Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: November 27, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00246
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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PRESIDENCY DU CONSEIL


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


SECRETARIAT GENERAL
DU GOVERNMENT


MiNISTEN M
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
r PRESS


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN



DE PRESS


27 novnibre 1947.


QUOTiDlEN



ETRANG$RE


Nouvelle S6rie No 829


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La situation politique en France (Manchester
Guardizan, 25/11).
b) L'aide ambricaine A 1'Europe:
1. Times (26/11) ;
2. Daily Worker (26/11).
c) Avant la conference des parties socialists (Daily
Worker, 26/11).
II. PRESS AMERICAINE.
La situation politique en France:
1. New York Times (25/11) ;
2. New York Sun (25/11).
III. PRESS SOVItTIQUE.
a) La situation p.olitique en France (Pravda, 25/11).
b) Le probleme allemand (Praudh, 25/11).
IV. PRESS BELGE.
La situation politique en France (La Mietroqpole,
25/11).
V. PRESS SUISSE.
La situation en France (Neue Ziircher Zeitung,
26/11).
VI. ANNEXE.
Les ,d6sordrels dans l'Europe occidental (New York
Herald, Tribune, 21/11, edition europ6enne).

I. PRESS BRITANNIQUE

a) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Manchester Guar-
dian, 25/11, liberal) :
...L'importante majority obtenue par M. Schuman
est probablement due au fait que tous les parties se sont
rendu coapte des dangers don't la France serait mena-
c6e si elle restait plus longtemps sans gouvernement.
Une Assembl6e qui place la nation dans une situation
aussi fAcheuse justifierait toutes les critiques faites par
le g6naral de Gaulle contre la Constitution. En d6pit de
son desir de r6ussir, M. Schuman a eprouv6 de grande
difficulties pour former son gouvernement. Le Premier


Ministre lui-meme n'est pas une personnalit6 de premier
plan, mais il est respect pour son int6grit6 et ses opi-
nions nettes et pr6cises. I1 connait fort bien les difficul-
t6s qui P'attendent... >
b) L'AIDE AMERICAINE A L'EUROPE.
1. Times (26/11) :
< Un autre grand ,debat vient de s'ouvrir au Congres
des Etats-Unis. I1 n'aurait pu mieux d6buter que par le
discours remarquable prononc6 lundi par le s6nateur
Vandenberg. De 1'issue de ce d6bat depend dans une
large measure l'avenir ,de l'Europe, ainsi que celui des
principles et des int6r&ts auxquels tiennent sp6cialement
les Etats-Unis... Tant que durera le d6bat, il ne sera pas
toujours facile pour les Europ6ens... de -se rendre .comnpte
de l'amiti6 pratique qui rend cette aide certain. L'a-ide
immediate A la France, A l'Italie et a 1'Autriche sera vo-
tee apres avoir soulev6 peu d'objections. Mais en ce qui
concern le vaste programme de rel6vement europ6en, il
se peut qu'on profbre de dures paroles touchant la con-
duite des affaires europ6ennes, et le programme d'aide
dlabor6 par le gouvernement des Etats-Unis. L'entente
nouvelle qui existe entire le CongrBs et le gouvernement
est encore trop r6cente pour permettre d'6carter les cri-
tiques formul6es par les 1!,gislateurs r6publicains centre
les projects des d6mocrates. Les democrats conserva-
teurs eux-memes mettront en question l'importance et
les repercussions aux Etats-Unis des propositions gou-
vernementales. Les deux partis... s'alarmeront de 1'en-
voi en Europe ,de vivres, de mati6res premieres et de
certain autreis articles au moment ofi les approvision-
nements se rar6fient et oif les prix montent aux IEtats-
Unis. Les deux parties seront tents de voter en faveur
,du relevement europ6en surtbut parce que c'est la un
moyen de resister au communism russe. Les deux par-
tis vivent dans l'attente fi6vreuse du debut de la nou-
velle camp'agne, qui s'ouvrira pour les elections pr6si-
dentielles r'an prochain.
C'est A cet auditoire que s'a.dressait le discouirs de
M. Vandenberg... Mais il s'adressait 6galement A tous les
EuropBens, et en particulier aux quatre ministres des
Affaires 6trangbres qui ont entam,6 leurs discussions d6-
cisives :sur I'Allemagne. En soulignant la n6cessit6 de
sauvegarder les resources et la solvabilit6 des Etats-
Unis pendant qu'une aide sera octroy6e A 1'Atranger,
M. Vandenberg adopted 1'attitude di6j prise par M. Tru-
man lorsque celui-.ci a demand de prendre des me-








2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS kTRANGtRE


sures sp6ciales pour prot6ger I'6conomie am6ricaine
tout en assurant le salut de l'Europe. En soulignant que
le succs de ce project depend toujours d'une reprise des
relations commercials entire 1'Est et l'Ouest, et des liens
d'amiti6 dans un monde of le principle dolt &tre de vi-
vre et de laisser vivre, M. Vandenberg a donnC un con-
sell A la Conf6rence de Londres... Le discours du s6na-
teur a 6t 'autre chose qu'un discours < bi-partisan >>.
M. Vandenberg a parl6 comme un Am6ricain qui in-
carne utn nouvel 6tat d'e'sprit et une nouvelle conviction
dans son pays. Le changement qui s'est product depuis
le d6bat qui s'est d6roul6 ii y a deux ans, sur le prRt
A la Grande-Bretagne, eat 6norme. C'est sur celte nou-
velle orientation que M. Truman a bas6 le message di-
rect qu'il a adress.6 au Congres la semaine dernibre, sur
I'inflation et I'aide A 1'6tranger. C'est 6galement sur ce
changement d'opinion que M. Marshall peut fonder A
Londres sa demand d'un rbglement formula en des ter-
mes 6quitables. /
2. \Daily Worke' (26/11, communiste:
t ... < Peu h peu ,, telle est la formule americaine qui
est applique en rmv6lant les demands qui seront faites
en definitive aux puissances qui recevront l'aide am6-
ricaine dans le cadre du plan Marshall.
C'est IA une tactique n6cessaire, car si toutes les de-
mandes 6taient formul6es en une seule fois, l'agitation
provoqu6e serait considerable.
Cette semaine, nous avons eu la demand pr6sentke
froidement par la Commission Herter pour obtenir 'en
gage les gisements de fer du Labrador, le nickel de la
Nouvelle-Cal6donie francaise et les concessions p6tro-
lieres britanniques du Venezu6la.
En particulier, la disposition qui concern le Labra-
dor est int6ressante en ce sens qu'elle r6vele avec quelle
attention les Am iricains suivent la mise en valeur de
nouvelles resources dans l'Empire britanniquc.
La richesse des gisements de fer du Labrador est une
nouvelle d6couverte. Et leur exploitation est A peine
commence, que les Americains s'en emparent.
< L'espionnage industrial > continue sur une vaste
icchelle, pour le compete des Am6ricains, dans les em-
pires coloniaux anglais, frangais et belge.
On prepare encore bien d'autres demandss de ce
genre. Parmi les richesses sur lesquelles les Am'iricains
ont d6jia publiquement emis des pr6tentions en ce qui
concerne le rembotursement de l'aide accord6e en vertu
du plan Marshall, nous avons : les giserments d'uranium
-du Congo belge, les mines d'or de 1'Afrique du Sud, et
toutes les mines de zinc et de cuivre situ6es dans n'im-
porte quelle parties des empires des nations qui rece-
vront cette aide. Nous avons encore les trois nouvelles
demands qui viennent ,d'etre formul6es par la Commis-
sion Herter.
La proposition faite par la Comm.ission Herfter en ce
qui concern la creation d'entreprises mixtes semi-pri-
v6es et semi-gouvernementales pour s'assurer 1'exploita-
lion de telles richesses, constitute la premiere indication
nette de la tactique que les imp6rialistes am6ricains se
proposent d'adopter.
On pretend que les Americains ont sur le plan finan-
cier un intiert manifeste A voir une veritable recons-
truction de l'Europe. En r6alit6, les Am6ricains ont un
inter&t strategique en Europe, particulimrement en Alle-
magne occidentale. Leur principal int6ret financier se
trouve ailleurs, c'est-A-dire dans les empires coloniaux...
D'apres le rapport Harriman, qui a R6t present il y
a dix jours, il Rtait evident que bien des articles essen-
tiels A la reconstruction seraient refuses A 1'Europe par
les Etats-Uni's. II est vrai que ce refuse, et par consequent


le sabotage de la reconstruction, font de l'Europe un
< placement beaucoup moins bon au sens strictement
financier de l'expression.
Mais, come on a pu le voir dans le cas de la Grkce
et de la Turquie, la doctrine Marshall-Truman ne s'oc-
cupe pas de questions strictement financieres, mais de
strat6gie.
Et tant qu'on maintient les m6tropoles dans un 6tat
de faiblesse, les depenses .qu'il faut consentir pour leur
permettre tout just de vivre sont plus que largement
compens6es par le dmembrement plus ou moins rapide
de leurs richesses coloniales. >
(FRANK PITCAIRN.).
c) AVANT LA CONFERENCE DES PARTS SOCIALISTS (Daily
Worker, 26/11, communist) :
c Les d616gations d'une vingtaine de parties socialists
vont se r6unir cette semaine A Anvers...
La conference d'Anvers sera place sous les auspices
des d6l6gations frangaise et britannique, qui toutes deux
soutiennent le plan Marshal et s'attaquent au niveau de
vie de la classes ouvriere.
Mais il est probable que la conference ne se d6roulera
pas dans une atmosplire d'entente p'arfaite. Les parties
socialists de Tch6coslovaquie, de Hongrie, d'Italie et
*de Pologne travaillent en cooperation 6troite avec les
parties communists, et ils ont manifesto leur opposition
au plan Marshall... >


II. PRESS AMERICAINE

Revue de la press americaine du 25 novembre 1947
Le discours de M. Vandenberg ouvrant le d6bat au Senat
sur l'aide interimaire A 1'Europe se partage, avec les scan-
dales de l'affaire Meyers, les manchettes de premiere page
des journaux.
1. Aide americaine
Les grands journaux reproduisent int6gralement l'allocu-
tion prononcee par M. Vandenberg, qui, en quality de pr6i-
dent de la Commission des Afffaires etrangeres du Senat, va
mener la lutte pour l'adoption du project d'aide am6ricaine A
la France, A l'Italie et a l'Autriche.
Le s6nateur, republican et ancien isolationist, a ddfini
des les premieres phrases de son discours, les raisons pour
lesquelles ii etait urgent et indispensable que des secours
soient envoys A 'ces pays. Ce sont : 1o La tradition ameri-
caine de venir en aide A son prochain; 20 Le besoin urgent
de cette aide si 1'Europe occidentale doit conserver la pos-
gibilit6 de se gouverner librement; 3* L'interet des Etats-
Unis au maintien d'un monde libre, prospere et en paix.
M. Vandenberg a rappel6 ensuite l'aide que l'Ambrique avait
apportde pendant la guerre A tous ses allies, y comprise a
I'U. R. S. S., et la politique de secours qu'elle a poursuivie
apres la fin des hostil'its. II a qualifi6 ( de diffamation
fantastique > les accusations portees par les communists
centre le soi-disant imp6rialisme 6conomique ( amdricain a.
Il a d6fendu ensuite les montants des secours proposes par
sa Commission et, parlant de la France, iil a d6clare notam-
ment qu'elle n'aura'it pas suffisamment de fonds pour ache-
ter du ravitaillement et du combustible jusqu'A fin decem-
bre. Il s'est efforc6, d'autre part, de r6pondre & I'avance
aux critiques de ceux qui s'opposeraient A accroitre les char-
ges du contribuable americain d'un nouveau fardeauw en
montrant que 1'aide proposed 6tait strictement limited aux
besoins les plus minimes et les plus urgents de ces pays
europ6ens et 11 a assure la Chambre-Haute que cette aide
ne passerait pas inapergue, comme celle de 1'U. N. R. R. A.,
dans les pays qui en b6ndficieront car, ajouta-t-il, ils devront
signer des accords bilateraux avec nous par lesquels ils s'en-
gageront A donner une publicity total et continue aux se-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS hTRANGfRE B


course qu'ils recevront en indiquant la source,, le montant,
le caractere et le but de cette aide.
II a rappel qu'une des raisons du deficit financier de
ces pays 6tait le fait que la livre sterling n'6tait plus con-
vertible et 1'augmentation des prix am6ricains continue.
Les journaux financiers de New-York et le a Washington
Post ) annoncent aujourd'hui que les course du bl am6ri-
cain ont battu tous les records et qu'on a cot6 le boisseau
trols dollars quatorze a la suite des declarations faites par
le ministry de 1'Agriculture devant la Commission du Con-
gres, indiquant 1'6norme exc6dent de la demand mondiale
sur les quantities de bl6 disponibles.

2. La Conference des Quatre
Les d6piches des correspondents de Londres a propos de
l'ouverture de la Conference des ministres des Affaires
dtrangores sont nombreuses et bien reprodultes dans la
press. Celles du a New York Times a et de < P. M. a indi-
quent nettement qu'il ne peut pas 8tre question d'un trait
de paix s6par6 avec les trois zones occidentales d'occupa-
tion en Allemagne meme si la conference 6chouait. Une
declaration en ce sens aurait t60 faite par un porte parole
am6ricaln. La plupart des correspondents soulignent l'im-
portance de trouver une solution aux problemes suivants :
reparations, organisation de la Ruhr, regime politique et
economique de l'Allemagne. L'Amerique subvenant au d6fi-
cit de la bizone, ces correspondents estiment g6n6ralement
qu'il appartiendra aux Russes de fare des concessions en
matibre de reparations car ils croient impossible dans les
conditions actuelles que le Gouvernement de Washington
puisse souscrire A l'idde de subventionner les reparations
alletnandes A la Russie.
Une ddp&che de Berlin au a New York Herald Tribune a>
rapporte que le correspondent de Reuter announce que les
Russes envisagent de se retire du Conseil de ContrBle allied.
Cette nouvelle aurait &t6 comment6e dans les milieux diplo-
matiques occidentaux et rapproch6e de la conversation que
M. Molotov a eue samedi avec les representants du Gouver-
nement militaire sovi6tique. Le correspondent du ( New
York Herald Tribune a declare que cette nouvelle a impres-
sionn6 profond6ment les nombreux Berlinois qui s'appr6-
tent A quitter la capital allemande au cas of les repr6-
sentants occidentaux ameneraient leurs pavilions A Berlin.
Max Lerner, un des 6diteurs de a P. M. a, se felicite de
la declaration du porte-parole am6ricain sur l'inopportunit6
de discuter un trait de paix s6par6 avec I'Allemagne de
l'Ouest. II estime qu'une tell attitude etait indispensable
SIla continuation des negociations avec I'U. R. S. S. et
qu'elle permettra peut-8tre de faciliter un r6glement qui
porteralt sur le regime politique de l'Allemagne et sur le
contr6le de la Ruhr.

3. Palestine
Les d6bats A la Commission de Palestine de I'O. N. U.
sont longuement rapportes dans la press de New-York. Des
decisions importantes en effect ont et6 prises par cette com-
mission : par 21 voix contre 20 elle a d6cid6 qu'il n'etait
Spas ncessaire de demander A la Cour de Justice interna-
tionale de determiner si l'O. N. U. 6taif comp6tente pour
decider du partage de la Palestine. Par 26 voix contre 11.
elle a d6cidd que la Palestine pourrait recevoir d'autres 6mi-
grants juifs et par 29 voix contre 12, elle s'est oppose A
la proposition arabe visa)lt A maintenir la Palestine comme
un Etat unique. Le correspondent du a New York Herald
Tribune a note que ces decisions ont soulev6 des observations
des repr6sentants arabes et en particulier du repr6sentant
6gyptien qui a declare que si la commission decr6tait le par-
tage de la Palestine des massacres se produiraient proba-
blement dans les pays arabes of vivent environ un million
de Julfs et que les gouvernements arabes seraient incapables
d'empicher leurs populations de se venger sur les Juifs.

4. La situation francaise
Les correspondents de Paris suivent de pris l'dvolution
des groves et rapportent egalement quelques reactions poli-


tiques a la formation du cabinet Schuman. Ils reprennent
aussi les promesses faites par le President du Conseil de
reliever les salaires minima a bref dllai. Une d6peche A. P.
signal que le g6enral de Gaulle a annul6 le discourse qu'll
deyait prononcer jeudi A Paris pour ne pas embarrasser le
Gouvernement dans sa lutte avec la C. G. T. Cette d6pe-
che note que Rend Mayer, a un fervent partisan de de
Gaulle ), occupe le minister des Finances et de 1'Economle
dans le nouveau Gouvernement.
Trois journaux publient encore aujourd'hui les Mditoriaux
consacrds au nouveau Cabinet frangais (voir ces articles
plus loin).

L'AIDE AMERICAINE A L'EUROPE.

1. New York Tilmes (25/11) :

< M. Schuman a orient! son cabinet quelque peu vers
la droite et il a gagnE non seulement l'appui de pres-
,que toute 1'Assemblee Nationale A 1'exception des
communists mais aussi 1'appui tacite de de Gaulle...
Tout au moins, de Gaulle a renonc6 a son discourse pu-
blic afin de ne pas embarrasser le government, ce
qui peut rtre considered comme la promesse sous-enten-
due que, pour le moment du moins, il accepted .d'aban-
-donner sa demand de nouvelles elections nationals.
Le pass de Schuman et 1'entr6e dans son cabinet de
Rena Mayer, un gaulliste, comme ministry des Finances
et de 1'Economie, donnent A penser qu'il va suivre une
. politique economique plus r6aliste quoe celle de ses pr6-
d6cesseurs. Cependant, le cabinet Schuman ne peut etre
coonsid6re que comme un gouvernement int6rimaire
Sedans la p6riode doe transition qui va du regime de Front
Populaire (qui comprenait les communists) A l'orienta-
tion nouvelle, qui s'est rev616e lau cours des dernieres
Elections municipales. Le succes ou 1'6chec de M. Schu-
man, en presence du defi communist, peut retarder ou
acc6lrrer cette evolution, mais elle ne saurait I'arreter.

2. New York Sun (25/11) :

< La majority du people francais, ainsi que l'indi-
quent les elections municipals, est fatigue de faire des
experiences sociales et ne vent pas d d1'extri.me-gauche.
Le maintien de M. Bidault comme ministry des Affaires
etrangeres est probablement le principal resultat obtenu
par M. Schuman au course de la formation de son nou-
veau cabinet. Un chanigement A ce poste, a la veille de
la rAunion de Londres, aurait ajout6 .aux difficulties de
la France. Le fait qu'il ait obtenu que M. Ren6 Mayer
(qui s'est oppose aux, demands socialists pour une
Bconomie dirig6e) accepted le minist&re des Finances,
peut aussi renforcer le gouvernement en lui apportant
1'appui de ces Frangais qui croient que seul un retour
a 1'.conomie traditionnelle franchise peut r6soudre les
probllmes de leur pays... >



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovi6tique du 25 novembre 1947

Les rubriques dtrangeres sont surtout informatives. Au
second plan, on relieve une serie d'informatlons braves se
r6ferant aux themes d6mocratiques et imperialistes habi-
tuels; discours de M. Wallace a Louisville, ddveloppement
industrial dans les territoires occidentaux de la Pologne,
ouvriers d'Autriche protestant centre la reform de la de-
vise, le Parlement hongrois nationalist ses grandes ban-
ques.








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS BTRANGARE


1. L'Assembl6e g6n6rale de I'O. N. U.

Tous les journaux reproduisent, ou achevent de reproduire
le discourse du 21 novembre de M. Vychinski, sans commen-
taire.
2. La Confbrence de Londres

Tous les journaux annoncent en vedette la vislte faite
par M. Molotov a M. Bevin. Un t616gramme de 1'Agence
Tass de Londres comment le bilan des travaux de la Con-
f6rence des Suppliants; il est 6galement reproduit dans tous
les journaux.
Les declarations faites par le mar6chal Sokolovsky au
Conseil de contrble de Berlin sont largement reproduites
dans la plupart des journaux, accompagndes d'une revue des
commentaires de la press allemande.
Dans la chronique international de la ( Pravda ), M. Ma-
rinine 6tudie le problome allemand (voir cet article plus
loin).
3. Situation en France

Tous les journaux publient, sous de grands titres, les deux
t6l6grammes de Paris au sujet de la composition du Gou-
vernement Schuman, avec un bref commentaire : Lors-
qu'on a appris dans les milieux de la press la composition
du nouveau Gouvernemnet, l'attention a Wte attire par
deux faits : 1 On souligne que M. Schuman a regu les
voix des gaullistes de l'intergroupe et que c'est grace A elles
qu'il a obtenu la majority require;
2 On a falt entrer dans le Gouvernement des gaullistes
aussi av6r6s que le rejeton de la Banque Rotschild, Rend
Mayer, compagnon de de Gaulle, A qui l'on a confi6 le tres
important portefeuille de 1'Economie et des Finances, ainsi
que M. Costes-Floret qui, lors de la discussion de la Cons-
titution, s'ltait fait le porte-parole des principles exposes
du discours de Bayeux. Ainsi, a peine nee, la troisieme
force de M. Blum s'est volatlise. Ainsi que le fait remar-
quer aujourd'hui un commentateur bien en vue, M. Schu-
man a fait entrer dans le Gouvernement le cheval de Troie
gaulliste sous les especes de MM. Coste-Floret, Rend Mayer
et Maroselli.
Dans la < Pravda ), M. Marinine pose la question sui-
vante : Qui sert la Troisieme Force ? (voir I'article plus
loin.)

a) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Pravda, 25/11) :

< ...I1 serait injuste de consider que la crise gouver-
nementale francaise est due aux fautes personnelles de
Ramadier. Cette cruise illustre l'echec de la politique des
milieux dirigeants de la France dans la p6riode d'aprAs-
guerre.
Cette politique se caracterise par les tendances sui-
vantes :
1 Abandon de toute politique national dans le do-
maine des affaires AtrangAres et transformation de la
diplomatic frangaise *en un instrument docile de la di-
plomatie amBricaine.
2 Dans le domaine 6conomique, rejet de toutes les
difficulties sur les masses laborieuses.
3 Recrudescence de l'activitA de la reaction fran-
caise, et regroupement de celle-ci en un parti neo-fas-
ciste qui a pour chef le general de Gaulle.
I1 est evident que la France ne pent 6viter la catas-
trophe qu'en d6savouant I'orientation d'une telle poli-
*tique, ce qui n'est pas le cas pour le programme de la
.< troisieme force > 61abor6 par les leaders de l'aile
droite du parti socialiste...
En some, le programme politique des partisans de
Blum ne se diff6rencie pas tellement de celui de la reac-
tion de droite. Seul, dans ces deux programmes, le de-
grk -de d6vouement servile au plan Marshall varie... Le
secretaire du parti socialist lui-m&me, Guy Mollet,


avoue en toute franchise que les auteurs du programme
de la < troisieme force > mettent tous leurs espoirs
dans l'aide de leurs amis anglo-amnricains...
Mais les pontifes am6ricaines considerent que les ac-
tions de Blum ne sont pas tres bien cot6es par les mas-
ses laborieuses frangaises. C'est pourquoi ils ont r6solu
d'agir ouvertement, en amenant Robert Schuman au
pouvoir.
Un rapide examen de l'horizon politique permit de
voir que les forces am6ricano-frangaises de la reaction
menent le combat centre les principles fondamentaux de
la d6mocratie. Cependant que la i troisimme force >>
ouvre le feu centre le parti communist, qui reste
1'avant-garde des forces laborieuses... a
(MARININE.)

b) LE PROBLEM ALLEMAND (Pravda, 25/11) :
< ...Il est prouv6 depuis longtemps que les milieux
dirigeants anglo-am6ricains n'avaient pas i'intention
d'appliquer les accords de Potsdam, mais qu'ils pr6ft-
raient suivre le chemin trac6 par Hoover et Dulles.
La politique impArialiste expose par ces deux poli-
ticiens am6ricains a pour but de transformer 1'Allema-
gne en un bastion militaire et 6conomique, sur lequel
les Etats-Unis pourraient s'appuyer pour devenir les
maitres tout puissants en Europe.
En v6rit6, A quel autre but pourraient servir le main-
Stien du potential militaire et industrial allemand, le sa-
botage du programme de d6militarisation et de de6nzi-
fication, l'opposition i la livraison des reparations, et
, mme le maintien d'organisations militaires camoufl6es
et l'inclusion de cartels allemands dans le systmme Cco-
nomique des monopolies anglo-americains ? A quel au-
tre but pourrait servir une division de l'Allemagne ?
D'autre part, le a plan Marshall > lui-meme est la nA-
gation la plus 6vidente de l'esprit de Potsdam. Dlais-
sant le principle de la collaboration international, ce
plan vise A l'tablissement de 1'h6g6monie am6ricaine,
a la sauvegarde du potential militaire et industrial alle-
mand sous une direction anglo-americaine, et A la trans-
formation de 1'6conomie europ6enne en une 6conomie
assujettie aux Etats-Unis...
Mais les plans insensis des < civilisateurs 2 d'outre-
Atlantique sont vou6s a l'6chec. Les peoples europ6ens
sauront se d6fendre... Ils ne tol6reront pas que 1'Europe
soit transform6e en un protectorat ambricain, ni que
1'Alilemagne soit transform6e en un theatre de nouvelles
ventures imperialistes. >
(MARININE.)


IV. PRESS BELGE


LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (La MiAtropole,
25/11) :
Voici le minister Schuman en function. RBussi-
ra.t-il a maitriser la situation ?
Le ministry des Finances jouit de l'estime g6nerale.
I1 a d6ploy6 toute son 6nergie pour l'6quilibre du budget.
C'est un r6publicain insoupconnable, mais aussi un mo-
d6r&, un d6put6 d'avant guerre, done plus ancient que
le M.R.P., auquel il appartient. I1 ne s'est jamais pro-
nonc6 pour de Gaulle ni centre lui. II parait 'done indi-
qu6 pour tenter cette derniere experience qui pourrait
rendre de Gaulle superflu, si elle r6ussit, qui permet-
trait de lui passer la main sans trop d'A-coups, si elle
6chouait. )
(Du correspondent de La Mrtropole A Paris.)








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS BTRANGaRB 5


V. PRESS SUISSE

LA SITUATION EN FRANCE (Neue Ziirclher Zeitung, 26/11):
a ...La C.G.T., .qui est sous l'influence des communis-
tes, a demand hier au Gouvernement 'd'entrer d'ur-
gence en contact avec elle au sujet des groves. La C.G.T.
n'a pas officiellement particip6, en tant que Conf6d6ra-
tion, au d6clenchement de ces groves, et elle a laiss6
aux diff6rents syndicats le soin de les provoquer. Elle
peut done, dans une certain measure, se poser en inter-
m6diaire entire le Gouvernement et les syndicats.
Selon certain commentateurs, la C.G.T., en pregnant
cette initiative, avoue l'insucc6s de l'offensive de graves
dans son ensemble.
C'est probablement aier trop loin. Mais, A n'en pas
douter, la C.G.T. ne se sent pas particulibrement a 1'aise
dans les circonstances presentes. Non seulement les di-
vergences d'opinions qui, a l'occasion des arr&ts du
travail, s'afflrment violemment aujourd'hui a l'intirieur
'de la classes ouvriere risquent d'entrainer t6t ou tard
une scission dans le movement syndical, mais encore
les syndicats ont enregistr6 ces derniers temps une di-
minution sensible de leurs effectifs. Les travailleurs se
d6tournent de plus en plus de ces organizations qui sont
utilis6es A des fins partisanes. Le prestige des syn'dicats
n'est pas seul en jeu; leur puissance financiere est, elle
aussi, s6rieusement menace .: d'une part, le volume
des cotisations des adherents va diminuant sans cesse,
d'autre part, l'extension des groves cotite cher a leurs
caisses. Ces caisses seraient-elles deji vides, comme on
l'affirme 'de divers c6tes ? En tout cas, il est possible
que les dirigeants aient acquis la conviction qu'il sera
de leur int6r&t de ne pas pousser trop loin le jeu avec
le feu et de chercher le moyen de mettre fin aux con-
flits sociaux dans des conditions honorables pour eux.
C'est peut-8tre 'de cette fagon qu'on doit expliquer la
demand adress&e par la C.G.T. au Gouvernement en
vue de l'ouverture de negociations... >
(Du correspondent de la Neue Ziircher Zeitung
a Paris.)


VI. ANNEXE


LES DSSORDRES DANS L'EUROPE OCCIDENTALE (New York
Herald Trzibune, 21/11, edition europeenne) :

< La question de savor ce que le Kremlin et son
Cominform .espBrent obtenir en ordonnant aux com.
munistes francais et italiens de recourir a la violence
peut se compare A la question de savoir ce-que les
seigneurs 'de la guerre japonaise esp6raient obtenir par
le Kamikaze et Hitler par son offensive des Ardennes
et par la bataille de la Boucle. On peut dire avec certi-
tude pour la France et avec de tres grandes probabi-
lit6s pour 1'Italie que l'objectif n'est pas la victoire dans
la e guerre froi'de > et l'installation de gouvernements
communists on A direction communist A Paris et a
Rome. Ce serait plut6t une tentative d6sesp6r6e visant
A d6sorganiser et A discr6diter les gouvernements repr6-
sentatifs d6tenant les pouvoirs 16gitimes, avant que-lc
programme de redressement europ6en n'eatre en appli-
cation.

La nouvelle strategic est manifestement base sur
l'id6e que les parties communists de l'Europe occiden-
tale ne peuvent parvenir au pouvoir par la l1galiti -


c'est-A-'dire en s'assurant la majority des voix ni par
des m6thodes d'infiltration ni par des moyens revolu-
tionnaires aussi longtemps que l'ArmBe Rouge reste im-
mobile et ne peut pas se porter A leur secours. La de.
mocratie parlementaire, avec toutes ses fautes et ses fai-
blesses, est trop forte pour eux et leur barre la route.
Leur seul espoir est de 1la briser, de la rendre impuis-
sante A gouverner. Ceci signifierait, comme ils le sa-
vent tres bien, que le g6n6ral de Gaulle acc6derait au
pouvoir en France et qu'en Italie une sorte de gouver-
nement neo.fasciste pren'drait la direction des affaires.
DBs l'instant of la d6mocratie parlementaire aurait dis-
paru, ils ne combattraient plus contre la d6mocratie,
comme ils le font maintenant, mais centre des dicta-
tures de droite, et ils pourraient esperer devenir le
point de ralliement de toutes les forces rpublicaines
et d6mocratiques 'de 1'Europe occidentale.
SCe calcul semble etre celui que se faisaient les. com-
munistes en Allemagne avant 1'ascension de Hitler, alors
gu'ils votaient dans le m6me sens que les nazis, pour
detruire la R6publique allemande. La meme alliance
malsaine contre l'ordre constitutionnel se r6alise au-
jourd'hui et le Kremlin, qui semble ne rien oublier et
ne rien apprendre, fait presque certainement le meme
faux calcul, contre l'opinion mieux fondue d'hommes
tels que Duclos, Thorez et Togliatti.
En effet, il ne fait a'ucun doute qu'en France le ben&-
ficiaire 'de ces d6sordres qui paralysent l'action gou-
vernementale sera le general de Gaulle. A 1'heure ac-
tuelle, la moitie environ du Parlement francais n'est ni
gaulliste, ni communist. Sur 600 membres environ, les
communists en d6nombrent environ 180 et les gaullis-
tes peuvent computer sur 150 d6put6s. Selon la Constitu-
tion actuellement en vilgueur, il ne peut y avoir d'6lec-
tions en France avant le mois de mai. Ayant rompu vio-
lemment avec les socialists et avec les divers parties
s'inspirant des idWes de progres, le part communiiste n'a
plus la moindre chance d'etre port 1~galement au pou-
voir. Mais une chance subsiste, si le desordre grandit, de
voir un nombre suffisant de d6putes, 330 en chiffre
rond, qui actuellement ne sont pas pour de Gaulle, se
rallier a lui. I1 pourrait done acceder au pouvoir en
posant ses conditions. II pourrait modifier la Constitu.
tion,, proc6der A de nouvelles sections au printemps et
gouverner ensuite par d6crets sans que le Parlement
ait A prendre beaucoup de responsabilites on A inter-
venir frbquemment.
On ne peut guere douter que si le general de Gaulle
accedait au pouvoir dans ces circonstances extra6r'di-
naires, il serait entraind A prendre des measures qui,
bien que dirig6es contre les communists, pourraient
ne pas etre limitbes A ces derniers. Les measures qu'il
serait amen6 A prendre s'6tendraient bien au delay du
but primitif et, par leur style autoritqire, porteraient un
coup A la RBpublique et aux traditions 'de d6mocratie
et de liberty individuelle. Quelles que soient les propres
intentions du General, il s'est d6tach6 des contraintes
qu'impose le respect de la Constitution. Les buts qu'il a
traces A son movement et les circonstances de son
accession au pouvoir l'obligeraient A adopter des mB-
thodes par lesquelles il se heurterait indvitablement a
la d6mocratie francaise. A l'oppos6, les communists,
renforc6s par les republicains don't, pour le moment, ils
se sont aliene toute sympathie, pourraient esp6rer re-
prendre une parties du terrain qu'ils d6tenaient en 1945
et qu'ils n'ont cess6 de perdre depuis lors.


Bien que la situation en France soit s6rieuse, les
communists sans doute sur l'ordre de Moscou et









6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


centre les v;oeux 'des dirigeants frangais du parti ont
- peut.&tre frapp6 trop t6t. Les parties constitutionnels qui,
pour le moment, s'6tendent de l'aile gauche du part
socialist jusqu'aux solides republicains de droite, au-
ront encore le temps, et ils sont en train d'en recevoir
'encouragement, de sauver la Republique frangaise. Les
communists sont ouvertement devenus un instrument
de la politique russe. Ils ont eu recours' la violence.
Les parties constitutionnels ont maintenant la liberty de
faire ce que, jusqu'ici, seul le g6n6ral 'de Gaulle semblait
capable et desireux de faite.
Its peuvent se servir de toute la puissance de l'Etat
frangais contre ce qui est maintenant une conspiration
ouverte contre celui-ci. Ils peuvent le faire avec le sou-
tien de large fractions de la classes ouvriere et de la
grande masse des Francais qui inclinent vers la tradi-
tion republicaine.
Ils peuvent sauver la R6publique, qui est en danger,
et la France 'de la domination communist, tandis que
le g6n6ral de Gaulle ne peut sauver la France du co.
munisme qu'en minant la R1publique.


Heureusement, il n'y a plus aucun doute quant A la
position adoptee par le gouvernement des Etats-Unis. 11
se tient derriere les parties constitutionnels quelle que
soit la composition du gouvernement que lesdits parties
approuvent qui ont pris, A la Conference de Paris,
les engagements qui forment la base du plan Marshall.
Tout nouveau regime politique qui ne serait plus fond6
sur une indiscutable l6gitimite constitutionnelle et ne
serait done pas lie par les engagements de Paris met-


trait le gouvernement amdricain en presence d'une si-
luation nouvelle, qui exigerait un nouvel examen du
programme de redressement europeen.
Ici, la decision est prise. Le people francais ne doit
plus se laisser tromper par la propagan'de communist,
proclamant que le gouvernement americain, du fait de
la doctrine dasuete de Truman, soutient secretement le
general de Gaulle. Il n'en est rien. Quant au G6n6ral,
il ne dolt pas se figure que le plan Marshall a pour vue
de maintenir les divisions en Europe et de polariser
tous les pays de ce continent en factions irreconcilia-
bles.

Le plan Marshall reflete non les opinions et les i'dto-
logies de certain homes, mais les r6alit6s et les n6-
cessit6.s de 1'Europe. C'est un outil puissant destine a
recreer l'unit6 de 1'Europe et A gu6rir les maux engen-
dr6s par sa division. En definitive, il a pour but de res-
taurer la paix. Le plan Marshall est naturellement in-
compatible avec les conspirations communists dirigees
contre l'ordre public. II est 6galement incompatible avec
les ventures de tout genre qui viseraient A rompre les
liens 'de la legality et de la 16gitimit6 constitutionnelle.
En donnant son app'ui au plan, le people amiricair
espere et croit qu'il sera A meme de fournir A tous les
peuples de 1'Europe et A tous les hommes de bonne
volonte, dans tous les parties, des motifs d'espoir et les
moyens mat6riels de tisser une fois de plus l'Ptoffe d6--
chir6e de la communaut6 europ6enne. >
(WALTER LIPPMANN.)
Copyright, NYHT, Inc.


S. P. I. Imp.. 27, rue Nicolo, Paris 31.3006 Prix 6 frs.


& P. I. Imp., 27, moe Nloolo, Paris 31.3009


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