Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00077027/00265
 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 27, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00265
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



PRESIDENCY DU CONSEIL


SECHBTAIATr OiNfaiAL
DU GOUVERNEMENT


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paiis (8')



BULLETIN



DE PRESS


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SE.RVIC I'INFORMATION
1Tr D) PHESSE


QU


27 decembre 1947. Nburelle Serie No 854


SOMMAIRE


'1. PIE1SSE BRITANNIQUE.
a) La situation financier en France:
1. Spectator (26/12) ;
2. Economlibt (26/12).
b) Le problmnie palestinien devant I'O.N.U. (Time
and Tide, 27/12).
II. PRESS AMERICAINE.
a) La situation politique en France (New York He-
"ald Tribune, 26/12, edition europ6enne).
b) La politique -ext6rieure de l'Union Sovi6tique
(New York Herald Tribune, 25/12, 6dit. europ.).
c) Le problem allemand (New York Heropd Tri-
bune, 25/12, edition europ6enne).
\III. PRESS SOVIETIQUE.
ia) La situation politique en France '(Novoe Vremia,
23/12).
b) La polilique du Vatican (Pravud'l, 24/12).
IV. PRESSE BELGE.
La situation politique en France:
1. La MWtroplole (24-25/12)
2. La Dernidre Heure (25/12).
V. PRESS SUISSE.
a) .a situation en France (Jonirnal de Geneve, 25-
26/12).
b) Le problbme allemand (La Tribune de Geneve,
25-26/12).


I. PRESS BRITANNIQUE


a.) LA SITUATION FINANCIERE EN FRANCE.
1. Spectator (26/12, conservateur) :
< Bien qu'un came relatif r6gne en France aujour-
d'hui, tout montre qu'on s'oriente vers une cruise im-
portante en 1948. Les measures flnancires proposes
par M. Ren.6 Mayer sont certainement plus draconien-
nes que routes celles qui ont Wte .essayees depuis la


guerre. II faut un grand courage politique pour imposer
une taxe individuelle aux citoyens qui vivent sans tra-
vailler, pour 'risquer une hausse des prix des products
industries afin de ritabiir 1'6quilibre entire ceux-ci et
/ les prix des products agricoles scandaleusement exa-
g6r6s, et avant tout pour grever d'run prelevement spe-
cial les profits qui ont 6t& faits grace a l'inflation, en
sachant bien que cette measure pesera le plus lourde-
ment sur les fermiers. Le fait mimee que le gouverne-
ment se montre d6sireux de prendre de telles measures,
fait que l'insistance mise par les gaullistes a r6clamer
des elections s generales rapides apparait comme tris
particuliere... Apres trente ans d'une inflation constant,
la France doit maintenant l'arrcter avant qu'elle ne
s'Ctende trop vite, et si le gouvernement actuel est prkt
a agir avec fermet6, il nmrite de recevoir l'appui de:
tou's les hommes de bonne volont&... >

2. EcoAnanist (27/12, liberal) :

< ...Le facteur d6cisil sera constitu6 tout simplement
par la possibility ou l'impossibilit6 de fair.e quelque
chose pour stabiliser le coit de la vie et faire baisser
le prix des denrbes alimentaires. Les travailleurs, bien
qu'ils aient etl soumis a une forte provocation, ont
monfrb leur sens politique. La question est maintenant
de savoir si la bourgeoisie francaise montrera une fer-
met6 et une moderation semblables. Les presages ne
sont gubre favorables. L'6goisme et 1'6troitesse de vue
qu'ont montres au course des deux dernieres ann6es tous
ceux qui, en France, ont tire profit de la situation anor-
male de 1'econoimie francaise, ne permettent gunre d'es-
p6rer qu'un brusque changement de dispositions mette
un term A leur sabotage, qui est peut-ktre inconscient,
mais ,qui n'en est pas moins -continuel. M. Ren6 Mayer
a cependant engage maintenant une lutte ouverte centre
eux. L'essentiel des propositions qu'il a faites pour sta-
biliser l'6conomie frangaise, est que tous ceux qui ont
profit de l'inflation hommes d'affaires, sp6culateurs,
paysans, propri6taires terriens doivent maintenant
ren.dre gorge, que ce soit en acquittant un imp6t 'tres
lourd ou en contribuant .A un nouvel emprunt h 3 %.
On estime que ces mnesures front dispraiire de la cir-
culation un sixieme du pouvoir d'achat actuel et aide-
ront a .6tablir un budget 6quilibr6 a 900 milliards.
Mais le nouveau contribuable paiera-t-il ? La r6ac-
tion du group ,gaulliste, qui represente 1'616ment
extreme, a W6t significative. Les gaullistes demandent
une dissolution de l'Assembl6e et di nouvelles elections,







i BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


sans doute pour permetire aux conlribuables 6venluels
de manifester par leur vote leur refus de payer. xMa'(i
si oette reaction s'av&re 6tre celle de toute la masse des
Frangais et des Frangaises qui se sont enrichis, il n'y
a plus d'espoir du tout pour un gouvernement mod6rd
en France.
b) LE PROBLME PALESTINIEN DEVANT L'O.N.U. T'imoe uand
I2ide, 27/12, ind6pendant) :

c La situation en Palestine s'aggrave constamment,
et le pauvre gouvernement britannique, don't le seul de-
sir est de se degager honorablemznt de ses obligations
dans le delai le plus court possible, se trouve une lois
de plus et de facon injuste en butte A I'opinion mon-
diale... Une lois je partage decide, il 6tait parnaitement
clair que ren ne pourrait empecher les Arabes de
prendre des measures pour s'y opposer, ou les Juils d'en
prendre de leur cot6 pour d6fendre leur novel Elat.
Malheureusement, la Commission de partage a et6 in-
capable de delimiter des frontiires etlhniques ou des
frontieres qui se pr&tent A la defense. Les organizations
rivals fonciionnent sur un territoire oi les races sont
m6lees de -facon inextricable, et ne combatlent pas sur
un terrain particulier, mais sur l'ensemble du pays.
Aussi bien chez les Juifs que chez les Arabes, le main-
tien de la loi et de l'ordre est consid6tr come une
measure hostile prise par un intrus Ptranger contre des
Etats ind6pendants.
Bien que les Juifs et les Arabes puissenl ayoir des
raisons de se plaindre, l'endroit- ol ils doivent s'adres-
ser n'est ni Jerusalem, ni Londres, mais Lake Suc-
cess... Non seu.ement I'O.N.U. n'a faith aucune tenta-
tive pour crier un organisme capable de maintenir la
paix lorsque la decision serait applique, mais encore
elle n'a mame pas pouss6 les gouvernements, qui sont
d'accord pour constituer une Commission technique
charge de tracer sur place les nouvelles frontieres, A
nommer des repr6sentants dans ce but. L'O.N.U. se
contente d'adresser des reproches vagues A la Grande-
Bretagne, apparemment dans cet espoir qu'en definitive
le gouvernement britannique changera de resolution et
fera le travail pour 1'Q.N.U., plutot que de quitter le
Moyen-Orient en le laissant dans le chaos. Or, c'est la
le seul espoir qui soit vain. Sa r6alisation ne serait pas
accepted en Grande-Bretagne, et plus tot les Nations
Unies admettront ce faith comme fundamental dans la
situation qu'elles ont cr66e, plus t6t la situation sera
6claircie. Ce n'est pas .en Angleterre, mais en Avjiri-
que, qu'il faut prendre la decision, et il est grand temps
que les Nations Unies pensent tres serieusement A la n6-
cessit6 urgente de la prendre. >



11. PRESS AMERICAINE



Revue de la press am6ricaine du 24 decembre 1947
La press am6ricaine donne la vedette b la decision annon-
c6e hier, par le D6partement d'Etat, de retire les troupes
am6ricaines des treize bases situees sur le territoire de la
Republique de Panama. Elle public 6galement en premiere
page les informations venues de Paris sur les d6bats de
l'Assemblde Nationale.

1. Panama
La plupart des journaux publient le texte integral de la
declaration faite par le Departement d'Etat annongant,
qu'en raison de la non ratification du trait americano-
panamben par le Parlement de Panama, le Gouvernement


americain a decide de retire lc plus rapidement 'possible
les effectifs americains qui occupent encore des bases si-
tuaes sur le territoire de la R1publique. Les correspondents
de radio interpr6tent cette decision comme une preuve de
la bonne volont6 amrricaine en m6me temps que de la
sinc6rite des intentions du Gouvernement de Washington,
qui desire ne pas nuire aux relations de bon voisinage qu'il
entretient avec les Republiques d'Am6rique latine. Les bases
en question, a l'exception d'un aerodrome pour B29, sont
des installations de radar destinies a pr6venir les d6fen/ses
du canal de l'arriv6e d'avions ennemi. Les effc tifs ameri.
cains ne d6passeraient pas 2.000 homes.
Les correspondents a Washington rapportent les d6clara-
tions du s6nateur Knowland, indiquant qu'il demanderait
au Congris le mois prochain de voter les sommes n6ces-
saires pour lever le plan d'un nouveau canal au niveau
de la mer, a travers le Nicaragua .

2. Aide americaine
La press announce que M. Truman a sign la loi qui met
a sa disposition une some de 522 millions de dollars pour
l'aide a la France, a l'italie et a l'Autriche. Par ailleurs,
la press continue a reproduire les declarations des person-
nalites interessees au plan Marshall. C'est ainsi qu'elle-cite
cells de M. Eaton, president de la Commission des AIfaires
etrangeres de la-Cnambre, indiquant qu'il s'oppose a la pre-
sentation d'un contre-projet republican. M. Eaton se serait.
cependant elev6 centre le chiffre de 17 milliards de dollars
propose par M. Truman pour 1'aide americaine a 1'Europe
au course des quatre prochaines annees, et il aurait propose
de voter chaque annee les sommes n6cessaires a ]a mise
en vigueur de ce plan d'aide.

3. 0. N .U.

Les deux journalists communists qui avaient dt6 d6tenus
par les services d'immigration americains ont dt6 relaches
tandis que leur cas fait l'objet de discussions entire les divers
ministeres interesses et le Secretariat general de l'O. N. U.

4. France
Les d6bats a 1'Assemblee qui ont about au vote des prin-
cipales measures financieres proposes par le Gouvernement
sont announces sous des titres qui font ressortir que la Onam-
bre a accept l'emprunt force, propose par M. Schuman.
Les attaques gaullistes et les repliques qu'elles ont provo-
quees sont rapportees par les correspondants de Paris, qui
notent g6neralement qu'un grand nombre de representants
de droite et de gaullistes ont vote avec les communists con-
tre le Gouvernement. Cette association gaullistes-conimu-
nistes est dgalement relevee dans les commentaires de la
radio americaine.
Le correspondent du a New York Herald Tribune a) Pa-
ris constate que la ( lune de miel ) du Gouvernement Schu-
man est termin6e et que opposition qui se manifesto de
droite autant que de gauche 1'emp6che d'obtenir une forte
majority. Le correspondent du a New York Times ) estime
que l'attitude de l'Assemblee lors du vote de la taxes sp6ciale
pour lutter centre l'inflation repr6sente un l1ger echec pour
le Gouvernement, qui a 6t0 oblige d'accepter un amende-
ment allegeant le fardeau qui aurait pes6. sur les paysans
et le petit commerce.
Le ( New York Times ) et le ( New York Herald Tri-
bune a reproduisent les declarations faites a Paris a propose
du nouvel accord tripartite sur le carbon et le coke alle.
mands Ces deux articles indiquent que la production sid6-
rurgique frangaise est appelLe a bendficier de cette nou-
velle r6partition de coke allemand et qu'ainsi la reconstruc-
tion frangaise sera grandement avantag6e. Un article de
Sulzberger, envoy de Paris au a New York Times ) se rap-
porte a ce qu'il appelle ( les n6gociations diplomatiques
delicates qui se ddroulent entire la France et les U. S. A. )
en vue de la r6daction d'un trait bilateral pour la mise
en application de l'aide am6ricaine a la France. II 6crit
que la phraseologie du project d'accord soumis par le Dd-







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


partement Q'Etat soulevait des objections et risquait de ser-
vir les fins de la propaganda communist. II insisted tout
particulier(tnmnt sur la n6cessit6 de ne pas heurter les sen-
timents, la fiert. et 1'ind6pendance du people frangais et
passe en revue diffdrents points qui feraient actuellement
I'objet des n6gociations diplomatiques.
Une d6p6che de Paris du < New York Times a announce
que le Cabinet frangals a approuv6 < I'ouverture des n6go-
ciations 'avec 1'Empereur d'Annam, en vue de mettre fin
au conflict avec le Viet-Nam. )
( Life a public un long article de M. Bullitt, accompagn6
de photos sur ( la plus iriste guerre > qui, d'apr6s lui,
se deroule en Indochine entire les Francais et des gens ( qul.
sont patriots mais qui sont mends par les communists >
et il conclut cet article en d6clarant qu'un peu de raison
suffiraft pour mettre fin a ce conflict.

a) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (New York He-
ra~d Tribune, 26/12, edition europ6enne) :
c ...Le communism ne consfitue plus le moyen d'ar-
river au pouvoir en France... La formation de la nou-
velle troisieme force, qui comprend tous les grounes
politiques du centre et du centre gauche. qui ne depen-
dent ni de Moscou, ni du g6enral de Gaulle. est P'un des
signes des temps les plus remarq'uables. La formation
de la troisieme force realise sur le Dlan politique ce
que Force Ouvri6re movement de M. Leon Jouhaux
et des autres chefs syndicalistes non communistes -
vient de r4aliser dans le domaine industriel...
Au nombre des nouveaux partisans de M. L6on
Jouhaux, qui cnmprennent des 6elments non commu-
nistes de la C.G.T. et does 61cments anticommunistes des
syndicats autonomes, il peut s'en trouver beaucoun all
suivraient le g6n6ral de Gialle s'ils 6tfient sirs de la
sincerit de celui-ci lprsqu'il reclame des r6formes so-
ciales.
La faib'.esse du programme du genAral reside dans
le caractAre vague de sa politicrue ouvribre et 6cono-
miioue. Le general croit manifestement que c'est la
aueloue chose de subordonn6 a sa or6occun.tion fon-
damentale de cr6er un ex&cutif fort et de redresser les
finances de la 'France.
Mais il ne peut sauf par un coup d'Etat aui s'effor-
tuerait par la violence ar'c.der au nouvoir sans avoir
'nnnui d'une Dartie de la classes ouvri6re. Et il ne nnir-
rait uouverner avec fous les travaillenrs cnntrp lui. Les
comnmunistes se trouvent dans In mAme situation. C'ect
ce dilemme. qui se pose a la fois aux. communists et
nax anHllistes. aui Dermet au urnvernemont actuel de
la troisieme force. nresidB nnr M. Robert Schuman, de
voguer entre Charvbde et Scylla avec une s6curit6 tem-
pornire. mime si elle est pr6caire. >
(GEORGE SLOCOMBE.)

b) LA POLITIOUE EXTARIEURE DE L'UNION SOVIETIQUE
(New York Herald Tribiune, 25/12, edit. europ.) :
< On admet g6neralement que la politique de 1'Union
Sovieticue est basAe sur cette assertion que le regime
capitaliste est condamn&... La plunart des membres du
Politburo, qui suivent en cela M. Molotov. competent
au'une crise 6conomique d6sastreuse s'abattra sur les
Etals-Unis avant la fin de l'ann6e 1948. Ils sont persua-
des que le gouvernement am6ricain sera alors contraint
de retire de 1'Europe cenlrale ses trouues d'occupalion
et de mettre un [rme aux lour'ds pr6lgveuients sur le's
resources amiricaines au'entraine un plan Marshall.
La voice serait alors libre Dour le gouvermnement so-
vi6tique, cui pourrait affermir son emprise sur I'Alle-
magne et I'Aulriche. Dans ce cas, 1'Europe occidental
tomberait automatiquement aux mains d.e regimes com-


munistes locaux. Si les calculs de M. Molotov s'av6re-
raient justes, l'Union Sovi6tique pourrait alors renfor-
cer sa propre structure economique, forte de, cette assu-
rance qu'elle pourra computer sur les resources indus-
tielles de PEurope occidentale avant 1950...
-Le sort des d6mocraties depend dans une large me-
sure de la possibility qu'aura le people am6ricain de
suivre une politique interieure telle que la crise sur
laquelle mise le IKemlin ne se produise pas. I1 n'y a
jamais eu, dans l'histoire des Eitiats-Unis, d'6poque oi
la politique int6rieure est appelCe A conditioner de
fagon plus directed la politiqu.e 6trang6re... La security
de I'Ouest depend du d6sir que montrera le people
americain de resoudre ce probl6me interieur avec le1
meme esprit intelligent et non partisan que celui qu'il
a montr6 lors de la ratification de la Charte de I'O.N.U.
et du vote du project d'aide int6rimaire a 1'Europe...
L'ann6e qui vient sera extrAmement critique du point
d.e vue national. De tells difficult ne pourront etre
surmontres que si 'opinion publique se rend compete a
temps que la s6curit6 des Etats-Unis depend de la me-
sure dans laquelle le gouvernement americain pourra
faire triompher.sa politique etrangBre actuelle, et que
si 1'opinion se rend compete que la politique 6trang6re
du gouvernement ne peut reussir que si elle est soute-
nue par une 6conomie national prospire. >
(SUMNER WELLES.)

c) LE PROBIAME ALLEMAND (New York Herald TNibune,
25/12, edition europ6enne) :
SM. 'Churchill, dit-on, a d6jA choisi le sous-titre du
cinquibme, et dernier tome de ses T M6moires de
guerre . II se lit ainsi : c Of les d6mocraties ont enfin
remport6 la victoire, et de ce faith ont pu recommencer
A commlettre les maladresses qui les ont conduites au
board du d6sastre... 2
II y a un certain nombre de lemons particuliores que
]'on pouvait s'attendre A nous voir tirer nous-m6mes,
aux Etats-Unis, de notre experience de deux guerres
coutteuses contre l'Allemagne.
L'une de ces lemons, c'est le risque que nous courons
de nous casser le cou pour reliever 6conomiquement
l'Allemagne. N'est-ce pas 1A, en effet, exactement ce que
nous avons faith apres la premiere guerre ? Et pouvons-
nous oublier de sit6t les r6sultats ? En apparence, oui.
Car il n'est pas un homme d'affaires ou un membre du
CongrBs qui, au retour d'une tourn6e c rapide > en
Allemagne, n'annonce solennellement que o nous de-
vons reconstruire l'Allemagne rapidement >.
Peu d'entre .eux, du moins autant que j'ai pu le rc-
marquer, se sont jamais donnA le mal de se demander
ce que l'Allemagne pourrait etre A nouveau capable de
faire, de nouveau, aussit6t que nous aurons retissi A la
reliever. Ils n'ont pas davantage envisag- les cons'quen-
ces de Pun des faits les plus important de notre temps,
A savoir qu6 la possession d'une grande puissance eco-
nomique permet automatiquement A uine nation de dis-
poser 6ventuellement d'une grande puissance militaire...
La plupart des AmBricains pretendent, pour des rai-
sons qui m'Achappent, que les Allefiands, lorsqu'ils ont
perdu une guerre et que leur regime s'est effondr6,
s'orientent automatiquement vers la democratic. C'est
I.A une ,ccroyance tout A fait erronbe. Aujourd'hui, malear
la defalite totaJe et 1'effondrement du regime .nazi. les
Allema.nds ne sont pas democratiques. La imajorit. d'en-
Ire eux miprisent encore la damocratie et s'en disin-
t6ressent. Cependant, nous ktablissons nos plans pour
le future Etat allemand comme si le contraire 6tait v6-
rifl6. Nous parlons all6grem-ent, comme I'a fail I'ancien








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE tTRANGtBE


secretaire d'Etat M. Byrnes dans son fameux discours
de St'uttgart, de laisser les Allemands former un gou-
vernement d6mocratique.
Le sous-titre choisi par M. Churchill est vraiment
parfait. >
(WILLIAM L. SIIIRER.)



II. PRESS SOVIETIQUE


a) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Nioivlle Vreimnia,
23/12) :
< Les informations de press montrent clairement
que le g6n6ral de Gaulle s'est place ouvertement a-la
tete du plan reactionnaire en France. 'Les gaullistes
font des pr6paratifs appropri6s, et toute la press de
droite, de l'Epquie q I'Auuor'e, loue de Gaulle et assure
que la France ne peut se passer d'un < fiihrer > et
que la Providence a reserve cette mission a de Gaulle.
En mime temps, les agents gaullistes inondent les li-
brairies d'ouvrages qui falsifient Phistoire des idrama-
tiques annees de la 'd6faite de la France et de l'occu-
pation hitl6rienne en fondant une 16gende qui fait du
general de Gaulle i'organisateur de la resistance natio-
nale... >
(EUGANE VLADIMIROV.)

b) LA POLITIQUE DU VATICAN (Pravda, 24/12) :
( D'apres les dernieres informations rescues d'Italie,
le Vaticah travaille Cnergiquoment h l'union des forces
r6actionnaires de France et d'Italie.
Le Vatican s'interesse particulibrement a on project
de < gouvernement de concentration > en Italic, au-
quel participeraient tons les groupements 'de la droite,
presides par le parti d6nmocratique chr6tien.
Suivant les conseils dui Vatican, les milieux catholi-
ques francais suivraient une politique analogue afin de
porter au pouvoir le general de Gaulle. Les agents de
de Gaulle sont djiA entr6s en contact avec ides 1ee-
ments de la reaction italienne.
Dans ces deux pays, les 6elments reactionnaires ont
l'intention de pousser les parties dnimocrates A I'action
pour pouvoir les declarer ensuite c hors la lot > pour
<< exc6s de desobeissance et preparation d'emeutes >>.
On affirmed egallemeit ique I'a'ctivite occulte 'du Vati-
can est encourage par les' autorit6s militaires am6ri-
caines en Italic ct que les d6p6ts secrets constitu6s
dans des umonasteres et dans des ecoles regoivent du
inateriei nmilitaire d'origine amricaine destine aux par-
tis' de droile italiens et aux agents de de Gaulle.
Les autorites mililaires ambricaines en Italic ont 6te
invitees par Washington a vendre au Vatican tout le
materiel en surplus laiss6 en Italie par les troupes am6-
ricaines. Les reprbsentants 'du Vatican ont d6ji gagne
plus de 3 milliards, de lires en revendant ce materiel
A la population a un taux de speculation. Une parties
de cet argent est destine a finance la press r6action-
naire italienne et frangaisel qui, sous la direction du
Vatican, minc .une propaganda contre les forces d.-
mocraliques des deux pays. >
()u correspondent particulier 'dc la Pravc)da i
Bruxclles.)


IV. PRESSE BELGE


LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE.
1. La Medtloppl (24-25/12) :
< ...Les parties de la Troisieme Force ont peut-6tre,
an fond, plus de partisans dans le pays que ne lindi-
quent les derniers scrutiny. C'est par crainte des com-
munistes que beaucoup, d'electeurs les ont liht6s pour
se rallier A de Gaulle. Ces &lecteurs peuvent etre rega-
gn6s.
Mais l'erreur commerce lorsqu'on suppose qu'on les
regagnera par la propaigande; et l'on y ajoute lorsqu'on
Id'6clare que le gaullisme est le grand pe6ril de 1'heure
au moins autant que le communism. C'est li une grave
erreur d'interpr6tation sur les causes de la situation
present. L'histoire des trente dernieres annies montre
que toujours le fascisme (en admettant que de Gaulle,
soit fasciste, -ce qui serait une exaggeration assez gros-
siere) fut une reaction de defense centre le commu-
nisme. It a r6ussi chaique fois qu'un regime, dmocra-
tique se montrait impuis.sant a assurer cette defense.
Quiand elle est assure par les institutions normales, il
n'y a pas de p6ril fascist.
A quoi bon s'en prendre au gaullisme ? Une telle
offensive' est sans But. Si le gouvernement actuel, ap-
puy& sur la Troisieme Force, vient au bout de sa tfche,
s'il 6tablit l'6quilibre financier, celui Ides prix et des
salaires, s'il m.aintient, ialgre le comniunisme, la paix
social, la bataille sera gagn6e pour lui. Ee pays 1'ap-
prouvera, .c.e qui, signifie que la Troisieme Force croi-
trai aux d6pens des parties extremes, gaullistes et .c.om-
munistes. Par contre, s'il 6choue, nulle propaganda,
nulle organisation ne poarra le sauver, ni lui-m6me ni
ceux qui le soutiennent: Nous sommes dans un mo-
ment oft ce ne sont pas les paroles ni les gestes, mais
les ;actes qui competent.
La greve entrance de graves consequencess. Le mou-
vement < Force ouvriire >, qui groupait les syndica-
listes non communists, a decide de quitter la C.G.T....
Les militants de Force ouvribre out pr6f6r6 se etirer
pour fonder une nouvelle central avec de nouveaux
syndiicats, .des unions Idepartementales et des f6dtra-
tions professionnelles.
Quelle sera la force de cette organisation? En dehors
de Force ouvrir.e, don't les membres afflli6s, h la C.G.T.
n'6taient pas tres nombreux, il y a les syndicats auto-
nomes et les syndicats chr6tiens. Si ces trois groups
pouvaient etre rassembl6s, on aurait une nouvelle orga-
nisation de travailleurs qui pourrait se mesurer avec
la C.G.T. Elle se joindrait h la Troisieme Force et La
consoliderait.
Mais alors, dit-on, c'est qu'il y a tout de meme a
faire sur le plan organisateur. On finirait peut-rtre par
constituer une sorte de grand part travailliste, reu-
nissant une bonne parties de la classes ouvriere, les so-
cialistes et le M.R.P. Ce parti pourrait avoir une large
base.
Sans aucun 'doute. C'est li unie tentative qu'il faudra
observer avec interUT, avec sympathie, sans se fair
illusion suirs'es, difficulties. Pour iqu'e'lle aboutisse, il
faudra que le parti socialist se defasse de certaines
habitudes doctrinales qui le rapprochent, malgre tout,
du communism. II faudra que la. classes ouvriere adopted
un programme qui ne soit pas uniquement center stur
ses rcvendicalions. Sans quoi; le travaillisle se redui-
rait A ctee classes; ou plut6t a sa moitib, 1'autre moiti6
restant comununiste. Ce scrait insuffisant pour un grand
part de gouvernenrent... >
itDu correspondent A Paris de La Mlreopole.)








BULEI QUTIIE DEPESEERNGR


2. La Dernidre Heure (25/12) :
< ...L'Assembl6e national a adopt par 300 voix seu-
lement, centre 268, les projects qui lui 6taien! presents
par M. Rene Mayer. Encore ne ra-t-elle fait qu'apres les;
avoir passablement amenuisis, puisque leur renldement
a 6t6 r6duit d'une trentaine de millards.
Cette reaction die la representation parlerientair.e
n'est pas 6tonnante. Les d6puths ont regu depuis cinq
jours des mo.nceaux de t616grammes de protestation,
6manant die toutes les categories sociales menaces par
les projects et ils se sont .efforces 'd'dulcorer leurs dif-
f6rentes positions.
Les commercants, les agriculteurs, les membres -des
professions librales ont obtenu quelques allegements,
parce que l'hypolh6que d'l6ections prochaines a pese
deja sur les debats. En ce sens, l'v6nement est riche
de signification, au point de vue politique. Les social
listes -et les M.R.P. ont observe une discipline strict,
mais ne isont ppas assez nombreux pour former une v6-
ritable majorite...
Les chittres du scrutiny resument A merveille la situa-
tion actuelle. II y a une majority du centre, mais eiile
est fortement menace, d'une part par le communism
et ide Pautre par le gauilisme qui, se plagant .dji l'un
ct I'autre dans la perspective des elections, se montrent
plus 'dynamiques.
On volt ainsi, -de mieux en mieux, que si la rtussite
du plan Rene Mayer conditionne tout l'avenir de la
Troisieme Force, elle apparait fort incertaine. Sans
doute, l'auteur du plan nest ni un socialist ni un r&-
publicain populaire, mais un radical. Cela n'entbve ce-
pendant rien a la valeur d.e la demonstration, parce
que le part radical se subidivise en plusieurs trongons.
II est incontestable que l'ceuvre de reAivement bcono-
mique et financier a une base parlementaire insuffl-
sante. Cela tient A la conviction, qui ise r6pand'de pius
en plus -dans tous les milieux politiques, que le retour
A de nouvebles elections It une echaance peu eloign6e
est revenue inevitable... >
(Du correspondent a Paris de La Derni6ire Heure.)


V. PRESS SUISSE


a) LA, SITUATION, EN FRANCE (Jo.urnal de Gejzlue,
25-26/12) :
< ...On ne peut pa's dire que le project minist6riel et
sa discussion donnent une impression trts encoura-
geante. En some, ,on parait toujours turner dans le
m6me cercle.
Les seuls faits poisitifs sont les 6normes hausses ide
prix qui, en cette fin d'ann6e, s'abattent sur la popula-
tion qui risquent bien d'annuler rapi'dement l'effet des
augmentations *de saiaires. On est done, une fois de
plus, en presence d'une improvisation et non d'un plan
bien coordonn6. C'est ce qui s'est constaminent produit
depuis trois ans, et les rtsultats de cette methode ne
sont que trop 6vidlents. Ainsi chaque effort d'assainis-
sement ou de redressement aboutit en fait A une ag-
gravation de la situation.
On sent, d'ailleurs, que I'Assemblke, profondtment
trouble *depuis les elections municipales, sans vouloir
l'evouer, se rend compete que sa composition ne corres-


pond plus gubre A l'opinion publique actuelle et qu'elle
redoute d'avoir A abr&ger la dure!e de son mandate et
d'avoir A affronter ide nouvelles elections. Par conse-
quent, le problme politique .s'impose ide plus en plus
A attention, de tell sorte que la question ide savoir
si avant tout ii ne sera pas n6cessaire de lui donner
une solution 'demeure l'ordre du jour. On aurait bien
vounh 1'l6uder, mais rien ne pleut emp&cher qu'elle ob-
sede aussi bien ceux qui ne veulent ,pas en parler que
ceux qui insistent sur son actuality.
Comme on a pu en juger par les chiffres donn6s
plus haut, la majority iqui a adopt le project est plus
r6duite encore qu'on ne I'avait prevu. On avait pens6
qu'elle serait 'de 310 a 320 voix; .elle n'a 6t6 que de
300' voix contre 268; la marge entire les oui et les non
n'est que de 32 voix. C'est 6'videmment peu quand il
s'agi,t de mIesures de cette importance touch-ant A taut
*d'intrit's. II faut 6videmment souhaiter qu'ellies aient
un effet heureux, mais on n'a pas 1'impression qu'on
soit en presence idu programme de redressement d'ien-
semble depuis si longtemips attend. >
(Du correspondent A Paris 'du Jouln'll die Genev.)

1) LE PROBLiME ALLEMAND I(La Tribune de Gen'vTe,
25-26/12) :
Z ...A la suite du recent accorJ financier intervenu,
entire les gouvernements de Londres et de Washington
et en .veriu duquiel ce dernier assume la plus grosse
part des frais id'occupation et de remise en etat de la
v bizone >, ce sont les Etats-Unis qui, de ce c6f-e, mr-
nent le jeu. Ils sie sont assure, en partitculier, la haute
Direction du ,commerce ext&rieur ct ils out r6ussi de
la sorte A altirer dans leur orbite ;les industriels et les
hommlis d'affaires indigBnes, et m me nombre de socia-
listes qui misaient pr6c6demment sur l'appuii du gou-
vernement travailliste. Ayant fail A son tour le peleri-
nage d'Am6rique, M. Schumacher lui-m8me parait
avoir mis une sourdine A son programme de socialisa-
tion integrate et table resolument sur le su6cis duo plan
MNarshall.
Alors que toute la politique des LEtats-Unis, an lende-
main de la guerre, tenidait A empechler A tout jamais la
resurrection de la concurrence adilemande car c'6-
tait lA la signification exacte du fameux plan Morgen-
thau ils isont aujourd'hui les premiers int6ress6s au
r'edressement de l'6conomie germanique, don't ils tien-
nent solidement les' principaux levi'e,rs de commande.
Les Allemaids eux-m6mes i'ont bien seiTti ,et tous leurs
regards sont d6sormais fix6s sur Washington. A leurs
yeux, l'Angleterre, qui fut pourtant la premiere A plai-
Ider leur cause, ,fait ,de plus ,en plus figure de parent
pauvre,' et ils competent en outre sur leurs protecteurs
amAricains pour mlener la France A une comprehension
pus rBallisie de leurs nacessit6s int6rieures.
Tandis ,que les autoritsi ,sovi6tiques ne reculent de-
vant aucun moyen pour consolider le regime totali-
taire qui fonctionn!e A plein rendement dans leur zone
depuis tant6It deux *ans et demi, l'influence am6ricaine
est done en train de l'emporter haut la main en AUle-
magne oiecidentale. iCette evolution illustre bien la si-
tuation cr66e par 1'6chec de la Conf6rence de Lon'dres.
Mais elle n'es.t pas de nature non plus A .favoriser les-
sor de cette < troi.sime force p qui, idans l'esprit de
MM. IBevin et Bidaault, peut Aseule sauver 1'Europe en-
tibre de la dislocation dltlin:itive.
PAUL DU BOCHET.)


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS tTRAGARE


5















































































Prix : 6 fr.




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs