Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 21, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00168
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTBRE DB LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Directizr de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8").


I LA DOCUMENTATION FRANAISE


MINISTERE
DES AFFAIRES ETRANGERES
CB INFORMATION
-1 rif1'%E PRESSE


BULLETIN



DE PRESS



21 aofit 1947.


QU


ETRANGIRE



Nouvelle Sdrie N 747


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE
a) La situation .6conomique de la Grande-Bre-
tagne et les pourparlers financiers anglo-am6-
ricains :
1. News Chronoucle (20/8).
2. Daily Madl (20/8).
b) Le probl6me allemand (Daily Telegraph, 20/8).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Les pourparlers financiers anglo-am6ricains
(New York Herald Tribune, 19/8).
b) Le traits de paix avec le Japon (New York
Herald Tribune, 20/8, 6d. europ.).
III. PRESS SOVIATIQUE.
a) L'intervention am6rioaine en Grkce (Pravda,
19/8).
b) La situation 6conomique de la Grande-Breta-
gne i(Krasnaia Zvezdak'l9/8).
IV. PRESS SUISSE.
a) Apres le CongrBs National du parti socialist
S francais (Tribune de Genbue, 19/8).
b) La -Conf6rence pan-ambricaine de Rio (Journal
de GenAve, 20/8).


I. PRESS BRITANNIQUE


a) LA SITUATION ACONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE ET
LES POURPARLERS FINANCIERS ANGLO-AMBRICAINS :

1. News Chronicle (20/8, liberal).
a ...'Ce que nos amis ambricains doivent surtout se
rappeler c'est que le people britannique est absolument
r6solu A surmonter la crise 6conomique par lui-mime.


Personne ne pourrait formuler d'objections a des
conditions econoiniques equiLaues, n'eaLiranlant aucune
concession dordie poilque, eL entrant dans le care
dun programme general u entraiae pour ILs hiat euro-
peens. hn ayant preseute a I esprit experience uu piet
amlericain actuel, la seute matiere a uiacussions seiait
I'lnlerpreation du mot a equitable >.
Le peupie britannique n'ignore pas qu'un prkteur a
parialteement le druit de poser ses cunaitions. mais ii
sait Ires bien aussi qu'un uLeDheur a le dlolL de les re-
fuser.
Aucun gouvernement britannique ne pourrait ceder &
la pression ambricaine en malere ae poll.que inte-
rieure ou extereure. Dan.s aa situation ou nous nous
trouvons actuellement, meme de simples conseils pour-
raient nous depiaire. A plus forte rarson touL ce qui ae-
passerait le simnple consell pourrait nuire immenaement
aux relations anglo-amrincaines.
En fait, il est bien peu probable que les hommes d'Etat
americains negligent 'opinion publque britannique, au
point .de faire ues propositions .ae ce genre. Mais aans le
cas oi ils commettraient semblable erreur, nous pouvons
leur dire des maintenant quelle serait la reaction g6n6-
rale. II en r6sulherait une determination farouche de
toute la nation d'affronter les 6v6nements sans I'aide
americaine, quelles qu'en soient les consequences.
Nous savons que cela signifierait, temporairement
du moins, un abaissement inimaginable de noire stan-
dard de vie. Mais nous pr6ferons encore une telle cala-
mi6l, plut6t que de cesser consciemment d'etre les mai-
tres chez nous. P
En attendant, le gouvernement travailliste devrait' re-
doubler ses efforts pour nous assurer de nouvelles
Sources d'approvisionnement. Les trails commerciaux
signs avec la Pologne et la Hongrie ont Wte fort en-
courageants. Les pourparlers actuellement en course avec
la Yougoslavie sont 6galement d'une importance vitale.
Enfin, il faut prendre I'initiative d'entamer a nouveau
des n6gociations commercials avec I'U.R.S.S. Les quel-
ques millions de livres qui constituaient le principal li-
tige dans l'offre finale dde la Grande-Bretagne et celle de
la Russie ne sont que peu de chose A c6t6 *des d6sagr6a-







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATRANGERE


b}es perspectives d'austerit6 qui nous attendent lorsque
nbs resources en dohars seront 6puisees.
L'accord avec la Russie nous promettait des avan-
tages important, et pour une longue periode. Si les
pourparlers avec la Russje, ainsi que les autres negocia-
tions avec les pays d'turape peuvent 6tre mend.s a
bien, la Grande-Bretagne aura fait des progres impor-
tants dans la voie de son relevement en ce qui concern
son traditionnel 6quilibre commercial.
Rarement, inous avons aussi largement d6pendu que
maintenant des importations ambricaines. C'est en Eu-
rope, des deux .c6t6s du rideau de fer, que se trouve le
reel espoir de salute et de liberty economique pour l'An-
gleterre. )

2. Daily Mail (20/8, cbnservateur) :

a ...Les AmBricains n'ont pas confiance dans la poli-
tique Bconomique du gouvernement socialist. Pour par-
ler franc, ils pensent que le premier pret accord a 6t6
gaspill6 inutuement. C'est en Angleterre, of Ja plus
grande recompense est donnee a 'effort et A l'initiative
individuals, que les Americains considerent les nationa-
lisations ,de I'industrie et la conscription 6conomique
come des experiences dangereuses et deraisonnables.
Its' ne sont pas tout A fait certain que la Grande-
Bretagne puisse 6viter la faillite 6tant donn la situation
oh se trouve actuellement le pays. Et ils veulent s'en
assurer.
Nous pensions que l'octroi de secours A la Grande-Bre-
tagne et A l'Europe en general s'impose aux Am-
ricains, -dans leur propf'e interOt. Nous pensions en effect
que si cette aide n'est pas accord6e, le d6s6quilibre de
notre balance commercial va entrainer les Etats-Unis
dans des difflcultes voisines du desastre...

b) LE PROBLEME ALLEMAND (Daily Telegraph, 20/8, con-
servaleur).

...Le probl6me consiste A trouver de moyen de ren-
dre I'Allemagne assez prospere pour qu'elle cesse d'&tre
une charge pour le monde, tout en P'emp&chant de deve-
nir assez puissanle pour constituer un danger ou si l'on
vent poser le probl6me de fagon plus pratique il s'agit
de savoir comment on pourra amener les A.lemands h
contribuer au relvvement 6conomique mondial en leur
enievant toute possibili; de comploter A nouveau pour
s'assurer la domination *du monde.
Tel est le probltmme fundamental que l'on cherche A
resoudre dans toutes des conferences interalli6es sur
1'Allemagne, y compris les changes de vue anglo-am6ri-
cains actuels que I'on abordera dans les consultations
communes anglo-am. ricano-frangaises qui doivent se
tenir A Londres et qui d6buteront probablement a la fin
de cette semaine...
L'une des raisons pour lesquelles les Frangais n'ont
pas encore fusionn6 leur zone avec les zones anglaise et
ambricaine c'est qu'ils ne veulent pas affaiblir la posi-
tion qu'ils ont prise au sujet du relavement industrial
de 1'Allemagne (on peut aussi invoquer entire autres
raisons, que des Frangais ont 6t6 continuellement sou-
cieux d'agir en interm6diaires honnates entire la Russie
et les auvres puissances, et que la fusion n'a pas donn6
jusqu'A present des r6sultats tres heureux).
Le fait qu'ils ont 6t6 appel6s maintenant en consulta-
tion a Londres prouverait :s'il en 6tait besoin que
la th6se frangaise est trbs forte. 3
(COLIN R. COOTE.)


II. PRESS AMERICAINE



Revue de la pregsei amdricaine du 19 aoft 1947

1. Les relations entre les Etats-Unis et la Russie
Les disaccords entire Washington et Moscou, qui s'av&rent
chaque jour plus profonds et plus s6rieux, continent a tenir
la vedette dans les journaux. C'est ainsi qu'une nouvelle
no-te adressde par le Departement ideEtat au repr6sentant
sovietique, president de la Commission alliee en Bulgarie,
lui demandant de suspendre la condemnation a mort de
Petkov, fait l'objet d'articles ide premiere page, prssentds
sous de large manohettes. Rappelant les accords de Yalta
et mentionnant les consequences s6rieuses qui pourraient re-
sulter de l'excution de la sentence, le Departement d'Etat
propose une reunion immediate d'une commission afin de
discuter de cette affaire.
Les politiques suiv'ies par les gouvernements satellites de
I'U.R.S.S. pour imposer la domination communist A leir
population prdocupent les correspondents politiques et les
4ditoriaux des journaux dinoncent ces tactiques et commen-
cent a demander que le gouyernement ne se content plus de
protestations diplomatiques don't le ion devient cependant de
plus en plus sdv4re. C'est ainsi qu'on lit dans le New York
Daily Mirror : a Notre Ddpartement d'Etat envoya une note
acerbe au sujet des abu.s commis dans les Blections hon-
groises. Notre ministry h Budapest requt des instructions de
protester. Les banques vont egalement protester, mais rien
de bon ne sortira d'actes semblables. ,
Le correspondent politique diu Philadelphia Evening Bulle-
tin, Kent, constate aujo-urd'bui que la politique de la Russie
et de ses .satellites eut pour rdsultat d'unir les rdpublicains
et les ddmocrates au course des deux annees de disputes qui
marqurrent les relations russo-americaines et il ajoute :
a Ces deux annees futiles dtaien. peut-trFe necessaires pour
prouver que la stratdgie russe visit daepuis le dibut A annu-
ler, frustrer, retarder et bloquer tous les efforts faits pour
transformer l'idde d'un monde unique en une rdalitd. : II
ajoute que de ce point de vue, tout au moins, elles furent
utiles, parce qu'elles epuisrrent la patience amdricaine, ou-
vrirent les .yeux des Americains et erd6rent un sentiment
predominant americain, qui s'oppose h ce que les Soviets
continent A se moquer des AmBricains. Le correspondent
conclut : a Ce sentiment est si fort que les auteurs de la
politique ammricaine sont forces de consider la reunion de
novembre des ministries des Affaires 6trangBres comme abso-
lument la dernirre minute avant de prendre une d.cision. >

2. Grace
L'dditorial du.New York Times vient h son tour critiquer
l les imperfections du gouvernement d'Ath&nes, mais n'en
estime pas moins que la polittque amdricaine dolt continue
Ah I'pauler par son aide economique et par la protection
qu'elle lui assure. Pour 1'aide que les U. S. A. donnent A la
Grace, dcrit-il, nous ne demandons <: rien d'autre qu'une ex-
pression libre des ddsirs du people gree et ce n'est pas ce que
le general Markos et ses partisans demandent. Ils rdclament
la dictature aussi absolue que celle de Mussolini onu de Hit-
ler n. Les U.S.A. ont le droit moral, conform aux prin-
cipes des Nations Unies de s'opposer fermement A cette de-
mande et c'est pour cela qu'ils sont en Gr6ce.

3. Nations Unies
Les informations de Lake Success font toutes ressortir que
le veto russe empecha admission de lIrlande, du Portugal
et de la Transjordanie a I'O. N. U. et que le Conseil de Secu-
ri.t rejeta egalement les demands d'admnission de l'Albanie,
de la Mongolie ext6rieure, qui regurent P'apipui des Russes.
La press reprend de nouvelles accusations portdes par
M. Gromyko contre la politique amdricaine A propose du
conflict indondsien. Le diplomat russe a accuse les Etats-
Unis d'exercer une pression diplomatique et politique pour
amener la Rdpublique indonestenne A accepter un r6glement
en dehors de 1'O. N. U. L'dditorial du New York Times s'op-







BULLETIN QUOTIDIEN DB PRESS ATRANGRBR 3


pose A ce que les U. S. A. agissent seuls pour mettre fin au
conflict indonisien et r6clame que 1'ceuvre de mediationn soit
'd6volue a une commission nommie par le Conseil de Securit.

4. Angleterre
La plupart des articles consacres aux conversations anglo-
americaines, qui se dsroulent A Washington, indiquent au-
jourd'hui que les representants britanniques ont renonc6
pour le moment A presenter de nouvelles demands de fonds,
bien qu'aux dernilres nouivelles de Londres I'emnprunt ame-
ricain A 1'Angleterre sera epuis6 avant -le mois d'octobre.
Les conversations auraient permis aux experts anglais de
presenter la situation &conomique de la GOande-Bretagne,
mais n'auraient rien r&v6ld "qui ne fat dejA connu des
experts amlricains, si 1'on en croit les d6p&6hes des agencies
americaines et des correspondents de journaux financiers de
New-York.
5. L'inflation amiricaine
La press announce aujourd'hui la nouvelle measure pri.se
par le gouvernement des EtaTs-Unis centre les monopoles.
Le gouvernement f6edral accuse les grandes companies de
caoutchouc de violer les lois antitrists, parce qu'elles ont
determine d'un commnun accord quels seraient les prix des
pneus pour les autos.
6. L'aiation, amidricaine
Le comit6 de coordination de .1'aviation ambricaine a pr&-
sente son rapport au. President Truman, qui a autoris6 la
publication d'une parties de ce texte. Cette commission con-
sidcre que les Etats-Unis ne peuvent 6tre menaoes de la des-
truction de leurs centres important, par une action subite
et concentrde Idune aviation ftrangdre. Elle en conclut A la
necessit6 de maintenir les forces americaines d'aviation sur
un pied d'alerte et dans des conditions d'efficacitU telles
qu'elles puissent prendre sans delai des measures de repr&-
sailles contre l'auteur de l'agression.
Le rapport declare notammnent qu'il est i.mperatif que les
Etats-Unis maintiennent en temps de paix des forces mili-
taires adriennes adequates pour privenir on repousser toute
attaque contre le pays, contre ses possessions ou ses bases
avancees, et pour que cette force puisse passer rapidement
A 1'offensive de repr6sailles centre toute aggression quel qu'en
soit le lieu. Le rapport prevoit que, dans ce but, les bases
d'equipement et de reserves des forces aeriennes devront etre
efficacem,ent organis6es et que I'aviation civil amnricaine
devra pouvoir supplier A l'aviation de transport militaire.

7. Confdrence doonomique dl Parts
lies informations d'agences dates de Paris signalent que
l'Italie a appuye la proposition d'union douaniere europlenne
et que des porte-parole frangais ont dementi que la France
.formerait une union regional avec l'Italie. Les barri6res
douani6res en Europe ont, de tout temps, t6 eritiquees par
la press americaine qui ne congoit pas que de petits pays
puissent s'en'fermer dans des tariffs douaniers, alort que les
Etats ambricains ont montrd depuis longtemps que l'abandon
des Imesures douanieres .6taient indispensable A la vie econo-
mique d'un continent come les Etats-Unis. La proposition
faite A Paris dfune union douaniere europkenne est en conse-
quence rescue avec heaucoup de satisfaction par la press.
L'editorial du Philadelphia Inquirer esp&re aujourd'hui
qu'une des conditions du plan Marshall sera 1'abolition des
barriires qui empcehent le commerce inter-europaen.

8. Nouvelles de France
Une .d6piche A. P. et une ddpeche de Warren an New York
Times constatent que l'attitude du congris socialist de Lyon
va m'ettre en danger le gouvernement Ramadier et que la
premiere difficulty apparaltra quand le statut de l'Alg6rie
tiendra en discussion aujoundhui devant I'Assemblie natio-
nale. A ce propos, ces depeches reprennent les declarations
du g6dnral de Gaulle exposant la plitiqu qe la France
devrait adopter vis-h-vis de l'Alg6rie. D'autres dpeches
d'agence rel6vent particulibrement que le g&ndral insist pour
que la France maintienne sa souverainetd total sur les
possessions frangaises d'Afrique du Nord.


a) LES POURPARLERS FINANCIERS ANGLO-AMERICAINS
(New Yo.'k Herald Tribune, 19/8).
a L'ouverture des pourparlers financiers anglo-amA-
ricains a Washington sou'lbve un probl6me plutot emn-
barrassant. La question est la suivante : a Qu'attendent
rvellement les Etats-Unis.de la Grande-Bretagne? > Cette
question est embarrassante parce que la reponse brutale
est d'une simplicity elle-meme embarrassante : nous
voulons que la Grande-Bretagne possede suffisamment
de dollars pour continue A acheter nos surplus qu'il
s'agisse de products agricoles ou de films am6ricains -
et d'un autre c6tB nous sommes partisans de 1'6tablisse-
ment d'un systime commercial international libre et
prospere, sans etre obliges pour cela de fournir les dol-
lars nous-im&mes. Mais .tant donn6 que la Grande-Bre-
tagne ne possede pas les dollars, il est difficile de re-
pondre A la question de savoir ce que nous voulons que
1'Angleterre fasse dans cette situation, ou A la question
de savoir ce que nous devons faire ou demander...
Qu'attendons-nous r6ellement alors de la Grande-Bre-
tagne ? Nous d6sirons que nos prets en dollars, actuels
ou futurs, servent A d6velopper en Angleterre une 6co-
nomie assez prospere pour permettre A ce pays de nous
rembourser les sommes emprulntes et de continue A
acheter aux Etats-Unis ce qu'il est essential pour nous
de lui vendre. Demander A l'Angleterre de r6duire ses
importations qu'elle paie en dollars, et d'augmenter ses
exportations, qui lui rapporleront des devises, jusqu'A
un point oi elle se libererait totalement de I'emprise du
dollar, n'est manifestement pas le moyen d'atteindre ce
but. D'un autre c6te, .consentir continuellement A 1'An-
gleterre des prets en dollars qu'elle ne pourra pas rem-
bourser (exactement comme nous 1'avons fait -de facon
aussi insense apres la premiere guerre mondiale) cons-
tituerait une politique encore moins agr6able, et grosse
de consequences encore plus dangereuses. Ce que nous
attendons de la Grande-Bretagne, c'est qu'elle adopted une
solution intermediaire, mais la resolution de ce pro-
bl6me nous concern tout autant que la Grande-Breta-
gri.; Nous avbns pour nous guider vers cette solution
1'exp6rience du pret actuel. Si le pr&t ne devient qu'un
instrument politique que chqque pays cherchera A uti-
liser pour porter un coup decisif A l'autre parties, I'exn6-
rience se revelera inutile. Si. par centre, on considbre
ce pr&t comme une btse exporimentale nour trouver une
solution plus raisonnable A ce qui en fait n'est pas seu-
lement un problme purement britannique, mais un pro-
blAme commun aux deux nations, on pourra alors
aboutir A des rbsultats plus tiles. ,

LE TRAIT DE PAIX AVEC LE JAPON (New Yo0rk HLrald Tri-
bunre, 20/8, edit. europ.) :

a ...Pourquoi ne pas conclure rapidement un trait
'de paix avec le Japon? Si la Russie refuse d'adopter ce
poin4'de vue, pourquoi les autres puissances ne s'enten-
drpient-elles pas dAs maintenant sur les clauses du trait
et ne laisseraient-elles pas alors la possibility L la Rus-
sie de les accepted ou de les refuser ?
La premiere r6ponse A fire, -c'est qu'une bonne par-
tie de ce qu'on a dit au public americain sur l'occupa-
tion du Japon 'induit totalement en erreur.
Nous savons que les Japonais ont adopt une Cons-
titution 'd6mocratique. Mais ce qu'on ne nous dit pas,
c'est que cette Constitution a Wet redig6e pour eux par
les autorit6s d'occupation americaines. Malgre tous les
efforts d'imagination que I'on peut faire, on ne peut pas
consider cette Constitution com.me l'expression spon-
ta'nbe de la volont6 du people. II est vrai que la tolA-







4 DDLLBTI QUOTIDIEN DR PUESSE Z *MrANG*f


rance religieuse existe, que l'on a proc6d6 A une r6par-
tition des terres, que les monopolies industries et finan-
ciers ont at6 dstruits et que l'6ducation est revenue
plus liberale. Mais 1A encore, chacune de ces measures
a l66 impose au people japonais. La signification 'de
la d6mocratie est aussi peu comprise par la grande ma-
jorit6 du people japonais qu'elle 1'Ntait il y a dix ans.
Malgr6 tout le respect que l'on peut avoir pour I'au-
torit6 du g6nrial Mac Arthur quand il nous garantit que
le Japon ne pourrait r6armer pour livrer une guerre
moderne" avant un si6cle, est-ce 1l une raison pour ou-
blier que ce meme pays, miserable, sans. resources na-
turelles, et qui n'est sorti que tout recemment de son
isolement s6culaire, a pu devenir, en l'espace de deux
generations, 1'une des plus grandes puissances mili-
taires 'du monde ? Faut-il oublier la vo'ont6 d6terminee
des Japonais de se sacrifier pour la plus grande gloire
de leur pays ? Devons-nous supposed que les Japonais
ont deja oubli6 Hiroshima, oubli6 qu'ils se sont rendus
aux Americains ?...
M. Hoover et ses partisans nous present de retomber
pr6cis6ment dans les memes erreurs que cells qu'ont
commises les pays de langue anglaise dans la politique
qu'ils ont suivie a l'6gard de IAllemagne apres la pre-
miere guerre mondiale. On r6p6te avec insistence
qu'apr6s 'deux annees d'occupation le Japon est devenu
un pays vraiment d6mocratique et un satellite obhis-
sant des Etats-Unis, et qu'on pourra l'utiliser aprs la
signature du traits de paix comme un Etat-tampon
centre l'Union sovi6tique.
En fait, les dirigeants politiques du Japon competent
sur la lutte qui se livre actuellement entire la Russie
et les Elats-Unis pour obtenir des conditions de paix
relativement douces. Si la Russie refuse de participer
au traits de paix, les nationalists et les militaristes
japonais ne se trouveront-ils pas en bien meilleure po-
sition pour tirer parti de la rivalit6 ambricano-sovi6ti-
que, afin 'de r6aliser leurs propres ambitions ?...
Si la Russie refuse de se joindre de gaitW de coeur
aux autres grandes puissances pour imposer l'applica-
tion de certain contr6les que le traits de paix pourrait
imposer, le Japon pourra, apr6s le retrait des forces
d'occupation, dresser les Etats-Unis centre la Russie et
auront encore plus de chance de r6ussir que l'Allema-
gne lorsqu'elle a dress les pays 'de langue anglaise
centre la France il y a un quart de sitcle.
Un trait de paix avec le Japon qui ne satisferait
point aux besoins strat6giques et 6conomiques die toutes
les nations du Pacifique, ou qui serait consid6r6 par
l'Union sovi6tique comme une menace centre sa sB-
curite 16gitime, ne peut assurer une paix durable.
Tant que la Russie n'aura pas manifesto le desir de
participer A l1'laboration d'un tel traits de paix, ou de
cooperer avec les autres grandes puissances au Conseil
de security de I'O. N. U., un traitA de paix avec le Japon
ne pourra constituer qu'une mehace continuelle pour
le people ambricain. a
(SUMNER WELLES.)


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press sovidtique du 19 doit 1947
Les nouvelles de I'etrange sent peu' nombreuses, la plu-
part des journaux reproduisa t les informations parues dans
la Pravda d',hie-. On relive toutefois un long t64lgramme
Tass de Paris sur le congres du parti socialist frangais.
Ce congres, dit le correspondent, a confirm le glissement
I droite du parti socialist et son refuse definitif dGagir en
coimmun avec les communists. a Le tdligramme se termine


par quelques extraits de journaux. Une dipeche annonoe la
rupture des jeunesses socialists avec le parti socialist.
De Paris, un autre t6hlgramme mis en vedette announce
qu'en Belgique des officiejrs americains enrblent des person-
nes deplaches pour lutter en Grace centre les partisans.
La chronique international de Leontiev, dans la Prmuda,
est consacree, d'une part, a l'intervention americaine en
Grace ; d'autre part, au dernier discours de Schumacher &
Berlin.
1. Grace
Leontiev relive d'abord que 1'examen de la .question grec-
que an conse de S.6curitd a r6vl16 deux conceptions des
principles de la collaboration international. L'Union Sovie-
tiquc et une s6rie d'autres Etats dUmocratiques voient la
base d'une paix solide dans l'accord A chaque pays, a chaque
people et, en partioulier, au people grec, du dro't de disposer
de son destin. D'autre part, les puissances anglo-saxonnes
et, en premier lieu, les Etats-Unis, veulent imposer aux peu-
ples leur diktat sans tcnir compete des int6rets de la s6curit6
et de la paix. (Voir cet article plus loin.)
2. Allemagne
4 En vantant le plan Marshall, 6crit Leontiev, le Dr. Schu-
macher rdvle de fagon tout a fait inattendue 'un des buts
caches que pursuit ce plan. I1 lone le secretaire d'Etat
des Etats-Unis du faith que son plan peut delivrer l'Allemagne
du ipaiement des reparations. Le plan Marshall, selon lui,
cree une situation entibrement nouvelle qui fait contre-
poids h la politique depassie du ddmantilement des usines.
3. Nouvelles diverses
Des nouvelles braves sont consacrees h' la politique des
Etats-Unis et A ses incidences dans le monde, aux poursuites
centre les organizations d6mocratiques en Coree du Sud, a la
reclamation par les Atudiants doe la cessation de l'interven-
tion amBricaine en Chine, a l'a-ugmentation de la vie aux
EtatsAUnis et h I'arrivee h Washington d'une mission finan-
ciere anglaise.

a) L'INTERVENTION AMlRICAINE EN GRACE (Pravdia, 19/8):
S...L'effort fait par les puissances anglo-saxonnes et
les Etats-Unis en premier lieu, pour imposer leur vo-
lont6 aux peuples sans tenir compete des int6rets de
la paix et de la s6curit6, est particulirrement mis en
lumibre par l'exemple de la Gr6ce. Dans les discours
d6sinvoltes prononcbs ces jours-ci au Conseil de s6-
curit6, le reprhsentant amfricain, M. Johnson, a d6clar6
ouvertemefit que les Etats-Unis avaient l'intention d'ap-
pliquer cofte que cofite des measures dirig6es centre
les 6elments democratiques gi'ecs et les voisins 'de la
Grece. Les 6v6nements de ces derniers jouTS ont amen6
la press du monde entier A considerer cette interven-
tion come le presage et, A prior, la justification d'une
intervention armee americaine en Grace. >
(LEONTIEV.)

b) LA SITUATION ICONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE
(Krasnaia Zvezda, 19/8) :
e Selon I'opinion de la press itrang6re, la princi-
pale cause des difficult6s Aconomiques de la Gran'de-
Bretagne reside dans l'orientation de la politique ext6-
rieure du gouvernement travailliste, qui a plac6 le pays
dans une certain dependance politique et kconomique
vis-a-vis des Etats-Unis. De nombreux journaux et hom-
mes politiques anglais d6clarent ouvertement que les
milieux dirigeants 'de 'Angleterre ont associ6 leur po-
litique Bconomique aux int6rets des monopoles ambri.
cains, ce qui menace de faire perdre son ind6pendance
economique A la Grande-Bretagne. L'accord financier
anglo-ambricain, don't les conditions sont tres onereu-
ses pour la Grande-Bretagne, en est la plus Bloquente
expression. Le Wall Street Journial lui-m6me reconnait
que, loin d'amrliorer la situation iconomlque de la








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE

Gran'de-Bretagne, le pret americain n'a fait que l'ag- et les perp6tuelles contradictions du parti communist.
graver... De la i( jeune garde r&volutionnaire aux opportunistes
Comme on le salt, 1'Angleterre d6pense bon nombre 'du clan gouvernemenial >, la majority des d&16gu6s ont
de dollars pour entretenir A 1'Ptranger des forces ar- ouvertement pris position contre le (( stalinisme >.
mees don't le nombre n'est nullement justifi6 par le Ainsi, la perspective de voir arriver au pouvoir un
retour aux conditions de paix. C'est encore un result'a gouvernement de < Front populaire ), comme ceux qui
de la t collaboration a anglo-americaine qui porte 'Cga- font la loi derriere le rideau de fer, parait ecart6e pour
element un grand prejudice A l'economie britannique... longlemps.
A la lumirre de ces faits, tout espoir de soutien am&- Selon expression d'une d6putbe autrichienne qui
ricain semble parfaitement injustifi6. Le people britan- avait pris place dans la tribune des invites, la S.F.I.O.
nique sait par experience quel serait le prix de ce ne dbsespire pas de voir surgir, face au totalitarisme
(( soutien >. N6anmoins, le gouvernement britannique moscovite et a la d6mocratie lilB rale de conception
continue A maintenir sa vieille politique, A e'difier ses americaine, une i troisi6me force unissant toutes les
plans de r6tablissement 6conomique, moins dans les forces socialists existant 'dans les diff6rents pays >.
interets du people britannique que dans l'espoir d'un C'est 6galement le r&ve que caresse en Angleterre .le
4 soutien a cofiteux des patrons am6ricains. Ceci ex- parti travailliste. Dans le mime ordre d'idees, M. Ra-
plique l'empressement t6moign& par M. Bevin pour madier a tenu A r6p6ter encore qu'en adh6rant au plan
offrir ses services come m6diateur dans la r6alisation Marshall la France s'est fixed pour but d'y associer aussi
des plans amtricains pour reduire l'Europe a l'escla- les pays de l'Est, afin, come il disait, de 4 refaire
vage sous le covert du plan Marshall. 3 1'Europe >. < Le jour, s'eria-t-il, ou entire l'Atlantique
(KoUSTov.) et la frontier sovieiTque, il y aura A nouveau une Eu-
rope, ce jour-iA, la guerre aura recul6. > Cependant, il
a 6galement pr6venu ses auditeurs qu'il leur faudrait
c savoir altendre ,. Et 'dans la bouche du prudent tac-
IV. PRESSE SUISSE ticien, cet avertissement en dit long... >
(PAUL DU BOCHET.)

b) LA CONFERENCE PANAIRiRICAINE DE RIO (Jo urnal de
Genivie, 20/8) :
a) ARBkS LE CONGRBS NATIONAL DU PARTI SOCIALIST
FRANCAIS (La Tribune de Geidlve, 19/8) : ...Le plan am6ricain pr6voit qu'en cas d'agression
oun de conflict. l'entr6e en guerre de la totality des mem-
< ...Dans 1'ensemble, le programme adopt A Lyon bres de l'Union panamericaine devrait 6tre d6cid6e A la
marque une nouvelle tape 'dans la voie de 1'6tatisme majority des deux tiers. L'Argentine propose qu'une
et tend A 6.argir encore I'emprise des administrations telle decision soit prise par l'unanimit6 'des membres,
publiques sur toute la vie du pays. II parait done diffi- faute de quoi elle n'aurait aucune force obligatoire. Ce
cilement compatible avec la clause sp6ciale qui pr6voit serait done iA I'inclusion du droit de veto dans le pacte
de nouvelles coupes sombres dans l'immense arm6e des projet6. On s'6tonne de voir l'Argentine s'elever contre
fonctionnaires. Mais ce n'est lA qu'un aspect secondaire ce m6me droit quand il s'agit de 1'O.N.U. et en d6fendre
du probl6me. Le principal intBr&t de la charte vote les principles 'dans le cas present.
par le congresss de Lyon reside dans le fait que le pr6- Selon les derni6res nouvelles parvenues de Rio-de-
sident du Conseil et ses collogues socialists, au gou- Janeiro, la position de PArgentine ne serait cependant
vernement et a I'Assembl6e, sont tenus d'en assurer pas irr6ductible; on croit que le ministry des Affaires
application sous le contr6le direct et permanent du 6trangeres argentin abandonnerait sa these au course
Comite directeur de leur parti, et cela meme au risque des discussions futures et adopterait celle des Etats-
de provoquer la admission des ministres apparlenani Unis. Si tel 6tait le cas, la victoire des aux autres gropes de la majority, qui sont places de la complete. On measure 'done l'importance de la parties
sorte devant un veritable ultimatum. qui se joue actuellement. II est possible que la menace
De fagon g6n6rale, les decisions du congress de Lyon latente represent6e dans le monde par 1'U.R.S.S. incline
indiquent un glissement vers la gauche. Mais, en meme les Etats de PAmerique latine a se 'ranger sans reserve
temps, les d6bats font apparaitre au grand jour la r6- derriere la grande R6publique de 1'Am6rique du Nord
pugnance croissante qu'inspirent aux representants de et A faire du project d'Union panam6ricaine une reality
la grande tradition socialist frangaise les agissements solide. 3


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