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HIDE
 Front Cover
 Errata
 Title Page
 Dedication
 Preface
 Monographie du bel-air d'autre...
 Cinquantenaire de la fondation...














Group Title: Des cendres du passé
Title: Des cendres du passé
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 Material Information
Title: Des cendres du passé
Physical Description: viii, 36 p. : illus. ; 20 cm.
Language: French
Creator: Jean-Jacques, Stéphen
Publisher: Imp. Les Presses libres
Place of Publication: Port-au-Prince
Publication Date: 1953?
 Subjects
Subject: Bel-Air (Haiti)   ( lcsh )
Genre: non-fiction   ( marcgt )
Spatial Coverage: Haiti
 Notes
General Note: Errata slip inserted.
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077031
Volume ID: VID00001
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 24693830
lccn - a 58002769

Table of Contents
    Front Cover
        Front Cover
    Errata
        Errata
    Title Page
        Page i
        Page ii
    Dedication
        Page iii
        Page iv
    Preface
        Page v
        Page vi
        Page vii
        Page viii
    Monographie du bel-air d'autrefois
        Page ix
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    Cinquantenaire de la fondation de la compagnie d'infanterie des giboziens, de la cavalerie et de l'artillerie du centenaire, 1903-1953
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Full Text




STEPHEN JEAN-JACQUES



DES CENDRES

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P. LES PRESSES LIBRES
'ORT-AU-PRINCE, HAITI


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ligne: 6tait au lieu de 6tiat
ligne: Lubin au lieu de Lucius
ligne: Azor au lieu Azar
line: Carr6 au lieu de Car6
ligne: Gaston au lieu de Baston
line: Lovins au lieu de Lovinski
et lO0me lignes: Montes, MVichel au lieu
de Months, tes, Michel
ligne: appel6 au lieu d'appeles
ligne: aux au lieu de des
line: difficiles au lieu de difficilles
line: Armes au lieu d'armres





,A52s- Q74
STEPHEN JEAN-JACQUES


DES CENDRES

DU

PASSE
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IMP. LES PRESSES LIBRES
PORT-AU-PRINCE, HAITI











1/ La.




LAT114
AIKOUCA






















DEDICACE

A mon neveu Robert JEAN-JACQUES ainsi qu'aux Doc-
teurs Wilson JOACHIM et Bernard JEAN-PAUL, alliBs de
la famille et k tous les amis qui m'ont g6n6reusement aid6 a
faire la publication de cette modest plaquette, je d6die ces
souvenirs d'un quarter, qui m'est cher de meme que ceux
d'une ancienne Institution militaire a laquelle j'avais appar-
tenu. Souvenirs 6crits de toute mon Ame et si gracieusement
prefaces par la plume de mon ami LECHAUD.














PREFACE


Faire merger du passe un quarter de jadis avec ses cou-
tumes, sa physionomie, son tribute d'histoire, les visages de
ses fils ayant marque dans la vie national, c'est une 6voca.
tion original. Notre ami Jean Jacques nous l'offre en cette
monographie.
Le Bel-Air d'autrefois, on le voit vivre, tumultueux, agres-
sif, narquois, farceur, chansonnant les uns, s'enthousiasmant
pour d'autres, 6galement pret t quelques mauvais coups et
aux gestes h6roiques, ses femmes, ivres d'amour se roulant
aux pieds du cheval d'un clair capitaine de chevau-16ger,
tandis que les homes se font tuer, farouches, pour I'idole.
Un monde ouvrier: des macons, des charpentiers, des
blanchisseuses, savetiers, tailleurs, ferblantiers. couturik-
res, marchandes de dentelles, de salaison, 6tiat camp sur cette
butte, pesant sur la vie politique de ses forces productive,
de sa cohesion, de son devouement A ses leaders. Avide aussi
i se d6passer, soucieux de hausser le savoir comme un fanion.
Les soirs, a la lueur d'une lampe fumeuse, les groups de
jeunes homimes autour d'une table tendus a la lecture de
l'6ditorial qui stigmatise les abus et flagelle les trafiquants.
De ce proletariat monta une elite savante et studieuse,
une phalange de professeurs, de poktes, de romanciers, d'his-
toriens, de m6decins, d'ingenieurs, fiert6 de leurs vieilles
qui avaient tant pein6, pour leur instruction sur des tiches
ardues, orgueil de leurs quarters qui les avaient vus, petits;
gueux guesant, jotuant a des mabouls comiques des niches
suivies d'ailleurs de raclies soign6es.










Cela bruissait d'un 6ternel grondement : les jours de paix
de cette activity ouvriere; d'une rixe, d'un vol de propagan-
des; les jours d'6meute, d'un ruissellement d'hommes en ar-
mes, de migeres vibrantes, aux lRvres une bravade et come
une attente de volupt6. La nuit pacifique exhalait une odeur
de fritures; la nuit revolutionaire retentissait de feux de
salve orchestrant les hurras pour le triomphateur, I'insulte
au vaincu. '
Et ces bordies de mauvais garcons, de filles savoureuses,
poitrines et hanches g6nereuses, et tout I'amour dans les
prunelles. Ces estaminets. Alcools.
Elle etait aussi, cette grouillante, la grande pourvoyeuse
de l'arm6e. Pas une maison qui ne lui ait donn6 un soldat.
Cela nouait entire la troupe et le people une solidarity, un
lien, une complicity. Le gars de service de nuit, la maman
lui pr6parait au depart son ((bouillon de pied.)
Revenue d'une tourn6e presidentielle A travers un d6par-
tement, ses impressions de voyage divoilaient le pays aux
sedentaires attentifs. Une grande parade, un bel uniform
valait au sous.off un baiser d'amante. L'ecroulement d'un.
Palais endeuillait cent families.
Ses masques enfin, il avait ce bel-air, ses bandes : de
bataille pourrait-on dire qui serries autour du Roi, prec6-
d6es de voltigeurs allait dans les quarters rivaux criant des
airs provocateurs; ses bandes de joie aussi avec leurs m6rin-
gues l6geres, ailes, sensuelles, oit au rythme de cette musi-
que eruptive, des pamoisons d'horizontales trinquaient de
toute la chair avec 1'rtreinte virtuoso.
Le Bel-Air: sa force, ses faiblesses, ses grandeurs, ses
joies, ses souffrances, son proletariat, son Mlite, la monogra-
phie de Jean Jacques, c'est cela. Une somptueuse floraison
qu'il a aim6e et qu'il fera aimer de ceux qui ne la connurent
point.


-VI-









Comme on rfve d'une image secrete et myst6rieuse don't
la nostalgia magnifie les lignes, d'autant plus envofteuses
que leur enchantement se pare, avec l'amertume d'un regret,
du sortilege d'irrealit6 chimbrique.
Cette monographie du Bel-Air, Jean Jacques la fait suivre
de quelques pages sur la Compagnie d'Instruction du Cen-
tenaire. Des pages elles aussi, Bvocatrices d'un lointain pas.
se qui campent avec quelle ferveur, cette troupe d'6lite for-
mbe de jeunes proletaires, d'intellectuels sortis des grandes
6coles, et qui accourus a l'appel du Capitaine Giboz, un sol-
dat de France et c'est tout dire, constituerent cette phalan-
ge robuste destine a devenir le cadre de I'armie national.
II fallait la voir, cette Compagnie de Giboz, defiler par les
rues en formation impeccable, martelant le sol d'un seul
grand pas d'ensemble, flanqu6e d'un tas de gavroche, vou-
lant sans doute faire croire qu'ils en 6taient, de cette belle
i tous ces fils du people, i tous ces 6elgants messieurs, b
toutes ces grasses marchandes, ces fines bourgeoises qui
sur (des galleries> applaudissaient, enthousiastes, a cette cri.
nerie, cette discipline, cet espoir.
Ii fallait la voir, en ses evolutions au Champ de Mars, fr6-
n6tiquement applaudie par toute la Ville-Capitale, trente
mille coeurs aux battements fous, vibrant d'une fiert6 pa-
triotique, tandis que retentissaient des feux de salve, que la
troupe, se groupait s'6tirait, souple, coulevrine, sous les
yeux admiratifs de l'attach6 militaire anmricain, le Capitaine
Young galopant entire les rangs, sa large face noire 6clair6e
d'un grand sourire blanc.
Elle vibrait, cette Compagnie, sous le souffle de ce lourdl
amour populaire, de cette offrande passionn6e dans les yeux
des femmes, de cette chaleur des coeurs des hommes, parce
que ce people plagait en elle son avenir, la sauvegarde de
ses droits ne sachant pas que, selon le mot de Waldeck Rous-


-VII-









seau, soin de pourvoir A I'exercice de la liberte.a Et apres la ma.
noeuvre enleve6 sans une faille, on la sentait come une chat-
te amoureuse ronronnant sous ses doigts caresseurs quatW le
G6nbral Nord Alexis, apres le dBfile dans la Cour du Palais,
la felicitait de sa solidity, de son entrainement, de son Blan.
Cette Compagnie d'instruction du Centenaire, Jean-Jac-
ques la ressucite, commune il a ressucit le Bel-Air de jadis.
Ici la force prol6tarienne; Ia, la force militaire Des fresques
qui resteront.
Et montreront aux descendances, deux expressions du Vi.
sage de la Patrie.

Thomas H. LECHAUD


-VIII-



























MONOGRAPHIE DU BEL.AIR D'AUTREFOIS
















Situi dans les hauteurs de la zone nord de la Capitale, do-
minant ainsi toute la ville, le Bel-Air avait jadis tout ce
qu'il fallait, hommes et choses, pour lui donner tous les
agr6ments d'un quarter select. Ces vastes maisons, les unes
couvertes en tWles et diverse autres en essentes et ardoises,
confortablement bities pour offrir toutes les commodites d4-
sirables, le rendaient plus attrayant et faisaient ressortir da-
vantage sa splendeur d'antan.
Les honorables families qui formaient sa population appar.
tenaient A des generations presqu'entierement disparues t
une 6poque d6ej lointaine, remontant A une soixantaine
d'annies environ. Cette interessante parties de la ville, itail
done en ce temps-lA, ce que le Bois-Verna qui se trouvait
dans son plein n6ant est devenu actuellementu pour les gens
de la classes ais6e.
Tous ceux qui avaient habit I'ancien Bel-Air, qu'on
connaissait pour etre les plus grandes notabilit6s de ce quar-
tier 6taient pour bien dire des hommes de caractbre, des in.
transigeants qui n'entendaient jamais se d6partir des prin-
cipes d'honneuri et de dignity, qu'ils pr6conisaient avec une
aust6rit6, ne laissant jamais de place, parnri eux, pour la de-
lation et la flagornerie.
Les femmes de leur c6td tout en gardant une attitude
6galement s6vere, se faisaient un imp6rieux devoir d'aider
leurs maris avec un invariable devouement, en vue d'appor-
ter tout le bien-6tre jugs indispensable dans leur foyer.
Celles que le Sort obligeait a vivre sans un bon soutien, met-


-1-









talent encore plus d'ardeur a travailler. Les unes, selon leurs
possibilities etaient de bonnes couturieres, les autres, en plus
grand nombre s'adonnaient A divers genres de commerce ou
d'industrie pour trouver les moyens de subvenir honnAte-
ment a tous leurs besoins et pourvoir en meme temps A la
formation morale et intellectuelle de leurs enfants.
Dans toutes les occasions, on les trouvait toujours solidai-
rement unis. Ils se laissaient guider par ce noble sentiment
de solidarity come pour mieux justifier l'esprit de notre
belle devise : <> Par la position qu'ils
savaient prendre dans certain 6venements politiques qui, le
plus souvenl.t, aboutissaient A renverser le pouvoir, ces hom-
mes representaient effectivement une force si bien consti-
tuAe, que les gouvernements d'autrefois gagnaient beaucoup
a les avoir pour amis.
On pouvait computer parmi eux de nombreux animateurs;
mais les plus dynamiques se trouvaient toujours a I'avant.
garde dans les movements r6volutionnaires ayant pour mo-
bile de d6barasser le pays des mauvais gouvernants. Bien
qu'ils ne fussent pas tous de m&me age ni de m&me condition
social, ils s'entendaient toujours A merveille dans toutes
leurs entreprises, et ne connaissaient jamais le sentiment de
la peur, meme lorsqu'ils paraissaient serieusement exposes
dans les plus dangereuses ventures politiques.
Pour ne citer que ces nomg, ils s'appelaient: Macaque
Lubin, Richard Azor, Prosper Bellanton, Pierre Sully; Pa-
poute Bissainthe, G6rard Vieux, Duprat Simon, Mucius La-
bissiere, Duprat Mellon, Alexandre C16ophat, Tellus Com-
pagne, les freres Stephen et St-Armand Excellent, Jean-
Philippe Casimir, Paul Louiloque, Sylvain L6onard, Arthur
Candy, Darius Souffrant, Georges Oriol, Alexandre Chau-
vin, Ulysse Doliny. JorSme Cantave, Dantes Bordes, Chalu-
mot Bazile, Georges Avin, Locius Traversier, Paul Sully,


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Louis Amedee, Calypso Bois, Auguste Mellon, Joseph Pha-
nor, Aristhene Mendes, Octavius Jules, Auguste Archer,
St6phen Theus, Turenne Lahens, Georges et Fabre Marinet,
Charles Exum6, LUonce Bataille, Alcindor Fils-Aimn, Vil et
Alexis Semexant, Trazibule Zamor, etc. Dans ce group fi-
gurait toujours en premiere ligne le g6enral Ch6ry Augustin,
officer de valeur qui, en 1902, avait d6fendu heroiquement.
A la rue du Centre la mason de son ami Vilbrun Guillaume
alors ancien Ministre de la Guerre.
Se vortant a la tate de quelques soldats, il lutta courageuse-
ment contre les attaques les plus furieuses du verain> venu en foule, apres la chute du Pr6sident Tir6sias
pour saccager la dite maison.
En ce qui a trait aux activities des anciens homes du Bel-
Air, il imported de dire qu'ils agissaient le plus souvent avec
le concours assure de quelques femmes entreprenantes et
extraordinairement courageuses. Celles-ci avec une ardeur
belliqueuse n'hesitaient jamais, au cas chant, a prendre
une part considerable dans certaines revolutions. A ce comp-
te, les plus pro6minentes 6taient: Madame Cineas, No6mie
Cachou, Madame Morno, Rosa Titus; Circee Journel; Cathe-
rine Mellon, Florida Cajuste, Emilie Love, Marceline Cock;
Horacia Etienne, Ml1anie Dadace, Anastasie R6gis, Aureli-
se Jeanty, Marie Figaro, Marceline Desormes; Vertulie Ca-
valier, Azema Lusincourt, Palmire Desrouleaux, CUcile D6,
cayette et bien d'autres.
Voici une anecdote pour corroborer ce qui est precedem-
ment dit de ces vaillantes personnalit6s de 1'ancien Bel-Air
Dans la matin6e du 28 Mai 1891, imm6diatement apres la pro-
cession de la Fete-Dieu, des conjures, don't il n'a pas 6t6 pos-
sible de fixer exactement le nombre, prirent les armes pour
libbrer des prisonniers politiques, leurs amis, et renverser
ensuite le gouvernement. Malheureusement pour eux, il n'y


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avait que le premier point de leur plan qui ait 6t6 r6alis6,
Cette 4chauffour6e ayant surprise le Pr6sident Hyppolite &
la vieille Cathedrale oi il assistant a la messe, on a vite fait
de le faire entrer a 1'Achev6ch6 pour 6tre plus en siret&.
En recevant, tout de suite apres, le G6neral Turenne Jn.
Gilles, son Commandant de 1'Arrondissement qui 6tait venu
lui faire un expos de la situation, le Pr6sident lui posa brii-
vement cette question: Est-ce que le Bel-Air est en armes?
---Non, repondit le G6ndral. Sur cette r6ponse negative, il
ajouta: Si le Bel-Air n'est pas centre moi, jo sors.
II sortit en effet, suivi d'une cavalcade, et passa dans ce
quarter qu'il trouva dans le plus grand calme. IA un seul
cheveu n'6tait tomb6 de la tate de personnel. Au contraire, il
salua de son panama, avec un air de satisfaction tous ceux.
qu'il voyait debout sous leurs galleries au moment de son
passage. Mais, lorsqu'il arriva dans d'autres endroits plus
6loign6s, on a eu a apprendre avec tristesse ce qui s'en 4tait
malheureusement suivi.
Ce fait ainsi rapport confirm une fois de plus la reputa-
tion qui a toujours etd faite a l'ancienne population du vieux
Bel-Air, L'intrepidit6 de ces habitants, leur intransigence
de meme que leur d6vouement 6taient choses d6ji connues
par le President Hyppolite, avant meme ce regrettable in-
cident qui coita la vie a bien des gens.
Pour donner une idee exacte de ce que pouvaient valoir
beaucoup d'entre eux, voici en r6sum6 les noms de quelquesi
uns trouv6s au hasard de la m6moire. A ceux-l 6etait r6cla-
m6e leur intelligence collaboration dans les affaires de 1'Etat
ou ils avaient occupy des functions les unes plus importantes
que les autres, dans diverse branches des administrations:
civiles, militaires, judiciaires et le plus grand nombre de ces
citoyens pour gagner honorablement lour vie, s'adonnaiext a
d'autres activitbs professionnelles.


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Citons pour commencer les fonctionnaires civils: Duver-
neau Trouillot, ancien Secr6taire d'Etat de la Justice, J. J.
Chancy, ancien Ministre des Travaux Publics, Auguste Mon-
tasse pere, ancien Secr6taire d'Etat de la Guerre, Edouard
Pincombe, ancien Secr6taire d'Etat de 1'Int6rieur, Carmeleau
Antoine, ancien Secretaire d'Etat de 1'Instruction Publique,
Morin Montasse, grand industrial, ancien Secr6taire d'Etat
de 1'Int6rieur, Damocles Vieux, ancien Directeur du Lyc6e
P6tion; devenu Secretaire d'Etat de l'Instruction Publique,
Manass6 Saint-Fort Colin, ancien Directeur de la Douane
appel6 plus tard comme Ministre de 1'Interieur en 1930 dans
le gouvernement provisoire sous le Pr6sident Eugene Roy,
Trasibule Laleau, instituteur, ancien Secretaire d'Etat de la
Justice. Loyer Bareau, industrial, ancien S6nateur Ri.
chard Azor, Instituteur, ancien S6nateur, Blaise Lavachs;
ancien Deput6 devenu S6nateur Florian Alfred, S6nateur.-
Thoby Duroseau, ancien Secr6taire d'Ambassade a Londres,
Ch6ry Momplaisir, ancien Directeur de la Douane, pere de
Maxi et Horel Momplaisir qui furent eux-memes deux
grands g6ndraux et Ministres, Trazybule Trouillot et Cadeau
Bois, deux anciens grands fonctionnaires, Plaisimond Pierre-
Pierre. ancien Chef de Bureau A la Tr6sorerie, Narcisse La-
fontant, ancien Administrateur Principal des FinaN'.s, Au-
guste LUon, ancien Payeur au D6partement des Finances,
Thomas Mills, ancien Magistrat Communal, Chochotte Ex-
cellent, ancien Chef de Bureau a 1'Administration des Fi-
nances, Leriche Armand, ancien Directeur de la Douane, C-
sar Pierre-Louis, Cadet Duroseau et Joseph Mexile, ancienst
contr6leurs h la Douane. Jean-Charles Guiteau, ancien Di
recteur de la Maison Centrale, Philippe Antoine, Clerv6us
Baron, Dorc6 T616maque, St-Germain Champagne, Adam
Bissainthe, Archibal Voltaire, Dieudonn6 Valmb, Batraville
Lerebours, Leger Victor, Hyppolite Bien-Airm, Astrel Vic-


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tor, anciens Employ6s A la Douane, Chrysostome Morno, Du--
casse Dubr6us, Redon Basquiat, Pierre Jean-Jacques, Mon-
dilus Mond6sir, Charles Lovinski, anciens Employ6s supe-
rieurs A la Chambre des Comptes. C6vest B. Antoine, Ma-
thieu Vieux, Mathurin Bien-Aim6, Alphonse' Baptiste, Sain-
vil Blain, Benoit Louhisdon, Joseph Blain, Cl6ment Deniz6;
anciens Employes et Fonctionnaires a 1'Administration Com-
niunale. Sincere Desrouleaux et Fifi Bertrand successive-
ment anciens Officiers de 1'Etat civil de la Section Nord.-
Valmont Villejoint ancien greffier au Tribunal civil, pere de
Sedan Villejoint, qui fut lui-m&me Payeur au D6partement
de l'Int6rieur. Pierre Fr6d6ric, ancien Directeur du Journal
, G61in Coiscou, ancien greffier au Tribunal ci-
vil, Bernadotte Chancy, ancien Chef de Division au Depar-
tement des Finances, Molibre Bordes, ancien Archiviste a la
Chambre des D6put6s, Marius Coicou et Joseph Boliire an-
ciens typographes. Antoine Calixte ancien caissier a la Ban-
que Nationale. Paul Jean-Jacques, maitre Sellier, ancien Di-
recteur de la Sellerie. Morin Montasse, m6daill] et diploma&
de 1'Exposition du Chicago en 1893. Il dut abandonner ma!-
gr6 lui cette profession lorsque les buggys 6taient venus d6-
tr6ner les chevaux do selle et fut alors nommi Biblioth6cai-
re a I'Ecole de M6decine sous la direction de l'honorable Doc-
teur Isaie Jeanty. Antoine Rimpel, ancien Chef de Service
au Bureau du Wharf, 6lu plus tard D6put6 au Corps L6gis-
latif, St-Armand Months, Comptable A la Commune, Thoby
Vieux, ancien Journaliste. Sadrac IHyppolite et Jean Guillot
deux v6nerables pasteurs de la Religion R6form6e. Cin6as
Lacroix, Charles Blain. Valerius et Alexandre Brutus, hom-
mes d'affaires de meme que L6lio Errie, Bl6us Augustin, Ci-
c6ron Bellanton, Azace Roux, Joseph Civil, Achille Lahens;
Elie Antoine et Isaac Vil. Herard Roy et Nemours Tho-
mas ,anciens n6gociants, Marius et Darius Lahens 6galement


---









commercants. Augustin Pierre-Pierre, ancien Comptable &
la Chambre des Comptes, Occean Ulysse, Antoine Souffrant,
Edmond Guiteau, anciens grands fonctionnaires. Polynice
Barth6lemy, ancien commergant fournisseur de materiaux
de construction. Salomon Basse ancien n6gociant importa-
teur. La maison qui servait de local a son magasin porte jus-
qu'a present les initiales S. B. sur la grand'rue, en face de
la halle cot6 sud du March6 Valliere. Ulysse P. Moise, ancien
commercant. On voit encore sa maison de famille A la rue
des Fronts-Forts, derriere le Lyc6e. C'est une des plus an-
ciennes du quarter qui a pfi r6sister aux rigueurs du temps
grace a la sup6riorit6 des mat6riaux qui en ont fait I'armatu-
re et les urgentes reparations don't elle fut l'objet depuis sa
construction remontant a une soixantaine d'ann6es environ.
Instituteurs: Calixte Lafleur, Paulux Paul Roc, Horace et
Alexandre Dorc6, Thibule et Th6agene Moise, Augustin La.
fontant, Charles Bazile, Benjamin Barth6l6my, Laroche La-
hens, Adolphe Excellent, anciens Directeurs d'6coles primai-
res de garqons.
C16mentine Thomas, C6cile Miot, Madame P6tion Mosco-
va, Ninie Parmentier, Madame G61in Coiscou, Pauline Baril,
anciennes directrices d'6coles primaires de filles. Veuve
Watson, n6e Caroline Chauveau dirigeait une int6ressante
cole primaire mixte, conijointemrent avec Erima Guignard
au bas de la rue du Bel-Air.
Joseph Chancy, ancien directeur de 1'Ecole Secondaire.
Robert Duplessis ancien professeur de franqais au Lyc6e P&-
tion, Valbrun Valmh, ancien professeur de mathematique et
geom6trie au Lycee Petion, Alexis Thimoth6e et Sauveur
Daguerre, deux anciens professeurs de Chimie et Physique
au Lyc6e Petion. Benoit Coicou et P6tion J6r6me, ancient
professeurs de francais au College Louverture. Normil Blain,
Trasibule Innocent, maitres d'6tudes et Joseph Derose an-


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cien Surveillant general au Lyc6e P6tion. Justin Lherisson,
Directeur du Journal Le Soir>, ancien professeur d'Histoi-
re et de G6ographie d'Haiti au Lyc6e P6tion. Apres son ma-
riage avec Marie Clovis Saintonge, Lherisson habitat au Bel-
Air, dans une maison situee au haut de la rue des C6sars.
Bien longtemps avant lui, cette maison avait servi de loge-
ment au general Vilbrun Guillaume, alors que celui-ci com-
...... une division de l'arm.e revolutionnaire du nord,
cantonn6e au Bel-Air en 1889 ,apres l'entr6e a la Capitale de
Florvil Hyppolite Chef de la Revolution triomphante. C'est la
que Lh6risson ecrivit entr'autres ouvrages: < Pitites Cailles et I'hymne national: que
chantent les 6leves des Ecoles chaque matin en montant no-
tre drapeau.

De nombreux avocats: Maitres J. B. Valembrun, Murat
Labissi&re, Solon Vieux, Foucard Rimpel, Fendlon Lafond;
D6silus Raymond, Borgella Camille, Isnardin Vieux, Ed-
mond Valles, Horacius Volcy, Samuel Pierre, Nevers Cons-
tant, Raymond Bazile, Joseph Cameau, Alexis Blain; Mon-
d6sir Delienne F. Porsenna, H. Pierre-Antoine, F. Duviella,
Benoit Heuraux, Stephen Alerte, Frederic Jn-Jacques, Mal.
herbe Perpignan qui fut 6galement instituteur, Alcius Ly-
sius, les freres Henri-Adam et Antoine Michel, ce dernier,
un historien qui a laiss6 des ceuvres don't une des plus int6-
ressantes est >.

M6decins: Les docteurs Doriacar Morno, Mervilus et A.
derbal Duroseau, Tertulien Blain, Joseph Alexis, Cyrius
Bonny, Horace Pierre-Pierre, St-Leger Perrier, Tertilus Ni-
colas, Brun Ricot, Victor Lamour, Alt6venor Vieux; Alexan-
dre, Guilhoukte, Joseph Acloque, Auguste Lechaud, Louis
Michel, Holopherne Duviella, M. Raymond, Guignard et Le-
vasseur Rosemond.


-8-









Fond6s de pouvoirs: Alfred Auguste, P6tion Fortune, Lau.
renceau Bazile, G4d6on Dumay, etc.
Des pharmaciens: Emile Lafond, Emmanuel Coiscou,Char-
les Michel, Horace Bellanton, Julien Alfred, Paul Paulus-
tin, etc.
Dans la judicature: Hugon Lechaud, president du Tribu-
nal de Cassation, Francois Nazon, juge de ce mime Tribunal,
Paulemar Jean-Jacques, Juge de Paix de la Section Nord,
Justin Bois, meme function g la Section Est.
Arpenteurs: Merv6us Valles, Jules Rimpel, H61i Sainton-
ge, Alexis Basqulat, Pamphile Noisette, Brazidas Cesar, Oc-
tavius Lajoie.
Sp6culateurs en denr6es: Alcidamar Duroseau, Jean-Bap-
tiste Riviere, Eugene Laurent, Louis Duroseau, Jean Hus-
son, L6on Bongard, Pericles Duviella etc.
Boulangers: Auguste Janvier, Bonair Barozi, Jean Roy,
Fernand Placide, Alteh Blain, Saint-Jean Nicolas, Fernand
Smith, Horacius Icart, Frangel Duqu4n6, C6liantus Dec6lian;
Leon Mitton, C41anus Traversier.
Employs de divers bureaux: Termora Pierre-Pierre, Chef
de Bureau aux T416graphes Terrestres, Sylvio Blain, Cice-
ron St-Cyr, Edgard Calypso, Fernand Pierre-Pierre, anciens
employs au Bureau des T414graphes.
Ant6nor Samson, ancien Directeur du Magasin de 1'Etat,
Alcius Alfred, Cic6ron Valmh, MWrodate Sanon, Francois
Morel, G4deon Dumay, Horacius Gaston, Normil et Eugena
Georges, employs travaillant dans divers bureaux minist6-
riels et plus encore au D6partement de la Guerre et de la
Marine, Leon Durand, ancien Archiviste au Departemont do
la Justice MI6cne Cadet h 1'Int6rieur.
Militaires: Th6salus Pierre-Etienne, ancien Commandant


a









de l'Arrondissement. Sa maison de residence qu'il avait lui-
mnme bAtie logeait premierement l'Ecole des Freres pendant
une periode assez longue, de 1883 a 1906. Apres avoir et6
convenablement restaur6e, cette maison continue jusqu'a
present A servir de local 1l'Ecole Richard Azor.
Jonathas St-Fort Colin, promu dans la suite au meme gra-
de, fut charge du portefeuille de l'Int6rieur dans le Gouver-
nement provisoire form en 1902 apres la chute du President
Tir6sias Simon Sam. P6nor Benjamin, don't on voit enco-
re la maison tout pres du vieux Lycee etait 6galement Com-
mandant de I'Arrondissement.
D'apres la hibrarchie militaire, les citoyens don't les noms
suivent se trouvaient dans differents corps de notre ancien-
ne arm6e en quality d'Officiers sup6rieurs et subalternes.
C'6taient: Bel Antoine, Tib6rius Zamor, Josaphat Lacroix,
Carries Mardi, Chery Augustin, Mucius Labissiere; gen6raux
de Division. Jean-Georges Noel, Pierre Sully, M. Daiti,
Nerestant Zamor: g6n6raux de Brigade. Montjoi Pierre-
Pierre, Morisset Robasson, Catulle D6sire, Augustin Bois,
A. Armand, Rospite Gaston, C. Pierre-Pierre, S. Barth6l1-
my, Charles Lavelanet, Joseph Jean-Pierre. Colonels.
Thermo Dulph6, Aristhomene Mellon, Joseph Innocent,
Tracy Ciril, Charles Vernet: Commandants. F6n6lon St-
Preux, Ermitus Delva, Blanc Constant, Julien Cassbus, Hen-
rius Henri, Flavien Clervaux, Joseph Rameau, Servius Pe-
tion: Capitaines.
Justin Rosalva, Rocher T6lmaque, St6phen Pierre, Jo-
seph F&n6lon, Georges Morel, Francois Jeanty: Lieutenants
Clermont Belmont (alias Zouzoute), Desius Avin, Eusta
che St-Lot successivement Chef de la Police. Athanas
Laforest, Commandant de ]a Compagnie des Pompiers libres
En outre de ce qui est dejA dit du vieux Bel-Air, il n'est
pas sans int6ert de continue a le faire connaitre tel qu'il fut


-10--









vraiment dans le pass, en rappelant qu'une Revue litteraire
intitul6e , au sujet de laquelle on ne cesse jus-
qu'a present de faire le plus bel 6loge, cette Revue, disons.le,
fut dans ce quarter une int6ressante realisation de son di-
recteur Petion J6r6me. Fondee le 5 Mai 1898, elle a 6t0 la
plus recherche lorsqu'on sut qu'elle s'edita avec la collabo-
ration de: Seymour Pradel, Mirabeau Drice, Justin Gode-
froy, Amilcar Duval, Jules Devieux, Constantin Mayard,
Probus Blot, Emile Lesp&s, Leon Louhis, Charles Lechaud;
Damocl&s Vieux, L6once Viard, Vendenesse Ducasse, Wind-
sor et Clrment Bellegarde, Justin Lhdrisson, Charles Mora-
via, Clement et Auguste Magloire, Antoine Laforest, Geor-
ges Sylvain, Thimoth6e Paret, Solon Minos, Ars&ne Chevry,
Edmond Laforest, Nerva Lataillade, Am6d6e Brun, Price
Mars, Frangois Mathon, Dant&s Bellegarde, Fl6ix Magloire,
Maurice Brun, Charles Bouchereau, Antoine Innocent, etc;
etc. Les sept derniers sont les seuls survivants de cette int6-
ressante pl6iade.
Afin de mieux poursuivre leur evolution dans la culture
des lettres, les collaborateurs de la Ronde avaient form aus-
si un c6nacle au Bel-Air. A cette 6poque ils tenaient couram-
ment leurs reunions a proximity de la grande maison en ar-
doise du Ministre Duverneau Trouillot, au haut de la rue
des Fronts-Forts, A l'endroit appel6 leur ami P6tion Jer6me, directeur de la dite Revue. Ce fut
la qu'arriva un message de 1'Association Nationale du Cen-
tenaire qui convia les collaborateurs a se concerter, pour pre-
parer une anthologie des ceuvres litt6raires d'auteurs hai-
tiens et la soumettre a 1'Academie franqaise comme t6moi-
gnage de l'effort haitien dans la culture, en un siecle d'inde-
pendance. Cette haute Institution couronna l'anthologie d'au-
teurs haitiens en lui decernant de grands 6loges.
Toujours dans le meme ordre de choses, Vendenesse Du-


-11-









case, auteur qui avait beaucoup fait parler de lui, produisit
de nombreuses pieces de th6Atre de divers genres, intitul6es:
Toussaint Louverture au Fort de Joux, Noirs et Jaunes, L'A-
mour et l'Argent; Duel a mon Pays, Dix-huit cent quatre,
La Dixibme, En M6nage, Haitiens et Syriens, Philistin; Trei-
ze November, etc. Leur representation donn6e le plus sou-
vent au Th6itre Sylvain etait largement assure par Antoine
Innocent, un maitre dans l'art de bien dire, avec un group
d'acteurs et actrices de bon renom qui 6taient: Mond6sir et
Castera Delienne, Emmanuel Simon, Rochefort Joseph, Ber-
thoumieux Lahens, Turenne Alexandre, Emmanuel Paul,
Scandon Constant. Laure Delienne, Sylvia Paulustin, U-
ranie Prosper, Lucia Colimon, Suzanne Moltone, Mercie Du-
qu6n6, Sara Pierre-Louim4, Sylvia Innocent et Lorvana Du-
roseau (actuellement Madame L6on Pierre). Les deux der-
nibres ont surv6cu a tous leurs partenaires de la rampe. Soit
avec Vendenesse ou Massillon Coicou les r6les les plus im-
portants de leurs pieces 6taient toujours remplis par Antoine
Innocent que ses admirateurs applaudissaient longuement
chaque fois qu'il parut sur la scene.
A part les petits 6tablissements scolaires d6ja mentionn6s,
il y avait autrefois au Bel-Air une grande Ecole primaire de
garcons dirig6e par les Freres de 1'Instruction Chr6tienne.
II n'y a pas un seul survivant de cette epoque qui ne se rap-
pelle le nom du populaire Frere Arthus don't je suis 1'61bve
bienl reconnaissant. Ces d6vou6s religieux assuraient 1'ensei-
gnement primaire conjointement avec des professeurs laiques
nommis: Maxi Mathieu, Alphonse Lascaze, Eugene Clavier,
Faublas Baptiste, Annibal Milciade, Charles Armand, Ver-
dieu Sainfleur et Joseph St-Phard. Cette Ecole complete.
ment laicisee en 1906, porte depuis des temps le nom de Ri-
chard Azor pour honorer sa m6moire comme l'un des plus
anciens instituteurs de ce quarter.


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Les l66ves qui avaient l'avantage d'arriver au sommet de
leurs 6tudes sous la direction des Freres, n'6prouvaient au-
cune difficult pour 6tre admis a suivre les course au Lycde
Petion oi ils 6taient juges aptes a entrer avantageusement
en sixieme. Aussi tous ceux qui avaient la bonne fortune
d'atteindre les classes sup6rieures de ce dernier 6tablisse-
ment en sortaient dans les conditions exig6es pour devenir,
selon leur inclination, m6decins, avocats, ing6nieurs ou de
comp6tents employs dans toutes les branches d'activit6s ad-
ministratives, commercials et autres r6clamant une solide
instruction.
Ce sont ces jeunes gens qui, a l'exemple des collaborateurs
de <, avaient form. des cercles litt6raires dans
tous les secteurs du Bel-Air faisant naitre ainsi une r6elle
emulation dans le quarter. Celui le plus fr6quent6 avait pour
titre: l'Amicale des Anciens Eleves du Lycee. Ses membres,
au nombre d'une cinquantaine, tenaient r6gulierement leurs
seances h la Rue des Pucelles, en face du Kiosque, non loin
de 1'Ecole Richard Azor, chez Benoit Louhisdon, alors qu'il
en 6tait le president.
Ce beau mouvernent ne s'arreta pas a la formation seule-
ment des cercles litt6raires; mais il poussait encore a la crd-
ation des Etablissements oil moyennant finances, les jeunes.
des deux sexes apprenaient a danser m6thodiquement. Les
lemons roulaient sur diff6rentes especes de danses comprenant
les figures de contre-danse simple et double, des lanciers,
quadrilles francais et americains, polka, scottish, mazurka;
la boulangere, la trompeuse, la valse et la meringue de sa-
lon, a la mode dans tous les bals organisms autrefois.
Les professeurs de danses les plus en vue, au Bel-Air,
don't la clientele avait d6pass6 toutes celles connues ailleurs,
se nommaient: Marcellus Marcey, Jean Crez6, Mano S6gur,
St6phen Perpignan, Justin Blain, Philius Philantrope, ce der-


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nier en est rest le seul survivant, exergant actuellement la
profession de courtier que depuis peu, son Age avanc6 ne lui
permet plus de continue.
Exceptionnellement, les professeurs de danses, d'apr6s en-
tente avec les int6ress6s donnaient les m6mes lemons a do-
micile. De toutes les faqons on 6tait oblig6 d'apprendre A dan.
ser r6gulibrement pour 6chapper au ridicule et ktre a la pa-
ge.
Aux diff6rentes categories de fonctionnaires civils, militai-
res et bien d'autres citoyens pr6cit6s a des titres divers, se
joignaient de nombreux artisans qui s'6taient bien perfection-
n6s dans des m6tiers manuels qu'ils ne jugeaient pas indi-
gnes d'apprendre et grace auxquels ils vivaient honorable-
ment avec leurs families dans de confortables maisons don't
pour la plupart, ils 6taient propri6taires. Ainsi donc, on trou-
vait parmi eux de bons ouvriers: macons, charpentiers, m6-
nuisiers, 6b6nistes, sellers, boulangers, tonneliers, forgerons,
cigariers, tailleurs, cordonniers, malletiers, bouchers, artifi-
ciers, graveurs, chapeliers, matelassiers, distillateurs, fer-
blantiers, chaudronniers, orfwvre, coiffeurs, m6caniciens, ty.
pographes, peintres d6corateurs et en bAtiments et d'excel-
lents couvreurs qui montraient de r6elles connaissances dans
la faqon de poser des essentes et des ardoises employees au-
trefois pour la couverture des maisons.
Les plus en relief par leur bonne renonun6e comme chefs
de chantiers de construction et autres especes d'ateliers &-
taient les suivants. Charpentiers-menuisiers: Dorcinvil Ci-
vil, Charles M6tellus, Riter Bazile, Alcius Vieux, Louin6us
Louis, Marcelin Jr6rme, M6ron6 Souffrant, Dominique Paul,
P. St. L6ger, B. Constant, B. Nelson, J. Jean-Louis, Catulle
Anacr6on, Philippe D6zulm6, Achille Boudet, Pierre Bothex
D6mosth6ne Olivier, Antoine D6lorme, Segus Durand, Lebrun


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et Alexandre Barozi, Fenelon Alix, LUonce Bataille, Joseph
F6nelon, Julien T616maque, etc.
Macons : Jules Michel, P6tion et Gabart Joseph, Vilius
Merove, Mentor Desrouleaux, Fenelon Lestage, Benjamin
Louis, Jourdain Michel, Normrn David, Augustin Dumay,
Clav6us Janvier, Pierre Crispin, Noelcius Noel, David Allen,
Jospeh Merove, etc.
Peintres d6corateurs: Joseph et Stephen St-Phard, M. Vi..
xama et Louis Caniguitar.
Peintres en bAtiments: Alphonse Joseph, Milgrave Moris-
set, Catulle Desrouleaux, Moran Moise, Ddsius D6'risart; Jo-
seph Faustin, Francius Jean-Georges, Aurubin Charles, Do-
nastor Jn-Philippe, Augustin Ostro; ce dernier fit reluire
avec grand 6clat le carnaval d'autrefois et devint plus popu-
laire que ses predecesseurs : Vilarce, Ninice et Dumarsais
lorsqu'il conduisit l'ancienne bande carnavalesque d6nom-
m6e < Artistiquement brod6s et paillet6s, par
une vieille sp6cia!iste du quarter appel6e CUsarine, les beaux
costumes de velours et autres accessoires multicolores de S.
M. Roi Ostro resplendissaient a merveille aux derniers jours
des masques et donnaient encore plus d'extension a sa po-
pularite.
Tailleurs : B6roubte Lahens, Mentor Dubr6us, Joseph Fir-
min, Om6ra Laguerre, Camille Pierre, Miot Saintonge, Ro-
mulus Dulph6, Tinat Nazon, Fabre Verna, Roche Armand,
Diog-ne Lafontant, Cl6ophat Janvier, D6mostehne D6rodel,
Segur Baril, Cl6ment et Philius Boyer, Emmanuel Mendes.
Alcibiade Laroche. Les neufs derniers r6unissaient de plus
large connaissances dans le m6tier, et savaient confection-
ncr des gilets, jaquettes, redingotes, vestons, dolmans; habits
carr6s civils et militaires. Pour les costumes militaires, les
uns avaient fait leur apprentissage avec deux des plus an.
ciens sp6cialistes de l'6poque : Maitres M6rove Pierre et Eu-


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gene Templier et les autres dans diff6rents ateliers des ou-
vriers de la colonie cubaine tels que ceux de Thomas Tr6-
nard, Nestor Feliu, Fernando Fuerths, Hodelin et quelques
autres. (P6riode allant de 1892 A 1900).
Cordonniers : Ducasse Perpignan, Benoit et LUonce St.
Eloi, Eugene Marcelin, Justin Becker, Alcius Dolini; Optilus
Pascal, Clement Jn. Baptiste, Edgard et Luc Jn. Michel,
Henrilus Henri, Ernest Guignard, Pierre Vilain, Numa Du-
mas Charles Bogodoux, etc. Presque tous 6taient forms
par les cubains.
Chaudronniers-ferblantiers : Coriolan Traversier et ses
deux fils : Faublas et Alexandre Traversier, Camille Com-
pere, Beauharnais Alexandre, Joseph Phanor.
Couvreurs : F6n6lon Sainfleur, Arthur Massillon, Joseph
Alcim6, Marius Romain, Gilles Roclaure, Thomas Ch6ry; Pe-
tit-Homme Cadet Lysius, Providence Plaisir.
Malletiers : Andre Pierre Toussaint, Aristhene Mendes.
Coiffeurs : Brennus et Pandor Basquiat, Francois Morel
(alias Apizote) Paul6us Paul, Edouard Georges.
Bouchers: Thertulien Cameau, Brunville Blain, Alcius
Sydney, Solon Jean-Julien, Joseph Duchemin, Clovis Sain-
tonge, Aristide Blain, Moneti Corbier, Condo Dambreville.
Chapeliers : Mirabeau L6on, Horacius Horasm6, Honorius
Amponouche.
Graveurs : Alexandre Moise, Georges Esper, Joseph Vixa-
ma.
Eb6nistes: Justin Lafont, Camille Pozin. Alexandre Yacin-
the. Goudard Baron, Bozor Mendes, Geffrard Brau et Ed-
mond Danths; ce dernier, plus ing6nieux que les autres, trou-
va le moyen de confectionner et faire monter tres haut un
curieux cerf-volant repr6sentant le Pr6sident dominicain :
Ulysse Hereaux et le Pr6sident haitien: Tir6sias Simon Sam,
pressant la main l'un de l'autre, tenant chacun respective.


-16-









ment le drapeau de son pays. II avait r6alis6 ce merveilleux
tour d'adresse en 1898 A la suite de l'entrevue a Jacmel do
ces deux chefs d'Etat.
D'autres, au nombre desquels 6taient compris les nomnus
Marseille Champagne, Bertinville Placide, Polynice Thomas,
Auguste Pierre, Charles Pinel, Merzius Mentor, travaillaient
en quality de micaniciens, chaudronniers, forgerons et armu-
riers dans notre ancienne Fonderie oi ils avaient appris A
fabriquer dans la m6tallurgie plusieurs sortes d'objets que
malheureusement on est oblige d'importer de l'Etranger de-
puis ifue cet Etablissement a cess6 de fonctionner.
On n'a qu'a savoir que l'une des deux grandes cloches de la
chapelle de Saint Francois d'Assises au Bel-Air a 6t6 coulee
en 1877, dans la dite Fonderie pour qu'on ait une idee de ce
,;ue savaient faire ces excellent ouvriers.
La chapelle de Saint Francois qui vient d'etre mentionnee
a ktd construite par Monseigneur Kersuzan, ancien Eveque
du Cap-Haitien alors qu'il 6tait cur6 de la vieille Cathddrale
M6tropolitaine .La pose de la premiere pierre par Mon-
seigneur Guilloux, Archevwque de Port-au-Prince, eut lieu
le 26 Decembre 1875. Le terrain sur lequel elle est edifike a
6et offert par un genereux donateur : Monsieur Ney Carr6,
un grand negociant, oncle de Mr Edouard Esteve. A c6t6 de
ce geste, s'6tait manifest, sous une autre forme, un 6gal sen,
tihnent de g6n6rosit6 de la part d'Emilie S6guineau g6ndrale-
ment connue pour son profound attachment aux choses de 1'E-
gli!e. Elle y contribua dans une large measure en mettant une
assez forte valeur tire de ses fonds, a la disposition du Curs
pour la bonne march des travaux. II en a 6t6 de meme de plu-
1 Iltres personnel du quarter qui, dans un bel 6lan
d'entbousiasme apporthrent chacune leur modest contribu-
tion consistent en pierres de toutes sortes qu'elles fournis-
saient en tris grande quantity6 pour accel4rer, le plus possi-


-17-










ble, l'ach6vement de la construction. Les choses grAce a ces
differents concours allaient d'un si bon train que, dans la pre.
miere quinzaine du mois de D6cembre 1876, la chapelle 6tait
entierement achev6e et consacr6e sans retard.
De tout ce qui fait la beauty interieure de ce magnifique
sanctuaire, on ne doit pas ignorer que le monumental esca-
lier tournant, donnnant acces a la tribune, est l'oeuvre de
quelques uns des ouvriers plus haut cit6s qui s'4taient bien
sp6cialis4s dans leur profession, formant par leurs connais.
sances une int6ressante phalange de 1'61ite ouvriere du vieux
Bel-Air.
Aprbs la mort d'Emilie S6guineau, un hommage bien m6ri-
t6 a 6t6 religieusement rendu h sa m6moire. Dkc6d6e le 12
Aoiat 1918, ses restes qui se trouvaient au cimetiere ext6-
rieur, en avaient 6t6 exhumrs dix-huit mois plus tard, pour
6tre remis en terre sous la galerie de St. Francois oi ils repo-
sent d6finitivement devant la troisieme porte h l'ouest, en
face de l'autel de Notre-Dame du Perp6tuel Secours, A la
suite d'un grand service fun6bre cl16br6 a cette occasion.
Le clergy catholique qui avait toujours sil appr6cier son
grand m6rite, lui devait cette marque de v4n6ration, en re-
tour de ce qu'elle avait si gen6reusemnent fait dans la cons.
truction de cette chapelle et pour son fiddle attachment A
ce saint lieu durant toute sa vie.
Parlant de St. Francois on ne peut ne pas dire un mot de
Notre Dame du Perp6tuel Secours don't le tableau qui la re-
pr6sente a Wt6 plac6 dans cette chapelle en 1881, alors que
I'6pid6nkie de la petite v6role faisait rage dans tout le pays.
A Port-au-Prince seulement on enterrait parfois pres de cent
cadavres de varioleux. par jour. Devant une telle calamity,
le Reverend Pere Kersuzan, pour r6clamer le secours bien-
faisant de la Sainte Vierge, organisa, en cette triste circons-
tance, une grande procession partant de la vieille Cath6drale


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pour s'arreter sur la butte, devant la dite chapelle. Pendant
tout le parcours, les fiddles r6citaient des prieres et chan-
taient des cantiques a Notre Dame du Perpetuel Secours don't
le tableau 6tait port par trois principaux membres d'une
association religieuse. C'6taient: Arthur Bourjolly, Joseph St.
Cloud et Jules Rosemi.
Lorsque toute la population 6tait arrive a 1'endroit dfja
design, le v6n6rable cure, apres bien d'autres ceremonies,
traca avec l'image de Notre Dame un grand signe de croix dans
quatre directions diff4rentes au-dessus de la ville et alla en-
suite fixer le tableau A la place ofj on le voit jusqu'a present.
Des personnel dignes de foi qui avaient pris part a cette
procession affirmaient avec une conviction qu'il fallait tout
de nmme respecter, qu'apres cette 6mbuvante manifestation
religieuse, le fl6au avait sensiblement diminu6 et cessa com-
pletement ses ravages dans les premiers mois de l'ann6e sui-
vante. Pour les croyants, ce brusque changement 6tait dfi a
l'intervention bienfaisante de la Sainte Vierge. C'est, par
consequent, depuis lors que le culte a Notre Dame du Per-
p6tuel Secours est si d6veloppc dans les families catholiques.
Et le Clerg6, pour mieux l'entretenir dans le coeur de la Jeu-
nesse a depuis bien longtemps organism, chaque annie, des
p6l6rinages pour permettre aux 616ves de toutes les 6coles de
la Capital de se rendre a tour de rl1e aux pieds de la Ma-
done.
En dehors des messes et autres ceremonies religieuses,
telles que: les res, il y eut plusieurs marriages c6l6br6s dans la coquette
ebapelle de St. Francois et en tout premier lieu, celui du S&-
nateur Richard Azor avec Marie K6breau, conduits h l'autel
par une grande dame qui 6tait connue sous le nom de Ma-
dame Duvet, au bras de Monsieur Boyer Bazelais, a cette
6poque, premier deput6 de la Capitale.










A ce propos, il convient de dire que 1'honorable d6pute
Bazelais avait de grandes relations au Bel-Air ofi il 6tait
bien consid6r6 et n'attendait pas d'Stre appel6 a remplir le
r6le de parrain des noces de son ami Azor pour jouir de cotte
consideration .11 est un fait bien certain qu'avant la celbra-
tion de ce marriage, Bazelais avait d6jA I'habitude de se ren-
dre chez Prosper Bellanton, Ch6ry Momplaisir et le S6nateur
Richard Azor, ses plus intimes amis de ce quarter qu'il se
faisait un grand plaisir de visiter tres souvent. Et toujours
par ces memes occasions, il ne manquait jamais d'aller se re-
cueillir un moment sur la tombe du G64nral Louis Laurenti
Bazelais son grand pere, don't la d6pouille mortelle avait 6t6
inhumee dans une aile du vieux Fort Dugommfier qui se
trouvait A peu de distance au Nord-Est de la Chapelle de
St. Francois.
Cette tombe, que tous les visiteurs de 1'endroit savaient
bien voir, etait recouverte d'un grand marbre blanc, portant
l'6pitaphe suivante : < GENERAL DE DIVISION CHEF DE L'ETAT MAJOR DE
L'ARMVEE, NE LE 10 JUIJN 1770, DECEDE LE 6 JANVIER
1826, A L'AGE EE 56 ANS.>
La translation des restes de cette 6minente personnalit6
a 6t6 n6cessairement faite par ses descendants au cimetiere
extiriour en 1904, lorsque fut d6cid6 par le gouvernement
du vieux patriote Nord Alexis, de d6manteler cette ancienne
forteresse pour, en son lieu et place, construire le Reservoir
portant son norm, don't la grande capacity permet d'alimenter
actuellem ent en eau potable toute la Section Nord de la Ca-
pitale.
De tout ce qui vient d'etre dit au sujet de Boyer Bazelais
et de ses relations autrefois avec quelques uns de ses intimes
amis au Bel-Air, il y a un fait qui, par sa valeur historique,
ne peut 6tre pass sous silence. II s'agit du cas de Prosper


-20-










Bellanton, un noir fort int6ressant, ami intime de Bazelais
qui fut par consequent un des membres tres prestigieux de
:.on paLru politique et voici:
L;nsque survint le regrettable antagonisme entire les par-
tisans de Bazelais et ceux du President Salomon en 1881,
il parvint a la connaissance du Pr6sident que Bellanton
e.L....,:i., ie clan adverse. Le Chef de 1'Etat qui ne pouvait
s'expliqi.:' le motif d'une telle pr6f6rence, fit appeler Bel-
lanton, qui ne lui 6tait point inconnu, pour le dissuader en
promettant de lui donner une function bien r6tribu6e pour
i.''ll abandonnit le parti bazelaisiste.
Au course de cette entrevue, Bellanton restant encore plus
ferm:r dans son fanatisme, refusa reverencieusement l'offre
qui lui a 6t6 faite, pour ne pas deroger au principle de l'en-
gagement qu'il avait dejh pris de l'autre c8te.
Comme il devait s'y attendre, ses activities dans l'intbr&t
de son parti et son ind6fectible d6vouement a Bazelais lui
ont valu de passer par les armes avec d'autres citoyens qui
o'11 en ie mime sort apres avoir 6te jugs et condamnes en-
semble a la peine capital. On connait ia suite dans ]a mal-
heureuse affaire de Miragoane.
Ce trait relatif au fanatisme de Bellanton est 6voqu6 dans
cette page rien que pour illustrer la mention faite, tout au de-
but, de l'intransigeance et du devouement de ces hommes
politiques d'autrefois qui pr6f6raient mourir en beauty que
d'agir contraireient A leur conviction.
Autre chose tout aussi interessante encore a faire savoir c'est
qu'au Bel-Air, on 6tait d'une maniere g6enrale tres passion-
n6 pour la musique. Dans ce milieu se trouvaient des gens
fort bien exerc6s dans 1'art de composer des chansons popu-
laires. Cela se faisait toujours sous une forme satirique pour
flageller les gouvernements ind6sirables, de meme que la
conduite jugee mauvaise de certaines personnel conanet.


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tant un acte malhonnete, reprouv6 par la soci6et. La p6riode
carnavalesque, dans ce cas, 6tait le plus souvent choisie pour
propager ces dites chansons.
Les vrais musicians, c'est-a-dire ceux-l qui avaient appris
methodiquement la musique se rencontraient en assez grand
nombre, dans divers corps de l'arm6e et dans I'ancienne Mu-
sique du Palais oui l'on retient jusqu'h present les noms de
Th6raminne Menes, Montbrun Basquiat, Raphael Graville;
Trazibule Innocent, Th6odule Vieux, Monjoie, Alexandre, Al-
cius Lucius, Mondere Desrouleaux, Diogene Lafontant, Dan-
tes Exantus, Constant Providence, Benjamin Fleury, Geor-
ges Etienne et trois survivants: Ritour Lafleur, Horel Val-
cin et Denis Fenelon.
Dans les salons de toutes les families ais6es du Bel-Air
tr6nait un piano completant leur ameublement et on y fai-
sait de la musique classique comme art d'agr6ment. A ce su-
jet, il faut citer l'inoubliable compositeur Toureau Lechaud
qui fut un remarquable virtuose de cet instrument. Les plus
avanc6s, comme lui, dans le domaine musical 6taient: Th&-
ramene Menes et Montbrun Basquiat devenus, eux aussi,
deux grands compositeurs de merite. Nombreux 6taient les
morceaux de leurs compositions jug6s dignes d'etre integr6s
dans le repertoire d'Occide Jeanty, Chef de la Musique du
Palais de 1'6poque, qui les faisait ex6cuter fort souvent dans
les concerts hebdomadaires qu'il savait donner dans I'ancien
palais que la malheureuse catastrophe du 8 Aofit 1912 a de-
truit.
Au sujet de M6nes, il est int6ressant de rappeler ici que
dans un concours orgains6 par le D6partement de l'Instruc-
tion Publique pour l'obtention d'une charge de professeur
de Musique qui allait ktre cr66e au Lycee P6tion, il se pr&-
senta devant un jury compose, a cette occasion, du Pere Sin-
clair chef d'orchestre au Siminaire St-Martial, Occide Jean-


-22-










ty et Astr6e pere. L'emportant de haute lutte sur les autres
concurrents, MNnes fut nomm6 d'embl6e titulaire de cette
charge, pour devenir plus tard, Chef d'un autre plus grand
Corps de Musique, connu dans le temps, sous l'appellation
de qu'il dirigea pendant longtemps avec
toute la competence qu'on lui connaissait en cette matiere.
Apres avoir r6memor6 succintement les hommes et les,
choses qui agrementaient le vieux Bel-Air, pour que ce soit
encore bien plus interessant, il suffit de dire, en maniere de
recapitulation, que tous les noms ci-dessous, sont ceux des
families bien connues comme 6tant authentiquement origi.
naires de ce quarter qui fut jadis le lieu de residence d'un
grand nombre de gens appartenant h la haute soci6t6 Port-
au-Princienne.
Families: Augustin, Azar, Avin, Alexandre, Auguste, Al-
fred Alerte, Acloque, Amndde, Anatole; Archer Antoine, Al-
len, Anacron, Alexis, Armand, Barreau, Blaise, Barth61lmy,
Bongard, Bataille, Basse, Bolibre, Brutus, Barosy, Bordes.
Baron, Brau, Blain, Bissainthe, Bien-Aime, Bazile, Bonny.
Basquiat, Belmont, Bellanton, Balin, Bertrand, Bois, Bar-
the, Baptiste, Boisson, Boutin, Baril, Champagne, Civil.
Chancy, Chochotte, Camille, Constant, Coiscou, Cadet, Cas-
sagnol, Care Casimir, Cloud, Cass6us, Conille, Curiel, Ci-
neas, Crispin, Candy, Calixte, Cameau, Coriolan, Ciril. Ca.
just, Cantave, Cl6ophat, Corbier, Ch6ry, Calypso, Coicou.
Duchemin, Dorvil, Dub6, Dubr6us, Dumortier, D&sir6, Des-
rouleaaux, Dumay, Delva, Duroseau, Dorc6, Dossous, Du-
viella, Daguerre, Dtesgazons, Dulph6, Desir, Dolini, Duqiue-
n6, D6rose, Duthiers, D6lienne, Desravines, Duplessis, Dan-
tes, Durand, Deniz6, Dumas, Denis, Eitenne, Esteve, Excel.
lent, Esper, Errid, Edouard, Ernest, Emile, Exum6. Eugene.
Faustin, Fenelon, Fortun6, Fr6d6rique, Fernand, Fils-Aim.,
Baston, Georges, Guilhoukte, Gervais, Gabart, Guiteau, Gui-


-23-










gnard, H6rard, Hilaire, Henri; Icart, Husson, Innocent, J6-
r6me, Jean-Jacques, Janvier, Jn. Pierre, Jean-Michel, Jean-
J6r8me, Josaphat, Jean-Louis, Kernizan, K6breau, Laurent,
Lavelanet, Labissi6re, Lahens, Limousin, Lubin, Lillavois,
Lameille, Lysius, Lafontant, Lam6ry, Lorquet. Laroche,
Lh6risson, Louisdon, Lovinki, Lavache, Lefevre, Laleau
L6on, Lafond, Lerebours, Lajoie, Lechaud, Lacroix, Louis.
Lafleur, Lesp6rance, Lamarre, Larousse, Laforest, Laguer-
re, Lalanne, Moise, Montas, Mentor, Morel, Mardy, Monts,
t6s, Michel, Mendds, Mills, Metellus, Milien, Moltone. Mom-
plaisir, Mexile, Mitton, Mellon, M16nes, Morno, Mond6sir.
Nazon, Nicolas, Nazaire, Neilan, Nerette, Nelson, Noel. Noi-
zette, Olivier, Oscar, Paul, Pierre-Pierre, Pincombe, Perrier.
Perpignan, Pierre, Placide, Painson, Parmentier, Phanor,
Pierre-Louis, Paulustin, Pierre-Louim6, P6trus, Paret, Pro-
vidence, Poindujour, Paquite, Pierre.Antoine, Philantrope,
&impel, Raymond, R6gis, Ricot, Roux, Rivibre, Roy. Romnu-
lus, Rosalva, Roc, Robasson, Rosemond, Smith, Sanon. St.
Lot, St. Sum6, Souffrant, St. LUger, Sully, St. Fort, Simon.
Samson, Saintonge, Saint LS, St. Preux, St. Phard, St. Cyr,
Trouillot, Thimoth6e, Traverssiei, Thomas, Thibaud, T616-
nmque, Ulysse, Valm6, Volcy, Vaval, Victor, Verna, Vil, V6.
ricain, Vall6s, Villejoint, Vernet, Vieux, Valembrun, Vixa-
ma, Vilgrain, Yacinthe, Zamor. etc, etc.
Ces anciennes families, don't en cette monographie, les
noms viennent d'etre rappel6s, ont d6ja disparu dans une
proportion qui n'a laiss6 qlu'un nomibre assez restreint de
leurs membres. Et de toutes les grandes et belles construc-
tions qui faisaient I'admiration de tous, disons pour terminer,
qu'apres celles longtemps d6truites dans l'incendie de Novem-
bre 1894, vulgairement appel6 <, (1) il n'y

(1)Timeliue est le mom de la personnel chez qui cet incendie avait eclati premigremen4


-24-










a que le Calvaire, les vestiges de la Fontaine Madame Colot.
la Chapelle de St. Francois, le Reservoir Nord Alexis, le Kios-
cue et quelques anciennes maisons, plus ou moins restaurmes,
qui restent come derniers souvenirs rappelant la splendeur
du Bel-Air d'autrefois.

Stephen Jean-JACQUES


-25--





























CINQUANTENAIRE DE LA FOUNDATION DE LA
COMPAGNIE D'INFANTERIE DES GIBOZIENS, DE LA
CAVALERIE ET DE L'ARTILLERIE DU CENTENAIRE
1903-1953






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La Compagnie d'Instruction d'Infanterie du Centenaire dinommie populairement les
< du nom de son instructeur, Alphonse GIBOZ, organis6e en f6vrier
1903 prit une grande part a la c616bration du Centenaire de l'Ind6pendance Nationale
.ux Gonaives le ler Janvier 1904. Sur ce cliche est representee la Compagnie entire
ontourant le Capitaine frangais Giboz.


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Le 2 F6vrier 1953 est la date qui vient marquer le cin-
quantenaire de la foundation de 1'Ecole 1Vlitaire des Gibo.
ziens d6nomm6e a just raison: Compagnie d'Instruction d'In-
fanterie du Centenaire, pour lui conferer une marque de dis-
tinction, en provision de la part qu'elle etait destine A pren-
dre le ler Janvier 1904 dans la fete des Gonaives, du Cen-
tenaire de notre Inddpendance.
Inaugurbe le 2 Fevrier 1903, sous le Gouvernement du
vieux patriote Nord ALEXIS, la direction de cette Ecole fut
confi6e au devouement d'un jeune militaire frangais, Alphon.
se GIBOZ, connu, bien avant, dans notre milieu comme pro-
fesseur de gymnastique au Lyc6e P6tion. La position qu'il oc-
cupait dans cet Etablissement le mettait d6ja en 6troite rela-
tion avec une bonne parties de la jeunesse; celle qui, pour .se
mettre au service de la patrie, ne devait point hesiter a se
Sanngr sous son comrnandement. La carriere du soldat, qu'il
6tait appel6 ia poursuivre, lui procurait 1'avantage de gagner
rapidement des gallons d'officier qui le rendirent populaira
:;."s le grade de Capitaine GIBOZ.
Lorsque la nouvelle commencait a se propager que le Gou-
vernement allait executer le project d'ouvrir cette Ecole mili-
taire, des jeunes gens en Age de porter les armes venaient en
foule pour y ktre adntis. Mais pour qu'il lui fut plus ais6
d'avoir de bons auxiliaires dans 1'accomplissement de sa nou-
velle t&che d'Instructeur, cet officer de merite organisa tout
d'abord une classes de Moniteurs avec les premiers enr6l6s
comprenant: Cl6ment BELLEGARDE, Edgard ROSE, Jus-
tin NAU, Louis PESCACE. Justin ALPHONSE, Modi&re


-29-










JOLIBOIS, Paul BOUCHEREAU et plusieurs autres. Le r6le
qu'ils etaient appel6s a jouer les faisait ben6ficier d'une si
grande advance, qu'ils devenaient par consequent les premiers
grades.
Ce proc6d6 6tant la m6thode la meilleure pour atteindre
plus rapidement le r6sultat voulu, c'est alors que GIBOZ ju-
gea opportun d'l6argir le cadre limit, sur un plus grand
nombre, a un effectif de 150 inscrits comprenant des jeunes
de 18 a 22 ans. Ceux-ci ayant pr6alablement subi divers exa-
mens, signerent ensuite un engagement pour une periode de
2 ans que chacun 6tait absolument libre de ne pas renouveler,
s'il avait des raisons pour ne plus continue. Des lors, I'E-
cole 6tait d6finitivement constitute et les 61&ves en maniere
de v6n6ration pour celui qui mit toute son Ame A les instruire,
prirent I'appellation de Giboziens. Ils 6taient tous des su-
jets intellectuellement bien pr6par6s et des mieux predispo-
s6s pour bien profiter des lemons qu'ils recevaient journelle-
ment.
En peu de temps ils apprirent A faire tous les exercices de
la march passant par les formations les plus difficilles et
d'autres manoeuvres tres compliqu6es tels que: les mouve-
ments tournants et enveloppants dans les comrbats simul6s, la
colonne contre la cavalerie avec feu de masse sur 4 faces
I'escrime A la baionnette, la progression du maniement d'ar.
mes s'arretant a la formation des faisceaux, la gymnastique
d'assouplissement avec et sans armes, le service int6rieur, le
service en champagne, le service des places, le d6montage et
le remontaae du fusil Gras, module 1874, la formation en ti-
railleur pregnant les positions du tireur debout, a genoux et
couch, le tir a la Saline Baudet chaque Vendredi matin ex6-
cut6 sur cible et silhouettes d'hommes avec une parfaite et
invariable precision. Ce sont, a I'excertion de beaucoup d'au-
tres, ccs principaux movements ex6cut6s devant le Capi-


-30-










taine YOUNG, Attach6 militaire am6ricain, qui porterent ce
haut personnage, lequel avait particip6 A la guerre hispano-
am6ricaine, a dire, tout en f~licitant le Ministre de la Guerre
et le Capitaine GIBOZ en particulier, que les soldats et offi-
ciers de sa compagnie etaient si bien pr6par6s qu'ils pouvaient
figure, avec advantage, dans n'importe quelle arm6e 6tran-
gere.
Leur exhibition dans les rues efit lieu a 1'occasion de la
fete national de 1'Agriculture, le ler Mai 1903. La Compa-
gnie etait pr6c6d6e de la Musique du Palais command6e par
Occide JEANTY ex6cutant une march militaire, de la com-
position du grand musicien Th6ramene MENES, intitul6e < Gibozienne.> Ce fut done un spectacle, que le corps des Ti-
railleurs>> une 6poque lointaine, sous le Gouvernement du
President GEFFRARD, savait peut-6tre offrir, qui fit naitre
ce jour-l une grande animation sur tout son parcours. De
partout l'enthousiasme 6tait A son comble. Et depuis, on n'en-
tendait parler que des Giboziens, autant pour leur tenue que
pour leurs manoeuvres qui, en maintes occasions, faisaient
courir tout Port-au-Prince sur la place du Camp de Mars oi,
entr'autres exercices, ils 6merveill6rent le public dans les
combats simul6s en tranch6es et plus encore dans la colonne
centre la cavalerie avec feu de masse sur quatre faces. Le
rove de GIBOZ 6tait de mettre tout en oeuvre pour doter
notre pays d'une petite armee bien entrain6e et bien 6quip6e
a 1'instar de 1'arrnme franchise; il le disait chaque fois qu'il
expliquait le m6canisme d'un movement qui pr6sentait quel-
ques difficulties dans son execution.
Quand arriva la date du ler Janvier 1904, fix4e pour la
celebration, aux Gonaives, de la fete du Centenaire de notre
Ind6pendance, l'Armee Nationale qui se rendit en cette Ville
historique, c6da en cette circonstance solennelle la place a la
Compagnie d'Infanterie du Centenaire. Et les Giboziens, par


-31-










leur cranerie et leur allure martial firent I'admiration de la
population et la conquate de la haute society gonaivienne, en
ex6cutant des manoeuvres accompagn6es de sonneries vues
et entendues pour la premiere fois dans la cite.
A ces multiples manifestations s'ajoutait encore 1'effet que
produisit leur uniform de gala comand6 pour la circons-
tance, don't le pantalon 6tait de drap rouge uni au dolman,
mmme tissu, d'un noir bleuatre avec, pour coiffure, k6pi aux
couleurs nationals, surmonte d'un panache rouge, s'harmo-
nisant avec une ceinture blanche et des gu&tres de la mnme
couleur qu'ils portaient allegrement. Et 1'impression qu'ils y
laiss6rent dura longtemps apres leur depart.
Leur preparation dans le domaine des choses militaires
etait r6alis6e a un point tel que le plus grand nombre devin-
rent dans la suite des instructeurs hauts grades dans le Corps
d'Armne qui fut organism par le Pr6sident LECONTE, sous,
le titre de <> ,tandis que les autres, moins en-
tich6s de poursuivre la carriere des armes, quitterent la Com-
pagnie pour s'adonner A d'autres occupations dans les activi-
tes de la vie civil.
Pour ce qui est de 1'avancement de ses 6leves, il imported
de dire que GIBOZ n'eit pas la satisfaction qui aurait dfi
luf revenir de voir leur promotion dans < Contrari6 par des circonstances ind6pendantes de sa volont6,
il s'4tait vu oblige de les laisser, longtemjps avant leur en-
tree dans ce nouvel organisme militaire, pour regagner son
pays oi il mourut dans sa famille, en Juillet de I'ann6e 1919.
Tous ceux qui avaient connu cette inoubliable Ecole Mili.
taire, et qui ont le bonheur de vivre encore, se rappellent
avec un orgueil vraiment haitien, qu'il avait exist dans le
pays, bien avant l'Occupation Americaine, une Institution
Militaire qui, par le branle qu'elle donna incitait a la creation
presqu'en m8me tomps d'autres companies d'instruction don't


-32-










une de Cavalerie, une d'Artillerie d6nommees respective-
ment: CAVALERIE ET ARTILLERIE DU CENTENAIRE.>
Les deux ont contribu6 de concert avec les Giboziens a r6-
hausser largempnt la fete du Centenaire aux Gonaives. Le
chef de la Cavalerie etait le Commandant Leonce LARA-
QUE, ancien 6elve de l'Ecole de Cavalerie de Saumur et ce-
lui de l'Artillerie le Commandant Couba LATORTUE
de 1'Ecole de Saint-Cyr. Les deux sont morts apres avoir lais-
s6 une int6ressante p6piniere qu'ils avaient su bien preparer
en vue de la defense national.
Les survivants de la Cavalerie sont: Victor TOUSSAINT,
Louis HYPPOLITE, Stephen DUROSEAU, Maurice RAY-
MOND, G. ERRIE, Mathieu LESPINASSE, Aristobule ELIE;
Antoine DECELIAN, Ludovic LAFOND, Franck MAIGNAN,
Rene MARTIN, Joseph DEJEAN, Antoine DOUBLETTE,
Leon VIEUX, Roumain ETIENNE, H6riss6 GUERRIER,
Louis JOSAPHAT, Edgard ANDRE, Marcel PREZEAU, R.
LILAVOIS; Lahens LAFOND, R. BLANCHET, Charles R1-
BOUL, Monestime MENTOR, etc, etc.
Ceux de 1'Artillerie: Rousseau DAMBREVILLE, Tertulier
PAUYO, Auguste VERNA, Danton FRANCOIS, Georges
LABISSIERE, Marc CAUVIN, Evariste PAULUSTIN; -
pour ne citer que ces noms. A bien juger, 1'Institution mili-
taire de GIBOZ peut done &tre consid6ree comme l'ain6e de
ces dernieres.
De l'6poque oii les Giboziens 4voluaient dans toute la s6ev
de leur jeunesse au 2 F6vrier 1953, il y a 50 ans, au course
desquels les trois quarts sont d6ej entr6s dans 1'Eternit6. Les
survivants, sans computer quelques uns dissemin6s dans cer-
tains endroits de la Province, sont les suivants : Louis ALER-
TE, Paul BOUCHEREAU, Abner BOISSON; Henri BENJA-
MIN, Oc6an JN-BAPTISTE, V. CAUVIN, Philogene CHAM-
PAGNE, Felix DESINOR, Leonce DUROSEAU, Benoit


-33-









FREDERIC, Maurice HOGARTH, B. GILLES, Aurel HE-
RARD, Stephen JEAN-JACQUES, Dupre MONTES, C16-
ment LATORTUE, Montas PAUL, Mentor SEJOUR, F6lix
VIARD, D. THYBULLE, J. BRAZIER, Leonce VITAL, G.
AUGUSTIN, S. CONILLE, Herman RAMVIREZ, Jonathas
BLAS, etc.
C'est done pour accomplir un imperieux devoir qui est
celui de perp6tuer ce precieux souvenir que je fais I'histori-
que de cette ancienne Institution apres avoir mis tout en oeu-
vre pour retrauver dans la poussi&re du pass le cliche da-
tant de 1904, grace auquel j'ai pu faire reproduire la grande
photo de la Compagnie dans laquelle on voit GIBOZ entou-
r6 de tous ses 61ves.
Et pour rnarquer le plus grandiosement possible le CIN-
QUANTENAIRE de la foundation de leurs inoubliables Insti-
titutions Militaires, un group d'anciens Giboziens conjointe-
ment avoc quelques uns de leurs compagnons d'armes de la
Cavalerie et de l'Artillerie du Centenaire, aids de nombreux
amis exceptionnellement d6voues, ont organism une double
manifestation par une causerie intitul6e: HAITI faite au Lycee P6tion par Abner BOISSON, ancien
Qibozien, le Dimanche ler et le lendemain 2 F6vrier 1953,
par un grand service religieux A la Cath6drale, en m6moire
du Capitaine GIBOZ, du commandant LARAQUE, du com-
mandant LATORTUE et de tous leurs compagnons d'armes
d6c6d6s au course des 50 ans, 1903-1953, don't les noms sui-
vent :

INFANTERIE Comprenant les Giboziens:

Clement BELLEGARDE, Edgard ROSE, Louis PESCA-
YE, Justin ALPHONSE, Modibre JOLIBOIS, Bruno AN-
DRE, C6ran ARNOUX, Fernand APOLLON, Victor AN-


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DRE, Turenne ALEXANDRE, Justin ARCHIMEDE, Bl6us
AUGUSTIN, Fontenel BOIS, Daniel BREA, Leosthene BIAM
BY; Charlemagne BERNADOTTE, Edgard BOISSONIERE,
Herman BARON, C6sar BRUTUS, Henri BERTHOUMIEUX,
Georges BERTRAND, Jules BORNO, M. BARTHELEMY,
Ernest CLODIUS, Jules CLEOPHAT, Delille CHARLES,
Alexandre COMEAU, F. COVIL, Victor CEANS, H6nee
DORSINVILLE, Castera DELIENNE, Monde DELIENNE,
Emmanuel DESINOR, Saint-Victor DESINOR, Em. DURO.
SEAU, Clement DEJEAN, Alexandre DORCE, Dieudonni
DEBARIN, Louis DELVA, Em. ETIENrNE, M. ESTINFIL;
Emile FAINE, M. FRANCOIS, Luc GAILLARD, Ernest
GUIGNARD, Vilius GERVAIS, St. Elme HARMONY, M.
JOSAPHAT, Jules SANON, Rochefort JOSEPH, M. IiEAN-
MARIE, G6rin LAMARTINE, Dieudonn6 JOSEPH, M6ron&
JN-BAPTISTE, Berthomieux LAHENS, Jn-Jacques BENOIT,
Prosper LEGROS, Alphonse LACOSSIERE, Rodever LE.
VEQUE, Alexis MATHURIN, M. MANY, Salomon ME-
TELLUS, J. MILFORT, Charles NARCISSE, Alterne NEL-
SON, Em. PAUL, S. PREVAUT, Dant&s PHILIPPE; Inno-
cent PIERRE-PIERRE, M. SENATUS, Talien ROUX, St.
Aude PIERRE-LOUIS, Faustin PIERRE-LOUIS, Charles
RICOT, Emmanuel SIMON, L6once ST. ELOI, Guerrier
TOUSSAINT, Diog&ne TRENARD, Aur6lus VEILLARD,
Helv6tius ZEPHYR, Jacques WILLY, Robert WAINTRIGHT,
etc.

CAVALERIE DU CENTENAIRE:

Andr6 LAROCI-E, Leonce AMBLARD, Seymour POLY-
NICE, Maurice BUTEAU, L6once DEJOIE, Imbert AUGUS-
TIN, Dumas NUMA, J. J. CANTAVE, L6lio LAFOND; Chry,
sostome MENTOR, Clement DENIZE, Edgard RIMPEL,


-35-









Paul CHARLIER, Dieudonn6 DUROSEAU, Clement PIER-
RE, Ern. FIGARO, Joseph CLESCA, Charles LIAUTAUD;
Louis CAYEMTTE, Necker ANGLADE, M. BRIGNOL, Evan
DOMINIQUE, Luc ALPHE, Henri PARIZOT, Georges ROL-
LAND, Valentin NAZAIRE, Em. HILAIRE, Georges JEAN-
MICHEL, Edgard STOCLIN, Jh. EUGENE, Albert NOL
SETTE, Fernand CAMILLE, Helv6tius CHAMPAGNE, C&-
sar LAHENS, Charles LOUIS-JACQUES, Maurice BU-
TEAU, etc; etc.

ARTILLERIE DU CENTENAIRE:

Alexis BLAIN Ciceron DIMANCHE Malherbe BASSE,
Justin BLAIN, Lavictoire CELESTIN Louis SERGILE, Eug.
PHILOMENE, L. ESTOR, Marcius COLIN, P. RAVEAU;
Alexandre CASIMIR, Louis ROIMULUS, Dulong EXUME,
Benjamin VINCENT, Antoine DORIVAL, Octavius DIEU-
DONNE, L. ELIE, Odilon LAFOREST Penor CAMPFORT;
Elius ELIE, K6y6 LARIVIERE, Justin CHARLES; Chris-
tian FLEMING, Fl6ix DENNIS, Montferrier PIERRE, Jo-
seph TITUS, Emmanuel NAZON, etc; etc.
A cette messe du <, a laquelle assistaient pa-
rents et amis de ces chers defunts, se trouvaient fraternelle.
ment reunis autour du catafalque, les survivants de ces trois
armies qui, en raison de leur Age avanc6, repr6sentent ac-
tuellement les plus dignes veterans de notre ancienne ar-


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