Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: September 30, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00199
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTiRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)


LA DOCUMENTATION FRANQAISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8").




BULLETIN


DE


PRESS


30 septembre 1947.


QUO TI0 TIEiN%



E TRANRG1 E



Nouvelle S6rie No 781


SOMIAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE
a) Apres la declaration de M. Creech Jones sur
,la Palestine :
1. Mianchelester Glnrbdidn (27/9).
2. Olbserver (28/9).
b) La publication du rapport 'de la Conference
6conomique de Paris :
1. Reynolds News (28/9).
2. Obseredr (28/9).
3. Times 1(29/9).
4. News ChroniclTe (29/9).
II. PRESS AMERICAINE
a) Apres la d-claration de M. Creech Jones sur
la Palestine I(New York Tribune, 27/9).
b) L'aide arimricaine et ,la reconstruction de 1'Eu-
rope :
1. New York Timoes (26/9).
2. Chicago Sun (26/9).
3. Christian Sciencie Monitor (26/9).
III. PRESS SOVIETIQUE
IV. PRElSSE SUISSE
La politique etrangbre de 'U.. R. S. S. et 'des
Etats-Unis '(Natioincl Zeittung, 27/9).

I. PRESS BRITANNIQUE


Revue de la press britannique du 28 septembre 1947
L'attention de la press dominicale se porte plus sp6ciale-
ment sur l'aide americaine, la situation intdrieure et les trou-
bles aux Indes.
1. Aide americaine
L'6ditorial de 1' ( Observer ), analysant le rapport du co-
mit6 de cooperation dconomique europ6enne de Paris, estime
qu'il s'agit d'un document d'une indgalit6 frappante ( cou-
rageux dans l'expos6 brutal de la situation de l'Europe,
audacieux dars ses plans en vue d'un effort de production
sans 6quivoque a mais a timide a I'extr6me sur tous les
points ofi la cooperation dconomique entrainerait un sacri-
fice de la souverainetd national ) (voir cet editorial plus
loin).


D'autre part, le correspondent diplomatique de 1' ( Obser-
ver ) s'inquiete du fait que le rapport de Paris suppose qu'en
1951 1'Europe occidentale pourra importer de Russie et d'Eu-
rope orientale une quantity de bois gale a 75 % des four-
nitures de la meme annee.

2. Politique interieure britannique
Les journaux rendent compete des deux discours de M. Att-
lee et de M. Churchill. Le ( Reynolds News ) souligne que
la reduction des subsides alimentaires ne devra pas se tra-
duire par une diminution de salaires. Une lettre de M. Isaacs
demandant une stabilisation des salaires, et les bruits qui
courent de fagon persistante a propos des ( subsides alimen-
taires )) donnent aux socialists le droit de demander une
declaration sans 6quivoque de la politique du gouvernement
sur ces deux questions.
3. Inde
La press rend compete de 1'appel lanc6 par le Pakistan
a 1'Empire pour que celui-ci aide a mettre fin a la guerre
civil. Elle ne se montre pas tres optimist sur les possibi-
litds pratiques de mediation.
4. Palestine
Le a Sunday Times ) reproduit les suggestions du
( Monde > sur la creation d'une force de police des Nations
Unies en Palestine, destinde a remplacer les troupes britan-
niques. Le correspondent diplomatique du meme journal
ecrit que 1'Am6rique a 6et la premiere grande puissance a
manifester une s6rieuse inquietude devant la perspective
d'une evacuation des forces britanniques. II ajoute que la
security du Proche-Orient a 6t6 6difide sur la force d'une
position militaire britannique que le D6partement d'Etat
a consid6rde dans le pass comme plus ou moins assure,
II conclut qu'aujourd'hui les Etats-Unis, don't 1'industrie
petroliere s'est engage a d6penser d'immenses sommes pour
le developpement des gisements d'Arabie auxquels la marine
americaine est directement intdress6e, s'inquietent des trou-
bles qui pourraient survenir dans ces regions.

Revue de la press britannique du 29 septembre 1947
La question de l'aide am6ricaine a 1'Europe, l'appel lanc6
par le gouvernement de Pakistan au Commonwealth et le
probleme palestinien constituent les grands centres d'intdr6t
de la press de ce matin. La France, pour sa part, fournit
matieres a d'assez nombreux articles dans,le ( Times ), le
a Manchester Guardian ), le < Daily Telegraph > et le
( Daily Herald ). Les d6bats de I'O. N. U. passent a l'arriere
plan.


- - -- -- I
I







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGRBE


1. Aide am6ricaine a I'Europe

La plupart des journaux accordent la premiere place a la
Conference des Leaders du Congres, convoquee aujourd'hui a
Washington par le President Truman, pour discuter d'une
convocation sp6ciale du Congres et de l'aide amtricaine im-
mediate a certain pays d'Europe. Stuart Gelder, du ( News
Chronicle ), prevoit que M. Marshall adressera un appel aux
leaders republicans pour leur demander de considered le
problem comme l'un des plus graves auxquels 1'Amerique a
eu a faire face dans son histoire.
Le comite Harriman, cree pour etudier la question d'aide
a 1'Europe jouerait, d'apres le correspondent du ( Times )
a Washington, un rl6e important dans les decisions des
Leaders du CongrBs. Les conclusions de ce comite seraient,
assez defavorables a la politique du minister de 1'Agricul-
ture amliricain qu'il accuse d'imprevoyance. Mais ce comite
d'etude ne terminera ses travaux que vers le 1"' novembre
et c'est alors seulement qu'il presentera son rapport definitif
au President, lequel le transmettra aux differentes commis-
sions du Congres. D'ores et deja, on estime, ecrit le corres-
pondant de ce journal, qu'il preconisera la creation d'un or-
ganisme federal don't la tache consistera A aider a la re-
construction europeenne sans imposer aucune condition d'or-
dre politique. En attendant, ce correspondent remarque qi93
le plan Marshall a change de caractere depuis qu'il a ete
expose dans le discours du secr6taire d'Etat. ( Ce qui naguere
etait un project destine a utiliser les surplus am6ricains au
profit de l'Europe sans entrainer une dislocation important
de l'economie domestique americaine est devenu maintenant
un plan destine a sauver l'Europe du desastre au prix d'in-
convenients considerable pour le people americain. )
D'apres le correspondent du ( Manchester Guardian a,
l'opinion americaine serait loin d'etre unanime sur la gra-
vite de la situation en Europe. Certains penseraient qu'elle
a ete fort exag6ree et que les resources actuelles de 1'Eu-
rope sont plus importantes qu'on ne le pretend. Ce com-
mentateur ne croit pas que les appeals a 1'6conomie lances
par le President Truman porteront leurs fruits car de tels
appeals n'ont de chance d'6tre entendus qu'en temps de
guerre.
D'apres le correspondent du ((Daily Telegraph ) trois ques-
tions seront posees aujourd'hui aux Leaders du Congres :
1o Estiment-ils qu'une aide d'urgence doit etre fournie par
les Etats-Unis ?; 2 Si oui, les fonds peuvent-ils etre fournis
sans l'accord du Congres? 3 Si le Congres doit etre con-
voque en session special, les Leaders republicans sont-ils
d'accord pour accepter un programme d'aide immediate im-
pliquant une defense minimum de 400.000.000 de livres
et une defense maximum de 600.000.000, ces sommes ne
representant qu'une aide preliminaire et ne prejugeant
pas du programme general a long terme propose par le
rapport de la commission de Paris.
Ce correspondent pense que de son cote M. Marshall de-
fendra le programme d'aide immediate l1'Europe occiden-
tale avec d'autant plus de force que, sans lui, toute la poli-
tique exterieure americaine serait en danger. Au cas d'une
opposition irreductible des Leaders du Congres, M. Marshall
envisagerait meme de demissionner.
Le Department d'Etat, toujours d'apres ce correspondent,
s'inquieterait vivement de l'evolution politique en France et
en Italie, ainsi que de la situation a laquelle l'Allemagne
devra faire face l'hiver prochain. Cette inquietude s'accroi-
trait du fait que le gouvernement britannique n'est plus a
meme de continue a payer en dollars ses frais d'occupa-
tion.

2. Inde

De nombreux journaux accordent une place tres impor-
tante a l'appel adress6 par le gouvernement du Pakistan
aux different gouvernements du Commonwealth britannique
pour leur demander conseil et pour qu'ils aident A mettre
fin aux attaques de trains et convois de refugi6s qui s'en-
fulent dans les deux nouveaux dominions. Ils notent que la
response du gouvernement indien est deja arrive a Londres,
mais n'a pas encore ete rendue piblique. Toutefois, la pres-
se indienne se montrerait tres hostile au gouvernement du
Pakistan et l'accuserait de vouloir faire retomber sur I'Inde


la responsabilite des ve6nements. Le correspondent du < Ti-
mes ) pense que le gouvernement britannique et ceux des
dominions pourront A tout le moins exercer une influence
apaisante et a d6faut d'une intervention active dans le con-
flit, il pense que l'appel du Pakistan montre une apprehen-
sion croissante devant une lutte fratricide que les gouver-
nements responsables sont d6sormais incapables de contr6ler.
Il rend hommage cependant au gouvernement indien et au
Pandhit Nehru qui, jusqu'a maintenant, a su ne pas se
laisser d6border par les evenements.
Le correspondent special du ( Daily Herald a B Karachi
fait etat de l'eventualitd d'une entrevue entire les premiers
ministres du Pakistan et de l'Inde.
Guy Eaden, du < Daily Express ), announce sous une
manchette trbs important que l'on s'attend a ce que le gou-
vernement britannique propose une conference imperiale sur
les troubles de l'Inde. Cette conference devrait se tenir,
dit-il, dans un mois.
3. Palestine

Plusieurs journaux annoncent que des incidents se sont
products sur la c6te de Palestine apres une tentative de
d6barquement de 446 emigrants clandestins.
Le e( Times ) et le ( Manchester Guardian ) font 6tat
des reactions causes par les. declarations de M. Crech
Jones dans les milieux arabes et juifs de Palestine. Les Juifs
s'engageraient a rechercher un terrain d'entente avec les
Arabes apres le depart des troupes et de administration
britanniques. Quant aux Arabes, ils se montreraient scepti-
ques sur les intentions de la Grande-Bretagne.
Le < Daily Worker ) ecrit que le gouvernement britanni-
que a mis au point des plans d6finitifs pour 6tablir de nou-
velles bases en Proche-Orient au cas oh les troupes britanni-
ques quitteraient la Palestine. Ces plans, 6labords en con-
sultation 6troite avec les chefs d'6tat-major, prevoieraient
notamment que la majority des troupes britanniques de Pa-
lestine et peut-etre d'Egypte seront dirig6es sur de nouvelles
bases dans le Kenya, la Somalie et le Soudan, et des forti-
fications seraient en voie de construction dans le Kenya
et deviendralent ainsi l'arche d'un systeme de bases stra-
tegiques comprenant la Somalie, le Soudan et les
anciennes colonies italiennes de ces regions. La vi-
site du chef d'4tat-major turc A Washington ne serait pas
etrangere a cette question, il resterait encore A fixer le sort
definitif des colonies italiennes.
D'apres le ( Daily Telegraph ), les milieux officials am6ri-
cains esp6reraient que 1'organisation d'une retraite britan-
nique de Palestine prendrait plusieurs mois et que d'ail-
leurs que la Grande-Bretagne accepterait de les y laisser a
condition d'etre degrevee de tous ses pavements en dollars
inherents a l'administration de la bizone.
Le ( Times ) et le ( Manchester Guardian a remarquent
que la press frangaise n'est pas favorable a la decision de
la Grande-Bretagne sur la question palestinienne. Se refe-
rant a des articles du e Monde a et de plusieurs autres
journaux, ces deux correspondents remarquent que l'opinion
publique frangaise interpreterait cette decision comme une
manoeuvre semblable A celle utilis6e aux Indes.
4. France
Le (( Times ), le c Manchester Guardian ) et le (( Daily
Herald ) font etat des incidents de Verdun.
Le correspondent du ( Times ) estime que ceux-ci font
parties de la champagne communist accusant le gouverne-
ment d'envoyer des vivres de France en Allemagne, afin de
pouvoir se concilier les faveurs de l'Amerique. Le corres-
pondant du e Manchester Guardian a pense, lui aussi, que
les troubles ont 6et provoques pour des raisons electorales
et le correspondent du (( Daily Telegraph > accuse M. Savart
d'en etre le principal responsible. Le (( Times ) fait etat

des measures prises par le gouvernement pour assurer une
augmentation de la production de ble, et le ( Daily He-
rald ) announce en premiere page que la France va bientot
avoir la ration de pain la plus faible de 1'Europe si elle ne
peut importer les millions de tonnes de cereales qui lui man-
quent au course des prochaines semaines. D'aprBs ce journal,
M. Bidault se rendrait a Washington pour s'entretenir de
la question avec le president Truman. Le ( Daily Tele-





BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TBRANGARE 3


graph >, le < Daily Herald > et le ( Daily Express > annon-
cent en derniire heure l'dlection dans le Calvados de can-
didats gaullistes.

a) APRS' LA DECLARATION DE M. CREECH JONES SUR LA
PALESTINE :

1) MancdJeaser Guardian (27/9, liberal).
< ...Lorsque M. Creech Jones a declare que meme si
.d'autres membres' des Nations UnieLs se montraient prets
A apiporter leu.r concourse pour mettre en vigueur un rB-
glement du problme pallestinien, le gouvernement bri-
tannique ne pourrait tmnme alors promettre son
aide, mais (( \qu'il devrait'tenir compete a la fois de la
justice 'de ce rAglement, et de la measure dans laquelle il
faudrait faire usage de la force pour I'appliquer >>.
M. Crelech Jones poussait la prudence jusqu'A la lAchet&.
Au lieu de nous monitper pr6ts A prendre une responsa-
bilit& quelconque dans l'ad.option d'une solution qui
pourrait d6plaire aux Arabes, il est manifeste'que nous
cherchons A quitter au plus tot la Palestine, en lais-
sant les Juifs et' les Arabes rAgler eux-memes le conflict
par la violence. Ce serait l uine fagon mailheureuse 'de
Teriminer niotre mnandat, et bien qu'il soit necessaire
d'agir ainsi dansi ce'rtaines circonstances, il est trop t6t
pour en parler maintenant A propos de la Palestine.
L'effet de ce discour!s sur 1'Assembl6e de l'O. N. U. ne
peut 6tre que profond6ment decourageant. Tout le
mon'de sait bien qu'ill est impossible de trouver usne
solution qui convienne A la fois aux Juifs et aux Arabes.
Essayer de trouver une telle solution, c'est ne tenir
d'avance aucun' compete des recommendations de la ma-
jorit& et de la minority de la commission d'enqukte, et
en fait de toute proposition qui ait Rt6 faite jusqu'ici...
La perspective id'imposer aux Arabes un partage de
la Palestine ,par la force des armes est certainement
peu rejouissante... Les scrupules du gouvernement bri-
tannique auraient fait davantage impression si ce gou-
vernement n'avait pas essays au course des deux der-
nieres annbes d'imposer aux Juifs par la force deis ar-
mes uine solution qui c.onvenait aux Arabes. II est evi-
dent que 'de onotre seul chef nous ne pourrions pas et ne
devrions pa'ss imposer un partage, mais on ose demand
s'il 6tait vraiment necessaire de laisser entendre aussi
clairement 'que nous refusons toute responsabilit6 con-
cernant ce partage, mgme si' d'autres membres des Na-
tions Unies sont prints A se joindre a n.ous pour imposer
l'application Ides decisions prises. )
2. Obiservew (28/9, coniservateur).
( ...La responsabilit6 income maintenant A toutes les
nations civilisees quilt sont reunies A l'assembl6e gene-
rale. Mais dans cette Assenmbl'e m6me, la Grande-Bre-
tagne assume une responsabilit6 particuliere en raison
du role qu'elle a joud pendant longtemps dans le
Moyen-Orient et des realisations qu'el!le y a accom-
plies. Le mandate britannique ise terminerait bien triste-
ment si nous devions. maintenant refuser d'assumer une
responsabilitA quelco-nque et id'aider lesl Nations Unies
A rechercher une veritable solution, alors que nous
avons 6chou6 quand nous #tions seuls pour le faire. La
Grande-Bretagne a eu raison de ne plus vouloir etre
seule A agir, mais elle ne doit pas faire preuve mainte-
nant de passivity. >>

b) LA PUBLICATION DU RAPPORT DE LA CONFERENCE ACO-
NOMIQUE DE PARIS C:

1. Relynold Neiws (28/9 travailliste).
<< ...Le rapport 6tabli ,par seize nations sur le plan
Marshall montre quelle folie ce serait de permettre &


l'Amrllque de transformer l'Europe en une sorte de
bloc Idirig6 centre l'Est. Le rapport 6tablit clairement
que la thche qui consiste a reliever l'Eur.ope vers 1951, et
a combler le deficit en dollars implique une intensifi-
cation des changes commerciaux avec i'Europ-e orien-
tale. Si l'.on veut que ce commerce se developpe, la
premiere n6cessite est A mon avis de debarrasser l'Eu-
rope de la .crainte d'une guerre entire 1'Est et l'Ouest.
II est plus facile de se reliever Iquand' on n'est pas pa-
ralyse par la peur...
Pour amener l'Europe A s'organiser contre le c.ommu-
nisme, les Etats-Unis ont dfi insisted sur la n6cessit6
d'Blaborer des plans. Le rapport des seize implique
l'existence de plans de production, de plans Id'impor-
tation, de plans d'exportation. Mais comment cette Bco-
nomie planifiee de l'Europe pourrait-elle Atre concilibe
avec le rgime de libre entreprise (excluant controles
et plans) qui existe aux Etats-Unis ? Le plan Marshall
sera certainement inapplicable si l'Am6rique ne se sou-
met pas elle-mInme A certain controles, en particulier
celui des prix (iI suffit Ide penser a notre emprunt). Le
president Roosvelt, bien entendu, avait .vu tout cela de-
puis longtemps. >
(DAVID RAYMOND.)

2) Observer (28/9, conservateur).
< ...Le rapport envisage, dans le cadre politique don-
n6 de 1'Europe, une operation c.onomique d'une portee
v6ritablement immense; mais ce rapport prend bien
soin de situer les choses uniqueiment sur le plan Bco-
nomilque, et non pas sur le plan politique. Le rapport
promet qu'en contrepartie d'une aide amdricaine sans
prc6dent een temps de paix, on reduira A une propor-
tion plus normal le deficit .de la balance de pavement de
seize pays, dans un delai de quatre ans, et cela par un
effort du temps de paix 6galement sans precedent. Mais
le rapport ne va pas plus loin. Si 1'offre de M. Marshall
comportait certain aspects politiques, ceux-ci n'ont pas
6t& retenus.
M. Marshall a demand un plan commun de recons-
truction europ6enne ; on lui a prssentO un plan commun
pour I'Europe qui assure la reconstruction dans le ca-
dre de chaque nation. On peut avoir de bonnes raisons
diplomatiques pour respecter de facon prudent et con-
servatrice ce principle de la souverainet6 national. Un
effort veritable pour < bAtir l'Europe >> aurait pu Bbran-
ler l'unanimit6 de la Conference, ou aurait pu etre in-
terpr6et come l'exclusion definitive d'absents qui ne
manquaient pas de leur plein gr6 la Conf6rence. Mais
en I'absence d'un tel effort, -on est amene A se demander
ce qui subsiste v6ritablement de la conception premiere
du plan Marshall ? a

3) T nes (29/9).
< ...C'est aux Etats-Unis et non pas en Grande-Bre-
tagne que l'on doit jugtr de la validity de la cause
europ6enne. Ainsi que le signal notre correspondent
de Washington, la commission pr6sid6e par M. Harri-
man a djiA soumis au President Truman une recomman-
dation important et encourageante en ce qui concern
la quantity de cer6ales americaines qui pourra Atre r&-
serv6e A l'Europe l'an prochain, et a propos 6galement
des diff6rents moyens qui doivent permettre, par le jeu
de << divers types de contr6le a d'exp6dier effectivement
les denr6es alimentaires vers P'Europe, malgre les de-
mandes pressantes du march interieur. Vers le 1" no-
vembre, les membres de cette commission auront ex-
pos6 leur point de vue et soumis leurs propositions sur
1'ensemble du rapport de la Conf6rence economique de
Paris. Il ne fait aucun doute que ce rapport fera l'objet





4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE


d'un examen minutieux de la part de cette commission
et par d'autres organismes d'experts. Mais on peut dire
tout au moins que la cause europ6enne aura 6et pr6-
sentee sons la forme r6clam6e par les Etats-Unis, le
rapport se pr6sente coinme un travail consciencieux,
complete, qui denote un veritable souci d'objectivit&, mal-
gr6 la tentative que l'on pouvait avoir de presenter des
perspectives de cooperation europeenne plus importan-
tes que celles qui existent r6ellement, ou qui auraient
eu pour effet d'illusionner agreablement 1'Amerique. Le
rapport expose de fagon tres nette les measures de re-
dressement que proposent les seize nations et les condi-
tions dans lesquelles autant qu'on en puisse juger
pour l'instant les buts cherch6s pourront etre at-
teints. Si ce rapport ne fournit pas au moins un point
de depart pour laborer les plans de reconstruction de
1'Europe, il n'y a rien d'autre qui puisse le fournir. >

4) News ChronzldIe (29/9, liberal) :

< ...Nous devoiler nos plans les uns aux autres, puis
les soumettre A un examen critique de fagon A les con-
cilier, nous entendre sur les besoins qui doivcnt etre
satisfaits en premier lieu par une aide commune, voila
en v6rite quelque chose de neuf. Sous la pression de
graves difficulties economiques, seize nations se sont
r6unies, ont dress le bilan .de leurs resources com-
munes, Blabor6 un programme de relevement, ont com-
menc6 de le r6aliser par des plans d'aide rkciproque
et se sont mis A l'ceuvre pour concilier leurs politiques
6conomiques et financieres. Le rapport, qui a Ut& 6la-
bore A une vitesse surprenante, et don't la port6e est
immense, constitute une rdponse adequate A initiative
genereuse de M. Marshall.
La situation actuelle et les perspectives de 'Europe
constituent un sombre tableau. Le programme quadrien-
nal de production qui est Blabord pr6voit une augmen-
tation de la production des products essentiels dans une
proportion comparable A celle qui a 6td atleinte aux
Etats-Unis pendant la guerre.
MWme si l'on parvient A cette r6alisation, celte aug-
mentation sera insuffisante 'pour reliever en 1951 le ni-
veau de la consommation' alimentaire A la hauteur de
celui de 1938. Cependant, si le rapport p6che par cer-
tains'c6t6s, c'est plut6t par excis d'optimisme. Le rap-
port pr6voit, que les exportations de denr6es alimen-
taires de 1'Europe orientale vers 1'Europe occidentale
seront entierement repris vers 1951. II prevoit que les
prix du bl et d'autres products essentiels, prix don't
l'augmentation a 1et cause en grande parties de la crise
du dollar, ne continueront pas A monter.
Une fois ces reserves faites, il n'en reste pas moins
que le rapport fait vraiment grande impression ; il
6tonne par la quantity et Pimportance des faits .qu'il
expose et par I'ampleur de la tAche que dolt r6aliser
1'Europe... Le danger qui se pose pour I'avenir imm6-
diat, ce n'est pas que ce rapport soit trop timide et de-
mande trop peu. C'est plut6t qu'il demand plus que
les nations ne pourront faire. Et chacun de ces seize
pays doit chercher v6ritablement s'il est en measure de
fournir cet effort... >>


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press am6ricaine du 28 septembre 1947
Les declarations de M. Vichinsky faites A sa conference
de press d'hier et 'intervention anglaise & 1'O.N.U. au sujet
de la Palestine sont mises en relief dans lea titres des jour.
naux,


1 Declarations de M. Vichinsky
La longue conference de press tenue par le d6ldgud russe
fait l'objet d'une trbs large publicity. Les correspondents no-
tent surtout les attaques r6p6t6es lancdes contre les person-
nalitds am6ricaines que le d6lgud russe considAre come des
bellicistes. A la liste des Americains qu'il a dnumdrds lors de
son premier discours sont venus s'ajouter les noms de MM.
Bullitt, Winchell, correspondent new-yorkais bien connu, et
de M. Gannett, propri6taire d'une important chaine de
journaux.
Le < New York Times a relive l'accusation de M. Vichinsky
dans un editorial ofi il se demand si le d616gue russe croit
vraiment ce qu'il dit et ajoute que M. Vichinsky peut avoir
confiance dans la parole des Amdricains en gdndral, que les
Am6ricains ne veulent pas la guerre, ne sont pas prets A la
faire et cherchent A crder un monde qui, pour la premiere
fois dans l'histoire, sera libdr6 de la guerre. Le rddacteur
ajoute que les Amdricains aimeraient beaucoup avoir 1'aide
de M. Vichinsky et de son Gouvernement pour etablir un
tel monde car le people russe' comme ses repr6sentants
l'ont redpt6 et sans aucun doute avec sinc6rit6 desire la
paix aussi passionn6ment que tous les autres peuples.
L'dditorial du e Washington Post a constate que la plu-
part des membres de I'O.N.U. sont persuades de la bonne
foi americaine et que la grande majority des reprdsentants
de lO.N.U. reconnait les efforts du Gouvernement am6ricain.
II ajoute que les d6l4guds de I'O.N.U. qui ne sont pas in-
fluences par Moscou agissent tous en bloc pour appliquer les
principles de cette organisation, malgr6 obstruction russe.

20 Palestine
La declaration du deldgue britannique sur la Palestine est
mise surtout en relief dans les journaux de New-York sous
les titres indiquant ,que Londres retirerait ses troupes de
Palestine. Les commentaires de e P. M. ) indiquent que la
declaration anglaise subordonne le retrait des forces anglai-
ses A une sarie de conditions qui rendent ce retrait probld-
matique. Dans ces circonstances ce journal estime que cette
declaration avait surtout pour but de faire pression sur
1'Assembl4e pour l'amener A se conformer aux vues britan-
niques.
3" Coree
La plupart des journaux reprennent en premiere page et
sous de gros titres les propositions faites par le general
russe, membre de la Commission mixte russo-americaine en
Cor6e, de retire les troupes Strangrres de Corde en 1948. La
press ne signal aucune reaction officielle, mais dans leurs
commentaires les journalists se demandent si Moscou ne
cherche pas A d6tourner I'attention du d6bat qui dolt s'ou-
vrir A 1'Assemblde au sujet de la Coree.
Une d6peche de Seoul au ( New York Times ) announce la
ddcouverte d'un rdseau d'espionnage russe en Coree. Cette
d6epche rapporte de source autoride que les Russes, sous le
couvert d'une Commission mixte ont appuyd la resistance
communist dans la Coree du Sud depuis trois mois. Ces
agents russes auraient fgalement cherch6 A obtenir des in-
formations sur le dispositif militaire amdricain en Corde du
Sud.
4V Grcce
Des d6pAches d'Athenes signalent la visit faite par le
general Chamberlain, chef des Renseignements de l'armee
americaine, qui Stait accompagn6 de M. Mac Veach, ambas-
sadeur amdricain en GrAce. Le correspondent du ( Balti-
more Sun ) constate que les membres de la mission amdri-
caine considrrent que la situation gendrale s'est aggravie
depuis juin. Il rapporte des declarations d'officiers amdri-
cains exprimant leur ddsir de voir l'armee grecque passer
A 'offensive contre les guirillas et envisage la participa-
tion des troupes americaines pour remplacer les forces bri-
tanniques ou pour venir en aide A l'armee grecque.

50 Yougoslavie
Une d6peche A. P. de Belgrade announce que le ministry
des Affaires etrangBres yougoslave a inform l'ambassade
amdricaine du fait que les trois soldats amErlcains seraient







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRANGARE 5


relach6s aujourd'hui. Des excuses auraient 6te pr6sentees a
I'ambassadeur americain L ce sujet.

6 Plan Marshall
Les avis demeurent par'tages au sujet de 1'aide que 1'Ex-
port-Import-Bank peut apporter immediatement a 1'Europe.
Une depeche ( A.P. ) indique que les credits de cette Ban-
que pourraient 6tre consentis pour des raisons de ( recons-
truction ) par la .simple interpretation des statutes de la
Banque. Par contre le correspondent de Washington du
( New York Times ) declare qu'une telle interpretation n'est
pas possible sans l'autorisation du Congres et ajoute que
administration, ne trouvant pas les moyens de finance les
besoins immddiats de 1'Europe, aurait d6cid6 de convoquer
une session sp6ciale du Congres.
Uhl, dans ( P.M. ), present une etude approfondie du
problme des avoirs prives strangers aux U.S.A. II constate
que certain Gouvernements europeens, y compris le Gou-
vernement franCa'is, cherchent & obtenir la cooperation du
Gouvernement de Washington pour obtenir le contr6le de-
ces avoirs. Ii ajoute qu'on maintient le secret des place-
ments et qu'il n'y a aucun moyen de savoir combien de fonds
francais, grecs ou italiens se trouvent caches. Uhl announce
que grace au systeme de deblocage des avoirs frangais aux
U.S.A., la France a pu obtenir le contr6le de 193 millions
de dollars.
7 Nouvelles de France
Le cas de Courtade fait encore aujourd'hui 1'objet de nom-
breux articles et mime d'editoriaux dans le u New York
Times ), le a New York Herald Tribune qui, tous deux,
experiment le regret de voir imposer des restrictions A un
correspondent de press tout en maintenant que l'attltude
du Gouvernement des Etats-Unis dans cette affaire a 6tL
parfaitement lgitime 4tant donn6 les lois americaines sur
immigration.
Une d6piche de Hurd au a Christian Science Monitor >
souligne les manifestations qui accompagnent en France la
hausse des prix. Ii remarque que les communists exploitent
cette situation.
Une depeche du < New York Herald Tribune a de Paris si-
gnale l'evasion de 76 detenus du camp de Carrire, et les
incidents du camp de Noe.

a) APRIS LA DECLARATION DE M. CREECH JONES SUR LA
PALESTINE (New York Herald Tribune, 27/9).
wa ...La declaration .de M. Creech Jones semble nette
et franche. Apris celle-ci, la Grande-Bretagne ne devrait
plus s'entendre accuser de poursuivre en Palestine une
politique d'imp6rialisme 6goiste, qui se fonderait sur un
desir avide de se procurer du p6trole, de s'assurer des
bases militaires ou de renforcer sa puissance. Mais cette
declaration dolt lui permettre 6galement de ne plus su-
bir la pression des factions d6chain6ees. Ni les Sionistes
ni les Arabes ne peuvent plus envisager de parvenir A
leurs fins en imposant par la violence A la Grande-Bre-
tagne d'entrer dans leur jeu. Les politicians americains
ne peuvent davantage rester Ipassifs, en se contentant
de nobles declarations sur la politique que devrait sui-
vre la Grande-Bretagne, tout en esperant au fond que
les Anglais soutiendront tous les intf6rts important -
politiques, bconomiques et strat6giques de l'Amnri-
que dans ce secteur. L'O. N. U. devra 6tudier le pro-
bleme en lui-mine, sans s'arreter A d'autres conside-
rations, et la politique suivie par les Etats-Unis A I'O.N.U.
le sera sous leur seule responsabilit6.
Le faith que 1'Angleterre renonce A r6soudre le pro-
blWme palestinien entrainera de grandes difficulties, tout
comme le rappel du vice-roi de 1'Inde. Et comme
ce fut le cas pour 1'Inde bien' des d6tracteurs achar-
nIs du mandate vont maintenant se rendre compete avec
sa suppression qu'il avait ses avantages. Quels que
soient les difficulties ou les dangers qui se presentent
maintenant, le New Y&oH Hiraid Tribune pense que la


decision britannique est aussi sage qu'honorable. Le
mandate s'est manifestement av6rB impraticable. La fa-
con don't la r6partition des pouvoirs et des responsa-
bilit6s avait Wte effectuee dans le cadre du mandate 6tait
insoitenable. II 6tait impossible de mettre fin dans ces
conditions au desordre sanglant de Palestine. Quelle que
soit la graviie des problnmes que pose A tous les inti-
resses la decision britannique, ceux-ci pourront main-
tenant fonder l'es'poir de parvenir A une solution via-
ble. >

b) L'AIDE AMERICAINE ET LA RECONSTRUCTION DE L'EU-
ROPE.
1. New Yodk Times (26/9) :
< MWme si les Etats-Unis ne font rien, le secr6taire
Marshall a apport6 une grande contribution a l'histoire
en pregnant l'initiative de cette enquete sans pr6ecdent.
M. Marshall, en s'opposant a un effondrement total de
l'Europe et ne se refusant a la voir passer sous la do-
mination sovietique, a declench6 un movement qui ne
peut etre arr&t6. Le rapport de la Conference Bcono-
mique de Paris ne constitute certainement pas a un car-
net d'achat a. Ce n'est pas non 'plus un plaidoyer de
mendiants. On ne demand pas aux Etats-Unis de sup-
porter la plus grande parties des charges inhh6rentes A
la transformation en itendues prosperes des champs de
bataille oi nous avons lutt6. Le rapport, qui d6bute par
cette affirmation que l'Europe devra se contenter de
rations r6duites pendant les prochaines annees est
'&bauche d'un programme de cooperation qui semble
si neuf, si passionnant et si parfaitement realisable que
16 milliards de dollars constitueraient bien peu de chose
a cote d'une telle r6alisation. >

2) Chzcltgo Smu (2'6/9).
< Si l'Europe orientale doit aider l'Europe occiden-
tale A se reliever et vice-versa. II ne faith aucun doute
que les d6penses totales supporters par 1'Ambrique pour
la realisation du plan Marshall pourraient 8tre redui-
tes ; en exp6diant 'des machines et des engrais dans la
zone sovi6tique ce qui entrainerait une augmentation
de la production des denr6es alimentaires dans cette
zone nous reduirions la dependance de 1'Europe
occidentale vis-a-vis des importations ambricaines.
Si par centre, 1'Europe orientale reste a 1'ecart, nous
pouvons ,dire alors que c'est une erreur de penser que
22 milliards de dollars suffiront A faire face A des
besoins qui avaient Wte primitivement fixes A 29 mi'-
liards de dollars, en tenant compete de la division du
Continent.
L'obstacle qui *s'oppose A la reprise d'6changes conm-
merciaux normaux en Europe est bien entendu la di-
vision politique qui spare la Russie et l'Occident. Si
les grandes puissances pouvaient r6gler les diff6rends
fondamentaux qui les divisent, l'Europe pourrait pro-
bablement se reliever en se contentant d'une aide moins
important que celle qui est sugg6rie par la Conference
de Paris. Mais si nots sommes obliges 'de considerer par
la suite qu'il est impossible de r6gler ces diff6rends
fondamentaux, l'Europe .aura besoin alors d'une aide
plus important que celle qui est actuellement pr6vue
dans le cadre du plan Marshall. >

3) Christi n Sclence MoniiMrd (26/9).
a I1 y aura des questions p6nibles auxquelles il fau-
dra repondre : pourquoi les Etats-Unis enverraient-ils
des vivres & l'Italie lorsque les ouvriers agricoles ita-
liens r6duisent la production en se mettant en grbve ?
Pourquoi envoyer du carbon lorsque les mineurs d'Eu-








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGBRE


rope ralentissent la production ou se mettent en gr6ve ?
Pourquoi consentir un pret en dollars A la Grande-
Bretagne quand celle-ci dispose en Am6rique d'investis-
sements don't la cession pourrait lui procurer des dol-
lars ? Pourquoi exp6dier le bli am6ricain quand il exis-
te en Europe des fermiers qui stockent secretement le
leur ou s'en servent pour nourrir le b6tail ? Pourquoi
les AwpAricains partageraient-ils leur ravitaillement avec
des pays oft le march noir permet aux riches de se
nourrir de facon abusive ?
Nous pensions qu'il faut r6pondre A toutes ces ques-
tions. Et la premiere r6ponse a faire est celle-ci : quels
que soient les abus abus guxquels on pourrait sfre-
ment rem6dier ou les exceptions .que l'on constate,
1'Europe se nourrit beaucoup moins bien que les Etats-
Unis, et elle doit recevoir une aide de l'exterieur pour
se reliever des ruines causes par une guerre que nous
avons faite ensemble. >


Ill. PRESS SOVIETIQUE

Revue de la press sovi6tique du 27 septembre 1947
1. 0. N. U.
Un peu moins d'une colonne parait sur la reunion du
Conseil de Securite et un tiers de page sur les comit6s de
I'Assemblee general. Les titres portent : ( du refus du
Gouvernement de l'Union Sud-Africaine d'executer les d6ci-
sions de I'Assemblee general ), ( discours tendancieux du
del6gue americain ,, < message du general Marcos A
l'O. N. U. >).
En echo indirect au discours de M. Vychynski parait un
bref telegramme de New-York relatif a une petition pu-
blique ouverte par le ( Journal Protestant a contre le r6le
politique des trusts du Vatican.
2. Autour du Plan Marshall
Formes diverse de 1'expansionnisme americain. I.es
journaux publient un resume de la conference de press du
president Truman concernant les restrictions alimentaires.
Une d6epche de Prague d6nonce la presence de vingt mem-
bres du CongrAs en Tch6coslovaquie, et d'un certain nombre
de tourists. Selon l'agence Tass, cet accroissement de l'in-
teret americain pour la Tch6coslovaquie encourage la r6ac-
tion qui commence A s'attaquer ouvertement aux rdformes
democratiques.
La question grecque est evoquoe dans deux courts dep&-
ches intituldes ( Les Am6ricains dirigent les operations cor-
tre les partisans a ; elles annorcent I'arrivee en Grace du
chef de renseignetents de 1'6tat-major americain.
En ce qui concern le Proche-Orient, deux d6epches ont
trait l'une A I'arrestation en Syrie d'agents du roi Abdullah,
l'autre A un dementi du journal libanais ( Telegraph ),
repondant A 1'agence U1 qui avait declare fausse la nouvelle
de l'arrivee d'une mission militaire americaine au Liban.
3. France
Sous le titre ( Les aveux de Ramadier ), parait une depe-
che de Paris relatant la conversation pretee au president du
Conseil frangais par 'I. N. S. La meme depeche public 6ga-
lement le dementi de la presidence du Conseil, la replique
d'I. N. S., les commentaires de ( L'Epoque > ainsi que de
{( L'Humanitte Les journaux publient en outre le texte
de la mise au point de 1'A. F. P. concernant la note remise
le 24 septembre par M. Massigli au gouvernement britan-
nique.
4. Personnes d6placees
Un article de Volgin dans ( Trud > s'eleve contre une
information du journal ( La Libre Belgique a selon la-
quelle des centaines de citoyens belges seraient retenus dans
les camps de prisonniers de guerre en U. R. S. S.


IV. PRESS SUISSE


LA POLITIQUE ETRANGARE DE L'U.R.S.S. ET DES ETATS-
UNIS.
National Zezlung (27/9).
< De meme que la premiere guerre mondiale n'a pas
eclat& en raison de l'attentat contre f'heritier de la cou-
ronne autrichienne, Frangois-Ferdinand, a Saraijevo, ni
la deuxieme A cause de Dantzig et du couloir polonais,
de m6me une Iroisikme guerre mondiale ne se d6clen-
cherait pas, par example, uniquement A cause de la
Grace... Depuis le d6but .de ce siecle, une guerre n'est
plus une affaire intressant .deux puissances en conflict ;
elle est universelle et totale... Et comme de nos jours
toute guerre eventuelle menace de devenir une guerre
mondiale qui comporte un enjeu formidable, et avant
le d6clenchement de laquelle les responsables, pourvu
qu'ils conservent quelque bon sens et ne soient point
des caporaux d6esquilibres, doivent se -demander si le
resultat peut payer, les conflicts localis6s percent de Icur
importance. Aujourd'hui, la conquete du monde pour-
rait seule Mtre portee come solde actif sur le grand
livre. Tel 6tait bien le but que se proposait Hitler, et
il avait faith les premiers pas -dans cette direction.
Il est absurde de croire que les dirigeants russes ou
bien les homes d'Etat anglo-saxons soient guides par
des plans semblables. Staline est un politique beaucoup
trop r6aliste, un calculateur beaucoup trop froid, pour
vouloir qu'A cause d'une pomme de discorde en M6di-
terran6e son people, terriblement 6prouve et son pays
affreusement rav, au course de la derniere guerre,
soient engages dans un conflict centre les Etats-Unis ;
car il sail bien .que les resources in6puisables en mate-
riel et en homes .de 1'Am6rique la rendent invincible,
et qu'il est impossible de conquerir et de dominer le
monde, A supposed meme qu'il y ait song.
II en va de m&me aux Etats-Unis. Certes, des voix
s'el6vent dans ce pays pour conseiller une politique
extremiste, voire meme une guerre preventive. Mais ni
les hommes d'Etat dirigeants, ni les militaires n'ont
envie de se battre. Dans son immense majority, le peu-
ple, lui non plus, n'est pas belliciste, et il ne consider
pas une catastrophe comme inevitable. Si la politique
itrangere amricaine est devenue active, et meme rela-
tivement .dynamique pour une d6mocratie que l'on
songe a l'aide A la Grece et au Plan Marshall cela ne
signifie en aucune facon qu'elle caresse des desseins
agressifs. It s'agit au contraire pour Washington de
cr6er une situation nette avec des objectifs bien pr6ci-
ses, car on est convaincu dans la capital americaine
qu'une politique 6trangere irresolue et inquikte ne peut
qu'encourager le Kremlin A de nouvelles tentatives, alors
qu'un language decide et s'accompagnant d'actes en rap-
port doivent le d6tourner .de tendre I'are A 1'exc6s.
Ce qu'on cherche A obtenir, c'est un &qu4libre des
puissances, une esp6ce < d'accord de vivre et laisser-
vivre a avec 1'Union Sovi6tique; qui dolt resulter de
'application d'une c politique intermi6diaire >. I1 est
possible que pour en arriver lA, la route soit encore
longue et difficile. Mais cela vaut mieux que si l'on
fermait les portes et si P'on rompait les pourparlers
avec la Russie. >



S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009
Prix : 6 francs.




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