Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: December 12, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00254
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



PRESIDENCY DU CONSEIL

SECRETARIAT GNARAL
DU GOUVERNEMENT

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANAISE


S MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
- -,_.JWIL.D'1NFORMATION


BULLETIN


DE


12 d6cembre 1947.


PRESS


QUO


CTRANGIRE


Nouvelle S6rie No 842


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La situation en France :
1. Daily Mail (11/12).
2. Times (11/12).
b) La Conference kie Londres (Manchester Guardian,
10/12).
II. PRESS AMERICAINE.
III. PRESS SOVIATIQUE.
La politique anglo-americaine en Allemagne (Prav-
da, 10/12).
IV. PRESS BELGE.
La situation en France (Le Soir, 11/12).
V. PRESS ITALIENNE.
a) La situation en France (Coiriere della Sara, 9/12)
b) La mort du g6n6ral Leclerc (Stampa, 9/12).
c) La reconstruction de l'Europe (Gazzetta del Pa-
polo, 9/12).
VI. PRESS SUISSE.
La situation en France (La Tribune de Gentve.
10/12).
VII. ANKEXE.
Communique Tass sur les conversations 6conomi-
ques sovieto-hongroises.


I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 11 d6cembre 1947
La press de ce matin fait une place peu prBs egtle a
la Oonfdrence de Londres, aux questions frangaises et aux
conflicts sociaux en Italie. La France, en particulier, fait
robjet de deux correspondances assez longues dans le ( Daily
Mail ) et le a Daily Express ), et de deux oditoriaux dens.
le (c Manchester Guardian ) et le t Daily Mail }i.
1. Conf6rence de Londres
Le I Daily Telegraph ) public un long article de son cor-
respondant diplomatique, dans lequel celui-ci se declare au-


torisd affirmer que la Conference dehouera si les ministres
ne se mettent pas d'accord sur la question des reparations.
Le correspondent diplomatique du ( Times a souligne les
soupcons entretenus par le delgue sov'itique a l'egard des
methods economiques des allies occidentaux, ainsi que ceux
des allies occidentaux & l'egard des buts economiques des
Soviets en Allemagne.
D'apres le correspondent diplomatique du < Daily Mail a,
les propositions que pourrait faire M. Molotov auraient
avant tout pour but de prolonger, autant que possible, la
durde de la Confdrence.
La Russie serait notamment prete a soumettre un plan
aux terms duquel elle abandonnerait pour une p6riode dc
trois ou cinq ans ses demands de reparations (qui se mon-
tent A 2 milliards 500 millions de livres).
MM. Guy Eden, du < Daily Express ), Mackensie Porter,.
du < Daily Graphic ), et Robert Waithman, du < News Chro-
nicle a, soulignent que M. Marshall a mis M. Molotov en
demeure de repondre sans dela'i a ses propositions, faute de
quoi 11 quitterait la Confdrence. I1 remarque que M. Mar-
shall a employed un ton particulibrement 6nergique.
Franck Pitcalrn, dans le c Daily Worker ), fait 6tat d'un
accord secret anglo-amfricain, aux terms duquel la Grande-
Bretagne et les Etats-Unis seraient prets a constituer une
Allemagne occidentale placee sous le contr6Oe americain.
Ce commentateur accuse les ddligations britannique et
americaine de duplicity. Le correspondent du journal com-
muniste estime que M. Bevin s'est humilid au course de la
stance d'hier, en r6pudiant un document qu'il avait lui-mxme
dlabord, sous prdtexte que ce document n'avait pas I'appro-
bation de M. Marshall
M. Pitcairn estime que ( ce saut p6rilleux ) est l'6v6ne-
ment le plus marquant et le plus significatif de la Conf&-
rence, puisqu'il prouve que le ministry britannique est pret
a se dddire si cela dolt 6viter un accord entire la Graui4r(L
Bretagne et i'Union Sovietique.
Le correspondent du ( News Chronicle ) a Berlin dorit a
propos de la d616gation du Congres du pe'lple allemand qui
doit se rendre a Londres, que 1'ensemble de la population
allemande reconnait qu'elle est inspire par les communists,
mais qu'elle n'en constitute pas moins un facteur encoura-
geant. Pour M. Molotov, cette ddldgation dolt lui servir a
montrer au people allemand qu'll est le seul t lui permettre
de faire entendre sa voix.
Examinant l'administration dconomique de la bizone, le
correspondent diplomatique du ( Daily Telegraph ) estime
que arrangement anglo-amdricain constitute un mauvais
march, mais que sans lui les Britanniques n'auraient pas
pu nourrir leur zone d'Allemagne, ni, par consdquent, la
contr61er.








BULLETIN QUOTIDLEN DE PRESS ETRANGARE


2. France
Le correspondent du ( Times )> Paris signal que le tra-
vail a repris dans toute la France, a quelques exceptions
pres (voir l'article plus loin).
Le correspondent du ( Daily Telegraph a insisted tout par-
ticu:irement sur les pertes subies par l'economie frangaise
du fait des graves.
Le ( Daily Mail ) public un article da John Fioher, sou-
lignant les consequences des groves sur l'6conomie et la po-
litique du pays.
II signal que la ( solution des conflicts sociaux reprssente
la quatrieme defaite des communists depuis Ik mois de
juillet, mais qu'il leur reste encore beaucoup d'inrgalit6s et
de mecontcntements a exploiter ,.
Foley, dans le a Daily Express ), estime que c la reprise
generale du travail aurait port un coup d6cisif aux com-
munistes ).
De nombreux journaux rendent compete du different
franco-soviitique. Plusieurs d'entre eux, don't le < Daily
Worker a et le I News Chronicle ), font dtat dss d6clara-
tions du chef de la Mission francaise de rapatriement en
U.R.S.S., accusant le gouvernement francais d'etre responsa-
ble de son expulsion.
3. Italie
Plusleurs journaux annoncent que la greve ginerale a
6clate & Rome.
4. Conversations anglo-sovi6tiques
Le a Daily Express ), le a News Chronicle ), lo ( Daily
Herald >, se ref6rant A une emission de la radio sovietique.
annoncent que les n6gociateurs se sont mis d'accord sur les
points essentiels.
5. Palestine
D'apres le correspondent du ( Daily Herald ) a Jerusa-
lem, les Arabes seraient d6sireux de presenter aux Juifs une
offre d'armistice.
6. Relations franco-britanniques
Le ( Times ), Ie ( Daily Telegraph ), le ( Daily Mail ),
rapportent les paroles prononcees par M. Duff Cooper de-
vant les journalists anglo-americains a Paris, dans lesquel-
les I'ancien ambassadeur souligne l'importance d'une entente
6troite entire la France et la Grande-Bretagne.

a) LA SITUATION EN FRANCE.

1. Daily Mail (11/12, conservateur) :
e Ce n'est pas la premiere fois que la France s'est
sauv6e et a aid6 a sauver l'Europe occidentale par ses
efforts et son exemple...
Le peuple de France, par son bon sens, son esprit
d'6quilibre et son patriotism, a mis en 6chec 1'attaquc
poliLique faite centre le pays...
II a ainsi rendu un grand service a la civilisation
chritienne. Si la mare communist avail sublmerg6 la
France. I'Oucsl aurail ete perdu... En la personnel de
M. Schuman, les Fran;ais ont trouv6 l'homme qu'il ieur
fallait au moment qu'il fallait. Nous le I1licilons de la
mailrise avec laquelle il a donn6 une solution A la situa-
tion la plus critique depuis 1940.
Nous fr'iicitons egalement le people frangais. Une fois
encore, il a fail preuve de son Mtonnante facull6 de
redressement, alors que le monde considerait la France
comme perdue...
M. Bidault envisage l'avenir avec pleine confiance.
S'il peut le faire, c'est parce que ses concitoyens sont
resi6s fiddles A leur ideal...

2. Times (11/12) :
e ...Une detente g6nerale se manifesto aujourd'hui et
si les commentaleurs officials d6clarent que personnel


n'a lieu de se considerer ni comme vainqueur ni comme
vaincu, il y a n6anmoins un sentiment general de satis-
faction du fait que les communists ont si notoirement
Cchou6 dans leur effort pour exercer un contr6le 'des-
polique sur la classes ouvriere. La version la plus vrai-
semblable de la volie-face radical oper6e hier soir par
les leaders communists lorsqu'ils ont ordonn6 la re-
prise du travail, c'est qu'au course de la journ6e d'hier
certaines des f~edrations repr&sent6es au comit6 de
greve avaient 'd6clar6 en avoir assez; c'est pourquoi les
leaders.communisles de la C. G. T., craignant d'etre
debord6s, ont change d'attitude... II n'en demeure pas
moins que l'unili de la C. G. T., scind6e entire commu-
nistes et non-communistes, est une entity encore moins
reelle qu'avant les grevcs.
Le gouvernement dolt maintenant 'pren'dre l'initiative
et s'aitaquer au plus grave des problems francais de-
puis la liberation : celui de 1'6quilibre entire les salaires
et les prix...
La population parisienne et celle de toutes les regions
atteintes ont support avec courage et bonne volont6 les
privations et les d6sagr6ments des Irois dernibres se-
m:iines. Elles ont poursuivi leur activity partout ofi cela
tail possible et le rythme de la vie, s'il fut quelquefois
ralenli, n'a jamais et6 comp element arr6t6. C'est 1A une
belle preuve de la stability et du 'd6sir d'ordre qui,
malgr& les apparences, sont A la base de la vie fran-
caise. ,
(Du correspondent du Times a Paris.)

b) LA CONFERENCE DE LONDRES (Manchester Gulardia'
10/12, liberal) :
< ...Le plan de M. Molotov content certain points
te'ss que les reparations A prl6evcr sur la production
couranle) que les Allies occidentaux ne pourraient ac-
cepter sans fortes garanties et d'autres (tels que l'attaque
centre les organes de coordination 'de la bizone) uu'ils
n'ont 6videmment pas l'intention d'admettre. Mais ce
plan pr6sente un grand nombre de points d'accords
possibles. Au course de ces deux dernieres ann6es, si le
point de vue am6ricain relatif au traitement de 1'Alle-
magne a 6volu6 dans un sens plus human et plus large,
I'altilude russe n'est pas non plus restee stationnaire.
Il y a moins de deux ans, les Busses proposa,'nt) pour
la production allemande un maximum de 4.600.000 ton-
nes 'd acier; ils acceptent maintenant 10 ou 12 millions
de tonnes, A peu pres ce qu'admettent actuellement les
Amir;cains el ce que les Britanniques ont toujours pro--
pose. Les Russes ajoutenl que si l'Allemagne fournit les
reparations qui lui sont imposes, ils esperent que les
ministres de Affaires 6trangbres < consid6reront comme
possible de ne pas faire obstacle a l'accroissement de
la production industrielle de l'Allemagne en temps de
paix i. Ils preconisent I'am6lioration 'do standard de vie
al:emand el l'expansion du commerce ext6rieur de l'Al-
lemagne. Ce n'cst peut-6tre, il est vrai, qu'un simple
effort de propaganda destiny A gagner les voix alleman-
des au commuin;sne. Mais les Allies occidentaux peu-
venl-ils se permeltre de ne consid6rer ces propositions
que sous ce jour ? I1 est instructif de compare le plan
Molotov et les c principles suppl6mentaires britanni-
ques que M. Bevin a pr6sent6s A Moscou et qu'il a res-
sortis pour la prCsente Conf6rence... On no peut esp6-
rer que le document de M. Bevin soit accept ni par les
Busses ni par les Allemands. Que M. Molotov parle s6-
rieusement au non, M. Bevin dolt presenter quelque
chose de mieux. Il ferait bien 'de le presenter mainte-
nant avant que la porte ne soit ferm6e A un accord
des quatre. ,








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATATGANGRE 3


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press am6ricaine du 10 d6cembre 1947
1. France

La note sovietique envoyee ou gouvernement francais a
propos des missions de rapatriement, et la decision de la
C.G.T. de reprendre le travail, sont les deux nouvelles qui
se partagent les plus gros titres des journaux americains.
L'attitude de Moscou a 1'6gard de la France dans 1'affaire
du rapatriement des citoyeng sovidtiques et dans la question
des changes commerciaux franco-russes, est expose dans
de nombreux articles venant A la fois de Moscou, de Lon-
dres et de Paris. La plupart d'entre eux re:lvent la phrase
indiquant que le gouvernement francais a agi ( d'une fagon
hostile et contrairement a 1'esprit du trait dalliance et
d'assistance mutuelle ). Le correspondent du ( Chicago Tri-
bune a a Paris en lnfere que les relations diplomatiques en-
tre la France et 1'U.RS.S. sont sur le point d'6tre rompues
tellement elles sont tendues, en particulier apres l'expulsion
par le gouvernement frangais de 12 membres de la Mission
russe de rapatriement.
Warren, correspondent du e New York Times ), reconnait
6galement que la tension des rapports franco-russes s'est
accentude, et il cite les protestations vigoureuses faites par
M. Chauvel auprds du Charge d'affaires sovietique a Paris.
Dans la plupart des journaux, la note russe est prdsentee
come une measure de repr4sailles contre la France, et la
decision de Moscou de suspendre les negociations commer-
ciales est souvent denoncee a la radio americaine cormme
un geste de mncontentement provoqu6 par ( 1'echec commu-
niste ) en France.
La decision de la C.G.T. de reprendre le travail dans les
conditions fixees par le gouvernement est announce sous des
titres tels que ( les communists arrttent les groves en
France et s'inclinent devant le gouvernement a. L'.ditorial
du < New York Times ), intitul6 ( Le tournant europeen >),
declare notamment : ( En s'inclinant devant l'ultimatum du
gouvernement, les chefs communists francais ont arrdt6
leur champagne insurrectionnelle de groves, de sabotages et
de violence, et ont donned l'ordre A tous les grdvistes de re-
prendre le travail aujourd'hui. Cette decision, qui 6qu'ivaut
a une reddition communist inconditionnelle, represent une
victoire decisive pour le gouvernement frana'is et pour la
Republique. )
Le ( Baltimore Sun ) dit de son c6t : a La decision de
la C,G.T. d'arrdter la greve est un moyen de sauver la face.
La vague de graves qui paralysait la France 6tait ddjA arr&-
tee. Les pertes de production causes par ces groves sont
6normes, mais elles ont eu un rdsultat politique tris impor-
tant : celui de consolider les sentiments du people francais,
y compris ceux d'un grand nombre de travailleurs syndiquds,
dans leur opposition A la strat6gie communist d'action po-
litique directed. ) Et 1'6ditorial passe ensuite A l'etude de la
note sovidtique. Il regrette que la France ne puisse plus rece-
voir de bl de la Russieet volt dans ce geste de Moscou l'in-
tention de porter un coup direct A 1'effort de reconstruction
francais en meme temps qu'A la politique americaine d'aide
S1l'Europe.
Un long article de Callender au ( New York Times ) de-
nonce 6galement ( la tactique sovietique visant A paralyser
'lconomie francaise qui vient, dit-il, d'aboutir A un echec >.
11 reconnait que les ouvriers avaient des revendications le-
gitimes qui ont permis A Moscou-de les exploiter politique-
ment. U1 se montre dans l'ensemble satisfait des resultats
aequis et ajoute : Apres cette experience de sabotage in-
ternational, il semble peu probable que les communists
francais puissent reprendre la place qu'ils occupaient dans
la vie politique francaise. ) Et Callender termine en se de-
mandant si le gouvernement Schuman, qui paraissait tout
a'abord devoir 6tre temporaire et de transition, n'a pas de-
sormais les meilleures chances de rester au pouvoir. Il con-
clut : ( Mais la d6faite communiste... diminuerait ou mnme
ferait disparaitre les dangers qui ont amend tant d'electeurs
A se turner vers le general de Gaulle aux elections muni-
eipales d'octobre. a


2. La Conferenoe de Londreh
Les correspondents de Londres notent que M. Marshall a
refuse d'examiner les revendications russes de 10 milliards
de dollars de reparations allemandes et constatent en ge-
n6ral que chacun des ministries des Affaires etrangBres est
demeure fermemlent sur ses positions, et que de nouvelles
attaques faites par M. Molotov centre la gestion des mines
de la Ruhr n'ont pas fait avancer la Conference d'un pas.
Le correspondent du ( New York Times > relive l'interven-
tion de M. Bidault a propose de la Sarre et la replique de
M. Molotov, qui a ind'iqu qu'on reparlerait de cette ques-
tion plus tard. Le correspondent du ( New York Herald Tri-
bune a relieve trois points sur lesquels il existe, soit des op-
positions irreductibles, soit la confusion. Ces trois points
sont :
1o La demand russe des reparations, A laquelle s'oppo-
sent la Grande-Bretagne et les U.S.A.
2" La demand de la France d'integrer la Sarre dans son
dconomie, demand appuyee par les U.S.A. et la Grande-Bre-
tagne, mais pour laquelle la Russie ne s'est pas prononcee.
3o La demand russe de contrBle quadripartite de la Ruhr,
A laquelle les puissances anglo-saxonnes s'opposent et A
1'egard de laquelle la position francaise n'apparait pas clai-
rement A ce correspondent.
3. Congres
La press announce que l'Administration a depose un pro-
jet de loi dont le but est de combattre l'inflation, confor-
mement aux principes 6nonb6s par M. Truman dans son
recent discours au Congres. Ce project de loi redonnerait au
President les moyens de controler et de ratlonner les pro-
duits d~ficitaires (le n3trole et le carbonn, et I'autoriserait
A continue les achats gouvernementaux de bld.
Une information A.P. d- Washington signage aue M. Tru-
man adressera prochainement un message au Congres sur
le plan Marshall. II rapporte que le montant total de l'aide
am6ricaine A 1'Eurone serait abaiss6 de 18.300 millions de
dollars a 15.700 millions de dollars, chiffres resultant d'une
nouvelle estimation du programme de quatre ans faite par
1'Administration ameriraine.
D'apres les indications donnees par les correspondents po-
litiques de Washington, la. Chambre des Representants vo-
tera probablement aujourd'hui le project de lod d'aide imme-
diate A l'Europe. I!s donnent des details sur les ddbats qui
ont mis hier aux prises le group de fermiers du Middlewest
et la majority de la Chambre, d6bats qui ont about finale-
ment A la ddfaite de ce group.



III. PRESS SOVIETIQUE


LA POLITTQUE ANGLO-AMARICAINE EN ALLEMAGNE (Pravda,
10/12) :

c Get 6te, on a procede en hAte a la creation d'un
conseil economique bizonal. Les metteurs en scene de
cette operation, y compris le gn6eral Clay, ont persuade
tout le monde A cetle epoque que ce conseil aurait des
attributions purement economiques et provisoires.
Cependant, 'dis le d6but, le conseil economique a Wt
charge de remplir des functions d'une Iout autre na-
ture. II devait Atre I'embryon d'un gouvernement de
l'Allemagne occidentale...
Tous ces travaux pr6paratoires, y compris le trans-
fert du conseil 6conomique bizonal A Francfort-sur-le-
Main, devaient 6ire terminus pour le mois de novembre,
c'est-A-'dire au moment de la reunion du Conseil des
mnnistres des Affaires 6trangeres A Londres.
DUjA A cette 6poque les autorites d'occupation' anglo-
am6ricaines avaient transform l'Allemagne occidentale
en un soi-disant Etat s6par6 appel6 la bizone...
En poursuivant leur politique de d6membrement de
1'Allemagne, les autorit6s d'occupation anglo-am6ricai-









4 BULLrTIN QUOTIDIEN DB PREMBS ATRANMEOx


nes pr6paraient depuis longtemps l'opinion publiquee
la faillite inevitable de la Conference 'de Londres.
Le 29 octobre, au course d'une conference de press
qu'il a tenue a Francfort, le general Clay a declare
qu'en cas d'Cchec de la Conference, il important d'uni-
fier le plus grand nombre possible de territoires alle-
mands, tant au point de vu'e politique qu'ecbnomique,
et il a soulign6 que les autorites actuelles 'de la bizone
pourraient etre p!acbes a la tete d'un gouvernement
auquel se rallieraient ces territoires.
C'est pourquoi toutes les propositions de M. Molotov
recommandant de condamner en principle toute tenta-
tive de demembrement de 1'Allemagne a provoqui de la
confusion non seulement a Londres, mais aussi en un
lieu bien Bloigne de la salle 'des seances de la Confe-
rence des ministres des Affaires etrangeres.
La press allemande, finance par les Americains, et
diverse d6claratidns faites au course de conferences de
press ont bien public des dementis, mais les faits prou-
vent que la politique de 'd6membrement de l'Allemagne
se poursuit...
(KOROLKOV.)


IV. PRESS BELGE

LA SITUATION EN FRANCE (Le Soir, 11/12, independent).
( ... Quel'es sont done les raisons qui ont pu d6ter-
miner la majority de la C.G.T. de .donner soudain l'or-
dre de < repli g6enral ? On en distingue tries nette-
ment deux : d'une part, les signs de lassitude des gre-
vistes, I'hostilit6 d'un grand nombre de travailleurs
d6sireux de reprendre le travail, et d'autre part, la
menace d'une scission au sein de la C.G.T. Cette me-
nace n'est d'ailleurs pas ecartee, puisque P'on signal
un peu partout la constitution de syndicats indeopen-
,dants chez les cheminots et les m6tallurgistes notam-
ment...
On conviendra que la C.GT. ne pouvait pas, raison-
nablement, sans se deconsiderer, adopter plus long-
temps une attitude en opposition avec celle de la
grande majority de la classes ouvriere.
C'est elle qui sort vainqueur de 1'epreuve de force
engagee a la 16egre depuis pres de trois semaines. Les
me-ures energiques du ministry de l'Interieur, M. Jules
Moch, joints a ia souplesse .et a Ja perseverance du mi-
nistre du Travail, M. Daniel Mayer, ont fait le rest. >
(Du correspondent du Soir A Paris.)


V. PRESS ITALIENNE


a) LA SITUATION EN FRANCE (Corriere dellat Sera, 9/12).
q Qu'on approve ou non son action et quelles qu'en
soient les consequences a l'avenir, le gouvernement,
qui a agi directement sur la classes ouvriere grace a ses
ministres socialists, et qui a attend que la greve
( pourrit avant de mettre ses forces en movement,
a agi avec une grande habilete tactique tandis que le
parti communist frangais a fait preuve de peu d'habi-
lett tactique et d'une organisation defectueuse.
En dehors des concessions economiques qu'il pourra
fair, le gouvernement a obtenu le success politique au-
quel il visit surtout en repandant dans l'opinion pu-
blique certain points de vue qui seront la base de
!'action future et qui ont pour but d'isoler le parti
communist dans la nation comme il 1'est deja a la


Chambre. En effet, le, raisonnement que 1'on fait au-
jourd'hui est le suivant : continue une greve qui a
deja Achou6 c'est une absurdity ; cela ne peut avoir
d'autre but que de saboter la production national pour
preparer i'inflation et la catastrophe de 1'Bconomie
Sfrancaise. On agit done en faveur d'une puissance 6tran-
gere interess6e a cette catastrophe et contre la France
dans son .ensemble. Le principal but du gouvernement
est d'accr6diter ce point de vue et la greve lui en four-
nit les moyens.
Une autre constatation est que la greve va vers un
echec parce qu'au course du mois dernier, le parti com-
muniste a perdu ses partisans dans la bourgeoisie et
notamment dans la petite bourgeoisie. Au commence-
ment, le parti communist a fait appel au non-com-
munistes pour obtenir leur aide : cette aide lui a ete
refuse. >
(GUIDO PIOVENE.)
b) LA MORT DU GENERAL LECLERC (Stamnpa, 9/12).
< Les honneurs rendus A Leclerc dissent les journaux,
s'abandonnant a leur Bloquence, sont pareils a ceux qui
ont ete rendus autrefois au marechal Foch. Mais Le-
clerc 6tait-il Foch ? II n'6tait pas Foch. II etait moins
et plus. II n'avait pas gagn6 une grande guerre comme
le chef supreme de 1918 qui avait command des mil-
lions d'hommes et dirig6 I'effort de nations entieres en
armes. Sans Leclerc et aussi sans de Gaulle, la guerre
aurait 6t6 gagnee le m&me jour et de la meme facon.
On I'appelle ( le lib6rateur de Paris D, de mCme qu'on
appelle de Gaulle, dans un sens plus g6enral, le J lib6-
rateur > ; mais les lib6rateurs de la France ce sont
Eisenhower, Bradley, Patton, et au-dessus d'qux, Chur-
chill et Roosevelt.
Les Frangais le savent fort bien et ils comparent Le-
clerc a Patton et a Rommel, a ces chefs enrages. Le
parallble ne tient que pour le temperament de ces trois
soldats. En reality, le Francais ne commandait que
quelques centaines .de chars et quelques milliers 'd'hom-
mes; les autres, des milliers de chars et des millions
d'hommes. Pourtant, par un autre cBt6, Leclerc 6tait
quelque chose de plus que Foch, que Patton et que
Rommel. En lui 6taient plus grande la volonte de bat-
tre, le sentiment de 1'honneur militaire, le d6sir d6ses-
per6 de ne pas renodre les armes. Comme de Gaulle,
mais sous une forme plus directed et plus populaire, ii
incarna la gloire francaise en un moment triste pour
les armes frangaises, la resistance lorsque bien peu de
gens voniaient se battre, le courage quand presque tons
pensaient au compromise. Sa contribution A la victoire
fut peu de choses, mais elle console la fierte des Fran-
gais qui l'ensevelissent aujourd'hui pres de Napoleon.
Une subtile equivoque sentimental se dissimule sous
ce rapprochement. >

c) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (Gazetta del Po-
polo, 9/12).
c Additionnez le rendement amelior6 des mines bri-
tanniques a celui de la Ruhr et vous pourrez constater
que des 1'annee prochaine, 1'Europe pourra disposer
"de plusieurs dizaines de millions de tonnes d'excel-
lent carbon de plus qu'en 1947. C'est da possibility
d'un reveil productif dans toules les branches et, par
consequent, la fin de la periode la plus aigue de la
crise de l'apres-guerre.
A la lueur de ces provisions raisonnablement opti-
mistes, le plan Marshall, la collaboration occidental,
tout deviendrait plus facile. Nous ajoutons que le b6ne-
fice pourrait aussi se repercuter a l'Est par une reprise
des changes entire 1'Europe occidentale et l'Europe








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5


orientale. Mais il y a des motifs politiques et idBolo-
giques qui poussent l'Union Sovietique A se 'd6fier de
cette gu6rison des pays de 1'Europe occidentale, qui
trouve dans les chiffres dde la production charbonniTre
sa preuve incontestable. Ainsi Moscou pousse les par-
tis communistes a ne pas perdre de temps, a se jeter
r6so'ument dans la lutte pour faire obstacle a la r6ali-
sation 'd'un 6quilibre 6conomique qui normaliserait des
situations pour longtemps: Aussi au moment oih les mi-
nes allemandes de Westphalie augmentent leurs moyen-
nes d'extraction, volt-on s'interrompre le travail-dans
les mines du nord de la France. ))
(SPECTATOR.)


VI. PRESS SUISSE


u) LA SITUATION EN FRANCE (L' Tribune de Gendve,
10/12).
I ... II est encore trop t6t pour le gouvernement
pour crier bataille gagnee. Le succes final depend de
1'efficacit6 des imesures d'616mentaire justice social
qu'il compete prendre afin de mieux int6resser le
monde du travail au redressement de l'6conomie natio-
nale et i la reconstruction de I'Etat. Mais pour r6ali-
ser cette a stabilisation effective et courageuse, qui,
comme l'a d6clar& M. Jouhaux, peut seule'sauvegarder
le pouvoir d'achat r6el des salaires >, il peut computer
,d6sormais, en toute s6curit6, sur l'appui financier des
Etats-Unis, car, contrairement a ce qu'esp6raient les
dirigeants communists, le spectacle des derni6res ba-
garres a encore fortifi6. au sein mime du CongrBs 'de
Washington, la position des partisans du plan Marshall.
En outre, il peut tabler, a l'int6rieur, sur l'appui de la
fraction minoritaire .de la C.G.T., qui pourrait bien de-
venir la majority de remain et qui s'est franchement
d6solidarisee d'avec des fauteurs d'anarchie ,dirigee,
puis sur la neutrality tres bienveillante du R.P.F.
Par leur reserve exemplaire et leur discipline, les
nombreux partisans du general de Gaulle ont deja gran-
dement contribu6 a da solution pacifique de la crise.
Reste a savoir maintenant quelle sera leur attitude A
l'6gard des graves probl6mes de structure > qu'elle a
soulev6s et don't les principles sont, sans contredit, la
reglementation du droit de greve et l'exacte definition
des responsabilit6s incombant -A la 'C.G.T., qui ne sau-
rait constituer ind6finiment un veritable Etat dans l'Etat
'et traiter de puissance a puissance avec le gouverne-
ment?
Le but du fondateur du R.P.F. est de renforcer l'a.r-
mature du movement syndical en l'incorporant A
l'organisation g6n6rale de l'Etat et en l'associant aux
initiatives et aux responsabilites du pouvoir executif.
Comme le remarquait 6galement Andr6 Malraux, cette
conception est de nature i lui gagner les sympathies


d'une bonne parties de la classes ouvriere a laquelle la
tournure prise par la greve a ouvert les yeux sur les
mobiles reels ou secrets de ceux qui lui faisaient mi-
roiter l'avenement d'une ( d6mocratie populaire > a la
maniire russe. >
PAUL Du BOCHET.


VII. ANNEXE

Communiqu, Tase sur les convesells tons clonlomibques
savieto honglroises
( I1 y a quelques jours se terminerent les conversa-
tions qui ont 6t6 men6es a Moscou entire les repr6sen-
tants des gouvernements de I'U.R.S.S. et de la Hongrie
sur les probl6mes de caractere 6conomique ainsi que
sur la question des avoirs allemands en Hongrie.
Du c6t6 sovietique, iles conversations ont RtB menees
par la direction generale des avoirs sovi6tiques a
1'6tranger d6pendant du Conseil des ministres de
I'U.R.S.S.. Du c6t6 hongrois par une d66lgation gou-
vernementale hongroise.
Comme on le sait, par une decision de la conference
de Berlin .des trois puissances, en 1945, ainsi que par
l'article 28 du trait de paix avec la Hongrie, les an-
ciens avoirs allemands en Hongrie sont devenus pro-
pri6t6 de 1'Union Sovi6tique. On salt 6galement qu'en
1945, ~U.R..S.S. et la Hongrie out conclu un accord de
collaboration 6conomique tendant au enforcement
ult6rieur des relations kconomiques entire les deux pays.
Confbrm-.ment a ces accords, les conversations ont
portt, 'd'une part, sur le r6glement par la Hongrie a
l'Union Sovi6tique des dettes des personnel physiques
et morales hongroises, contractees envers les person-
nes physiques et morales allemandes et, *d'autre part,
sur le r6glement de questions particulieres lies A l'ac-
tivit6 des soci6tes mixtes sovi6to-hongroises, organis6es
par suite de l'accord de collaboration 6conomique, ci-
dessus mentionn6 ainsi que sur les entreprises deve-
nues propri6t6 de PU R.S.S. sur la base des decisions
de la Conf6rence de Berlin.
Une entente complete a 6t6 r6alis6e plant sur la ques-
tion des avoirs allemands en Hongrie que sur les autres
questions, les conversations qui se sont d6rou!'es dans
une atmosphere d'amicale comprehension mutuelle se
sont termin6es le 9 d6cembre courant par la signature
-des trois proc&s-verbaux accompagn6s d'annexes, ainsi
que par 1'echange de lettres sur les questions int6res-
sant les deux parties.
Du c6te sovi6tique les proces-verbaux ont 06t signs
au nom du gouvernement sovi6tiqu a 1'6tranger aupres
du Conseil des ministres de 1'U.R.S.S. par M. Merkoulov;
du c6t6 hongrois au nom du gouvernement de la R6pu-
blique hongroise. les proc6s-verbaux ont 6et signs par
le ministry des Finances de Hongrie, M. Niaradi
Miklosz.


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


















































































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