Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 22, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00169
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTiRE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8").


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN



DE PRESS


22 aofit 1947.


Quo(DTi


TiRAN1:


SOMMA4IRE

I. PRESS BRITANNIQUEI
La situation 6conomique et les nouvelles nmesures
linanci6res de la Grande-Bretagne
1. Times (21/8).
2. Daily Herad (21/8).
3. Daily Telegraph (21/8).
II. PRESSE AMERICAINE.
a) La crise 6conomique europ6enne (New York
Herald Trilbuie, 21/8, 6d. eur.).
b) Les Etats-Unis et la Chine (New Yoirk Herald
Tribwule, 21/8, ed. europ.).
c) Le trait& de paix ,avec le Japon (New York
Herald Tribune, 21/8, ed. europ.).
III. PRESS SOVIETIQUE.
a) La situation 6conomique de la Grande-Brela-
gne (Novoe Vremima, 20/8).
b) Les lEtats-Unis ct les p6troles du Moyen-Orient
(Pravdia, 20/8). '
IV. PRESS BELGE.
Le problem colonial en Asie (Le Peiuple, 20/8).
V..- PRESS SUISSE.
a) AprBs le Congres National du Parti Socialiste
Frangais (Natilonal Zeilung, 20/8).
ib) Les U. S. A. et la crise 6conomique en Grande-
Bretagne :
1. Basler Nicchrichlen (20/8, 6d. du soir).
2. Neue Ziircher Zeilu1nlg (20/8).
,c) L'O. N. U. et la situation en Indonesie
(Journal de Gen de, 21/8).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de Ia press britannique-du 20 nofit 1947
La presse-de ce matin continue a etre dominee par les .con-,
versations anglo-americaines de Washington sur la revision
de l'emprunt britannique. Cependant, certain journaux font
passer en premier plan les informations donnies par le gou-
vernement sur la production du carbon, ainsi que la decision
prise par le T. U. C. de remettre a plus tard la question de
la scmaine ,de 40. hcures. En outre, le Daily Mail announce,


en manchhette, la dinission prochaine de M. Attlee et son
remplacemen.t par M. Bevin, de meme qu'un prochain rema-
nicmnent minist6riel. Mais ce journal est le seal a donner
cette information.
La chronique exterieure est trns pen fournie. Les questions
frangaiscs ne font l'objct que d'un bref article dans le Daily
Worker et dans le Manchester Guardian, relatif A la. position
frangaise devant le probl6me de la Ruhr qui y est expo'sie
et explliqude dans. le corps d'un article public par le Daily
Telegraph sur l'Allemagne.
Le's ceremonies commemoratives du debarquement de
Dieppe sont bri6vement resuandes dans le Times et le Daily
Telegraph.

1. Conversation financieres anglo-americaines,
Toute la press consacre de longs articles A cctte question.
Elle s'efforce de convaincre le lecteur de Ila gravity ,de la
situation financinre de la Grande-Bretagne. Le correspondent
parlementaire d'u Times erit que, si les Etats-Unis adherent
A une interpretation strict des conditions de l'emprunt, la
tAche du gouvernement britannique de-viendrait inco.mpara-
blement plus difficile et son correspondent A Washington
derit qu'il existed une difference profonde et don't on ne sc
rend pas completement compete entire l'attitude des n6gocia-
teurs amisricains et britanniques. Ceux-ci sent venus chercher
un moyen d'6conomiser des dollars en ne les d6pensant pas
dans les sccteurs de monnaie forte. Le but des Amnericains
est de trouver le moyen de fournir des dollars A la Grande-
Bretagne pour qu'elle putsse continue A les ddpenser. Mais,
selon cc correspondent, personnel n'estimerait, aux Etats-
Unis, qu'un assouplissement des clauses de convertibility et
de non-discrimination suffirait a rnsoudre les problbmes de
la Grande-Bretagne, et dle redacteur financier du Times ajoute
que Washington attend de la Grande-Brctagne qu'elle expose
un plan convenable pour aider a surmonter ses difficulties
et que le gouvernement de Londres prenne des measures dra-
conniennes pour assainir l'dconomie du pays.
Le ardacteur financier du Manchester Guardian ecrit, lui
aussi, que la Grande-Bretagne devra, au course des prochaines
semaines, se resoudre a vivre uniquement de son dednomie,
aftin d'"dviter une .catastrophe. Selon ce co-rrespondant, la rise
actuelle que traverse la Grande-Bretagne n'est qf'un des
aspects de la rise economique mondiale et il est impossible
de prevoir les repercussions que pourrait avoir un effondre-
ment du systgme economique britannique. De mdme, un
autre correspondent du journal liberal ecrit : < Une 'd6va-
luation du sterling aurait de graves repercussions A la fois
politiques et Aconomiques. >>
Ce journal fait montre d'un certain pessimisme au sujet
de I'issue des conversations de Washington. Le Daily Tefle
graph, d'autre part, blAm e e gouvernement de n'avoir pas
prPparn un plan concrete avant I'ouverture de ces conversa-


E


Nouvelle Serie No 748


- -- "
-- --






2 bIJLLETIN QUOTIDIEN DE PRFSSE ETRANGAHV


tions. D'ailleurs, le grand journal conservateur pense 6gale-
ment qu'un alligement des deux clauses de P'emprunt de6A
cities ne suffirait plus h r6soudre les difficulties et que la
crise se pricipite d'heure en heure. Le Daily Worker crit
que le pessimisme g6n6ral sur les conversations de Washing-
ton aurait dig6n6rB en panique dans les milieux financiers
de Londres.
Enfin, toute la press announce que M. Clayton va .s rendre
a Londres pour s'entretenir avec Sir Stafford Cripps et que
ce dernier, aipf6s avoir ainnu'll son voyage en Birmanie, va
se rendre Washington avec M. Dalton.

2. Ruhr
Le correspondent du News Chronicle h Washington announce
que les conversations anglo-am6ricaines sur la Ruhr pro-
grcssent d'une mani6re satisfaisante, les deux parties s'Ztant
mises d'accord sur l'institution d,'un office du charbon anglo-
americain charge de diriger exploitation des mines pendant
plusieurs annies jusqu'i ee que les Allemands se prono.ncent
eux-m6mes pour on centre la nationalisation. I' signal, d'au-
tre part, que la France serait le pays le plus touch par la
proposition britannique tendant ha lever de 50 % le prix Idu
carbon allemand exported.

3. France
Parlant du d6bat sur 1'Algrie, le correspondent du Man-
chester Guaardian met en relief la position dans laquelle se
trouve M. Ramadier, oblige de ohoisir entire ses devoirs en-
vcrs son parti. et ceux envers l'Etat.
II volt mal comment les ddputis non socialists pourro.nt
sc plier aux volontis du congr6s socialist. II pense que la
solution de ce probl6me sera remise a l'itude au co.:urs de
l'automne, aucune decision nette ne pouvant intervenir dans
les conjonctures actuelles.
Le Daily Worker rappelle que les comnmunistes oni: invite
les socialists A se joindre A eux pour mener une politique
orientee plus franchement a gauche. Malgr6 les avis commu-
nistes, cc journal ne pense pas que M. Ramadier change
grand'chose t sa politique.

4. Conseil de Sdcuritd
Le Times rend compete des attaques dirigies contre la poli-
tique americaine en Indonisie par M. Gromyko.
Le Daily Telegraph announce, de son c6td, que M .Gromyko
a oppose son veto A la resolution australienne invitant la
Gr'ce, l'Albanie, la Yo.ugoslavie et la Bulgarie a mettre un
term aux incidents de frontiere.

5. Espagne
Le Daily Worker public un long article de son correspon-
dant A Madrid qui dinonce la collision de Franco avec
1'Eglise, I'arm6e et la haute fiffance espagnoles.



Revue dje la press britannique du 21 aolit 1947
La press de ce martin est dozminie par la nouvelle de la
suspension .de la convertibility du sterling que M. Dalton a
announce hier dans un discours radiodiffus6, et aussi par
le blocage des 162.50.000 livres constituent le solde de 1'em-
prunt britannique des Etats-Unis. Elle done 6galement une
large publicity A la conference de press -de iM. Morrison
annongant de nouvelles restrictions.
La chronique extirieure est pen fournie, plusieurs jour-
naux, don't le Times et le Manchester Guardian, font 6tat de
la p6nurie de bl en France et le Times et le Manchester
Guardian reviennent ce unatin encore sur la question de la
R-uhr. Enfin, le News Chronicle announce en premiere page
la formation d'un bloc italo-greco-ture destiny h fair ichec
i expansion sovi6tique dans les Balkans.

1. Suspension de lIa cownertibiliti du sterling
La press announce la decision prise hier par le gouvewne-
ment britannique de suspended la convertibility du sterling
en monnaie americaine h partir de minuit. Cette decision a


et& rendue publique hier soir par M. Dalton au course d'un
discours radiodiffusd au people britannique. Tous les jour-
naux donnent soit de large extraits, soit le texte integral
de cette locution et insistent sur les consequences qu'une
Fell measure ne manqura pas d'avoir suir le niveau de vie
de la population et sur les relations commercials de la
Urande-Bretagne avec les autres pays. La press fait ressortir
que la Grande-Bretagne devra disormais vivre 6conomique-
ment de ses proprcs resources et ,que de nouvelles restrictions
sont annoncees, 6tant donned, c6mme le dit le rd'dacteur finan-
cier d'u Times, c que beaucoup de pays vont diminuer leurs
deportations _en Grande-Bretagne si celle-ci ne peut pas
exporter davantage chez eux :.
Le Daily Express, en particulier, announce l'6v6nement sous
une manchette alarmante : c Fin de l'emprunt >. La Grande-
Bretagne ne pourra pas retire de dollars ni payer ses impor-
tations. Cela signifie moins A manger et moins de mar-
chandises.
Le mime journal announce notamment une reduction des
importations de viande et de matieres premieres industrielles.
c Cela pourra obliger les pays exportateurs h diminuer les
prix qu'ils exigent de la Grande-Bretagne et permettre aussi
h ce pays d'acheter davantage ave.o ses maigres resources >e.
De m&me, ce journal pense que les relations commercials
entire la Grande-Bretagne et les'Dominions s'en trouveront
resserrees.
Dans le Daily Miror, Vill Greig fait entendre le minme
avertissement : << Nous ne pourrons acheter. disormais que
lcs dcnries strictement necessaires jusqu'a ce que nous ayons
du carbon et des pro-duits finis h exporter >. II announce en
manchette : III nous faut maintenant travailler pour
manger >.
Toutefois, les redacteurs financiers du Times et d'u Man-
chester Guardian s'accordent a penser que cette measure
pourra avoir des effects salutaires : < Elle cr6cra, -crit le
Times, un 'mdcanisme international plus ou moins complete
en dehors de la question dollar, qui pourra augmenter le
pouvoir d'achat et le prestige du sterling ,.
telui dlu Manchester Guardian estimne A son tour que les
auto.rits britanniques (et il ne s'agit pas des autoritis poli-
tiques) sont persuades que la position du sterling sera large-
ment renforcee par les r¢s iv6nements..Elles font remar-
quer que la Grande-Bretagne a retrouve I'avantage financier
qu'el-le avait perdu quand l'emprunt americain avait fix6
la date h laquelle il faudrait rembourser les livres en dollars.
La press public 6galement le texte de lettres 6ehangees entire
M. Dalton et M. Snyder a ce sujet.

2. Confirence de prcsse de M. Morrison

La press donne 6galement une grande importance i Ja
conference de press tenue hier par M. Morrison au course de
laquelle celui-ci a declare que la rise s'aggravait malgr6 les
efforts d6ployds par tous. La press fait ressortir surto.ut que
M. Morrison a laisse pr6voir des jours -encore plus sombres
avant que la crise puisse etre surmontde. Elle remnarque ce-
pendant que IM. Morrison s'est mIontr6 d-gu par le rende-
ment actuel dans les mines et par la persistence de l'absen-
tiismc.

3. Politique inrdrieure
Plusieurs journaux publient en communique official 'in-
formation publi6e par le Daily Mail au sujet d'une demis-
sion prochaine de M. Attlee. Toutefois, le Daily. Mail announce
ce matin encore un remaniement ministeriel pour la pre-
miere semaine de septembre.

4. France
Le Times, le Manchester Guardian et le Daily Telegraph
font 6tat des nouvelles qui leur parviennent de France, selon
lesquelles la ricolte de bl auirait 6t6 infdrieure aux pr6vi-
sions les plus pessimists.
Ils annoncent aussi une diminution de la ration de pain.
Le Daily Telegraph, de son c6td, announce la creation d'un
nouveau gro.upe politique dans I'Assemblie national recrute
principalement dans les rangs du R. P. F. et du parti radical.
c Ce group, precise le Daily Telegraph, s'attend A ce qu'un
certain nombre de socialists se joignent A lui ,. Or, les
socialists, en tant que parti, sont hostiles au g6ndral, si





BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE IETRANGdRE 3


bien que tous ceux qui voudraient se joindre a ce group
pourraiqnt se trouver en difficult, estime le journal.

5. Ruhr
Le correspondent diplomatique du Times, parlant de l'ou-
verture prochaine des conversations a trois sur le niveau
de l'industrie allemande, se demand comment la France, si
l'on consid6re les exigences du plan Monnet, peut consentir
A un niveau supdrieur a 10 millions de tonnes d'acier. Toutc-
fois, il pense que les demaffdes frangaises pourront etre
satisfaites si l'on pouvait etablir un rapport r6cipro-que
entire les productions francaises et allemandes, based sur
6chelle mobile. II signal ensulte qu'aucun accord ne pourra
Wtre decide avant la conference de novembre.
Le correspondent dilplomatique du Manchester Guardian
resume la position francaise sur cette question et voit mal
comment la conference, qui, selon lui, ne durera que quelques
jours, pourra border to.us les sujets qui viendront indvita-
blement en discussion tels que l'avenir politique de la Ruhr,
le contr6le de l'industrie allemande, les perspectives indus-
trielles de la France, la fusiosT de la zone francaise avec la
bi-zone.
Ce correspondent rappelle, d'autre part, que la France
n'entend prendre aucune decision definitive avant la confe-
rence de novembre.
6. Formation d'un bloc italo-greco-ture
Stephen Barber, correspondent du News Chronicle a Athe-
nes, announce que les gouvernements italien, grec et turc ont
l'intention de former un bloc d6fensif dirigd centre les satel-
lites de 1'. R. S. S. dans les Balkans. Ce project, qui serait
considdrd d'un ceil tres favorable par le gouvernemen' am6-
ricain, aurait Wtd formed & la suite du voyage de M. Tsaldaris
aux Etats-Unis, et pourrait s'etendre ulterieurement A la
Perse ct aux Etats de la Ligue arabe.

7. L'O.N. U.
Le correspondent du Daily Telegraph a Lake Success
estime que l'avcnir des Nations Unies ddpend de la solution
qui sera trouvec i la question grecque. L'attitude des Etats-
Unis laisserait supposed que le gouvernement americain a
ddcidd de r6gler cette question par tous les moyens, ms&me
s'il lui faut agir en dehors du Contr6le de S6curitQ.

LA SITUATION fCONOMIQUE ET LES NOUVELLES MEASURES
FINANCIERS DE LA 'GRANDE-BRETAGNE :

1. Times (21/8).
< ...On peut ambliorer quelque peu la situation en dB-
cidant de suspendre la libre convertibility de la livre
sterling en dollar, mais cette measure ne resoud rien du
tout. La demande de marchandises payables en dol-
lars, et par consequent la demand de dollars sub-
siste toujours...
Nous ne pouvons 6luder cette difflcult6 par des me-
sures financi6res ou par la creation d'unions douanieres,
si desirable et meme n6cessaire qu'elles soient. La dB-
pendance commercial de la Grande-Bretaine et de ses
associ6s A l'Hgard des fournitures ambricaines est un
fait, et non, comme cerlains critiques semblent vouloir
le sugg6rer, une politique que l'on peut contester et
mnine abandonner. Le seul remide durable aux maux
mis cn evidence par 1' < hdmorragie du dollar > reside
dans le relevement ,de la production europeenne et bri-
tannique et de celle de 1'Extreme-Orient afin que
.a subordination anormale de ce pays, et-d'autres pays,
a 1'Amerique du Nord devienne moins grande, afin aussi
que 1'Europe puisse computer sur les diverse sources
qui, avant guerre, s'approvision.naient en .denrees ali-
mentaires et en matieres premieres; afin encore que
l'industrie britannique soit en measure de fournir con-
tre des livres sterling des marchandises qui ne peuvent
6tre obtenues A present qu'en change de dollars. C'est
en sommme dans un nouveau cadre, la tAche que nous
connaissons bien de r6tablir la balance commerciale...


Vu le caractre mondial .de la crise, il est evident que
la politique britannique ne pent en fixer le d6noue-
ment. Seuls, comme M. Marshall l'avait prevu'il y a
longtemps, les Etats-Unis peuvent jouer un r6le deci-
sif. Cependant, c'est encore A la Grande-Bretagne qu'in-
combent les plus hautes responsabilites. Sans une poli-
tique ferme et efficace, visant A 6quilibrer les entrees
et les sorties britanniques, ce pays tombera en d6ca-
dence, et ses amis participeront A son declin, quel que
soit le denouement de la crise. 'En l'absence d'une fran-
che mise au point .des intentions et des possibilities de
la Grande-Bretagne; la cooperation qui est indispensable
en Europe occidentale sera incomplete. A d6faut d'un
programme concert enlre la Grande-Bretagne et ses
partenaires du Commonwea'th, sur tous les points oh il
existe une communaute d'int6rkts, l'unit6 britannique
e!le-meme sera en danger. C'est la force aussi bien que
la faiblesse de la Grande-Bretagne d'av'oir autant d'at-
taches: son int&ret ind6niable est de maintenir cette
situation par ses efforts...
II est extremement important pour cette Ile aussi
bien que pour la prosperity mondiale, que la pres-
sion des 6v6nements ne nous oblige pas A choisir entire
les liens europ6ens et les liens du Commonwealth. Ni
l'Europe, avec toutes ses usines, .ni le Commonwealth et
I'Empire, avec lojirs matieres premieres, ne peuvent
constituer un syst6me economique complete. Dans leurs
negotiations avec l'Amerique, les porte-parole britan-
nique auront le devoir de d6montrer que la tendance
apparent de la politique des Etats-Unis, qui semble
vouloir faire aller de pair une union commercial en
Europe avec une destruction de nos liens avec Com-
monwealth, est, dans cette periode de crise, contraire A
P'interet des nations, cosmme A l'inter&t de la seule An-
gletfrre. Mais la nouvelle e bataille de Grande-Breta-
gne >> ne sera pas gagn6e a Washington. Elle sera ga-
gnde ou perdue ici, dans les sales du conseil,
dans les bureaux, dans les usines, dans les champs... a

2. DMillF Hlendld (21/8, travailliste).
< La declaration de M. Dalton selon laquelle le gou-
yernement a decide de tenter I'exp6rience et resolu sa-
gement de suspendre la convertibility de la livre ster-
ling en dollars ambricains, causera le plus grand sou-
lagement. A partir de maintenant, le gouvernement sera
en measure d'employer les dollars que nous possedons
encore. ou ceux que nous pouvons gagner, A des fins
strictement britanniques, et ne sera pas oblige de les
remettre A d'autres afin de respecter une obligation uni-
laterale...
L'accord financier anglo-ambricain prevoit qu'apr6s
consultation, et dans des conditions exception.nelles, ces
conditions peuvent etre annulbes. Aussi la decision de
la nuit dernibre ne constitue-t-elle pas une infraction
a l'accord.
Il est probable qu'en fin de compete il aura WtA utile
de prouver au monde et A l'opinion ambricaine en par-
ticulier, par une experience cofiteuse, que le r-ve des
devises librement convertibles, et du commerce ( uni-
lateral >> n'est pas realisable actuellement dans le monde
contemporain. La penurie de dollars constatee au course
de ccs derniers mois, et qu'aucun experts n'avait pr6vue
da'ns toute son ampleur ren, est sans nul doute une
preuve.
Le gouvernement doit maintenant essayer .de realiser
le plus d'6changes commerciaux qu'il sera possible
avec ceux qui sont prets A y consentir, dans l'interet de
tons. La survivance economique de la Grande-Bretagne
et du Commonwealth doit constituer 1'Ppreuve deci-
sive des prochains mois.
Le people de Gran-de-Bretagne se verra oblige de se
plier pour 1'instant A des measures d'austerit6 plus nom-






4 BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGARE


breuses. Certains pays vont certainement refuser de
nous vendre leurs products s'ils ne peuvent pas 6tre
pay6s,en, livres sterling convertibles.
Aussi, en ce qui nous concern, la morale pratique a
tirer de cette situation demeure la m6me. Si nous vou-
lons d6fendre le mode .de vie britannique, et assurer
la reconstruction social de notre pays, travaillons fer-
memeent, produisons davantage de vivres, plus de .char-
bon, plus de products destin6s a l'exportation. et
appuyons le movement national -d'&pargne... >

3. .zaily Teleglraph (21/8, conservateur).
c Malgr6 des consequences assez d6plaisantes, la sus-
pension de la convertibility de la livre sterling en dol-
lars sera bien accueillie. Cette suspension a 6te obtenue
A la suite d'un accord pass avec les Etats-Unis, trois
jours seulement apr6s 1'ouverture des negotiations offi-
cielles pour la division des obligations inh6rentes au
pr6t am6ricain actuel...
Les intdrAts de l'Amerique sont intimement li6s au
relivement economique de la Grande-Bretagne et de
1'Europe. Les Etats-Unis ne peuvent rester une oasis de
prosp6rit6 dans un monde frapp6 par la pauvret&. Une
telle id6e serait aussi inconsid6r6e que ce point de vue
original exprim6 par notre propre gouvernement, se-
ion lequel le socialism allait entrainer imm6diatement
en Grande-Bretagne une plus grande abondance malgr6
ine diminution du travail... >




II. PRESS AMERICAINE


Revte de [a press amr riraine dt 20 aooil 1947

1. Le plan Marshall

Les ndgociations economiques de Paris, les negotiations
financiires anglo-am6ricaines ai Washington ct la Confi-
rence de Rio raminent au premier plan des actualit6s le
plan Marshall. Les correspondents de Rio indiquent g6nd-
ralemcnt que la d6ligation am6ricaine cherche ia Citer la
discussion iconomique avec 'es puissances latino-ambricaines.
car, disent-ils, l'intention du government des Etats-Unis
est de connaitre tout d'abord lc montant de credits don't
l'Europe aura besoin pour redresser son Cconomie. Ils con-
siderent que M. Marshall s'engagea dijh vis-a-vis dec 1'Eu-
rope et qu'il ne peut pas, a l'heure actuelle, cnvis:gerr les
promesses d'aide amdricaine a d'autres pays.
L'id&e d'union douanibre curop6enne est encore approuvie
I ar le New York Tilmes et le Wall Street Journal. Ann Me
C.-rmick deliire- quo les experts qui Ctudircnt e rapport
, sur a situation iconomique de 1'Europe sont. convaincus que
la cooperation intercuropLcnne, que rdclame Ic plaa1 Mars-
hall, ne peut s'obtenir que par l'intlgration economiquie.
L'dditorial du' Wall SIrrel Journal (reprenant 'article de
son correspondent 'i Paris, qui indiquait que les commu-
nistes europens s'opposaiknt Li l'union douanire) se dc-
mande si lc: pays curopecns sont prets h s'Cloigner de la
forme totalitaire quest 1'Cconomic dirigde, car. dit-il, la
grave question qui so pose est de savoir dans quclle mesuice
les Etats-Unis -seront d'accord pour souvenir des :yst&mcs
tendant au totalitarisme.
Mark Sullivan, journa'iste rdpublicain, s'inquibte Cgalc-
ment du d6veloppemc nt des systSmes cronomiques en Gran-
de-Bretagne qu'i sont nettemcnt diff6rents dc 1'entreprise
priv6ec am6ricaine. Ii considered que la situation anglaise
n6cessile une aide financiire amlricaine rapid et se de-
mande si la suggestion, qui fut faith, de soutcnir la livre,
et d'en laisser libre la convertiblilil en dollars. no serait
pas 'a meilleure solution de ce probllme..
L'article de Callendcr, de Paris, au New York Times in-
dique que 1'ttude du Comit6 des monnaics montra la ndecs-
sitA d'dvaluer cclles qui sont pour le moment surivaluces.
comme c'est le cas, dit-il, du franc.


Selon lui, on croit que Ic gouvernement frangais a accueil-
!erait bien I'occasion d'une devaluation inevitable dans Te
cadre international qui comprend des possibilities d'aide
am6ricaine. L La proposition faite par la Belgique, la Hol-
lande et le Luxembourg, viserait a iquilibrer les budgets,
imposer de nouvelles taxes, arrdter l'accroissement des sa-
laires, afin de stabilizer la situation financiere europ6enne.
Les premiers effects de !'puisement des avoirs europeens
en dollars sur les exportations americaines sont signafMs
par la press de cc matin. La dpe&che A. P. note que les
exportations amdricaines en Europe diminuerent de 16 %.
Au course du mois de juin, la France aurait import pour
75 millions de dollars, soit une diminution de 13 millioiTi
sur le mois precedent.
L'6ditorial du New York Times s'oppose vigou'reusement A
la devaluation du dollar, come le propos6rent certain
experts financiers.

2. Les conversations anglo-amiricains.

La press announce que Lord Inverchapel, ambassadeur de
Grande-Bretagne, est attend en fin de semaine et que les
conversations furent suspendues entire les experts anglais
americains jusqu'h son retour de Londres. Le correspondanT
du New York Herald Tribune cirit : a Les banques sc heur-
tent a l'attitude plut6t froide des fonctionnaires americains,
qui insistent pour ne considerer l'aide nscessaire t la
Grande-Bretagne que lorsque celle-ci aurra montr6 pourquoi
elle ne prit pas de measures plus 6nergiques pour accroitre
la production de carbon, qui est considered comme la clef
des plans de redressement cconomiquc e.

3. Indon:sie.

Toute la presvse announce de Washington que Ic Ddpartement
d'Etat retira ses offres de bons offices dans l'affaire indo-
nZsicnne et de Lake Success, que le reprisentant indonfsicn
a averti le Conseil de Sdcurit6 que son gouvernement n'an-
ccptait pas les bons offices amiricains. Les correspondants
h I'O. N. U. reprennent les critiques soviktiques centre le
government de Hollande, qui agirait, selon 1'expression
de Gromyko, a cmmni si 1'O.N.U. n'existait pas >.

4. O. N. U.

En premiSge page, ct sous de gros tires, la press announce
que les Soviets impos6rent par deux fois leur veto pour s m-
p6cher la Commission d'enqubte dans les Balkans. Les rd-
solutions australienncs et americaines, prisenties A co sujet,
qualifiaient la situation balkanique de < menace a la paix ,
et avaient 6td votes par 9 voix centre 2. Les correspondents
am6ricains considerent que 1'affaire ira a l'Assemblic g4nd-
rale, oft le veto russe ne pourra pas intervenir, mais ajou-
tent que dans ce cas on ne pourra voter que des recomman-
dations ct non plus des mesures.

5. Les relations centre Tes E'ats-Unis et I'U.R.S.S.

Les incidents politiques en Bulgarie et en Roumanic con-
tinuent Li ttrc diseutes dans les iditoriaux, qui dans leur
cnsminble blfi.ment 1'U. 1. S. S. pour les acts des gouver-
nements roumain ct bulgare. C'est ainsi qu' le Philadelphia
Inquirer dc.rit : I11 convent de placer la rcsponsabilit, pour
la persLcutiion des leaders titd opposition, exactement oh
ell .se trouve, c'cst-A-dire sur les Russes eux-mimes. Ce
,n'est pas seulemnnt Dimitrof et s:a hbnde, mais lou'e 1'Pr-
ganisation du Kremlin, qui d(icida d'assassiner Petl;of.

6. Nonuelles de F'rance

La dpiOche du correspondent de P. M. a Paris annongant
I'ouverture e Ina Conference tripartite h Londres sur les ni-
veaux allcmands de production conclut : < La France cst sur
Ic point de ecder sur la question longtemlps dbattue de 'in-
dustrie allemande. Comme 1'Angleterre, ellc est 6conomiqac-
ment et strat6giquement trop a la merci des Etats-Unis pour
resister h la politique amdricaine. n
Le correspondent du New York Herald Tribune signal les
dhbats de l'Assembln e Nationale sur le nouveau statut de
l'Alg6ric. Elle relive, en particulier, la declaration de
M. Ben Taieb, que trois millions d'Arabcs d'Algrie, centre
les ages de 10 et 18 ans, nc requrent a cune instruction ni
en frangais ni en arabe.






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGtRE 5


a) LA CRUISE EUROPIEENNE (New York Herald Tribune,
21/8, 6d. europ.)
< ...La cause de la rise britannique n'6tait pas 1'6pui-
sement d6finilif des reserves anglaises en numeraire.
Tne rude vers le tresor britannique a simplement mon-
tre au gouvernement a quel point la situation s'aggra-
vait. La crise a result de la decisiQn courageuse prise
par le gouvernement de mettre fin a -cette aggravation
en appliquant des measures rigoureuses et profond6-
ment desagreable. Le declenchement de la rise signifie
en v6rit6 que la Grande-Bretagne se trouve relativement
dans une meilleure position que d'autres nations im-
portantes de 1'Europe occidentale.
Examinons par example la situation de l'Italie. L'Ita-
lie, encore plus que la Grice, constitute la position-cl6
de la MWditerranee. Si une bataille pour 1'Italie dispute
entire les regimes occidental et sovi6tique, se terminait
par une victoire de la Russie, il serait presque impossi-
ble pour la France de resister a la pression qui s'exer-
cerait ensuite sur elle. Pour le moment, aux dires des
observateurs les plus comp6tents, les communists ita-
liens percent du terrain. Mais les assises financi6res du
gouvernement de Gasperi sont dangereusement bran-
lantes. Le president Truman, s'il comprend son r6le
historique, doit trembler en entendant sirfplement pro-
noncer le nom de Rome...
Le faith est que les reserves italiennes en devises << so-
lides >, qui sont destinies aux achats A l'6tranger s'ppui-
sent et atteignent peu A peu un niveau extrtmement bas.
Li encore, on dispute chez les experts. Mais il est pres-
que d6finitivement admis que vers le mois de d6cembre
le malheureux M. de Gasperi ,devra fair appel A ses
derniires 'r6scrves pour nourrir son pcuple et faire
turner ses usines... Il ne restera plus alors d'argent
liquid A 1'Italic pou racheler d'autres denries alimen-
taires pour son peuple...
I1 est difficile pour les Amiricains, don't l'economie
est presque trop prospire, de bien saisir la signification
de tous ces faits. Cos fails signifient trois choses. En
premier lieu, pendant la p6rio-de critique qui va s'ou-
vrir tris prochainement, le gouvernement italien sera
continuellement 6branl6 par des crises financibres qui
auront pour consequence l'instabilit6 politiquc. En se-
cond lieu, le gouvenrnement sera amen en fin do compete
a riduire de facon draconienne les rations italiennes
qui sont dtji insuffisantes et c'est li une decision
don't le brilliant chef communisle Palmiro Togliatti doit
*demander'tous les soirs la venue h ses dieux marxistes.
En troisieme lieu il est shir que mmme l'action la plus
rapide que l'on puisse attendre du Congrts dans sa
session ordinaire en ce qui concern le plan Marshall,
scra encore trop lointaine pour sauver la situation.
M. de Gasperi a Rome, tout comme le president Ra-
madier en France, sait que sa situation s'aggrave rapi-
dement. M. de Gasperi et M. Ramadier (qui ont A r6-
soudre des problbmes d'une gale gravity) manquent
cependant de la force .nicessaire pour traverser le genre
de crise preventive don't le Premier Attlee a fait l'ex-
purience. Ils ne pourront fair adopter dans leur pays
encore divisi des measures aussi rigourcuscs que celles
que les Anglais ont approuv6es. En consequence, ils
doivent so contenter de d6penser les fonds don't ils
disposent et d'espirer une amelioration. Et quand la
faillite viendra (car elle viendra sfirement) ils se tour-
neront vers Washington pour demander de I'aide.
Dbji Rome lance avertissement sur avertissement A
l'ambassade italienne A Washington, et les represen.tants
italiens transmettent tristement ces avertissements au
D6partement d'Etat. Les Autoritis du D6partement
-d'Etat r6pondent en pressant les Italiens de tenir du
mieux qu'ils peuvent. Elles laissent entendre igalement
que d'une facon ou d'une autre on lancera une ceinture


de sauvetage au gouvernement italien quand il aura som-
bre pour la deuxitme fois. Mais ce que personnel ne sait
c'est pr6cisement d'of viendra la ceinture de sauve-
lage. Voila qui constilue sans doute un pi6tre moyen de
chercher a r6soudre une crise mondiale don't depend
tout I'avenir de P'A'mrique. >
(JOSEPH ET STEWART ALSOP)

b) LES ETATS-UNIS ET LA 'CHINE. (New York Herald Tri-
bune, 21/8, Edition Europ6enne) :
< ...La question de savoir comment I'attitude de 1'A'm6-
rique peut modifier la situatoin en Chine peut se diviser
en trois points portant sur l'influence ou l'aide politi-
que, economique et mililaire.
Dans le domain politique, la pestion peut presque
entiirement se resumer au problMme suivant : Amener
le gouvernement actuel a se reformer lui-meme. Les
observateurs imparliaux semblent presque tons d'accotd
pour dire que le gouvernement actuel se montre d'une
incapacity dangereuse et a besoin d'une refonte com-
plite si lon veut qu'il continue A exercer le pouvoir.
Cette r6forme du gouvernement chinois a .constitu6 un
project favori des Am6ricains au course do toute F'annie
dernitre. Le General George C. Marshall et l'ambassa-
'deur Stuart s'y sont fortement employs. Ils ont essay
par la pression et le raisonnement de faire donner les
poste-cle A des personnalitis comp6tentes, de leur faire
conf6rer une puissance relle, et d'amener le gouverne-
ment A suivre une politique 6clairie. On peut dire que
jusqu'a present cette tentative amiricaine a t61 voude
A l'6chec....
Tous les observateurs sinceres semblent d'accord sur
le faith que les changements n'ont gurre 6te effectues que
sur le paper Its n'ont aucunement modifi la vie ehi-
noise, et l'on ne s'attcnd pas A ce que ce rtsultat soit
obtenu. Et puisque les rdformes n'ont t que .superfi-
cielles, on a enregistr6 une aggravation constant dans
routes les r6alisations gouvernementales.
Certaines gens en Chine pensent que demander au
(louvernement chinois de proctdcr a des r6formes radi-
cales 6quivaudrait i lui deman'der d'entamer une lutte
de classes contre lui-meme... C'est 'lit un argument qu'il
est difficile de combattre et en fin de compete on a pen
d'espoir qu'une reform veritable soit possible.
Dans le domaine iconomique, le problem qui se pose
est le suivant : Dans quelle measure le credit amiricain
cst-il n6cessaire pour mettre fin a li'inflation en Chine
et pour rendre sa force au gouvernement ?... Bon nom-
bre d'observateurs pensent qu'il faudrait octroyer i la
Chine un ou plusieurs prits a politiques a. Voilh qui
signific A m.on avis un credit (qu'on ne doit pas s'at-
lendre necessaircment i voir rembourser) qui pourra-it
servir A 6quilibrer le budget, A achccer des armes, on
a entreprendre quoi que ce soit qui puisse itre consider
comnme n6cessaire. Les chiffres que j'ai entendu avancer,
concernant le montant du pret ou des prets, ne doivent
tire consid6res que come des chiffres en l'air. Ils
sont necessairement vagues, mais tous sont beaucoup
plus important que le moontant qui avait et6 autoris6
pour la Grice et la Turquie c'est-a-dire A peu pres
lout ce que le Congris et les contribuables am6ricains
peuvent accorder... Une personnaliti qui connait fort
bien la question a refuse d'avancer u.n chiffre quelcon-
que. Elle pretend que quel que soit le credit amiricain.
celui-ci ne pourrait combler le deficit du gouvernement
chinois a moins que le gouvernement chinois luinimme
aide i combler ce deficit, et il y a peu dde chances pour
quo ceci soit entrepris.
Sur le plan militaire, il y a des gens pour croire qu'un
vaste programme amiriicain pour l'entrainement et






b BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


I'Fquipcmenl d'une nouvelle arm6c chinoise pourrait
bien reculer le jour du << reglement de comptes >> en
Chine de plusieurs ann6es. Une telle armie pourrait Wtre
constitute dans la Chine du Sud, conlr6e &loign6e du
theatre de la guerre civil et relativement stable... Un
certain nombre Id'Am6ricains vivant en 'Chine s'Gl1vent
contre cette proposition pour des raisons praliques. ls
declarent que l'entrainement et 1'equipement d'une
armbe demanderait un ou deux ans.et ilus pensent que
selon toute probability 'les troupes chinoises stationn6es
en Chine du Nord et en Man'dchourie ne pourront pas
tenir jusque lA. Ils pr6tendent galement que le proble-
me du communism chinois We peut etre r6solu par la
force. C'est l une vieille affirmation de bien des obser-
vateurs, et qui parait avec le temps de plus en plus
hens6e...
On a 6lev.6 plusieurs objections g6enrales contre la
sagesse d'une aide americaine au gouverneiment chinois
sur le plan militaire du dans tout autre domaine. L'une
de ces objections est que I'aide americaine et en
particulier une aide militaire directed du genre 'de celle
qui a 6t6 indiqu6e plus haut ne ferait qu'inviter la
Russie A intervenir en Chine et pourrait amencr une
troisieme guerre 'mon'diale.
SOn object encore qu'une immixtion plus grande de la
part des Am6ricains dans les affaires de la Chine sou-
l]verait la 'colere de beaucoup de Chinois, peut-Atre m6-
me de la majority d'entre eux. Le gouvernement chinois
actuel est impopulaire... Nous nous sommes attir6 des
difficulties dans le pass pour avoir soutenu ce gouverne-
ment et avoir empich6 le people 'd'agir centre lui. Plus
nous agirons dans ce sens, et plus nous risquerons de
ruiner les bonnes relations que nous entretenons lepuis
si longtemps avec 1'ensemble de la Chine. Enfin il y a
ce fait que plus nous aidons le gouvernement acluel et
plus nous l'encourageons Idans ses vices et ses f;ibles-
ses... I1 est difficile en 'Chine de juger exactement de, la
possibility d.'amener le Congres A autoriser l'octroi de
l'aide nicessaire pour entamer l'une 'des politiques si-
gnalAes plus haut, et surtout A donner cette autorisation
en temps voulu. Mais la plupart des gens avec (lii j'ai
discut6 ce point pensent pourtant que cette aide devrait
Atre considerable et venir rapidement pour 8tre utile...
On ne imet pas en doute ici le principle que I'expan-
sion communist devrait Atre maintenue la of c'est pos-
sible, ou encore qu,'il faudrait remettre la Chine sur
pied pour des motifs humanitaires. Mais i'ennui, c'est
que le communism gagne du terrain en Chine pays
vaste et difficile A influence de I'extrieur presque
uniquement en raison de facteurs inh6rents A la society
chinoise elle-meme. Une autre cause de difficult est que
c.tte aide g6enreuse, octroy6e par 1'intermediaire du
gouvernement chinois actuel probablement a cause
d'un respect diplomatiq.e pour la souverainete chinoi-
se parvient A ceux qui en ont le plus besoin dans une
measure trbs restreinte, la facon don't on a frustri la po-
pulation des bienfaits de 1'UNRRA en Chine le prouve
suffisanimment >.
(Chrislopher RANDI.

c) LE TRAITE DE PAIX AVEC LE JAPON. (New York Times.
19/8) :
< Dix nations ont accept l'invitation de participer a
une conference sur le trait de paix avec le Japon,
conference qui aurait lieu < tr6s prochainement >; seule
Ia Russic a refuse. Dans sa note en date du 22 juillet,
elle a demand que les probl6mes pos6s par le trait6
soient d'abord examines par le Conseil des Ministres
des Affaires Etrang6res, mais par les grades puissances
seulement, a 1'exception de la France... Le but de cette
demand n'itait pas douteux. C'etait de fire de l'obs-


truction, d'amener la confusion, et de retarder les dis-
cussions. C'etait aussi d'exclure les petites nations, qui
pourtant ont eu bien plus. souffrir que la Russie des
combats en Extreme-Orient.
Les Etats-Unis proposent d'aller de Pavant et de met-
tre en application le plan initial, etant 'donn6 qu'on me
peut y voir aucune incompatibility avec les accords du
Caire, de Yalta et de Potsdam. Pour M. Molotov, 6tant
donn,6 le genre de logique trbs particuliere qui lui est
propre, il s'agit lA d'une action < unilat6rale >. De
quelle facon onze nations pourraient conf6rer d'une
mani6re unilat6rale, c'est A1 ce que l'esprit de I'homme
d'Occident ne peut se repr6senter. La Russie est invi-
t6e A la Conf6rence, et si elle y participe et expose son
point de vue, celui-ci sera 'tudi6 et gardera tout son
poids >.


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidtique du 20 aolt 1947.

1. Le movement dernmoratique dans le monde
Trois groups de t6legrammes sont mis en vedette anu sujet
de la champagne :,ectorale en Hongrie, de la guerre en In-
don6sie et de la situation grecque. Quelques informations
sont consacries A la declaration du chef de la delegation
des deput6s bulgares de retour d'U.R.S.S., A l'activit6 des
e14ments r6actionnaires en Finlande et au proc6s des orga-
nisateurs de depots d'armes. Dans l'Etoile Rouge, on rel1vo
un commentaire d'Arkadiev sur a Les fascists anglais in-
tensifient leur action >.

2. Politique des Etats-Unis.
Plusieurs t16'grammes relatent les progr6s de la Confe-
rence de Rio-de-Janeiro. La press donne des extraits du
Sunday Dispatch sur les faibles chances de succAs des con-
versations anelo-americaines de Washington. Cnmmentaire
sur Ia situation catastrophique de la circulation ferroviaire
en zone anglo-am6ricaine d'occupation de 1'Allemagne.
D'aores un journal chinois, des pourparlers scraient en
course entire les Etats-Unis et lc Portugal sur la cession d'une
parties de Macao aux Etats-Unis. Dans la Komsomolskaja
Pravda, un article de Smornov itudie la question du pdtrole
dans le Proche-Oricnt en relation avcc les Etats-Unis. (Voir
cet article plus loin.)

3. 0. N. U.
Deux til6grammes r6sument les discussions a la seance
consacr6e a l'examen des nouvelles demands d'admission A
I'O. N. U. ct les plans de Nokrachi pacha en Egypte.

4. Nolvueiles diverse.
Une depeche announce la demission du chef de la mission
australienne au Conseil allied pour le Japon; une autre, le
voyage incognito au Liban du chef de l'etat-major de 'ar-
mre transjordanienne, le colonel Glubb pacha. Dans l'Etoite
Rouge, un article est consacr6 ha l'Angleterre et le project
de Grande-Syrie >>.

a) LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE.
(Novoe Vrmima, 20/8) :
< ...La lenteur avec laquelle se poursuivcnt les natio-
nalisations en Grande-Bretagne joue un rlle considera-
ble dans la crise 6conomique britannique...
Dans les milieux d6mocratiques de la Grande-Breta-
gne on raise de plus en plus que pour trouver une
solution A la crise actuelle, le pays sera oblige de re-
noncer aux transactions onCreuses avec les Etats-Unis,
et d'abandonner la politique de faillite qui tend A accor-
der un champ d'activit6 illimite aux entreprises priv6es.
II faut 6galeme.nt placer parmi les causes essentielles






BULLETIN BI-MENSUEL D'INFORMATIONS TOURISTIQUtIS


de la cruise britannique la politique 6trangere men,6e par
M. Bevin. Se conformant aveugl6ment aux principles de
M. Churchill, M. Bevin a beaucoup contribute a pousser
la Grande-Bretagne dans les filets de la politique amntri-
caine. Un des rnsultats .directs de cette politique c'est
le maintien d'une grande armnie. Aussi la Grande-Bre-
tagne se voit-elle place aujourd'hui devant le dilemme
suivant: r6duire l'effectif de l'arm&e et affaiblr par IA sa
position dans de nombreux pays, ou souscrire un nou-
vel emprunt en Amerique (A condition d'accorder des
concessions dans la Ruhr aux Americains).
En ce qui concern les causes < am6ricaines > de la
crise, il convient de citer en premier lieu la hausse des
prix sur les marches -des Etats-Unis, hausse survenue
au course de l'ann6e dernibre, surtout aprbs la suppres-
sion du contr6le des prix. Cette suppression a sans dou-
te cofincid6 volontairement avec les n6gociations de
l'emprunt.
En Grande-Bretagne, de nombreux travaillistes et m6-
me certains conservateurs pensent que la depreciation
.de l'emprunt a 6t6 machine' par Wall Street. Profitant
de Ja h-ausse des prix, les repr6sentants des monopoles
am6ricains ont insist pour que la Grande-Bretagne sa-
tisfasse a toutes les clauses de l'em'prunt. Grace a *cette
machination, les impe6rialistes amnricains ont r6ussi A
imposer leur politique A 1.a Grande-Bretagne. Le but
*de cette politique est 'clair pour tout Ic monde : les
-Etats-Unis tentent aujourd'hui d'61iminer par tous les
moyens la concurrence britannique sur les marches
niondiaux... >
(POLIACOV)

b) LES ETATS-UNIS ET LES PETROLES DU MOYEN-ORIENT
(Komsonolshaia Prada, 20/8) communist :
...La uouvelle orientation donn6e il y a trois mois par
le Pr6sidet Truman a la politique ext6rieure am6rioaine
traduit les intentions expansionnistes des monopoles
am6ricains ; et cela se voit surtout Ipar les agissements
des icompagnies p6trolirres am6ricaines dans le Proche-
Orient...
L'ing6ren-ce politiqueq et 6conomique des Etats-Unis
dans les affaires int6rieures des pays du Proche-Orient
la provoqu6 dans ces pays des protestations des masses
les plus large de la population. L'opinion publique .d-
mocratique voyait IA une tentative d'infiltration...
En d6pit de I'existence apparent d'un conflict entire
les int6r6ts britanniques et les int6r&ts am6ricains dans
ce secteur, le capitalism anglais a 6t6 dans l'obligation
de s'entendre avec les monopoles am6ricains, tout
d'abord parce que ses propres positions s'6taient affai-
blies, et ensuite parce qu'il se heurtait de plus en plus
au d6veloppement du movement de liberation natio-
'nale dans le Proche-Orient...
En appuyant l'expansion des companiess p6troli6res
am6ricaines, le D6partement d'Etat pursuit A 1'6gard
des pays du Proche-Orient une politique dirig6e contre
l'ind6pendance politique et iconomique de ces pays...
(SMIRNOV.)


IV. PRESS BELGE


LE P'HOBLEME COLONIAL EN ASIE .(Le People, 20/8) :
< De toutes les declarations faites A l'occasion de l'oc-
troi de la souverainet6 a 1'Inde et au Pakistan, celle du
Pandit Nehru est certes la plus significative i Notre
liberty, a-t-il dit, est le signal de la liberty pour tous
les peuples de I'Asie >.


Ces paroles auront un retentissement a Batavia et A
Singapour, a Hanoi et A Rangoon.
Sans attendre la forme que prendra l'issue du con-
flit actuel entire l'Indon6,sie et les Pays-Bas, le Conseil de
S6curit6 a implicitement decide de traiter la R1ipublique
indon6sienne en Etat ind6pendant. Ses repr6sentants
ont 6t6 invilts a exposer lears griefs devant le Conseil
de S6curitB A I'O.N.U. De son c6te, le Conseil 6cono-
mique et social des Nations Unies a d6cid6 d'inviter
l'Indon6sie A se faire representer A la Collf6rence in-
ternationale du commerce.
Les puissances colonisatrices out eu beau voter con-
tre ces decisions : les organes de 1'O.N.U. ont ainsi con-
sacre en fait l'existence d'un Eitat, avant nime que cette
existence ne ffit reconnue par un trait de transfer des
pouvoirs entire I'ancienne colonie et l'ancienne m6re-
patrie. II est bon de rappeler A ce propos qu'A l'Assem-
bl,6e de 1'O.N.U., les pays ex-coloniaux forment une im-
pressionnante minority une minority mmne, si l'on
tient compete des R6publiques latines am6ricaines.
C'est perdre son temps que de d6plorer ce signe cer-
tain du commencement de la fin de la domination des
< blancs > sur les peuples de < couleur >. L'Histoire
suit son course ineluctable. Et l'accession a l'ind6pen-
dance des peuples asiatiques ne peut etre compare, en
importance, qu'h la proclamation de l'ind6pendance des
peuples am6ricains, vers la fin du dix-huili6me si6cle et
au d6but du dix-neuvi6me siicle.
Quel est, dans ces conditions, le veritable intlrit de
l'Europe ?
Cet int6r&t est de ne pas s'accrocher aux formules
perim6es. L'interet de l'Europe est de rendre possible
une collaboration 6troite et fraternelle entire les puis-
sances colonisatrices d'hier et les nations libres d'au-
jourd'hui. Et cette collaboration n'est possible que si
l'on reconnait sans reserve le droit de tous les peuples
6volu,6s A une vie national propre.
Si on reconnait ce droit et si on le met en ppra-
tique des liens subsisteront entire 1'Europe et l'Asie.
Sinon, c'est l'Asie qui se tournera centre l'Europe...
Sachons gre au gouvernement travailliste de 1'avoir
comprise a temps.
(G. KOULISCHER).



V. PRESS SUISSE


a) APRIS LE CONGRESS NATIONAL DU PARTI SOCIALIST
FRANCAIS (National Zeituadg (20/8, editionn du soir).
< ...Le fait que le programme de revendications du
parti dans le domaine Bconomique et financier ait 6t6
adopted a l'unanimit6 signifle que les socialists iront
A la bataille electoral d'octobre sous le signe de ces re-
vendications. Le Congrms a indiqu6 assez clairement
avec qui on pourra faire alliance au deuxi6me tour de
scrutiny dans les petites communes oh le syst6me ma-
joritaire est maintenu. On pourra ici constituer assez
souvent le < front unique > avec les communists pour
obtenir un succ6s electoral. Mais lorsque ce sera nd-
cessaire, on marchera avec les radicaux. Sans doute, le
d6saccord avec eux est total sur le plan financier, 6co-
nomique et colonial; mais le Icrit6rium, c'est encore 1'at-
titude A l'6gard de la religion. On a 6t6 chercher les
questions de 1',cole laique et de la separation de l'Eglise
et de l'Etat, qui ne sont pas pr6cisement d'actualit6, afin
,de tracer les fronti6res des coalitions 6lectorales. Au
fond il n'y a rien 1A que de logique; .6tant donn6 que
pour les communes de moins de 9.0'00 habitants la loi
de la TroisiBme R6publique a 6t6 maintenue, les tracta-
tions politiques du regime d6funt retrouvent toute leur
*






8 i3ULLETIN QUOTIDIEN DE PJESSE ETRANGEBE


valeur. A 1'epoqu.e, c'6tait le d6bat sur 1'Eglise e- l'co.le
qui creusait le foss6 entire la droite et la gauche : on
revient A ce systeme...
II est certain que les << frres > de gauche les
communists rappelleront souvent A M. Ramadier
les decisions de Lyon. Dev.ant le discours qu'il a pro-
nonc6 devant le CongrBs et qui n'a eu que peu d'6cho,
le president du Conseil a declare6 les communistes plus
dangereux que le nouveau movement du, general de
Gaulle qui, selon lui, est moins A craindre qu'il y a quel-
ques mois. Cependant, les orateurs qui, au Congres, ont
attaqu6 les communists, se sont exprimes axec ulne
grande moderation. On sentait qu'il ne faut pas mettre
au premier plan l'anticommuinisme, sous le signc du-
qucl de Gaulle vent attire la France do son cote, si l'on
ne vcut pas fair tl jcu du general. Aussi, pour les 61ec-
tions, ne partira-t-on nc guerre que centre la < r6ac-
tion >. Mais s'il s'avfre impossible d'ajourner jusqu'a
ce que les Clecteurs se soient prondnc6s, les nombreux
probl6mes 6pineux, don't les decisions du Congres de
Lyon n'ont pas rendu la solution plus ais6e, h1 pr6si-
dent du Conseil Ramadier devra, .apr6s avoir essuye
les feux de Lyon affronter des Cpreuves encore plus
difficiles >>.

b) LES ETATS-UNIS ET LA CRISE BRITANNIQUE.
1) Basle.' Nachrichten (20/8, edition du soir).
< ...Au course des derniers mois, on a lu e eentedu
bien des choses sur la tensioil anglo-russe. Mais on a
moins remarqu6 que dans l'opinion publique il existed
une certain atmosphere de crise en ce qui concern
l'Amfrique 6galement. Les Angiais comlnencent A en
avoir asscz d'&tre traits en < parents pauvres >. Sans
doute aujourd'hui comme hier ils reconnaissert avoc
la plus grande gratitude que les Elats-l7nis ont fourni
une contribution immense h la victoire commune. Mais
en meme temps, la press et les discours mettent de plus
en plus l'accent sur ce fait qu'apres tout 1'Angleterre a
resistle seule pendant toute une ann6e, et qu'en tenant
tMte a l'Allemagne, elle .a donn6 A 1'Amerique le temps
de s'armer. Le rappel de l'histoire r6cente ne poss6de
aujourd'hui que peu de valeur pratique; mais que ces
souvenirs reviennent A l'esprit, c'est 1l un synipt6me
de susceptibility.
Les World Press News, publication specialisee, qui,
pendant des annies, s'est donned pour tache de resser-
rer les liens d'amitie entire la press anglaisee et la press
americaine, ecrivent aujourd'hui qu.e le temps de la
courtoisie est pass, qu'on s'effraye a Londres de cons-
tater que des soldats britanniques ont ete assassins en
Palestine avec 1'aide des dollars americains, et que les
Anglais se frontt all6grement une raison si les films
americains cessint d'Ctre imports dans leur pays; tout
cela montre qu'A I'heure actuelle l'6tat des relations an-
glo-americaines n'est plus lui non plus ideal. Ce serait
lune errour aussi lourde de surestiimer ces phdnomines
do tension que de vouloir les ignore totalement. Mais
on volt quel est le climate moral don't il faut tenir compete
au .moment of A Washington se d6roulent des negocia-
tions d'une importance capital pour l'Angleterre >.
(Du correspondent A Londres des Basler Nachrichten).

2) Newte Zircheir Zeitung (20/8) :
< ...Sans aucun doute, les Anglais sont passablemeat
dC9us de constater qu'au lieu de les faire beneficier d'un


traitement -de faveur on semble les inviter ft meltre leur
espoir dans le plan Marshall. Aujourd'hui, ils parle-
raient plus volontiers des aspects generaux de la crise
si ant6rieurement ls n'avalent pas a6ja tendu I'arc i
1'exc6s, au point que des personalities am6ricaines qui
sejournerent coes derniers mois en Angleterre furent
,maintes fois surprises de voir qu'on laissait presque en-
tierement de cot6 la crise britannique potr s'Ctendre
complaisamment sur la crise amiricaine. A Londres,
pendant quelque temps, on cessa a pen pres compl6-
tement d'avouer que la Grande-Bretagne avait besoin
du credit americain, et on pretendit au contraire que
c'6tait I'Am6rique qui avait besoin de placer ses credits
en Angleterre. Ces exag6rations genent aujourd'hui la
delegation britannique qui ne peut plus guere border
le problime dans sa totality sans provoquer l'irr-itation
de ses partenaircs.
Cependant, les interkts politiqaes primordiaux qui
unissent I'Amerique A 1'Empire britannique et don't des
homes come Clayton Douglas et le secrCtaire d'Etat
Marshall lui-mime sont parfaitement conscients, no peu-
vent s'cxprimer on dollars, bien que le Secretaire du
Tresor am6ricain Snyder s'obstine f ne vouloir parler
que de dollars. Le Cabinet britannique s'est trouv6 ces
deniers mois soumis a uner pression beaucoup trop
forte de la part de opposition exisiant an sein du par-
Li travailliste, pour pouvoir maintenant mettre cet as-
pect de la question en pleine lumiere. Certes, los re-,
belles ont vu plus clairement que le ministBre qu'on
allait vers une crise et ils ont insist pour qu'on n'y
tombAt pas L I'avcuglette et sans aucune preparation.
Le programme de dCtresse, mmme dans sa forme frag-
.mentaire, n'au.rait pu sans cux etre mis sur pied cn
remps voulu. Mais d'un autre c6ti6, en raison de la cam-
pagne des rebelles, il est devenu beaucoup plus diffidile
pour le gouvernement de parlor *d'intCrtls politiques at
strat6giques communs et .de jouer cette carte. >
(Du correspondent A Washington de la
Noee Zurcher Zeituv(g).

c) L'O.N.U. ET LA SITUATION EN INDONESIE (JOurllal de
Gentve, 21/8) :

...Que so passera-t-il, dans le cas du lilige indon6sien-
neerlandais, si les deux adversaires 'ne se mettaient pas
d'accord sur une cessation immediate inconditionnelle
des hostilit6s ? Tout laisse prevoir que le gouvernement
hellandais qui, d6ja, ne veut abandoner aucun des ter-
ritoircs reconquis et rejette tout project d'arbitrage obli-
gatoire, reprendra les operations militaires par tapes
successives, conqu6drant 1'un apres l'autre les .derniers
centres important de 1'archipel. Quant aux Republi-
cains qui, eux aussi, n'acceptent d'arbitrage que sous
condition, ils poursuivront une guerilla larv,6e selon les
moyens don't ils disposeront. Et cet .tat d'agitation de-
meurcra jusqu'au moment ou les Hollandais, sfirs dp
l'impuissance de toute intervention 6trangBre en faveur
des insurg6s, et passant du stade de la conquete A celui
de la pacification, d6capiteront ipurement et simple-
ment le movement insurrectionnel en emprisonnant
ses chefs.
Ainsi cesseront probablement les hostilities en Indone-
sie. L'O.N.U., devant le fait accompli, s'inclinera, vic-
time une fois de plus de son impuissance mat6rielle.
(DAVET.)


S.---- P. 7.Ip.2,reNctPrs 31301Pi rns


S. P. 1. Imp.. 27, me Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 francs.




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