Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 15, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00256
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text

PRESIDENCY DU CONSEIL

SECRETARIAT GENERAL
DU GOUVERNEMENT


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
S,.ftnviE D'INFORMATION
T OF PRESS


Direction de la Documentation
14-16, fue Lord-Byron, Paris (8')



BULLETIN


DE


PRESS


15 d6cembre 1947.


Nouvelle S6rie No 844


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Les rapports franco-sovieliques (Spectator,
10/12). e
b) Apres la fin des grevcs en France.
1. Tribune (12/12).
2. Spectator (12/12).
3. News Chronic'le (13/12).
4. Daily Worker (13/12).
II. PRESS AMERICAINE.
Los rapports fran co-.sov i6liques (1wVi ingtoin
Star, 11/12).
III. PRESS SOVIETIQUE.
La polilique americaine it i'egard de l'A.llema-
gne (Il eailia, 11/12).
IV. PRESS ITALIENNE.
b) L'Italie et la Yougoslavie (Corriiere delia Sera,
teli Popolo, 11/12).
b) L'ltalie et la Yougoslavye (Corriera della Sera,
11/12).
c) L'agilation social en Italie (Uniil, 11/12)
V. PRESS SUISSE.
Le problem ademan'd a la Conference 'de Lon-
dres (Gazette de Lauslanne, 10/12).


1. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 13 decembre 194y
C'est la Oonf6rence des Quatre qui occupe ce matin la pre-
miere place dans la press. Le '< Times >>, le < Daily Tele-
graph ), le < Manchester Guardian ) accordent aussi une
grande importance au discours prononce hier par M. Mar-
shall, au 'banquet de la Pilgrims Society, sur les relations
anglo-americaines. La France fournit matiere a un long arti-
cle de Derek Kartun dans le < Daily Worker ) et a un edi-
torial dans le < News Chronicle >.
1. Conference de Londres
La press fait ressortir le caractere injurieux des declara-
tions de M. Molotov a l'egard de la Grande-Bretagne et des


Etats-Unis et 1'6nergie avec laquelle M. Bevin s'est eleve
contre de tels procodes.
Le correspondent dlplomatique du (( Times > rend compete
en detail de la stance d'hier et ecrit notamment : ( ILat-
niosptlere etalt neja tres tendue quand M. Molotov a com-
inence sa longue discussion ; apres, la Conference etalt arri-
vee au pomin de rupture. >
Le correspondent diplomatique du << Manchester Guar-
dian > esilme que jamais auparavant les Ministres n'ont
siege pour entendre des critiques aussi violentes et mjur'tiu-
ses de la part de delegues sovietiques et 11 remarque que les
-usses n'ont pas demand, mais exige, que la question tes
reparations fut reglee immediatement.
Le ( Daily Herald ) et le < News Cnronicle > estiment que
la seance d nier a et6 la plus orageuse depuis le debut de la
Conference.
Frank Pitcairn, du ( Daily Worker ), 6crit de son cOte
a que les Ministres des pays occidentaux ont etc piques au
vif par l'expos6 qu'a fait MI. Molotov du pillage de I'Allema-
gile par les puissances occidencales ). D'apres lui, M. Mar-
shall, mis devant les faits et les chiffres, auralt elude la
ualsussion, mais les declarations de M. Molotov n'ont pas
manque de l'alarmer.

2. IDelarations de M. Marshall
Le ( Times >, le a Manchester Guardian ), le ( Daily Te-
legraph ) reproduisent de longs extraits des declarations de
M. MVarshall et de M. Bevin sur les relations anglo-americai-
nes, decaiataions qui ont ete aites au banquet de la Pilgrims
Society. Ces journaux et quelques autres font remarquer que
M. Molotov a refuse l'invitation qui lui avait et6 faite de
prendre par a cette manifestation.
3. France
Plusieurs journaux annoncent que l'Assemblee Nationale a
approuv6 par 411 voix contre 183 la politique du Gouverne-
inent frangais a 1'egard de la Russie et notamment son rejet
de la note russe du 9 decembre.
Le correspondent du ( Times a remarque que ce debat a
done lieu, une fois de plus, a des ,manifestations bruyantes
de la part des communists. En ce qui concern les measures
envisagees par le Gouvernement pour combattre l'inflation,
le correspondent du ( Times > a Paris souligne que le Gou-
vernement a l'intention de soumettre ces measures a l'Assem-
blee dans le courant de la semaine prochaine. Entre temps,
les consultations qu'il pourra avoir avec les organismes pro-
fessionnels pourront fort bien modifier les grandes lignes de
son programme.
Derek Kartun public un long article dans le < Daily Wor-
ker ) mtitule : ( Que va-t-il se passer maintenant en
Fiance ? > (Voir I'article plus loin.)
Le ( News Chronicle > intitule son article ( La France
review. > (Voir l'article plus loin.)


IEN



GEiRE






a BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


4. Rauhr
Le correspondent du a Manchester Guardian a & Berlin
fait etat dans un article dune dimmution important de la
production de carbon dans la Ruhr.

5. Hongrie
Le correspondent diplomatique du ( .Daily Telegraph
ecrit qu'un accord est intervenu entire la Hongrle et la Rus-
sie au sujet des avoirs allemands en Hongrie et les societies
hungaro-sovidtiques. L'ambassadeur de Grande-Bretagne A
Moscou aurait remis une note i la Russie dans laquelle il
aurait declare acceptablee les decisions unilaterales sans
consultations prealables avec les trois autres puissances.
Oe correspondent interpr6te cette accord comme la main-
mise des Soviets sur I'economie hongroise.

6. Trieste
yDaprBs le correspondent du ( Daily Graphic ), Trieste
cra~indrait un coup de force yougoslave. Cet evenement pour-
rait se produire d'ici quelques jours.

a) LES RAPPORTS FRANCO-SOVIATIQUES (Spectator, 12/12,
conservateur).
a L'accord r6ciproque pour le rapatriement des per-
sonnes d6piac~es conc.u entre la France et I'Union So-
vi6tique en juin 1945 a fonctionn6 aussi bien ou aussi
mal que la piupart des accords concius avec les Russes.
C'est-a-dire que la r6ciprocite a 6t6 comprise de ma-
nibre a donner plus de liberty aux-Russes qui se trou-
vaient en France qu'aux representants francais en Rus-
sie. Le 14 novembre, les autorites frangaises, convain-
cues que les autorites russes avaient outrepass6 leurs
droits au camp 'de Beauregard, out effecltu une perqui-
sition dans le camp, y ont trouv6 une petite collection
d'armes, la preuve d'autres irr6gularites et ont imm6-
diatement ordonn6 l'expulsion de dix-neuf residents so-
vi6tiques en France...
C'est alors que, cette semaine, la contre-offensive
russe s'est decienchee. Une note a Wt6 remise au charge
d'affaires frangais a Moscou, acousant le gouvernement'
frangais d'avoir 'd.nonce l'accord de rapatriement, rap-
pelant la mission de rapatriement sovi6tique qui se
trouvait en France (oubdiant vo.ontairement que cette
mission avait d6eja t expulsee officiellement), expul-
sant de Russie la mission de rapatriement franlaise et
rompant les nigociations commercials entire les deux
pays. Cette note a 6tM rejetee par le gouvernenent fran-
cais... II est evident que cette contre-offensive est en
rapport avec la nouvelle politique communist vis-a-vis
de la France, politique qui a 6t6 instauree par la crea-
tion du Cominform. Elle est egalement en rapport avec
la vive reaction des Frangais devant la presence de
M. Thorez a Moscou lorsque les r6centes groves ont
commence et 'devant 1'accentuation des m6thodes de
violence lorsqu'il est revenue. Mais, quelles qu'en soient
les causes, il serait difficile de trouver un example plus
frappant de la maniere don't il ne faut pas mener les
relations internationales. >

b) APRES LA FIN DES GROVES EN FRANCE.
1. Tribune (12/12, travailliste).
c ...Si l'effondrement progressif du movement de
groves n'avait pas W6t arr6tW par un ordre de reprise du
travail, le r6sultat aurait it6 une cuisante d6faite non
seulement pour les communists mais pour tout le mou-
vement syndical; il n'est pas 'douteux que Ja droite
aurait amen6 le gouvernement a transformer sa victoire
sur les communistes en une victoire sur la classes ou-
vri6re...
Les communists n'ont jamais Wte suffisamment forts


pour s'assurer la victoire, mais, pendant quelque temps,
ils ont paru assez puissants pour entrainer tout le mou-
vement syndical dans Jeur propre d6faite qui 6tait in6-
vitable.
Le danger a 46e evit6 h la onzieme heure; mais les
problkmes de base restent sans solution. II appartient
maintenant au gouvernement de prendre l'initiative.
Son propre avenir, l'avenir du movement syndical et,
en fait, celui de toute la nation, dependentt de la ma-
niere dQnt le government saura soriir le pays de la
crise politico-economique qui le paralyse et alleger
1'6preuve de la class'e ouvriere qui souffre de la faim

et aulres privations. ,
J
2. Spectator (12/12, conservateur).
< ...Pour les observateurs britanniques, les groves
sembient avoir 6te mises en echec aulant par le bon
sens londamental du people frangais que par les me-
sures haniies et Bnergiques de M. Schuman et de son
cabinet. Le fait que xv. Schuman se son brusquement
reve61 un home .d'Etat de vaieur et la majorite que sa
personnalite iui a value, voilA qui nous fournit un
exempie supp.ementaire de cet etonnant resort fran-
cais qui ren'd la politique interieure de la France Si
aifficile a comprenure pour les etrangers voire pour
certains Francais,. .

3. News OhJionicle (13/12, liberal).

c ...L'effondrement de la greve g6n6rale, mardi der-
nier, a constiLtu un 6v6nement dune portee consid6-
rable non seuiement pour la France et les Francais,
mais pour touie l'Europe occidentale...
En dehors de sa portee morale, l'6chec de la greve
g6nerale efi France est un triomphe n6gatif. Les pro-
blemes 6conomiques don't eile blait la consequence de-
meurent enters. En fait, ils sont encore .compdiques
par la perte de production causee par pres d'un mois
de graves.
II n'est pas encore facile de voir comment le gouver-
nement va maintenir un rapport quotable et rationnel
entire les salaires et les prix des denrees alimentaires,
ni comment ii va utiliser au mieux 1'aide immediate
que dolvent bient6t lui accorder les Etats-Unis. Mais
les 6venements de ces 'derniers jours ont dfi reconforter
la France democratique. Elle s'attaquera aux tAches
dilficiies qui l'attendent avec un nouveau courage. >

4. Daily Worker (13/12, communist) :
a ...Les grevistes n'ont pas obtenu tout ce qu'ils vou-
laient mais ils ont obtenu beaucoup plus que le gou-
vernement ne dssirait leur accorder.
Ils ont obtenu l'assurance que les salaires ne seraient
pas bloques-pendant les six prochains mois.
Ils ont obtenu une augmentation de salaires pour
I'avenir immediat. Ils ont montr6 surtout... qu'ils refu-
sent de supporter seuls tout le poi'ds de la reconstruc-
tion...
II est peu probable que le gouvernement prenne des
measures serieuses pour contr6ler I'inflation. S'il en est
ainsi la nouvelle augmentation des salaires peut fort
bien perdre toute sa valeur dans un mois.
Si cela se produisait, de nouvelles graves devien-
draient inevitables...
Ces trois semaines ont prouv6 que la classes ouvriBre
francaise est d6terminbe et qu'elle n'a pas du tout I'in-
tention de se laisser pi6tiner. ,
(DEREK KARTUN,)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED ATRANG*RE 3


II. PRESS AMERICAINE



Revue de la press ax~ricaine du 12 decembre 1947

1. Aide intirimaire

La press donne une large publicity au vote de la Cham-
bre des Repr4sentants qui a autoris6 I'aide de 590 millions
de dollars pour la Chine, la France. l'Italie et l'Autrichb
Les correspondents politiques de Washington font ressortir
cue le vote eut lieu A main lev4e A la majority apairente.
mais qu'il ne fut pas enregistr6, s'cun dcs membres presents
n'ayant demand qu'il solt procdde au scrutiny nominal. LP
texte du prolet de loi approuv6 par la Chambre diff6re en
de nombreux points de celul du S6nat : la Commission co'n-
jointe des deux Chambres a 4t0 former pour harmoniser ces
versions afin de prdsenter un texte unique aux deux Cham-
bres lundi prochain.
Dans leurs commentaires, les correspondents estiment
qu'il est probable qu'aucune aide ne sera finalement autori-
sae pour ]a Chine. L'administration n'a pr6par6 pour celle-c
aucun programme d'aide immediate. On esorre en consd-
quence que la totality des 590 millions de dollars sera disao-
nible pour les seuls pays europ6ens. Parmi de nombrenu-
amendements votes A la Chambre des Reprdsentants, les cor-
respondants mettent en evidence une nouvelle clause du pro-
jet de loi qui oblige le Gouvernement americain a maintenir
un stock minimum de 150 millions de boisseaux de bl6 pour
les besoins domestiques.
L'Mditorial du ( New York Times a se fblicite de ce que le
Congrds accepted le principle d'aide Immmdiate 1'Europe et
esppre qu'un compromise rapide permettra aux dpix Charn-
bres de voter la lot finale. Il estime qu'une majority substan-
tielle di Cong'R s est ddsormais favorable A cette politique
americaine d'aide et avant fait le premier pas pour venir au
secours aux pays d'Europe, 11 croit peu probable qu'il se
prononce dosormals centre la continuation de cette aide.
Une d6pdche de Kuh. de Londres, au a P. M. ) declare que
dans les milieux officials francais on considere comme inac-
ceptables les conditions imposes par le Conerfs dans le pro-
jet d'aide A la France. (c Les terms sont dit-il, oonsid.ers
comme inconciliables avec la souverainetd franchise. a I1 si-
gnale que des conversations ont commence avec les U.S.A
dans le but de faire modifier ces terms.

2. Incidents franco-russes

La press rebrodult de nombreuses dp&ehes venues de Pa-
ris au sujet des incidents franco-russes. Elle donne le texte
de la note franralse Moscou et les articles portent en man-
chette que les Russes ont enleve des citoyens francais pour
les emmener en Russie. D'autre part, la press note aue le
colonel Marauid -< a &tI suspend ) A la suite des d6clara-
tions c( inadmissibles a qu'il fit A Moscou.
L'attitude de Moscou dans rette affa.ire est internordte
par l'6ditorial diu New York Herald Tribune ) roomrme une
mesqre de renrisailles soviftinues A la siaite de 1'4.hec com-
muniste en France. c La Frsn-e et 1'Italie. dit-il, ne doi-
vent plus maintenant avoir d'illusions sur les hits recher-
ches par leurs communists, Les graves fo-entes par ces
derniers furpnt nettoment politioies et 6videmment calcu-
les pour affaiblir 1'Etat et quand. comme c'est le cas en
France, leS communists ont et0 battus. la Russia a fait
ranidement connaitre son m6contentement. a Et l'editorial
note avec ironies aue 1'U. R. S. S. se sert de 1'arme drono-
midme en noursuivant sa politioue 6trangere pn m8me temps
au'elle repro"he au plan Marshall de constituer une nres-
sion 6conomiaue sur les nays europrens. Ce journal ne doute
pas que le nouvel accord de princiue entire Londres et Mos-
cou sera soumis lui aussi a l1'volution des humeurs poli-
tiques de Moscou.

3. La situation en France.

La nouvelle nolitiaue du parti communist en France est
suivie anec attention par les correspondents ambricains.
C'est ainsi que Callender signal au ( New York Times a
que ce parti a commence une nouvelle champagne auprds des
masses paysannes pour les convaincre que l'aide americaine


sous forme d'importations alimentaires va A l'encontre de
leurs inter6ts et va provoquer la baisse des prix payes aux
fermiers francais. Callender 6crit notamment (( avant essay6
de persuader les ouvriers francais de faire la greve contre
le plan Marshall qui menacerait l'industrie francalse, les
communists paraissent prets A exhorter les paysans A r6sis-
ter A ce plan qui serait une menace pour l'agriculture
frangaise. )
La press reprend les extraits d'un rapport d'un sous-co-
mite de la Commission des Affaires 6trangeres A la Cham-
brd des Reprisentants sur l'influence communist en Europe
occidentale. Selon ce rapport, l'expansion communist dans
cette region atteindrait ses limits et seules les m6tho-
des de violence et de guerre civil pourraient amener les
communists au pouvoir. Le president de ce Comit6, M. Ma-
loney, r6publicain de Pensvlvanie, a d&clar6 : ( Pour le. mo-
ment, on peut dire que 1'espoir communist dans une vic-
toire rapide de l'Europe occidentale par les moyens ddmo-
cratiques legaux est mort. La possibility du retour aux
movens illlgaux et violent est par consequent ouverte.
Dans quelques mois, nous saurons quel choix les cadres du
parti ont fait. )
4. Italic.
Les incidents qui ont marqu6 la grave gnearale A Rome
maintiennent au premier plan les nouvelles italiennes. Les
correspondants 6voquent les negociations en course pour
I'l6argisement du gouvernement italien en m6me temps que
les conversations qui eurent lieu avec les syndicate ouvriers
pour rdgler les questions des salaires. De nombreuses teld-
photos montrent I'arrestation des manifestants par les trou-
pes italiennes.
Aucun editorial n'est encore consacr6 A ce sujet.

5. Conference de Londres.
Les titres donnes aux articles sur cette Conference indi-
quent qu'un accord est intervene sur le 'niveau de la pro-
duction de l'acier allemand A la suite des concessions faites
par M. Bidault. Les correspondents estiment que cet ac-
cord n'est que d'importance secondaire et que l'impasse
principal persiste A propos des reparations allemandes,
M. Molotov n'ayant pas encore r6pondu A la declaration
faite par M. Marshall.

6. Palestine.
Les incidents sanglants qui continent marquer la situa-
tion palestinienne entrainent de nombreux articles des cor-
respondants sur place. Le nombre de tues pour la journey
d'hier serait de 35. La press note que la tension entire
Arabes et Juifs augmente et que de nombreux policies ara-
bes disparaissent en important leurs armes

LES RAPPORTS FRANCO-SOVIATIQUES (Washington Star,
11/12).

< C'est A la lumire des 6v6nements mondiaux plu-
tSt qu'A celle des rapports entire les .deux pays directe-
ment int6ress6s qu'il convient d'6va'uer la tension crois-
sante entire les gouvernements frangais et sovi6tique. En
dernibre analy-e, les manceuvres diplomatiques et les
menaces du Kremlin rentrent dans le cadre de la
<< guerre froide ) qui se livre actuellement entire i'Union
sovietique et les puissances occidentales ayant a leur
t6te les Etats-Unis...
Des measures qui viennent -d'Atre prises A la rupture
des relations diplomatiques franco-sovi6tiques il n'y a
(qu'un pas i faire. Cependant, une telle 6ventualit6 en-
trerait plutot dans le cadre de la diplomatic g6n6rate
que dans ce'ui des relations particulires entire la
France et 1'Union sovi6tique. Moscou est naturellement
furieuse de l'6chec des communists francais, bien que
ceux-ci aient caus6 un grave prejudice a 1'6conomie
franchise. Cependant, les dirigeants du Kremlin permet-
tent rarement A leur colbre de passer avant ce qu'ils
estiment Wtre l'int6r&t g6n6ral de 1a politique sovi6tique.
Les prochaines decisions de l'Union sovi6tique montre-
ront par consequent dans ,quelle measure elle a 1'inten-
tion d'accroitre la tension international A l'heure
actuelle. >








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovietique des 11 et 12 d6cembre 1947
1. France.
Les questions frangaises occupent une place essentielle.
Tous les journaux, sous de grands titres, donnent le texte
de la conference de press du colonel Marqui6, chef de la
mission francaise de rapatriement.
Au second plan : Appel du Comit6 central de greve et
du bureau de la C. G. T. >, < Victoire des communists aux
elections municipals du Havre ), e Fin du rapport de M.
Jacques Duclos A la reunion des parties communists de
Pologne ).
< Trud a public un long article d'Ivanov dans lequel celui-
ci prend violemment A parties Leon Jouhaux.
2. Voyage de M. Dulles a Paris
Dans la a Pravda ), sous le titre : ( A propos de la visit
de M. Foster Dulles a M. Schuman et au general de Gaulle ),
le correspondent particulier de ce journal A Paris cable
notamment :
( Les milieux journalistiques bien informs assurent que
la decision d'envoyer M. Dulles en France a 6t6 provoqude
par le d6sir de M. Marshall de s'assurer de l'opportunite
de soutenir le gouvernement Schuman ou bien d'aider le
general de Gaulle a prendre le pouvoir.
( On dit que le general de Gaulle, lors de son entretien
avec M. Foster Dulles, a assure ce dernier qu'il ',tait pret
a renoncer A l'orientation britannique... I1 aurait declare a
M. Dulles que ses vues coincidaient entiarement avec les
vues amnricaines concernant le problem allemand. )
3. Coop6ration international.
Tous les journaux publient un bref communique Tass sur
les negotiations commercials anglo-sovietiques, ainsi que
des depeches de la meme agency sur la conclusion du pacte
hungaro-yougoslave, et des commentaires de press hon-
hongroise.
A l'occasion du 4" anniversaire du pacte sovieto-tch6co-
slovaque, plusieurs journaux don't la ( Pravda > et les
< Izvestia ) commentent la signification de cet 6vnnement.
Dans l'organe du Soviet supreme, on relive notamment
sous la plume de Joudriavtsev : ( L'alliance de la Tchecoslo-
vaquie avec I'Lnion sovietique, comme l'a dit Gottwald,
exclut la possibility d'un nouveau Munich. Aujourd'hui en-
core, les monop6les americains, appuyas sur les restes de
la reaction tch6coslovaque, voudraient bien profiter des dif-
ficultas d'apras guerre du pays pour o fabriquer > quelque
chose dans le genre d'un Munich economique. Mais le sou-
tien puissant et d6sint6ress6 de 1'Union sovietique dans le
domain dconomique a rendu vains les efforts obstines d6-
ployds en vue de faire entrer le people tch6coslovaque dans
le plan Marshall,
( Certains d6clarent que la Tch6coslovaquie est une sorte
de ( pont > entire I'Ouest et 1'Est. Ils oublient que, dans
la lutte pour la paix et la s6curite, pour la liberty et l'ind6-
pendance, il n'y a pas de position interm6diaire : on est
pour ou contre la paix. >

4. Conference de Londres.
Les journaux donnent le compete rendu Tass de la stance
du 10 d6cembre sans commentaire.

LA POLITIQUE AMERICAINE A L'EGARD DE L'AILLEMAGNE
(Izuvestia, 11/12).

( C'est contre les decisions de Potsdam d6fendues
sans cesse par la d68lgation sovi6tique que luttent A
la session de Londres les repr6sentants anglo-ameri-
cain.s. C'est pour cette raison qu'ils m6nent A Londres
non pas la lutte pour la paix, mais la bataille pour 1'Al-
lemagne qu'ils considerent come leur butin de guerre.
Tandis que l'Union sovi6tique execute scrupulcusement
les decisions de Potsdam sur la d6militarisation et Ia
democratisation, en Allemagne occidental occupbe par
les troupes americaines, anglaises et frangaises, on mise
sur le sabotage de ces decisions et sur le d6meni'brement
de I'Allemagne.


Dans ce but on a mobilis6 tons les moyens. Les uns
sont appliques A la session elle-meme, les autres en de-
hors d'elle. Ces jours derniers sont caracteris&s preci-
s6ment par le fait que les milieux dirigeants americains
ont renforc6 leur pression tant A Londres klu'ailleurs,
Les Etats-Unis ont montr6 au monde entier que leur po-
sition A la session .de Londres depend entierement du
Plan Marshall (autrement dit de la ( doctrine Tru-
man >), qui par tous les buts qu'il pursuit est en oppo-
sition directed avec les principles de Potsdam. Cette liai-
son directed des conclusions du Plan Marshall avec la
position des Etats-Unis A Londres sur le probl6me alle-
miand a pour but de transformer l'All.emagne occiden-
tale en pivot d'un bloc occidental r6actionnaire, ce qui
empeche la creation d'une Al!emagne d6mocratique.
Mais il y a plus. Au course *des travaux de ,Ia session, un
membre de la delegation am6ricaine, M. Dulles, s'est
rendu en France pour assurer l'union de la zone fran-
gaise d'occupation h la bizone, c'est-t-dire pour renfor-
cer la division de 1'Allemagne. A Paris, M. Dulles a sou-
tenu ouvertement les forces r6actionnaires. En outre le
sous-secr6taire d'Etat americain, M. Lowett, a d6clare
officiellement que les Etats oii les communists vien-
dront au pouvoir ne recevront pas d'aide au titre du
Plan Marshall, ou autrement dit seront declares enne-
mis des Etats-Unis. Mais comme le r6v'ee la pratique,
sous 1'anticommunisme des autorit6s americaines se ca-
che la lutte contre la d6mocratie, contre toutes les ma-
nifestlations d6mocratiques de quellque people que cc
soit y compris ]e people amiricain. Et- ce n'est pas par
hasard que l'une des premieres victoires de la campa-
gne anticommuniste ddu g6n6ral C'ay dans la zone d'oc-
cupation am6ricaine de l'Allemagne soit la suppression
de association des intellectuals d6mocrates allemands,
le < Kulturbund >. Ce n'est pas un secret que sous pr&-
texte d'anticommunisme on pursuit aux Etats-Unis les
organizations progressistes y compris des organizations
comme < I'Association de recherche du travail > ou
a l'Organisation de la jeunesse americaine de lutte pour
lia democratic > qui ont 6t6 declares < subversives ).
Tout cela prouve avec une grande nettet6 qu'en in-
cluant l'Allemagne occidentale dans le Plan Marshall
les Etats-Unis ne pensent pas A son avenir. Que valent
les declarations des repr6sentants des Etats-Unis A Lon-
dres sur leur volont6 d'un riglement rapide du pro-
blame allemand dans les int6rets de la ( collaboration
europ6enne > et de La paix en Europe ? Alors qu'en
meme temps, au delay des murs de Lancaster House,
cdans leur r6alisation du Plan Marshall, ils hAtent le de-
membrement de I'Allemagne et exercent une pression
sur tons les elments de la << collaboration europ6enne >,
qui ne sont pas d'accord avec la division de I'Aliem:a-
gne et de l'Europe en deux camps ennemis.
La politique A double visage que cherche A mener la
delegation des Etats-Unis A Londres ne trompe per-
sonne. L'6chec de la ConfArence de Londres que pro-
clament les journaux anglais et americains depend
moins des declarations des d6l6gu6s A Londres que de
la politique rCelle qui est menbe par tel ou tel Etat au
delh des murs de la salle oif se d6roule la session. >



IV. PRESS ITALIENNE


a) L'ITALIE ET LA SITUATION INTERNATIONAL (Gazzetta
idel Popolo, 11/12, national). V

<< Jusqu'A quel point les Anglo-Saxons et surtout les
Etats-Unis sont-ils 6ventuellement disposes A tolerer
une modification de 1'6quilibre international actuel ? En





BULLETIN QUOT1DIEN DE PRESS ETRANGARE 5


d'autres terms, quete eat Is ligne qu'ils jugent indis-
pensable & leur sacurit6 et don't la violation constitue-
rait un c casus belli p Les Etats-Unis ne se montrent
pas moins r6tifs que la classique diplomatice anglaise A
prendre des engagements solennels de garanties en fa-
veur de tiers. Mais ia ferme attitude qu'ils out prise en-
vers la Turquie et la Grace montre dbja aujourd'hui
qu'ils sont decides A ne pas admettre de nouveautes
dans la MAditerrande. Les frontieres des Etats-Unis, a
d6ciare 1ces jours derniers l'amiral ambricain Fletcher,
sont en France, en Italie, en Gree, en Turquie et dans
l'Iran. Si 'on pense en outre au grand poids que l'opi-
nion publique et ia press ont *dans la politique des
gouvernements anglo-saxons, il faut tenir compete des
nombreuses voix venant mAme *de personnel autoris6es
qui se sont 6lev6es r6cemment en Am6rique pour soute.
nir l'opportunit6 ,d'une garantie donn6e par les Etats-
Unis aux nouveiles frontieres italiennes et aussi au r6-
gime de d6mocratie parlementaire auquel 1'Italie s'est
engage solennellement par le trait de paix.
La diplomatic sovietique a prouv6 queile 4tait plus
avisee et'plus prudent que la diplomatic nazie et nous
ne croyons pas qu'elle commettra les erreurs funestes
de Hitler dans l'appreciation des possibilities de r6ac.
tion et de resistance -des d6mocraties anglo-saxonnes
qui, selon toutes les probabiiit6s, n'assisteraient pas,
les bras crois6s, A un d6placement de 1'equilibre inter-
national actual ou plut6t de la division actuelle du
monde. Dans ce jeu de giants, d'Italie n'est malheureu-
sement qu'un pion et tout veritable Italien ne peut qu'en
6tre attriat6. Mais il y a des chosess qu'il faut dire car
ceux qui croiraient aujourd'hui pouvoir jouer en fa-
mille en s'efforgant de renverser la d6mocratie, que
nous avons tous voulue, et qui d6sormais est inscrite
dans la Constitution, se tromperaient grossierement. Ce
jeu-1i pourrait mettre le feu non seulement A leur mai-
son, mais au monde entier. ,

b) L'ITALIE ET LA IYOUGOSLAVIE (Corrifae del6 Sera
11/12).
t On a toujours dit que 1'Italie industrielle et la You-
goslavie agricote sont deux pays compl6mentaires. .1
etait done facile de faire l'objection suivante : ( Si
nous aidons la Yougoslavie A s'industrialiser, la com-
puAmentarit6 des deux pays ne cessera-t-elle pas rapi-
dement ? ,. Cette objection n'a de vaieur qu'en appa-
rence. Nous savions en effet que, si nous n'avions pas
accepted l'accord, d'autres pays auraient 6t6 pr8ts A
prendre rapidement notre place. D'ailleurs si une plus
grande industrialisation de da Yougoslavie est r6alisee
grAce A l'Italie, cela d6terminera une future orientation
de ce pays vers nous pour ses .dveloppements indus-
triels ulterieurs. Le meme ph6nomene a etW constat6
souvent au course de ces dernieres ann6es entire les
grands pays industries et les jeunes nations qui se sont
adress6es A eux pour leur outillage. Une fois outillbes,
elles sont demeurees les clients de ces pays pour leurs
besoins croissants. Leur inter&t Btait d'agir ainsi. D

c) L'AGITATION SOCIAL EN ITALIE (Unita, 11/12, com-
muniste) :

< Pour donner du travail aux ch6meurs remains, les
milliards n6cessaires existent A condition que le gouver-
nement veuille les trouver, A condition que le gouver-
nement amine les capitalistes au travail productif.
Dans la capital, la misere est devenue plus rude ces
derniers temps; I'hiver la rend encore plus insupporta-
ble. Dans les maisons des employs on ne sait pius que
vendre ou qu'engager pour arriver A la fin du mois et
maintenir une vie A peu pr6s decente. Dans les quar-


tiers populaires, les families ne savent plus comment
payer leurs dettes chez le boulanger et chez 1'6picier ;
hors de la ville, les families mangent un jour sur deux
et certain vivent dans des maisons inhabitables, dans
l'eau et dans la 'boue.
C'est tout un abrutissement qui ne fait pas honneur
A Rome et A la R6publique itaiienne, qui se glorifie d'etre
fondue sur le travail. 11 faut donner A nos travailleurs
du pain, 'du travail et des maisons. Voila ce que doit
faire le gouvernement, voila ce que demandent les tra-
vailleurs.
La greve a Wtl proclamee. Elle sera compact. Toutes
les categories de travailleurs sont solidaires. Et avec
les travailleurs sont solidaires tous ceux qui ont un
sentiment d'humanit6, tous ceux qui aiment le people
remain et ne veulent pas le voir affame et abruti.
Le gouvernement noir, qui se montre sourd A ces exi-
gences d'humanit6 et de progres, devra se r6signer.
t1 faut satisfaire les travailleurs de Rome. v
(EDOARDO D'ONOFRIO.)


V. PRESS SUISSE

LE PROBLEM ALLEMAND A LA CONFERENCE DE LONDRES.
(Gazette de Lusawnne, 12/12) :
< ...Le d6B1gu6 sovi6tique renouvelle sa proposition
d'instituer des offices allemands pour la direction des
atfaires 6conomiques. Mais il se garde bien de d6finir
leurs prerogatives et de oonsentir A une diminution du
pouvorr des commandants ,des zones. Ceux-ci, en effet,
conservent la surveillance de l'activit6 des offices cen-
traux et peuvent annuler meme les decisions qui se-
raient en contradiction avec cells du Conseil de con-
tr6le alliB. Et c'est 1A une reserve qui enl6ve toute effi-
cacite a 'action 'des offices centraux, toute valeur A la
concession qui est faite d'une suppression des barrieres
entire les zones. Les experiences qui oat 6t6 faites de-
puis deux ans d6montrent amplement que les tentatives
a appliquer les clauses economiques de accord de Pots-
dam et de r6tablir 1'6change des biens entire l'Est et
I'Ouest du pays se sont heurtles a l'opposition Idu repr6-
sentant sovi6tique au Conseil de contrble ou encore a
une interpretation subtile que faisait le commandant
de la zone soviAtique des decisions prises a Berlin.
M. Molotov ainsi place dans l'obligation de se pro-
noncer sur ce probeme de la reorganisation politique
et Aconomique de l'Allemagne, s'infhge lui-meme un dB-
menti. Les Alleman'ds, s'ils lisent attentivement ses pro-
positions, verront, en effect, que le gouvernement cen-
tral don't I'Union sovi6tique parole ne saurait ttre autre
chose qu'un gouvernement de marionnettes. Et ils pour-
ront prendre connaissance aussi de la liste des reven-
dications dresses par 'U.R.S.S. Ils apprendront que
les Soviets attendent d'eux le payment des reparations
sous la forme de preievements sur la production cou-
rante et de services directs. uIs y verront aussi que
c'est M. Molotov qui exige pour son pays et pour la Po-
logne la some considerable de 10 milliards de dol-
lars et que c'est M. Bevin qui prend en cette affaire la
defense de leurs interets avec l'appui 'de M. Marshall.
Peut-Atre ces faits contribueront-ils A attenuer les
effects de la champagne de propaganda lance par la Rus-
sie sovi6tique. L'Ailemagne a, sans qu'elle l'ait cherchA,
de nombreux courtisans autour d'elie. Mais ce n'est pas
le plus empress qui parait le plus srrieux. .
(JACQUES FREYMOND.)


S. P. I., Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009















































































Prix : 6 frs.




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