Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 23, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00263
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text

PRESIDENCY DU CONSEtL

SECRETARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAiSE


MINISTERE
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESSED


/-


BULLETIN


PRESS


QU01



IETR


E


Nouvelle S6rie NO 851


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
.a) AprB s la Conf6rence de Londres :
1. SulOday T mes (21/12).
2. Obletrver (21/12).
3. Rey4oalds NMws (21/12).
b) La situation financiere en France (Times, 22/12).
c) Le message du President Truman aiu Congris :
1. MJcfnicester GuWrdian (20/12).
2. Obsjerver (21/12).
II. PRESS AMERICAINE.
a) AprBs la Conference de Londres (New Yiork He-
rigld 7ribuime, 21/12, edition europCenne).
b) L'aide americaine h 1'Europe :
1. P. MA. (21/12).
2. Philadelphia Iaquairer (21/12).
III. PRESS SOVIJTIQUE.
IV. PRESS ITALIENNE.
a) Les declarations 'du conile Sforza a l'Assemblee
italienne (GoWitrirlere delta Ser, 19/12).
b) L'Italie et les Etats-Unis :
1. Gilownale d'lfklia (16/12)
2. A.unti 1(19/12).
V. PRESSE SUISSE.
Apris la Conf6rence de Londrcs :
1. Gaetlle de Lcuwai vle (21/12).
2. Ncte ZiirCih e' Zeitwizy (21/12).


I. -- PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 21 decembre 1947
L'attention de la press dominicale se concentre surtout
sur les questions de ravitaillement. Chaque journal consa-
cre un important article a exposer comment les accords
conolus avec le Canada et l'Australic vont permettre d'aug-.
menter prochainement les rations et notannment cell de
bacon, qui sera double a partir du 11 janvier.
Oe sont les consequences de l'echec de la Conference de
Londres qui retiennent attention des principaux journaux
en matiere de politique exterieure, tandis que le journal po-
pulaire ( The People ) croit savoir qbh' son retour a Mos-


cou, M. Molotov se serait fait admonester par M. Staline
pour n'avoir pas su faire durer la discussion. Le ( Sunday
Express >), sous la signature de Trevor Roper, estime, au
contraire, que le ministry sovietique souhaitait des le d6but
fair eohouer la Conference. Moscou, en effet, aurait, avant
meme l'ouverture de celle-ci, acquis la conviction que les
parties communists ne pourraient pas actuellement saisir
le pouvoir dans I'Europe de l'Ouest. Dans ces conditions,
les Soviets auraient choisi de se replier derriere une sorte
de m/lraille de Chine, au sein de laquelle ils s'efforceront
de fair rentrer la plus grande parties possible de l'Alle-
magne.
UL ( Sunday Times ) estime qu'a l'Ouest comme a 1'Est,
des measures de la plus grave portoe risquent d'etre prises
trts prochainement. Bien que personnel ne voie de raison de
conflict immddiat, les prochaines semaines pourraient cepen-
dant aggraver dangefeusement le partage de 1'Europe, de la
Baltique jusqu'a 1'Adriatique, en deux camps absolument
isoles. Solon ce journal, les puissances occidentales envisa-
geraient les measures suivantes : arret de toute expedition
vers la Russie, de reparations provenant de la zone occi-
dentale ; emission d'une nouvelle monnaie allemande, afin
de d6jouer la manoeuvre des Russes, qui auraient prepare
de~ quantitCs invraisemblables de billets a Leipzig ; inte-
gration de la zone frangaise dans la bizone ; reconnais-
sance de lintggration de la Sarre dans 1'iconomie fran-
caise ; preparation d'une Constitution pour l'Allemagne
occidentale, base sur un principle de decentralisation, et
institution d'un organisme provisoire d'administration alle-
mande fonctionnant sous contr6le allied ; enfin, developpe-
ment des industries de la Ruhr, en liaison avec le plan
Marshall.
Le ( Sunday Times a croit que los Russes ne resteront
pas inactifs de leur cot6. On peut imaginer qu'fls commen-
ceront par s'attaquer a la presence des puissances occiden-
tales a Berlin et qu'ils rendront 1'existence des delegations
allies aussi difficile que possible. Il n'est pas impossible
qu'ils essayent 6galement de mittre sur pied dans la capi-
tale un pretendu gouvernement central de 1'Allemagne, avcc
lequel ils pourraient signer un trait et qui serait reconnu
par les Etats satellites de la Russie.
Dans le mime journal, Brandon ecrit que l'echec de la
Conference de Londres pourrait marquer le debut de nou-
veaux d6veloppements vers l'unit6 de l'Europe occidental
(voir l'article plus loin).
Le correspondent a Paris du m6me journal souligne la
declaration que M. Bidault aurait faite a ce sujet, devant la
Commission des Affaires etrangeres de l'Assemblee Natio-
nale. Le ministry des Affaires etrangeres aurait dit qu'il re-
gardait le maintien de l'influence des Etats-Unis en Europe
come essential pour la paix du monde et, questioned sur
les possibilities d'une alliance entire les Etats-Unis, la Grande-
Bretagne et la France, il aurait repondu qu'il ne refuserait
pas un tel accord.


DF


23 decembre 1947.


_____
__ ___I__


_~1_1__ __






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETIANGERIE


L' < Observer ), de son c6te, consacre son article de tete
aux conversations qui pourraient s'ouvrir entire Paris, Lon-
dres et Washington, en vue de resoudre les probl6mes de
l'Allemagne occideantale (voir cet article plus loin).
Plusieurs journaux, notamment 1' ( Observer >, le ( Sun-
day Times ), le ( Sunday Chronicle > et le (( Sunday Ex-
press >, reproduisent des dep6ches de Berlin annongant que
les Soviets ont oblige M. Kaiser et ses adjoints, MM. Gries
et Lemmer, a abandonner la direction du parti de l'union
chrntienne d6mocratique et du quotidien ( Neue Ztit ). Les
journaux indiquent que cette measure est la consequence d.u
refus oppose la samaine derniere, par M. Kaiser, a 1'inte-
gration de son parti dans le nouveau Congres du Peuple,
patronn6 par les Russes.
Plusieurs journaux, don't notamment 1' ( Observer >, font
6tat d'un manifeste public hier a Londres par mi certain
nombre de personnalites lib6rales et travaillistes telles que
Lady Violet Bonham-Carter, Lbrd Vansittart, M. Clement
Davies, M. R. Blackburn, etc., et dans lequel les signataires
soulignent qu'en Grande.-Bretagne, come en Amerique, le
people preferera certainement la guerre a la domination
communist. Elles demandent qutune action 6nergique soit
entreprise pour arreter l'infiltration des communists dans
les syndicats et elles font appel A M. Attlee et a M. Truman
pour qu'ils fassent comprendre a Staline le danger que re-
prisenterait pour le monde et pour les interets memes de
1'Union Sovietique le declenchement d'une guerre atomique.

Revue de la press britannique du 22 d&cembre 1947
La press de, ce martin presente une cohesion particuliere.
Tous les journaux de grand tirage, par example, reservent
leurs manchettes a l'appel lance par M. Morgan Phillips,
secretaire general du parti travailliste, a tous les adherents
de son parti en faveur d'une vaste champagne -< contre les
menees des communists et leur infiltration dans le mou-
vement travailliste a>.
De meme, 'les articles de politique 6trang6re portent en
majeure parties sur les questions allemandes (le ( Manchester
Guardian, notammeit, consacre un long article a la zone
frangaise d'occupation).
Sur les affaires frangaises proprement dites, le x Times ),
le <( Manchester Guardian ), le ( Daily Telegraph a, le
( Daily Herald >, publient des articles ayant trait en parti-
culier aux questions syndicales et au programme financier
de M. Rene Mayer. Le ( Times ) comment cette derniere
question dans ie plus long de ses editoriaux (voir cet article
plus loin).
1. Travaillisme et communism
Une large place est consacree, dans tous les journaux de
grand tirage, aux declarations de M. Morgan Phillips. Elles
semblent destinies a 6veiller l'opinion publique britannique
aux dangers que ferait courier <" la champagne de sabotage
projetee par les communists contre le gouvernement tra-
vailliste, au debut de l'annee prochaine ).
LIorgane travailliste < Daily Herald ) annonce notam-
ment que M. Phillips a demand a tous les menbres du
parti travailliste e de jouer un role decisif dans la lutte con-
tre le communism )a.
Le ( Daily Mail > announce en manchette: < Les travail-
listes declarent la guerre aux communists a.
Le ( News Chronicle ) et le ( Daily Mirror a annoncent
l'ouverture de l'offensive travailliste contre le parti commu-
niste.
Le ( Daily Worker ) ecrit de son c6te que (< la sauvrage
bataille international contre l'unite des syndicate, qui fait
rage en France, s'est etendue a la Grande-Bretagne ).
Il remarque que ( le premier coup de feu a ete tire exac-
tement 48 heures aprbs la scission de la C.G.T. Cette attaque
aurait et6 prepare depuis plusieurs mois par le D6parte-
ment d'Etat americain, qui aurait agi en parties par le tru-
chement de ses ambassades et en parties par des agents a la
solde de 1'A.F.L. ).
La press announce aussi que Harry Pollitt, secr6taire du
parti communist britannique, a violemment attaque M. Be-
vin et sa politique, au course d'une conference qu'il a faite
hier h Trehafod.


2. Allemagne
La press de ce matin s'interesse a diverse questions alle-
mandes et a la politique des grandes puissances dans leurs
zones d'occupation.
Le a Times >, le ( Manchester Guardian a, le ( Daily He-
rald >, font 6tat dans leurs articles de la pression qui se-
rait exeroee par I'U.R.S.S. sur les parties politiques allemands
et notamment sur les chretiens-d6mocrates de la zone russe.
Cette pression se serait deja traduite par 1'eloignement de
MM. J. Kaiser et E. Lemmer des functions de leaders de
l'Union democrate-chr4tienne.
Le correspondent du ( Daily Telegraph ) estime que les
Soviets poursuivent deux buts immediats : l'isolement com-
plet de l'Allemagne orientale du reste du pays, et la sup-
pression de toute opposition au parti socialist unifi. Le
lancement d'une champagne destinee h amener les puissan-
ces occidentales a quitter Berlin serait actuellement en
course. Ces dernieres seraient un ilot genant dans le secteur
russe.
a Sur la question des reparations, ccrit le correspondent
diplomatique du ( Times a, l'intention manifested par les
Etats-Unis de suspendre tout dmhantilement d'usines au pro-
fit de 1'Union Sovi6tique refleterait la tendance actuelle de
la politique am iricaine. Les Etats-Unis ne seraient pas d&-
sireux d'enfreindre I'accord de Potsdam, mais ils estime-
raient que c'est la politique sovi6tique qui a rendu cette in-
fraction necessaire. >
Ce correspondent ajoute que la position du gouvernement
britannique sur cette question est moins nette.
Le ( Times >, le ( Daily Telegraph >, resument les d6cla-
rations faites par M. Bidault devant la Commission des
Affaires 6trangeres de 1'Assemblde.
Le ( Daily Telegraph a souligne que le ministry francais
ne s'est pas r6cuse a envisager la fusion de la zone franQaise
avec la bizone.
Le correspondent diplomatique du ( Manchester Guar-
dian > parole de. la probability d'un gouvernement pour i'Al-
lemagne occidental, de la constitution de la trizone, et
mime d'un trait d'alliance franco-anglo-am6ricain.
Il estime, pour sa part, que de tels projects sont pour l'ins-
tant prematures, les ministres des puissances occidentales
Estant refuse a laborer un plan qui puisse exclure tout
accord a quatre. Il estime aussi que la question de la zone
francaise soul6verait d'importants problems politiques, re-
levant de la seule competence des ministres euxn-mmes.
Sur la question de la Sarre, en particulier, c'est la distri-
bution du carbon sarrois qui constituerait le problem
essential. Les Frangais desirent vivement a 6tre les seuls &
contrbler l'utilisation du carbon sartois, une fois que cette
region sera rattache economiquement a la France. Ce rat-
tachement, d'ailleurs, estime ce correspondent, est deja
chose faite. L'attitude de M. Molotov a ce sujet ne peut
manquer d'embarrasser les communists frangais.
Le ( Manchester Guardian a public un assez long article
cur la politique francaise dans sa zone d'occupation.
Cette politique serait statique. ( Les Frangais sont venus
dans I'intention de rester et ont pris racine a, 6criA-i!. Les
autorites d'occupation se seraient bien acquittdes de leur
tache et le ravitaillement de la population allemande se-
rait dans 1'ensemble satisfaisant, 1'dconomie de la zone serait
bien 6quilibree. Mais a la longue, la politique de la France
consiste A rendre sa zone autonome ; au point de vue 6co-
nomique, cela ne pourrait etre que desastreux.
Les efforts de propaganda culturelle d6ploy6s par la
France seraient remarquables A certain 6gards, mais se-
raient Ctayes sur les sables mouvants de 1'exploitation 6co-
nomique.

3. France

Le c Times > estime que les debuts de < Force Ouvridre a
seront ptnibles et que de .nombreuses difficulties se trouve-
ront sur sa route, en raison de la puissance encore consi-
derable de la C.G.T.
Le ( Daily Telegraph a announce que cette organisation
dissidente peut se r6clamer dja, d'un million d'adhrrents.
Ronald Matthews, du i( Daily Herald >, 6crit que les tra-
vailleurs frangais se present en foule pour s'y faire ins-
crire.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS 1TRANGERE 3


Le reporter du x Daily Herald >, faisant 6tat d'une inter-
view qui lui a Wt6 accord4e par M. Mooh, ecrit: (< L'une des
raisons pour lesquelles M. Moch estime que la derniire va-
gue de groves n'est que le prelude d'un prochain assault,
reside dans le fait que les communists out interdit a leurs
partisans de faire usage des important stocks d'armes don't
ils disposent. )
Le << Times ), le (( Daily Telegraph ), le <( Mahchester
Guardian ), rendent compete des principles measures finan-
cieres envisagees par M. RenB Mayer, et de l'opposition ma-
nifestee par le porte-parole du R.P.F.

4. Aide ambriftaine a l'Europe
.Lee < Times > et le (< Daily Telegraph a s'interessent aux
reactions de l'opinion americaine A la suite du message du
President Truman.
D'apris le (( Daily Telegraph ), 'opinion amnricaine serait
assez r6ticente, mais finirait par donner son accord au pro-
jet Marshall.
Le (( Times > croit, d'autr. part, que l'opinion publique
des Etats-Unis serait bien plul favorable qu'on ne le pense.
D'apres le correspondent du c Times va Paris, les mi-
lieux officials frangais auraient montr6 leur satisfaction a
l'dgard du message de M. Truman, mais la press francaise
ferait quelques reserves sur les conditions mises a l'octroi
de cette aide.
De m6me, le (( Manchester Guardian a reproduit certain
extraits du (< Monde >, et des commentaires de l'Agence
A.F.P. qui relvvent ce m6me 6tat d'esprit.

5. Autriche
Queaques journaux, don't le << News Chronicle >, signalent
les nouvelles restrictions imposees par les Russes dans leur
zone. Ces restrictions portent sur les permis de deplacement
et les transits des personnel et des marchandises par les
zones britannique et americaine.

6. Europe oriental
Le a Daily Telegraph > comment avec preuves a l'appui
la consolidation de !'emprise communist en Europe orien-
tale.
7. Iran
Plusieurs journaux, <'nt le a Daily Herald >>, annoncent
que le gouvernement iranien a donn6 l'ordre d'arrfter
M. Ghavam es Sultaneh, aprns que celui-ci ait essay de
quitter le pays par avion. II serait accuse notamment de
pr&varication.

a) APRkis LA CONFERENCE DE LONnDRES.

1. Su'aday Timeis (21/12, conservaleur) :
< ...Maintenant que la Conf6rence, en tant qu'institu-
lion, est provisoirement lerminne, le monde sc retrouve
dcvant celte alternative : mithodes normales de nego-
cialions ou reunions des supplants des ministries. Cha-
cone de ces formules prbsente certain avantages refu-
s6s 'A une conference 'des ministres des Affaires etran-
gbres ; les n'-gociations sont, en effect, menses avec plus
de secret et la tentation est moins grande de fair de
!a propaganda. -
Les < mnthodes normales >, malgr6 les lenteurs
qu'elles impliquent, constituent la meilleure formula
ji)our regler les diff6rends internationaux, car elles ont
6'16 mises au, point depuis longtemps. Nous nous trom-
perisons ,done si nous consid6rions que 1'Pchec de la
Conference mette fin A tout espoir. Theoriquement du
moins, cet 6chec n'est qiue l'abandon 'd'une m6thode di-
plomatique experimental qui s'est av.6re assez mal-
houreuse et le retour vers les anciennes m6thodes qui,
malgr& leurs lenteurs, ont fait leurs preuves... >
SCRUTATORR.)


-< L'6chec de la Conference des ministres des Affaires
etrangeres renforcera vraisemblablcmenlt 'idee d'une
union dtroite de toute 1'Europe occidentale. Bien qu'au-
cune decision positive concernant l'avenir immediat
n'ait Wet prise au course des dernieres discussions pri-
vies entire M. Bevin, M. Marshall et M. Bi'dault (les Ame-
ricains voulant en p'articulier connaltre la reaction du
people ambricain), on sait que M. Bidault a 6te tr6s
impressionn6 par les id6es de M. Churchill sur la F6d&-
ration euro;peenne, que celui-ci a expose au ministry
des Affaires etrangeres de France au course d'un diner
amical pendant la Conf6renoe. M. Bidault soulvera
vraisemblablement la question dans un de ces nrochains
discourse publics...
La France tient beaucoup a .sa s6curite future et elle
prendra vraisemblablement initiative pour demander
aux Etats-Unis de maintenir leur proposition relative i
un traitW d'assistance mutuelle de 40 ans centre une
aggression allemande ou contre toute autre aggression. Ce
traits ou tout autre project qui sera adopt dans les moiS
a venir, laissera la porte ouverte pour que la Russie
puisse entrer a nouveau dans le system unified des
grandes puissances. >>
(0. H. BRANDON.)

2. ObrvsneTr (21/12, conservateur) :

< Une alliance entire les Etats-Unis, la Grande-Breta-
gne et la France peut faire sons pen l'objet de n&go-
ciations tripartites...
Apres 1'6chec de la Conference de Londres, les n6go-
ciations tripartites entire la Granlde-Bretagne, la France
et les Elats-Unis seront tres d6lieates. Leur succes ne
peut etre tenu pour assure.
Les FranCais considrent leur zone come le prin-
cipal atout qui puisse leur permettre devoir satisfaire
dans une certain measure leurs intlr6ts particuliers et
leurs d6sirs en cc qui concern l'Allemagne en g6enral.
D'une part, les Frangais pr6sentent des exigences
particulibres et limit6es a l'6gard de 1'Allemagne; parmi
ces exigences, les plus importantes sont : l'int6gration
economique de la Sarre, des livraisons de eharbon as-
.ur6es et abondantes, et certaines livraisons de mar-
chandises essentielles a titre 'de reparations. Ces de-
mandes seront satisfaites -en principle, bien qu'il puisse
y avoir des discussions prolonges au sujet des quan-
liles de carbon; elles ne devraient pas codfslituer un
obstacle insurmountable a la fusion des trois zones et A
l'adoption 'd'une politique tripartite commune i l'6gard
de 1'Allemagne.
D'autre part, la France demeure cependant beaucoup
plus soucieuse que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis
en ce qui concern sa s6curit. vis-h-vis d'une Allema-
gne reconstruite. Bien qu'elles se rendent compete du
danger nusse, les autorit6s frangaises ont toujours ten-
dance A faire passer le danger allemand avant le dan-
ger russe dans la liste de leurs preoccupations. La
France n'acceptera de fusionner sa zone avec la zone
anglb-am6ri'caine que si elle obtient des << garanties >>
contre tout danger fulur venant de I'Allemagne.
Elle serait avant tout porl6e A rechercher 'de telles
garanties dans un statute special pour la Rulir. Ni la
Grande-Bretagle ni les les Etats-Unis Ti'iront probable-
ment tres loin pour satisfaire les voeux des Francais a
cct 6gard, et c'est pour cette raison que les Am6ricains
offrirnnt peul-etre de conclude une alliance triparlite.>

(Do redacteur diplomatique de l'Observer.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS kTRANGEIRE


3. Rleynolls News (21/12, travaillisle) :
< ...De nombreux obscrvateurs concluent du rapport
de M. Marshall sur la Conf6rence de Londres qu'une
nouvelle tentative sera faite pour parvenir A un accord
complete avec la Russie lorsque les Etats-Unis auront
montre qu'ils 6taient capable 'de remettre sur pied
l'Europe occidental.
Les paroles de M. Marshall out line autre porthe. II
n'a parle que de l'Europe occidentale, ce qui semble
sugg&rer que les Etats-Unis ont abandoned l'id6e plus
large d'arracher 1'Europe orientale aux Russe;.
Si telle est la tendance de l'opinion americaine, nous
.retournons en fait vers le genre d'accor'd que les trois
Grands avaient adopt A Yalta, c'est-a-dire accord base
sur des spheres d'influence. La difference, cetic fois-ci,
c'est que la division se ferait entire les deux Grands -
Ilussie et Am6rique non entire les trois Grands.
Mais pour l'instant, I'Am6rique croit que sa polilique
d'encerclenient de la Russie et son refus A lui accorder
une aide economique entraineront l'effon'drement du
system sovi6tique.
De son c6tO-, la Russie est convaincue que le capita-
lisme americain est condamn6 et que la prochiine crise
economique aux Etats-Unis entrainera la ruihe g6n6rale
de tous les pays qui dependent de l'aide ambricaine.
Tant que ces points de vue fondamentaux ne seront
pas modifies, les Etats-Unis continueront A s'onposer au
relhvement de 1'U.R.S.S. et les Russes continueront h
letter centre le plan Marshall... >
(DAVID BAYvMOND.)

b) LA SITUATION FINAN.CIRE EN FRANCE (Times, 22/12) :
< ...Contrairement A l'attitu'de adopt6e par M. Blum
il y a un an, M. Mayer semble prct A s'attaquer aux
causes mme s de Finflalion. II a reconniu que le pouvoir
d'achal doit etre en rapport avec la quantity des mar-
cha.ndises disponibles et qu'il faut r6tablir la confiance
dans la monnaie...
Tout d6pepndra maintenant de l'6nergie du gouverne-
ment et de la bonne conduite des contribuables; et en
France, c'est peut-etre beaucoup espcrer. Le gouverne-
ment a aban!donn6 le dirigisme sterile qui l6ait lib h
la direction des socialists francais; h l'invcrse de tons
ses pr6d,6cesseurs, il a montr6 un veritable d6sir de
frapper les profiteurs. Un tel courage et une tell pr&-
voyance mnritent de la sympathie et des lounges. It
n'en demure pas moins cependant que l'6preuve d&-
cisive est encore a venir...
Tous ceux qui espbrent voir la France reprendre la
place qui lui revient dans les affaires de l'Europe ob-
serveront avec le plus grand interet cette tentative pour
arr6ter l'inflation. Si clle s'avire inefficace, la voie sera
ouverte aux dangers de l'extr6misme. ILa decision prise
par la minority anti-communiste de la C.G.T. de creer
sa propre organisation, l'hostilil6 des communists h
I'6gard 'des propositions de M. Mayer, l'appui pen en-
thousiaste apport& au ,gouvernement par les partisans
du g6n6ral de Gaulle A, 'Assembl6e, et lear appel lance
par I'inlerm6diaire de M. Capitant en faveur td'lections
gen6rales immt'diates sont autant d'indices des difficul-
t6s futures. Mais, chaque gain en faveur d'une solution
mod6r6e est un gain pour la paix ct le redressement
int6rioedr, et M. Schuman pent etre fermnement con-
vaincu qu'il travaille dans cerle measure non sculement
pour le bien de la France, mais aussi pour celui de
PEurope occidentale. :
c) LE MESSAGE DU PRESIDENT TRUMAN, AU CONcGRioS.
1. Male thelster Gnttrdian (20/12, liberal) :
w Le message du president Truman au Congres coins-
titue une tentative remarquable pour suivre, tout en


tenant 1egitiinmeient compete des inlErtis americains, les
grades lignes dt plan Marshall...
Six mois se sont 6coules depuis que M. Marshall a
reconforte cl mon'de par le discour:. qui a fait naitre
de nouveaux espoirs. I1 se passer niaintenant au moins
trois autres mois et peut-&tre bien davantage avant
que 1'on puisse amener le Congrbs A faire aboutir le
programme d'aide A 1'Europe. Et personnel ne peut dire
quelle sera l'iniportance des alterations que les propo-
sitions d6finies hier par le president Truman subiront
au course des longues discussions qu'elles soulbveront au
Congres. Co n'est pas parce que l'opinion amiricaine
est hostile aux buts du plan Marshall ou parce qu'elle
pense que le gouvernement pursuit une politique
6trangbre trop active. C'est simplement parce que,
come dans les crises ant6rieures, le public am6ricain
met en balance et c'est lA quelque chose de tres hu-
main les repercussions du plan A l'int6rieur, qui le
touchent 'de pros, et les risultats A 1'6tranger, qui sont
pour lui moins tangibles, quelle que soit l'acuit6 avec
laquelle ceux-ci se font sentir pour nous en Europe... >

2. ObLseniner (21/12, conservateur) :
< Le message adress6 par le president Truman au
Congrbs en d6posant le project de loi 'du plan Marshall,
a constitu6 le faith le plus important d'une semaine his-
toriquo. Par sa port6e et par la larger de vues qu'il
reflte, cc message est a la hauteur des 6v6nements qui
sont A son origine...
Les sommes proposes pour 1948, ann6e important
entire toutes, sont adh6quates, ce qui vent dire qu'elles
sont 6normes. Voila qui .montre line fois de plus que
les Amtricains ne font jamais les choses A moiti6. Mais
le project n'est encore que d6pos6, et non pas vot6. et
il nous rest beaucoup A faire pour faciliter cc vote.
S'il y a encore quelque chose qui faith h6siter les mem-
bres du Congrbs mcme ceux qui se montrent les plus
favorables A nous apporter leur aide, c'est qu'ils se
demandent encore si cette fois nous sommes prets A
aller jusqu'au bout 'de la tfche. >



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press americaine du 21 d6cembre 1947
La journ6e d'hier ayant 6t6 marquee par un grand nom-
bre.d'6venements et de declarations politiques dans la capi-
tale americaine, la press leur consacre ses manchettes et
la plus grande parties de ses articles. Ils sont trop nombreux
et trop copieux pour qu'on puisse songer A les citer; tous
ces articles forment, cependant, un tout qui peut se resumer
ainsi : tout d'abord de retour de Londres le g6enral Marshall
a defini ce que pouvaient 6tre les seuls espoirs en matiere
politique 6trangere du Gouvernement amiricain quand il
a rappeld que le vide politique cree par la guerre en Europe
ne pourrait ftre comble que si les puissances desorganisees
par cette guerre pouvaient recouvrer leur assise economique
et politique. < La question est nettement posse, a-t-il dit,
et je crains qu'il ne puisse y avoir de reglements avant
que les mois qui viennent aient demontra si oui ou non la
civilisation de 1'Europe occidentale sera suffisamment vigou-
reuse pour surmonter les consequences destructrices de la
guerre et retablir une society saine. Les repr6sentants offi-
ciels de 1'Union Sovietique et les chefs des parts commu-
nistes pr6disent ouvertement que cette restauration n'aura
pas lieu. Nous autres, de notre c6te, nous avons confiance
que la rehabilitation de la civilisation occidentale europdenne
et de ses libertis se fera. Tant que le r6sultat de cette lutte
n'apparaitra pas clairement il sera toujours tres difficile de
realiser mime sur le paper des accords en vue d'un trait








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


de paix. La situation dolt &tre stabilisee. Les nations occi-
dentales doivent 6tre fermement 6tablies sur une base gou-
vernementales comportant des liberties qui permettront de
preserver tout ce que ces nations ont acquis pendant les
siecles passes. a
M. Truman a adress6 au Congris son project de plan d'aide
a 1'Europe et l'a accompagn6 d'un message oft i a sou-
lign6 que le but principal que s'etait donn6 1'Administration
etait de consolider la paix en venant en aide aux nations
qui veulent bien cooperer entire elles et avec les U. S. A.
pour reconstruire leur economie. Comme l'avait fait M. Mars-
hall dans son discours radiodiffusd, le President a relev6
egalement l'hostilit6 avouee que rencontre un tel programme
de la part des communists. < Nous ne devons pas 6tre
aveugles et ignorer le fait que les communistes ont annonce
leur opposition d6terminee A tout effort fait pour aider l'Eu-
rope A se remettre sur pied. Il y aura, sans aucun doute,
d'autres incitations A des graves, non pas pour satisfaire
des revendications e1gitimes de groups particuliers, mais
pour amener le chaos dans 1'espoir qu'il ouvrira la voie
A un regime totalitaire. )
Le Congres, press de s'ajourner pour les fetes de Noel,
a voted finalement une aide immediate pour la France, 1'Italie
et 1'Autriche, ainsi que pour la Chine de 540 millions de dol-
lars don't 18 millions sont reserves A cette derniere. Ce chif-
fre represente un compromise entire les montants votes par
la Chambre et le Senat et une diminution de 75 millions de
dollars sur les demands presidentielles d'aide pour 1'Europe
seulement.
Enfin, le Congres a envoy A la signature du President
la loi centre l'inflation que le parti republican a rEussi a
fire adopter par les deux Chambres.
1. Le plan Marshall
Toute la press donne une enorme publicity aux propo-
sitions faites par le President ainsi qu'A son message, qui
est reproduit < in-extenso a malgr6 sa longueur, dans un
grand nombre de journaux. Elle met en evidence les points
suivants du plan Marshall : ce plan est valuable pour quatre
ans, son montant est fix6 a 17 milliards de dollars et les
credits ddmandes pour les quinze premiers mois de son ap-
plication s'6lvent a 6 milliards 800 millions de dollars.
Les journaux consacrent de nombreux 6ditoriaux a cette
proposition pr6sidentielle mais les commentaires des mem-
bres du Congris sont peu nombreux. Ce sont surtout los
porte-parole de l'opposition r6publicaine qui ont r6agi, en
particulier M. Taft, don't 1'influence vient d'etre dEmontreo
par d'adoption par le Congres de son project de loi centre
l'inflation. Ce s6nateur s'est prononc6 contre I'idee d'engager
le Gouvernement americain dans un programme de coope-
ration avec les pays europeens au delA d'une annee. Il s'est
l6ev6 6galement contre le montant de 1'aide demanded par le
President et contre la facon don't est conque l'administra-
tion et le contrble de cette aide.
M. Vandenberg, don't ce sera le role, en sa quality de Pre-
sident de la Commission des Affaires 6trangeres du Sdnat,
de mener la lutte pour l'adoption du plan Marshall, s'est
refuse a tout commentaire en attendant d'avoir pu 6tudier
plus A fond ce document. II a annonc6 que sa commission
se mettrait A 1l'ouvre des le 7 janvier prochain.
Les corresponldants politiques notent, toutefois, que 1'en-
semble du plan a reCu un accueil a prudent et reserve > de
la part des republicans et ils envisagent une lutte tres
serr6e qui occupera probablement les trois premiers mois de
la session parlementaire prochaine.
Le correspondent de (< P. M. a) A Washington fait une mise
au point de la situation politique tell qu'elle se present
A 1'heure actuelle au Capitole et 6crit notamment : (voir
cet article plus loin).
Un editorial du ( Philadelphia Inquirer ) fait appel A ses
lecteurs pour qu'ils donnent leur appui total au project de
M. Truman. < La responsabilite solennelle du S6nat et de
la -Chambre quand ils se rduniront le mois prochain sera
d'activer la mise en vigueur de ce programme de reconstruc-
tion. a
Le < New York Herald Tribune > accueille le plan Tru-


man en ces terms : ( Avec dignity et fermetd, M. Truman
a present au Congres un expose du plus grand effort qui
ait jamais 6et faith pour une cooperation 6conomique inter-
nationale > et il a demand que le Congris accepted ce plan
de quatre ans car il lui apparait que les nations europ6ennes
ne pourraient pas efficacement redresser leur economie si
elles n'avaient pas l'assurance de pouvoir computer sur 1'aide
am6ricaine a long terme. Et, pour conclure, il declare ( que
les U. S. A. peuvent jouer un role d6cisif dans cette lutte
qui est une lutte am6ricaine et qui ne Icur cofitera que 5 %
de ce que leur a cofti la guerre ).
Le ( New York Times > partage 6galement ces vues et dit
notamment < le grand merite de ce plan est qu'il donnerait
aux d6mocraties europ6ennes une assurance solide A long
terme sur laquelle elles pourraient computer tout en donnant
au Congres l'occasion de controler chaque annee les reali-
sations du plan >.
Les journaux isolationnistes comme le < Chicago tribune a,
le ( New Daily Mirror > et les journaux de Patterson dd-
noncent le project Truman. Le a New Daily Mirror decrit
en conclusion de son editorial : ( Le Congris doit infliger
une difaite A cette administration dispendieuse. 11 dolt pro-
teger le people contre ce plan p6rilleux et prodigue. > Le
( Times Herald a )crit de son cote qu'il est indispensable
de preserver 1'6tat de sant6 de 1'Oncle Sam si celui-ci doit
donner des transfusions de sang a 1'Europe et il s'attaque
au montant de I'aide demand par le President.
Une d6epche << Reuter a de Paris publi6e par le < New
York Times ). indique que le message prdsidentiel a reu un
accueil chaleureux dans les milieux officials franCais qui le
considerent comme l'esquisse d'un project raisonnable don't les
terms coincident gendralement avec ceux prepares par la
Conference des Seize Nations.

2. Situation frangaise
La scission de la C. G. T. est une nouvelle qui a 6et con-
sid6ree comme etant d'une importance suffisante pour la plu-
part des journaux pour qu'ils la prdsentent en premier
page. La lutte contre le communism menee par les Asso-
ciations syndicales en France continue a ,tre suivie avec
bi'auuoup d'intdrdt par cette press qui announce avec plaisir
dans ses mancnettes qu'un million 500.000 travailleurs fran-
cais refusent d'etre soumis A la domination communist et
A celle de Moscou.
Les projects financiers deposes par le Gouvernement au
bureau de FAssemblde sont bien exposes dans les articles
de Warren au ( New York Times > et dans les ddpdches
d'agences. Ces dernieres indiquent toutefois que ce nouveau
plan a peu de chance d'etre accept tandis qu'au contraire
Warren ccrit : a Une enqudte effectu6e parmi les divers
groups de l'Assemblee indiquait ce soir que le discours de
M. Mayer a 6et bien recu et que des measures propose's se-
raient votes. La majority de son auditoire d6elarait que la
presentation faite par M. Mayer 6tait admirable et curtains
pensaient que le plan 6tait la rdforme la plus complete en-
treprise depuis la Liberation ) et ce correspondent conclut
que < I'initiative du Gouvernement est assure de recevoir
une majority comfortable >.
Une d6piche de Pertinax reproduite dans le ( Philad.:'phia
Evening Bulletin ) dit que M. Bidault fera un important
discours A Bruxelles, oft il annoncera probablement un chan-
gement complete de la politique franqaise qui appuierait
desormais la conception anglo-americaine d'un future Gou-
vernement central allemand pour les trois zones de 1'Ouest.

in) APnES IA CONFERENCE DE LONDRES (New York Herald
Tribibne 21/12).

< ...Nous assistonsi maintenant A l'effondrement de la
conferencee des Ministres des Affaires 6trangdres. Il me
semble que le mieux que nous puissions faire est de
reconnaitre que la conference a echou6 et d'entamer
des pourparlers centre nous et les Russes pour savoir
quelle forme d'action diplomatique remplacera la con-
ftrence.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE


Le systlme de la conference ne donne rien. II faut
avoir recours A une autre formule. Puisque la rencontre
publique et personnelle des ministres des Affaires 6tran-
gires ne fait qu'aggraver les 'diff6rends, il faut trouver
une autre formula diplomatique pour 6tablir entire les
gouvernements les relations indispensables et in6vita-
bles. Car le systmme 6tabli A Potsdam n'est pas le seul
systeme diplomatique que l'on puisse concevoir. C'est
en fait un tris mauvais system diplomatique...
(WALTER LIPPMANN.)

b) L'AIDE AMERICAINE A L'EUROPE :
1. :P.M. (21/12) :

... Les chances pour que le CongrBs approve de
plan MEsh.all pour la reconstruction europ,'enne, eva-
lub A 17. milliards de dollars, paraissent moins bon-
nes. Le fait capital edevant Jequel se trouve le gouver-
nement, c'est que le Congres a de plus en plus peur de
depenser une telle some et qu'il craint les engage-
ments que les U.S.A. vont prendre en Europe. Le Con-
grrs, s'il se decide, le fera d'une maniere tellement
mesquine \qu'il imenacera toute cette entreprise. En
'd'autres termss. le Congr&s approuvera peut-tre le
principle du programme, mais refusera d'accorder les
milliards n'vcessaires' pour lui donner une chance rai-
sonnable de succes...
La plupart des memibres du Congras se rendent
compete de '.importance du combat centre l'infiltration
communist en Europe occidentall, mais ils ne sont pas
stirs que leurs 6lecteurs soient pr6ts A consentir les
sacrifices pecuniaires. que cela peut entrainer. L' < iso-
lationnisme du porte-monnaie > semble devoir crier de
grosses difficulties A 1'Administration dir.igAe par
M. Taber qui vient, dans le cas de I'aide interimaire, de
demontrer quil ne se laisse p'as influence par le point
de vue official du D,6partement d'Etat en matiire d'al-
location de credits aux nations europennes... >
,(Du correspondent de P.M. A Washington.)

2. Phlrke1lphiA In qritirker (21/12) :
< ... Si le commuisme progress jusqu'aux rives de
I'Atlantique, les U.S.A. seront isoles dans un monde hos-
tile. Non seulement notre commerce mondial sera
disorganise... mais notre standard de vie sera 6gale-
ment reduit par la nccessitA urgent de nous defendre.
No sachant jamais quand les -communistes decideront
de substituer l'action directed a la pression Aconondique
iet politi.Iue, les U.S.A. ,seraient forces d'adopter une
vieille pratique europ.erine et de consacror des sum-
mcs immenses pour les besoins militaires, d6tournant
ainsi notre 6nergie national vers des champs d'activit.
non productive. Ce qui est arriv h laJ France durant
les soixante-dix dernieres anneest a cause de l'Allema-
gne est .un example frappant des consequences qu'une
telle situation imposerait iA notre pays... >
(Du correspondent A Walshington du Philadeilphia
Inquirer.)


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovi4tique du 20 decembre 1947
Les rubriques 6trangrres de deux pages en moyenne sont
surtout informative.

1. La Cooperation international
Tous les journaux annoncent en bonne place la signa-


ture du pacte roumano-yougoslave. Un communique de
I'agence < Tass a fait connaitre 6galement I'arriv6e A Mos-
cou d'une ddelgation de 1'Association Bulgarie-U. R. S. S.
Dans plusieurs journaux, un assez long telegramme sur les
travaux de la commission pour le control de 1'Energie ato-
mique, un t6legramme plus bref sur la reunion du 19 du
Conseil de s6curit6.
Une series dee texts s rfdrant indirectement a la situa-
tion creee par 1'chec de la Conference de Londres.
Une important proportion des ddpeches de ( Tass a se
r4frre A ces themes : ( Appel de la d6l6gation 61ue au Con-
r gres de Berlin >, ( Article d'Otto Grottewohl dans le jour-
nal ( Neues Deutschland ), ( Les fossoyeurs de l'unit6 alle-
mande au travail ), ( Plan de creation d'un Etat de l'Alle-
magne du Sud >, a Schacht l6abore une rdforme financiere
de la bizone >, ( Impressions de voyage en zone sovi6tique
d'occupation ), ( L'Autriche transformed en d6pendance semi-
coloniale du capital occidental ), etc...
Dans la a Pravda >, un feuilleton de Markov : < Les hom-
mes d'affaires dans la bizone >.

2. Camp democratique, camp imperialiste
Une srie de d6ptches de l'agence ( Tass ) dans tous les
journaux : a Discours de Nenni A 1'Assemlmle Constituante
italienne a, ( Persecutions centre les grevistes en France >,
( Les mineurs du Pays de Galles sont mecontents de la po-
litique 6conomique du Gouvernement travailliste >, ( La
crise gouvernementale en Iran >, ( Le budget tch6coslova-
que pour 1948 ), ( Disputes entire les parties du gouvernement
en GrAce ), etc...
Deux commentaires de second plan. Dans a Trud ), une
note d'informations de Starorousky sur la situation en Ita-
lie don't le titre est : o Le people italien defend son ind6-
prndance >.
Dans la ( Pravda >, on relive en conclusion d'un article
consacr6 au, trentinme anniversaire de la stret6 sovidtique :
< Les monopolies qui se sont enrichis pendant la second
guerre mondiale essaient d'en imposer une troisieme. Les
services de renseignements strangers, qui, a aucun moment,
n'ont interrompu leur activity anti-soviAtique, se mettent en
quatre pour complaire aux fauteurs de guerre. C'est juste-
ment la raison pour laquellle le people sovi6tique dolt Atre
particulifrement vigilant, consider le secret d'Etat comme
sacred et renforcer plus encore la puissance de notre grande
patrie.
( Les agents de renseignements des Etats imperialistes
augmentent leur activity hostile A 1'U. R. S. S.. Ils cherchent
parmi les sovi6tiques des gens moralement h6sitants, d6mo-
ralisds, et ils essayent de les attirer dans leurs r6seahx d'es-
pionnage. En mome temps, ils s'efforcent & 1'etranger de
demoraliser les ex-prisonniers de guerre ou les d6port6s so-
vidtiques qui rentrent dans leur patrie.
( Les espions capitalists s'efforcent de trouver dans la
soci6t6 sovietique des isolAs, encore prisonniers de l'iddologie
bourgeois. Ils s'efforcent de tirer part des manifestations
( d'agenouillement a devant la culture bourgeois 6trangbre,
ph6nomene qui, malheureusement, se produit encore parmi
certain intellectuals retardataires.
a En 6t0 1947 a 0t6 public le ddcret du Presidium du So-
viet supreme sur la conservation des secrets militaires et
d'Etat. Les citoyens sovidtiques ont augment leur vigilance
et s'efforcent de d6masquer les tentatives des agents de
renseignements strangers qui oprrent chez nous. Une large
publicity s'est attachee aux ventures a sportives a de l'atta.
che militaire britannique a Moscou, le g6enral Hilton, qui,
malgr6 son d6guisement, fut pris sur le fait par de simples
citoyens sovi6tiques alors qu'il essayait de photographer un
objectif militaire.
( Les organes de la stiret6 d'Etat sont ins6parables du
people et rencontrent toujours 1'aide et le soutien de tous
les hommes sovietiques. >






BULLETIN QUOTIDIEN BE PRESS ETRANGERE 7


IV. PRESS ITALIENNE


a) LES DECLARATIONS DU COMTE SFORZA A L'ASSEMBLgE
ITALIENNE (Co'riere dellt 'Sera, 19/12) ,:
a Le dernier orateur est le comte Sforza qui lit dans
son texte integral la declaration de Truman. Cette d6-
claration, ajoute-t-il, rEpond pleinement A la a char-
te > des Nationsl Unies let au trait de paix. Repr6-
sente-t-elle une limitation. Elle la repr6sente pour ceux
qui croient au mythe orgeuilleux de la nationality, 'non
pour ceux qui se rendent compete de l'interd6pendance
des nations.
II parole ensuite des d6marches qui ont 6ti faites inu-
tilement pour arriver A un accord '6conomique avec la
Russie. II a enfin regu des assurances de l'ambassadeur
sovi6tique A Rome 'et il en 'a profiit6 imm6diatement
pour faire mettre A l'6tude la question des marchandises
a changer. Ceci afin que la 'mission ne se rende pas
a Moscou pour discuter A vide et qu'on puisse eusuitc
parler d'6chec.
A M. Togliatti le comte Sforza declare que les pole-
miques sur la formula Truman ne osont pas de caractirer
parlementaire et 'que le veritable d6saccord est A la
base, sur le plan Marshall.
A ce propos, le comte Sforza d&nonce la dangereuse
intrigue de souppons qui empoisonne l'Europe. ) Les
Etats-Unis, dbclare-t-il, ne veulent plus de guerres. Et
il ajoute 4ue, dans le plan Marshall, trop d'Etats eu-
ropeen's n'ont vu qu'un moyen d'acqu6rir des avanta-
ges, sans consider que les 'Etats europ6ens devront
faire tous leur reprise iou bien p6rir tous.
Le comte Sforza. souligne ''action 'd6sint6ressee exer-
c6e A Paris (par l'Italie. II assure ensuite M. Togliatti
qu'il a t6a mal inform sur t un ambassadeur quii
voyage pour provoquer des s!oul6vements ploutocrati-
ques. > Dans tous ses discours, s'6crie Sforza, 'M. Dunn
a incit6 au travail.
Ici, du banc du gouvernement, le cornte'Sforza rerpet-
cid M. Dunn et. declare ne npas craindre qu'il y ait un
plan -d'h6g6monie am6ricaine sur l'Europe. Dans ce cas
les EtatsUnis aura.ient agi dans un' sens exactement
contraire A ce iqu'ils oont fait par le plan Marshall.
11 discute ensuite vivement avec MM. Togliatti et Pa-
jetta (comurunistes) et affirme que les Etats-Unis d6si-
rent aujourd'hui la collaboration europ6eane parce
qu'ils .se rappellent la 'longue p6riode oi ils ont A tort
voulu ignore l'Europe. Apr6s avoir rappel, iaux ap-
plaudissements 'de Ja Chamibre, la force et la conside-
ration don'tt jouissent les collectivit6s italioennes en Ame-
rique, il termine en declarant, d'apr&s un ensemble
d'argumentations, que, si l'Amerique prenait le parti de
retourner A l'isolationni.sme, tous les pays europeens,
en d6pit de fallacieuses apparences, de l'Italie A la Rus-
sie, de la Grece a la Turquie, seraient profond6ment
d6cus Ipar cet .evnement, car ce sont eux qui en pale-
raient les frais. >>

b) L'ITALIE ET LES ETATS-UNIS.

1. Giornale d'Italia (16/12, national) :
A A propos de la rAcente declaration de Truman on
tente la speculation ordinaire sur I'asservissement d.e
I'Italie aux Etats-Unis. 'Ceuxi qui la font feignent d'ou-
blier que i'Italie, malgr6 la cobellig6rance, a perdu la
guerre et que l'infAme diktat comprend le droit des
quatre puissances, la Russie comprise, A veillier sur no-
Ire pays, afin que l'ordre d6mocratique ne soit pas com-
promis:


II n'y a qu'une seule manirre de ne pas se compro-
mettre ret d'6viter des interventions id6sagr6ables et
humiliantes ; c'est de ne pas en fournir le, motif par
des, agitations inconsid6r6es et des movements qui
donnent I'impression ,de cataclysmes plus on moins im-
minents. 11 esk clair *qu'il n'est pas difficile d'identifier
les.responsables 6ventuels d'un 6v6nement qui, certes,
ne serait pas agr6able et don't nous souhaitons qutil ne
se produise pas, pour la dignity et la responsabilit6 de
notre pays.
(SANTI SAVARINO.)
2. Aaidnti (19/12, socialist) :
Le ministry des Affaires 6trang6res non seulement
justified la declaration Truman, mais encore il recon-
nait a toutes les puissances signataires du'trait6, depuis
la Yougoslavie jusqu'a 1'Argentine, le droit d'intervenir
dans nos affairs int6rieures chaque fois qu'il leur sem-
blera que notre liberty et notre ind6pendance sont me-
nacees.
Le ministry des Affaires 4trangBres s'est tromp6 et
il a 6t,6 tromp6 par ses, bureau. Nous espsronsj qu'il
est toujours en 6'tat de Placerr J'int6rkt du pays au-des-
sus d'un point d'honneur personnel et qu'il pourra re-
connaitre que son interpretation des articles 15 et 17
du, trait est erron6. S'il ne ise corrige pas, si cette
correction n'est pas faite par le Pr6sident du Conseil,
elle devra &tre faite par la Constituante ou, A d6faut,
par le pays.
L'Italie a 'perdu une guerre malheureuse, c'est vrai;
mais ce n'est pas' une raison pour qu'elle devienne le
jouet des Btrangers. >


V. PRESS SUISSE


APRES LA CONFERENCE DE LONDRES :
1. Gazelle de Lausanne (21/12) :
< ...L'aspect inqui6tant de l'affaire est quo l'antago-
nisme des deux blocs risque d'en rtre considerablemenr
aggrav6. Tout ce qui s'est pass a Londres tend A pruo-
ver ique M. Molotov 6tait isurtout pr6occup6 de gagner
du temps afin de permettre offensive du Komin-
form de se d6velopper en Europe occ.identale pendant
que le 'Kremlin consolide sa domination sur le bloc
oriental et sur la zone soviBtique d'Allemagne...
...On se couvrirait aujourd'hui de ridicule si l'on s'avi-
sait 'de soutenir come tant de gens ae faisaient 11
y a pen de mois que toute la politique sovi6tique
s'ex'plique par le besoin de a sdcurit w qu'6prouve la
pauvre Russie, tncercl6e et menace par les puissan-
ces k capitalists >.
Aussi serait-il pr6mature d'escompter la fin pro-
chaine 'de la ( guerre froide oa. MadlgrB la resistance
popiulafrze centree les groves politiques et en d6pit de la
fermet6 des gouvernements Schuman et de Gasperi, ce
sera.it une erreur de croire que le 'JKominform va
s'avouer vaincu en France et en Italie.
I1 faut, au contraire, s'attendre A uneo recrudescence
de l'agitation communist en Europe occidental : les
menaces de TogliaLti et di Vittorio en Italic, le.s efforts
qu'entreprend Thorez en France pour .conqu6rir les
masses paysannes ne laissent pas de doute A ce sujet.
La tache assign6e au Kominform par le Politburo de
Moscou est de provoquer dans les pays ofi ii a .des
agents un 6tat end6mique de revolution, qui 'doit ren-
dre impossible J'application de 1'aide amnricaine A I'Eu-
rope.






8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


En se d6masquant A Londres avec une telle... fran-
chise, la diplomatic russe a oblige les h6sitants i fair
leur choix. Mis A part le cas de quelques petits pays qui
ne peuvent s'int6grer sans danger A l'un des deux
grands blocs antagonists, et, singulibrement, celui de
la Suisse, don't existence est liee au maintien de sa
neutrality permanent, les grands Etats de i'Europe-
occidentale pourront difficilement, d6sormais, comme
certain se sont appliques A le faire jusqu'i-ci, occuper
une position interm6diaire entire l'Orient et l'Occident.
Dans la defense centre le communism conqurant,, ii
n'y a paas de moyen term, on ne peut manager la ch6-
vre et le chou... >
(GEORGES RIGASSI.)

2. Neue Zilrcher Zeilung (21/12) :
< Celui qui rest le maitre du champ de batai;le est
normalement considerA come le vainqucur. Apres la
brusque rupture a Lancaster House, M. Molotov n'a pu
qu'evacuer immediatement Je th6itre des combatls de
ia Conference A quatre alors que M. Marshall prolon-
geait de 48 heures son! 'sejour A Londres et engageait
de nouvelles conversations avec M. Bevin et 'le ministry
frangais des Affaires AtraigBres, M. Bidault, qui 'tait
6galement rested dans la capital anglaise. II parait 16-
gitime d'interpreter cet epilogue .loquent de la session
in.fru:ctueuse du Conseii des ministres des Affaires
etrangrres en disant que le secretaire d'Etat am|ricain
et ses 'deux partenaires d'Europe occidentale avaient
d6jouo la manceuvre dilatoire des Russes, et conquis
une libertA de movement suffisante pour preparer une
politique commune des puissances occidentales .en face
du probl6me allemand. Aussi longtemps que ces puis-
sances se laissArent arrAter par la fiction d'un accord
possible A' quatre, que faisait miroiter l'U.RS.S., elles
perdirent un temps pr6cieux. Moscou, leur contestait
sans cesse, en invoquant l'accord de Potsdam, le droit
de prendre des decisions independantes, bien que
I'U.R.S.S., par une interpretation arbitraire et une
action unilaterale, eit contribnu nettement, plus que
les autres pays, a saper cet accord. Toutefois, lorsqu'il
s'etait agi de r6unir les zones ambricaines et britanni-
ques sons une administration bizonale qu'A Londres
M. Molotov a d'ailleurs attaqube de nouveau, les Soviets


n'avaient pu dtou,rner les Anglo-Saxons de leur des-
sein. Mais pour r6soudre le:s difficulties qui, sous l'in-
fluence de l'antagonisme amnricano-russe, r6sultent du
probl6me allemanrd, ii fallait constituer un front com-
mun des puissances occidentales. Par son attitude A la
Conference de Londres, la France a montr6 qu'elle 6tait
prete A y partliciper, et elle a acquis 4de cette facon le
droit de fire prendre ses int6rets vitauxl en conside-
ration...
Apris la Conference des Ministres des Affaires 6tran-
geres Moscou s'eiiorcera encore d'empicher, par d'au-
Ires moyens, les puissances occidentales d'agir dans
leur propre sphere d'influence, ou tout au moins cher-
chera A retarder leurs decisions. La reorganisation de
'Aliemagne occidentale est, tout comme 'oeuvre de 'e-
l6vement de I'Europe, une .entreprise de longue haleine,
don't les fruits ne mtiriront que dans des annaes. Les
Russes ne se bornent pas A metire leurs espoirs dans
une crise Bconomique aux Etats-Unis, qui tarira le flot
Ue l'aide A I'Europe; ils escomptent aussi que l'an p'ro-
chain 1'6lection pr6sidentielle restreindra serieusement
pendant plusieurst mois la liberty de movement de la
politique amnricaine. Le gouvernemcnt sovi6tique ie
laissera point passer cetle periode sans ]a mmettre A pro-
fit. Pour 1'instant, il tache de detourner les puissances
occidentales du plan de r6organisation de leurs zones,
,en les menacant de rdpondre ijAm6diatement A la cr6a-
tion d'autorit&s bizonales ou trizonales A 1'Ouest de 'AI-
lemagne, par 1'incorporation de Berlin a la zone russe.
Si les Anglo-Saxons, intimicds, s'abstenaient de prendre
les measures prevues, il en resulterait pour eux une nou-
velle perte de temps, et 1ls n'en auraient pas moins de
peine A empecher les Russes de d6clen.cher la cruise en
question dans le regime quadripartite de Berlin an mo-
ment of les possibilities de reaction de la politique ami-
ricaine seront dimiiu6es du fait de la champagne Olecto-
rale. Etant donned qu'en. tout 6tat de cause ii faut s'at-
tendre pendant la bataile pour la pr6sidence A une in-
tervention < dynamique >2 de 1'U.R.S.S. dans la ques-
tion 'allemande, et sans doute aussi A de nouveaux as-
saul~ du Kom.inform dans d'autres secteurs du front,
les puissances occidentales n'ont -plus guere de raison
plausible d'dviter encore une fois le risque de 1'6preuve
de force annonc6e A Berlin pour le d6but de la < nou-
vcele phase >.


S.-- -- P.I.Ip. 7,re iolPai -2.3 Pi 6fans


.S. P. 1. Imp., 27, rue Nic~olo, Paris 31.3,1000


Prix : 6 francs.




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