Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 6, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00158
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVICES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINIST'RE DB LA JEUNESSE,
DKS ARTS ET DES LETTRES)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8*)


LA DOCUMENTATION FRANCAISE


MINISTER
DES AFIAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DR PRESSED


BULLETIN


PRESS


6 aoft 1947.


QUOTI



ETRA


SOMMAIRE

I. PRESS BRITANNIQUE.
a) Le probl&me de la Ruhr:
1. Manchester Guardian (4/8) ;
2. Daily Express (5/8).
b) L'6conomie de l'Europe orientale (Times, 5/8).
c) L'O.N.U. et la situation en Indon6sie (Times, 5/8).
d) AprBs le discours de M. Churchill (Daily Herald,
5/8).
II. PRESS AMERICAINE.
a) L'O.N.U. et la situation en Indon6sie (New York
Herald Tribiu e, 4/8).
b) La situation interieure en Allemagne (New York
Herald Tribune, 5/8, edition europ6enne).
c) La situation politique 6trangBre aux Etats-Unis
(New York Herald Tribune, 5/8, edit. europ.).
III. PRESS SOVIETIQUE.
IV. PRESS SUISSE.
a) La situation politique en France (Tribune de Ge-
nave, 4/8).
b) La politique ext6rieure de l'Union Sovietique:
1. Journal de Geneve '(5/8) ;
2. Tribune de Genbve (4/8).

I. PRESS BRITANNIQUE

Revue de la press britannique dlu 5 aobt 1947
La plupaTt des, journaux conservateurs mnettent au premier
plan, ce matin, le discours dans sequel M. Churchill attaque
avec violence le government actuel : toute la press ptublie
d'ailleurs en Bonne place des extraits important ou des ana-
lyses de ce discours.
Dans le Daily Herald ct le Daily Mirror, la vedette revient
an d~bat de la Chambre des Cominmu.nes, aux affaires alle-
mandes et autrichiennes. Les autres journaux continent it
se proeocuper davantage des measures que prendra le gouver-
nement pour faire face aux diffioultis economiques de la
Grande-Bretagne. Ils insistent notamment sur la possibility
d'une reduction sensible des troupes d'occupatio.n britanni-
ques en Europe.


1. Alllenmultn
La press met en evidence les declarations faites hier aux
Communes par M. Bevin et les critiques de I'opposition centre
la politique suivie en Allemagne par le gouvernement actuel.
Elle signal particulierement dans ces declarations les deux
points .de vue suivauts : 1 la Granlde-Bretagne n'est pas
en measure de continue A depenser .des dollars pour ravi-
tailler l'Allemagne ; 20 un supreme effort sera tent pour
raaliser l'unit6 &conomique de l'Allemagne, mais M. Bevin
a repoussd la suggestion de M. Mac Millan tendant a placer
la zone occidentale sons le controle d'un orglanisme analogue
au Shaef.
Plusieurs journaux reproduisent sans ia commenter une
d;p6che Reuter suivant laquelle le DWpartement d'Etat aurait
annonc6 hier que les conversations anglo-amiricaines sur la
Ruhr commenceraient le 12 aoit i W\\ashington.
2. Indonesie
La press announce que le Pr6sident de la iRpublique indo-
ansienne a donni a ses troupes 1'ordre de lesser le feu, mais
en posant dans sa r6ponse au Conscil de Se&urite un certain
nombre de conditions.
Le correspondent du Times a La Haye signal ile malaise
cr6e dans I'opinion hollandaise par les nouvelles exigencies
dil gouvernement republican. Il ecrit notamment : < L'im-
pression qui se degage des informations relatives h toute
I'affaire est que la situation reste confuse et que bien dies
difficulties sont encore loin 'd'etre resolues.
Le correspondent diplomatique du Daily Herald expliquc
pourquoi le dlegue de la Grande-Bretagne au Conseil de
Seourit6 s'est abstenu lorsque le Conseil a vote la resolution
demanidant aux deux parties de cesser le feu. Le gouverne-
ment britannique, comme le gouvernement frangais et belge,
estimait que I'article de la Charte ne donnait pas au Conseil
le droit d'intervenir dans, une affaire qui 6tait de la compe-
tence domestique du government n&erlandais.

3. Palestine
La press announce un attentat ndes terroristes juifs centre
la Banque britannique de IHaffa. Elle signal d'autre part de
nouveaux incidents au cours de manifestations antisemites
dans plusieurs villes de Grande-Bretagne et particulicrement
h Liverpool oi le lord-maire a di a'dresser hier un appel I
la population pour lui demander de co-opirer an r6tablisse-
ment de l'ordre.
4. Les Etats-Unis et la crise britannique
Plusieurs depeches de Washington font allusion i des ru-
meurs suivant lesquelles le fonids mon'taire international
pourrait proclam.er prochainement que le dollar est une


DE


Nouvelle Serie N 0 736


I UII_









2 BULLETIN QUOTIDIAN DI PRESSED ATRANGAIRP


< devise rare >, ce qui permettrait a la Grande-Bretagne
d'4chapper provisoirement A l'application del certaines
clauses de l'emprunt ambricain. La Grande-Bretagne pourrait
d'autre part obtenir de ce fonds un emprunt qui lui per-
mettrait d'Wtayer l'application du plan Marshall.
Un porte-parole du D6partement d'Etat aurait diclar6 a
Washington que le go-uvernement americain ne publierait
aucune declaration sur la crise 6conoimique en Grande-
Bretagne avant le discours que M. Attlee d-oit pronancer i la
Chambre des Communes.
Le correspondent du Daily Telegraph h Washington icrit
que la bo-nne volonti ides Etats-Unis A 1'6gard de la Grandc-
Bretagne ne faith pas de doute. Selon le journal, t'embarras
Idont le gouvernem.ent britannique a fait preuve jusqu'A une
date recente devant la menace de plus, en plus evidente d'une
crime financiere a'urait fait le plus mauvais effet aux U. S. A.
oh l'on aurait deplord l'obstination avec laquelle la Grande-
Bretagne continue de mettre en oeuvre des plans de sociali-
sation aux depens de l'accroissement de la production qui
peramettrait seul de reconstruire 1'economie de aI Grande-
Bretagne.
5. Grace
Quelques journaux donnent de braves informations sur les
operations de guerrillas oil signalent le rcjct de ]a motion
Gromyko par le Conseil de SMeuritW. Le Daily Worker met
en evidence Ja r6ponse faite par IM. Mayhew a une question
parlementaire ; d'apris cette response, la Grandde-Bretagne au-
rait donnd & la Grece unle aide financiere don't le montant
serait de 44 millions de livres depuis le 1e' janvier 1946.

6. Pacte de l'Europe oriental
Le Times consacre son editorial principal aux accords con-
clus depuis quelques mois par les Etats de 1'Europe oriental.

7. Japon
Le News Chronicle public fin novel article de Vernon
Bartlett sur cc que le jo.urnalist.e britannique appelle a Le
petit empire du. g6n1ral Mac Arthur ,.

a) LE PROBUME DE LA RUHR.

1. Manchester Guardian (4/8, liberal) :

& ...Dans leurs tentatives pour sauver 1'Allemiague
occidentale du chaos economique of elle se trouve, les
Etats-Unis et la Grande-Bretagne ne peuvent n6gliger
les revendications frangaises sur ce territoire vital pour
la reconstruction de I'Europe. Ceci suppose 6videmmeit
une modification .de l'attitude actuelle de la France dans
la question du niveau de I'industrie allemande. Heureu-
sement, il y a chaque jour de plus en plus de Francais
pour comprendre que la France ne doit pas s'attendre
a obtenir des livraisons de carbon sans cesse plus
grandes, avec une 6conomie allemande d6cadente.
L'essentie! du plan Marshall, c'est que la reconstruc-
tion doit etre g6n6rale. Rien ne donnerait plus d'espoir
A 1'Europe qu'une participation constructive de la
France dans le contr6le du rel6vement de I'A lemagne,
et la Grande-Bretagne et les Etats-Unis seraient prcts a
I'accueillir volontiers. s

2. JDaily Express (5/8, conservateur) :
e ...Les Anglais ont .t6 convoqu6s a Washington pour
d6fendre leur gestion de la Ruhr.
La situation de l'Allemagne est peut-6tre risible. Elle
peut 6tre tragique. Mais ce qu'il y a de sir, c'est que
1'Allemagne ne peut pas se maintenir longtemps dans
les conditions actuelles.
Que doit faire la Grande-Bretagnc ? Elle devrait,
aussi vite que possible, r6duire ses obligations dans la
region nord-ouest de l'ancien Reich. Elle devrit se de-


charger de ce fardeau sur les Etats-Unis. Les Ameri-
cains nous ont faith comprendre qu'ils ont des id6es A
eux sur la fagon don't les affaires allemandes devraient
6tre conduites. Ils ont certainement des resources suf--
fisanles pour effectuer cette tache. Et ils ont certaine-
ment confiance dans leur m6thode.
De toute facon, la Grande-Bretagne n'a pas 1'argent
n6cessaire, et elle a besoin de ses hommes pour des
tAches plus urgentes.

b) L'iCONOMIE DE L'EUROPE ORIENTAL (Times, 5/8) :
Les gouvernements yougoslave et bulgare ont sign
un pacte don't le contenu, bien qu'en parties politique,
constitute 6galement un accord iconomique. Tandis
qu'on elabore un programme de reconstruction pour
l'Europe occidental selon les lignes g6nerales d6finies
a Paris, les plans de cooperation se poursuivent en Eu-
rope orientale. Sous la direction de la Russie, les pays
de 1'Europe oriental font un grand effort pour combler
le foss6 qui les spare des puissances occidentales en
matitre de technique et d'equipelnent industries, en
ayant recours a 1'entr'aide et sans faire appel de facon
important aux capitaux de l'Occident...
Le fait nouveau qui frappe dans l'Mlaboration de la
reconstruction en Europe orientale, c'est la cooperation.
Les pays de l'Europe orientale, conscients de leur pau-
vret6 relative en comparison de l'Europe occidental,
n'ayant pas le d6sir ou la possibility de faire appel h
l'Occident pour leur reconstruction, rapproch6s h la
fois par les liens qui les unissent lan Russie et aux
communists, et par les nouvelles sympathies engen-
drdes par la guerre, ont elabore par leur cooperation
leur propre plan d'aide reciproque. C'est la un change-
ment marquant par rapport aux vieilles haines et aux
rivalites qui ont, a plusieurs reprises, ruinr la paix au
course du passe. Un des aspects les plus remarquables du
nouvel accord commercial polono-tchecoslovaqque, par
example, c'est la large measure dans laquelle ces deux
pays ont cherch6 h Blaborer des plans communs... MWme
avant de signer son dernier accord commercial avec
l'Union Sovi6tique, ]a Tch.coslovaquie avait djhi 6tabli,
avec ses voisins imm6diats, des relations portant sur
presque la moiti6 de son commerce exterieur. L'Union
Sovi6tique vient maintenant d'apporter une con.tribu-
tion d'une importance extreme a cette coopBration, avec
la s6rie d'accords commerciaux qu'elle a maintenance
sign', ou qu'elle est en train de negocier...
La prosp6rit6 de l'Europe est en faith indivisible. Dans
la measure ofi ce planisme en Europe orientale pourra
reliever le niveau de la production et de la consomma-
tion A 1'Est, il constituera une measure heureuse igale-
ment pour l'Ouest. Pour donner toute-leur valeur a la
cooperation et au planisme, A la fois en Europe occi-
dentale et en Europe orientale, il faudra, en d6pit des
6checs ofh 'on a about A Paris et a Moscou (et en v6rit6
A cause de ces 6checs m&mes), faire des efforts inces-
sants pour relever la condition 6conomique des diff6-
rentes parties et assurer ainsi le plus grand bien de 1'n-
semble. Les dernieres ann6es ne nous ont pas enseign6
avec plus de force d'autre legon que celle qui affirme
que la prosperity de quelques-uns depend de la prospe-
rit6 de tous. >

c) L'O.N.U. ET LA SITUATION EN INDONESIE (Times, 5/8):

Le gouvernement de Jogjakarta a manifestement
*choue dans sa tentative pour assurer A tous des condi-
tions d'existence d6centes sauf en ce qui concern
ses propres partisans et de vastes regions A Java







B UET.I.N QUOTTDIrEN De PrmiSSE *TRANOtE 8


connaissent la famine au milieu de l'abondance. M6me
maintenant, il n'est pas .sir que l'ordre de cesser le feu
*qu'a donn6 ce gouvernement soit suivi par les chefs mi-
litaires loc.aux, qui ont I'habitude de faire cc qu'ils veu-
lent sans beaucoup s'occuper de la politique du gou-
vernement central. Peut-etre les Nations Unies, pour
apporter leur plus grande contribution possible it un
r.glement pacifique de la question indon6sieine, pour-
raient-elles chercher de favon impartiae si les gouver-
nants actuels de Jogjakarta representent effectivement,
comme ils le pr6tendent, les aspirations nationalists
des diverse populations de Java, Sumatra .et Madura.
La rigueur g6nerale de la loi impose par le gouverne-
ment de Jogjakarta, et les difficulties qu'il 6prouve A
appliquer effectivement cette loi dans certaines regions
qui se prononcent instamment pour une separation inm-
mediate, donnent A penser que ce gouvernement n'est
pas du tout aussi representatif d'un d6sir g6n6ral d'in-
d6pendance, comme le pr6tendent ses partisans dans
d'autres pays. >

d) Apnis LE DISCOURSE DE M. CHURCHILL (Daily Herald,
5/8, travailliste) :

< Le discours que M. Churchill a prononc6 h Blen-
heim Palace est plein de condamnalions et vide de pen-
sees constructive. Ce discours etait vraiment remar-
quable par l'aveu cynique qu'il contenait et selon sequel
les stories ont intention de ne tenir aucun compete du
d6fi qui leur a 6t6 lanc6 d'6laborer un programme pou-
vant remplacer le programme socialist, au lieu de se
contenter de dire du mal du Labour Party. Voici A peu
pres ce que M. Churchill a dit : < On m'a souvent de-
mand6 c quelle est I'autre solution que propose le part
conservateur pour remplacer le socialisme ? > Nous
avons dejA d6fini, dans notre Charte industrielle, les
lines essentielles de notre politique "conomique... >
Les seules idWes intiressanles dans ce document out
6t6 emprunt6es au socialisme, et ce fait avait 6t6 h la
base des rumeui's selon lesquelles M. Churchill disap-
prouvait ]a z Charte > au moment de sa publication.
Hier, cependant,, il a ap',aremment indiqu6 qu'il I'ap-
prouve.
L'approuve-t-il r6ellement ? An course de son discourse,
il s'est Oleve avec force contre la nationalisation des
mines de carbon. Et cependant, selon la << Charte in-
dustrielle >, la nationalisation des mines de carbon
est une des measures socialists que les conservateurs
n'essaieraient pas d'annuler s'ils reprenaient le pou-
voir. 5>


II. PRESSE AMERICAINE



Rervue de la press amfricaine du 4 aont 1947

1. Indondsie
L'ordre de cesser le feu ayant ei donned par rl gouverne-
ment hollandais, la press americaine y voit un succ6s sans
pr6c6dent pour l'organisation des Nations Unies. Les idith-
rinux du New York Times, du New York Herald Tribune
(voir cet article plus loin) et du Baltimore Sun rendent
hommage i la sagesse du, gouvernement de La Haye qui,
bien que ne reconnaissant pas !a jurisdiction de I'O.N.U.
dans ce conflict, s'est conform cependant i la decision prise
par le Conseil de s6curite.
Le New York Times dit que ce precedent peut avoir des
consequences immediates et 11 envisage son application dani
le cas de la Grrce. Get editorial rend 6galement hommage
a la France et .i Ia Grande-Bretagcne qui, hien que doutant de


la juridiction du Conseil de. security et craignant l'effet pos-
sible de sa decision sur leurs propres possessions, se- sdnt
abstenues cependant d'employer leur veto A la manitre russe
et parce que la Hollande elle-m6me, bien que deniant la
junridiction du Conseil, s'est incline devant sa decision ,.
Le Baltimore Sun, dans son editorial, &crit : lPeffori
hollandais pour obliger les Indonisiens h s'incliner devant
la force 6tait un anachronisme -; et il'rend homage axix
nations qui s'abstinrent dans le vote final du Conseil de
s6curit. << Elles ont, dit-il, plac6 les Nations Unies au-
dessus de leurs interfts nationaux imm6diats. En s'abste-
nant d'imposer leur veto, elles out en fait vot6 affirmative-
ment en faveur du principle de ]a security collective. C'st
un point que les Russes pourraiert Rtudier avec profit. >
2. Angleterre
Depuis deux jours, la press americaine public de nom-
renux articles de Londres et de Washington sur la crise
6conomique et financi6re anglaise. L'opinion g4nrrale des
journalists se.trouve risumee par la phrase suivante du
correspondent du New York Times a Londres : s La crise
&conomiquc anglaise est si grave que la Grande-Bretagne ne
pourra pas attendre "'aide 6ventuelle privue, par la propo-
sition Ilarshall. ,
Cette situation inqui6tante pour le cabinet anglais l'est
aussi pour l'opinion amrricaine a qui les correspondant-
americains annoncent que la Grande-Bretagne sera oblige,
si elle ne e reoit pas d'aide immediate ct serieuse, d'aban-
donnr les engagements qu'el:e a pris dans certaines region,
du globe et de retire ses troupes probablement de Grace,
d'Italic et voire d'Allemagne.
Places devant un tel 6tat de choses, les commentateurs de
la radio et les correspondents politiques en ana.ysent les
raisons. Leurs interpretations -sont naturellement varies,
certain voient i lIorigine de e.ttte situation les mesures
prises par le gouvernement travailliste, d'autres accusent
meme les Anglais de mnanquer d'%nergie et de ne pas avoir le
courage 'de travailler pour produire, mais leurs conclusions
sont unanimes i reconnaitre que les U.S.A. devront inter-
venir dans cette situation et apporter leur aide A 1'Angle-
terne.
Le rapid 6puisement de l'emprunt amsricain A la Grande-
Bretagne accilclri par la recent convertibility de la livre
amene lc Washington Post ia cric'e que la raison de la pro-
fonde crise actuelle cst 6videmment l'incapacit6 oft se trouve
la Grande-Bretagne < d'6tablir un pont entire ses exporta-
tions et ses importations a. Le Washington Post estime que
le remAde est double : faire diminuer les importations de
marchandises devant 6tre payees en dollars et accroltre les
exportations. La premiere solution rtduirait la consomma-
tion domestique, la second demandcrait Une production
plus intense. < Pour un pays qui :a souffert dEji de la dimi-
nution de son standard de vie apres une longue et tpai-
sante guerre, imposer de nouveaux sacrifices necessite un
courage politique d'un ordre 6leve ct don't le parti travail-
liste n'a pas fait montre jusqu'i present. Le Washington
Post propose que les U.S.A. acceptent de ne pas s'opposer
aux contingentements d'importatiooi que la Grande-Bretagne
desire imposer malgri la discrimination qu'ils pourraient
entrainer au detriment des U.S.A.
Un editorial du St. Louis Post Dispatch critique l'orga-
nisation industrielle de la Grande-Bretagne et prdconise que
<< le gouvernement travailliste nomme une commission pour
determiner les moyens d'accrottre l'initiative ct 1'efficience
de l'industrie britannique... I1 a tbi prouv6 que la simple
nationalisation de 1'industrie ne produit pas de miracles ,.
Dans le Baltimore Sun, Owens 6crit : Apparemment,
deux conditions doivent 6tre remplies si la Grande-Bretagne
vent regagner ses positions. L'une est qTr'elle retrouve la
volontd decisive de se reliever et ]'autre est que la stability
&conomique i 1l'tranger soil r6tablie >. II note Pappel de
M. Bevin aux mineurs anglais et constate que le plan
Marshall n'avance qu'ayee beauc.oup de. peine et que son
avenir est incertain. II conclut : t Qu'arrivera-t-ill si la
crise anglaise continue ? La rfponse aura une grande
influence sur la position amnricaine en Europe. Le probl6me
anglais est un problem amiricain. ,
Les frtres Alsop s'attendent a ce que le cabinet britannique
ordonne le retrait des troupes en GrBce et la reduction des
contingents anglais en Italie et ils ajontefit : << e gouver,






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANG RiR


nement amdricain a 4t6 averti depuis longtemps de ces mou-
vements eventuels, mais de tells measures au moment ohi
le Kremlin pent tenter une nouvelle pression sont des plus
inopporunes. s
3. Questions allemandes
La reaction franqaise i la declaration de M. Royall, mi-
nistre de la Guerre, est signal6e de Paris. Elle montre le
trbs grand 6tonnement des fonctionnaires frangais quand ils
ont appris que M. Royall .avait declare que Its U.S.A
n'etaient pas obliges de consulter les Frangais av;ant d'ac-
crottre le niveau de la production allemande. Les corres-
pondants de Berlin precisent que le general Clay a recu de
Washington des assurances quae sa grance des affairs alle-
mandes n'dtait pas critiquee et Vis ajoutent en general.
comme le dit le correspondent du New York Times, qu'on a
fait savoir au general Clay que tant que les Frangais se re-
fuseront i joindre leur zone a la zone anglo-am6ricaine, ils
ne pourront pas recevoir de garanties d'obtenir un role
dans 1'6tablissement des niveaux industries des zones bri-
tan'nique et americaine. Ce correspondent du New York
Times note toutefois que les declarations de M. Royall ont
ajout6 & la confusion puisque, dit-il, les implications du
message envoyE au general Clay different de l'impression
laiss6e par I'annonce frangaise d'une promesse faite par le
general Marshall que la France participerait alu conversa-
tions sur les niveaux de la production allemande.
Les correspondents amiricains en Ruhr signalent que le
Landtag de Westphalie a vot uine resolution demandant
que les mines de carbon soient renducs A la respousabilit6
allemande. Le correspondent dip!omatique du New york
Times de Washington indique A ce sujct quelele plan ame-
ricain pour les mines de la Ruhr prevoit que l'adIrinistra-
tion de ces mines sera confide a 1'autorit6 allemande a pour
un temps suffisamment long afiu que les administrateurs
allemands puissent en toute security accomplir IeuT tache ,.
Ce plan s'opposerait h 1'internationalisation de la Ruhr et A
toute id6e d'une autorit6 international pour cette region.

4. Plan Marshall
La press continueCa discuter Ie plan Marshall. Yves, dans
le Baltimore Sun, estime que la seule, condition pour que
les U.S.A. donnent leur aide i l'Europe est que celle-ci orga-
nise sa production d'une fagon efficient.
De Gen6ve, le correspondent du New York Times rapporte
que des conversations entire fonetionnaires anglais et fran-
gais ont eu lieu A Evian et qu'elles visaient A coordonner
1'attitude frangaise aux conferences 6conomiques de Gen6ve
et de Paris. I1 6crit notamment : ( Les Frangais sont con-
vaincus que, pour obtenir I'appui du people et du Congris
amdricain pour 1'aide, amdricaina is 1'Europe, il sera neces-
saire que les Etats europ6ens produisent quelque chose de
spectaculaire 2 et ajoute que ce pourrait 6tre I'union econo-
mique de 1'Europe occidentale a la condition toutefois que
la Grande-Bretagne puisse y participer sans mettre en danger
ses relations 6eonomiques avec ses colonies et ses dominions.

5. Nouvelles de France
Un article du New York Herald Tribune de Paris signaled
le discours de M. Ramadier sur le dirigisme dconomique.
M. Callender, dans le New York Times, consacre son article
A I'etude des positions prices dans le domain extdrieur par
de Gaulle et le gouvernement francais I1 constate que le
general a pris une position sans Lquivoque de rapprochement
avec les U.S.A.
L'artiele paru dans l'Adition du New York Times de
dimanche consaere a la situation dans les pays europeh-S
brosse un tableau sombre de la situation frangaise qu'i est
resumee de fagon suivante : a En some, il existe une crise
de confiance parmi les Frangais, manque de conflance dans
la monnaie, dans le gouvernement, dans 1'avenir et dans
les Frangais eux-memes .

a) L'O.N.U. ET LA SITUATION EN INDONASIE (New York
Herald Tribunle, 4/8) :
< ...II faut rem.arquer que, dans le cas de 1'Indo'n6sie,
les Nations Unies ne se sont pas pronone6es et n'ont


pas essays de le faire --- sur aucune des questions fon-
damentales qui 6taient en litige. Tout en acceptant de
cesser le feu, les Hollandais refusent d'accepter la va-
lidit6 16gale de toute intervention des Nations Unies. La
Rbpublique indonesienne n'est tas sfire qu'elle pourra
faire respecter ses propres ordres de cesser le feu, s
moins que les Hollandais n'dvacuent la totality des ter-
ritoires occup6s au course 'des r6centes operations, et il
est clair que tes derniers n'ont pas l'intention de le
faire. Telles sont les questions fondamentales en litige.
II est evident que si les Hollandais admettaient l'auto-
rit6 de I'O.N.U., leur position serait d6flnitivement af-
faiblie et que, d'autre part, si les Republicains ne peu-
vent pas obliger les Hollandais A 6vacuer les territoires
nouvellement occupies, ils auront en fait perdu la cam-
pagne. Comme dans la champagne elle-m6me, l'issue 'du
conflict d6pendra de I'equilibre des forces en presence.
L'O.N.U. n'est pas intervene dans le conflict lui-
m6me; elle a plut6t essay de concentrer attention du
monde de fagon a maintenir la lutte sur un plan de
discussions rationnelles et a 6viter la guerre. Si cette
ligne 'de conduite semble pusillanime, nous devons nous
rappeler qu'il nous a toujours sembl6 pr6flrable de
traiter de la m6me facon les problemes serieux soule-
v6s 'dans notre vie national, et surtout les litiges du
travail...
Si ]'O.N.U., delaissant les probl6mes compliques que
constitute institution d'une legislation universelle on
d'un gouvernement mondial, peut agir aussi vile que
dans ce cas pour reconcilier les adversaires, pour arre-
ter les fusilla'des et encourager I'adoption de solutions
rationnelles, elle aura accompli une grande tSche... >

b) LA SITUATION INTARIEURE EN ALLEMAGNE (New York
Herald Tribune, 5/8, edition europ6enne):
< Selon certaines d6peches de press en provenance
d'Am6rique, on a de plus en plus l'impression que
I'aide economique accordee a 1'Europe 6quivaut o A je-
ter de 1'argent dans un trou A rats ... > En fail, les
isolationnistes parent du plan Marshall comme de
a l'op6ration Rathcle >. Un observateur qui est A
Francfort depuis quelque temps est presque tent6 d'ac-
cepter la declarations du g6n6ral Robert E. Wood, selon
laquelle l'Europe occidental est a finie >... IlIressort
clairement des r6centes declarations faites a Francforl,
A Berlin et A Moscou, par des porte-parole communists
autoris6s qu'eux aussi sont d'accord avec le g6n6ral
Wood pour pr6ten'dre que les Etats-Unis devraient res-
ter compl6tement A l'6cart d'une Europe qui a vdcu.
Les cominunistes sont tout pr6ts A accepter la respon-
sabililt de s'occuper de ces nombreux < trous a rats >.
Cette semaine, a Francfort, les chefs communists lo-
caux, Walter Fisch et Leo Bauer, ont declare publique-
ment que les dollars amiricains avaient aid6e reliever
1'Allemagne au course des annees 1920 et suivantes, mais
que ces credits avaient en m&me lemps permis 'acces-
sion des nazit au pouvoir. C'est 1A le commencement
d'une champagne destin6e A 'discrediter aux yeux des Al-
lemands un programme d'aide &conomique am6ricaine,
tout au moins en ce qui concern l'ouest de l'Allema-
gne. En r6sum6, la v6h6mence surprenante et la con-
centration de leurs attaques sur l'aide am6ricaine en-
visagee r6velent indirectement, mais clairement, com-
bien les communists craignent la portde de cette aide
dans le 'domaine politique.
La strat6gie communist apparait a la fois comme
simple et fondamentale. Plus 1'Europe occidental et
l'Allemagne occidentale resteront dans une situation
6conomique pr6caire, et plus les communists auront
de chances de pouvoir exercer un control politique.
Ils misent sur le chaos 6conomique, politique et moral,








fiULLErI! QUOTIDIEN DB PRESSE 9TRAN4RE 5


Aux elections, les communists .arrivent au quatrieme
rang des quatre grands parties politiques existant en
zone americaine. Cependant, ils constituent le parti le
plus actif sur le plan politique et pour la propagande...
Ils font des efforts serieux et intelligenLs pour rallier
les 616ments 'ddsherites et ndglig6s, tels que les r6fu-
gigs en provenance de l'Allemagne oriental, les Alle-
mands des Sud6tes expulses de Tch6coslovaquie et les
prisonniers de guerre sans foyer... Comme dans la zone
russe, les communists sont prets A former les yeux
,sur le passe d'un nazi a condition qu'il se montre de-
sireux d'entrer 'dans le parti ou de travailler pour l'ui.
Les communists n,e se laissent pas embarrasser par la
haine que peut entrainer un programme de denazifica-
tion pouss6 a l'extrmme. Ils sont simplement prets a
rester A l'6cart et A denoncer ceux qui ne presentent
aucun interet ni aucune utility pour le parli.
On doit cependant reconnaitre, pour etre just envers
les communists, qu'ils n'ont pas Wet les seuls a faire
un instrument politique de la denazification... Pour
brosser un tableau g6ndral, il apparait qu'aucun autre
grand parti politique n'a fait preuve d'une initiative
quelconque ou n'a suivi de politique pratique pour
eveiller l'interft 'd'Allemahds et d'Allemandes apathi-
ques. Une enqutte partielle menee dans l'Etat de Bade-
Wurtemberg aupres des industries se trouvant a la
tte d'entreprises de moyenne importance a r6v616 qu'on
etait de plus en plus sceptique sur le programme d'aide
am6ricaine.
Les industries craignent .que les Amnricains ne par-
tent bient6t et qu'il ne soit alors 'dangereux d'8tre con-
sid6r6 comme l'un de leurs < collaborateurs > lorsque
l'influence russe, s'il en est ainsi, vient remplir le vide
ainsi cre6.
Dans toute 1'Allemagne occidental, du moins parmi
les gens senses, on pense de plus en plus a une lutte
entire 1'Amnrique et la Russie pour la domination de
1'Europe occidentale'
Pour l'Allemand de l'Ouest, il semble que les Am6ri-
cains se soient lances 'dans une voie oi ils ne pourront
reculer sans subir une d6faite politique important. Et
si le CongrBs am6ricain cessait de jeter de l'argent dans
les < trous A rats ), ainsi que le demand le general
Wood, les Ambricains pourraient bien alors construire
des retranchements, lorsque la lutte politique entrera
dans sa phase dernirre et critique. >
(EDWIN HARTRICH.)

c) LA SITUATION POLITIQUE AUX ETATS-UNIS (New Ykork
Herpld Trilbuine, 5/8, edition europ6enne) :

< ...La candidature A la prdsidence du senateur Ro-
bert A. Taft est devenue officielle... Les discours que
prononoera le s6nateur Taft au course de son prochain
voyage en Californie permettront de dire si ses vues sur
le plan Marshall sont idUitiques A celles 'du senateur
Vandenberg. On saura ainsi du meme coup si le plan
Marshall sera rapidement accepted, ou s'il deviendra un
probl6me de politique int6rieure. Ainsi, c'est un faith
que l'attitude que prendra le senateur Taft aura en pra-
tique la plus grande influence sur lavenir .de la na-
tiod...
Les s6nateurs Taft et Vandenberg out commence a
se consulter sur les .probl6mes de politique *trangere.
Aussi 1'entourage de Taft croit-il qu'il y a toute raison
d'esp6rer qu'il combattra a c6t6 de Vandenberg h la
prochaine session du CongrBs.
Pour le moment, on prevoit qu'en Californie M. Taft
ne se prononcera pas centre le plan Marshall, qu'il se
montrera partisan d'une federation europ6enne un
de ses plans favors et que, tout en s'inclinant, selon


son habitude, devant les nucessif6s 6conomiques, il
pren'dra une attitude non isolationniste...
D'autre part, il se confirm que le general Douglas
MacArthur pourrait revenir avant la periode des dlec-
tions pr6sidentielles afin de faire progresser l'imp6ria-
lisme de ce pays, et cela ne manquera pas de crier
un a boom MacArthur qui serait reellement un
< boom > Taft dissimul6. Cela pourrait donner une v6-
ritable force au movement dirig6 par le s6nateur Taft
en vue d'empecher 1'6lection de Dewey.
Dans ce 'dernier oas, cependant, an facteur emp&che-
rait M. Taft de prendre une attitude intelligence en ma-
tiere de politique 6trang6re. Le grand orateur du mou-
vement MacArthur-Taft est le colonel Robert R. McCor-
mick... De nombreux supporters de Taft sont de la
meme opinion que McCormick. Ainsi une grande in-
fluence est deja exerc6e pour pousser Taft a se uorsen
ter ouvertement comme un isolationniste. Ces person-
nages ne peuvent cependant s'a'dresser A quel.qu'un d'au-
tre que Taft. Et si Taft essayait de les contender, il
pourrait causer un d6sastre national au prochain Con-
gres, mais il ne pourra jamais surmonter la farouche
opposition des Republicains avanc6s qui s'ensuivrait.
Voilh une raison de plus pour que M. Taft suive le parti
le plus sage. >
(JOSEPH et STEWART ALSOP)


III. PRESS SOVIETIQUE

Revue de la press soviHique dIt 4 aoit 19471
Seule la Prauda parait Ic lun'di 4 aoit, Les nouvelles de
1'etranger sont pen no-mbreuses et un certain nombre d'entre
elles 6taient d4jk publides dans les Izvestia du 3 aout.
Au premier plan, deux nouvelles sont h signaler : sur tro.is
colonnes, deux tiligrammes de Belgrade relatent des con-
versations butgaro-yougoslaves, et donnent le texte du proto-
cole sur les decisions adoptees A la conference et la ddclara-
tion de M. Dimitrov avant son depart aux representants de la
p2ese. Sur trois colonnes dgalement, cinq teldgrammes ont
trait A la rguerre en Indondsie : poursuite des operations
anilitaires, mBcontentemcnt des IndonCesicns 'dovant la deci-
sion du Conseil de Sieurite.
Au deuxieme plan : un tle1gramme announce un meeting
d.u front populaire d6mocratique corn auquel prirent la
parole les chefs des del6gatiofis sovietique et amdrioaine a
la commission mixte. De Berlin, une longue depeche Tass est
intitul6e : itPourquoi le Conseil de contrle n'a pas regu les
premiers ministries des lindcrs allemands ? : et reproduit
le oomnmuniqu6 de l'agence A. D. N. public par les journaux
Sde Berlin.
Parmi les nouvelles braves, on relieve : poursuite de 1'ins-
truction de l'affaire du complot antid6mocratique en Rou-
manie; situation Ides personnel d6placdes au Br6sil; politique
des U. S. A.; exces de la police americaine en Chine; creation
do bases am',ricaines au Canada; arrive au Piree de materiel
d,e guerre am6ricain.



IV. PRESS SUISSE


fa) LA SITUATION POLITIQUE EN FRANCE (La Tribune de
Gen ve, 4/8) :
< ...L'existence du cabinet Ramadier va-t-elle encore
une fois ,se trouver menace lors du congres national
que la S.F.I.O. va tenir A Lyon .du 14 au 17 aoft ?
Ce n'est pas impossible. Une opposition resolue, don't
les chefs sont M. Guy Mollet, secr6taire general 'du parti,
et M. Gazier, ancien sous-secr6taire d'Etat de M. Leon
B'um, consid6rent que < ia situation actuelle ne saurait








0 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ATRANGORE


se prolonger > et demand des resolutions t conformes
A la volont6 des militants, exprimee au congres d'aoit
1946 ,.
En some, M. Guy Mollet et ses amis veulent que
le parti oblige le gouvernement a un renversement de
sa politique : il faut que M. Ramadier applique la tota-
lit6 du programme socialist ou qu'i' 'donne sa d6mis-
sion. On peut se demander toutefois comment le pa-ti
socialist pourrait dbsavouer son propre president du
Conseil, 6tant donn6 surtout qu'aux dernieres assises
extraordinaires de la S.F.I.O., M. Guy Mollet lui-mime
a reconnu 1'impossibilit6 de gouverner avec le commu-
inisme.
Est-ce A 'dire que I'opposition souhaite un nouveau
gouvernement socialist homogene ? On remarquera que
M. Leon Blum s'est prononc6 contre cette solution. fl
a pris la peine d'adresser a tous les deputes socialists
une lettre indiquant les raisons pour lesquelles la
S.F.I.O. a le devoir de rester au gouvernement et de ne
pas inqui6ter M. Ramadier. En revelant des maintenant
sa position avant le congres national, M. Leon Blum a
sans doute jug6 que le danger 6tait assez grave pour
qu'il soit necessaire 'd'influer sur l'attitude des f6ddra-
tions provinciales et de prevenir la formation d'unc
majority hostile au maintien de M. Ramadier.
Certaines fractions. du parti, inquietes de la concur-
rence communist, sont 6videmment d6sireuses de sc
couvrir sur l calcul de provoquer une crise don't les communists
seraient les seu's b6ndficiaires. Dans la bataille de Lyon,
qui promet d'etre chaude, M. Leon Blum aura avec lui,
pour soutenir M. Ramadier, le solide appui de la majo-
rite .du groups parlementaire socialist. 3
(Du correspondent A Paris de La Tribune de
Getnzve.)
b) LA POLITIQUE EXTERIEURE DE L'UNION SOVIETIQUE.
1. Le Jowrnal die Genvie (5/8) :
< ...Dans le domaine politique, la conjoncture est
mauvaise, et si un miracle ne i'ameliore point, il arri-
vera un jour oi la diplomatic, constatant son impuis-
sance, s'effacera devant les militaires. L'espoir qu'elle
avait d'6tablir un monde pacific par l'accord des gran-
des puissances diminue de jour en jour. II semble b en
que l'Union sovi6tique s'est dci'd6e a fire cavalier
seul, i imposer sa tutelle aux Etats que la guerre lui a
permis d'occuper et A cr6er un system economique
ferm6. Ma:gr6 les declarations apaisantes de Staline. ses
dirigeants, imbib6s de leur doctrine, continent a voir
un ennemi possible dant tout pays qualifi6 de capita-
liste. L'action qu'ils menent dans les Balkans est con-
forme aux regies traditionnel:es 'de la diplomatic russe,
mais pour atteindre lcurs buis imperialises, i.s se
servent de moyens revolutionnaires et, par l'entre-


mise d'une minority communist, ils transforment de
fond en comble la structure economique et social de
ces regions.
Pour cela, l'U.R.S.S. a besoin de temps, et c'est la
raison pour laquelle M. Molotov, revenant sur ii-e d(e-
cision prise anterieurement 'par les Allies, .a fait savoir
que le Kremlin ne ratifierait pas les traits de paix
avant 'que les pays vaincus les eussent accept6s...
Seulement, ce monde, malgre sa faiblesse actuelle,
est peut-6tre moins 'd6compos6 qu'on ne l'imagine a
Moscou...
Par sa politique, I'U.R.S.S. s'est aliene les sympathies
que I'heroique conduite de sa population lui avait atti-
roes. 'Et il suffit de constater les reactions de plus en
plus vives de l'opinion anglo-saxonne pour coniprenare
comment, aux Etats-Unis, 1'idee qu'un nouveau conflict
6tait inevitable a pris corps.
Les Etats-Unis ne front sans doute pas la guerre
pour une question europ6enne localisee, A condition
qu'on ne touche pas aux zones oi ils out engage leur
responsabilit6 et oil ils possedent des interets impor-
tants...
Ainsi, un danger immi diat n,'est guere probable
mais les risques cr66s par la politique sont extr6me-
ments serieux. Si, au course des mois prochains, les
rapports russo-ambricains n'6voluent pas dans le sens
'd'une conciliation, ce ne seront plus des avions paci-
fiques qu'on verra dans le ciel.
(RenC PAYOT.)

2. La Tnibtute de Genuee (4/8) :
< ...Le gouvernement sovi6tique s'applique A com-
pliter et A resserrer le r6seau d'accords 6conomiques
par lesquels i .s'est attache tous les pays qu'il a englo-
bes -dans son (< space vital >. II vient ainsi de signer
coup sur coup une s6rie de nouveaux traits de com-
merce avec Prague, Sofia et Budapest, et s'apprete
egalement A en signer un autre avec 1'Albanie. En
meme temps, il pousse A la conclusion de conventions
ana ogues entire ses divers satellites. L'exemple le plus
typique, a cet 6gard, est l'accord p-iss6 rcemmnent
entire la Bu'garie et la Finlande, accord qui ne r6pond
a au une necessitR immediate et qui s'inspire d'une
arriere-pensee essentiellement polifique, toujours la
nmme. I, s'agit de souder en un bloc autarcique com-
pact tous les Etats que 1'U.R.S.S. tient sous sa coupe,
afin d'opposer un front inipenetrable l'expansion des
puissances occidentales.
De ce point de vue, le nbuveau pace 'd'amiti6, de
co laboraiion et d'assislance mutuelle qui lie d6sor-
mais a Yougoslavji et la Bulgarie, marque 6galement
une tape decisive dans la realisation de ce qu'on .ap-
pelle le p an Molotov, par opposition au plan Mar-
shall... >
(Paul du BOCHET.)


S. P. L imp~~ 27, ru~ Nicolo, Parli SUIOGI* Prix 6 Fr'.


S~. P. LImp,. 27, rtw Nicole. Paris 31.3009J


=--


Prix : 6 Fr.




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