Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 22, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00262
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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LA DOCUMENTATION FRANCHISE


PRESIDENCY DU CONSEIL

SECRETARIAT GANARAL
DU GOUVERNEMENT


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')




BULLETIN


DE


PRESS


22 d6cembre 1947.


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
3T DE PRESS.


GERE


Nouvelle S6rie N 850


SOMMAIRE


I. PIESSE BRITANNIQUE.
Le message du President Truman au Congres :
1. News IChronicle (20/12) ;
2. Tilm1es (20/12) ;
3. Dai:y Expr-ess (20/12).
II. PItESSE AMERICAINE.
Aprbs la Conference de Londres (New York Titnt's,
18/12).
III. PRESS SOVIETIQUE.
Apres la Conference de Londres (Krasny Flot,
19/12).
IV. PRESS BELGE.
Apres la Conf6rence de Londres (Le Penple, 20/12).
V. PRESS ITALIENNE.
a) Apres la Conf6rence de Londres (Popolo, 17/12).
b) La crise politique en Italie :
1. Glzzetta idel Popoilo (17/12) ;
2. Avanti (17/12).
VI. PRESS SUISSE.
4) Apres la Conf6rence de Londres (La Tribune de
Gendve, 19/12).
b) Le problbme palestinicn (Gazetble de Lausanne,
20/12).
VII. ANNEXE.
Un editorial de 1'organe du Bureau d'informiation
d.e Belgnade (Pfour uine paix durable, pour uine
dlnlmplc at!e |polppqloire, 17/12).


I. -- PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du '20 decembre 1947
La press de ce matin donne la premiere place au mes-
sage par lequel M. Truman a accompagn6 la presentation
au CongrBs de son programme d'aide a 1'Europe. Elle fait
6galement une large place aux declarations de M. Marshall
sur la Conference de Londres. De nombreuses correspondan-


ces ou ddpeches ont trait a diverse questions allemandes
(l'avenir de 1'Allemagne, Berlin, reparations, recrutement de
nazis pour letter contre les guerillas en Gr~ce) ou a des
questions francaises telles que l'expos6 du programme finan-
cier, la situation bconomique et la scission de la C. G. T.

1. Aide am6ricaine a l'Europe
En premiere page et sous d'importantes manchettes de
nombreux journaux reproduisent de large extraits du mes-
sage du President Truman au Congres sur 1'aide americaine
a l'Europe, aux terms duquel il a demand au Congres
d'approuver 1'octroi d'une aide de 17 milliards de dollars
a seize pays d'Europe. Ils soulignent egalement que le Pre-
sident Truman a sp6cifi6 que l'octroi de cette aide devrait
6tre soumis a sept conditions fondamentales don't les jour-
naux donnent 1'6num6ration.
A ce sujet, le ( Daily Mail ) signal que les depeches de
Paris, rescues a Washington, laisseraient supposed que ces
conditions pourraient 6tre interpretees comme une interven-
tion directed dans 1'6conomie d'Etats souverains.
Pour le correspondent diplomatique du ( Daily Worker a,
l'un des buts du Gouvernement am6ricain serait de venir
en aide aux magnats de l'acier et du carbon de la Ruhr.

2. D6clarations de M. Marshall
Les competes rendus des declarations de M. Marshall sont
gen6ralement reproduites dans la press sans commentaires
et font ressortir le passage dans lequel le Secretaire d'Etat
americain accuse M. Molotov d'avoir fait echouer la Confe-
rence par ses m6thodes d'obstruction et ses critiques injusti-
fiees.
3. Allemagne
Le x Daily Worker ) public un long article de Frank Pit-
cairn sur I'avenir de 1'Allemagne, Le journalist communist
defend la these sovietique soutenue a la Conference et accuse
les gouvernements anglais et americain de vouloir perp6-
tuer la division et le chaos en Allemagne.
Plusieurs journaux font etat de l'editorial de la ( Taglische
Rundschau ) d'apris lequel la formation d'un Gouverne-
ment dans la bizone ou de la trizone pourrait amener les
Russes a reconsid6rer le system de administration quadri-
partite de Berlin.
Le ( Daily Telegraph >),"le ( Daily Express >, le ( News
Chronicle >, le ( Daily Herald >, le Daily Worker ) annon-
cent que le Gouvernement americain a ddci-t6 d'arr6ter tout
transfer d'industries allemandes d6mantelees aux Russes.
Le < Times > public un article de son correspondent special
sur la psychologie de 1'etudiant allemand.
Le < Daily Worker ) annbnce en manchette que d'anciens
membres du parti nazi sont recrutes en Allemagne occiden-







BULEI QUOTIDIEN-PI~~-I BE ~- PRESSE WTRANG


tale pour aller combattre en Grecei en Turquie, en Indo-
ndsie et en Afrique' du Sud contre les 6elments progressistes.
Ce journal announce notamment que toute une division
motorisee accompagn6e d'anciens membres des forces hitl6-
riennes a 6td envoyee 6 Java.

4. L'U. R. S. S. et le Plan Marshall
Le correspondent diplomatique du ( Manchester Guardian )
consacre un long article a la lutte de l'U. R. S. S. contre
le Plan Marshall. ( Il y a de bonnes raisons de penser que
le Cominform a 6td cr66 pour faire 6chec au Plan Marshall.
En France et en Italie, les dernieres groves, inspirees par
les communists, ont repr6sent6 une tentative pour cr6er
une agitation social et 6conomique telle qu'elle dissuade les
Americains de pr6ter leur secours, de crainte qu'il en soit
fait mauvais usage. Les m6mes motifs ont certainement dict6
aussi dans une certain measure l'attitude sovi6tique a la
Conference de Londres.
La position est claire et la lutte sera vive car I'enjeu est
grand. )>
5. France
La scission de la C. G. T. fait 1'objet de nombreux articles
don't certain paraissent en premiere page, comme dans le
( Daily Herald >. Les articles mettent en relief le fait que le
groupement ( Force ouvriere a peut se r6clamer aujourd'hui
d'un million d'adherents.
Derek Kartun, dans le < Daily Worker a, cerit, a ce
propos : ( Les instructions amdricaines aux socialists fran-
cais transmises par William Bullitt, ont 6t6 suivies. > M. Jou-
haux aurait regu l'appui de 1'A. F. L. a La scission, 6crit ce
journal, est totalement destinee A affaiblir le pouvoir des
syndicats a la veille des batailles les plus dures qu'il leur
reste a livrer. )
Dans le ( Worker Note Book >, Walter Holmer, commu-
niste, ecrit que ( bien que la production en France ait
atteint 90 % de celle de 1938, les travailleurs ont une part
de plus en plus faible des richesses du pays et leur pouvoir
d'achat a diminu6 de 30 % depuis 1945 >.
Dans un autre article, le journal communist announce que
les syndicalistes britanniques ont invite les enfants des gr6-
vistes A passer leurs vacances de Noel et du Nouvel An en
Grande-Bretagne.
Le programme financier qui a 6t0 expose hier par M. Ren6
Mayer a fourni matiere A plusieurs correspondances dans
le ( Times ), le t Manchester Guardian ,, le ( Daily Tele-
graph ) et le ( News Chronicle ).

LE MESSAGE DU PRESIDENT TRUMAN AU CONGRESS.
1. News CWronilce (20/12, liberal):
A Le President Truman a donn6 aux membres du
Congres -de nombreux sujets de r6flexion pour Noel. Le
dernier jour de la session sp6ciale (apr&s que le project
d'aide immediate a 1'Europe ait 6t6 lance avec toutes
chances de succ6s), il a expos les plans officials du
gouvernement pour aider 1'Europe grAce au plan
Marshall.
La some lotiale impliqu6e s'6lvera d'une fa4on on
d'une autre A 21 milliands de dollars. C'est prestlue
exactement ce qu'on a r6clame A Paris en juillet der-
nier. S'il doit y avoir des diminutions, elles ne seront
pas dues au gouvernement.
De plus, les sept ( conditions > liees A ce programme
ne g&neront probablement pas les seize pays. Ces con-
ditions font parties du plan original, sur Icquel on
s'6tait mis d'accord en septembre dernier.
M. Truman a reclame une Organisation europ6enne
permanent, qui .aiderait A controler sur place l'appli-
cation de ce programme, qui apporterait des modifica-
tions au plan de redressement lorsque cela serait ne-
cessaire, et qui assurenait la cooperation total et cons-
tante des seize nations participants. L'importance de


ce point -du plan a ete soulign6e fr6quemment par le
News Chronicle. Notre seul regret, c'est que M. Truman
ne semble pas penser a renforcer F'autorite d'une telle
Organisation, en lui donnant une voix pr6pond6rante
pour la r6partition des fonds et des approvisionne-
ments.
L'Europe tire-ra des encouragements du message ,du
Pr6sident... >>

2. mtes (20/12) :
<('...Si 1'Europe ne peut se sortir de la misere et de
la d6sorganisation, a dit M. Truman, la consequence
sera << un coup qui 6branlera la paix mondiale et la
stability a )et (qui porter obligatoirement atteinte au
standard de vie de l'AmBrique elle-m&me...
Le but de l'Amerique est ide voir s'6tablir en Europe,
avec 1'aide am6ricaine, les conditions qui permettront
aux seize nations de faire elles-memes leur propre salut.
C'est leur devoir aussi bien que leur int6ret de remet.
tre sur pied leur production et leur commerce, d'nta-
blir entire elles des liens nouveaux d'int6rzt et d'efforts
-conununs, et de se rendre, individuellement et collecti-
vement, ind6pendantes A tous points de vue en un peu
plus de quatre ans. C'est l'ind6pendance que leur offrent
les Etats-Unis et non la servitude, et au -d6but cette
offre a 6td faite A tous les pays d'Europe, a l'Est comme
a I'Ouest...
I1 est maintenant certain que les Etats-Unis sont
prkts A jouer leur r6le dans cette grande entreprise,
quels que soient les changements que le Congres sera
amen6 A idemander quant A son volume on son orga-
nisation, en naison des difficulties Bconomiques et des
controversiess politiques l'int6rieur. En ce qui con-
cerne les biens et tes services, 1'6valuation faite par le
gouvernement ambricain des besoins de 'Europe au
course des iquatre annees A venir est infrrieure A celle ,de
Paris. Sur le plan mon('taire, l'6valuation total des be-
soins de 1'Europe que doivent satisfaire les Etats-Unis,
Ja Banque international, le capital priv et autres sour-
ces de I'h6misphere occidental, rejoint presque le chif-
fre ide 5.600.000.000 Lde livres sterling, que la Conf&-
rence de Paris avait indiqu6 comme deficit total A c.om-
bler; il en est de meme pour les 4.250.000.000 de livres
sterling proposes par le Pr6sident comme participation
des Etats-Unis. Mais les chiffres ambricains sont oalcu-
16s sur des prix qui ont augment, depuis la Conf6rence
de Paris, de 7,5 %. La plupart des, reductions A faire
sont dues A la penurie. Certaines d'entre elles sont gra-
ves, mais beaucoup 6taient prevues...
On peut 6mettre des doutes et poser des questions de
,dtail... Mais pour 1'instant, on ne peut qu'exprimer son
inqui6tude. Les intentions du gouvernement des Etats-
Unis sont nettes eet ne posent qu'une question : c'est de
rendre possible le rel6vement europen, de donner aux
nations libres .de ce continent une chance, de revive
dans la prosperity et Ia paix. Comme M. Truman l'a fait
remartuer, ce but est en pleine harmonies avec celui
des Nations Unies... >

3. DaNly Express (20/12, conservateur)
< Le plan Marshall est une intervention spectaou-
laire de la richesse et .de !a g6narosit6 ambri'caines dans
le domaine de la politique 6trangBre...
Mais la Grande-Bretagne ne devrait pas faire parties
des bhn6ficiaires de ce plan :
1 Parce qu'en faisant preuve de determination et
d'activit6, ce pays peut sortir de la crise sans aucune
aide.


DEg PRESSE TTAANGARE


BULLETIN QUOTIDIEN







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


2 Parce que Jles Britanniques donnent leur maxi-
mum lorsqu'ils ont A faire face A de dures r6alitks.
3 I1 y a aussi une autre raison, d'un caractbre dif-
fbrent.
Cc plan est pr6sent6 n Congrbs comme un project
anlicommuniste. Malheureusement, des milliers d'hom-
mes, dans le monde enlier, envisagent cc plan sous cc
jour.
Si la Grande-Brelagne y participe, elle sera inevila-
blement consid6r6e comme un membre secondaire dans
une association anti-russe.
Cependant, rien n'est aussi necessaire an monde d'au-
jourd'hui que la restauration en toute ind6pendatce de
la puissance britannique, de facon A ce qu'elle puisse,
aussitot que possible, consacrer sa sagesse et son exp6-
rience A jouer un r6le de m6diateur.
La Grande-Bretagne doit-elle rester indiff6rente A
l'6gard ,de ce plan et du redressement de l'Europe ?
Ii n'en est nullement question.
Si le plan acc616re la reprise du commerce et de I'in-
dustrie sur le continent, c'est une entreprise que la
Grande-Bretagne doit soutenir de toutes les falcons pos-
sibles...
D'aprBs le texte original du plan, la Grande-Bretagne
doit envoyer 6 millions de tonnes de carbon A 1'Eu-
rope occidentale l'ann6e prochaine.
Augmentons ce chiffre. Doublons-le.
Ajoutons A cette aide pratique d'autres products don't
l'Europe a besoin et que nous pouvons fabriquer.
Nous devrions faire tout notre possible pour a.cc6-
16rer l'oeuvre de reconstruction. Mais ne jamais recou-
rir A nouveau A des dollars que nous n'avons pas ga-
gnes. >


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press am6ricaine du 19 d6eembre 1947
La press porte aujourd'hui son attention principal sur
les d6bats au Congrbs don't la session sp6ciale dolt prendre
fin ce soir. Elle attend avec un vif int6ert de connaitre
les impressions que M. Marshall a rapport6es de la Conf6-
rence de Londres.

1. Congris
SA l'issue de la longue seance qui a dur6 tard dans la nuit
le comit6 budg6taire du S6nat a decide de fixer a 570 mil-
lions de dollars les credits destin6s a aider la France, 1'Ita-
lie, I'Autriche et la Chine. Vingt millions seraient r6serv6s
pour cette dernidre. Ainsi, le S6nat serait appel6 A voter
aujourd'hui une part des sommes qui avaient 6td suppri-
mees par la Chambre. Ce comit6 budg6taire a estim6 que les
fonds prdvus par l'Administration pour I'aide A la France,
1'Autriche et l'Italie, pouvaient 6tre r6duits d'environ 25 mil-
lions de dollars parce que les products alimentaires et en
particulier le bl6 qui seraient envoys a ces pays viendraient
des stocks du D6partement de l'Agriculture qui ont 6td ac-
quis A des course inf6rieurs aux course actuels.
Cette decision du comit6 a 6t6 connue trop tard pour
permettre aux journaux d'y consacrer les Bditoriaux mais
la press de 1'Est, A 1'exception du ( Wall Street Journal ),
continue A critiquer les reductions que la Chambre a impo-
sees a l'aide int6rimaire. Des caricatures paraissent don't
l'une, en particulier, dans le ( Philadelphia Bulletin a,
montre le Congres en train de scier 1'arridre d'un bateau
de sauvetage A 1'aide d'une scie sur laquelle ont lit ( poli-
tique >. Ces journaux r6clament que le S6nat r6tablisse les
reductions votes par la Chambre.
Les correspondents du ( Capitole ) annoncent que le Sdnat


a vote, par 77 voix contre 10, le project de loi contre l'infla-
tion present par le parti r6publicain malgr6 l'opposition
tenace que faisait le chef du parti d6mocrate au S6nat. Ce
project d'e loi prolonge d'un an les pouvoirs gouvernementaux
de contr6le des exportations et autorise le Gouvernement a
signer des accords volontaires avec les producteurs pour la
rdpartition de products ddficitaires. Les representants de
l'Administration rdclamaient des pouvoirs discr6tionnaires
pour le President dans 1'exercice de ces divers contr6les.
Avant meme que le plan Marshall ait 6et pr6sent6 au
Congres par le President, la majority r6publicaine manifesto
son d6sir de rdduire le montant de I'aide qu'il comportera et
d'y apporter d'importantes modifications. Telle est l'impres-
sion recueillie dans ces milieux, notamment par les corres-
pondants du e New York Herald Tribune ) et du ( New York
Times a. La ferme volont6 des r6publicains de r6duire les
depenses budg6taires s'accompagne 6galement de leur d6ter-
mination de rdduire le fardeau fiscal; c'est ainsi que la press
announce que M. Knutson, president r6publicain de la Com-
mission des Finances de la Chambre, a d6pos6 hier un pro-
jet de loi comportant un abattement de cinq milliards 600
millions de dollars de l'imp6t sur le revenue prdvu pour 1948.
Ces tentatives r6publicaines sont encourages par le fait que
le budget en course a un surplus estim6 a sept milliards de
dollars. M. Truman s'est oppose, cependant, cat6goriquement,
a toute reduction fiscal base sur l'existence de ce sur-
plus.
Par ailleurs, le Pr6sident, r6pondant a des questions po-
s6es par des journalists, a d6clar6 qu'il 6tait pr6t a voir
M. Staline, condition que celui-ci se rende a Washington.
La press donne une certain publicity A cette declaration
mais les correspondents politiques considerent les probabi-
lit6s d'une tell rencontre comme 6tant tr6s minimes.

2. Bizone
Les correspondents de Francfort notent que le Conseil eco-
nomique allemand pour la bizone s'est refuse de se pronon-
cer contre la creation d'un Etat de 1'Ouest allemand tout
en declarant qu'il n'a pas l'intention de provoquer la for-
mation d'un tel Etat. Les representants communists you-
latent s'opposer a cette formation. Tous les correspondents
notent que les tactiques des communists visent A utiliser
a leur profit les tendances nationalists du people allemand
et a faire porter le blame pour la division de 1'Allemagne
sur les autres parties allemands.
Kuh announce de Londres A ( P. M. > qu'une Conf6rence
entire les trois grands chefs militaires des zones de l'Ouest
se tiendra prochainement a Berlin pour discuter des nou-
velles measures a prendre dans les trois zones.
Warren, correspondent du ( New York Times > A Paris,
declare que, dbs son retour a Paris, ( M. Bidault s'est mis
A freiner I'id6e d'une unification des trois zones alleman-
des > et il signal une declaration officielle qui tout en
reconnaissant que M. Bidault avait promise de discuter cette
question ajoute que celle-ci a 6t6 beaucoup moins d6battue
A Londres que ne i'a indiqu6 la press. Suivant un porte-pa-
role official cit6 par le correspondent, la France n'aurait au-
cune id6e du genre d'unification des trois zones qui serait
propose. La France maintiendrait son point de vue que les
Etats allemands doivent 6tre fed6ralis6s sans 6tre places sous
,un Gouvernement ceritral et que les autres conditions ddej
proposes par le Gouvernement frangais au sujet de la Ruhr
et de la Sarre ne soient pas modifiees.

3. Situation en France
Les manifestations franco-amdricaines A l'occasion de l'ar-
riv6e du bateau de 1'Amitid sont longuement rapportdes dans
le ( New York Times ) et le ( New York Herald Tribune ),
qui citent tous deux les paroles de remerciement adressees
au people am6ricain par M. Auriol.
Ces deux journaux suivent 6galembnt avec int6drt la Con-
ference de ( Force Ouvriere ) et indiquent qu'on s'attend A
une scission de la C. G. T., un grand nimbre de repr6sen-
tants de la minority syndicate se refusant A continue de
travailler A c6t6 des chefs communists de la C. G. T.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE


APnEs LA CONFERENCE DE LONDRES (New York Times,
18/12) :
e ...Dans un but pratique, les Quatre Grands sont
maintenant devenus les Trois Grands. Dans ces cir-
constances, ]a France .d6tient la c16 des 6v6nements a
venir en Europe...
L'6chec de la Conf6rence de Londres A 6lablir une
politique pour 1'Allemagne rend plus que jamais n6ces-
saire l'application int6grale du plan Marshall, pour le
b6n6fice commun des seize nations europ6ennes qui
sont pretes a y participer. Parmi ces seize nations, la
France est la principal puissance continental et la
direction qWelle donnera d6terminera en grande par-
tie le succ6s du plan Marshall.
Au. course des d6lib6rations maintenant terminees en-
tre les Quatre Grands, la France a souvent paru j,ouer
un role hesitant, n6gatif et inefficace. La raison ma-
jeure de cette attitude :'6tait sans .aucun doute la puis-
sance .des communists frangais et le .dsir des gouver-
nements francais successifs de ne pas prendre position
sur les problimes internationaux, ce qui aurait pu
amener en France une crise politique. Mais le gouver-
nement frangais actuel a prouv6 qu'il 6tait plus fort
que ses pr6d6cesseurs, et au course des mois pric6dents
il a recu la preuve : 1) que les communists sont pr6ts
A utiliser la greve comme arme insurrectionnelle;
2) qu'ils out te encourages et soutenus dans leurs
efforts par Moscou ; 3) que Moscou a ouvertement d6-
clar6 une lutte l mort au plan Marshall, don't depend
grandement le relevement de la France, et 4) que Mos-
cou est d6cid6e sacrifier la restauration de la paix eu-
rop6enne et a d6truire les Quatre Grands dans ce but.
Dans ces circonstances, on peut esp6rer que Paris re-
trouvera l'esprit d'ind6pendance et la largesse de vue
\qui ont toujours 6t6 presents aux meilleurs moments de
1'histoire du people francais. Le gouvernement frannais
a maintenant une occasion sans pr6c6dent de relrouver
son prestige et de faire de la France le principal ou-
vrier du relevement europken. >)



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovi6tique du 19 decembre 1947
La rubrique 6trangere dans les journaux du 19 dscembre
atteint au maximum une page et demie. Elle comprend pres-
que uniquement des nouvelles informatives don't ,ls plus
importantes concernent le camp d6mocratique.

1. Camp democratique, Camp impirialiste
a) Le camp de la democratic.
On relieve d'abord trois t616grammes de premier plan : sur
detx colonnes le compete rendu du congress du parti socia-
liste polonais, sur deux colonnes Bgalement, un resume du
trait d'amiti6, de collaboration et d'aide mutuelle entire
1'Albanie et la Bulgarie, ainsi qu'un compete rendu des d6cla-
rations de Dimitrov et de Enverhodja..La plupart des jour-
naux reproduisent 6galement le compete rendu de la derniere
stance du parti national r6volutionnaire mongol.
Un certain nombre de courtesy d6p6ches de second plan :
< Proces des criminals de guerre japonais ). (( Condamna-
tion des criminals de guerre allemands qui ont s6vi dans les
regions de Novgorod et Pskov ), ( Discours de Nerhu A Cal-
cutta >, ( Propositions de M. Wallace comme candidate A la,
Pr6sidence par les citoyens progressistes d'Am6rique ).
Enfin un article de Razlogov dans les ( Izvestia a) est
consacr= a ( ]a constitution de la democratic bulgare >).


b) Le camp imp6rialiste.
Seules quelques d6p&ches de second plan lui sont consa-
cr6es : e Ev6nements de Pescara >, ( Extraits du (( New
York Times a contre les agissements de M. Clarke ), ( In.
terdiction au parti communist en Syrie a, ( Operations
militaires en Indon6sie ),.(( Construction de fortifications
am6ricaines au nord du Japon ), ( Intention des Am6ricains
d'introduire 250.000 anciens soldats japonais a, a Compte
rendu du parti socialist frangais a, Extraits de l'article
de M. Marcel Cachin ).

2. Le problem allemand
Un long t616gramme de Berlin dans la ( Pravda ), intitule:
< L'administration militaire de la bizone filiale de Wall
Street ) analysant le ltvre d'Albernoren ( Legon d'histoire
de l'Allemagne >.
La chronique international de la flotte rouge est consa-
cr6e A 1'6chec de la Conference de Londres (voir 1'article
plus loin).

APRkS LA CONFERENCE DE LONDRES (Kzinyly Flot, 19/12):
(( Le course des 6v6nements a la Conf6rence de Lon-
dres a confirm que la d66lgation americaine est non
seulement arrive en ayant en poche un plan de par-
tage de I'Alemagne, mais qu'elle a consciemment pr6-
par6 l'6chec de cette Conference.
Les tentatives faites par 1'Union Sovi'6tique pour
aboutir A un accord sur les questions litigieuses rela-
tives A 1'Allemagne et A 1'Autriche, ont emp6ch6 les d6-
16gations des pays anglo-saxons de faire 6chouer la
Conference des ses premiers jours.
II y a a peine une semaine, une nouvelle tentative a
&t6 faite pour faire aboutir A une, impasse les discus-
sions relatives au probl6me de 1'unitM 6conomique de
l'Allemagne. La d6elgation sovi6tique a de nouveau ma-
nifest6 son d6sir de parvenir A des accords, en propo-
sant d'adopter comme base de travail les propositions
britanniques et sovi6tiques. M6me la press r6action-
naire des Etats-Unis a WtB oblige de reconnaitre que
I'initiative de la d616gation soviltique avait contribu6 A
faire progresser les travaux.
Cependant, les d616gations animricaine, britannique et
fran.aise, qui s'ktaient mises d'accord dans les cou-
lisses, ont d6cid6 de faire 6chouer la Conf6rence a 1'oc-
casion de la discussion du probl6me des reparations.
Elles ont agi ainsi pour essayer de faire retomber sur
1'Union Sovi6tique la responsabilit6 de 1'6chec de la
'Conf6rence. 11 est evident pour tous qu'il s'agit lA d'une
tentative qui vise A faire retomber sur autrui ses pro-
pres fautes...
Les puissances occidentales renoncent ouvertement a
la cooperation des grandes puissances. L'id6e d'entente
entire diff6rents groups d'Etats, dans le cadre du fa-
meux << bloc occidental >, est mise en oeuvre. Cette po-
litique est contraire aux int6rets de la paix et ne r6-
pond qu'aux buts 6go[istes des monopolies am6ricains. a


IV. PRESS BELGE


Aprls LA CONFIRENCR DE LONDRES ,(Le Penlaple, 20/12,
socialist) :
a ...Les Soviets veulent doter I'Allemagne d'un gou-
vernement central. C'est atteler la charrue devant les
Hloeufs, disent les Amiericains. Cc gouvernement n'en sera
pas un s'il est reduit A < gouverner >> un pays divis6
-par des cloisons etanches en plusicurs compartments
politiques et 6conomiques.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5


L'attitude 'des Soviets s'explique aisement.
L'unitB politique allemande est un theme de propa-
gande qui touche une corde sensible dans 1'Ame de tous
les anciens sujets d'Hitler. C'est un pr6texte commode
pour le parti communist allemand de faire de l'agita-
tion dans les zones occidentales.
D'autre part, tant qu'on agite l'issue politique, 'de pro-
bleme fundamental celui de 1'economie allemande -
passe A l'arrirre-plan. Et, avec cela, la reconstruction
de 1'Europe...
La Russie a incontestablement droit A des repara-
tions. Les degAts faits par les Allemands en U.R.S.S.
sont 6normes et le chiffre de 10 milliards de dollars
r6clamd par M. Moloetov n'en repr6sente qu'une parties
minime...
Personne n'a contest le droit aux reparations des
Russes et 'des autres Allies. La rupture s'est faite sur
une question de priority.
Les Russes auraient voulu qu'on d6pouillAt 1'Allema-
gne de ce qui lui rest, quite A continue de faire nour-
rir les Allemands par les Alli6s. Les autres Allies ont
voulu qu'on r6tablisse d'abord l'Aconomie allemande
pour que l'Allemagne puisse vivre de ses exportations
et pour qu'elle soit capable, par apres, de payer des
reparations.
La m6thode sovi6tique avait pour but d'accentuer le
d6s6quilibre 6conomique 'de l'Europe occidentale. La
m6thode des autres Allies tendait A faire r6tablir cet
6quilibre. Les objectifs des uns et des autres se sont
r6v&Ils irreconciliables... ,
(G. KOULISCHER.)



V. PRESS ITALIENNE


a) APRAS LA CONFERENCE DE LONDRES (Popolo, 17/12,
dCmocrate chr6tien) :

< La perplexity g6n6rale a W6t pr6cis6ment exprimee
par la formula qu'on a adopt6e pour cloturer la Confe-
rence de Londres. Ajournement A une 6poque ind6ter-
minue sans promesses ni engagements, sans menaces et
sans d6nonciations. Les Quatre veulent avoir les
idlais n6cessaires pour prendre leurs measures et
decider. En apparence, tout est come avant novembre
dernier; en thborie, il serait possible de reprendre les
discussions a n'importe quel moment. En r6alit6, tout
est change6 depuis les jours de Yalta. Le jeu est epuise.
Il faut changer de, cartes et de m6thodes, d'arguments
et de volont6s.
La paix, copen'dant, ne peut aller, come les Quatre,
se restaurer au buffet diplomatique; elle attend. >
(Plo BONDIOLI.)

b) LA CRUISE POLITIQUE EN, ITALIE.

1. Gazzetta del Plopplo (17/12, national) :
La situation de 1'Italie, don't le cinqui6me ministdre
de Gasperi s'insore entire les deux fronts qui s'affron-
tent dans le monde, et cela sans qu'il y ait, certes, au-
cune faute de 1'Italie. Peut-Atre pour une plus grande
efficacitA de l'action gouvernementale aurait-il mieux
value que le gouvernement ne perdit pas son homoge-
ntit6. D'autre part, comme nous Pavons toujours dit, il
6tait extrmmement important qu'on appelAt au pouvoir
des forces de gauche, mais anti-totalitaires, et pour cela


vraiment d6mocratiques. Togliatti et Nenni pourront
bien dire ce qu'ils voudront, mais il ne sera pas facile
de persuader les masses qui les suivent encore que Sa-
ragat, Pacciardi, Facchinetti et tous leurs camarades
aient soudain abjure leur foi, qu'ils soient devenus, eux
aussi, de louches instruments de la reaction et qu'ils
aient jete aux orties le reve de tout veritable Italien,
qui est de crcer, avec le temps ct avec la patience,
une Italie prospere, sans illettres, solidement fon'dee sur
des classes populaires sfres du present et de l'avenir,
fermement attache au grand et 6ternel principle de la
liberty et de la dignity de l'hdmme.
Nenni doit bien tendre l'oreille aux bruits toujours
plus nombreux qui s'61Avent dans son parti, oi, main-
tenant, bien des gens parent le language qui a conduit
Saragat A la secession. Peut-6tre est-il encore temps pour
lui 'de rendre un grand service au socialism et A la
libertA de l'Italie.
(MAssIMO CAPUTO.)

2. Avgiti (17/12, socialist official) :
De Gasperi, pour sa relive de la garde, a-t-il demanded
leur avis aux chefs des v6ritables opposition d'aujour-
d'hui ?
II s'est address& a Saragat et A Pacciardi, c'est-a-dire
aux repr6sentants de la zone de la Chambre qui, dans
les moments 'difficiles, a 6t, genereuse envers lui. Et
ceci a eu lieu prkcisnment parce que Saragat et Pac-
ciardi ne represeentt qu'eux-m6mes. C'est pour cela
que de Gasperi les a accueillis dans sa barque.
Mais il s'est gard6 de demander la collaboration de
ceux qui representent opposition non seulement par-
lementaTre, mais aussi politique et social du pays, car
alors il aurait fait un gouvernement democratique.
Pour tous ces motifs, on volt que de Gasperi n'est pas
un Giolitti. C'est seulement un corrupteur de minorities,
don't il se sert pour imposer une majority, et auxquelles
il coupe automatiquement les bases restreintes qu'elles
avaient dans le pays.
(EDOARDO RossI.)



VI. PRESS SUISSE


a) APRns LA CONFERENCE DE LONDRES (La TribuL e de
GenAve, 19/12) :
L'Allemagne sera naturellement la premiere victim
de l'6chec de Londres. C'en est fait pour longtemps des
cspoirs que l'on fondait, outre-Rhin, sur la creation de
ces fameuses administrations centrales don't les puis-
sances victorieuses devaient patronner installation A
Berlin et sur l'unification progressive des quatre zones
d'occupation. II faut s'attendre, en outre, A un renfor-
cement du rideau 'de fer et de la ceinture d'acier 6tablie
par I'armee rouge autour de l'antienne capital du
Reich...
Des deux c6t6s de la barricade, on tient A mAnager
les apparences et A reserver la possibility d'une restau-
ration ult6rieure de l'unitA allemande. Telle est Agale-
ment I'arriere-pensee maltresse des Allemands eux-
in6mes, que ieurs pr6f6rences personnelles aillent au
CongrBs de Berlin ou an 'directoire de Francfort. En
d6pit des profondes divergences d'ordre ideologique qui
les dressent les uns centre les autres, ils ne manquent
pas une occasion de se serrer la main A travers les
mailles du rideau de fer. La seule question qui les se-
pare vraiment est de savoir avec qui, ou centre qui, ils






6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


referont leur unit national, les uns et c'est encore
la grande majority misant sur la situation avanta-
geuse que le plan Marshall reserve A leur pays dans l'or-
ganisation de la grande communaut6 europ6enne, les
autres tablant au contraire sur .le triomphe final de
l'imp6rialisme russe pour assouvir leur soir de revan-
che. Ayant un pied dans chaque camp, 1'Allemagne, si
miserable et si d6srarmee soit-elle, peut jouer de la
sorte un rble important dans la prochaine phase de la
< guerre froide >. Et qui sait m6me si, en fin de compete,
elle ne fera pas figure d'arbitre entire ses vainqueurs
qui, faute 'de s'entendre entire eux, en sont venus A se
dispute ses bones grAces ?...
(PAUL DU BOCHET.)

b) LE PROBLEM PALESTINIEN (Gazette de Lausaunne,
20/12) :
< ...Le prochain depart des troupes britanniques est
certainement I'unique incident susceptible de rejouir
ensemble Arabes et Juifs. Les Am6ricains, toutefois, sont
fort embarrass6s...
Si les Arabes r6alisent leurs menaces, si de tous les
points de l'Islam leurs 16gions convergent sur les fron-
tibres de Palestine pour se'courir leurs fr6res opprim6s,
si les minarets, qui h6rissent les villes et les oasis sur
une longueur de plusieurs milliers de kilometres, ser-
vent demain de tribunes A des prophites-agitateurs sou-
cieux 'de r6veiller les rages seculaires si toute la
colbre de l'Islam ne trouve pas pour l'endiguer quelques
escadrons de police monte, alors le prix du p6trole ris-
que fort de monter sur les marches americains.
Je ne crois pas que les appeals au came et les sermons
de M. Eden A Westminster suffisent a conjurer le raz-
de-Mlar6e qui se prepare. Mais je crois, me fondant en
cela sur des avis autoris6s, que les legions arabes, mal
instruites et mal 6quipees, auront la sagesse de ne pas
se dresser centre la double volont6 de l'Am6rique et de
la Russie. Comme 1'ecrivait ici meme M. Jacques Frey-
mond, < les Arabes ne sont pas du tout assures de tirer
benefice d'une venture militaire dans laquelle ils se
lanceraient. Et cela non seulement parce qu'ils se heur-
teraient A une resistance acharn6e des Juifs, mais aussi
parce qu'il ne serait pas exclu qu'ils obligent ainsi les
grandes puissances A s'engager plus avant, avec tons les
risques que cela comporle. >
Quant a 1'Angleterre, si la guerre eclatait dans le
Moyen Orient, il n'eslt pas tout A fait certain qu'elle par-
viendrait A se tenir A 1'6cart sans ruiner ce qui lui reste
de prestige aupres des peuples de l'Islam. On affirmed
que Ides n6gociations auraient lieu d'ores et dC6j entire
le gouvernement de Londres et les repr6sentants du
future Etat juif, qu'on.envisagerait un 6ventuel statut de
dominion : ii serait alors aver6 que la Grande-Bretagne,


dans son indifference, n'a pas tout A fait la grandiose
ser6ni6t de Ponce-Pilate. >
(Du correspondent de la Gazette de Lausanne a
Londres.)


VII. ANNEXE


UN EDITORIAL DE L'ORGANE DU BUREAU D'INFORMATION DE
BELGRADE (F r o ~e Paix 'durable, pour Line Dmino-
,cratzle ipolaiee, 17/12) :
< Toutes les forces du camp democratique grandis-
sent et se fortifient. Le nombre des naifs croyant aux
processes americaines diminue de jour en jour dans
cette Europe occidentale choisie comme une des victi-
ines principles ayant h se prosterner devant les colo-
nisaleurs americains pour devenir une base de leur lutte
centre 1'Union Sovi6tique.
L'aide int6rimaire n'est qu'un pourboire aux laquais
de l'imp6rialisme americain. Aujourd'hui, les affairisles
de Wall Street ne se vantent plus que tous les obstacles
de l'Europe tomberont sous la poussee du dollar. L'Eu-
rope n'est pas Hawai ni les Philippines. La lutte des
peuples europCens pour leur liberty, leur ind6pendance
et leur souverainet6 national a pris une 6tendue digne
de ce grand continent. L'Europe s'est r6ev16e un trop
gros morceau pour les ploutocrates americains.
Depuis quelques semaines, attention 'de opinion
mondiale est concentree Sur la lutte intense de deux
puissants detachements de la d6mocratie international :
la classes ouvriere de France et celle d'Italie. Cette lutte
est loin d'6tre achevee.
Les Am6ricains veulent systematiquement affamer ces
deux pays don't les movements ouvriers ont visible-
ment effraye les politicians americainsi. En consequence,
ces derniers ont elabore, avec I'aide des socialists, une
th6orie pretenidant que la notion de souverainete serait
desuete. D'autre part, ils ont subitement commence A
parler de la necessity d'une troisieme force, appelee A
s'interposer entire 1'Europe orientale et les Etats-Unis.
En fait, la premiere tape de la bataille pour 1'Europe
a ete perdue pour les aventuriers d'outre-Atlantique,
grace lFimmense rl1e historique jou6 par les parties
communists d'Europe, arms par la declaration des
Neuf.
Cependant, les masses populaires n'opposent pas la
resistance necessaire dans tous les pays. Mais le premier
pas est fait idans la lutte resolue centre les fauteurs de
guerre, les imp6rialistes am6ricains et leurs laquais, les
socialists de 'droite. La voie trace par la declaration
des Neuf est la bonne, ainsi que l'exp6rience P'a
prouve. >


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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