Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: September 15, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00186
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DR LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRBS)


LA DOCUMENTATION RAHCAISI


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8').





BULLETIN


DE


15 septembre 1947.


PRESS


MWIISTERE
DES AFFAIBES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS

O F


** p t


QUOtIDIER



ETRANGERE


Nouvelle Serie No 768


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE
a) La Conference economique de Paris (Nelws
Chroniicile, 13/9).
b) Aprbs les conversations anglo-americaines sur
la Ruhr (Manchester Guardian, 12/9).
c) L'avenir 'de la Perse (Mamchelster Guatlrdialn,
12/9).

II. PRESS AMERICAINE
a) Vers la convocation d'une session sp6ciale du
Congris :
1. New York Times (11/9).
2. Walshingtonl Post (11/9).
3. Christian Science Moaitor (11/9).
4. Philadelphila Inquireer (11/9).
5. Balliimore SuLl (19).
b) La crise europ6enne (New York Herald Tri-
bune, 13/9).

III. PRESS BELGE.
a) Avant la reunion de 1'Assembl6e g6nerale de
I'O. N. U. (La Metropole, 12/9.
b) Apres les conversations anglo-anmricaines sur
la Ruhr (Le Drapeau Rouge, 12/9).

V. PRESS SUISSE
a) La nouvelle politique francaise en Indochine
(La Tribune de Genevie, 12/9).
b) Vers une nouvelle orientation 'de la polili-
que russe en Allemagne (Le Journal de Ge-
Waie, 13/9).
c) Le parti socialist italien (La Tribune de Ge-
nizve, 12/9).

ANNEXE
Extraits du discours radiodiffuse prononc6 le 10 sep-
tembre 1947 par M. John J. Me. Cloy, president du
la Banque international pour la reconstruction.


I. PRESS BRITANNIQUE



Revue die, la press britannique du 13 septem~bre 1947

La press de oe matin donne la premiere place aux d6cla-
rations de Sir Stafford Cripps sur le programme economique
du gouvernement. Elle accord 6galement une grande impor-
tance aux negociations qui vont s'ouvrir & Paris entire' les
membres de la Confdrence Bconomique pour 6tudier la crea-
tion d'une ou de plusieurs unions douanieres en Europe.
La rubrique extdrieure est peu fournie : la question des
p6troles iraniens, la note britannique et amdricaine A la
Yougoslavi'e au sujet de la detention .de soldats allies, la
situation aux Indes forment les trois sujets les plus impor-
tants de cette chronique. La France, pour sa part, occupe
une place presque ndgligeable.
Le Manchester Guardian consacre un de ses editoriaux au
probleme indochinois.
1. Ddclarations de Sir Stafford Cripps
Toute la press reproduit en detail les declarations que
Sir Stafford Cripps a faites hier devant deux mille reprd-
sentants du patronnat et de la classes ouvri6re. Elle souligne
que 1'effort demand par le gouvernement implique de nou-
veaux sacrifices de la part de la population et un ralentis-
sement de la reconstruction intdrieure au profit d'un dive-
loppement des exportations.'
Le Times brosse un tableau recapitulatif du programme
economique du gouvernuement, qui montre en particulier que
les exportations vers la France en 1946 avaient atteint 164 %
des exportations de 1938. La press ne cache pas que ce
programme represente des annbes d'austerite pour la Grande-
Bretagne.
Le redacteur politique du Daily Express fait 6tat d'un
plan qui serait actuellement a 1l'dtude et qui serait destine
a unifier le commerce imperial. Ce plan comprendrait notam-
iment : la suppression des concurrences inutiles surtout .sur
le march du dollar, la coordination des d6penses en dollars
et la rationalisation de la production des denries d'exporta-
tion; une intensification du commerce entire toutes les
parties du Commonwealth et le d6veloppement des ressourcei
coloniales.
2. Conference dconomique de Paris
La press announce que la Conference de Paris a about
hier pour la premiere fois A un r6sultat positif en decidant
d'instituer un group d'&tudes charge d'examiner les possi-
bilites d'une union douani6re entire les seize pays de 1'Eu-









2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


rope occidentale et en invitant I'U.R.S.S. et les pays de
l'Europe oriental a se joindre aux pourparlers.
Ie r6dacteur diplomatique du Daily Telegraph souligne
qu'il ne s'agit pas d'une measure dilatoire. 11 ilniste egale-
ment sur le fait que la position britannique est particuli&-
rement delicate. Le r6dacteur declare que I'Europe ne peut
pas fournir L la Grande-Bretagne les marchandises que
celle-ci ach6te en Amirique et que la Grande-Bretagne ne
pent pas risquer de perdre la possibilitY, de se procurer des
dollars, en dehors de 1'Europe. I1 ajoute qu'il ne saurait
s'aglr non plus pour la Grande-Bretagne d'abandonuer les
avantages reels de son commerce imperial pour l'ombre
d'avantages 6ventuels.
La press annonce ien outre que la Confdrence sur le Plan
Marshall prdvue pour lundi a dte retardee d'une semaine.
Le rddacteur diplomatique du Times rappelle les critiques
faites par M. Clayton au sujet du rapport de la Conf6rence
et il voit surtout de la part de l'envoyd amdricain la preuve
que celui-ci desire pouvoir presenter au Congr6s un rapport
,onvaincant.
Ce correspondent fait 6tat dgalement de la crainte que fait
naltre, dans les milieux de la Confdrence la nouvelle hausse
des prix en Am6rique. Gette hausse ne manquerait pas
d'ajouter aux difficulties que rcncontrera le plan Marshall
au CongrBs.
3. Yougoslavie
Presque tous les journaux annoncent que les gouverne-
ments amnricain et britannique ont demanded i la Yougo-
slavic de relAcher immddiatement les neuf solclats allies
qui ont &td arr6tes par les troupes yougoslaves dans le cou-
rant du mois d'aotit. t
4. Iran
Le r6dacteur diplomalique du Times announce quIe le gou-
vernement sovidtique a demand au gouvernement iranien
, avec plus d'insistance qu'auparavant > de donner effect a
Accord prdliminaire de 194'6 relatif a la constitution d'une
socidtd p6trolidre irano-sovidtique dans le nord de i'Iran.
Le correspondent insisted aussi sur la champagne mende par
la radio de Moscou contre de gouvernement de 16heran, et
il souligne que I'atmosph6re devient de plus en plus tendue
dans la capital iranienne en raison de bruits qui circulent
a propos des movements de troupes sovidtiques A la fron-
ti6re irani-enne.
It definit .a position du gouvernement blitannique sur
cette question : a Pas d'objection de principle ah octroii de
concessions pitrolif6res i I'U.R.S.S. i condition quc les ndgo-
ciations soient libres aet que l'opinion iranienne puisse
exprimer son avis ,.
Le eorrespondant du Times a Washington signale de son
c8te que le gouvernement amdricain consid6re quo l'accord
de 1946 a 6t4 sign par T6hdran sons la menace et qu'il
s'oppose h sa ratification en raison de attitude actaelle
de 1'U.R.S.S.
Le Daily Worker voit dans le raidissement du gouverne-
ment iranien le r6sultat de la c diplomatic americaine 2.
D'aprBs le journal communiste, le government iranien
Janoerait actuellement une nouvelle offensive confre le mou-
vement d4mocratique d'Azerbaidjan avec l'appui des Etats-
Unis.
6. France
Le correspondent du Manchester Guardian a Paris fait
6tat des manifestations qui se sont produites en province
pour protester contre 1'insuffisance et la chertd da ravitail-
lement.
D'aprBs lui, un certain nombre de ces manifestations
seraient inspires par les communists qui tendraient a leur
donner un tour politique.
Le Daily Worker ecrit que les graves dues a la faim *
sevissent en France.
7. Albanie
D'apres Daily Worker, les Etats-Unis auraient project
l'ann&e dernidred d dbarquer des troupes en Albanie pour
favoriser un soul6vement fasciste. Le journal communist
tiendrait ces renseignements de certain des vingt-quatre
hommes qui sont actuellement en jugement a Tirana et qui
sont accuses d'avoir foment, ce complot.


a) LA CONFERENCE ECONOMIQUE DE PARIS (NewLs Chloni-
cle, 13/9, liberal).
< On a propag6 de nonubreuses histoires au sujet des
critiques formulees par les Amiricains a l'6gard du pro-
jet 'de rapport et sur le mecontentement qu'ils ont ma-
nifestO. Mais en faith les objections formul6es par M. Wil-
liam Clayton el par M. Lewis Douglas sont g6n6rale-
ment conside6r6es come justes et raisonnables.
Ce sera surtout d'aprbs la valeur de ce rapport de
soixante pages, et d'apres celle des pr6cisions techni-
,ques qui y sont joints en annexes que le Congres ju-
gera bon ou refusera d'accorder tune aide considerable
en 'dollars pour reliever 1'Europe.
M. Clayton et M. Douglas ont montr6 qu'ils apprO-
cient le travail commun et sans precedent qui a 6te fait
a Paris par les seize nations au course des neuf der-
ni6res semaines.
Les Am6ricains demandent maintenant un dernier
effort de revision qui donnera au rapport une chance
tie plus d'etre accepted par le Congres et par l'opinion
publique americaine... >
(ROBERT WAITHMAN.)

b) APRES LES CONVERSATIONS ANGLO-AMORICAINES SUR LA
RUHR (MiAichester Guarditn, 12/9, liberal).
a Le rapport anglo-amn6ricain sur la Ruhr resemble
beaucoup a ce qu'on atie.ndait. Malgre les critiques plu-
t6t violenles qu'ils ont Pinises sur le compete de l'admi-
nistration britannique, les Americains ont 61e contraints
d'admnettre que les obstacles qui emp6chaient une re-
prise normal de la production de carbon dans la
Ruhr n'ont pas leur origine dans l'incomp6tence 'des
Britanniques, mais dans la p6nurie de ravitaillement et
le Ianque de logements, la rarete des moyens de trans-
port, et la p6nurie d'acier. Le rel6vement de la Ruhr
ne depend pas de ses possibilil6s techniques, mais du
redressement g6n6ral de l'economie de l'Allemagne oc-
cidentale nourriture plus abondante, logements plus
'nombreux, marchandises de consolidation courante en
plus grande quantity et stabilili de la mnonnaie. I1 suf-
lit d'apporler ces ameliorations pour simplilier d'au-
tant les problems de la production. C'est aux autorit6s
de la bizone qu'il appartient d'apporter ces anmeliora-
Lions, et maintenant que nous cherchons A nous dfgager
de nos obligations pour ce qui est des 'd6penses en dol-
lars, cette tAche iicoanbe surtout aux Etats-Unis. Le rap-
port souligne done ce qui a toujours 6t& evident, mais
sa valeur provient surtout du fait qu'il montre com-
bien le role que doit jouer 1'Am6rique dans le rel6ve-
ment economique de 1'Europe depend 'd'un effort re-
solu pour redresser I'economie des zones occidentales.
II est natural et avantageux que la responsabiit6 de
la production du charboi income maintenant A un or-
ganisme anglo-mriicain, et ii serait bon que cette deci-
sion soit liee h l'a'doption d'une politique plus energi-
que en ce qui concern la production allemande de
vivres, et a application d'un programme d'importation
judicieux pour ce qui est des matieres prenmiOres i:mpor-
tantes come l'acier, don't le besoin se fait tellement
senlir... >

c) L'AVENIR DE LA PERSE (JMiniclIester Glllidian, 12/9,
liberal).
< ...La rapidity avec laquelle une nouvelle pression
russe s'est exercee i la suite 'de 'application du nou-
veau slatut pour l'Inde et de la premiere evacuation
de ce pays par les troupes britanniques a dit paraitre
presque incorrect, et a dd donuner des inqui6ludes it
bien des Asiatiques-








BULLETIN 4UOTIDIEN DE PRESS ATRANG iE ,3


Le r6le hislorique de la Pcrse ia t61 cclui 'd'lal-lam-
pon entire les deux grands einpircs asiatiquets de la Rus-
sie et de la Grande-Bretagne. C'esi ce r6Le qui a permits
a la Perse de demeurer indepeiniante.
L'6vacuation 'de l'Inde par In Grande-Bretagne l)put
modifier du tout an tout la position perse. A moins que
l'Inde ne se montre capable de poursuivre la politique
suivie par la Grande-Bretagne auparavant, rien ne s'op-
posera A la pression russe; de toute faco'n la division ide
1'Inde en deux Etats affaiblira la pression qui pourra
itre exerc6e a partir 'de ces pays. 'I est possible que cet
affaiblissement soit contrebalanc6 par 1'interMt toujours
plus grand que manifesto 1'Amdrique en ce qui concern
la s6curit6 des sources de ,ptrole du Moyen-Orient. Mais
la Perse ne peeut computer uniquement sur cela pour sa
s6curite. L'expkrience a prouv6 aux voisins 'de la -Rus-
sie que leur seule -chance de salt reside dans leur mo-
dernisation. Bien qu'6tant un petit pays. In Turquie
mine, pour maintenir son ind6pen'dance, une lutte qui
n'est pas sans, permeltre des espoirs, parce que d'un
pays peu attrayant, elle a reussi A faire un C&at puissant
et moderne.
Est-ce que la Perse peut 6chapper aux consequences
de sa passivity et se moderniser La chance lui en est
offerte mnaintenant et c estune occasion qu'elle n'aur:iit
pas pu avoir auirefois; elle pourrait dern ade1r 1'ride
des services techniques 'de l'O. N. U... Une cooperation
avec l'O. N. U. aurait pour resultat un enforcement
de la s6curite perse. La Perse a d6ej demand un prUt
a la Banque Internationale, et a demanded l'assistance
de 1'I. L. O. Elle devrait envisager mainlenant d'effec-
tuer 'des d6marches auprbs des Nations Unies afin d'ob-
tenir ine aide de la section 6conoinique et social de cet
organism. Si elle cherche un precedent, elle n'a qu'A
se rappeler I'appel lane6 par la Chine en 1933 a 1'or-1
ganisation technique de la S. D. N.; contrairement a ce
qu'elle avait fait pour la Chine sur le plan politique, la
S. D. N. avail pu aider tres utilement la Chine. r6ali-
ser son programme de reconstruction jusqu'a l'interrup-
lion de son application, cause par la guerre d6clen,
chee en 1937.



II. PRESS AMERICAINE



Revue de la press amiriraine du 11 septambre 1947

1. Aide .americaine A I'Euro'pe.
G'est encore le prob'&me de l'aide am6ricaine A 1'Europe qui
preoccupe le plus la press ammdricaine. De Paris les cor-
respondants amnricains annoncent que la Conference econo-
mique a decid(, A la suite des observations pr6sentees par
les de61!iugs am6ricains, de reviser le texte de son rapport
final. I1 en resultera, disent-ils, un nouve s .ddlai dans la pre-
sentation de ce rapport. Le correspondent du New York
Times note que certain memlbres de la Conference ont
protest centre cctte intervention am6ricaine qu'ils estiment
tardive et < dictatorial >. II ajoute cependant que la majo-
rit6 de la Conference a accepted les vues exposes par les
d6legu6s am6ricains et que le deficit europ6en qui a &tA tout
d'abord 6valu6 h 29 milliards 200 millions 4e dollars n'at-
teindrait plus aujourd'hui que 17 milliards.
De Washington, les correspondents rapportent les decla-
rations faites par M. Harriman, ministry du Commerce A
l'issue de la reunion du Comit6 special d6signe par le presi-
dent Truman afin d'6tudier les moyens don't disposent les
U.S.A. pour venir en aide A 1'Europe. La press souligne que
ce comit6 n'a pas pu terminer ses travaux du fait qu'il n'a
pas encore eu connaissance des demands europdennes. Elle
met 6galement en relief les d6clarations faites par M. Chester


Davis ancien administrator du ravitaillement pendant la
guerre, qui a dit que si les (U.S.A. d6siraient apporter une
aide alimentaire h 1'Europe, ils devaient choisir entire le
rationnement volontaire de la viande ou le r6tablissement
des controls qui existaient pendant la guerre. M. Harriman
a fait remarquer que l'opinion de M. Davis 6tait exprimee
i titre personnel et n'engageait pas le gouvernement des
U.S.A. Les correspondents qui ont assist A cette impor-
tante conference ile press s'dtonnent du peu de pr&cisions
donn(ies par les nmembres du Comit& sur Ics possibilities d'aide
amiLricaine et contatent que cet 6tat ne changera pas vrai-
semblablement tant que la Conference iconomique de Paris
n'allra pas termind ses travaux.
Le reda.cteur politique du Neiu York Times, Krock, analyse
clans son article d'aujourd'hui les reactions amdricaines.
Ai propos de la rise economique que traverse l'Europe. Ii
constate tout d'abord que les Americain, qu'il a pu toucher
au co~urs de son recentt voyage dans le Nord-Est des U.S.A.
le semblent pas aussi proccupies par* cette question que les
reprdsentants au Congrbs. II s'6tonne de ce fait, d'autant plus
que la press americaine a traitA largement ce problAme et
continue a lui accorder aujourd'hui mneme une large place
dans ses colonnes. I1 recherche une explication de cette atti-
tude du public am6ricain et se demand si les r6sultats de
l'emprunt anglais n'ont pas dcourag6 1'opinion am&ricaine
ou si celle-ci n'est pas persuade que l'Europe ne peut sortir
de la cruise que par ses propres efforts. II ne se montre pas
pessimiste sur ]es conclusions auxquelles aboutira le Con-
grs. Selon lui, le point important c'est que le Congres se
reunira en ayant une parfaite connaissance du problem et
des perils qu'il comporte pour les U.S.A.; et de ce fait le
Congres accordera sans doute une aide suffisante sous forme
de denrdes alimentaires et de carbon pour emppcher que
l'hiver proehain entraine pour l'Europe de nouvelles souf-
frances. Le correspondent resume ensuite les conditions que
le Congress imposera probablement pour l'octroi ide cette
aide.
Les raeentes suggestions faites par M. Bevin, tendant a une
rrlr;se du pret-bail sont repoussces par la plupart des 6di-
torialistes et en particulier par ceux du New York Herald
Tribune et du New York Times. L'accueil qui est rserve
a ces suggestions n'est pas mneilleur que celui qui a etz faith
a la proposition Bevin de !redistribuer l'or americain d'ans
le monde.
2. Iran.
La press donne une assez large p:ublicit6 aux declara-
tions faites par l'ambassadeur americain A Thedran, M. Allen,
levant Ia socidtd irano-amdricaine et reprend cn particulier
cette phrase : Les U.S.A. consacrent toute leur energie et
leurs resources a lib6rer les peuples du monde ide la crainte
de I'agression >, qu'elle interprete comme 1'indication que les
U.S.A. soutiendront l'Iran contre I'U.R.S.S. h propos des
concessions petrolibrcs russo-iraniennes.
3. Italie
La press annonce de Rome que les troupes allies quitte-
ro t 1'Italie avant le 14 decembre prochain et que les troupes
americaines se retireront lundi de la ligne Morgan. Le'gneral
Lee, commandant des Forces ambricaines en Italie, a announce
qu'il quitterait I'armie des son retour aux U.S.A. prdvu pour
la fin de cc mois.
4. indochine.
L'Aditorial do New York Times consacr6 aux rncentes d6-
clarations de M. Bollaert dit notamment que la dernibre offre
franqaise resemble beaucoup A celle qui a et6 faite il. y a
un an et demi et que le gouvernement vietnamien avait
accepted, accusant ensuite les administrateurs franqais en
IIndochine de 1'avoir systematiquement sabot6 avant que ses
modnlit6s puissent en etre d6terminCes. Le r6dacteur ajoute
que les1 chances -de succes de la nouvelle offre francaise
paraissent problematiques et qu'ayant repouse jusqu'B pr6-
sent une tentative .de conqu6te par les armes, les Vietna-
mi-ens peuvent croire maintenant-qu'ils feraient aussi bien
de continue la lutte jusqu'h leur ind6pendance complete.
En'fin il signal qu'il existe une ressem'blance de plus en.
plus grande entire l'6volution de la situation en Indochine
et en Indonasie. Cet editorial conclut a la nicessit6 pour le
gouvernement des U.S.A. de faire tous ses efforts pour per-
mettre de r6soudre le probl6me indochinois. L'editorial du








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGBRE


Philadelphia Evening Bulletin, aprbs avdir refait l'historique
des 6vbnements en Indochine d'une maniere favorable la
France, conclut cependant que la nouvelle offre ne promet
pas au Vietnam beaucoup plus que ce qui lui avait 6t6 pro-
mis dans le passe ,. II ajoute qu'elle ne satisfera pas les
disirs des extr6mistes qui veulent que a les Franqais quit-
tent l'Indochine avec armes et bagages >.
5. France.
Une d6piche du New York Herald Tribune cite la decla-
ration faite par les membres du Congrbs qui s6journent A
Paris et qui experiment leur surprise et leur deception de
voir que la politique amiricaine h 1'6gard de 1'Allemagne
est i< mal comprise ou mal interpr6tke par beaucoup de
Frangais et par une parties de la press frangaise ). Cette.
d6elaration aurait 6t6 remise par l'ambassade am6ricaine a
Paris awx coi.espondants am6ricains. Une d6p&che de Camp-
bell an Neow York Times rapporte que les fonctionnaires
frangais demeurent m6contents de la politique am6ricaine I
1'dgard de l'Allemagne et en particulier du plan anglo-amd-
ricain qui va laisser aux ATlemands la responsabilit6 de
l'exploitation des mines de la Ruhr. Une d6p&che de Londres
du mme journal signal que le gouvernement hollandais a
protest aupres de Londres et de Washington, 'et a; exprim6
son inqui6tude au sujet de la politique anglo-am6ricaine sui-
vie A l'egard de 1'Allernagne et en particulier de la Ruhr.

a) VERS LA CONVOCATION D'UNE SESSION SPEC IALE DU
CONGnRS :

1. New York Times 1(11/9).
( Lorsque le Congres s'est ajourn6 en juillt, c'6tait
avec Pespoir, mais non la certitude, qu'il ne se reuni-
rait plus avant janvier. La declarationn meme du Pr6-
sident, affirmant qu'il ne voyait aucune raison pour
convoquer une session sp6ciale A moins que la situa-
tion en Europe ne s'aggrave, sous-entendait qu'une tell
session pourrait Atre cependant n6cessaire. Les 6v6ne-
ments de cet te6 ont montr6 assez clairement que la
situation s'6tait aggrav6e. I1 existe deux problimes qui
portent d'une part sur les besoins imm6diats et d'autre
part sur le programme A long terme de reconstruction.
Quel que soit le d6sagrement qu'6prouvent beaucoup
'd'Am6ricains A 6tre places en face des r6alitis, quelle
que soit l'amertume ressentie par le CongrBs, oblige
d'agir dans une ;amosphare de crise, le fait est que cette
crise existe bel et bien. Le climatet d'urgence est cr66 par
la crise elle-m6me parce que la politique et l'adoption
des measures appropri6es 'ne sont jamais assez rapides
pour l'enrayer.
II sera trop tard l'ann6e prochaine pour s'occuper du
programme A long terme si un effondrement survient
'dans un pays important, en Grande-Bretagne, en France
ou en Italie par example, aut course des prochalns mois.
Le project Marshall a 6t6 propose comme la contre-partie
d'un secours improvise et imm6diat et le gouverne-
ment sera pen dispose A patro.ner, comme le Co'ngres
sera peu dispose A adopter, tout autre expedient provi-
soire. Mais l'ennui c'est que le gouffre est toujours 1a
et qu'il faut le combler si nous voulons poursuivre la
politique qui est A la base du project Marshall. >

2. Washlingtofn Post (11/9) :
< Lorsque le Congres s'est ajourn6, il aurait dfi 6tre
evident que la d6tresse 6conomique de 1'Europe occi-
Identale 6tait en train de s'aggraver A une cadence si
rapide qu'il faudrait prendre des measures en cons6-
quence -des cet automne. Les faits confirment actuelle-
ment ce point de vue. Ce fut la declaration de M. Lo-
vett, faisant function de sous-secretaire 'd'Etat en. 'ab-
sence de M. MarshalI, qui Atait alors A Rio, qui indiqua
pour la premiere fois que cette situation avai; 'emu le


D6parlement d'Etal. o 11 esl plus Lard que vous ne le
pensez >, a dit M. Lovett aux journalists. M. Marshall
est arrive a la m6me conclusion et dans sa declaration
du 10 septembre it a laiss6 entendre que, d6s que le
president reviendrait a Washington, il trouverait sur son
bureau ine recomnmandation demandantt la convocation
d'une session spBciale du Congres.
M. Marshall dtablit une distinction entire les besoins
imm6diats de 1'Europe et la n6cessitb d'un plan A long
terme pour restaurer ce qu'il a appel6 a Harvard lune
economic viable > pour l'Europe. Ce dernier plan ne
peut etre prkt avant le printemps prochain. Mais bien
avant cette date, la France, 1'Italie et peut-8tre la
Grande-Bretagne seront totalement d6munies 'des dol-
lars qui leur permettraient d'acheter notre bl6, et c'est
la ce don't I'Europe occidental a besoin plus que ja-
nais auparavant.
Des measures d'enlr'aide r6ciproque font parties int6-
grante d'un programme de redressement europ6en tel
que l'envisagent les Etats-Unis et nous .devrions insisted
pour qu'elles constituent la contre-partie de l'aide excep-
tionnelle que notus pouvons accorder sans parler de
l'aide a long terme. a

3. Christian Science Monitor (11/9) :
< II est exact que les renseignements te les plans
qu'exigerait une session sp6ciale peuvent A peine etre
pr6ts avant novembre. Mais le Congr6s n'est pas le seul.
endroit onf il y ait besoin d'une preparation. L'opinion
publique a besoin de se voir exposer la situation, et
ceci devrail etre faith bien avant la reunion du Congrbs.
Nous ne devrions pas soumettre soudainement nos pro-
positions comme nous l'avons fait dans le cas de l'aide
A la Grace. Notis ne devrions pas voir un gouvernement
qqui agisse come s'il n'6tait aucunement n6cessaire de
convoquer une session sp6ciale. II nous faudrait des
dirigeants qui sentent aussitSt le .danger et qui fassent
partager leur pointt de vue au people.
Aujourd'hui, il faut que les U.S.A. instituent quelque
chose d'analogue au pret-bail s'ils veulent d6fendre la
d6mocratie en Europe. En l'absence des exigences im-
perieuses de la guerre, il faudra plus .d'imagination en-
core pour comprendre et pour agir. C'est pour cette
raison que la n cessit6 d'une direction Anergique s'im-
pose. Elle devrait etre assure d'abord par le Pr6sident,
puis par tout republican qui aspire A etre davantage
-qu'un .dirigeant de son parti. >

4. Phi hdelphia Inquirer (11/9)
< 11 n'est aucune.ment surprenant d'apprendre que le
secr6taire d'Etat Marshall pense que plusieurs pays eu-
ropAens a.uront besoin de l'aide am6ricaine cette ann6e
pour faire face A la menace immediate de la famine
et du froid. Plusieurs indices ont r6cemment donn6 a
penser qu'une aide exceptionnelle serait necessaire en
attendant l'application du plan Marshall...
Mais nous devrions faire clairement comprendre A
1'Europe que nos secours, qu'ils soient accords dans
le cadre du plan Marshall ou sous forme d'aide excep-
tionnelle, doivent 6tre accords suivant nos conditions
et non pas suivant les conditions d6sir6es par des na-
tions qui essaient par des movens d6tourn6s de pour-
suivre leur politique nationalist ou coloninle A nos .d6-
pens. D
5. Blaltmoire Sun (11/9) :
< Le President devra presque A coup stir convoquer
une session sp6ciale du Congr6s avant quelques semai-
nes. Presque certainement aussi, A cette session, il devra
demander A une assemble justement mefiante de voter








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 5


des credits plus importaitls, c'est-A-dire .de rBduire en-
core le stock de nos surplus, pour aider 1'Europe A sor-
tir d'une autre de ses crises p&riodiques. De plus, s'il
est franc, il devra admettre que rien n.e peut permettre
,de garantir que cette crise sera la derniBre. L'6quilibrc
des forces de relevement et des forces de desagr6gation
en Europe occidentale est tres precaire, et pendant
quelque temps encore nous ne serons pas stirs que la
balance penchera de notre ct6. >>

b) LA CRISE EUROPEENNE (New Yolrk Herald Tribune,
13/9, 6dit. europ.) :

< ...II etait encore possible,.il y a quelques semaines.
d'esp6rer que la situation politique et economique de
1'Europe occidental pourrait 6tre maintenue dans une
sorte de stability precaire, au moins j'usqu'A la fin de
'cette ann6e. Une session spdciale du Congres en d&-
cembre aurait alors permis de venir au secours de l'Eu-
rope just A temps. Maintenant, cependant, ce d6lai a
6et r6duit de presque trois mois par la rude qui a eu
lieu vers le Tresor britannique et par la suspension con-
s6cutive de la convertibility de la livre.
La raison .de cet 6tat de choses est trts simple. La
reserve de numeraire < solide > que gardait le Dr Men-
nichella A la Banque d'Italie itait constitute pour les
deux tiers de livres .sterling, don't le montant 6tait d'en-
viron 35 millions de livres. Maintenant que ces crAdits
sont gelds, M. de Gasperi et son cabinet ont tout just
assez de dollars pour continue d'acheter A l'6tranger
pendant quelques semaines. Dans un mois environ, la
piupart des exportations vers l'Italie seront suspendues.
L'industrie italienne sombrera alors .dans le marasme,
car elle n'aura plus de carbon ni de matibres premie-
res, et le people italien commencera & d6pCrir faute
de pain...
M. de Gasperi et son expert financier ont adopt une
politiqaue qui doit leur permettre de surmonter la crise.
Leur but est de maintenir aussi longtemps que possible
la maigre ration de pain accord6e au people. A cet
effet, its reservent tous les dollars qui leur restent A
l'achat de cr6eales. Ils ont d6jA suspend leurs achats
de carbon aux Etats-Unis. Ils cessent d6ja d'importer
*des matibres premieres pour leurs usines... N'imporle
qui peut voir que cetle politique n'est qu'une politique
de ddsespoir total. Elle peut permettre temporairement
de trouver quelques dollars de plus pour acheter le bl6
qui permettra de maintenir la ration pendant quelques
semaines encore. Mais ce proc6d6 hatera Pgalement la
venue du jour ot les Italiens n'auront ,plus rien a ex-
porter et oif le besoin de-se procurer des dollars pour
1'achat de blB se fera sentir de facon beaucoup plus
im:prieuse... Tout le monde peut voir en outre que
c'est lI un mal qui s'6tend comane la peste. Dans l'exis-
tence prdcaire du people britannique, par example, les
textiles, les fruits, les 1.gumes, le fromage et d'autres
products encore en provenance -de 1'Italie avaient une
grande importance. Les Anglais, aux prises avec leurs
ipropres difflcultds, ont refuse de vendre a l'Italie du
cuivre, .du plomb, du p6trole et beaucoup d'autres ma-
tibres premieres essentielles s'ils n'6taient pas pays en
dollars. Avec la suppression du march italien, les ex-
p-ortations britanniques vont souffrir beaucoup et le
people britannique sera forc6 de se restreindre encore
davantage.
Ces mnmes deductions sont valuables dans ine me-
sure plus ou moins grande pour presque toutes les na-
tions de 1'Europe occildentale. Elles ne peuvent toutes
subsister que par 1'Achange .de marchandises. La p6nu-
rie de dollars commence A arrdter les changes com-
merciaux et les r6sultats seront comparable, au ddbut,
aux effects d'lune crise ordinaire des affaires... A la lon-


gue cependant cette situation se terminera par un cata-
clysme qui ressemblera ide tris pres a l'effondrement
de toute cette structure complex que nous appelons la
civilisation occidentale. Tout le !monde peut voir en fin

de compete que les oceans qui nous isolent ne protege-
ront pas les Etats-Unis centre un desastre de cette im-
portance. Etant donn6 cette situation, il sembleraitbeau-
coup moins ruineux et beaucoup plus habile d'empicher
ce d6sastre en accordant les dollars n6cessaires. a
(JOSEPH ALSOP)


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sooidlique dun 11 septembre 1947
1. Polilique extdrieure.
Autour du plan Marshall
Dans tuus les journaux, une serie de teligrammes, tous de
diverse tapitales, reproduisent la declaration de M. Dalton
sur la situation Bconomique alarmante des pays membres
de la Banque Internationale de Reconstruction; la declaration
du Dipartement d'Etat au sujet des rdsultats de la Confe-
rence anglo-amtricaine sur la Ruhr; la declaration de
M. Motz lewd'ki ,ur 1'inquietude manifesto en Pologne a la
suite dts plans de rel6vernent oe l'industrie allemande; la
declaration de M. Clayton A Paris sur la necessity d'un
abaisseinent des tarifs douaniers.
Dans les Izvestia, Grinine s'attache h montrer ee qul se
cache derriere les plans d'union douaniere des pays du
Nord de l'Europe. II rappelle que les instigateurs -en (urent
les organisat-eurs hitldriens du novel ordre europenn, et
que 1 origine de ces plans est dans it' discours de Funcl
en 1941 et dans l'accueil enthousiaste reserve a cette idee
par des collaborateurs danois et norvigiens, ainsi que par
des ideologues suddois qui rtvaient d'unir les pays nordi-
ques sous 1'6gide de 1'Allemagne. Grinine ajoute que les in-
tdrcts des pays nordiques sont en contradiction avec l'ideal
des organisateurs de 1'Union douani6ee. Selon co corrns-
pondant, ces intidrts exigent non pas 'isblement de la Suede,
de la Norvege et du Dane-mark par rapport aux pays de
l'Est europeen, mais au contraire le reinforcement et le dtve-
loppement des relations &conomiques qui existent entre les
Etats de l'Est.
2. -- Les aspects de l'expansionnisme famdricain
Quatre d6pkehes : le general Kenny invoque faussement la
possibility d'une aggression par le p6le; reunion de la commis-
sion atomiquce de lOrganisation des Nations Unies; r6ponse du
gouvernement bulgare h la sons-commission du Conseil de S6-
curit6 A Salonique; lettro ouverte d'un diput6 br6silien au
president Truman declarant notamment que la politique de
bon voisinage ne dolt pas consister seulement dans les 6chan-
ges d'dtudiants ct I'armement de l'armee bresilienne mats
qu'il faut des machines, des tracteurs et des camionu
3. Politique intdrieure ainidrccaine
Dans les Izvestia : Jettre de New-York .de Berkoutov, qut
raconte I'histoire de la piece armBricaine : << Tous, aont mes
fils a, don't la presentation a 6t6 interdite au- troupes d'oc-
cupation, A la suite de l'intervention du journal social-demo-
crate New Leader, qui accusait cette oeuvre de favoriser les
sentiments pro-sovidtiques a 1'dtranger. Berkoulov declare
que le D6partement d'Etat adresse aux gouvernements des
payN de 1'Est des notes pour protester contre le fait que
les elements. antigouvernementaux sont prives de la liberty
d'expression mais qu'en mime temps les reprcsentants de
l'armmB americaine montrent de fagon eclatant( ce qu'est
aotuellement la liberty aux U.S.A.
4. Iran.
Le journal Mardom denonce le danger de voir i'Iran sou-
mis A la politique des impirialistes; tous les journaux don-
nent la composition du nouveau cabinet iranien. Dans tons
les journaux, communiques Tass donnant le texte integral de








(1 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


la Icllre adrcss6e le 4 avril 1946 par le prCnident Ghawan
Sultanclh a I'ambassadcur sovi6tique Sadjikov, dtant donnm
que certain journaux iraniens et strangers dans leurs infor-
mations sur cet accord essaicnt d'en deformer le contenu et
hl nature.


IV. PRESS BELGE



t) AVANT LA REUNION DE L'ASSEMBLEE GENItR.LE DE
L'O. N. U. (La Mtrtopo!e, 12/9, catholique)
<< Comme les images vers Bethleem, de toutes l.s capi-
tales du monde, des diplomats s'en vont vers New-
York : I'Assembl6e g6ndrale de I'O.N.lr. va se r6unir
pour la troisie'me fois...
A-t-on assez parl6 de l'impuissance de 'O.N.l. !
Cependant, cette reunion est loin d'etre un petit eve-
nement. Le nombre et l'importance des questions ins-
crites a l'ordre du jour en timoignent.
Mais en bien des milieux, une certain apprehension
se fait jour. Le malaise mondial va s'aggravant. Sur des
questions essentielles, telles que le contr6le de 1'6nergie
atomique et la reduction des armements, aueun accord
positif n'a pu Atre r6alise. De m&me a propo., de la
Grece. Ainsi se l6zarde l'institution congue sur le Poto-
mac, au milieu de I'Atlantiqne.
A l'ordre du jour de cette Assembl6e plAniere, se trou-
vent inscrites nombre -de questions de procedure.
Mais quatre questions capitals seront sounmises aux
< 55 :
1. Le traitement des Indiens en Union Sid-Afri-
caine, suite lointaine de la champagne entreprise jadis
par Gandhi centre les discrimination raciales en South
Africa.
2. Les relations des Etats membres de ['O.N.U.
avec l'Espagne. La comedie de I'an passe se r(nouvel-
lera-t-elle et I'O.N.U. s'engagera-t-elle encore imilrudem-
ment dans un conflict ideologique ? Les tenmps out
change...
3. La question palestinienne introduite lors de
I'Asseinblt extraordinaire de Flushing Meadows, le 28
avril. Question 6pineuse s'il en est, comme la suivante.
4. L'abolition du privilege du veto, mise A l'ordre
du jour sur la demanded te l'Argen.tine, landis que 'es
Etats-Unis s'efforceront de fire admetire la pr66mi-
nence de l'Assemble sur le Conseil.
L'avenir de I'O.N.U. est en jeu. Ou bien elle deviendra
une institution fossile, temple de formalisne et motif A
lyriques bla-blas, ou bien elle affirmera ses possibilities.
Blocs ou O0. N. ? L'antagonisme opposant les .deux
grands ne s'effacera pas par miracle. Mais on attend de
l'O.N.U. qu'elle s'impose entire eux. C'est la mise en de-
meure neilement faite par M-. Trygve Lie dans son -rap-
port.
L'O.N.U. avait choisi de sauver le monde el se re-
trouve devant ]e dilemme : << la paix ou la ruire ,.
L'Organisation des Nations Unies dispose du !meca-
nisme n6cessaire pour maintenir la paix dans le monde.
Les Etats qui y sont repr6sent6s n'ont qu'A s'en servir
d'une facon judicieuse et ils auront a leur disposition
un agent susceptible de r6primer l'agression, de r6gler
les diff6rends et de maintenir des relations amicales en-
tre les nations, de favoriser le progres social, de resou-
dre les probl6mes 6conomiques d'ordre international, de
faire respecter les droits de I'homme et de .dfinir et
assurer les liberties fondamentales.
C'est aux ( 55 >> choisir. >


b) APRiS LES CONVERSATIONS ANGLO-AMERICAINES SUR
LA RUHR (Le Drctpean Rouge, 12/9, communisle) :

< Un accord a WtL realise par les dAleguAs britanniques
et americains qui out discute A Washington la question
de la production du chatrbon, de la Ruhr.
En vertun de cet accord, les Etats-Unis assumeront
avec la Grande-Bretagne le contr6le common des mines
de carbon de I'Allemagne.
Ainsi les AmBricains gagnent la bataille qu'ils ont
engage 'pour avoir la main haute sur la direction de
la Ruhr, alors que ce bassin, arsenal de guerre du Reich
nazi, devrait 1re contr6le par toutes les grandes puis-
sances.
Ce n'est pas tout. L'accord stipule que < la resiponsa-
biitdit de la priodluc'tioid icharbot'niere 'sena ttr nsfrere aux.
Atlerna'nds pcar I'l'nslsturation d'uine direction alleumade
,diz charbaon, responsible envers les gouvernements mi-
lilaires britannique et americain de la march efficient
de l'industrie charbonniere >.
Pour qu'on comprenne la gravyitA de cette measure,
signalons que l'accord pr6voit l'abandon des nationali-
sations. I1 maintient .done les droits de propri6tA des
magnats de la Ruhr.
Voila -ce qu'on appelle < measure technique >. L'an-
nonce que la direction allemande sera responsible en-
vers les autorit6s anglo-americaines, ne change rien a
I'affaire.
Et ,pqur calmer les pays de l'Europe occidentale (les
Anglo-Saxons < oublient >> qu'il y a d'autres interess6s),
la conference de Washington a recommand6 que l'ac-
cord soit applique aussit6t que les consultations avec
]es gouvernements frangais, beige, nierlandais et luxem-
bourgeois auront pris fin.
Merci pour la < consultation >. Merci aussi pour la
bonne nouvelle que les transports de vivres, pour les
populations de la Ruhr, se front par les ports d'Anvers
et ,de Rotterdam. Ce n'est pas cet < os A ranger > qui
fera taire la legitime indignation que suscitera la me-
sure unilaterale de transfer de la Ruhr aux magnais
alleinmnds. >


V. PRESS SUISSE


a) LA NOUVELLE POLITIQUE FRANCAISE EN INDOCHINE (1,
Tribune de Geneve, 12/9).
Les propositions du haut-commissaire sont conformes
aux principless d6fendus jusqu'ici par la France : fede-
ration indochinoise dans le cadre de l'Union franchise,
organisation propre de chacun des cinq Etats, union
des trois << Ky > dans le cadre du Viet-Nam seulement
avec I'accord des populations interessees, respect des
liberties d6mocratiques. Elles sauvegardent done ce que
les Francais jugent essential, le maintien .de 1'Indochine
dans le << Commonwealth a et la predominance de leurs
interkts s!rat6giques et Aconomiques sur ceux d'autres
puissances 6trangeres. Mais elles ouvreit en mime temps
le chemin A une evolution pacifique de 1'Indochine vers
sa complete matunrit6, et cela devrait assurer leur succbs
auprbs des populations.
On peut douter cependant que les 616ments extr6mis-
tes groups autour de Ho-Chi-Minh acceptent sans lutte
un plan qui consacrerait leur d6faite. Pour eux, l'ind6-
pendance dans le f6dAralisme, l'ind6pendance avec
la France n'est qu'une imposture qu'ils .combat-
ttront, il faut le craindre, avec les m&mes armes
et les memes allies qu'ils l'ont fail jusqu'ici, sans pitie,
sans humanitA. Le plan Bollaert ne r6soud done pas








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANGERE


d'un coup la question lindochinoise. Mais il donne aux
elements progressistes et pacifiques la possibility de
prendre le dessus 'sur les r6volutionnaires d'Ho-Chi-Minh.
que 1'on a vus A 1'oeuvre depuis deux ans. C'est done
bien d'une offensive de paix qu'il s'agit.
(Jean-Jacques Chio et.)

b) VERS UNE NOUVELLE ORIENTATION DE LA POLITIQUE
RUSSE EN ALLEMAGNE (Le Journal de Genue, 13/9).
< ...Les Russes se sont rendu cbmpte -que, en d6pit
de l'6talage de leur force et -de l'habiletE de leur propa-
gande, quelques esprits restaient r6fractaires A leur in-
fluence et ils auraient decidb de composer avec eux. En
particulier, ils out reconnu la force que represent le
parti d6mo-crate-chr6tien et its essayent -de le gagner a
leur cause. A l'occasion du congress de ce parti A Berlin,
samedi et dimanche dernie'rs, le general Sokolowski,
representant de I'U.R.S.S. A la Commission de contrble,
a recu les leaders d6mocrates-chr6tiens, MM. Kaiser et
Lemmer, chefs du parti pour la zone Est. Certaines con-
fidences faites par *ces d-erniers indiquent leur surprise
devant l'amenit6 in.accoutum6e de l'accueil *du repre-
sentant sovi6tique. MM. Kaiser et Lemmer ont eu l'im-
pression que le gb6nral Sokolowski inaugurait une 'poli-
tique nouvelle tendant a convaincre la masse allemande,
par le truchement de tous les parties, des avantages
d'Wune collaboration avec la Russie. Ainsi, le parti socia-
lisle unifi d'ob6dience communist cesserait d'Atre le
point d'appui exclusif des autorit6s sovietiques. Le
langage tenu par le g6n6ral aurait 6te de nature A plaire
aux chefs du parti d6mocrate-chr6tien. Outre l'encou-
ragement de s'opposer A toute tentative visant A affai-
blir l'unilt 6conomique du Reich, les chefs allemands
ont recu encore la recommendation de lutter < avec
une volont6 farouche > en faveur -du r6tablissement
d'une administration central dans la seule capital de
l'Allemagne, Berlin.
Nous voilA bien loin de la .division de l'Allemnagne et
de l'6tablissement d'une confdtration. Lors *de la d6-
faite, il est -certain que beaucoup d'Allemands se moon-
tralent favorables a la renaissance des Etats allemands
et a a .d6centralisation. Mais la division du pays en
zones herm6tiques a modifi6 les convictions et l'on a
tendance maintenant A r6clamer le retour a l'unlite, en


proclamant que c'est la seule mlthode possible pour res-
tourer -1'6conomie et faire r6apparaitre le bien-6tre.
Ainsi le partage du pays aura tu6 dans l'ouf 1'id6e f6-
deraliste allemande dans laquelle les puissances occi-
dentales, el tout particulibrement la France, voyaient
le moyen le plus stir 'pour 61iminer .d6finitivement le
peril germanique. ,)
(Renii Bovey.)

c) LE PART SOCIALIST ITALIEN (La Tribune de Genuve,
12/9) :
Les divisions du socialism italien out toujours fail
le plus grand mal a la P6ninsule. C'est d'une .dispute
entre Turati et Mussolini qu'apres l'exclusion de ce der-
nier, est n6 le fascisme et tout ce qui s'en suivit.
Aujourd'hui, le socialisme italien est de nouveau di-
vis6. Ses deux personnalitbs les plus marquantes, MM.
Nenni et Saragat, ne peuvent s'entendre. ls out scinde
le parti, entrainant chacun .de son c6t6 une imposante
suite de fiddles. Mais sur le plan national, cette .division
se traduit par la paralysie. Les socialists sont 'sortis du
gouvernement parce que M. de Gasperi les en avait pra-
tiquement mis A la porte. Ces querelles de personnel
qui veulent repr6senter des principles n'aboutiront-elles
pas a dbtacher du socialisme la plupart des *.lecteurs
qui lui avaient donned le 2 juin 1946 un nombre impo-
sant de suffrages et 123 sieges a la Constituante, faisant
-de lui le second parti d'Italie *et le placant nettement
au-dessus des communists (104) ? En attendant, tandis
que les socialists, moins nombreux en France, y exer-
cent le pouvoir et d6tiennent lasprbsidence du Conseil,
en Italic, ils se trouvent .rel6gubs dans l'opposition et
dans l'impuissance.
Comment sortir de cette impasse ? Le mal, a-t-on dit,
est le < personnalisme > outrancier des Latins, -des Ita-
liens en particulier. II leur faudrait une discipline ri-
gide. De lI cette propension dictatoriale que 1'on repro-
che A M. Nenni et A son collgue Basso, et leur tendance
A se rapprocher du communism, voire A fusionner
avec lui. Mais le socialisme italien est fonci6rement dA-
mocratique. C'est done pourquoi M. Saragat a vigoureu-
sement r6agi contre des m6thodes que lui-meme et ses
amis consid6rent comme totalitaires. La reaction a con-
duit A la scission. Mais les r6sultats sont trop nocifs
pour que 1'on ne cherche pas a combler les fossbs.


ANNEXE


Extraits du discours radiodiffus6 pro'nonc6, le 10 septembre 1947,
par M. John J. 'Mc CLOY
President de la Banque Internationale pour la Reconstructton


M. Mc. Cloy a tout id'abord souligniz que bien que la
Bwcqute ne puisse ,auver le monde it elle senlle, elle
pouiuait, si elle etait bien adminisl'tee et soutenue par
sos mtembr's, < stimuler Ia renaissance et le duveloppe-
ment de l'tindustrie, de la production et idu commerce >>.
Ceci, a-t-il ajoutd, est an des Uniments de la cooperation
internationaile necessaire << an retablissement de rela-
tions mondiales, lant poilitiques qu',co nomiques, saines
et salilaires >>.
Le president de la Banque Internalionale t declari't
ensuite :
Une situation 6conomique et financiere saine est


l'un des principles essentiels .de la politiquc de pret do la
Banque. Toute autre politique serait une negation de
ses buts principaux.
< Un pret qui n'a'ugmenle pas la capacity de produc-
tion de l'emrunteur ne lui procure aucun advantage per-
manent. Au contraire, il impose un fardeau, puiiqu'it
doit Atre rembours6 un jour ou 1'autre. Et, dais 1'ave-
nis, un tel pret, avec la lourde obligation qu'il imp ise,
est susceptible d'aggraver plul6t que d'ambliorer les re-
lnlions entire emprunteur et preteur. Naturellement, ii
peut Atre utile de consentir une aide financibre qui ne
soil pas directement productive, pour fournir un se-
cours immediat, ou dans tout autre but, mais de tels








8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


dons ne sont pas de la competence de la Banque. Les
prets que nous raisons doivent, de par les terms de
notre charter, pr6voir une possibilil6 et un .d6lai raison-
nables de remboursement, et nous essayons de veiller,
en outre, 4a ce qu'ils servent effectivement A des r6alisa-
tions qui donnent les moyens de rembourser...
< Prenez le pr6t A la France ,par example. Ce fut le
premier credit que nous consentimes, et c'est de beau-
coup le plus important. I1 repr6sentait une valeur mo-
n6traire de 250 millions de dollars mis a la disposition
du Credit national francais, organisation semi-gouve--
nementale. Mais on ne se contentait pas par 1A le )ro-
c6der A un transfer d'argent comptiant, ni de co astituer
un compete auquel pouvait puiser A discretion l'emn) in-
teur. Nous avons donn6 4 la France, par ce pr6t, les
moyens de poursuivre la r6alisation d'un programme
concrete permettant la reprise .de la production, pro-
gramme qui a 61t 6tudi ea. detail et revu avec le plus
grand soin par les experts de la Banque avani que ]e
pr6t soit approuvE. Le prAt a la France permettra la
construction d'une usine moderne d'acier en Iubans, il
permettra la furniture de locomotive, de wagons de
marchandises, de chalands et *d'avions (pour r6tablir
le syst6me de transports fraagais), dde carbon, de ma-
ti6res premieres et de m6taux semi-travailles pour l'in-
dustrie frangaise.
x Nos prets a la Hollande, au Danemark, au Luxem-
bourg sont < productifs > dans le mrme sens. Dans ces
quatre cas, la Banque a recu la ferme assurance que les
fonds qu'on lui avait emprunt6s ne seraient utilisds que
pour des buts approuv6s, sp6cifis en detail par les ac-
cords de pret respectifs...


< Pour chacun des quatre pr6ts accords jusqu'ici,
la Banque Internationale n'a donn6 4 l'emprunteur au-
taut qu'il demandait. Ce n'est pas A cause de la prover-
biale- ladrerie des banquiers ; au contraire, si nous con-
sid6rons qu'un project de reconstruction ou de mise en
valeur vaut la peine d'etre mis A execution, nous
croyons que ne pas fournir les fonds appropri6s serait
une fausse 6conomie. La plupart de demands de prets
que nous avons rescues, cependant sont relatives a des
programmes qu'il faudra des ann6es pour r6aliser com-
pl6tement. Notre politique consist g6n6ralement A pr6-
ter seulement assez pour couvrir les besoins d'une p6-
riode limit6e, et seulement pour les articles qui sont es-
times essentials a la reconstruction ou a la mise en
valeur de l'6cono.mie du pays emprunteur...
<< Parce que les fonds de la Banque sont peu impor-
tants, en comparison de la demand global dde capi-
taux, il est important pour nous de nous assurer qu'ils
sont aussi utilis6s de facon A entrainer la plus grande
augmentation possible de la production, dans le d6lai
le plus court possible. C'est sur 1'emploi productif
< strat6gique > de nos fonds, plfutot que sur leur mon-
tant en lui-m6me, que nous -devons computer. En nous
attachant a des programmes ou a des projects qui sup-
priment les principals entraves de la production, on
stimule consid6rablement, de toute autre facon, la pro-
duction industrielle ou agricole, nous esp6rons que nos
resources pourront entrainer une production non pro-
portionn6e A l'importance du capital invest. Et en agis-
sant ainsi, nous pouvons ouvrir la voie A un investis-
sement beaucoup plus considerable de capitaux pri-
ves. >


S. P. 1. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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