Group Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
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 Material Information
Title: Bulletin quotidien de presse étrangère
Series Title: Bulletin quotidien de presse e´trange`re.
Physical Description: dl. 30 cm.
Language: French
Creator: Ministère des Affaires Étrangères
Publication Date: August 5, 1947
 Subjects
Spatial Coverage: France
United Kingdom
Russia
Poland
Germany
Belgium
 Notes
General Note: 1009: gebaseerd op afl. 5605 (1934).
 Record Information
Bibliographic ID: UF00077027
Volume ID: VID00157
Source Institution: University of Florida
Rights Management: All rights reserved by the source institution and holding location.
Resource Identifier: oclc - 72892915
ccp - PA0245063

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SERVMsES FRANCAIS
D'INFORMATION
(MINISTARE DE LA JEUNESSE,
DES ARTS ET DES LETrRBS)

Direction de la Documentation
14-16, rue Lord-Byron, Paris (8')


LA DOCUMENTATION FRANQAISE I


MINISTER
DES AFFAIRES ETRANGERES
SERVICE D'INFORMATION
ET DB PRESS


BULLETIN


DE


5 aofit 1947.


PRESS


QUOTIDEaN.



ETRANGK$JV


Nouvelle Serie No 735


SOMMAIRE

1. PRESS BBITAIANIQUE.
a) La reconstruction de 1'Europe (Observer, 3/8).
b) Le probl6me de la Ruhr (Times, 4/8).
c) La situation 6conomique de la France (Daily He-
rald, 4/8).
(d) Le Conseil dde Securit6 et la situation en Indone-
sie :
1. iDaily Telegraph (4/8);
2. News Chronicle (4/8).


II. PRESS AMERICAINE.
Le Conseil de Securit- et la situation
(New Y'ork Herald Tribune, 3/8).
III. -- PRESSE SOVIrTIQUE.
a) La situation interieure en France :
1. Novoe V'reoia (1/8) ;
2. Prauda 1(3/8).


en Indon6sie


b) Les problimes allemands (Pruwda, 3/8).
IV. PIESSE SUISSE.
a) Apris le discours du g6n6ral de Gaulle a Rcnnes
(Joiuvnal de Genbve, 3-4/8).
b) La politique ltrangbre -de I'U.R.S.S. (Gazette de
Lausanne, 3/8).


I. PRESS BRITANNIQUE


Revuc die lu press brilannique du 3 aofit 1947
*La vedette de la press de ce matin est tenue par les
nouvelles de la crise Bconomique et du programme de res-
trictions de tous genres que. le gouvernement de M. Attlee
se propose d'annoncer i la Chambre des Communes, mee-
credi prochain.
La chronique ext6rieure, par centre, ne donnc i'eu' qu'a
des informations relativement fragmentaires. Les princi-
paux themes sont la situation en Palestine, 1'Allemagne et
la situation en Indon6sie; enfin, quelques commentaires sont
consacr6s par les journaux i la c6r6monie qui s'est deroul6de
hier A Saint-Nazafre, en commemoration du raid du 28 mars
1912.


1. Palestine.
Le Sunday Times indique qu'un movement se dessinerait
au sein de la population palestinienne en vuc de timettre fin
a l'activit6 terrorist i la suite du meurtre des de.ux sous-offi-
ciers britanniques 'et de la condemnation portte centre cc
meurtre par le Grand Rabbin, le CoGl|it6 ex6cutif de 1'Agence
juive et le Conseil national- juif.
Il relive I'importance de ce movement en ajoutant tou-
tefois que tout au moins au debut il devra vraisembiable-
ment .se limiter a une tactique d'obstruction; il ajoute que
bien que les dispositions envisages en vue de l'applioation
de la loi martial soient d'ores et d6jis entiLrement mises
au point, 'e gouvernement en retardera sans doute l'appli-
cation jusqu'au dernier moment en vue de donner h la
communaut6 juive le temps ct la liberty d'action necessaires
a ses efforts de pacification. Kevin Hyland, dans l'Observer,
faith egalement 6tat de rumeurs analogues ct 6crit que les
,mcsures de, sv6rit6 ne serviraient a rien aujourd'hui. Beau-
coup depend de L'attitude prise par le gouvernement britan-
nique dans la question des refugids. Ceux-ci, d'apr6s le
Sunday Express, pourraient etre envoys dans un des terf'i
toires britanniques situds sous les tropiqules s'ils continuaient
a refuser de d6barquer cn Franc."
2. Allemagne.
L'Obs-erver announce que les conversations anglo-amdrieaines
sur la Ruhr d6jh plusieurs fois ajou'rn-es ne commenceront
qu'au dbhut de la semaine prochaine et qu'elles coimprenlid-
dront des discussions sur ton's les aspects du problem, y
compris le ravitaillement et la situation de P'habitat. 0 H.
Brandon, reprisentant h Washington du Sunday Times, in-
diquc par centre qu'il est peu vraisemblable que ces conver-
sations debutent avant le milieu d'aofit. La raison en serait
d'apres lui le refus amiricain de discuter I'aspect financier
du probl6me de la Ruhr qui est pour le gouvernement bri-
lannique d'importance primordiale. I1 ajoute que bien que
la Grande-Bretagne ait dejit donn6 l'assurance aux Etats-
Unis qu'elle .est dispose A ajourner la nationalisation des
industries de la Ruhr, les Amiricains hdsitcnt s6rieusenent
a assurer sur une base plus large des engagements financiers
au profit de la Grande-Bretagne, compete tenu de l'effet fa-
cheux qu'une semblable measure aurait sur son opinion pu-
blique.
3. Indonesie.
Le Reynold News indique que !e gouvernement rdpu'blicaln
indon6sien a annonce hier qu'il 6tait en plein accord avec
la proposition du Conseil de SkcuritW des Nations Unies
d'interrompre imm6diatement les hostilitis. Ii ajoute que
dans une declaration radiodiffusBe par la radio de 7ogja-
karta, les r6publ'icains ont exig6 comme condition le retralt
des troupes des deux bellig6rants derriere la ligne de d6mar-
cation fixte en octobre 1946. De son oBl6, le correspondent


_ _







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESSED ATBANGARE


special de l'Obseruer fait 6tat d'un d6clin sdrieux de ren-
thousiasme populaire pour le gouvernement republican qil
explique les succ&s rapides enregistres par les troupes hol-
landaises. Cette impopularitd serait due aux mddiocres rd-
sultats enregistres dans 1l domain conomique par les r6-
publicains, notamment dans le dqmaine de l'approvisionne-
ment .n riz et en coton. ,
4. Balkans.
L'Observer indique que les gouvernements yougoslave et
biflgare ont annonc6 ce soir la signature d'un pacte d'assis-
tance multiplied et de cooperation politique, economique et
culturelle. L'accord prdvoirait l'dlimination des visas d'en-
tree et de sortie entire les deux pays, 1'approbation mixte de
tos .les domaines situbs le long de la frontiere commune
a un taux fixe de change et une dventuelle anion doua-
ni6re.
5. France.
Tous les journaux relatent la c6r6mnonie qui s'est doroulee
hier a Saint-Nazaire en commemoration du raid britannique
du 28 mars 1942 et des 250 membres du commando britan-
nique morts au course de ce raid. Ils font Atat a ce sujet
des paroles prononc6es par M. Ramadier en l'honneur des
survivants qui furent les premiers I renti'e 1'espoir a la
France. 11 souligne le caractere d'emouvante simplicity qu'a
pris cette manifestation de fraternity d'armes franco-bri-
tannique.
Revue de la press brilannique du 4 aoft 1947
Bien que leo Times et le Daily Express fassent passer au
second plan les dvdnements d'Indondsie, le Daily Mail les
incidents de Palestine, ]a plus grande parties de la press
continue a s'int6resser avant tout aux difficulties 6cononi-
ques et aux projects mis en ceuvro par le gouvernement port
y fair face.
Certains jouracux envisagent le probl6me sons son a,-
pect ext6rieur. C'est ainsi que le Times public une tongue
d6p6che de son correspondent a Washington, qui 6tudie les
reactions de l'opinion am iricaine A Y'6gard de la crise
britannique et met particulibrement en evidence les criti-
ques don't la politique socialist du gouvernement anglais
est 1'objet aux Etats-Unis, le correspondent du Daily Tele,
graph a Washington attire ?'attention de sos lecteurs sur
l'entretien que M. Clayton aura cette semaine A Paris avec
I'ambassadeur des Etats-Unis A Londres; il croit savoir que
M. Marshall est pleinement conscient de la gravity de la
situation en Grande-Bretagne et plus encore en France et
prendra la parole avant le 15 aoAt pour ajouter quelquoes
pr6cisions A son discours de Harvard.

1. Inaonesie.
Toute la press announce que le gouvernement hollandais,
s'inclinant devant la decision du Conseil de SUcuritd, a donnd
a ses troupes 'ordre de cesser le fell'.
Plusieurs journaux aaalysent Lu rdsument Ic message pro-
nonce a la radio a cette occasion par le Dr. van Mook. Une
parties de la press rappelle toutefois que les republicaini
ont pose come conditions A la cessation des hostilities le
retrait des troupes hollandaises sur le positions qu'elles
occupaient avant les dernieres operations do police.

2. Palestine.
La plupart des journanx signalent de nouveaux incident'
sanglants en Palestine et des manifestations antisdmites a
Londres, A Manchester et a Liverpool. Les nouvelles menaces
de l'Irgum sont particulierement mises en evidence par ic
Daily Mail.
Plusieurs journaux publient a nouveau des depeches rela-
tives aux migrants qui sont toujours devant Port-de-Bouc.
La plupart des correspondents assurent que ces emigrants
sont actuellement mieux nourris que les troupes britanni-
ques qui les garden, grAoe aux efforts de l'Olice franais
d'entraide.
Le correspondent du Times estime que P'opinion frangaise
fait preuve a 1'Agard du point de vue britannique d'une
c'dIpr~henS'ioBd p lufs grande flre Ja presse.


Plusieurs correspondents souliguent les relations amicales
qui r6gnent entire les migrants et les soldats anglais.
3. France.
SLa plupart des journaux publient des ddp6ches relatives
A la cer6monie commemorative de Saint-Nazaire. Le corrW-d

pondant du Manchester Guardian note que cette manifesta-
tion de L'amitiA francobritannique a eu lieu an moment
mime oh la politique anglaise est Pobjet, en France, des
critiques les plus vives qu'cllo ait eu A subir depuis la lib4-
ration.
Une parties de la press signal d'autre part que le gou-
vernement frangais a refuse d'approuver les terms de P'ac-
cord conclu entire la C.G.T. et la Confederation du Patronat
en matidre de salaires et de prix.
Pour le correspondent du Manchester Guardian A Paris,
il semble que le gouvernement craigne que 'accord qui vient
d'etre conclu n'ait le mime resultat que la conference de
1946... de nouvelles graves seraient un mal moindre que
celul de Pacedl6ration de la hausse des prix qui est ddja
commencee. 11 est regrettable que le pcuple ait ddjA fond6 un
grand espoir sur cet accord.
Du discours pronounce hier par M. Ramadier, le Daily
Telegraph met en evidence l'hommage rendu par le president
du' conseil A la discipline du people britannique. Le Daily
Express, I'appel exhortant le peuple frangais h s'imposer A
lui-m6me pendanft une generation une discipline tout aussi
strict.

4. Allenmagne.
La press public 4 nouveau des d6peches relatives A Ia
formeture des usines Askania dans le secteur amdricain de
Berlin. Le correspondent special du Manchester Guardian
consacre une longue ddpiche a la resolution vote par le
Parlement du Lander de la Rh6nanic et de La Westphalie du
Nord pour reclamer le retour des mines de la Ruhr aux
Allemands et leur socialisation.
Cette resolution est mentionna6o galement par le corres-
pondant du Daily Herald.
Les correspondents particuliers du Daily Telegraph et du
News Chronicle reviennent sur l'ouverture prochaine des
conversations de Washington sur la Ruhr.
S'il faut en croire Le Daily Telegraph, elles seraient A nou-
veau retardees par la repugnance des Americains A discuter
P'aspect financier des measures dent les Anglais ddsireraient
la discussion.
D'apres celui du News Chronicte, les Anglais auraient fini
par se rallier de bonne grAce an point de vue amerioain.
Le correspondent du Daily Telegraph A Paris signal
t l'indignation provoqude dans les milieux officials frangais
par les declarations faites A Berlin par le secrdtaire ameri-
cain A la guerre *.
Le Times et le Manchester Guardian consacrent dls- iti-
cles important A la politique allemande de la France, telle
qu'elle paralt A 5a lumnire des dernitrs debates de lAssem-
blee national.
Les deux journaux s'expriment sur un ton sympathique A
. Plgard de la France et emettent !.'opinion que la possibility
d'un rapprochement entire les point de vuw fiangeais et bri-
tannique apparait maintenant plus nettement.
L'editorial principal du Daily Telegraph porte sur les dif-
flcultes que rencontre administration britannique en Afle-
magne par suite des dissensions eatre lea puissances ocun-
pantes.

5. Balkans.
La plupart des journaux publient des extraits des decla-
rations faites par M. Dimitrof et par le marechal Tito a
'occasion de la signature du pacte bulgaro-yougoslave. Le
correspondent dur Daily Telegraph a Paris se demand si
1'on ne va pas assister dans les deux pays a de notveaux
efforts pour ecraser definitivement I'opposition. Le correspon-
dant du meme journal A AthBnes signal 'inquiitude qui
r6gne dans cette capital oh Pon se demand si le padte
ne content pas des clauses secretes dirigees contre la Gr6ce.
Le correspondent diplomatique du Daily Worker, insistent
particulhfrement sur les aspects 6onomiuee du pacte, note
que e les deux pays coopireraicnt dLroiti.me'it on c# q,






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS tTRANOGRE I


concern les provocations du gouvernement r6actionnaire grec
sur leuTs frontieres ,,.
6. Indes.
La press announce que le roi d'Angleterre a approuve Ia
designation de gouverneurs dans difflrentes provinces dul
Dominion de 'Inde et du Pakistan. Des incidents sanglants
sont signals dans le Penjab.

7. Madagascar.
Le Manchester Guardian analyse I'article public par ie
repr6sentant du British Weekly, qui aurait assist a la
rebellion de Madagascar. L'auteur de cet article s'intdresSe
partioulierement aux aspects religieux de la situation ac-
tuelle et notamment a Fimportance des survivances de cultes
locaux.
8. Negociations franco-polonaises.
Le correspondent du Times a Paris consacre une breve
d6peche aux premiers resultats de ces conversations : a On
ne s'attend pas, 4crit-il, A conc!ure definitivement avant le
mois d'octobre.

a) LA RECONSTRUCTION DE L'EUROPE (Observer, 3/8, con-
servateur) :

< Les propositions constructive visant A 1'6tablisse-
ment d'un plan commune europ6en et a une entr'aide
europ6enne, pr6conis6s par M. Marshall, ont 6te sou-
mises A la Conf6rence.
Les propositions faites par le group Benelux (Belgi-
que, Pays-Bas et Luxembourg) et qui seront discut6es
mardi prochain par les seize experts financiers, deman-
dent que les nations reprdsent6es A la Conference s'em-
ploient A restaurer la liberty des changes mon6taires
et A rendre possible la conversion de leurs monnaies
respective en or et en dollars am6ricains...
VoilA qui implique l'intcrd6pendance des monnaies
de pays don't la stability coonomique' interieure est
extremement variable. Depuis le d6but, des reserves im-
portanties ont Wt6 formul6es sur 1'6ventualit6 d'une par-
ticipation de ]a GrAce. Mais les v6ritables probl6mes
sont constitu6s par la France et l'Italie, 6tant donnA que
I'union europeenne former par les nations repr6sent6es
A la Conference Aconomique europ6enne aurait peu de
seas sans la participation de ces deux puissances...
Ce que craignent le group Benelux et ,d'autres d616-.
ga.tions, c'est que l'aide offerte par M. Marshall soit
d'abord apport6e a la France pour la tirer d'une situa-
tion qui est le resultat de sa propre politi.que d'infla-
lion, et que de ce fait les pays qui ont fait eux-memes
un premier effort te trouvent 1s6s. >>
(Du correspondent de l'Observer a Paris.)

b) LE PRO1BLEME DE LA RUHR T(Times, 4/8) :

< ...Comme le constatent les Francais, les buts pour-
suivis, qui apparaissaient si nettement au debut, s'es-
tompent peu A peu, exactemment .comme cela s'est pro-
duit aprcs 1918, et I'aide occidentale vient maintenant,
comme alors, au secours des industries allemandes sans
lesquelles, soulignle-t-o9 une fois de plus, les reparations
ne peuvent 6tre payees. Des souvenirs malheureux in-
quietent les Francais. Ceux-ci m6ritent d'etre rassur6s.
Cependant, 1es paroles de M. Bidault font plus que de
jeter 1'alarme. Elles contiennent l'6nonc6 du principle
qui peut et qui doit perme.ttre de rassurer la France,
aussi bien qu'irl peut *et doit servir de base A la coop6-
ration entire allies. II est evident pour la Grande-Bretagne
et les Etats-Unis, qui ont dbjA support de lourdes char-


ges, qu'il faut redresser l'Allemagne 6conomiquement
et lui permettre de contribuer pleinement, par son tra-
vail, au relbvement de 1'Europe. Pour la France, la nd-
cessitb primordial est la s6curit6, et dans les terms
< pour le bien de 1'Europe, mais sous le contrble de
l'Europe >, on peut trouver les bases .d'une confiance
mutuelle et d'une politique commune. >

c) LA SITUATION ECONOMIQUE DE LA FRANCE (Daily He-
rald, 4/8, travailliste) :
gne, se ressent fortement des effects de la p6nurie mon-
,diale de dollars, et une comprehension amicald des dif-
ficult6s actuelles de la France nous aiderait A voir les
n6tres sons leur vrai jour.
Placee comme nous devant la n6cessit6 d'une recons-
truction social, attendue depuis longtemps, h un mo-

ment oi la guerre a engendr6 une grande faiblesse 6co-
nomique, la France aussi a 06t cruellement atteinte par
la p6nurie de dollars au course des trois derniers mois.
En v6ritA, en ce moment mime, la crise qui touched sa
balance des paiements est encore plus grave que la n6-
tre. La France doit computer en parties sur sa reserve
d'or, qui s'616ve A environ 150 millions de livres, alors
.que la n8tre est d'environ 600 millions de livres, et, au
rythme actuel des depenses, la France aura 6puis6 cette
reserve dans deux mois environ.
En France, le problktne a 61t serieusement aggrav6
par les exc6s de l'inflation, qui ont d6pass6 de loin les
maux que ce pays a subi jusqu'ici. Avec une circula-
tion fiduciaire qui d6passe de 30 % celle de ]'an der-
Snier, et le relachement partjel du contrBle des prix, le
gouvernement frangais se trouve dbs maintenant place
,devant une situation semblable a celle que nous devons
pouvoir 6viter si nous agissons des maintenant.
II est 6galement evident, en dehors de toute discus-
sion, que le rel6vement de la France, comme celui de
la Grande-Bretagne, s'av6rera impossible si l'octroi de
dollars prend .d6finitivement fin cet hiver. La tAche im-
m6diate qui s'offre aux deux pays est de franchir la
phase critique des six prochains mois, en attendant que
les propositions Marshall aient eu le temps de prendre
corps. >

d) LE CONSEIL DE SCURITFI ET LA SITUATION EN INDONI-
SIE.
1. Daily Telegcrph (4/8, conservateur) :
< En lib6rant les principaux chefs republicains qui
6taient entire ses mains et en donnant aux forces hol-
landaises l'ordre de cesser le feu cette nuit, le docteur
Van Mook, gouverneur general des Indes N6erlandaises,
a laiss6 la voie ouverte a une mediation am6ricaine.
Comme il l'a soulign6 dans sa declaration radiodiffus6e,
le gouvernement hollandais ne reconnait pas au Conseil
de SecuritB le droit legal d'intervenir en Indon6sie qui,
juridiquement, lest encore possession hollandaise. Mais
le gouvernement hollandais a eu un geste aussi habile
que courtois en c6dant a la pression du Conseil de S6-
curit6, car il a'fait ainsi porter aux r6pub'icains la res-
pon-sabilit6 d'une non observation possible de 1'ordre de
cessation des hostilit6s...
Le gouverneraent hollandais, apris quelques h6sita-
tions de d6but, a montr6 beaucoup de bonne volont6
pour s'entendre avec les chefs r6publicains. Si le doc-
teur Sjahrir le seul chef qui ait montr6 des qualities
d'homme d'Etat n'avait pas Wte 6cart6 du pouvoir
par les extr6mistes, il est presque certain que les hosti-
lit6s n'auraient pas e6t rouvertes par les Hollandais il







4 BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARP2


y a ine quinzaine de jours. Meme alors, Panarchie 6co-
nomique et 1es attaques don't ilaient viclimes les Ptran-
gers habitant dans les territoires sous contrOle r6publi-
cain, nurnient' demand de un remide. Pour son propre
bien, coniic pour ]e hipn du monde enter, qu'elle de-
vrait conl.ribuer Ai ravitailler, 'Ilndonesic a un Iesoin
urgent de paix. Cependant, ses habitants devront trou-
ver et garder un esprit plus construcrif quo clii qui
cons-iste A d6noncer les Hollandais et ih d(iruite les
ports, los puts de pEtrole et les plantations. >

2. News Chronicle (4/8, lib ral) :

< Parini les anis de la Hollande, aucun ne sers plus
hcureux que le people britannique en apprenant que ce
soir le << cessez le feu >> aura sonni en Indon6sie.
La guerre n'aurait jamais dti commencer en Indond-
sie. En fin de compete, celle-ci n'a iet rien d'autre que
le prelude r6actionnaire it une procedure d'arbitrage
qui n'aurait jamais dfi etre evitie...
Maintenant, voici venue l'heure de 1'6pre.uve rdelle. La
conduite ,des deux parties, pendant et apb's les ndgocia-
tions qui vont maintenant commencer, uetet.minera dd-
finitivement la measure dans laquelle leurs bonnes in-
tenlions 6taient rbelles. >


II. PRESS AMEIIICAINE


lRetne dtl la prcsse oidnricainc dn 2 anout 1947
1. Indonf'sie
La decision prise par le Conscil de S'curit, de deniander
niux gouvcrnements hollandais el ind lon-si- n d.. q cess .r im-
m6diatemcnt les hostilitC.s ct de rdglcr leur difl'fierd par
1'arbitrage ou par tout autre moyen pacifique est anrioncde en
premiere page des journaux sous gros tires. La Grancte-Bre-
tagne, la France et la Belgique s'6tant abstenucs de voter
cctte resolution, les correspondents politiques de Lake Suc-
cess en donnent dies raisons variees.
Un editorial du., New York Times constate que cette riso-
lution est un Iprbo6dent tres important car pour la premiere
fois, le Conseil. a donn6 l'oodre de cesser le feu. Get LEditorial
estime 6galement que cette resolution prouve que 1'O. N. U.
a le droit d'i'ntervenir dans u-n conflict de cette sorte et il
ajoute que lde ce point 'de vue l'imiportance de la decision est
dvidiente car elle rend 'possible, l'intervention du Conseil de
Seouriitd dans beaucoilp d'autres rigioens < qui sont .encore
ldans le crcpuscuale d'un colonialism mourant, en particular
en Indochine et au Marone, nmais aussi peat-dtre, i: Guam et it
Porto-Rico. Malgre cela, nous croyons qu'il y avait des rai-
sons dlmninantes pour que le Conseil assurilt In jurisdiction
suri un conflict pqui pourrait s'itentdre. ,
2.. Queslions tallemandes

De Berlin la pwiesse announce en premiBre page ct srus de
gros titres que le Gouvernement militaire amrricain a dd-
convert de ,grandes quan-tit6s .de materiel .de guerre non d.d-
elar6-eLs qui itaient manufactures -t stockies, dans delix
grades usines de la zone ameiricaine de Berlin. Ge inmit.riel
6tait destiny ih une puissance .trangere > que I'annonce
officielle neo ddsigne pas spicifiqucment mais que les corres-
pondlants amnricains d(leclarcnt itre l'Union sovi.tique.
Un lecteur du ANe'') York Times envoie une long'ne lettre
reproduite sur la page &litoriale au sujet de la politique
anmiricaine tde -redressement de l'industrie allemande.
Ce lecteur s'itonne qu.'une pricritf' soit donnie i u.tii 616-
ment aussi dangereux qu'e la reconstruction tie l'industrie
allemande. II rappelle d'histoire industrielle du trosieme
Reich et conclut qu'il scra neessaire, si l'on recoi.sthruit
1'industrie allemande, de preparer t l'avance ses inm riches
pour une p&irio'de suffisante et il prcconise que le dc ielop-
pement industrial allemand soit decide en function de 1'ico-
nomie du rest de 1'Europe.
I


Un article de KUH dans. le Chicagio Sun rapporte une pro-
position britannique visant i alliger les frais de l'ocoupa-
tion anglaise' en Allemagne. D'aprbs, ce plan, lesMU'. S. A. et la
Grand'e-lBrtagne continueraienlt i supporter igalenment los
frais dti e zone common, mais Ia (Ga'nle-Bretagne verse-
rait on lives et non en dollars sa participation. Ce compete en
livres serait bloqu6 par le government amiri'cain qui de-
vrait s'engager A transformer ccs lives en dollars, lorsque
la position financire anglai.se le peimnettra ou quand les
exportati-ons allemandes seront suffisantcs pour fournir les
dollars n6cessaires. Ainsi le government amiricain ne sc-
rait pas oblige d'avoir recours au Congrts pour faire une
tell operation et en fait la Grandc-Bretagne bhnificierait
d'une advance en dollars. Selon KUIUH la conversation e:ntre
Cripps ct Clayton permetlrait de discuter cette proposition
britannique.
Dans P. M., UHL se delinande si les conlribuables amiri-
cains actepteront de garantir dcs investissem-ents q'ue Wiall
Street pourrait dtre anmenee i faire en Allemagne pour rc-
dresser I'induistrie allemande. 11 note que didjh la banque
international a fait des suggestions .pour venir en
aide A la Ruhr. D'auitre part, P. public la listed
des personnalit-s allemand-es qui sont encore aujour-
d'hui dans les places do, command dans la ,Ruhr, bien
qu'elles aient rempli dcs. functions importantes dans l'i'ndus-
trie ou' la banquet sous les nazis. (Voici la liste mentionn6e :
Alfred Hugenber, Herman As. Johan Zangen, Rudiger
Schmiidt, Dr Wolf M itz.leben, Johan Benkert, Bruno -Pohl-
mann, Dr Harald Rasch, Helmuth Vits, Dr Reinhold Maier,
Wilhelm Simfendoerfer, Dr Jo-seph Baumgartner, Hans von
Schlange Schoeningen, Gustav Killper, Joseph Beyerle, Wlal-
ter Widmann, Anton Pfeiffer, Minister President Lahr.)
Le Daily Worker pu'blie un article sur la personnaliti de
Forrestal, nouveau serertaire de. la Di fense Nationale, rap-
pclant les postes qu'il a ocou,pes dans lIcs Banques ,de New-
York en particulier dans la fire c General Aniline and Film
Co-rporation >> oil il fut vice-pr6sident adjoint en 1940 ct
1941. Cette firm serait, smuivant le Daily Worker, lice h
a 1'I. G. Farben allemande et aurait et id enoncie par Mo,-
genthau, secretaire du Trdsor, comme favorisant 1'entric aux
U. S. A. d'es;pTons allemands.

3. Italie
La press announce que le Cabinet italien a -d6cidd de di-
valuer la lire de 5 %.

4. Nouvelles de Fratnce

Les correspondents du New York Times -ct du New York
Herald Tribune A Paris signalenit les activities du comitd de
cooperation 6conomique europeenne et en particulier la rd-
solu-tion sur le- prciblime monitaire presentee conjointement
par la 'Belgique, la Hollande -et le Luxembourg, en vue de
faciliter les paiemnents intereurop6ens ct libderer ainsi le
commerce entire Ies Nations curop6ennes, r6duisant d'autant
le montant de 1'aide que l'Europe devrait recovoir des U.S.A.
Le New York Herald Tribune sig'nale la. cc-helusion d'un
accord, sur les salaires et les prix sntre la C... G. T. et le
Conseil national patronal.

LE CONSEIL DE SECURITrE ET LA SITUATION IN INIDONI-
SIE (New Yo'rk Htrald Tribune, 3/8) :

< La decision prise par le Conseil de Sicurite de
1'O.N.U. d'inviter les Hollandais et les Indon6siens i
cesser aussi.tbt les hostilities, et a rggler 1eurs differends
on ayant recourse .i I'arbilrage ou d'auilres nmovens po-
cifiqucs, a constitu& une vicloire pour ceux qui luttent
pour l'6tablissement d'un monde pacifique. Celte di'ci-
sion devrait don.ner lieu I lune acceptation inmmnelidiale
et sans reserve de la part des deux parties. Tout delai
on atermoienieit devrait ditre condamin6 aussit6t par le
(onseil de Sdcuritl et par laut organism qui soutient
les principles qui sont a la base des Nations Unies.
L'action entreprise par le Conseil de Securit6 est des
plus reconfortantes pour ceux qui croient en de tels







BULLETIN QUOTIDIIN DE PRESS ATRANGARE 5


principes... II est viaiment heureux que la version amA-
ricaine plus simple de la resolution premiere pre-
sentee par l'Australie, ait 6t& assez bien r6dig6e pour
rccueillir huit suffrages au Conseil, y compris ceux des
Etats-Unis et de la Russie, et pour ne pas etre arrit6e
par les deux puissances qui s'6taient fortement 6lev6es
centre elle et qui disposaient du droit de veto : la
Grande-Bretagne et la France. II a dfi etre difficile pour
les Anglais et les Francais de s'abstenir de faire usage
de leur droit de veto. Les Francais pouvaient manifes-
tement s'attendre Ai ce qu'une resolution semblable soit
soumise an Conseil A n'importe quel moment en ce qui
concerne-la guerre en Indochine. Les Anglais ont 616
manifestement inquiets des repercussions que pourrait
avoir cette resolution sur les futurs conflicts pouvant
naitre dans l'Empire britannique. II est tout A l'honnour
des Anglais et des Francais de s'Atre abstenus de voter
au lieu' d'exercer leur droit de veto pour sauvegarder
leurs int6rels personnel. >



III. PRESS SOVIETIQUE



Revue de la press sovidtiquer du 3 aolit 1947

1. -- La guerre en Indonesio
Tons les journaux reproduisent id:es t6legramlmes de
I'agence Tass su:r la seance du Gonseil de Seouritd consacr6e
a la question indon6sienne. Le compete rend.u 'met surtout 'en
-relief le point de vue sovidtique. It qualified la proposition
confiant l'arbitrage 'aux Etats-Unis de < tentative pour se
passer de l'organisation des Nations Unies >. La position Idoe
M. Parody est presented comme une manoeuvre ayant pour
but de retarder l'examen du probl6me. Les journaux pu-
blient en outre .un communique~ sur les operations, un autroe
sur le vote par de Parlement hollandais d'un pro-jet de loi
sur 1'envoi de militaires en Ind:ondsie -et des extraits d'un
article .de la revue American Nationl sur < 1'inv'i'table fail-
litc de la politilque hollandaise en Indone sie. >

2. Le problem aVltemand

La press public deux tdlegrammes important d.e Berlin.
L'un reproduit le comnmuniqu6 del administration militaire
soviitique en Alle-magne .sur la soi-disant interdiction en
zofe sovi6tique du parti socialdemocrate de Shumacher. L'au-
tre reproduit la declaration du Premier Ministre, id:es Lan-
ders de la zone scvihtique transimise au Conseill de Seouri de
le 4 juillet dernier, telle qu'elle est donn6e par les journaux
de Berlin.
La chronique international de la Prravda et consacr6ie
deux notes de Joukov sur 1'Alle'magne (Voir l'article plus
loin).

3. Les prolb'ibmes coiromiques enropyens
Plusieurs tildgrarmmes traitent des divers aspects des proz
blames iconomiques eu'ropiens. Une d6p&che de Paris accuse
les Etats-Unis de s'immisoer dans la vie poli'tique int4riure
de la Turquie ih propos des conversations entire les parties
rdepubilicain populaire et diemoorate turocs.
Un autre t6idgranime public les chiffres sur la dilminuition
l]s exportations americaines. De Belgrade, on announce la fin
des conversations bulgaro-yougoslaves.

4. Le movement ddmocratique dans le monde
Dans. la Pravud une note de Youkov sur le dernier d;is-
cours de de Gaulle est intitulie : De Gaulle enl6ve son
masque. > (Voir Tartiole. plus loin.)


a) LA SITUATION INTERIEURE EN FRANCE.

1. Novoe Vremia (1/8) :
< ...Dans ses n6gociations avec les fonctionnaires, le
gouvernement a employ des menaces, tout comme pen-
dant le conflict des usines a gaz et des stations d'6nergie
6klctrique. A 1'Assembl6e Nationale, seuls les d6put6s
communisles ont d6fendu les fonctionnaires. Pousses
par des considerations tactiques, les socialists s'6taient
tout d'abord solidaris6s avec les communists. Mais ils
ont rapidement battu en retraile et ralli le point de
vue gouvernemental. Et c'est ninsi que l'Assembl6e a
adopt un compromise, et que la F(d6ration des fonc-
tionnaires a renonc6 A la greve...
Le gouvernement a beau multiplier ses manoeuvres
astucieuses, il n'en rest pas moins que le Cabinet actuel
ne peut et ne veut pas trancher les problemes vitaux
de l'Bconomie franchise, ni ameliorer la situation des
masses. M. Ramadier a peur de voucher aux inttrets du
gros capital, et n'ose pas le mecontenter. Il repousse
toutes les revendications des travailleurs...
Les r6sultats des n6gociations directs entire les em-
ployeurs et les syndicats permettent .de voir jusqu'ofi
va la servility des dirigeants du parti socialist, qui se
montrent plus iptransigeants que leurs maitres. >

2. Pravda (3/8) :

( II y a quelques jours, le general a prononc6 A Ren-
nes un discours que la press francaise a caract6ris6
come un prolongement logique 'de la doctrine Truman.
De Gaulle a lanc6 des attaques calomnieuses contre
1'U. R. S. S. dans le style de la press de Hearst. I1 a
proclam6 la champagne contre les d6mocrates, concen-
.trant le fond de ses attaques contre le parti communist
frangais.
I1 faut noter, dans la declaration de de Gaulle, le fait
que la France doit prendre la t6te 'de ceux qui veulent
refaire 1'Europe en utilisant l'id6e propose par les au-
!res, iparticulierement par les U. S. A.
Ainsi le general de Gaulle a d6couvert ses cartes en
pregnant le rble d'agent direct des milieux expansion-
nistes am6ricains. Son discours n'est pas une revelation.
Depuis longlemps, I'opinion publique le connait comme
le clief des forces noires de la reaction. Ce qu'il faut
noter a 1'heure actuelle, ce n'est pas que de Gaulle a
lance des attaques calomnieuses contre les forces 'de la
democratie. Rong6 par I'ambition et r&vant depuis long-
temps de la carrier *d'un Cavaignac, le g6n6ral es-
coinpte parvenir h une dictature personnelle avec le
soutien de ses amis. II n'est pas difficile de voir que
des sorties de ce genre n'augmentent pas les forces du
camp de 'de Gaulle.
De Gaulle a enlev6 son masque. Maintenant, la France
voit ce qu'elle a a faire. Elle a devant elle un merce-
naire americain qui ne refuserait pas d'etre le dirigeant
d'une colonie francaise de Wall Street et de reprimer
cruellement les 616ments democratiques de son pays
comnie le dsirent les milieux expansionnistes des
IT. S. A. >>
(YoUKOV.)

b) LE PRORLEME ALLEMAND (EPrMda, 3/8) :

< Les pourparlers anglo-am6ricains sur la Ruhr, an-
nonces d6jh pendant la Conf6rence de Paris, n'ont pas
encore eu lieu. La raison de ces ajournements rtp6tes,
comme l'annonce la press otrangbre, est que les par-
ties ne peuvent pas se meltre d'accord sur l'ordre du
jour des conversations. Les Am6ricains sont pour l'exa-
men purement technique d'une seule question, celle de






BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS ETRANGARE


l'augmentation de l'extraction du carbon dans la Ruhr.
Les Anglais r6clament l'examen d'un vaste ensemble de
questions, y compris la question d'une nouvelle r6par-
lition des charges des d6penses d'occupation.
SII n'est pas difficile de voir que derribre les conver-
sations inscritcs a I'ordre du jour se cachent les con-
tradictions essentielles qui caracteriseni les interets des
U. S. A. et 'de l'Angleterre.
M. Bevin a reussi A maintenir l'opinion publique de
son pays dans l'ignorance du plan Marshall tant que
celui-ci est rested secret. Ce plan 6tait alors present* A
l'opinion publique come la panache de toufes es mi-
seres, come la vraie formula du salut de l'rtErope.
Mais voila qu'on apprend que les credits ambricains
aux pays dte 'Europe occidental n'tdaient que du vent.
On s'apergoit que le plan Marshall n'est rien d'autre
qu'un nouveau pseudonyme 'du plan Dulles pr6voyant
la revisionr de l'Europe et la creation d'un bloc de l'Eu-
rope occidentale don't la base industrielle dolt itre l'Al-
lemagne de l'Ouest. Le plan Marshall 6tablit pour la
renaissance de J'industrie lourde allemande une prio-
rite par rapport aux Etats 'de I'Europe qui ont souffert
de 1'agression hitl6rienne. I 'n'y a plus de doute que
le plan Marshall consider come sa premiere tAche
d'assurer aux monopoles americains, au detriment des
monopoles anglais, le contr6le de la Ruhr.
A la lumibre de cette situation, on ccrnprend parfai-
tement 1'6moi de l'opinion publique anglaise qui s'aper-
coit que Bevin n'est qu'un e commis-voyageur aimri-
cain >>. 11 est pourtant oblige de louvoyer devant Pin-
qui6tu'de de l'opinion publiquc et il pronounce des dis-
cours amers, allant meme jusqu'A trailer ses maitres
americains d' e usuriers >. Ce ne sont, d'ailleurs, quo
des discours prononces pour la forme. Comme on le
sait, jusqu'a present, l'Angleterre et les U.S.A. ont par-
tag6 par moitie les d6penses de la gestion de 1I, zone
unifibe anglo-ambricaine. Maintonant, le gouverrement
britannique voudrait ,quo les U.S.A. en'dossent 1.1 plus
grande parties des d6penses, bien que I'on sache depuis
longtemps que.'dans cc genre d'affaires, celui qui paie
le plus a le plus de pouvoir.
De toute evidence, les affairs vont mal chez les di-
rigeants de la politique anglaise s'ils acreptent de ceder
leurs positions dans la Ruhr pour obtenir en change
une nouyelle aide en dollars.
(You ov.)



< II y a six jours, l'agence amCricaine I.N.S. r6pandit
la nouvelle que le g6n6ral Marshall avait propose A la
France et A I'Ang.eterre la conclusion d'une alliance
militaire coulre I'agression allemande. L'agence souli-
gnait que la participation ambricaine dans cette al-
liance 'devait soi-disant tranquilliser la France qui, des
lors, ne devrait plus s'opposer .au relevement du niveau
de la production industrielle allemande. La nouvelle
de l'I.N.S. a 6te d(mentie A Washington et A Paris.
Il est clair que ce ballon d'essai n'a pas W6t lanc6
au hasard. De Paris, on announce que les bruits qui ont
circul6 pendant ces derniers jours sur une pro:haine
conference des Trois puissances pour examiner la ques-
tion 'du nivean de la production industrielle de 1'Alle-
magne se confirmeni. Celtte conference sera convoqu6e
en septembre. Ainsi on prepare une nouve'le violation
de l'accord de Potsdam. A vrai dire, des voix se sont
levees dans la press francaise selon lesquelles le
gouvernement francais ne pense pas A r6soudre 1a ques-
lion du niveau de la production industrielle de I'Alle-
magne en 'dehors de l'accord de Potsdam et ne consi-
dbre la conference s6parec des trois puissances que


come une preparation de la session de novembre du
Conseil des ministres des Affaires 6trangBres
Ces considerations ne peuvent tromper personnel. II
s'agit d'une maniceuvre pour endormir la vigilance de
i'opinion publique democratique et lui masquer le r6-
tablissement de la base capital et fon'damentale du
nilitarisme allemand qui constitute la menace s6culaire
de la s6curit6 frangaise et des autres Etats voisi is de
l'Allemagne. Tout le monde se souvient que c'est aprbs
le plan Dawes et aprbs la premiere guerre mondiale
qu'il y a eu le pacte de Locarno, qui promettait aussi
a la France certaines garanties contre un retour de
i'agression .allemande.
(YOUKOV.)



IV. PRESS SUISSE


a) APRES LE DISCOURS DU GNIERAL DE GAULLE A RENNES
(Journial de Getil,'e, 4/8Y:

S( ...II est certain que le g6n6ral de Gaulle ne s'est pas
servi d'un language parlementaire ; pour s'en ren'dre
rompte, il suffit de compare le discours de Rennes a
-ceux qui venaient d'etre prononces au Palais Bourbon,
quclques jours auparavant, au course d'un d6bat de po-
litique 6trang6re.
...Pourtant, lorsqu'une parties decisive est engag6c,
mettant en cause non seulement les organizations qui
aspirent au pouvoir, mais l'avenir m6me des peuples,
il est indispensable de preter attention A uan language
plus viril.
...Les v6rit6s 6nonc6es par le g6n6ral, simplement,
sans passion, avoc autant de clairvoyance que 'de pro-
bite d'esprit, sont d'autant plus frappantes.que le pre-
mier resistant de France ne nous cache pas le trouble
de -conscience qu'il avait lui-m6me iprouv6, au temps
de la guerre et de la resistance, devant le ph6nomine
communist.
...Le rappel de ces souvenirs 6tait n6cessaire, au mo-
mnent oil le g6n6ral entendait placer chaque Frangais
devant le probl6me que soul6ve aujourd'hui une action
manirestement dirig6e contre les fruits 'de cette m6me
victoire. Car la victoire devait appartenir a la France,
comme elle devait appartenir A toutes les nations qui
avaient contribu6 A la reporter. Or, voici qu'un grand
people, voici que des groupements d'hommes dans tous
les pays, se d6tachant brusquement des souvenirs lies
a une cpop6e commune, entendent servir et imposer
partout une volont6 dominatrice. Ainsi ils menacent et
mettent < dans Ic plus grand p6ril > tout ce qu'ils ont
contribu6 A sauver : unit6 national, la liberty des
homes, l'ind6pendance de la France.
Le choix qui s'impose A tout Francais n'a done rien
(i voir avec les < deux groups rivaux >> don't parent
les politicians habiles; il s'agit de choisir entire une
volonte dtrangere et la France; ce n'est pas lA un pro-
bl6me d'6quilibre, mais un problem de conscience, -
prob'6me don't depend la security de la France et la
liberty 'des Frangais.
Telle est la pens6e du g6enral de Gaulle. Elle est
avant tout frangaise, comme tout ce qui 6mane de eot
homme, si profondement repr6sentatif de sa race. Mais
si 1'on songe que, pour le g6n6ral de Gaulle, le term
< France > a une valeur A la fois national et univer-
selle, le jugemcnt qu'il porte sur les affairs de son
pays pout s'appliquer 6galement A beaucoup d'autres







BULLETIN QUOTIDIEN DE PRESS fTRANGiRE


pays. II peut s'appliquer notamment h la situation de
la grande majority des EuropBens, places devant les
manifestations angoissantes d'une volont 'de domina-
tion, qui n'est pas de chez eux, et con:emplant avec
effroi comment se d6truisent et se percent des biens
spirituels, groups pour chacun d'entre eux autour de
l'id6e de patrie.
...Si le probl6me est bien pose, le choix qui s'ensui-
vra peut liberer le monde. Car en ces temps, of seules
les minorities, sont agissantes, cc qui manque le plus
aux homes libres, c'est la conscience qu'ils peuvent
former une tres grande majority. La lutte pour les li-
bert6s humaines, etroitement libe aujourd'hui a la re-
cherche de plus 'de justice social, pursuit un ideal
que chacun desire orner des couleurs de sa patrie; en
reality, le movement d6passe les frontieres : il peut
oreer, au milieu des forces internationales.-la force la
plus grande. >>
0 (GRBGOIRE GAFENCO.)

b) LA POLITIQUE ETRANGERE DE L'U.R.S.S. (Gazett e de
Lausanne, 3/8) :
< II est navrant de constater avec quelle obstinatlon
mnthodique l'U.R.S.S. s'emploie A enrayer tous les ef-


forts faits en vue de stabiliser la situation politique
'dans le monde. On pergoit chez ses dirigeants la vo-
lont6 delib&r6e de prolonger cette Bre d'i-nsecurit6 qui
favorite les manoeuvres des elements extremistes et que
pourrLit favoriser une transformation genurale de 1'or-
dre social traditionnel et de 1'6quilibre des puissances.
Si I'U.R.S.S. a accept mardi l'invitation anglaise A la
conference des << adjoints > sur l'Allemagne, elle a em-
pech6 A quatre reprises en moins de 'deux semaines que
des n6gociations internationals n'6voluent favorable-
ment. : -
...Ob6issant toujours aux m6mes mobiles qui l'am6-
nent A temporiser et a user de proc6d6s dilatoires,
M. Gromyko a combattu, en fin de semaine, l'admissioh
au sein de I'O.N.U. du Portugal, de 1'Irl.ande et de la
Transjordanie. I1 est possible que son attitude ait WtB
une r6plique a l'opposition de la majority de I'Assem-
bl6e aux candidatures de l'Albanie et de la R6publique
populaire mongole patronnees par I'U.R.S.S. Mais il
est aussi certain que 1'attitude russe est dictee par le
souci d'6earter de I'O.N.U. des Elats qui, s'ils etaient
admis, renforceraient le group 'des puissances avec les-
quelles I'U.R.S.S. et ses allies se trouvent de plus en
plus fr6quemment en opposition. Done, une fois de
plus, il convient pour Moscou de gagner du temps. >
0


S. P. L Imp, 27, rue Nicolo, Paris 81.3009


















































































Prix : 6 '--ancs.




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