Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: September 16, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00187
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FtRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTrRE DI LA JEUNESSB,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*).


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


a IMNISTERE
DES AFFAIRES ETRANCERES
SERVICE D'INVOEMUTION
NT DR PRUSS.


BULLETIN


DE


16 septembre 1947.


PRESS


ETRANGERE


Nouvelle S6rie No 769


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La nouvelle orientation de la politique francaise
en Indochine (Manchester Guardian, 13/9).
b) La conference 6conomique de Paris:
1. Times (15/9).
2. News Croanicle (15/9).
c) Vers une fusion de la zone frangaise d'oocupa-
tion avec la bizone ? (Observer, 14/9).
d) L'importance .du Moyen-Orient (Observer, 14/9).
II. PRESS AMERICAINE.
La situation 6conomi.que aux Etats-Unis (New York
Herald Tribune, 13/9).
Ill. PRESS SOVIsTIQUE.
La conference 6conomique de Paris (Krasnaia Zves-
da, 14/9).
IV. PRESS BELGE.
Sa) Vers une fusion de la zone francaise d'occupa-
tion avec la bizone ? (Le Solir, 14/9).
b) Le problbme allemand (La Nation Beige, 14/9).
V. PHESSE SUISSE.
a) La nouvelle orientation de la politique francaise
en Indochine (Journal de Geneve, 15/9).
b) En marge de la. conference iconomique de Paris
(Gazette de Lausanne, 14/9).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britnnique du 14 septembre 1947
Ce matin encore, c'est le nouveau programme dconomique
annond& avant-hier par Sir Stafford Cripps qui retient a peu
pras exclusivement attention de la press. Les journaux
font 4tat A ce sujet des premieres restrictions entratlnes par
la irise en application du 'plan, notamment dans le domaine.
des-prbdeits alimentaires 6t des textiles.
1. Confdrence de Parts
L'Observer announce a ce sujet que la revision du project
des Seize a et commencee hier sur la base des propositions
frangaises et ferait Pobjet des discussions pr6voes pour cette
semaine an comit6 de cooperation. Ges propositions visent


notamment la reunion de conferences regulires intereuro-
p6ennes destin6e3 h contrbler l'application des plans 6la-
bords. Elles tendraient en second lieu h faciliter l'abaisse-
ment des barribres douanibres et un retour a la libre con-
vertibilit6 des devises. L'Obseruer ajoute que neanmoins it
est peu probable que les delpgu4separviennent h introduire
dans le texte primitif des modifications essentielles. Gette
impression est partag6e par le correspondent du mnme jour-
nal I Washington qui fait 6tat du trbs grand mecontente-
ment caus6 dans les milieux official, ambricains par le docu-
ment actuellement soumis. I' ajoute que les critiques sont
6levdes avant tout contre la Grande-Bretagner d'une part,
paroe qa'elle pretend avoir un autre niveau de vie que les
htats voisins (alors que sa participation au deficit global
est d'un tiers) et d'autre part, parce qu'elle se montre inca-
pable de r6soudre ses probl6mes charbonniers.
2. Relations anglo-argentines et anglo-suisses
Le correspondent special du Sunday Times croit savoir
que la semaine prochaine sera conclu un accord permettant
la reprise normal du commerce entire l'Argentine et la
Grande-Bretagne. Co commerce avait 6t6 interrompu a la
suite de l'embargo impose rIcemment par le gouvernement
aigentin sur tous les envois de viande en conserve a desti-
nation du Royaume-Uni. Le corrcspondant de l'Obseruer
fait entendre uqe, note plus pessimiste. II fait 6tat notam-
ment du micontentement cause en Argentine par les h6si-
tations du government britannique qui ont, dit-il, donnc
I'impression que celui-ci essayait de gagner du temps. II
ajoute que la position de l'Argentine est d'autant plus forte
qu'elle ne manque pas de marches, notamment dans 1'Aml -
rique Latine, pour exporter ses products et que 1'attitude
de M. Meranda s'est sensiblement raidie au course de la
semaine passe. En cc qui concern, d'autre part, les rela-
tions anglo-suisses, le correspondent du Sunday Times an-
nonce que le gouvernement helv6tique a fait au gouverne-
ment britannique une proposition tendant A t geler n la
dette de quinze millions de livres de la Grande-Bretagne a
la Suisse en vue. de permettre la reprise du trafle touris-
Lique anglais en Suisse au course de I'hiver prochain. I1
ajoute quo dans ces n6gociations les Suisses disposent d'une
arme puissante, A savoir ; l'importance des ex-portations:
ang' aises vers la uisse.
3. L'Assemblee des Nations Unies
Susams Strange, correspondent special de l'Observer, -fait!
6tat des apprehensions que suscite dans la capital am6ri-:
caine la reunion prochaine de l'Assemblie gin4rale de*
Nations Unies. 11 note h cet dgard que cette second session
sera decisive pour P'O.N.U. dan-s la measure oi elle mettra
cn lumibre, sans doute, l'opposition (dijI 6vidente l'au


QU


N







2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS rTBANGERE


passe) existant entire les puissances communists et non
c mmunistes d'une part, les grandes et les petites puissances
de I'autre. II ajoute que les questions indondsienne et egyp-
tienne ont rdduit dangereusement la confiance des petites
puissances dans l'efficacitd des Nations Unies, et que les
Etats-Unis manifestent pour le moment une ficheuse ten-
dance I ne tenir aucun compete de I'O.N.U. dans leur poli-
tique exterieure.
4. France

L'Observer et le Stznday Times annoncent que la France
et l'Italie ont aujourd'hui ddcidd la creation d'une commis-
sion mixte en vue d'6tudier 1'opportunite de l'6tablissemrnt
d'une union douaniare entire les deux pays. Le correspondent
special de l'Observer croit savoir que M. Bidault se prepare
a engager des discussions sur la question d'une fusion 4ven-
tu lle de la zone frangaise avec les zones anglo-amnricaines
en Allemagne. (Voir l'article plus loin.)
5. Allemagne

DiffBrents journaux annoncent que le Dr. Paul. ministry
president de l'Etat de Thuringe, qui avait disparu [e ler sep-
tembre, est arrive en zone americaine apres avoir passed de
nuit la ligne de demarcation et qu'il a regu la protection de
la police americaine. Deux autres personnalites seraient dga-
lement en fuite de la zone russe. L'une est M. Stuecker,
maire de Mulhausen, l'autre le Dr. Manthey, du ministrae
de 1'Education de Mecklenbourg. Les journaux annoncent
6galement que de nouvelles compressions vont avoir lieu
dans le personnel de la commission de contr6le britannique
de I'Autriche. La reduction du personnel, qui dtait ddjbt de
60 %, sera portbe a 75 % le ler octobre.

Reoue de la press brttannique du 15 septembre 1947

Les journaux de ce matin donnent la vedette aux diff6-
rents sujets suivants : lancement de la grande offensive
industriele pour 1'exportation, rdponse des syndicats de
l'industrie 6lectriqu.e a I'appel lance par Sir Stafford Cripps
en faveur d'une augmentation de la production et announce
du plan de contrble de la main-d"'euvre.
La chronique extdricure comprend diffdrents articles sur
la France et la ratification du trait de paix avec les satel-
lites de l'Axe, les p6troles iraniens et la hausse des prix aux
Etats-Unis. C'est en general a la question grecque que sont
consacres les articles de fond.

1. Gr&ce
Le Times, le Daily Telegraph, le News Chronicle donnent
une grande importance au discours prononce hier par
M. Marshall; le secrdtaire a annonce que le government
amdricain ferait prochainement a l'Assembdie du 1'O.N.U.
des propositions permettant de rdsoudre certain des pro-
b'6mes qui s'opposent h l'dtablissement de bones relations
entire les nations.
S. Burch, du News Chronicle, croit que Ia strategies amd-
ricaine consistera a reprendre aux Russes la direction des
debats et notamment t imposer le point de vue de Washing-
ton sur la question des Balkans.
Le correspondent du Times a Washington pense que le
premier probl6me qui sera soulev6 sera celui do la situation
en Grace. Les Etats-Unis favoriseraient envoii d'une force
international de police en Gr6ce solution plus satisfai-
sante, selon eux, que le maintien de troupes britanniques
on I'envoi de troupes ,amdricaines.
Toutefois, ce correspondent estime que la position ame-
ricaine serait beaucoup plus forte si le plan Marshall dtait
plus aVanc6, et fait 6tat de l'inqui6tude qui rgnoe dans
l'opinion publique americaine sur cette question.
Le correspondent du Daily Telegraph sotligne que le Dc-
partement d'Etat se propose d'imposer sa propre solution
du problem greo apres avoir public un Livre Blanc rdsu-
mant les efforts inutiles deploy6s par le Conseil de Securit6
pour rdgler cette question. Passant ensuite A la question de
1'aide A Il'Europe, ce correspondent. estime que la Russie fera
tout,ee, qui. Aui. sera possible..pour provoqu.. Is chios. eoo-


nomique et politique en Europe occidentale et empecher ainsi
tout r6tablissement.
L'Italie serait en ce moment Pun des sujets principaux
de l'inquietude amdricaine en raison de l'influence crois-
sante des communists et dans un tres proche avenir le
DLpartemcnt d'Etat s'attendrait a ce que la France suive
l'exemple de l'Italie.
Le Daily Mail volt dans la volont6 des Etats-Unis d'im-
poser une solution A la crise grecque sa determination de
r6gler la situation dans les Balkans d'une maniere d6fi-
nitive.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker estime
que le discours de M. Marshall a pour but de saper l'auto'
rite de I'O.N.U. et qu'il se sert de la question grecque pour
butter centre le veto.
2. France
Le Times, I.e Daily Telegraph, le News Chronicle, le Daily
Worker font 6tat des incidents qui se sdnt products dans
plusieurs villes de province pour protester centre l'insuffi,
sance du ravitaillement et !a hausse des prix.
Le correspondent du Times remarque que la press com-
muniste qualified de provocateurs ceux qui ont fait usage de
la violence a Alencon et au Mans.
Le Daily Telegraph signal une hausse des prix de 23 %
entire juilet et aoft.
Le correspondent du News Chronicle 6crit que les socia-
listes accuscnt les communists de vouloir ambliorer leur
position avant les elections municipals d'octobre.
Le Daily Worker affirmed que les incidents qui se sont pro-
duits entire les manifestants et la police ont 6t6 ddlibhrmment
provoques par les autorites.
Le correspondent du Manchester Guardian fait dtat de la
reunion du comity central du parti communist et du Co-
,mitd central du MAI.P. et en donne une breve analyse.

3. Etals-Unis

Le Manchester Guardian et le Daily Herald soulignent une
hausse des prix aux Etats-Unis. c Cette hausse des prix,
dcrit le corresponaant du Manchester Guardian, pourra avoir
de nombreux effects sur le programme d aide a 1'Europe. Les
estimations actuelles des besoins de 1'Europe pourront sc
trouver bien infdrieures & la rdalitd quand 1'aide pourra
dtre fournie v.

4. Yougouslaote.
Le Times et le Manchester Guardian rappellent les terms
de la note remise pr l ambassade de Grande-Bretagne an
gouvernement yougoslave pour protester centre la detention
de solaats britanniques et les mauvais traitements auxquels
ils ont det soumis.

5. Iran
Le correspondent du Manchester Guardian i Teheran fait
6tat des principaux faits rdcents relatifs a la question des
pdtroles iraniens. I1 souligne que lcs Etats-Unis sont decides
A ne pas faire pression sur lc gouvernement de Tehdran.
Le Daily Mail reproduit. de son c6tW une depdche Reuter'
annoncant le depart de Moscou de l'ambassadeur d'Iran et
signalant des mouvements de troupes russos a la fronti6re
iranienne.

6. AlleUragne
Le correspond: t du Manchester Guardian A Dusseldorf an-
nonce que les auteritds anglo-am4ricaines ont dtabli une listed
des usines allemandes qut seront dimantelbes et de cells
qui seront laissees aux Allemands.
D'apres cc correspondent la population allemande aurait
accueilli favorablement io plan anglo-am6ricain sur l'indus-
trie de la bi-4one mais se demanderait quel est au point
de vue politique le prix qu'il leur faudra payer. Certains
craindraient que l'ajournement de la socialisation des mines
ne vint favoriser le programme communist qui tend a re-
presenter les Anglo-Saxons common les champions du capita-
lisme rdactionnaire
D'apres le Daily Telegraph, de nombreux Allemands d6ser-
teraient la'zone. sovi8tiqu;e,







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRjESSE ITRANGARE 3


DI) Weawer. du News Chronicle. craint que la remise a plus
tard d.e la socialisation des mines ne donne lieu A .des inci-
dents, des groves perldes et des emeutes : ( Ce que les Alle-
mands veulent, ecrit-il, c'est la nationalisation des mines
et leur contr6le par les Allemands ,.
Les habitants de la Ruhr auraient 1'impression que la
Grande-Bretagne les a abandonnes, c que la d~mocratie est
un mot vide de sens > et seraient terrorists A la pensee de
passer un autre hiver comme le pra6odent.

a) LA NOUVELLE ORIENTATION DE LA POLITIQUE FRANgAISE
EN INDOCHINE (Manchester Guardian, 13/9, liberal):
< ...M. Bollaert, haut-commissaire de France en Indo-
chine, a resume le point de vue francais en mai der-
nier, lorsqu'il a d6clar cque 'es Francais resteraimnt en
Indochine et que l'Indochine resterait au sein de
P'Union francaise. Les conditions de paix que M. Bol-
laert a fait connaitre mercredi dernier, montrent que
la France n'a pas change de position depuis lors. Elle
renounce au contr&'e de I'administration int6rieure ,de
1'Indochine et permet aux diff6rents Etats d'assurer la
police sur leur propre territoire en temps de paix (si-
gnalons que la question de la police de la R6publique
indonesienne a. constitu6 l'une des causes de l'echec de
1'accord de Linggaodjati). Mais les Annamites- doivent
accepted la direction francaise en fmatiere ,de defense
et de politique exterieure, et ils doivent consentir a
l'occupation de positions strat6giques par les Francais.
Ces conditions ne cadrent pas avec la demand anna-
mite d'ind6pendance, et ces clauses, a dit M. Bol'aert,
doivent Atre rejeties ou acceptees en bloc. D'un autre
c6t6, il semble probable que les autorit6s du Laos et du
Cambodge accepteront le point de vue frangais, Deux
prob!imes restent A resoudre. Le premier a trait A l'at-
titude de la Cochinchine, oh existe un movement s&-
paratiste puissant. Les Francais ont compt6 sur ce mou-
vement pour contreba'ancer le desir de former un Etat
du Viet-Nam, mais M. Hoach, qui est a la tkte du gou-
vernement de Saigon, s'est montr6 plut6t versatile.
L'autre probl~me, c'est de savoir quelle est l'autoritW
roelle que possede le Viet-Minh sur les Annamites. Une
certain antipathie, manifested par les indigenes A
I'6gard des tendances extremistes du Viet-Minh, a per-
mis aux Frangais d'encourager des groups onpos6s a
former un < Front National >. TI semble maintenant
possible que 1'ancien empereur Bao-Dai agisse en qua-
lit6 de m6diateur entire le Front National. le Viet-Minh
et les FranqaTs. M. Moutet, ministry des Colonies, a de-
clar6 qu'il ne fallait pas nourrir l'eopoir insens6 de par-
venir facilement A une solution ; mais dde toute fagon,
la voie des nigociations est de nouveau ouverte et le
besoin de parvenir A une solution se fait fortement sen-
tir, ainsi que les Francais s'en rendent tres bien
compete. >

b) LA CONFERENCE ACONOMIQUE DE PARIS,

1. Times (15/9) :

< ...Lorsque la revision du rapport de la Conference
de Paris aura Wte faite, l'estimation definitive des be-
soins de 1'Europe sera peut-6tre beaucoup moins 6le-
vee; le bilan des resultats escomp'6s de I'ntr'aide
pourra etre 6galement beaucoup plus important que ce-
lui que les dilIgu6s 6taient prets a soumettre .de leur
propre initially?. Peut-etre le risultat final de la con-
ference sera-t-il une evaluation trop optimiste des pos-
sibilit6s de l'Europe au course des prochains mois, qui
seront d6cisifs ; ce danger inherent a la revision qui
est en course doit Atre reconnu. Mais une surestimation
de la bonne volont6 et des possibilities ambricaines se-


rait encore plus dangereuse et il est probable qu'on a
donn6 aux d616guBs une a douche froide > salutaire.
On ne peut garantir que ces bilans, mime r&vis6s, se-
ront accepts tels quels par le Congris, qui se livrera
probablement A un examen severe... On reconnait main-
tenant, des deux cS:ts de l'Atlantique, qu'aucun rel6ve-
ment .conomique general n'est possible et qu'on ne
peut atteindre A aucune stability economique sans un
r6tablissement que'conque de l'Pquilibre commercial... II
est chim6rique d'esperer que les envois de marchan-
dises A destination des Etats-Unis pourront atteindre
-dans un avenir prochain une importance comparable A
celle des exportations ambricaines actuelles. Les pays
qui ne sont pas d6sireux d vivre de la charity ame-
ricaine ne peuvent adopter pour le moment qu'une so-
lution : c'est d'accroitre leur' production autant que pos-
sib'e, de reduire leurs importations en provenance des
Etats-Unis et de rechercher d'autres sources d'appro-
visionnement. Ce qui est necessaire, ce n'est pas une
redistribution de I'or, mais une nouvelle organisation
du commerce mondial, et un retablissement de la pro-
duction g6nerale. C'est, dans la crise actuelle, une con-
dition du r6tablissement de '1equilibre economique
mondial. Et quels que soient les inconv6nients tempo-
raires cue I'adoption de cette attitude puisse entrainer,
il ne fait aucun doute que c'est lA que se trouve en fin
de compete !'int6rt des Etats-Unis, comme celui du
reste du monde... >

2. News Chronicle (15/9, liberal) :

a ...Nous ne pouvons nous empecher d'etre d6Cus par
le faith que la conference 6conomique qui pr6parait la
reponse de 1'Europe a la proposition Marshall ait about
A un 6chec. Cependant, il ne faudrait pas exag6rer l'im-
portance de ce'ui-ci. II n'est aucunement surprenant que
Ides difficulties soient n6es. Des critiques ont 6le formu-
lhds par les experts ambricains. Ceux-ci pensent que le
deficit probable de I'economie europ6enne a W6t sur-
estim6. C'est' une chose possible. Les estimations des
besoins, qui portent sur cinq ans, ne peuvent etre que
des conjectures, bien qu'elles soient 6tablies par les
mei'leurs experts. II faudra souvent les reviser a la lu-
mibre des 6v6nements... Il n'y a aucune raison de se
montrer pessimiste parce que M. Clayton a insist sur
certain points. II a tout a fait le droit d'agir ainsi. Les
modifications qu'il demand ont une grande impor-
tance. Ce n'est pas en une semaine ou en un mois que
les pays peuvent renoncer brutalement A des traditions
et A des croyances enracinies depuis longlemps. Tout
ce qu'on peut. 6tablir maintenant, c'est une declaration
de principle. Et I'on n'attend pas autre chose. a

C) VERS UNE FUSION DE LA ZONE FRANgAISE D'OCCUPATION
AVEC LA BIZONE ? (Observer, 14/9, conservateur):
< II fait peu de doute, semble-t-il, que M. Bidault se
montre pret A entamer des pourparlers concernant la
fusion de la zone frangaise avec la zone ambricaine
d'Allemagne, lorsqu'il arrivera en Amerique la semaine
prochaine, pour singer a l'assemblee g6n6ra'e de 1'O.N.U.
Ceci ne veut pas dire que le government francais a
abandonni sa politique anterieure. visant .A ajourner
jusqu'A la conference de novembre la prise de toute d6-
cision sur la question tres controvers6e de la fusion.
Voi!l qui signifie cependant que la France qui pense
que la reunion de novembre pourrait bien se terminer
par un 6chee se montre maintenant prite a accepter
l'ouverture immediate de discussions pr6'iminaires sur
les problmes concernant la fusion 6conomique des
trois zones de 1'Allemagne occidentale. Si Pon ne -par-








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS TTRANGARE


venait pas a s'entendre avec les Russes sur la question
allemande en novembre prochain, il serait alors pos-
.sible dde decider la fusion de la zone f.rancaise avec la
bizone, et de prendre rapidement des measures dans cc
sens...
Le desir manifesto par la France de s'abstenir de
toute prise de decision officielle sur cette question jus-
qu'en novembre, est df i la fois A des causes ext6rieu-
res et int6rieures. Pour ce qui est de la politique exte-
rieure, les Francais, bien qu'ils se montrent de plus en
plus sceptiques sur la possibility pour les Russes et les
Anglo-Saxons ide parvenir A un accord sur l'Allemagne,
ont tout au moins d6ci'd6 de sauver les apparences et
de ne prendre aucune initiative qui puisse rendre cet
accord encore plus difficile A r6aliser.
D'autre part, le gouvernmment est desireux d'6viter
tout d6bat de politique 6trang6re jusqu'aux 61ections
d'octobre. Mais ceci signific qu'il faut maintenir l'isole-
ment de la zone francaise pendant deux mois ,de plus
et si un tel dOlai semble souhaitable en France pour
des raisons de politique int6ricure, il entraluera de
nouvelles depenses. En acceptant de participer A des
entretiens preliminaires sur la question de la fusion, le
ministrre francais des Affaires etrang6res essaye de
limiter les inconv6nients sur le plan 6conomique A la
p6riode la plus court possible. >
(Du correspondent de l'Observ.ex Paris.)

d) L'IMPORTANCE DU MOYEN-ORIENT (Observer, 14/9,
conservatefur) :

< Les disputes continuelles que provoquent les p6-
troles de la Perse ont recommenc6... Il s'agit, en faith,
d'un probl6me beaucoup plus important que la simple
concession de p6troles iraniens ; il s'agit de la veri-
table crise du Moyen-Orient... Le Moyen-Orient a rev6tu
maintenant une importance extreme, non pas en tant
que voie de transit, mais en tant que possesseur de
grades richesses et d'une source vitale de puissance.
Deux choses sont manifeStes maintenant : la premiere,
c'est que la Russie et les Etats-Unis ne peuvent plus
computer davantage sur leur propre production et leurs
propres reserves de p6trole pour subvenir A leurs bc-
soins commerciaux du temps de paix ; a deuxibme,
c'est que les reserves de p6trole les plus riches et les
plus facilement exploitables sont situecs dans le Moyen-
Orient. >>


II. PRESS AMERICAINE


Revrue d'e t press amnPricaine dtt 13 seplem bre 1947

1. Aide amnricaine A l'Europe
Les d.dclarations du President Truman faites au corres-
pondants a bord du cuirass6 Missouri, au sujet de ]a convo-
cation du Congrcs en session sp6ciale, sont reproduites en
premiere page, sous ides titres indiquant gen.ralement que ]e
President n'est pas encore convaincu qu'il soit necessaire do
reunir le Congrts avant janvier. Certains correspondents es-
timent que le President ne pourra pas prendre de decision
finale avant de s'ktre entretenu de cette question avec
M. 'Marshall et avco les membres du Comitb pr4sidentiel qui
etablissent le bilan de l'aide que les U.S.A. peuvent apporter
a 1'Europe.
Les agencies signalent I'intervention de M. Bonnet auprbs
de M. Marshall et notent que la France sera oblige de rd-
duire prochainement ses importations si elle ne regoit pas
les dollars ndcessaires ,ses achats ha strangerr. Une ddpbche
< A. P. o estime que I'expos6 de M. Bonnet est venu souligner
ce que M. Marshall a dejh declare: A savoir, que les Nations


europeennes devront recevoir une aide provisoire avant 1'en-
tree en vigueur du plan Marshall. Le corrrspondant du Bal-
timore Sun A Washington consacre un plus long article i
la demarche de- l'ambassadeur et s'dtend en particulier sur
la question des envois die blb ambricain a la France, decla-
rant que les allocations prmvnes par le Comite internatio-
nal pour les six derniers mois de 1'annie sont insuffisantes
ect devront Otre augmentbes d'au moins 500.000 tonnes .
Par ailleurs, la.presse reprend les declarations faites i la
radio par M. Harriman, mninistre du Commerce, demandant
au peuple ambricain de reduire -volontairement sa consom-
mation de viande, de volailles, de heurre, afin de limiter
I'utilisation des grains reserves a la nourriture des animaux,
et de laisser ainsi des quantitis supplementaires de cer6a-
les pour l'exportation. L'6ditorial du Washington Post appuie
oette initiative du ministrye du Commerce et ajosute que si
le rationnement volontaire ne donne pas de resultats le gou.
vernement des U.S.A. Idevra imposer les contrlles de guerre
sur les dennies alimentaires.
Le s6nateur Taft, candidate republican Bventuel A la pr6-
sidence en 1948, a Santa Cruz 'en Californie, a pr6conis6
.igalement des restrictions volontaires de la consommation ct
s'est declare en faveur d'une aide amiricaine A la recons-
truction europdeninr
De Paris, les correspondents rapportent les declarations de
Sir Oliver Frank prbcisant les objections ami6ricaines au pre-
mier rapport prepare par la Conference. Le correspondent du
New York Herald Tribune note que M. Alphand a declard
que l'valuation i 21 milliards de dollars pour l'aide amd-
ricaine correspondait hien au chiffre prc6sent6 par les ex-
perts e.conomiques.
Kuh, le correspondent de < P. M. derit que les critiques
de la politique amdricaine i l1'gard de la Conf6rence econo-
mique ne viennent pas seulement des milieux commununistes
mais qu'elles 6manent de tous les secteurs de tous les see-
teurs de l'opinion europbenne. Il rapporte les declarations
d'un dbligue anonyme qui aurait dit que M. Clayton se serait
conduit vis-h-vis des Europens commc un maitre de plan-
tation am6ricaine des Etats du Sud so conduit i I'etgard de
ses ouvriers agricoles.
Par ailleurs, tons les correspondents rapportent que trelze
nations decident de former un comit6 pour &tudier les pos-
sibilites d'une union douaniere europ6enne.

2. Yougoslazie
La piesse public la nouvelle note amdricaine h Belgrade
demandant la mise en libcrt6 immediate de deux soldats
am6ricains et de sept soldats anglais arret6s par les autorit6s
yougoslaves. Cette note accuse la Yougoslavie d'avoir mal-
traite ,des militaires et de les avoir d6tenus illegalement.

3. Palestine
La plupart des journaux reproduisent une information de
.Trusalem signalant que Samni Taha, chef travailliste arabe,
adversaire du Mufti, a et6 tue6 coup de mitraillette dans
unc rue de Haiffa.

4. Inochine
L'6ditorial du New York Herald Tribune constate que In
i dcente offre faite au Vietnam content plusieurs restric-
tions qui la rendent moins attrayante que cell qui a ett
accept6e par les IMusulmans et les Hindous aux Indes, ainsf
que par les Birmans et les habitants de Ceylan > et ii
ajoute que, malheureusement, on a, do fortes raisons de dou-
ter que cette offre apporter a a paix h 1'Indocihine mnme si
tile est accept6e... Selon cc journal, certain observateurs
amnricains tendent A croire que le jour est passe ofi les Fran-
qais aurait pu sauver quelque chose de 1'Indochine. II ajoute
que tous les pays europ6ens ayant des colonies en Asie out
,.te lents a ose rendre compete de la force du desir d'ind6pen-
dance dies indigenes. c Les Frangais, dit-il, pour leur mal-
heur, ont et6 les plus lents a, et l'editorial'regrette que ni
la France, ni la Hollande, p'aient formin des administrateurs
indigenes, capable de prendre en main la direction des
affairs de leurs pays. II conclut que les Frangais et les Hol
landais out peut-6tre agi trop tard et qu'ils n'ont pas etd
assez g6ndreux en temps opportun.








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 5


5. France
Une d6p&che de Paris du New York Times signal l'offen
sive g6ndrale ides communists centre la politique etrang6ro
de M. Bidault, et cite les declarations de M. Florimond Bonte
de Madeleine Braun, de MM Grenier et Duclos. Une court
d.p&che ,d.e Paris an New York Herald Tribune signal 'in
tervention de M. Bidault a la Commission des Affaires 6tran
g6res out il aurait dit notamment qu'il n'4tait pas encore
question pour la France d'intdgrer sa zone d'occupation en
Allemagne A la bizone.

LA SITUATION ECONOMIQUE AUX ETATS-UNIS (New York
Hefra4d Tribune, 19 /9) :
< Le New York Herald Tribune a soulign6 plus d'une
fois que la crise 6conomique europ6enne B6ait en faith
une crise international int6ressant les Etats-Unis
aussi largement que n'importe quelle nation europ6enne.
Le bien-fond6 de cette assertion est prouv6 maintenant,
apres un court d6lai, par i'inflation incontrblable qui
.atteint aux Etats-Unis les prix des denr6es alimentaires
et des products 'de consommation courante, inflation ;qui
traduit dans une large measure 1'ampleur des besoins et
le faible .niveau de la production A d'6tranger. 'Ce sont
14 deux consequences qui r6sullent d'un grave 'd6s6qui-
libre dans le commerce international ; ce d&sequilibre
r6sulte lui-meme des d6vastations causes par une
guerre qui a reduit A neant une grande parties de la
capacity 'de production de 1'Europe en meme temps
qu'elle d6veloppait aux Etats-Unis la production indus-
trielle et agricole jusqu'A un niveau qui 6tait inconnu
jusqu'alors et que n'ont jamais fait d6cliner les bom-
bardements aeiens...
Le manque de mais aux Etats-Unis et de bl6 da.ns
les autres pays, la poursuite d'une po!itique insens6e
qui 6tait propice a une augmentation 'des salaires (on
oubliait que l'augmentation des prix suivrait inevita-
blement) constituaient d6jA deux facteurs qui pouvaient
entrainer une augmentation des prix aux Elats-Unis.
Mais, nous sonmmes amen6s A nous convaincre qu'il
existe une cause essentielle l'impuissance des efforts
*que nous entreprenons pour faire disparaitre le d6s6-
quilibre 6conomique fondamaental r6gnant dans le
mon'de entier.
L'an dernier, le gouvernement des Etats-Unis a
< amorc6 la pompe > en expediant des surplus A 1'6tran-
ger pour une valeur atteignant 8 milliards de dollars,
sous forme de pr6ts, de cr6'dits ou de dons; pour le
*d6but de cette ann6e, nous avons encore ( amorc6 >
au rythm.e de 12 milliards de dollars par an. En d'au-
tres terms, le gouvernement am6ricain, en achetant
ces articles aux soci6t6s priv6es, augmente le pouvoir
'd'achat de la population am6ricaine de 8 A 12 mil-
liards de dollars par an; mais en m6me temps c'est
une quantity correspondante de marchandises (que la
population am6ricaine pourrait acheter) qui disparait
des rayons d'achat pour passer A l'6tranger.
Nous avons agi ainsi pour d'excellentes raisons : it
important d'6viter i'effondrement total du regime de
liberty .6conomique dans le monde et de reconstruire
un universe ofi nous puissions survive. Cette operation
n'est pas tellement diff6rente de celle que nous avons
effectuee sur une 6chelle moins grande, il est vrai, lors-
que le Tr6sor am6ricain .a d6pens6 des milliards de dol-
lars (augmentant par la le pouvoir d'achat des parti-
culiers) pour finance la production de << machines 'de
guerre > que l'on ne pouvait remettre en vente ensuite
pour r6sorber l'exc6dent du pouvoir d'achat Aujour-
d'hui cependant, .nous n'exercons p'us de contrile sur
les prix, il n'y a p'us de rationnement, nous ne pou-
vons plus computer sur l'apport fiscal suppl6mentaire
des a bons > et 'des imp6ts sur les b6n6fices de guerre,


qui 6taient destines A absorber la difference; et c'est
la une cause.essentielle de 1'inuation acluelle.
Voila qui signifie que les measures prises ne permet-
tent pas davantage de venir A bout de difficult6s eco-
nomiques sur le plan international que sur le plan in-
t6rieur. Mais cela signifie 6galement que l'abandon 'de
ces expedients et une tentative pour entrainer un rel6-
vement 6conomique veritable de 1'Europe demandent
des sacrifices de notre part tout comme de la part des
Europtens. La disproportion (repr6sent6e par nos ex-
portations de surplus) entire les quantit6s de marchan-
dises rs.erv6es A la consommation intrieure et le pou-
voir d'achat de la population n'est aucunement compa-
rable A ce qu'elle 6tait pendant la guerre. Si la Maison
Blanche voulait faire preuve d'6nergie, cette dispropor-
tion serait sans doute r6duite A l'extreme par un effort
volontaire ou presque suspension d'achats, institu-
tion de jour sans viande et sans pain, r6partition ra-
tionnelle des c6r.ales de base et des products manufac-
turds; cette 'disproportion serait encore r6duite si nous
voulions bien -accepter d'importer des products euro-
peens d.s qu'on pourra les obtenir en change
de nos exhortations. On peut encore sauver la situation
par application 6nergique de telles m6thodes.
Mais si le gouvernement se content, comme il l'a
faith jusqu'ici, d'assister sans r6agir au 'droulement des
6venements, en esp6rant un miracle, on pourra s'atten-
dre A un r6tablissement brutal des *contr6les du temps
de guerre, ou au d6veloppement de l'inflatio.n et A un
effondrement aux Etats-Unis, sans parler d'une perte
pour nous 'de l'Europe et du monde entier, Iqui se tour-
neront vers des hommes d'Etat anoins passifs que les
n6tres. >



II. PRESS SOVIETIQUE


Remvwe de la press sovidtique dlu 13 septembre 1947

1. Japan
Un intbrft manifeste s'attache A la question du traitA dse
paix avec le Japon. Des dUpbches Tass reproduites dans tous
les journaux attirent I'attention iur les critiques dlev&es en
Chine centre le point de vue am6nricain, tant par la press
que lors des discours de Tchan Tson au Congrbs du Kuoimin-
tang, soulignant un certain parall6lisme entire la position
cihinoise et la position sovidtique. Dans la Pravda, Viotor
Maievsky comment un article ndu Washington Post du 27
aofit, qui donne les chiffres des reparations reclam6es au
Japon par 1'Angleterre, la Chine, les Etats-Unis et l'Union
Sovirtique.
2. Corde
L'Et'oile Rouge s'int6resse an probl6me cor6en. Ce journal
souligne que la pretendue dimocratisation .s'est transformed
en une march org'anisiee, dirigee contre le people coreen.
II ajoute qu'en agissant par la terreur les autoritds am6ri-
caines essaient de former un gouvernement de Coree mirl-
dionale qui exocuterait docilement les ordres du D6parte-
,ment d'Etat. Toujours selon ce journal, le dechaihement
de la reaction en Coree meridionale prouve une fois encore
que la politique des autoritis amrricaines n'a rien de com-
mun avec les obligations contractees par les Etats-Unis a la
Conference des Trois Ministres A Moscou en decembre 1945.

3. Plan Marshall
Le plan Marshall et les questions qui s'y rfercent donnent
matiere a deux articles. Les Izvestia publient en vedette la
declaration du porte-parole du Quai d'Orsay a propos du
rapport sur le carbon public ha Washington.








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


LA CONFERENCE fCONOMIQUE DE PARIS (Ariasnaia Zves-
da, 13/9) :
q Les Americains ont surtout insist aupres des Seize
pour qu'ils examinent les possibili:.s d'une entr'aide eu-
rop6enne et qu'ils ne se conlentent pas seulement d'6ta-
blir une liste des fonds et des products que ceux-ci
complent obtenir aux Etats-Unis. La Conference n'a
pourtant l6abor6 aucun project concrete sur une entr'aide
6ventuelle des pays de l'Europe occidentale...
La question d'une union douaniere europ6enne a 6te
examine A la Conference. On s'est rendu compete,
d'apres les informations publi6es par les journaux etran-
gers, que ce projef ne soulevait aucun enthousiasme
dans les pays repr6sent6s A la Conf6rence.
Selon les journaux strangers exprimant les diverse
nuances d'opinions, c'est I'Angleterre qui serait l'enne-
mie la plus acharn6e de l'union douaniere europ6enne,
la creation de cette derniere devant supprimer la place
que ce pays occupe dans l'6conomie europ6enne.
Les Etats-Unis poursuivent avec une rare opiniAlrete
la mise A execution de leurs projects de domination 6co-
nomique et politique de l'Europe et cherchent a se
crier des allies services en Europe.
Les commentaires parus ces derniers jours .iur les
travaux de la Conference des Seize prennent un carac-
tire de plus en plus pessimiste. Meme ceux qui, tout
d'abord, fondaient de brillan:s espoirs, ne croient plus
maintenant a la possibility d'un succks de la Conf6rence
et une application heureuse du plan Marshall. On n'est
pas surprise de lire dans les journaux qui, il y a peu
de temps encore, vantaient le plan Marshall, que la
situation difficile dans laquelle se trouve l'Europe est
due A la perte de marches au b6enfice des Etats-Unis.
Ces journaux avouent main!enant que les pays tels
que la France et I'Italie ne peuvent exister sans entre-
tenir des relations 6troites avec les pays de l'Europe
orientale.
--------^

IV. PRESS BELGE



R) VERS UNE FUSION DE LA ZONE FRANCAISE D'OCCUPATION
AVEC LA BIZONE ? (Le Soir, 14/9) :

< On sait que M. Georges Bidault, interrogt a la
commission des Affaires 6trang.res de l'AssemblIe na-
tionaie sur 1'6ventualit6 d'une fusion de la zone fran-
caise avec la bizone anglo-am6ricaine, a declare que la
question ne se posait pas et que rien ne pourra ktre
fait de valuable en ce domaine avant la reunion des
Quatre Grands A Londre s, en novembre.
En d6pit de ces declarations et d'un d6menti du
Quai d'Orsay, d'aucuns pensent que la fusion ne tar-
,dera guere. Elle souleverait et souleve djAh du
ct communist d'Apres controversies parce qi'on ne
manquerait pas d'y voir une orientation nouvelle de
la diplomatic frangaise. D'autant plus que. dans le mnme
moment, on apprend que le Kremlin fail pub'ier qu'6tant
donn6e la violation par l'AmErique et l'Angleterre des
accords de Potsdam, I'U. R. S. S. estime inutile de par-
ticiper a la Conference de Londres en novembre.
Mais la fusion ne serait pas sans avantages pour la
France et ce serait aller peut-ftre contre ses int6rits
que de ne pas la faire. En change, le trait de s6curit6
offert par M. Byrnes aux trois autres Grands il y a un
an entrerait imm6diatement en vigueur tout en demen-
rant a ouvert A la Russie. Le rattachement Bconomi-
que de in Sarre s'ensuivrait avec tout ce qu'il comporte


.de carbon. La France serait enfin admise a la discus-
sion pour le contr6le de l'industrie sid6rurgique de
l'Allemagne occidentale avec une place important sinon
gale A celle des Anglo-Saxons.
M. Bidault, qui s'en va lundi aux Etats-Unis, ne man-
quera pas de s'entrelenir de toutes ces questions avec
les responsables de la politique ambricaine et notam-
ment M. Marshall. C'est pourquoi son voyage dans les
circonstances actuelles rev6t une grande importance et
peut avoir une port6e exceptionnelle.

(Du correspondent A Paris du Sofr.)

b) LE PROBLEME ALLEMAND (La Nation Beige, 14/9, Union
national) :

Peut-on, d'autre part, condamner A la mort 'lente par
la sous-alimentation et ses consequences ces m6mes Al-
lemands auxquels il est impossible de ne pas recon-
naitre le droit A la vie; faut-il et 1'6conomie mon-
diale ne le permet point que les vainqueurs accor-
dent A leurs ennemis d'hier des rations [Latuites capa-
bles tout au plus de les emp6cher de mourir de faim ?
Le monde peut-il se passer des malibres premieres alle-
mandes ? a-t-il la possibility de n6gliger l'apport alle-
mand A la grande tAche de reconstruction qu'il a abor-
dec an milieu de difficult6s et parmi les tAtonnements
que l'on sait ?
L'alternative est redoutable et grosse de consequences.
La solution de misere risque de jeter dans l'orbite mos-
covite une masse d'hommes don't le seul espoir r6side-
rait dans un nouveau conflict, dans un grand cham-
bardement, guerre et revolution, don't le monde entire"
subirait le choe en retour. Mais permeltre au people
allemand de reconquerir sa place au soleil par son tra-
vail son industries et son commerce ne constitute pas un
danger moindre. Ii ne serait pas malaise de mesurer
le temps qu'il faudrait A l'Allemagne pour passer du
chaos A une guerre de revanche; le precedent est tout
recent...
Le f6deralisme, que M. Duverger juge indispensable
au salut de l'Europe, dans un article public r6cem-
ment dans le Monde, pourquoi n'envisagerait-on pas de
rimposer tout d'abord A I'Allemagne occideltale comme
condition premiere de son 'rel6vement ? Nous savons
bien que ce ne sera pas chose ais6e que de faire revivre
les autonomies, les particularismes que nous avons nous-
memes d..ruits A Versailles en 1919. Difficile ne signifie
pas impossible. Et le spectre de la detestable unite alle-
mande n'a pas fini d'6pouvanter les voisins imm6diats
du Reich. II s'en est fall d'un cheveu que l'Angleterre
connaisse en 1940 '.horreur de l'invasion. A-t-elle oublie
sa grande peur d'alors ? Les Etats-Unis sont loin, beau-
coup plus loin. Ils savent cependant le prix que leur
ont cofit6 leurs erreurs. Ils semblent n6anmoins en avoir
perdu le souvenir. Mais il ne fault pas qu'ils garden
rancune A la France, A la Hollande et a la Belgique
si ces trois pays n'envisagent pas cette question avec
la m6me s6r6nic6. Encore meurtris par quatre ann6es
d'occupation, nous ne pouvons pas donner au pro-
bleme des reparations, malgr6 son importance, le pas
sur le prob:eme capital, celui-ci, de notre s6eurit6. Nous
avons paye tres cher, trop cher, hl6as pour ne pas
pouvoir faire entendre no.re voix angoiss6e et procla-
mer que nous ne vou ons plus que ce:a recommence.
11 faut souhaiter que Londres et Washington compren-
nent nos alarmes, car l'ocean Atlantique, si vaste soit-il,
s'il n'est pas un obstacle pour la voix, ne l'est plus da-
vantage pour les bombes. >
(PAUL NEURAY.)







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANG E I


V. PRESS SUISSE



a) LA NOUVELLE ORIENTATION DE LA POLITIQUE FRAN-
CAISE EN INDOCHINE (Le Journzal de Gendve, 15/9) :
< L'offre de paix que M. Bollaert, agissant au nom
du gouvernement, vient d'adresser au Vietnam, exprime
le d6sir qu'6prouve la France de r6tablir la tranquillity
en Indochine. Mais on commettrait une erreur en con-
siderant ce geste comme un signe de faiblesse. Si dB-
sireuse que soit la France de mettre fin A une expedition
qui lui cofite des vies humaines et beaucoup d'argent,
son initiative ne signifie point que, par lassitude, elle
est prate A abandonner la parties.
Le corps exp6ditionnaire francais, avec ses'cent vingt
mille hommes, est assez puissant pour fair dchec aux
tentatives du Viet-Minh, et tant qu'un accord ne sera
pas intervenu, ces effectifs seroni maintenug,* mais la
pacification d'un pays ofi les passions nationalists sont
vives exige d'autres moyens que 1'emploi des armes.
I1 semble d'ailleurs que les populations indochinoises
sont fatiguees d'une guerre inutile don't la prolongation
aggrave leur sort. materiel et que, parmi les defenseurs
de 1'ind6pendance, le d~sir s'accroit de rechercher un
accommodement. On a remarqu6 que, dans son discours,
M. Bollaert n'a d6sign6 personnel; il s'est adress6 A
I'ensemble du people vietnamien, aux diff6rents groups
qui le composent; il n'a pas exclu Ho Chi Minh et son
parti, mais il ne l'a pas d6sign6 nommement; it consi-
dare done qu'. c6te de lui, qui represente une ten-
dance communisante, il exisie d'autres forces politiques
susceptlbles d'exprimer les aspirations du pays...
La situation politique est si obscure qcu'il est malaise
de prevoir si le gouvernement francais, comme il l'es-
pere, trouvera des partenaires pour causer. En offrant
une paix honorable A ceux qui le combattent, il a sans
doute boulu. les faire surgir. L'avenir montrera si les
donnees psychologiques sur lesquelles il a fond6 son
initiative traduisent bien une r6alit6 extremement mou-
vante...
Les propositions de M. Bollaert vont 6videmment
moins loin que les demands presentees par Ho Chi
Minh au course des n6gociations stWriles de Fontaine-
bleau...
Mais il est possible que l'influence des extremistes,
apres huit mois d'une guerre extr&mement p6nible, ait
diminu6 et que le compromise offert par la France
paraisse acceptable aux r6sistants qui songent, en pre-


,mier lieu, au bien de leur pays. Ils obtiennent d6jh le
pouvoir de g6rer les affaires pibliques. Cette conces-
sion important par laquelle le gouvernement frangais
renonce aux anciennes m6thodes coloniales est la re-
connaisance du nationalism indochinois. La France
ne peut guere aller plus loin sans abdiquer et sans dB-
chainer vers l'Indochine des convoitises don't les pre-
mieres manifestations ne sont que trop apparentes. z
(RENi PAYOT.)

b) EN MARGE DE LA CONFERENCE ECONOMIQUE DE PARIS
(Gazette de Lauzanne, 14/9).
< ...On comprend fort bien pour le.fond le point de
vue am6ricain. L'Europe ne doit pas 6tre un tonneau
des Danaides. Si les dollars et les secours ne servent
pas A rammer cet organisme d6bile qu'est notre pauvre
continent, ils sont parfaitement inutiles. Et pour que
cet organisme soil ranim& par eux, ii faut la volont6
de guerir, qui doit se traduire par encouragement de
la production et d'entraide dfment organis~e entire
Elats, avec l'utilisation de toutes les resources dispo-
nibles. D'of la th~ee americaine sur la Ruhr : le Depar-
tement d'Etat a confiance dans les possibiiites de I'an-
cien arsenal allemand, qui a faith ses preuves (1), tandis
qu'aujourd'hui ii doute des capacit&s du reste de 1'Eu-
rope occidentale.
Nombreuses sont les voix qui s'616vent aujourd'hui
pour montrer l'acuit6 du probieme 6conomique euro-
peen et mondial. Un jour, c'est M. Dalon, chancelier
de l'Echiquier. Le lendemain, c'est M. CamiLe Gutt,
direcleur du fonds mon6laire international. Puis c'est
M. Cripps, pour la Grande-Bretagne. Tous laissent percer
leur inquietude.
Ce qui est clair, c'est que la crise 6conomique ne
pourrait etre resolue longtemps A sens unique. Si l'Eu-
rope recoit sans cesse des secours de l'Amirique, sans
rien fournir a cette derniere que des dollars, 1'Europe
s'endettera d'une maniere catastrophique et prendra de
mauvaises habitudes, tandis qu'aux Etats-Unis on accu-
mulera l'or, en meme temps que le prix de la vie mon-
tera sans arrkt, ce qui aggravera encore la situation.
La vraie richesse, d6cid6ment, est dans l'organisation
rationnelle du travail, qui produii les biens de consom-
mation et fait sortir le bl de la terre. Mais pour cela
il faut mettre une trove aux luttes steriles de la poli-
tique, apaiser la m6flance du citoyen dan.s l'Etat, arreter
les bruits alarmants qui tent la confiance en l'ave-
nir.


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


















































































Prix : 6 francs.




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