Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: November 17, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00237
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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RESIDENCE DU CONSEIL

SECRETARIAT GENERAL

Direction de la Docsumentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


BULLETIN


DE


17 novembre 1947.


QU


PRESS


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS







IDIG



LNGtRE


Nouvelle S6rie No 820


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La conference des supplants des ministres
'des Affaires 6trangeres :
1. Spejtafop (14/11);
2. Time pnd Tide (15/11).
Ab) Le problhme palestinien devant 1'O.N.U. (Ti-
rmes, 15/11).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Aprbs la conference de press du g6n6ral de
Gaulle :
1. Wc4s)Ingtion News (13/11);
2. New York H ieead Tribune (14/11);
3. Phtodielphila Eenzlug Bulfetin (14/11):.
b) Le problkme palestinien devant 1'O. N. U.
(ChMlitiai Sci encpei Mbonitor, 13/11).
III. PRESS SOVIATIQUE.
IV. PRESS SUISSE.
L'aide am6ricaine A 1'Europe (Journal de Ge-
ntue, 15/11).


I. PRESSE BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 15 novembre 1947
La press de ce matin donne la vedette a deux questions
d'ordre interieur : l'augmentation des salaires des mineurs
et le dep6t d'une motion par l'opposition demandant une en-
qu6te sur l'affaire Dalton.
La rubrique extdrieure est tout entire dominde ce matin
par la question palestinienne et les troubles sociaux en
France et en Italie.
1. Palestine
Le correspondent du ( Times ) it 1'O.N.U. fait 6tat des
conversations anglo-sovietiques sur la Palestine a la suite
des declarations de Sir Alexander Cadogan, mais ne les ac-
compagne d'aucun commentaires.
Par centre, le correspondent diplomatique du ( Manches-
ter Guardian a estime que l'attitude du Gouvernement bri-
tannique a 6td dict6e par la conviction que des troubles Ocla-
teront en Palestine des qu'il s'agira de faire ex6cuter le plan


de partage l6abor6 par les Nations Unies. Le Gouvernement
britannique ne veut pas voir ses troupes assumer l'exdcution
d'un plan qui ne lui semble pas satisfaisant.
Il estimerait aussi qu'un retrait des forces britanniques
aminerait Juifs et Arabes a se rendre compete de l'inutilit6
d'un coniflit.
Selon ce correspondent, il aurait 6t6 peut-6tre plus impor-
tant et plus avantageux pour les Juifs et les Arabes que les
Nations Unies aient pu 6tablir en Palestine une force ar-
mee propre a maintenir l'ordre avant de se decider sur I'ave-
nir de ce pays.
iD'apres le correspordant du a Daily Telegraph ) a Jdru-
salem, il est presque impossible de proc6der a l'6vacuation
de 100.000 hommes et au d6nombrement des stocks militai-
res d'ici le ler aoitt.
Certain Juifs accuseraient la Grande-Bretagne de se ddro-
ber a ses obligations et espdreraient que, malgre ses recen-
tes declarations, la Grande-Bretagne se ferait 1'agent d'exe-
cution du plan des Nations Unies.
La plupart des journaux s'inttressent davantage aux acti-
vites des terrorists qui ont 6td accrues au course des dernie-
res 40 heures et ont caused la mort de 10 soldats britan-
niques.
2. France
Le correspondent du a Times ) rend compete de la situa-
tion a Marseille et des measures qui ont 6te prises pour main-
tenir l'ordre. Il voit dans les groves qui ont eclat6 dans cette
ville un movement politique faisant parties de la champagne
communist contre la nouvelle municipality. II mentionne
que des troubles ont 6clate Ogalement au Havre.
Le correspondent du a Manchester Guardian ) a Paris
rend compete dans un article de la situation a Marseille et
de la scission qui se precise au sein de la C.G.T.
Selon lui le seul moyen pour les syndicats de lutter centre
l'emprise communist serait de se constituer en une nouvelle
organisation 6troitement li6e aux syndicats chretiens.
Le ( Daily Worker ) announce l'extension des groves A
Marseille. I1 public une photographic montrant des manifest.
tants aux prises avec la police.
Une dapche d'agence reproduite par le a News Chronib
cle ) announce que le Cabinet a suspend de leurs functions
les membres de deux companies de la police de security de
Marseille pour negligences dans l'ex6cution de leur mission*
D'autre part, cette depOche announce que des incidents out
eu lieu a Cannes entire gaullistes et communists.
Le correspondent du a Times a, au course d'un article. fait
6tat de la hausse des tariffs des transports et de celle du gaz
et de l'lectricitd.
Ce correspondent precise que, a pregnant le taureau par les
corners, le Gouvernement announce qu'il est pr6t a discuter
un ajustement des salaires que ces augmentations Dour-
raient entrainer ).


~TRA






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


Dans un autre article, il announce la admission de M. Laf-
fon de administration g6nerale de la zone frangaise d'Alie-
magne, en raison, pense-t-il, du diffdrend qui se serait 6levd
entire lui et le general Kcenig. '

3. Sarre
Le correspondent du < Times ) A Paris announce que 1'As-
semble a approuv6 par 418 voix centre 184 le project de loi
habilitant le Gouvernement frangais a introduire le franc en
Sarre A la place du mark sarrois.

4. Italie
Dans plusieurs journaux, les correspondances sur les trou-
bles en Italie suivent ou precedent celles sur les troubles en
France.
Le ( Daily Worker > souligne que ]a police italienne a uti-
lis6 les gaz lacrymogenes pour disperser la foule des mani-
festants anti-fascistes.
Selon le correspondent du ( Daily Telegraph ) a Washing-
ton, M. Lodge, membre republican de la Chambre des Re-
presentants. aurait, au course d'une declaration, affirm sa
conviction que les communists tenteraient un putsch en Ita-
lie immediatement apres le depart des troupes ambricaines
et avant les elections d'avril. D'apris M. Lodge, la Russie
pourrait s'emparer en deux semaines de tous le. pays d'Eu-
rope, y compris 1'Espagne et le Portugal si (lle decidait
d'abandonner les mdthodes conventionnelles dans les paYs
qu'elle veut subjuguer.

5. Pologne
Plusieurs journaux annoncent l'arrivie en Grande-Breta-
gne du vice-president du Parti Paysan polonais qui s'est
6chappA de Pologne A la fin du mois dernier.

6. Aide ambricaine A I'Europa
Stewart Gelder, correspondent du e News Chronicle >>
Washington, announce que la commission politique des sA-
nateurs republicans s'est prononcie en faveur d'une aide
immediate a la France, a l'Italie et & l'Autriche.

7. Indes
Le < Daily Telegraph ) donne la vedette aux Avenements
du Cachemire. Ce correspondent announce que les rebelled
assiegent plusieurs villes de province. Il estime que les ope-
rations actuelles pourront s'etendre a des villes centrales a
moins que le Pakistan ne cesse de proteger et d'encourager
les rebelled et que 1'Hindoustan n'accepte d'organiser un ple-
biscite au Oachemire.

a) LA CONFEnENCE DES SUPPIEANTS DES MINISTRIES DES
AFFAIRS ATRANGERES.

1. SpI ctatotr (14/11, conservateur).
< ...Les premieres reunions a Lancaster House 'des
supplants des ministres des Affaires 6trang6res de
GrandeBretagne, de France, de Russie et des Etats-
Unis ont 6t6 caract6ris6es par une lenteur d6cevante,
mais dejA suffisamment d'indices prouvent .que la 'divi-
sion fondamentale entire la Russie et les autres est
toujours aussi profonde. II y a eu d6saccord notam-
ment sur les questions de savoir si la Chine serait
consid6r6e comme puissance invitante a la Conf6rence
des ministres, si les cinquante-cinq pays bellig6rants
participeraient a la Conf6rence ou si seuls seraient re-
pr6sent6s les dix-neuf pays qui ont particip6 'directe-
ment A la guerre contre l'Allemagne, et enfin, ce
qui est beaucoup plus important, si la r6daction du
trait serait achev6e avant ou apres la formation d'un
gouvernement central en Allemagne... L'impatience ha-
bituelle manifested par les puissances occidentales
pour parvenir a un accord et la vieille habitude de
I'Union Sovi6tique de faire syst6matique.ment de l'obs-


truction, plutbt que de ceder sur un point quelconque,
sont deja apparentes. II n'y a aucune raison fondamen-
tale pour qu'on ne parvienne pas A un accord sur tous
ces points. En fait, il est.d6jh evident qu'un minimum
d'entente est du moins possible... Mais la plus impor-
tante de toutes ces questions est celle du partage de
1'Allemagne. En effet, bien qu'en fin 'de compete ce soit
la seule measure qui puisse A coup sfir Atre fatale A la
paix de 1'Europe, c'est 1'exp6dient qui a le plus de
chances d'etre pr6conis6 dans un avenir immediat.

2. Tiane an)d Tiace (15/11, independent).

<< ...La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont suffi-
'samment r6p6et que la Conference 'de Londres sera la
derniere chance d'adopter une politique quadripartite
commune A 1'6gard de I'Allemagne. Si 1'on ne peut ame-
ner 1'Union Sovi6tique A accepter un accord raison-
nable, il n'y a pas d'autre solution pour les puissances
occidentales que d'aller de l'avant sans elle.
Les qudlques reunions qu'ont tenu jusqu'A inainte-
nant A Lon'dres les supplants des ministres des Affai-
res 6trangeres, pour preparer le travail de la prochaine
Conference, ne peuvent que renforcer le point 'de vue
pessimiste que l'on a adoptA sur les perspectives de
reussite de cette Conf6rence. Au course de leurs pre-
mieres reunions, les supplants ne sont pas parvenus a
se mettre d'accord sur un seul point. Jusqu'A mainte-
nant, les debats n'ont servi qu'a soutenir de nouveau
des arguments qui ont &t6 'developpes au course des
nombreuses conferences similaires qui se sont d6rou-
lees depuis la fin de la guerre. >

b) LE PROBLEM PALESTINIEN DEVANT L'O. N. U. (Ti-
mes, 15/11).
< ...Les Nations Unies connaissent maintenant la
date de notre depart, apr&s laquelle elles :seront respon-
sables de l'application de leurs propres decisions rela-
tives A l'avenir de la Palestine. Le partage 'de la res-
ponsabilit6, qui devenait de plus en plus normal, -
les uns 6laborant les plans et les autres fournissant les
forces de police, va cesser de fagon definitive. A
partir de maintenant, toutes les decisions qui seront
prises par les commissions a Lake Success devront 6tre
appliques dans le Moyen-Orient par le truchement
d'une action international. Les Nations Unies 'devront
veiller A ce que tous les plans adopts puissent resister
aux assassins de 'Irgoun et de I'organisation Stern,
ainsi qu'aux .critiques non moins destructrices des
Arabes. Les partisans qui luttent dans les couloirs de
Washington et les colonnes de la press americaine ne
pourront plus retenir attention en visant leur cible
favorite et habituelle, le lion britannique... >


,

II. PRESSE AMERICAINE


Revue de la press am&ricaine du 14 novembre 1947

1. -- Declarations du general de Gaulle

Les declarations faites par le g6enral de Gaulle font l'ob-
jet d'un grand nombre d'6ditoriaux et de commentaires dans
la press americaine. C'est surtout sa proposition d'entente
politico-6conomique des pays occidentaux avec i'Amdrique
qui attire attention des journalists. Les 6ditoriaux hdsitent
A suivre le general dans la voie d'une ( alliance ) malgr6
leur d6sir de consolider les forces anti-communistes dans le
monde. C'est ainsi que la press Scripps Howard ecrit que







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS *TRANGRBE 3


de Gaulle reclame une alliance franco-amdricaine centre la
menace communiste. (Voir plus loin l'editorial du ( Washing-
ton News ).)
Le correspondent des journaux Hearst a Washington ecrit
que I'appel du g6enral en faveur d'une nouvelle triple en-
tente a trouv6 des oreilles prates A l'4couter dans les milieux
officials. Selon ce correspondent, une nouvelle politique
etrangere est envisage pour arr6ter expansion russe et
elle se baserait sur les possibilities suivantes : un Gouverne-
ment populaire anti-communiste en France sous la direction
dynamique de de Gaulle, des elections g6ndrales en Grande-
Bretagne qui mettraient fin aux nouvelles experiences socia-
listes, et enfin une triple alliance iddologique, 6conomique
et peut-Atre militaire entire les U.S.A., la France et la
Grande-Bretagne.
Une d6peche U.P. de Londres declare que l'attitude prise
par de Gaulle a rassurd les diplomats americains en ce qui
concern les possibilities d'6tablir avec succes un 6tat inde-
pendant de l'Allemagne occidental au cas oh les membres
du Conseil des Ministres des Affaires etrangares des Quatre
Grands ne parviendraient Das a un accord a leur prochaine
reunion.

2. Aide am6ricaine

Les divers rapports du Congres relatifs au probleme de
Il'aide americaine l1'Europe viennent d'etre publids. La
press en relieve les principaux passages et elle continue A
donner une large publicity aux debats aui se poursuivent de-
vant les Commissions des Affaires 6trangeres des deux
Chambres. C'est ainsi qu'elle reprend les declarations faites
par M. Herter qui, tout en appuyant le project d'aide interi-
maire a la France, A 1'Italie et a 1'Autriche, s'est demand
si les U.S.A. pourront liver tous les products don't les quan-
tites ont 0t6 fixes par le D6partement d'Etat. II s'est oppose
A la fixation d'un programme d'aide 6tabli pour quatre ans,
pr6fdrant laisser aux U.S.A. le soin d'adapter leur aide aux
conditions changeantes de l'6conomle europeenne. Tout en
reconnaissant que les -elections municipales en France ont
fait perdre des avantages aux communists. son Comit6 es-
time cependant au'elles n'ont pas donn6 de r6sultats defi-
nitifs.
Par ailleurs, les correspondents de Washington notent une
tendance parmi les membres du Congres A exiger que les
Nations europeennes b6n6ficiant de l'aide americaine four-
nissent aux U.S.A. des auantitis inmportantes de matieres
premieres e strategiques > don't ils ont besoin. Ces corres-
pondants notent egalement aue M. Herter a demanded que ]e
Congrbs fasse une enqu6te pour etablir les raisons pour les-
quelles le gouvernement amdricain n'a pas encore donn6 au
igouvernement francais les informations que celui-ci r4cla-
mait au sujet des propridtaires franqais de titres deposes aux
U.S.A. et bloques par le gouvernement am6ricain pendant
la guerre. M. Herter a estime que la liquidation de ces
avoirs permettrait au gouvernement francais de disposer de
plusieurs millions de dollars.
L'dditorial du < Journal of Commerce ) constate que cer-
tains milieux voudraient obliger les nations europeennes A
depenser tous leurs dollars aux U.S.A. I1 s'e61ve centre cette
suggestion, en constatant que la production americaine est
actuellement incapable d'approvisionner le march intorieur
et le march d6tranger. et il pr6conise que d'autres nations.
potamment cells de l'h6misphere americain. vendent A 1'Eu-
rope leur production. Selon cet organe, les dollars qui se-
ront ddpensds dans ces pays finiront par revenir aux U.S.A.
sous une forme ou sous une autre.


3. Nations Unies
La declaration fate hier & Lake Success par le reprssen-
tant britannique, aux termes de laquelle on 'ne pourrait
faire appel aux troupes anglaises pouf imposer A la Pales-
tine un reglement qui ne serait pas accepted A la fois par
les Arabes et les Juifs parait avoir surprise l'opinion ameri-
caine. Les correspondents a 1'O.N.U. considarent que cette
declaration n'a pas precise la position britannique et qu'elle
a jete, au contraire, une certain confusion dans le debat.


4. Marine am6ricatne

M. Truman a annonce que l'amiral Louis Denfeld succ6-
dera A l'amiral Nimitz quand celui-di quittera son poste de
commandant en chef des operations navales. L'amiral Den-
feld est actuellement commandant de la Flotte du Pacifi-
que. La marine amdricaine announce qu'elle vient de cons-
truire un appareil propuls6 A la fois par un moteur A rdac-
tion et par des fusdes. C'est un Douglas D.558-2. Ce serait
une version am6lioree du fameux apparel qui a battu les
records du monde de vitesse.

5. American Federation of Labor

,ette fdd6ration syndicale a confirmed qu'elle appuyait le
plan Marshall d'aide a 1'Europe et elle a demand A ses
membres d'envoyer des paquets aux travailleurs europeens.
Dans une declaration, elle s'est attaqu6e la politique so-
vietique qui consiste, dit-elle, A affamer 1'Europe pour
l'amener A se rdvolter. Elle a proposed en outre un program-
me pour combattre le communism et pour repondre A la
formation du Cominform. Il est A noter que la tendance
anticommuniste des syndicalistes americains s'est. d'autre
part, manifested au course des elections des nouveaux direc-
teurs du Syndicat de 1'Automobile du group C. I. O., of
Reuther I'a emport6 sur les candidates conslder6s comme fa-
vorables au communism.

6. Nouvelles de France

Les bagarres de Marseille sont illustrees dans la press
americaine par des thotographies montrant la police et
l'armie repoussant les manifestants. Ces incidents sont a-
n6ralement presents en premiere page des journaux sous
des titres soulignant a l'agression communist .
Les echos que cette situation a provoquds A la Chambre
sont relev6s dans des articles des correspondents de Paris
qui mettent en evidence les declarations de M. Ramadier,
selon lesquelles il d6fendrait jusqu'au bout la R6publiaue
centre les communists.
La decision de la C. G. T. de s'opposer au plan Marshall
est egalement rapportde sous de gros titres soulignant que
ce syndicate est sous 1'emprise des communists. Dans ces ar-
ticles, on note l'insucces de la tentative de M. Jouhaux, qui a
6td battu par 850 voix centre 127. On relive 6galement la d6-
claration de M. Saillant qui aurait dit ( s'il est n6cessaire de
choisir entire le capitalism americain et 1'U. R. S. S., je
wrai pour I'U. R. S. S.
Callender, dans son article sur les d6bats de 1'Assemlle
national, 6crit qu'il est notoire qu'en France les commu-
nistes emploient un language aussi violent pour d6noncer le
plan Marshall que pour dCnoncer r'insuffisance des salaires.
SRlon lui, il est aussi notoire que la defense prdsentde par
les socialists en faveur du plan Marshall au comit6 de la
C. G. T. est timide et comporte des reserves sans qu'ils pren-
nent jamais une position 6nergique en faveur du plan.
a Cette attitude des socialistes. aui condamnent le plan
Marshall par leurs hommages d6guises, reflete la situation
singuliPre qui existed en France aujourd'hui oh le gouverne-
meot faible des mod6rds essaye, d6sesp6r6ment peut-etre,
mais sans grande 6nergie ou courage, de se maintenir ).
L'.ditorial du o New York Times ) est consacrd aux ( tac-
tiques communists >. Ce journal estime que les commu-
nistes, ne pouvant, pas vaincre par des moyens d6mocrati-
ques, passent desormais A 1'action, et il considere que cette
decision a 6td prise parce que les communists ne peuvent
plus computer sur le a facteur temps .

a) APRns LA CONFERENCE DE PRESS DU GENERAL DE
GAULIJE.
1. WaTshigtgfon NeMws (13/11).
< Le general de Gaulle deman'de la constitution d'une
alliance franco-anglo-am6ricaine pour parer A la me-
nace communist. Nous ne pensions pas que ce soit IA
une solution. Ce genre d'alliance ne s'est pas av6r6
efficace dans le passe. Dans le cas present, elle consti-






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGBRE


tuerait un atout dans les mains de Staline... S'il existait
une alliance anticommuniste, il serait d'autant plus fa-
cile pour Staline, non seulement de convaincre son
propre people et les nations soi-disant neutres, mais
encore de tromper tous les partisans de la paix sin-
c6re mais mal informs en Amrique et dans les
autres d6mocraties. Et c'est pr6cis6ment une telle con-
fusion que desire Staline.
Notre politique actuelle est plus forte et plus efficace
que n'importe quelle alliance anticommuniste, parce
qu'elle est fondue sur le principle < vivre et laisser vi-
vre , parce que la Russie s'attaque A nos droits, de
pr6f6rence A toute autre chose.
Ceci ne veut Das dire que nous sommes impuissants,
Spas plus que cela ne signifie que nous devons rester
isol6s...
En tant que membres des Nations Unies, c'est le de-
voir absolu des Etats-Unis, de la Gran'de-Bretagne et de
la France comme de toutes les autres nations -
d'agir en commun contre l'agression. Cette obligation
*ne sortirait pas plus forte, mais affaiblie, au contraire,
de la conclusion d'une alliance s6nar6e et restreinte.
La valeur d'une alliance defensive contre l'agression
ne reside pas dans un document ecrit. mais dans la
capacity des allies de travailler ensemble constamment
pour la r6alisation d'un but commun dans une con-
flance mutuelle.
II n'y a rien qui emp6che de telles relations aujour-
d'hui entire la France, la Grande-Bretagne, les Etats-
Unis et toutes les autres' puissances loyalement d6si-
reuses 'de d6fendre la justice et la paix. C'est la le role
des Nations Unies. Et c'est 1I le sens dans lequel le's
Am6ricains d6sirent se servir de cette organisation.
Lorsque la Russie se pose comme agresseur, les Na-
tions Unies doivent se dresser contre elle pour d6fen-
dre l'ordre mondial et le droit international, et 'des
membres tels que la France, la Grande-Bretagne et les
Etats-Unis, en raison de leur force sup6rieure, doivent
porter le poids de cette defense international.
S'il existe quoi que ce soit qui puisse d6tourner la
Russie 'de sa propaganda de guerre, ce sera une alliance
mondiale de s6curit6 efficace plutot qu'une nouvelle
coalition de grandes puissances. -

2. New aYrk IHrald Tribuine (14/11).
< Peut-6tre la franchise brutale du g6nbral de Gaulle
attisera-t-elle la lutte entire la Russie et les puissances
de l'Ouest, plutSt qu'elle ne hAtera la conclusion d'un
accord qui n'est pas encore impossible... Mais si ia po-
litique 6trangbre du g6n6ral est bien claire, on ne peut
pas en 'dire autant de son programme de politique in-
terieure, ,meme aujourd'hui. Ses propositions relatives
au redressement 6conomique de la France n'ont rien
d'etonnant; et les.buts qu'il recherche sont 6mindm-
ment raisonnables, mais les moyens que son rassem-
blement emploierait, s'il venait au pouvoir, pour fair
face aux nombreuses difficulties, sont encore lrbs mal
d6finis. )

3. Plhllac~delphla Edniing Bulletin (14/11).
< ...Dans notre pays, on pr6sente le plan Marshall
comme Ie moyen de faire checkc au communisine mais
ce n'est 1J qu'une des raisons all6gu6es pour l'octroi
d'une aide 6conomique et cela n'implique pas n6cessai-
rement qu'on prepare la guerre. De Gaulle a aban'donn6
tout espoir et est pr6t a en tirer de sombres conclu-
sions... Etant donn6 le course des 6venements, sa propo-
sition est peut-&tre tout A fait logique, mais elle ef-
fraiera certainement beaucoup de gens.


b) LE PROBLAME PALESTINMEN DEVANT L'O.N.U.
Chrlstizan Scienzcle M1fointlotr (13/11).
< ...II semble qu'il n'y ait aucufe restriction dans
l'entente amiricano-russe. Tous les points de nature A
soulever des difficulties ont 6tb, dit-on, r6solus par des
compromj-s consentis par les deux parties. La question
essentielle celle 'de savoir comment le plan sera
appliqu6 depend de I'attitude qu'adoptera la Grande-
Bretagne en ce qui concern l'emploi de ses soldats
pour imposer une decision des Nations Unies...

On a pr6tendu que la Gran'de-Bretagne est moralement
oblige d'appliquer la decision des Nations Unies. Voila
qui est discutable. Les int6rets am6ricains et a un moin-
dre degr6 les int6r6ts russes 6galement, sont bien servis
par la solution qui est maintenant propose par les
Nations Unies.
Le moins que ces pays puissent faire serait d'envoyer
des forces symboliques en maniere d'avertissement pour
tous les groups qui menacent de faire naitre des trou-
bles en Palestine. *Ces groups devraient savoir qu'ils
lutteront non seulement contre les soldats britanniques
d6bord6s mais qu'ils devront pratiquement computer
aussi avec les resources illimit6es des Etats-Unis et
de la Russie. Les Nations Unies voient augmenter leur
prestige avec les progrbs qui sont r6alis6s a propos 'de
la question palestinienne. La possibility d'appliquer cette
solution avec l'appui d'une force international -
e61verait encore les Nations Unies dans l'estime de
tons. >



III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la Presse Sovi6tique du 14 novembre
Les rubriques ttrangires, de deux pages en moyenne, gar-
dent un caractere d'information.

1. L'Assemblie g6nerale de 1'O. N. U.
Des comptes rendus sur les travaux de 1'O. N. U. paraissent
dans tous les journaux qui annoncent l'election de 1'Ukraine
au Conseil de S6curit A la suite du retrait de la candida-
ture de l'Inde. La < Pravda a reproduit le discours pro-
nonc6 au ComitL politique, le 11 novembre, par M. Gro-
myko sur le regime franquiste.

2. -- La lutte du camp d6mocratique
La lutte du camp d6mocratique fournit' mati6re a une
s6rie d'informations de second plan : discourse de M. Pritt
au meeting de Toronto, protestations du a Daily Mirror > et
du o Daily Worker a contre la presence de troupes britanni-
ques en Grece, grandiose manifestation organis6e le 11 no-
vembre a Paris par le parti communist, rapport de Le-
brun au Comit6 f6d6ral de la C. G. T., protestations des
milieux progressistes de Porto-Rico et de l'Equateur con-
tre l'intervention am6ricaine dans leura pays .respectifs.
D'autre part, la press public le texte de l'allocutlon pro-
nonc6e par M. Vychinsky au banquet de l'Association de la
press 6trangere a New-York. Elle mentionne 6galement des
messages envoys A l'occasion de I'anniversaire de la Rdvo-
lution d'Octobre par les associations syndicales et un cer-
tain nombre de personnel privdes, notamment les peintres
francais Ida et Marc Chagall.
La declaration de l'archev6que d'York sur la situation
dans les pays slaves et l'inauguration a Londres d'un nou-
veau siege de la Soci6tb des Relations culturelles avec
I'U. R. S. S. retiennent particulierement I'attention.







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ITRANGEAR


IV. PRESS SUISSE


L'AIDE AMARICAINE A L'EUROPE.
Joair41 d4e Geinbpe, (15/11).
< ...Si le rapport Harriman admet que les besoins
des Europeens sont grands, il ne neglige pas le faith
que' leur amour-propre est souvent exag6r6ment cha-
touilleux. Les adverSaires du plan Marshall pr6tendent
qu'il est destiny6 a l'asservissement du vieux continent
et A son alignement sur la politique americaine ; le
rapport en question affirme au contraire tres nettement
que le programme d'aide americaine n'est en rien un
moyen de pression pour imposer le system Bcono-
mique de Washington. Il laisse toute liberty aux gou-
vernements secourus et ne se soucie pas de leurs ten-
dances plus ou moins socialisantes. Pourtant, les Etats-
Unis ne peuvent pas se d6sinteresser completement de
1'emploi des fonds qu'ils dispensent, 'd'autant plus
qu'une bonne parties de ceux-ci ne sont pas des prets,
mais des dons. La pratique admet, en matiere de se-
cours, que le donateur ait un droit 'de contr6le sur la
maniere don't ce qu'il distribue est employee. On va
done demander des rapports p6riodiques aux diff6rents
pays secourus et veiller A ce que l'aide accor'dee soit
bien destinee A I'ceuvre de reconstruction qui leur per-
mettra de repartir sur un nouveau pied et de se tirer
d'affaire tout seuls le plus t6t possible...


... Y aura-t-il des controleurs am6ricains en Europe ?
C'est 1l un point d6licat qui n'est pas encore 6lucid6.
Si tel 6tait le cas, on pourrait 6videmment parler d'in-
g6rence americaine dans les affaires int6rieures des
pays europ6ens, et il y aurait alors matiere abondante
A pol6mique pour les adversaires politiques du plan
Marshall. D'autre part, on ne peut s'emp6cher d'admet-
tre que les donateurs d'outre-Atlantique aient quelque
raison de vouloir se r6server un droit 'de regard. On
volt tous-les aspects d6licats.que present cette question
du contrBle...
Le plan americain vise 6videmment des buts politi-
ques, et ses promoters ne le nient pas. a Une certain
prosp6rite, dit le rapport est indispensable A la sur-
vivance de la d6mocratie en Europe, tandis que les
communists fon'dent leur tactique et leur espoir sur la
misere et le chaos, > M. Marshall est encore plus ex-
plicite quand il declare : c Nous voulons restaurer la
communaut6 europ6enne. Les peuples d'Europe occi-
dentale veulent preserver leur society et leur heritage
de liberty. Et les y aidant, nous nous aidons nous-
memes, parce que nos int6r6ts nationaux, dans le sens
le plus large, coincident avec ceux d'une Europe libre
et prospere. ,
Les Europeens ne peuvent que souscrire A la formule
et aux desseins qu'elle revele. >
I(RENA BOVEY.)


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009










































































Prix : 6 fi-




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