Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: November 10, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00232
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text


SERVICES FRANQAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETT'ES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN



DE PRESS


10 novembre 1947.


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
S ET DE PRESS


Qu


N


ETRANGERE


Nouvelle Serie NO 815


SOMMAIRE,

I. -- PRESS BRITANMNIQUE.
a) Le discou'rs prononcp par M. Molotov a 1'occa-
sion du XXX" anniversaire de la Revolution
d'Octobre.
1 Tlhrels '(8/11);
2 MiancJhes3er Gialdt n (7/11);
3 New.s CloaiIcPe (8/1'1);
44 Daily Worker (8/11).
b) La situation econ.omique en France (Times,
8/11).
II. PRESS AMERICAINE.
*a) L'aide americaine h 1'Euro'pe (New York He-
Izld Tlrtbbune, 7/11);
b) La !politique 6trangBre des Etats-Unis (New
York Tzmiets, 6/111).
III. PRESS SOVIETIQUE.
(a) Le XXXe anniversaire de Ia R6volution d'Octo-
bre (Prati(a, 6/11);
,b) L'aide americaine A 1'Europe (Izvestia, '6/11).
IV. PRESS POLONAISE.
La camppgne mende en Allemagnie en faveur d'une
revision de la frontiere oriental (Polska
Zbrojri., 7/11).
V. PRESS BELGE.
Vers une fusion de la zone frangaise d'occupation
et de la bizone? (La M-6tilopiole, 7/11).
VI. PRESS SUISSE.
a) AprBs les Blections municipales en Grande-Bre-
tagne (Notztloiial Zelitung, 8/111);
b) Le XXX" anniversaire de la Revolution d'Octo-
bire (Gazit4e d LvW4u4nne, 8/11).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique du 8 novembre 1947
Tandis que la plupart des journaux donnent la vedette .a
des sujets d'ordre int6rieur, le ( Times )>, le < Daily Tele-
graph ), le ( Manchester Guardian concentrent plus spe-


cialement leur attention sur les questions internationales :
I'aide americaine a 1'Europe, les relations russo-amdricaines,
la question allemande, la Palestine, etc... Le ( Daily Herald )
consacre son gros titre et une partie.de sa premiere. page
aux conflicts sociaux a Paris.
1. Aide americaine a l'Europe
Ce sont le ( Daily Telegraph ) et le ( Manchester Guar-
dian ) qui consacrent les articles les plus longs a cette
question.
Le correspondent du ( Daily Telegraph ) a Berlin, annon-
gant le depart de l'ambassadeur des Etats-Unis a Londres,
ecrit que celui-ci a etd appel6 par le Prdsident Truman pour
attester devant les Commissions des Affaires Etrangeres du
Sdnat et de la Chambre 4es Reprdsentants de l'urgence de
la situation dconomique europdenne,
D'apris ce que croit savoir ce correspondent, les Etats-
Unis pourraient consentir immddiatement une aide de 300
millions de livres avant l'adoption du Plan Marshall lui-
meme. Certains indices favorables lui font penser que les
debats du Congres sur cette question ne se perdront pas
dans les polemiques. Toutefois, il restera encore certaines
questions epineuses a rdsoudre telles que :
Le degrd de contr6le exerce par les Etats-Unis sur l'uti-
lisation des fonds accords.
Le type d'organisme charge d'erxercer ce control.
La proportion entire 1'aide en denrdes et l'aide en dol-
lars.
La creation du fonds de stabilisation et, par dessus tout,
1'importance du programme d'assistance.
Pessimiste quant A i'aide immediate, ce correspondent l'est
moins en ce qui concern 1'aide a long terme qui ne pour-
rait 6tre accordde que l'annee prochaine. Ii espere, d'autre
part, .que M. Douglas contribuera, par son intervention, a
hater les pourparlers entire les Etats-Unis et 1'Europe, no-
tamment sur la question des prix et des contrl6es.
Le correspondent du ( Manchester Guardian > signal, lui
aussi, que 1'une des questions epineuses relatives a i'aide
americaine sera de savoir ce que les pays d'Europe front
de l'aide qu'ils recevront.
Il estime aussi que la prochaine session du Congres sera
consacrde uniquement aux questions de 1'aide immediate et
a la lutte centre 1'inflation aux Etats-Unis et que le Plan
Marshall proprement dit ne sera pas 6tabli avant 1'ann&e
prochaine.
D'aprBs le correspondent du a Times ) a Washington, le
dernier discours de M. Molotov aura certainement pour effect
l'adoption du Plan d'aide par le Congres.
On penserait meme a Washington que la tactique russe
est concue de maniere la donner au Plan Marshall un but
purement anti-communiste, ce qui permettrait aux Russes
de s'en servir comme d'un moyen de propagaide en Europe.







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TRANHGi E


2. U. I. S. S.
Dans le meme article, le correspondent du ( Times a )tu-
die les reactions americaines devant les autres passages du
discours de M. Molotov. D'apres lui, les allusions russes a
une cruise 6conomique proche aux Etats-Unis auraient pu
dveiller une certain inquietude il y a deux ans, mais main-
tenant personnel ne craint une telle crise et l'on repond a
M. Molotov en faisant remarquer qu'il est pour le moins
strange que le monde enter se tourne vers un pays voue a
la ruine economique pour lui demander de l'aide.
En ce qui concern la bombe atomique, l'opinion amdri-
caine ne croit pas que,.meme si la Russie en possdde le se-
cret, elle n'est pas en measure d'en fabriquer. Si M. Molotov
avait voulu impressionner les Americains, il aurait pu le
faire en apprenant qu'il pourrait livrer des tonnes de bl6 sur
son exc6dent ou en offrant a 1'Europe occidentale 26 millions
de tones de carbon.
Le ( Daily Mail ) public une depeche d'apres laquelle cer-
tains manifestes anti-britanniques et anti-americains au-
raient 6t6 lus a la suite du defil& militaire sur la Place
Rouge.
3.. France
Le ( Daily Herald > intitule son article sur la situation
& Paris : La bataille entire les salaires et les prix fait rage
a Paris. > Il expose longuement les diffdrents movements
de groves qui advissent dans la capital et les measures prises
par le gouvernement pour maintenir les prix a leur niveau
actuel.
Le correspondent du < Daily Telegraph a s'attcnd A ce
que le movement de groves gagne toute la France.
4. Allemagne
Le correspondent du ( News Chronicle > envisage l'election
d'un Parlement allemand provisoire sous les auspices fran-
gais, americains et britanniques dans les zones occidentales
en cas d'chec de la Confirence de Londres. On envisage-
rait 6galement la creation d'une monnaie commune aux
trois zones.
Le correspondent diplomatique du < Daily Worker > fait
6tat d'un d6menti publiC par le Poreign Office sur de tels
projects. Toutefois, il croit pour sa part que les negociations
dans ce sens sont d&ja avancees ; r M. Bevin ayant peu
d'espoir en un accord et montrant peu d'empressement A fa-
ciliter une issue heureuse des pourparlers >.
5. Balkans
Le correspondent diplomatique du a Manchester Guar-
dian a donne de longs details sur le proces de M. Jovanitch
et de M. Gazi a Belgrade. Il ecrit que < les details qu'on a
regus confirment la premiere impression que ce proces n'a
guere ete autre chose qu'une farce >.
Le correspondent de ce meme journal a Paris announce
que les socialists frangais ont adopt une attitude plus
claire qu'auparavant sur les proces qui ont lieu dans les
pays balkaniques. Il se refere notamment a un article du
< Populaire > condamnant les m6thodes totalitares em-
ployees par les gouvernements balkaniques pour liminer
leurs adversaires politiques.
6. Pologne
D'apris le correspondent du ( Manchester Guardian ) a
Varsovie, la plupart des Polonais ( se resigneraient ) de
plus en plus a accepted l'amiti6 de la Russie, surtout parmi
la jeune generation.

a) LE DISCOURS PRONONCE PAR M. MOLOTOV A L'OCCASION
DU XXX" ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION, D'OC-
TOBRE.

1 TiVnes (8/11) :

( ...Le dogme sovi6tique 'pose pour M. Molotov que
tons les r6gimes capitalistes doivent tot on tard et
probablement !plus tot que plus tard aboutir A une
catastrophe d'oA ils ressusciteront A la lumiere de la
d6moeratie, telle qu'on Pentend en Russie... Le pro-
blAme important et r6el, don't dependent bien d'autres


choses que l'avenir de la doctrine sov.itique, est de
savoir si l'6volution de la politique russe est inexora-
blement li6e A ces suppositions, ou si les dirigeants de
cette ipolitique sont encore capable de rechercher sur
le plan 'pratique 1'6quilibre de leurs ambitions et de
leurs int6rats avec ceux des puissances oceidentales,
ce qui a toujours e6t la tache de la diplomatie...
Meme maintenant; si les dirigeants russ-es pensent
ce qu'ils disent, les paroles violentes qui sont pronon-
c6es a Moscou on qu'on y r6epte .ne doivent pas emp&-
che.r n6cessairement un r6glement de problmes ur-
gents et pratiques, tels que l'avenir. pacifique de i'Alle-
magne et de l'Autriche, et les moyens de sortir de
l'impasse od l'on a about iaux Nations Unies. Elles
ne devraient pas emp8cher necessairement les satel-
litles occidentaux de la Russie de bhn6ficier, comme ils
le d6siraient, de l'aide am'ricaine. Aucun conflict
dt'ideologies n'oblige la Russie A agir comme elle l'a
fait et continue de le faire. On a prononce de dures
paroles, aussi bien A 'Londres et A Washington qu'A
Moscou, miais les gouvernements non comimunistes
peuvent proclamer en toute sincerity que, dans la lutte
pour 6tablir la paix et reconstruire le monde, ils sont
prets a < donner et A recevoir i. Cette attitude ne
servira de rien, non plus que les protestations ami-
cales de MM. Staline et Molotov, a moins que la Russie
ne veuille admettre de temps en temps que, dans les
questions pratiques de s6curite international, le pre-
mier mot de la formule < donner et recevoir D dolt
etre mis en pratique si l'on veut que le tout ait un
sens. Tel est le choix qui se present a la Russie, et
la Russie seule peut en d6cider, mnais le monde entier
attend avec impatience de connaitre la decision, qu'elle
prendra. 2

2 MaHaiwrchieper Gu lidtift (7/11, liberal)
< ...II serait facile de prendre !pour argent comiptant
les discours prononc6s par MM. Molotov et Jdanov, et
de penser que la Russie s'est lance dans une nouvelle
offensive centre l'Ouest. C'est sans aucun doute la fa-
gon don't les dirigeants communists russes voudraient
qu'on consider ces discours. Ils ,aimeraient que nous
ayons peur. Mais si nous nous rappelo.ns certain au-
tres 6vnnements qui se produisent, nous pouvons pen-
ser que ce ton agressif est !plutot dfi h un sentiment de
faiblesse que de force. Si la Russie 6tait v6ritablement
sure que le communism gagne du terrain et que le
capitalism est e.n (d6clin, serait-il aussi n6cessaire
d'ecraser toutes les forces de l'opposition dans les
Etats satellites? Serait-il n6cess,aire d'obliger les parties
communists frangais et italien h changer de tactique?
Serait-il n6cessaire que M. Molotov agisse comme il le
fait h I'O.N.U.? Serait-il n6cessaire, en Russie meme,
de soulever l'indignation centre les strangers et d'em-
p6ciher l'infiltration des id6es etrangeres?... Les diri-
geants russes cosmprennent que leur expansion est mise
en 6chec. Mais, bien que cette pens6e doive nous inci-
ter A aller de t'avant pour faire un succs de la re-
construction europ6enne, nous ne devons pas ignore
les difficulties que les Russes font naitre sous nos
'pas...

3? News Ch initcle (8/11, liberal) :
< ...II est presque certain que le discours de M. Mo-
lotov s'adressait seulement au people russe. On a telle-
nent donn6 de publicity r6cemment en Russie aux
intentions hostiles de < l'imp6rialisme capitalist > que
lon pensait probablement que certaines gnranlies
6taient souihaitables.
En tout cas, la declaration de M. Molotov a Wte. ac-
,cueillie par son auditoi.re avec des applaudissements







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRANGERE


qui ont dure vingt minutes. Ges appplaudissements
Ctaient-ils la preuve d'un sentiment de soulagement i
'I'egard de craintes profondes que l'on 6prouvait de-
puis longtemps, ou bien l'cxpression d'une fierte natio-
nale? Nous n'en savons rien, anais dans, les deux cas
c'est une triste manifestation de 1'6tat d'esprit de
I'humanit6.. a

4 Daily Woutker (8/11 com uniste) :
< Dans son discours prononc6 A l'occasion .de l'an-
niversaire 'de !a revolution russe, M. Molotov 'a d&crit
la situation mondiale dans des terms qui etaient ex-
cessivement nets.
Un porte-parole du Foreign Office a d6plore ce dis-
cours, qu'il qualified de << malheureux >>, l'approche 'de
la conference ,des ministres 'des Affaires etrangeres.
'Cependant, c'est sfirement un advantage que les
grands problemes qui sont en jeu soient dafinis en ter-
mes clairs de fagon A ce que tout le monde puisse
comprendre de Iquoi ii s'agit exactement... >

b) LA 'SITUATION ICONOMIQUE EN FRANCE (Times, 8/11).
i( ...Pour une raison ou pour une autre, aucun gou-
vernement franiais depuis la Liberation n'a jamais es-
saye v6ritablement 'd'6quilibrer le budget, bien que peu
de sujets aient Wte autant discutes. Tout d'abord, le gou-
vernement 6tait nouveau et inexp.rianent6 ; il devait
assumer la lourde tAche de reoonstruire. Plus tard,' en
1946, la n6cessit6 d'&quilibrer le budget est revenue ur-
gente, mais il n'y 'avait pas 'de gouvernement stable en
measure d.'agir. Entre temps, les effects de I'inflation se
sont faith sentir de facon p6nible sur les pauvres. M. Ro-
bert Schuman, ministry des Finances, a maintenant sou-
iris un project de r6forme du systime de l'imp6t, qui
aligne sur le cofit r6el 'de la vie les d6grvvements fixes
avant la derniere hausse des prix... Et on se demandera
toujours si les nouvelles facilities rendront les oontribua-
bles plus dasireux de cooprrer. On. demand mainte-
nant 'des measures energiques d'6conomies et des r6for-
mes a un gouvernement qui eest encore moins sbir d,
son avenir que n'importe quel autre depuis ]a fin de
la guertre. Les menaces de troubles dans l'in'dustrie,
d'un deficit budg6taire permanent et d'une inflation en-
core plus grande planet toujours. Pour sortir la France
de ses difficulties financiires, M. Ramadier n'a besoin
de rien moins que l'encouragement et 1c soutien de la
grande majority de la nation, et c'est la deux choses
sur lesquelles it ne peut computer. >



II. PRESS AMERIGAINE


Revue de la press ammricaine du 7 novembre 1947

1. Relations entire les U.S.A. et 1'U.R.S.S.
Le discours radiodiffusa prononc6 par M. Molotov a l'oc-
casion du trentiame anniversaire de Revolution russe tient
la vedette dans tous les journaux qui mettent surtout en
valeur le passage indiquant qu'il n'y a plus de secret de la
bombe atomique. De nombreux articles signalent les r4ac-
tions des milieux scientifiques am6ricains et -des milieux
gouvernementaux a cette affirmation. On croit g6ndralement
que 1'U.R.S.S. a connaissance des principles de fonctionne-
ment de la bombe, mais qu'elle ne possede pas encore les
moyens techniques de sa fabrication. Ce discours ne parait
pas avoir inqui6t6 outre measure les milieux officials am4-
ricains si 1'on en croit les depeches des correspondents po-
litiques de Washington. Par contre, il parait avoir product


une impression tres pessimiste a la veille de la reunion des
quatre Ministres des Affaires dtrangeres. Les attaques diri-
gees contre les politiques am6ricaine et anglaise, bien qu'at-
t6nuees par l'expression du desir russe de collaboration in-
ternationale, illustre, dit-on, un etat d'esprit peu favorable
a un rapprochement des points de vue russes et occiden-
taux.
Les d16gues anglais et ambricains a l'O.N.U. ont du reste
accuse a leur tour 1'U.R.S.S. de s'opposer a la conclusion
d'accords sur la bombe atomique et sur le desarmement en
general. Les d6piches de Lake Success relevent ces interven-
tions anglo-americaines. L'attitude de M. Vychinski 1l'6gard
( de la petite Assembl6e >> approuvie hier par la Commis-
sion politique de 1'O.N.U.. est 6galement soulignee dans des
articles de la press de New-York.
D'autre part. les nouvelles venant de Prague et de Buca-
rest indiquent que l'offensive des communists contre les
parties qui leur resistent se pursuit avec succes. Le renvoi
de M. Tataresco et la dissolution du parti slovaque demo-
crate sont annonces par des correspondents americains r6-
sidant dans ces capitals. Dans un article, Alsop s'attaque
en particulier a M. Fierlinger, socialist tch6coslovaque,
qui, dit-il, control le vote socialist au Parlement. Il le con-
sidere come l'un des < supp8ts a de Moscou, par contre il
estime que M. Benes continue a rdsister malgr6 la grande
fatigue qui l'accable. Une d&plche du correspondent du
( New York Times a de Vienne declare de source absolu-
ment digne de foi que les instructions de Moscou sont de
liquider ( toute opposition efficace aux plans russas avant
la fin novembre ). On croit, dit-il, que cet ordre est la con-
sequence immediate de la formation du Cominform. De
telles instructions auraient 6te adressees en particulier au
parti communist hongrois.

2. Aide americaine a 1'Europe

La press reprend les extraits du rapport du Comit6 Her-
ter sur la situation europeenne ainsi que les declarations de
ce dernier. Ce Comit6 aurait jusqu'A present 6te unanime
sur les measures a prendre pour aider 1'Europe. Un passage
de ce rapport declare notamment qu'au cas oi le Congris...
n'estimerait pas qu'il puisse etablir un autre systmme d'aide
a l'6tranger avant la fin de la presente session, le Comit6
recommande que I'on decide d'autoriser 1'emploi de fonds
pour l'achat de products par l'intermediaire de 1'Export
Import Bank et de la Commodity Credit Corporation, pour
toute aide qu'il serait necessaire de donner a la France et
t 1'Italie jusqu'au 31 mars prochain. Selon ce rapport, on
doit noter que la demand frangaise d'une advance de trente
millions de dollars, qui doit permettre A la France de rem-
bourser la Belgique pour les services rendus par les travail-
leurs belges en France et qu'une demand similaire de dix
millions de dollars pour s'4cquitter des obligations franCai-
ses au Bresil, ne constituent pas une demand d'aide extra-
ordinaire mais se rapportent aux problems de la balance
des paiements. En mame temps une aide extraordinaire a la
France permettra a 1'dconomie franqaise d'dvoluer de telle
sorte qu'elle pourra equilibrer la balance total des paie-
ments.
Les correspondents a Washington notent que le president
de la Chambre et le president de la Commission des Affai-
res etrangares du Sdnat sont d'accord avec le president
Truman pour que le Congres s'occupe tout d'abord de l'aide
a 1'Europe au course de sa session special et qu'il laisse de
c6t6 les problems moins immadiats tels que la reduction
des imp6ts americains et autres measures interieures visant
a combattre l'inflation.


3. Syndicats americains

Le National Labor Relations Board a annonc6 hier qu'il
ne reconnaitrait pas aux syndicate qui ne se conformarent
pas a la loi Taft Hartley le droit de discuter avec les em-
ployeurs des questions de salaires. On sait que cette loi de-
mande que les syndicats soient declares et que leurs chefs
fassent des declarations indiquant qu'ils ne sont ni commu-
nistes ni sympathisants communists.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED fTRANGARE


4. --- France
.Les graves parisiennes font l'objet de quelques articles
dans la press americaine. Seul le New York Tim<-s D con-
sacre un article au discours radiodiffus6 de M. Jules Moch,
sur les measures que le gouvernement frangais a decide de
prendre pour empucher que 1'augmentation du prix du char-
bon n'entraine une nouvelle hausse g6nerale des prix. Une
d6peche U. P. announce que le gouvernement pursuit le
journal < Ce Soir > pour avoir annoncd que le franc serait
devalu6, 6branlant ainsi la confiance de la nation dans sa
monnaie.

a) L'AIDE AMeRICAINE A L'EUROPE (Nev l'ork Heraild
Tribune, 7/11).
( L'adhesion enthousiaste et lucide du gouverneur
Dowey au principle du plan Marshall devrait pcrmettre
d'isoler davantage lc vast-e problem de la reconstruc-
tion europ6enne de considerations hors de propos et
'des passions de la polilique partisan. De plus, M. Dewey
met utiEement la lumiere sur certain aspects fondamen-
taux des problemes important que ce plan soulive.
Nous ne pouvons subordonner ce programme de re-
levement A des conditions politiques, ni essayer d'en ti-
rer part pour faire checkc au sociaiisme europeeii ; nous
sommes d6ej en presence 'de deux inondes -- c'est un
de trop et nous ne devons pas multiplier les divisions
de ce genre.
Voila qui devrait permettre de faire table rase des
idWes les plus bizarre Ique nourrisseni trop couram-
ment les membres 'du Congrbs et d'autres personnel en-
core sur lcs consequences que pent avoir l'octroi d'une
aide dans le cadre du plan Marsha'l. Ceci laissc encore
la discussion ouverte pour de vastes problemes en ce
qui concern la facon don't le plan sera appliqu6...
Le plan Marshall est destiny A constituer un program-
me d aide continue et, en tant que tel, il faudra orga-
niser son application d'une facon ou d'une'autrc. Mnmc
si l'on ne cherche pas A faire intervenir des consid6ra-
tions politiques, il restera un domaine plut6t obscur oil
il faudra toujours prendre 'dcs decisions. Le people
am6ricain insistera pro ab!ement avec raison pour que
cette aide soit accord6e d'une facon qui entrhine les re-
sultals 6conomiques stabilisation de la monnaie, ac-
croissement de la production, solvabilit6 qui consti-
tuent ses buls. C'est la uqueque chose de difficile. D'un
cot6, il est difficile de poser des conditions. 6conomiqucs
sans border des problemes politi(ques epineux; d'uni
autre c6t, il est difficile 'de savoir A l'avance quels sc-
ront les r6sultats v6ritables d'lne politique 6conomikque
donn6e, come l'exp6rience nous i'a montr6 a propose
de la clause de convertibilit6 incluse dans le pret ame-
ricain A la Grande-Bretagne...
L'autre domaine dans sequel il est impossible de ne
pas recourir A une certain measure d'organisation, est
a peine moins d6licat : il concern les repercussion du
plan Marshall sur l'6conomie inlerieure. II fau'dra creer
un organism competent, soit pour donner des conseils
soit pour prendre 'des decisions dans des domaines tels
que les pritorit6s, les attributions, les measures A pren-
dre 6venluellement en mati6re de rationnement et de
con'r6le des prix. Le Congres peut definir le plan g6-
n6ral, imposer de large directives et voter les fonds,
mais aussi bien h P'tranger qu' l'interieur, il sera n6-
cessaire 'de recourir A une certain forme d'organisa-
tion permanente... >>

b) LA POLITIQUE ATRANGERE DES ETATS-UNIS (New York
Times, 6/11) :
<< Les buts de la politique americaine sont d6flnis A
nouveau dans deux brochures qui sont pub6lies par


le Dpiparteanent d'Etat, et qui passent en revue les as-
pects actuels de cclte politique ct le d6veloppement du
plan Mashall...
('cs bIocelu 'e'. proclament notre resolution de sou-
tenir les Nations Unies, mais elles font ressortir 6gale-
anent que les Etats-Unis sont pleinement conscients de
la responsabilit6 qui leur income de prendre l'initia-
tive en essayant, avec les autres puissances amies, de
trouver des solutions a des iproblemes qui, s'ils
n'6laient (pas resolus, pourraient conduire a une catas-
trophe. A ce propose, ils lancet cet avertissement que
si certaines puissances continent mnettre en peril le
retablissement de la paix et la cooperation internatia-
nale, le monde devra agir sans elles et au besoin con-
tre elles.
En parvenant A ces conclusions, les brochures re-
connaissent franchement la faillite de la cooperation
des grandes Ipuissances a la fois aux Nations Unies et
dans tous les efforts d6ploy6s (pour 6tablir la paix. Ces
brochures professent la meme franchise en rejetant la
responsabilit6 de cet 6chec sur la Russie, qui a emp&-
th6e les Nations Unies de < recueillir les fruits de la
paix et de la victoire >. Elles reconnaissent implicite-
ment I'erreur fondiamentale qui existait non seulement
dans les buts, mais dans les m6thodes utilis6es pour
atteindre ceux-ci, en cherchant A apaiser une Russie
que ]es Etats-Unis ont franchement mal comprise. C'est
cette .erreur que l'on corrige maintenant dans les pro-
pos et, dans le's faits, et la doctrine Truman, le plan
Marshall... cit6s en example par ces brochures, ainsi
que << l'operation Backtalk en Allemagne, sont les
premieres consequences de cette no'velle orienta-
tion... .


III. PRESSE SOVIETIQUE


a) LE XXXe ANNIVERSAIRE DE LA. RlwVOI.U'ION D'OCTOBRE
(9ltaAdrfa, 6/11) :
< ...Les trente ann6es qui viennent de s'ecouler ont
d6montr6 qu'on ne peut vaincre le socialism, que le
capitalism se meurt et est vou6 A la ruine. Ces trente
1ann6es ont r6ussi A d6montrer que le regime 6cono-
mique ciapitaliste n'a aucune base s.olide, qu'il a fait
son temps et qu'il doit ceder la place A un autre r6-
gime 6conomique plus 6volu6, le system socialist
sovi6tique.
Parce qu'ils voient dans 1'U.R.S.S. et dans les aubres
pays de la d6mocratie nouvelle 1'obstacle principal A
1'ex6cution de leurs plans de conqu6te, les imperia-
lisites on't proclam6 contre eux la guerre sainte... Mais
routes leurs tentatives d'intimidation sont d'avance
voues a l'ci6hec. Que ces messieurs qui ont la me-
moire si court se rappellent comment a fini la croi-
sade antisovi6tique des quatorze puissances, que Chur-,
chill reunit en son temps; qu'ils se rappellent com-
ment a fini la croisade de l'Allemagne hitl6rienne et de
ses satellites. Aujourd'hui, nous sommes encore plus
puissants qu'alors, et nous b6n6ficions de l'appui des
peuples opprim6s des colonies, ofi les movements de
liberation national ne cessent de prendre de 1'am-
pleur. Nou avons egalement l'appui des forces d6mo-
cratiques de tous les pays, y compris 1'Angleterre et
les Etats-Unis.
Non, messieurs les maitres-chanteurs, vous ne faites
peur A personnel. Ni votre & diplomatic atomique ,, ni
votre cinquieme colonne les z socialists de
droite qui ont vendu les interets nationaux de leur






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGaRE 5


pays pour des dollars no vous serviront de rien.
Nous savons que les forces de l'imperialisme s'affai-
blissent un peu plus chaique jour, cependant que les
forces du socialisme, et de la d6mocratie croissent et
prosp6rent...
Depuis trente ans, le gouvernement des Soviets bran-
dit l'6tendard de la lutte pour la paix... >

b) L'AIDE AMVRICAINE A L'EUROPE (Izfuestia, 61/11) :

< Lorsque le secr6taire d'Etat Marshall avait pr6-
sent6 le 5 juin son programme d'aide i 1'Europe, on
avait soulignu' partout l'urgence d'une telle aide, qui
ne pouvait souffrir aucun delai, 6tant donn6 la situ--
tion critique de 1'Pconomie europ6enne. Cependant,
pres de six mois se sont ,d6jL ecoulBs, et aucun pays
europ6en n'a encore reou un seul dollar en applica-
tion du plan Marshall. Deux questions se posent :
pourquoi juslqu'A present rien de concrete n'a-t-il WtA
fait pour (mettre en vigueur le plan Marshall, et pour-
quoi est-ce seuleiment le 17 novembre que s'ouvrira la
session extraordinaire du Congr6s americain? Cette
lenteur et cette indecision des ,milieux expansionnistes
am6ricains sont 'dues sans aucun doute h attitude dB-
favorable prise par les masses de l'Europe envers le
plan Marshall... Et 6galement A une certain resistance
en Amerique meme au plan de jWall Street... Bon nom-
bre d'Americains craignelit les consequences 6conomi-
ques d6favorables de la r6alisation du plan Marshall.
Ils craignent tout d'abord la repercussion que celui-ci
hurait sur les prix des denr6es de premniere nAcessitA
(qui, d'ailleurs, augmentent sans cesse depuis). D'autre
part, il y a toujours le danger -possible d'une nouvelle
augmentation des impots ou, en tout cas, d'un main-
tien des imp6ts tres 6lev6s qui existent h l'heure ac-
tuelle... Pour ces diff6rentes raisons, des industries qui
sont tres int6resses par le marched interieur ne mani-
!estent aucun enthousia'sme pour le project de credit
aux Etats europens.
Le President et le CongrBs ne peuvent pas ne pas
tenir compto de opposition de nombreux groups de
la population, d'autant plus que l'ann6e 1948 verra une
nouvoele election pr6sidentielle.,..
(VICHNiEV.)



IV. PRESS POLONAISEi


LA CHAMPAGNE MENEE EN ALLEMAGNE EN FAVEUR D'UNE
REVISION DE LA FRONTIARE ORIENTAL, (Polslka
ZbIrojna, arm&e, 7/11)
< Nous assistons actuellement en Allemagne A une
champagne .en faveur d'une revision 'de la frontier
oriental, champagne intensive et menee avec organisa-
lion et m6thode, dans la zone d'occupation britanni-
Ique. Ayant 1h leur disposition plusieurs ;millions de
r6fugies, originaires des territoires situes A l'est de
q'Oder, les nationalists allemands les utilisent pour
ipoursuivre ,une politique hostile h la Pologne et mena-
vante pour la sAcurit6 international.
Si nous voulons avoir une .paix durable, it faut met-
tre fin, une fois pour routes, A la proipagande r6vision-
nis-te et n&o-hitl6rienne en Allemagne. La paix, en effet,
le peut 6tre bAtie que sur des principles d6mocratiques,
tels qu'ils ont Ate d6finis par les accords de Potsdam, et
eion pas sur la politique imp6rialiste el anti-d6mocra-
Cique de's milieux dirigeants d'Angleterre et des Etats-
Unis. ,


V. PRESS BELGE


VERS UNiE FUSION DE LA .ZONE FRANCAISE D'OCCUPATION
ET DE LA BI-ZONE ? (La MWtropole, 7/11, catholique).
On iparle beaucoup de la fusion econo-mique pro-
chaine de La Vone franchise d'occupation en Allema-
gne avec la bi-zone anglo-amdricaine. Si elle est offi-
cielleme.nt envisage coimme pouvant constituer une so-
lution possible, cette fusion n'est pas encore d6cid6e.
Le but rest toujours la fusion Aconomique des quafre
tones et ce n'est que la Conference des Ministres des
Affairs 6trangercs qui d6terminera la direction h sui-
vre. Si elle n'aboutit pas A l'unanimitA souhait6e par
ia France, it faudra bien se r6soudre A la fusion par-
tielle.
Ce!lle-ci compontera 6videmment un certain nombre
de consequences diplomatiques et .6conomiques. II est
difficile de prejuger des premieres. Mais les seconds
sont a envisager des A present et A preparer meme, sl
i'on veut Aviter qu'elles ne r.sultent anarchiquement
,de l'imprAvision.
La premiere et la plus important de ces cons6quen-
ces 6conomiques serait le rattachement de la Sarre A
la France. On peut le considered comme acquis, a la
suite des r6centes elections qui out degag6 en sa faveur
lune majority Bcrasante.
La "France y puisera un accroissement notable de
son ipotentiel industrial, avec l'obligation d'integrer
ce bassin industrial dans le plan Monne.t et dans le
system du ravitaillement francais...
Pour la France, Ie principal advantage du rattache-
maent serait la possibilitA de mettre A profit le poten-
liel charbonnier de la Sarre. Les usines sarroises on.t
produit, avant la guerre, jusqu'A 16 millions de tonne'
de carbon par an. La moltie suffit aux besoins de
'industrie locale, le surplus pourra servir, quand il
isera produit, au reste de l'industrie francaise. N'en
,concluons pas n6ananoins que le probl6me energ6tiquc
franvai's trouverait lI sa solution complete. II man-
,quera touijours a la France le carbon qu'elle inipor-
tait entire 1919 et 1935, pbriode pendant laquelle 1'&co-
lomie sarroise lui fut djhi incorpor6e. Et c'est parti-
,culierement le coke m~tallurgique de la Ruhr qui lui
'fera dWfaut, produit don't la Sarre elle-mnme aura be-
soin.
Aussi, peut-on se demander dans quelle measure le
.problmne du carbon de la Ruhr trouverait une solu-
tion dans la fusion de la zone francaise d'occupation
&vec la hi-zone anglo-americaine. Cette BventualitB pla-
cerait les Francais sur un pied d'egalit6 avec les An-
glais et les Amaricains pour discuter de tout ce qui
concerne le grand bassin industrial allemand et assu-
rerait m eme la participation ide ses technicians A l'ex6-
,cution des plans relatifs a l'augmentation de la pro-
d*luction charbonniere. Reste a determiner dans quelle
measure une iFrane qui participerait A l'exploitation de
(a Ruhr beneficierait de son carbon et surtout de son
.coke.
C'est ide quoi se proccupe des A present la confe-
rence charbonniere anglo-franco-amiricaine qui se tient
A Berlin. II s'agit d'apporter A l'accord tripartite de Mos-
,cou les correctifs indispensable et de determiner no-
t(amment une Achelle mobile de la r6partition du char-
'bon allemand, proportionnelle au volume de l'extrac-
tion. Ainsi la France participant A la vie Aconomique
le la < tri-zone > contrblera plus facilement 1'applica-
tion du plan de relvvement Aconomique de l'ancienne
-nnamie et veillera mieux A ce que celui-ci ne precede
son propre redressement.






6 BULLETIN QUOTiDIEN bE PRESS ETRANGARE


Tel.est le sch6ma des principaux avantages de la
fusion des trois zones. II va de soi qu'ils seraient mieux
consolid6s par une unification 6conomique complete de
A'Allemagne, que la France souhaite sinclrement car
elle .affinmerait l'accord si utile des Allies. La consti-
tution de la < tri-zone ne serait qu'un pis-aller... z
(S. BERACHA.)


VI. PRESS SUISSE

a) APRES LES ELECTIONSS MUNICIPALES EN GRANDE-BRETA-
GNE (Niffloaoll Zieftlang, 8/11, Edition du matin).
a ...MM&ne des .observateurs anglais et strangers fort
ami's des travaillistes ne cessent de s'6tonner du sin-
gulier inmanque d'imagination a de ce parti, qui, en
tant que representant de la classes ouvriere, devrait
pourtant savoir q comment on parole au people >. Le
Labour Party a pr6cis6ment e6hou6 dans le domaine
deo la propaganda et de la psychologie. Toutefois le
xnm6lange d'id6alisme socialiste-marxiste, de fiddlit6 a la
,conception lib6rale de la liberty, et de christianisme
puritan qui caractdrise la doctrine du travaillisme n'est
gu6re fait pour enthousiasmer les masses ; la classes
cnoyenne surtout ne pleut s'accommoder de ce mona-
achisme socialist. Aussi bien est-ce cette classes moyen-
oee qui souffre le plus de la cruise actuelle, et c'est d'elle
que le gouvernement s'est le plus d&sinteress6. Les ca-
&tgories sociales les moins pay6es b6n6ficient d'all6-
fgements fiscaux considerables ; et si les gros revenues
sont frappp s d'imp6ts 6noranes, le < riche garde assez
,d'argent pour vivre sans se faire aucun souci. La classes
anoyenne au contraire se trouve dans une situation de-
.sagr6able : ses gains sont modestes, mais ils lui valent
.de payer 6galement de trbs fortes contributions, et si
Mr. Sanith a pu jusqu't present conserver une automo-
tile, ii lui est maintenant impossible de rouler, parce
,qu'il ne percoit plus d'essenc.e. LA-dessus est intervene
a propaganda tory qui, au sens littoral de l'expression,
1A mis < un morceau de lard sous le nez de Mr. Smith D,
.cependant qu'elle rendait le gouvernement travailliste
responsible de la diminution de la chere ration de
lard pour le breakfast et cette fois-ci Mr. Smith,
.et aussi MArs Smith ont vot6 de nouveau conservateur.
C'est avant tout la classes moyenne qui s'est, revolt&e
centre le Labour Party ; en voici la meilleure preu-
ve : ainsi que le constate le Manchester Gulaldin,, les
suffrages travaillistes sont en 16gdre augmentation par
.rapport aux dernijres elections, et la victoire des con-
servateurs est due pour la plus' grande part, aux voix
.des Anglais qui restaient nagubre chez eux lors d'un
scrutiny municipal.


Sans aucun doute, cette rebellion .proo6dant de mo-
tifs pureanent anat6riels constitute un.e injustice a 1'6gard
*du parti gouvernemental. II est vraisemblable qu'avec
on minister conservateur le lard aurait 6galement dis-
paru. Mais le travaillisme est coupable de n'avoir pas
,de < politilque de la classes moyenne ; non seulement
il n'a pas r6ussi A attirer ,de son c6t6 cette classes -
qui reopr6sente aujourd'hui dans toute 1'Europe Occi-
dentale une des forces politiques les plus im'portantes
mais encore ill l'a choquee en commettant diverse
serreurs psycho)logiques. Des < accidents minimes en
soi, ainsi que l'attaque du gouvernemnent centre la
Chambre des Lords, et par it meme, contre la tradi-
lion, ont valu au Labour Party un grand nombre de
nouveaux ,adversaires dans tous les milieux qui ne sont
-pas nettement socialists.
(Du correspondent A Lonidres de la Natijota Zeittayq.)

b) LE TpENTIAME ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION
D'OCTOBRE (Gazette die Li ~sitine, 8/11).
< ...II est maalaise de presenter une sonime de ce qui
a &t6 accompli en U.R.S.S. pendant ces trente derni&-
res ann6es. Outre qu'un tell bilan serait somimaire dans
le cadre -d'un (article, il n'.chapperait pas aux d6fauts
d'une information rendue insuffisante par l'isolement
dans lequel ce pays se confine, et sectaire A cause des
passions que souleve un regime aussi discut6 que le
sien...
...A 1'actif des fondateurs de 1'U.R.S.S. et .de Jeurs
continuafeurs, il faut sans ,doute ranger un essai de
cloisonnement territorial fond6 sur les facteurs ehtni-
ques et 6conomiques qui a pour corollaire une large
decentralisation de l'appareil acdministratif et un d6-
ve'loppement harmonieux des cultures nationals et des
particularismes locaux. Mais cette construction n'est-
elle pas d6truite dans les faits par le r6le d'un parti
comimuniiste tout-puissant, giganfesque anonolithe .qui a
son centre A Moscou et don't les organs r6gissent la
vie du hameau le plus recul6 de ,'Union ?
On ne saurait nier d'autre Ipart l'effort ininterro.mpu
qui a 06t acco'mpli en U.R.S.S. ,pendant trente ans en
vue de rattraper, en l'espace d'une g6n6ration, un re-
tard d'environ trois si6cles et de -donner A cet idimen-
se pays une structure conoanique entieremient nouvelle
base sur le principle marxiste de la socialisation des
injoyens de production. Mais ii faut se demander, pr6-
cisiement, si cete op6ra.tion a 6te couronn6e de succ6s.
Mm'e si, 1'on de.vait mn-connaitre des m6thotdes em-
ploy6es pour r6aliser cet objectif il faudrait conclure
a 1'lchec (de 1'experience socialist. De l'aveu mime de
ses ,dirigean.ts, l'Unio.n sovi6tique n'est pas un Etat so-
cialiste sdlon l'acce'ption do'ctrinale du terme... >


s7oP


S. P. 1. Imp.. 27, rue Ni-colo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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