
rait gagner qu'A F'iss'ue d'une longue guerre.
(a Die Weltwoche 3 juin 1949). 4.804

L'avenir depend -en r6alit6 de savoir si le Haut-
Commissaire, M. Pignon et l'ex-Empereur d'Annam
Bao Dai peuvent transformer le nouvel Etat du Viet-
Nam en un centre de ralliement du nationalism
contre le communism. Jusqu'ici Ho Chi Minh a
r6ussi A conserve la direction du movement de
masse ,avec son solid noyau communist contre tous
les .nouveaux venus et il faudra une grande habilet6
politique tout autant que l'emploi de la force rapid
pour s'assurer ces desertions a grande Bchelle du
movement Viet-Minh qui offriraient les meilleures
'chances de suoccs aux Fraunais et *A leurs amis. 11
faut pour cela du temps et c'est le temps qui est le
plus difficile A gagner. II y a au moins un g&n6ral
chinois qui lutte deja avec le Viet-Minh et les commu-
nistes chinois arrivant A la frontiere du Tonkin un
soulhvement g6n6ral des gu6rillas et des (forces re-
gulibres ne prendrait gubre 'que six ou neuf mois.
La 'question est de savoir si l'esprit national de r6-
sistance peut 6tre 6difi6 avant que cela ne se pro-
duise.
(a The Economist 11 Juin 1949). 4.813

Bao Dai n'a accept de rentrer en Indochine
qu'aprds des n6gociations prolong6es avec les Fran-
gais .desquels apris de durs marchandages, 11 a ob-
tenu nomibre de concessions afin que ses partisans
vventuels puissent constater clairement ,qu'il n'est en
aucun cas une creature de o'anoienn.e puissance co-
loniale, mais qu'i'l est inspire par un nationalismle
aussi pur que celui 'd'Ho Chi Minh, son rival Viet-
Minh. Le succes du nouveau regime d6pendra du
pouvoir de 1l'Empereur A gagner A lui un nombre
suffisant de sympathisants viet-minh .de telle sorte
qu'il serait impossible A Ho Chi Minh de continue
la guerre. Cependant si une Chine communist s'ins-

53








talle aux frontieres du Viet-Nam, le Dr Ho Chi Minh
pourra probablement computer sur une aide du nord.
De fait de .som'bres nuages se dessinent au-dessus ide
Bao Dal. Du fait de la grande importance strat6gique
de 'Indochine pour ensemble du Sud-Est asiatlique,
les progres r6alis6s par Bao Dai vont 6tre anxieuse-
ment observes ,non seulement 'en France, mais 6gale-
ment dans tous les autres pays occidentaux.
(a The Times ), 16 Juin 1949). 4.826

Si les Francais aivaient voulu donner que:lque pou-
voir A Bao Dai ou A d'autres nationalists mod6rb6s
il y a .deux ou trois ,ans, iil est peu douteux que les
populations de 1'Indochine. du Nord auraient aban-
donnA les chefs communists du movement r,6vo-
Jutionnaire. Au point of en sont les choses aujiour-
*d'hui, les Francais se trouvent dans une situation
beaucoup plus difficile. Ni leur promesse de .demi-
ind6pendance pour le Viet-Nam, ni l'insistance de
Bao-Dai A proclamer que la monarchies peut 6tre rem-
placCe par une R6publique si le people le desire ne
sont suffisantes pour gagner le soutien populaire A
1'Empereur. Les Francais ont commis les mnmes fau-
tes que les chefs du Kuomintang en Chine ils ont
differ& pendant trop lo'ngtemps leurs efforts pour
cr6er un enthousiasme public pour une solution die
replacement au communism et les r6sultats
pourraient 4tre aussi d6sastreux.
(a New York Herald Tribune 18 Juin 1949). 4.832


L'Indochine est maintenant la derniere et seule
defense qui subsiste entire l'Asie du sud-est, cette
vaste masse de populations extrnme-orientales ind6-
cises sur qqui reposent nos espoirs en l'avenir, et la
croisade ouverte du communism. C'est on bastion
qu'auoun homme politique esp6rant un dominion de
i'Asie du sud-est oou meme une R6publique malaise
lilbre et amie, ne verrait s'effondrer sans en etre pres-
que d6sesp6r'6...
Bao Dai devra certainement affronter une longue
guerre civil dans laquelle les Francais devront I'ai-
der. De nombreux hommes politiques annamites ne
sont pas decides A s'engager des mainternant et il se
pourrait qu'on ne connaisse pas le verdict de l'ex-
p6rience avant six mois.
Au pire, les Frangais esperent au moins faire re-
JAcher la pression qui s'exerce sur leurs armies et
leur't.rsorerie et am6liorer leur situation morale de-
vant lIopinion mondiale tandis 'qu'ils -attendent un
reglement d'ensemble qui doit provenir soit de la
cooperation, soit de la iguerre entire I'Orient et 1'Oc-
cident.
Au mieqx, ils espArent que 1'ordre peut Utre
r6tabli et le communism r6duit aux proportions du
< daicotage > de Malaisie.
Ils parent d'un d6lai dde cinq A dix ans. Mais on
ne peut encore envisager aujourd'hui une solution
locale mettant fin aux souffrances de ces populations..

(, The Observer ), 19 Juin 1949). 4.834


II. PROBLEMS CGNERAUX


LES DANGERS QUI MENACENT L'AFRIQUE

Le Gindral Smuts a declare qu'un Pacte regional
de defense itait necessaire pour le Continent afri-
cain. Quelle est l'utiliti d'un pacte contre des mena-
ces extirieures, lorsque les viritables dangers resi-
dent a l'intirieur ?
La premiere en importance de ces forces d'insta-
bilit6 est la pression de la population. iLe chiffre de
celle-ci s'616ve A une cadence terriflante sur des
zones ilimites de terre productive don't beaucoup
percent leur fertility aussi vite que les habitants
s'aibandonnent ( la leur. Dans plusieurs pays la po-
pulation doublera en 30 ans si on n'y met pas obs-
tacle. Une misere gbnArale et une disette effective -en
rAsulteront fatalement si on ne peut pas '6tablir un
equinibre entire les ressourceis alimentaires et la po-
pulation.
DeuxiBmement, l'impact de I'Occident sur l'orga-
nisation tribal rest6e virtuellement inchang6e de-
puis ,des siecles a d6s6quilibr6 les Africains. II en
r6sulte qu'un trop grand nombre d'entre eux s'en
vont A la drive sans foi, sans loyalisme, 4tourdis
par 1e -conflit des valeurs et hant6s du d6sir, inn6
chezz chacun de nous, d'occuper une place honorable
dans une communautd r6solue. Conscients de la puis-
sance mat6rielle 6crasante du blanc et de la faus-


set6 du syst6me religieux et social h6rit6 .de leurs
pbres, un grand nombre d'Africains 6prouvent fata-
lement de l'envie et du ressentiment ; ils d6sirent
copier, mais ils ne savent pas encore quel module
choisir. Ils ne sont pas des hommes de deux mondes
mais plut6t des hommes tombs entire deux chaises,
igiibier facile pour n'importe quel mercanti ou d6ma-
gogue pret A leur montrer les raccourcis menant au
paradise.
Etroitement apparent& A cette s6rie de problemes,
ii en existed un troisiime grgupe qui rentre dans la
categories des relations raciales. En un mot, il s'agit
,en I'occurrence de savoir si une confiance et un
respect mutuels suffisants peuvent 6tre maintenus
entire noirs et Iblancs...
Le communism, retirant une force nouvelle de
.ses conquetes .en Asie, est sur le point .de d6fier les
puissances europ6ennes sur un terrain ofi elles sont
extr6mement vuln6rables parce que leur autorit6 est
celle d'un envahisseur Atranger. D'autre part ce d6fi
sera port a la maniere troyenne et non pas au grand
jour...
II peut bien se faire que les communists n'aecom-
plissent ouvertemen{ aucune action en Mrique colo-
niale pendant un certain temps, 6tant donn6 qu'en
ce qui les concern, la tAche est accomplice pour eux
par les diverse soci't6s nationalists et anti-euro-
p6ennes qui foisonnent partout...








Les commnunistes se font d'ardents propagandists
4du marxisme en gagnant a leur cause les itudiants
,africains de Grande-Bretagne.
Ceuxici sont aujourd'hui environ 2.8100; ce .n'est
pas un chiffre considerable si on le compare aux
millions d'Africains mais chacun d'eux est un hom-
mue (ou une femme) tried sur le volet et destiny &
occuper A son retour dans son pays une situation
de confiance et de prestige. Les communists livrent
un assaultt effrene A un ,grand nombre de ces jeunes
gens don't pertains succombent A 1'attrait de la doc-
trine. Pour eux sa plus puissante seduction reside
probablement.dans le fait qu'elle repudie la barriere
de coulpur et il est possible ique la contre-mesure
la plus efficace serait 1'a fr6quentation g6narale en
Afrique des, Africains Bduques :et des 'Eur'op6ens sur
un pied tout aussi amical apr~.s cinq heures du soir
qu'avant.
Le meilleur moyen de contrer la doctrine marxiste.
c'est lever les niveaux de vie. Cet objectif ne pourra
.itre atteint
que si l'on peut reformer radicalement les mdtho-
des aigricoles ot ralentir l'accroissement de la popu-
lation.
Nous devons tenir compete du fait ique certaines
pratiques communistss sont effectivement plus pro-


ches -de la tradition africaine ,que nos propres pra-
tiques d6mocratiques occidentales et qu'elles peuvent
par consequent exercer u'ne attraction plus forte
que ne le croient les Africains eux-mnmes.
Le fait que le communism flatte dans tons les
cas le gofit de l'aventure clandestine n'est pas pour
un-e petite part dans sa force. LA encore existe un
lien avec la coutume africaine dans laquelle les so-
ci6tds secrAtes ont souvent jou6 un rl6e important...
Que doit-on offrir pour remplacer la detente psy-
chique de la danse tribal, la ceremonie de la pu-
berte, le igoft de la magie, ces Bolaircies lumineuses
dans la monotonie de la vie ? Et, sur un autre plan,
par quoi remplacera-t-on le profound loyalisme vis-A-
vis du chef et de la tribu, la tendance A appartenir
A un group, le sens du rythme et de la finalist, ? Ce
sont 1A des questions complexes mais il faut leur
trouver des r6ponses si 1'on ne veut pas que, soient
adopts faute de mieux des succAdanes qui ne peu-
vent mener qu'A la tyrannie en passant par le chaos.
Ce iqui est necessaire maintenant, c'est une connais-
sance plus profonde et plus etendue dans ces domai-
nes presque inexplor6s de I'Ntude social. Mais une
itelle connaissance doit Mtre rapidement acquise, car
le temps press s6rieusement.
(< The Sunday Times ), 8 mai 1949). 4.735


III. EMPIRE BRITANNIQUE


A. INDE

La Commission de la Constitution de l'Assemblde
Constituante indienne s'est ajournee apris avoir vote
une resolution demandant que des elections gind-
rales aient lieu a la date la plus proche possible e-d
1950.
Mais h ,et regard il ne faut pas fire preuve de
trop d'optimisme :
C'est le premier essai de suffrage des adults que
l'on tente d(ans un pays de 330 millions d'haibitants.
Ce fait A lui seul imposera une tAche hercul6enne aux
autorites cliarg6es de preparer les r6les electoraux.
Cette tAche est encore compliqude par le vaste mou-
vement de r6fugihs affluent dans diverse provinces
depuis le partage. Le decoupage .des circonscriptions
et l'attri'bution des sieges ne sont pas des problAmes
simples. Enl outre, le climate et les conditions agri-
coles jouent un grand role dans la fixation de la date
des elections dans 1'Inde. &mme en supposant que
I'on apporle toute Tla rapidity possible A r6gler' les
detailss essentiels, il est difficile de croire que les
elections ig6narales pulssent avoir lieu longtemps
avant i'automne 1950.
Aux dernidres elections gendrales de 1037, il y
avait 35 millions d'electeurs.
Le suffrage des adults repr6sentera probablement,
d'apres une estimation encore plus approximative,
une augmentation du chiffre actuel -dans la propor-


tion de 1 A 5. Personne ne peut dire comment vote-
ront Ices 'eecteurs, don't la plupart sont illettr6s et
,exerceint leur droit politiquer pour la premiere fois.
Deux points semblent cependant clairs :
Le prestige et l'efficacit6 d'organisation du Parti
du Congres ne doivent pas etre sous-estim6s, ni 1'in-
fluence personnelle des leaders actuels, comme
M. Nehru et Sardar Patel. Mais ces 1eements ne peu-
vent 6tre compares a la situation de premier plan du
Mahatma ; en outre, ils auront fatalement centre eux
les insucces et les d6sappointements don't tout parti
,au pouvoir, A I'expiration d'une p6riode d'activite
ayant inclus une guerre mondiale, est in6vitablement
tenu pour responsible.
D'autre part,
lors de toutes les prc6ddentes elections; les prin-
cipaux parties Rtaient le Congres dans toutes les cir-
conscriptions g6n6rales et la Ligue Musulmane pour
tous les sieges musulmans. Les candidates ne b6n6-
ficiant pas de 1'appui de l'un ou I'autre de ces deux
parties n'avaient guere de chances de succes. Main-
tenant, avec I'abolition des corps 6lectoraux separes
sur une base confessionnelle, les parties seront n'-
cessairement organis-es sur une base nouvelle et ils
mettront l'accent sur leur programme social et Bco-
nomique. Par consequent les rivalit6s se manifeste-
-ront forc6ment de plus en plus sur des questions
con:crates intAressant la vie de la population.
Le rAcent departt des socialists du CongrBs, bien
que sans effet appreciable sur la force du part prin-








cipal, n'est pas sans signification. Ceux-ci s'emploient
A acqu6rir de l'influence parmi les travailleurs de
I'industrie et dans les syndicats. C'est 6galement
ce quee font les communists ,qui sont mieux 6quipbs
qu'e les socialists, aussi Ibien dans le domaine des
resources que ,dans celui de,la technique, pour faire
de la propaganda aupres des masses. La lutte pour
la pr6pond6rance entire ces 616ments de gauche -est
indirectement un facteur travaillant en faveur du
Congres...
(, The Manchester Guardian ), 4 mars 1949). 4.568

L'Assemblee Constituante indienne compete actuel-
lement
303 membres don't i235 repr6sentent les provinces
ayant fait anciennement parties de 1'Inde Britanni-
que et 68 Etats princiers.
Les sp6cialistes de science politiique ne seront pas
surprise de d6couvrir ique le project de Constitution
doit beaucoup aux pr6c6dents anglo-ambricains, ainsi
qu'A l'ancien regime imperial. Ses auteurs semblent
avoir WtB tiraill6s entire le desir de faire 6maner le
pouvoir ,de citoyens jouissant tous de certain droits
inali6nables, ,exprimant leur volont6 an moyen d'ins-
titutions parlementaires convenablement pr6munies
contre la tyrannie et celui de cr6er un pouvoir ex&-
cutif central au moins aussi fort .et aussi capable
de r6primer le .d6sordre que l'ancien gouvernement
de l'Inde. En r6sumn le cadre est unitaire plut6t que
federal et les pouvoirs exceptionnels de I'ex6cutif
sont grands; mais l'amendement constitutionnel est
rendu facile...
(a Far Eastern Survey ), 20 avril 1949). 4.782

Le project de Constitution commence par
un preambule qui affirmed que le people de l'Inde
a solennellement .d6cide de transformer son gouver-
nement en une rdpublique d6mocratiique souveraine
et de fournir A tous ses -citoyens justice, lilbert&, Aga-
lit& et fraternity. L'Inde sera une union d'Etats et le
chef de oette union sera un president Alu .qui grou-
pera autour de tui tout Ie pouvoir ex6cutif...
La nouvelle Union indienne .est en d6pit de son
nom une F6d6ration. Les diff6rents pouvoirs .gouver-
nementaux, ex6cutif 16gislatif ou jundiciaire, sont r6-
partis entire le pouvoir central et 1es unites ,de I'Union
fdbArale. Cependant ia F6d6r.ation est de type cana-
dien plut6t qu'amlnricain ou australien...
Le .chef du pouvoir ex6cutif de l'Union est un pre-
sident Alu par un college electoral form par tous
les membres 6lus du Conseil 16gislatif central -et des
.divers iconseils 16gislatifs des different Etats. Les
votes sont r6partis de fapon que la puissance de vote
du Conseil 16gislatif central soit Agale a celle de tous
les corps 16gislatifs des Etats r6unis. La dure du
mandate pr6sidentiel est de cinq annbes mais le pre-
sident est rAeligiible.

Le Parlement est composed de deux Chambres.
le Conseil des Etats et la Chambre .du Peuple. Le
Conseil des Etats ou Chambre Haute ne comprend
pas plus de 250 menmbres. Chaque Etat envoie un
repr6sentant par million de population pour les pre-


miers (5.0010.000 et un repr6sentant compl6mentaire-
pour chaque fraction suppl6mentaire de 2.0010.000'
d'habitants qu'il possbde : ainsi un Etat .qui possede
une population de 5.000.1000 d'Ames enverrait cinq
repr6sentants et un Etat poss6dant une population
de 55.00.0.0000 en enverrait 30. L'61ection est indi-
recte par l'interm6diaire des corps 16gislatifs des
Etats. Le Conseil des Etats est un orgalrisme perma-
nent iqui ne peut pas 4tre dissout mais de minme que
dans le SBnat ambricain un tiers de ses membres doit
se retire tous les deux ans.
La Chambre du Peuple d'une existence normal
de cinq ann6es ne comprend pas plus de 500 mem-
bres. Son election est directed et se fait sur les bases
du suffrage adulte. II n'y aura pas moins d'un repr6-
sentant pour chaque group de 750.10100 habitants et
pas plus d'un repr6sentant pour .chaque group de
500.000...
(( The Manchester Guadian ), 2 mai 1949). 4.708

L'Inde est le terrain d'essai qui doit montrer si la
democratic occidentale peut reussir sur le sol orien-
tal ou bien si elle sera tenue en ichec par le totali4
tarisme.
Dans certaines regions de l'Inde, le communism
gagne certainemeant .de nouveaux adherents dans les
syndicats et parmi les Atudiants.. Si l'on prend 1'en-
semble du pays, il ne constitute pas une force puis-
sante dans la vie politique et face A l'opposition .des
Partis socialist et du congres, il ne peut pas devenir
un facteur predominant. Bien que certains doutent
de la capacity du gouvernement A s'opposer A son
avance et soutiennent qu'en raison de son economie-
vulnrable et de ses conditions sociales ]'Inde n'est
pas autre chose, come disent les Chinois, qu'un
< tilgre en paper >, il n'y a pas lieu d'6tre pessi-
miste...
Les membres du Parti sont environ 1010.0010. Com-
me dans chaque pays ice sont des jeunes fanatiques
travailiant selon le principle de la cellule parmi 1'en-
semble des travailleurs. Ainsi, au Gongres All India
des Syndicats qui compete 800.000 membres, les com-
munistes tiennent 70 % de 1'ensemble des syndicate
locaux et centraux et le prAsident est S.A. Dange qui
a passA 12 ,ans en prison et qui est maintenant refu-
giA dans la clandestinit6.
Pour combattre cette mainmise sur les syndicats,
le igouvernement de 1'Inde a patronnA la formation
d'un Congres Syndical de l'Inde qui a prosper ra-
pidement et affirme avoir plus de mem bres que 1'au-
tre organisation. I1 est consid6r6 come plus repr6-
sentatif du movement syndical et envoie ses mem-
bres comm-e .dl6guns des travailleurs aux meetings
de I'I.L.O., contre quoi les communists ont vivement
protest.

Depuis aozit 1947, les Gouvernements provinciaux
consid&rent le Parti communist comme une << pine
dans leur chair >.
Beaucoup de gens simple qui s'6taient imagines
que la libertI national signifiait la suppression des
taxes, des rentes des fermages et du prix du billet
de chemin de fer, .ont 6td dF6us: de < l1'Acilec > du
Parti du Congres. Is constatent que leur situation








n'est pas moins difficile qu'au temps des Anglais,
avec les prix continuant de monter, le march noir
florissant et la p6nurie de vivres -et de v6tements.
'Tout 'cela constitute un sol fertile pour les agitateurs.
Le P:arti communist a vu sa -chance. II rclama
la formation d'un soi-disant front dbmocratique, r6-
clamant 'abolition de la grande propri&t6 sans com-
pensation, la confiscation des internts commerciaux
06trangers, 1a nationalisation des grandes industries,
l'abolition de la l6gisl'ation repressive et celle de
tous liens avec le Commonwealth britannique. Tout
cela et plus encore 6tait expos 'dans un programme
adopt6 par le Parti au course de son deuxieme Con-
!gras tenu A Calcutta en mars 1948...
Pour l'heuire, le Gouvernement de 1'Inde a la situa-
'tion bien en main. Pour la conserve il va lui falloir
traiter les pro'bl mes de base de la reforme indus-
trielle et agricole, de l'accroissement .constant de la
population qui impose des importations de nourri-
ture, de la baisse de la production industrielle, de
lutte contre l'inflation et la hausse du cofit .de la vie,
de la modernisation du system des tenures et des
m6thodes industrielles. Ges tAches exigent des hom-
rnes d'Etat de premier ordre.
(< The Times ), 16 mal 1949). 4.747

Depuis le partage, le Gouvernement du Congres
compete a son actif deux realisations remarquables .
SPrimo, il a r6sist6 aux extr6mistes hindous, il a
iailisB son vie1 ideal d'une RBpublique s6culaire ;
11 a permis A sa minority musulmane qui compete 25
A 310 millions de membres de vivre en s6curit6. Se-
cundo, Sardar Patel a r6solu le problkme des Etats
princiers plus facilement et plus radicalement que
la plupart des experts en affaires indiennes ne 1'au-
raient cru possible.
11 s''agit Ih de victoires consid6rables mais on ne
voit gutre autre chose sur quoi l'on puisse s'appuyer
avec satisfaction. Les nombreux projects prometteurs
(y compris ane douzaine de projects calques sur celui
de .a VallBe de la Tennessee) pour le developpement
des resources naturelles de F'Inde n'existent encore
qu', 1'6tat d.'6bauches ou ne progressent que tres len-
tement.
L,es' fond. qui auraient dit servir a ces fins crea-a
trices ont edi consacris << a la reinstallation des mil-
lions de rifugies du Pakistan, a la guerre du Cache-
mire et a payer les dipenses croissantes de l'Armie,
de la Marine et de la Police >.
Mais la situation g6nerale est loin de montrer la
renaissance de la production industrielle. La p'nu-
rie de dollars et les difficulties A se procurer des ma-
chines ne fournissent .qu'une parties de 1'explication.
Les capitalistes indiens jouent manifestement un jeu
'de greve perl6e qui resemble beaucoup a ce que
faisaient Jes, capitalistes ambricains dans les premie-
-res anneesi du New Deal. Ils ne s'enga.geront pas a
fond dans I'extension de la production, et ne sons-
oriront 'pas davantaige aux entreprises cr6atrices .du
-gouvernemrnt tant iqu'ils ne seront pas sfirs que les
plans socialists de d6velopp'ement de Pandit Nehru
n'ont pas ite rel.gu6s dans un avenir lointain. Le,
gouvernemeint du, Congrds a beaucoup fait pour


donner des apaisements aux grosses affaires, mais
il semble que cela soit encore insuffisant. En mnm'e
tempsles travailleurs percent courage. Les salaires
sont en retard sur les prix et le rationnement -des c&-
r6ales, du sucre, du p6trole et des vktements est & la
fois inefficace et g6n4rateur de corruption. Dans 'cer-'
tai'nes regions, le Congrbs perd aussi la confiarice des
paysans...
Pour le bien de l'Inde, il jaudrait que le Congres.
en tant que Parti englobant toutes les tendances na-
tionales, se scinde. A ce propos,
1'6v.6nement salutaire dans l'histoire politique r6-
cente de I'Inde a Wt 1l'abandon du Congres par les
socialists. Ils forment maintenant un parti ind&-
pendant .qui peut .devenir, lorsque des elections gB-
n6rales pour le suffrage des adults pourront avoir
lieu, une opposition .effective.
Is ont d&jiA remport6 unr succ6s initial remarqua-
ble en igagnant plusieurs des grades villes des Pro-
vinces Unies aux Blections municipales. 11 leur
faudra lutter avec de maigres fonds sur deux fronts,
centre le Congres et centre les communists. Leur
principal atout vient de ce que, bien qu'ils different
nettement de Gandhi en theorie, ils ont davantage
appris de lui que n'importe quel autre igroupe rival
en mati.re de devolution personne'lle et de simpli-
cite dans la vie journaliere. Plus sincerement, sem-
ble-t-il, que tout autre parti similaire ils vivent leur
socialisme.
L'Inde ne conservera la liberty& qu'elle a gagn.e
que si apparaissent pour la guider des hommes et
des femmes qui front abandon de toute considera-
tion autre que la r6alisation d'une transformation
social. Le danger qui menace le Congres, c'est qu'il
puisse, avec les ^ann6es, devenir un; parti totalitaire
ressemblant 6troitement ,au Kuomintang. Si il glisse
dans cette voie, les communists, t6t au tard, se rail-
lieront les masses d6sh6ritees et d6sillusionn6es.
(a The New Stateman and Nation 4 Juin 1949). 4.798

Les armies de I'Inde et du Pakistan sont face a
face au Cachemire. II est vrai que
depuis le 1" janvier de cette ann6e les combats
pour la possession de cet < Ulster > asiatique ont
6tt suspendus. Pendant les quatorze mois precedents
cela avait tt une veritable petite guerre, avec 800
tu6s du c6tt de l'Inde et au moins autant du c6t du
Pakistan... Celui-ci appuie ses rcolamations concer-
nant cet Etat princier septentrional sur une com-
munaute de liens reliigieux et economiques.
L'Inde dit : < Faites un plebiscite >. Le Pakistan
r6torque : < Le Cachemire est un Etat de majority
musulmane qui nous appartient en droit. >
D6sesp6rant d'obtenir une solution convenable,
quelques-uns d6clarent : < Pourquoi ne pas partager
le Caclhemire entire les deux concurrents, accordant
SI'Inde et ,au Palkistan les zones qui sont actuelle-
ment .sous' le contrl6e respectif, puisqu'elles corres-
pondent gloibalement aux divisions religieuses du
pays ? > La reponse est que le seul district 'du Ca-
chemire possedant une relle valeur, est la vallbe de
Jhelum, agreable et fertile plaine de 80 miles de
long sur 30 de large. Quel que soit le Dominion qui








ne r6ussisse pas A s'assurer la vall6e de la Jhelum,
il s'estimera frustr6 ide telle sorte qu'un tel'par-
tage resterait pr6caire...
Le Sheikh Abdullah, dynamique premier Ministre
du Cachemire, Ag6 de 43 ans et don't la taille est de
6 pieds 'deux pouces, me racontait l'autre jour qu'il
en &tait venu & concevoir ique ni un p16biscite ni un
partage n'6taient viables.
II pense que la meilleure solution pour son pays
serait de devenir un Etat ind6pendant garanti par
les Nations Unies...
(a Continental Daily Mail n, 11 mai 1949). 4.732

Ces jours derniers, la querelle du Cachemire s'est
ravivee
A l'occasion des quatre sieges donnas par les In-
-diens dans l'Assembl6e aux repr6sentants du Cache-
mire Iqui doivent 8tre nomm&s par le Maharaja sur
E'avis du premier Ministre. Cette allocation ,de sieges
implique que le Cachemire fait d6jA parties de l'lnde
et elle prju.ge ainsi du verdict du plebiscite pro-
pose ; cette measure a naturellement caus6 beaucoup
d'indignation au Pakistan.
... Le point ,de vue indien( est .que le Maharaja a
ac'cd l'A Union de maniere iormelle et que le re-
gime rebelle musulman soutenu par le Pakistan et
connu sous le nom de Azad Cachemire n'a aucum
droit r6el ; on .dit que la majority de la population est
en faveur de l'union avec 1'Inde mais il y a une
repugnance marque a soumettre cette affirmation
au test .d'un plebiscite contr816 d'une fagon inter-
nationale. L'argument mis en avant par M. Nehru
est que tant que l'autorite du Azad Cachemire s'6tend
sur une parties du territoire du Cachemire les rfu-
gies de cette region ne peuvent pas revenir et que
par consequent les conditions,pour proc6der A un
plebiscite ne sont pas remplies. Mais le m&me ar.
gument s'applique d'autre part aux r6fugi6s -des
zones contr616es par le Maharaja ; il serait bien t&-
m6raire le Musulm'an qui voudrait maintenant re-
tourner dans la region de Jammu ofi tant de ses
correligionnaires ont 6et massacres ii y a deux ans.
Dans les circonstances actuelles le seul principle
r6gulier permettant de prendre part au plebiscite
devrait 6tre la preuve d'une residence prbs des
fronti&res du Cachemire avant le commencement de
la 'guerre civil sans tenir compete du domicile ac-
tuel condition difficile mais pas impossible.
(a The Economist ), 4 Juin 1949). 4.800

B. PAKISTAN

Le Pakistan est un pays riche.
II dispose de toutes les resources alimentaires
don't son people a besoin, A I'exception du riz, dans
le Bengale Oriental, et export deux fois plus qu'il
n'importe.
Les productions essentielles du pays sont le jute
et le cotton. Le Bengale produit 18.0 !% des besoins
mondiaux de jute. Il y a 6galement d'importantes
exportations de peaux qui, comme les autres ma-
tieres pourraient etre trait6es sur place si le pays
disposait de 1'quipement n6cessaire.


Ces circonstances ont rendu 1'6quilibre au budget
18 mois apres la separation du Pakistan avec l'Inde
bien que les six mois qui suivirent furent marques.
par de terrible massacres religieux, suivis de 1'en-
tr6e dans le Pakistan de 7 millions de Musulmans et
du depart de 5 millions d'Indiens. En d6pit du fait
que le Pakistan ne disposait meme pas d'un sque-
lette de gouvernement -central alors que l'Inde h6ri-
tait de 1'Angleterre une machinerie administrative
complete, ce petit Dominion a mis sur pied durant
les vingt et un mois de son existence une admiiis-
tration national coinp6tente.
Le Gouvernement de Karachi desire vivement
attirer au Pakistan le capital stranger.
L'exode des.Indiens, apris le partage, a priv6 ]e
pays de la grande experience des affaires qu'ils pos-
s6daient. I1 y a tres peu de main-d'ioeuvre qualified.
Le mobilier est presque introuvable et le pays n'as
ni fer, ni acier, ni carbon. Les imp6ts sont si 6le-
vWs que les strangers n'ont pas envie d'assumer les
risques de nouvelles entreprises. Maintenant nombre
de firmes britanniques importantes ont cr6e des.
succursales au Pakistan. L'Imperial Tobacco Com-
pany achieve la construction de l'usine de tabac qui
sera la plus grande de l'Asie. Une filature anglo-
pakistanienne est en course de construction et dis-
posera sur place d'une important matiere premiere
et d'une insatiable demand de products finis.
II y a aussi des projects de construction par les
Britanniques d'usines de ciment et d'usines Alec-
triques. De La Rue a cree une imprimerie destinee A
fabriquer le paper monnaie et les timbres pour le
gouvernement. Sur la frontiere du Nord-Ouest, avec
la cooperation britannique, des am6nagements di-
vers (irrigation, barrages, Alectricite) permettront
aux belliqueuses tribus guerrieres de s'attacher A
des ioeuvres pacifiques. Dans le meme temps, la
Burma Oil C" se livre A des prospections promet-
teuses dans le desert du Sind.
(' Continental Daily Mail ,, 3 Juin 1949). 4.810


Le Premier Ministre voit l'avenir du Pakistan
6troitement lie A celui de la Perse, de 1'Irak et de
l'Egypte, pays qu'il a visits lors de son voyage de
retour A Karachi apres la r6cente reunion des Pre-
miers Ministres du Commonwealth A Londres.
( Avez-vous pour objectif, lui demandai-je, de
faire du Pakistan, Rtant donn6 le fait qu'il est le
plus vaste de ces pays, le leader du bloc du Moyen-
Orient ? >.
< Point n'est besoin, r6pondit-il, d'un bloc quel-
conque, puisque nous sommes dejA unis par le lien
puissant d'une religion -commune.
a Nous n'avons pas besoin de conventions ni de
traits pour nous maintenir unis car nous avons un
caractere national semblable et une pensee identi-
que.
< Nos territoires occupent une position strat6gi-
que 'extremement important qu'il y a advantage &
renforcer dans l'int6ert de la paix mondiale. J'ai
constate que ma facon de voir A ce sujet 6tait plei-
nement partagee dans les capitals du Moyen-Orient
que rj'ai visitees s.
(o Continental Daily Mail ), 24 mai 1949). 4.786








Le dciffdrend entire le Pakistan et 1'Afghanistan

A Karachi, on soupponne l'Inde c d'etre pour
quelque chose > dans les ivinements don't la fron-
dtire du Nord-Ouest est le thidtre.
L'Afghanistan a lanc6 au Pakistan un < gantelet
diplomatique > en invitant les tribus afghanes des
deux c6t6s de la ligne Durand A envoyer des repr&-
sentants A un jirga g6n6ral ( Conseil tribal) A Caboul
la semaine prochaine. Si quelques chefs du c6t6
pakistanais acceptent l'invitation, ils proclameront
par 1A-mi6ie l'unit6 politique du territoire tribal et
par voie de consequence leur ind6pendance A
1'6gard du Pakistan. On peut douter que les Pathans
-et les Afghans sur le c6te pakistanais, s'ils sont in-
vites, y assistant.
Par con.re, les partisans du Fakir r6pute de Ipi
seront certainement repr6sentes. On pense que le
jirga proclamera existence ind6pendante du < Pa-
thanistan :> don't le territoire s'6tendra jusqu'A la
rive droite de l'Indus...
La simple tenue du Conseil est une atteinte grave
a l'autorite du Pakistan et peut s6rieusement aggra-
ver ses relations avec l'Afghanistan jusqu'A un point
of les relations diplomatiques seront tendues.
Si l'autorit, du Pakistan s'effondre A la frontiere
et s'il se brouille complAtement avec l'Afghanistan,
les arguments internationaux tendant A placer le
Cachemire sous contr6le indien se trouveront consi-
d6rablement renforcAs. Pour cette raison, le Pakis-
tan desire obtenir le contr6le du Cachemire le plus
t6t possible.
(c Daily Telegraph ), 31 mars 4949). 4.611

Depuis la creation du Pakistan, des frictions exis-
tent entire celui-ci et L'Afghanistan, pays frdres de
par l'Islan.
Le diff6rend porte sur le control des tribus pa-
thans habitant la region frontaliere. Il y a un peu
plus d'un siecle Kaboul administrait la plus grande
parties de la zone pathan qui se trouve actuellement
du c8t6 de la frontiere appartenant au Pakistan. Le
Gouvernement afghan affected de consid6rer cette r6-
gion come un Afghanistan irr6dentiste. II existe
pteu de pays aussi h6tbrog6nes et polyglottes que
l'Afghanislan. Ses propres Pathans constituent une
minority et il est assez ridicule de sa part de pre-
tendre que tous les Pathans doivent lui appartenir.
Mais il a probablement esp6er pouvoir, au course
de la periode de transition faisant suite a la sup-
pression du Raj britannique, s'attacher les Pathans
r6sidant dans le < no man's land > entire les deux
pays ainsi que ceux du Pakistan proprement dit. II
se peut 6galem.ent qu'il ait redoutO que, dans le cas
of il ne se ferait pas le champion des Pathans, le
Pakistan lui brilerait la politesse et d6tournerait A
son profit les Pathans vivant sur le territoire afghan.
Entre Kaboul et Karachi, la lutte fut d'abord si-
lencieuse. Mais ces dernieres semaines,
Lie Premier Ministre afghan s'est rendu pour un
sejour prolong prOs d.e la frontiere et a tenu des
c jirgas > ou assemblies tribales auxquelles ont
6t6 convoquCes les tribus resident au delA de la fron-
tibre de l'Afghanistan. Cela a amene les tribus loya-
les A Karachi A manifester en fhveur du Pakistan.


Elles ont essay d'embarrasser le Gouvernement
afghan *en faisant appel au roi exile d'Afghanistan
Amanoullah.
((( The Manohester Guardian ,, 16 avril 1949). 4.674

Dans le cas d'une guerre ouverte entire l'Afghanis-
tan et le Pakistan, le premier serait dans une posi-
tion sans espoir.
Les principles voices d'acces le col de Khyber
et la route de Quetta A Chaman se trouvent sur le
territoire du Pakistan ; l'attitude qu'adopterait 1'Iran
dans 1'eventualite d'un conflict entire 1'Afghanistan et
le Pakistan n'est nullement certain; l'ouverture
d'un aces A travers 1'Union Sovi6tique entrainerait
des risques ; le voisin septentrional de 1'Afghanistan
ne manquerait pas de profiter de l'occasion et exi-
gerait des contre-parties A ses concessions. Mime
dans le cas of 1'Iran adopterait une attitude amicale
A l'1gard de l'Afghanistan, il faudrait un temps assez
long pour organiser un acces de replacement. La

distance jusqu'au chemin de fer transiranien par
H1rat-Mesched-T6h6ran est longue et les routes sont
A l'abandon. Sur le Golfe Persique, il n'existe, en 'ter-
ritoire iranien, aucun port susceptible d'Otre mis A
la disposition de 1'Afghanistan pour constituer le
point de depart d'une voie d'acces plus court. Par
contre, l'Afghanistan devrait, dans le cas d'hostilit6s,
computer dans une measure accrue sur les importa-
tions de l'exterieur et le Pakistan serait theorique-
ment en measure de verrouiller ses aces et de s'en
tirer sans grande effusion de sang.
Dans une telle evaluation des chances r6ciproques,
il faut toutefois tenir icompte d'autres facteurs im-
portants. La presence d'une mission militaire am&-
ricaine en Iran laisse supposed qu'apres 1'6chec en
Chine, le front d6fensif contre le peril rouge sera
report plus A l'Ouest et que, pour cette raison, les
Etats-U-nis inclueront I'Afghanistan dans leur sphere
d'int6ret. Des relations commercialss suivies exis-
tent depuis longtemps entire l'Amerique et l'Afgha-
nistan et en ce moment-m&me le Ministre du Com-
merce afghan sejourne A Washington ofi les pour-
parlers commerciaux sont, A ce que l'on dit, sur le
point d'aboutir A une conclusion avantageuse pour
les deux parties.
(< Neue Zlrcher Zeitung ler Juin 1949). 4.807

Les Afghans essaient de justifier leur attitude en
niant que le protectorat britannique sur une parties
de la region fronti&re de l'Ouest ait ete transfire au
Pakistan.
Cette argumentation n'est pas convaincante. Les
frontieres du Pakistan sont depuis longtemps recon-
nues comme 6tant la ligne Durand. Toute tentative
de passer outre serait une aggression. L'une des rai-
sons pour laquelle des troubles sur la frontiere
pourraient avoir de s6rieuses consequences est que,
si l'agression contre le Pakistan devient s6rieuse, le
Pakistan pourrait r6clamer I'aide britannique. Le
Pakistan est membre du Commonwealth. II n'aurait
que peu d'avantage A rester dans le Commonwealth
si en cas d'attaque de l'exterieur, alors que sa cause
est bonne, il ne peut computer sur l'appui du Com-
monwealth. Notre obligation d'intervenir si le Pa-
kistan est attaqun ne saurait Atre mise en doute. La
Grande-Bretagne a done le plus grand int6r6t A 6vi-







ter que la situation ne s'envenime. Avons-nous fait
part A Kaboul de notre inqui6tude ? Une interven-
tion britannique pourrait essayer de rconcilier les
deux parties. Sans aucun doute nous agirions en
accord avec l'Inde ce qui contribuerait A apaiser les
suspicions du Pakistan vis-a-vis de 1'attitude in-
dienne. En aucun cas l'Afghanistan ne doit etre
laiss6 dans l'ignorance de notre inter.t.
(a The Manchester Guardian ), 6 Juin 1949). 4.806

C. MALAISE

'En 191I, sur une population total de 2.673.000
habitantss, on comptait 1.438.ooo Malais, 917.0oo
Chinois et 267.000 Indiens.
Avant 1941 les Chinois 6taient devenus la commu-
naute la plus important avec un effectif de 2.378.000
individus contre 2.279.000 Malais et 744.000 Indiens
sur une population total de 5.511,.000 habitants. Les
chiffres de recensement .de 1947 pnt donn6 2.615.000
Chinois, 2.234.0100 Malais et 600.000 Indiens sur un
total de 5.849.000 habitants.
Oh constatera que l'immigration a eu pour effect
de doubler la population en l'espace .de quelques an-
'nes et de changer .entitrement sa composition ra-
ciale.
L'Administration britannique s'est identified pres-
que exclusivement avec les Malais.
Avant la deuxieme iguerre mo'ndiale un tiers des
Chinois environ 6taient n6s en Malaisie mais aucune
measure ne fut prise pour les encourage A se oconsi-
,derer avant tout comme Malais et ils furelit par
consequent exposes A la propaganda des nationalis-
tes chinois revendiquant come Chinois tons les
individus de race chinoise. L'enseignement anglais
6tait limit& et le seul enseignement accessible A la
maj.orit6 des enfants chinois 6tait do'nn6 en chinois
mandarin i ce qui se traduisait pas la diffusion du
nationalism ou, dans une measure de plus en plus
grande, du communism.
Lorsqu'il parut en 1943 que Je territoire malais
pourrait &tre lib6rb dans un d6lai d'un .ou deux ans
le Colonial Office se mit a faire des plans pour la
IiMaaisie d'aprs-iguerre. Malheureusement apr6s la
liberation une nouvelle Constitution fut impose A
la Malaisie avant' que le pays ait eu le temps de
I'examiner et de la discuter. A la proposition d'une
.citoyennet6 gale pour tous, les Malais, .qui pr6ten-
daient a une position special en tant que (( people
autochtone >, r6agirent avec vigueur et regurent un
appui energique de la part de la fraction pro-malaise
de Grande-Bretagne. Le Gouvernement britannique,
pris de court (et, pourrait-on croire, imparfaitement
conseill.) ceda immediatement devant P'agitation et
demand pratiquement aux seuls Malais .d'6tablir la
,Constitution de leur choix. Cette tAche fut confine
aux Sultans et a un, nouveau parti bourgeois malais
appel6 I'U.M.N.O. (Organisation Nationaliste des Ma-
lais Unis) assists de quelques fonctionnaires britan-
niques agissant en quality de r6dacteurs. Lorsque la
Constitution eft ietW labor6e on s'enquit de 1'opinion
des autres communaut6s mais, en d6pit de vives cri-
tiques des Chinois, une Federation correspondent
substantiellement, A celle que proposaient les Malais
fut mise :en vigueur a la place de i'Union Malaise...


II est evident cque la Constitution f6d6rale actuelle.
est unacceptable pour les Chinois (et pour beaucoup
,d'autres 616ments hostiles l'exclusion de Singapour
onu A 'inclusion .de Penang). En effet les Britanni-
ques n'ont pas fait autre chose que de creuser une
tranchee entire les Malais et les Chinois et leur opi-
nion ignorante A tendance considered tons les Chi-
.nois comme communistes...
Si les Britan'niques ne r6ussirent pas a obtenir un
rbglement en Malaisie l'initiative peut fort bien pas-
ser aux communists. Ces derniers sont actuellement
presque exclusivement chinois mais 1'Bgalit6 des ra-
ces est le principal article de leur programme elec-
toral et il n'est pas impossible qu'ils puissent -dans
certaines 'circonstances persuader un grand nombre
de Malais et d'Indiens de la sinc6rit6 de leurs affir-
mations.
(a The Manchester Guardian ,, 25 mai 1949). 4.802

M. Malcolm MacDonald, Haut-Commissaire bri-
tannique pour le Sud-Est asiatique, est venu en An-
gleterre porteur d'un rapport optimiste sur la cam-
pagne de Malaisie.
Les communists sont repouss6s de plus en plus
profond6ment dans la jungle et la communaute chi-
noise commence a s'apercevoir qu'il rapportera da-
vantage de moins aider les communists et d'aider
davantage ole Gouvernement. En fait, la r6volte aurait
maintenant pu 6tre bris6e si elle n'avait recu un
coup de fouet moral de la Chine of la radio com-
muniste hurle unei d6nonciation .contre << les meur-
triers ibritanniques >> et promet un salut rapid pour
tous < les esclaves de l'imp6rialisme > dans 1'Asie
du sud-est... La jalousie des Malais pour les Chinois
n',a pas et6 amoindrie par le fait que les Malais ont
ilutt6 de tout coeur centre Tes communists alors ,que
les Chinois au mieux se contentaient de rester ( as-
sis sur la barrir.e >> Mais la guerre civil a aussi
conduit les esprits les plus sages des deux c6tbs a
comprendre due le besoin supreme 6tait l'harmonie.
D'o) la formation recent d'un comite de liaison
des communaut6s compo:s de six Malais, de six Chi-
nois, d'un Indien, d'un Cinghalais et -d'un Eurasien.
Ses reunions (auxquelles M. Mac Donald selon ses pro-
pres terms < pr&te I'oreille >) montrent debj que
ce comity a une bonne vue des objectifs .que son nom
suggere. Un autre movement donne bon espoir. C'est
celui de la nouvelle association malaise chinoise
creee pour comprendre tous les Chinois qui consi-
derent la Malaisie comme leur patrie.
... Le but fondamental actuel est de crAer une na-
tionalit6 malaise que tous pourraient 6galement par-
tager. Aujourd'hui chaique Malais est un sujet de son
propre etat et non de la Malaisie 'dans son ensemble.
La < citoyennetd malaise > don't on a tant parle, est
,confuse et compliqu6e, et les Chinois ne l'aiment
pas. La seule solution est une nationality malaise ac-
quise automatiquement par tous ceux qui reconnais-
sent la Malaisie come leur patrie naturelle...
(a The Observer ), 29 mai 1949). 4.785

Sur le plan dconomique,
Le danger actuel reside dans le fait que le caout-
chouc, au-dessous de sa valeur d'avant-guerre, est la








merchandise la meilleure march du monde, alors
rque le-riz cofite sept fois plus cher qu'en 1940. Si le
prix 'du caoutchouc devait tomber au-dessous du
course actual il y aurait un reel danger de voir se
renouveler les conflicts du travail iqui avaient presque
.compl6tement disparu,depuis que les communists
6taient pas.s6s il y a un an de P'agitation industrielle
au meurtre politique. C'est pour cette raison que la
d6legation malaise au Groupement des Etudes du
Caoutchouc a insist le mois dernier a Londres pour
une reduction de Ja fabrication du caoutchouc syn-
th6tique au.x Etats-Unis.
Le fait de n'avoir pas r6ussi a convaincre les Am6-
ricains est-iil dfi i la presentation de la cause malaise
come une ,question d'economie colonial britanni-
ique plut61 que come une politique mixte anglo-
americaine ?
(a Spectator ,, 3 Juin 1949). 4.809

D. NIGERIA

La Nigeria est un pays 6norme quatre fois plus
grand 'que la Grande-Bretagne peuple de 215 mil-
lions l'hab.itants. Gette population ,est divis6e- d'une
fagon net1e entire une parties raactionnaire plut6t
a< fodale a situ6e dans le nord, organis6e sous forme
d'6mirats puissants et poss6dant presque la moiti6
de ,la population du pays ; nous trouvons ensuite la
zone yoruh]a, en parties chr6tienne, situ6e A I'est et
oA ,existent encore d'anciens < royaumes >, mais oft
la position des < rois > ou chefs est de plus en plus
menace par I'arriv6e de 1'l16ment jeune, instruit et
'democratique ; enfin une zone ibo 6galement chr6-
tienne en parties, situ6ee 1'est, ofi il n'y a pas de
chefs et dont la structure social est si < d6mocra-
tique > qu'elle en est presque anarchique. La diffi-
cult6 a tonjours W6t que quelque chose qui plait A
une parties du pays est inapplicable a une autre.
La Constitution don't fut dotee la Nigeria en 1947
avait le merite de reconnaitre ces divisions et orga-
nisait le pays sur une base rigionale avec trois
Chambres rigionales et un Corps legislatif central
les reprdsentant toutes.
Les ditracteurs n'ont fait aucune objection A ce
syst&me, mais plutot A la composition des chambres
regionales et de I'Assembl6e central. Bien qu'il y eut
une maijorite non officielle dans tous les cas, beau-
coup des ,: non-officiels >> talent des chefs ou des
emirs nommis par le gouverneur et choisis d'apres
des crit6res qui parurent au moins aux partisavan-
ces panfaitenment non d6mocratiques. I1 y avait
seulement quatre membres repr6sentant deux villes
a etre 6lus au suffrage -direct. De plus le pouvoir exe-
cutif demear'ait entire les mains d'un conseil ex6cu-
tif plac6 sons le contr6le du gouverneur et -des
fonctionnaires britanniques. Ainsi non seulement ii
n'y avait IA aucun progrbs vers un gouvernement
responsible ; nais aux yeux 'des d6tracteurs le gou-
vernement n'avait meme pas honnetement une allure
representa'live...
Alors qu'on ne croyait pas possible une revision
de la Con.titution avant l'ecoulement des neuf an-
ndes qui avaient ted fixes comme piriode d'essai, le


Gouverneur de la Nigeria annonga soudain, l'an
passed, qu'il avait ddcidd de modifier radicalement la
Constitution des I950. II accompagna sa declaration
de l'assurance que le people serait pleinement
consult.
Mais A ce moment se pose .la grave question -
qui exactement serait consult& ? Comment u'ne cons-
titution pourrait-elle ftr!e pr6par6e par tous les Nig6-
riens ? Une proportion fantastique du people est il-
lettr6e ; ils ne sont pas pour la plupart, organisms en
parties politiques ; dans ces conditions 'qui serait
choisi pour singer dans une tell Assembl6e.
II se trouvait done ,que le principle de a Consulta-
tion > si souvent reclam6 par les progressistes en
Grande-Bretagne, par les < anti-impArialistes > aux
Nations Unies et par les colonies elles-mimes, ftait
accept par le gouvernement nigerien, mais per-
sonne y compris les leaders nigeriens ne pou-
vait proposer une m6thode ade consultation qui sa-
tisfasse tout le monde. < Comment op r.er la
consultation ? > devint bient6t une question plus
important ique la forme mime de la nouvelle Cons-
titution.
Le gouvernement d6couvrit finalement une solu-
tion merveilleuse. II sugg&ra que le Conseil '1gislatif
choisisse lui-m6me le Comit6 charge implement de
conseiller le gouverhemnent a ce point de vue. Dans
ce Comit6 siegeraient tous les membres africains
non -officiels du Conseil ainsi que queiques mem'bres
officials. Ainsi form, ce Comit6 se mettrait imm6-
diatement au travail. Sa tAche, r6patons-le, n'6tait pas
de pr6ciser les details du gouvernement future du
pays, mais simplement de conseiller le gouverne-
ment sur la maniere .de cpnsulter le people.
En moins de quince ours, ce Comiti dlabora un
systMme de consultation < impressionnant et com-
pliqud >.
Les discussions publiques de la nouvelle consti-.
tution doivent se situer sur trois plans diff6rents -
le plan provincial, le plan regional, enfin ,e plan
central. Dans chaque village de province les organi-
sations representatives tiendront reunions sur r6u-
nions et leurs opinions seront studies par une con-
f.rence provincial. La conference provinciale sera
aussi representative que possible de toutes les ca-
tegories d'opinions de la province et sera choisie
apres consultation des autorites autochtones et des
autres corps repr:esentatifs, < en tenant un compete
logique 'des reclamations des groups minoritaires. >
Les conferences provinciales enverront alors. des re-
presentants aux conferences r6gionales, qui com-
prendront 6gal-ement des membres des COhambres
rigionales 'de' 'Assemhlbe. Ces conferences rgionia-
les 6tudieront les avis des conferences provinciales
et enverront leurs repr6sentants qui constitueront
un petit comite de' r6daction. Le comit6e de r6dac-
tion comprendra queliques 'oonseillers officialss et
pr6parera une constitution qui sera soumise a la
conference g6nerale. La conference gnerale com-
prendra 153 membres tous africains et sera
form6e des membres non officials du conseil 16gis-
latif et des repr6sentants des conferences r6gionales.
Il y aura un Pr6sident ind6pendant ne disposant pas








du droit de vote probablement le Procureur g6-
n6ral europ6en. Lorsque la conference g6n6rale aura
pris ses conclusions, ces propositions reviendront
,au Conseil 16gislatif, et ce nest qu'apres approba-
tion par ce Conseil iqu'elles seront soumises au gou-
verneur et au secr6taire d'Etat A Londres...
L'opinion mondiale qui s'exprime toujours si Apre-
ment en ce qui concern la situation des peuples
d6pendants devrait considered cette experience ni-
gerienne C'est la premiere fois qu'une consultation
populaire responsible d'une tell ampleur, et sur
un sujet aussi compliqu6 se d6roulera dans I'at-
mosphbre ,africaine. Qu'en sortira-t-il ? Des criti-
ques pourront 6tre plus tard formul'es centre la
forme d'e la constitution qui se prepare. Et certain
pr6tendent d6jA que la decision finale d6pendra, en
d6pit de tout, du Conseil 16gislatif ,actuel non repr6-
sentatif (mais osera-t-il s'opposer a la volont6 de tout
le pays ?). Sur un point cependant il ne peut y avoir
aucune critique. Personnel ne pourra dire que cette
fois de people de la Nigeria < n'auna pas At6 con-
suit >. i
(a Tribune ), 6 mai 1949). 4.773

E. TANGANYIKA

Le Colonial Office vient de publier son commen-
taire au sujet du rapport sur le Tanganyika de la
mission ambulante du Conseil de Tutuelle des Na-
tions Unies. CComme le dit le re6sum official du
rapport, la mission < consacrera six semaines a
6tudier la situation d'un vaste pays de plus de
360.000 miles carries, aux conditions gbographiques
divers'es, peupl, ide plus de 6 millions d'Africains
presentant de grades vari6tes de type, de langue et
de culture. > Un tableau g6enral assez pr6cis fut ob-
tenu des conditions et des difficult6s du territoire,
mais apres une inspection aussi IbrAve d'une region
aussi vaste, on ne pouvait pas esparer que les sug-
gestions pr6sent6es soient constructive et prati-
ques. La mission < s'associe aux vceux ,des Africains
raisonnables en faveur d'une evolution plus rapide. >>
Elle recommande que toutes les possibilities tde d6vee
loppement minier soient 6tudi6es A fond en vue de
b6n6ficier directement au territoire et d'etre d'un
reel profit pour la population indigene. Elle estime
que les plans d'extension de l'enseignement secon-
daire ne sont pas suffisants pour un progrbs politi-
que et qu'un plus grand nomibre de technicians et
de facilities s'imnpose pour l6argir et intensifier le
developpement agricole, des territoires. Tout celi est
pos6 sans indication de oe qui peut ou devrait etre
fait.
Les agents de administration out pass toute leur
,carriere en contact avec ces problAmes et ces besoins.
Si la mission avait pu indiquer ofl il serait possible
d'obtenir un plus grand nombre d'instituteurs, et tde
technicians, qui les paiera et ofi l'on trouvera les
ressouroes necessaires A l'am6lioration des services
sociaux, scolaires et agricoles elle aurait fait oeuvre
utile. Il est certainement vrai que les progres poli-
tique et Bconomique doivent aller de pair en Afrique
puisque les populations africaines auront ult6rieure-
maent A soutenir leur niveau de vie s-ans I'aide ext6-


rieure du contribuable britannique qui leur procure
maintenant des services publics que les revenues des.
territoires ne pourraient pas permettre. Chose assez
surprenante, la mission prend come acible a ses at-
taques deux groupements qui out fait beaucoup pour
accroitre la puissance et l'efficacit6 6conomiques du
Tanganyika : la petite colonies de planteurs sur la-
quelle l'agriculture, l'industrie et le commerce comp-
tent dans une grande measure pour leur developpe-
ment et la Haute-Commission Est-Africaine...
Les critiques purement th6oriques ne mbnent &
rien. Ces rapports gagneraient en valeur s'ils si-
tuaient leur description des territoires visits sur
le fond ,comparatif des conditions mondiales. Les
missions des Nations Unies, si elles proc6daient de
cette manibre, pourraient &tre de pr6cieux et effica-
ces organismes de contr6le de administration des
territoires sons tutelle.
(o The Times 16 mai 1949). 4.765

Le rapport sur le Tanganyika est le resultat du
travail d'une Commission de quatre membres.
Un Francais poss6dant une grande experience de
l'Afriqque, un Australien competent en matiere d'6du-
cation ide peuples arri6res, un Chinois et un Costa-
ricain novices dans les questions africaines. Le
group ne resta sur place que six semaines. De son
propre aveu, il se trouva en presence d'un territoire
et d'une population don't la complexity& compliquait
'6etude...
(a The Economist ., 21 mal 1949). 4.768.


F. OUGANDA

Des troubles se sont products au ddbut du mois de
mai en Ouganda.
Le territoire entier d'une province a 6te d6clar&
< region trouble > ; des troupes et des v6hicules
blinds ont 6t6 requs du Kenya ; on a instaure la
censure de la press ; on a proc6d6 a l'arrestation
de 12100 < m6cohtents > : le Parti Bataka et 1'Union
des Agriculteurs Mrnicains out 6t6 interdits par le
gouvernement sous pr6texte qu'ils ont agi sous 1'ins-
piration communist et qu'ils ont des -contacts avec
les communists au delA des mers.
( The New Statesman and Nation ), 7 mai 1949). 4.718

Lors des troubles de Gold Coast, en 1948, les prin-
cipales doliances itaient d'ordre iconomique. En
Ouganda
U.n recent rapport official vient de reveler que les
planteurs rde coton africains avaient 6tW escroqu&s
sur une large 6chelle et depuis longtemps par les
6greneurs indiens ce qui expliquerait les d6mons-
trations anti-indiennes qui suivirent les emeutes.
Cependant, ceci mis A part, les principles plain-
tes des meneurs, membres du Parti Bataka, s'adres-
saient au gouvernement britannique, pour avoir
tdonn6 son ,accord A la creation de la Haute-Commis-
sion de I'Afriaque Orientale, et au Kabaka de Buganda.
Le Kabaka, Mutesa II, don't l'autorite est recon-
nue par les Britanniques aux terms du trait de








900o, avait ricemment rendu le Luliku Parle-
Inent indigene plus reprisentatif.
Mais Ie Parti Bataka, qui vient d'etre interdit de-
mandait que la population fut autoris6e A choisir
sees propres .chefs et que le Luliku comprenne da-
vantage de membres 6lus, bien qu'on puisse mesurer
sa sinceritW A cet regard A son refus renouvel6 de dB-
signer des candidates.
En fait, ce n'est pas tant'un part qu'un group
d'algitateurs qui s'attaque aux ministries kabaka,
parce que ces derniers ont Wte d'avis que le Parti
Bataka soit interdit. Un de ses membres les plus
0Aminents se trouve en ce moment A Londres ; ses
,contacts avec les milieux communistss ne font pas
,de doute et il est significatif que les troubles aient
'clat& le jou r meme ofi se r6unissait pour la premiere
fois 1'Asisemrbl6e Centrale L6gislative de la Haute-
Commissiorn de 'Afrique Orientale ce lien admi-
nistratif entire les trois d6pendances Est-Africaines
6tant aussi farouchement comibattu par le Bataka
,qu'il 'est par la Russie aux Nations Unies.
Une Commission vient d'etre nommie pour en-
queter sur les troubles.
Son rapport et ses recommendations auront sans
-doute le ton habituel. Mais il eot permis .de se de-
mander s'i]s trouveront facilement une solution au
protbl6me principal aussi bien dans d'autres colo-
nies qu'en Ouganda qui consiste A diriger le na-
tionalisme Agar6 des Afrioains .dans le droit chemin
et A empecher ce gqui n'est souvent rien de plus iqu'un
petit group de m6contents de devenir la proie -des
semmeurs de desordres dans la metropole et Outre-
Mer.
(o The Economist ), 7 mai 1949). 4.723

C. AFRIQUE DU SUD

La belle conception d'une nationalist& unique, va-
lable dans tout le Commonwealth britannique -
qui n'impliuqae certes pas, come le pr6tendit le
Dr Malan, la conception d'un super-Etat, s'est eff-
fondrde. Lie Canada l'a abandonnee depuis 11946. Le
Gouvernem ent du Royaume-Uni se rendit compete que
existence d'un seul d6saccord rendait la doctrine
insoutenable, et promulgua l'an pass < I'acte de
nationality et de citoyennetd britannique. > AprBs
cela il tail in6vitabile que les autres nations du Com-
monwealth present ddes measures 16gislatives ddfi-
nissant leurs propres citoyennetds, come I'Afrique
du Sud le fait en ce moment.
Le project, propose par le Dr Donges, a soulevi
dans les rangs du Parti unified du Gineral Smuts lai
plus violente emotion.
Et d'abcrd, il annule presque la distinction de
statut en Afrique du Sud entire les sujets britanni-
ques origiinaires d'autres nations du Commonwealth
et leo 6traagers priv6s de droits. En second lieu, il
tend la pbriode de temps exig&e *d'un novel im-
migrant pour qu'il obtienne la pleine citoyennet6 et
des droits politiques, de deux ans A cinq ans ; et
cette measure est r6troact ve au d6savantage de ceux
qui sont en ce moment en course de qualification selon
l'ancienne loi. Troisibmement, m6me lors'qu'un im-
migrant a obtenu la residence qualificativee, il neo


peut reclamer la citoyennetW de plein droit, mais
depend du bon vouloir du ministry 'de 1'Interieur.
(o The Times ), 16 Juin 1949). 4.880
... A cause de la r6troactivit&, quelque 40.000 im-
migrants britannilques arrives en Afrique ddu Sud de-
puis la guerre seront automati'quement exclus des
prochaiines elections g6n6rades et c'est autant de
votes, sans doute, que le Parti du g6n6ral Smuts
n'aura pas. Autant dire que ce Parti et les immi-
grants sont vou6s A rester dans la minority. Car
meme si les Britanniques se lqualifient pour la ci-
toyennete, le ministry de I'Int6rieur pourra les ex-
clure simplement en exigeant des candidates, commne
cela se fait pour les fonctionnaires, qu'ils soient
bilingues. Or icombien d'entre eux pourraient par-
ler, 6crire et comprendre 1'afrikaander ?...
(L Le Journal de Genbve ), 18 Juin 1949).

H. HONG-KONG

Bien qu'il ne paraisse pas douteux que les commu-
nistes soient ddterminds a avaler Hong-Kong t
I'heure qu'ils auront chQisie, on n'a pas l'impression
que cette' heure ait sonne. ,,
Les indices presents laissent entendre que la poli-
tique officielle des communists cihinois ,est de
mettre pour l'instant une sourdine A leurs r.evendi-
cations. Une etude de leur propaganda laiss.e penser
qu'elle se concentre sur trois points : 1) semer la
dissension entire les Britanniques et les Am6ricains ;
2) miiser sur leur reclamation pour Formose, en
;contre-partie de quoi ii est sous-entendu bien qu'on
ne le dise pas clairement ,que les communists cesse-
raient de s'intdresser A Hongkong ; et 3) r6affirmer
les besoins .qu'A da Nouvelle Chine, 'de paix, de rela-
tions diplomatiques amicales avec toutes les puis-
sances et du enforcement des liens Bconomiqques
avec ses voiisins...
Plut6t qu'd une attaque militaire,
on doit plutbt s'attendre A une intensification gna-
duelle de la pression communist de l'interieur au
moyen de la technique familiore qui consiste A ob-
tenir le control des syndicats ouvriers, et, d'utiliser
ce contr6le pour torpiller a'economie interne de la
colonies. Dans les deux principals f6d6rations qui
comprennent la plupart des syndicats de Hongkonk,
on pense que les elements, ide gauche (bien que
n'etant pas n6cessairement membres du parti, tout
-en 6tant sympathisants et sans doute prepares A sui-
vre la politique du part) contr6lent d'une fagon
general la plupart des syndicats des services d'uti-
iite publique. Autrement dit en strat6gie industrieille
ils ont une position solid pour d6velopper leur ac-
tion malfaisante ofl et quand le part communist
chinois le jugera d6sirable...
Un contr6le effectif de l'immigration a Hongkong
est un rSve futile. On ne peut pas le r6aliser, et m&-
me si on y arnivait, il contribuerait A embouteiller
graduellement l'economie de la colonies. Pour le riz,
et plus encore pour les legumes, Hongkong depend
et continuera de d6pendre des activities des petits
commeraants qui traversent chaque jour en toute
liberty la frontirre.'Toute intervention aurait l'effet
d'un boomerang.


63







La principal erreur est de considerer ftongkong
come < le Gibraltar de I'Extreme-Orient >. Elle ne
1'est pas ; elle ne l'a jamais fte ; elle ,ne pourra jamais
1'tre. L'importance de Gibraltar 'est, et a toujours
6t6 d'ordre strat6gique ; celle de Hongkong est d'or-
dre commercial.
Cette consideration devrait conditioner les me-


sures A prendre on A envisager pour la d6fensel de
File et des territoires adjacent. Hongkong .est an
avant-poste de 'dEmpire, mais c'est un avant-poste-
commercial. La 'Grande-Bretagne en a fait ce qu'elle
est, .et dans 1'6poque actuelle trouble de la Chine,
cela suffit A justifier que la 'Grande-Bretagne y 'de-
meure... ( Time and Tide )), 18 Juin 1949). 4.835


IV. BIRMANIE


La declaration faite cette semaine par le Secrk-
taire d'Etat aux Affaires Etrangeres annongant iqu'une
aide allait 6tre apport6e au gouvernement de Bir-
man'ie n'.'tait pas inattendue. Les gouvernements de
l'Inde, ,du Pakistan et dre Ceylan ,e esont montr6s pro-
fond6ment inquiets du chaos dans l'equel est tomb6e
la Birmanie et )ils ,ont saisi F'occasion de la r6cente
Conlf6nence des Premiers Ministres du Common-
wealth pour fire ressortir i'6tat critique des affairs
birmanes. Ils ont besoin de riz iqui constitute nor-
malement lalprincipale exportation de la Birmanie
et ils redoutent que les *d6sordres d'inspiration com-
muniste qui ont mis le gouvernement birman dans
un tel embarras ne se propagent. Leur anxi6te est
partag6e par la Grande-Bretagne...

Tout autant ,que sur P'aide materielle qu'il va main-
tenant obtenir, le gouvernement de la Birmanie peut
computer sur un appui moral d'une grande valeur
dans sa lutte contre le d6sordre aet la rebellion, et
cet appui peut fort bien inciter les Shans, les Ca-
chins et les Chins A faire usage de leur puissante
influence au profit du gouvernement. La derniere
tentative en vue de conclude un accord avec les Ka-
rens, iqui ont des revendications' A presenter, a
tchou6 mais on sait qu'une fraction d'entre eux est
favorable a la paix. Ind6pendamment du probl&me
special -et difficile des Karens ii faut tenir t6te aux
communists et l'appui de la Grande-Bretagne et de


ses associ6s orientaux devrait aider le gouvernement
de la Birmanie a d6tacher des communists un
grand nombre de leurs allies. I1 serait normal, bien
que paradoxal, que le grand dessein caresses pair
U Aung Sani d'une union de tous les peuples et de
toutes les races de Birmanie, dessein qui n'a pas
r6ussi A l'emporter sur leur heritage de discorde,,
soit maintenant r6alis6 avec l'aide du Common-
wealth auquel il avait tourn6 le dos.
(< The Times ), 14 mai 1949). 4.744

La participation des trois membres asiatiques du
Commonwealth qui ont si longtemps lutte pour le
mame but d'ind6pendance national que la Birman'ie
mais ont 6vit6 la d6sint6gration birmane a donn6 A
1'action conjointe un caract6re regional non-imp6-
rialiste iqu'une intervention britannique seule n'au-
rait jamais pu avoir. La participation asiatique n'est
pas une simple question de forme car la situation
en Birmanie est d'une plus Igrande importance sur
Ie plan ,d'ensemblie des affaires .6tranglres pour les
voisins .de la Birmanie que pour 1'Angleterre. Non
'seulement les investissements de l'Inde en Birmanie
sont comparable A ceux de 1'Angleterre mais la d6-
pendance ofi est l'Inde par rapport au riz birman
fait que la reduction des .exportations, leur diversion
ou leur suspension du fait du chaos, constituent une-
grave menace pour I'lconomie indienne.
(a The Economist ), 28 mai 1949). 4.784


V. COLONIES ITALIENNES


Dans les quarante-huit heures qui preceddrent la
culture de l'Assemblie des Nations Unies, ont eut
nettement l'impression que l'affaire des colonies
italiennes allait etre rdglie une fois pour toutes. Ce-
pendant le Plan Bevin-SforZa fut finalement rejeti.
La Gazette de Lausanne en explique les raisons :
...Les Anglais avaient r6pandu le bruit qu'ils dis-
posaient de la majority des deux tiers don't ils avaient
besoin pour r6gler la question la plus 6pineuse,
celle due la Tripolitaine... Les cris de victoire bri-
tannique eurent un effet impr6vu sur le d6l6gu6l de
P'Ethiopie, principal b6neficiaire puisque son pays
se voyait accorder la totalit& de I'Erythrbe. I1 s'ima-
gina qu'il pouvait voter < oui > dans Ia question de


l'Erythr6e... et << non > dans celle de la Tripolitaine-
pour se rendre populaire aupr6s des Arabes let du
bloc anti-colonial...
Au comitW politique de l'Assembl6e, l'Australie
s'6tait abstenue (M. Evatt n'aime ni M. Bevin, ni le
colonialism en g6n.ral). Elle avait toutefois promise
,de voter < pour >> l'Assemlblle... Le d6l6gu6 de
Haiti avait fait la m.mel promesse. La majority des
deux 'tiers (34 voix) semblait done definitivement ac-
quise...
Selon F'ordre alphabhtique, l'Ethiopie vote avant
Haiti... Comme les Anglais lui avaient permits de
s'abstenir, il se crut autonis6 A prendre une liberty
suppl6mentaire et vota < non ia sur la Tripolitaine...
Puis vint le tour de Haiti. A la stupdfaction g6n6rale








11 vota < non 3, 6galement... Voyant les consequences
possible du tour que son frbre de couleur venait de
lui jouer, le ddlibguB de 1'Ethiopie se mit A pleurer
en pleine Assemblee. II d6piecha un billet A la dd-
16gation italienne pour lui dire que si on trouvait
le moyien de passer A un nouveau vote, il vo'terait
c pour > dans la question de la Tripolitaine. Mais il
etait trop tard. Le Plan BevinSforza etait rejet6
pour la Tripolitaine. La dessus les d6elgations sud-
.am ricaines criBrent a la trahison... Pour punir
1'Et iopien, elles lui refusrent I'Erythrbe. La d6-
ban ade 6tait icompl6te. C'est ainsi que de fi en
aiguille, l'Assembl6e s'est rallide au proijet polonais
,d'ajournement pur et simple. Le d6l&gu& polonais
n'en croyait pas ses oreilles. iC'est sa premiere grande
victoiire strat6giique A I'AssemblBe de 1'O.N.U...
(< La Gazette de Lausanne ,, 30 mai 1949).

La Grande-Bretagne doit-elle se rijouir ou s'affli-
:ger de ce que l'accord Bevin-Sforya ait ete rejetd ?
Du point de vue des relations anglo-arhabes, il y
a une raison d'8tre heureux. Le compromise en offrant
la Tripolitaine A la tutelle italienne. avait ,riussi a
dresser les Tripolitains en particulier et les Arabes
en .gndral contre lui. II est concevable que ce com-
promis appuy6 par les Britanniques ait cr66 pour
Westminster le probl6me palestinien de 19510. Mais
du point de vue des Africains int6ress6s, le vote fut
un d6sastre. Car il Ibloqua toute chance d'un regle-
ment permanent au moins jusqu'A da prochaine As-
sembl.e et on se retrouve 'dans l'impasse pour une
nouvelle period indeterminee. II frustre 3 millions
d'Afriicains de toute chance de faire des investisse-
ments A long term et d'envisager l'avenir avec cer-
titude.
Tous-les experts sont d'accord qu'avec du temps
et de l'argent ils pourraient accroitre la production
bien davanlage qu'ils ne le font. Sans aucun doute,'
l'argent britannique serait d6pensA diff6remment
et de maniere plus r6munnratrice si l'on savait quand
iles Britanniques partiront. Par example la Libye
convenablement irrigu6e et ouverte A l'immigration
pourrait devenir un pays producteur de laine et de
viande conime 1'Australie. Mais ii 'faudrait d'abord,
pour cela, apprendre A ifaire pousser i'herbe appro-
pride au lieu de nourrir. les troupeaux avec des cac-
tus. La Somalie comprise dans le domaine de la
mouche Ts64ts pourrait 6galement produire de la
viande maintenant que l'on sait soigner les maladies
des moutons. Elle pourrait aussi aider A l'approvi-
sionnement en riz asiatique -en construisant ,des mou-
lins appropri6s.
Ces trois territoires offrent des possibilities payan-
tes pourvu que leur mise en valeur se concentre sur
ce qui leur permettra de rester des marches solides.
Mais A l'heure actuelle ii n'y a pas de fonds dispo-
nibles pour s'engager dans une voie nouvelle. II
n'existe mnme pas le d6sir de faire des plans. Et
il n'y a aucune chance d'y attirer le gros capital qui
seulserait susceptible de faire intervenir de promp-
tes modifications.
I1 result de tout cela que si l'AssemblAe g6nerale
continue de balancer entiree les partisans' des'Airab'eS


et oeux des Italiens et n'arrive pas A mettre un term
A I'impasse pour aboutir A un rbglement, il se dive-
loppera en Afrique trois cancers 6conomi'ques, che-
que territoire considra'nt l'Occident avec ressenti-
ment. Pour Aviter cela, les igouveriements anglais
et americain doivent faire d'ici septembre, tout ce
qui est en leur pouvoir pour aboutir A un rbglement...
(a The Economist ,, 28 mai 1949). 4.791


Quelques jours apris l'dchec du Plan Bevin-
Sforga, < quelque chose de difinitif > intervenait
quant a l'avenir de la Cyrinaique sous forme d'une
declaration du Gouvernement britannique.
Elle reconnait leur Emir comme le ( Chef du
gouvernement de Cyr6naique > ; promet qu'un
gouvernement < responsible, des affaires int6rieu-
res >> sera form& aussit6t que 1'Emir aura discut&
la question A Londres, et ajoute qu'en pregnant
ces measures le gouvernement britannique < desire
souligner que rien ne sera fait pour porter prejudice
A. 1'avenir 6ventuel de la Libye! prise dans son en-
semble. > A tout prendre .ce document est plus un
geste qu'une innovation. Personne n'a jamais con-
test6 la quality& de chef des populations de Cyr6nai-
que A 1'Emir Idris el Senoussi. Ce sont les Tripoli-
tains les plus pervertis qui mettent en doute son apti-
tude a diriger la Libye tout entire. La declaration
qui pretend reconnaitre que cette autorite ne porte
pas prejudice A la possibility d'une Libve unifi6e
donnera la jaunisse A certain milieux tripolitains...
Lorsque l'Assembl6e discutera une fois de plus
la question des colonies italiennes, cette measure sera
certainement critilquie comme une tentative de de-
vancer les Nations-Unies. Mais s'ag'it-il vraiment de
cela ? Cette measure rapproche la Cyr6naique de l'ac-
compilissement de I'article 7 de la Charte ce que
l'Assembl6e n'a pas jusqu'ici reussi (faire. Par des-
sus tout elle commence A dissiper l'atmosphere des
arguties inefficaces et des intrigues que 1'O.N.U. a
insidieusement r6pandues sur ce problem.e pour
lequel grAce A ses conqu.tes et A sept ana6es d'ad-
ministration satisfaisante, la Grande-Bretagne a ac-
quis voix au chapitre.
(a The Economist ,, 4 Juin 1949). 4.799


Le plan du gouverneur britannique pour 1'ind6-
pendance moderbe de la CyrAnaique, a recu I'accueil
mitig6 attend. II n'a d6clenchM aucun enthousiasme
en Itaiie on en Egypte, bien que pour des raisons
entir.ement oppos6ees; les Italiens craignent 'qu'il
rende leur retour en Tripolitaine plus difficile, alors
que les Egyptiens voient en lui un plan 'destin 'A
prolonger le control europeen en Afrique du Nord.
Les Frangais, come d'habitude en maticre colo-
niale, ont tendance A partager les soupcons des Ita-
liens A 1'1gard des motifs britanniques, et jus'qu'a
present les Russ'es sont demeures silencieux, bien
qu'on puisse deviner leur opinion. Les AmAricains,
et, ce qui .est plus important, la population de Cyr6-
naique, sont les seuls A soutenir le plan.
((( Spectator ), 10 Juin 1949). 4.817








BT-BLIOGRAPHIE


LES RICHESSES DE LA FRANCE D'OUTRE-MER
par Ch. Robequain

Nous pensions qu'on pourrait donner le ton de l'ou-
vrage que vient de faire paraitre, chez Payot,
M. Charles Robequain,Professeur de G6ographie A
la Sorbonne, Les Richesses de la France d'Outre-
Mer en reproduisant cette formule lapidaire qu'on
peut lire vers la fin du volume < il est plus facile
de d6creter l'Union Frangaise que de la realiser et
de la faire vivre >.
Cette etude qui, sous un volume cependant tris
restreint, embrasse divers aspects economiques du
problime colonial (agriculture indigine, colonisation
europeenne, 6levage, p&che, forests; mines, industries
de transformation, organisation dconomique) offre
ce double advantage : ktre une source de renseigne-
ments precis et objectifs pour le m6tropolitain avide


de connaitre les problemes de nos possessions d'Ou-
-tre-Mer ; ktre pour le colonial, meme chevronn6, uii
document de valeur, un excellent instrument de
travail.
Les deux chapitres qui nous ont semble les meil-
leurs, les plus denses comme les mieux documents.
sont a notre avis < Aspects et probl&mes de l'agri-
culture indig&ne > et < Organisation dconomique de
l'Union Francaise >. L'auteur connait son sujet, ce
qui lui permet de n'&tre pas toujours tendre vis-A-
vis de certaines faqons de penser admises depuis des
lustres comme articles de foi. Les critiques sont per-
tinentes et bien peu pourront s'inscrire en faux
contre les conclusions que I'auteur n'hesite pas a
tirer de l'examen lucide des problemes actuels. Une
de celles-ci est la suivante : < C'est par la recherche
scientifique qu'on arrivera a bien connaitre cette
nature tropical don't on a souvent abused par hate,
espoir ou lucre, mais aussi ignorance et imp6ritie >.


COMMUNIQUES


L'Agence Comptable des Timbres poste coloniaux,
85, avenue de La Bourdonnais, Paris-7", mettra en
vente, A partir du 4 juillet 1949 :
io) une s6rie indivisible de 12 timbres poste com-
memoratifs du 75' anniversaire de la foundation de
1'Union Postale Universelle, au prix de 625 francs 20,
change compris.
Une innovation est A signaler en ce qui concern
ces timbres. Imprimes en taille douce, ils sont en
plusieurs couleurs qui ddrivent des couleurs conven-
tionnelles internationales postales, vert, rouge et
bleu.
20) deux timbres avion pour les miles Wallis et Fu-
tuna de 50 et 1oo francs, au prix de 822 francs,
change compris.


II est rappel6 que
mois d'aofit.


l'Agence sera ferm6e pendant le


ACTIVITY
DU MUSIE Dt LA FRANCE D'OUTRE-MER
MAI 1949


Entries payantes : 11.567 pour 174.710 francs.

Entries gratuites : 25 groups, 617 &leves.

Produit de la vente du guide du Musie : 84 pour
1.260 francs.


Imprimerle de I'Agence France-Presse, Paris (2-)
D6pOt 16g-al. D6cembre 1948. No 4315








BT-BLIOGRAPHIE


LES RICHESSES DE LA FRANCE D'OUTRE-MER
par Ch. Robequain

Nous pensions qu'on pourrait donner le ton de l'ou-
vrage que vient de faire paraitre, chez Payot,
M. Charles Robequain,Professeur de G6ographie A
la Sorbonne, Les Richesses de la France d'Outre-
Mer en reproduisant cette formule lapidaire qu'on
peut lire vers la fin du volume < il est plus facile
de d6creter l'Union Frangaise que de la realiser et
de la faire vivre >.
Cette etude qui, sous un volume cependant tris
restreint, embrasse divers aspects economiques du
problime colonial (agriculture indigine, colonisation
europeenne, 6levage, p&che, forests; mines, industries
de transformation, organisation dconomique) offre
ce double advantage : ktre une source de renseigne-
ments precis et objectifs pour le m6tropolitain avide


de connaitre les problemes de nos possessions d'Ou-
-tre-Mer ; ktre pour le colonial, meme chevronn6, uii
document de valeur, un excellent instrument de
travail.
Les deux chapitres qui nous ont semble les meil-
leurs, les plus denses comme les mieux documents.
sont a notre avis < Aspects et probl&mes de l'agri-
culture indig&ne > et < Organisation dconomique de
l'Union Francaise >. L'auteur connait son sujet, ce
qui lui permet de n'&tre pas toujours tendre vis-A-
vis de certaines faqons de penser admises depuis des
lustres comme articles de foi. Les critiques sont per-
tinentes et bien peu pourront s'inscrire en faux
contre les conclusions que I'auteur n'hesite pas a
tirer de l'examen lucide des problemes actuels. Une
de celles-ci est la suivante : < C'est par la recherche
scientifique qu'on arrivera a bien connaitre cette
nature tropical don't on a souvent abused par hate,
espoir ou lucre, mais aussi ignorance et imp6ritie >.


COMMUNIQUES


L'Agence Comptable des Timbres poste coloniaux,
85, avenue de La Bourdonnais, Paris-7", mettra en
vente, A partir du 4 juillet 1949 :
io) une s6rie indivisible de 12 timbres poste com-
memoratifs du 75' anniversaire de la foundation de
1'Union Postale Universelle, au prix de 625 francs 20,
change compris.
Une innovation est A signaler en ce qui concern
ces timbres. Imprimes en taille douce, ils sont en
plusieurs couleurs qui ddrivent des couleurs conven-
tionnelles internationales postales, vert, rouge et
bleu.
20) deux timbres avion pour les miles Wallis et Fu-
tuna de 50 et 1oo francs, au prix de 822 francs,
change compris.


II est rappel6 que
mois d'aofit.


l'Agence sera ferm6e pendant le


ACTIVITY
DU MUSIE Dt LA FRANCE D'OUTRE-MER
MAI 1949


Entries payantes : 11.567 pour 174.710 francs.

Entries gratuites : 25 groups, 617 &leves.

Produit de la vente du guide du Musie : 84 pour
1.260 francs.


Imprimerle de I'Agence France-Presse, Paris (2-)
D6pOt 16g-al. D6cembre 1948. No 4315






































































Edit6 par la Documentation Frangaise

Prix du num6ro : 90 francs
Abonnement : six mois. .. 520 francs
S : un an..... 1.000 >

Souscription et vente
& la
Direction de la Documentation Frangaise
14, Rue Lord-Byron, Paris (7e)
T l. : ELYs6es 82-00




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