Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: November 14, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00235
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DEs ARTS ET DBS LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTERS
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESSED


BULLETIN


DE


PRESS


14 novembre 1947.


QUOTI



ETRA


Nouvelle S6rie No 818


SOMMAIRE

I. PRESSE BRITANNIQUE.
a) La conference de press du g6n6ral de Gaulle
(Times, 13/11).
b) Le problem palestinien devant I'O.N.U. (Timees,
13/11).
II. PRESS AMIRICAINE.
a) La reconstruction de l'Europe.
1. Nrw York Ttime;s (11/11).
2. New Yaork IHemIad Tribune (13/11), edition
europ6enne.
b) Le problem allemand (New York Herliad Tri-
binae, 13/11), edition europ6enne.
III. -PRESSE SOVItTIQUE.
IV. PRESS BELGF.
Apres le discours de M. Marshall (Le Drapeau
Rioge, 12/11).
V. PRESS SUISSE.
La reconstruction de 1'Europe (Gazette die Lau-
sqane, 13/11).

1. PUESSE BIUTANNIQUE

Revue de la press britannique du 13 novembre 1947
Toute la press de ce matin donne la premiere place a
l'expos6 idu budget fait par M. Dalton a la Chambre des
Communes. Sur le plan exterieur, les sujets sont : l'aide
& l'Europe, la Conference de press du general de Gaulle,
les declarations de Lord Pakenham sur I'Allemagne.
1. Budget britannique
Tous les journaux donnent un expos d6taill6 des measures
proposes par Mj Dalton pour le budget d'automne. En ce
qui concern les denrees alimentaires, M. Dalton a annonc6
que les subventions seraient maintenues et qu'il 6tait impos-
sible de les augmenter dans les circonstances actuelles. L'im-
pot sur les benefices ainsi que ceux sur les boissons subiraient
une augmentation sensible. Ce nouveau budget permettrait
de fournir 208 millions de lives pour toute l'ann6e finan-
clire et 48 millions entire maintenant et la fin de mars.
La plupart des journaux rendent compete en detail du dis-
cours du Chancelier de 1'Echiquier et des debats qui l'ont
suivi. Ils soulignent avec un certain soulagement qu'aucune


augmentation du prix des tabacs n'a ete envlsagee par le
Chancelier de l'Echlquier.
2. Aide americaine a I'Europe
Le correspondent du < Times)) Washington rend compete
des declarations de M. Harriman, ministre du Commerce,
devant la Commission des Relations exterieures du Senat.
M. Harriman aurait tait remarquer que le programme d'aiae
immediate a 1'Europe n'influerait pas sur la situation des
Ehats-Unis en ble. (e corresponoana s'attenk a ce que l'op-
position au programme d'aide americaine se maniieste se-
ion le principle expose par le senateur Taft. Toutelois, cette
opposition ne peut deja plus nier le bien fond6 du principle
ae I'aide americaine a l'Europe.
Arthur Webb, au Daily herald >, souligne que M. Mars-
hall a demance aux chefs du Congres de hater leur decision
alin de favoriser le movement anti-communiste qui se des-
bine actuellement en Europe.
Le correspondent diplomatique du ( Daily Worker a volt
dans ces declarations la premiere approbation publique de
M. Marshall a l'egard des derniers resultats electoraux en
France et en Italie.
Ce journal announce egalemenfque M. Truman va deman-
der au Congres, des lundi, d'approuver le programme d'aide
immediate a l'Europe et les measures du Gouvernement pour
arreter l'inflation aux Etats-Unis.
3. Etats-Unis-U. R. S. S.
La press announce que M. Marshall renouvellera, au course
de la prochaine conference de Londres, l'offre a'un pacte
de 40 ans avec 1'U. R. S. S. centre tout retour d'une agres-
sion allemande. II note que cette proposition avait deja ete
decline par M. Molotov en avril dernier.
Le correspondent diplomatique du s Daily Worker ) es-
time que cette proposition ne servirait qu'a cacher les buts
reels de la pohtique americaine et a retarder la denazifi-.
cation et la demilitarisation de l'Allemagne occidentale. ( La
tactique americaine de diversion et de confusion, ecrit-il,
n'a subi aucun changement. )
4. France
Plusieurs journaux, don't le ( Times ), le a Daily Tele-
graph ), le ( Manchester Guardian a, reproduisent les pas-
sages essentials des declarations du general de Gaulle devant
la press francaise et etrangere.
D'aprBs le correspondent du a Times a a, Paris, lea decla-
rations du general de Gaulle prennent une importance par-
ticuliere a la veille d'une nouvelle session parlementaire.
(Voir l'artlcle plus loin. )
Le correspondent du ( Daily Telegraph ) met en relief
le passage dans lequel le general de Gaulle a demanded une







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE


collaboration 6trolte de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis
et de la France pour combattre le communisme.
Le 4 News Chronicle o, de son cote, souligne la phrase
dans laquelle le general de Gaulle a conseill6 au people bri-
tannique d'organiser un movement semblable au R. P. F.
Le ( Manchester Guardian ) public ce matin un long ar-
ticle de son correspondent a Paris dans lequel celui-ci passe
en revue l'ensemble de la situation politique en France. Se-
ion lui, M. Ramadier ( semble condamn6 a rester a son post
parce que personnel ne pourrait prendre sa place. Meme si
le general de Gaulle se declarait pret 4 prendre le pouvoir
immediatement, ce n'est pas du tout certain qu'il obtien-
drait les 310 voix necessaires. >
Ce correspondent rappelle ensuite les declarations du ge-
neral de Gaulle i sa conference de press et estime ( qu'as-
sailli a drdite et a gauche a, le Gouvernement doit trouver
un moyen de renforcer son autorite. Selon ce correspondent,
11 est typique du decouragement et du laissez-aller qui affec-
tent actuellement la France qu'un effort come celui de
M. Moch ait immediatement entraind le Gouvernement dans
une lutte avec les poissonniers et les fruitiers, lutte que
le public consider comme ne le concernant absolument pas.
4 L'affaire de la prison de Caen, les frequents incendies
des ports et des granges, tout cela ne laisserait aucun doute
sur 1'existence d'une conspiration. Meme I'attaque d'une voi-
ture de la poste prend une signification polit'ique ), ecrit-il.
c Qui a pris l'argent ? )
Faisant ensuite etat de la champagne menee par ( L'Hu-
manit6 a centre M. Ramadier, ce correspondent ecrit que le
parti communist fait un gros effort pour attiser le conflict
entire les Etats-Unis et la Russie, au coeUr meme de la
France. Cette propaganda empoisonne l'esprit du Frangais
moyen, meme si elle l'irrite car il est clair que les commu-
nistes desirent voir le general de Gaulle s'emparer du pou-
voir de la fagon la moins constitutionnelle possible.
Plusieurs journaux font etat des manifestations qui se
sont produites A Marseille. La plupart accusent les commu-
nistes d'en etre les instigateurs.
ie c Daily Telegraph a signal en outre l'augmentation
prochaine des tarifs des chemins de fer et des transports
parisiens.
Ce meme journal rend compete tries bri6vement des decla-
rations de M. Pierre de Gaulle devant l'association de la
press anglo-americaine.
5. Conference des Suppleants
Le ( Times' le ( Manchester Guardian >, le ( Daily
Telegraph >, rendent compete des travaux de la Conference
des Suppleants.
Le correspandont du ( Times ) fait 6tat des propositions
frangaises et britanniques sur l'agenda du Conseil des Minis-
tres. Il souligne que la press allemande de la zone sovie-
tique a accuse la Grande-Bretagne de vouloir imposer un
nouveau diktat a l'Allemagne.
Le correspondent diplomatique du ( Manchester Guar-
dian > estime que jusqu'ici les Suppleants n'ont fait aucun
progress. II souligne que la Grande-Bretagne et la France
ont propose que le trait avec l'Autriche figurat au debut de
l'agenda de la Conference de Londres et que les theses fran-
alises et britanniques sont' les memes en ce qui concern
IV project de demilitarisation de l'Allemagne.
Ce Journal fait egalement 6tat des revendications 6thio-
piennes sur l'Erythree, qui ont et6 presentees aux Suppleants
par le delegu6 6thiopien
6. Allemagne
Le e Daily Telegraph ), le 1 Daily Express ), le ( Daily
Mail a reproduisent en bonne place les declarations de Lord
Pakenham b la Chambre des Communes sur 1'Allemagne. Le
ministre britannique a notamment accuse la Russie d'avoir
mene une politique contraire a 1'esprit de Potsdam en re-
fusant que I'Allemagne ffit traitee comme une unit econo-
mique.
7. Indes

Le correspondent du ( Times ) i Delhi announce que le
marechal Auchinleck et les officers de son 6tat-major ont


decide d'abandonner leur poste. Cette decision serait due
a l'absence total de bonne rolont6 de la part de 1'Inde et
du Pakistan qui rend impossible la constitution d'une nou-
velle armQe dans les deux pays. Cette decision prendra effect
a partir du 30 novembre.

a) LA CONFERENCE DE PRESS DU GENERAL DE GAULLE
,(Tzies, 13/11) :
< Parlant cette fois avec 1'autorit6 que lui a conf6ree
le succ6s du R.P.F. aux elections municipales du mois
dernier, le general de Gaulle, lors d'une conference
de press qu'il a tenue ce martin, a rapidement passe
en revue les realisations du R.P.F. depuis qu'il a Wte
c lance il y a six mois, et, en repondant a des ques-
tions diverse touchant h la fois des questions int.e
rieures et exterieures, il a meme parl6 des elections
municipals britanniques.
Ce qu'il a dit n'a guere ete, dans une certain me-
sure, qu'un developpement de ses declarations prece-
dentes, mais le fait que sa conference de press ait eu
lieu A la veille de la rentr6e parlementaire, pour une
session critique, lui donne plus d'importance qu'elle
n'en aurait eu autrement. I1 6tait evident, bien que son
ton ait ete moins peremptoire, que son attitude a
1'egard du regime actuel, du gouvernement et de l'As-
semblee, 6tait aussi intransigeante qu'elle le paraissait
lors de la declaration qu'il a faite au lendemain des
elections municipales...
(Du correspondent du Times d Paris.)

b) LE PROBLAMB PALESTINIEN (Tinias, 13/11) :
c ...Les hommes d'Etat des pays de la Ligue arabe
pensent fermement que si l'intervention exterieure peut
etre 6vitee, les Juifs et les Arabes de Palestine seront
obliges, 6tant donned l'imminence du depart des forces
britanniques, de faire face A la situation et de travail-
ler ensemble. Pour qu'il en soit ainsi, les Juifs devraient,
d'apres ces hommes d'Etat arabes, renoncer A leur de.
made d'Etats distincts en change de concessions re-
connaissant la Palestine comme le foyer des traditions
juives. Les Arabes de Palestine sont plus violent. Ils
sont moins disposes que les dirigeants de la Ligue
arabe A reconnaitre l'importante communaute juive,
bien organisee, comme un facteur permanent dans
l'avenir de la Terre Sainte. Tous les groups de l'opi-
nion arabe sont cependant d'accord sur le fait que le
but immediate dolt etre d'ajourner le partage, car si le
partage ne se produit pas avant 1'evacuation des troupes
britanniques, il deviendra impossible en raison des dif.
ficultes pratiques .que l'on rencontrera pour l'imposer.
Les dures realities qui prboccupent l'opinion juive et
arabe en Palestine semblent masquees et d6formees
dans l'atmosphere oi se deroulent les discussions i Lake
Success. Meme le recent accord entire les delegations
ambricaine et sovi6tique tient pen compete des fails...
Ni les Etats-Unis, ni 1'Union sovi6tique ne se soucient
de la situation impossible qui prendrait naissance si
l'on comptait sur les Britanniques pour maintenir 'or.
dre et la security et assurer le bon fonctionnement des
services essentiels en Palestine, alors que le pays serait
administre par une commission international charge
de mettre en application le plan de partage. Le pou-
voir ne peut 6tre dissocie de la responsabilite. Si la
Palestine doit etre partagee par un organism inter-
national, cet organisme doit &tre dote de tous les
moyens d'imposer le partage. :






BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS 3TRANGARE 3


I. PRESS AMERICAINE


Revue de la press americaine du 12 novembre 1947

1. Aide americaine

Le project d'aide A 1'Europe, d4pose par le Secretaire d'Etat
sur le bureau des Commissions des Affaires 6trangeres des
deux Chambres, marque 1'ouverture d'importants ddbats que
la press et la radio suivent avec beaucoup d'intAdrt. Les
declarations faites par M. Marshall Tl'appui de ce project
recoivent une tres large publicity dans la press du 11 no-
vembre. Les chiffres cites par lut come montant de l'aide
interimaire immediate qui dolt Otre apportee A la France &A
l'Italie et A 1'Autriche, don't 328 millions pour la France,
sont reproduits sans susciter de commentaires. La plupart
des journaux publient A cette occasion des dditoriaux favo-
rables au plan Marshall. Seuls, les organes isolationnistes
continent leur opposition.
La declaration faite A la press hier par le senateur Taft
indiquant, qu'A'son avis, la some de 2.657 millions de.dol-
lars proposed pour le montant de l'aide a apporter A 1'Eu-
rope et A la Chine jusqu'en juin 1948 est beaucoup trop 6le-
vee, recoit 6galement une tres large publicity mais entraine
par centre des 6ditoriaux tres critiques dans le I Baltimore
Sun ,, le ( New York Times a et le I New York Herald Tri-
bune l. Le e Times Herald ), journal isolationniste de Wash-
ington, est seul A lui apporter un apput enter.
Etant donned que le plan Marshall propose au Congres
comporte une aide suppldmentaire qui devrait Atre fournie
par 1'Export-Import Bank, les porte-paroles de cette der-
niare se sont bleves contre l'idee qu'elle pourrait servir A
finance autre chose que des entreprises purement commer-
ciales donnant toute garantie que les emprunts qui leur se-
raient accords seront rembourses. Les journaux financiers
de New-York consacrent de longs articles aux declarations
faites par cette banque, notant que ses status ne lul per-
mettent pas de donner secours ou une aide politique quel-
conque et que son r6le dolt se border aux transactions com-
merciales.
Les correspondents politiques de Washington constatent
que le candidate rdpublicain A la Prdsidence, M. Taft, va &tre
desormals le porte-parole de opposition oui sera fate au
Congres au project d'aide presented par l'administration. Ils
rappellent que le asnateur a 6te 1'un des derniers membres
de l'arridre-garde isolationniste avant Pearl Harbor et dans
cette annee rlectorale oh la plupart des candidates r4publi-
cains 6ventuels appulent le plan Marshall, ils ne paraissent
pas surprise que M. Taft, en pregnant d&s les premieres heu-
res du debat une position ferme centre ce plan, se soit A
nouveau fait le porte-parole de l'isolationnisme americain.
Voici le detail des provisions de l'aide ambricaine faites
par M. Marshall pour l'annee fiscale se terminant le 30 juin
1948: aide interimaire A la France, & 1'Italie et A 1'Autri-
che 597 millions de dollars; aide dans le cadre du plan
Marshall jusqu'au 30 juin : 1.500 millions de dollars ; frals
d'occupation en Allemagne, au Japon et en Corde : 500 mil-
lions de dollars, aide A la Chine : 60 millions de dollars.
Montant global : 2.750 millions de dollars.
2. Relations US.A.-U.RS.S.
L'article de 1' ( Intransigeant ), annongant que la bombe-
atomique aurait 6t6 essayee par les Russes le 15 juin der-
nier, regoit une tres large publicity et entraine de nombreux
commentaires. La plupart des journaux et la radio donnent
la vedette A cette exclusivity du journal francais, mais de
nombreux commentateurs rappellent que le meme journal
s'etait fait. l'eho de rumeurs inexactes concernant 1'explo-
sion d'une sot-disant super-bombe atomique americaine, et
ils n'y accordent pas une tres grande importance, d'autant
plus que les experts americains des questions atomiques ont
fait des declarations exprimant leurs doutes que les Russes
aient dt6 capable de proceder A une telle operation.
M. Austin, dld4gu4 americain & 1'O.N.U., parlant au diner
de l'Association de la p-esse dtrangere A New-York, a ex-
prinm lui-meme des doutes semblables. La presse..note ce-
pendant qu'au course de ce diner, M. Vychmski a fait allui


sion, dans son discourse la possibility que 1'U.RE.S.'d6-
tienne les moyens de fabriquer les' bombers atomlques quand
il a dit que les Am4ricains ( croyalent > qu'ils avalent mo-
nopolis cette bombe. Le i New York Times ) et le a New
York Herall Tribune ,, relevent tous deux un autre passage
du discours de M. Vychinski : c'est celui ot le repr4sentant
russe a cit6e ]'un des homes d'Etat amrricains les plus
dminents ) qui avait dit le 24 juin 1941 : ( Si nous voyons
que l'Allemagne gagne nous devrions.aider la Russie, et si
la Russie gagne nous devrions aider l'Allemagne, et de cette
faqon les laisser s'entretuer autant que possible. Ces jour-
naux notent que cette phrase a dtd prononcde par M. Tru-
man alors qu'll dtait senateur, mais ils n'ajoutent aucun
commentaire.
3. La defense amnricaine
La press announce qu'un bombardier A reaction a vol4 de
Muroc Field (en Californie) A Oklahoma City, soit une dis-
tance d'environ 1.800 kms en 2 heures 15 minutes.
Le D1partement de la Guerre announce d'autre part qu'il
va remettre en service un total de cinquante-cinq groups
de superforteresses B-29 qui sont actuellement entreposdes.
4. Roumanie
La condemnation des leaders roumains du parti paysan
a des peines allant jiusqu'a la prison a vie est annonc~e
dans toute la press qui, jusqu'a present, ne comment pas
cette nouvelle.
Par centre, la radio reagit avec vigueur centre ce qu'elle
appelle g4ndralement cette nouvelle manifestation de 'ln-
tervention russe dans les affaires roumaines et de 1'attitude
du parti communist dans les pays satellites de 1'U.R.S.S.
5. Nouvelles de France

La press signal de Paris quelques bagarres qui se sont
ddrouldes hier aux alentours de la place de 1'Etoile. D'au-
tres articles sont consacr&s A la scission possible de la
C.G.T., dtterminde, disent les correspondents amrricains,
par le plan Marshall d'aide a la France. Les 4l1ments com-
munistes de la C.G.T. s'opposeraient A ce plan,. tandis que
les 6elments socialists, sous la conduit de M. Jouhaux, s'y
ddclareraient favorables.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE.
1. New York Tzlmds, 11/11 :
<< ...La commission Harriman a conclu que 1'orga-
nisme charge de application du plan Marshall devrait
8tre un nouvel organisme gouvernemental; que ses rap-
ports avec le Congrbs devraient 6tre 6troits et que cet
organisme devra suivre a 1'6tranger application du
programme d'aide A 1'Europe. Mais cette commission
voudrait limiter le Conseil directorial A un seul direc-
teur qui aurait le control total des operations; elle
voudrait lui adjoindre un conseil consultatif de citoyens
priv6s; elle voudrait 6galement la creation d'une com-
mission gouvernementale interminist6rielle pour 6qui-
librer les besoins de 1'etranger et ceux des Etats-Unis,
aide en cela par un conseil consultatif de produc-
teurs et de consommateurs.
La Commission du Congres et la Commission Har.
riman experiment ainsi des vues identiques en cc qui
concern la ligne de conduite gen6rale A suivre. Ces
deux commissions se prononcent en substance,pour une
p6riode d'essai d'un an pour le programme d'aide A
1'Europe, asuivant en cela la proposition qui a &6t
faite en premier lieu par Joseph P. Kennedy. Et bien
Iqu'elle le formula en .des terms diff6rents, la Com-
mission Harriman reoommande, comme le fait Harold
E. Stassen, que l'octroi ult6rieur de credits soit subor-
donn6 aux r6alisations.
SL'octroi d'une aide par les Etats-Unis, affirme cette
commission, ne devrait pas 6tre subordonne au choix
des methodes par lesquelles les pays participants attein-
dront les buts cherch6s, tant que ces methods seront






4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS lTRANGtRE


conciliables avec lea principles d6mocratiques fonda-
mentaux. Mais cette commission dit 6galement que l'oc-
troi ult6rieur de secours devrait d6pendre de la me-
sure dans laquelle les pays participants prendront
toutes les measures pratiques n6cessaires pour atteindre
les buts qu'ils se sont fix6s. I1 y a peu de chances pour
que la Commission Harriman et M. Stassen s'&cartent
de cette affirmation de M. Stassen aux terms de la-
quelle la poursuite des nationalisations dans l'indus-
trie britannique ne constitute pas l'une de ces measures
pratiques. >
(ARTHUR KROCK.)

2. New York HlePald Tribune (13/11), edition europ. :
...Bien que les pays de l'Europe orientale n'aient
pas W6t repr6sent6s a la Conference de Paris, ils ont
et6 traits, lors des estimations essentielles, comme s'ils
avaient 6t6 14. Ils n'ont pas W6t 6vinc6s. On a compt6
avec eux...
VoilA pourquoi, en fait, les auteurs du programme
6laborB6 Paris ont pu avancer les affirmations discu-
tables qu'ils ont faites sur la reprise du commerce avec
1'Europe oriental. C'est pourquoi, en d6pit du rideau
de fer et de la guerre froide, on est en train de n6go-
cier toute une sdrie d'accords commerciaux entire 1'Est
et ]'Ouest.
Le Secr6taire Marshall et le D6partement d'Etat se
trouvent par consequent devant une important d6ci-
sion A prendre. Si ron veut que le programme qu'ils
soumettent au Congrbs soit viable, ils doivent accorder
leur appui moral et politique A la politique des Seize
qui dit que < sans doute les pays participants ont Pin-
tention de faire ce qu'ils peuvent pour favoriser la re-
prise du commerce avec la sphere d'influence sovi6-
tique 2. ills ne peuvent, au Conseil des ministres des
Affairs 6trangrres, accepted un partage d6finilif de
1'Allemagne et de I'Europe, suivi d'une paix s6par6e
avec un Etat fantoche de 1'Allemagne occidental et
d'une intensification de la guerre froide. Le plan Mars-
hall nous engage, bon grr mal gre, ainsi que nos amis
d'Europe, A suivre une politique don't le but est de met-
tre un lerme A la gu.erre froide par une paix de com-
promis et non pas par une capitulation sans condi-
tions.
Car les dures rdalitds et les chiffres figurant au rap-
port de la Conference de Paris et au rapport Harriman
montrent que 1'Europe occidental et l'Allemagne occi-
dentale ne peuvent ,tre .soutenues depuis l'Ambrique du
Nord...
Au cas oil il serait impossible de reprendre les rela-
tions commercials et de parvenir A une aide r6cipro-
que entire 1'Est et l'Ouest, notre programme d'aide a
1'6tranger doit, ainsi que le souligne le rapport Harri-
ran, d6g&n6rer en quelque chose qui ne serait qu'un
simple programme de secours supplementaire. Sans
in r6glement politique ou du moins sans un mndus vi-
veUnid qui laisse la porte largement ouverte A un regle-
ment vventuel, le contribuable amiricain se trouvera
place chaque annee, durant un temps ind6termine, de-
vant les appeals lances A sa charity et a sa crainte du
communism. ,
(WALTER LIPPMANN.)

b) LE PROBLAME ALLEMAND (New York Herald Tribune,
13/11, 6d. europ.).

a ...L'Union sovidtique, dit-on, proposera i Londres
un retrait simultan6 de toutes les forces d'occupation ;
elle proposerait egalement de laisser ensuite le people
allemand 61ire un gouvernement central pour une Alle-
magne uni'fie. Cette proposition constituerait une pro-


pagande sovi6tique efficace. Elle s'accorderait bien avoc
les tactikques inaugur6es par M. Molotov il y a un an.
Si cette proposition 6tait adoptee, un gouvernement
allemand sous contr6le sovi6tique serait naturellement
cr66 rapidement A Berlin. Un tel gousernement serait
maintenu an pouvoir par l'armbe allemande ( libre ,,
A l'entrainement de laquelle le Kremlin prochde depuis
longtemps sur le sol russe, et les manoeuvres qui ont
r6ussi aussi heureusement en Hongrie et dans Wd'au-
tres regions de l'Europe orientale, se renouvelleraient en
Allemagne.
II n'y a aucune raison de croire que les puissances
ocidentales tomberont dans le pilge sovi6tique. Mais
ce qui est iniqui6tant, c'est la persistence de cette rumeur
selon laquelle les Etats-Unis, pour complaire aux Alle-
mands, soumettrait une contre-proposition semblable
A celle qui a 6tA faite rkcemment pour la Cor6e, et qui
demanderait ide procbder A des elections nationals sous
ile contrble des Nations Unies, apres quoi 1'Allemagne
serait 6vacu6e par les forces d'occupation.
Voil' qui signifierait I'abandon de toute politilque a
long term pour 1'Allemagne qui puisse entrainer 1'6ta-
blissement de garanties appropri6es pour 1'avenir. Voilfi
qui signifierait V'abandon .de toute tentative pour assurer
une kldcentralisation politique, un d6sarmement v6ri-
table, I'imposition de controls internationaux dura-
bles sur la Ruhr, ou la transformation de l'esprit alle-
mand.
Si nous suivons une politique coh6rente pour 1'Alle-
magne, cela ne se volt guore...
L'existence d'une Allemagne oriental contr616e par la
Russie le rest de 1'Allemagne 6tant sous le contr6le
.des puissances occidentales signifie au moins un
partage temporaire de 1'Europe, avec toutes les 'divisions
economilques et les antagonismes politiques qu'implique
ce partage. Mais si grands que soient les dangers d'une
telle impasse, ils sont bien moindres que ceux qui pai-
traient d'une reconstitution immediate d'une Allema-
gne unifie sous 'la direction !d'un gouvernement cen-
tralis6.. .
(SUMNER WELLES.)


IH. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press soviLtique du 12 novembre 1947
Lee rubriques 6trangeres, de deux pages environ, garden
un caractre d'information.
1. L'Assembl6e g6nrale de 1'O.N.U.
Des comptes rendus sur les travaux de I'O.N.U. paraissent
dans tous les journaux, qui reproduisent le discours pro-
nonc6 par M. Vychinski au Comit6 politique le 6 novembre.
Le ton reste celui de la pol6mique : Attitude unilatdrale
dans la question de l'admlssion de nouveaux membres ,
I'O.N.U. 3, ( Le ddldgud amdricain done des ordres et de
nouveau les mains se 16vent ,.
Le ddldguB francals, M. Parodi, est accuse en l'occurrence
d'avoir fait exclusivement le jeu du bloc anglo-amdricain
qui, d'ailleurs, x dispose d'une majority constant dans tous
les organs de l'O.N.U., y comprise le Conseil de .Scurit4 ,.
DYautre part, ( Trud ) public une lettre de son correspon-
dont particulier a New-York, Lladriansky, qul, sous le ti-
tre : a DImocratie amdricalne sans fard ), reprend les re-
v6lations de la revue c United States News a sur le r6le
des agents des trusts au Congr.s.

2. La lutte du camp d6mocratique
La press continue k faire 6tat des messages adresses par
des chefs de gouvernements strangers au mar6chal Staline








BULLETIN QUOTIDIEN DE PBESSE ATRANGRBE 5


et & M. Molotov A l'occasion du 30" anniversaire de la Rd-
volution d'Octobre.
Protsenko,'dans ( Trud o, critiquant les vues que M. Bul-
litt avait exprimses sur la Chine dans ( Life ), affirme sa
conflance dans les forces populaires chinoises, qui poursui-
vront la lutte jusqu'au complete 6crasement des armies de
la reaction.
3. La politique du Departement d'Etat
La politique du Departement d'Etat et ses incidences
fournissent matire a une serie de telgrammes de second
plan: (( Rapport de Truman au Congres >, < La press
6trangere et l'action du ComitO Harriman >, e Coup d'Etat
au Siam >, Les enqu&teurs americains en Indonesie >.


IV. PRESS BELGE


APRAS LE DISCOURS DE M. MARSHALL (Le Drapeau
Rouge, 12/11, communiste.
i ...Le plan Marshall est n& .de l'impossi'bilite pour
1"&conomie ambricaine d'absorber, comme avant la
guerre, sa production. L'asphyxie ou la conqukte de
nouveaux marches, telle est I'alternative.
Pourtant le probl6me des exportations ne peat 6tre
resolu, que si les pays importateurs, traitant avec les
U. S. A., d'6gal a 6gal, leur envoient l'quivalent des
achats, et c'est li une chose impossible pour un pays
qui regorge de richesses aux mains d'une minority pri-
vilegibe. Peu lui imported, A cette minority, si les expor-
tations *en sens unique se traduisent, .dans les pays im-
portateurs, par la baisse de la production national
(voyez deja notre industries textile), le ch6mage, la mi-
sere des masses laborieuses et la baisse du pouvoir
ki'achat. On se rattrappera, pense Wall Street, en 6ten-
dant les nouveaux marches au monde entier.
A n'en pas douter, c'est d'id6e qui preside 4A l'exploi-
tation de type colonial. On la retrouve constamment
dans 1'expos6 du plan Marshall. Elle est exprimbe avec
le plus de cl.art6 Idans le passage qui pr6conise 1'envoi
de contr6leurs. Ceux-ci refuseront tout credit don't l'em-
ploi g&nerait les exportations ambricaines. C'est lA le
.contr6le du budget, tel qu'il se pratique en Grece et en
Turquie. En un mot comme en cent, le plan Marshall
est le plan de colonisation de 1'Europe occidentale, de
creation d'Etats vassaux, avec toutes les consequences
que cela comporterait pour nos libertes... >
(J. LONCIN.)


V. PRESS SUISSE

LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (Gazette de Lausiane,
13/11).
11 tombe sous le sens que le gouvernement ambri-
cain veut 6viter a la France, a d'ltalie et A 1'Autriche an
d6sastre iconomique qui engendrerait de dangereux
troubles sociaux. En leur accordant une aide financiere
immediate il use du aneilleur moyen susceptible d'endi-
guer la poussee exLremiste qui profiterait aux Sovieti.
Mais ceux-ci ne se trouvent pas completement d6sarmbs
devant operationn amoricaine tendant a renflouer les
Etats de l'Europe occidentale tombs dans le denue-
ment. En face .du plan Marshall, Moscou essaye ,d'of-
frir sa participation et celle de ses allies au relevement
bconomique des pays de 1'Europe occildentale. De la
sorte, le Kremlin peut esp6rer contrebattre l'influence
que la Maison Blanche ne manquera pas d'exercer de
facon plus marquee sur la politique des Etats de 1'Eu-
rope occideritale.
Pour parvenir a ses fins, l'U. R. S. S. n'h6site appa-
remment pas A sacrifier ses propres allies, qui competent
sur son assistance pour restaurer leur .conomie, en des-
tinant d'exc6dent de ses resources a I'Occident. C'est
ainsi que la semaine derniere l'Union Sovietique a
offert 300.000 tonnes de c6erales a la France, livrables
jusqu'en aofit prochain. Elle a sign tout r6cemment un
traits de commerce avec la Norvege a laquelle elle s'en-
gage A fournir du bl6 et du seigle. Elle souhaite, sem-
ble-t-il, reprendre les n6gociations commercials avec
Ja Grande-Bretagne, interrompues au course de l'.t6. Mais
il y a plus : les pays satellites de I'U.R.S.S. sont 6gale-
ment mis 'A contribution. Au lieu d'orienter toute leur
Bconomie en < circuit ferm >>, les pays de 1'Est conti-
nuent de faire du n6goce avec ceux de I'Ouest et si cette
situation se produit au detrimentt du < plan Molotov o,
elle y est par lA meme favorable, puisqu'elle fait dans
une certain measure bchec au plan Marshall >, non
plus en IdegA mais au delk du rideau de fer...
II est certain que, si le plan Marshall peut 6tre Btendu
a 1'Est de l'Europe, l'Est ne saurait produire et exporter
assez pour remplacer le plan Marshall en Occident. Or,
c'est le resultat malheureux .d'une situation ofi le poli-
tique l'emporte sur 1'bconomique. Car il faut bien ad-
mettre que, sur ce dernier plan, !'Est et 1'Ouest de notre
continent ont des economies compl6mentaires. >


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009










































































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