Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 18, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00166
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'TNFORMATION
(MINtSTRRE DR LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


BULLETIN



DE PRESS


18 aoft 1947


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


DES


QUOTIDIEN



ETRANGERE



Nouvelle Serie N 744


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Le prob:.me de la Ruhr (Daily Wo'ker, 14/8).
ib) L'avenir des Nations Unies (News Chronizcle,
14/8).
c) La Conf6rence panam6ricaine de Rio (Times,
14/8).
II. PRESS AMERICAINE.
a) L'agriculture frangaise et les elections munici-
pales (New York Herald Tnibune, 14/8, edition
europ6enne).
b) Le probleme indonesien et l'offre am6ricaine de
mediation (New York Herald Tribune, 13/8).
III. PRESS SOVIETIQUE.
La Conference 6conomique de Paris (Pnavda, 13/8).
IV. PRESS SUISSE.
a) La situation int6rieure 'de la Grande-Bretagne
(Neue Ziiwcher Zeifa~g, 13/8).
b) Le probl6me colonial (Gazette de Lausanne,
14/8).


I. PRESS BHITANNIQUE


Revue de la press britannique du 14 aoit 1947
Les questions de politique int6rieure l'emportent encore
ce matin suT celles de politique rtrang6re. En effet, tous les
journaux consacrent leurs manchettes et de longs articles :
1 A 1'ouverture des vacancies parlementaires; 20 A la ques-
tion du recrutement de la main-d'ocuvre. La press attache
egalement une grande importance aux 6mcutes de Calcutta.
Les autres 6venements ne fournissent mati6re, en general,
qu'a de braves correspondances. Les journaux s'int6rcssent
a 1'ouverture du Congr6s socialist frangais et precisent que
M. Ramadier y recueilera une assez faible majority.
Le Times et le Daily Telegraph reviennent ee matin sur
I'incident de Fort-Trinquet pour sonligner que les migrants
n'ont pas et6 arrctts par les troupes frangaises et que celles-
ci leur ont au contraire pr4t8 assistance et out veilld sur
leur scuriti.


1. Vacances du Parlement britannique
Tous les journaux annoncent que les deux chambres se
sont mises en vacances hier, les Lords jusqu'au 3 septembre,
les Communes jusqu'au 20 octobre. Piusieurs journaux, don't
le Manchester Guardian, font remarquer A ce sujet que c'est
la premiere fois dans 1'histoire pailementaire britannique
que l'une des deux Chambres si6gera alors que l'autre sera
cn vacances.
Le corre.pondant parlementairv' du Times voit dans la
decision des Lo. ds d'abreger leurs vacances le d&sir de main-
tenir I'autoritA du Parlement. II dresse 6gaLement le bilan
politique et economique du gouvernement A la fin de la
session parlementaire et se demand si, en raison de la
situation actuelle du pays, le gouvernement ne doit pas
remettre A plus tard la nationalisation de l'industrie du fer
et de I'acier. 11 remarque en uutre que le guuvernement a
fait voter, au course de la derniere session, 54 projects de loi
alors que certain auraient suffi naguere a occuper une
semaine entire du gouvernement. Le procede de la guillo-
tine employed pour accelrer l'adoption de ces projects de .lo
aurait suscite un vif mecontcntement dans les rangs de l'op-
position et ce sentiment pourrait ne pas etre stranger A la
decision de is Chambre des Lords.
D'autre part, la press souligne que M. Attlee a demand
aux membres du Cabinet de ne pas quitter la Grande-Bre-
tagne pour leurs vacances et de Fe tenir A sa disposition an
cas oi les 6v6nements exigeraient une convocation imme-
diate du Cabinet.
2. Recriufement de la main-d'aeuvre
La pluipart des journaux annoncent sous une manchette
important que les representants du patronat et des syn-
dicats se sont r6unis hier pour fixer les limits dans les-
quelles la nouvelle polii-3e ouvr.:re du gouvernemnt. devra
etre appliquee. Cette potiique comportera des measures radi-
cales pour l'utilisation de la main-d'ceuvre et entrerait en
vigueur le lr octobre.
Le Daily Mail et l Daily Telegraph estiment qu'A partir
de cette date 10 millions d'hommcs et de femmes c'est-a-
dire la moiti6 de la population ouvriere pourront etre
dirig6s sur des industries essentielles au cas oh ils per-
draient leur emploi actuel. D'autre part, il est pr6vu aussi
une extension des heures de travail dans toute l'industrie.

3. France
Le Congr6s socialist fait l'objet dc que'lques articles dans
le Times, le Manchester Guardian, le Daily Telegraph, le
Daily Herald, le Daily Worker.
Le Times prevoit une faible majority pour M. Ramadier
et le correspondent dui Manchester Guardian estime de son.
cot6 que l'oppositioh de l'aile gauche du parti socialist


- -- - -- -
- -- --









2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGtRE


sera moins vigoureuse cette fois-ci, la plupart des membres
du parti socialist ayant df se convaincre que toute colla-
boration avec les communists est impossible. Toutefois. ii
veut voir dans cette opposition au sein du part socialiste
e un conflict a qui pourra donner lieu a un compromise tran-
sitoire genant pour le gouvernement. Ce m6me correspondent
s'attend 6galement A ce que de vives critiques soient adres-
sees par les congressistes A MM. Moutet et Depreux.
Le correspondent du Daily Telegraph pense aussi que
M. Ramadier obtiendra une faible majority et il rappelle
que la r6forme sur les elections municipales a pu 6tre enfin
adoptee malgr6 la tactique dilatoire du parti communist.
Le Daily Herald met surtout en relief le fait que le Con-
gr6s socialist ne preconiscra plus la collaboration avec les
communities, mats en reconnaitra au contraire l'impossi-
bilite et il ajoute : t II a fall quatre annees pour amener
les socialists franqais A adopter ce point de vue. .
Le Daily Worker, au contrair-, pr6dit que l'opposition de
l'aile gauche du pa:'ti sociaiiste au gouvernement se mani-
festera d'une maniere plus vive, que de nombreux del6guds
demanderunt le retour aes communists au gouvernement
et reprocheront a M. Ramadier d'avoir fait le jeu de la
1roite.

4. Ruhr
Le Times announce que 'a Conf.rence des Trois sur le
niveau de l'industrie allemande de ~a bizone se tiendra pro-
chainement A Londres et Lue la position frangaise sera
expose avant que cette conference n'ait lieu.
II ecrit A ce propos que le gouvernement britannique et le
gouvernement americain auraient pref6r6 connaitre Le point
de vue franqais avant de se prononcer sur cette question.
Selon le correspondent du Daily Telegraph, les milieux
de Washington auraient fait savoir que le gouvernement
franqais accepterait que le niveau de la production d'acier
allemande ffit fixde it 10 millions de tonnes par an, it condi-
tion que l'industrie franqaise puisse se reliever en proportion.
Au sujet de la participation tfancaise aux conversations de
la Ru'hr, ce correspondent remarque que ie Departement
d'Etat n'avait pas accord i la France le droit d'opposer
son veto aux decisions anglo-amkricaines.
Mentionnant les menaces de graves dans la Ruhr inspi-
ries, scion lui. par les cpmmunistes, le correspondent du
Manchesler Guardian ecrit : a C'est peut-er're la premiere
occasion d'une intervention ouverte des communists de l'est
de I'Allemagne dans les conflicts industries de la zone bri-
tannique ,.
Les observaleurs seraient convaincus qu-e les conversa-
tions de Washington sur !a Hulr fourniront le pr6texte
d'une action agrussive des communists.

5. Union douaniere europdenne
Le correspondent diplomatique du Times announce que les
propositions frangaises relatives a une union douani6re
europehnne ont '1i 6tudides par M. Bevin et d'autres minis-
tres du' Cabinet britannique, mais ceux-ci ne se dissimulent
pas les difficulties d'une tell union. Selon ce correspondent,
les possibilities du commerce int6rieur europ6en representent
peul-6tre un quart ou un tiers du commerce total britan-
nique, mais il faut consider en premier 'ieu le de\eloppe-
ment des relations commercials avec les Dominions.

6. Grace
D'aprBs le correspondent diplomatique du Manchester
Guardian, attitude des Etats-Unis i l'egard de la question
grecque aurait etC accueillie favorablement & Londres car
le gouvernement britannique commengait a douter lui-meme
de l'efficacit6 du Conseil de security en raison de l'usage
continue que la Russie fait de son veto pour des raisons
purement ideologiques.

7. Inde

La- plupart des journaux font 4tat des troubles qui ont
eclatu dans diff6rentes villes de l'Inde et notamment i Cal-
cutta. Ils mettent en relief le fait que des mmeuticrs ont
lance des pierres suT la maison de M. Gandhi.
Us annoncent aussi que le vice-roi procdera an transfer
des pouvoirs i 1'Assemhble constituante de Karachi.


8. Egypte
Plusieurs journaux, don't le Daily Telegraph, reproduisent
l'essentiel de la r6ponse qu'a faite Sir Alexander Cadogan
devant le Conseil de sceurit4 aux accusations adressees par
l'Egypte au gouvernement britannique. Ils soulignent quo
Sir Al. Cadogan accuse a son tour certaines hautes person-
nalitis 6gyptiennes d'avoir favoris6 l'Axc.
9. Amitid franco-britannique
Le Manchester' Guardian signal que le speaker de aI
Chambre des Communes a donn6 lecture d'un message
d'amiti6 qui lui a 6te envoy6e par M. Monnerville et M. Her-
riot apres le voyage de la d616gaticki parlementaire en
Grandc-Bretagne.
Enfin, le Daily Worker reproduit la photographic de mem-
bres d'une coopraLtive frangaise qui ont servi des repas t
750 membres du part communist britannique le 14 juillet
h Paris. Le Daily Worker les remercie de leur dvouement.

a) LE PROBLAME DE LA RUHR (Daily Worker, 14/8, com-
muniste) :
...II y a moins d'un an, M. Bevin repoussa i la tri-
bune de la Chambre des Communes les propositions
frangaises r6c.amant un controle international de la
Rulir. I d6cira alors qu'iL etait dans a l'mntention
britannique de voir ,es industries de la Ruhr contr6-
tees par le public, et 11 annoncait qu'it < appuyait ener-
g.qunmeut a les plans aiemands visant A ia sociaisa-
tion de leurs industries de base.
11 s'etait categoriquement oppose au retour des in-
dustries oe base de la Ruhr sous le contrb.e de leurs
magnats, a ce qui fasait parlie de la politique d'agres-
sion de 1'Al.emagne D.
Maintenant, sous la pression du general Marshall, tout
cela sembie devoir 6tre oubli6. Les anciens monopolis-
tes de ,a Ruhr, unis par 'des liens 6troits, personnel et
financiers aux monopolistes americains, seront retablis
dans ,eurs droits, et tout ce qui restera de la a decla-'
ration >> de M. Bevin sera que, pour sauver la face, la
national isation sera retardee e de queiques annees .
La division existant eitre les partisans et les d6trac-
leurs du plan Marshall apparait 'de plus en p.us avec
son caraceere v6ritabie. Ce n'est pas une division entire
< I Orient et 1'Occident ,. Cette assertion ne constitute
qu une simple lormu.e trompeuse. Nous sommes en pre-
sence d'une division entre, d une part, ceux qui vou-
draient retabir la dependance de l'Europe A 1'6gard de
la Huhr (sous le conir6.e 'des monopoles am6ricains et
la direction des barons industries qui aiderent Hitler)
et, d'autre part, ceux qui voudraient d6velopper la
force economique et l'independance des pays victims
d'Hiter. >

b) L'AVENIR DES NATIONS UNIES (News Chroirucle, 14/8,
liberal) :

< Apres un mois de 'discussions inutiles, le Conseil
de S6curitU n'a pas encore accept et encore moins
app.ique les propositions de la Commission d'en-
quete dans les Balkans. La Russie et la Pologne 6taient
les deux seules puissances A ne pas Ztre d'accord parmi
les onze qui voterent sur ces propositions. Une fois
de plus, la Russie exerga son droit de veto et une fois
de plus il sembla que les travaux 'de I'O. N. U. 6taient
vou6s i la st6rilit6.
Trois alternatives se presentaient alors A la majority
des votants. I1 6tait possible que la piainte grecque,
comme de nombreuses autres plaintes, soit discr6tement
class6e et qu'aucune measure ne soit prise. La seule
excuse pour adopter une tell attitude aurait 6t6 de
nourrir l'espoir que la Russie lasse un jour un peu
moins usage du veto au Conseil de ScuritB.
I1 6tait 6galement possible de tout abandonner. Cela







tIlelrTI QUOTIrDTN DR PRESSE ATRANGdtE 3


aurait evidemment signifiT la fin 'de I'O. N. U. et un
retour aux conditions qui existaient avant la creation
de la S. D. N., c'est-a-dire un retour en arriere au sens
le plus large du mot.
II 6tait 6galement possible de maintenir le m6canisme
de I'O. N. U. et d'utiliser ses agencies dans la measure
du possible, en en faisant des instruments d'adminis-
tration international. Ceci pourrait bien 6tre la cons6-
quence des propositions faites mardi par Ie del6gu6
americain, M. Herschel Johnson. En resume, par la voix
de M. Johnson, I'Am6rique en appeile du Conseil de
Skcurit6 A l'Assembl6e oI le veto ne s'applique pas.
Les implications de cette proposition doivent etre
franchement affrontees. Cette suggestion eat en fait la
reconnaissance officielle de l'6tat 'de choses qui est
devenu de plus en plus net recemment. Si la Russie
ne change pas d'attitude, il ne serait pas 6tonnant-que
I'O.N.U. se divise en deux maintenant.
On peut encore vaguement esperer que le travail pa-
tient des hqmmes d'Etat et les espoirs de millions
d'hommes ne se r6duiront pas A un resultat aussi d6-
plorable. Il est encore possible que la Russie decide
d'accepter le verdict de I'Assembl6e g6n6rale, mais
nous devons admettre que cela semble peu probable.
Ce que nous ne pouvons pas ignorer, c'est que nous
serons peut-6tre les t6moins de changements dans les
relations internationales don't la signification serait
grave et fon'damentale. z

c) LA CONFiRENCE PANAMARICAINE DE Rio (Times, 14/8):

< La Conference panam6ricaine qui va s'ouvrir dans
une ville d'eaux pres de Rio-de*Janeiro a pour' objet,
selon les terms memes de l'ordre du jour, ( la n6go-
ciation d'un trait interam6ricain d'assistance r6cipro-
que ,. La conference constitute ainsi la suite prevue
de l'Acte de Chapultepec, sign a Mexico en mars 1945...
Ii a 6t: officiellement annonc6 que le Pr6si'dent Tru-
man se rendra probablement a Rio au debut du mois
prochain, pendant que la Conf6rence siegera encore. Sa
position a 6t6 definie dans son Message de mai dernier
au Congrbs, message 'dans lequel il demandait la cr6a-
tion d'une legislation autorisant les Etats-Unis A en-
voyer des armes aux r6publiques s.oeurs et A standar-
diser l'Nquipement et l'entrainement de leurs forces. La
proposition devait 6galement s'appliquer au Canada,
qui n'est pas membre de l'Union pan-ambricaine, mais
est deja associ6 aux Etats-Unis par l'interm6diaire du
Joint Defense Boar'd (Commission de Defense com-
mune).
La politique pr6conis6e par le President donnerait
aux Etats-Unis la direction de la defense de l'h6mi-
sphere occidental, auquel ce pays a droit en raison de
son immense puissance militaire et industrielle. Pour
cette raison mime, elle a quelque peu gene les r6publi-
ques plus petites, don't les gouvernements craignent une
reduction de leur liberty d'action et se m6fient de toute
distribution' d'armes important a des peuples enclins a
la revolution.
Washington a essay. de dissiper leurs craintes en
proposant que les decisions ne soient prises qu'apres
consultations et que seuls soient lies les Etats qui au-
raient vote en faveur du project. L'Argentine va cepen-
dant plus loin et- demand que l'action commune puisse
6tre paralys6e par le veto d'une seule 'des puissances
americaines. Quoique le d6saccord soit plut6t de prin-
cipe, puisqu'aucun vote ne pourrait emp&cher les Etats-
Unis d'entreprendre une action de guerre, ou obliger
tout autre Etat americain de s'associer aux Etats-Unis,
les prbblemes g6neraux des relations interambricaines
se trouveraient ainsi implicitement soulev6s.


II. PRESS AMERICAINE



Revue de la press amdricaine du 13 aoat 1947

1. Grace
Les journaux annoncent en grosses manchettes que les
Etats-Unis avertirent 'O. N. U. que, si le Conseil de Securite
4tait voue & l'impuissance par un veto russe, le gouverne-
ment americain se r6serverait le droit d'agir conformement
A la Charte pour assurer A la Gr6ce la protection don't elle
pourrait avoir besoin dans l'avenir >.
Le discours de M. Johnson, d6elgu6 americaln A 1'O.N.U.,
est longuement cite dans la press qui met en valeur les
passages soulignant que la menace qui p6se sur la GrBce
vient des Etats limitrophes, qui continent h armer et &
soutenir des gurillas grecques. Aucun editorial n'est encore
consacre a ce discours. P. M., sous la signature de Uhl, se
demanide si les troupes americaines seront envoyees en Grece,
car il interpr6te les paroles de M. Johnson comme l'indica-
tion d'une intervention possible des forces ambricaines dans
la guerre civil se deroulant dans ce pays. II se montre par-
ticulierement inquiet du d.veloppe.ment .de cette situation et
se .pose la question de savoir ce que le gouvernement am6-
ricain ferait si la Bulgarie, la Yougo-slavie et I'Albanie con-
tinuaient A sbutenir la faction grecque qui combat centre
le gouvernement d'Athenes. II craint que la politique ameri-
caine nn:laterale en Grace, ait pour rdsultat la destruction
de 'O. N.U. et il conclut que les U. S. A. percent ainsi I'arnie
la nlus puissante qu'ils possedent pour maintenir la stability .
ponlitique mbndiale. don't ils ont besoin et don't les Russes
n'ont pas beso*n. Des d6peches d'Athanes ranportent les dB-
clarations du ministry grec Gonatas selon lesquelles il y a
de fortes prohabilites pour que les Etats-Unis envoient des
trounes en Grace. Le corresnondant du Washington Post,
apres sa tourn.e d'inspection dans la region oi se ddroulerent
les combats. d6ment I'existence de brigades internationales,
mais confirm rue les guerillas grecques sont armies et en-
tratnees en Albanie et en Yougoslavie.
2.. Indondsie

La press announce. sons de gros titres, que le Conseil de
S.curitA acceota d'entendre les representants de la Repu-
blicue indondsienne malgre I'opposition ,de l'Angleterre, de
la France et de la Beleinue. Elle soulikne ine pour une fois,
M Gromyko et M. Johnson se trouverent d'accord et de-
manderent que les representants indones'ens soient autori-
sas A comparaltre deviant le Conseil pour presenter leur cas.
La fpresse reprend 6galement le text de I'apDel envoy par
le rouvernement de La Haye aux Indon.esiens pour qu'lls
facilitent la formation d'un eouvernement provisoire, confor-
memcnt a 'accorrl de Cheribon.
Des depoches de Batavia sienalent cqne les operations mi-
litaires continent malgHr l'ordre de cesser le fen, donna par
les deux parties du conflict.

3. La premiere journge de la conference awmTo-amiricaine
sur la production du carbon de la Ruhr
Cette premiere journ.ee de la conference sur le charbon
de la Ruhr entratne une serie d'articles qui reprennent prin-
ci-alement les declarations de M. Thorp. le dAelgu6 ame-
ricain. indiruant qu'il ne voyait aucune objection A discuter
to'us les prohblmes que peut soulever I'accroissement de la
production houillere de la Ruhr. Les redacteurs politinues
en concluent rue les Brltannirmes surgereront une les Etats-
Unis augmenentnt ler particination aux frals d'entretien de
la Ruhr ; ils est'ment que Von s'attend A ce que les Fran-
qais proposent que leur propre production sid.6rurgique s'ac-
croisse proportionnellement A celle de I'Allemagne : de cette
ifacon, la production franqaise demeurerait au-dessus dui
niveau allemand et ils demanderaient qu'une autoritd Inter-
nationale soit 6tablie pour limiter et contr6ler la production
d'acier allemand, afin qu'elle ne puisse pas entratner une
nouvelle menace de r6armement.






'4 DULLEYI QlUOTMMIN DE PRESSE *TRANGARE


On signal, d'autre part, que les Frangais consid6rent ton-
jours que les decisions, qui seront prise A trois au snjet
des niveaux de production, devront, pour 6tre d4finitives,
recevoir 'approbation sovidtique.

4. Crise anglaise
Les journaux financiers et 1es revues s'attachent & 4tudier
les rem6des que l'Amdrique peut apporter a la situation
financire de l'Angleterre. Ils sont unanimes A reconnaltre
que la convertibilit6 de la livre entralnerait le drainage des
dollars, don't dispose le gouvernement anglais, A un rythme
tellement rapide qu'ils ne pensent pas que la Grande-Breta-
gne puisse tenir jusqu'A l'entri- en vigueur du plan Marshall.
En consequence, ils envfsagent une aide sous former d'une
participation amdricaine superie'ure A 50 % aux frais d'en-
tretien de ]a bizone ; un emprunt de la Banque Internatio-
nale ou du.Fonds international monetaire et, peut-etre meme,
un autre emprunt direct par 1'Angleterre aux Etats-Unis.
Mais cette dernire solution, qui necessiterait l'approbation
du Congr6s, leur paralt peu probable.
L'Bditorial du Wall Street Journal critique la politique
suivie par Washington A l'egard de 1'Angleterre. II estime
que l'emprunt accorded par I'Angleterre 4tait politique et non
commercial, qu'il avait en parties pour but de d6barrasser le
commerce international des oflstacles qui 1'empAchent d'etre
libre, mais que, dans la pratique, ce but ne fut pas atteint.
I1 termine en critiquant le gouvernement de Londres pour
n'avoir pas mieux organism la production anglaise.
La revue Wold Report dit fue la crise anglaise constitute
le probl6me le plus difficile qui se pose I Washington. Elle
vient, dit cette revue, s'ajouter a toute la sdrie de situations
internationals troubles qui constituent un ensemble chao-
tique, et qui. se rdsument ainsi : si la Russie ne c6de pas,
malgre la politique de fermete amiricaine, 'O. N. U. est
embourbde ; la bombe atomique n'est toujours pas contr6-
le ; la politique Truman ne va peut-6tre pas assez vite
pour empacher le chaos ou le communism en Gr6ce ; le plan
Marshall est prepared par un si grand nombre de cuisiniers
amis que l'on craint ce qui va en sortir. I1 y a des ennuis
i propos de l'Egypte, des Balkans, de I'Indondsi'e, et il y a
l'amertume et de la violence en Palestine. Quant A la Chine,
les fonotionnaires amdricains lvent les bras an ciel de
disespoir.

5. Yougoslavie
Deux dpe&dhes A.P., de Ibblgrade, contrastent par leur
teneur avec les inforinations donndes jusqu'A present par
les autres correspondents amdricains en Yougoslavie. La pre-
mi6re reprend la declaration faite par un group de pasteurs
protestants acmnricains qiu estiment, apr6s une court visit
dans ce pays, que P'on a ( falsified et mal repr6sentie : la
situation intierieure yougoslav-.,L'autre dep8che signal quce
les ndgociateurs anglo-amdricains sign6rent un accord com-
mercial a long term avec la Yougoslavic portant sur envi-
ron 100 millions de dollars. Elle ajoute que c'est 1c troisi'me
accord du genre signed en un mois par ces ndgociateurs avec
un pays de Ta zone sous influence russe, la Tichcoslovaquie
et la Finlande ayant acceptA de signer de tels accords qui
doivent permettre des changes entire la bizone et ces pays.

a) L'AGRICULTURE FRANCAISE ET LES ELECTIONS MUNICI-
PALES (New York Ha~rh0 Tribtune, 14/8, edition eu-
rop6enne)

< Apres bien 'des hesitations, le gouvernement fran-
cais a enfin d6cid6 d'abolir la subvention gouvernemen-
tale sur le pain, qui va se vendre maintenant 24 francs
le kilo A Paris et 28 francs en province. Etant donna
que la ration quotidienne d'un travailleur ordinaire est
de 250 grammes, le nouveau prix, bien qu'il soit le
-double 'de 1'ancien, n'entraine qu'une ddpense quoti-
dienne de 6 francs... La consequence la plus intCres-
sante de la suppression de la subvention gouvernemen-
tale sur le pain est la repercussion des nouveaux prix
du blM sur 1'economie agricole de la France. On ver-


sera maintenant aux fermiers 1.850 francs pour un quin-
tal de bl, y compris une prime de 200 francs en cas
'de livraison rapide. Mais comme le franc-papier actuel
ne vaut guere qu'un centime-or, on ne verse en r6aliti
aux fermiers que 18 fr. 50 or pour un quintal...
Cette question du prix du bl a constitu6 1'une des
sources des difficulties 6conomiques de la France de-
puis la premiere guerre mondiale. Aussi longtemps
qu'on paiera au fermier pour son blb un prix qui, dans
le syst6me de comptabilit& prudent' du paysan, n'est
pas cens6 representer les d6penses engages pour le
faire pousser, la production de b16 frangaise continuera
A decline et restera bien au-dessous des besoins du
pays. Tant que les prix de I'avoine, de l'orge et 'du mais
se maintiendront A un course relativement plus 6lev6 que
celui du bl6, le fermier continuera A engraisser ses
poulets et ses pores avec du bl6, et le pain de froment
blanc et succulent que l'on a connu dans le pass ne
sera plus qu'un heureux souvenir...
L'economie agricole de la France ne s'est pas encore
relev6e des incidences de la guerre. Les tracteurs, les
semences, les engrais sont tous tr6s chers ou en quantity
insuffisante, ou meme les deux A la fois. La technique
de la resistance et du stockage, apprise par le fermier
sous l'occupation ennemie, n'a pas 6t6 abandonn6e. Au
contraire, elle a W.te perfectionnee avec I'experience. Le
probl6me qui consiste A obtenir d'un fermier r6calci-
trant qu'il livre son grain, son betail, son lait et son
beurre est un probl6me qu'aucun gouvernement fran-
gais n'est parvenu jusqu'A maintenant A r6soudre.
De plus, c'est un problem qu'aucun gouvernement
frantais et meme pas un gouvernement communist
n'ose affronter avec 6nergie. En octobre prochain
auront lieu des elections municipales en France, et les
resultats affecteront profond6ment non seulement le
caract6re du gouvernement local dans toutes les villes
et tous les villages, mais encore la politique generale
du gouvernement de la nation. Les fermiers et les arti-
sans de 36.000 petites communaut6s villageoises n'eli-
ront pas moins de 87 % des conseillers municipaux.
L'influence des villes est pratiquement n6gligeable dans
ces elections, et ceci explique 1'importance prise par
l'avocat de champagne et le po'iticien de la petite ville
du genre Pierre Laval, 'dans I'ancien Senat de la IIP Rd-
publique, qui a joue un si grand r6le dans la formation
et dans la ruine des ministries d'avant guerre.
Les elections municipales, dans tous les pays latins,
experiment bien le sentiment du peuple... En France, les
conseils municipaux ne forment pas seulement un col-
S1ge electoral qui Rtait charge d'l6ire autrefois le Sinaf
et qui maintenant 6lit en parties le Conseil de la REpu-
blique. ls repr6sentent 6galement un corps qui est plus
pr6s du people que l'Assembl6e Nationale.
Si le parti communist, par example, r6ussissait a
obtenir la majority des si6ges 'dans tous les conseils mu-
nicipaux de France, il importerait peu que sa position
A I'Assemblee Nationale ne reflete pas la meme majo-
rite. Le parti communist aurait d6ej conquis en fait
le pouvoir, conflant dans cette assurance qu'une elec-
tion national en 1949 ou plus t6t aurait les memes
resultats que les elections municipales de 1947.
Maintenant, les principaux rivaux des communists
dans les secteurs ruraux sont les r6publicains popu-
laires... Le fait que les communists se soient allies avec
les r6publicains popnlaires pour faire 6tendre aux con-
sells municipaux l'application du principle de gouver-
nement de parti, n'implique pas qu'un accord 'de prin-
cipe quelconque soit intervenu. Cela signifie seulement
que les deux plus grands parties de l'Assembl6e, qui ont
approximativement le meme nombre de sieges, souhai-
tent entreprendre la lutte dans les memes conditions








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


dans les assemblies provinciales. Et lorsque le debat
est arrive hier a sa phase finale A 1'Assemblee, le M.R.P.
a abandonn6 les communists et vote en faveur 'de la
loi electorale proposee par le gouvernement.
Dans les villages, les republicains populaires ont g6-
neralement I'appui du cure, des gros fermiers, du doc-
teur et de I'homme de loi locaux. Les communists ou
leurs sympathisants competent sur le vote des ouvriers
agricoles d6sh6rites, des ouvriers des petites usines, des
cheminots, 'du postier, et meme de l'instituteur. C'est
la lutte de classes existant dans les villes industrielles
qui est transpose sur le -plan de la communaut6 ru-
rale. D
(GEORGE SLOCOMBE.)


b) LE PROBLEM INDO~14SIEN ET L'OFFRE AMERICAINE DE
MEDIATION (New York Herald Trfbune, 13/8).

< M. Walter A. Foote, consul general des Etats-Unis,
avait un argument de poids A faire valoir a Java, en
proposant les bons offices -des Etats-Unis pour r6gler
le conflict qui oppose la R6publique d'Indon6sie ,au
Gouvernement des Pays-Bas. Cet argument, c'est qu'une
solution de compromise, *obienue par un arbitrage ou,
tout autre moyen pacifique, pourrait 6tre de la plus
grande valeur pour les deux parties, tandis qu'un 6chec
pour parvenir A un accord ne ferail que causer des en-
nuis A la Rtpublique d'Indonesie et aux Pays-Bas.
La valeur d'un compromise raisonnable est 6vidente
pour les Hollandais. Avant la guerre du Pacifique, les
Hollandais tiraient 15 % de leur revenue national de
l'ensemble des Indes NMerlandaises, -directement ou in-
directement. Les Pays-Bas perdraient probablement la
plus grande pairtie de ces revenues si les lies de Java et
de Sumatra rompaient avec 1'empire hollandais, ou si
l'6conomie de ces deux iles 6tait ruinee par une longue
lutte de guerilla. Si l'on ne parvient pas A un compro-
mis, les Holiandais ne pourront se maintenir a Sumatra
ou A Java que par la force et ils ne sont pas assez forts
pour pouvoir enlammer une lulte ouverte. On peut pen-
ser sans doute qu'une guerre d6claree ou une lutte de
guerilla ne durerait pas longtemps, mais agir en se ba-
isant sur cette affirmation serait courir un gros risque.
La valeur *du compromise aux yeux des Indon6siens
est beaucoup muoins 6vidente, mais tout aussi reelle,
bien qu'il soit difficile pour des adversaire's de l'imp6-
rialisme colonial de le reconnaitre. Tout semble indi-
quer que les officers actuels de la R6publique d'In-do-
n6sie seraient incapables de crber un climate de stabi-
lite et de prosprrit6 A Java et A Sumatra sans I'aide hol-
landaise. Si les populations de Java et de Sumatra reus-
sissaient A optenir prochainement des Hollandais une
liberty complete, ce serait simplement la liberty de vi-
vre dans le chaos et la misere. Par contre, avec l'aide
des administrateurs hollandais, ils pourraient manager
une transition, pacifique vers l'autonomie, sans payer
trop cher pour cela.
Malheureusement les passions sont tellement exacer-
bees dans les Indes Neerlandaises, qu'il est difficile dux
Hollan-dais ou aux Indon6siens de se rendre compete des
b6nefices qu'ils peuvent tirer d'une cooperation, et des
pertes qu'ils auraient A subir en continuant la lutte.
Mais ce ressentiment, si on lui permet de se dvktlopper,
ne peut rien amener de mieux que la -destruction et le
carnage. II appar!ient a M. Foote et esperons qu'il
y reussira de convaincre les puissances rivals
qu'elles doivent consentir a des concessions pour leur
bien-etre des deux parties.


111. PItESSE SOVIETIQUIL


LA CONFERENCE ICONOMIQUE DE PARIS (Pravda, 13/8).

( Le rapportcur g6enral de la Commission Bconomi-
que europecnne prepare un compete rendu sur la situa-
tion eConomique des pays participant a la Conference
de Paria. Ce document sera remis aux Ltats-Unis.
,Ce documenL a eLi fait ap6es reception des reponses
A un q questionnaire a adress6 aux seize pays partici-
pant A la Conference et aux commandants des zones
anglo-amdricaine et francaise. Jusqu A present ces r6-
puoses out ete tenues dans le secret le pius absolu. Le
caraciere m6me du a questionnaire a montre cependant
avec une eloquence frappanxe quel est I'avenir reserve
aux pays qui, dans l'espoir de recevoir une aide finan-
ciere americaine, ont decide de monnayer en dollars
leur souverainete nationale...
Des le 2 juillet, le ministry des Affaires 6trangeres de
l'U.R.S.S., M. Molotov, signalail A la Conference des trois
ministres des Affaires etrangeres que les plans de
M. Bevin et de M. Bidauhl ne pouvaient aboutir qu'A la
transformation des pays europeens en des Etats contr6-
16s, et A la privation de leur independance economique
el national au profit de certaines puissances plus
for es.
Les fits d6montrent que tout tend a ce resultat;
toutes les p6ripeies de l'l6aboration du fameux ( ques-
tionnaire 3 ei la preparation de la r6ponse A ce < ques-
tionnaire a confirment la justesse des avertissements
donnes par la d6elgation sovitlique a Paris...
'Ce qui inquieie surtout les pay, europeens qui ont
consenmi a participer A la Conference europCenne, c'est
qu'une fois que les informations completes sur I'6tat de
leur economic sera enLre les mains des organisateurs, la
Commission de collaboration economique europ6enne
commencera A ordonner > leur economic selon le bon
plaisir des ELats-Unis.
En Italie, par example, on est tres inquief. Apres rb-
ception ddu i questionnaire a rempli par le gouverne-
ment de ce pays, les representants anglo-frangais se sont
prononces au course de numbreux entretiens avec les de-
16gues italiens conLre le plan de d6veloppement de 'in-
dustrie de ce pays. Les representant's anglo-frangais ont
invoque le point de vue des Etats-Unis d'Am6rique pr6-
voyant que t dans une Europe unifiee chaque 6conomie
national devrait occuper la place d6lermin6e par les
possibilil6s naturelles du pays don't il est question > et
qu'il serait insens6 de developper certaines branches -de
l'industrie en l'absence de conditions pr6alables isuffi-
santes...
Les industries italiens comprennent dans tout ceci
qu'on vent les forcer A renoncer A leur indu-strie sid&-
rurgique, A la production des fibres artificielles, au dB-
veloppement de l'industrie du paper, de la construc-
tion mecanique, de l'industrie chimique...
Les industries italiens comprennent tres bien que la
delegation italienne aurait beaucoup de peine A s'oppo-
ser aux exigences anglo-frangaises diclees par 1'Am6ri-
que. Its se rendent compte que les financiers ambri-
cains veulent eliminer leurs concurrents eventuels sur
les marches europ6ens...
RWcemment encore, la press des pays europeens, qui
avaient accept de participer A la Conference de Paris,
6tait pleine de predictions radieuses. Maintenant, 1'6po-
que de ce triomphe premature est terminee. La nou-
velle p6riode est pleine *de d6sillusions. >
(JOUKOV.)







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


S IV. PRESS SUISSE


a) LA SITUATION INTERIEURE DE LA GRANDE-BRETAGNE
(Neue Ziircher Zeilung, 13/8).

< D&s maintenant, on attend avec interet le discours
du tr6ne qui sera prononce immn diatement aprs la reu-
nion du Parlemen, fixee a la fin d'ocobre. L doit indi-
quer la roue A suivre pendant la nouvelle session, qui
se ressentira deja de 1'approche des Alec.ions gne6rales.
Ce sera la derniere session au course de laquelle les tra-
vaillisles possederont une liberty d'action absolue sur
le plan 16gislatif; d'ou l'importance toue sp6ciale des
*discussions actuelles sur la future siratlgie du part. De
ces discussions depend en derniere analyse le contenu
du discuurs du tr6ne qui d6terminera la direction de la
politique anglaise non seulement pendant les douze mois
A venir, mais peut-6tre pendant les trols ou quatre pro-
chaines ann6es.
On ne peut comprendre autrement la violence des po-
l1miques qui opposent les diff6rents groups du parti
travaillisle au sujet de la siratlgie politique en general,
et meme d'une question aussi particulibre que la natio-
nalisation de l'indus'rie siderurgique. II s'agit la d'un
conflict que le parti dissinule peniblement, et pas tou-
jours avec succ6s, a I'opinion publique, el qui trouve
un echo jlsque dans le gouvernement. MM. Bevan et
Strachey ont pris position en faveur du transfer de
l'industrie sid6rurgique a la colleclivil6, non seulement
parce qu'en l'occurence ils augurent favorablement de
ce:te op6raiion, mais aussi parce qu'ils songent au pro-
b'ime de la puissance politique et qu'ils veulent accen-
tuer l'orientation vers la gauche. I s ont compris que
cette piece maitresse du programme de 1945 risque de
leur 6chapper s'ils ne r'ussisseni pas A imposer la so-
cialisation en ce moment meme.
Naturellement, les d6fensLurs des nationalisations
comp'ent sur les rebelles don't les effectifs vont crois-
sant au sein du group parlemeniaire. L'opposi!ion de
droite serail certainement heureuse de voir M Bevan se
placer A leur t&te, et d'ailleurs elle s'est deja livr6e
dans la press A des speculations sur ce point. En pareii
cas, le imouvement trav.ailliste serait en effet menace de
dislocation. Mais les rebelles, eux aussi, sont conscients
de cette menace. ls ne se considerent nullement
comme des frondeurs cherchant a abatire le gouverne-
ment actuel; el ils veulent encore moins provoquer dans
le parti une scission don't les consequences seraient ab-
solument desastreuses pour le travaillisme. Ils s'effor-
cent tout simplement d'exercer, come ils disent, une


< pression a) l'int6rieur du group parleanentaire et
du movement travailliste, et ils entendeni limiter leur
action a fournir des idWes e. de 1'Cnergie. Au fond ils
ne souhaitent meme pas la chute de M. Attlee, car ils
saveni qu'il serait necessairement rLmpl.ace par M. Be-
vin avec lequel its n'ont pas le dessus. De ce conflict des
forces et des in:.r6is, de ces intrigues politiques,
M. A.tlee semble sortir come le tertus gaudens. Le
group de gauche n'esl pas dispose a strvir sous les or-
d:es de M. Bevin, et MM. Morrison et Dalion n'ont pas
davan',age envie de voir leur puissant concurrent a la
tele *du gouvernement. Or, A l'heure actuelle, le parti
n'a guere de chances de trouver une autre personnalit6
capable -de succder a M. Attlee. ,

(Du correspondirit la Londres
de la Neue Ziircher Zeiting.)

b) LE PROBLAME COLONIAL (Gaze'te de Lausanne, 14/8).

< ...Ni les Rtsses, ni les Am6ricains, dans leur hosti-
lit6 de principle au fait colonial, ne semblent se con-
duire suivant les lumieres de la raison. Ils obhissent A
des pr6jug6s, A des doctrines et A des ideologies. Ils -ont
en commun la conviction que leurs ideologies respec-
iives sont ass:z vraies et fortes pour : du simple faith de
leur avonement, r6soudre tous les problemes. On pour-
rait remplacer les colonialismes expirants par, soit le
communism g6neralis6. soit l'ambricanisme, et le tour
serait jou6 et les difficulies supprimies.
Mais cel 6 at d'esprit, pour absurde et nefaste qu'il
puisse paraitre, est un fail avec lequel il faut compiler.
II a 6tl reconnu de longue date par les politiques avises
et informs de France et d'Angleterre. L'an:icolonia-
lisme du president Roosevelt a WtA a la base de mainles
difficulties A present bien connu'es entire lui et le g6enral
de Gaulle. Mais en m&me temps il a invi 6 les Frangais
A reviser leurs doctrines. Effort de pens6e qui s'est tra-
duit d'abord p.ar la conference de Brazzaville et ensuite
par l'Union frangaise.
En Angleterre aussi on observe que la politique colo-
niale a cess6 d'etre un dialogue entire la metropole et
ses territoires au delA des mers : les probl]mes colo-
niaux existent disormais bien moins en eux-memes que
par rapport A ce que les Etats-Unis peuvent approuver
ou blAmer. Ainsi s'explique la politique britannique de
repli imperial.
C'est dans des circonstances aussi delicates que la
France s'apprAte a renouveler le statut de 1'Alg6rie.
Tache n6cessaire sans doute, mais difficile et dange-
reuse. >


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009 Prix : 6 fr.




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