Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 18, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00259
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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PkESIIENCE DtU COtS0

SECRRAAR1AT GANIARAL
Du GOUVERNEMENT


LA DOCUMENTATION FRANAISE


MINISTER
DES AFFAIRS ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESSED


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (81)



BULLETIN


PRESS


18 d6cem;bre 1947.


GgRE


Nouvelle S6rie N 847


SOMMAIRE

1. PRESS BITANNIQUE.
a) AprBs la Conifirence de Londres
1. Thimkl (17/12) ;
2. Daily 1Tlegrqiph (17/12);
3. Da4 y MaI (17/12) :
4. News Chronicile (17/12);
5. Daily Worker .(17/12).
b) La reform.e financiere en U.R.S.S, (Manichel'er
GQiaidcan, 16/12).
II. PRESS AMERICAINE.
,a) Apres la Conif6rence >de Londres :
1. New York Ti'res 1(16/12) ;
2. New Yark Ife ald Tribuane (16/12)
3. Phfidealdphaa InquS er (16/12) :
4. Haltirmoute Sun (16/12).
b) L'aide .am6ricaine a 1'Euro.pe :
1. Washi]4gtio.n Post (15/12);
2. New York HeaPld Tribune (17/12, .di-
tion europ6enne).
III. PRESS SOVIITIQUE.
La reforme finanoi6re en U.R.S.S.:
1. Izvuesica (16/12) :
2. Prlavca (16/12).
IV. PRESSE BELGE.
a) AprBs la Conf6rence 'de Londres (La Nauion
,Bqe, 17/12).
b) La situation en France (La Dv'e i&hre Ielure.
16/12).
V. PRESS SUISSE.
ia) AprBs la Conifercnce de Londres :
1. I4a lTribuiq e de Gendvue (16/12) ;
2. Neige ZiiIcJher Zeittar (17/12).
b) La situation en France (Gazette de Lauitianne,
17/12).
c) La r6formc financiire en U.R.S.S. (National
Zeituang, 17/12).

I. PRESSE BRITANNIQUE

Revue de la press britannique 4u 17 decembre 1947
L'6chec de la Conference de Londres et ses consequences
6ventuelles, ainsi que les declarations officielles a ce sujet
constituent ce matin le centre d'intedrt principal de la
press.


1. Apres la Conference de Londres
Sauf le ( Daily Worker ), la plupart des journaux souli-
gnent qu'aucun project concrete n'a encore 6t6 6labore entire
les trois ministres occidentaux pour la creation d'un Etat
'allemand de I'Ouest, mais que des conversations dans ce sens
vont avoir lieu tres prochainement.
Le correspondent diplomatique du ( Times (< crit no-
tamment que le Gouvernement britannique a 1'intention
d'agir sans precipitation. II n'a pas 'intention d'6tablir
sa ligne de conduite avec hate.
Contrairement a de frdquentes allegations, il n'y a pas eu
de discussions jusqu'a maintenant avec les ministres americain
et frnqcais pour 1'6tablissement d'une autorit6 politique en
Allemagne occidentale ou la fusion de la zone frangaise avec
la bizone... La necessity d'une action plus vigoureuse en
cas d'un dchec de la Conf6rence apparaissait certes comme
6vidente, mais M. Bevin n'a pas voulu se commettre avant
terme. Maintenant, lui-m6me et les autres ministres veulent
trouver le meilleur moyen d'assurer le rel6vement de l'Alle-
magne occidentale, sans toutefois former la porte a un ac-
cord quadripartite ultdrieur.
D'apr6s ce correspondent, l'echec de la Conference a 6t6
dO surtout au manqud de confiance entire les deux parties.
Le (( Manchester Guardian a croit b l'ouverture prochaine
et necessaire de conversations entire les trois ministres de
I'Ouest.
II expose a ce sujet la position de la France : < Avant
de consentir a la fusion de leur zone avec la bizone, les
Frangais chercheront tout d'abord a s'assurer que cette me-
sure ne les entrainera pas dans de nouvelles depenses,
qu'un arrangement satisfaisant intervienne sur les impor-
tations de coke et de carbon allemands et que 1'unit6 eco-
nomique de la Sarre avec la France soit reconnue ainsi
qu'un regime international pour la Ruhr soit accept, )
Le commentateur s'attend A une division definitive de
l'Allemagne A moins d'un geste de conciliation de la part du
Kremlin.
Le < Daily Telegraph a reproduit en detail le communique
du Foreign Office public hier soir et mettant au point
a certain faits ) pour repondre aux accusations portdes par
les Russes centre la Grande-Bretagne au course' de la Con-
ference.
Ce document tendrait a r6pondre surtout aux accusations
russes d'apres lesquelles la Grande-Bretagne aurait prelevd
plus que sa part de reparations.
Robert Waithman, du < News Chronicle >, met surtout la
vedette sur le fait que le Gouvernement britannique se con-
sidere ddsormais libre de prendre toutes les decisions qui
lui sembleront les meilleures (voir l'article plus loin).
D'apres W. Broadbent, du ( Daily Mailh, 1'6chec de la
Conference aurait caus6 un certain soulagement chez les
Francais, les Britanniques et les Amdricains, car ils ont
senti que l'atmosphcre do mensonges ct de calomnies 6tait
enfin dissipde (voir l'article plus loin).


DE


Q


N







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS kTRANGaRE


F. Pitcairn, du ( Daily Worger ), announce qu'a la suite
de la rupture des conversations quadripartites, les Am6ri-
caint ont demand a la Grande-Bretagne de signer imm6-
diatement un accord aux terms duquel ceTle-ci abandonnera
completement tout contr6le financier et economique de la
zone britannique en leur faveur.
A 1'encontre de ses confreres, ce journalist communist
6crit que des plans pour l'organisation de la trizone 6taient
deja tres avances avant meme que la Conference ne se reu-
nisse.
D'apros le a Daily Telegraph ), la prudence des d6clara-
tions de M. Bidault serait due en parties a des considera-
tions de politique interieure.
Le ( Daily Express )) et le ( News Chronicle > annoncent
que vingt-trois 6tablissements industries allemands (notam-
merit les usines Krupp et Thyssen) ne seront pas demante-
1ees.
Les journaux s'int6ressent aussi aux reactions de I; press
et de l'opinion dans les diffirents pays a la suite dc 1'6chec
de la Conference.
D'apres le correspondent du < Times )a Paris 1'opinion
frangaise aurait 6t6 tris affect6e par 1'Ochec de la Confe-
rence.
On aurait partout 1'impression en France que la rupture
complete est consomme. Los milieux officials penseraient
toutcfois que 1'on reussira a 6viter les consequences d'i ne-
telle rupture. En tout 6tat de cause on estimerait ginerale-
ment a Paris que la France est d6sormais engage a l'Ouest
et que des n6gociations pour le reglement de la question
de 1'Allemagne occidental devraient commencer bient6t.
D'apris le a Manchester Guardian >, qui donne de nom-
breux extraits de la press parisienne (a Figaro >, a Franc-
Tireur >, a Monde >), la rupture des pourparlers ferait nal-
tre en France la crainte de voir sa situation semblable a cell
de 1940 devant la principal puissance occidentale,
D'autre part, a l'encontre de 1938, on serait beaucoup
plus certain, en France, du caractrre inevitable de l'asso-
ciation de la France avec l'Ouest.
A 1'exception du parti communist, on n'envisagerait plus
la possibility d'un accord spare de la France avec 1'Est.
L'6chec de la Conf6rence, en revanche, n'aurait surprise
ni effray6 personnel aux Etats-Unis.
Le correspondent du meme journal a Francfort ecrit que
l'on attache une grande importance a la Conference des pre-
miers ministrcs et des autorites cconomiques de la bizone
pr6vue pour la fin de la semaine a Francfort.
2. Immigration britannique a travers 1'Afrique
Le correspondent diplomatique du ( Daily Telegraph a
expose les dispositions prises par les autorites francaises
pour le reglement du traffic a travers le Sahara.

a) APRaS LA CONFERENCE DE LONDRES.
1. Tinmes (17/12) :
<< ...Les attitudes des diflfrenles puissances (ui out
contribu6 a produire ce p6nible entr'acte dans 1'ela-
boration du,trait6 de paix sont dues a certain facteurs
de la situation mondiale qui doivent un jour s'dquill-
'brer, si le monde ,doit un jour connaitre la paix. Ces
facteurs existaient d&jja lors des grades conf6rences
des ann,6es de guerre ; le secret et .a volont6 de parve-
nir a des compromise, en raison :des exigences de la
guerre, masquaient alors leur influence... Quelle forme.
'de s.oci't6, .quelle influence p,r6dominante, quel sys-
t6me 6conomique et politique devaient l'emporter dans
les pays vaincuis. Telles ,6taient les questions fonda-
mentales... A la Ibase des coaflits, quels qu'ils aicnt tcd,
il ,y a toujours eu une difference fondamentale d'atti-
tide. !La v6ril6, c'est que cell divergence csl h I'heure
actuelle trop profonde pour qu'il soit possible de la
surmonter...
L'.chec de la Conference implique que I'Allemagne
et 'Europe, nmutil6es par la ,guerre, ne vont pas encore
connaitre la paix qu'elces attelnent depuis quatre ans.


Et il ne semble pas que cette nouvelle andee d'attente
soit la derni6re. Les puissances occupants vont main-
tenant s'6vertuer a tirer le meilleur parti de ce mal-
heureux 6chec, en cherchant A ameliorer l'organisa-
tion politique et 6conpmiq'ue de leurs zones d'occupa-
tion... s

2. DaJily Tleegraph (17/12, conservateur) :

t La Iderni6re scission au sein 'du Conseil des Mi-
nistres des Affaires 6trang6res peut fort bien marquer
un tournant dans l'histoire de la diplomatic d'apres-
guerre.
Venant apr6s les 6checs enregistr6s au Conseil de Se-
curit6, en raison du droit de veto, cette scission pose
aux autres puissances, sous une forme aigue, la ques-
tion *de savoir si 1'on aboutira A un r6sultat en faisant
Ide nouvelles tentatives pour se mettre d'accord avec
une Russie farouchement d6cid.e A rester isol6e...
Lorsque les Russes se rendent a une conference, ils
examinent chaque .qnesition, non d'apres ses m6rites
propres, mais seulenient d'apr6s la fagon don't ils peu-
vent 1'exploiter pour parvenir a la r6alisation de lours
projects igran-dioses, qui visent a la domination du
anonlde entier...
II est evident .que la politique d'apaisemcnt ne peut
que servir aux Russes comnme elle a ser'vi A Hitler. II
est tout a fait justifi d'essayer de suivre cette poli-
tique jusqu'au moment oil l'on s'apercoit qu'il est im-
possible d'apaiser l'autre parti. Au-delA de ce stade,
elle devient dangerous.
On peut penser que ce stdde a maintenant 6te
atteint. Les Am6ricains, et surtout les Britanniques,
ont fait preuve d'une moderation exemplaire devant
l'intransigeance et les provocations voulues des Rus-
ses. Cela ne les a conduit A rien.
ill a 6t1 prouv6 a maintes reprises que lorsque la
Russie ne peut amener les autres puissances a devenir
les complfces de ses propres plans, le d.esaccord est
une fin en lui-m6me. De nouvelles tentatives pour se
,mettre d'accold ne peuvent que prolonger le chaos,
q.u'il est dans l'intir6t essential de la Russie de per-
p6tuer.
Le moment n'est-il pas venu pour les puissances
occidentales d'"bandonner leur mo'd6ration, de ne plus
Iaisser de < portes ouvertes >> que les Russes leur cla-
quent au nez, et ide-r6gler h leur manibre, et sans les
Russes, ce qui ne peut 6tre r6g16 avec 1es Russes ? >>
(J. C. JOHNSTONE.)

3. 'ptily MTdI (17/12, conservatuUr) :
< ...I1 semble pour l'instant que les hlats-Unis, la
Grande-Bretagne et la France d'une part, et la Russie
d'autre part, vont rester sur leurs positions respective
en attendant la suite..
Aucuni d'eux ne pardit press de fire ressortir la
division de l'Europe qui s'impose A eux. La Russie
soupgonne les puissances occidentales de vauloir ins
taurer un gouvernement A Francfort.
Cela implique-t-il la fin Idu Conseil des Ministres des
Affairs 6tr.ang6res ?
Le m6canisme du Conseil denecure intact et il est
,douteux qu'un des Quatre Grands prenne l'inilialive
de d6truire le seul lien possible pour une co.mpr6 eri-
sion definitive.
Mais il est tres probable que le Conseil des Ministres
des Affaires 6trang6res ne se ir6unisse pas avant plu-
sieurs mois, peut-6tre mime ,avant la fin ,de 1948... >
(WILSON BROADBENT.)






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGERE 3


4. News Chroinicle (17/12, liberal) :
< ...Certaines des conclusions quL ont dict6 attitude
et la conduit .de M. Molotov laI Conif6rence talentt
Pvide'mment et indubitablement fausses.
11 avait tort lorsqu'il a accuis6 Ies puissances occl-
dentales d'avoir prppar6 des plans pour crecr un gou-
verncment (de l'Allemagne occidentale en provision de
l'ecihec de la Conference -de Londres plans qui n.d-
cessitent 6videmment la fusion de la zone franchise
avec les deux zones anglo-amricaines d6jA fusionnetes.
I1 est apparu nettement hier que ni Ie government
britannique, ni les autorites britanniqus., n'avaient
jamais eu de telle! intentions.
Lorsque la Grand'e-Bretagne a accept a Moscou
qu'un nouvel effort soit fait six mois plus tard pour
parvenir 4 'un accord -des quatre puissances a propos
.de I'Allemagne, elle a estim6 qu'elle ne devait partici-
per A aucune espeoe d'accord relatif a 1'avenir don't
la Russie serait exclude. Elle s'en est tenue A ce point
de Vue. Aucun project de ce ique M. Molotov appeal e < la
trizone > n'a ete fait, 11 n'existe actuellement aucnn
project sur cette question... *
M. Molotov 6tait A nouveau dans 1'erreur lorsqu'il a
lai'ss.6 entendre, A la Iderniere reunion ide lundi, que
les puissances occidentales agissaient s'uivant un plan
concert et destiny A mettre fin A la Conf4rence an mo-
ment vouli.
En faith, M. Bevin, qui, lundi, assumait la pr'sidence,
ne savait pas A l'avance que M. Marshall allait propo-
ser l'ajournement imm,6diat de 1a Conference pour une
p6riode ind6finie. M. Molotov a pu 6tre surprise ,de la
decision de M. Marshall, mais les p'uissances occiden-
tales n'avaient foment aucun c complot ,.
On estime maintenant que le Conseil de control des
Quatre va continue de fonctionner a Berlin, oft les
puissances occidentales conlihueront A occuper leurs
secteurs respectifs, ct que les accords idbj'A conclus se-
ront appliqu6s...
I1 y a d'aille'urs des possibility evidentees de nou-
veaux d-6veloppements dans les zones occidentales. La
question de la < trizone > doit etre pose, come celle
idu r61e que les Allemhnds de 1'Ouest iseront appeles A
jouer ,dans le relivement &conomique de leur propre
territoire, et l'on devra parvenir A un accord sur la
r6partition des dollars et autres dApenses parmi les
puissances occupantes... >
f(ROBERT WAITHMAN.)

5. Daily Worker (17/12, commuiniste) :
< ilJ'action brutal de M. Marshall, qui a mis fin a la
Conference des Ministres des Affaires 6trangeres, n'cst
une surprise pour personnel. Avant mere l'ouverture
de cette Conf6rence, les ministries des Affaires 6tran-
gores 'des deux c68ts de 1'Atlantique ne prenaient
meme pas la peine de cacher leur volont6 de fair
6chouer la Confarence...
II est evident que la pollitique anglo-americaine n'est
pas inspireC par les diffic'ulct6s .eonominques de l'Alle-
imagne. comme le pretendent MM. Bevin et Marshall,
,mais par leur d6sir ide prendre l'Allemagne en main.
La Grande-Bretapgne ef les Etats-Unis s'accrochent a
l'Allemagne occidentale A -cause du role essential que
Zctie-ci est appelee A joueTr pour l'application du plan
.Marshall, et de l'importance vitale de la Ruhr, non idans
.le but de reconstruire, mais dans celui de servir de
base pour la domination de lErurope et po'ur la pre-
paration ,de la' troisibme guerre mondiale, font la
press. americaine parole si souvent... >


,b) LA RIFORME FINANCIERE EN U. R. S. S. (Mlnchester
G raridin, 16/12, liberal) :
L'abolilion du rationnement et la devaluation in-
tNrlieure de la monnaie marquent une tape imiportante
.dans le relAvement de la Russie d'apres-guerre. Ces me-
.sures constilftent une tentative cnurageuse pour mai-
friser certaines consequences de l'intlation et pour in-
*troduire de 'ordre dans un systnme des prix chao-
,tique...
Nous ne devons pas accepted avec trop *de sirieux
les declarations qui 'veulent que ces changements
.soient la preuve d'une profonde cruise economique en
iRussie, nous ne devons certainement pas croire A une
aggravation r6cente de ses difficulties ,d46j r6elles.
,L'6conomie de l'Union Sov'itique est loin d'etre saine,
elle est pleine de points fables. Ces changements de-
vraient cependant amener un enforcement de l'appa-
reil productif comee apres 1934 avec l'abolition du
rationnement), bien qu'ils impliquent pour certaines
classes 'de la population des consequences immediates
peu plaisantes... II y a certainement une grande penu-
rie de biens de consommation, idont la demand, mime
!hmilee, est loin d'6tre satisfait.e. Mais la pression peut
diminueir, puisqu'il y aura moins de monnaie fidu-
ciaire cherchant A se transformer en biens de consom-
mation. Une consequence sire sera de favoriser I'ac-
croissement de la production, qui est 6videmment Plun
des buls principaux auxqnels cos changements visent. >


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press atnericaine du 16 dcoembre 1947.
1. Conference de Londres
La fin de la Conference de Londres est annoncee en man-
chettes dans les journaux, qui soulignent 1'6chec auquel elle
a about. C'est sans surprise mais avec regret que la plupart
des 6ditoriaux accueillent cette nouvelle. Ils constatent tous
que cet echec accuse la division entire l'Orient et 'Occident,
mais qu'il enforce la cohesion entire les puissances occiden-
tales et ils espArent que ce rapprochement va permettre a,
ces puissances d'6laborer une politique commune visant a
d6velopper la production allemande et a, 'integrer dans le
programme de reconstruction europ6enne. La plupart d'en-
tre eux s'elevent contre 1'idie d'une paix separee avec 1'Alle-
magne de 1'Ouest et la formation d'un Gouvernement alle-
mand dans cette zone. Ils demandent que les allies occiden-
taux maintiennent leur contrOle et favorisent le d6velop-
pement d'une economic allemande saine qui facilitera a la
longue le redressement politique de 1'Allemagne suivant des
lignes d6mocratiques que la crise economique actuelle en
A'iemagne ne favorite nullement.
Toute la press reprend les declarations faites par
M. Marshall demandant 1'ajournement de la Conference
( sine die ) et plagant la responsabilit6 de 1'echec directe-
ment sur le reprssentant russe don't attitude n'a pas per-
mis d'aboutir a un accord quelconque sur la question des
reparations. Le correspondent du ( New York Times )a
Londr-Es 6crit notamment : o La Conference 6tait vouee A
l'avance a 1'insucces parce que 1'atmosphere etait entiere-
ment defavorable et le moment mal choisi. L'echec ne s'est
pas product a propose de 'Allemagne ou de 1'Autriche. Il est
le resultat de la lutte mondiale entire la democratic et le
totalitarisme et de la lutte que les Russes m&nent centre
le plan de la reconstruction europeenne Marshall. a
Le correspondent du ( New York Herald Tribune ) pense,
au contraire, que l'echec est la consequence de 1'impasse A
laquelle a about la discussion sur o la nature et le montant
des reparations a imposer a l'Allemagne ). Ces deux corres-
pondants reprennent 6galement les declarations de M. Bi-
dault rappelant que les Soviets ont refuse de donner leur









4 hUtLLETIN QtOTIDIEN DE PRESS kTRANGERE


accord a l'integration de la Sarre a la France et ils voient
tous deux dans la phrase de notre ministry des Affaires
Ptrangrres se rapportant au role de conciliation qu'il a jou6
jusqu'a present une indication que attitude frangaise a
cet 6gard est appel6e a changer.
Middleton 6crit de Londres au ( New York Times ) que
les consequences imm6diates de l'echec ameneront les puis-
sances occidentales d6velopper un Etat allemand de
l'Ouest et a former finalement un Gouvernement allemand
dans cette zone tandis qu'un autre Gouvernement serait
form dans la zone oriental.
La premiere phase consisterait a renforcer la participa-
tion allemande dans administration de la bizone, la se-
conde serait l'unification de la bizone et de la zone fran-
caise et la formation d'un Gouvernement trizonal dans le-
quel l'autorit6 allemande serait temp6rre par le control des
trois puissances occidentales. Le correspondent ajoute :
a Quand les conditions economiques dans. ce territoire de
l'Allemagne de 1'Ouest se seront ameliordes et que cette ad-
ministration gouvernementale allemande aura gagn6 de la
stability, l'autorit6 des puissances allies sera graduellement
diminu6e. Le nouvel Etat de 1'Allemagne de l'Ouest ne sera
pas autoris6 a entrer dans l'arine international sans qu'il
ait donn6 des garanties de son int6grite politique et econo-
mique. )
Un correspondent du ( New York Herald Tribune )a a
Washington announce, d'autre part, que les U. S. A. et la
Grande-Bretagne sont tombs d'accord pour que le contr6le
iconomique et financier de la bizone revienne aux U. S. A.
qui prendront a leur charge les trois quarts des frais d'oc-
cupation de cette zone. Cet accord serait le premier pas
d'une politique visant a assurer un rl6e dominant a 1'Amr-
rique dans l'Allemagne de 1'Ouest. Le correspondent ajoute :
a On s'attend a cc que la France joigne sa zone a la bizone
et que la ( trizone ) ainsi formee demeure sous le contr6le
des trois, l'intention immediate n'6tant pas d'etablir un
Gouvernement allemond. > D'autre part, ce correspondent de-
clare que les U. S. A. sont opposes a toute n6gociation pour
un trait s6par6 avec 1'Allemagne de I'Ouest parce qu'un
tel trait serait inapplicable. ( Les U.S.A. sont cependant
determines a pousser a l'unification economique des zones
britannique, am6ricaine et frangaise >, precise-t-il.
Un certain nombre d'articles constatant les echecs suc-
cessifs auxquels ont about les reunions de Conseil des mi-
nistres des Affaires etrang&res preconisent l'abandon de
cette procedure et le retour aux negociations par les voices
diplomatiques. C'est en particulier, le sens d'un article de
Lippmann.
2. -- Aide americaine

Les deux Chambres du Congres ont finalement vot6 la loi
d'aide immediate a 1'Europe autorisant le Gouvernement a
d6penser 597 millions de dollars pour la France, 1'Italie,
I'Autriche et la Chine. La Chambre s'est decided, par 313
voix centre 82. Au Senat, la majority a 6te obtenue i main
levee sans que le vote ait 6t6 enregistre. Les commissions
budg6taires des deux Chambres pr6parent les allocations ds
fonds qui seront autorisees pour chacun des quatre pays.
Certains correspondents rapportent que le President de la
Commission budg6taire de la Chambre, M. Taber, voudrait
reduire a 510 millions de dollars I'aide autorisee par le Con-
Sgres. Cette Commission se rdunit aujourd'hui pour fixer fina-
lement ce montant.
3. Congres

Le parti republicain n'a pas r6ussi a faire adopter a la
Chambre son programme centre 1'inflation. Le parti republi-
cain n'a done pas reussi dans sa tentative d'imposer & 1'ad-
ministration d6mocrate un programme qui n'avait rien de
commun avec celui que M. Truman avait pr6conis6 dans son
recent message au Congres.
Les correspondents politiques notent que vingt-six r6publi-
cains ont r&fus6 de voter la proposition rnpublicaine que
tous les d6mocrates ont repousse6 en bloc. Les revues 6co-
nomiques d6nonccnt les manoeuvres politiques des deux par-
tis qui ne permettent pas au Congres de prendre les mesu-


res n6cessaires pour contr6ler une situation qui chaque jour
va en empirant, les prix continuant a monter tandis que
de nouvelles demands d'augmentations de salaires laissent
presager des conflicts sociaux qui risquent de r6duire la pro-
duction americaine a un moment of elle ne satisfait pas en-
core aux besoins interieurs du march#.
4. France

Les correspondents de Paris du ( New York Herald Tri-
bune > et du < New York Times a donnent une large publi-
cit6 au rapport de la Commission Monnet, qui vient d'dva-
luer que le pouvoir d'achat de la population frangaise, en
1948, sera sup6rieur de 365 milliards de francs a la valeur
des marchandises qui pourront 6tre achet6es en France dans
la m6me p6riode. Selon les journaux am6ricains, le rapport
devrait appuyer les measures que M. Schuman proposera pro-
chainement 1l'Assembl6e pour faire face aux dangers d'in-
flation.
Une d6p6che < I. N. S. ) announce qu'une scission s'est
faite au sein de la C. G. T. et que certain Syndicats ont
d6cid6 de redevenir ind6pendants, Ce serait le cas pour les
mineurs et les ouvriers de la m6tallurgie.

a,) APRuS LA CONFERENCE DE LONDRES.
4
1. New York Times (16/12) :

< L'6chec de Londres est plus que 1'6chec d'une con-
f6rence... C'6tait la session de la dernibre chance et son
Lcroulement marque aussi l'6croulement de toute la po-
litique de Yalta et de Potsdam A la fois dans sa subs-
tance et dans sa procedure.
C'est un 6chec dans sa substance, puisqu'elle n'a pas
pu accomnplir ce qu'elle s'6tait donn6 comme tAche,
c'est-h-dire d'organiser une Allemagne unie, mais d6sar-
m6e, d6sindustrialisee et d6centralis6e sous le control,
'des quatre grandes puissances afin de servir de base:
A une collaboration continue entire la Russie et l'Ouest.;
C'est un echec de sa procedure, car le Conseil des mi-,
nistres, en accordant A la Russie un droit de veto absolu
,dans toutes les n6gociations de paix, a d6montr6 que
c'6tait la une erreur cofileuse. Elle a d.ja coat6 au
monde plus de deux ans et 'demi de retard dans l'6ta-
blissement de la paix et ses resultats ont 6t :si n6gatifs
que meme son auteur, M. Byrnes, est pret maintenant h
la renier. >

2. New York 7Ierald Tribine (16/12)

a ...C'est sur une motion de M. Marshall que la Con-
ference s'est sAparee, mais les Russes n'ont offert au-
cune base qui aurait permis de la prolongerr. Cela vaut
mieux. Le rIsultat inmm6diat sera de renforcer le rideau
de fer qui spare 'depuis longtemps d6jh l'Ouest du sys-
tbme sovietique, mais au moins cela donnera l'occasion,
pour la premiere fois, de faire fonctionner le systlme
occidental avec ses propres resources. La division de
I'Allemagne nous permetira du moins d'incorporer 'Al-
lemagne de I'Ouest dans un systeme occidental viable.
Elle facilitera la solution de beaucoup 'd'autres probl&-
mes, mais elle nous imposera aussi une plus grande res-
ponsabilite, celle de faire fonctionner notre systmme
occidental en exploitant au mieux ses resources immen-
ses dans I'int6rAt de ceux qui doivent en vivre. Une
route s'arrete, mais une autre s'ouvre levant nous. >

3. Philadelphia Inquirer (16/12) :
< ...Malgr6 les obstacles, on doit trouver un moyen
de r6soudre les prob!Ames alleman'ds et autrichiens. Les
Etats-Unis, la Grande-Brelagne et la France ne devraient
pas ralenti'r leurs efforts visant a l'unification de 1'6co-
nomie de l'Allemagne de l'Ouest sans provoquer une
division politique immediate du Reich. II appartient
aux Etals-lUnis d'acc6lrer la mrise en application du








IIJLLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED ATRANG*RE


plan Marshall. Le redressement ,economique 'de l'Europe
est I'antidote le plus stir centre le poison de M. Mo-
lotov, dont la formule est : diviser.pour conquerir. Nous
devrions ace.el-rer le traitement par la prosp'-rit& ce le
faire .rkussir. >

4. Balfftmoie Sun (16/12) :
t II est inutile que nous supposions que les puissan-
ces occidentales vont s'amuser a faire des bUtises,
commie par example conclure une paix separee avec
l'Allemagne. I1 n'y a que les naifs pour recommander
eette solution simple et decevante. Ce A quoi nous pou-
vons nous attendre d6sormais, c'est plut6t A une inten-
sification d'un processus 'deji commence : celui de
1'int6gration des zones de l'Allemagne de l'Ouest sur
une base de focto. L'Europe a besoin de la capacity de
production des zones occidentales allemandes pour sa
reconstruction. Les puissances occupants ne peuvent
pas continue ind6finiment a administer leur zone avec
un lour'd deficit. Nous pouvons done nous attendre A ce
que de vigoureux efforts soient faits pour ameliorer la
production allemande, d'une part, dans le but de sou-
lager le fardeau des puissances occupants et, d'autre
part, dans celui de faire progresser le programme de
reconstruction europ6enne envisage par le plan Mars-
hall... L'objectif principal doit Otre le success 'du pro-
gramme de reconstruction europ6enne et c'est a cet
objectif que M. Marshall a consacr6 maintenant toute
son attention. >

b) L'AIDE AMERICAINE A L'EUROI'E.
1. Washingtot Post (15/12) :
Le Congrbs n'a approuv, que la parties du plan Mars-
hall concernant I'aide immediate, mais il semble que
l'on ait admis tacitement dans les deux Chambres que
ce d6but implique l'approbation ulterieure d'une aide
de reconstruction quelconque. Car quelle serait l'uti-
lit& d'ai'der temporairement des pays ruins par la
guerre pour les abandonner apres quelques mois au
desordre et au desespoir ?...
Nous pensions que la question de l'application du plan
Marshall ne peut etre convenablement d6cid6e que si
'T'on a .present A l'esprit le Ibut final que se propose le
programme ,de reconstruction de l'Europe...
Ce programme est destine a soutenir notre politique
,etrangere fondamentale, qui consiste a aider les pays
libres et indmpendants de fanon A renforcer notre propre
security et a rendre possible une cooperation interna-
.tionale plus large pour le maintien de la paix. Une tell
po!itique ne peut etre efficace que si le Depart.ement'
d'Etat et les organes charges de l'application du plan
travaillent en 6troite collaboration. >

2. New Ytork HeOlWd Tribune (17/12, edition euro-
.peenne) :
<< ...Si l'opposition au plan Marshall l'emporte, le ris-
que sera grand d'un nouvel appel, 'd6cisif cette fois, au
TrCsor britannique. Si l'on a recours A un tel appel, ce
n'est pas simplement la Grande-Bretagnie, mais tous les
pays de la zone sterling, sauf peut-6tre l'Afrique du Sud,
qui est riche en or, qui seront mortellement touches.
Tous seront .obliges de baser leur commerce unique-.
ment sur 1'6cbange, puisque leurs propres monnaies
W'auront aucune valeur sur le march. mondial.
Les changes normaux du commerce mondial qui
n'ont cess6 de decroitre au course de l'ann6e passee s'ar-
reteront complktement. L'economie 'de tout le maonde
non sovi6tique se terminera par un krach qui nous en-
Irainera en mime temps sans aucun doute. Parallble-


ment, une Grande-Bretagne en faillite sera oblige de
renoncer aux multiples obligations cofteuses qu'elle a
a 1'6tranger, dans les zones-cl6s, depuis l'Allemagne du
Nord jusqu'A l'Asie du S'ud-Est. Danis ce cas, il sera
ridicule d'essayer de resister i l'agression sovi6tique
aufrement que par ce scul moyen : la guerre. >
(JOSEPH ATSOP.)


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovietique des 14, 15 et 16 d6eembre 1947
Exceptionnellement, le lundi 15 d6cembre, certain jour-
naux sovi6tiques ont paru pour donner le texte de la r6forme
mon6taire et de la r6forme de ravitaillement ainsi que quel-
ques commentaires. Les ( Izvestia ) de ce jour publient 6ga-
lement deux colonnes de telegrammes informatifs concer-
nant des nouvelles de l'6tranger.
La rubrique Ctrangere des 14 et 16 d6cembre est domin6e par
le problem de la Conference de Londres et des nouvelles
de France don't la situation politique fait l'objet de plusieurs
commentaires.

1. Conf6rence de Londres
En 1'absence de comptes rendus, les journaux du 14 d6cem-
bre publient de nombreux t616grammes et commentaires
concernant l'Allemagne et les problemes agites a, Londres.
a) Autour de la Conference.
On peut reliever dans les journaux du 14 d6cembre, trois
t6legrammes concernant 1'Allemagne et la politique anglo-
americaine; l'un d'eux reproduit des extraits du ( Neues
Deutschland a sur les reparations ( dissimul6es a, tires de
la production courante dans la bizone. Un autre t61lgramme
donne des 6elments permettant de confirmer 1'6mission par
les Americains d'une nouvelle monnaie pour l'Allemagne
occidentale.
Enfin, un court t6l1gramme resume la derniere seance du
Comit6 permanent du CongrBs National allemand. En outre,
dans les ( Izvestia a du 14 d6cembre, la huitieme ( lettre
d'Allemagne ), de Nikitine, consacrde aux problmes des
reparations et du d6montage, et dans ( La Pravda a du
16 d6cembre, un article de Korolkov intitul : ~ Les recru-
teurs de cadres fascistes ). II faut reliever une lettre d'Au-
triche, ( L'automne a Vienne >. Dans la ( Pravda ) du 14
decembre, Kanine 6tudie le probleme autrichien (cf. Bulletin
Quotidien de Presse 6trangere n 845).
Dans la chronique international -de ( L'Etoile Rouge a,
du 14 decembre, l'observateur consacre un commentaire aux
( plans des partisans de la division de l'Allemagne >. II
note que la press anglo-americaine predit depuis un certain
temps la division de 1'Allemagne. En particulier il signal
que le correspondent de Londres du ( Chicago Sun a indi-
quait il y a quelques jours que les proches de M. Marshall
annongaient officiellement la possibility d'une convocation
en fin janvier d'une Conference des trois Puissances (Etats-
Unis, Angleterre, France), pour organiser ( 1'Etat allemand
occidental >. Les declarations des organes de la press anglo-
americaine sont trbs instructives. Elles d6masquent les ve-
ritables desseins des partisans de la division de 1'Allema-
gne, qui veulent rdsoudre le probleme allemand dans l'int6r6t
de magnats de Wall Street.
b) Comptes rendus.
Le compete rendu ( Tass > de la seance du 15 passe dans
les journaux du 16 sous les titres suivants : (( Rupture des
travaux de la session de Londres du Conseil des ministres
des Affaires 6trang6res ); ( Les plans provocateurs des dl66-
gations des Puissances occidentales en action ).
L'agence sovitique estime que les faits prouvent que la
delegation am6ricaine est venue a la session du Conseil des
ministres avec un plan 61abore h l'avance ( de ne s'identi-
fier a aucune decision qui serait un obstacle ? la division






6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


definitives des territoires de I'Ouest de l'ensemble de l'Alle-
magne a. Aussi cette delegation avait 1'intention ( non
seulement d'obtenir la rupture des travaux de la Conference
de Londres, mais de 1'ensemble des travaux de preparation
du trait de paix avec l'Allemagne. Les nouvelles publiees
ces derniers jours dans la press de Londres confirment
pleinement 1'existence de ces plans, non seulement chez la
delegation americaine, mais aussi dans les delegations an-
glaise et frangaise, qui se sont engagees A suivre docilement
les Etats-Unis ). Aussi elle estime qu'il est << caract6ristique
que la press londonienne, tout au course de la session du
Conseil des ministres, ait parl6 ouvertement des pr6paratifs
anglo-americains en cas d'echec de la session, pendant que
le general Marshall, M. Bevin et M. Bidault prononqaient
toutes sortes de declarations dilatoires sur leur soi-disant
volonte d'obtenir un accord general >, L'agence Tass estime
egalement qu' (( il 6tait 6galement clair A 1'avance que les
delegations des Etats-Unis, de 1'Angleterre et de la France,
conformement a 1'entente qu'elles avaient realisees dans les
coulisses, avaient decide de faire echouer les travaux de la
session de Londres sur 1'examen de la question des repa-
rations, voulant ainsi faire retomber sur 1'U. R. S. S. la
responsabilite du resultat negatif de la session et de 1'echec
de la preparation du trait de paix avec l'Allemagne a.
Dans la parties du compete rendu consacree A 1'examen des
principles economiques et du problem des reparations, on
relieve les passages suivants : o Sur cette question egale-
ment, M. Bidault manifesta la duplicity qui a caracterise
la conduite de la d6elgation francaise au course de tous les
travaux de la session de Londres. D'une part, il affirma que
le gouvernement francais etait pour la continuation des
livraisons A titre de reparations et qu'il avait A coeur les
iinterets des pays qui avaient souffert de l'agression alle-
mande ; d'autre part, sans se declarer ouvertement centre
les livraisons de reparations tirees de la production cou-
rante de l'industrie allemande. ii mit en doute c'utilite de
ces livraisons et emit la proposition qu'elles pouvaient en-
trainer une augmentation du potential industrial de 1'Alle-
magne et enfin se prononca centre les propositions sovie-
tiques ).
2. France
C'est le theme essential des trois derniers jours. D6epches
de 1'agence Tass dans tous les journaux, don't deux d'entre
elles de premier plan : Resolution du bureau pollitique du
Parti communist frangais. Discours de M. Maurice Thorez
A Macon. On relieve en outre la <( recrudescence des adhe-
sions au P, C. francais a. << Des provocateurs et des espions
A la tete de l'organisme du general de Gaulle >, <( Attentat
centre le siege du P. C. F. A Lyon, etc... >

LA REFORME FINANCIEIRE EN IT.R.S.S.

1. Izvestia (16/12) :
< La fiert6 des citoyens soviktiques A l'6gar'd tie Icur
pays, ]a satisfaction 6prouvee envers la sage politique
du gouvernement sovi6tique ct du part bolchevik, uine
gratitude infinic pour le grand Staline : tels sont les
sentiments qui ont anim6 le people sovi6tique lorsqu'il
a su que son government avait decide d'effectuer la
reform financibre et d'abolir les cartes de rationne-
ment. Ayant appris l'heureuse nouvelle selon laquelle
1'Etat sovi6tique procedait une r6forme monktaire et
supprimait les cartes de rationnement, les citoyens so-
vietiques ont tenu de nomibreux meetings 'dans les usi-
nes et dans les fabriques. Ces meetings sont des mani-
festations grandioses qui traduisent le d6vouement et
1'attachement infinis des masses laborieuses au gouver-
nement sovietique et an parli bolchevik..
En rCponse A cette sollicitude du part et du gouver-
nement, les ouvriers sovietiques Iravaillent encore da-
vantage pour achever avant terne le plan quinquennal
'd'aprbs guerre.
En renforcant la puissance de ]'ELat, en travaillani
avec abnegation dans les usines, les citnyens sovi6tiques



pr6pareront la voie A de nouvelles measures qui contri-
bueront A aam6liorer ult6rieurement les conditions de
vie des travailleurs.
La reform monetaire, l'abolition des cares de ra-
tionnemient et I'ilablissement d'un libre commerce ont
reg.u l'approbation de 1'ensemble du people sovietique.
Les citoyens sovietiques voient dans les measures his-
toriques prises par le gouvernement et le parti un effort
en vue du enforcement ult6rieur 'de 1'Etat soviCtique
et de 'accroissemenl du bien-lre e de la population. .

2. Pravda (16/12)
a C'est avec une profonde satisfaction que le people
sovi6tique a appris les decisions des ininistres de
1'U. R. S. S. et du Comite .central du parti bolch6vik
relatives a la r6forme mon6taire et A la suppression des
cartes de rationnement. Cette decisionn du gouverne'ment
sovi6tique rev6t une grande importance pour 1'econo-
Inie dn pays. Elle souligne une fois de plus la sollicitude
du gouvernement et du grand chef Staline A l'6gard
du people sovietique. C'est avec une joie profonde que
tout le people sovietique sale cette reforme...
L'Etat sovietique cffectue cette r6forme mon6taire
dans le but de consoli'der le rouble et de developer le
commerce sovi6tique. Ces mnesures sont destinies A liqui-
-der les .consequences de la deuxieme guerre n'ondiale
et constituent une condition essentielle du d6veloppe-
ment ulterieur de 1'Pconotmie national de I'U.R.S.S. et
de l'am6lioration 'dt niveau de vie du people sovie-
tique...
11 income maintenant aux organizations du parti de
bien expliquer au people e soviiq la porte et la signi-
fication de cette r6forme. C'est aujourd'hui que les d6-
cisions du Conseil des ministres de I'U.R.S.S. et du
part communist bolch6vik entrent en vigueur. 11 in-
combe aux crganismes du part d'appliquer comme il
se doit les plans de d6veloppement concernant le com-
merce sovi6tique...
La suppression des caries de rationnement et le d6-
veloppement du -commerce sovi6tique auront des r6per-
cussions sur I'am6iloration du ravitaillement de la po-
pulation; its exerceront une influence *sur toute la vie
Cconomique du pays et contribueront A affermir l'ave-
nir et la puissance de notre grande patrie ainsi qu'A
favoriser la progression vers Ie communisme... >


IV. PRESS BELGE


APinS L.A CONFERENCE DE LONDRES (La (N/tion Beige,
17/12, Union national) :

<< L'6chec de la Conference de Lon'dres est une de-
ception. Ce n'est pas une surprise.
C'est une deception, p.arce que nul ne peut contester
que la garantie la plus solide de la paix du monde se-
rait l'entente des quatre grandes puissances qui le diri-
gent et qui ont impose leur volontP victo;rieuse aux for-
ces d'agression.
Ce ne pent Otre une surprise parce que, depuis le de-
but 'de cette conference et imeme avant, il etai.t mani-
feste que l'accord n6cessaire ne pourrail etre r6alisC
entire les ministres des Affaires etrangbres des Etats-
Unis, de France, 'de Grande-Bretagne et de I'U.R.S.S...
Sans doute, aucun des gouvernements ni des peoples
qu'ils reprisentent ne veut-il la guerre. Mais clacun
d'enlre eux a sa fagon d'envisager la paix.
MM. Marshall, Bevin et Bidault out estimP qu'il ne







fiLLETIN QtJOTlbIEN DE PRESSE ATI'ANGtRE


servait A rien de continue A 'discuter ainsi dans le vide
et ils ont decide que la Conf6rence serait ajournee sine
die. C'est done, cette fois, l'&chec official de ce que
M. Bidault avait appel6 la Conference e la, dernibre
chance.
Ce n'est pas la paix, mais il ne faudrait pas en con--
clure que ce sera la guerre...
II faut n6anmoins s'attendre a voir clhacun se raidir
et s'organiser pour obtenir dans sa sphere et peut-6tre
mrme un peu au 'delA, le plus d'influence et le plus
de r6sultats pratiques. Souhaitons que cette rivalit6
s'exerce. dans des conditions qui ne soient pas trop
nuisibles a une Europe d6jA 6puisde par la guerre... >>

b) LA SITUATION EN FRANCE (La Dernidire Ilcrei, 16/12,
liberal) :

< La situation financiere et 6conomique de la France
etait deja bien precaire, lorsque M. Ramadier quitta le
pouvoir, voici quelques semaines ; mais depuis, les gre-
ves g6ndralis6es, qui ont paralysed toute l'activit6 du
pays, durant plus de quinze jours, ont rendu cette si-
luation bien plus precaire encore et presque catastro-
phAque.
Le gouvernement present et tout particulierement I'e
ministry des Finances et *de 1'Economie national,
M. Ren6 Mayer, ont la lourde tAche de redresser une
telle situation. Y parviendront-ils ? C'est la question
angoissante des jours A venir...
En tout cas, ils se mettent resolument et courageuse-
ment au travail et l'on parole ddja d'un plan d'assainis-
sement financier A 1'etude actuellement par les services
dd la rue de Rivoli.
La solution envisage par M. Rend Mayer serait dif-
fNrente de celle de M. Jules Moch. Pas de psychological,
mais des r6alilds commercials, tel serait son principle,
et au premier plan de ces r6alit6s commercials, la
concurrence... >

(Du correspondent de la Derniere HiMnre, a Paris.)



V. PRESS SUISSE


a) APnAkS LA CONFERENCE DE LONDRES.
1. hla Tribunie ile Genevue (16/12) :
< ... Seul un miracle pouvait sauver la Conference de
Londres de l'echec total, et ce miracle ne s'est pas pro-
,duit. Depuis plusieurs jours, l'unique 'question qui se
posait encore 6tait de savoir lequel ,des < Quatre > au-
rait le courage et la franchise de reconnaitre publique-
ment qu'il n'y avail plus d'entcnte possible. Eu fin de
compete, c'cst M. Marshall qui a pris sur lui de propo-
ser l'ajournement a sine die ). C'est ce que voulait
M. Molotov, qui manoeuvre constamment de facon A re-
jeter sur son partenaire americain la responsabilitA
d'une rupture don't il fut en raalit6 le premier artisan.
Mais; ce petit success tactique ne change rien au resul.
tat pratique. Et le fait essential, A l'issue de cette dra-
matique.confrontation, -c'est l'isolement complete auquel
1'U.R.S.S. s'est clle-mnme condamnne...
Officiellement, la rupture s'est produite sur la ques-
tion des reparations. Mais ce n'Atait en some qu'un
pr6texte. En r6alite, il y avait d6saccord sur toute la
ligne. Bien avant la reunion de la Conf6rence, le gou-
vernement des Soviets avait d'ailleurs dejA jet le mas-
que. II y a en effet contradiction absolue entire les con-
ventions de Potsdam et de Yalta, auxquelles M. Molotov


feignait encore de se raccrocher a Londres, et les direc-
tives imperieuses donnies de Moscou au Kominform.
D'autre part, la restauration de 1'unitl6 conomique de
l'Allemagne impllquait de toute evidence une large con-
tribution financiere des Etats-Unis et un rajustement
g6ndral des changes europdens, ce qui supposait Aga-
lement l'acceptation par 1'U.R.S.S. des mnthodes de col-
laboration international don't s'inspire le plan Mar-
shall. Or, de cela, le Kremlin ne vent L aucun prix.
En presence de la vasle offensive international dd-
clenchec par les Soviets sous le couvert idu Kominform,
et devant la froide intransigence affich6e par M. Molo-
tov, on assisted a un resserrement de la solidarity natu-
relle q.ui lie entire elles les grades democraties occi-
dentales. Le spectacle de la courageuse resistance oppo-
she par la France et i'Italie aux menees souterraines de
l'imp6rialisme russe, a suscitd aussi un grand enthou-
siasme aux Etats-Unis ot des ( trains de l'amitiB > vont
de ville en ville pohr recueillir des dons en nature en
faveur des malheureuses populations de ces deux pays.
Ce nouveau rapprochement facilitera grandement la
inise en oeuvre du plan Marshall... >
(PAUL Iu BOCIIET.)

2. Ne.e Ziilchnrl Zeitling (17/12) :
< ... On doit se demander aujourd'hui si le Conseil
des ministres des Affaires etrangeres, crA6 A Potsdam
est encore une institution viable et capable d'agir, -ou
bien si, en 6laborant les trails de paix avec 1'Italie et
les petits satellites du Troisieme Reich, il ne s'est pas
use une fois pour toutes, de sorte qu'on serait obligA,
pour ainsi dire, de le jeter A la ferraille. En pareil cas,
6tant donn6 que la rupture survenue aujourd'hui suf-
fit par elle-mlme A Aloigner consid6rablement les vain-
queurs des decisions de Potsdam, il serait n6cessaire
de fabriquer un novel instrument pour regler plus
tard la question allemande par la voie de negociations
diplomatiques. Mais le moment propice n'est pas venu.
Ainsi qu'on pouvait clairement s'en rendre compete
avant meme la conference de Londres, la politilque am6-
ricaine veut avant tout crber des faits nouveaux dans
le domaine de la reconstruction europ6enne, imposer
cet 6tat de choses en Allemagne occidentale come
ailleurs. Le probl6me le plus urgent inscrit au pro-
gramme de M. Marshall, c'est visiblement de promlou-
voir une collaboration plus 6troile entre les puissances
anglo-saxonnes et la France; il est significatif qu'A cette
fin il ait prolong quarante-huit heures son sejour a
Londres apres 1'6chec de la Conference. Bien entendu,
la politique de la Russie soviktique en Allemagne ne
restera pas inactive elle non plus, et les groups qui,
avec le Congres berlinoils du people allemand, out de
I'exterieur second M. Molotov d'une maniAre assez pi-
teuse, seront sans doute prochainement incits en zone
russe a tenter de nouvelles manoeuvres. La division de
1'Allemagne entire l'Est et l'Ouest s'affirmera d'une fa-
con plus nette encore. On devait n6cessairement s'y at-
tendre pour le cas d'un checkc de la Conf6rence de L'on-
dres, sans d'ailleurs voir 'l un 6v6nement irreparable
et catastrophique. >

b) LA SITUATION EN FRANCE.

(Gazette de Lausanne, 17/12).
a ... Tour A tour annex6e par les deux parties en pr6-
sence, magnifibe dans I'un et l'autre camp, la classes ou-
vrirre. je devrais dire plus exactement la classes des
salaries, perd sur tous les tableaux.








8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


Elle a Wte, en fait, trahie idoublement. Par les gou-
vernements d'abord qui se sont suc.c6ds, sans parve-
nir a lui assurer des salaires convenables, sans parve-
nir a bloquer la hausse des prix agricoles, c'est-A-dire
.sans parvenir a mettre dans les affaires 6conomiques
(Iu pays, l'ordre, generateur d'equilibre.
Ii y aura une annke dans quelqucs jours, une expe-
rience de baisse a eti tentee. Le gage dc son success re-
sidait avant tout ndans le maintien des salaires A un
laux determine. Toute augmentation de salaire provo-
quant fatalement une augmentation parallele du cofit de
la vie, on demande aux travailleurs de faire preuve de
discipline et de mettre, le temps qu'il faudra, une sour-'
dine A leurs revendications. Ce temps fut gaspilld par
les homes responsables du pouvoir en d'acadimiques
querelles. sur le dirigisme et le lib6ralisme. On fit une
politique sans envergure, susceptible surtout de satis-
faire tour a tour les tendances opposees au sein du gou-
vernement. En revanche, 1'impunit6 continue de cou-
vrir les aclivilCs n6fastcs des grands trafiquants et des
magnats du muarchl1 noir. De compromise en solutions
provisoires, on laissa sc d(velopper- une situation telle
qu'en novcmbre dernier, le pouvoir d'achat des salaries
n'6tait nianifestement plus en rapport, une fois de plus,
avec le prix de la vie. L'hiver commencait, l'ilfqui6tude
du lendemain grandissait dans les foyers ouvriers, le
terrain 6tait tout prepare, pour 1'offensive communist.
Et c'est 1' que se place la second trahison. Sous le
pretexte *de sauvegarder les int6rets de la classes ou-
vitire, les extremists do gauche ont lance l'ordre de
grbve. L'occasion fait le larron, dit-on. Dans le cas par-
ticulier, le larron 6tait tout pr&t i saisir l'occasion...
Doublement trahic, la classes ouvribre I'a done et6 une
premiere fois par des gouvernements impuissants.
Trahison mineure mais tout aussi condamnable que
I'autre, puisqu'elle la rendait possible. L'autre, en
soi, est plus grave, puisqu'elle procede d'une volont6
arret6e d'empicher le redressement .6conomique du
pays, de mettre la nation dans un 6tat de d6sordre qui
seul permet a une minority d'arracher le pouvoir a la
majority et d'installer sa loi par la force.
II nous parait donc aussi ridicule de considerer les
graves qui viennent d'6branler la France, comme uni-
quement politiques ou uninquement revendicatives...
Aussi longtemps qu'en France, le prix de la vie


n'aura pas 16t adapl6e ie facon stable aux salaiires, tou-
tes les explosions de mecontentement seront justifies ;
et le parti conmuniste pourra trouver toutes les rai-
sons, aussi excellentes les unes que les autres, a se poser
en seul d6fenseur .de la classes ouvribre, quite h 1'en-
trainer par la suite dans les voies tortueuses d'une po-
litique de catastrophes.

C) LA REFORME PINANCIERE EN U.R.S.S. (Natiozal Zei-
tung, 17/12) :
<< ...II n'est pas certain que les nouvelles measures
puissent atteindre leur but. En effet, on ne salt encore
rien sur le nouveau bareme des prix ; en tout cas, ceux-
ci vont monler, puisque le communique du gouv.erne-
ment parle de nouveaux prix officials unifies. Ensuite il
faut attendre de voir si le nouveau rouble parviendra
'A conserver sa valeur reelle. Aussi longtemps que la
Russie sera placLe sous le signe d'investissements dC-
passant la normal, c'est-a-dire que le revenue du peu-
ple russe servira surtout A la fabrication de imoyens de
production et (Ie materiel de guerre, et dans une mc-
sure relativemcnl faible seulement a la, production de
biens de consommation, des disponibilites monetaires
nouvelles seront constamment cr&6es, sans qu'il existed
une offre de products en rapport avec elles. Aussi dans
un temps assez peu 6loignl le nouveau rouble sera-t-il
a son tour victim de l'inflation ; l'offre de biens de
consommation restera insuffisante, et les marches noir'
refleuriront ; on pourra alors se livrer une fois encore-
au jeu des experiences monetaires. L'6v6nement se pro-
duira d'autant plus vite que la Russie ne veut pas vivre
au sein d'une communaute pacifique de peuples unis-
sant leurs efforts pour la reconstruction et qu'elle se
propose visiblement des objectifs imperialistes, politi-
que qui contraint 1'Etat sovi6tique h accroitre sans
.cesse son 6quipement militaire aux depens de l'approvi-
sionnement de son people en biens ,de consommation.
A strangerer la devaluation russe ne jouera pratiique-
ment aucun r61e, 6tant donn6 que les paiements, dans
les relations commercials avec I'U.R.S.S. se font sur la
base de l'or et du dollar. Ce qu'on Ipeut simplement
noter, c'est que dans les territoires de l'Est occup6s ou
icontr616s par les Russes, circle une certain quantit&
de roubles qui seront certadinement touches par la d6-
valuation. >


S. P. I. Imp., 2, rm Nicolo, Paris 31.3000


Prix : francs.




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