Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 13, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00255
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



LA DOCUMENTATION FRAN AISE


BULLETIN


PRESS


QU


ETI


13 decembre 1947.


PRESIDENCE DU CONS1AL


SOMMAIRE


I. PRESSE BRITANNIQUE.
a) Les relations franco-sovietiques (l alchester
Gualdiain, 11/12).
b) Apres la reprise du travail en France.
1. Manchester Gulajdflan (11/12).
2. News Chronicle (12/12).
3. Daily Worker (11/12).


*c) Les negotiations conumerciales
tiques. __
1. D)ifly Telegraph (12/12).
2. Neus Clwoniucle (12/12).
3. Tivtes (12/12).
d) Le ddbat aux Communes sur
(DOily Telegulaph, 12/12).


anglo-sovie-




la Palestine


II. PRESS AMERICAINE.
a) La situation financiere de la France (New
York Haild Tr'dbute, 12/12, edition euro-
p6enne).
b) Les relations 1'conomiques interamrricaines
(New York Herald Tribune, 12/12, edition
europ6enne).
IlI. PRESS SOVItTIQUE.
La politique aminricainc h l'cgard de 1'Allemagne
(Novae VWemta, 11/12).
IV. PRESSE BELGE.
a) Les relations franco-sovi6tiques.
1. La Lanterne (11/12).
2. Le Drapeau Rouge (11/,12).
b) Apres la reprise du travail en France.
1. Le Peuple (12/12).
2. Le Soir (12/12).
V. PRESS SUISSE.
a) Les relations franco-sovi6tiques.
1. Neae Zmucher Zeitung (11/12).
2. Basler Nachrtclhen (11/12).
3. Tribune de Gen~ve (11/12).
b) AprBs la reprise du travail en France (Jour-
mla de Geneve, 12/12).


i. PtESSE BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 12 d6cembre 1947
La press de ce matin donne la premiere place a 1'accord
commercial anglo-sovidtique et A la Conference de Londres.
Les articles sur la France ont trait surtout aux relations
franco-sovi6tiques.
1. Accord commercial anglo-sovietiqu'e.
4'ensemble de la press comment les declarations de M. H.
Wilson sur 1'accord commercial anglo-sovietique et souligne
les advantages que cet accord aura pour I'dconomie britanni-
que surtout du point de vue alimentaire. Il fait ressortir ega-
lement que les livradsons sovietiques representeront un vo-
lume de denr6es superieur a ce que la Grande-Bretagne a
import 1'annee derniere de tous les autres pays. Il remarque
que cet accord a et concly en un temps record.
2. Conference de Londres
Les journaux annoncent que les ministres se sont mis d'ac-
cord hier sur le niveau de l'industrie allemande.
Le correspondent du ( Times ) fait ressortir tout d'abord
que cet accord n'aplanit pas les difficulties que les minis-
tres rencontreront lors de la discussion sur les reparations.
Il remarque ensuite que M. Bidault a insisted encore une fois
sur la necessity pour les pays voisins de 1'Allemagne d'obtenir
des garanties de security et sur celle de faire passer la restau-
ration de 1'6conomie allemande apres celle des pays victims
de 1'Allemagne.
W. N. Ewer, du ( Daily Herald ), estime que la came
seance d'hier ne fait peut-6tre que preceder l'orage que pro-
voquera la question des r6paraVions.
Le correspondent diplomatique du ( Daily Mail a y voit
un success pour M. Bevin qui, depuis deux ans, n'a pas cesse
de preconiser l'adoption du niveau industrial sur lequel les
m'inistres se sont mis hier d'accord.
3. France
Le ( Times ), lc Daily Telegraph >, Ic e Manchester Guar-
dian aa font 6tat des relations franco-soviet'iques et des me-
sures disciplinaires prises centre le colonel Marquil.
Le correspondent du ( Manchester Guardian a 6crit a ce
sujet : a La cruise aigue des rapports franco-sovi6tiques est
due en parties au manque d'energie avec lequel les autorit6s
francaises ont surveilld les activities sovietiques en France. )
Selon ce correspondent, 11 serait just d'ajouter c que la
tolerance francaise a 1'6gard des menees-sovi6tiques n'aurait


SECRATARIAT #A1dRAL
Du GOuVBRNEMENT


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
KT DE PRESSs
S 1










LANTGRE


Nouvelle Serie NO 843


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


DE






2 BItjLLETIN QUOTIDIAN DE PRESS 9TRANGARE


pas ete aussi grande si, de 1943 a 1945, les Allies occidentaux
de la France avaient fait montre d'une plus grande compr-
hension A l'6gard des besoins et de la position du Gouverne-
ment frangais... II est dommage, ajoute l'auteur de l'art'icle,
que lorsque les citoyens sovietiques ont et0 chassis i la fin
de novembre, en pleine 6poque de groves, la police francaise
'ait 6t6 si occup!e qu'elle n'a pas veill6 A ce que ces ressor-
tissants sovietiques ne manquent pas leur train. Et si l'on
admet que ceux-ci ont et6 attaches avec des menottes au
mobilier du poste de police, cela fournit Moscou 1'occasion
de manifester son indignation. )
A propos de la situation social en France, le (( Manches-
ter Guardian ) estime que seule une action 6nergique du
Gouvernement pourra vaincre le scepticisme de la popula-
tion A 1'egard des declarations officielles. Ce journal estime
que le manque de carbon di aux groves occasionnera un
ch6mage considerable en France au debut de l'annle pro-
chaine.
A. Oummings, du <( News Chronicle ), estime que l'6chec
des groves c( est a attribuer au bon sens des Frangais >. (Voir
l'article plus loin.)
4. Indochine
Le correspondent du <( Manchester Guardian ) a Paris fait
le point de la situation militaire et politique en Indochine
et ecrit que le Gouvernement francais serait pr6t a faire de
nouvelles concessions.
5. Palestine
Les declarations de M. Creech Jones aux Communes sur
la question palestinienne occupent une place important
dans le (( Times ) et le (( Manchester Guardian ). Les autres
journaux se contentent de r4sumer les declarations du mi-
nistre britannique et de souligner que la Grande-Bretagne a
l'intention.de d6poser son mandate au mois de mai et de reti-
rer ses troupes de Palestine d&s le ler aoit 1948.
6. Italie
Le < Daily Telegraph ), le <( Daily Herald ), le (( Daily
Mall annoncent la continuation de la greve genmrale A
Rome. Le (( Manchester Guardian ) consacre un long article
au communism en Italie.

a) LES RELATIONS FRANCO-SOVIETIQUES (MaIc4ellster
Gualrdiawn, 11/i2, liberal).
< On a fait ressortir que le gouvernement franCais
n'a jamais a'nilateralement d6nonc6 l'accord franco-
sovi6tique de rapatriement, mais qu'il a simplement
supprim6 pour la mission 'de rapatriement sovitique
certaines facilities qui n'6taient pas accorddes A la mnis-
sion de rapatriement francaise en Union Sovi6tique. II
itait parfaitement 16gitime pour le gouvernement fran-
Vais d'exiger qu'un termc soit mis a certaines activists
de M. Filatov et de M. Sorokin qui n'etaient pas du do-
maine de leur mission et qui constituaient une menace
a I'ordre public en France...
Ainsi, I'attitude officielle francaise est une attitude
Ide ferme dignity qui n'implique auoune offense gra-
tuite vis-h-vis du gouvernement sovi6tique qui ;semb!e,
jusqu'A preuve diu contraire, avoir perdu son calme.
NManmoins, l'opinion francaise tire des conclusions qui
dpassent les conclusions officiellement exprimees...
L'annonce de I'expulsion de Russie de la mission
francaise de rapatriement frappe durement 1'Alsace-
Lorraine, car, si la grande majority 'des 25.000 Alsaciens-
Lorrains disparus (sur les 130.000 enr616s par les Alle-
mands) a Wte tu6e dans les combats, il est probable que
quelques centaines se trouvent encore dans les camps
de prisoniniers de 1'Union Sovi6tique. Le 'depart de
Moscou des quatre officers frangais d6truit pour 25.000
foyers l'espoir de voir revenir les leurs. >
(De notre correspondent a Paris.)


b) APRBS LA REPRISE DU TRAVAIL EN, FRANCE.
1. Malcihe(sier Guardiacn (11/12, liberal).
L'effondrement de la greve generale en France est
le plus grand 6chec subi par le parti communist de-
puis la liberation. II prouve que I'attitude A la fois
ferme et conciliante du gouvernement et que celle de
M. Jouhaux, dans son audacieuse r6volte et sa conduite
clairvoyante de la classes ouvriere, ont mis en echec le
project communist de donner A la gr6ve un caractere
revolutionnaire...
On peut esperer que 1'echec de la greve renforcera
le prestige et l'autorit6 du gouvernement et lui permet-
tra 'de prendre des measures energiques centree le mar-
ch6 noir, d'adopter et de suivre une politique 6cono-
mique qui amLliorera le sort des travailleurs et salisfera
leurs justes revendications, sans Ipour cela mettre les
finances dans une situation desesperbe...
L'action des travailleurs qui briserent la- greve lors-
qu'ils se rendirent compete de ses fins rwvolutionnaires
ct de la violence 'de ses m6thodes, est un presage heu-
reux. Leur attitude rend l'amelioration de leur sort
d'autant plus urgente. >

2. News Chiiouidce (12/12, liberal).
< ...L'effondrement de la gr6ve general en France
fait honneur au bon sens du people frangais... C'est
l'une des d6faites les plus cuisantes que le communism
europ6en ait jamais essuyees...
De cette passe dangereuse qui aurait pu entrainer la
ruine politique et 6conomique 'de la France, le people
britannique doit tirer une leeon...
La misere 6conomique sert la cause du communism
militant. Notre gouvernement et notre people luttent
avec vigueur pour 6viter une telle calamity. Heureuse-
ment, la Grande-Bretagne est une democratic discipli-
ne et clairvoyante. Mais le communism est a l'afffit,
nous devons l'6tre aussi...
(A. J. CUMMINGS.)

3. Dathy Worker (11/12, communiste.
< La magnifique lutte men6e par la classes ouvriere
frangaise centre la hausse fantastique du coit de la vie
qui donnait aux salaires un niveau de famine s'est ter-
minCe dans 'des conditions qui constituent un compro-
mis entire les forces en presence...
Sans cette lutte acharnee du movement syndical, on
n'aurait pas obtenu un accord destine a garantir un
nouveau minimum vital et h stabiliser les prix ct les
salaires jusqu'en juin.
Si la classes ouvriere n'avait pas lutti, elle aurail
connu la famine et la d6moralisation, et la faiblesse des
masses aurait encourage les forces de la reaction (sur-
tout celles qui se groupent sous la banniere de de
Gaulle) a passer immediatement a l'attaque contre la
democratice francaise pour instaurer une dictature.
Cette liutte a 0t6 une lutte economique, comme l'ont
tres justement declare les leaders de la C.G.T., en r6-
ponse aux propagandistes mensongers qui s'efforcaient
de depcindre la greve comme un complott communist
deslini A provoquer la guerre civile...
Elle a Wet d'unc tres grande importance politiquc
pour I'avenir de la France et kie 'Europe.
Elle a r6v6~l le courage, l'audace et l'esprit de soli-
darite de la classes ouvriere dans les principles indus-
tries, notamment celle du carbon, de 1'acier et dans
les docks.
Cette experience a Wte pour le people une belle lecon
'd'objectivit&. 11 exisle actuellement en France un puis-







BULLETIN QUOTIDIEN DR PRESS ATRANUtRE a


sant movement ouvrier, capable .de barrer la vole A
de Gaulle et de le mettre en fin de compete en 6chec...
Cette gr6ve se serait termin6e par une victoire com-
pl6te des syndicats sans la traitrise des leaders socia-
listes qui, d6s le debut, ont soutenu les briseurs de
greve. Les leaders socialists se sont rendus au gros
capital et A de Gaulle.
La minority socialist de la C.G.T., dirig6e par
Jouhaux, a sabot6 A tout propos. Le group socialist A
I'Assembl6e *s'est fait l'avocat du project de loi anti-
gr6ve. La press socialist a violemment d6nonc6 les
gr6vistes et a d6form6 leurs intentions comme l'a fait
ici le Daily Herwald.
Les travailleurs francais n'oublieroit pas la traitrise
du parti socialist.
La fin 'de .cette greve ne signifie pas que les travail-
leurs francais ont renonc6 A la lutte.
II ne peut y avoir en France de .calme politique ou.
&con-omique tant que le gouvernement actuel, qui ne
repr6sente nullement le prys, restera au pouvoir et fera
le vilain jeu de de Gaiulle, tant que le marchle noir, le
mercantilisme et la corruption resteront tout-puissants
et tant que la politique francaise se fera non a Paris
mais A Washington.
Cette greve historique de la classes ouvribre francaise
est un avertissement donn6 aux millionaires ambri-
cains -ainsi qu'a'ux deux .cents families franchises. L'es-
prit combatif des masses ne peut Atre vaincu. C'est le
people qui 1'emportera en fin de compete. >

c) LES NEGOTIATIONS COMMERCIALS ANGLO-SOVIETIQUES.
1. Dauly Telegraph (12/12, conservateur).
< Si l'on en juge d'apr6s les resultats limits, mais
encourageants, que M. Harold Wilson a pu annoncer
hier a la Chambre des Communes, sa troisieme visit
a Moscou, dans le but de conclure un nouvel accord
commercial avec 1'Union Sovi6tique, n'a pas (6t inutile.
En moins d'une semaine, il est parvenu a .conclure un
accord de principle qui porte sur un domaine beaucoup
plus large que celui des simples importations de cA-
ra'lles, ce qui constituera une premiere recompense tan-
gible pour ses efforts soutenus. La rapidity de ces n6-
gociations constitute peut-Atre une preuve Ide succ6s
beaucoup plus tangible que < l'atmosphere amicale > A
laqueTle le ministry du Commerce a tenu A rendre hom-
mage...
Elant donn6 que les relations Aconomiques franco-
sovi6tiques ont Rt& brusquenment interrompues, du fait
dun ressentiment Aprouv6 A Moscou, en raison de l'expul-
sion hors de France de certain agents russes, ii esl
impossible d'ignorer la valeur politique que le Krcemlin
attache A des relations commercials normales. Si, par
consequent, l'accorhl mis anu point par M. Wilson est
Idument signed et ratify aussi rapidement qu'il l'a laiss6
entendre, nous pouvons le consider comme plantt un
bon prbsage pour les relations anglo-sovi6tiques, en d6-
pit du d6saccord A la Conf6rence des ministries des
Affairs Atrangeres...
Puisqu'on nous dit qu'aucun des deux pays ne paiera
en monnaie solide ou rare, il semble qu'il ne soit plus
question ni d'or, ni de livres sterling < convertibles >,
et nous pourtont fort bien nous apercevoir que l'accord
est surtout base sur le principle de 1'Achange. Quel que
soit le volume des Achanges, il est certainement impor-
tant de reprendre des relations commercials qui se
d6velopperont dans l'avenir... >>

2. News Chro-nicle (12/12, liberal).
<< I1 n'est pas douteux que la 'declaration faite hier
par M. Harold Wilson a kt6 la meilleure nouvelle que
S


la Chambre des Communes et le pays aient entendue
depuis longtemps...
On pense que les Russes nous offrent 500.000 tonnes
de cr6aales secondaires. C'est-A-dire plus que l'ensem-
ble des importations britanniques d'avoine, d'orge et 'de
mais en 1946. Etant donnA que ces c6raales servent A
nourrir les aninmaux, elles sont indispensable pour que
nous ayons de la viande, du bacon et des oceUfs. Avec
des sources d'approvisionnement assurees, notre plan
agricole de quatre ans serait enfin fond6 sur une base
solid. De plus, le marched britannique 6tant satisfait,
les autres pays auront plus de chances d'obtenir ail-
leurs des approvisionnements A des prix raisonnables.
Enfin, la Grande-Bretagne tirera un advantage evident
du fait qu'il n'est pas question pour aucune des deux
parties de payer en monnaies << soli'des ou rares >. En
d'autres terms, l'accord envisage est fondA surtout sur
le principle de 1'Achange, de sorte que nous n'aurons
pas besoin de noius dessaisir de nos pr6cieux dollars.
Il sera plus facile de compren'dre la signification po-
litique de cet accord lorsque les n6gociations a longue
Acheance seront terminies, en mai procliain. Si nous
pouvons 6tablir des relations commercials avec la
Russie et d'autres pays de 1'Europe orientale, il est
fort possible que la tension politique actuelle di-
minue... >

3. Timles (12/12).
Sans details complementaires, il est impossible de
porter un jugement d6finitif sur l'accord 'de principle
anglo-sovietique que M. Wilson a 6t6 en measure d'an-
noncer hier A la Chambre des Communes. Les prix que
no'us paierons et ceux qui nous seront pays ont une
grande importance...
M. Wilson pretend que les prix sur lesquels on s'est
mis d'accord sont < trbs 6quitables et favorables par
rapport aux prix pratiques actuellement sur les mar-
chbs mondiaux a. Ces prix ne seraient pas incompati-
bles avec un prix tres 6lev6 par rapport aux prix pra-
tiques avant guerre, comme en temoignent les recentes
negociations sovi6to-danoises.
La Grande-Bretagne est engage 'dans d'autres n6go-
ciations Aconomiques... Si cet accord devait, par exem-
ple, diminuer les resources don't nous disposons pour
effectuer des paiements au Canada, afin de contribuer
A la reprise de nos importations de pro'duits alimen-
taires sur oun marched qui s'est d6velopp6 pour assurer
les besoins de la Grande-Bretagne, ce serait grand dom-
mage. II faut examiner avec le m6me soin les effects
que cet accord aura sur les rapports commerciaux en-
tre la Grande-Bretagne et I'Argentine... >

d) LE DB'AT AUX COMMUNES SUR LA PALESTINE (Dlli!l
Telegraph, 12/12, conservateur).
< Une atmosphere de malaise et 'de tristesse a carac-
tdris6 le debat d'hier sur la Palestine...
Nous ne savons pas encore ce que va fire le gouver-
noment britannique en ce qui concern l'immigration
juive, que Juifs et Arabes considbrent maintenant
comme une source de renforts, ni ce qu'il a l'intention
de faire a l'6gard de la 16gion arabe. Il est peut-6tre
vrai qu'aprbs de violentes luttes, l'6puisement puisse
omener la paix, mais il serait ridicule de penser qu'il
n'y aura pas de telles luttes. En faith, les terrorists juifs
qui ont assassin les soldats britanniques regretteront
peut-rtre le jour ofi ils ont attaquB ceux qui, autrement,
auraient pu etre encore lI pour les protlger ; et les
Etats arabes iregretteront peut-6tre un jour qu'une au-
torit6 sur 1'AquitA de laquelle ils pouvaient computer ait
6t. remplacde par une autre.


BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


3







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PBESSE *TRANGARE


Nous soinmes en presence d'un episode regrettable.
Pour une fois, le courage, le bon sens, 1'6quit6 et 1'ha-
bilete traditionnelle ,de la Grande-Bretagne ne lui ont
pas permis de mener a bien sa mission...



II. PRESS AMERICAINE


Revue de la presse americaine du 11 d6cembre 1947

La plupart des journaux interpretent la gr6ve generale de
24 heures a Rome de la fagon suivante : < Les communists
ayant essuy6 un 6chec en France font desormais porter leurs
efforts en Italie. > De ce fait l'attention de la press se d6-
tourne quelque peu de ]a France pour se concentrer sur 1'Ita-
lie. mais un certain nombre d'6ditoriaux sont encore consa-
cr6s au succ6s remport4 par le Gouvernement Schuman et
aux incidents franco-sovi6tiques.

J. Situation en France

Le < Philadelphia Inquirer a, le ( New York Sun a, les
journaux a Scripps Howard >, 1'( Evening Star a, le a Was-
hington Post a, le a Wall Street Journal a et le a New York
Daily News a publient chacun un editorial oh ils f6li-
citent le Cabinet Schuman pour la victoire qu'il a remport6e.
Le premier dit que l le complot communist a a 6choud pour
plusieurs raisons : l'une est la fermet6 du Gouvernement
Schuman et l'appui que tous les parties lui ont domnne 1'As-
sembl6e a 1'exception des communists ,. Le a New York
Sun a. sous le titre a La France retourne au travail >. 6crit
notamment : ( C'est une victoire non seulement pour M.
Schuman et le Cabinet, mais aussi pour la cause de la d6mo-
cratie occidentale. >
Les journaux < Scripps Howard a intitulent leur idito-
rial a La France a gagn6 la bataille a. On y lit : a La France
en consequence se trouve avoir au debut d'un hiver de souf-
frances et de tensions un Gouvernement plus fort et plus
respect qu'elle n'en a eu depuis longtemps. Il est facile ce-
pendant d'exagerer les r6sultats. La bataille a 6t6 gagn6e,
mais la guerre continue. > C'est 4galement l'avis de 1' a Eve-
ning Star a qui consider; que la a manoeuvre communist
n'6tait qu'un test pour donner a 1'U.R.S.S. 1'id6e de ce qu'6tait
son influence a l'Ouest >. L'dditorial du a Daily News a cons-
tate. lui aussi, qu'une bataille a tea gagn6e en France gr&ce
a au courage de M. Schuman a. Mais il ajoute : < Maintenant
que la greve g6n6rale est d6clarde pour la province de Rome,
iA parait evident que la prochaine rencontre dans la guerre
froide sera la bataille d'Italie. >> L'6ditorial du < Wall Street
Journal a et l'art'icle de Lippmann aprEs avoir constat6s 6ga-
lement le success remporte par le Gouvernement Schuman
se penchant sur les consequences 6conomiques qui leur sem-
blent devoir resulter de la nouvelle hausse des salaires. Le
premier reprend les terms de la declarations des 16 na-
tions et en particulier celle de la France off il est annonc6 que
le Gouvernement n'empruntera pas en 1948 t la Banque de
France, et 1'6ditorial ajoute : a II se peut que le Gouverne-
ment francais s'it incapable de repousser les revendications
ouvrires pour une augmentation de salaires. mais o obtien-
dra-t-il les fonds si ce n'est par emprunt a la Banque de
France, en d'autres terms grace a la press A billets? a
Lippmann estime gue la question princ'ipale qui se pose est
de savoir a si dans un systime politique normal on peut for-
mer un Gouvernement qui 6quilibrera non seulement le bud-
get, mais aussi 1'6conomie national. I1 est evident que r6-
duire les charges de la production francaise afin de r6aliser
cet- equilibre demandera de grands sacrifices et une disci-
pline politique extraordinaire ) et il conclut qu'il y a lieu
d'attendre les 6v6nements qui montreront si le general de
Gaulle a raison ou si, au contraire, < le Gouvernement ac-
tuel qui a fait bravement face au d6fi communist peut aussi
faire face aux int6rits innombrables qui ont trait A l'infla-
tion et au d6sordre 6conomique a.


Un article de Willian Shirer, dans le a Saint Louis Post
Dispatch a, commence alinsi : a La Quatrieme R6publique
traverse des jours critiques. Vieille A peine d'un an, elle est
menace par des groves politiques communists, d'une part,
et par les manoeuvres des gaullistes, d'autre part. II fait peu
de doutes que la coalition gouvernementale Schuman sur-
montera cet orange momentanA, arr6tera les groves et obli-
gera les communities a reculer considerablement. a
Le a Daily Worker a de New-York, termine son editorial
par cet avertissement : < La greve francaise qui vient de se
ternmner n'etait qu'une bataille dans une longue guerre.
D'autres apparaissent A l'horizon. Les travailleurs euro-
peens n'accepteront jamais la domination de Wall Street, le
ndo-fascisme de de Gaulle, la monarchie des fascistes grecs. >
Les dep6ches des correspondents de Paris indiquent toutes
que la reprise du travail a 6te quasi-totale et que seuls
quelques mineurs se refusent a travailler sous la surveillance
de la police ou de l'arm6e. Les correspondents d'agences
donnent des extraits du discours de M. Schuman A la radio
don't ils citent notamment la reference A 1'aide amdricaine
a qui doit rendre possible l'amilioration progressive du stan-
dard de vie franQaise ,.

2. Les incidents franco-sovi6tiques

Le rejet par le Gouvernement francais de la note sovletique
a 6t0 annonc6 sous d'dnormes titres en premiere page dans
les journaux de l'apr*-midi d'hier et a fait l'objet de nom-
breux commentaires a la radio soulignant une fois de plus
la fermetd de l'attitude du Cabinet frangais. Les declarations
faites par le chef de la mission frangaise de rapatriement
a Moscou critiquant l'attitude du Gouvernement de Paris ont
regu Aealement une tr6s large publicity due au a caractAre
surprenant a de 1'expos6 fait par ce personnage.

3. La Conf6rence de Londres

La tres nette declaration faite par M. Marshall sur le pro-
bleme des reparations allemandes est publide integralement
dans la plupart des journaux qui dans leurs correspondances
de Londres indiquent que les efforts faits par M. Marshall
pour amener M. Molotov A indiquer comment 11 comptait
recevoir des reparations allemandes sur la production cou-
rante sans subventions americaines et sans d6truire 1'econo-
mie allemande ont Rte. jusqu'a present, sans resultat. Ces
correspondents amtricalns relevent Agalement que M. Mar-
shall a accuse les Russes d'exploiter leur zone d'occupation
a leur profit A la cadence de 500 millions de dollars par an
et qu'il a propose que rien ne soit saisi en Allemagne apris
le 'ler janvier 1948 sans qu'une contrepartie Aconomique en
argent ou en marchandises lui soit imm6diatement fournie.

4. Congris

La press passe en revue une s6rie d'amendements qui ont
it6 repouss6s hier a la Chambre, amendments don't 1'effet
serait de rdduire :e montant de 1'aide int6rimaire A 1'Europe
ou d'imposer des restrictions a 1'emploi de cette aide. Elle
constate le d6lai apport6 au vote de la Chambre par ces ma-
nceuvres de opposition et un certain nombre de caricatures
qui la tournent en ridicule paraissent dejA, r6v6lant l'impa-
tience de l'opinion devant les tergiversations du Congres.

5. Iran.

Les d6peches d'agences de TAheran annoncent la d6mission
du Premier Ministre A la suite du vote de confiance obtenu
au Parlement & une majority, consid6rCe comme insuffisante.

6. Panama

Le D6partement d'Etat a announce la signature d'un nouvel
accord entire les US.A. et Panama pour 1'utilisation des ba-
ses de defense situdes dans la R6publique Panamrenne et
consid6rees comme indispensables pour la defense du Canal.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE t


a) LA SITUATION FINANCIIRE DE LA FRANCE (New-York
Herald Tribune, 12/12, edition europ6enne).
Avec la fin des graves et l'introduction du franc dans
1'rconomie sarroise, on pense que l'inflation exception-
nelle des deux .dernibres semaines va s'arrCler. N6an-
moins, l'inflation constant au course dies six derniers
mois, inflation qui a entrain6 une augmentation de
12,5 % de la circulation fiduciaire, est consid6rbe par
les observateurs Bconomiques come un mauvais pre-
sage, pour les efforts que va d6p'loyer le gouvernement
afin d'6quilibrer les prix et les salaires actuiels.
Le principal facteur economique de la hausse des
prix est l'insuffisance de la production par rapport A
la circulation fiduciaire. Moins il y a de marchandises
disponibles et plus il y a de possibilities financieres,
plus les prix montent. Les observateurs 6conomiques
pr6tendent que cette hausse des prix a 6tC la cause fon-
damentale des graves de juin dernier et ils soulignent
que ces causes, loin d'etre supprim6es, se sont aggra-
v6es au course des 6 derniers mois, favorisant ainsi
les r6cents conflicts sociaux.
Vincent BUGEJA.

b) LES RELATIONS ACONOMIQUES INTER-AMIRICAINES
(New Yolrk Herald Tribune, 12/12, edition europ6-
enne).
L'6conomie d'aprbs-guerre de l'Am6rique latine, qui
etait .djA dans un 1tat pr6caire en est maintenant au
point critique. L'6preuve ne pourra etre surmontee que
si la production augmente, si I'inflation .est enrayee, si
les marches strangers s'ouvrent A nouveau et si les au-
tres pays de I'Amerique obtiennent les capitaux et les
biens de consommation don't ils ont besoin. Mais ils ne
peuvent se procurer *ces ltens qu'aux Etats-Unis et les
dollars n6cessaires sont indispensables...
Jusqu'ici, lie gouvernement a'mricain a tenu A dis-
tinguer le problbme de la reconstruction panam6ricaine
de celui de la reconstruction europ6enne. Lorsque la
legislation du plan Marshall aura pris corps, la recons-
truction :de l'hemisph6re am6ricain devra 6tre liBe A la
reconstruction 6conomitlue ,de l'Europe. Ainsi, les Etats-
Unis donneraient une forme A la cooperation 6conomi-
que inter-amnricaine qui est indispensable si l'on veut
6viter une catastrophe; en m6me temps, grAce A l'ex-
ploitation coordonn6e des resources de 1'AmBrique la-
tine et de I'Am6rique du Nord, on parviendrait A 6viter
d'6ventuelles insurrections politiques et sociales dans le
Nouveau Monde.
Ce programme permettrait d'l6ever le standard de
vie general de l'h6misphbre am6ricain. II diminuerait
les charges imposes 6 notre propre &conomie. II 6vi-
lerait que le march sud-am6ricain ne se ferme aux
products de 'l'Amirique du Nord...
Ce qui ,est essential, c'est une politique positive, une
action constructive et un retour imm6diat a une coop6-
ration economique efficace entire les Etats-Unis et les
autres r6publiqlues am6ricaines pour le bien common
de toules les nations de 1'h misphbre am6ricain. >
(SUMMER WEVLIS).


11. PRESS SOVIETIQUE


LA POLITIQUE AMWRICAINE A L'EGARD DE L'ALLEMAGNE
(Novoe Vrewia. 11/12).
c La d616gation sovi6tique A Londres fait Ide grands
efforts pour arriver A des solutions acceptable 'pour


tons les membres du Conseil des ministres; la dl16ga-
tion am6ricaine et'les repr6sentants de la Grande-Bre-
tagne et de la France repoussent toutes les tentative
d'entente.
D&s le debut !des travaux de la Conference de Lon-
dres, Molotov a mis en evidence les divergences qui
separent les allies d'hier en ce qui concern le pro-
bleme allemand.
Alors que certain pays tendent A conclure une paix
id6mocratique avec 1'Allemagne, d'autres agissent dans
le but d'Wtablir une paix impnrialiste...
La politique des Etats-Unis, ainsi que celle de la
Grande-Bretagne et de la France, est violemment hos-
tile A l'id6e de l'unit6 de 1'Allemagne. Elle est indisso-
lublement li6e A la destruction de 1'Etat allemand. Elle
-conduit directement au d6membrement de 1'Allemagne.
Ceci est confirmed par des faits tels que l'unification des
zones anglaise et americaine..
La creation d'une Allemagne unie vouerait in6vita-
blement A l'Ichec la politique militariste et reaction-
naire des autorit6s am6ricaines. Dans une Allemagne
unie, les forces d6mocratiques auraient la possibility 'de
s'opposer au plan Marshall... Dans un Etat uni, il serait
impossible de contraindre le people A se taire...
Aussi, n'y a-t-il pas lieu de s'6tonner qu'A la Conf6-
rence de Londres la d616gation am6ricaine et les repr6-
sentants anglais ct frangais ne manifestent aucun int6-
r6t pour la solution positive de probl6mes tels que la
creation d'un gouvernement central allemand.
Et comment pourrait-il en 6tre autrement, alors que
la d,16gation am6ricaine est arrive A la Conference
avec un plan tout pr6t pour crier un government 'tes
zones occidentales?...
La politique de d6membrement de l'Allemagne cons-
titue un obstacle A la solution du problem allemand
conform6ment aux interets des peuples et de la paix.
De plus, c'est un veritable d6fi lance aux peuples eu-
ropeens... >>



IV. PRESS BELGE


a) LES RELATIONS FRANCO-SOVIETIQUES.
1. La Lanlerne (11/12) :
< ...Si I'on pouvait encore douter de la defaite com-
muniste, il suffirait, pour s'en persuader, d'examiner
I'attitude que vient de prendre 1'U.R.S.S. a l'6gard de
la France. Profitant d'un pr6texte qui n'a aucun rap-
port avec le trait commercial franco-sovi6tique, Mos-
cou vient de rompre ses n6gociations 6conomiques avec
Paris, d'expulser da mission de rapatriement frangaise
en U.R.S.S., et de rappeler la mission russe en France.
Ces negotiations, on le sait, portaient sur une livraison
de ble don't les Francais vont etre ainsi priv6s. Cette
perte, aussi p6nible soit-elle, sera sans doute mainte-
nant r6parable. Ce qui imported Je plus cdans la measure
sovi6tique, ce n'est point tant sa consequence mat6rielle
que les 4.dductions morales qu'il est permits d'en tirer.
Moscou se venge de la capitulation qui lui fut impose
et 'on verra bient6t probablement qu'il ne s'agit la
que d'une premiere manifestation de sa col6re. Mais
de telles manifestations montrent clairement le jeu
qu'elle entendait mener et l'importance capital qu'elle
,attachait A cette parties.
La bataille, il va de soi, n'est point termin6e. II n'est
point ,dans lies habitudes russes de renoncer, meme aprbs
un 6chec aussi rude. La France demeurera longtemps
encore en proie aux intrigues et A la propaganda se-





6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS 1TRANGBRE


crete des repr6sentants communists. Mais I'exp6rience
qu'elle s'est forge au course de 1'&preuve qu'elle vient
de supporter lui a certainement permis d'acquerir les
armes qui lui sont n6cessaires pour neutraliser d6sor-
mais les complots de ses adversaires. >
(PAUL BAAn.)

2. Le Dira~peau Rouge (11/12, communistt)
e ...Les brimades don't le gouvernement Schuman et
son pred6cesseur ont poursuivi des citoyens sovi6tiques
rTsidant en France n'apparaissent pas comme ides in-
cidents isoles mais bien cimme les 616ments d'une poli-
tique gouvernementale radicalement hostiles A a'U.R.S.S.
Il y eut d'abord la scandaleuse provocation de Beau-
regard... Pendant les groves, le gouvernement Schuman
descendit si bas qu'il crut n.cessaire d'expliquer le
movement revendicatif que menaient plusieurs mil-
lions *de Francais pour une amelioration de leurs con-
ditions de vie par la < main de Moscou ). Cette < main
en l'occurrence << se manifestait > par l'intermidiaire
de ressortissants sovi6tiques que la police de Jules
Moch, ministry socialist de l'Interieur, eut t6t fait
d'expulser de France.
Que voulez-vous, il fallait bien inventor ces fables
pour e justifier >> la saisie des journaux ouvriers, les
assassinate de gr6vistes, le rappel ,de soldats et le vote
des lois anti-ouvrieres.
I1 fallait nronter en 6pingle des exclusions des res-
sortissants sovi6tiques pour tenter d'esquiver la .es-
ponsabilit6 6crasante d'avoir conduit le pays h la ca-
tastrophe 6conomique et lie people a la famine.
Tout ceci montre clairement que la rupture des pour-
parlers commerciaux avec l'Union sovi6tiquc a Wte deli-
berement provoquee par une politique resolument anti-
sovi6tique du gouvernement de Paris... >

b) APRtS LA REPRISE DU TRAVAIL EN FRANCE.
1. Le Peuple (12/12, socialiste) :
t Le bon sens a triomph6 en France. De partout, on
signal ]a reprise du travail. Et le gouvernement ide la
< troisieme force > est sorti raffermi de 1'6preuve...
De l'aveu m6me ,du parti communist, ii ne s'agissait
pas de soulager le fardeau qui pese sur les populations
francaises. ill s'agissait de fair echec au plan Marshall
<< de barrier ala route an part am6ricain >, comnme dit
< 1'Humanit6 >. I1 s'agissait d'empecher la constitution
d'un gouvernement oft pr6dominerait I'influence des
socialistes Etiquet6s i'e < droite t depuis le voyage
A Moscou de M. Maurice Thorez.
La classes ouvriere franc.aise a riposte en faisant
preuve d'une maturity politique remarquable. Elle a
refuse de marcher. Il y eut des hesitations inbvitables.
Mais l'immense majority des travaiileurs francais a
refuse de se faire l'instrument d'un parti totalitaire. Ils
sont rests fiddles A la R6publique. Ils n'ont pas voulu
d6clencher une guerre civil, du rest perdue d'avance.
Cetle attitude des travailleurs ne manquera pas d'avoir
des repercussions profondes an sein de la direction de
ia C.G.T. Elle donnera, aussi, une influence plus grande
'aux travailleurs au sein de cette Republique qu'ils ont
contribu6 h sauver de la guerre civil.
Les difficulties de la France ne sont pas toutes reso-
lues. Les dangers qui menacent la Rppublique ne sont
pas tons kcartes. Mais il est important de constater qu'A
un moment d6cisif la l6galit& republicaine et d6mocra-
tique lait en le dernier mot. A
(G. KOuiLISCiHE.)


2. Le Sair (12/12, ind6pendant) :
( ...La classes ouvriere ne sort nullement vaincue de
*cette 6preuve de force, bien au contraire. Si certain
imaginaient pouvoir profiter de la conjoncture pour
mener une politique rtactionnaire, its s'apercevraienL
,vite de dieur erreur. II est m6me permits de croire que
l'ouvrier francais a refuse de suivre ses dirigeants syn-
dicaux (ou du moins la majority de ceux-ci) dans la
measure mime ofi il a juge que sa situation actuelle
6tait moins d6favorable A sa liberty et A son ind6pen-
dance que cene que lui r6serverait un socialisme d'Etat
a la maniere sovi6tique.. C'est dire qu'il r6sisterait avec
au moins autant de vigueur A une menace qui vien-
drait de I'autre c6te...
II serait dangereux de grossir d6mesurement la d6-
faite communist. Elle est d'ordre tactique beaucoup
phus que strat6gique. Les buts vis&s (du moins ceux qui
il'taient ouvertement) n'ont pas 6tW atteints, m6me par-
tiellement. Mais contrairement A ce que beaucoup s'ima-
ginent, les effectifs sont rests intacts. Aussi la menace
continue...
Le succs de la e( troisieme force > devrait avoir
pour consequence naturelle de retarder l'accession du
R.P.F. au pouvoir. Le soin que cedui-ci a pris de ne
g6ner en rien le cabinet actuel indPque qu'il n'est pas
fAch6 du tout de ce d6lai (dans l'hypoth6se que ce n'est
qu'un d6lai). Mais si le g6n6ral de Gaulle succede un
de ces prochains nois A M. Robert Schuman, ce der-
nier lui aura 16guB une collection de dispositions 16gis-
datives de nature A faciliter son maintien au pouvoir. >
(Du correspondent parisien
du Soir.)



V. PRESS SUISSE


LES RELATIONS FRANCO-SOVIATIQUES.
1. Neue Ziircher Zeitulng (11/12) :
< ...Pratiquement, les consequences de la mise en
valeur de l'accord de rapatriement ne vont pas trop
loin, parce que cet accord a deja 6t conclu, ii y a trois
ans, et qu'il a deja produit la plus grande parties de ses
effects, de sorte qu'A l'heure actuelle, un grand nombre
de ressortissants des deux Etats ont p.u tre 6chang-s.
Le camp de Beauregard, 4qui 6tait pllace sous .contr6le
russe, mais ne jouissait pas des privileges d'exterrito-
rialit6, ne contenait plus, ces derniers temps, que quel-
ques douzaines de Russes. Un camp te transit pour les
Francais en instance de rapatriement existe encore en
ce moment h Odessa. On y trouve surlout des Alsaciens
qui sont tenus de fournir la preuve qu'ils possedent Ja
nationalist& francaise, done lqu'ils ne sont pas des Aile-
mands cherchant A sortir de Russie par une voice d6-
tourn6e.
Ce qui est plus sensible, pour la France, c'est que la
Russie refuse de signer le nouvel accord commercial
qui etait presque au point. Cependant, .ce texte etait
loin de donner satisfaction a tons les desirs des Fran-
cais ilui voulaient obtenir la livraison d'un million et
demi de tonnes de blW. La Russie avait fini par se d6-
clarer prete h livrer seulement trois cent mille tonnes
reparties sur huit mois que la France aurait ptay6es
en fournissant des products industries. Vers le d6but
de 1'annie 1948, un premier navire transportant 25.000
tonnes de bl se serait mis en route pour la France. Le
refuse des Russes qui experiment l'indignation r6gnant a
Moscou aggravera la p6nurie de farine panifiable.







1ULtETIN QUOTIDiEN 1E PRESS iTRANGaRk 7


Ici kgalement il ne s'agit que d'un detail dans un
tableau -d'ensemble qui montre que I'alliance franco-
russe scelMe A la fin de 1944 a Moscou ne repr6sente
gubre plus qu'un chiffon de paper. Au moment de cette
conference de Londres of M. Bidault opte plus nette-
ment que nagubre entire l'Est et l'Ouest, la rupture des
liens franco-russes signifie une acc6l6ration de 1'6volu-
tion sur 1'Pchiquier mondial. Le gouvernement francais,
qui dans son propre pays r6siste A I'assaut communist,
lequedl met ses nerfs a une rude 6preuve, s'est rendu
compete de V'interd6pendance de' la politIquc interieure
et de la politique exterieure... >>
(Du correspondent ai Paris
de la Neue ZiiTcheir Zcitigy.)

2. Basler NaccirichMel (11/12, edition du soir) :
q ...Si les injures 'de la note sovi6tique sont peniblcs
au point de vue moral, la rupture des negotiations n'a
pas des effects mooins sensibles sur le plan mnatriel; il
s'agissait en effet de la livraison, avant le 1"' janvier,
de 25.000 tonnes de bl6 russe A la France, qui a besoin
d'un appoint alimentaire.
Cette measure de r6torsion a l'6gard de la France cons-
titue sans doute un avertissement pour tous les Etats.
et en particulier pour 1'Angleterre. Depuis 'des mois, les
Russes lanternent les Anglais parce qu'ils savent trop
bien que ceux-ci sont d6sireux d'importer des c6r6ales
et d'exporter des prodiuits industries. Apres de longs
atermoiements de la part de 1'U.R.S.S., le ministry du
Commerce britannique, M. Wilson, a pris de nouveau
l'avion pour Moscou, espdrant que cette fois-ci la signa-
ture 6tait imminent. Oui, si l'accord est effectivement
tres bon pour la Russie, et si, d'ici lA, la politique an-
glaise s'applique, A Lancaster House et partout ailleurs.
A ne provoquer d6sprmais aucun m6contentement chez
les Russes. C'est IA, croyons-nous, la legon de la rebuf-
fade inflig6e A la France. M. Wilson a, par cons6quent
la corde au cou. Ce qui, de toute fagon, restera d6plo-
rable, c'est, dans le cas de la France, le sort des pauvres
prisonniers ide guerre alsaciens, don't les rpreuves dans
les camps russes se trouvent prolong6es d'une durbe
ind6finie. Mais pour Y'essentiel, en ce qui concern aussi
bien la France que la Grande-Bretagne, tout depend de
1'Amerique. Si l'Amerique peut faire suffisamment dili-
gence pour remplacer vite, trbs vite les livraisons de ble
u:sse esper6es, mais qui front peut-6tre totalement de-
faut. de telle ananiere que le cabinet Schuman et le
cabinet Attlee 6chappent tau mecontentement dt au
manque de pain avec les consequences qu'il comporte,
les puissances occidentales n'auront point trop a patir.
Mais pr6ciscment : Si... I

3. La Trlbltune de Gen2uue (11/12) :
c ...Les relations entire les deux pays ne furent jamais
tres cordiales et elles sont revenues franchement mau-
vaises depuis que M. Thorez et ses amis furent exclus
du gouvernement frangais, et que celui-ci s'est carr6ment
prononce en faveur du plan Marshall. Le gouvernenient
sovi6tique, qui s'est fix6 pour but final de bouter les
S AmBricains hors d'Europe, tablait sur 1'6tablissement en
France Id'un regime de < d6mocratie dirigee >, selon


la recette en honneur derriere le rideau de fer, pour
s'assurer le contr6le A rebours de la ligne Siegfried et
du mur de 1'Atlantique...
Comme ce fut d6ej le cas dans la guerre civil d'Es-
pagne, des agents et instructeurs sovi6tiques partici-
paient a 1'action... Dix-neuf 'des plus compromise furent
expuls6s sans autre forme de proces. En ce qui con-
.cerne les autres, qui jouissaient de 1'immunit6 diplo-
matique, la situation 6tait plus dBlicate et le cabinet
francais imagine lier leur renvoi au rappel de ses pro-
pres officers, parties en U.R.S.S. avec un mandate iden-
tique...
A la suite de tous ces incidents, le gouvernement sovid-
tique a r6agi avec une extraordinaire v6hemence. Dans
une note de protestation qu'il a livree A la publicity
avant inme qu'clle fuit parvenue a 'destination, ii accuse
le gouvernement francais de s'abaisser A d' < ignobles
calomnies > et de -chercher par ses mensonges A indiuire
I'opinion en erreur sur la veritable situation en France...
En guise de repr6sailles, il a d6cide en outre de romple
les n6gociations concernant la reprise des changes
commerciaux...
A ]a reception de ce document, ot l'on peut percer
A chaque phrase le idepit caus6 par '6chec du mouve-
mnent insurrectionnel d6clenchi par le parti communist,
conform6ment aux instructions du Kominform. le gou-
vernement francais I'a tout simplement retourn6 A ses
auteurs. Poiur l'instant, les choses en sont lA. Mais la
premiere constatation qui se degage de cette contro-
verse, c'est que I'U.R.S.S. subordonne ses livraisons 'de
bi A toute sortes de conditions, alors que 1'Amerique,
elle, ren'nce m6me A se faire rembourser lorsqu'il s'a-
git uniquement de sauver la vie A des populations affa-
mees. "
(PAUL DU BOCHET.)

b) APRAS LA REPRISE DU TRAVAIL EN FRANCE (Journal de
Geneve, 12/12) :
q ...Dans cette crise dangereuse, parce que la mis~re
est r6elle, le gouvernement de M. Schuman a agi avec
une prudent fermet6. II a eu la sagesse de ne pas re-
courir a des measures extremes, qui eussent echauff6 les
esprits. En pregnant les precautions indispensables, il a
evit6 tout ce qui pou.vait 6tre exploit come une pro-
vocation...
L'vche communist n'cst ainsi pas dfi A la force
brutal, mais A la raison de la classes ouvri6re. Cello
epreuve, si elle a cause des dommages s6rieux a 1'Bco-
nomie du pays, sera peut-6tre salutaire ; elle a permits
de ,mesurer influence don't disposent ceux qui ont voulu
se servir de la C.G.T. pour des fins politiques et lile
entrainera une reorganisation nCcessairc des groupc-
ments professionnels.
II appartient maintenant au gouvernement qui a su
imposer ses vues et faire pr6valoir l'intlr6t national,
Ide cr6er les conditions de redressement. II faut qu'il ait
le courage de dire car la v6rit6 a une vertu salubre
que ce sera une oeuvre de longue haleine et qui exi-
gera des sacrifices de chacun. Mais, techniquement, il
est possible, A condition que la confiance renaisse et que
la production s'accroisse. o
(RENI PAYOT.)


S. P. 1. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009












































































Prix : 6 francs.




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