• TABLE OF CONTENTS
HIDE
 Front Cover
 Half Title
 Title Page
 Dedication
 Foreword
 Capoix-la-mort a vertieres
 L'exercice du pouvoir actuel
 L'occupation Americaine en...
 Le conseil d'Erat
 La conduite de l'occupation Americaine...
 Sommaire de cet ouvrage














Group Title: exercice du pouvoir actuel et les desiderata du peuple haitien
Title: L'exercice du pouvoir actuel et les desiderata du peuple haitien
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 Material Information
Title: L' exercice du pouvoir actuel et les desiderata du peuple haitien
Physical Description: 73 p. : ; 21 cm.
Language: French
Creator: Bernard, Dominique F
Publisher: Imprimerie Bernard,
Imprimerie Bernard
Place of Publication: Port-au-Prince
Publication Date: 1925
 Subjects
Subject: Foreign relations -- Haiti -- United States   ( lcsh )
Foreign relations -- United States -- Haiti   ( lcsh )
History -- Haiti -- American occupation, 1915-1934   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
United States of America
 Notes
Statement of Responsibility: par Dominique F. Bernard.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00078483
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Holding Location: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: ltuf - AAL3764
oclc - 06720135
alephbibnum - 000098319

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover 1
        Front Cover 2
    Half Title
        Half Title 1
        Half Title 2
    Title Page
        Title Page 1
        Title Page 2
    Dedication
        Page 1
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    Foreword
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    Capoix-la-mort a vertieres
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    L'exercice du pouvoir actuel
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    L'occupation Americaine en Haiti
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    Le conseil d'Erat
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    La conduite de l'occupation Americaine en Haiti
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    Sommaire de cet ouvrage
        Page 74
Full Text


-L'EXERCICE DU


POUVOIR ACTUEL
ET
,ES DESIDERATA DU


PEOPLE IIAITIEN
l'AR
Dominique F.-BERNARD
linprimeu r-Publiciste
.... Un people opprim, si petit quil soit,
qui ne penserait- d'une faon ou
d'une atrie reprendre un jour
si liberty, serait vraiment mpri-
sable aux yeux mme de ses op-
presseurs.






191le, rue Courbe, 2U
1925


P.ix de l'exemplaire :...... 2 gourdes







L'EXERCICE DU

POITVOIR WCTIEL


La valeitd.e 1 gourdes pour un
exemplaire de ma brochure.










PORT-AU-PRINCE (HAITI)
IMPRIMERIE BERNARD
1912, rue Courbe, 1912
1925







L'EXERCICE DU


POUVOIR ACTUEL
ET
LES DESIDERATA DU


PEOPLE HAITIEN
PAR
Dominique F.-BERNARD
Impriineu r-Publiciste
.... Un people opprim. si petit qu'il soit,
qui ne penserait- d'une faon on
d'une autre- reprendre un jour
sa libert, serait vraiment mpri-
sable aux yeux mme de ses op-
presseurs.
D. F.-BsERAr




PORT-AU-PRINCE ( HATI)
IMPRIMERIE BERNARD
1912, rue Courbe, 1912
1925









DEDICACES


Cet ouvrage est ddi, d'abord,


Au Grand Citoyen Amricain,


C. COOLIDGE,
residentt de la Rpublique des Elats-Unis



El Son Cabinet



Avec nos patriotiques intercessions
pour la restauration de notre chre
Haiti et la liberation pacifique de son
Territoire.










Ensuite,


La Socit des Nations


ET


Au Congrs Amricain


Avec les cris dchirants d'un jeune
people opprim qui, encore une fois,
tait appel l'Humanit et la Justice
de ces Grands Corps.








Puis,
A
La Manufacture Hatienne
de Tabac de
Pantalon GUILBA UD
A
La NATIONAL
A
La HASCO
A
La PHRMACIE W. BUCH
qui avaient bien voulu recueillir nos
concitoyens et nos concitoyennes im-
pitoyablement jets rur le pav par
l'Occupation Amricaine.

Avec nos remerciements et l'hom-
mage de la profonde gratitude des
populations de la Rpublique-











Enfin
Aux
Infatiguahles I)fenseurs
des Droits et des Intrts du Peuple
Hatien, tant Etrangers que Natio-
naux.
ET
Aux Illustres Martyrs
De la Cause de notre Patrie,
Messieu!s le Docteur Dlancourtl.. Elie Gurin..
Alphonse Henriiuez.. Antoiii Pierre-Paul.. Chau-
vel pre et fils.. R.Hameau.. Vly Thbaud.. J Jo-
libois fils.. Envgne Vieux.. Et. Maillon.. Plilas Le-
maire.. L. Ed. Poujel.. F. Duvignaud.. Suirard Vil-
lard.. Et. Si-Vil Noel.. Edmond Mgie.. Georges J.
Pelil.. Oscar Savain.. Edouard BHndict.. Pasteur Aug.
Alberl.. Duclervil,, Alcius Charmani.. O. Uiplessy..
Dcim:is Heurtelou i Simon Lamberl._ Seymour La-
Ibfoant.. Edmond Jili~y. Albert Simon.. Clment
Juste.. CltarnmIdicoiirit CharIles Moravia.. An-
toine Tlmaque.. Eim. Paul.. Ela Victor.. Albert
P. Blain.. Charles Ricol.. Franois Joseph.
Ch. Em. Kernizan.. Fish, Codio.. Charlemagne P-
ralt..B. Batraville.. Annibal Hillaire.. Clment Moise..
Les desniers, dcds

Avec notre plus profonde admira-
tion et nos plus vives exhortations
au courage et la persvrance.












'AVANT-PROPOS

II est des moments o se taire est un
vritable crime; le citoyen a le droit
et le devoir imprieux d'lever la
voix, toutes les fois qu'il a l'espoir
que ses paroles puissent contribuer
au bien-tre de ses fires.
J.- N. LEGER.

La noble et toute patriotique tfche
qui, actuellement, nous est dvolue,
nest pas unique dans les annales po-
litiques des peuples civiliss des Deux
Mondes; par ce qu' chaque fois qu
ne nation tombe infailliblement vic-
time de l'gosme, du npotisme et
de la tyrannie d'une nation plus
grande, on a toujours vu, soudain,
surgir dans son sein mme, des pa-
triotes prdestins et convaincus.
On les a toujours vus, ces immor-
tels hros, ces brillants et illustres
champions du Droit, de la Justice et
de la Libert, oubliant tous ceux qui









-6-


leur sont bien chers, se dresser con-
tre les attaques redoubles des farou-
ches conquistadors, dployer, bran-
dir l'tendard glorieux d'une croi4sa-
de patriotique et voler au triomphe
de la Cause Nationale!
Tel qu'en 1767 o les Amricains
taient encore sous le joug des An-
glais.
Absolument considrs comme su-
jets, les Anglais leur imposrent de
lourds et injustes impts sur le tim-
bre, le paper et le verre.
Cette measure les retirait tout--fait
sur le mme pied d'galit avec les
Anglais, et alors, J'agitation devint ex-
trme dans tout le pays.
Par suite d'une sensationnelle s-
ance d'un Congrs runi Philadel-
phie en 1774 o fut formule la d-
claration des droits du citoyen fon-
de sur les lois immuables de la natu-
re et sur les principles mmes de la








-7-


Constitution Anglaise, les Amricains
s'assemblrent pour la premiere fois
Boston, capital du Massachusetts,
sous un grand orne dnoimm l'ar-
bre de la liberty, et l, ils prirent so-
lennellement la resolution de se sou-
lever contre les Anglais.
Le commandment en chef de cet-
te revolution tait confi Washings-
ton, Citoyen Amricain et Officier de
haute valeur qui avait'dj fait bonne
figure dans la guerre de Sept Ans.
Tout naturellement, les premiers
jours n'taient pas heureux pour les
Etats-Unis don't les milices n'taient
pas encore accoutumes la guerre;
mais,comme le succs des-armes reste
toujours finalement du ct du Droit
et de la Justice, et, grce aussi au con-
..cours de Rochambeau et du Marquis
de Lafayette, cette revolution triom-
pha malgr les revers qu'elle eut
surmonter et'le 4 Juillet 1776, un nou-








--8-


veau Congrs de Philadelphie procla-
ma solennellement l'Indpendance
des treize colonies ...
Ce fut beau et le monde entier ap-
plaudit ce brilliant fait d'armes.


Nous autres, Hatiens, nous som-
mes faibles, soit ; mais, lorsque le
canon gronde, lorsque l'obus vomit
come l'Etna rempli de laves, nous
savons aussi fire trembler le monde
comme sous la tempte un vert ro-
seau faiblit Is. Vieux.

Tel qu'en 1803, poque' laquelle
Bonaparte crivit Louverture : Le
Premier des Blancs au Premier des
Noirs et o Louverture lui rpon-
dit: Le Premier des Noirs au Pre-
mier des Blancs ; ce fut cette m-
morable poque, veux-je dire, o les
Hatiens, aprs avoir donnle signal
d'un soulvement gnral, combat-








-9-


talent obstinment contre les Fran-
ais pour briser les chains de .ler,
esclavage et ravoir leur liberit. Le
commandment en chef de l'arme
indigne fut confi au vaileureux g-
nral Jean-Jacques Dessalines.
Ce soulvement, inaugur aussi en -
rvendication du Droit "e 'tde la Li-
bert, march de succ~: en succs,
si bien qu'en peu de temps, la vail.
lante garnison franaii fut contrain-
te se concentrer au Cap-Hatien o
le combat final dut avoir lieu.
Avant d'attaquer la ville, .il fallait
s'emparer de quelques-points impor-
tants et bien fortifis situs au Haut-
du-Cap.
VERTIRES tait, par sa position stra-
tgique, le plus difficile -enlever; et,
c'tait l, tout prs de' ceblockaus,
que Rochambeau se tenait avec saa
garde d'honneur.
L'Officier-Gnral Capoix reut du








- 10-


Gnral en chef Dessalines, l'ordre
d'aller occuper la butte de l'habitation
Charlier qui dominant Vertires.
A peine arriv sur cette position,
l'intrpide Capoix attaqua de front la
grnison franaise.
Repouss en plusieurs fois, Capoix
affrontait la mort au premier rang en
revenant toujours la charge.
Et les vaillants et rsigns soldats
de l'arme indigne, brouillants d'ar-
deur, suivaient de prs leur chef.
On s'entlamma des deux cts et le
combat devint de plus en plus achar-
n :
Les traits s'entrecroisent, le canon
gronde, la terre de la Grande Ile trem-
ble et des tourbillons de fume mon-
tent au ciel de ma Patrie qui devient
tout noir 1
Soudain, un boulet, pareil ceux
lancs pour semer l'incendie, le carna-








-11 -


ge, la desolation et la mort, ren-
verse le cheval de Capoix. Ce gnral
tombe et se relve en mme temps
en criant: En avant en avant
Bravo bravo /I s'crit-on au mi-
lieu de la garde d'honneur de Ro-
chambeau.
Les tambours de la garnison franai.
se firent roulement, et alors, le feu
cessa volontiers-des deux cots. Sou-
dainement, on vit apparaitre au camps
des indignes un beau et grand cava-
lier franais qui, avec beaucoup d'en-
thousiasme, fit entendre ces mots:
Le Capitaine-Gnral Rocham-
beau envoie l'expression de son ad-
miration l'Officier-Gnral Capoix
qui vient de se couvrir de tant de
gloire .
Le cavalier franais disparut et le
feu recommena plus chaudement
qu'auparavant.
Ce combat dfinitif qui fit admirer la








- 12-


vaillance de l'arme franaise qui se
repliait forcment devant l'enduran-
ce de l'arme hatienne, commencle
matin, ne cessa que le. soir. o le
succs des armes tait du ct de;..
l'arme indigne.
A la faveur de la ilait, au. milieu
d'une averse, l'arme frnais.e ne put '
que capituler et le premiere Jainvier .-
1801, l'Indpendance d'Hati et la Li-:
bert des Noirs furent pompeusement
proclames aux Gonaves.!!.,. :
Ce fait d'armes fut aussi applaud
que celui des Etat-Unis.


Celui de Cuba eut'le mme reten-
tissement.


Hier opprim, aujourd'hui oppres-
seur, le Peuple Amricain n'a donc
pas chapp cette destine reste







- 13 I


commune diverse puissances de la
Terre.
Cependant, les Etats-Unis rie doi-
vent pas oublier leurs malheurs d'hier
pour vouloir nous retenir plus long-
temps dans les serres'd'une Occupa-
tion qui n'tait venue que dans l'uni-
que but de nous aider rtablir la
paix chez nous et de s'en aller aprs.
Depuis les dixjlongues annes que,
dsarms, nous sommes ptir des ri-
gueurs matrielles et morales de cette-
Occupation arme, nous avons suffi-
samment fait acte de sagesse; et,
quand maiintenant, nous faisons un
dernier et supreme appel l'Huma-
nit, au Droit et la Justice, nous es-
prons que notre voix fera cho par-
tout!!!
D. F. Bernard.


* e








14 -


Capoix-La-Iort Vertires.

A Juvigny Vaugues.
Nul ne te surpassa dans nos luttes piques
O la liberty seule enflamma nos soldats,
Sous ton commandement aux gestes fatidiques,
Rompant des oppresseurs les ranges, avec fracas,
Pour prouver la fiert de l'arme indigne
Sentant grounder en elle une implacable haine
Contre les ennemis des noirs. soudain camps
Devant la Mtropole aux dcrts insenss !

Intrpide Capoix, la place en notre histoire
Brille, immense, sublime, au dessus des Hros
Qui versrent, unis, aurols de gloire,
Le plus pur de leur sang, pour vaincre les bourreaux
Qui, saisis tout--coup, de ton audace altire,
Acclamrent ton nom et ta bravoure aims,
Sous les plombs meurtriers par eux-mmes lancs,
A travers les sentiers du clbre a Vertires .

Ton corps invulnrable, aux aspects surhumains,
Fit de toi, beau Capoix, notre Achille moderne,
Rehaussant, en un jour, dans tes nobles desseins,
L'orgueil trop offense des bataillons qu'on cerne.

Resplendis, immortel, en nos cieux tutlaires,
Sous tes lauriers conquis aux foyers de nos guerres,
Brandissant l'tendard de ta race en veil,
Digne de triompher sous l'ardeur du soleil !-
( Pomes du Terroir )
JULzS ROSEMOND.










L'Exercice du Pouvoir Actuel.


P)fendre les intrts de son Pays,
est un droit que l'on acquiert
en naissant et qui nous a t
aussi lgalement consacr par
l'article 21 de la vraie Constitu-
tion.
Quand nous exerons ce droit
avec indpendance, impartiality
et moderation, c'est--dire, sans
flchir devant les cinglantes v-
rits, sans exagrer les faits ni
blesser aucune personnalit, nous
devenons,cerles, apprciables et
beaux aux yeux mme de nos
adversaires !...
D. F.-BERNARD.

Le mois dernier, nous avons eu
parcourir quelques fascicules inten-
tionnellement adresss au Peuple Hai-
tien.
Nous ne les condamnons pas tota-
lement ; mais, nous pensions utile
d'en refuter quelques points qui
n'ont pas t prsents avec justesse
et qui, par consquent, ne rsument








-16 -


pas entirement les volonts et les
desiderata du Peuple Hatien.
Il nous est, certes, trs coteux, en
laborant cette rplique que la lecture
de ces addresses nous a vivement sug-
gr, de rappeler au souvenir doulou-
reux de nos concitoyens, la prise
d'armes et le massacre de la nuit du 26
Juillet 1915 qui avaient occasionn la
catastrophe politique et international
des deux journes suivantes.
Nous garderions l-dessus un bien
grand silence, si nous ne devions n-
cessairement remonter aux causes
qui ont entran notre malheureux
Pays et son Peuple dsol dans cet
humiliant cahot dans lequel ils se d-
battent convulsivement depuis prs
de dix longues annes.
Nous garderions le mme silence,
si le courroux qui avait port la po-
pulation de Port-au-Prince perp-
trer des actes sanglants jamais re-









- 17-


grettables, n'tait si justifi par les
pertes qu'elle avait faites dans ses
plus chres affections qu'on venait de
saccager, de martyriser et de mettre
mort, sans defense, dans les sombres
cachols de la prison de cette ville.
Nous en garderions, enfin, le si-
lence, si, cette mme poque, ne
s'accomplissaient, au sein mme de
l'Europe rpute civilise,- come
du reste, a se voit partout ailleurs
dans les Deux-Mondes, des mfaits
politiques aussi rprhensibles, aussi
inhumains qui, cependant, ont chap-
p l'attention et la censure tou-
jours par trop svre des dtracteurs
mchants, malveillants et passionns
de notre race.
A les entendre parler de nous, on
s'inclinera, on s'abusera croire que,
rellement, Hati est le seul pays de
la Terre o l'on a dj envisag des
actes aussi sanglants; cependant, si









-18-


l'on veut revenir avec nous sur quel-
ques palpitantes pages de l'Histoire
Gnrale de ces peuples, du Moyen-
Age nos jours, on avouera, volon-
tiers, q'ue, jeunes, ils ont t aussi tur-
bulents, aussi inexpriments que le
ntre, et, qu' certain momentsbien
marqus de leur existence, ils ont
commis les mmes mfaits matriels,
les mmes fautes morales qui nous
ont valu, de leur part, les pithtes les
plus injurieuses et ces entraves po-
litiques dans les liens desquelles nous
gmissons encore si impassiblement;
mais, toujours avec le ferme etconstant
espoir de nous en dlier, de nous
en dbarrasser, come on le dit
communment et de nous reliever
firement un jour !..
Un people opprim, si petit qu'il
soit, qui ne penserait, d'une faon
ou d'une autre, reprendre un jour
sa libert, serait vraiment miprisable








-19-


aux yeux mme de ses oppresseurs.
El ce pauvre people, une fois en-
gag dans les series (lu alche et san-
guinaire oppresseur, sait parfaite-
ment qu'il n'y a pour lui que deux
faons de reprendre sa libert : par la
diplomatic ou par les armes.
Aussi, est-ce pourquoi le Peuple
Haitien, qu'on s'est plu tantdcrier,
voulant d'abord, faire acte de sagesse,
d'impassibilit mme, a mieux aim,
pour arriver cette fin, computer sur
les bienfaits matriels et moraux que
devait lui apporter l'Occupation Am-
ricaine qui lui a t impose par la
force des circonstances, sur le rta-
blissement de la paix dans l'tendue
de la Rpublique, sur l'amlioration
de la mentality populaire; sur l'oubli
du pass et la usion des curs ha-
tiens profondment endoloris; sur le
concours du Chef de l'Etat, quelque
soit sa nationalit.









- 20 -


Le Peuple Haitien devait pouvoir
computer, surtout, sur la fusion des
parties politiques et sur l'action com-
mune de tous les citoyens quelque
nuance, quelque couche social qu'
ils appartiennent.
C'est l l'expression de la devise que
nos Aeux avaient adopte et avaient
burine sur les armes de notre Rpu-
blique. Oui, c'est l'Union qui, seule,
est capable de nous donner cette Force
ncessaire pour conjurer tous les p-
rils, actuellement, menaants.
,ans elle, cette indislpensa!le fusion
qui s'impose plus que jamais, ce sera
encore, hlas le npotisme de Mr
Borno ; ce sera encore le Conseil d'E-
tat, ce sera toujours, come on l'a
dj dit : l'Occupation dans toute
sa beaut.
Maintenant que l'heure de la dli-
vrance s'annonce et s'approche et
qu e le Gouvernement du Prsident
COOLIDGE que tout le monde est d'ac-
cord presenter come un haut per-
sonnage humanitaire et gnreux,
s'appitoyant sur le sort des nations








-21 -


faibles et opprimes, nous semble
bien dispos la favoriser, c'est pour
nous le moment de rcapituler notre
recent pass, d'envisagei notre pr-
sent et de sonder notre avenir en
perspective, afin de pouvoir dire, sans
passion, ce qui a t fait depuis le
dbarquement des forces de l'Occu-
pation sur le Territoire de la Rpu-
blique d'Hati, ce qui continue se
fire en dehors des vues et sans le
consentement et la participation du
Peuple Hartien et ce que l'on doit
faire maintenant si, rellement, r'Oc.
cu.pution Amricaine s'tait immisce
dans nos affaires dans l'unique but -
de nous protger, de nous aider
-rtablir et maintenir la paix chez
nous et de nous acheminer dans la
voie logieuse de la civilisation et
dans celle conomique, finanrire,
agricole et industrielle qui nous con-
duirait surement et directement la
rorganisation, au bonheur et la
prosprit de notre cher Pays.












L'Occupation Amricaine
en Hati

Dans la grande plainte des peoples
fouls aux pieds, crass par les fa-
iouche.s conquistadors modernes, puis-
sent 1-s gmnissemenis des Hailiens-
mouvir la conscience universelle !
Henry de CIIAMBON.
Nos lecteurs savent dj parfaite-
ment que ce fut la faveur des v-
nements des mmorables journes
des 27 et 28 Juillet 1915 et tandis que
presque toute l'Europe se dbattait
dans les trances de la Guerre Mon
diale que les .Troupes Amricaines
s'empressrent de dbarquer en Hati
et de faire main-mise sur notre Pays -
depuis si longtemps envi- sous le
fallacieux )prctextc e vouloir nous
aider rtablir la paix chc,, nous et
defaciliter l'lection paisible d'un nou-
eveau Chef d'Etat.








' --23-


Le Pays qui, depuis si longtemps,
tait divis par l'ambition et les pas-
sions des parts politiques; qui venait
de subir tant de commotions succ- ;-
sives et qui, d'ailleurs, ne s'atteind it
nullement l'arrive insolite d'une
occupation militaire dans son sein,
ne s'opposa pas son dbarquement
qui eut lieu sans coup frir.
Cependant, son premier geste fut de
s'emparer de nos places, de nos for-
tifications et de les dtruire avec nos
armes et nos munitions.
Ce fut l, le premier grive attentat
la libert et la suprmatie d'une
nation depuis si longtemps reconnue
libre et indpendante par toutes les
Puissances du monde.
La population de Port-au-Prince, -
coula ces premiers jours dans une
trange anxit et une poignante d-
solation :









-24-

Les portes et les fentres taient
toujours mi-closes et les rues dsertes.
Quelques servantes inquites, seules,
par moments, traversaient les quar-
tiers en qute de provisions alimen-
taires.
Le ciel rest sombre, la verdure im-
mobile et ta terre more, semblaient
comptir nos douleurs. Ds le soir,
l'horizon qui se revtit d'une teinte
rougetre mle de brun, jetait ses
tristes reflects par les rues faiblement
claires et don't l'ensemble reprsen-
tait l'aspect effroyable des catacom-
bes.
La nuit venue, chacun s'enfona
dans son alcve, la loi martial ayant
t dj mise en vigueur. L'eniemi-
protecteur, seul, dambulait par les
rues en faisant rsonner le macadam
sous son lourd -sabot et en lanant
des god dam et des go awy qui fai-
saient frissonner nos bbs rveills
en sursaut.








- 25 -


Ce furent des heures vraiment com-
mmoratives qui nous rappelaient les
malheurs de nos voisins et compa-
gnons d'infortune de la Dominicanie
et des autres peuples qui, comme le
ntre, ont eu voir passer leur patrie
sous la domination trangre.
Nulle autre douleur n'y est compa-
rable : Ah j'ai vu mourir ma mre f
j'ai vu mourir mon pre j'ai vu mou-
rir de chers enfants j'ai pleur am-
rement et j'ai souri, quoique long-
temps aprs; mais, hlas depuis dix
longues annes, je n'ai jamais pu me
consoler la terrifiante pense de l'as-
servissement de notre chre Hati !
Chaque fois que je me rappelle
ces fatales heures avant lesquelles
j'aurais voulu la voir disparatre plu-
tt; et, surtout, a ce moment o j'-
cris cette page, des larmes abondan-
tes me viennent aux yeux.
Dieu, en parsemant la Terre de peu-







26 -

plades de diffrentes couleurs, de dif-
frentes forces et de diffrents ages,
n'avait pas dcrt la supriorit natu-
relle des unes sur les autres et- les
grades et explicites pages du Droit
International des gens sont venues,
plus tard, militr-r en faveur d'eux
tous ensemble, en leur assurant, d'une
faon gnrale, les mmes droits et
les nmmes prerogatives.
.l'en appelle a la pense de Lloyd
George dj applique en faveur de
noire cause par M. Henry de Cham-
bon : ,Le monde est fait pour le faible
come pour le fort; sinon, Dieu au-
rait-il permis l'existence des petites na-
tions ? Il n'y a pas dexH espces d'ind-
pendances: une espce d'indpendan-
ce pour une grande nation et une es-
pce infrieure d'indpendance pour
une petite nation.
Or, les souverains des grandes puis-
sances, en permettant une parties








-27--


de leur people de se ruer sur les pe-
tites nations en billonnant leur li-
bert et en dilapidant leurs revenues;
en cela, n'ont toujours fait que preuve
de lchet, d'inconscience, d'inhuma-
nit et d'gosme.
Pourtant, l'Histoire Universelle des
Peuples, de l'antiquit nos jours,
offre d'innombrables et de terrible
leons don't ils devaient profiter pour
rgner-avec sagesse en comptant avec
les Aleas de l'avenir et avec les sur-
prenants Mane, thecel, phars.
-Qui donc sait les prononcer ?
-L'Eternel est son nom: le monde est son ouvrage ;
Il extend les soupirs de l'humble qu'on outrage,
Juge tous les motels avec d'gales lois,
Et du haut de son trne interroge les rois.
BACINE.

Il est ncessaire qne je fasse, ici, une
halte dans cette soulageante descrip-
tion qui a dcharg mon cour et me
permit de revenir mon sujet.







-28 --


Aprs avoir dtruit brutalement
nos places, nos fortifications, nos ar-
mes et nos munitions, disais-je, les
chefs de l'Occupation avaient pris la
direction de toutes les affaires gn-
ralement quelconque du Pays et fai-
saient aller tout leur guise et au m-
pris de nos institutions et des lois qui
nous rgissent.
Quand il fallait retire le pays de ce
continue tat d'anarchie et d'lire le
nouveau Chef de l'Etat, l'minent pu-
blicistc et sociologue Rosalvo Bobo,
chef de la Rvolution d'alors, citoyen
de haute valeur et bien dsign par l'o-
pinion publique manifeste dans tou-
tes les couches sociales, se prsenta
la Capital pour prendre part aux
lections prsidentielles.
L'accueil favorable qui lui fut fait
ds son arrive au port o il fut vive-
ment acclam par la foule, le dcida
affirmer sa candidature et prendre








- 29 -


position dans la lutte; mais, devant
les impositions des dirigeants et des
-menes antipatriotiques de l'Assem-
ble Nationale d'alors, il dut protester
nergiqument et repousser toutes
les propositions de nature compro-
mettre les droits, les intrts et la li-
bert de la Collectivit.
Une nouvelle candidature surgit,
alors, du sein mme du Corps Lgis-
latif, se range si bien dans les bonnes
grces de l'Occupation q u'elle finit par
vincer celle de Mr Rosalvo Bobo, et,
le 12 Aot 1915, Mr Philippe Sudre
Dartiguenave fut lu Prsident de la
Rpublique d'Hati pour une priode
de sept annes.
Cela n'tait pas sans tonner le
.Peuple Haitien qui accept cette sur-
prise comme un fait. accompli, dsi-
reux de sortir de ces trances et de
voir cette Occupation se retire du sol
d'Hati,








-- 30 --


Au ritablissement de la paix et
l'installation complete du nouveau
government, loin d'ordonner le re-
trait des troupes amricaines, le gou-
vernement des Etats-Unis lui prsen-
ta un project de, Convention qui sou-
leva l'indignalion du Peuple.
Malgr les protestations imanes
de tous les points du Pays, cette Con-
vention, signecle 16 Septembre 1915,
fut ratifie par le Prsident d'Hati; et,
soumise la Chambre des Dputs et
au Snat de la Rpublique, elle fut
sanctionne les 6 Octobre et 11 No-
vembre 1915, en se rfrant au com-
mentaire interprtatif contenu dans
le rapport prsent la Chambre.
Cette loi de sanction a t transmise.
au gouvernement des Etats-Unis
pour tre sanctionne par le Congrs
Amricain,
Presss de nous engager dans cette
manvaise voie, les intresss, sans at-







" --31.-


tendre l'accomplissement "de cette for-
malit, firent accepter, de part et d'a"u-
tre, le 29 Novembre de la mme amle,
un modus )iviend (Ii ui mit provisoi-
rement en viueur cet instrument di-
plomatique sous la reserve de la pro-
cedure d'application exercer Was-
hingston centre !e Dpartement d'Etat
et la Commission Hatienne investie
du plein pouvoir du Gouvernement
Hatien.
Cette fameuse convention, impose
par la baonnette amricaine, sanc-
tionne le 28 Fvrier 1916, l'change
Jdes ratifications eut lieu le 3 Mai 1916.
Dans l'intervalle, une contestation
eut lieu entire le Pouvoir Excutif et
le Pouvoir Lgislatif lasuite de la;
quelle, le Prsident Dartiguenave, trs
prodigue eji coups-d'"tat, lana suc-
cessivement deux dcrts dictato-
riaux : le' premier pour la creation
du Conseil d'Etat, le second du 5 Avril
1916, prononant la dissolution de la








- 32 -


Chambre des Dputs el du Snat de
la Rpublique.
Le President Dartiguenave savait
parfaitement qu'en agissant ainsi, il
sortait de la lgalit; aussi, est-ce pour-
quoi, en homme politique avis, il eut
la precaution de faire ressortir dans
ce dcret le paragraphe suivant :
Considrant que l'actuelle Chambre
des Dputs est sortie d'une consulta-
tion populaire qui i'a investie direc-
tement du pouvoir constitutionnel etc.
Le People s'acharna contre cette.
measure attentatoire la Reprsenta-
tion Nationale et voulut savoir si
elle tait l'oeuvre de l'Occupation ou
du Gouvernement Haitien.
D'abord, il voulut s'en prendre
l'Occupation; mais quand, au course
des recherches minutieusement faites
par des intresss, une affluence de
documents officials tait venue nous
prouver que cette subtle combinaison








-33-


n'tait qued'initiative gouvernemen-
tale, nous savions, ds lors, sur qui
jeter la responsabilit d'avoir subite-
ment change notre systme parlemen-
taire.
Personne, jusqu' cette heure, n'a-
jamais dcouvert la source laquelle
le President Dartiguenave avait puis
le droit de dissoudre la Chambre des
Dputs et le Snat. En effet, ni dans
nos lois, ni dans nos moeurs po-
litiques, rien ne l'a jamais justifi, et
la Constitution de 1889, elle-mme,
loin d'tendre les attributions durPou-
voir Excutif, les a formellement li-
mites.
Quant au premier dcret crant le
Conseil d'Etat qui sige effrontment
jusqu' nos jours, il a toujours t d-
clar nul et non avenue.
La Chambre et le Snat, dissous
come nous'venons de l'expliquer,
.ont t remplacs par le Conseil d'E-
tat qui continue ratifier toutes les










vues, bones ou mauvai.es; du Pou-
voir Haliano-Amricain.
Le--Peuple Hatien continue a pro-
tester nergiquement par la voix de
la Presse, et, ce fut justemeut lorsqu'
on complota la rlection du Prsident
I)arliguenave ou l'lection de son suc-
cesseur par le Conseil d'Eiat que l'ide
de fonder Le RBpublicain nous vint.
Dans les premiers numros de ce
journal paru en Avril 1921, nous
nous empressmes de publier un ar-
ticle docui.enl contre la permanence
de ce Corps (article qu'on lira-tout--
l'heure) et trois autres en faveur du
retour des Chambres de 1914, c'est--
dire, de la 28e Lgislature.
En le faisant, nous pensions agir
dans le sens du bien public; car, ce
ne fut que dans un seul but : celui
de fire revive et de maintenir chez
nous la Reyrsentation Nationale de-
puis lors tant sollicite parle Peuple
Hatien; mais, comme l'aversion tou-









.- O5 --

jours professe contre toti ceux qui
composaient l'Assemble Nationale
d'alors n'a jamnis t, un seul instant,
appaise, nos dmarches devinrent de
plus en plus -impopulaires.
Dcourags de 'avoir pas t com-
pris et d'avoir t combattus par
ceux-l mme don't nous dfendions
lesintrts, nous primes la resolution
de rentrer Le Rpublicain et de d-
poser notre plume pour la reprendre
en temps oppportun.














Le Conseil d'Elat.

L'orsqu'en 1844, ' !a suite d'une
conjuration politique, Charles Hrard ai-
n, dit Rivire, se vit oblig d'aban-
donner le pouvoir supreme, la Constitu-
tion dite de 1843, en vertu de laquelle
eut lieu son election la prsidence fut
mise de ct. Elle n'tait, pourtant, pas
sans avoir pos, dans ses dispositions g-
nrales, les rgles qui permettaient de
lui donner un successeur normalement.
Mais les ides de l'poque n'taient pas-
assez large pour comprendre toute l'im-
portance d'une election dans les condi-
tions prvues par ce pacte fondamen-
tal.
Une assemble rvolutionnaire se cons-
titua donc au Cap-Haitien sous le titre
de Conseil d'Etat et investit le Gnral
Philippe Guerrier de la Premire Ma.
gistrature de l'Etat.
Tout le Pays dut aocepter le fait ac-
compli.










C'tait, certainement, sage.-On arr-
tait ainsi l'effusion du sang hatien.
Il fallait esprer, cependant, qu'on se-
rait revenue, ap course de la prsidence du
vnrable vieillard (Guerrier avait plus
de quatre-vingt ans), aux formes parle-
mentaires qui devaient assurer ce mal-
heureux Pays une march glorieuse vers
une orientation nouvelle.
Malheureusement, les esprancesfurent
trompes, et l'on. vit deux coups d'Etat
successifs appeler la tte du Pays,
Pierrot d'abord, puis RichI. Celui-ci
-comprit bien son rle, et, ds son av-
nement, remit, en vigueur la' onstitu-
tion de 1816 revise en 1846. Ds lors,
on entrait de plein pied dans les voies
rgulires et'lTavenir national part bril-
laxzt sous la sage administration du vieux
vtran des guerres de l'Indpendance,
Il mourtt l'aune suivaute et Faus-
tin Soulouque reut sa succession du
Snat d'alors. Les traditions du Gou-
vernement Reprsentatif furent conti-
nues, et, malgr que Soulouque accep-
ta, peu de .tem-ps aprs, le sceptre im-










prial, ces traditions se conservrent,
qucique modifies, selon que la monar-
chie voulut qu'elles fussent.
Ce regime s'croula en 185, sous lin-
fluence des ides rpublicaines,et depuis,
jusqu'en 1915, on resta attach aux prin.
cipes de la Reprsentation Nationale.
Or, le Conseil d'Etat na jamais t
que l'inspiration d'un moment, la suite
d'une crise rvolutionnaire pour passer
sans coup frir, d'un tat de choses un
autre, en vue de "donner satisfaction aux
populations de l'Est,, don't le soulve-
ment aussitt la chute du Prsident
Boyer exprimait leur mcontentement,
confier la conduite des affaires un
corps dlibrant.
Aucune de nos Constitutions, au reste
n'a eu en consacrer le principle et.
dfrer'en sa faveur des prrogatives
que l'meuteseule lui attribuait.
Nous ne savons mme pas s'il faut
admettre que le Conseil d'Etat fut une
institution phmre.
Mais les circonstances ont vu qu'il
reparut dans nos mours et qu'il eut








39

exercer des attributions politiques pa- .r-
reilies cells don't il eut l'exercice
en 1845. Y--.
En cette annne l, il tait une n.
cessit que le movement opr au
nom du people souverain lui avait re-
connu, parcequ'il fallait alors prvenir
les calamits sans nombre que suscite-
rait une anarchie trop prolonge. On tait
encore trop prs de 1843 don't le
movement mancipateur mettait les es-
prits en effervescence continuelles, t-
moin le movement des passions en 1841.
On a donc t d'accord qu'il devint
Corps dlibrant et qu'il eut les prro-
gatives rgulires disparues, d'ailleurs,
avec la fin du Gouvernement de Rivire
Hrard.
Il fallait sortir d'une impasse. Le Con-
seil d'Etat eut alors la, mission d'en
frayer les voies.
De nos jours, doit-il en tre de mme ?
Il n'y a pas de doute que no f..
Les Chambres dissoutes sous la pres-
1










sion qu'on sait, par un dcrt en viola-
lation de la Constitution de 1889 devaiept
tre rformes immdiatement
Comprend-on assez qu'au lieu de re-
demander de nouveaux mendataires au
peuple, on eut recourir au Conseil d'E-
tat don't les membres sont exclusive-
ment la nomination du Pouvoir Exe-
cutif.
Ainsi constitu, ce Corps n'a pas les
caractres qu'il faut pour exercer la puis-
sance legislative.
Son insuthsance a t si bien com-
prise par nos dirigeants qu'ils ont trou-
v le moyen de nous imposer, par la
force de la baonnette amricaine, la
Constitution de la fameuse journe du
12 Juin 1918 pour lgitimer ses droit.
et lui confrer des prrogatives.
C'est ainsi que nous l'avons vu, sou-
dain, s'riger en Parlement Hatien et
lgifrer comme tel.
Et, n'est-pas parce qu'il jouit de cette
facult qu'il a pu, par dcrt, modifier
les lois, voter les emprunts, arrter les
Comptes Gnraux et voter le budjt an-
nuel.










Tout cela dans ses attributions, if r
sume donc Chambre et Snat.
Or, si l'on ne se dcide rappeler au-
cune des Chambres dissoutes, si en 1922
l'on n'a recourse aux lections lgislati-
ves, l'on se trouvera, certainement, dans
l'impossibilit d'lire le successeur de
M.Dartiguenave par l'Assemble Natio-
nale.
La Constitution Franklin Roosevelt
don't l'Excutif a t le premier viola-
-teur, restera la loi Mre qu'il faudra
invoquer, et alors, l'accomplipsement de
cette mission si delicate cherra au Con
seil d'Etat.
Voil le coup d'Etat don't on a tant
parl et que la rumeur publique dnon-
a au pays entier,
Non, il ne doit pas en tre ainsi l'heure
actuelle, surtout, o l'espoir du peu-
ple IHatien est dans la reconstitution
d'un gouvernement conforme ses lgi-
tims aspirations.
Non, non, le Pouvoir de demain ne










sera pas constitu comme au temp ja-
dis.
Incontestablement, la paix rgne dans
toute l'tendue de la Rpublique; et,
c'est l'ombre de cette paix et avec
le concours des amis de Washingston
que le Peuple Hatien dsire ardemment
reprendre le libre jeu de ses institu-
tions pour redonner au Pays des Cham-
bres lgislatives et une Constitution qui
lui soit propre.
C'est l'ombre cette paix, redisons-
nous, que nous voulons faucher soigneu
segment l'ivraie que nos dirigeants, dans
le pass et dans le present, ont laiss
crotre sur le sol de la Patrie et semer
une nouvelle bonne semaille pour nos
vieux jours et pour la postrit qui doit
nous succder un jour et laquelle nous
demons tout.
Arrire donc les incapables, les anti-
patriotes, les tars, le Pouvoir Suprme
de demain, devant tre aux plus sages
et aux plus mritacts.
Ah oui, l'on doit aimer sa Patrie !








-.. 43 --


Haiti est notre Patrie, aimons-la donc
de toute la force de notre me; aimons-la
chaque -jour davantage.
Prparons-la, reconstituons-la, sauvons
la, afin qu'elle reparaisse, bientt, belle
et prospre aux yeux mme de ses d-
tracteurs.
Car, La Patrie, dit Paul Bourde,-est
le lieu qui nous runit aux hommes de
notre race. ceux du pass et du pr-
sent comme ceux de l'avenir. C'est un
champs toujours en semaille et en mois-
sons. Nous moissonnons les semailles de
nos anctres et nous semons la moisson
de nos hritiers
D. F Bernard










Malgr l'Opposition si vaillamment
soutenue par Le Courrier Hatien,
La Poste. Le Nouyelliste, L Temps,
L'Opinion4/ h,idu Cap et Le R-
veil des Cayes; malgr les dolances
du Peuple Haitien reprsent par l'U-
nion Patriotique auprs des Gouver-
nements des Prsidents Wilson et Har-
ding; malgr l'intervention, en notre
faveur, des Presses franaise, anglaise
et amricaine elle-mme; malgr, en-
fin; la defense de notre Cause faite
.par un minent Franais et le con-
cours de quelques bons citoyens Am-
ricains eux-mmes au noble coeur et
rellement soucieux du bon renom
de la Nation Amricaine et de l'hon-
neur de son drapeau, le status quo fut
maintenu en Haiti et le Gouvernement
du President Dartiguenave allait son
bon train et se maintenait aussi ill
galement qu'il s'tait constitu: par
des coups d'Etat.








-45 -


Vers la fin de son mandate, le Pr-
sident Darliguenave aurait pu se ra-
cheter dans l'opinion publique et
dans l'estime de ses concitoyens
qui ne lui pardonnent, avec raison,
d'avoir sacrifi les institutions libres
d'une Dmocratie si chrement ac-
quise en 1803 au prix du sang de nos
Aeux et de nous avoir riv -pour,
seulement, assurer la stability de son
gouvernement et le vote de toutes les
vues du Pouvoir Haitiano-Amricain,-
cette louche plIade qu'cst le Conseil
d'Etat qui, tt ou tard, rendra compete
de sa h6ftteuse culpabilit la post-
rit; car, rien ne dure ternellement.
Oui t oui !! oui !!! Haiti sera encore,
et avant longtemps, libre et indpen-
dante.
C'est ce redevenir trs rconfortant
pour nous qui trouble le sommeil de
ses ennemis ingrats.
Ce jour, uri beau soleil reluira








-46-


come celui du ler Janvier 1804 pour
announcer, avec le bronze, une nou-
velle re notre horizon politique,
et les Haitiens, en liesse, iront en foule,
aux pieds de Dessalines, glorifier les
Hros de leur nouvelle Indpendance;
au Martyrologe Moderne, inscrire les
glorieux noms des victims de la Cause
National; et, au pilori de notre His-
toire Contemporaine, excrer ceux des
Conseillers d'Etat et des autres cou-
pables de cet antipatriotisme.

En 1921, si le Prsident Dartigue-
nave, ne pensant qu'au bonheur et
l'avenir de son Pays, avait dcrt les
elections lgislatives qui devaient
avoir lieu en Janvier 1922, nous au-
rions eu la Chambre des Dputs et
le Snat. Runis en Assemble Natio-
nale, ils n'auraient pas lu Mr Borno,
sa nationalit franaise, ayant t net-
tement, juridiquement explique et
prouve au course d'une intressante







-- 47 --


polmique engage entire lui et un
autre candidate la Prsidence.
Loin de le faire, laiss libre dans
son choix par Washingston, le Prsi-
dent Dartiguenave opta en faveur du
maintien du Conseil d'Etat et fit publier
une proclamation-au Peuple Haitien
dans laquelle il laissa entrevoir la n-
cessit de sa rlection ou l'lection
d'un autre lui-mme.
Cette declaration fit naitre subite-
ment la candidature de Mr Louis Bor-
no qui s'ourdissait dans l'ombre et
dans les coulisses des Officiels du Trai
t pour assurer la continuation du G.
D. H. ( gaspillage d'Haiti. )
D'autres candidatures s'affirmrent
aussi cette poque. Mme les plus
inadmissibles, quant l'heure, et les
plus drisoires tenaient mordicus jus-
qu'aux jours des lections o, influen-
cs par la menaante baonnette am-
ricaine et gagns pour quelques mis-
rables et luisantes pieces d'or jetes








48

dans leur haquias les Conseillers
d'Etat, aprs avoir maniganc l'vin-
cement des uns et l'effacement des au-
tres, nommrent le citoyen franais
Joseph Louis Borno president de la
Rpublique d'Haiti pour une priode
de quatre annes, et ce, en dpil des
lois civiles et consiitutionnelles qui
nous rgissent.













Aprs avoir parl de l'un, passons
a l'autre et avouons, ds maintenant,
que le rgne du Prsident LUN fut
meilleur celui du Prsident LAUTRE



Aprs avoir subi pendant sept an-
nes le gouvernement du Prsident
Dartiguenave impos par la soldates-
que amricaine laquelle fut trop
honteusement soumise l'Assemble
National d'alors don't le chtiment
vengeur n'tait pas loin, la Nation
s'tait vue encore. oblige d'accepter
celui du CITOYEN FRANCAIS Joseph
Louis Borno nomm, comme on le
sait, clandestinement par le Conseil
d'Etat.









-- 50 -


Ce second forfait politique accom-
pli, malgr tout, et, plus d'un titre,
le Pays se croyait en droit de comp-
ter sur la gratitude de Mr Borno pour,
non seulement cooprer avec ]nous
dans le sens de la rvendication des
droits et des intrts lss de la Col-
lectivit, mais aussi, pour nous aider
parvenir la complete solution de nos
entraves politiques et internationales,
les mains qui nouent, tant les plus ha-
biles dnouer.
Mais, peu aprs l'installation de ce
gouvernement, le Peuple Haitien n'a
pu s'empcher de s'crier presqu'una-
nimement :
Aprs l'Agsilas,
Hlas !
Mais aprs l'Attila,
Hola !
En effet, aucun gouvernement n'a
jamais t aussi impopulaire, aussi
' indsirable" que celui de Mr. Borno.







- 51 -


Aucun gouvernement n'a jamais t,
envers le Pays et envers nos concito-
yens et nos concitoyennes, aussi insi-
dieux, aussi antipatriotique, aussi iL.
grat, aussi crimin l. .... ....
C'est pourquoi, loin d'avoir la nouvelle
dition tant rcve de. cette flagrant
inconstitutionnalit pour la russite de
laquelle, depuis quelques mois, on tait
infatigablement flche de tous bois, ce
machiavelisme sera dtrn le 12
Avril prochain, date si impatiemment
attendue par le Pays entier; car, a
dit un clbre politician Anglais : 11
n'y a d'ide sublime en politique que
celle qui porte ses fruits ; toute ide
qui avorte est faible et aride .
Ce jour, tandis que le canon natio-
nal annoncera la chute du Npotisme
et le retour de la Rpublique, au sein
mme de la Chambre, les frmissants
applaudissements ritrs de la. foule
applaudiront l'avnement constitution-
neldu PUR-SANG de l'Indigne don't







- 52 -


parle la Constitution Hatienne ! ..
Celui-ci, sorti du sein du Peuple et
lu par les Reprsentants du Peuple,
ne sera pas, lui. le chef d'un petit grou-
pe malfaisant : il sera tout naturelle-
ment un vrai Chef d'Etat Hatien, c'est-
-dire, le Chef de tous les Hatiens en
gnral, quelque nuance, quelque
couche social qu'ils appartiennent!
En ludant bien des faits pour ne
clamer que les vrits les plus cin-
glantes, les plus incontestables, nous
ne voulons pas trop nous attarder
sur ce rgne qui n'ose computer aucun
bienfait son actif et don't l'Histoire
de remain ne pourra parler qu'en ces
terms :
Sous le rgne insolite du Clbre
Jurisconsulte, du Diplomate de Dix
ans, (sic) l'emprunt et les taxes inter-
nes ont t vots, les lois foules aux
pieds, une parties de la justice ren-









-53 -


due. sa complice, la libert de la
Presse baillonne, les crivains poli-
tiques et les journalists, perscuts,
martyriss et jets, sans piti, dans
les sombres cachots de la prison de
cette ville et ailleurs; des lois arbi-
traires contre les intrts des natio-
naux et contre l'exercice de leuis
droits civils et politiques, forges etc.
et toujours dans le sens du pire.
Elle dira, surtout, que Mr Borno,
aprs avoir largement contribu aux
malheurs.de ce pauvre Pays, l'a retenu
dans les series de l'Occupation Am-
ricaine et sous le regime du Conseil
d'tat rien que pour pouvoir mani-
gancer sa renomination.
Elle dira, enfin, que Mr Borno has-
sait les Hatiens et leur Pays auquel il
doit tout, depuis sa naissance, jusqu'
l'heure actuelle o il lui a faith con-
naitre et savourer les honneurs et les











dlices de la prsidence auxquels il
n'avait aucun droit.
Nous esprons donc que l'Histoire
de demain n'aura pas dire qu'il a
t renomm; car, le Pays entier pro-
teste !!


La mansongre Circulaire aux Pr-
fets d'Arrondissements, parue dans le
Moniteur Officiel du 8 Octobre der-
nier, est la preuve la plus palpable, la
plus ptillante de l'ingratitude et de
la malignit du Pouvoir Excutif; car,
elle constitute les injures les plus gra-
ves gratuitement faites au Peuple
Haitie n.
Son auteur,- qui n'a pu trouver que
ce seul moyen de se venger contre
le Pays don't les vaillantes populations
ont cru devoir protester nergique-
ment centre sa rlection,- vient d'aug.
center le nombre des dtracteurs









- 55 -


passionns de notre Pays et de notre
Race.
Oui, ces ingrats exotiques, c'est leur
seule faon, eux, de dire merci
notre Pays toujours convoit et don't
le sol hospitalier leur a toujours t
nme trop propice.
Envieux et intriguants, ils se sont
toujours adroitement mls toutes
nos affaires politiques, toutes nos
insurrections, en nous prtant leurs
contours les plus actifs, afin de pa-
raitre et reparaitre sous tous lesgou-
vernements, tantt come Chargs-
d'Affaires, tantt comme Ministre des
Relations Extrieures, tantot comme
persona grata.
Oui, c'est ainsi qu'aprs avoir faci-
lit nos achats d'armes et de muni-
tions l'tranger et leur dbarque-
ment chez nous; aprs nous avoir ai-
ds, de longue main, prparer,











inaugurer et mener tells fins nos
guerres civiles, i!s viennent aujour-
d'hui, oubliant tout, dclarer ouver-
tement que nous sommes des igno-
rants, des barbares et des brigands.
Cependant, si l'on ramne ces inju-
rieuses pithles au syllogisme, on
verra, aisment, qu'elles s'adressent
nous tous, et, d'autant plus, A celui
de qui elles nous sont venues; car, en
ralit, un Chef d'Etat n'est que le
premier parmi ses gaux.
Il a, en partake, leurs dfauts et
leurs vertus; leur bonnes et leurs
mauvaises tendances ; enfin, leur
mentalit. il les aura ternellement,
puisqu'il les a eus essentiellement:
il a pris naissance, il a grand, il a
vcu parmi eux. Il a constamment
pris une part trs active leurs rpr-
hensibles comme leur louables ac-
tions.
Il en est. donc un fidle chan-
tillon ! !


-- 5,6 --













La Conduite de l'Occupation
Amricaine en Haiti


Quant l'Occupation Amricaine
qui n'tait venue, disait-elle, que dans
l'unique but de nous aider rtablir
la paix et de nous faciliter l'lection
paisible d'un nouveau Chef d'Etat, elle
est encore chez nous, suant le sang
de la Rpublique.
Pour mieux le faire, elle a impitoya-
blement jet sur le pav nos concito-
yens et nos concitoyennes en les li-
vrant au brouet noir des Spartiates sans
Jamais penser leur procurer aucun
autre moyen de travailler.
C'est bien pour nous le moment de
ritrer nos compliments et nos plus









vifs remerciements. en la Patrie, a la
Mainuifaure Hii1ieinnxe (de Tabac (le
l'inf;iligable Pantaloi Guilbad(it, a "La
Nationale '- L, I:',co el a la Phar-
macie W. BCUiI qui avaient voulu
les recueillir avee bont et les garder
jus(u' ce jour et cle porter la con-
naissance (lu Gouvernement des Eitats-
Unis que sans i'assistancc de ces sus-
dits *Etablissements, la nudit, ta soif
et la faim, ce cortge de misres
inieniionelleineni, inhluma in:'ement d-
chain centre nous, aurail dej: e mpor-
t la Familie Hatienne au mpris de
nos dirigeants qui en piimeraient de
joie.
Que doivent en dire les autres Peu-
ples de la Terre en apprenant cette
drle de faon de secourir et de pro-
tger une nation faible et I'indilca-
tesse avec laquelle une parties des ha-
bitants d'un Pays aussi extrmement
riche que les Etats-Unis ont consent
s'attrouper en une migration ve-


-58-








-- 59 --


nue, au nom de son Gouvernemen t, se
fire lesnfelii!e d'un Pays comparati-
vement si pauvr: e qe le notre ?
Nous devons !a vrit de dire qu'a-
.prs le depart de l'Occupalion Amrica-
ine, nOitus penens a ee pour les bien-
faits qu'elle pcul, Clle-mCme, computer a
soln actif: le maintien de la paix, le
paien-ent regiier des appointments
le service d'Hygine, celui de l'HCpi-
tai M~iitaire et l'entretien des rues et
des rules publiques.
Ces bienfaits, quoique rellement
so I aieil, ne peivent aucunement jus-
tifier la ncessilt du maintien de l'Oc-
cuLpation qui a, partout aiiieurs, viol
les clauses nous a, elle mme, labore et impose
par la force de la b ionnelle amricaine.
La ralisation de ces bienfaits a t,
d'ailleurs, absolument lucrative aux
Officials du' Trait et indispensable
au sjour dle l'Occupation en Hati,







-60-


L Occupation Amricaine n'a obser-
v aucun des points des dsidrata du
Peuple Hatien ainsi rsums le 23 No-
vembre 1921 par le Prsident de la R-
publique des Etats-Unis aux Reprsen-
tants de la Presse Amricaine:
lo Loyale et cordiale cooperation
par la Convention de 1915 intgrale-
ment assure.
2o Le maintien de la paix dans le pays
par l'organisation d'une force natio-
nale capable d'assurer la protection des
personnel et des proprits, le respect
des droits des citoyens.
30 Interdiction aux Chefs des forces
militaires don't la presence peut tre
juge ncessaire en Haiti, d'intervenir
dans les affaires administrative et ju-
diciaires du pays. Aucune jurisdiction
exceptionnelle ne doit tre tallie par
eux pour juger les citoyens Haitiens.
4o Attributions bien dfinies des Offi-
ciels du Trait et qu'il ne leur soit pas








-61-


Jci i )s (' vti rappeVs s;r ; h, ( n:, du ou-
verne nrent.
50 O ligation pour le ministry Amri-
cain -:e rester dans la limited de ses
fonctions diplomatiqu~es et defense de
venir en aide aux Officiels du Trai-
t dans leurs conflicts avec le Gouver-
neml ni.
60 [on par les tats-Unis de l'aide
effic ce quils ontsolennellement pro-
mlise pour le dveloppement de 1'Agri-
cultU re, de l'Industrie, de l'Instruction
Pub! que et l'Ctablissement des Finan-
ces '.iitienie sur une base solide et
durable .
E! courags pir ces dclarations of-
ficie lemen t faites et trs rconfortan-
les I our Hati, la Ligne de ses amis
Nei -York redoublait ses dmarches
et le journal "The Nation" se fit l'cho
de ces processes don't peu aprs, fu-
rent touches les Presses Franaises et







-62-


Anglaises qui entreprirent aussi la
defense de notre cause.
Entre autres passages saillants de
notre defense prodite par les Rpu-
blicains de New-York, eux-mmes, des
amis de notre Pays et de notre Race,
nous extrayons le suivant:
Les Haitiens se rjouissent de ce
que leur cause soit, enfin, arrive de-
vant le Peuple Amricain et devant le
monde. The Nation, est fire d'tre
arrive ce rsultat. Mais la publici-
t n'a de valeur pour l'Haitien que com-
me un premier pas vers leur Indpen-
dance que l'Amrique a pour devoir
solennel de garantir effectivement
pour toujours, comme un gage de no-
tre bonne foi et un ddommagement
partiel de notre lche aggression. Les
Etats Unis doivent se retire d'Haiti le
plus tt possible: en attendant, il est
de notre clair devoir de rparer le
dommage caus,d'indemniser les inno-
centes victims de notre coupable bru-








-63-


talit, d'aider tablir le Gouverne
ment que nous avons dmoli et de
restaurer la structure coroinique et
financire du Pays .
Voici qu>clques iitressants frag-
ments de la dfens de notre cause
faites en plusieurs fois par le savant
et minent Francais Mr. HenrU de
Chambon, Directeur de La Revue Parle-
mentaire de Paris. (1)

...... La France, hiersoldat de Dieu
aujourd'hui, soldat de l'humanit, est tou-
jours au service de Droit et de la Jus-
tier.
La. Rpub'ique d'Haiti rclame aujour-
d hui le Droit et la Justice, A ces cts,
nous devons dfendre ses idaux ter-
nels. N'oublions pas que lile d'Haiti. tout
au moins dans sa parties occidentale, fut,
de 3697 1803, une colonie franaise;
qu'elle n'a jamais cess de tmoigner la
plus grande affection pour l'ancienne me-

c i Cette lihureaue pense est de MVr. Clmenceau.










-64-


re-patrie et qu'un grand crivain a pu dire
qu'elle tait la fille aine de la France.
La Rvolutibn de 89 ne fut, nulle part;
accueillie avec plus d'enthousiasme, les
reprsentants du people Polverel et ian-
tonax aidrent les insurgs, l'Assemble
National proclama, le 4 Fvrier 1794,
l'mancipation des Noirs et le gnral
Lavaux, la tte des troupes frani-;ses,
combattit avec les noirs contre les An-
glais et les Fspagnols : souvenir d un
pass bien lointain, mais qui a laiss des
traces inffaables.
Ces Noirs d'Haiti. ne sont-ils pas venus
de l'Afrique ancestrale, de cette Afri-
que aujourd'hui franaise, don't les en-
lants ont si vaillamment combattu, au
cunrs de la grande guerre, -ous les plis
du drapeau aux trois couleurs. Le sang
qui couple dans les veines des Haitiens
est, pour une large part, du sang fran-,
ais ; la langue, les noms, les ides, les
traditions, les aspirations : tout est fran-
ais dans la grande le des Antilles. Il
dpend de nous, qu'au point de vue co-








-65-


nomiqpie, intellectual et moral, la pre-
mire ptlae appartieat la France.
Pohr cela, que fntut-il fire ? Ailer le
Pepele Haitien reeaavrer s pleine et
entire, indpendance. Nous .le penvons
si noas, sommes soucieux de notre bon
renomi de champions du Droit, nojs le
devons si nous avons la lgitime proc-
cupation de sauvegarder nos intrts.
Hypiotiss par le souci de ,nos diffi-
cutts' europennes, nous perdons trop
souyent de vue ca qui se passe par-del
les tastes ocans, et p urbant une poli-
tiquehabile est celle qui sait voir grand et
loi~.:C'est ce qui fait la force et la gran-
deidde la politique anglaise. Bies sot-
vet,j'ai demand nos dirigeants de
no. taire- une politique trangre digne
de iotr'e grand pays et conform nos"
traditions librales et dmocratiques.
C est. pour cela que depuis; deux ans,
j'ai inlassablement plaid la cause des
nationalits opprimes et mconnues.
Cette fois encore, j'le la voix en fa-
veur d'Haiti, esprant tre entendu.











-. K Les Etats Unis. ne respetent
pas le trait qu'ils on impos par la
force des ar:nes, Depuis la presence des
Amricains du Nord en Haiti, la loi
mar-iale est en vigueur. Pour un rien,
un haitien est lchement tu. Le gn-
ral Barnett a lui-mie publiquement re,.
connu que depuis l Occupation Amri-
caine p!us de 4.000 ilaitiens inoffensifs
avaient t assassins. Les Amricains
ont ressuscit les pires supplies que
l'an croyait dfinitivement relgus dans
les plus maivais souvenirs d u M oen-
Age. Il seimble que renouvelant les m-
thodes emploves par les Espagnols lors de.
la dcouverte par eux de l'ile nomme
Hispaniolta par Chris'ophe Colomb et
don't le rsultat fut la disparition com-
plte de la tribu des Carabes, premiers
possesseurs de l'ile, en moins de qua-
rante ans et malgr qu'ils furent plus
d'un million, les Amricains du Nord, en
proie je ne sais quel prurit bestial
aient pris 'tache d'an'antif'la race hai-
tierine toit ientire.


- 66:-








- 67 ,


Pour si pnible q'ten soit l'aveu:, il
f .ut dnoncer au mot de civilii, le
atroeits comimises en Haiti par' la'sot-
datesque anricaine.
La conduit des trou'pes atiri-
caines en Haiti a soulev la r )roba.
tion du part rpublicain et le Prsidenrt
Hilrding a fait de la. question ';h;itieie.
une des plates-formes de sa carapagrit
lectora'l. Il a dmoutr6 la, cofrai~ig.
titn. q.ui xistait ent1e les :quatoi z. pro.
positions de Mr Wilson et 1 o.ccupai G t
d'Haiti q9i esstc res4e, cSOtraire 8 la
constitution amrieaine,
, .- a ; question de cruaut,eu 'Hai-
ti s'est pose mme en Angleterre et le
speaker de la, Chambre des Communes
demandait le 17 Novembre dernier si la
Grande-Bretagne avait protest&- conre
ces agisseinents': Cil tHarmnsworth,
Sous-Secrtaire aux affairs tralngtes,
a "TFpiiqu qu'il tait. 'a eourpntl !.d9
1'Dllgation d'aprs- 1aqu ltee ;u n; grndni
unombre d'Haitiens ont t ,u<~.











Cesgnreuses defenses qui me dis-
pensent::de dire beaucoup de choses
moi-mme, prouvent que nos g&inis :-
meuts ont t loin, bien loin et que,
partou.lailleurs, aux Etats-Unis mime,
il y -a des homes au c vur bu-
main, grand et noble qui compatis-
sent ns malheurs et qui sont dci-
ds'de nous suivre, de nous seconder
jusqiiau ftiomphe final de notre cau.,e
sacre.
Seuls, le Gouvernement de Mr. Bor-
n;) ct.lesOfficiels du Trait nous re-
tien en.t dans cette honteuse humilia-
tion.
:Le lays en sortira bientt,j'en ai la
ferme cenvicti( n.
11 en sortira quand mme, pnurva
que les rles ne soient intervertis!
'Oui,: quand ces habiles escamoteurs
dc 'lpouvoir, ces jouisseurs insatiable,
ces violateurs de Constitution et du
droit International des gens, ces for-


- 8 -









. 69


geurs de lois liberticides et arbitraires
puisqu'il faut les appeler par tous
leurs noms, quand ils auront reu des
ordres suprieurs de Washingston, ils
seront obliges de dcrter les elections
lgislatives. Ce sera, alors, le triomphe
de notre Cause, tout le reste ne d-
pendant que de ce premier pas.
Le Peuple Haitien touffe, s'tiole.
Il a grand besoin de respirer. C'est,
pourquoi, il demand, grands cris
la restauration et la liberation de son
Pays; la reprise de ses institutions par-
lemen!aires et lit rales, l'lection
constitutionnelle d'un Prsident choisi
dans son propre sein.
Ainsi reprsent, le Peuple Hatien
obra, volontiers, son Chef et la paix
la plus profonde rgnera en Haiti.
Ce Chef, lui-mme, viendra avec des
ides nouvelles et dmocratiques ma-
nifestes dans un programme confor-
me nos lgitimes aspirations.et don't








70 -.


les points seront librement discuts
pour assurer le maintien de la paix in'.
trieure, le rgne de la Justice, la scu-.
rit des rgnicoles et des trangers ain-
si que de leurs intrts, le relvement
et le perfectionnement de l'Agriculture;
encouragement de l'Industrie Natio-
nale sous toutes ses forces don'tt les
principles sont encore innover, une
attention spciale f'Instruction Pu-
blique, maintenant trs nglige et
toujours mal salarie; enfin, l'tablis-
ment de nos Finances sur des-bases
slides et durables.
Ce sont l des conditions, des l.
ments asolument indispensables la
reconstitution et la vitalit d'un Etat
libre et indpendant e avec lesquels,
Hati cheminera certainement et pai-
siblement dans la voie glorieuse, !o-
gieuse du progrs et de la civilisation,
et, come CuBB, elle ve-rra bientt re-
luire son toile ...









-71-


Washingston peut ordonner de d-
crter les elections lgislatives et or-.
donner, eh mime temps, de revenir
sur les dispositions des lois y relati-
ves c)mme, du reste, le Pouvoir Ex-.
cutif se ;t dj arnus le faire pour
paralyserr l'accs et le vote des lec-
tions.
Voii les desiderata, les volonts et
les resolutions du pauvre Peuple Ha-
tien aprs les rudes et trop longues
preuves qu'il vient de subir.
Ces volonts ont dj t publique-
ment mises, j'en appelle aux inscrip-
tions des pencartes de la manifesta-
tion populaire de 1t l'anniversaire
du Drapeau Hatien; aux protesta-
tions rgulirement manes de tous
les points de la Rpublique et aux
resolutions prises par le recent Con.
grs Nationaliste des Gonaives.
J'espre qu'elles resteront, avec
les autres assertions dj avances;-








- 72-


la preuve la plus irrtutable de tout
le contenu de cet ouvrage, que je ne
crains nullement de signer en toutes
lettres et don't, seul, absolument seul,
j assume la responsabilit tant com-
me auteur que come imprimeur.
Je sais parfaitement qu'il plaira
la foule come il dplaira i quel-
ques uns qui ne voudront, peut-tre,
me pardonner d'y avoir mme pen-
s; mais, je demeure ferme et inbran-
lable quand je place mna scurit per-
sonnelle et celle de ma la.nille sous
la protection bienveillante et toute
humanitaire de La -ocit des Nations
et sous celle de l'autorit du Congrs
Amriain et du Grand Citoyen qui
prside actuellement aux destines
de la Nation Amricaine,je nomme le
President COOLIDGE qui j'ai eu
l'insigne honneur de consacrer la pr-
miere place dans les ddieaces de ce
rquisitoire que, seul, mon patriots.









- 73 -


me m'a inspir pour demander, sans
dlai, au nom du Peuple Haitien, la
dsoccupation, la restauration d'Haiti
et la reprise de ses institutions lib-
rales.

Que Dieu bnisse mes patriotiques
dmarches !!!..
Dominiique F.-BERNARD,
Iinpiimeur-Publiciste.


wC^^5I"T









Sommaire de cet Ouvrage


Pages
Ddicaces ...... .... ........ ...... 1 4
Avant-Propos de l'auteur :-
A traders l'Indpendance des lals Unis, 1776 et
de celle d'Hati, 1804 .. .. ....... ..... ... 5 13
Capiis-La-Mort Verlires.
Posie de Ju!es Rosemond ...... ......... 14
L'Exercice du Pouvoir Actuel'- ........ ... 15 21
L'Occupation Amricaine en Hati et Gouverne-
ment de Mr. Sudre Darliguenave ..... ..... 22 35
Le Conseil d'Elat .35 43
Suite du Gouvernement de Mr. Sudre Darligienave 44 48
Le Gouvernement de Mr. Borno ........ ....... 49 a 5-4
A apropos de la Circulaire concernant les elections
lislatives..... ................ .. 5
La Conduite de l'Occupation Amricaine en Hati 57 68
Les Dsidrala. les Volonts et les Leitimnes
Aspirations du Peuple Hatien ... .......... 69 73

Ouvrages du mme Auteur
Pour paraitre successivement

LA DOCTRINE MONROE, sa fausse
conception et sar mauvaise appli-
cation par les Etats-Unis d'Amrique.
1 vol-in-8 ....... G 3. 00
LES IMPOTS, LE TRAVAIL, LE
PEUPLEet LE GOUVERNEMENT.
1 vol-in-8 ...... 3.00
HAITI: Dans le Pass, dans le Pr-
sent t dans l'Avenir. cConfrences>
1 vol-in-8. .. . 3. 00
L'EXERCICE DES TROIS GRANDS
POUVOIRS DE L'ETAT dans une
Dmocratie Reprsentative


1 vol-in 8 .... .. .


3. 00




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