Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 12, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00163
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINIST*RE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANCHISE


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DE PRESS


BULLETIN



DE PRESS


12 aolt 1947.


QUOTI ffN )



ENTRANouv


Nouvelle Serie No 741


SOMMAIRE

I. PRESSE BRITANNIQUE
fa) Les conversations triparlites sur l'Allemagne
(Times, 11/8).
b) La situation Bconomique (ie la Grande-Brelagne :
1. Reygiolds News (10/8).
2. Times (11/8).
3. Observer (10/8).
4. Sunday Times (10/8).
c) Les relations commercials anglo-sovictiques:
1. Daily Herald (11/8).
2. Reynolds News (10/8).
d) La reconstruction de 1'Europe (Observer, 10/8).
e) Avant la remise des pouvoirs it l'Inde :
1. Sunday Times (10/8).
2. Observer (10/8).
II. PRESS AMIEICAINE
a) La reconstruction de l'Europe (New York Herald
Tribune, 10/8).
b) La crise 6conomique britairnique et la situation
dans les Balkans (New York Herald Tribune, 10/8,
,6d. europeenne).
c) La situation politique dans l'Inde (New York
Herald Tribune, 10/8, ed. curop6enne).
III. PRESS SOVI'TIQUE
La politique anglo-ambricaine en Gr6ce (Troud,
9/8).
IV. PRESS BELGE
La situation 6conomique de la Grande-Bretagne (La
Libre Belgique, 10/8).
V. PRESS SUISSE
Le problhme allemand (Journal de Genive, 11/8).


I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannzque diu 9 aoit 1947
1. Les Etals-Unis et la crise britanniqne
La plupart des journaux voient dans ]a decision des pro-
ducteurs americains d'interrompre leurs envois de films A
la Grande-Bretagne nn geste de col6re et de reprisaills s
contre la taxe de 75 % annonc6e par M. Dalton.


Comment s'engageront les. negotiations relatives a 1'asso-
ciation ,des clauses du pr&t americain? Le correspondent du
Daily Telegraph it Washington croit savoir que M. Dalton
et pcut-etre Sir Stafford Cripps y_participeront. Le Depar-
tement d'Etat et la Trcsorerie r.mricaine cstimeraient que
les declarations faites aux Communes par M. Attlee seraient
tout it fait inadequatcs > et lecaucoup trop peu pr6ci es.
L'attitu'de de M. Dalton fern sans doute egalement l'objet
de vives critiques A Washington. M. Marshall serait d'avis
qu'il est indispensable d'envisager dans son ensemble le
problime de la reconstruction de l'Vconomie de 1'Europe
occidentale, qui est actuellement I'objet de ndgociations sepa-
rees, mal coordonndes it Paris, a Berlin, i GenBve et t Lon-
dres et bientit hi Washington. CGete reconstruction devrait
se fire en trois phases :
1 Une piriode de transition permettant la mise en ceu-
vre du plan Marshall.
2 Mise en ceuvre d'un a pret-hail. pour une p'riode de
plusieurs annees.
3 Etablissement d'une organisation international de
commerce destinee a r6tablir le commerce interieur sur la
base de relations multilatdrales.

2. RLlations gonmmerciales enlie I'Angleterre et la Rus e
Le Times et le Manchester Guardian reproduisent sans
commentaire une communication du < Board of Trade 0
d'apris laquelle le gouvcrnement britannique aurait offer
au gouvernement sovidtique de reprendre les negotiations
interrompucs en juillet. Cette communication, que men-
tionne 6galement plusicurs autres journaux, aurait 6td faite
en reponse i une intervention de M. Micardo A la Chambre
des. Communes. D'apres le correspondent politique du Daily
Mail, la premiere demarche visant a la reprise des n6gocia-
tions aurait etd faite par M. Vichinsky. Plusieurs correspon-
dants soulignent le fait que la Board of Trade inflige
un dementi aux rumeurs suivant lesquelles les Etats-Unis
auraient fait pression sur la Grande-Bretagne pour obtenir
la rupture des ndgociations.

3. Palestine
Tandis que plusieurs journaux annonccnt de nouveaux
incidents en Palestine, le correspondent du Tzmes A Paris
consacre une grande ddp&che au cas des emigrants de Port-
de-Bone et signalent que les autoriths britanniques ont
demand au gouvernement frangais d'inviter a nouveau les
emigrants a d6barquer en France. D'apris une d6epche
Reuter, que reproduit le Manchester Guardian, les autoritis
britanniques auraient au contraire renonec it demander
qu'une d6l1gation frangaise monte 1, bord.
Des journaux signalent que des cas de rou'geole se seraient
declar6s parmi les migrants.






2 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSE ATRANGARE


4. Bulgarie

Les correspondents diplomatiques du TI'lnes et du Daily
Telegraph annoncent que les autoritls soviitiques ont re-
poussa la demand du gouvernenent britanniqu'e (ui d6si-
rait envoyer un observateur official au proc6s de Petchkov.
Le correspondent diplomatique du Manchester Guardian se
plaint lui aussi de ce refus, signaic qu'il contredit les assu'-
rances donnees pricedemment par le gouvernement de Sofia
aux representants politiques.
La correspondent du Daily Worker it Solia ecrit que, con-
form6ment i la rdponse sovi6tique, tous les journalists
Strangers, sans exception, ont WtI amends a suivre lc proc6s.

5. Ruhr

Les correspondents du Times et du Manchester Guardian
A Berlin donnent quelques precisions sur le nouveau sys-
time inaugur6 par les autorites anglo-amrricaines, pour sti-
muler l'effort *des miners de la Ruhr en leur donnant des
advances speciales.
Le syst6me actuel aurait 6t6 vivement critique hier a
Essen par le repre.entant des mincurs.

6. Extrnme-Orient

Les correspondents diplomatiques du Manchester Guar-
dian annoncent que le gouvernement britannique a steu une
nouvelle communication du gouverrement americain visant i
la reunion d'une conference pour preparer le traitW de paix
avec le Japon. Cette conference devrait avoir lieu en sep-
tembre a Washington. Le correspondent souligne la hAte
apporteie i cette affaire par les Etats-Unis qui ne semblent
pas s'tre laiss6 impressionner par les objections sovih-
tiques. 11 estime pen probable que la conference puisse se
r6unir avant la derniere scmaine de septembre.

Revue de la press brilannique du 10 aotit 1947

1. La crise dconomique en Grande-Bretagne

Toute la press accord de longues colonnes aux debats
des Communes sur les probl6mes d'ordre 6conomique anglais.
Les journaux s'accordent A reconnaitre qu'une decision sifr
la nationalisation de l'acier devra bientbt intervenir. Le
Sunday Times et les journaux conservateurs t. grand tirage
font etat des discussions qui se seraient Blevfes au sein du
Cabinet entire partisans et adversaires de la nationalisation
de la sid6rurgie.
Le Sunday Pictorial pretend quZ M. Bevin, ministry de
la Sant6 publique, demissionnera si le gouvernement pactise
avec opposition et laisse l'industrie de l'acier entire les
mains des propri6taires actuels. Le mame journal estime
qu'il y aurait Ih une occasion inespdree pour M. Bevin de
prendre la tAte de la faction rebelle du parti travailliste.
Mais. la plupart des journaux estiment qu'il ne faut pas
*exag6rer les possibilities d'une crises au sein du parti tra-
vailliste tout en reconnaissant que, MM. Bevin et Shinwell
ne sont certainement pas d'accord avec la majority de leurs
colleagues du cabinet.
L'Observer pense que M. Dalton devra presenter aux Com-
munes u'n budget exceptionnel do lutte centre I'inflation au
mois d'octobre au plus tard. Des accroissements d'imp6ts, en
particulier d'imp6ts indirects, seraient A envisager.

2. Les conversations de Washington

Les journaux signalent tons en bonne place que M. Mars-
hall a accept le principle d'une conference tripartite sur le
niveau de l'industrie allemande et ia gestion ct le contri le
des usines allemandes. Le correspondent diplomatique dUi
Sunday Times declare que cette nouvelle a 6t6 bien accueillie
a Londres, et gu'elle marque le 'dA6bt .d'une Are de coope-
ration avec la France. Le government frangais acceptera
sans doute, selon le journal conservateur,, fuisionner sa
zone d'occppation en Allemagne avec la bi-gone anglo-amf-
ricaine. II eFtime 6galement que cette 4deision aura .ne
influence hedreuse sur les negociations^,.conomiques actWl-
lement en cour4 g A Paris.


Le correspondent diplomatique de l'Observer estime quc
Lien des details doivent encore Otre r6gls avant que cette
conference ne puisse avoir lieu. Si, coihme le laisse prbvoir
le D6partement d'Etat, les gouvernements francais, anglais
et amCricain se font representer par des experts, les conver-
sations ne pourront avoir grande valeur car les problems a
traiter auront des aspects politiques qui ne seront pas de la
competence de technicians. D'autre part, I'ordre du jour de
la conference est si limits que 1'on ne voit pas bien com-
anent les d6elgu6s pourront s'accorder sur un compromfs
r6ellement constructif sur la politique allemande. Si l'on
doit aboutir a un accord durable, o'est i une discussion sur
le r61e europ6en de la Ruhr qu'il faudra en venir.
En ce qui concern les conversations anglo-am6ricaines,
financibres d'une part, sur la Ruhr d'autre part, qui vont
s'ouvrir prochainemcnt A Washington, les journaux font
preuve d'une certain irritation due a 1'imprdcision de la
position britannique. Le correspondent i Washington de
l'Observer declare que, mime malntenant, Anglais et Ameri-
cains ne sont pas d'accord sur le but precis des conversa-
tions sur la Ruhr qui doivent commencer mardi. Les Anglais
sont convaincus qu'il leuf sera impossible de demeurer dans
le cadre 6troit des conversations techniques et qu'ils seront
amen6s, malgr6 eux, A discuter de .questions financieres. Les
Americains insistent pour qu'il n'en soit pas ainsi. De mmme,
les Amiricains reconnaissent ne pas savoir exactement cc
que viendra iaire la mission flnancihre britannique qut doit
avoir des conversations avec la tresoreric americainc. Selon
le correspondent diplomaticue ldu Sunday Times, l'opinloi
americaine est diuee car elle s'attendait a ce que le gou-
vernement britannique envoie an moins un ministry pour
discuter avec administration am6ricaine de la modification
de certaines clauses de l'emprunt. Le People announce une
prochaine entrevue Snyder-Attlee A Londres.

3. Conitd de cooperation econonique europdenne
L'Observer, dans un important article publiC sur deux
colonnes, en premiere page, estime que l'on est arrive A un
moment grave dans l'histoire de la Conference de Paris.
(Voir cet article plus loin.)

4. Films anmirtcains en Angleterre

Tous les journaux publient des dp6eches de leurs corres-
pondants en Amnrique sur les repercussions a Hollywood
de la decision britannique d'imposer d'une facon draco-
nienne les revenues que tire l'induastrie cinematographiquc
amniricaine de ses exportations vers la Grande-Bretagnc.

Rcrviue de la press brttannique du 11 auti 1947

1. Allemagne

La plupart des journaux commentent surtoui la note ame-
ricaine proposant des conversations a trois sur le niveau de
l'industrie allemande.
D'aprBs le correspondent duo Times a Washington, blen
que M. Marshall et M. Bevin soient disposes i ftudier le
point de vue frangais, c les objections frangaises, si elles
ne sont pas accepts par lIs deux autres puissances, n'au-
ront pas la valeur d'un-veto it l'gard du project anglais ct
americain relatif a la zone anglo-amdricaine >.
Le correspondent diplomatique de cc mnme journal sou-
ligne'la satisfaction avec faqu'elle on a accutilli t Londres
]a nouvelle proposition amdrieaine. (Voir cet article plus
loin.)
De son co6t, le correspondent diplomatique du Manchester
Guardian rappelle que le gouvernement britannique est favo-
rable en principle A des conversations A trois, depuis les pre-
mieres representations frannaiscs. 11 souhaite qu'elles d6pas-
sent le cadre d"un change d'infc-rmationsi techniques, puis-
que c'est l'qspect < sccurite a du problime aussi bien que
son aspect economique qui prooceupe les Frangais. I11 se
peut que 1'on doive en fait prendre des decisions politiques
d'une importance durable, quel que soit le d6sir des Bri-
tanniques et des Americains de les 6viter >, ajoute le journal.
De son c6td, le correspondent A Paris du' grand journal de
province considered l'editorial publiC hier dans le Populaire








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGr.RR


par M. Leon Blum sur In question allemande come le signed
qui permit d'esperer un accord favorable aux projects de la
Conference de Paris.
Le correspondent diplomatique du NKes Chronicle e:tinme
que si Pon veut aboutir i uin accord a trois, chacun devra
fair des concessions.

2. Les Elals-Unis et la cruise brilannrque
D'apres le correspondent du Times h Washington, iopi-
nion americaine strait maintenant en grande parties favo-
rable A 1'assouplissement des clauses de ]'emprunt britan-
nique.
Le Manchester Guardian reproduit une dep6che Reuter
qui cite les commentaires de plusieurs journaux important
et qui mentionne 1'opinion suivante de plusicurs experts
britanniques et americains : e Us croient que les n6goela-
tions anglo-amdricaincs qui doivent s'ouvrir ici auront podr
but de faire reconnaitre publiquement par le gouvernement
americain l'impossibilitd oft se trouve la Grande-Bretagne
de remplir ses obligations plut6t quc de chercher le moyen
de modifier les clauses relatives i la convertibility de la
livre >..
Le correspondent du Daily Teleraph a Washington petlse
que M. Snyder, secr6taire general de la Tresorerie, au'IT
l'occasion de passer en revue en septembre, avec M. Daltoln,
1'ensemble des relations financiires et 6conomiques entire In
Grand-Bretagne ct les Etats-Unis.
La reunion i Paris des ambassadeurs amiricains et de
M. Clayton aurait about en gros aux conclusions sui-
vantes : Pour carter 1'eventualit a'nn effondrement pro-
chain de' 1iconomie de'l'Europe occidental, le gouverirr-
ment americain devrait accorder aux pays de cette region
une aide 6conomique immediate qui leur permettrait d'af-
tendre application du plan Marshall. On admettrait auo
la Grande-Bretagne serait b)entot obligee de repudier son
engagement d'assumer ]a moitiH des charges financires dans
la hi-zone. On lui demanderait simplement d'ajourner pro-
visoirement cette repudiation en ajournant 6galement le
retrait de ses troupes dans les zones menaces par la pres-
sion sovietique.
Enfin. le Comit6 special pr6sidtl par M. Harrlman feranit
des maintenant des preparatifs pour acclercr l'application
du plan' Marshall.
D'aprBs le Daily Mirror, M. Marshall craindrait mainte-
nant que 1'effondrement economique de la Grande-Bretagne
ne compromette ]e succrs de ses propositions' et il se pour'-
rait que le president Truman convoque le Congrts en ses-
sion sp6ciale pour prendre nujourd'hui des measures d'nssis-
tance a. la Grande-Bretagne et a la France.

3. Palestine

Quelques journaux publient a nouveau des dep6ehes rela-
tives aux incidents de Palestine et aurx migrantss die Port-
de-Bouc.
Le correspondent du Times it Paris croit savoir que M. Bi-
dault aurait r6vl it lan Commission des Affaires ttrang&es
de 1'Assemblee Nationale que -es auto'ritds frangaises se se-
rnient rendues coupables Ide certaines irre.gularitis adlminis-
tratives au moment de leur departt. II estime que I'olpinion n'n
pas 0t6 enti6rement favorable en France a'u ton violemment
antibritannique de la press et que cclle-ci a fini par rdussir
hi presenter elle-m6me 'i ses lecteurs le point de vuc bri-
'tannique.
D'apris une d6ip6che Reuter reproduite par le Daily Tele-
graph, les autorit.s britanniques auraient reproch6 aux re-
prdsentants de l'Entraide francaise d'amener avec eux sur
les bAteaux 'des agents qui pressaient les Juifs de se refuser
a dbharquer.
Le Daily Mail annonre que les trois navires partiront au-
jo'urd'hui pour Gibraltar et que l'on ne connait pas le-ur
destination ultCrieure.

4. Espagne
Le Manchester Guardian public une depdlee relative a la
reorganisation du Gouvernement r6pusblicain et le correspon-
dcant diplomatique du Daily Worker accuse M. Indalecio


P-ieto et ses amis socialists et anarchists die g faire un
effort descsp6ri pour ddtruire ce Gouvernement D.
Le Manchester Guatrdian et re Daily Telegraph rl vlent
les declarations faites par 'M. Bidault sur l'assouplissement
6ventutl dutl rgim e de la frontitcre espagnole.
Le correspondant du Manchester Guardian i 'Paris r~vel6
56galcment .la I ise au point faite par un porte-paroie du'
Quai ld'Orsay au sujet de ces declarations ct co.nclut : I1
semble .peu probable que le Gouvernement frangais puisse
adimettre officiellement qui'il a tort on ,prendre des measures
cui pourrmlent etre interpiritees come des concessions au
g'initral Franco.

(i) LES CONVERSATIONS TRIPARTITES SUR L'ALLEMAGNE
(Times, 11/8).

a La nouvelle annoncant que le gouvernement des
Etats-Unis avait accepted officiellement I'ouverture de
conversations tripartites sur le niveau de I'industrie
allemande, a et6 bien accueillie A Londres...
Les :n6gociateurs francais devront exposer les preoc-
cupations franchises dans les domaines de la s6curit6 et
du plan Monnet. En gros, ils pre6frent voir envoyer en
Lorraine le carbon de la Ruhr pour transformer le mi-
nerai de fer dans des fonderies fra'ncaises, plut6t que
de voir le mineral de fer lorrain partir vers la. Rhur
pour 6tre milang- A du carbon allemand dans des
fonderies allemandes. De cette fagon, pensent-ils, non
seulement leurs plans .de reconstruction pourront 6tre
r6alises, mais ils sauront 6galement ce que deviennent
leurs products, qui, dans le passe, avaient tendance A
revenir sur les villes franchises sous la former de bombers
et d'obus.
En s'engageant a signc;e un accord sur I'Allemagne, le
gouvernement franrais devra tenir compte de la situa-
tion politiklue de la France. Les conmunistes ne cessent
de dire que M. Bidault a delib6r6mnent caus6 une rup-
ture avec la Russic --- ce qui est trbs injuste, personnel
n'ayant travaill6 aulant quc le ministre francais des
Affaires 6trangeres A 4tablir de bonnes relations entire
I'Orient et l'Occident. Si M. Bidault ne parvient pas i
obtenir des Anglo-AmCricai:ns des clauses de 'nature a
satisfaire l'opiriion publique de la France, qui craint
toujours la menace allemande, le Francais moyen qui -ne
s'intmresse pas A la politique, perdra confiance en
M. Bidauit et ecoutera les communists. >
(Du r6dacteur diplomatique du Times.)


b) LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA GRANDE-BRETAGNE :
1. Reyntods Net'us (10/8, Iravailliste).

( Apres le d6bat l'ui a eu lieu au Parlement la se-
mnaine dernibre sur la situation 6conomique du pays, on
ne pett plus se faire d'illusions sur la gravit& de cette
crise, et aucun doute ne peut subsister sur les alterna-
tives devant lesquelles se trouve le gouvernement, ni sur
le grand movement d6mocratique qui le soutient...
Le gouvernement travailliste, s'il a la clairvoyance et
le courage .ncessaires, pourra r6aliser une r6elle unite
national, une unit qui lancera dans la rude bataille
qui nous attend tous les meilleurs 616ments 'de notre
'peuple...
Assurer que nous allons de l'avant dan's la voie du
socialisme et de la cooperation, tant en politique int6-
rieure qu'en politique exterieure, telle sera la tAche du
gouvernement et de la commission parlementaire du
parti travailliste au course des discussions critiques de
cette semaine. s








4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGERE


2. Times (11/8).

< L'avenir de la paix et de la prosp6rit6 mondiale, de
la strat6gie et de 1'6conomie mondiale, est lie6 l'avenir
de la Grandc-Bretagne. Cela est reconnu a l'6tranger, et
doit Utre reconnu avec la mime unanimity cette semaine
A Westminster. La nation a maintenant le droil d'exiger
que ses repr6sentants dans les deux Chambres marquent
un temps d'arrkt avant de recommencer A se dispute.
Ce devoir d'apaisement et de r6flexion est tout
d'abord et surtout celui des ministres. Ce sont .eux qui
constituent le government. Leur incapacity A formu-
ler clairement et avec conviction quels pouvoirs ils
cherchent a obtenir pendant cette p6riode de crise, et
dans quels buts, a r6v616 un certain doute sur leurs in-
tentions politiques ainsi que sur leur comp6tence...
Le gouvernement a aujourd'hui une nouvelle chance.
Ses 16gistes devront prouver, article par article, que le
< bill sur les pouvoirs exceptionnels est l6gal est n6-
cessaire. II appartient A lous les porte-parole gouverne-
mentaux de preciser, de la faSon la plus d6finie, l'uti-
li'sation qu'on entend faire de ces plains pouvoirs. S'i.s
n'y parviennent pas, l'on sera plus convaineu encore.
non pas que le government nourrit l'espoir de noirs
desseins a 1'gard de la Constitution, inais plut6t qu'il
ne sait que faire et n'a aucune politique d6finie. Si, au
contraire, ils r6ussissent, on aura franchi un grand pas.
Le programme national sortira enfin des brumes de 'in-
decision et de l'improvisalion, et aux yeux des d6pul&s
la place du < bill > apparaitr/ imnmudiatement sous son
vrai jour dans le plan national.

3. Observer (10/8, conservateur).

< ...Sans un plan < supernational > pour rompre har-
diment avec les id6es traditionnelles de souverainet6, ii
ne faut pas esperer un renouveau de prosp6rilt pour la
Grande-Bretagne, quoi que nous puissions accomplir
chez .nous. La tAche primordiale de la politique britan-
nique une ti-cLe essentielle en temps de crise et non
pas un d6rivatif fortuit devrait Otre d'6tablir un tel
plan -et de rechercher les moyens de le coordonner
avec les resources co:nomiques du Commonwealth.
Dans notre nouvelle bataille pour la vie, comme dans
I'ancienne, il nous faut ouvrir l'atlas ou perir, et ce
n'est qu'en regardant la carte que nous pourrons avoir
ce sens de la direction et des buts bien nets, entrevoir
des r6alisations possibles et positives, don't nous avons
besoin pour traverser le desert, le coeur haut et plein
d'espoir. >

4. Sunday Times (10/8, conservateur).

..Le choix qui nous a 6t4 soumis vendredi avec
plus d'insistance que jamais portait sur les deux solu-
tions suivantes : ou bien nous engager une fois de plus
dans la voie de la liberty politique, 6conomique et
social, ou bien pr6frer la route qui, in6vi ablement,
doit nous conduire a 1'Etat totalitaire. Toute solution
reelle'du probl6me 6conomique exige qu'on se hLte de
choisir isans qu'on ait la chance de pouvoir refuser
de le faire. Essayer d'6chapper A ce dilenmme c'est lais-
ser le problem 6conomique sans solution.
Vendredi, le gouvernement semblait vouloir suivre la
route qui mene au totalitarisme... ,Cela nous m6nerait A
un assujetissement progressif de l'individu A l'6tat omni-
potent et A une diminution graduelle de notre standard
de vie, et de notre credit international...
Nous croyons encore qu'il existe dans le gouverne-
ment des d6mocrates sinceres qui d6testent une tell


solution ct qui s'opposeraient probableiiient ces conse-
quences si celles-ci 6taient nettement exposes. Mais la
seule alternative est de quitter le pays de cocagne dans
lequel nous vivons depuis deux ans, et de revenir a
l'arithm6tique simple et indiscutable qui a 6ete nomm6e
( ecconomie capitalist > ; mais ce qui inqui6te le gou-
vernement c'est qu'en ce moment, une telle solution
6quivaudrait A l'an6antissement du parti socialist. >

C) LES RELATIONS COMMERCIAIES ANGLO-SOVI#TIQUES
1. Daily Herald (11/8, travailliste).

< ...La Grande-Bretagne a propose de reprendre les
n6gociations commercials anglo-sovi6tiques, et attend
une r6ponse de la Russie.
II est evident que I'on a lout A gagner A conclure un
accord satisfaisant. Dans 1'Ctat actuel des changes avec
1'etranger, Ia Grande-Bretagne ne saurait accepter des
conditions impossiblcs ; or, jusqu'ici, c'est nous qui
avons fait la plupnrt des concessions.
II est vrai. d'autre part, que la quantity de ble et de
bois offerte pir les n6gocitteurs sovi6tiques 6tait fai-
ble par rapport aux besoins britanniques et que nous
aurions dfl payer ces acquisitions en dollars aimri-
cains. Cependanl, les efforts de la Grande-Bretagne pour
reprendre les n6gociations sont grandement justifies.
Les economies sovi6tiques et britanniques sont fonda-
mentalement compl6meihtaires; et les changes toujours
plus grands portant sur les products manufactures que
nous produisons, et les denr6es alimentaires et les ma-
tibres premieres que pent fournir la Russie pourraien:,
A la longue, devenir d'une importance extreme pour les
deux peuples. >

2. Reynolds News (10/8, Iravailliste).

< ... Un accord commercial anglo-sovi6tique serait
une contribution des plus importantes h la resolution
de la crise, qui demand des rembdes a long terme aussi
bien que des 'sacrifices immndiats.
Un pacte commercial qvec la Russie constitute au
moins une politique pratique; par centre, si grands que
soient les espoirs que nous puissions fonder sur ce qui
est incorrectement appele maintenant le plan Marshall,
nous 'ne pouvons savoir a coup shtr comment ce plan va
se mat6rialiser, et quel prix il faudra payer on abandon-
nant nos libert6s... >
(JOE REEVES, A P.)

d) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (Observer, 10/8,
conservateur) :

< ...Il semble maintenant que le Cabinet britannique
n'avait pas d6pass6 le stade de vagues g6n6ralit6s pour
resoudre le probl6me de la reconstruction europ6enne.
I1 ne semble vraiment exister aucune politique elaboree
par le Cabinet britannique, pas plus qu'aucune directive
gouvernementale ne semble avoir et6 ,donn6e aux ex-
perts britanniques qui sifgent A la ConfPrence euro-
p6enne.
Sans initiative et sans direction britanniques, on peut
affirmer maintenant que la Conf6rence ne peut qu'abou-
tir a un echec. Toutes les petites nations qui avaient
accepted l'invitation franco-britannique s'attendaient A
une telle direction et 6taient pretes a la suivre, n'ayant
pas elles-memes 6labor6 de politique d6finie.
Leurs sentiments sont maintenant ceux d'invit6s A un
,diner qui d6couvrent qu'aucune nourriture n'a 6et pr6-
par6e.








BULLETIN QUOTIDIEN DE I'niESSE liTRANGERE a


Les relations de la France avec les pelites nations
ne sont pas assez heureuses pour qu'une direction fran-
caise ait du succ6s. D'autre part, il semble que la Fran-
ce n'ait pas plus d6fini de politique g6enrale pour l'Eu-
rope que la Grande-Brelagne.
11 est significatif que les resolutions les plus construc-
tives nient toules 0t6 sounises par les pays du group
Benelux...>>
(du correspondent special dte l'Observer a Paris).

e) AVANT LA IIEMISE DES POUVOIRS A L'INDE.
1. Sunday Times, 10/8, conservateur)

< ...Quel bilan l'histoire dressera-t-elle de la .domina-
tion prolong6e d'une ile, petite mais progressiste, sur
un sous-continent populeux, mais arriere ? Pour les
Indiens, tout au moins pour ceux qui ont consacr& leur
vie A d6fendre l'id6e qu'il fallait substituer le rbgne de
I'Inde au r&gne de la Grande-Bretagne, il doit etre dif-
ficile de juger 6quitablement en ce moment l'oeuvre bri-
tannique. Seul le temps pourra leur permettre ,de juger
sainement A nouveau. II se pourrait alors qu'ils eprou-
vent des sentiments de gratitude envers un empire gene-
reux don't la tutelle a rendu le gouvernement autonome
possible.
La Grande-Bretagne a .donn6 A 1'Inde quatre choses
que ce pays n'aurait peut-6tre jamais pu obtenir par
ses seuls moyens : la paix intkrieure, I'unit6, une admi-
nistration honnete et une justice impartiale, et enfin
l'idee de la liberty qui trouve son expression dans un
gouvernement reprdsentatif... >
SCRUTATORR).


2. Observer, 10/8, conservaleur :

< Ii est impossible de prbvoir quels seront les rdsul-
tats de ce grand changement pour l'Inde elle-mnime. Les
germes de haine et .de violence qui out 6te semis depuis
si longtemps par Ie Congrbs peuvent faire naitre encore
de tristes consequences. II reste cependant un grand
espoir. D'aprbs les discours de leurs dirigeants, les
Hindous et les Musulmans, semblent avoir trouv6 un
terrain d'accord dans 1'acte mdme de separation et it
ne semble pas impossible non plus queles princes pusis-
sent coop6rer 'dans 1'Inde nouvelle sans etre obliges de
,sacrifier leurs droits essentiels. Les menaces .de famine
qui r6apparaissent dans diff6rentes regions devraient
rappeler aux politicians in.diens que l'ind6pendance ne
profitera pas A leur pays, a moins que ces problimes
6conomiques gros de menaces ne soient affronts avec
rapidity et energie >.



I1. PRESS AMERICAINE


Revue de la press amdricaine du 9 aofit 1947

1. La cise anglaise

Le vote des pouvoirs sip.ciaux nu gousvernement travailliste
par les Communes et le 'd'iscours de M. Churchill, qui s'op-
posait i; ces pouvoirs font l'objet de longs articles en pre-
minre page des journaux amdricnins. Les arguments em-
plloyes par M. Churchill, ct ses attaques centre les mdthodes
< totalitaires > du cabinet Attlee, recoivent on accucil sym-
pathique dans la press conservatrice americaine qui, dans
ses editoriaux, cond,amne 1'expirience socialist tentie par
Londres, surtout parce qu'elle retarde le 'diveloppement de


la production anglaisce. Des cornespondants politiques come
Nover dans le IWaIshington Post, tout en constatant la vic-
toire remportie par cI. Attlee, estiment que la rise anglaise
n'est pas rdsoiue.
La press annonce sous de gros tires, en premiere page,
que association amiricainc des protucteurs de films ddcida
dte placer 'eiiibargo inni.6diat sir J'envoi de films amcricains
en Grandc-Bretagne. Cette association aurait propose au gou-
vernement anglais doi bloquer les revenues des films pas-
sant en Angleterre afin 'de ne pas accroitre la pression sur
la livre sterling, mais cette proposition aur'ait t6M retennue
par Londres.
Reynolds, 1Icrivant dans P. M. estime que les produoteurs
d.e films amiricains sont les premiers it etre tonoh6s par les
nouvelles measures anglaises, mais que bient6t d'a'utres pro-
ducteurs, y compris les lermiers, .protesteront aussi centre
la erd'uction de leur expeditions en Angletevre et il conclut
que 1'effet dPIeur micontente ient se fera sentir au Congres,
qui sera tent tie retourner i I'isolationnisnme 6conomique
des, Etats-Unis.
Un autre incident est venu illustrer ]es relat:nns anglo-
amdricaines lier. Lady Astcr ,dciara hi son ddpart r.e New-
York, selon l'nited Press, que la resistance juive en Pa-
lestine otait un o< racket >,. t .6tait app'uyie par tes fonds
americains. Suivant une di.p&ctle Associaterd Press elle aurait
ajooutt : < Quand la prisidence des Etats-.Unis dtipend du
vote des Isvadlites de New-York, je crois que c'est 'Lne situa-
tion lamentable >>. Expression caract6ristique des reactions
dte la press conservatrice, l'Iditorial du Baltlimore Sun con-/
clut en ces terms : < Le people britannique decida il y a
deuix ans de confier sa destine ft un gouvernenment de pla-
nificateurs .socialisTes. Uf tel gouvernemnent ne peut fonc-
tionner avec succs qu'aux d(1pens des libert6s indivi-
lucllces >>.


2. Relations entire les Etats-Unis et la Russie

La press reprend un certain nombre d'incidents qui met-
tent en lumidre l'itat des relations russo-am.niriraines. Elle
announce de Washington que les 'Russes interdisent depuis le
mois de mars I'entree du port de Dairen aux navircs 'ie la
marine americaine, mrme s'ils ne sont pas arms.
A I'U.N.O., le d6iliguri russe Krasilnikof critique la p.li-
lique interioure an'bricaine, notamment les poursuites dent
sont l'objet le chef tdu part comiimnuniste et les lois rccentes,
qui limitent la libert.6 d'action tdes syndi-cats amnricains. II
qualifia celle-ci de violation 'des droits de 'lchmme et il
ajouta que les Etats-Unis ,itaient cooupables d'anutres viola-
tions plus s6rieuses encJre de ces droits.
II s'est attaqui igalement 'A la mise hours la loi dtu part
communiste au Brdsil. Son intervention est largement re-
produite cdans les di tpeches de Lake Success que la press
n'hisite pas h placer cn premiere page. Stanford dcrivant
dans la Christian Science Monitor, constate que les protes-
lations amiricaines adress6cs aux satellites russes vont en
ugmentant a et eque leur ton devient de plus en plus severe.
II reprend diverse notes, envoydes par Washington aux gou-
vernements de Pologne, de IHongrie, de Rloumanie et de Bul-
,narie.
De Budapest, une ,dpicpche Associated Press rveLle que Bela
Kovacs, don't la confession faite aux autorites russes aurait
entrainW le depart de M. Noagy, est moert et ce que cette
information fut transmise par Je ministry russe au minis-
trre des Affaires itrang6res hongrois, sans prdciser dans
quelles circonstances Kovacs trouva la mort. Son arrestation
fut l'objet .de protestations americaines nuipres des autoritis
sovietiques en Hongrie.
L'editorial du Philadelphia Evening Bulletfi protest con-
tre les accusations port6es-,par la radio sovidtique centre < la
diplomatic du dollar ,i. Mentionnant la demarche de P'am-
bassadeur 'de Pologne au Dipartement d'Etat en vue d'obte-
nir l'aide amIricaiine ce journal conclut : Si la Pologne a
encore besoin de ravitaillement, la Russic peut prendre soin
de son satellite ,







6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ITRANGERE


3. IEspagne

Une d6ptche de Paris nul Neu York Herald Tribune signal
que Ics repr6sentants ripublicains espaignols, discutercnt avec
AI. Ramadier dte 'ouiverture de la front iire fr'anci -espagnoll'.

4. Argentino

La press tle New-Yu-rk reprend, le texte de notes ecleangkes
entire le ministry des Affaires 6trangeres argentin et MI. Mar-
shall an s'ujet des relations cnt'e les deux pays. Le rinistre
proposal une cooperation plus etroite et, en r6ponse, Al. Mar-
shall apres avoir rappel6 cc que les Etats-Unis firent pour
aider ]c monde et promouvoir les iddes pacifiques, assura an
ministry d'Argentine qu'il continuerait cette politique.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (New York lertld'
Trilblne, 10/8) :

II semblait au premier abord que, des la fin de la
guerre, on se serait montr6 suffisamment averti des
dangers 6conomiques de la p6riode d'apres guerre et
suffisamment prepare a y remedier (du moins en ce
qui concern la creation d'organismes ad6quats) pour
entreprendre un effort important et coor'donn6 afin dc
letter contre la devastation et la d6sagr6gation.
Cet effort gdndral a 6chou6. L'U.N.R.R.A. a e6t d'un
immense secours pour les nations dans le besoin a qui
elle a permis de traverser les premiers et les plus
difficiles moments de la liberation et de la paix,
mais cette aide n'a jamais itW apport6e sur une 6chelle
assez grande pour permettre a ces nations d'entrepren-
dre A nouveau des efforts fructueux, mime dans une
measure raisonnable. Les divergences politiques qui se
sont manifestoes parmi les vainqueurs ont amend la fin
de cet organisme et ruined toutes les autres tentative
faites pour 6tablir des plans g6ndraux de rel6vement
mondial. Peu 'de temps aprds la victoire, il dlait dejA
manifesto que les organisateurs dtaient d6pass&.s par
les 6vdnements et qu'on ne pouvait plus mettre A Pordre
du jour que l'adoption de measures durgence, fragmen-
taires, simples expedients temporaires.
Aucune nation, dans le monde entier, n'a pu ichapper
aux effects de cette dislocation du systime economique...
M6me la Russie, malgre une discipline de for appii-
qu6e dans le conlrble des prix et de la production. mal-
grB les consolations austdres de la dialectique marxiste,
a df faire face a des difficulties a l'intdrieur et n'a pas
pu diriger A sa guise la suite important des devnements
qui se sont d6roul6s a 1'dtranger.
Le principal effort qui a 6t6 fait pour tenter de re-
prei'dre un certain control sur la situation econornique
a det constitu6 par le plan Marshall et par I'oeuvre ac-
complie actuellement en Europe dans ce cadre. Mais
le plan Marshall lui-mdme ne repr6sente gubre que l'ex-
pos6 d'une s6rie de principles trds gendraux. Il exige du
temps et une 6tude d6taillde, si l'on veut qu'il soit effi-
cace ce ddlai est assez court, A 1'6chelle de l'histoire
mondiale, mais il repr6sente une p6riode manifestement
plus longue que le monde ne pourrait le supporter au-
jourd'hui. De toute fagon, 'des voix autoris6es nous rap-
portent d'Europe et les d6bats qui ont eu lieu au
Parlement sur la situation de la Grande-Bretagne ne
donnent aucune raison de douter de la vdrit6 de ces
rapports qu'on demandera au Congrbs am6ricain
d'apporter une premiere aide A la Grande-Bretagne et
a la France avant la mise en application du plan Mars-
hall, o'est-A-dire, en fait, au course des prochains mois.
VoilA qui causcra une deception et une certain irri-
tation A beaucoup d'Americains qui avaient esp6re que
les difficulties de 1'6conomie mondiale pourraient trou-
ver un remade dans le cadre d'un plan bien congu.
Mais les rdalitds 'du monde ,d'apres guerre s'imposent


dans toute leur rigueur et le stock de bl6 de la France,
stock qui diminue de jour en jour, n'attendra pas les
r6alisations de ceu% qui sont charges d'6tablir ces plans,
pas plus quc les mines britanniques ne fourniront da-
vantage de carbon parce que le Congrbs americain est
on vacances. I1 se peut que les Etats-Unis trouvent ou
ne trouvent pas sage ou possible d'octroyer de nou-
veaux credits A l'etranger avant la fin 'de P'ann6e en
course. Mais il est .vident qu'ils ne peuvent se permettre
de remettre A plus tard de graves decisions, alors qu'on
essaye de formuler le plan Marshall avec toute la rapi-
ditd possible. Les 6vdnements sont encore en train de
ddpasser les organisateurs. >

b) LA CRISE fCONOMIQUE BRITANNIQUE ET LA SITUATION
DANS LES BALKANS (New Yolrk Herald Tribuine, 10/8,
6dit. europ.) :

< Dans la foule des nouvelles quotidiennes, deux
fails important apparaissent comme une menace im-
portante... En premier licl, il est manifeste que 1'Union
sovietique cherche sdrieusement a se servir de ses sa-
tellites obdissants pour poursuivre des desseins agres-
sifs du caractbre le plus grave. En deuxi6me lieu, la
lenteur mise par I'Am6rique A aider une Grande-Breta-
gne et une Europe en d6tresse a permis un affaibhsse-
ment dangereux du pouvoir 'de resistance du monde oc-
cidental a l'agression, si cette aggression est finalement
ordonnde par le Kremlin.
C'est 6videmment dans la question grecque que les
mendes sovietiques sont les plus apparentes. Le Ddpar-
tement d'Etat am6ricain et le ministdre britannique des
Affaires etrang6res se sont consults pendant quelque
temps sur la signification qu'il fallait accorder aux di-
vers movements constalis ohez les satellites de la Rus-
sie, 'de l'autre c6td de la frontidre grecque. Et P'on peut
declarer maintenant, de l'avis le plus autorise, que c'est
une signification de veritable danger qu'il faut accorder
aux allies et venues constatees en Bulgarie et en You-
goslavie... La conclusion definitive, qui est toute sim-
ple, c'est qu'on projette de lancer une offensive pour
crder une < Macddoine libre >. On pense que Tito et
Dimitrov sont d'accord sur les plans dtablis dans ce
sens.
On pense egalement que la question des frontidres et
'de l'organisation de la nouvelle < Mac6doine libre a
d6ja dt6 rdsolue... La v6rit6, c'est probablement que ces
plans don'tt existence sera sans doute niCe avec de
grands cris d'indignation) ont dtd rdellement prepares,
imais qu'ils ne seront appliquds que dans des conditions
particulieres. En r6sumd, ils ne seront appliquds que si
le Kremlin prdvoit que les puissances occidentales ne
reagiront pas avec une dnergie decisive. Le fait que les
Soviets aient opposed leur veto A la formation d'une
commission des frontidres balkaniques confirme cette
interpretation.
Dans les circonstances actuelles, 1'6volution beaucoup
mieux connue de la situation en Grande-Bretagne ap-
porte un delment suppl6mentaire dinqui6tude... La ve-
rit6, c'est que dans la situation 6conomique difficile of
il se trouve, le gouvernement britannique a toujours agi
en se basant sur les estimations les plus favorables.
Mais maintenant que les dvBnements ont r6alisd les prd-
visions les plus sombres, les Anglais se trouvent devant
cette perspective d6sastreuse d'avoir A 6puiser leurs res-
sources pour acheter des vivres et des matidres pre-
mieres avant que le plan Marshall puisse etre mis en
application.
Le r6sultat, c'est que le cabinet et le part travailliste
ont tenu 'des s6ances extraordinaires, of l'on s'est mis
d'accord sur la necessity de r6duire les obligations de






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGtRE 7


la Grande-Bretagne ce qu'il y a de plus ennuyeux
c'est que ces plans de reduction comprennent le retrait
de la garnison cofiteuse qui se trouve en GrBee, aussi
bien qu'une reduction -des effectifs britanniques sta-
tionn6s en Italie. II y a longtemps que le gouvernement
amdricain a 6tC averti qu'il faudrait peut-6tre proc&'der
un jour i ces modifications, mais devant la possibility
d'une autre offensive du Kremlin, le moment de ces
modifications ne pourrait gubre ttre plus mal choisi.
Ndanmoins, la situation comporte deux elments qui
peuvent rendre un peu d'espoir. Le premier, c'est que
les Anglais regardent finalement en face les rdalites dds-
agrhables de leur situation, situation qui peut s'ame-
liorer A la longue si les Etats-Unis y contribuent; en
second lieu, on pense que les gouvernements anglais et
amrricain se sont deja mis d'accord en principle pour
faire preuve de la plus grande fermet6 dans le cas de
menace flagrante d'une autre offensive du Kremlin. La
d6tresse dans laquelle se trouve ia Grande-Bretagne est
evide.mment bien faite pour tenter le Kremlin, tout
comme le chaos qui existe'en GrBce. Cepen'dant, si les
dirigeants de l'Union sovi6tique se rendent compete
qu'ils se heurteront 6ventuellement A une fermete veri-
table, ils se montreront sans aucun doute beaucoup plus
prudents en fin de compte... >
(JOSEPH et STEWART ALSOP)

c) LA SITUATION POLITIQUE DANS L'INDE (New York He-
raid Tribune, 10/8, 6dit. europ.) :

< Lorsque les Anglais quitteront l'Inde, les deuxprin-
cipaux probl6mes qui se poseront dans le Sud et even-
tuellement dans la totality 'de ce pays, resteront ceux
de la nourriture et du movement ouvrier. A moins de
trouver un moyen quelconque pour r6soudre le premier
probl6me, pour supprimer le anarchy noir qui prospere
actuellement et pour nourrir le people, il semble tres
clair dans 1'Inde que le deuxieme probl6me puisse trans-
former les deux Etats de l'Inde et du Pakistan en un
champ de bataille entire la droite et la gaucie. C'est
deja chose faite en ce qui concern le Sud.
Dans tout le Sud de l'Inde, Ia premiere plainte for-
mulde par tout groupement, c'est que les rations ali-
mentaires sont des rations de famine, que les salaires
sont loin d'etre suffisants pour permettre de se ra'vi-
tailler au march noir, et qu'on ne fait rien pour em-
picher le people demourir de faim... Prbfitant de ce
mdcontentement, le parti communist est 'devenu puis-
sant dans le Sud de l'Inde, of ii avait fait dans le pass
une propaganda tres importante... L'une des raisons
pour lesquelles le parti communist a remporte un
grand succ6s parmi les ouvriers d'usine et les paysans,
c'est que ceux-ci pensent qu'ils ont ete abandonnes par
leurs premiers defenseurs, c'est-A-dire par le parti na-
tional du Congrds, qui exerce actuellement le pouvoir
A Madras.
Bien que la propaganda communist ait in6vitable-
ment exag6re les tendances rdactionnaires du parti du
Congres A Madras, I'enquite r6vBle que ce parti a gagne
en force et s'est orient vers le conservatisme...
Bien que le Congres se soit engage A appliquer un
programme liberal de r6forme, l'exdcution de ce pro-
gramme a 6tB ralentie au course des nombreuses anndes
de guerre, de soulivements politiques et de conserva-
tisme croissant. Dans le Sud de 1'Inde, beaucoup l'ef-
forts faits pour *amdliorer les conditions de vie ont 6et
entrav6s par la suite, A cause de cette tendance malheu-
reuse qu'on .a eue A croire que toutes les demands de
rdforme 6taient communists parce que le parti com-
muniste demandait, lui aussi, des reformes.
A moins qu'on n'applique rapi'demeht le programme
de r6forme dans 1'Inde nouvelle, les communists pour-


raient bien reussir A exercer leur domination sur les
masses malheureuses et il ne serait pas impossible
qu'une agitation social d'une grande importance s'en-
suive. >
(MARGARET PARTON.)



III. PRESS SOVIETIQUE


Remoe de la press sovidlique du 9 aozit 1947
La rubrique d.e politique 6trangdre est essentiellement con-
sacre i deux tel6gramnmes.
Le premier donne le compete rendu avec de noumbreuses
citations de la declaration 'du mar&oha'l Tita L l'agence
Tanyoug sur les probl6mes politiques yougoslaves.
Le second est :un rismnm des debats h la Chamire des
Communes sur la politique econoimique de I'Angleterre et
reproduit les interventions de IM. Zilliacus et Dalton.
Le reste 'des nouvelles comprend :
a) 'Un enselnble de t61gramfies sur la politique des Etats-
Unis. Un seui d'entre eix est consacr6 a la politique extid-
rieure ,et donne le resumm d'un article Iparu dans Ia revue
New Republic contre la politique de la reaction americaine.
Les autres se rapportent H la politique d'aide dies U.S.A. aux
difft.rents pays d Europe. On relive : Influence des U.S.A.
en Turquie, examen a Athbnes et i Washington de l'envoi do
troupes amdricaines en Girce, livraisons amenricaines A I'ar-
mde et A la gendarmerie iraniennes, accord d'un emprunt de
195 millions de dollars A la Hollande.
.Une longue ddp&che de Rome intitul4e < L'Italie ct le plan
Marshall >s fait .tat des inquietudes 'dine parties de la press
italienne et des milieux d'affaires d,evant I'attitude 'des re-
presentants frangais a la conference de Paris qui se sont
prononces conntre les plans de ddveloppement 'du potential
industrial ftalien en all6gant le point de v'u. des Etats-Unis.
Selon celui-ci, cLhaque Ictinomie national doit occuper da
place didterminde par les possibilities naturelles du pays. Les
,milieux bien informs indiqueht qu'en vertu de ce plan, on
cherche en premier lieu i obliger 1'Italie i renoncer a sa
sidirurgie qui depend du charbon nord-americain, puis A la
production de fibres artificielles qui ddpend de 1'importa-
tion -de cellulose, A I'inudastrie dii paper et dans une large
inesure i la construction de machines et de moteurs et A
l'industrie climique. Ces mnimes milieux 'b.in informi.s in-
idiquent que fe ministdre francais des Affaires etrangires,
soutient entiremnent les propositions americaines ia 1'dgard
de l'Italie.
Trud public un commnentaire de Gourox intituld fai-teurs anflo-amnricains en Grece ; dans lequel l'auteur
met particunlierement en relief I'emprise economique des An-
glo-Amiricains sur la Grrce. (Voir l'article plus loin).
b) Deux tdfdgranmmes s'ur les travaux 'de 1'O.N.U., 'run
consacre au compete renlu de la seance du Conseil de Scau-
rit6 du 7 aoit sur l'Indondsie et la Grdce, I'autre au rssumH
des travaux du Conseil Iconomique et social.
c) Nouvelles diverse parmi lesquelles, on relhve des t616-
grammes sur les sujets Sbivants : guerre en Indlonsie, pro-
gromnes juifs en Anugleterrc, iventions provocatrices de la
revue Mossavor de Tdhbran ct du journal Atech contre
1'Union Sovidtique, arrive Ji Batoum d'un nouveau group
d'Armeniens venant de Grcc, arrive a Moscou d'Aragon et
d'Elsa Triolet.

LA POLITIQUE ANGLO-AMARICAINE EN GRI CE (Tlolu, 9/8) :
( Les capitalistes anglo-amdricains cdiminencent a
envisager le replacement du gouvernement Maximos
qui s'est definitivement compromise devant 1'opinion
publique. Une nouvelle combinaison gouvernementale
capable de se plier avec plus de souplesse encore a la
volonta de la City et 'de Wall Street lui serait substi-
lude.
Lc chef de la mission 6conomique en Gr6ce a declare






8 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS iTRANGkRE


dans son rapport au gouvernement des Etats-Unis que,
depuis deux ans que la Gr6ce a 6te lib6r6e, aucune
measure n'a et6 prise pour r6tablir 1'&conomic du pays,
maigre l'aide financiere accordie a la Grece et l'aide
de 1'U.N.R.R.A.
Si l'on considere le d'dveloppement 6conomique des
pays voisins de la Gr6ce, on est force de reconnaitre
l'incapacit6 flagrant du gouvernement r6actionnaire
grec. La Bulgarie ct la Yougoslavie ont su organiser
la vie econoomique de leurs pays sans recourir aux ca-
pitaux strangers.
II faut ajouter que les monopoles anglo-aminricains ne
percent pas leur temps et s'approprient progressive-
ment les richesses de la Grece, ses entreprises, ses ports,
ses aerodromes.
Les Anglais possedent deja en Grece les plus grades
entreprises des chemins de fer, les plus gran'des cen-
trales electriques. Les Am6ricains ont su s'approprier
aux d6pens de la Gr6ce des concessions qui leur appor-
tent de gros b6n6fices : mines, gisements important,
nombreuses entreprises.
C'est ainsi que les < bienfaiteurs > anglais et aimri-
cains pillent la Gr6ce. Tout cela donne aux observateurs
strangers des renseignements precis sur ce que repre-
sentent << la doctrine de Truman > et le << plan Mars-
hall > qui lui a succe6d... >
(Gou ov.)


IV. PRESS BELGE


LA SITUATION ECONOMIQUE EN GRANDE-BRETAGNE (La Li-
,bile Belgique, 10/8), catholique :
c Jusqu'A nouvel ordre, nous admettrons que le gou-
vernement anglais, se conformant 'd'ailleurs A une
grande tradition, observe la consigne de presenter la
situation sous des aspects plus sombres que ce qui cor-
respondrait aux r6alit6s. Cette facon de faire est peut-
&tre indispensable pour secouer l'apathie de certain et
pour stimuler les energies des autres. Il est probable
6galement que le gouvernenent anglais tient A impres-
sionner l'opinion publique am6ricaine et a lui donner
la preuve que la Grande-Bretagne faith tout ce qul est'
en son pouvoir pour triompher de ses difficulties ei me-
riter 'd'etre aide. II n'est pas exclu non plus qu'en
annongant la reduction de ses importations, elle ne
tienne A donner un avertissement aux homes d'affaires
des Etats-Unis, juslement soucieux de maintenir leurs
d6bouch6s exterieurs, pour le jour oi le march a'mdri-
cain sera satur6.
Nous admettrons au surplus qu'en s'astreignant 'i une
politique economique particulidrement dure, 1'Angle-
terre a la volonti d'asseoir sa puissance politique et
militaire sur des bases indbranlab.es. Chacun salt, au-
jourd'hui, que tout est lie et que la force militaire dolt
n6cessairement etre conjuguee avec une force 6cono-
mique a'd6quate.
L'&nergie avec laquelle le gouvernement anglais a dt-
cid6 d'agir impose le respect. La plupart des gouver-


nements ne prennent des decisions que lorsqu'il est
trop tard pour que celles-ci puissent porter leurs fruits.
Le gouvernement travailliste a commis la faute de c6-
der, avec beaucoup de retenue, d'ailleurs, au courant de
nationalisations qui ont compliqu6 ses difficulties. Mais
on 'doit constater qu'il a maintenant le courage de voir
les difficult6s avant qu'elles n'aient acquis un caract6re
irr6m6diable. II a aussi le courage de pr6coniser des
measures assur6ment impopulaires et contraires A cer-
taines de ses tendances ant6rieures. Le cas est trop rare
pour ne pas devoir 6tre salu6 au passage. >
(FERNAND BAUDHUIN.)



V. PRESS SUISSE


LE PROBLEME ALLEMAND (Journal de Geln&e, 11/8) :
< ...C'est par un communique d'une agence ameri-
caine, t616graphi6 de Berlin, que 1'on a appris que le
gouvernement militaire amnricain n'6tait pas d'accor'd
avec le S4ate Depiartment an sujet de l'application du
plan Marshall et de la politique A suivre en Alle.magne.
Le gouvernement militaire et le ministere de la Guerre,
nous a-t-on r6pRt6 h diff6rentes reprises, entendent que
l'Allemagne soit remise debout par droit de prioritM, et
ils soutiennent que la France est imal venue de s'en
inqui6ter. Telles sont bien, en effet, les idees du g6n6-
ral Lucius D. Clay et aussi du g6n6ral Draper.
Cette fois-ci encore, c'est Dillon Reed and C qui
mene lat champagne. Qui est derriere cette banque ? Que
reste-t-il des nobles intentions du g6n6ral Marshall dbs
l'irstant que les gn6raux ne sent pas d'accord avec le
State Depawlntent et que les puissances occidentales,
,qui ne sont pas d'accord avec les Soviets, ne le sont pas
'davantage entire elles ? On nous dit bie. qu'il ne s'agit
Ipas l 'd'une affaire militaire et que, derriere le minis-
thre am6ricain de la Guerre, il y a le Big Business, de
grands trusts e.ectrotechniques ou p6troliers. Sans doute.
Mais cette explication nous inqui6te. La position prise
par certain milieux americains en regard de i'affaire
allemande ne peut pas etre uniquement 6cof1omfque.
Elle s'inspire certainement d'Aitres preoccupations qui
d&coulent de la tension international. Les Russes le
ipr6tendent. Ils ne sont pas les seuls A voir les choses
sous cet ang e. L'offensive des milieux americains en
question, contre la Grande-Bretagne et contre la France,
est trop .massive pour ne r pon'dre qu'A des objectifs
exclusivement 6conomiques.
La Ruhr dolt etre A tout le monde. Elle dolt 6tre con-
tr6&e par tous et tous doivent &tre admis A participer A
sa production. Il s'agit de remonter l'industrie alle-
mande pour, que reparte 1'6conomie allemande. Mais
non de reconstituer, par des moyens d6tourn6s et des
calpitaux rangersr, un potential de guerre don't Pexis-
tence n'a value a I'Etiope, l'Ailemagne comprise, que
de sanglants d6boires.
(GEORGES BLUN.)


S. P. I. Imp., 27, rue Nicolo, Paris 31.3009


Prix : 6 fr.




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