Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: September 5, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00178
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRAN4AIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)


ILA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8").





BULLETIN


DE




5 septenmbre 1947.


PRESS


QUO 0 DIEN



ETRiANIRE


Nouvelle Serie No 760


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) La situation politiquc en France (Times, 4/9).
b) Le discours de M. Bevin au Conagres des Trade-
Unions :
1. Daill Herald (4/9) ;
2. Daily Telegraph (4/9) ;
3. Daily Mail (4/9).
II. PRESS AMIARICAINE.
a) Apres le discours du Prisiden[ Truman A Rio
(New York Herald Tribune, 3/9).
b) La reconstruction .de l'E',rope (New York He'-uld
Tribune, 4/9, edition europeenne).
c) L'avenir de I'O.N.U. A(New York Herald Tribune,
4/9, edition europbenne).
III. PIRESSE SOVIITIQUE.
Les Etats-Unis et le Japon :
1. Krasnaia Zvedid (3/9)
2. Pruvda (3/9).
IV. PRESSE BELLE.
a) La reconstruction de l'Europe (Le Soir, 4/9).
b) La conference panamnricaine de Rio (Li MAIt.'o-
pole, 3/9).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revu e e la pressed brilannique du 4 Septlembre 1947
L'intdret de la press se partage ce martin entire trois grand s
sujets : la grbve des miners, lc discours de M. Bevin ai
Southport, I'aide amdricaine a 1'Europe.
La continuation de la greve des mincurs inquiete de plus
en plus les journaux de tonics tendances. Certains journaux
annoncent d6ja que plusieurs usincs ont di commencer I
travailler au ralenti vn raison du manque de charhon. Cclte
grbve semble d'autlnt plus inquidtante pour la press qu'elle
s'etendrait chaquo jour malgrI les demarches des rcpresen-
tants des syndicate et les appels nu travail lances par 1-
Gouvernemnent.


Le discours de M. Bevin au Congres des Trade Unions
reproduit presque in x.renso par le Times et par le Man-
chester Guardian fournit matirce a grand nombre d'ddito-
riaux. Dans cc discours. M. Bevin a pr1vcnu le pays qu'il
fa'lait s'attendre A deux anndes de plus d'austdrite et il
a proposed la creation d'une union douaniere imp6riale qlui
completcrait une union douaniere europecnne. A ce sujet,
le Daily Eaxpress donne une grande publicity aux reactions
americaines d'apres lesquellcs la Grando-Bretaghe devra
choisir centre une union 6conomique curopeenne et I'union
imp6riale projet6e.
Les autres question,, de politique extirieure sont peu nom-
breuses. La France falt I'objet de trois articles dans le
Times, le Manchester Guardian et le Daily Herald.

1. Aide amnrzcaine a l'Europe
Tous Its journaux annoncent qu'il est possible que les
Etats-Unis en raison de 1'aggravation constant de la situa-
tion &conomique de l'Europe accordent une aide flnanctdib
h ce continent avant que le plan Marshall ne viennc a exe-
cution.
Commentant les cdelarations que M. Lovett a faiths lors
de sa Conference de Presse, le correspondent du Times A
Washington estime que rien ne serait plus disastreux quc
tie so presenter au Congres avec un project de loi bhcid. A
measure que la situation europeenne s'aggrave, cerit-il, le
besoin d"un project de loi soigneusement conqu se fait plus
imp6rieux. Les declarations de M. Lovett signifient sculc-
men que l'on a abandonn6 ridee -de bAcler un programme
A long term dans une atmosphere de crises .
D'autre part. le correspondent du Daily Telegraph voit
dans la Lhte des Etats-Unis A venir on aide i 1'Europe le
desir de s'opposer dis maintenant A tout progr6s du com-
munismc notamment en France ct en Italic, il y volt ega-
lement le moyen d'dviter quc le fardeau de l'oecupation
allemande ne retombe entitrement sur les Etats-Unis.

2. France
Le correspondent du Times i Paris prevoit que I'Assem-
blee accordera sa con:fiance h M. Ramadier (voir Particle
plus loin).
Le correspondent du Manchester Guardian souligne que
la France sc trouve encore dans un tiatl de demi-crise.
D'aprls lul, M. Ramadier se trouvera de nouveau en diffi-
cultd quand 11 devra se presenter devant le Comitd executif
du parti socialist qui lui enjoindra de se plier aux consi-
gnes et aux directives du Congres de Lyon. Au cas oit il
s'y soumncttrait la coalition ne serait plus viable.


---







P BBULLETIN QUOTIDIEN DE PRISSE ETRANGARE


". Grece
Le correspondent du Daily Telegraph h Athenes pense
qu'un gouvernement de coalition pourra etre constitute avant
la rentree du Parlement.
4. Egypte
Plusicurs journaux don't le Times signalent que 'e Pre-
mier mninistre Egyptien est arrive ih Washington poar dis-
cuter avec le autorites ambricaines de 1'envoi d'une mis-
sion americaine en Egypte afin de moderniser I'armne ct
l'aviation egyptiennes.
D'apris le correspondent du Times le but du Premier
ministry serait de constituer des forces suffisantes pour
as urer la defense du canal de Suez. Toutcfois ,ce corres-
pondant ne pense pas que le Gouvernement amdricain envi-
sagerait d'un ceil favorable le remplacemcnt des troupes
britanniques par des troupes americaines. II aurait cons-
cience egalement du danger que ferait courir une armce
egyptienne puissante aux Juifs de Palestine.

5. Hongrie
Le correspondent special du Manchester Guardian ana-
lyse la situation politique en Hongrie Ic lendemain des
elections. D'apres lui, les commuinistes auraient &ti6 urpris
par la force de opposition et ils auraient conscience de
leur perte de prestige, et du micontentement des Russes.
6.- Exodus >
Plusieurs journaux publient des photographic et d. briefs
comptes rendus du voyage des emigrants juiifs vers 1'Alle-
magne.
7. Bulgarie
Plusieurs journaux font 6tat de la deuxi6me note d testation envoyee par le 'Gouvernement amiricain a1 Gou-
vernement sovi6tique A propos de la condemnation de Nico-
las Petkov et demandant un examen general de la situation
polifique en Bulgarie.

a) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (Tiles, 4/9) :
< A la suite de la proposition gouvernementale visant
a accorder une subvention A l'industrie charbonniere
afin d'emp&cher une augmentation de 50 % odu prix du
carbon, la stability de la coalition actuelle s'est trou-
v6e 6branl6e une fois de plus, et l'Assemblee s'est vu
poser A nouveau la question de conflance pour nettre
un terme A cette instability desagrbable. Etant donned
que personnel en France ne peut voir d'autres solutions
constitutionnelles que le maintien de cette coalition, on
est tent- d'affirmer que la coalition et M. Ramadier sont
assures d'obtenir un vote de confiance .de i'Asscmbl6e
vendredi prochain, premier jour of ce vote pourrait
8tre exprim6... Plusieurs facteurs cependant pluvenl
8tre invoqu.s pour ruiner cette interpretation. Lc parli
radical socialist tend de plus en plus, A l'approche des
elections municipales et de son Congt-s, a refuiner de
s'associer plus longtemps A un gouvernement don't I'une
des parties constituantes s'est engagBc dans la voice d'un
enforcement des contrBles de I'Etat. Le vote des radi-
caux socialists n'empecherait pas de faire adopter la
measure reclambe, mais la admission des ministres radi-
caux socialists pourraient entrainer tout le ministere
dans sa chute. II faut computer 6galement avec les divi-
sions qui existent au sein du part socialist, entire les
empiristes et les doctrinaires, les militants et les del6-
gu-.s des parties, les exigences du gouvernement et les
decisions du Congres de Lygn. Des divisions de ce genre
ne sont pas incopnues day, les partiess socialists du
monde entier ; mas plles se font plhts Apres en France
avec le heurt des persbnaalites du Presid'ent du Conseil
et de M. Guy Mollet, secretaire. g,6nral dt' parti...


Ceux qui s'opposent a I'adoption de la measure qui a
entrained les dissensions actuelles au sein du gouverne-
inent pretendent, sans parler du fait lui-m6me, que le
gouvernement a decide d'en finir avec les subventions,
que ce ne sont pas les prix du carbon, mais les prix
des products agricoles, qui doivent retcnir imm6diate-
ment ''attention du gouvernement. Les Francais, du
moins ceux qui habilent dans les vi!les, veulent avoir
1'impression que le gouvernement suit une politique po-
sitive et coherenle. On s'attendait a cc que M. Ramadier
pronounce au course du week-end un discourse sur la po-
litique 6conomique g6nBrale du government. Ce dis-
cours n'a pas 6t6 prononce et 1'on pense g6neralement
que c'est pour la bonne raison que le gouvernement
pouvait obtenir l'accord de ses mnembnres sur des me-
sures determines, mais non pas sur une politique g6-
nerale. Si ceci est exact, la situation est s6rieuse, car
elle implique que la coalition ne pursuit plus le but
pour lequel elle avail et6 cr66e. Tel est du moins I'es-
sentiel des critiques passionn6es auxquelles le gouver-
nement se trouve soudain expos de tous les c6tes. C'est
1a que peut resider la veritable menace dirig6e centre
le maintien de la coalition, et la r6ponse au vole de
vendredi. >
(Du correspondent du Times A Paris.)
b) LE DISCOURS DE M. BEVIN AU COSNGIHS DES TRADE-
UNIONS.
1. Daily Herald (4/9, travaillisle) :
< Le brilliant discours prononc6 par M. Ernest Bevin
a Southport devrait contribuer A ruiner la plupart des
illusions qui ont 6t6 r6pandues avec tant d'insistance
par Ia press conservatrice au course des derniers mois.
Au lieu d'un retour aux mi6lhodes communes et mes-
quines appliques au course des annbes 1920-1930, qui
constituent a peu pres tout ce que M. Churchill et ses
amis ont eu A nous proposer jusqu'a present, M. Bevin
nous offre les vastes perspectives du rBle primordial
qu'une Angleterre reconstruite pent jouer dans les affai-
res mondiales. Ces perspectives peuvent donner l'Alan
veritable don't notre pays a besoin dans les heures p6-
rilleuses que nous traversons actuellemenl. Dans le .do-
maine de la politique interieure, M. Bevin s'l66ve for-
lement contre la theorie des conservaleurs, selon la-
quelle le regime de I'entreprise privee, qui a si triste-
ment ruin la nation pendant la p&riode de I'entre-deux
guerres, peut faire merveille dans cette nouvelle periode
d'apres-guerre encore plus decisive...
C'est dans les ateliers que nous devons lulter pour
1'ind6pendance. C'est la une lAche ardue. Mais le gou-
vernement qui affronte cette tAche est un gouvernement
de travailleurs, resolu A mobiliser routes les resources
de la nation pour cette tentative. Nous ne pouvons pas
r6soudre le problem A nous seuls. C'est IA la raison
des efforts acharn6s faits par le gouvernement britan-
nique pour aider au relevement de l'Europe. C'est IA
la raison pour laquelle on a repondu avec tant d'en-
thousiasme au discours de M. Marshall ; et c'est pour-
quoi l'Angleterre s'est montroe si pressee de participer
a la Conference de Paris. C'est lI encore la raison de
la patient diplomatic diployee par le Secretaire d'Etat
aux Affaires etrangeres, en d6pit de serieuses rebuffa-
des, pour amener la r6alisation de l'uniI 6conomique
de 1'Allemagne. Tous ces plans et routes ces n6gocia-
tions n'ont.p4s encore abouli aux r6sullats que nous
aurions souhaites. Le.continent qui est noire voisin, et
qui detail autrefois la source d'une bonne partie de nos
importations, est encore en pleine desagregation...
On a aussi beaucoup parl de 1'Empire. On en a
mime Iparle en des terms qui desservent le Com-








13ULLeTMX QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE 3


monwealth, parce qu'ils opponent les interets de l'Enm-
pire aux autres interets qui ,doivent ttre recherches.
M. Bevin est non sculcment capable de prouver que de
grands projects sonu en course de r6alisition ; il proclame
6galement que l'6tude de plans visant a la constitution
d'une union douaniere du Commonwealth et d'une
union douaniere europeenne doivent aller de pair. Si
P'on peutt associer ces .deux id,6aux, nous serons en ve-
/rit6 s.ur la route qui permettra de trouver en d6finilive
une solution A nos probl'mes. C'est 'l que se trove le
but d'une Grande-Bretagne qui garantit sa propre ind6-
pendance par des efforts personnel, qui cherche l'ami-
ti6 de 1'Est et de I'Ouest, mais qui no veut d'alliance
exclusive avec aucun des deux, qui prend l'initiative
que r6clament partout ,des peuples en delresse, et qui
donne l'assurance A ces peuples qu'ils peuvent retrou-
ver la libert6-et la s'euritd. Ce sera une tAche difficile
que celle qui permettra d'atteindre ce but. Mais du
moins, voilA qui vaut la peine de se mettre au travail
et d'engager la lutte. >

2. D(ily Telegraph (4/9, conservateur) :

< ...En tant que contribution d'un hommd d'Etat A
la resolution des problAmes immedials auxquels Ia
Grande-Bretagne -doit faire face, ce discours a de gra-
ves d6fauts. M. Bevin a parl.6 du plan Marshall et de la
Conference de Paris avec un air de d6tachement
strange, come s'il s'agissait de questions qui doivent
Otre resolues par une vague entity n6buleuse appelee
Europe, sans que nous ayons besoin d'apporter notre
concours. I1 ne dit pas que la contribution britannique
A tout project de redressement europecn dolt etre capi-
tale si l'on veut voir aboutir heureusement les pour-,
parlers actuels. On a l'impression deplaisante que nos
voisins nous r6clamerons surtout du carbon, une par-
tie des 40.000.000 de tonnes suppl6mentaires que M. BP-
vin rkclame en vain. Aucune personnel scnsbe n'a jamais
pens6 qu'une union douanibre eiitre seize pays curd-
p6ens constituerait une panacPC A nos difficulties, mais
du moins un certain degr6 de cooparalion iconomiqne
entire les pays d'Europe occidentale consliluerait un d6-
but prometteur. II faut admeltre franchement que la
perte de plus de 40.000 tonnes de carbon par jour,
consecutive A la grbve des nmineurs dans le si"t du
Yorkshire, non seulement sabote ngs chances de relive-
ment, mais encore ruine nos espoirs de voir sortir quel-
cue chose de positif de la proposition de M. Mar.
shall... >>

3. Daily Mail (4/9. conservateur) :
< ...M. Bevin a eu raison de dire aujourd'hui qu'il
n'est pas question d(e litler centre les stories ou les lib&-
raux, mais de s'attaquer-au problnme 6conomique fon-
damental de la production...
SM. Bevin nous a rappel.e que pendant quatre ccnis
ans la Grande-Bretagne a pu jouer, un rile important
grAce A la possession ,de marchandises, d'argent ou de
carbon.
C'est pourq.uoi ]a voix de la Grande-Bretagne est plus
faible aujourd'hui dans les conferences internationales
et c'est pourquoi il nous est;tellement difficile de ser-
vir de lien entire l'Est et I'Ouest, alors que nous ne pen-
chons ni vers l'un ni vers l'autre, que nous n'apparte-
noAs ni A l'un ni 'l'autre, mais que nous essayons de
les rapprocher... La Grande-Bretagne est prAte A 6tudier
la conception ,d'une union douaniere de l'Europe occi-
dentale, mais M. Bevin a dit que les changes commer-
ciaux qui suivraient'ne repr6senteraient que 25 % de
nos changes totaux. Les 75 % qui restent sont effects


avoc le reste du monde, et en parliculier avec l'Empire.
C'est la le point le plus important de son discours.
Sans y avoir fait aucune allusion auparavant, le minis-
tre des Affaires l6rangbres s'cst fait le champion d'une
union douaniere pout- l'Empire britannique.
Voici une lueur d'espoir au milieu de nos misbres.
Voici la voice que -nous devons suivre si nous voulons
survive et, retrouver notre prosperity, notre puissance

et notre prestige.
C'est la voie imperial la seule voice. Dans la mn-
tropole, le Commonwealth et les colonies se trouvent
toutes les resources don't nous' avons besoin pour re-
trouver notre standard de vie et maintenir notre facon
de vivre actuelle.
Par ce discours, le ministry des Affaires &trangeres a
montre sa larger de vues. C'Ctait deja un grand home
avant d'avoir prononc6 ce discours, mais, depuis, il est
encore plus grand. >>



II. PRESS AMERICAINE


Reliue de la press rtamnrienine du 3. Septembre 1947
1. Discours de Rio

La press public en premiere page ]c discours prononc6
a Rio par le Prsident Truman. Des titres en gros caracteres
mettent I'accent sur Ic passage dans lequel le President a
d6clard quc les Etats-Unis maintiendraient leur puissance
militaire pour preserver la paix. Les journaux soulignent
6galcmcnt que les Republiques amdricaines ont et& invitees
a apporter leur soutien au plan Marshall. Le discours est
comment avec favcur dans les editoriaux, notamment les
points qui inspirent la polilique amiricaine : 1'aide 6co-
noinique A 1'Europe, le respect des obligations de la Charte
de I'O.N.U. et l'unit6 des Rl'lpubliques .amricaines contre
l'ngrcesinl.
Dans ce concert d'approbation, le New York Herald Tri.
bnie donne une note diffcrcnte en soulugnant dans son edi-
torial que la politiquc definie par le President Truman
fondue sur l.a force des armes amiricaines n'est pas suffi-
samment constructive (voir l'article plus loin).
I)Dns P. M.. Uhl qualified ce discours de premier coup de
canon te la campagne de administration 6n vue de con-
vaincre le peuple amdriaein et le CongrEs de la nccessit6
du plan Marshall 'en mme temps qu'un avertissement A
l'U.R.S.S. que les U.S.A. sont decides A poursuivre une poli-
tique anti-comniuniste.

2. Le plnn Marsmhll
Stewart Also)p (ui rddigera pendant quelque temps les
commnentaires de Wa'shington, en l'absence de son ifr&re
Joseph parti pour l'Europe, souligne dans le Nero York
Herald! Tribune ]'urg"ence quil y a ,i apporter aux pays
d'Europe, surt-out I la France et a l'Italic. une aide finan-
ci&re iimmdiate (voir l'article plus loin).
l hun, dans le Washington Post expose les difficulties que
I'Europe devra surmonter cet hiverr, notamment en raison
d'es mauvaises reeoltes.
l.e rapport publiC par la National Planning Association
organism prive don't le president est M. Frank Altschul,
pendant longtemps un des principaux associds de la Banque
Lazard de New-York, declare que la politique americaink en
Europe occidental ne peut plus d6sormais &tre fondue sur
I'espoir d'une cooperation avec Id'U.R.S.S. pour 1'6tablissement
'de la paix.
Le rapport qui defend vigoureusement le < programme
Marshall >> comme constituent la meilleure rdponse perialisme russe >> refute les critiques qui ont ete forti~bes
contre ce programme. L'effort que sa mise en .sutre.tei-
gera des U.S.A. est prefrable h 1'effondrement dc I'Ef1.ope
dans le communism et la dictature. II est faux d'affirmer
que ce probl6me sera g6ndrateur d'inflation en Amdrique.






'4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


I1 contribuera, au contraire, A y maintenir la stability 6co-
nomique .
De Paris, Callender, dans le New York Times, et Hum-
phreys, Idans le Neue York Herald Tribune consacrent des
diplches aux declarations de Sir Oliver Franks et sou-
1'gnent :
1 Que les pays curopens s'efforceront de dvelopper an
maximum ia misc en valeur ct Pexploitation de leurs res-
sources; A v ,I 5!
2 Qu'ils travailleront dans le sens de la r6alisation d'une
union douani6rc europdenne, quoique 1'abolition des bar-
risrcs ne puisse pas devenir un fait accompli alant plu-
sicurs anndes. Le New York Post, dans oun editorial consacr6
h cette question, accueille avec satisfaction la nouvelle que
les pays scandinaves ont d6cidd de s'efforcer do rdsoudro ce
problem au plus vite en s'inspirant de l'exemple dolnni n
par Benelux.
Anne Me Cormick, se refdrant a la note premise pair M. Lo-
vett au charge d'affaires d'U.R.S.S. repoussant les protesta-
tions de Moscou centre les decisions anglo-anmdricines sur
la Ruhr, declare que ces decisions faciliteront la misc en
application du plan Marshall et' elle ajoute que les experts
amiricains qui ont dtudid la question, notamment MAI. Moses
et Lewis Brown, president de la ( John Mansville Compa-
ny >, sont d'accord sur la neossitd id'ohtenir a cet Cgard
la cooperation de la France.
D'Essen, Me Gowan, correspondent du New York Sun,
cable que 1'opinion allemande se cristallise en favcur d'une
measure faisant de 1'exploitation des mines de charbon une
entreprise contr61,de par 1'Etat on m6iem nationalisce.
3. France.
Les correspo.ndants annoncent que M. Ilanadier a pose
la question de confiance devant I'Assem:bl6e don't !a moitid
des bans dtait vide et que seuls les socialists ont applaud
d'ailleurs sans entholusiasme. L'agence U. P. rapport que
M. Robert Schuman aurait declard, tout en signalan' qu'il no
parlait pas anu rom du Gouvernement, qu'il in'tait pas im-
possible que la France impose sur les importations ic ihmns
americains des restrictions similaires a cells dtecit-es re-
cemment par le Gouvernement britannique.
Andrd Visson, poursuivant ses articles sur ces impressions
d'Europe, ecrit que les communists ont perdu di terrain
ct que leur position la plus forte demeure lcur contrble de
la C.G.T. < si, ecrit le journalist, le problbme communiste
n'dtait pas .troitement lid aux complications internatiopales
il cesserait en quelques annd6es d'dtre piur li France une
menace s6rieuse contre les institutions d6mocratiques du
pays ,,.
4. Nouvelles diverses
Le New York Heraldi Tribuane announce que les premiers
envois d'armes et de materiel a la Turquie quitteront les
ports americains en octobre.
Nokrachy Pacha vient d'arriver A Washington ct a tid
regu par M. Lovett auquel il demand l'envoi au Caire d'une
mission militaire amdricaine pour aider a l'organisation de.s
forces 4gyptiennes.
De Quito, onn announce que la contre-r6volution a Ibussi
et que le colonel iMancheno a ddmissionnA apres dtre rcs't
neuf jours au pouvoir.
M. Snyder s'est embarqud pour Londres accompagne de
M. Mc Cloy et, scion le Ner) York Herald Tribune, la moldi-
n'dtait pas dtroitement lid aux complications internationals.
figurerait sur l'agenda de la reunion du Conscil it laquelle
assistera le Secrdtaire d'Etat au Tr6sor.
L'dditorial du Neld York Times constate qu'alo-s que le
Conseil de S6curitd a etd saisi ide la question de la guerre'
en Indon6sie, personnel ne semble s'emouvoir do ce que les
combats qui se ddroulent aux Indes fassent d)x fois plus de
victims qu'h Java et que, malgri cela, les formalitds pour
1'admission du Pakistan a I'O.N.U. se poursuivent en toute
tranquillity.
a) APRbS LE DISCOURS DU PRESIDENT TRUMAN A RIo
(New York Herald Tribune, 3/9) :

...Ce n'est pas seulement parce qu'il corntribue a
maintenir les bonnes relations existant entire les pays


de l'hdmispherc occidental, que le discours du Pr6sident
cst important. II est important pour les pays situds au
nord du Rio Grande comme pour ceux qui sont au sud,
et pour les autres continents tout come pour I'Am6-
rique, car il dtfinit la politiqiuc 6trang&rc des Etats-
Unis.
II apparait come un r6sum6 loyal de la politique.
suivie actuellement par le President et le secretaire
d'Etat Marshall. C'est une polttique, qui possede une
force 6vi-dente, mais qui a aussi ses faiblesses. Elle est
it la fois defensive et brutale... Elle compete sur la force
armee pour nous permetire de resister A ce qui ne nous
plait pas dans Ie monde conlemporain, plut.Ot que pour
nous permettre de trouver les moyens politiques et 6co-
nomiques de faSonner un monde qui soit plus en rap-
port avec nos dbsirs. Cette politique implique ine aide
h 1'Europe, < mais pas an detriment des Etats-Unis ;
cette indication &tait n6cessaire, mais elle ne precise
pas ce que nous.pouvons sans danger 6viter de faire.
Elle tend a maintcnir I'illusion que la crise mondiale
n'est pas une crise americaine..
Mais c'est bien une crise americaine cependant. La
plupart des remddes que prescrit eI Pr6sident fer-
metA, force arm6e, appui apportl A 1'O.N.U., respect des
droits humans sont absolument necessaires si nous
voulons y faire face ; mais il faudra autre chose que
cos grands principles n6gatifs. Ce probl6me est beau-
coup plus urgent que le Pr6sident ne semble le suppo-
ser. Le problem central et essential que constitute la
Russie r6clame quelque chose de beaucoup plus cons-
tructif que les lieux communs qu'il semble enclin A re-
prendre A cet 6gard : nous ne pouvons pas toujours
computer sur l'Europe et meme pas peut-ctre sur l'Ami-
rique latine, si nous n'adoptons pas une attitude plus
constructive qui s6duise I'Am6rique latine et les autres
puissances. >>

'b) LA CONSTRUCTION DE L'EUROPE (Nfew York Herald
Tribune, 4/9,\6dition europenne) :

< L'Ilalie et la France ont r6alis6 des progr6s sen-
sibles vers la stabilild interieure dans les domaines po-
!itique et economique. Cependant, si l'on ne fait rien
avant le mois de mars c'est-A-dire avant le moment
le plus proche o I Von puisse computer sur lp mise
en application du plan Mars-hall, d'aprbs le programme
actuel ces progr6s ne serviront a rien.
< Au d6but de I'ann6e, dans le cas de l'Italie et peu
de temps apris dans celui de la France, ces pays se
trouveront brusquement A court de dollars pour acheter
du ble aux Etats-Unis afin de nourrir la population..
ou du carbon pour faire turner leur industries. On
peut facilement pr6voir quelles seront les consequences
#conomiques de celte situation : cruise mon6taire de la
plus grande gravity et chaos economique. Les cons6-
quences politiques sont presque aussi certaines. Le plan
Marshall viendra trop tard.
Ce qui se produit en Italie et en France est dbej suffi-
samment trisle. Ce qui se passe en Angleterre est, sur
un autre plan, touf aussi triste.
< Les dirigeants britanniques deviendront, en raison
de la fuite perpttuelle des dollars, de plus en plus
d6sireux d'en conserver par tous les moyens possi-
bles. Il y a un moyen evident d'y parvenir : c'est de
se turner vers l'Allemagne, .ou les Britanniques 'gas-
pillent de pr6cieux dollars pour supporter la moitid des
charges de la zone anglo-am6ricaine.
t Aussi est-il vraisemblable que les Britanniques, dans
ieur d6sespoir, annonceront brusque'ment qu'ils ont 'in-
bention d'dvacuer compl6tement l'Allemagne. Les Etats-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 5


Uis Jeraient alors obliges, ou bien d'occuper toute '.Al-
lemagre occidentale, ou bien de permeltre aux Soviets
d'y entrer.
t Tels sont les faits : nous devons computer avee le
danger d'une crisese economique et politique imminent
en France et en Italie, et celui d'une renonciation de
I'Angleterre a ses engagements en Europe. Ces deux
dangers menacent de declencher une catastrophe...
v Les Etats-Unis doivent faire ce qu'ils n'ont pamais
fait encore. Ils doivent prendre I'initiative. Etant donned
que les Etats-Unis sont les seuls A pouvoir prendre une
telle initiative, ils doivent le faire. Si le gouvernement
et le pays sont prets A regarder les faits en face et a
agir en consequence, le monde de stability et de paix
qui est n6cessaire a l'avenir des Etats-Unis est encore
dans le domain du possible. Si nous ne voulons pas
regarder la situation en face, les perspectives d'avenir
sont vraiment sombres.
(STEWART ALSOP)

c) L'AVENIR DE L'O.N.U. (New York Henaid Tribune,
4 sept., edition europ6enne) :

...1 Nos journaux les plus senses et les plus serieux
d6clarent que le people americain tend de plus en plus
a penser que si la Russie n'accepte pas hs modifications
que nous d6sirons voir effectuer dans le charte de
1'O.N.U., en particulier la restriction ou 1'abolition
du droit de veto -, elle dolt stre exclue de cet orga-
nisme. Des esprits plus sages et plus conservateurs que
le mien ont d6ji soulign6 le danger d'une telle decision.
Tout d'abord, ils soulignent que la charte ne nous
fournit aucun moyen d'exclure la Russic. Et mnme
si, par des manoeuvres politiques, nous pouvions arriver
a I'en faire sortir ainsi que ses satellites, ce qui reste-
rait des Nations Unies serait simplement tiansform6 en
une alliance contre l'Union sovi6tique. Cela ruinerait
probablement tout espoir de paix et entrainerait rapi-
dement a une nouvelle guerre.
< Bien que les vetos russes aient empeche de p.arvenir
au r6glement que nous d6sirions voir intervenir dans
les Balkans, le veto est loin d'etre la seule raison qui
explique l'dchec du Conseil de security sur un certain
nombre de questions...
< Bien que les Etats-Unis n'aient pas besoin de velo
A l'heure actuelle parce qu'ils peuvent habituellement
obtenir une majority un jour peut venir et cela dans
peu de temps oil nous serons tres heureux de dispo-
ser du droit de veto. Dans dix ans, vingt ans ou cin-
quante ans, on peut concevoir qu'une grande parties du
monde ne sera plus d'accord avec l'Oncle Sam.
c Le s6nateur Vandenberg pensait peut-&tre a cela
lorsque, dans le discours qu'il a pronounce devant le
Senat le 29 juin 1945 en faveur de la ratification de la
charge de l'O.N.U., il a dit ce qui suit en terrnes qui ont
6et beaucoup trop vite odblids dans ce pays:
< N'oublions jamais un seul instant que le droit de
a veto conf6r6 aux cinq grandes puissances est accords
e aussi aux Etats-Unis...
Au milieu de toutes les discussions hypocrites qui ont
actuellement trait au veto, il me semble qu'il serait bon
de se rappeler les paroles du s6nateur Vandenberg. Elleg
sont toujours aussi valables pour les Etats-Unis qu'elles
l!e6aient il y a deux ans. >
(WILLIAM L. SHIRER.)


III. PRESS SOVIETIQUE


... Revue dl la press sovo~tique da 3 septembre 1947
Politique etrang&re
Tous les journaux idu 3 septembre cle6brent le deuxi&/ne
anniversaire de la victoire sur le Japon : ces commcntaires
sont de deux sortes, les uns comme 1'dditorial de l'Etoile
Rouge mettent en relief l'importance historique de la vic-
toire des Alliis sur le Japon et en particulier de celle de
l'Union Sovidtique.
Les autres editoriaux etudient 1'cvolution ide la situation
au Japon depuis la capitulation et les r6sultats de la poli-
tique americaine au Japon. On peut reliever parmi ceux-ci
1'article de Si~birakov dans 'Etoile Rouge, et celui de Mar-
kov dans la Pravda (voir ces articles plus loin).
Enfin, les Izvestia publient un commentaire de Grenine
sous le titre : Les Etats-Unis de < l'arctique ; l'auteur y
declare que expansion des EtatsiUnis dans l'Arctiquc se
developpe dans trois directions principles.
LES ETATS-UNIS ET LE JAPON
1. Kraisnaia Zvesda (3/9) :
c Quelles sont les raisons poul lesquelles les decisions
de la Conference de Potsdam sur la d6militarisation
et la democratisation du Japon ne sont pas ex6cuties ?
1 faut en chercher 1'explication dans les buts et le ca-
eactere de la politique americaine. Les partisans de la
politique du dollar croient que, grace a des gouverne-
ments reactionnaires, impopulaires, 1'6conomie japo-
naise .appauvrie pourra etre une proie facile pour le
capital americain. Le mot d'ordre de ces politicians est
le suivant : < Argent am6ricain, travail japonais h bon
march. s Les manitouts de Wall Street imaginent d6ej
le salut du Japon, en lui accordant un emprunt a long
term d'un demi-milliard. Dans leurs efforts pour obte-
nir la soumission du Japon au point de vue politique
et 6conomique, les Etats-Unis r6alisent leurs projects sans
tenir compete de l'opinion de l'Union sovi6tique a I'6gard
du Japon et en cherchant a turner les decisions de la
commission d'Extreme-Orient. Ces r6sultats si lamen-
tables sont la suite logique de la politique des autorites
ambricaines d'occupation qui est en contradiction fla-
grante avec les decisions de la Conference de Potsdam. >
(SIBIRAKOV.)

2. Pruuda (3 septembre) :
& Onl ne peut pas nier le fait que l'influence des mi-
lieux expansionnistes et agressits sur la politique de
Washington se manifeste dans ies acts des autorite.
americaines au Japon. Ces acies ne peuvent pas etre
examines isolement independaimlent de l'ensemble de
la politique des Etals-Unis qui est une sur routes le.
Liners et sur tous les continent. La famcust docrrine
de Truman A I'heure actuelle n'est pas seulement reali-
she en Grece et en Turquie, mais de mimcii qu'en Europte
celte doctrine qui proclame la domination americaine
a pris le masque du plan Marshall et du progi nmmr de
redressement de l'Europe occidentale base sur la re-
naissance de i'Allemagne occidentale, elle s'exprinme er,
Extreme-Orient par le programme de resuircction eco-
nomique du Japon. Ce programme conduit 4 la renais-
sance de l'imperiaHsme japonais et elimine de plus en
plus les principles de la declaration de Potstain.
x Par contre, non seuleieni la position de 1'Union
sovidlique A l'6gard de l'occupation du Japon, mais
toute sa politique en Extrilnc-Oricnt montrent ce qu'est
la lutte acharnee et conslante pour le enforcement de
la paix et d( la security dets peuples. C'esL dans ce but
que l'Union sovi6tique concluait un traite d'amitie ei








( BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


d'alliance avec la Chine afin d'eviter le renouvellement
d'une aggression japonaise. L'Union sovi6tique d'ail-
leurs, execute ponctuellement ses obligations : jes tron-
pes sovi6tiques, apres avoir accompli leur mission hb6-
ratrice, ont quitt6 le territoire japonais.
c L'attitude de l'Union sovi6tique offre un violent
contrast avec celle des Etats-Unis qui, malg-r leurs
engagements, maintiennent non seulement leurs troupes
en Chine depuis deux ans mais collaboren tactivement
an d6veloppement de la guerre civile dans ce pays.
(MARKOV.)


IV. PRESS BELGE


(i) L.A RECONSTRUCTION IE L'EUROI'E. (Le Sotr, 4/9)
< La suspension des la co'vertibilil6 de la livre est
autre chose que la manifestation aclatante de la cruise
traverse par la Grande-Bretagne. Elle pourrait 6tre,
projet6e sur l'ecran des actualites, le sch6ma agrandi
de la crise de l'Europe entire; elle pourrait en etre
aussi le signe pr6curseur...
<< I faut comprendre que 1'Europe occidentale, prise
dans son ensemble, vit acluellement au-dessus de ses
moyens, soit que sa consommation d6passe sa produc-
lion, soit que sa production soit inf6rieure A sa consom-
mation.
De deux choses l'une : ou bien elle reduira sa con-
-sommation .a la hauteur de sa productivity, et cette r6-
duction signifiera le d6clin d6finitif de I'Ouest europ6en,
a travers les crises .conomiques et les convulsions socia-
les que comporte cette decadence du standard < of
Living > des populations; ou bien, dans un dernier sur-
saut de volont6 et d'efficacit6, I'Europe bandera toules
ses forces humaines, matbrielles et financieres pour
niaintenir son niveau de vie et sauver sa civilisation.
Seule, la deuxibme attitude est digne de l'homme occi-
dental et de nations orgueilleuses de leur pass et ambi-
lieuses de leur avenir...
< L'intervention des Etats-Unis ne peut se concevoir
que momentanee et transitoire pour manager A 1'Eu-
rope les moyens de r6aliser ce redressement de sa pro-
ductivit&. Cela suppose dans l'imm6diat des secours
alimenlaires pour soutenir la productivity des popula-
tions et des apports de biens de production pour I'aug-
menter : secours de consommation et prkts d'investis-


sements. Encore faudra-t-il qu'au terme du processus.
les Eiats-Unis se montrent disposes a ouvrir leurs fron-
tiUres et leur march aux products industries europCens.
ou tout au moins aux importations d'autres pays A
I'Amerique du Sud, par example qui absorberaient
nos propres exportations. Aucun 6quilibre, ni a court
ni A longue 6c.6eace n'est possible si les Etats-Unis
n'ont pas besoin de nos products ou ne se montrent pas
disposes A les acqu6rir. A d6faut de cette solution, il
n'y en aurait d'autre au des6quilibre de !'Europe que In
premiere que nous indiquions, c'est-A-dire A travers
une diminution catastrophique de son niveau de vie,
I'exode massif de populations sous la pression de la
misbre, qui permettrait la reduction des importations.
L'Europe aurait cess6 de vivre...
c La menace est tellement grave qui plane sur l'Eu-
rope, qu'il parait i-npossible que les Etats-Unis ne vien-
nent A son secours. Non seulement le statut 6conomique
mais le statut politique du monde se trouve engage dans
cette 6preuve, et cclui du Nouveau aussi bien que ceclui
de l'Ancien Continent..
< La proposition du secr6taire d'Etat Marshall est la
seule lumiere qui 6claire ce ciel d'orage. Puisse-t-elle en
chasser les ombres mauvaises >
(MAURICE MASONN)

b) LA CONIttRENiCE IPANAMARICAINE DE RIO. (Lfa M~tilo-
pold, 3/9, catholique) :

< II faut aujourd'hui coiplter avec l'Argentine, qui,
riche d'un grand avenir, fait ses premiers pas sur la
scene politique international.
< Les Etats--nis revent d'un grand empire tiss6 sir
le canevas du plan Marshall et de la doctrine Truman
et qui pourrait faire obstacle A '1'.R.S.S. Quant aux loin-
tains heritiers de Rome, Peron est de ceux-lA, rompant
avec 1'individualisme propre A leur civilisation, sous
la menace de l'asphyxie entire deux blocs d'inspiration
6~rangbre, ils cultivent l'idee d'une federation des peu-
ples laiins, des rives m6diterraneennes aux rivages at-
lantiques. Le voyage publicitaire de Mme Peron-n'en
cst-il pas le signe avant-coureur ?
Toujours est-il que P'opposition argentino-yankee, si
elle s'est affirm6e, ne s'est point durcie et la conference
de Petropolis n'a aucunement manque d'un certain
fair play d6mocratique inhabituel aujourd'hui...


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


I--`. --


Prix : 6 fr.




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Last updated October 10, 2010 - - mvs