Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 13, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00164
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text


SaRVicES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
Dzs ARTS BT DES LETTERS)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANM AISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN



DE PRESS


13 aofit 1947


QUO]



ETR


- E


- No 742


SOMMAIRE


I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Les conversations tripartites sur l'Allemagne
(Times, 12/8).
b) Avant la 'deuxieme assemble g6narale de 1'O.N. U.
(Tin4es, 12/8).
c) La situation 6conomique .de la Grande-Bretagne
(Daily Hermad, 12/8).
II. PRESS AMERICAINE.
a) Le,s conversations tripartites sur l'Allemagne
(New York HIerald Tribune, 11/8).
b) Le problhme palestinien (New York Hezcald Tri-
bune, 12/8, edition europ6enne).
c) La situation politique en Finlande (New York
Herald Tri)blune, 12/8, edition europ6enne).
III. PRESS SOVIETIQUE.
a) La situation dconomique ile la Grande-Bretagne
(Pncada, 10/8).
b) La politique des prlts americains (Prauvda, 10/8).
IV. PRESS SUISSE.
a) La Constitution et la situation politique en
France (Jouirnal de: Genfve, 12/8).
b) Le group << Benelux > et la reconstruction de
1'Europe (Tribune de Geneve, 11/8).


I. PRESS BRITANNIQUE


I. PRESS BRITANNIQUE
Revue de la press britannique du 12 aodt 1947
La press s'int6resse avant tout ce matin an debat qui a
continue hier aux Communes sur le project de loi gouver-
nemental ainsi qu'h la reunion du group parlementaire du
parti travailliste. La plupart des journaux donnent 1'im-
pression que M. Attlee a df faire face a une vive opposition
an sein de son propre parti. 1j aurait cependant rdussi a
obtenir 1'ajournement de la nationalisation des acieries,
mais a une tres faible majority.
Plusieurs correspondents politiques font prkvoir un pro-


chain remaniement du cabinet. D'aprbs le correspondent
politique du Daily Mirror, l'expos6 de M. Bevin aurait ete
beaucoup micux accueilli quo ceux de M. Attlee et de
M. Morrisson. Sur le plan exteriaur, la question egyptienne
et l'incident de Fort-Trinquet sont les affaires qui tiennent
le plus de place ce matin dans la plupart des journaux.
1. Egypte
La plupart des journaux publient le compete rendu de la
stance au course de laquelle le Conseil de s6curite a repris
I'examen de la plainte egyptienne centre la Grande-Bretagne.
Ils analysent les exposes de Noskrachi Pacha et Sir
Alexander Cadogan sans d'ailleurs les commenter. Quelques
manchettes mettent en evidence la menace de guerre con-
tenuc dans celui du dedlgu6 egyptien.
2. Incident de Fort Trinquet
Toute la press mentionne cet incident qui a fait hier
1'objet d'une question pose par un depute, au secretaire
d'Etat aux Affaires etrang6res. Certain journaux publient
en premiere page, avec des photographies des principaux
intEress6s, des informations relatives A cet incident.
D'apr6s le Manchester Guardian, une explication suggedre
A Londres est que les emigrants out pu entrer sans Le savoir
en une zone militaire.
Un porte-parole du Foreign Office a declared qu'il y avait
cu u'n certain nombre de tentatives faites par les Anglais
pour traverser le Sahara, mais que la politique officielle
avait toujours ete de les en d6tourner sptcialement entire
avril et septembre of les conditions atmosph4riques sont
extremement d6favorables.
D'apres le correspondent du Daily Telegraph a Paris,
M. Moutet aurait demanded d'urgence an gouvernement ge-
ndral de I'A.O.F. un rapport sur 1'incident. On penserait
qu'il est di. au fait que les emigrants n'auraient pas observe
les rgl.ements en vigueur.
Certains journaux indiquent que les lettres envoyEes par
les emigrants A leurs families mettent en cause la respon-
sabilitd des autoritEs frangaises. Celles-ci auraient en effect
autoris6 le group A partir pour le sud aveo une escorted de
la Legion etrangbre.
Au contraire, le Daily Express met en Evidence la these
du minister des Colonies suivant laquelle les autorites
frangaises n'ont agi que pour empecher les emigrants d'aller
a une mort A peu pres certain.
3. Allemagne
Le correspondent du Times a Washington signaled qu'A la
veille des conversations anglo-americaines sur la Ruhr l'opi-
nion amEricaine est de plus en plus persuade que l'admi-
nistration britannique est responsible de la faible produc-
tion actuelle des mines de la Ruhr.
Le Daily Telegraph a Washington estime qu'il sera impos-


_ _I
__ _ __







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


sible de discuter uniquement de la question de production
charbonniure sans invoquer celle de la nationalisation et d1s
charges financires de I'occupation. II pense qv'on pourrait
finalement s'entendre sur le cempromis suivant : abandon
par les Anglais de leur plan de nationalisation, participation
des AmBricains au contr61e de la production, prise en charge
par les Etats-Unis de presque toutes les depenses en dollars
correspondent aux fournitures de denrues alimentaires, de
mati&res premieres et d'6quipement n6cessaires pour lever
ja production de 225.000 tonnes i) 350.000 tonnes par jour.
ri ajoute : a Du c6t' ambricain, la difficult sera de trouver
le moyen de modifier, sans en r6f4rer au Congr6s, l'accord
relatif au financement de la zone sur la base de 50 %. Du
c6t6 britannique, le probl6me serait d'apaiser les 1i6ments
de gauche qui considurent la nationalisation come une
panache et de miner le prestige des sociaux-d6mocrates alle-
mands qu'e Fon a encourage & espirer une nationalization )>.
Des indications analogues, mais beaucoup plus sommaires,
sont donntes par une d6puche Renter que reproduit le Daily
Mail.
Le correspondent du Times A Berlin donne quelques pre-
cisions sur les measures que les autorit&s anglaises et ami-
ricaines vont prendre pour divelopper les exportations de
leur zone.
De son c6td, le correspondent du Manchester Guardian a
Berlin signal que l'opinion allemande, a l'approche de
1'hiver, perd de plus en plus confiance dans les allies. Ce
correspondent signal particulirrement les critiques du jour-
nal Social Desmokrat contre la France et celles de ]a press,
de gauche contre 1'impirialisme dur dollar.
4. France
Quelques d6p&hes sont consacres h l'ievolution de la
situation politique. Le correspondent du Times A Paris
estime que attitude des M.R.P. au course de la stance d'hier
s'explique par le d6sir de tenir les communists i 1''cart du
gouvernement et voir l'oeuvre de M. Marshall se r6aliser
pleineament. Ces considerations, ajoute-t-il, sont aussi
celles qui expliquent le maintien de la coalition gouverne-
mentale actuelle. a
Le correspondent du Manchester Guardian Paris signal
lui aussi le vote de confiance donn6 par l'Assemblae au
gouvernement et 4tudie surtout 1'altitude de M. Ramadier et
celle de la Commission de 1'Intdrieur ia 1'gard du statut de
1'Alg6rie.
Le correspondent diplomatioue du Daily WVorker met en
evidence le vote de la FBderation socialist de la Seine qu'il
considered comme le signed avant-coureur des temp6tes qui sc
dicailneront an Congr6s du parti socialist.
5. La crise britannique et ses repercussions I l'dtranger
Le correspondent du Times h Washington pense que le
government americain demandera aux experts britanni-
ques des explications d6taillbes sur la facon don't la Grande-
Bretagne a utilis6 le pr&t americain parce que l'Adminis-
tration dolt prendre garden an mucontentement possible du
,Congrts.
M. Clayton aurait recommand6 au gouvernemeni ameri-
cain de faire de lui-meme au gouvernement britannique une
offre de revision de l'accord sur les cltarges de ]'occupation.
D'aprBs le correspondent du Daily Telegraph A Washing-
ton, M. Truman aurait convoqu6 bier le Secretaire d'Etat
et le Secr6taire A la Trsor'erie pour discuter avec eux 1'&vo-
lution de la crise britannique.
Des ers experts de la Trsorerie 'efforceraient vaineanent de
decouvrir dans les projects de M. Attlee les measures suscep-
tibles d'eviter 1'puisement des disponibilit6s en dollars ire
la Grande-Bretagne avant la fin de l'anne.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker fail
allusion lui aussi a-ux entretiens du President Truman avec
M. Marshall et M. Snyder et Bcrit que le, gouvernement ame-
ricain demandera aux experts britanniques un veritable
inventaire de banqueroute et particulierement des declara-
tions precise-s sur les disponibilits en or de la Grande-
Bretagne.
6. Rapport de M. T. Lie
Quelques journaux analysent brievement le rapport an-
nuel du Secretaire general de 1'O.N.U. don't le Manchester
Guardian souligne l'optimisme. Au contraire, le commenta-
teur diplomatique du Daily Telegraph estime que cc rapport


met surtout en evidence le conflict de principle qui a oppose
de plus en plus 1'U.R.S.S. et les puissances occidentales.
7. Palestine
Quelques d6p8ehes donnent des ITformations sur les der-
niers attentats de Palestine. Le correspondent du Times i
Jerusalem signal une recrudescence du terrorism arabe.
Le correspondent du Manchester Guardian h Vienne rend
compete des travaux de la commission d'enqu&te de 1'O.N.U.
sur l'immigration juive a travers 1'Autriche.
Le Times public un long article du correspondent a Jrit-
salem sur cc qu'il appelle. e Un mandate impraticable >.
8. N6gociations anglo-sovidtiques
Le correspondent diplomatique du Times 6crit que le gou-
vernement britannique insisted pour obtenir une rdponse du
gouvernement a son dernier message et notammdent pour que
les Russes compl6tent le versement qu'ils devaient faire le
31 juillet en vertu de l'accord de 1941..
'Ces indications sont donn6es dgalement par le correspon-
dant diplomatique du Manchester Guardian qui voit dans
l'attitude du gouvernement sovi6tique une manceuvre poli-
tique et par le correspondent diplomatique du Daily Herald
qui 6crit : ,, Pour la premiere fois depuis sa naissanee,
1'Union sovidtique a fait d6faut pour un paiement inter-
national. ,
9. Confirenice de Paris
Les correspondents du Times et du Manchester Guardian
a Paris consacrent de courts d6peches aux travaux de la
Conference. Le correspondent du Manchester Guardian es-
time que certain Etats ont fait nn tableau trop favorable
des progres 6conomiques qu'ils escomptent pour les cinq
annecs a venir et que le Comit6 de coordination devra
quelque peu temperer cct optimism en rddigeant le rapport
general.
10. Hongrie
Le correspondent diplomatique du Daily Telegraph signal
la signature d'un accord commercial entire la Grande-Bre-
tagne et la Hongrie. I1 analyse dYautre part la protestation
qui vient d'8tre adressde par le repr6sentant britannique au
gouvernement de Budapest au sujet des concessions accor-
dues par le gouvernement h quatre sociBt6s russo-hongroises.

*,) LES CONVERSATIONS TRIPARTITES SUB L'ALLEMAGNE
(Timres, 12/8) :
...Les discussions sur la production 'de carbon de
la Ruhr ont 6t6 rendues urgentes et essentielles par ce
meme courant fatal de forces 6conomiques qui a en-
trav6 toute la reprise 6conomique de l'Europe occiden-
tale. Peu de facteurs ont une plus grande repercussion
que l'augmentation de la production .de carbon de la
Ruhr. Bien que la mission conduite par Sir William
Strang n'ait pas le man'dat de discuter d'autre those,
les conversations avec les experts amdricains seront de
premiere importance...
Si I'on veut maintenir et augmenter la production de
carbon au course de l'hiver prochain, il n'y a plus de
temps A perdre pour decider de 1'Ptendue de 1'ai'de A
apporter immudiatement en matiere de ravitaillement,
de materiaux de construction et autres chose essen-
tielles sans lesquelles les industries de la Ruhr ne peu-
vent travailler de fagon satisfaisante. Cette aide doit
venir des Etats-Unis et l'objet de la mission britannique
est de s'assurer que les Am6ricains sur qui retombera
le poids des responsabili:tes sont tout a fait au cdurant
de la situation.
Les questions techniques posies par l'augmentation
de la production de carbon ne constituent que le pre-
mier et le plus urgent des divers probl6mes adminis-
tratifs a propos 'desquels on ne peut plus ajourner les
decisions. Quel sera le niveau de l'industrie allemande?
L'impulsion donnee A la reprise 4conomique de 1'Alle-
magne, les depenses que les puissances occupants de-
vront par consequent engager pour aider P'Alemagne
et, surlout, la contribution que l'Allemagne devra ap-








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 3


porter au programme Blabore en ce moment a Paris
dependent surtout de la r6ponse qui sera 'donn6e a
cette question. Aux yeux des gouvernement britannique
et am6ricain, le reglement de la question a'jemande
ne peut 8tre plus longtemps s6pari du rel6vement 6co-
nomique de 1'Europe occidentale, lN lui-meme au plan
Marshall...
Alors que la r6partition des charges financibres dans
la zone fusionn6e anglo-americaine est une question
d'accord bilateral, il est reconnu maintenant que le
probl6me du niveau de l'industrie dolt Atre r6solu avec
le concouis de la France... Le gouvernement britanni-
que a toujours maintenu que la France 'devrait Atre
consulted, estimant que la participation francaise A, de
tels entretiens faisait parties des obligations entrain6es
par le traits de Dunkerque, autant que par l'&vidente
n6cessit6 de r6aliser la fusion de la zone franaaise avec
la zone anglo-americaine, ainsi que par la cooperation
francaise au plan Marshall...
On ne peut douter que l'incorporation graduelle de
la Ruhr dans le programme 'de rel&vement cobnomique
qui.se base sur l'offre de M. Marshall 6loignera pour
les Russes tout dspoir d'obtenir des reparations prlle-
v6es sur la production courante. Dans ce cas, en no-
vembre, les plus grands efforts tents pour parvenir
A un compromise pourraient bien Achouer. On doit en-
visager le cas oft la pr6sente division de fact de l'Ai-
lemagne pourrait bien devenir d6finitivi alors, sous ]a
pression des 6v6nements. >

b) AVANT LA DEUXIfME ASSEMBLE GENERAL DE L'O.N.U.
(Times, 12/8)
< Dans son second rapport sur l'oeuvre des Nations
Unies, le secr6taire general, M. Trygve Lie, nous mon-
tre que les r6alisations sont importantes en depit de
nombreux dchecs. La preuve qu'il existed un d6sir mon-
dial d'arriver A des reglements au moyen de discussions
internationals est indiscutablement encourageante...
A la veille de sa second session, 1'Assembl6e g6ne-
rale peut justement revendiquer que 1'O.N.U. a fait de
gran'ds progrbs pour s'lmposer vraiment comme un me-
canisme international capable de r6soudre les probl6-
mes mondiaux politiques, 6conomiques et sociaux...
Mais cet organisme en lui-mAme n'est pas suffisant;
sans une entente international, le m6canisme ne pourra
pas fonctionner. Rien n'a montr6 plus clairement la.
necessity d'une cooperation active entire les grande
puissances et de leur influence bienveillante sur leurs
partenaires moins important, que la tentative faite par
le Conseil de security pour enqueter sur la situation aux
frontibres de la GrAce et formuler des recommanda-
tions 6nergiques.
I1 ne serait pas just de blamer les Nations Unies
parce que leur travail a Wte si souvent fauss6 par les
grandes divisions qui s6parent les puissances. Leur
travail sera toujours imparfait tant que ces 'divisions
persisteront, et il ne suffira pas en lui-meme A y mettre
fin. Deux annees d'expArience ont caus6 beaucoup de
decouragement et fait naitre beaucoup d'inqui6tu'de
sur le travail politique de l'Organisation, et les progres
futurs vers une plus grande cooperation seront cer-
tainement lents; mais la plupart des membres sont rA-
solus A travailler en sa faveur et A en faire l'expres-
sion de la volont6 collective. >

C) LA SITUATION fCONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE
(Daily Herald, 12/8, travailliste) :

< En adoptant, hier, de nouvelles dispositions klu
Bill sur les pouvoirs exceptionnels, le Parlement a con-
tribuA A nous organiser pour combattre victorieusement


]a crise du dollar au course des prochaines semaines.
Rien de ce que M. Churchill et ses colleagues 'ont dit
ne convaincra le pays que ce Bill est superflu, et en-
core moins qu'il dissimule d'obscures machinations
centre la Constitution.
Avec ses pouvoirs clairement d6finis et avec les -re-
ductions d'importations et 'd'autres d6penses en devises
6trang6res annonc6es il y a une semaine, le gouverne-
ment devrait pouvoir prendre maintenant toutes les me-
sures exigdes par les circonstances. In6vitablement.
Ioute une s6rie de measures administrative devra suivre
les decisions prises; et quand celles-ci seront annon-
c6es en detail, les critiques seront sans doute moins
enclins A qualifier d'inad.quates les reductions appor-
t6es jusqu'a present.
N'imaginons pas cependant que les difficulties &cono-
miques qui p6sent si durement sur notre pays pourront
6tre surmont6es par le gouvernement britannique seul.
La cooperation 6nergique de tout le people britannique
est 6videmment essentielle.
On ne trouvera pas davantage le remade A nos maux
dans le cadre du seul Royaume-Uni. La p6nurie de dol-
lars, qui a 6t6 la cause immediate de la crise, est au
moins aussi 6tendue en Europe; et, par consequent,
M. Marshall a raison de faire son offre de credit en
dollars sur une base europ6enne, offre qui a conduit
A l'actuelle Conference .de Paris...
Si I'on veut trouver une solution aux 'difflculles ac-
tuelles, il faut se rendre compete que cet effort commun
de 1'Europe est aussi n6cessaire pour appuyer les me-
sures que nous avons prises nous-memes, que Pest
]'6nergie du people entier pour renforcer la decision
du gouvernement. Ce sont des efforts communs et intel-
ligents qui permettront de reporter la victoire dans
la lutte 6conomique actuelle. p


II. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amdricaine di 10 et di 11 aoflt
La press dominicale et celle de lundi consacrent la plu-
part de leurs articles aux sujets .de politique int6rieure com-
me l'affaire Hughes, on aux exploits sportifs, comme le tour
du monde en 73 heu.es, par le pilote americain Odom. Trois
faits de politique extdrieure y sont surtout ddveloppds : la
publication des notes americaines concernant 1'Allemagne,
le discours A la radio de M. Attlee et les rapports russo-
am6ricains.
1. Les questions allemandes
L'acceptation par le gouvernement am6ricain tde conver-
sations a trois, au sujet du niveau de la production indus-
trie"c de 1'Allemagne, est annoncde sous de gro.s titres, in-
diquant gentralement que les Etats-Unis invitent la France
A cette conference oi elle pourra fire part de ses vues sur
I'Allemagne. Dans ces articles, les correspondents de Was-
hington donnent le texte du communique remis par le D&-
partement d'Etat, don't ils soulignent certain passages. Pour
les uns, les notes du Secrdtariat d'Etat visent A calmer les
inquietudes frangaises et A preparer la voie A un accord'
h trois sur les niveaux de production industrielle alle-
mnande. La plupart d'entre eux notent que la decision finale
sera prise par les gouvernements amdricains *et anglais, mais
estiment que les conversations tripartites permettront des
changes de vues avec les Frangaig de nature A faciliter un
accord a trois.
:Jne *depc'he de Paris au New York Times signal la sa-
tisfaction produite par 1'envoi de ces messages americains.
Elle relive le fait qu'elle est d'autant plus grande que le
Secr6taire d'Etat donna la publication des notes adressees A
Paris.
Le New York Times, le New York Herald Tribune (voir
article e plus loin) et le Baltimore Sun consacrent chacun







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS 1TRANGARE


un Editorial & cette decision americaine qu'ils accueillent
avec plaisir parce qu'elle reprdsente, A leurs yeux, toute l'im-
portance que le gouvernement am.ricain entend rdserver a la
France dans la preparation des plans Bconomiques de 1'Eu-
rope. Ils se montrent satisfaits des assurances donnees a
la Fraice d'autant plus qu'elles leur paraissent devoir dli-
miner un sujet qui risquait d'aliimenter la propaganda com-
muniste en France.
Le New York Times ecrit notamment qu'il est essential que
les puissances occupants tombent d'accord sur la fagon de
diriger l'4eonomie allemande et dterminent en quoi celle-ci
doit contribuer au redressement europeen. Ce journal estime
que puisque la Russie non seulement empecha l'unification
allemande, ma'is qu'elle renvoya 6galement sans y r6pondre
le questionnaire, adress6 par Paris, au sujet de sa zone d'oc-
cupation en Allemagne, il apipartient aux Etats-Unis, A 'An-
gleterre, A la France de faire de leur mieux dans leur zone
respective. Le New York Times cite deux obstacles au re-
dressement allemand : les projects anglais de socialisation,
qui ne peuvent, dit-il, que retarder la production et attitude
de la France qui s'opposa jusqu'A present au redreisement
Aconomique du Reich, pour des raisons de security .
Le Baltimore Sun ecrit que la proposition amiric;aine est
< la plus rassurante de toutes D et qu'elle garantit a la
France que son point de vue sera pris en consideration, mnais
ce journal ajoute : < Les vues franchises n'auront pas ce-
pendant pouvoir de veto... Nous devons faire face aux be-
soins Aconomiques, mais nous essaierons aussi dc tenir
compete des craintes francaises... On pent se iendre compete
facilement des implications des notes Marshall en France,
memc une France don't la cooperation est vraiment neces-
saire au succes de ia politique Marshall en Europe. Les obs-
tacles a sa collaboration ne sont pas seulement les craintes
imm,'imoriables des Frangais, mais aussi l'influence des com-
munistes. Les communists Iperdront un de leurs arguments :
que les Etats-Unis cherchent dans un but .goiste A recons-
tituer une nouvelle menace pour ]a France a.
Dans un article co.nsacr6 A l'expose des relations existant
entire le plan .conomique europ6en et le traitement de I'AI-
lemagne, Callender rappelle .dans le New York Times, que
ce qui choqua les Frangais fut le chiffre de 10 millions
de tonnes pour la production d'acier allemand, que les com-
mandants militaires britannique et amiricain fixsrenit dans
leur rponse au questionnaire des Seize.
Bien que les Frangais ne l'admettent pas encore, on
prddit qu'ils accepteront l'accroissement de lerr production
d'acier dans la Ruhr et le point de vue des Britanniques et
Am6ricains, qu'ils ont le droit de fixer cette production sans
consulter 1'Union. Sovietique a.

2. Crtise an'laise
Devant 1'urgence d'une aide financiire A l'Anglcterre avant
qu'elle ne soif en measure de hbenficier du plan Marshall,
les journalists des organs financiers de New-York come
le Wall Street Journal et Je Journal Of Comirnerce, se de-
mandent sous quelle forme 1'Amirique pourrait contribuer
au enforcement des devses anglaises. Ils envisageni i'aide
du londs mon6taire international et .de la banque interna-
tionale, mais ils ne sont pas sitrs que le gouvernemcnt bri-
tannique acccptera de payer 1'int6rdt de 4,25 % pour des
sommes que ces deux institutions internationals pourraient
accorder A 1'Angleterre.
Les correspondents politiques de Washington annoncent
que de nrombreux pourparlers internationaux s'ouvriront cet-
te semsaine a Washington et a New-York et posent A nouveau
]a question de savoir si le CongrAs doit etre rappelk en ses-
sion special cet automne. La plupart d'entre eux ne croient
pas qu'il soit politiquement possible de faire revenir les
reprdsentants et les senateurs avant janvier.
3. Les relations entire leS Etats-Unis et I'U.R.S.S
Un important article de Mark Ethridge, anembre am6ri-
cain du 'Conseil ,d'eniquete en (Grece, reproduit dans la press
de dimanche, est consacr6 A la strat6gie sovidtique dans les
Balkans. I1 demontre en particulier qu'elle vise a ddtacher
la Macddoine de la Grece et A tenter d'obtenir pour les re-
belles grecs. un statut de bellig6rants, que faciliterait la for-
mation id'un government de rebelles dans les Nord de la
Gr6ce.


La press reproduit 6galement la declaration de M. Hoover
ah 1'occasion de ses 73 ans, indiquant que la situation mon-
diale est meilleure aujourd;'ui qu'il y a un an, malgr le
refus de la Russie de coopdrer avec les nations occidentales.
II prco.nise la paix immediate avec le Japon c que la Rus-
sie le veuille o non > et < si la Russie ne coopere pas lors
de la prochaine reunion des ministres des Affaires 4tran-
geres en novembre, pour amener la paix en Europe, alors
les Etats-Unis devraient mettre come condition A notre
aide a 1'Europe occidental, que celle-ci se joigne A nous
pour former un gouveTnement dans les trois zones occi-
dentales de 'Allemagne et A faire la paix avec elle ,.
4. Nouvelles de France
Les dcpdehes ,d'agence venues de Paris citent des extraits
des discours de MM. Ramadlier et de Gaulle. Elles notent que
tous deux proclam6rent leur opposition an communism mais
la dIpeche A. P. ajoute que IM. Ramadier c donna l'impres-
sion A ses auditeurs qu'il attaqua le IR.P.F. et de Gaulle >.
D'ailleurs, les correspondents de Paris signalent que le gou-
vernement reussit A remettre le debat sur le nouveau statute
de 1'AlgIrie qui menagait d'entrainer la deanission des mi-
nistres radicaux-socialistes. Gette information est reprodiuite
sous des titres indiquaint que M. Ramadier a dvit6 la crise
A propos de 1'Algerie.
:Une d.ppche de Daniel, ddu Caire au New York Times re-
produit les declarations di'Abd el Krim, notamment celle-
ci : << La force est le seul moyen de gagner notre indpen-
dance >. Le chef riffain ajouta que la France ne fit rien
pour se lib6rer, que scules les troupes coloniales se battirent,
et que cependant la France retrouva son Empire colonial.
Selon Daniel, il chercherait A former des comitds de lib6ra-
tion pour les territoires nord-africains places ,sous les auto-
rites francaises et espagnoles.

a) LES CONVERSATIONS TRIPARTITES SUR L'ALLEMAGNE
(New York Heaiad Tribmue, 11/8) :
e Les Frangais n'ont pas kt6 invites A participer A
la Conference de Potsdam en 1945. L'essai ainsi tentA
par les Americains, les Anglais et les Russes pour fixer
I'avenir de l'Allemagne sans donner l'occasion aux
Frangais 'de d6fendre leurs intr&its, a eu des conse-
quences malheureuses, mais en raison des conditions
qui existaient alors, cette tentative n'Atait pas totale-
ment illogique. Deux ans plus tard, A un moment oi
le monde est profondement divis6, une tentative anglo-
amBricaine pour decider de 1'avenir de 1'Allemagne oc-
cidentale sans s'inqui6ter de la France seraif inimagi-
nable. La note par laquelle le Secr6taire d'Etat Marshall
declaree qu'il est d'accord pour voir s'ouvrir une con-
f6rence anglo-americano-francaise sur le niveau de 'in-
dustrie allemande et sur l'utilisation definitive des
mines de la Ruhr, ne fait que reconnaltre le fait Avi-
dent qu'une solution occidentale doit Atre vraiment tell
et tenir compete de tous les interets principaux qui sont
en jeu. La solution ne peut Afre imposAe 'de Washington
implement, on de Washington avec l'accord de Lon-
dres. Elle dolt etre agr66e de tous, car toute solution
demandera la contribution de tous si lon veut qu'elle
ait une chance quelconque d'etre viable.
II ne sera pas ais6 de se mettre d'accord sur une
politique occi'dentale pour 1'Allemagne, car les buts des
puissances occidentales sont contradictoires... Les con-
versations tripartites sur l'Allemagne qui sont projet6es
montrent bien que les Etats-Unis commencent A se ren-
dre compete de 1'Atendue et de la complexity rCelles de
la crise avec laquelle ils doivent maintenant letter. II
rest a prouver maintenant qu'ils out la sagesse et les
moyens necessaires pour agir rapidement. ,

b) LE ,PROBLAME PALESTINIEN (New York Herald Tri-
bune, 12/8, edit. europ.) :
< Le meurtre perp6tr6 par les terrorists de 1'Irgoun
contre deux sergents britanniques qu'ils 'd6tenaient







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGORE f


comme otages a cause un tort immense au sionisme. 11
a rempli de col6re une foule d'anciens sympathisants.
C'est lA un acte aussi eceurant que les massacres d'ota-
ges d6cid6s par Hitler pendant la guerre. On ne peut
taxer 1'Agence Juive d'exageration lorsqu'elle avertit les
-dirigeants de la communaut6 juive de Palestine que la
suppression du terrorism est une n6cessite national
inexorable...
L'administration militaire britannique 'de Palestine
est completement ferue d'antisemitisme. Les forces
d'occupation britanniques, qui s'.6lvent a 100.000 hom-
mes, ont, pense-t-on, Mt6 envoyees en Palestine pour
maintenir la paix entire les Juifs et les Arabes. Elles
sont lI-bas en tant qu'agents d'une puissance manda-
taire qui a l'obligation d'assurer la security des popu-
lations qui lui ont Wt6 temporairement -confi6es. Mais la
verite, c'est que la grande majority des Juifs de Pales-
tine, qui sont totalement innocents des acLes de terro-
risme commis par u'fie poign6e de fanaliques et qui
essalent 'd'empecher la rep6tition de tels actes, sont non
seulement prives de tout ce qui resemble A P'exercice
de leurs droits 16gitimes, mais encore sont traits
comme des hors-la-loi par ces memes, autorit6s qui
sont supposes les d6fendre.
L'affaire Rubowitz est un example frappant des con-
ditions qui existent actuellement... Quand on sait que
les autorites chargees de la protection des habitants de
Palestine se rendent coupables 'de telles atrocities, et
quand on'apprend comment on .a travesti la justice en
ce qui concern les foncionnaires responsables, on com-
prend plus facilement pourquoi des actes de repr6sail-
les comme le meurtre des sergents britanniques ont it6
perp6tr6s.
Si les Nations Unies permettent la continuation de ce
cercle vicieux en Palestine, une catastrophe important
sera inevitable. I1 y a quelques j4urs encore, on pouvait
assister dans les rues de la ville juive de Tel Aviv a ce
.qui n'6tait ni plus ni moins qu'un pogrom, lorsque les
soldats britanniques o'uvrirent le feu d6libhr6ment sur
des hommes et des femmes sans armes pour venger le
meurtre des deux sergents. Les passions humaines
s'exasperent au point qu'il ne sera bientot plus possible
de les contr6ler.
Mais ces dangers, si graves soient-ils, ne constituent
aucunement les plus sBrieuses des consequences que l'on
peut attendre. Des 6meutes anti-juives se development
d6ja rapidement sur tout le territoire des iles britanni-
ques. Les demonstrations juives centre la Grande-Bre-
tagne sont de plus en plus nombreuses aux Etats-Unis.
Si l'on ne met pas fin rapidement A la trag6die pales-
tinienne, la haine qui monte d6veloppera une mauvaise
tendance a l'anti-s6mitisme dans plusieurs pays qui se
sont enorgueillis j'usqu'A present de rester A 1'cart de
tous les antagonismes raciaux.
Au course de sa session du mois prochain, l'Assembl6e
de I'O.N.U. recevra le rapport de la commission qu'elle
a envoy6e en Palestine. II faut esp6rer que I'action en-
treprise par l'Assemblee au regu de ce rapport entral-
nera 1'adoption d'une solution just et definitive.
Quelle que soit la fr6quence avec laquelle M. Bevin
nie une verit6 qui s'impose d'elle-mgme, les maux r6-
sultant des conditions actuelles en Palestine constituent
ine menace pour la paix du monde. Is entralnent des
frictions internationales et la mauvaise volonte. Ils
ruinent une .cooperation amicale entire les puissances
occidentales. Ni l'Assembl6e ni le Conseil de SBcuritW
ne peuvent se permettre d'ignorer qu'il.s ne rempliront
pas les obligations qui leur incumbent aux terms des
articles 11 et 39 de la Charte Ides Nations Unies, A
moins qu'on ne trouve rapidement un moyen quelcon-


que de mettre fin au mandate britannique et de rempla'
cer les effectifs britanniques actuellement stationn'es en
Palestine par un organisme quelconque vraim-ent impar-
tial et qui d6fende .a paix.
(SUMMER WELLES.)

c) LA SITUATION POLITIQUE EN FINLANDE *(New-York
Herald Tribune, 12/8, 6d. europ.)
< ...Sans aucun doute, les Soviets ont fait preuve d'ha-
bilet6 en n'essayant pas d'imposer le totalitarisme en '
Finlande. En permettant aux Finnois, fiers -et ind6pen-
dants, de g6rer leurs affairs int6rieures et de jouir de
leurs libert6s traditionnelles, la Russie a d6ja faith dis-
paraitre une parties de la haine et de la m6flance que
gardait la Finlande a 1'6gard de son voisin oriental
depuis Ploppression des Tsars.
Les Russes, bien sir, s'assurent que la Finlande ne
servira jamais plus de base pour des operations mili-
taires dirig6es centre I'Union Sovi6tique... Bien plus,
les Soviets prennent bien soin de ne pas laisser la Fin-
lande entrer dans aucune coalition qu'ils considfrent
come hostile A 1'Union Sovietique, telle que la Conf-
rence de Paris sur le Plan Marshall... Mais la commis-
sion de contr6le sovietique s'abstient soigneusement de
se meler des affaires int6rieures du pays.
Tous ies dirigeants senses, quelle que soit leur opi-
nion politique, sont r6solus A ne rien fair qui puisse.
irriter les Russes A 1'heure actuelle. Les Finnois qui
se sentent le besoin de lire ou de r6peter les railleries
anti-sovi6tiques peuvent toujours faire appel aux pmrio-
diques am6ricains, -dont la circulation en Finlande est
restreinte uniquement A cause 'du manque de dollars.
Mais on peut trouver ses revenues a 1a bilioth6que de la
legation am6ricaine, et les revues britanniques, tout
comme les editions en Subdois ou en Finnois du
q Readers Digest >> abondent dans les kiosques.
Un nombre croissant de Finnois commence cepen-
dant a se rendre compete qu'A partir de maintenant il
vaudrait mieux prendre l'habitude de vivre en bons
terms avec la Russie sovi6tique. En tant que citoyens
d'un pays vaincu, il y a beaucoup 'de choses don't ils
doivent s'estimer heureux, et il .semble bien qu'ils jouis-
sent d'une plus grande liberty que si leurs anciens allies
nazis avaient gagn6 la guerre. Bien entendu, ils ne peu-
vent plus se permettre le luxe d'attaquer leur grand voi-
sin sovi6tique. Mais la plupart des Finn:ois pensent que
ce n'est pas la un trop grand sacrifice, ni un prix trop
61ev6 pour acheter I.a liberty. >
(WILLIAM ATTWOOD)


III. PRESS SOVIETIQUE


Revue de la press soviftrque du 11 aoaf 1947
Les nouvelles et commentaires des journaux de dimanche
et de la' Pravda de lundi se groupent autour de trois ques-
tions essentielles : politiquc anglaise, politique des U.S.A.,
lutte pour la democratic.

1. La politique de l'Angleterre
Elle est 6tudide principalement en function des dhbats
Pt des discussions A la Chambre des Communes et dans ses
r-apports avec 1'aide amiricaine. Les principles depeches
concernent, outre les ddbats A la Chambre des Communes,
la lettre des 19 travaillistes membres du Parlement A pro-
pos de la politique de M. Attlee, les critiques de la press
anglaise (Economist, News Statesman and Nation), celles de
la pressed amiricaine (New York Times, P. M, New York He-







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGARE


radl Tribune), l'incident Gallager, leta dimninutions des ra-
tions, les plans de 1'Angleterre pour assurer un contr6le
sur l'armne indienne.
La chronique international de la Pravda est consacrde
a une longule. note de Vitorov sui l'amitiM franco-ambricaine

2. La politique des U.S.A.
On relive trois nouvelles en vedette, reproduisant te texte
de la note que le Departement d'Etat a fait remettre au
GCouvernement franvais, les resolutions prises par la Conf6-
rence des miners de la Ruhr, des informations sur les
recherches du pdtrole entreprises par les Amiricains dans
ia vallee du P6.
Parmi les nouvelles moins importantes, il convient de
"clever la proposition du gdenral Weuemeyer de nationali-
sRtion de l'or en Chine, l'aide americaine au Kuomintang,
las menaces que fait courir h 1'conomie turque l'invasion
des products americains, la demand d'emprunt canadien
aux U.S.A.

3. La lutie pour la ddmocratie
De nombreux t8fegrammes ont trait h la guerre en Indo-
nesie. (Poursuite des operations, compete rendu du discours
de' Siharis A New-York.) D'autrcs se rapportent h la ques-
tion grecque (remise par M. Maximos A l'ambassadour des
U.S.A. d'un memorandum du Gouvernement grec, -- pro-
vocations A la fronti6re albanaise, compete rendu de la
conference de press d'un reprisentant des services juridl-
ques sovidtiques en Allemagne sur les exactions d'un ha-
taillon de police hitlerienne. indulgence de 1'Angleterrp
contre des auteurs de manifestations en Allemagne, -- suite
du procs de Petchkov).

4. Nouvelles daverses
Deux textes sont publiCs en vedette sur le probl6me de;
personnel ddplacies : declarations du general Koloubiev sur
le. rapatriement des Italiens prisonniers en U.R.S.S., -- note
polonaise au Conseil de cbntrl1e sur le d6placement d'Alle-
mands des territoires polonais de l'Ouest vers ]a zone an-
glaise d'occupation de l'Allemagnc.

a) LA SITUATION ICONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE.
(Piraudla 10/8) :
< Il n'est pas indispensable de citer tous les chiffres
communiques par M. Attlee aux Communes ; la crise
economicque anglaise est assez visible par elle-m6me.
L'emprunt .am6ricain A la Grande-Bretagne n'a nol seu-
lement pas amelior6 la penible situation 6conomnique
de .ce pays, nmalis s'est av6r6 une corde .anu cou >> de
l'6conomie national britannique, qui se resserre .au fur
et A measure que les conditions d6saslreuses de 1'em-
prunt sont appliqu6es...
II n'est guere difficile de constater que le cr6ancier
amuricain a tout fait pour placer son d6biteur sous son
entire d6pendance, pour transformer l'emprunt en un
instrument 'de pression 6conomique et meme politique.
Aussi, les pays de '.Europe qui competent encore rece-
voir des prits am6ricains, en vertu du fameux plan
Marshall, peuvent se convaincre 61oquemmeni par
l'exemple de la Grande-Bretagne du prix exhorbitant que
cofite 1' < aide > am6ricaine...
La press amilricaine declare que < la Grande-Bre-
tagne met sciemment en relief ses difficulties pour obte-
nir des Etats-Unis un nouvel emprunt A titre de com-
pensation pour les concessions faites dans la Ruhr >>.
Ainsi, les premiers 6chos americains du discours pro-
nonc& par M. Attlee prouvent que si celui-ci avait pour
but d'adoucir les sentiments am6ricans, ce but n'a guere
te6 atteint.
Cc discours a eu un tout autre r6sultat, r6sultat que
les leaders de la politique britannique ne recherchaient
certainement pas : le revers de la m6daille quest 1' < a-


miti6 > anglo-americaine est clairement apparn an
monde entier. >
(VIKTOROV)

b) LA POLITIQUE DES PRETS AMARICAINS (Pilavda, 10/8) :
< On savait jusqu'A present que dans la politique
amiricaine les prets sont consid6rBs -comme un moyen
de pression sur la politique int6rieure des pays aux-
quels ils sont destin6s. I1 ne faut pas aller bien loin
pour trouver des examples. II sufflt de rappeler les
pourparlers entire Leon Blum et les autorites amdricai-
nes A Washington, lorsque les dirigeants de la poli-
tique ambricaine dellarerent franchement qu'ils 6taient
pr6ts A utiliser le facteur emprunt pour faire pression
sur les elections francaies. On se souvient 6galement
du d6veloppement de la crise gouvernementale italienne
due i la m6me raison.
Actuellement, la politique americaine va encore plus
loin dans ses visfes : elle tente d'utiliser les emprunts
dans des buts d'expansion illimitde. Les conversations
des commandants, des troupes am6ricaines en Europe,
tenues r6cemment A Livoeurne, illustrent cette nouvelle
tendance. Les r6suitats de la conference furent que Ie
commandement .ambricain en Italie annonca aux milieux
gouvernementaux italiens que les Etats-Unis mettraient
A la disposition de l'Italie de nouveaux credits impor-
tants A la condition que le port de Livourne soit mis
A la disposition de la marine de guerre amiuicaine en
tant que base militaire et navale... Cette nouvelle tac-
tique a tendance a se r6pandre. La press announce des
pourparlers officieux an, sujet du port francais de Bi-
zerte, qui serait ced6 aux Am6ricains. On affirme que
les representants frangais auraient Rt6 informs que la
question de nouveaux credits am6ricains Udipend dans
une large measure de I'accueil fait A la revendication
am6ricaine sur le port 'de Bizerte. >
(VIKTOROV)


IV. PRESS SUISSE


a) LA CONSTITUTION ET LA SITUATION POLITIQUE EN
FRANCE (Le Jozlnij' de Genbve, 12/8) :
< On a dit beaucoup de mal de la III RBpublique.
Bien des critiques don't el'e a. 6t6 l'objet sont sans aucun
doute fond6es. Mais, dans 1'ensemble, la condemnation
sommaire qui a 6tt port6e contre elle est certainement
injuste...
On perd de vue l'euvre remarquable qu'elle a accom-
plie, aussi bien A l'ext6rieur et dans les colonies qu'A
I'interieur. Le spectacle qu'offre aujourd'hui la IV"
R6publique amene, d6s maintena'nt, bien des gens f re-
viser un jugement precipit6 et sommaire qui s'appli-
quait A tout le regime d6funt et don't ils apercoivent
naintenant le caract6re excessif.
Malheureusement 1'erreur ainsi commise n'a pas 6t6
sans consequences, puisqu'il en est r6sult6 le vote d'une
Constitution don't six mois d'application ont suffi pour
faire ressortir les dafauts fondamentaux...
On a done eu ce regime d'Assembl6e qui, au bout de
six mois de fonctionnement, a justifl6 toutes les criti-
ques don'tt il avait Rt6 t l'avance l'objet. C'est un regime
dans lequel le gouvernement n'est, en some, au'une
commission executive de 1'Assembl6e, oft la r6alit du
pouvoir appartient aux comit6s des parties et oft le rl1e
du gouvernement consiste surtout a manoeuvrer entire
ceux-ci. A cette manceuvre, M. Ramadier est sp6ciale-
ment expert et c'est ce qui lui permet de surnager A







BtLLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE 7


travers des remous qui feraient chavirer un autre nau-
tonier. Mais cette situation 1ui interdit les grandse vues
d'ensemble et ne lui donne qu'une autorit6 insuffisante
quand il est aux prises avec des difflcult6s exception-
nelles, comme cela a Wte le cas au course des grandes
agitations sociales exploit6es par les communists.
Il n'est done pas surprenant que la session de l'As-
sembl6e national s'acheve dans la plus grande conflu-
sion....
Quant A existence du president du Conseil, elle est
litteralement celle d'un format.
II est permis de- se demander si le r6le d'un chef de
gouvernement est de se laisser pousser par les .6vne-
ments. Malheureusement, il est certain que, dans l'6tat
present des choses, c'est bien A ce r6le qu'il est con-
damn6.
L'Activit6 fievreuse de 1'Assembl6e national a un
caractere extraordinairement d6sordonn6. Les discus-
sions les plus diverse s'e'nchev6trent A tel point qu'il
est A pen pres impossible aux journaux d'en rendre
compete 'd'une fagon comprehensible.
Avec la meilleure volonte du monde, aucun home
ne peut, dans ces conditions, suivre intelligemment les
d6bats de l'Assembl6e national et s'y interesser Ceux
du,Conseil de la Republique, qui ont parfois plus de
tenue, ne retiennent pas plus attention. parce qu'on
salt que ce succdan.6 du SBnat n'a aucun pouvoir et
que jamais il n'a Wte tenu le moindre compete .d'auc'une
de ses suggestions. En fait, on peut le dire, il n'y a
qu'une Assembl6e, celle qui si6ge au Luxembourg n'a-
yant qu'un r6le de parade.
Ainsi, six mois apres sa mise en vigueur, la Cons-
titution parait bien avoir donn6 les r6sultats qu'annon-
caient ceux qui l'ont critiquee au moment oh elle fut
presentee au people. Je ne crois pas que le tableau qui
a Wte bross6 ci-dessus soit peint avec des couleurs trop
sombres. Il me parait certain que si l'on veut sauver
la IV" Republique du discredit qui la menace, une revi-
sion aussi prompted que possible s'impose et je ne se-
rais pas surprise que certain hauts personnages da. re-
gime partagent cette opinion, qu'ils ne peuvent ou n'o-
sent pas exprimer pour des raisons de parti. Ce qui est
un peu surprenant, c'est qu'il ne se trouve pas plus de
journaux pour 6n.oncer une v6rit6 aussi &vidente. Pro-


bablement ont-ils peur d'etre accuses d'anti-democratie
s'ils parlaient librement et nettement, alors que leur
silence fait le jeu des pires ennemis -de la vraie d6mo-
cratie. Ils laissent au R.P.F. du g6enral de Gaulle le m6-
rite de dire tout haut ce qu'ils pensent en r6alit6. Le
R.P.F. tire certainement une grande force de la position
parfaitement ,claire qu'il prend A ce sujet comme au
sujet du communism.
(du correspondent A Paris du Journal de Genive).

b) LE GROUP < BENELUX > ET LA RECONSTRUCTION DE
L'EUROPE (La Tribume de Genbve, 11/8) :
<< ...Si, comme on l'espere A Bruxelles, a La Haye et
A Luxembourg, l'Union 6conomique des trois pays sc
r6alise, cette communautB de pres de vingt millions
d'etres humans sera sans contest un groupement d'une
tr6s grande puissance qui liera en un mmme faisceau
de forces concordantes 1'industrie et agriculture belges
A la banque, A l'agriculture et ai commerce neerlandais,
et disposera de c6tes don't les ports s'appellent Anvers,
Gand, Rotterdam et Amsterdam. Il ne faut pas oublier
qu'en 1938, ces quatre ports totalisaient un tonnage su-
p6rieur. A ceux de New-York at de Londres r6unis. Et
mn simple calcul nous montre qu'aujourd'hui le bloc
Belgique, Pays-Bas et Luxembourg occupe, apres les
Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le troisieme rang dans
le commerce mondial.
Nous avons .dit que la convention douanibre belgo-
nberlandaise marquait une heureuse distinction du po-
litique et de 1'economique. C'est peut-6tre, davantage
encore, 1'6bauche en Europe d'un fd.6ralisme economi-
que et pacifique, qui, laissant aux peuples leur pleine
ind6pendance interieure et le gouvernement qui leur
convient ou leur plait, harmonise leurs modes de pro-
duction et leur permet de r6partir les profits et les per-
tes dans un space plus grand, oit joueront plus libre-
ment les elements compl6mentaires.
II faut se feliciter qu'une solution aussi raisonnablc
et aussi f6conde soit P'oeuvre de < petites nations >,
alors que maintenant encore, les grandes, qui veulent
tout r6gler et tout rCsoudre dans un monde en d6tresse,
ne r6ussirent A se mettre d'accord A peu pres sur rien. >
'(GEORGES GOLAY.)


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009







































































Piix : 6 fr.




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