Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
ALL VOLUMES CITATION THUMBNAILS PAGE IMAGE ZOOMABLE
Full Citation
STANDARD VIEW MARC VIEW
Permanent Link: http://ufdc.ufl.edu/UF00077027/00161
 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 9, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00161
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

Full Text



SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
Drs ARTS ET DES LETTRrES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


U N C I
LA DOCUMENTATION FRANQAISE I
-I


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DB PRESS


BULLETIN


PRESS


QUOTI



ETRA


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE
a) La situation economique de la France (Times,
8/8).
b) Le d6bat au Parlement sur la situation econo-
mique de la Grande-Bretagne :
1. Daily Herald (8/8).
2. Times (8/8).
3. Day Telegraph (8/8).
4. News Chronicle (8/8).
5. Daily Express (8/8).
II. PRESS AMRICAINE
a) L'autorit6 morale de I'O. N. U. (New York
Herald Tribune, 7/8).
b) Les relations interamericaines (New York
Herad Tribune, 8/8, ed. europ6enne).
III. PRESS SOVIETIQUE
a) Le probl6me de la Ruhr (Izvestia, 7/8).
b) Apres la signature du trait entire la Bulgarie
et la Yougoslavie (Izuestia, 7/8).
IV. PRESS SUISSE
a) Les relations franco-britanniques ,(Le Journal
de Genive, 8/8).
,b) La situation en Tuni-Sie (La Gazette de Lau-
sanne, 8/8).

I. PRESS BRITANNIQUE


KReue de la press britannique du 8 aolt 1947
Plus encore qu'hier, les comptes rendus du, debat de la
Chambre des Comimunes sur la crise economique etaient
largement sur toutes les pages des journaux et rel6guent
tout I fait a l'arriere-plan les informations relatives aux
affaires internationales et aux pays stranger.
La press fait une large place aux exposes de M. Dalton
ainsi qu'aux critiques adressees au plan du gouvernement,
'au nom de l'opposition, par Sir John Anderson et par
M. Eden. Elle signal. que M. Churchill est revenue i Lon-
dres pour prendre part aux debats qui doivest s'engager
aujourd'hui pour le project de loi relatif aux pouvoirs extra-
ordinaires demands par le Premier Ministre. P:usieurs
jouTnaux insistent sur Ic fait quc le gouvernement n'a pas


obtenu la nmajoritd sur laquelle il aurait dft pouvoir computer,
si l'on tient compete des effectifs du'parti travailliste aux
Communes. Le Daily Mail parle de < d6faite morale des
socialstes ,.
Les correspondents politiques- du Manchester Guardian
derivent : u Aucun des discourse prononc6s aux Communes
par M. Attlee depuis qu'it ect Premier Ministre u'a caus6
unei deception p.us 6tendue parmi scs partisans que celui
qu'il a prononci au debut da d6bat relatif a la situation
du pays. ,
Cette deception s'exprime sans detour dans une lettre
adressec au rddactcur en chef da. Daily Herald (et publi&e
ce matin par le journal travailliste) par 19 deputes tra-
vaiListes don't 15 avaient sign en mai la brochure Keen
Left.
Le Daily Worker, qui parole de rCvolte travaillist >,,
met en evidence le fait que le gouvernement a df consentir
a convoquqj pour lundi prochain une reunion special ciu
group parlementaire du part travailliste. Un certain nom-
bre de journaux s'inidressent aux reactions de 1'Empire
et des strangers i I'dgard de la crise.
Diverces intormations sont donnees d'autre part sur le
problem palestinien, sur les discussions relatives L la Ruhr,
a la France, A 1'Autriche et sur l.s Balkans.
1. La crime britannique et les reactions des dominions
et des strangers
Le Times, le Daily Mail, le Daily Express et ie Ddiily
Herald signalent les measures que plusieurs dominions se
preparent A prendre pour donner A la Grande-Bretagne une
aide plus efficace dans la crise qu'elle traverse. C'est ainsi,
par example, que la Nouvelle-Zd6ande avait decide de ne
r6importer I'annic prochaine que des automobiles anglaises
et non americalnes.
L'attitude des Etats-Unis est toujours observe avec beau-
coup d'int'ret. D'apr6s le correspondent du Times I Wa-
shington, I'opinion am6ricaine aurait particulirement
apprdci6 dans le discours de M. Attlee tous les passages
dans lesquels le Premier Ministre a affirmed la volonte de
la Grande-Bretagne de ne pas s'en remettre a l'aide dtran-
g6re, mais de s'imposer un effort et des sacrifices conside-
rables.
Le correspondent du Manchester Guardian h New-York
fait un tableau plus nuance de !a press amdricaine. II croit
savoir qu'au course des conversations qui vont s'engager sur
la Ruhr entire experts anglais et amdricains, on aborderait
dgalement la question de l'assouplissement des clauses dtt
pr6t americain. Plusieurs correspondents soulignent la cons-
ternation cause dans les milieux amnricains du cinema par
la nouvclle taxe de 75 % qui doit frapper les reveuus pro-
duits par 1'exploitation des films en Grande-Bretagne.
Un seul journal, le Manchester Guaidian, s'interes.,e aux
reactions d- I'opinion fran.aise. Le conespondant de cc


DE


9 aofit 1947.


Nouvelle Serie No 739


I __






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGkRE


journal A Paris cite particulibrement les commentaires du
Populaire, du Monde, du Pays et de l'Humanitd et 6crit :
a Le pan Attlee n'a pas frappd l'imagination des Frangais ,
2. Palestine
Nouveaux attentats en Palestine, conference an Caire
entire le marechal Montgomery et le commandant en chef
des troupes anglaises de ce pays, telles sont les principles
nouvelles que la presse aiglaise public ce math sur lo
Moven-Orient. EAles ticnnent d'ailleurs pen de place.
D'apres le correspondent du Daily Express, des Juifs de
Palestine auraient rdussi h prendre copie des plans de
defense tes plus secrets de I'armde britannique dans ce pays.
Scul, le News Chronicle revient sur l'affaire des emigrants
de Port-de-Bouc. 11 reproduit une dep&che Reuter d'apres
laquelle les autorites irancaises auraient accept d'informer
les migrants que s'ils ne debarquaient pas, ils seraient
emmenes dans une colonies britannique qui serait put etre
le Kenya.
3. Ruhr
D'apres le correspondent du Times a Paris, le gouver-
nement frangais aurait r6v6'6 hier qu'il avait regu au debut
de la semaine dLux notes de Londres et de Washington lui
demandant de pr6eenter des arguments franqats centre l'ac-
croissement du niveau de l'industrij allemande dans la zone
angio-americaine. Le correspondent diplomnatique du grand
journal indepenuant rappele que le point de vue frangais
est accueilla a Londres avec sympathie et que les discussions
qui s'engageront devraient avoir 'ieu dans une sphere tres
61ev6e si l'on veut qu'euies aboulissent a des resultals.
Le correspondent du Manchester Guardian, dans une breve
depeche, ecrit : c La note amirlcaine envoyde le 4 aoft au
gouvernement frangais... a eu pour consequence de nou-
,elles discussions de procedure. Le gouvernement frangais
a r6pondu verbalement qu'il desire presenter ses u'es au
course d'une discussion et non pas simplement recueillir un
memorandum. *
Une indication a peu pres semblable est donned par le
corseespondant du Daily Telegraph Bt Paris qui se refere h
une declaration faite par un porte-parole du Quai a"Orsay.
On la retrouve i peu pres sous la m6me forme dans une
depiche Associated Press reproduite par le News Chronicle.
Enfin, le correspondent diplomatique du Daily Herald
fait allusion aux conversations qui s'engageront la semaine
prochaine a Washington a propos des mines de la Ituhr et
ajoute qu'une conference a trois r6glera la question du
potential industrial autorisd.

4. France

Le correspondent du Times h Paris rend compete des d6cla-
rations faites par M. Ramadier au- course de sa conference
de press sur la question des salaires et des prix et celle
qui a fait 1'objet d'un editorial dans le meme journal (voir
cet article plus loin.)
De son c6td, le Daily Mirror relive, dans les declarations
de M.. Ramadier, cell qui fait prevoir un assouplissement
des sanctions 6conomiques prises par la France contre
1'Espagne.
Les correspondents du Daily Telegraph a Paris accordent
une certain importance A une information suivant laquelle
le gouvernement americain aurait fait part confldentiel!e-
ment au gouvernement francais des preoccupations causes
par la situation de l'Avenir de la France.

6. Autriche
Plusieurs journaux signalent la protestation levee par
le haut-commissaire americain contre la prise de possession
par les Russes de la raffinerie de p6trole de 'Pile Lobau.
Le Times public un article de fond de son correspondent
a Vienne sur la e stagnation de I'Autriche .
6. Yougoslavie

Quelques journaux relevent Its critiques adressirs aux
Etats-Unis par le marechal Tito au course d'une interview
rdsumde par I'agence Reuter.


7. Japon
Les correspondents du Times et du News Chronicle ~i
Tokio estiment que la declaration pdcuniairp faite par re
d6l6gui americain a la reunion du Conseil alli6 a pour but
de nmetre fin h I'activitd de ce Conseil.

a) LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA FRANCE (Times, 8/8).

< ...Une nouvelle tentative entreprise pour mettre fin
a la disproportion existant entire les salaires et prix en
France a 6chou6, et la deception naturelle de la
C G. T. est aggrav6e par des motifs politiques... Il ya
beaucoup a dire en faveur de la methode prudent
adopide par M. Ramadier, essayant d'apporer dans le
detail une amelioration 1A od elle semble le plus n6ces-
saire; une augmentation important des salaires pour-
rait s'av6rer plus dangereusement inefficace que les
baisses importantes des prix r6alisees au d6but de cette
annee...
La France participe a la conference 6conomique eu-
rop6enne, elle a 6tabli un programme le plan Mon-
net pour la mise en valeur int6grale de ses ressour-
ces. La Conf6rence europ6enne et le programme etabli
par la France se basent sur cette afirmation que la
France a beaucoUp i donner et beaucoup a recevoir des
autres nations productrices. II serait lamentable qu'i
un moment oh les circonstances destinent l'interd6pen-
dance economique des peuples A devenir le facteur de-
terminant de la politique des gouvernements europeens,
que la France trouve que sa place dans l'organisation
international a Wte rendue pr&caire par l'instabRiitA de
sa monnaie. II est facile pour les d6tracteurs du gou-
vernement frangais de dire que celui-ci a le culte du
franc. Mais i moins que le franc ne puisse .s'imposer
comme une valeur stable pour les changes internatio-
naux, il ne sera pas possible a la France de trouver le
moyen de s'acquitter des frais reels entraines par les
importations pr6vues dans le plan Monnet, et le monde
exterieur se demandera 6galement sur quelle base it peut
conclure des changes commerciaux avec la France. II
est essential de ne pas oublier les aspects internationaux
de la politique 6conomique frangaise dans le tumulte
des controversies intdrieures. >

b) LE DiBAT AU PARLEMENT SUB LA SITUATION ICONOMI-
QUE DE LA GRANDE-BRETAGNE :

1. Daily Herald (8/8, travailliste).,
a M. Attlee n'a pas parlM mercredi a la Chambre des
-Communes en tant que chef de parti, mais en tant que
Premier ministry. Il voulait r6aliser I'unite national
pour surmonter les difficulties que nous affrontons tous.
il est certain qu'il pensait au fait qu'une tres impor-
tante parties du pays est opposee au parti travailliste.
Nous voulons que cette parties coopere de son plein gre,
car un volontaire est toujours un meilleur alli6 qu'un
homme qui agit par contrainte. Nous croyons que c'est
la raison pour laquelle une si grande parties du dis-
cours du premier ministry a 6et pronone6e sous la
forme d'un appel...

2. Times (8/8).

z Les debats qui se sont ouverts mercredi au Parle-
ment dans une atmosphere d'espoir, se sont terminus
hier dans la deception et le doute. La nation ne sait pas
encore si les plans du gouvernement pourront emp6-
cher un declin prochain et s6rieux du standard de
vie. Rien ne garantit encore reellement qu'au course des
mois A venir 1'Angleterre pourra payer les products
d'importation n6cessaires a sa subsistence autrement








BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGBRE


qu'en effectuant des pr61lvements consid6rables sur
nos derni6res reserves d'or et de dollars, afln de com-
bler la difference entire les achats et les ventes. II n'a
pas WtC prouv6 que la production et 1'exportation des
marchandises britanniques peuvent Mtre sufflsamment
augmentees dans un proche avenir pour emp&cher de
nouvelles reductions dans les importations qui seraient
bien plus p6nibles que celles qui ont 6t6 annonc6es
mercredi. Les provisions relatives aux exportations
pour 1948 ne se r6aliseront que si les measures g6n6rales
annoncees measures visant a consacrer la majeure
parties de la main-d'oeuvre et des matibres premieres aux
industries travaillant pour l'exportation sont appliques
imm6diatement et sans reserve, et c'est avant tout 1'effet
pratique de ces measures qu'il reste A voir.
Le discours prononc6 hier par M. Dalton est bien
loin d'8tre encourageant. Lui, au moins, n'a pas de pro-
position A faire pour rendre le programme efficace...
Sir Stafford Cripps n'a pas eu plus de directives posi-
tives A donner, quoiqu'il ait reussi A 6gayer les esprits
de son propre parti... Les discours de M. Attlee et de
M. Dalton justiifient la declaration de M. Eden selon la-
quelle les propositions du gouvernement ne sont
qu' c une improvisation > hAtive, irr6flechie et incom-
plete... >

3. Dilly Telegraph (8/8, conservateur).
< ...Les measures que le gouvernement propose mainte-
nant portent routes les marques de l'improvisation la
plus hfitive et il n'existe aucune de ces measures qui
n'aurait pu ou n'aurait di etre adoptee dans le passe.
Pourquoi le gouvernement examine-t-il seulement
maintenant les listes des articles imports pour proc&-
der a des reductions, ou soumet-il seulement mainte-
nant aux employers et aux employs des propositions
pour l'utilisation spkcifique du capital et de la main-
d'oeuvre ? Pendant dix-huit mois il s'est content de
suivre les Wvenements d'un air absent, tandis que les
heures de travail ditaient reduites dans les diff6rentes
industries, l'une apres l'autre, et maintenant le voilA
qui r6agit et qui dit que le nombre d'heures de travail
dolt Wtre augment. Toujours, depuis la guerre, il a per-
mis une augmentation des saTaires qui entrainait une
inflation. Ce n'est que maintenant, au moment oi une
reduction tardive de nos importations et une augmen-
tation de la part de production r6serv6e a 1'exportation
auront pour rEsultat d'augmenter la menace de 1'infla-
tion de facon dangereuse, qu'il plaide moddriment pour
que l'on n'exige pas une augmentation de salaires...

4. News Chronicle (8/8, liberal).

< ...Ce que le pays demand maintenant, c'est une ac-
tion immediate et adequate. Mmie en admettant avec
Sir Stafford Cripps que de nouvelles reductions dans
les importations sont irr6alisables, si l'on ne veut pas li-
miter dangereusement les possibilities de travail de la
nation, on ne constate toujours pas le moindre signe
que le gouvernement sans parler du people ait
conscience de la gravity de la situation que le pays de-
vra affronter dans moins de trois mois. L'aveuglement
montr6 par le gouvernement dans son plan d'action
n'est pas seulement ddcevant, ii est positivement
effrayant. ,

5. Daily Express (8/8, conservateur).

e ...N'Btait-il pas clair des le d6but que les conditions
de l'emprunt americain pousseraient la Grande-Breta-
gne A la catastrophe. L'emprunt a priv la Grande-Bre-


tagne de ses moyens naturels pour r6tablir son com-
merce : la zone Sterling, le < dollar Pool >, le droit de
a discrimination 2 en faveur de l'Empire et des pays
de la zone Sterling. La consequence de tout cela, c'est
que la Grande-Bretagne est devenue pour les pays qui
ont besoin de dollars la voie toute choisie pour s'en pro-
curer, et cela A nos d6pens. Et nous allons au combat
avec les mains lies. a


II. PRESS AMERICAINE


Revae de la press amdricaine dct 7 aodt 1947
1. Discours Attlee
La situation financibre langlaise continue a proccuper la
press amdricaine. Eile accord une large place aux ddcla-
rations faites par M. Attlee aux Communes esquissant un
nouveau programme de restrictions et de contrOle des tra-
vailleurs. Les titres donnes B ces articles de premiere page
so'ulignent que M. Attlee demanide au peupile anglais de
o serrer une fois de plus sa centre d'Wn cran De tells
declarations britanniques venant an moment ot l'opinion
americaine rbelame de la part des nations d'Europe qui ven-
tent recevoir l'aide amdricaine ide nouveaux efforts pour
reliever par elles-m&mes leur economnie interieure sont, natu-
rellement, bien accueillies, mais les 4ditoriaux se demandent,
toutefois, si ce nouveau programme du parti travailliste a
des chances de r6ussir. C'est ainsi que le New York Times
declare qu'en taut que plan de redressement, ce programme
parait .ind-iqtuer un effort considerable. II ajoute qu'it pourra
reussir on, -an contraire, ne pas atteindre ses buts, le tout
d;ependra de la fagon don't il sera applique. Selon ee journal,
fixer les buts ne rdsoud aucun probiAme comme les U. S. A.
ont malheureusement pu le constater dans le cas de la
Grande-Bretagne an course des deux dernieres ann6es. De plus,
quand on examine un point aussi vital que celui de la pro-
duction din carbon et qu'on note que la semaine de cinq
jours doit tre maintenue, modified seulement dans la me-
sure oh l'on demand aux miners de travailler pendant une
demiheure suppl6mentaire par jour, on se demanadle dans
quelle measure le nouveau plan d'ansteriWt sera austere.
L'ditorial du Washington Post declare que la recette de
M. Attlee peut se r6sumer par ces mots : t moins de socia-
lisme et no-ins die d,6mocratie 2 et qu'elle illustre c l'ineptie
avec laquelle les travaillistes ont applique leur socialisme a.
Les correspondents poliflques de Washington, comrme, par
example, Krock, du New York Times, constatant 1'enorme
pubhlicite qui a WtA donn&e A Ila crise financiere anglaise, se
demandent si les Anglais n'ont pas l'intention de devancer
la mise en application du plan Marshall et d'8tre servis les
premiers dans la distribution ides credits am6ricains qui
pourraient etre mis A la disposition de U'Europe.
De Washington. Ia press announce que M. Marshall a
accept d'ouvrir des n6gociations avec les Anglais pour ren-
dre plus liberales lea clauses de I'accord nui accompagnait
1'emprunt americain de 3.750 millions de dollars A la Grande-
Bretafne. M. Marshall aurait estimd pouvoir r-viser avec
les Anglais les clauses de cet accord portant suir la eonver-
tibilr't de la livre et sur la non discrimination que le gou-
vernement de Londres s'est eng.ag h appliqruer dans son pro-
gramme :d''importations. M. Snyder, secr6taire du Tresor. a
declared a, la press qu'il 4tait prDt h conferer avee la d041-
gation anglaise. mais ou'iil estimait que le Congr&s devait
consentir A la revision des terms de I'accord. Cette difference
d'opinion entire MM. Marshall et Snyder est relevee dana les
tires Ides articles et entraine une replirue du reprsentant
d6mocrate Celler de New-York qui a declar6e la press
qu'il demanderait an Oorn~as de prendre des measures contre
les ministres qui reviseraient l'accord financier anglo-amtri-
cain sans l'assentiment du Congres.

2. Questions allemandes
Une d,:,p&che de Washington au New York Times dit no-
tam.ient qu'il est evident que le Departement d'Etat mani-
feste un trss .grand eambanras ia propos de la r6ponsse A donner







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGERE


aux objections frangaises A l'accroissement de la production
inldustrielle allemande. La politque americaine en I'occurrence
sera peut-etre d6termuine6 par le President Truman, etant
donn6 que deux membres de son cabinet semblent avoir des
vues divergentes. Cette diepech6 announce, come Ie fait la
ddplenhe A.P., que le gouvernement dies U.S.A. a address,
au gouvernement frangais une note qui fait suite a la lettre
de M. Marshall h M. Bidault et dans laquelle Washington
demand des precisions su l'attitude frangaise i I'egard du
radiressement de la production industrielle allemande. La
ddp&che ajoute qu'on craint que M. Bidault, en aherohant
A assurer au public frangais que les vues frantaises seraient
prises en consideration, ait pu &tre entratnd I indiquer que
la France participerait aux discussions avec l'dquivalent d'un
droit de veto. On n'envisage pas cela ici, car on pense que
la decision finale doit atre prise par les U. S. A. et la Grandie-
Bretagne. On oraint que M. Royall ait dt, plus brutal que lie
le justified la politique de I'administration americaine.

3.. Relations U.S.A. et U. R. S. S.
C'est encore aux relations centre des U. S. A. ct les satellites
de I'U.R. S. S. que la presise consacre, aujourd'4hui, ie nom-
breux articles. Elle reprend la protestation amCricaine
adress&e au gouvernement rouumain accusant celui-ci de violer
son traits de paix aivec les U.S. A. pour avoir suppriand ie
parti national paysan et arrest M Maniu. Elle indique ggale-
ment que Ic gourernem~ent des 1U. S. A. a dcidci d'annuler sept
millions de dollars de crdits destinds a I'achat ide coton
par la Hongirie et elle fait part des representations faites par
l'asmbassadeur de Pologne au Dipartement d'Etat, deniandiant
uine aide americaine en grains, bien que la Pologne ail refuse
de participer h la Conference de Paris et que l'enqu te *d'une
commission americaine ait constatW que 1I. Po'logne n'avait
plus dlsormais besoin de grains americains ni tle credits.
La press relieve les declarations de l'ambassadeur qui a sou-
lignd que son pays avait des accords comimercianux avec
douze des seize nations reprsenteeis A la Confirence de Paris.
La press n'inCdlique pas le resuiltat de 4a dimaarche polonaise.

4. Confdrence de Paris
De Paris, les correspondents du Wall Street Journal, duo
New York Times, idu New York Heraldt Tribune indiquent
que les ambassadeurs am.ricains en Europe ont prepared des
recomniandations au gouvernement Idles U. S. A. qui souligne-
raient l'urgence d'une aide am,6ricaine immid'iate A la France
et i la Grande-Bretagne, 'aide qui devrait preceded l'entree
en vigueur dn plan Marshall et etre accompagnie d'un
acoroissement simuiltant die la production dans ces pays.
Selon Callender, dans le New York Times, on croit savo.ir
que le point de vue qui domine est que 9a imeille'ure solution
aux probltmes financiers de l'Europe serait une session spe-
ciale du Congrbs cet antomne. Dans le passage de son article
relatif aux changes de vues franco-amnricains sur la pro-
duction allemande, Callenldier derit qu'il existed une possibility
kle diseuter de la production allemande d'acier sur une base
rdaliste, si oette question est liee i celle de la production
frangaise ddiacier que les Frangais desirent accrottre gTrce
an coke de la Ruhr.

a) L'AUTORITE MORALE DE L'O. N. U. i(New York Herald
Tribune, 7/8).

L'appel lance par l'Egypte au Conseil de Sncurita et
qui demanded en faith A I'O. N. U. de dlnon-cer le trait
anglo-6gyptien de 1936, de faire 6vacuer les troupes bri-
tanniques de 1'Egypte et les fonctionnaires anglais du
Soudan, content des implications suggestives. C'est ce
qu'a bien faith sentir le Premier Ministre Nokrashy
Pacha lorsqu'il a d6clar6 : a Nous sommes ici pour
butter centre les principles fondamentaux de ]'impe-
ralisme du xix' siecle...a
Voilh qui exigerait que 1'O. N. U. non seulement fasse
abstraction de nombreuses decades d'un pass his-
torique complexx, mais encore ce qui est plus im-
portant qu'elle Ilabore les nouveaux principles d'or-
dre et le nouveau cadre de relations internationals qui


doivent remplacer les vieilles formulas *qui cessent de
plus en plus d'6tre applicables.
L'O. N. U. a I6t dot6e par ses fondateurs de deux
principles d'action efflcace : il s'agissait de faire obser-
ver la legislation international (ce qui 6quivaut pour
une bonne part au maintien des engagements inscrits
dans les traits passes jusqu'ici) et d'emp&cher tout re-
cours A la violence. Aucun de ces principles ne met
I'O. N. U. en measure d'acc6der A la demand 6gyptienne,
car pour annuler le trait de 1936 il faudrait laborer
une nouvelle th6orie complete des rapports internatio-
naux qui ne s'appuierait plus sur la validity& sacr6e des
traits, alors que c'est simplement forcer l'interpr6ta-
tion que de repr6senter le probl6me 6gyptien comme un
probl6me of il s'agit d'6viter le recours A la guerre. Ce-
pendant, ce diff6rend est un nouvel example du genre
de pression que i'on exerce de tous c6t6s sur I'O.N.U.
La R6publique indon6sienne a essay de se servir de
l'O. N. U. come d'un instrument pour expulser les
Hollandais des Indes n6erlandaises et pour r6soudre les
problems complexes impliquns par la liquidation de
l'imp6rialisme hollandais. Les Indiens se sont 6galement
servi de 1'O. N. U. pour essayer d'obtenir plus rapide-
ment leur ind6pendance. Les Arabes cherchent a en
faire l'instrument du nationalism arabe. Les Sionistes
esperent de leur c6t6 que l'O.N.U. imposera une d6ci-
sion qui leur sera favorable, aprbs examen des droits
et des torts qui sont Aprement discutis dans le pro-
bleme palestinien. Les pays qui sont sous aI domina-
tion du Kremlin ont aussi cherch6 t se servir de 1'O.N.U.
pour garantir le maintien et l'expansion du totalita-
risme communist. Il est difficile de voir dans un seul
de ces .cas le simple objet d'emplcher la guerre on
d'obliger A l'observance de la 16gislation Internationale.
On pourrait dire plutSt qu'on fait surtout appel a
I'O. N. U. pour atteindre des buts politiques; on ne lui
demand pas de faire observer une procedure 16gale,
mais plut6t de prendre des decisions sur les plans 16gis-
latif et ex6cutif et mnme comme dans le cas de
i'Egypte de changer la legislation dans l'intlr6t de
telle ou telle puissance qui pr6sente des revendications.
Sans parler du veto, on peut dire que 1'O. N. U., 6tant
donnu les principles sur lesquels cet organism a Wti
Ilabli, n'est aucunement en measure d'agir dans ce sens.
Mais cela signifie-t-il que I'O. N. U. ne serve plus a rien?
Au contraire, le fait de reconnaitre que l'O. N. U. ne
constitute pas un organism legislatif ou ex6cutif devrait
faire ressortir la veritable valeur qu'elle possede en tant
qu'organisme fu l'on pent exprimer son opinion, en
tant qu'organisme oi les politiques nationals peuvent
ltre exposes et confrontees avec le sentiment g6ndral
de 1'humanit6. Dans le discours qu'il a prononc6 mer-
credi A Buffalo, M. John Foster Dulles a soulign6 l'im-
portance de I'O. N. U. et en particulier .de l'Assembl6e,
en tant que ( lieu de rencontre des puissances du
monde entier >. Le faith de reconnaitre que les decisions
de I'Assembl6e portant sur les problimes politiques les
plus important ne peuvent 8tre suivies d'arrlts ex6cu-
toires ou mIme simplement de consequences 16gales,
devrait permettre de prononcer plus facilement de tels
verdicts moraux et leur donner plus de poids dans les
esprits des peuples du monde enter. >>

b) LES RELATIONS INTERAMERICAINES (New York Herald
Tribune, 8/8), editionn europ. :
< La loi de 1948 sur les sucres est une mauvaise pa-
rodie de la loi Jones-Costigan de 1934, qui constituait
l'une des lois les plus lib6rales et les plus constructive
de ces derniers temps... La nouvelle loi ne permet f
Cuba de vendre aux Etats-Unis qu'A peine la moiti,








BtLLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGBRE


des quantitis maxima de sucre que cette ile leur a re-
cemment cedees... La nouvelle 101 sur ies sucres est
vraiment un bien pauvre remerciemenL accorde a ,uDa
pour i'amitle qu'ehe nous a temoiguee et pour sa coo-
p6ration. Elie est &gaiement l'expression d'un point ae
vue singtuierement borne...
La disposition ia pius detestable de cette loi est cons-
tituee par le paragraph '2U... Lette dtspos1iion signitie
en tait qu'I moinu que le gouvernemienl ue Cuba n'ac-
quilte certaines-sommes aues a te grandes entreprises
americalnes, le Depariement d'& at pourra empecner
I'ie de Cuba de benencier d'un accroisaement ue la
consomlmation 'u sucre aux htats-unis.
Cet arucxe permet aux autorines tIu D6partement
d'Etat de ruiner I'ecoiaomie naLlonale de la thepumnque
de Cuba si ces revendicauons ne sont pas satistaltes.
Voilt qui represent un retour A la politique si dasure-
ditee qul a ete su'vie dans un passe maineureux,'iorsque
les Etats-Unis essayaient par la lorce ou la contrainte
de recouvrer les fonds dus A ieurs nationaux aux d6-
pens 'des pays plus laibies de Ilhemispliere occitental.
...Des parusans eminents de la poltique de bon voi-
sinage, teis que les senateurs VandenDerg, Connelly,
Pepper et Fuarignt n out malneureusement pas reussi
a taire comprenure a leurs coliegues qu'un tel article
ahait a I'encontre aes arrangements interamericalns qui
permeLtent de recourir a aes moyens nonoralbes et jus-
tes pour resoudre tous ies itiges pouvant s'eiever entire
les -tepuDliquqs ameriuaines.
Tomues les nuances de I'opinion A Cuba consid6rent
la riouvele loi comme une violation de la souverainet6
de la HRpublique de Cuba. Le mecontentement popu-
laire qui se manifesto ruine rapiaement I'amiui veri-
table qui n'avait cess6 de granuir entre les deux pays
au course de ces dernieres annees...
En raison de la situation mondiale qui devient de
plus en plus dangereuse, la soliuarite de I'hemisphere
occidental est plus que jamais necessaire pour garanar
notre propre secure et celte 'de nos volsins. Lepen-
dan, une c causee comme ceile que nous signaions -
clause qui causera un ressentimeni amer dans les deux
Ameriques et ruinera la conilance que i'on pouvait
avoir cans la bonne foi des Etats-Unis a et6 aaoptee
A la veiLe m6me de la conference de Rio-de-Janeiro, oh
les ministres americains des Affaires 6trangeres aoivent
essayer de se mettre d'accor'd pour 1'etablissement d'un
traite de defense de l'h6misphere occidental.
C'est assur.ment le moment ot l'opinion publique
am6ricaine devrait faire sentir sa a action. Tous les
citoyens qui croient que la politique de bon voisinage
est essentielle a notre propre bien-6tre et a l'avenir
heureux des Nations Unies, devraient demander aux
s6nateurs et aux deput6s 'de reclamer,' des I'ouverture
de la prochaine session du CongrBs, l'abandon de cette
disposition honteuse de la loi de 1948 sur les sucres.

(SUMNER WELLES.)


III. PRESS SOVIETIQUE


Reu de la pressed soultique d'u 7 aoiCt 1947
1. --O.N. U.
Tons les journaux reprodutisent un court compete rendu
de la stancee' du Conseil de Scumritb dui 4 aoflt et donnent
dte longs extraits duh disooiUsS pronmoncd par M. Gro-myko sur
laquestion grecque. La plupart des organes reproduisent eg'a-
liement des extraits d discours'de Nockrachi Pacha et une
(1~paohe de quelques eiignes sur la seance du 5 aoft du
Conseil &conoimique et social de 1'O. N. U.


2. La lutte pour la dcmocratie
Dans les divers journaux, un group de talegrammes donne
le resume d un article de M. WalJace Cans. le New Republic
sur la violation des principles democratiques aux U. S. A.
Pausieurs tdmgrammes ont trait A la situation en Indonesie :
continuation die advance des troupes hollandaises; appel du
Comitk central du parti communiste hollanaais an people
hollandais.

3. Nouvelles diverse
On relieve sous ce theme les tdldgrainmes sur les sujets
suivants : process de Finlande, et procis de Nicolas Petkov
et de ses complices a Sofia; discussions A la l haimbre des
Comimunes sur 1 Ailemagne; analyse du discours de M. Chur-
chill; dangers de la poiinque tie bloc ango-amirwcain d'apres
le D)auy Work'e; note an gouvernement yougo.slave aux gou-
vernements des U. S. A. et d Angleterre h propose du d6mon-
tage des usines de Pola.

a) LE PROBLAME DE LA RUHR (Izueslia, 7/8) :
& ...Personne ne doute plus, en France, que les mo-
nopolistes am6ricains ne s'int6ressent plus qu'a une
seule question : le reievement de industriese de l'Alle-
magne occidentale, 1'6tablissement d'un contr6,e stric-
tement am6ricain dans la Rul)c, la transformation de
I'Alemagne occidentale en citauelle de 1'influence am6-
ricaine en Europe.
Les Etats-Unis se proposent de r6aliser tout cela, au
moyen de leurs dollars, par l'intermediaire de leur
administration au detriment 'des interets econ'omiques
et politiques de la France.
Pour reliever la production des acieries de 1'Allema-
gne occidentale, les Etats-Unis ont non seuiement be-
soin du carbon de, la Ruhr, mais aussi du mineral de
fer de la Lorraine. C'est pour cette raison que les Etats-
Unis exercent une pression, Bnergique sur la France
pour I'engager A renoncer au d6veloppement 'de sa pro-
pre sid6rurgie en faveur de celle de 1'Allemagne occi-
dentale.
I1 resort des declarations officielles qui ont W6t faites
jusqu'i ce jour.que, dans l'avenir, la France pourra re-
cevoir l'acier de ia Ruhr, produit a partir du mi.aerai
frangais, a titre d'aide < en 'dollars 3 accord6e par les
Etats-Unis. II est douteux que cela garantisse A la
France un semblant d'ind6pendance 6conomique... >
(Du ridacteur diplomatique des Izuestia.)

b) APRES LA SIGNATURE DU TRAIT ENTIRE LA BULGARIE ET
LA YOUGOSLAVIE (Ilzustia, 7/8) :
4 ...L'amiti6 slide qui unit maintenant les deux pen-
pies n'est revenue possible qu'. la suite de la victoire
commune remport6e sur I'Allemagne fascist, 'du ren-
versement .des regimes r6aclionnaires et I'affranchisse-
ment de ces deux pays de toute d6pendance 6trangBre
et de l'instauration dans chacun d'eux d'un regime po-
pulaire 'dmocratique sous lequel la politique exterieure
et interieure est subordonn6e aux int6rets 'du people
et non aux int6r6ts du capital 6tranger...
L'assistance que la Yougoslavie et la Bulgarie se sont
promise mutuellement se base sur le principle de 1'6ga-
lit6 et sur le respect des int6r6ts r6ciproques. Elle est
le contraire de toutes les combinaisons louches rela--
tives aux tariffs douaniers ou autres que 1'on forme en
Europe occidentale, non pas dans les int6r8ts des peu-
ples, mais dans un but tout A fait different...
La consolidation de I'amitie bulgaro-yougoslave A la
conference 'de Bled peut servir d'exemple pour trouver
dans un esprit de cooperation international, une so-
lution aux questions politiques et economiques qui se
posent dans l'Europe d'apres guerre. L'amitiB bulgaro-
yougoslave est une' contribution precieuse des peuples








6 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGkRE


balkaniques A l'Bdification de la paix dans le monde.
en faveur de laque.le Ihtte dans des conditions 'diffi-
ciles et p6nibles la parties dmmocratique de 1'opinion
mondiale. >


IV. PRESS SUISSE


a) LES RELATIONS FRANCO-BRITANNIQUES (Lie Jouirnmu dS
Gendve, 8/8)
...M6me si M. Bidault se rendait A plus ou moins
breve 6chBance a Londres, il y a l1 un petit fail qui
reve.e l'iincroyable difficulty qu'eprouve'nt A accorder
leursviolonsdeux pays que leur propre inter&t, comme
ce.ui de 1 Europe, devrait amener A jouer en measure.
Cette difficult serait peut-6tre silrmonlte sans trop
de peine si les deux gouvernements s'expliquaient fran-
chement et A fond et surtout si 1'un et i'auLre Bcartaient
les idles qui ne correspondent plus a aucune rBalitA
Parmi ces idWes, il y a cel.e de l'unification de I'Alle-
magne. Cette unification ne peut se faire qu'au profit
de I'U. R. S. S., A laquelle eile 'donnerait le droit de
participer au conirole de la Ruhr sans que les puis-
sances occidentales eussent le meme drot pour le b.s-
sin si 6sien, puxsque celui-ci ne fera pas partie, quoi
qu'il arrive, de l'Allemagne. Le jour ofi I'on admetra
une fois pour toutes que, par suite de la po.itique pra-
tiquee au lendemain de 1'effondrement de I'Allemagne
et en raison de la volont6 qu'a eue constamment la
R-ussie 'de se constituer un dom.aine p-ousse aussi loin
que possible A 1'Ouest, 1'Ailemagne est couple en deux
et que la tAche urgente est d'organiser, A l'Ouest, en
y comprenant les zones anglaise, amrricaine et fran-
gaise d'occupation, un groupement contrebalangant le
bloc sovi6tique et sauvegardant les principles commfins
a tous les Occidentaux, tout deviendrait plus simple
et s'eclaircirait...
Evidemment, ce r6sultat ne depend pas de 1'Angle-
terre et de la France seules, mais il n'est possible que
si elles parviennent enlin A s'enten'dre serieusement.
Pour cela, il faut naturel.ement que la France renonce


A la chimere de jouer le r6le d'intermediaire entire les
Ang.o-Saxons et les Russes et qu'elle consent A une
liaison des trois zones d'occupation occidentales. Il
faut aussi, en contrepartie, que i'Ang.eterre ne se prete
A aucune combinaison don't la France serait exclue. On
doit reconnaitre qu'A cet 6gard le gouvernement an-
glais a fait un petit effort, puisque c'est a lui qu'on
doit, au moins partiellement, que le general Marshall,
daris une lettre adressee le 18 juillet a M. Bidaut, ait
promise qu'une conversation A trois aurait lieu sur les
affaires allemandes, promesse qui subsiste en depit des
declarations du secr6taire ambricain A la Guerre,
M. Kennadl Royall, qui a pr6tendu que l'on n'ktait pas
oblige de consu ter la France...
Tout accord europeen sur n'importe quelle question
suppose l'existence d'une entente franco-angiaise, faute
de laquelle il n'y a pas d'organisation europ6enne con-
cevable, mais on est bien oblige de constater qu'on en
est encore assez loin. Et pourtant, il ne serait peut-6tre
pas trbs difficiie d'obtenir un r6sultat si d6sirab.e. >
(Du correspondent A Paris du Journal die Gen1ve.)

b) LA SITUATION EN TUNISIE (La Gazette tl e Lauzanne,
8/8) :
e ...Comme toujours, c'es. au moment oui la metro-
pole entend apporter des r6formes dans le pays, dans
le sens d une p.us grande au,onomie, que des troubles
6clatent. Ces r, ormcs, en effet, viennent tard, et pa-
raissent n'6tre que des apaisements. Elles sont impor-
Lantes, toutefois : il y aura un veritable Conseil des
minisires tunisiens, ies ministres 6tant assists de con-
seil.ers techniques frangais. On pr6voit aussi une r6-
forme administrative qui doit permettre aux Tunisiens
d'acc6der plus largement aux fonotions pub.iques.
Mais o'est davantage aujourd'hui une question de
confiance qu'une affaire de concessions. Si les Fran-
cais, par leur doigt6 et la rectitude de leur politique,
recrbent cette confiance, tout ira bien. S'i-T h6sitent,
tergiversent ou manquent de ferme:t6, on risque de voir
A nouveau apparaitre sur les murs blanes de la R6gence
la fameuse iascrip;ion : ( Les Frantais -A a mer a
et le bey Moncef, d6tr6n6 par les Francais, pourrait
peut-6tre alors revenir A Tunis 'de gr6 ou de force >>


S. P. 1. Imp., ~7, rue Nicolo, Paris 31.3009 Prix 6 fr.


--------------


Prix : 6 fr..


S. P. I. Imp., 27, rue NJicolo, Paris 3130009




University of Florida Home Page
© 2004 - 2010 University of Florida George A. Smathers Libraries.
All rights reserved.

Acceptable Use, Copyright, and Disclaimer Statement
Last updated October 10, 2010 - - mvs