Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 17, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00258
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



RESIDENCE DU CONSEIL

SECRETARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


BULLETIN



DE PRESS


Q


17 decembre 1947.


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
RT DE PRESSED







EN



SGElEE

Nouvelle Serie N0 846


SOMMAIitE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La in de la Conimerence ide Londres :
1. Dulql Alwl (10/,12) ;
2. D ity bxpsass (10/1i2) ;
3. Dally 2let iilapit (l16/12) ;
4. News CLi'otlucte (10/.12).
b) La rtorme financiere en IU.t.S.S.:
1. 2lmIge (16/12) ;
2. DiaU y Workeir k15/12).
11. PIRESSE AMIEICAINE.
La lin ae la Lonteren.ce de Londrnes (New York JIc-
ipld 2'i'itbulue, 10/12, edibon europeenne).
111. PRESSE SOVIETIQUE.
a) LLa relorInic inan;ciere en U.R.S.S. (l-ravda,
10412).
b) La situation en France (T2rould, 13/12).
IV. PRESSE ITALENNE.
ju) La situation en France (Gazzetla dtl Popolo,
12/12).
b) L'agitation social en It;alie :
1. ttownpq (13/)12) ;
2. ULnua (13/12).
V. PRESS SUISSE.
L'lIargissement du Cabinet italien (La Tfiibune de
GaIene, 15/12).

1. PRiESE BRIIANNIUUE

Revue de la press britannique du 16 decembre 1947
La press de ce matin donne la premiere place 1l'echec
de la Conference de Londres. C'est cet evenement que
sont consacrees les plus longues correspondances et le plus
grand nombre d'editoriaux.
Sur le plan interieur, la press announce une augmentation
du coUt du carbon et les premiers resultats du plan gou-
vernemental de recrutement de la main-d'ceuvre.
1. Conference de Londres
Sous d'importantes manchettes tous les journa'x annon-
cent la rupture des conversations entire les Quatre et l'ajour-
nement ( sine die ) de la Conference.
Le correspondent diplomatique du e Times ) estime que
les ministres se trouvent encore plus loin d'un accord que


lors de la Conference d'avril dernier, car hier soir ils n'ont
pu taire aucun plan pour l'avenir et i semble certain que
Ies tenuances separatlsies en Auemagne seront favoris6es.
D'apres le correspondent diplomatique au Ivianrcnester
Guardian ), la Conierence aurait pu se poursuivre si M. Mo-
lotov s'etait abstenu de lancer de nouvelies attaques centre
les ministres occidentaux.
Celui du ( Daily Telegraph ) estime qu'un accord aurait
pu etre aLteint mais uans ues conditions qui auraieni non
seulement reduit le peuplb allemand a 1'esciavage mars egale-
ment retarded le retablissement europeen.
Robert Waithman, du c News Cmloncle ), s'attend A une
fusion de la zone Irangaise avec la bizone et a la creation
d'un organisme administratif allemana de caractere demo-
cratique en Allemagne occidental tvoir cet article plus loin).
Frank Pitcairn, au (( Daily Worker ), rend M. Marsnall
responsible de la rupture. Celle-ci aurait ete pr6paree depuis
longtemps mais les efforts de M. Molotov n'ont pas reussi
i l'eviter. e La nouvelle de la rupture, ecrit-il, a rempli de
joie le fauteurs de guerre de Wasnington. Ceux-ci se prepa-
rend d6ja a mettre au point des plans en vue de la creation
d'un Etat allemand occidental. ) (Voir les editoriaux plus
loin.)
2. France
Le ( Manchester Guaruan a puone un article de son cor-
respondant a faris sur la sinuauon econonique ae ia r'ranue
et se relere au rapport ae la commission aes Finances.
D'apres le corresponaant anu Daily 'elegrapti ), une scis-
sion ae la C .G. T. semblerait immmnene. Le group ( Force
ouvriere ) gagnerait de plus en plus de terrain.
3. Roumanie
Plusieurs journaux annoncent que le Gouvernement rou-
main a ( depossede plusiturs societies petroliOres britanni-
ques ). Le redacteur nmancier du ( Daily Telegraph s'eleve
contre les allegations roumames d'apres lesqueiles ces com-
pagnies auraient mis illegalement la main sur les petroles
roumains.
4. Arm6e allemande en U. R. S. S.
Le correspondent du ( Manchester Guardian ) a Berlin
fait etat des rumeurs d'apres lesquelles 1'U. S. S. aurait
uonstitue une armee allemande sous le contrOle du marechal
von Paulus.
a) LA FIN DE LA CONFERENCi DE LONDRES.
1. Daily UtAl (16/12, iconservateur) :
I ...I1 vaut miieux 6tre franc. Dans l'6tat alctuel des
choses, il y a tres ,peu d'espoir pour que la Conference
des 'ministres des Affaires ktrangeres s.e r6unisse a nou-







Z BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGORE


veau. Les 6v6nements id'Europe d6cideront quand et
comment les ministres des Affaires, ,triangrres auront
une nouvelle opcasion de se rencontrer; l'EU trope est
encore dans I'agitation d'apr6s guerre.
Le plan Marshall sera un iacteur .dbcisif. II n'est pas
douteux que P'ombre du plan Marshall 'et les perspeec-
tives d'aide et de relivement final qu'il lais'se esp&rer'
ont Bt6 la veritable cause ,de l'chec des discussions
enitre les Quatre Grands.
Les ministries soviltiques veulent voir comment va
fonctionner le plan Marshall avant de se lancer dans
.une politique international, surtount dans une politi-
.que de coop'b6ation en Europe. Pour eux, la question
.esl la suivante : 'Saide tcapitaliste peut-elle vivr.e A c6fe
.au communism, ou faut-il que Iun des deux ait le des-
Isous ?...
(WILSON BROADBENT.)


<< ...On a falt preuve de p.atienle et de bonne volont6&
du cote occiatiaali. ,Un a wait preuve de ipaience du
cLte i;usse, mass pas ae Donne e Mipecl e Ue parvvettr a une solution du problem eu-
ropeet. Aucun accord n est intervene parce que la
tluoio ne n vooUai pas d'alucord...
11 est evaiueti aepllrs lioibgteemlps que l'intention russe
n'a jamais ere ae negocler, maSs ae gaguer au temps
et eucure au Lemps, aans 'espoir de vour l'rurope som-
brer aanis le onaos.
QuiSques traneLs ae paix ont W6t signs, mais ils n'ont
qtu ute iiuportaiLce secei claire. ils souL iot's initervenus
avec 1a, paya qui se troavent A a'interieur oou en bor-
aure ue la zone a ittluenice sovieuque.
un xegiement avec i'Autricne on rAdnemagne aurait
Ate cnotc tlres dlrerente. wi da paix avar. ete sigiee
favec lauritnlne, ies troupes russes auraient ate retirees
,des ram&aus. .it la paix avai .te-.sigiiee avec 1'Allema-
' ige, on aurait ea i espoir de voir irurope se reliever.
a'apiutemenll. La JitIssic ne vouialt nien de toul ceia.
vaugre cela, elie aurait peut-etre sig.ie ces traits
,s'it Iy av.ai pas eu le plan iviarsnad. ue grand project
d asbsiia ve ett une maiateaicuon pour ues aovieis, qui
isayvart que aes nations prowperes te ceiournent du conl-
munimne.
ie piaa Marshall a rerlppli Moscou de 'fureur. Ce
tn'est pas unie coincidenlue 'si le discours de M. Molotov
qui a nis aln & la Conrerence des Quatre a e6t une vio-
lente altaque conire ce pian... L'ecnec sera suivi d'une
recrunescenace de da menance et de la tension interna-
itionaae's et il est dii lile de voir comment les Nations
Un.es pourront survive en tant qu'organisme univer-

Les puissances occidentales doivent maintenant pro-
oeder, dans leurs ,propres territories et suivant leurs
p.rppres methodes, A rinstauration de la paix .et de la
prosperibe. La bizone, sphere anglaise et am6rcoaine
.tAuoemagne, dolt devenir une trizone avec I'adhesion
.de la .raace...

2. Dlaiy Expiless (16/12, conservateur) :
I ...Chaque parties est terrifee a !'ide que l'autre
*pourrait dominer I'Europe. L'une ipar l'ob6dience des
parties communists, P'autre par la puissance du dol-
lar.
A leur nm6flance mutuelle lles sacrifient leur int6rlt
commun, qui est une Allemagne vraiment paisible Ot
sur laquelle -on puisse computer.
De cette anflance doit sortir, du aoins pour le ano-
ment, one Allemagne divis&e. Chest tvidemment une d6-
faite pour la politique britannique.


Mais cette solution present un advantage : 'Allema-
gne sera incapable de'donner tout son appui A PEst ou
A ''Ouest.
Elle ,ne pourra pas marchander, conmme une Allemo-
gne unie aurait pu le fire, afin do s'attirer les faveurs
de la Russie ou des Etats-Unis.
II reste en Europe d'immenses lAches A ae.complir,
bien que les Alli&s se soient momentanement s6par6s
Et peut-itre, avec le temps, la confiance reviendra-
t-elle lentement et la discorde catastrophique entire lo
Russie et ses. allies s'apaisera-t-elle. >
3. lDaNJI Telggraph (16/12, conservateur)
< ...M. Molotov a laiss6 la Conf6rence poursuivre ses
travaux uniquement dans un but de propagande vis-a-
vis de I'Atienmagne et non dans l'espoir de parvenir a
unt accord. ii n'y avait .aucune raison de icontinuer
ainsi.
Si Ja reunion de vendredi, au course de laquelle
M. Moiotov a repris se's vieilles accusations, 6viaem-
ment ,sans fondenaent, centre les puissances occiden-
taies, ,a preciipue l'eIhee de la Conulerence, on n'avait
en tait jamais espere vraiment _qu'on .parviendrait A
etabtr un plan common pour l'Aitemagne. Car ce ne
sont pas le chuttre aes reparations, ni le project poll-
tique concr'e pour l'Ailemagne qui ont consitltue la ve-
ritabDe base ae desaccord maigr6 la dritiouct6 qu'il
y avalt a 'parvenir A ce propose A un compromise. II
n'existe .en lait aucune idee commune entire la hiussie
et les puissances occinentaies sur la manitre don't
pourran ionctionner un contr6le unifi&... Commne M. Be-
viln 'a fait ressorurr hier soir, le project sovi6tique pour
une Allemagne unle auralt impiaque c une democratic
lantome ou queiques homes auralent exerce un pou-
voir lyrannique > et ont ce pouvoir aurait 1et exerc6
aux orares .des Russes... >>
4. News Chromncle (16/12, lib6 al) :
< ...Maintenant que da situation a 6t. eclaircie et que
nous aumeutons qu ii n'y a pas d'accord general, 11 de-
vrait etre 'possi e ae construire pas A pas un Cdince
vraiment soilae. 11 vaut Deaucoup mieux, pour le
monue, que nous nous. tournions vers les realites et que
nous nous Dasiuns sur eiles, piutot que de nous leurrer
avec des raves asotuinment vans. L'une des realites de
l'epoque moaerne, c'est iqual existe des points entire
a'.st et I'Ouest. L'mterdepend'nce 6conomique est un
de ces points. teut-6tre, grace A ce pont, peut-etre grace
A d'autres, pourrons-nous nous rencontrer de nouveau
et etaliir des relations plus tructueuses et plus dura-
bles que celes qui viennent de trouver une fin maineu-
reuse, mars non inopportune. >
*,
..
...DBs mnaintenant et aussi longtemps que durera
cet ajournement, 'Aliemagne sera divisee en deux; il
s'agira d une division qui ne laissera plus subsister au-
cun doute.
Dans la parties oriental de 'Allemagne, 'Union So-
vietique poursuivra sa politique, pregnant des repara-
tions qu'elle jugera bon de prendre, faisant des usines
allemandes la propri6t6 de l'Union Sovietique, main-
tenant une administration allemande domin6e par les
communists.
Dans la parties oocidentale de 'Allemagne, la Grande-
Brelagne, les Etats-Unis et la France... front leur pos-
sible pour que ces territoires, reprenant de l'activit6,
deviennent une source d'aide pour le rest de l'Europe
occidental, au lieu d'etre une charge comee ils 'ont
ete jusqu'A present) pour les 'puissances occupants.







BULLETIN OUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


11 semble A peu pros certain, maintenant, que la
France fusionnera sa zone a la bizone anglo-am6ri-
caine. II s'emble presque aussi certain qu'une adminis-
tration d6mo-cratique allemande sera cr66e pour aider
a cette tfiche... 3
I(ROBERT WAITHMAN.)
b) LA RAFORME FINANCIARE EN U.R.S.S.

1. Times (16/12) :
< ...Le rtabli,ssement d'un libre m.arch6 des products
.alimentaires et les prIlbvements sur Ies com'ptes-cou-
rants et dnp6ts *en banque sont envisagess come de-
vant donner une nouvelle impulsion A la production.
Si la suppression du rationnement alimentaire a sur-
tout rune port&e int6rieure, les leaders sovi6tiques ont
certainement 6prouv, une satisfaction 'particuliere A
op6rericette suppression au moment de application du
plan Marshall' et de l'aide americaine A ITurope en
'iens de consommation, ce qui done a cette measure
Ja valeur d'une demonstration. Donnant la 'preuve de
la force de la position 6conomique sovi6tique, elle fut
probablement destine a rassurer les pays d'Europe
ordientale qui. souls la pression sovitique, s'exclurbnt
du plan Marshall et qui comptent sur les surplus de la
production alimentaire de I'U.R.S.S. pour combler le
vige entire leurs besoins et leurs resources. II est in-
dubitable que toute preuve donn6e par 1'Union Sovi.-
tique de sa capacity A a lever son niveau de vie int&-
rieur et A exporter des products alimentaires a 1'Europe,
augmenterait le prestige et .'influence de I'U.R.S.S. Mais
si la suppression du rationnement (A condition qu'elle
n'entraine pas des inegalit6s intol6rables de distribu-
tion) marque une tape vers le relevemen't, elle ne
donne pas en soi la measure du niveau atteint actuelle-
ment par 1'6conomie sovi6tique dans son effort de re-
construction apres les destruction de guerre. >
2. Daily, Worker (15/12, communist) :
c 'La suppression du systeme le rationnement en
Union Sovi&tique sera accueillie' avec enthousiasme
days le monde enier, come unse preuve de la puis-
sance et des progres du pays du socialism, et en par-
ticulter des r6alisations' importantes des kolkhozes.
Il est tout iA fait justified que le penuDle britannique se
rijouisse, cai il a 6galement un profit a tirer de ces
sunks, socialisfes, come les rbsultats des nAgociations
anglo-sovi&tiques Pont montr6 de facon trks Avidente...
Les obligations n~es d.es accords passes entire l'Union
Sovitiique et les pays strangers demeurent inchana6es.
Ceci implicfie que la valeur du roiuble augmentera dans
les chAidges internationaux.
rie toute evidencee, ce d6cret prevoyant l'abolition du
systome de rationnement et une reforme flnanciBre
marque 'ne nonvelle 6taDe dqns le developoement de
economice de l'Union Sovietique d'apres guerre. Les
vestiges de 1'Aconomie de guerre sont en train de dis-
paraitre et P'on jette les ~iases d'une circulation des
marchandises plus -en rppoirt avec lesibesoins du peu-
1ple .et l'accroissement remarquable de la production... >

U. PRESS AMERICAINE

Revue de la press americaine du 15 decembre 1947
IA press dominicale traite avec abondance une multi-
tude de sujets de politique int6rieure et 6trangBre. Les prni-
cipaux sont la decision prise par la Commission mixte des
Chambres du Congres au sujet de l'aide int6rimaire a 1'Eu-
rope, la declaration du President Truman au sujet de la po-


litique conomique en zone americaine d'occupation en Al-
lemagne et la situation interieure frangaise. La press de
lundi met en vedette la devaluation du rouble annonc6e par
Moscou.
1. Aide initrilnaire
Conformdment A ses predictions, la press constate que la
Commission mixte a about a un compromise A propos de
I'aide intdrimaire. La some de 597 millions a 6td mainte-
nue mais elle devra servir A porter secours A la Chine en
plus des pays europ6ens et la rdpartition entire les bendfi-
ciaires sera d6terminde ulterieurement.par les Commissions
budg6taires du CongrEs. Ce dernier, au course des debats
d'aujourd'hui, devra donnr son approbation au project de

loi unique approuv6 par la Commission mixte.
Les correspondents politiques notent que ce compromise
donne satisfaction A administration ambricaine sur un
nombre de points important, l6imine certaines restrictions
que la Chambre avait votes et modifie un certain nombre
de clauses qui auraient pu porter prejudice aux bonnes rela-
tions internationales contrairement a 1'intention de leurs
auteurs: Le correspondent du ( New York Times ) note que
toute allusion aux communists ou a la Russie a 6t6 6cartee
et que la seule specification qui ait Wt6 maintenue est celle
qui permet au President d'interrompre cette aide si elle ne
lui parait plus o en harmonies avec l'ntiret national >.
M. Vandenberg a fait remarquer aux journalists qu'il 6tait
dvidemment impossible de demander A la France, par exem-
ple, de signer un trait avec les Etats-Unis qui comporte-
rait des allusions t la Russie et aux communists. La Alause
permettant la << Reconstruction Finance Corporation n: de
disposer imm6diatement des que la loi sera signee par le
President Truman, de 150 millions de dollars pour aider ces
pays ayant Wt6 maintenue, cette some permettra iu pro-
gramme d'aide d'entrer en vigueur sans ddlai.
La press announce que le President Truman a convoqu6
les chefs des parties A i ne Confdrence ce matin A la Maison
Blanche en vue de discuter la preparation de la legislation
sur le plan Marshall que le President adressera prochaine-
ment au Congres.
2. Italie
Le retrait des troupes americaines d'Italie est annonce
sous de gros titres en premiere page qui associent cet dv6ne-
ment A la declaration que le President Truman a faite A
cette occasion. Le Pr6sident a dit notamment : o Si au course
des d6vnements il apparaisshit que la liberty et l'ind6pen-
dance italiennes sur lesquelles le reglement de la paix a et6
Etabli 6taient menaces directement ou indirectement, les
U. S. A. en tant que signataires du trait de paix et en leur
quality de membre de l'O. N. t. seraient obliges d'envisager
quelles measures seraient approprides pour maintenir la paix
et la security. >
L'editorial du e New York Times ) considrre que l'aver-
tissement donn6 par le Pr6sident est opportun puisqu'un cer-
tain nombre de situations n'ont pas encore 6t6 regl6es en
Europe et que la menace du communism continue A trouble
I'ordre intrieur en Italie.
Les d6peches de Rome annoncent le remaniement du Ca-
binet italien qui a permis d'elargir la representation des
parties politiques italiens au sein du Gouvernement. Cette
decision de M. de Gasperi venant apres la forte majsrit6
que lui a donn la Chambre samedi incite les commentateurs
am6ricains A consider avec plus d'optimisme la situation
italienne.
3. La Conference de Londres
La r6ponse donnde par M. Marshall au questionnaire russe
sur les agissements 6conomiques des Americains en zone
d'occupation en Allemagne est reprise par toute la press.
Les correspondents de Londres notent qu'elle represente un
ddmenti formel des allegations faites par M. Molotov qui
avait accuse les U. S. A. d'exploiter A leur profit la produc-
tion allemande et en particulier cells du carbon et du
bois. Tous donnent une note pessimiste en ce qui concern
les possibilities d'un accord A Londres. Ils 6crivent qu'a moins







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE PTRANGEBE


d'un miracle, la seance d'aujourd'hui sera 1'une des derni&-
res et le correspondent du ( New York Times a se demand
s'il sera opportun de fixer une date pour une nouvelle reu-
nion des Quatre.
Visson, du ( Washington Post >, constate que la politique
russe vis-a-vis de la France a fait plus que MM. Bevin et
Marshall pour faciliter un rapprochement entire la France
et les puissances anglo-saxonnes. ( L'attitude des commu-
nistes en France, le refus de M. Molotov de donner la Sarre
a la France, la ferme volonte de Moscou de reconstituer
1'Allemagne ont eu pour r6sultat, 'crit-il, de ne laisser d'au-
tre possibility a M. Bidault que de faire cause commune
avec les representants britannique et americain. >
4. Devaluation du rouble
L'annonce faite par Radio-Moscou au sujee de la devalua-
tion du rouble constitute la plus grosse nouvelle des journaux
de lundi. C'est sans surprise que les commentateurs de la
radio et de la press ont regu cette nouvelle. La radio ame-
ricaine sur onde court avait deja signal au monde la pa-
nique qu'avaient provoqu6 les rumeurs d'une telle d6valua-
tion. Cette decision de Moscou entraine cependant des r6ac-
tions nombreuses. C'est qu'en effet elle apparait principale-
ment come une solution sovietique au probleme de l'infla-
tion, maladie ddnt souffrent a des degrees varies tous les
pays europeens et les U. S. A. La champagne politique qui
se deroule en Amerique porte surtout sur ce problem. Cha-
que jour la press et la radio annoncent les nouvelles pro-
positions faites soit par le part republican soit par le parti
democrate pour tenter d'enrayer la tendance a inflation. II
n'est done pas surprenant que les journalists etablissent
un parallele entire la situation sovietique et la situation ame-
ricaine et qu'ils comparent la brutality des methodes russes
employees pour combattre l'inflation avec la fagon don't led
democraties s'attaquent a ce probl6me.
Dans leurs editoriaux, les journaux constatent que meme
sous le regime communist 1'inflation existe et se deman-
dent si l'abolition du rationnement en Russie suffira a con-
tenter les citoyens qui vont perdre une parties important
de leurs economies. Tous admettent que les sp6culateurs
du march noir seront ruins mais ils se posent la question
de savoir si la production actuelle sera suffisante pour 6viter
un nouveau cycle d'inflation.
Le ( New York Times ) eceit dans un editorial : < Le fait
est que de jongler avec la monnaie n'ajoute pas une once
a la production du pays. Les Russes continueront a manger
ce qu'ils ont et a porter les habits qu'ils possedent et a em-
ployer les products manufactures qu'ils pourront fabriquer
ou importer. Le nouveau rouble, comme 1'ancien, vaudra seu-
lement pour ce qu'il peut permettre d'acheter. Ce que crla
signifie demeure, pour l'instant incertainn. >

4. Strategie americaine
Le correspondent du ( New York Times ) aupres de 1'ar-
mee americaine consacre un long article, dans la press de
dimanche, a la nouvelle strat6gie aerienne americaine de
defense par la voie du pole nord. Cet article montre que
les forces aeriennes americaines dites ( strategiques ) de-
vront etre renforc6es en personnel et en materiel don't la
quality devra egalement etre amelioree afin de donner aux
appareils de bombardment un rayon d'action de 10.000 miles.
Dans 1' ( Evening Star a) de Washington, le general Dono-
van, qui avait dirig6 les services d'espionnage americains
pendant la guerre, consider que le danger immediat pour
les U. S. A. n'est pas celui d'une guerre avec 1'U. R. S. S.,
mais plut6t celui de laisser tomber sous I'influence sovie-
tique des bases strat6giques en Europe ou ailleurs, qui pour-
raient etre vitales pour la defense amdricaine. Il estime que
les avions a reaction a grand rayon d'action appartiennent
au domaine de l'avenir et, qu'en attendant, il est n6cessaire
de maintenir des bases lointaines. ( Ces avions n'existent
pas encore; aussi, pendant la period de transition, avons-
nous un grand besoin de ces bases, car, si la guerre devait
venir, nous aurions moins de temps et peut-etre moins d'al-
lies que jamais prets a accepter avec nous le fardeau de
se defendre. L'Europe occidentale est une telle base... Nous


devons donc, raisons humanitaires mises a part, appuyer
1'Europe occidentale dans un but de s6curit6 national. >
Lippmann, se r6f6rant au rapport de la Commission des
Affaires etrangeres de la Chambre, qui indiquait que 1'ex-
pansion comuniste n'etait plus possible sans violence, estime
qu'en effet, x pour dominer 1'Europe occidentale, la Russie
doit envahir cette region et doit faire non pas une guerre
froide mais une veritable guerre. C'est la, dit-il, oh nous
entrons en sceng. Pourquoi l'armee rouge ne peut-elle pas
traverser l'Allemagne et envahir la France afin d'appuyer
les communists franvais? Ce n'est pas a cause des quatre
divisions du general Clay... ni parce que nous pourrions d6-
barquer suffisamment rapidement des troupes en France
pour arreter l'arm6e rouge aux frontieres francaises, mais
parce que le Kremlin salt que, s'il 6crasait nos troupes en
Allemagne et envahissait la France, notre response serait
le genre de guerre que nous avons fait contre le Japon apres
qu'il eut pris pris Bataan et saisi une grande parties de la
Chine et de 1'Asie du Sud-Est. 4
5. La situation franvaise
La nouvelle note frangaise adressee a Moscou, a propos
de l'expulsion des membres de la Commission sovi6tique de
rapatriement, regoit une assez large publicity dans la press
don't les titres soulignent I'attitude came et d6cid6e du Gou-
vernement frangais.
Les correspondents americains de Paris continent a sui-
vre, pas a pas, 1'evolution de la tactique du parti commu-
niste en France. C'est ainsi qu'ils reprennent la declaration
de M. Thorez, s'attaquant au pacte sur le commerce inter-
national sign a Geneve ainsi qu'aux decisions de la Confe-
rence de la Havane. Ils mettent en evidence les efforts faits
par les chefs communists pour maintenir leur influence
sur les paysans et relevent a ce sujet les attaques port6es
par M. Thorez contre la nouvelle politique 6conomique du
Gouvernement frangais.
Un article de Warren, dans le < New York Times a de di-
manche, montre que les communists, apres leur echec de
la semaine passee, sont obliges de se regrouper pour un
prochain assault. Une d6peche e U. P. > de Marseille signal
les declarations de M. Cristofol, qui aurait indiue6 que son
parti a fait une ( retraite strategique > et qui aurait de-
mande a ses partisans de e demeurer plus unis que jamais
afin d'etre pr6ts a une bataille plus dure qui aura lieu dans
un avenir peut 6tre prochain. )
Une d6peche du bureau du a New York Times > a Paris
annonce les manifestations qui marqueront l'arriv6e du na-
vire am6ricain porteur de secours envoys par les croyens
americains au people de France. Cet article note qu. le
public francais prend desormais un int6ret special a ces de-
monstrations de l'amitie americaine. Les journaux, dit-il,
malgre leur format restreint, ont consacr6 des articles a cet
6evnement et il en cite un, du ( Monde >. Il note enfin que
les dockers du Havre ont acept6 de d6barquer gratuiternent
cette aide americaine..

LA FIN DE LA CONE RENCE DE ILONDRES (New York He-
rald Tribune, 16/12, editionn europeenne):

c L'6chec de la cinquieme session de la Confkrence
des ministries des Affaires etrangres, ice soir. consti-
tue un signal pour les frbis, puissances oc-cidentales qui
doivent agir rapidement pour mettre en application le
plan Marshall de reconstruction de 1'Europe occiden-
tale,
La prochaine measure A prendre par les Etats-Unis, la
Grande-Bretagne et la France, c'est de cicider nette-
ment si 'Allemaigne occidentale sera organis6e sur une
'base trizone, ou s'il existera deux zones: une zone
angloam'6icain-e et une zone 'frangaise...
11 est clair que les trois puissances occidentales vont
maintenant s'occuper en premier chef de l'application
du plan Marshall...
Certaines autorit6s am6ricaines d'Allemagne estiment
que organisation de l'Allemagne occidentale devrait
/






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5
I


se faire lentement, qu'il faudrait insisted tout d'abord
sur le enforcement du project bizone, en laissant de
c&t6 pour l'iristant la question de la zone francaise.
On sait, d'ailleurs, que ces autorit6s craignent de
voir entrer imm6diatement la France dans le project
anglo-am6ricain. Elles ont l'impression que les Fran-
gais veulent une influence plus forte (voire un droit de
veto) que celle que Washington et Londres ne veulent
lui accorder. En outre, elles estimenit que la situation
politique frangaise est trop instable "pour prendre des
maintenant des decisions dkfinitives A propos de 1'Al-
lemagne occidental. Les autorit6s am6ri.caines d'Alle-
mnagne veulent organiser progressivement 'Allemagne
occidentale, en particulier la zone anglo-am6ricaine.
car elles estiment qu'instituer un < gouvernement A
l'heure actuelle serait une mauvaise politique. Elles
pr4f6reraient atten'dre et laisser les' Russes prendre
l'initiative de la formation d'une esp e de ,gouverne-
ment dans la zone orientale. Cependant, les Amiaricains
d'Allemagne pref6rent inciter les Allemands des deux
zones, afiglais.e et am6ricaine,. A instaurer un regime d6-
mocratique proprement alleman'd...
L'Allemagne occidental, qui est la pierre d'achoppe-
ment du plan Marshall, sera organis6e aussi rapidement
que possible, de mani6re A jouer son rble dans le relk-
vement general de 1'Europe occidentale. On peut en-
core douter du sauces que cette measure rencontrera
dans les quelques mois venir, 6tant donn6 le faible
niveau de la production allemande et la quantity
enorme de travail nAcessaire pour stimuler cette pro-
duction. 2
(NED RUSSELL.)


III. PRESSE-SOVIETIQUE

a) LA R FORME FINANCIRE EN U.R.S.S. (Pravda, 15/12) :
< te d6cret du Conseil des ministries de 'U.R.S.S. et
du Comit6 central du Parti communist sur la r6forme
monetaire et la suppression des cartes de rationnement
pour les products alimentaires et les objets manufac-
tures est un 'document d'une grande importance du point
de vue 6conomique et politique.
L'Etat sovi6tique pursuit sa r6forme monetaire dans
le but de consolider le course du rouble et supprime les
cares de rationnement pour dovelopper le commerce
sovi6tique dans le cadre des prix fixes par 1'Etat.
Ces measures ont pour but de liquider les consequences
de la 'deuxirme guerre mondiale et sont destines A ser-
vir de base au d6veloppement ult6rieur de 1'6conomie
national de l'Union sovi6tique et A reliever le nivean
de vie du people sovi6tique.
La grande guerre national a exig6 de grosses d6pen-
ses pour l'approvisionnement de l'arm6e sovitique et
pour le d6veloppement de l'in'dustrie de guerre. II a
fallu mettre en circulation un grand nombre de billets
de banque et-de ce fait la circulation fiduciaire a sen-
siblement augmentA. En outre, sur les territoires mo-
mentanmment occupis, les envahisseurs ont mis en cir-
culation une grande quantity de faux roubles. Tous ces
fails ont entrants une circulation de billets de banque
beaucoup plus important qu'il n'est ndcessaire A notre
6conomie national; aussi les prix pratiqu6s sur les
marches ont sensiblement augment o et le pouvoir
d'achat a brusquement diminu6. Les sp6culateurs ont
profit 'de la grande difference qui existait entire les prix
fix6s par le gouvernement et les prix pratiques sur les
marches pour s'enrichir et accumuler une grande quan-
titH de billets de banque au detriment de la population.


Une grande quantity de billets en circulation freine
le r6tablissement et le d6veloppement ult6rieur de 1'6co-
nomie national de l'Union soviAtique et empeche le
relbvement du bien-6tre des travailleurs.
Afin de consoli'der le course du rouble et afin de faci-
liter l'6tablissement d'un systrme commercial sans carte
- de rationnement, et conform6ment aux prix fix6s par
1'Etat, le gouvernement sovi6tique applique une r6forne
finariciBre. Cette r6forme pr6voit la mise en circulation
d'une nouvelle mronnaie qui corresponde A sa couverture
or et retire de la circulation les faux billets et les billets
d'une valeur moindre...
Des r6formes mon6taires ont souvent 6t6 appliques
aprbs les grandes guerres et ce n'est pas la premiere
fois qu'on procede A une tell r6forme dans notre pays.
Apres la premiere guerre mondiale, la majority des
pays capitalistes... ont proced6 A des d6valuations...
La r6forme mon6taire actuelle est destinee A liquider
compl6tement les suites de'la guerre dans le domaine
de la circulation fiduciaire, A renforcer le rouble sovi6-
tique et A lui donner plus d'importance dans 1'6conomie
populaire.
L'Union sovi6tique ayant effectu6 rapidement les r6-
formes Aconomiques d'aprbs guerre r6tablit et d6ve-
loppe tres rapi'dement son 6conomie national et s'en-
gage vers une transformation graduelle du socialisme
en communisme...
Conform6ment A la r6forme mon6taire, P'Union sovi6-
tique possode maintenant un rouble 6valu6 h sa just
valeur. Elle a 6vit6 le chaos qui est propre aux pays
capitalists, A savoir l'augmentation des prix, la r6duc-
tion du pouvoir d'achat, et l'accroissement du chomage.
Les r6formes mon6taires dans les pays capitalists ont
toujours pour r6sultat de diminuer le niveau de vie des
masses laborieuses... Apres la 'deuxi6me guerre mondiale,
le passage de 1'6conomie de guerre A l'conomie de paix
et la liquidation des suites de la guerre dans les pays.
capitalists est accompagn6e d'une diminution de la
production et de l'augmentation du ch6m.age...
Les monopolies capitalistes profitent 'des crises 'econo-
miques et fihancirres d'apr6s guerre dans des pays aussi
affaiblis que la France et 1'Italie en exergant une pres-
sion sur eux sons pr6texte de leur apporter une .aide
dans le genre du plan Marshall, qui est, comme on le
salt, un plan destiny A r6duire en esclavage 1'Europe
continental.
C'est dans des conditions toutes difforentes que sont
appliquees les r6formes monAtaires en U.R.S.S. Chez
nous, il n'existe pas et il n'existera pas 'de chomage.
Le nombre des ouvriers et des employes travaillant pour
notre economic augmente d'ann6e en ann6e.
Mais tout de mAme, I'application de la r6forme mo-
n6taire exige certain sacrifices. En U.R.S.S., la plus
grande part des sacrifices qu'exige J'application de la
r6forme mon6taire est A la charge de 1'Etat. Mais il faut
que la population support elle aussi une part des char-
ges; de plus, ce sera lI le dernier sacrifice.
L'Achange des billets anciens centre les nouveaux tou-
chera presque toutes les couches de la population,
mais toutefois les sacrifices qui seront demands aux
travailleurs sont infimes et provisoires, tandis que les
profits qu'ils en tireront sont tres important.
A la suite de cette r6forme, la population recevra en
change de roubles ayant un pouvoir d'achat diminu6,
des roubles ayant toute leur valeur. Avec ces nouveaux
roubles, la population pourra acheter des marchandises
sans carte de rationnement et A des prix beaucoup plus
has.
La diminution 'de la circulation fiducdaire et l'aug-
mentation de la production des objets de consommation
courante rendront possible la baisse des prix a l'avenir.







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE 1TRANGARtE


La r6forme mon6taire, la suppression des cartes de
rationnement et les changes commerciaux sur une plus
grande 6chelle auront pour r6sultat de consolider- le
rouble sovietique et d'augmenter son pouvoir 'd'achat...
Le systAme mon6taire de l'Union sovietique qui s'ap-
puie sur une economic sociaTiste planifiee qui ne con-
nait pas de crise 6conomiaue est le plus stable et le
plus durable du monde entier... >

b) LA SITUATION EN FRANCE (Tioold, 13/12) :

Public sous le titre : < Jouhaux jette le masque. > :
c L'activitN de M. LBon Jouhaux, ces derniers temps,
est la preuve qu'il est redevenu ce qu'il avait te6 au
course d'un demi-siAcle : le dernier 'des opportuiistes,
un valet de la bourgeoisie, I'exAcuteur de sa politique
.A I'int6rieur de la classes ouvriire, le frAre jumeau et
le frbre d'armes de M. Leon Blum et des autres renr6-
sentants de la sociald6mocratie r6actionnaire. Tout
come eux, M. Jouhaux, malgr6 ses assurances solen-
nelles, est hostile A un movement syndical politique
autonome et unique de la classes ouvriere 'dans les divers
pays et a 1'Nchelle mondiale.
( Aux moments decisifs, sur les questions les plus
importantes qui troublent le sort du movement syn-
dical moridial, M. Jouhaux a abandonn6 les positions
du proletariat et a pris celles des entrepreneurs et des
gouvernements bourgeois. Il intervient contre les int.-
r&ts de la F.S.M. a I'O.N.U., viole sciemment les deci-
sions de la F.S.M. et se range sur les positions 'du bloc
d'agression imp6rialiste des Anglo-AmBricains.
a Des .que M. Jouhaux s'est senti c8te A cote avec
les representants d-s classes diriaeantes, les diDlomates
et les hommes d'affaires bourgeois, il a de suite oubli6
qu'il reDr6sentait les intir6ts de 71 millions d'ouvriers
et d'emn~ov6s de la F.S.M. C'est l'ancien opportuniste
et r6formiste qui a reoris la parole. Serait-Ce nue les
banquiers de Wall Street et leurs ex6cuteurs politiaues
ont persual6 M. LAon, Jonhaux, qu'il les a crus et ou'il
a mordu A leur appAt ? Mais non, en faisant la navette,
Jouhaux -se mosque tout simnlement des ouvriers fran-
Vais qu'il prend pour des imbeciles ou des aveuqles. Et
cela au moment ofi chaque iour apporte de nouvelles
preuves de la pinetration profonde en France et dans
d'autres pays des tentacules de la pieuvre de l'imp6-
rialisme americain.
c La visit 'de M. Dulles A Paris, il v a auelques jours,
est une eclatante illu tration de cette pD6ntration. Ce
grand brascenr d'affaires, avocat des magnats de la fi-
nance de Wall Street, ami et d6fenseur des dirigeants
de 1'Allemanne hitl6rienne avant la guerre, est arrive
dans la capital franchise en plein milieu du mouve-
ment de grAves qui' s'est 6ten'du sur le pays. Le but de
son vovage est clair : au nom du capital amnricain,
3M. Dulles fit tout pour renforcer la reaction franchise
qui cherche par la famine A 6touffer la resistance de la
classes ouvrirre. M. Dulles rencontra des membres du
gouvernement francais ainsi que le < Fiihrer > des
fascistes frangais, le general de Gaulle, et M. Leon
Jouhaux, avec lesquels il eut des conversations.
De quoi s'entretinrent l'envoy6 extraordinaire de
Wall Street et le Secretaire general de la C.G.T. fran-
Vais ? On ne le sait pas. Il ne subsiste qu'un fait, c'est
qu'A la suite de cette reunion et du 'dAnart de M. Dulles,
les elements s6paratistes de la C.G.T., come sur un
commandement, passArent Ah 'action et de nonveaux
groups, autonomistes, se separArent des syndicats cen-
trpux. Un autre fait, c'est qu'apr6s cette rencontre, dans
la press des socialists de droite, la champagne en fa-
veur du plan Marshall a 6t6 renforcee.


Tout cela ne peut pas ne pas provoquer quelques
r6flexions. Les rencontres, d'abord avec le g6n6ral Mars-
hall, puis avec M. Dulles, ne sont pas un hasard. Il est
difficile d'abandonner l'idee qu'a ces reunions entire
M. Jouhaux et les inspirateurs de la politioue imp&ria-
liste smAricaine, il y ait eu une entente secrete centre
les interAts de la classes ouvriere et que Jouhaux, A en
juger par ses actes ult6rieurs, acceptAt la responsabilit6
de la mission d'un agent de Wall Street dans le mouve-
ment ouvrier europeen.
< Une autre chose saute aux yeux : c'est la coincinj
dence fraDlante 'des actes et des appeals de M. Jouhaux
avec I'action des agents ,de la Federation lamnricaine
du travail en Europe, qui nourrissent et rassemblent
sous leur aile tous les renegats du movement ouvrier
qui sont prAts A se vendre A l'impDrialisme americain,
Comme s'il y avait eu une entente avec les leaders de
l'A. F. L., M. Joubaux dirige la meme action. Il group
sous l'etendard de l'opportunisme les 'diviseurs de l'unit6
du movement ouvrier; il faith de la pronagande pout
le plan d'asservissement des peuples de l'Europe par le
capital americain; il ruine l'autorit# de la F.S.M.; c'est-
A-dire qu'il fait exactement ce que cherchent A obtenir
les raactionnaires et les traitres 'de la classes ouvriere
de 1'A. F. L. Coincidence strange, pour ne pas dilte
plus. >
(IVANOV.)

IV.- PRESS ITALIENNE


a) LA SITUATION EN FRANCE (Gazzetta del Popiolo, 12/12,
national) :
< De Gaulle est toujours enferme dans sa tour d'ivoire.
Son silence des jours derniers a fourni la preuve que
le g6enral n'a pas d'aspirations boulangistes. La re-
serve et le patriotism ont inspire toute la conduite du
< protagoniste invisible > de la crise frangaise. Mais'
sa presence silencieuse a peut-Atre favors h l'hetire la
plus grave la formation de cette rAsistance national qui,
a permis A la France de ne pas se laisser emporter.
Le premier a en tirer advantage a lt6 Schuman. De-
puis hier, son gouvernement n'est plus un gouvernement
de transition, comme on disait en novembre. En domi-
nant comme il I'a faith la situation, il a enlev6 au pro-
gramme de de Gaulle son point essential : cet ordre
auquel les Frangais, qu'ils soient pauvres ou riches, sont
tellement attaches. Un ordre, qu'on le remarque bien,
qui n'a aucun rapport avec celui que prennent pour
pr6texte les dictateurs afin de realiser leurs crimes, mais
qui, en France, signifle d6mocratiquement : n la plus
grande liberty dans le cadre de la loi ,. i
Schuman pourrait done ren'dre de Gaulle superflu en
tranquillisant les classes qui n'ont pas de sympathie
pour les gallons et pour les sabres. Pour y r6ussir, lui
qui a su ramener la France au travail, doit maintenant
savoir lui rendre la s6r6nit6 et la confiance. >
MINORO CAUDANA.)
b) L'AGITATION SOCIAL EN ITALIE.
1. Stampa (13/12) :
< L'6dition du Popolio (journal du gouvernement) ven-
due largement dans Rome par les jeunes activists du
group < Spes ,, a fait connaitre que M. Di Vittorio, au
course de la reunion qui a eu lieu du 10 oau 11 au minis-
tere du Travail, aurait reconnu que le ',i de la grave
avait l6t lance sur une erreur de fait, mais on ne pou-
vait plus retourner en arribre. Sur les crAdits de mil-
liards, le gouvernement a justemPent insist puisque au-







BULLETIN QUOTIDIEN E ESE I' ETRANGARE 7


jourd'hui, dans les trois editions du Popolo, il y a un
petit tableau don't les chiffres parent et lui donnent
raison. En some, se trouvant mailre de la place par
l'absence 'de trois autres journaux, 1'organe democrat
chretien a inform l'opinion publique en l'attirant du
c6t6 de 1'ordre et de l'autorite, qui interpretaient d'ail-:
leurs les dispositions generales du public, dispositions
d6favorables a la decision de la Bourse du Travail.
qette orientation populaire si r6paindue ne pouvait
6chapper a la perspicacity des observateurs confede-
raux. La presence d6ploree par eux du journal d6mo-
crate-chr6tien, la protection des forces de police, l'af-
fluence du public et des voitures dans les rues de lg
vihe ont amen6 les magasins, d'abord avec circonspec-
tion, puis plus franchement, a rouvrir leurs portes. Le
coeur de la ville a recommenc6 a battre. On a comprise
tout de suite que la greve irait en s'alanguissant jusqu'i
l'extinction spontan6e. Alors les parties d'extr&me-gauche
se sont hates de renoncer. Ce soir, c'est le bulletin de
la Bourse du Travail qui a announce la victoire > et la
fin de la manifestation.
Il fallait compare aussi a une parade de la victoire
le d6fil6 des forces de police, qui a eu lieu dans l'apres-
midi, avec une grande profusion de chars arms. C'6tait
une nieme demonstration de force de l'Etat, qui n'6tait
peut-etre pas inutile. Nul ne s'en est plaint. Pas meme
les gr6vistes, car en some 'Etat a agi avec sagesse et
avec moderation. >

2. Unita (13/12, communist)

c Le gouvernement a kt6 battu. Il reste a sa honte
d'avoir employee la machine de l'Etat pour une injuste
fin de parti. Et a la honte 'de 1a d6mocratie chr6tienne
et de ses dirigeants syndicaux il reste la trahison ac-
complie centre les ouvriers et les employs en lutte. Les
dirigeants syndicaux d6mocrates chr6tiens.pouvaient ne
pas approuver la decision de gr6ve. Mais une fois que
la lutte avait ete decide par la majority des travail-
leurs, une fois que la bataille avait ete commence, il
n'y avait qu'une voie pour l"honneur, la soli'darit6 ou-
vribre et la d6mocratie : repousser les propositions de
trahison et se placer aux c6t6s des autres travailleurs,
des ch6meurs et de toute la population. Se comporter
autrement, cela porte un nom dans l'histoire du mou-
vement ouvrier : c'est 6tre un jaune.


Aujourd'hui, ch6meurs de toute l'Italie, la population
des faubourgs remains, les ouvriers et les employes de
la capital savent que la victoire est venue malgre et
centre Faction du gouvernement 'd6mocrate-chr6tien et
des dirigeants d6mocrates-chr6tiens.
Nous.saluons cette victoire, qui est non seulement une
victoire de Rome, mais aussi une victoire de tous les
travailleurs. La bataille de solidarity avec tous les ch6-
meurs est a peine commence. Rome a pose le problime
et a donn6 l'exemple. Le front form pour conquerir un
meilleur avenir au people, contre le gouvernement des
riches, des matraqueurs 'de Scelba, contre les saboteurs
de la production, a fait hier, par la victoire de Rome, un.
nouveau bond en avant. >
(PIETRO INGRAO.)


V. PRESS SUISSE

L'tLARGISSEMENT DU CABINET ITALIEN (La Tribune de
Genbee, 15/12) :
< En faisant une place dans son minister aux r6pu-
blicains et aux socialists anticommunistes, puis en
confiant h leurs .chefs, MM. Pacciardi et Saragat, la di-
rection du nouveau Conseil de security int6rieure qui
aura notamment pour mission de veiller au maintien
'de 'ordre pendant les elections, M. de Gasperi vient
de reduire a neant les insinuations de ceux qui l'ac
cusaient de fire le jeu de la reaction et des 16lments
n6p-fascistes. Le retrait des dernieres garnisons britan-
niques et americaines constitute en outre un beau success
moral pour le regime actuel, car il prouve que les gou-
vernements de Londres et de Washington lui font toute
confiance pour l'execution du trait 'de paix.
L'Italie recueille de la sorte les fruits de la politique
6trang6re du comte Sforza qui, comme il 'a soulign6
lui-mmem, fut le premier hbmme d'Etat curopeen a don-
ner sa pleine adhesion au plan Marshall et qui fut 6ga-
lement l'initiateur du project d'union douaniere avec la
France, puis du resserrement de la collaboration 6co-
nomique et diplomatique avec l'Angleterre. D'ores et
deja, la jeune Repiblique est done en train de recon-
querir la place A laquelle elle a droit dans le concert
des democraties occidentales.
(PAUL DU BooGnEr.)


S. P. I. Imp. 27, me Nieolo, Paris 31.-006











































































Prix : 6 francs.




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